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- Every night is another story [Terminé] -

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Sara ManzoniLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Every night is another story [Terminé] ( le Mer 29 Nov - 14:35 )
Every night is another storySARA & ELENA

Encore une soirée où le silence avait régné en maître sur la maison. Les deux habitantes des lieux n’avaient échangé qu’une poignée de mots – et bien évidemment en rapport avec le dîner. Rien de plus. Comme chaque jour depuis deux bientôt deux semaines. Il existait un épais mur de glace entre elles. Un mur infranchissable. Sara donnerait tout pour être en mesure de le briser. Elle voudrait tellement prendre sa nièce dans ses bras, lui dire combien elle lui avait manqué et combien elle était heureuse de la revoir enfin, même si elle aurait préféré d’autres conditions à leurs retrouvailles. Mais elle ne le pouvait pas. Les regards d’Elena en disaient longs sur les sentiments qu’elle portait à sa tante désormais. Comment pouvait-il en être autrement ? Quand sa mère avait quitté New York, elle haïssait Sara et l’avait même menacée pour couvrir ses arrières. Qu’avait-elle bien pu raconter à Elena ? La brunette eut un haut-le-cœur à cette pensée. Tous ces mensonges avaient détruit sa famille. Leur famille.

Le troisième épisode de sa série venait de se terminer. Sara réalisa soudain qu’elle devrait très certainement le regarder à nouveau si elle voulait suivre les prochains. Trop accaparé par Elena, son esprit n’avait presque rien suivi ni des images, ni des dialogues. Il était temps pour elle d’aller se coucher, même si elle savait que du canapé au lit, il n’y avait aucune différence : si par miracle elle arrivait à fermer un œil, ce ne serait que pour peu de temps. Cette situation la travaillait beaucoup trop. Elle s’imaginait ce que la mère d’Elena avait trouvé comme excuse pour justifier son départ précipité de New York, pour faire en sorte que sa fille unique ne cherche plus à contacter sa tante. Elena savait-elle que son père était en prison ? Ou bien lui avait-on servi un énième mensonge à ce sujet ? Dire que les réponses à toutes ces questions étaient si proches. Et pourtant, en cet instant précis, elles n’avaient jamais semblé aussi inaccessibles.

Sara sortit une dernière fois ses deux chiens et éteignit le salon. Sans faire de bruit, elle traversa le couloir et se retrouva bientôt dans sa chambre. Non loin se trouvait celle d’Elena. Mais aucun son, aucune lumière ne filtrait. Le silence, encore et toujours. Avec un soupir, Sara se déshabilla. Elle prit une douche rapide dans la salle de bains attenante, enfila son t-shirt et ce qui lui servait de pantalon de pyjama, avant de se glisser dans les draps froids. Le sommeil fut long à venir et ses rêves furent agités. Elle se vit rattrapée par la Camorra pour avoir pris Elena sous son aile. Elle aperçut la mère de cette dernière, qui lui expliquait avoir fait croire à sa mort pour la piéger. Une histoire sans queue ni tête. Au moment où un agent de la mafia tout vêtu de noir et sans visage tira sur la Sara en plein cauchemar, la vraie Sara se réveilla en sursaut.

Elle se mit en position assise quelques instants. C’était comme si son cœur cherchait à déchirer sa poitrine pour s’enfuir. Elle sentait le sang battre ses tempes. Elle ferma les yeux, se concentra sur sa respiration, et attendit que son rythme cardiaque se calme de lui-même. Au pied du lit, Lumen était allongée sur sa couverture et dormait profondément. Mais étrangement, Alpha manquait à l’appel. Jamais il ne quittait la chambre la nuit. C’était dans son caractère de chien-loup de toujours avoir un œil sur sa maîtresse, pour la protéger en cas de besoin. Sara prononça son nom une fois en chuchotant mais aucun animal ne montra le bout de son nez. Puis, elle perçut un bruit. Comme un frigo que l’on refermait, là-bas dans la cuisine. La brunette fronça les sourcils et se leva avec la ferme intention de comprendre ce qui était en train de se passer.

