Revenir en haut
Aller en bas


 

- In memoriam (PV Barbara) -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Bord de la Tyrrhénienne :: Santa Lucia :: Résidences
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
Desi CarusoLe vin est un puissant lubrifiant social
avatar
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ciao-vecchio.com/t2527-i-ll-heal-your-bodies-a http://www.ciao-vecchio.com/t2531-desi-caruso-i-wanna-be-alive-again-but-i-can-t-breathe-so-i-m-trying-to-help-others-people-to-live
ID : Aly
Faceclaim : Richard Madden
Multi-comptes : /
Messages : 138 - Points : 276
Âge : 32 ans
Métier : Gynécoloque-Obstétricien, responsable de l'antenne AIDES de Naples et membre du Planning Familial
Sujet: In memoriam (PV Barbara) ( le Dim 18 Fév - 19:29 )



In memoriam
Desi et Barbara





Desi n’était pas de garde en cette fin de semaine et l’avait explicitement demandé, ce qui avait fait haussé un sourcil étonné à sa cheffe de service lorsqu’il l’avait supplié de ne pas le mettre sur la liste d’appels d’urgence pour ce samedi soir, ce qu’il ne faisait quasiment jamais, heureux de répondre à l’appel du devoir à toute heure du jour ou de la nuit, amoureux de son métier et incapable de lâcher du lest. Autant dire qu’elle n’avait pas manqué de le taquiner sur cet empressement soudain, l’interrogeant sur un potentiel rendez-vous galant, ce qu’il avait nié totalement, et pour cause : il ne s’agissait absolument pas de cela. Il avait en revanche concédé qu’il avait un dîner très important chez lui, et qu’il était impératif qu’il ne soit pas interrompu, sauf cas d’extrême urgence. Malgré sa curiosité, la femme n’avait pas insisté, se disant que cela relevait de la vie privée de son subalterne et qu’il avait probablement beaucoup à régler avec la mort de son épouse. Et elle n’aurait pas eu tort de penser cela, puisqu’il s’agissait précisément de son héritage littéraire.
Quelques semaines auparavant, le gynécologue avait pris contact avec une jeune romancière dont il avait lu quelques ouvrages récents, et dont le style familier lui avait rappelé celui d’Angela. Plus il avançait dans les pages, plus il retrouvait ses tournures de phrases, ses petites manies d’écriture … Même si leurs thématiques étaient différentes à première vue, il y avait le même souci de l’intrigue qui perlait à travers les pages. Alors, après avoir longtemps hésité, il avait pris son courage à deux mains, avait pris son téléphone et l’avait appelée. Outre qu’elle lui avait parue charmante, quoi qu’un peu distante, ce qui était logique, vu qu’ils ne se connaissaient aucunement, l’écrivaine avait finalement accédé à sa demande de rencontre une fois qu’il lui avait exposé plus en détail les raisons de sa requête. Il voulait l’engager pour compléter un livre. Plus précisément le dernier roman inachevé de sa défunte épouse. Il lui en avait parlé autour d’un café, deux jours avant, pour avoir un premier contact, et ils avaient convenu de se revoir. Autant dire que le trentenaire était nerveux à la perspective de convaincre cette femme de prendre en charge l’œuvre d’Angie. C’était ce qu’il avait toujours voulu lui offrir, un projet qu’il avait mûrement réfléchi, mais l’anxiété le gagnait à mesure que l’heure fatidique approchait. Et si elle n’était pas intéressée finalement ? Et si la pression lui paraissait trop grande ? Tant de questions … Et une seule manière d’obtenir une réponse.




A sept heures du soir, il était chez lui, et se changea pour un de ses costumes clairs dont il raffolait, avant de mettre la table et d’aller chercher une bouteille de vin dans sa cave, qu’il avait spécialement mandé à Giuseppe pour l’occasion. Autant dire qu’il mettait les petits plats dans les grands pour son invitée. Dernière touche, il mit le disque d’une de ses cantatrices préférées en fond, la chaîne hi-fi diffusant doucement du Mozart dans tout l’appartement. Tout était parfait. Il pouvait se mettre aux fourneaux … Du moins, là était son souhait quand il entendit son interphone sonner. Après avoir ouvert la porte d’entrée de l’immeuble à l’arrivante, puis sa porte, il lui tendit la main pour qu’elle la serre et la saluer avec un sourire lumineux :

« Merci d’être venue, vraiment. Je vous en prie, entrez, faites comme chez vous. »

Il lui proposa galamment de se débarasser de son manteau, avant de lui indiquer le canapé en cuir noir qui trônait dans son salon.

