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- [Terminé] Et après 12 mois, sonne toujours le glas.. feat Chiara -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Autour de Naples :: Voyager dans le passé
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Augusto Rinaldi10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
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Sujet: [Terminé] Et après 12 mois, sonne toujours le glas.. feat Chiara ( le Mar 31 Oct 2017 - 15:45 )
Après 12 mois, toujours le vide.feat Chiara
Pourvu que cette journée passe vite. C’est tout ce que veut Gus. Cette putain de journée dont ne il ne semble pas voir la fin. Il compte les heures mais elles ne s’écoulent pas. Pourtant il voudrait déjà être à demain. Être au 14 janvier.
Juste pour ce dire que cette année merdique est enfin terminé. Mais le temps en a décidé autrement.
Il traine la patte. S’attarde. Et cela rend Gus fou de douleur.

Mais s’il n’y avait que cette journée qui le rende fou. Cela sera merveilleux. Les douze mois qui viennent de s’écouler l’on rendu givré. Douze putains de mois où il a compté les secondes. Depuis le 13 janvier 2006 sa vie a basculé. Le vide c’est fait. Il est devenu maudit. Et les douze mois écoulé n’ont rien changé. Rien apaisé. Au contraire.
Il est plus torturé que jamais.

Pour le moment Gus doit assumer sa journée. Il se donne à fond.
Bosser l’empêche de réfléchir.
Bosser l’empêche de penser.
Bosser l’empêche de boire.
Bosser l’empêche de fumer.
Bosser l’empêche de se bousiller.

Alors comme les autres jours Gus vient ouvrir le restaurant. Oubliant. Enfin façon de dire, que cela fait un an aujourd’hui que son jumeau est mort. Terrassé par une balle perdue. Une putain de balle perdue. Il rentre dans les lieux. Ferme les yeux. Son enfance lui explose au visage. Comme à chaque fois qu’il franchit la porte de la trattoria familiale. Mais depuis la mort d’Amadeo c’est pire. Plus douloureux.
Mais il ne dit rien.
Il assume.
Il encaisse.
Il donne le change avec professionnalisme.
Comme si le 13 janvier 2006 n’avait jamais existé.


Mais au fond de lui c’est la guerre. Un combat qui le détruit peu à peu. Un combat qui est devenu plus vorace quand il a appris pour Chiara. Quand elle a pointé son nez comme si de rien n’était. Quand il a du lui dire pour leur frère. Tout cela bouffe Gus. Son cœur. Son âme. Son corps. Ses entrailles. Tout ce bordel fait de lui un fantôme qui ne tient que par le souvenir de son frère.

Alors pour survivre. Il cache sa peine. Ses souffrances. Il met un masque même face aux siens. Il rit. Il vit. Mais derrière tout cela il y a le vide. Et encore plus aujourd’hui. Un an que son frère est mort. Et il le vit comme si c’était hier. Il ressent toujours la même douleur lancinante dans sa poitrine. Il ressent toujours ce manque. Que rien ne comble. Pas même l’alcool consommé à grosse dose. Ni les clopes qu’il allume les unes après les autres. Ni son métier. Pourtant il aime son métier. Il aime être dans ce lieu riche de l’essence de son enfance. Putain oui il aime cet endroit. Et pourtant rien ne l’apaise.

Et la journée s’achève enfin. La salle est vide de tout bavardage. De tout murmure. Les cuisines ne résonnent plus de l’écho des casseroles qui s’entrechoquent. Le calme se fait.
Gus allume une cigarette. Et se laisse gagner par le délice de la fumée. Il se sert un verre de whisky. Il soupire. Il s’installe au fond de la salle dans un coin tranquille. Il se dit qu’il n’a pas encore fermé la porte à clé. Mais qui va venir l’embêter à cette heure ? Portant la petite cloche de l’entré se fait entendre. Il sursaute.
« On est fermé. » Sa voix est froide.
Tout ce qu’il veut à présent c’est la paix. Et pouvoir pleurer son frère. Encore.

Mais c’est trop demander. Il entend des pas. Alors il se lève. Prêt à faire exploser la colère, la rage, la douleur qu’il a contenu toute la journée. Mais quand il se trouve face à Chiara. Rien ne sort. Il se sent même désarmé. Elle ici. En ce jour de deuil. En ce jour de douleur. Il la regarde. Essayant de cacher les émotions qui lui traversent le cœur.
« Bonsoir. » Il garde la distance.
Comme s’il avait peur de la toucher. Peur de perdre le contrôle en sentant son odeur surement réconfortante et rassurante.
« Tu fais quoi ici ? A cette heure en plus ? » Aucune émotion dans sa voix.
Plus de froideur que d’amour fraternel. Il récupère son verre et en boit quelques gorgées.
« Tu veux boire un truc ou manger un morceaux ? »
Il a lui-même pas spécialement mangé. Il peut toujours préparer un petit plat pour eux deux.

Il y a si longtemps qu’ils n’ont pas partagé un repas. Une éternité même.

D’un coup le temps à repris son cours. Il c’est même mis à passer plus vite. Le projetant dans le souvenir du dernier repas de famille partagé. Les six Rinaldi assis autour d’une table. Le père, la mère, Chiara, Virginia, Amadeo et Augusto. Gus secoue la tête.
Il ne veut pas être nostalgique.
Pas aujourd’hui. Pas devant Chiara.