Une fois dans le couloir, elle remarqua que la porte de la chambre d’Elena était, elle aussi, entrouverte. Sara risqua une tête à l’intérieur pour comprendre que sa nièce n’était plus là. Tout commençait à faire sens : Elena n’avait presque pas touché à son assiette au dîner – ce n’était pas la première fois. Et Sara serait prête à parier qu’elle venait de se réveiller avec la faim au ventre. Alpha était un chien bien élevé, mais aussi et surtout un petit gourmand. Il avait dû entendre Elena dans la cuisine et l’avait rejoint en espérant grappiller un morceau de nourriture…

Une poignée de secondes plus tard, Sara comprit qu’elle avait vu juste. Elena ne l’avait sans doute pas entendue venir, comme en témoigna son petit sursaut. Elle cessa de mastiquer, prise sur le fait, et un court instant, Sara crut lire de l’hésitation dans son regard. Elle devait certainement se demander de quelle manière elle pourrait bien se sortir de ce pétrin.
« Je te conseille de lui en donner un petit bout si ce n’est pas déjà fait, » lâcha la brunette avec un trait d’humour en désignant Alpha assis tout près de sa nièce. « Il peut être sympa mais il sait aussi se montrer très rancunier. » Elle esquissa un sourire à l’attention d’Elena, espérant que par ce biais, elle comprendrait que sa tante n’avait aucun problème à la voir se servir dans la cuisine, quelle que soit l’heure du jour ou de la nuit. A son tour, Sara ouvrit le frigo pour se verser un verre de jus de fruits. « Tu n’arrives pas à dormir ? » demanda-t-elle finalement. Elle croisait les doigts pour qu’Elena ne choisisse pas de s’enfuir, de simplement ignorer sa question pour mieux retourner dans sa chambre. Si seulement il y avait un moyen de faire fondre cette fichue glace…


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Dernière édition par Sara Manzoni le Lun 5 Fév - 12:45, édité 1 fois
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Elena ManzoniLa jeunesse dorée et éclatante
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Sujet: Re: Every night is another story [Terminé] ( le Dim 3 Déc - 10:51 )
every night is another storySARA & ELENA


Plongée dans une semi-obscurité, Elena a attendu que sa tante aille se coucher pour recommencer à respirer. Seule la lumière claire de la pleine lune éclairait un bout de ‘son’ lit et elle connaissait désormais par cœur chaque motif qui ornait la fine couette sous laquelle elle s’était enfouie. L’oreille tendue, elle avait guetté le moindre bruit, le moindre pas. Elle avait entendu Sara aller et venir, se prélasser devant un film ou une série télévisée puis elle avait sorti Alpha et Lumen avant de prendre le chemin de la chambre à coucher. Il y a eu le bruit de la douche. Et puis plus rien. Le silence complet. Elena ne savait pas si elle se sentait rassurée de savoir que sa tante s’était finalement couchée ou bien si l’angoisse la prenait un peu plus aux tripes maintenant que ‘sa’ toute nouvelle maison semblait vide de vie. Comme morte. Morte. Que la jeune fille pouvait détester ce mot. Haïr ce mot. Il avait bien trop de sens aujourd’hui. Beaucoup trop. Et Elena ne savait toujours pas quoi en faire. Pas quoi en dire.

La brunette eut une très longue hésitation avant de repousser silencieusement la couverture. Sa tante devait être endormie, maintenant. Et, surtout, Elena avait faim. Elle se souvenait de l’assiette pourtant fumante de nourriture que Sara lui avait servie à table au dîner et que l’adolescente avait à peine touchée. Ce n’était pas par défi ou par entêtement – c’était juste que le simple fait de manger en présence de sa tante la mettait profondément mal à l’aise. Et si Elena ouvrait la bouche, même seulement pour avaler de la nourriture, elle avait peur de se mettre à hurler, à pleurer. À déverser toute sa colère contre la seule famille qui lui restait aujourd’hui. Alors Elena se taisait. Alors Elena ne mangeait presque rien à table. Alors Elena ne communiquait que par syllabes entrecoupées de sons étranges. Tel était devenu son quotidien depuis qu’elle avait emménagé chez sa tante en Italie.

