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- Love song [Terminé]. -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Autour de Naples :: Voyager dans le passé
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Jane InvanovLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Love song [Terminé]. ( le Mer 13 Déc - 14:52 )

Love song
Stockholm - hiver 1994

Assise sur le lit de ma minuscule chambre d’étudiante en sous-vêtements et en grelottant, j’observe la pagaille autour de moi. Je crois que j’ai étalé çà et là l’intégralité de mes vêtements et chaussures sans parvenir à faire un choix. Fatiguée je dresse une liste mentale de tous ce qui m’ennuie et m’empêche d’avancer :

1 - Je déteste la Suède et ses hivers si rigoureux qu’ils vous interdisent de vous balader en jupe ou en robe sous peine de vous transformer littéralement en bloc de glace. Comment être à la fois féminine et emmitouflée ? 

2 - Je déteste n’avoir rien d’autre à l’esprit que lui... 

3 - Je déteste mon cœur qui n’en fait qu’à sa tête et a décidé de me faire perdre la mienne. 

4 - Je déteste l’amour et surtout les coups de foudre. La terre qui tremble, le ciel qui vous tombe sur la tête tout le monde en rêve... A tort et sans raison, c’est une véritable malédiction !

5 - Plus que tout je déteste NICOLAÏ INVANOV !

Je soupire... encore. Si seulement c’était vrai, juste un peu, rien qu’un peu. Mais la réalité est tout autre... Je passe mes journées à rêver de lui, à me demander ce qu’il fait et surtout avec qui, ce qu’il aime, ce qui l'admire, ce qui le rend heureux. Le pire finalement n’est pas qu’il monopolise toute mon attention, pas seulement. Ce qui m’angoisse le plus sans doute c’est le manque physique qu’il provoque, cette impression d’étouffer, le cœur qui s’emballe, les mains qui tremblent.
Je croyais qu’en trouvant assez de courage pour l’inviter je dépasserai ce stade pathétique. Soit il refusait et je n’avais plus qu’à me faire une raison et sans doute m’enfuir à l’autre bout du pays pour ne plus le revoir, soit il acceptait et je n’avais plus qu’à faire mon possible pour l’attirer suffisamment et ne plus le laisser m’échapper. Jusqu’à présent ça n’a jamais été très compliqué avec les autres, je n’ai jamais eu de difficultés à séduire, pourquoi serait ce si différent avec lui ? 
Quand il m’a dit qu’il était d’accord pour boire un verre, j’ai été la plus heureuse. Et nous avons passé une excellente soirée. J’aurais voulu arrêter le temps, que ce moment passé à ses côtés ne s’interrompe jamais. L’apothéose a été quand il a enfin décidé de m’embrasser. Ses lèvres contre les miennes, mon corps dangereusement près du mien, j’ai cru que le monde s’écroulait sous mes pieds.  Un seul baiser à suffit, pourtant trop chaste, beaucoup trop sage et trop court, pour comprendre qu’il était celui qu’il me fallait, celui que je cherchais, et que dorénavant plus personne ne compterait autant que lui. Une douce aberration quand on y pense, mais autant me résigner, je suis folle de lui !
Nous ne nous étions rien promis, et pas de nous revoir. J’ai cru naïvement que c’était à son tour de se mouiller, de prendre les devants. Mais forcément il n’en a rien fait. Pire il m’a laissé pantelante et accablée, constamment dans l’attente d’un signe de sa part.
Depuis j'essaye de l’éviter savamment, enfin pas vraiment... je n’arrive pas à me contrôler, à abandonner. Puisque lui et son groupe sont l’attraction du campus autant m’y rendre moi aussi. Ce soir c’est le grand soir je vais le voir jouer à m’en faire péter les rétines, et je prendrai tout ce qu’il voudra bien me donner.

J’ai convaincu mon amie Cécile de m’accompagner et en entrant dans le petit bar enfumé où jouent les Efter Brylluppet, je le cherche du regard. Il est accoudé au bar et toujours trop entouré. Je marque un temps d’arrêt. J’ai l’impression d'être frappée à chaque fois avec la même violence. " Qu’est-ce que tu as, t'as vu un fantôme ? " Non pas vraiment, juste le mec le plus séduisant qui m’ait été donné de rencontrer. Je hausse les épaules. Même à ma confidente attitrée je n’ai pas osé raconter la force des sentiments qui m’enflamment autant qu’ils m’effraient. 
La salle est déjà pleine et c’est en jouant des coudes que nous nous frayons un chemin. J’ai toujours le regard braqué sur lui. Il est aussi décontracté et débraillé qu’à l’accoutumé. T-shirt usé et jean troué, dire que j’ai hésité pendant des heures pour savoir comment m’habiller ! Tant bien que mal nous arrivons à approcher suffisamment le barman pour lui commander deux bières. C’est là qu’il nous voit. Je lui fais un bref signe de main et ce qui doit être le sourire le plus pitoyable de ma vie... le sien est diabolique. J’ai déjà mentionné à quel point que je haïssais NICOLAÏ INVANOV ? 
En s’avançant vers nous Cécile le remarque à son tour et me murmure à l’oreille. " On dirait que la chance me sourit et que je ne suis pas venue ici pour rien. Tu vois ce gars qui s’approche de nous... Je vais lui sortir le grand jeu et pas plus tard que maintenant. " Quoi !? Et merde, j’ai creusé ma propre tombe, me suis tirée une balle dans le pied. Elle va vraiment me voler l’homme de mes rêves sous mon nez ?


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Dernière édition par Jane Invanov le Sam 24 Mar - 19:41, édité 2 fois
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Nicolaï InvanovLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Re: Love song [Terminé]. ( le Ven 15 Déc - 15:08 )

Love song
Stockholm - hiver 1994

Moins dix degrés un jour d’hiver en Suède. Vous pensez que ça se réchauffera un jour ? Qu’on pourra voir l’été ? L’été, ça sent les festivals de musique, notre temps sur les routes dans un van pourri. Je brave le froid parce qu’il me faut une clope et si je me retrouve sur le parvis de la fac, c’est pour laisser le froid me saisir et éviter de m’endormir entre deux cours magistraux. La cuite de la veille fut mémorable. Je suis brillant, certes, mais je suis aussi un bon branleur qui prend sa vie étudiante particulièrement à cœur. Je ressers les pans de ma veste en cuir autour de moi pour me réchauffer et tire sur ma clope comme si c’était une dose dont je ne pouvais me passer. A choisir entre le manque et le froid… « Hey mec, t’oublies pas les balances ce soir assure ! » « T’inquiète, j’y serais avant toi ! » Enfin je crois, si j’arrive à me lever. Je vais sans doute sécher quelques cours pour être sûr d’être frais pour la soirée.
La seule chose dont je sois sûr aujourd’hui c’est qu’un mal de tête me vrille le crâne et que ce soir nous allons faire bouger le bar. Tous nos weekends sont occupés avec le groupe, et nous remercions notre tendance à papillonner, ce qui nous permet de pouvoir changer de copines à chaque fois que ça nous chante, sans avoir à rendre de compte parce que notre temps libre se passe ensemble. Quoi que je n’aie sans doute pas grand-chose contre le fait de ramener ma copine aux répétitions, si elle y trouve son compte… Mais je n’ai pas de copine, alors la question ne se pose pas !