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Dernière édition par Augusto Rinaldi le Mer 22 Nov 2017 - 17:13, édité 1 fois
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Sujet: Re: [Terminé] Et après 12 mois, sonne toujours le glas.. feat Chiara ( le Mer 1 Nov 2017 - 23:45 )

C'est plus facile de haïr que d'avoir mal ; La vie devrait être comme une éphéméride. Tous les jours, on devrait pouvoir en arracher une page pour en commencer une autre en blanc. Mais la vie est comme une couche géologique. Tout s'accumule, tout compte. Toute chose a une influence. Et l'averse d'aujourd'hui peut annoncer le tremblement de terre de demain. Augusto et Chiara



13 janvier 2006 :

Chiara était allongée dans son lit, des larmes coulant le long de ses joues. Elle était en état de choc, sidérée par l’annonce glaciale que venait de lui faire Augusto : Amedeo est mort ! Ces trois mots résonnent en boucle dans sa tête, elle n’entend plus que ça. Engourdie par la douleur, voutée sous le poids du chagrin, Chiara se lève, elle ressent le besoin d’aller prier. La petite chapelle du centre de désintoxication est ouverte en permanence. Elle poussa la porte et s’assit sur le premier banc. S’appuyant sur celui devant elle, la jeune femme croisa ses mains et demanda pardon. Elle se sentait coupable de la mort de son frère, c’était de sa faute s’il s’était retrouvé là. Pourquoi lui avait-elle demander de venir la voir ? Était-ce là sa punition pour avoir voulu aider le déchet qu’elle était devenue ? Elle resta là un long moment, seule enveloppée par son chagrin.

13 janvier 2007 :

Un an. Un an qu’Amedeo était mort. Une année, ça passe à la fois vite et lentement. Chiara était revenue dans la vie familiale il y a 6 mois, le deuxième pire jour de sa vie, le deuxième jour le plus honteux après sa brillante absence à l’enterrement de son frère. Même si elle avait mis au monde un petit ange, depuis le 13 janvier 2006, Chiara n’était plus la même femme, tant de questions se bousculaient dans sa tête. Aujourd’hui avait été une longue journée, l’ambiance était lourde au restaurant ; personne n’avait osé parler, chacun avait gardé sa douleur pour lui. Il fallait avancer, coûte que coûte, contre vents et marrées, la vie devait continuer. Chiara s’était rendue au cimetière avec sa mère, la pauvre femme, comment pouvait-elle continuer de vivre alors qu’on lui avait arraché l’une des choses les plus précieuses qu’elle avait ? Chiara avait beaucoup d’admiration pour ses parents et pour son frère, elle ne se sentait pas aussi forte ; d’ailleurs, elle avait erré le reste de la journée et ce n’est qu’une fois la nuit tombée, qu’elle rentra au restaurant. La petite trattoria paraissait vide, mais elle savait qu’elle y trouverait son frère, c’est lui qui faisait la fermeture. Elle poussa la porte, faisant retentir la petite clochette. « On est fermé. » Chiara ne fit pas attention et s’avançait vers la cuisine, Augusto verrait bien assez vite que c’était elle, la jeune femme l’entendit se lever d’ailleurs. « Bonsoir. », dit-il d’un ton neutre, le même ton qu’il utilisait depuis un an avec elle. La tenait-il pour responsable ? Sûrement, mais elle ne pouvait pas lui en vouloir, elle aurait dû être là pour les protéger comme une vraie grande sœur l’aurait fait. Chiara baissa les yeux. « Tu fais quoi ici ? A cette heure en plus ? », lui demanda-t-il. La brune releva la tête pour plonger ses yeux bruns dans ceux de son frère. « Je sais pas…peut-être que je n’avais pas envie d’être seule pour finir la journée. » En fait, elle ne savait pas trop pourquoi elle était là, elle était perdue. « Tu veux boire un truc ou manger un morceau ? », lui demanda-t-il ; malgré sa rancœur, il tentait d’être gentil. Chiara sourit. « Je n’ai pas faim, mais je ne dirais pas non à un verre. Sers-moi ce qu’il y a de plus fort, tout ce qui peut anesthésier la douleur. » Chiara voulait que ça s’arrête, elle ne voulait plus avoir mal, plus ressentir de honte, de douleur. Elle s’assit à une table et attendit que son frère vienne s’assoir avec elle. La jeune femme ne savait pas trop quoi dire, un silence pesant s’installa alors entre le frère et la sœur. Malgré tout, Chiara finit par le briser : « Je suis désolée. », dit-elle.



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Augusto Rinaldi10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
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Sujet: Re: [Terminé] Et après 12 mois, sonne toujours le glas.. feat Chiara ( le Jeu 2 Nov 2017 - 17:00 )
Après 12 mois, toujours le vide.feat Chiara
Gus respire enfin.
Le restaurant est vide. Même le personnel est parti.
Gus se retrouve seul dans ce lieu qui respire son enfance. Certaines choses ont changé pour être améliorées mais l’essence même de l’affaire familiale est restée. C’est à la fois rassurant pour Gus et extrêmement douloureux. Combien d’heure il a passé là avec ses deux sœurs et son jumeau ?
Il ne sait pas. Il ne les a jamais compté.
Mais en tout cas Gus a surement passé plus d’heure ici que sur les bancs de l’école. Ou même dans sa chambre. Cela le fait sourire. Même si à cet instant il a envie de pleurer. Il en a eu envie toute la journée, mais les larmes sont restées coincées. Bloquées dans son regard sombre. Et là il voudrait les laisser couler mais il n’en a pas la force.
Il a juste la force de ce servir un verre et de laisser son esprit divaguer dans son passé.