Soupirant doucement, la brunette ouvrit la porte de réfrigérateur pour en sortir de quoi calmer son estomac affamé. Elle piocha au hasard, certaine qu’elle était capable d’avaler tout et n’importe quoi tellement elle avait faim. Il y eut bientôt une truffe fraîche qui se colla à son mollet et Elena sourit en apercevant Alpha. La tendresse qui lui inonda soudainement le cœur fut si intense qu’elle en oublia presque sa tristesse et sa douleur. Pendant une seconde, il n’y eut rien de plus important que les deux billes brillantes qui la fixaient d’un air expectatif. Amusée, la jeune femme offrit un morceau de mie au chien-loup qui mastiqua bruyamment. Et la brune allait choisir le parfum de son yaourt quand un bruit qui ne sonnait pas encore familier la fit sursauter. Elle se retourna pour tomber nez à nez avec sa tant, bien éveillée. Le corps paralysé, Elena resta à fixer Sara sans savoir quelle réaction adopter. Elena avait pris l’habitude de faire un détour par la cuisine dans la nuit, jamais encore sa tante ne s’était réveillée pour lui tenir compagnie.

Comme par automatisme, la brunette accorda une deuxième portion de son petit pain à l’huile d’olive à Alpha sans spécifier à sa tante que l’animal avait déjà été gratifié d’un premier morceau. Sans pouvoir le retenir, elle sourit à la bête et tenta de retrouver les yeux de sa tante. Avec difficulté, elle essaya de soutenir son regard avant de baisser la tête, mâchant doucement dans le vide comme pour se donner contenance. Elena se demanda si elle pouvait juste s’excuser et fuir jusqu’à sa chambre. Elle n’était pas sûre de pouvoir bouger. Elle se sentait paralysée, comme à chaque fois qu’elle se trouvait dans la même pièce que Sara. Sa tante. Cette tante qu’elle avait tant aimée. « Toi non plus apparemment, elle ne put s’empêcher de rétorquer vivement, sur la défensive. » De la part de Sara, ce n’était pourtant pas un reproche. C’était juste une simple question. Et Elena regretta un peu d’avoir été si brusque. Dans ses pantoufles, ses doigts de pieds se recroquevillèrent. Pendant ce qui lui parut être un très long moment, le silence lui compressa la poitrine. Ses poumons ne semblaient plus être en état de fonctionner correctement. Du coin de l’œil, comme si elle se trouvait face à un ennemi dangereux, Elena observa sa tante se servir un verre de jus. Elle pinça les lèvres. « J’avais faim. Je t’ai réveillée ? » C’était tout ce qu’elle trouvait à dire. Tout ce qu’elle se sentait capable de dire. Il y avait pourtant tant de non-dits entre elles que c’était comme un énorme éléphant qui prenait toute la place dans cette pièce.




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Sujet: Re: Every night is another story [Terminé] ( le Lun 11 Déc - 10:19 )
Every night is another storySARA & ELENA

Lorsque sa nièce tendit un morceau de son pain au chien-loup qui se tenait assis à ses pieds, elle esquissa un sourire aussi lumineux que rare, et le cœur de Sara se serra un peu plus. Depuis son emménagement, Elena n’avait encore jamais souri, du moins en face de sa tante. Une situation des plus normales étant donné qu’elle se trouvait en plein deuil de sa propre mère. Et quand même, pourquoi aurait-elle un tel geste envers une personne qui, semblait-il, ne lui inspirait rien d’autre qu’une immense colère ? A nouveau, Sara se demanda quels mensonges sont ex belle-sœur avait martelés dans sa tête. A moins qu’elle ne lui ait dit la vérité ? Et si Elena savait tout ? Etait-elle au courant que son père croupissait en prison à cause de sa tante, justement ? Certes, quand les choses s’étaient passées, elle n’était qu’une enfant et sa mère l’avait sûrement préservée. Mais une fois adolescente, une fois en mesure de comprendre, peut-être s’était-elle vue offrir l’histoire complète des événements. Sara savait qu’il s’agissait là d’une éventualité, mais elle émettait quelques réserves : il aurait fallu pour cela que sa mère lui explique aussi pourquoi son géniteur avait été mis derrière les barreaux, et la brunette ne la pensait pas capable de blesser son propre enfant, sa fille unique, à ce point. Sans doute s’était-elle positionnée sur le plus simple : il les avait sciemment abandonnées pour une autre femme. Pour une autre famille. Mais pour quelle raison Elena se montrait-elle si froide avec Sara, dans ce cas ? Arrête de te torturer, ça ne sert à rien de te poser mille et une questions à ce sujet, tu ne sauras qu’au moment où elle acceptera de s’ouvrir enfin… En attendant, tu ne peux rien faire d’autre qu’attendre. Et espérer.