Je rentre finalement chez moi, dans ma minuscule chambre étudiante, et m’écroule sur le lit. Deux heures de siestes, pas plus, promis… Et c’est finalement 5 h plus tard que j’émerge à la bourre, comme l’abruti que je suis. Une douche rapide et j’attrape mes fringues de scène. Un jean troué, un t-shirt noir des Led Zepplin, une paire de Converse, un peu de gel dans les cheveux, mon bracelet en cuir et je suis fin prêt.
« Gueule pas, je suis presque pas en retard… » « Bordel, 3 h et demi de retard mec ! T’es tombée sur une nana ou quoi ? » « Si seulement. » Je ris à la bêtise chronique de mes potes, et monte sur scène pour attraper ma guitare et laisser l’ingénieur régler ce dont il a besoin. Et une fois finies, place à la pause. L’avantage de jouer en ville c’est que les bières sont gratuites si nous sommes le groupe de la soirée, et j’évite de m’en priver. J’en demande une au barman. Et m’installe au comptoir en me passant la main sur le visage. Je prends le temps de discuter un peu avec lui, il apprécie la musique, visiblement nous sommes un de ses choix. Ça me fait plaisir. Mais il me fait signe que deux jeunes femmes attendent après moi. Moi ?! Je me retourne et un grand sourire m’accueille. Une blonde, une brune, mais visiblement des deux, c’est la brune qui se lance. Mais je connais la blonde, j’ai eu une seconde de latence, mais c’est la fille de qui j’ai accepté l’invitation à boire un verre la dernière fois. Jolie, discrète, et j’ai même été gentleman avec elle. Je sentais que ce n’était pas le genre de fille qui dirait oui tout de suite, alors je n’ai pas insisté. Nous serons sans doute amenés à nous recroiser, la preuve en est ce soir. « Tu reprends des forces pour le concert de ce soir ? » « Ouais, y a de ça, et sans doute un peu pour chasser la gueule de bois d’hier… » « T’es un fêtard alors… » « Ou en train de foutre en l’air ma scolarité, je sais pas trop. Je vous offre un verre les filles ? » La brune ne se fait pas prier, et je laisse galamment ma place à la blonde, Jane, je crois, un prénom qu’elle portait très bien. Et demande au barman de les servir ce dont elles ont envie. « Sympa ton appareil. Jane, si je me souviens bien. » Attrapant ma bière pour la finir et en demander une autre.

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Sujet: Re: Love song [Terminé]. ( le Mar 19 Déc - 13:07 )

Love song
Stockholm - hiver 1994

En le voyant de plus près je constate que ses traits sont tirés, qu’il a l’air fatigué, qu’il n’a apparemment tenu aucun compte de ses vêtements, et pourtant... il est quand même à tomber. Il émane de lui un magnétisme, une assurance et un charme indéfinissable auxquels j’ai totalement succombé. Mais je ne suis pas la seule...
J’assiste médusée au dialogue qui s’instaure entre eux. Cécile entame la discussion bien décidée à tout faire pour être remarquée par le beau Nicolaï. Comment pourrais-je lui en vouloir de ne pas tenter sa chance, il attire tous les regards, éveille toutes les convoitises. A mon grand regret il répond volontiers à ses questions, non sans un certain humour, et je ne sais comment réagir, je suis désemparée. « Je vous offre un verre les filles ? » Je n’ai pas le temps de répondre. Mon amie quant à elle saute sur l’occasion, y perçoit un moyen de faire plus ample connaissance peut être même un encouragement. Est ce qu’il s’agit vraiment de ça ? Vraisemblablement puisqu’il ne m’a toujours pas accordé la moindre attention ou si peu en me laissant sa place. Je fixe mon verre en me traitant d’idiote.
Je n’avais jamais perdu la tête à ce point. Personne avant lui ne m’avait fait autant d’effet. Pétrifiée, je n’ose ouvrir la bouche de peur de bafouiller. Je donnerai tout pour être aussi entreprenante que Cécile, avoir son aisance, sa repartie, mais il n’y a au fond de moi que cette affreuse timidité qui me tenaille. Comme à chaque fois qu’il s’agit de lui je perds pied. Je tripote mon appareil photo, nerveusement. Ce n’est absolument pas l’image que j’aimerais renvoyer, celle d’une fille émotive, décontenancée. Je voudrais paraître détachée, avoir l’air indifférente. Malheureusement pour moi, c’est loin d’être le cas.
En sirotant sa bière il se tourne enfin vers moi. « Sympa ton appareil. Jane, si je me souviens bien. » Le crétin, l'horrible con... J’en suis à me morfondre et lui peine à se remémorer mon prénom. Si je me souviens bien... cinq mots anodins qui piétinent mon cœur et anéantissent tous mes espoirs. 
Pourtant je n’ai pas rêvé cette formidable soirée passée ensemble, se baiser qu’il m’a donné. A croire qu’il les collectionne ! Dire que ce soir-là s’il avait été plus entreprenant, je lui aurais volontiers cédé faisant abstraction de tous mes principes. C’est ma mère qui m’a appris à dire non le premier soir, ça et d’autres préceptes stupides que j’aurais volontiers oublié... depuis que j’ai posé les yeux sur lui je n’ai qu’une envie, celle de le déshabiller et de me plaquer contre lui. Finalement tout ce que j’ai réussi à sauver est mon honneur. En plus d’être malheureuse, je suis en colère. C’est à moi que j’en veux le plus de n’être qu’une midinette naïve et sentimentale. Comment ai-je pu être aussi stupide ?
Je me force à sourire. " C’est bien ça, Jane. " Je détourne le regard, c’est impossible de soutenir le sien sans perdre un peu plus mes moyens. " Je pensais prendre quelques clichés mais je me suis trompée. Apparemment il n’y a rien d’intéressant ici. " Mon amie me sauve la mise. " Jane tu n’es qu’une petite cachotière, tu ne m’avais pas dit que tu connaissais le plus beau spécimen du campus. Et je ne sais toujours pas son prénom. “ Cette fois je suis la première à répondre. " Il s’appelle Nicolaï... Et je vois que vous avez des choses à vous dire, je vais vous laisser discuter tous les deux. " Je suis une vraie cocotte-minute prête à exploser. Je saisis ma boisson et m’éloigne d’eux.
La fac entière est amassée dans ce foutu bar et je ne tarde pas à reconnaître des visages familiers. J’écoute distraitement la conversation d’un groupe d’ami en les observant du coin de l’œil. Comme elle l’avait annoncé elle à l’air de lui sortir le grand jeu. En tête à tête avec lui, j’ai l’impression qu’elle ne lui laisse aucun doute quant à ses intentions. Elle cligne des yeux méticuleusement, rit consciencieusement, s’approche plus près de lui, frôle de ses mains les siennes... je suis à l’agonie, c’est trop dur de la regarder se l’accaparer et de finalement renoncer. Tant pis si je m’attire ses foudres, je suis bien décidée à y couper court. En m’approchant d’eux je constate à quel point elle a décidé de mettre les bouchées doubles. Du bout de son index elle souligne les lettres inscrites sur son t-shirt. " Moi aussi j’adore Led Zepplin. " Elle fredonne les paroles de Whole lotta love. " I'm gonna give you my love... " Son allusion à peine voilée m’amuse. Décidément elle n’y va pas par quatre chemins. J’affiche mon plus beau sourire et gronde gentiment mon amie. " Ça suffit maintenant Cécile, laisse Nicolaï tranquille. Je suis sûre qu’il a mieux à faire que de t’écouter chanter. "