Gus sait que cela ne fera qu’empirer sa peine. Sa détresse.
Mais il s’en fou. Cela fait un an qu’il ne vit que nourrir par la peine et la douleur.
Alors une nuit de plus ou de moins. Qu’est ce que cela peut faire ?
Rendre son cœur plus sec.
Ses yeux plus cernés.
Son corps plus faible.

Il fait un tour dans le restaurant comme il le faisait avec son père avant de donner un dernier tour de clés. Mais là il laisse la porte ouverte. Aller savoir pourquoi ? Et puis il s’installe et commence à boire son verre. L’esprit à moitié dans le présent et à moitié dans le passé. Certaines pensées le réchauffent. D’autre le glacent.
Il voudrait pouvoir oublier. Mais non. Il ne le peut.

C’est le bruit de la porte qui le fait rebasculer dans la réalité.
Un retour trop rapide.
Gus avait encore envie d’entendre son frère rire. De voir son regard.
Il fait comprendre à l’intrus que c’est ni l’heure ni le moment de venir l’ennuyer. Et puis il se lève en attendant des pas.
Et là.
Chiara est face à lui. Sa grande sœur.
Putain elle fout quoi là ?
Il la salue mais comme à son habitude depuis un an, il ne fait passer aucune émotion. Et puis sans plus attendre il lui demande ce qu’elle fait là.
Comme si elle n’avait pas sa place dans ce lieu.
Comme si elle manquait d’une certaine manière de respect pour cet endroit.

Gus ne s’avance pas. Il ne baisse pas les yeux quand son doux regard vient trouver le sien. Cela lui déchire le cœur mais il lui en veut.
Il lui en veut tellement que l’amour fraternel qui lui portait c’est tari. Comme un lac s’assèche.
Et pas sur qu’une seule goute d’amour puisse à nouveau lui rendre son essence vitale. Il ne répond rien à sa phrase. Pas finir sa journée seule. Gus. il ne rêve que de solitude et encore plus en ce jour maudit.

Il soupire. Mais il ne la chasse pas. Le mérite t-elle ? Au contraire il l’invite à rester pour un verre ou un plat. Elle choisit le verre. Il s’en doutait. Il a fait pareil.
« Va pour un verre. Une vodka ? »
Il se dirige vers le bar toujours le visage fermé et vide de toute émotion. Il attrape la bouteille de vodka et sert un verre. Puis il se sert un autre whisky.
Il la rejoint.  
Il reste comme bloqué sur place. A croire qu’elle l’a fait express. C’était la table où ils mangeaient avant le service quand ils étaient gosses. Ainsi leurs parents pouvaient les surveiller tout en finissant les préparations en cuisine. Tant bien elle a oublié. Ou alors elle veut le faire réagir. Mais il reste de glace. Gus est trop buté pour ça. Il pose le verre de Chiara et avale quelques gorgés du sien. Puis il prend place.

Le silence se glisse entre eux.
Pesant
Troublant.
Douloureux.

C’est Chiara qui brise la glace en premier. Et pour dire quoi ? Quelle est désolée. Putain elle se fout de lui. Gus serre son verre. Comme il serre les dents. Désolée. La rage vient caresser ses veines. « Désolé tu peux l’être. D’abord tu parts comme une voleuse et puis … et puis .. »
Sa voix est rageuse. Son regard se fait plus sombre et son corps se tend. Il est comme habité par mille démons qui viennent en rafale lui rappeler sa douleur.

« Et puis merde .. être désolé ce n’est pas suffisant Chiara .. cela ne sera jamais suffisant .. »
S’il n’était pas dans ce lieu qu’il respecte. Il se serait levé et aurait tout cassé. D’abord son verre en l’envoyant valser contre un mur.
Et puis les tables. La vaisselle. Les chaises.
Mais il se retient parce qu’il ne peut pas faire ça à ses parents. Ils ont eu eux aussi leur dose de souffrance. Entre la disparition de Chiara et la mort d’Amedeo.
Ils ont assez morflé. Pas besoin d’en rajouter d’avantage.
« Ta peine et ta douleur ne changeront rien à ce qui c’est passé. Tu n’étais pas là alors que l’on avait tout besoin de toi. Tu nous as abandonné. »
Sa voix est tranchante. Pleine de reproche. Cela lui fait mal de lui dire ses mots. Comme si son cœur n’était pas assez meurtri. Mais il n’en peut plus de se taire. Comme pour la préserver de sa rage et de sa colère. Il veut qu’elle sente la souffrance qu’il ressent.
Ce vide. Ce manque. Ce trou noir dans sa poitrine qui grandit bien trop vite. Et qui l'engouffre avec voracité.