Finalement, en se servant sa boisson, Sara décida de provoquer sa chance et demanda à sa nièce comment se passait son sommeil. La réponse fut immédiate mais surtout, cinglante. La jeune femme en fut désarçonnée l’espace d’un instant. A nouveau, Elena se montrait sur ses gardes, méfiante, pour une raison qui dépassait complètement sa tante. En silence, cette dernière reposa la brique de jus de fruits dans son rayonnage et referma le frigo. Elle ne savait pas comment réagir mais une chose était sûre : elle en avait marre de cette situation, et il faudrait bien qu’elles règlent leur problèmes un jour. L’occasion de ce repas sur le pouce en pleine nuit était trop belle. Il était hors de question pour Sara de la laisser passer. Ainsi, elle se retourna, son verre à la main, pour faire face à Elena avec la ferme intention de briser cette glace – ou en tout cas d’essayer. Mais sa nièce fut plus rapide. D’un ton radouci, comme si elle avait réalisé être allée trop loin, elle admit avoir eu faim et demanda si elle l’avait réveillée. C’est la première fois qu’elle te parle. C’est la première question qu’elle te pose. Ne la laisse pas s’enfuir, ne gâche pas tout. La brunette ignora la boule qui se formait dans sa gorge et pria pour que ses yeux ne brillent pas trop. L’émotion était en train de l’avaler tout entière, mais elle ne pouvait pas lui laisser le champ libre. Pas encore.

Sara aurait voulu faire le tour du comptoir et s’installer sur un tabouret près d’Elena, mais se dit que c’était trop tôt. Alors, elle resta debout de son côté et se cala contre le plan de travail. « J’aurais préféré. » Avec une grimace, elle avoua. « J’ai fait un cauchemar. » A son tour de se pincer les lèvres, inquiète de ce qu’apporterait la suite de la conversation. Il semblerait qu’il s’agisse d’un tic familial. « Tu sais, j’aimerais évidemment qu’on partage les dîners ensemble, mais je peux comprendre que ce soit compliqué pour toi, que tu aies besoin de temps, et je ne veux rien t’imposer. Tu es ici chez toi, tu te sers quand tu veux. Seulement… Je suis un peu inquiète, je ne te vois pas manger grand-chose et grignoter à trois heures du matin, ce n’est pas assez. » Sara priait pour que sa nièce ne réagisse pas mal à ses mots. Mais c’était vrai : le midi, elle n’était pas là pour voir si Elena mangeait bien, même si elle remarquait que le contenu du réfrigérateur et des placards diminuait un peu. Le soir, l’adolescente touchait à peine à sa nourriture et jusque-là, Sara n’avait pas pensé qu’elle puisse se relever pour avaler quelque chose. Dans le cas contraire, elle se serait assurée de lui mettre davantage de côté. Finalement, Sara plongea son regard dans celui d’Elena. « Disons que je me sentirais plus rassurée si tu acceptais que je te prépare une assiette. Je la mettrais dans le frigo, et ensuite libre à toi de la manger quand tu veux. Tu peux même l’emmener dans ta chambre si ça te semble préférable. »