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Nicolaï InvanovLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Re: Love song [Terminé]. ( le Mar 19 Déc - 17:09 )

Love song
Stockholm - hiver 1994

Plus tard je me mordrais les doigts de cette indifférence, mais je ne le savais pas encore. J’avais pourtant adressé un jugement différent à l’égard de cette jeune femme. Tout d’abord parce qu’elle me paraissait plus fragile que les autres, mais aussi plus importante. Pour autant, un jeune con de mon âge se pose rarement la question de savoir s’il fait du mal ou pas.
Je n’ai même pas encore vingt ans, des filles à foisons et pourtant je ne suis même pas foutu de me rappeler leur prénom. Elles me draguent pour la plupart, osent faire le premier pas, ce qui m’évite d’avoir à le faire moi-même. Tout comme la copine de Jane, dont je ne me souviendrais pas le prénom non plus après tout. Mais je n’attends pas à ce que ça nous mène quoi que ce soit si ce n’est un bon moment avant de penser à la prochaine.
" C’est bien ça, Jane. " Je sens une pointe d’agressivité dans sa voix, sans doute ais-je mal joué mon coup et aurait pu être plus délicat. Disons qu’avec les idées légèrement plus claires, j’aurais pu deviner son prénom sans insister. " Je pensais prendre quelques clichés mais je me suis trompée. Apparemment il n’y a rien d’intéressant ici. " Je crois que mon intuition était la bonne, elle est contrariée et j’en suis sans aucun doute la cause. " Jane tu n’es qu’une petite cachotière, tu ne m’avais pas dit que tu connaissais le plus beau spécimen du campus. Et je ne sais toujours pas son prénom. “ " Il s’appelle Nicolaï... Et je vois que vous avez des choses à vous dire, je vais vous laisser discuter tous les deux. " Je n’ai absolument pas le temps de rétorquer quoi que ce soit qu’elle me laisse seul avec son ami. Je crois que je l’ai froissée, et si je mets ce temps à contribution pour essayer de comprendre, elle ne revient pas avant un bon moment, je dirais même une bonne grosse demi-heure que je trouve excessivement longue, mais je ne peux pas m’éclipser comme ça. J’ai déjà été parfaitement incorrect avec Jane, je ne souhaiterais pas réitérer l’erreur avec son amie. Et bien que je m’évertue à penser le contraire, la petite démonstration de caractère de Jane me plaît beaucoup…
L’amie en question ne lâche rien, elle est carrément entreprenante… Et si je n’avais pas un concert là tout de suite, sans doute me serais-je laissé aller comme l’abruti que je suis ! " Moi aussi j’adore Led Zepplin. " Je suis content de l’entendre. " I'm gonna give you my love... " Je n’ai aucunement le temps de compléter les paroles que Jane nous rejoint. " Ça suffit maintenant Cécile, laisse Nicolaï tranquille. Je suis sûre qu’il a mieux à faire que de t’écouter chanter. " « Mais qu’est-ce-que tu racontes ? Et tu ne devais pas aller faire tes réglages toi ? Ton histoire de lumières et tout ça sur ton… appareil. » Visiblement, Jane sait de quoi elle parle question photo. Je n’y connais rien mais vu son appareil, ce ne doit pas être une amatrice. « Jane a raison, je dois aller me préparer. Je vous dis à tout à l’heure les filles ? Mettez-vous au premier rang, et si on vous pose des problèmes, dites que vous êtes avec moi. » Je leur adresse un clin d’œil et m’éloigne de quelques pas. « Et Jane, s’il te prend l’envie de photographier pas grand-chose d’intéressant… t’en prive pas OK ? » Je leur adresse un signe de tête et un léger sourire en coin avant de disparaître. J'ai sans doute senti le besoin de m'excuser, d'essayer de me faire pardonner pour mon comportement pour le moins vexant de tout à l'heure. Essayer d'être gentil n'estp as un crime mais il me rend parfois plus maladroit qu'autre chose.

Une heure plus tard, c’est sur scène que je réapparais. Le bar est chauffé à blanc, l’ambiance très agitée et il n’appartient qu’à nous de faire ce que nous voulons de tout ça. L’énergie est là, il n’y a qu’à la saisir. Plusieurs morceaux joués, avec un accueil du public on ne peut plus chaleureux. Nous ne sommes qu’un petit groupe inconnu dans un bar en face de la fac, et pourtant, nous nous prenons pour U2 dans un stade de foot. Je me joue des regards et des cris des filles, c’est grisant, vous ne pouvez même pas imaginer ! Quand tout à coup… Je croise le regard de Jane, planquée juste derrière son appareil, au premier rang. Et là… C’est fini. Plus rien n’existe autour. Je crois que j’ai compris ce qu’était le sens de la vie. Le coup de foudre, je viens d’y croire. Ça y est, je sais ce que c’est… Le sol se dérobe sous mes pieds, je manque de flancher, et pourtant, tout semble rester dans le même ordre quand nos regards cessent de se croiser. Je ne sais pas bien ce qu’il vient de se passer, mais la seule chose dont je sois sûre, c’est que ma vie vient de changer pour toujours.

Entracte, trois pas pour quitter la scène. Je la cherche du regard, partout autour de moi, et fini par la repérer au bar. Je ne lui pose même pas la question, lui saisis la main, l’arrache à son amie et l’entraine dans l’intimité des toilettes. On aura fait plus glamour, mais dehors, les températures avoisinent les -10°C. Je ferme la porte d’un coup de pied, met le loquet sans même un regard et me plante droit devant elle. « Ne m’interrompt pas s’il te plaît. » C’est maintenant que ma vie se joue. Sur un regard échangé, une intensité particulière, une nuance qui m’a fait chaviré, dans ses iris bleus. « C’est toi, Jane. C’est toi et pas une autre. Je sais pas pourquoi, me le demande pas. Mais je le sais. Un jour tu me diras oui devant l’autel, un jour on aura trop d’enfants pour tous les surveiller, une grande maison et une foutue pelouse à entretenir. C’est toi que je veux. Pour toujours. C’est comme une évidence. Alors te pose pas de questions, tout ira bien. Et devient aussi dingue que moi. Tu le regretteras pas. » Je suis complètement allumé du casque ! Mais à cet instant précis, c’est quitte ou double. Je joue tout, je donne tout, pour elle. Parce que plus rien d’autre ne compte que le partage de ce sentiment si fort qu’il pourrait me déchirer en deux.