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Dernière édition par Augusto Rinaldi le Ven 3 Nov 2017 - 12:04, édité 1 fois
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Sujet: Re: [Terminé] Et après 12 mois, sonne toujours le glas.. feat Chiara ( le Ven 3 Nov 2017 - 11:52 )

C'est plus facile de haïr que d'avoir mal ; La vie devrait être comme une éphéméride. Tous les jours, on devrait pouvoir en arracher une page pour en commencer une autre en blanc. Mais la vie est comme une couche géologique. Tout s'accumule, tout compte. Toute chose a une influence. Et l'averse d'aujourd'hui peut annoncer le tremblement de terre de demain. Augusto et Chiara



En un an, la vie familiale avait été particulièrement chamboulée ; le décès d’Amedeo puis le retour de Chiara, retour que tous attendaient depuis si longtemps, les Rinaldi avaient passé une drôle d’année 2006. Depuis son retour, Chiara n’avait pas vraiment réussi à trouver ou retrouver sa place. En même temps, si elle s’attendait à revenir et être accueillie les bras, elle aurait été bien bête, elle avait quand même disparue du jour au lendemain, laissant derrière elle une famille qui ne comprenait rien à ce qui lui arrivait. C’est pour ça qu’elle ne savait que s’excuser, qu’elle ne pouvait qu’être désolée, elle ne savait pas quoi dire d’autre, elle ne savait pas comment réagir. Quand ils avaient eu besoin d’elle, Chiara n’avait pas été là, elle avait manqué à tous ses devoirs. Malheureusement, le jour de la mort de son petit frère n’était peut-être pas le meilleur jour pour se confesser, pour s’excuser pour la xième fois depuis juillet. Briser le silence pour cela, ça fit sortir Augusto de ses gonds. « Désolé tu peux l’être. D’abord tu parts comme une voleuse et puis … et puis … » Chiara baissa les yeux, regardant le verre de vodka que son frère lui avait servi. « Et puis merde ... être désolé ce n’est pas suffisant Chiara ... cela ne sera jamais suffisant ... » La jeune femme ne disait rien, elle n’osait rien dire et puis si elle parlait, qu’allait-elle bien pouvoir dire ? Après tout, Augusto avait raison. « Ta peine et ta douleur ne changeront rien à ce qui s’est passé. Tu n’étais pas là alors que l’on avait tout besoin de toi. Tu nous as abandonné. » La dernière phrase l’acheva. La brune avait envie de partir. Certes, depuis un an, Augusto s’était montré distant, froid et parfois cassant avec elle, mais jamais il n’avait été aussi dur, aussi catégorique. Chiara avala d’une traite le verre d’alcool fort. Elle voulait que tout s’arrête, que tout redevienne comme avant ou alors que ce soit elle qui soit morte à la place d’Amedeo. Cette dernière pensée lui fit relevée la tête et regarder son petit frère dans les yeux. « Peut-être que ça ne changera rien, rien ne changera jamais, rien ne redeviendra comme avant, mais au moins, j’essaye. Ce ne sera jamais facile, je sais que je vous ai fait du mal, mais je me battrai pour que vous me fassiez de nouveau confiance, que je puisse de nouveau être la grande sœur idéale, celle que j’ai déjà été, mais que j’ai perdu en route. » Elle s’arrêta quelques secondes, soutenant toujours le regard de son frère qu’elle ne laissa pas réagir. « Tu sais, il n’y a pas un seul jour où je ne me dis pas que ce serait plus facile pour tout le monde si c’était moi qui était morte, pas lui, moi ! » Chiara l’avait dit, elle avait prononcé les mots qui lui brulaient la gorge depuis un an, ceux qu’elle n’avait jamais réussi à prononcer. Elle était en colère, mais pas contre sa famille, pas contre son frère si froid et méprisant avec elle, elle était en colère contre elle-même et depuis un an, elle se battait contre cette amie tenace.



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Augusto Rinaldi10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
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Sujet: Re: [Terminé] Et après 12 mois, sonne toujours le glas.. feat Chiara ( le Sam 4 Nov 2017 - 19:26 )
Après 12 mois, toujours le vide.feat Chiara
Gus voulait la paix. Le calme. Pour pleurer en toute tranquillité cette date fatale. Les un an de la mort d’Amedeo. Les un an de la mort de son jumeau.

Mais le destin en a décidé autrement. Il a décidé de lui emmener sa grande sœur. Chiara. Comme s’il avait besoin d’elle à cet instant. Elle qui avait fuit la famille sans un mot. Elle qui était restés silencieuse durant quatre putain d’années. Elle qui n’avait même pas été là à la mort d’Amedeo. A son enterrement. Il se souvient la colère qu’il y avait dans sa voix, il y a six mois en arrière quand il lui a dit.

Et elle ose être là. Face à lui.
Désolée en plus.
Mais qu’est qu’il en a à foutre qu’elle soit désolée.
Cela ne lui rendra pas son frère.
Cela n’allègera pas sa peine.
Cela ne comblera pas le trou qui se forme dans sa poitrine.


Et même s’il la laisse rester là. Dans ce lieu rempli de souvenir de leur enfance. Même s’il partage un verre avec. Il reste froid et distant. L’amour qu’il lui portait est mort depuis des mois. Des années.
Mort quand elle les a laissé. Sans penser à la peine que sa fuite allait engendrer.
Mort et enterré quand ils ont mis Amedeo dans la terre. Dans ce trou froid. Sans fond.
Ce trou signant la fin de l’existence de l’autre moitié de Gus. La moitié tendre et douce. La moitié passionnée et attentionnée. Au final à présent il ne reste que la colère. La haine. La rancœur. La douleur. Même si le trentenaire le cache. Jouant tous les jours un rôle pour éviter de faire du mal. Enfin si l’idée qu’il se fait. L’idée qu’il s’imprime tous les jours dans la tête quand il se regarde dans la glace. Le voyant encore comme s’il était vivant. Mais il n’est que l’ombre de lui-même. Difficile d’accepter ce fait là.