C’était douloureux pour Sara de pratiquement dire à sa nièce qu’elle avait le droit de l’éviter si elle le voulait. Mais indispensable. Elena devait comprendre que sa tante n’avait aucune intention de lui forcer la main, au contraire. Il était important qu’elle fasse son deuil à sa manière, et la situation était déjà bien assez difficile. Après tout, on l’avait arrachée à son lieu de vie, à ses repères et à ses amis, pour la mettre dans le premier avion en direction d’un pays inconnu, chez une femme avec qui elle n’avait eu aucun contact depuis des années. Elena avait largement mérité qu’on la laisse tranquille, qu’on la laisse remonter à la surface à son rythme. Bien sûr, tout en lui faisant comprendre qu’elle n’avait qu’un mot à dire pour que Sara lui attrape la main et l’aide à reprendre pied. « Oh, au fait, » annonça-t-elle après avoir pris une gorgée de son jus de fruits. Elle montra du doigt une jolie boîte en métal posée sur le meuble de l’entrée. « Je t’ai préparé ça ce soir. Je voulais t’en parler demain matin mais comme ça, je suis sûre de ne pas oublier. Là-dedans tu trouveras quelques informations sur Naples, des lieux à voir, etc, ainsi qu’un plan de la ville, et les détails sur les deux lignes de métro, la ligne de train et les bus. » Elle se stoppa une seconde avant de reprendre. « La première ligne de bus qui descend directement au centre-ville est au bout de la rue. » Sara ne savait pas si Elena était déjà sortie ou non, même seulement pour marcher dans les alentours, mais elle espérait que cette invitation à découvrir Naples lui plairait et lui permettrait de s’aérer, de se changer les idées. Evidemment, la brunette lui avait laissé autre chose que des documents dans la boîte, à savoir largement de quoi régler les transports, s’acheter à manger ou d’autres petites choses si elle le voulait. Mais ça, sa nièce le découvrirait bien assez tôt, pas besoin de le préciser. « Ca me ferait plaisir d’être ta guide, un jour, mais encore une fois je sais que pour l’heure tu as besoin de ton espace, et je le respecte. Alors en attendant, au moins, tu as tout ce qu’il faut. » Elle termina ses explications par un sourire rassurant, avenant, et espéra à nouveau que la discussion ne s’arrêterait pas là.


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Sujet: Re: Every night is another story [Terminé] ( le Ven 15 Déc - 10:08 )
every night is another storySARA & ELENA


Avouer que la situation lui paraissait étrange aurait été un euphémisme. Elena avait ce goût acide, amer aussi, au fond de la gorge sans véritablement comprendre pourquoi. Est-ce que c’était la déception qui lui emplissait la bouche ? Est-ce que c’était la rancœur ? La jeune femme ne savait pas. Elle n’était même pas sûre de vouloir savoir, en vérité. Peut-être que ça ne ferait que rouvrir des blessures encore douloureuses, encore sanguinolentes. Comment était-elle censée accepter cette situation ? Comment était-elle censée recommencer à vivre comme si de rien n’était, comme si elle n’avait pas cet immense trou béant à l’intérieur de sa poitrine ? Chaque fibre de son corps lui faisait mal. Chaque mouvement, chaque respiration. C’était une douleur de tous les instants. Et Elena ne se sentait tout simplement pas prête pour tout ça. Prête à aller de l’avant.

Elle ne savait pas exactement ce que sa tante attendait d’elle. Elle ne savait pas ce qu’elle espérait. Ou plutôt la brunette savait-elle exactement sans vouloir se l’avouer, sans vouloir ouvrir les yeux face à la réalité. Elena baissa les yeux aux mots de Sara. Sa tant avait toujours eu cette inflexion douce et tendre dans la voix et ça lui rappelait ses très jeunes années, quand tout lui semblait encore absolument parfait. Quand tout était encore comme c’était supposé être. Bien sûr qu’elle ne mangeait pas. Bien sûr que c’était compliqué. Mais comment l’expliquer ? Comment en parler quand il y avait ce nœud en travers de sa gorge qui l’empêchait de mettre des mots sur les cicatrices encore fraîches ? Elena ne pouvait pas. Ne s’en sentait pas capable. Pas pour l’instant, en tout cas. Mais sa tante se montrait compréhensive. Peut-être trop. Sara acceptait beaucoup de la part de sa nièce et Elena s’en sentait un peu coupable. Pas assez pour relever les yeux et lui dire qu’elle ferait un effort, qu’elle prendrait la peine d’être véritablement à table avec elle et qu’elle mangerait un peu mieux. Non, au lieu de ça la jeune étudiante répondit d’une petite voix enrouée : « D’accord. Va pour l’assiette dans le frigo. »
Parce qu’Elena n’avait pas le courage ni la force d’être courageuse. C’était au-delà de tout, aujourd’hui.