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Jane InvanovLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Re: Love song [Terminé]. ( le Ven 22 Déc - 11:35 )

Love song
Stockholm - hiver 1994

Comme je l’avais prévu Cécile est furieuse. Mon intrusion est loin de lui plaire mais je m’en moque complètement. Elle me fusille du regard, me fait comprendre que je suis de trop. « Mais qu’est-ce-que tu racontes ? Et tu ne devais pas aller faire tes réglages toi ? Ton histoire de lumières et tout ça sur ton… appareil. » Nicolaï a l’air de saisir cette opportunité pour pouvoir s’éclipser. « Jane a raison, je dois aller me préparer. Je vous dis à tout à l’heure les filles ? Mettez-vous au premier rang, et si on vous pose des problèmes, dites que vous êtes avec moi. » Il pose son verre sur le comptoir et je le regarde s’éloigner à regret. Mais après avoir fait quelques pas il fait soudainement volte-face. « Et Jane, s’il te prend l’envie de photographier pas grand-chose d’intéressant… t’en prive pas OK ? » Mon rythme cardiaque s’accélère, je n'arrive toujours pas à analyser mes sentiments et savoir ni pourquoi ni comment il arrive à me bouleverser autant. Je souris timidement et regarde rapidement ailleurs. Je ne veux pas qu’il perçoive, si ça lui a encore échappé, l’effet qu’il produit sur moi, je crois que je rougis subitement, comme une enfant. Celle qui a tout vu par contre c’est Cécile qui est encore plus en colère maintenant. « Je comprends mieux pourquoi tu as tout fait foirer ! »  C’est sans doute peine perdue mais je me défends autant que je le peux. " Je viens de te sauver la vie. Plutôt que d’être en fâchée tu devrais me remercier ma chère. Nicolaï Invanov n’est qu’un coureur de jupons. " « Raconte tes conneries à qui tu veux Jane. J’ai bien vu la manière dont tu le regardais. Ce mec te plaît et tu n’as pas supporté qu’il s’intéresse à moi... La prochaine fois évite de te mêler de mes affaires. » Elle a raison. " Calme toi, tout n’est pas perdu. Il t’a bien invité à te mettre devant la scène, non ? " « Toi aussi malheureusement ! » " Il l’a juste voulu être poli. Si je te paie une bière et promets de me faire toute petite, tu me pardonnes ? " « Pas sûr, mais essaye quand même. » J’espère que je n’ai pas complètement ruiné mon amitié...
Au bout d’une heure et quelques verres, Cécile est plus détendue, affirme à qui veut l’entendre que c’est Nicolaï en personne qui lui a permis de se mettre au premier rang. Je la suis en priant pour qu’il revienne. Plus que je ne voudrais l’admettre j’attends impatiemment son retour. Tout le monde s’agite autour de nous quand son groupe monte sur scène. La foule est électrique et j’ai toute la peine du monde à garder mon appareil photo entre les mains. Les garçons bougent en rythme, les filles hurlent, tout le monde chante. Rien d’étonnant, ils sont plutôt bon. Évidemment je ne vois que lui... une guitare à la main il est encore plus attirant. J’effectue les derniers réglages sur mon appareil. Je suis incorrigible je le sais mais je compte bien le capturer, même s’il ne s’agit ici que de son image. J’attends le bon moment pour prendre la meilleure photo qui soit, règle l’objectif pour me permettre de saisir toutes les expressions de son visage. C’est le moment qu’il choisit pour se tourner vers moi. Il y a à cet instant précis quelque chose d’indéchiffrable dans son regard, un étonnement, une interrogation dont je ne saisis pas la nuance. J’appuie sur le déclencheur et détourne le regard embarrassé, je viens de lui prouver qu'effectivement j'avais trouvé ce qui m'intéressait. Plus maladroite que moi ça n’existe décidément pas. Au moins j’espère que la photo sera bonne...
Je me laisse rapidement enivrer par l’ambiance et la puissance de leur jeu qui monte crescendo. Après quelques chansons, mon amie me saisit le bras et me hurle dans l’oreille. « Viens, il fait trop chaud et j’ai soif. On va se mettre au bar avant qu’il ne soit pris d’assaut ? » Je hoche la tête, pourquoi pas. 
Arrivées à destination j’ai encore le droit à une grimace. « Te faire toute petite hein ? Dis-moi combien tu as pris de photos ? » Si même elle a remarqué... " Arrête un peu et profite du concert. Ils sont cool non ? " « Ouais, surtout Nicolaï ! »
Les dernières notes retentissent et le chanteur des Efter Brylluppet annonce un entracte. De loin je surveille ses moindres gestes. Il pose sa guitare précipitamment, saute de la scène et regarde autour de lui... jusqu’à ce qu’il nous voit. Il se dirige alors vers nous avec détermination ne réagit à aucune des sollicitations dont il fait l’objet, ne répond à aucune question. 
Je ne comprends rien quand il attrape ma main solidement et me traîne dans les toilettes. Avec la même ferveur il ferme la porte du pied et la verrouille derrière lui. Décontenancée par son changement brutal de comportement je me demande ce qu’il lui prend. « Ne m’interrompt pas s’il te plaît. » Comment le pourrais-je, je suis suspendue à ses lèvres. « C’est toi, Jane. C’est toi et pas une autre. Je sais pas pourquoi, me le demande pas. Mais je le sais. Un jour tu me diras oui devant l’autel, un jour on aura trop d’enfants pour tous les surveiller, une grande maison et une foutue pelouse à entretenir. C’est toi que je veux. Pour toujours. C’est comme une évidence. Alors te pose pas de questions, tout ira bien. Et devient aussi dingue que moi. Tu le regretteras pas. » C’est de loin la plus belle déclaration qu’on ne m’ait jamais faite, mais elle est également aussi improbable qu’inattendue. Mon corps frémit, mon sang pulse dans mes veines, mes jambes ont du mal à me soutenir. Sans plus réfléchir je plonge mes mains dans ses cheveux et l’embrasse... farouchement, sauvagement comme si toute ma vie en dépendait, comme si elle n’avait servi qu’à attendre ce moment. Il enserre ma taille, me serre un peu plus contre lui... alors avant de perdre totalement la tête, de ne plus pouvoir faire machine arrière je m’écarte, le repousse. J’ai soudain très peur, trop peur pour le laisser m’atteindre un peu plus.  " Stop ! C’est ça ton plan Nicolaï pour ramener une fille dans ton lit ? Je suis l’heureuse élue ce soir ? Tu n’as pourtant pas besoin d’user de ce genre de stratagème. Elles sont au moins une demi-douzaine dans la salle à vouloir y entrer sans promesse, à commencer par la fille qui m’accompagne... Cécile, tu te souviens de son prénom ? " Je suis la première surprise de ma véhémence. Je crois que je viens de rejeter celui qui fait battre mon cœur avec autant d’ardeur. 