Et sa voix se fait rude. De reproche. De regret. De remord. D’accusation. Lourde de conséquence. Il lâche son venin. Il enfonce d’avantage Chiara sans penser qu’il la blesse. Sans chercher à comprendre pourquoi elle était partie. De toute façon il s’en moque.
Il veut juste qu’elle souffre. Comme il souffre.
Qu’elle soit déchirée. Comme il est déchiré.
Qu’elle se sente coupable. Comme il se sent coupable.


Gus la regarde avaler son verre d’un trait. Il en fait de même. L’alcool ne lui brule même plus la gorge. A force il a pris l’habitude de supporter ce feu. Il est surpris que Chiara l’avale avec autant de facilité. Il ressert les verres. Elle la vodka. Lui le whisky. C’est alors qu’elle relève la tête comme pour assumer ses erreurs. Son regard se plante dans celui de son frère. Il se sent moins fier d’un coup car il voit la douleur. Mais il la fixe en retour. Sans laisser passer la moindre émotion. Il l’écoute sans l’interrompre. Mais ce ne sont que des mots qui pour lui ne changeront rien.
Redevenir la grande sœur qu’elle a été par le passé. Comment cela pourrait être possible vu le mal qu’elle a fait ?

Gus reste surpris par ses derniers mots. Surpris mais il reste fermer à éprouver quoi que se soit. « Mais c’est lui qui est mort .. pas toi Chiara. Et dire cela est de la pure connerie. Si tu n’étais pas partie il serait peut être encore en vie. Mais tu es partie et il est mort. Il ne te reste plus qu’à assumer ta connerie. Quand à te faire pardonner et bien cela va être un long parcours car moi je t’en veux .. oui je t’en veux .. comme je lui en veux d’être mort. Putain les deux êtres que j’aimais le plus et je dis bien que j’aimais m’ont laissé tomber comme de la merde. Je le déteste pour ça. Je te déteste pour ça. » Ses poings se serrent. Il a envie d'exploser. Il avale son verre et puis il le jette contre le mur. Il s’éclate dans un bruit sourd déchirant. Gus retient ses larmes. Elle le brule comme un jet d’acide.

Il attrape la bouteille de whisky et en boit une bonne rasade au goulot. Il se moque de finir bourrer. L’alcool cela l’aide à oublier. Et si cela froisse Chiara elle peut se barrer. Il n’a pas besoin d’elle. Plus maintenant.




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Dernière édition par Augusto Rinaldi le Lun 6 Nov 2017 - 0:08, édité 1 fois
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Sujet: Re: [Terminé] Et après 12 mois, sonne toujours le glas.. feat Chiara ( le Dim 5 Nov 2017 - 23:21 )

C'est plus facile de haïr que d'avoir mal ; La vie devrait être comme une éphéméride. Tous les jours, on devrait pouvoir en arracher une page pour en commencer une autre en blanc. Mais la vie est comme une couche géologique. Tout s'accumule, tout compte. Toute chose a une influence. Et l'averse d'aujourd'hui peut annoncer le tremblement de terre de demain. Augusto et Chiara



Chiara, elle a appris à encaisser. Pendant 4 ans, elle n’a fait que ça, encaisser les coups, les insultes, les brimades, les reproches. Au début, ça la faisait pleurer et au fil du temps, elle s’est endurcie, elle a arrêté d’avoir les yeux mouillés à chaque fois que Cristiano la cognait, à chaque fois qu’il l’insultait, elle se contentait juste de subir. Cela avait encore plus le don d’énerver le jeune homme qui frappait de plus bel, mais Chiara ne bronchait pas, ne bronchait plus, ayant fini par apprivoiser la douleur qui vrillait son corps à chaque fois qu’il lui frappait dessus. Et puis, il y a eu la cocaïne, ça anesthésie cette merde-là, ça vous rend plus fort, plus résistant et la brune s’est enfoncé encore plus dans l’abîme sans fond qu’était devenu sa vie. Pourtant, un jour, il y a eu un espoir, une petite étincelle de vie dans son monde noir et Chiara a saisi l’opportunité, elle a choisi la vie, la lumière, le bonheur et la famille, toutes ces choses auxquelles elle ne croyait plus. Au début peureuse, honteuse, elle finit par appeler son frère, Amedeo, le seul, l’unique qui aurait pu l’aider. Sans demander à sa sœur de s’excuser pour les avoir laissé tomber, il l’a aidé, il lui a trouvé un centre de désintoxication accueillant les mères et futures mères sous influence, il a pris soin d’elle alors que normalement, c’était à elle de prendre soin de lui. Elle lui fut tellement reconnaissante. Chiara était dévastée depuis le 13 janvier 2006, les mots durs d’Augusto, elle se levait tous les matins avec ces mots dans sa tête. Elle aurait préféré être morte, Chiara, oui elle aurait tant aimé avoir la place d’Amedeo, pas parce qu’elle voulait qu’on la plaigne, qu’on la pleure, non, seulement parce qu’il ne méritait pas ça, il ne méritait pas d’être mort. Elle l’avait dit à son autre frère, mais il n’avait pas l’air de réagir, enfin c’est ce que la belle croyait. Ce dernier lui resservit d’ailleurs une vodka, le calme avant la tempête puisqu’il explosa. « Mais c’est lui qui est mort...pas toi Chiara. Et dire cela est de la pure connerie. Si tu n’étais pas partie il serait peut-être encore en vie. Mais tu es partie et il est mort. Il ne te reste plus qu’à assumer ta connerie. Quant à te faire pardonner et bien cela va être un long parcours car moi je t’en veux…oui je t’en veux…comme je lui en veux d’être mort. Putain les deux être que j’aimais le plus et je dis bien que j’aimais m’ont laissé tomber comme de la merde. Je le déteste pour ça. Je te déteste pour ça. » Il envoya ensuite valser son verre qui s’écrase à toute vitesse dans le mur, faisant sursauter Chiara au moment de l’impact. La sentence était tombée, dure, amère. Augusto lui en voulait, elle le savait, elle le voyait, mais l’entendre dire cela, c’était plus dur que tout ce qu’elle avait déjà enduré. Pour la première fois depuis un long moment, elle ressentit le manque, mais elle savait qu’elle ne pouvait pas craquer, elle l’avait promis à Amedeo. Alors, à défaut de cocaïne, Chiara avala de nouveau son verre d’une traite et fondit en larme. Elle ne savait plus quoi faire, elle ne savait plus comment faire, elle ne savait plus quoi dire. Elle resta un long moment comme ça, ne bougeant plus, son corps simplement secoué par les spasmes de sanglots. Malgré tout, elle finit par articuler quelques mots : « Je n’aurais jamais dû revenir, je n’aurais jamais dû l’écouter. »