Elena garda les yeux fixés sur Alpha comme s’il était la bouée de sauvetage à laquelle elle pouvait se raccrocher alors qu’elle se trouvait en pleine tempête. Ce ne fut que lorsque Sara attira son attention sur une petite boîte que Elena quitta les yeux de glace de l’animal. Sa tante essayait si fort de reconstruire le pont entre elles deux. Elle essayait si fort de renouer des liens qui s’étaient défaits au fil du temps, comme une pierre rongée par la corrosion. Le cœur serré entre ses côtes, la respiration difficile, la jeune fille acquiesça doucement, régulièrement comme pour montrer qu’elle comprenait. Comme pour montrer qu’elle l’écoutait, aussi.

Il était vrai que découvrir la ville s’était avéré plus compliqué que la brunette ne se l’était imaginé. Elle avait tenté avant de rebrousser chemin. Trop de monde, trop de rues, trop de monuments à voir sans savoir où commencer. Certainement que la boîte remplie de plans et d’informations sur cette nouvelle ville allait l’aider. Et Elena ne pouvait que se sentir reconnaissante. Mais comment le montrer ? Devait-elle le montrer ? Elena avait besoin d’un peu de temps. Elena avait besoin de solitude. On, en tous les cas, c’était ce qu’elle s’imaginait. Ce qu’elle se répétait à longueur de journée. Être seule était simple pour Elena. Être seule était facile. Elle pouvait ne pas ouvrir la bouche sans avoir l’impression d’être une enfant terrible. « J’ai voulu aller au cinéma, l’autre jour, elle lâcha. » Une façon de lui dire merci ? De lui avouer sans vraiment le faire que sa boîte à merveilles allait lui être véritablement utile ? Elena ne savait pas vraiment ce que sa remarque signifiait. C’était peut-être juste une remarque. Une simple remarque.

« C’est gentil. Ta boîte va m’aider à me repérer un peu mieux dans la ville, elle compléta après un silence. » Après tout, elle connaissait seulement le chemin jusqu’à la fac par cœur, le reste était encore flou. Elle se disait souvent qu’elle arriverait bien à se débrouiller. Et puis si elle voulait aller quelque part, Elena pouvait toujours regarder sur Internet.
Elle aurait pu ajouter qu’elle serait heureuse que sa tante l’accompagne, et c’était un peu vrai. Mais elle n’osa pas. Elle préféra simplement terminer sur un timide : « Naples est une jolie ville, en tout cas. » Ce qui n’avait absolument aucun intérêt, au fond.




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Sujet: Re: Every night is another story [Terminé] ( le Sam 3 Fév - 14:10 )
C’était une victoire en demi-teinte, mais ne fallait-il pas toujours voir le bon côté des choses ? Heureusement pour Sara, ce trait faisait partie intégrante de sa personnalité et sans doute faisait-il aussi partie des éléments qui l’avaient poussée vers le haut au pire moment de son existence : l’emprisonnement de son frère, l’acharnement des médias sur son nom, et enfin la disparition de sa nièce tant aimée. Au lieu de se laisser abattre, Sara avait vu en ces terribles événements une opportunité de tout recommencer, ailleurs. D’effacer son ardoise, de se reconstruire sur de bonnes bases, dans une ville où seule une poignée de gens l’avaient connue de nombreuses années plus tôt, dans sa période universitaire.

Alors oui, Sara aurait mille fois préféré que sa nièce réponde que finalement, l’assiette laissée au réfrigérateur ne serait pas nécessaire, qu’à partir de maintenant elles allaient manger ensemble. Malgré tout, elle avait décidé de se concentrer sur un fait uniquement : pour la toute première fois depuis son arrivée à Naples, Elena lui adressait la parole positivement. Alors une victoire en demi-teinte certes, mais une victoire quand même aux yeux de sa tante. Enfin, l’adolescente faisait un pas vers elle. Enfin, elle lui prouvait par une petite poignée de mots simples que l’espoir était permis, qu’en dépit des circonstances, tout n’était pas perdu entre elles. Cela prendrait du temps, et nécessiterait beaucoup d’efforts, mais elles y arriveraient. Elles retrouveraient ce lien du passé, cette connexion dont on les avait arrachées, et qui avait tant fait pleurer Sara par la suite quand elle se permettait d’y penser. A combien de reprises s’était-elle retrouvée face à un objet ou une situation qui lui rappelait aussitôt son adorable nièce ? Combien de fois s’était-elle demandée, la gorge serrée, à quel endroit elle se trouvait désormais ? Si elle allait bien ? Si sa tata lui manquait ? Sara ne comptait plus depuis longtemps.