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Nicolaï InvanovLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Re: Love song [Terminé]. ( le Ven 22 Déc - 17:45 )

Love song
Stockholm - hiver 1994

Je laisse les filles au comptoir, n’ayant pas la moindre envie de me retrouver entre les deux à compter les points. Ce sont des histoires de filles et mon meilleur ami dit que ce sont des histoires qui doivent rester entre filles justement. Que rien ne devrait justifier le fait de devoir s’en mêler, même si l’une d’elle est ma copine et encore moins si l’une ou les deux sont des coups d’un soir. Donovan a des histoires tellement incroyables à raconter… une anecdote pour tout et surtout une idée foireuse pour tout ce qu’il entreprend, c’est à tomber… Sans doute aussi pour ça qu’il ne parvient pas à garder une fille plus de trois jours.
Il n’a d’ailleurs rien perdu du spectacle et me chambre sans la moindre retenue. « Alors, la brune ou la blonde ? » Je sourpire, et il me lance une canette que j’ouvre à la volée. « La ferme Don. La blonde, je la connais. » « Oh, bon coup ? » « Je sais pas. » « Putain t’as même pas été jusqu’au bout, t’es quel genre de mec ? Le sentiment ça marche plus, je te l’ai déjà dit. » « Sérieux tu penses qu’à ça ! » Je lui lance un coussin, fini ma bière et nous sommes appelés sur scènes. Je me rappelle de Jane maintenant et du comportement de gentleman que j’avais adopté. Après tout, c’est assez rare pour que je m’en souvienne.

Et c’est là que ma vie change. Quand je croise le regard bleu de cette sublime jeune femme que j’ai pourtant déjà invité à dîner, prendre un verre et partager une soirée. Mais je dois dire qu’aussi jeune et con que je sois, je m’étais fait à l’idée que ce n’était pas le genre de femme qui voudrait de moi sur le long terme et la peur de finir largué comme cet abruti de musicien qui se trouve être mon meilleur ami, mon inconscient l’avait relégué dans un coin de ma tête. Le reste du concert me paraît presque long, je suis habité d’une énergie nouvelle et je dois à tout prit soulager mon esprit en lui avouant tout ce que j’ai sur le cœur.
Peu galamment, je nous trouve un moment d’intimité dans les toilettes. Je lui fais alors une déclaration dont je ne me serais pas pensé capable, et pour toute réponse elle m’embrasse, et lorsque ses lèvres rencontrent les miennes, je comprends que je suis sûr de moi, que je n’ai jamais été aussi sûr de moi et prêt à foncer. Mais sans doute rattrapée par un éclair de lucidité, elle me repousse. " Stop ! C’est ça ton plan Nicolaï pour ramener une fille dans ton lit ? Je suis l’heureuse élue ce soir ? Tu n’as pourtant pas besoin d’user de ce genre de stratagème. Elles sont au moins une demi-douzaine dans la salle à vouloir y entrer sans promesse, à commencer par la fille qui m’accompagne... Cécile, tu te souviens de son prénom ? " Je lui avais demandé de ne pas m’interrompre, et je pense qu’elle a respecté ça en résistant aussi fort qu’elle le put. « Jane, j’ai pas besoin de ce genre de déclaration pour en ramener une ce soir. Mais c’est toi que je veux. Dans mon lit, dans ma vie, je te veux partout. » Elle peine à me croire et je pense que je ne ferais pas confiance au genre de mec que je suis en ce moment, elle est intelligente en plus, fine d’esprit, j’adore ça. « Cécile ? Quoi, ta copine ? Ouais Cécile, ou un truc comme ça. Et alors ? » Je ne comprends pas où elle veut en venir et je ne suis pas très délicat à 19 ans. « Jane, je suis en train de te dire que je m’en fous des autres. Il s’est passé un truc, que je comprends toujours pas. Tu crois au coup de foudre ? Tu crois aux gens qui passent leur vie ensemble ? Parce que moi non jusqu’à présent. Mais là, je suis sûr de moi. Laisse-moi une chance. » Je plonge mon regard dans le sien, la fait reculer jusqu’au lavabo, et la coince doucement entre la vasque et mon propre corps. « Je te demande pas de tout quitter comme ça en claquant des doigts, je te demande même pas de changer de vie, juste de me laisser t’aimer. Aujourd’hui, demain, n’importe quand, quand tu seras prête. » Je crois que mes paroles commencent à faire leur bout de chemin. « J’ai été le dernier des cons hein, en oubliant comment tu t’appelles. On apprend de ses erreurs, mais promets pas que je m’en mordrais pas les doigts… Je suis prêt à beaucoup pour me rattraper. » Pour lui faire oublier que je ne suis que le con ayant oublié son prénom. Le con dont toutes les filles crient le prénom ce soir dans ce bar. Succès pourtant tellement éphémère, me semblant tellement dérisoire comparé à ce que je veux avec elle. Bâtir avec elle…

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Jane InvanovLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Re: Love song [Terminé]. ( le Mar 26 Déc - 18:20 )