« Installez-vous, je vais vous amener les ébauches d’Angela pour les chapitres manquants, vous aurez tout le loisir de les étudier avant de passer à table pour que nous puissions discuter plus avant de la manière dont vous envisagez éventuellement notre collaboration. »

Il revint bientôt avec une liasse de documents manuscrits, annotés furieusement par endroit, et que sa conservation précieuse avait permis de garder inaltérés. Pendant ce temps, lui-même se dirigea vers la cuisine et commença à préparer des lasagnes, l’une de ses spécialités, avec une salade légère en entrée pour ouvrir l’appétit de son invitée. Il la laissa parcourir les pages, attentif à lui offrir suffisamment de temps, avant de l’inviter à passer à table :

« Asseyez-vous. »

Il déposa devant elle la salade, joliment ordonnée, avant de se servir, puis demanda :

« Vous buvez du vin ? J’ai une bouteille qui vient du domaine tenu par ma famille, si le cœur vous en dit. Ou sinon, j’ai de l’eau, quelques jus de fruit relativement buvables, et … sans doute un soda qui traîne ? »

Une fois son choix fait, Desi remplit leurs verres, avant d’entrer dans le vif du sujet :

« Alors ? Vous pensez que c’est exploitable ? »

Fiche codée par Koschtiel



   
Love me like you do
La vie est belle et cruelle à la fois.©️Ely
Revenir en haut Aller en bas
Barbara RosaLe vin est un puissant lubrifiant social
avatar
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ciao-vecchio.com/t1889-barbara-rosa-la-femme-e http://www.ciao-vecchio.com/t2831-ceux-qui-sont-fait-pour-etre-ensemble-finissent-toujours-par-etre-reunit-babou#81810
ID : PiTOQUiNHA, Louise
Faceclaim : DAKOTA J. + ©PRINCESS + OTH quote
Je suis absent-e : jusqu'à la fin du mois
Multi-comptes : ANABELA LARANJEIRA
Messages : 1313 - Points : 2623

Âge : 30 ans
Métier : romancière
Sujet: Re: In memoriam (PV Barbara) ( le Lun 19 Fév - 2:21 )
In memoriam.
••••