Cette séparation forcée l’avait fait souffrir. Beaucoup plus que d’envoyer son propre frère en prison pour qu’il arrête ses crimes. Beaucoup plus que de voir le nom Manzoni traîné dans la boue dans les journaux. Si on demandait aujourd’hui à Sara ce qui avait été le plus difficile pour elle durant cette période noire, elle répondrait sans hésiter une seconde : perdre Elena. Son rayon de soleil. Oui, maintenant elle l’avait retrouvée. Mais ce petit rayon de soleil devenu grand ne brillait plus. La vie l’avait éteint en se montrant des plus cruelles, en lui prenant sa mère avant même sa majorité. Désormais, Sara n’aspirait plus qu’à une chose : lui redonner son énergie. Voir Elena sourire, rire à nouveau. Peu importe si ça prenait des semaines, des mois. A la seconde où sa nièce était revenue dans sa vie, la priorité numéro un de Sara avait changé. Ce n’était plus le refuge. Ce n’était plus ses ventes immobilières. Ni même son propre bien-être. C’était Elena Manzoni. Et une chose était sûre : elle était arrivée en tête de liste pour y rester. Toujours.

Sara eut du mal à ravaler ses larmes – d’émotion – face aux autres mots de sa nièce. Ils étaient si agréables à entendre. Si elle avait voulu aller au cinéma, c’était bon signe. Signe qu’elle sortait, se promenait, essayait de se changer les idées. « Si tu as besoin de quoi que ce soit d’autre, n’hésite surtout pas. » Face au compliment d’Elena sur la ville, sa tante esquissa un sourire. « Oui, elle l’est. J’avais ton âge quand j’en suis vraiment tombée amoureuse. J’ai passé trois des plus belles années de ma vie en venant étudier ici. » La vérité était que si elle avait voulu, elle aurait pu choisir d’y rester. Sauf qu’à l’époque, elle avait une famille qui l’attendait là-bas, aux Etats-Unis, dont une petite nièce au visage craquant qu’elle prévoyait de gâter et de chouchouter comme personne. Il était hors de question que Sara ne soit pas là pour la voir grandir.

A côté des deux jeunes femmes, Alpha se mit à bailler et la brunette réalisa qu’il était vraiment tard. Elle aurait aimé entamer une discussion, briser la glace une bonne fois pour toutes, mais elle réalisa que ce ne serait pas ce soir – ou plutôt, pas cette nuit. Elle mesura les efforts d’Elena et ne put que constater qu’ils étaient déjà nombreux. Sara ne voulait pas trop lui en demander d’un coup. Comme elle le lui avait dit quelques minutes plus tôt, elle comprenait que sa nièce ait besoin d’espace et de temps. Alors, le cœur serré mais consciente qu’il s’agissait de la meilleure décision à prendre, Sara décida de retourner se coucher. « Je te laisse terminer, et j’espère que tu réussiras à trouver le sommeil. Ce serait dommage de ne pas profiter de la seule journée ensoleillée de la semaine, » l’informa-t-elle, un petit sourire aux lèvres. Sa manière à elle de l’encourager à utiliser cette petite boîte. « A demain. » Après un dernier regard bienveillant pour sa nièce, Sara emprunta le couloir et entra dans sa chambre. Elle se laissa tomber sur le lit, se sentant soudain épuisée. Comme si, d’une certaine manière, on venait de lui enlever une bonne partie du poids qui pesait sur ses épaules, et qu’on lui disait que maintenant, elle pouvait relâcher la pression. Que tout irait bien.

Sara le sentait. Tout ira bien. Elena avait fait un très grand pas vers elle, le premier d’une longue série… Elle en était sûre. Forte de ce sentiment, la brunette se rendormit presque aussitôt, et le reste de sa nuit fut calme, loin de tout cauchemar.


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Sujet: Re: Every night is another story [Terminé] ( le )
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