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« Jane, j’ai pas besoin de ce genre de déclaration pour en ramener une ce soir. Mais c’est toi que je veux. Dans mon lit, dans ma vie, je te veux partout. »
Je déteste Nicolaï Invanov, définitivement. Il trouve les mots justes, ceux qui tuent, ceux qui flingues... et je meurs à petit feu sous ses yeux. Voilà comment quelques mots habilements choisis me font entrevoir de nouvelles perspectives, un futur que je n’avais pas imaginé, une vie que je n’avais pas envisagé. Des sentiments nouveaux encore plus fort, encore plus puissant naissent désormais... et je suis de plus en plus effrayée. « Cécile ? Quoi, ta copine ? Ouais Cécile, ou un truc comme ça. Et alors ? » Alors une fois que je t’aurais cédé, tu vas m’oublier. " Je constate que tu as fait un effort pour retenir son prénom. Nous avons passé toute une soirée ensemble et ensuite tu n’étais plus certain du mien. Je ne t’en veux pas Nicolaï, mais tout me pousse à croire que tu es passé à autre chose. Soudain pour une raison qui m’est complètement inconnue tu changes d’avis. Je ne sais pas à quoi tu joues, tout ce que je sais c’est que je ne veux pas être la prochaine que tu épingleras sur ton tableau de chasse." Je m’y perdrai, si tu me mens je m’effondrerais. « Jane, je suis en train de te dire que je m’en fous des autres. Il s’est passé un truc, que je comprends toujours pas. Tu crois au coup de foudre ? Tu crois aux gens qui passent leur vie ensemble ? Parce que moi non jusqu’à présent. Mais là, je suis sûr de moi. Laisse-moi une chance. » Les mots m’échappent, se bousculent. " Oui, j’y crois, moi aussi j’ai..." eu un terrible coup de cœur pour toi. Depuis plus rien n’est pareil, tu as tout changé... Mais comment terminer, lui avouer. Comment reconnaître ce qu’il me fait, ce qu’il éveille en moi. Je ne suis plus qu’une sombre idiote incapable de terminer une phrase. " Te laisser une chance de quoi exactement ? De me... " Briser en mille morceaux le jour où il ne voudra plus de moi ?
Ses yeux me provoquent, il fait un pas puis deux, son corps avance vers le mien sûrement, dangereusement. Je me retrouve bloquée contre lui. Trop près pour pouvoir me maîtriser, me contenir. Ma tête hurle non, le reste ne m’appartient plus. Ma main se pose sur son torse, glisse le long de sa poitrine, termine son chemin vers sa taille, se perd contre sa peau. Juste un bout de peau... sa peau contre ma paume. Juste assez pour m’enivrer, juste assez pour m’étourdir, endormir tous les signaux qui me disent d’arrêter ou de m’enfuir. Mais j’ai trop envie de lui pour m’interrompre, encore plus envie de l’écouter me dire que je suis singulière, que j’ai une place particulière. Je suis à deux doigts de capituler. Si lui aussi décide de poser autre chose que son regard sur moi, s’il se rapproche encore un peu, s’il décide de me toucher je ne vais jamais pouvoir lui résister.
« Je te demande pas de tout quitter comme ça en claquant des doigts, je te demande même pas de changer de vie, juste de me laisser t’aimer. Aujourd’hui, demain, n’importe quand, quand tu seras prête. » Maintenant, Nicolaï je le suis tellement. Arrête de me torturer, de jouer avec moi, je ne veux plus que toi. Je suis impuissante, j’ai la tête qui tourne, je ne suis plus capable de savoir ce qu’il faut faire, ou dire. Comment faire un choix impossible ? Je vais regretter de me laisser aller. Je vais déplorer de te repousser. « J’ai été le dernier des cons hein, en oubliant comment tu t’appelles. On apprend de ses erreurs, mais promets pas que je m’en mordrais pas les doigts… Je suis prêt à beaucoup pour me rattraper. » C’est moi la dernière des connes, conne et amoureuse, touchée en plein cœur. Je pose mon front contre sa poitrine. Malgré ce que je lui affirme, il doit sans doute lire dans mes yeux, dans mes gestes mon manque de détermination. " Nicolaï... " En soupirant je retiens les mots qui sont si prêt de échapper... embrasse moi, redis moi qu’il n’y aura que moi. Pourtant je ne réponds que ce que me dicte ma raison. " Tu es tellement difficile à suivre ou à croire. Ton discours aussi joli qu’élaboré a du mal à me persuader. C’est complètement incompréhensible. Tu commences par m’ignorer et ensuite tu veux m’épouser ! " Je lève mes yeux vers lui, lui sourit. " Ça te va si nous reprenions depuis le début ? Enchantée, je m’appelle Jane et je te conseille de ne plus l’oublier. Pour l’instant je suis relativement curieuse de savoir comment tu vas t’y prendre pour te rattraper... mais je vais être spécialement difficile à convaincre. Tu es toujours tenté ? "



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Sujet: Re: Love song [Terminé]. ( le Mar 26 Déc - 19:03 )

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Elle est sceptique, remarque je ne pourrais que l’être à sa place et c’est bien là, la preuve de son intelligence. Une cruche tombant si facilement dans mes filets ne m’aurait sans doute pas autant plu. Quoi que là, je suis prêt à tout pour qu’elle me cède, pour qu’elle accepte de tenter l’aventure, mais la vie ne marche pas ainsi. Je ne suis pas Dieu – bien que certaines le pensent – et je ne suis pas non plus l’homme le mieux placé pour lui dire ce qu’elle doit faire. Je constate que tu as fait un effort pour retenir son prénom. Nous avons passé toute une soirée ensemble et ensuite tu n’étais plus certain du mien. Je ne t’en veux pas Nicolaï, mais tout me pousse à croire que tu es passé à autre chose. Soudain pour une raison qui m’est complètement inconnue tu changes d’avis. Je ne sais pas à quoi tu joues, tout ce que je sais c’est que je ne veux pas être la prochaine que tu épingleras sur ton tableau de chasse." « Et je ne suis qu’un sombre abruti, vraiment. C’est souvent trop tard qu’on réalise ce qu’on a perdu, tu ne crois pas ? » Je fais confiance à son analyse, elle se méfie et c’est tant mieux pour elle, parce que moi-même je ne suis pas sûr de la rendre heureuse, mais je suis au moins sûr de m’employer à tout faire pour. " Te laisser une chance de quoi exactement ? De me... " « Non, pas de te faire du mal. Et si je le fais tu seras gentille de me dégager à coup de tartes. » Je lui laisse les cartes en main et lui fait confiance, elle saura le faire, assurément.
La paume de sa main frôle ma peau et je ne suis pas sûr de savoir me tenir. Je n’ai pas l’habitude de devoir le faire. En général elles sont d’accord avant même que je ne pose la question, mais Jane, c’est différent, ce n’est pas une furie, au contraire, Jane est précieuse et se comporte comme telle. Je la vois petit à petit, faire tomber chacune de ses défenses, de ses attitudes négatives face à moi, mais j’ai bon espoir d’obtenir au moins une petite chance, peut-être un espoir de la voir me pardonner, qui sait. " Nicolaï... " Elle pose sa tête tout contre mon torse et mes bras viennent l’entourer chastement, tandis que je dépose un baiser dans son cou. " Tu es tellement difficile à suivre ou à croire. Ton discours aussi joli qu’élaboré a du mal à me persuader. C’est complètement incompréhensible. Tu commences par m’ignorer et ensuite tu veux m’épouser ! " « Ce doit être ma part de féminité… » Abruti de macho que je suis ! En espérant qu’elle ne le prenne pas mal. J’apprécierais grandement de ne pas avoir à prendre une tarte tout de suite, bien que méritée. " Ça te va si nous reprenions depuis le début ? Enchantée, je m’appelle Jane et je te conseille de ne plus l’oublier. Pour l’instant je suis relativement curieuse de savoir comment tu vas t’y prendre pour te rattraper... mais je vais être spécialement difficile à convaincre. Tu es toujours tenté ? " A noter qu’elle est encore entre mes bras. Je l’éloigne doucement de moi et prend sa main, pour déposer un baiser sur le dos de cette dernière. « Enchanté Jane. Je n’oublierais plus ce charmant prénom. » Je lui offre une petite révérence et lui souris avec le charme dont je dispose. Tout du moins dont je sais disposer ! « Quel homme refuserait ? Le concert va reprendre. Aurais-je le plaisir de t’inviter après ? » Je sais que mes potes font une soirée, un truc qui a tendance à dégénérer par la suite, alors si je dois manquer ça pour elle, je n’y vois pas le moindre inconvénient.
Je remonte sur scène, donne une toute autre énergie à mon show, sans doute plus langoureux, sans doute aussi plus impliqué. Tout ce à quoi je rêve, c’est le moment où j’inviterais Jane à sortir d’ici. Et quand le concert prend fin, je quitte la scène sous les hurlements de ces dames. Sur le chemin me menant de la scène aux loges, deux filles me proposent leurs numéros, que je refuse poliment. Je cherche Jane du regard. « Parmi toutes les nanas que tu pourrais te faire, prêtes à te dire oui dans la seconde, tu veux la seule qui ne couchera pas ce soir ? » « La ferme. » Je tends le cou pour l’apercevoir et quand mon regard croise le sien, c’est encore la même rengaine, frissons… Elle me plaît, ça en devient maladif. « Jane ! » Je lui fais signe de me rejoindre et lui fraye un passage jusqu’à moi. Je la fais entrer dans les loges et menace mon batteur du doigt. « Une réflexion et je change le code du cadenas de ton matos. » Ces cadenas qu’il met partout de peur qu’on vienne lui piquer sa batterie, tu parles !
Dans un coin de la pièce, je dirige Jane, dont je n’ai pas lâché la main. « Je passe prendre une douche chez moi et je te rejoins quelque-part ? Ou tu as prévu quelque-chose avec… Célia ? » J’ai oublié son prénom, décidément !