Il est sept heures du matin et j'œuvre déjà dans ma magnifique villa que j'ai acheté sur un coup de tête, parce qu'elle m'a tout bonnement séduit. Alors que je regarde autour de moi, je me rends compte que ça prend forme, alors que j'ai entre mes mains ma tasse de café bien chaude. Grâce à de nombreux amis, je me suis enfin décidé à ouvrir les cartons, d'ailleurs, j'ai bien avancé avec eux et j'ai même continué seule. Cela m'a surpris, mais il faut croire que je vais mieux, du moins, je fais tout pour. Je regarde l'immense salon, les meubles sont installés, il manque sans doute quelques bibelots, des livres aussi, dans l'immense bibliothèque. Il faut dire que j'ai énormément de place, dans toutes les pièces d'ailleurs. Je vis seule, mais je me suis offert une villa gigantesque. Je ne veux absolument pas la vendre, j'aime beaucoup trop la vue qu'elle m'offre. D'ailleurs, le cadre est magnifique. Dès que j'ouvre mes baies-vitrées qui donnent sur la plage, j'ai les pieds dans le sable. D'ailleurs, j'ai une sorte de plage « privative ». Alors que je porte un short blanc et un débardeur de la même couleur, j'ouvre l'une de ses baies-vitrées, tenant toujours ma tasse dans l'une de mes mains et je sors. La lumière prend le pas sur l'obscurité et je profite de cet instant pour faire le vide. Je pense qu'Henri voudrait que j'avance, ainsi que Teddy. Je les ai toujours imaginés ici, avec moi, mais avec le temps, j'ai compris que cela ne m'aiderait pas. À présent, lorsque je songe à ma villa, je m'imagine avec mes amis. Cela a le mérite de faire naître un sourire sur mon visage alors que j'avale une nouvelle gorgée de mon café noir, sans sucre. Je reste encore un instant les pieds dans le sable, profitant de la vue qui s'offre à moi. Les minutes s'écoulent, quand j'avale mon fond de tasse, mon café est froid, mais cela ne me dérange absolument pas. Je me décide à rentrer dans ma somptueuse villa, déposant ma tasse vide dans l'évier, alors que je réfléchis à cette proposition, celle que m'a fait monsieur Desi Caruso. Je dois admettre que lorsqu'il m'a contacté, j'ai été perplexe. Je pensais qu'il s'agissait d'un canular, mais ce n'était définitivement pas le cas. J'avais beaucoup réfléchi, je m'étais posée énormément de questions et finalement, j'avais décidé de le retrouver dans un café, pour discuter un peu plus de la raison de cet appel. Lorsque je l'ai rencontré, je dois bien admettre que je l'ai trouvé vraiment très beau. Cela m'avait déstabilisé, réellement et j'avais même piqué un fard. Il m'avait tendu une main ferme, la mienne l'était tout autant et je commandais mon moka habituel. Nous avons alors parlé de l'œuvre de sa défunte épouse, je trouvais cela véritablement touchant, très beau même, il n'y avait aucun doute sur les sentiments qu'il éprouvait pour son épouse. Je comprenais par quoi il passait, puisque j'avais moi-même perdu mon époux, ainsi que mon petit garçon et le bébé qui grandissait en moi. J'avais même déposé une main protectrice sur mon ventre sans même m'en rendre compte et j'avais accepté que l'on se revoie pour parler davantage de tout cela. Je devais lire ses précédents chapitres, il fallait que je m'imprègne de ses mots, de ses tournures de phrase, de sa ponctuation, et je ne savais pas encore si j'étais capable de le faire. Alors qu'il me proposait de le revoir dans deux jours, pour en parler en dînant, je m'étais dit que je devais plutôt lui demander à ce que l'on se revoie dans un restaurant avec beaucoup de monde, plutôt que d'accepter de me rendre à son domicile, mais, je n'ai pas osé en parler, il fallait bien que je fasse confiance aux hommes de nouveau. Henri était réellement amoureux de moi, malheureusement, avec les années, il était surtout devenu violent. Penser à cela fait apparaître un rictus de souffrance sur mon visage alors que je décide de continuer à ouvrir des cartons, parce que j'ai vraiment envie de me sentir chez moi ici, dans ma magnifique demeure.
Le temps défile alors que je grignote du nougat. Je me trouve en sueur, j'ai pas mal avancé et je me sens fière de moi, je suppose que cela est une bonne chose, c'est ce que pensera mon thérapeute, du moins je l'espère. Je pousse un soupire, satisfaite, avant de me rendre sous la douche. Je préfère très largement les bains, mais je n'ai ni le temps, ni l'envie. L'eau brûlante sur mon corps me fait énormément de bien, je soupire d'aise, sans passer trop de temps sous la douche, puisque je dois rencontrer de nouveau cet homme se prénommant Desi Caruso. Je dois bien admettre que j'ai été charmé lorsque j'ai croisé son regard, ce qui m'avait valu de rougir, heureusement, gentleman, il ne l'avait pas relevé. Cela me fait sourire, il est sans doute « l'homme parfait » pour pas mal de