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Augusto Rinaldi10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
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Sujet: Re: [Terminé] Et après 12 mois, sonne toujours le glas.. feat Chiara ( le Lun 6 Nov 2017 - 17:13 )
Après 12 mois, toujours le vide.feat Chiara
Même si les mots de Chiara cognent l’esprit de Gus avec violence, il ne montre rien.  Ils auraient peut être pu faire fondre de la glace mais pas lui. A croire qu’il est devenu insensible à tout.

Il est tellement bouffer par la douleur de la mort de son frère qu’il ne pense pas à l’impact que peuvent avoir en retour ses mots sur sa grande sœur. Il veut juste lui exploser sa souffrance au visage. Lui montrait que son absence a fait des dégâts. Et que personne ne s’en est remis. Et la mort d’Amedeo n’a fait que rendre tout cela plus profond. Plus puissant. Oui Gus lui en veut. Et cela le tue d’éprouver autant de rage contre sa sœur. Comme il en veut à son frère d’avoir était au mauvais endroit, au mauvais moment. Il sait que cela n’était pas prématuré.

Mais le tout accumulé. Devient une charge trop lourde à porter pour le trentenaire.

Mais il ne se sent pas soulagé de lui dire tout cela. Il ne se sent pas plus soulagé quand il envoie son verre à travers la pièce et qu’il explose dans un bruit sourd contre le mur. Non rien ne le soulage depuis un an. Depuis douze mois.
Même pas l’abus d’alcool.
Même pas le manque de sommeil.
Même pas l’adrénaline qu’il va chercher au plus profond de ses tripes en tendant le diable à chaque fois. Rien n’efface sa douleur. Rien ne comble le vide. Et il se demande jusqu’à quand cela va durer. Jusqu’à quand il va pouvoir supporter cette descente en enfer.

Gus voudrait simplement que tout cesse. Ou bien revenir en arrière pour réécrire son passé en gommant tout ce qui a pu le blesser. Mais ce n’est qu’une chimère. En tout cas Gus est conscient que ses mots ont secoué sa sœur.
Et même s’il fait l’indifférent.
S’il boit son whisky comme il boirait du petit lait.
Il est touché en plein cœur par ce qui se dessine devant ses yeux. La façon que Chiara a de vider son verre comme si elle cherchait à combler un manque. Et puis il y a son regard qui se voile de larmes.
Il ne sait plus que faire.
La culpabilité le dévore avec rage. Mais il ne bronche pas. Trop fier pour demander pardon de son outrage. Trop con pour la serrer dans ses bras comme le ferait un frère aimant. Gus reste là comme une poupée inerte. Il continue juste à boire. Alors que sa sœur s’écroule presque bouffer par son chagrin.
Un chagrin qu’il partage. Et qui a cet instant. En cette journée maudite devrait les unir.

Et puis il y a encore ses mots. Le son de sa voix qui trouble Gus jusqu’aux tréfonds de ses entrailles.
« Tu es revenue .. pas la peine de te flageller pour ça .. »  Mais quelque chose cloche. Quelque chose le choque.
« Tu n’aurais jamais du écouter qui ? » Il la regarde posant ses yeux au fond des siens. Écartant les larmes de son regard sombre et froid.
« Tu caches quelque chose Chiara ? Tu veux dire quoi ? » Sa voix devient interrogatrice. Plus ferme.
C’est comme si le doute se glisser dans ses veines. Gus ne sait pas sur quoi il doute. Il a la tête en vrac et réfléchir est devenu très complexe et très compliqué pour lui. Il se laisse souvent emporter par sa colère avant de comprendre et de regretter. Quoiqu’il n’éprouve plus de regret non plus. Il souffre et si son comportement à la con fait souffrir d’autre personne il s’en fout. Les seuls qu’il préserve sont ses parents et ses amis proches.
Mais là Chiara passe sous son feu. Ou elle en a trop dit ou pas assez. Mais Gus veut comprendre ce que cachent ses mots.
« Tu n’aurais jamais du écouter qui ? » Vu que sa sœur à l’air de se perdre dans ses larmes il réitère sa question sur un ton plus fort. De quoi la sortir de l’abime dans lequel elle a l’air de s’enfoncer.