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Jane InvanovLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Re: Love song [Terminé]. ( le Jeu 4 Jan - 12:59 )

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Dans les toilettes... le moment le plus romantique de ma vie se passe dans les toilettes ! A vrai dire l’endroit ne compte pas vraiment, juste ce garçon en face moi, ainsi que les mots qu’il prononce et même les excuses qu’il formule. Il n’a pourtant pas besoin de s’en vouloir, je ne me sens pas à ce point inoubliable et je sais que des filles comme moi qui font le premier pas, il a dû en connaître des tas. La vérité c’est que j’ai été blessée par son manque d’intérêt. La vérité c’est que j’étais folle de jalousie de le voir s’intéresser à quelqu’un d’autre que moi. La vérité c’est que je suis déjà terriblement amoureuse de lui. La vérité c’est que je n’ai jamais ressenti ça pour personne d’autre et c’est ce qui est sans doute le plus difficile à accepter... Mon idéal a désormais un visage et un nom, le sien.
A partir du moment où ses bras se referme sur moi je comprends qu’il n’y aura jamais plus un autre endroit où je voudrais être. La tête baissée contre son torse je ferme les yeux et tente de réguler ma respiration, difficilement. Je ne peux m’empêcher de m’enivrer de son odeur, de son souffle dans mon cou. Malgré l’envie viscérale de me jeter sur lui, je résiste tant bien que mal, ok plutôt très mal. C’est ce que je m’efforce tout du moins de lui faire croire. Mais il continue sans relâche de venir à bout de chacune de mes réticences et se montrer tour à tour sérieux, prévenant, attentionné... et facétieux. Si en plus d’être beau comme un dieu il est drôle, alors je suis véritablement perdue !
Je lui fais une dernière fois remarquer qu’il m’a complètement négligé, balayé. Il s’éloigne alors de moi et embrasse le dos de ma main. « Enchanté Jane. Je n’oublierais plus ce charmant prénom. » Il s’incline et je ne peux m’empêcher de sourire face à son allégeance. « Quel homme refuserait ? Le concert va reprendre. Aurais-je le plaisir de t’inviter après ? » Quelle femme est assez forte pour décliner une invitation à passer la fin de soirée avec lui... ou la nuit ? Surtout avec le sourire dévastateur qu’il affiche. A reculons il enlève le verrou pour ouvrir la porte. Il ne lâche ma main qu’au dernier moment avant de tourner les talons. Je m’accroche au lavabo. Le contact est froid et je me sens vide. Il vient tout juste de me quitter et pourtant je sens grandir au creux de mon ventre une sourde angoisse. Celle de ne plus jamais vivre un moment pareil, celle de me sentir à tout jamais incomplète sans sa présence. Je m’enferme encore dans ce fichu sanitaire pour essayer de faire le point. Adossée au mur je pèse le pour et le contre. Je me demande comment j’ai pu être assez folle pour ne rien lui avouer de ce que je ressentais. Ces paroles tournent en boucle dans ma tête. Je m’en fous des autres. Tu crois au coup de foudre ? Tu crois aux gens qui passent leur vie ensemble ? C’est toi, Jane. C’est toi et pas une autre.

Des coups frappés à la porte me sortent de ma rêverie. " Jane, t’es toujours là-dedans. Qu’est-ce que tu fous, le concert a reprit ! " Je crois qu’il est tant d’affronter ce qui m’attend et la foule de questions que Cécile ne manquera pas de me poser. " Alors chérie, tu affirmes toujours que Nicolaï ne t’intéresse pas ? Qu’est-ce qu’il t’a dit ? Pourquoi c’était si long ? Surtout pourquoi tu sembles bouleversée ? " “ Je ne sais pas, je sais plus tout est confus... " C’est au tour de mon amie de me prendre la main, et de me diriger vers une table libre. " Assieds-toi et attends-moi là je vais chercher autre chose que de la bière. A mon avis tu as besoin d’un truc plus fort. " Elle revient rapidement avec deux shoots de tequila. " Allez, d'une traite et ensuite tu me racontes tout ! " Je ne me fait pas prier, je lui dis que je l’ai remarqué depuis longtemps déjà, que j’ai dû prendre sur moi pour oser l’inviter, qu’après avoir passé une excellente soirée je n’ai plus eu de ses nouvelles, que j’ai été terriblement déçue et en colère quand il ne s’est plus souvenu de moi, que je ne comprends pas pourquoi il a ensuite changé d’avis. Que j’ai peur de lui dire oui, presque autant de lui dire non. Que je ne vaux pas mieux que la moitié de ses filles dans ce bar qui n’attendent ou n’espèrent qu’un peu d’attention de lui. " Ma pauvre, tu es complètement ravagée... Bon, regarde vers la scène et dis-moi ce que tu vois. " Je tourne la tête mais c’est lui qui capte toute mon attention. Je hausse les épaules. " Toutes ces midinettes le veulent et sont prêtes à se conformer à ses moindres désirs. Toi ma jolie tu vas faire exactement le contraire. Je vais être magnanime en te laissant le champ libre mais ne me déçois pas une seconde fois. " Je suis obligée de reconnaître qu’elle a raison, que j'ai peut être bien fait de rester sur la réserve et que je suis mieux que toutes celles qu’il a mis qu'une seule nuit dans son lit.
Je me laisse bercer par la musique, surtout par le son de sa guitare. Un rappel puis deux laissent place aux acclamations des spectateurs ou plutôt des spectatrices. " On dirait que ton admirateur te cherche. Dépêche-toi elles sont déjà plusieurs sur le coup. Surtout rappelle-toi de ce que je t’ai dit ! " Je n’entends plus rien, je ne vois que lui qui me regarde, me sourit. « Jane ! » J’arrive enfin à agripper la main qu’il me tend et sens remonter le long de mon bras des décharges électriques. Il m’invite rapidement dans les loges et en entrant il prévient le batteur du groupe. « Une réflexion et je change le code du cadenas de ton matos. » Sans attendre de réponse il m’entraîne à l’écart. « Je passe prendre une douche chez moi et je te rejoins quelque-part ? Ou tu as prévu quelque-chose avec… Célia ? » Pourquoi a t-il mentionné une douche ? Je l’imagine maintenant... nu sous un jet d’eau chaude. " Doublement bien essayé Nicolaï. D’une part c’est gentil de me laisser croire que tu as oublié un autre prénom que le mien. D’autre part il est hors de question que je me retrouve dès ce soir en tête à tête avec toi. " Ma meilleure amie peut être fière de moi. " Vous n’êtes pas encore assez célèbre pour avoir des roadies. Je crois que tu ferais mieux d’aider ton groupe à ranger le matériel. Je peux vous assister et prendre quelques photos. Il se trouve que Cécile est un membre actif du journal de la fac. Je suis sûre de la convaincre de publier un article sur vous et la folie que vous déclenchez. Et puis moi je ne suis pas contre le fait de surprendre deux ou trois réflexions de la part de tes copains musiciens. "