« Répond bordel. »
Un ordre sec et froid.
Gus veut savoir.

Il en oublie qu'elle est sa sœur ainée et qu'à la base il lui doit le respect. C'est ainsi que ses parents l'ont élevé. Mais à cet instant il ne pense pas aux règles de bienséance. Il veut juste savoir ce que cache son regard empli de culpabilité.





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Sujet: Re: [Terminé] Et après 12 mois, sonne toujours le glas.. feat Chiara ( le Dim 12 Nov 2017 - 23:13 )

C'est plus facile de haïr que d'avoir mal ; La vie devrait être comme une éphéméride. Tous les jours, on devrait pouvoir en arracher une page pour en commencer une autre en blanc. Mais la vie est comme une couche géologique. Tout s'accumule, tout compte. Toute chose a une influence. Et l'averse d'aujourd'hui peut annoncer le tremblement de terre de demain. Augusto et Chiara



Chiara était là, assise dans le restaurant qui avait bercé toute son enfance, cette enfance heureuse où rire et amour étaient les maitres mots. Cependant, aujourd’hui, ils ne faisaient plus partie du vocabulaire de la jeune femme. Elle avait perdu une partie d’elle-même quand Amedeo était mort, peut-être pas autant qu’Augusto, mais elle se sentait tellement coupable, tellement responsable. Malgré tout, elle savait que son frère veillait sur elle, elle était persuadée qu’il n’aurait jamais voulu qu’elle s’effondre. Pourtant, elle avait craqué. Les paroles de son petit frère avaient été trop dures, il y avait trop de mépris et de colère dans sa voix, trop d’amertume aussi. C’était trop pour la jeune femme, elle qui ne voulait plus pleurer, qui avait réussi à apprendre à gérer la douleur, aussi horrible soit elle, pour éviter de fondre en larme. Mais là, elle n’avait pas pu et son petit corps secoué par les larmes ne faisaient qu’augmenter la rage de son frère qui ne comprenait pas ce qu’elle avait voulu dire. Augusto voulait savoir qui lui avait demandé de revenir, qui avait fait qu’elle était là aujourd’hui devant lui. A chaque fois, le ton était plus fort, laissait passer plus de colère. « Répond bordel. », finit-il par dire. Chiara releva la tête et plongea son regard humide dans les yeux noisettes du cuisinier. « Amedeo… », dit-elle d’une voix tremblante. « C’est Amedeo qui m’a aidé à me sortir de la merde où j’étais, mais l’histoire vous la connaissez déjà. » Quand elle était rentrée après 4 ans d’absence, Chiara avait simplement dit qu’elle était tombée amoureuse d’un gars, qu’elle l’avait suivi et que quelques mois après, il l’avait laissé tomber ; trop honteuse pour revenir, elle avait enchainé des petits boulots jusqu’à se retrouver à la rue. C’est là qu’elle avait décidé d’appeler son petit frère devenu flic pour l’aider à revenir dans la famille. Dans son éternelle gentillesse, cette qualité qui lui avait joué bien des tours, mais qui lui avait aussi apporté bien des joies, Amedeo Rinaldi avait décidé d’aider sa grande sœur à réintégrer le foyer familial. Bien entendu, ce n’était pas la réalité et même si tout n’était pas faux, Chiara n’avait pas voulu expliquer ses déboires, préférant ne pas faire souffrir encore plus sa famille.



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Sujet: Re: [Terminé] Et après 12 mois, sonne toujours le glas.. feat Chiara ( le Mar 14 Nov 2017 - 7:44 )
Après 12 mois, toujours le vide.feat Chiara
Gus sent la rage monter en lui. Et pas que la rage. Il est assailli par tout un tas de sensations néfastes qui ont pris possession de lui après le décès de son jumeau.
Il n’a pas cherché à les combattre.
Il n’a pas cherché à leur face.
Il les a juste laissé l’envahir.
Il les rend même plus puissante chaque jour.
Il les rend même plus tenace en réagit comme un con même avec sa grande sœur.
Comme si elle se foutait de cette mort au fond.
Il se laisse bouffer. Emporter.


Au point que Chiara se met à pleurer. Mais même là. Gus ne voit pas au-delà de ses larmes. Il pourrait la consoler mais il continue à retourner le couteau dans la plaie.
A croire que la souffrance de sa grande sœur apaise la sienne.
Mais il n’en n’est rien, au contraire. Il ne fait qu’accentuer la flamme qui attise son feu. Il en est conscient.
Et lorsque Chiara plonge son regard rempli de larme dans le sien.
Gus sait qu’il est allé trop loin. Que sa peine est immense mais que celle de sa sœur l’est tout autant.

Pourtant Gus éprouve toujours autant de rancœur face à elle.
Elle si absente durant quatre années.
Elle si absente en ce jour maudit où il a fallu déposer le corps d’Amedeo en terre.
Il soutient son regard mais il ne le rend pas le sien plus doux. Et lorsqu’elle prononce le nom de jumeau d’une voix tremblante il frissonne. Il a mal. Tout son corps se serre dévoré par le vide de cette présence salutaire. Amedeo a aidé Chiara à sortir de la merde où elle était. Gus ne comprend pas. Pour connaitre l’histoire il l’a connait. Il a suffisamment fait pleurer leur mère et leur père même si celui-ci avec sa fierté d’italien les a caché.