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Dernière édition par Jane Invanov le Ven 5 Jan - 10:58, édité 2 fois
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Sujet: Re: Love song [Terminé]. ( le Jeu 4 Jan - 14:35 )

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Retrouver Jane est la seule chose qui me trotte en tête, hormis le fait de réussir mon concert. D’entendre toutes ces filles hurler mon prénom, quel bonheur ! Mais il n’y a qu’un regard que je capte, et c’est celui de ma belle, au travers de son objectif. Parfois, elle disparaît derrière, et ensuite, elle réapparait, et là je me rends compte que sans doute plus jamais je ne pourrais oublier ce regard, plus jamais je ne pourrais vivre sans. J’aurais besoin de le voir, encore et encore, tous les jours, de le croiser, de le surprendre, d’être avec elle. Je lui ai sorti le grand jeu, ouvert mon cœur, il fallait qu’elle le sache, même si elle n’y croit pas, ce que je peux comprendre. Toujours est-il que j’ai fortement besoin d’elle, fortement besoin de compter sur son engouement à elle aussi. De savoir que je ne suis pas seul à partager ce besoin, ce désir.
Une fois sorti de scène, c’est elle que j’appelle, une fois que tout le monde commence à retrouver son calme, consommer sa dernière bière et prévoir ce qu’ils feront en sortant. Nous, nous avons tout un tas de choses à ranger, une heure ou deux pour remballer, contre trois à déballer, c’est plutôt de bonne guerre, même si nous sommes tous crevés. Sauf que j’ai l’adrénaline de mon côté, celle provoquée par ce coup de foudre, et je pourrais déplacer des montagnes.
Jane me rejoins et je prends les devants pour l’inviter à dîner par la suite, ils peuvent se débrouiller sans moi. Mais ce fut sans compter sur un petit trait de caractère que je ne lui soupçonnais pas. " Doublement bien essayé Nicolaï. D’une part c’est gentil de me laisser croire que tu as oublié un autre prénom que le mien. D’autre part il est hors de question que je me retrouve dès ce soir en tête à tête avec toi. " Je l’avais vraiment oublié son prénom, en fait. « OK, pas de tête à tête… » C’est de bonne guerre après tout et je n’insiste pas. Si elle n’y tient pas, soit, qu’il en soit ainsi. Je ne vous cache pas la profonde déception qui s’empare de moi mais d’une elle m’a demandé de lui laisser du temps et de deux il paraît que je l’ai déçue, j’en paye donc les pots cassés, ça m’apprendra à négliger les filles.
" Vous n’êtes pas encore assez célèbre pour avoir des roadies. Je crois que tu ferais mieux d’aider ton groupe à ranger le matériel. Je peux vous assister et prendre quelques photos. Il se trouve que Cécile est un membre actif du journal de la fac. Je suis sûre de la convaincre de publier un article sur vous et la folie que vous déclenchez. Et puis moi je ne suis pas contre le fait de surprendre deux ou trois réflexions de la part de tes copains musiciens. " « Apprendre… non, mais t’apprendras rien d’intéressant, promis. Ils sont abrutis pour la moitié. Et j’en fais pas franchement exception. » Je ne peux plaider que coupable, elle le sait, alors c’est une mise en danger moindre. « Mais un jour on sera célèbres, je te le promets, et tu seras au premier rang. » Je lui souris, en coin, charmeur. « Nico tu te bouges le cul ou on t’aide là ? » « Tranquille ! » Répondant sur le même ton. Elle est franchement sûre de vouloir assister à tout ça ? Parce que ça risque d’être un véritable carnage. Entre garçons, jeunes hommes de surcroit, nous ne sommes pas franchement tendres et encore moins délicats. Mais ça n’a pas l’air de la perturber le moins du monde. « Alors comme ça tu fais… dans le journalisme ? » J’en mettrais ma main à couper, elle doit forcément étudier le journalisme ou la littérature. Elle a la douceur qui va avec. Appuyé contre la barrière à discuter, je ne manque pas de me faire rabrouer par mes musiciens, mes potes, ou mes boulets, à voir. « Nico bordel, on se tapera pas tout le matos, tu te démerdes pour le tient ! Tu lèveras tes greluches après ! » « Tu sais pourquoi t’en lèves aucune ? Justement parce que t’es aussi con Donovan. » Rétorquant du tac au tac avant de me retourner vers Jane. « Excuse-le, il devient con quand il est en manque. Et comme il l’est à peu près tout le temps… » Je dépose un baiser dans son cou, et monte sur la scène pour enrouler mes câbles. « Une nana te tourne la tête et toi tu touches plus terre… » « Tu devrais essayer un peu. » Nous remballons le matos en nous chambrant les uns les autres, ambiance potache, de jeunes cons, on ne refera pas le monde à notre façon, et heureusement.

Le tout expédié dans la camionnette, je retrouve Jane à l’intérieur du bar, en proie à une profonde réflexion face aux pellicules prises tout à l’heure sur son appareil photo. « On a fini. Je te raccompagne chez toi ? En gentleman, promis. » Levant les mains, elles sont sales d’ailleurs. Je les lave derrière le comptoir du bar et la rejoint. « Tu vas les développer ? » Accroupi à ses côtés. La voir manipuler tout ça me fascine, vraiment.

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- Love song [Terminé]. -
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