« Amedeo .. je ne comprends pas tout Chiara .. » Sa voix ne sait pas adoucit mais elle est moins virulente.
Peut être parce qu’il est pris de cours par les dires de sa sœur.
Peut être par qu’il souffre de la voir souffrir.
Depuis un an il souffre tellement en silence et seul qu’il ne sait plus partager. Même s’il soutient leurs parents du mieux qu’il peut. En cachant ce que cette mort a libéré en lui.

Gus se ressert un verre et l’avale. Cette fois il sent passer le feu de l’alcool. Mais il ne laisse rien paraitre. Il a appris en un an à dissimuler pas mal de chose.
Son manque de sommeil. Ses larmes. Sa rage.
Le fait que le soir il devient un autre livrant son corps aux effluves plus douces qui la plus part du temps l’emporte dans un enfer qui se fait plus profond.
Un jour tout lui explosera à la gueule. En attendant il s’effrite chaque jour à grand coup de silence.

« Enfin peu importe de toute façon le mal est fait. Et rien ni personne ne pourra changer ce qui a été écrit dans le sang. Personne ne pourra nous rendre notre vie. Ni ce que nous avons perdu. » Triste évidence qui le ronge et qui rend ses mots plus tranchants.
Gus se sent minable à cet instant. Pas à cause de son comportement envers sa sœur mais à cause du manque.
Comment combler le manque d’un jumeau ? D’un être qui partage tellement de chose avec l’autre. Au point d’être des copies conformes. Au point qu’il ne peut même plus se regarder dans le miroir sans ne voir qu’Amedeo. Ce qui le bousille d'avantage à chaque seconde.

Et dans une voix presque sorti de tombe. « Il me manque. » C’est comme si d’un coup tout s’effondrait encore.
Gus se sent vide de toute vie. Même ses yeux sont dans le noir. Son cœur se calme au point qu’il ne l’entend plus battre. Et son souffle alimente à peine ses poumons. Il pourrait même sentir son sang peu à peu se glacer dans ses veines.
« Il me manque tellement. » C’est cruel et violent. C’est aussi une prière mais elle est juste adressée à son frère.
Il refoule ses larmes. Il refoule la vie. Il a juste envie que cette douleur s’arrête. Mais sans elle au final il se sent comme mort.
Alors que lorsqu’elle l’étreinte de ses lames glacées.
La vie à nouveau s’étire dans son corps.
Vacillante peut être.
Fragile aussi.
Mais c’est toujours mieux que rien.
Et pour le moment c'est tout ce dont il a besoin Gus.  





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Sujet: Re: [Terminé] Et après 12 mois, sonne toujours le glas.. feat Chiara ( le Sam 18 Nov 2017 - 11:51 )

C'est plus facile de haïr que d'avoir mal ; La vie devrait être comme une éphéméride. Tous les jours, on devrait pouvoir en arracher une page pour en commencer une autre en blanc. Mais la vie est comme une couche géologique. Tout s'accumule, tout compte. Toute chose a une influence. Et l'averse d'aujourd'hui peut annoncer le tremblement de terre de demain. Augusto et Chiara



Chiara ne savait plus quoi faire devant la colère de son frère, elle ne savait ni comment la gérer ni comment la calmer. Elle aurait tellement voulu être là ou mieux encore, que tout cela ne se soit jamais passé, qu’Amedeo soit encore là. Sa mort avait chamboulé toute la famille, Augusto le premier bien évidemment, ces deux-là étaient tellement proches, fusionnels même. Chiara se rappelait souvent leur complicité d’enfants, ces messes basses et ces regards qu’eux seuls pouvaient comprendre. De nombreuses fois, elle leur avait demandé, curieuse, ce qu’ils manigançaient ensemble contre elle, contre Virginia ou contre leurs parents et eux qui ne voulaient jamais rien lui dire. Quand elle était triste, elle se rappelait du sourire radieux d’Amedeo, de cette joie de vivre, de cette envie de justice, de tout l’amour qu’il portait en lui. Mais aujourd’hui, il n’était plus là, lui, le portrait craché d’Augusto et ce dernier lui en voulait, à elle, à cette grande sœur incapable qu’elle était. Chiara ne lui en voulait pas, elle comprenait, il fallait bien trouver quelqu’un à blâmer, mais les mots étaient si violents, si froids. La jeune femme ne put s’empêcher de pleurer même si elle ravala ses larmes pour prononcer, pour la première fois de la soirée, le nom de son petit frère. Augusto ne comprenait pas, mais il ne s’appesantit pas là-dessus, préférant faire le douloureux constat que rien ne reviendrait à la normale, préférant de nouveau avaler son verre d’une traite. Il buvait trop, se dit-elle, mais finalement, elle aussi et puis aujourd’hui, il pouvait bien, c’était une bien triste date. Elle se leva, s’approchant du bar pour aller se resservir une vodka. Le silence était pesant, les deux Rinaldi ne savaient pas vraiment quoi se dire. « Il me manque, il me manque tellement. » La voix du jeune homme était emplie de tristesse, laissant apparaitre le vide béant de la mort d’un frère jumeau. Chiara se retourne vers lui, s’approche doucement, elle ne sait pas si elle doit le prendre dans ses bras, elle ne sait pas comment réagir. Tant pis, s’il la repousse, elle encaissera encore. « Je sais. », lui dit-elle en prenant son frère dans ses bras.



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