femmes, mais, je dois dire que j'ai toujours préféré les fêlures plutôt que la perfection. Sortant de la douche, je me rends dans mon dressing pour enfiler des sous-vêtements, ainsi qu'une robe noire, très jolie, légèrement près du corps, mais sans aucune provocation. Je décide de mettre une paire d'escarpins signés monsieur Louboutin, avant de me rendre de nouveau dans la salle de bain pour me coiffer, sécher mes cheveux en finissant par le maquillage. Je suis prête, en avance d'ailleurs, mais je prends tout de même mes clefs, ainsi que mon manteau et mon sac à main pour partir, parce qu'à cette heure, il y a pas mal de monde sur la route, comme c'est une heure de pointe. Lorsque j'arrive devant son immeuble, je me gare rapidement, j'aime les voitures, j'aime conduire surtout, puis avec une Aston Martin, c'est magique. Je souris alors que je la verrouille, puis je sonne à l'interphone, afin de pouvoir entrer dans l'immeuble. Je sens le stresse grimper en flèche alors que je frappe à sa porte, un léger sourire ornant mon visage en forme de cœur. Alors qu'il me tend la main, je la serre, malgré le fait que je semble fragile et délicate, mes poignées de main sont fermes, ce qui étonne pas mal de monde. « Bonsoir monsieur Caruso. Je vous en prie, c'est plutôt à moi de vous remercier, vous me faites quitter mon domicile. » Je souris, je plaisante aussi, mais je rougis surtout, je ne suis pas la meilleure question blagues, tel qu'elle soit. Je suis tout de même « gênée », je n'ai pas pour habitude de me rendre chez une personne que je ne connais pas, mais j'ai décidé de me lancer, puis, je ne ressens aucun danger à ses côtés. « Merci. » Je souffle alors qu'il prend mon manteau ainsi que mon sac à main, avant de me diriger dans son salon. La décoration me plaît beaucoup, il semble avoir beaucoup de goûts. Je n'ai pas le temps de le complimenter, qu'il s'en va déjà pour aller chercher tout ce qu'il faut. Je me pince les lèvres, anxieuse, j'ai peur de ne pas être à la hauteur. Alors qu'il réapparaît, je me penche sur tous ses papiers, prenant le temps de tourner les pages, afin d'être certaine qu'elles sont toutes dans le bon ordre. « Merci. » Je lui souffle une nouvelle fois, sans même le regarder, je suis bien trop happée par l'écriture de sa défunte épouse, il est vrai que je suis bluffée, nous avons toutes deux le même style d'écriture. Je continue de consulter les papiers, je commence à lire et je ne me rends même pas compte que le temps file à une vitesse effarante. J'ai la sensation que je suis ici depuis cinq minutes, alors que monsieur Caruso m'invite à passer à table. « Très bien. » Je lui réponds, prenant le temps de garder en haut de toutes ses feuilles celle où je me suis arrêtée, avant de le rejoindre pour m'asseoir en face de lui. « Je vous remercie pour le repas. » Je souris, mais je rougis encore, je sens que le sang afflue au niveau de mes pommettes. « Votre salade semble vraiment très bonne. J'aime beaucoup les salades en entrer. » C'est sans doute idiot d'en parler, mais je parle sans réfléchir, sans doute parce que je suis nerveuse, parce que j'ai peur de le décevoir. Il doit sentir que je suis anxieuse, mais qui ne le serait pas ? Alors qu'il me demande ce que je désire boire, je lui réponds : « Je veux bien goûter votre vin s'il vous plaît. » Je lui souris, alors qu'il me sert, puis, il entre dans le vif du sujet, il me demande ce que j'en pense. « HUM... » Je réfléchis un instant, avant de le regarder, mes pommettes sont encore plus rose. « Je suis assez… Assez… Comment dire. Lorsque j'ai commencé à lire, j'ai eu la sensation de découvrir l'un de mes textes sans en avoir le moindre souvenir, tant notre style se ressemble. C'est assez étonnant, surprenant même, voir troublant. » C'est vrai que je suis interdite, ainsi que confuse. « Votre, votre épouse écrivait réellement bien, et je ne dis pas cela parce que notre style est similaire. » Je lui offre un sourire, riant légèrement, ce qui m'étonne parce que je n'ai pas ri depuis un moment.

••••

by Wiise

Le gif ! :
 


Vivre l'instant présent.
Peu importe comment vous préparez l’avenir ou comment vous l’envisagez. La vie arrive parfois à vous surprendre en vous offrant exactement ce que vous attendiez ou la personne que vous attendez.
Revenir en haut Aller en bas
Desi CarusoLe vin est un puissant lubrifiant social
avatar
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ciao-vecchio.com/t2527-i-ll-heal-your-bodies-a http://www.ciao-vecchio.com/t2531-desi-caruso-i-wanna-be-alive-again-but-i-can-t-breathe-so-i-m-trying-to-help-others-people-to-live
ID : Aly
Faceclaim : Richard Madden
Multi-comptes : /
Messages : 138 - Points : 276
Âge : 32 ans
Métier : Gynécoloque-Obstétricien, responsable de l'antenne AIDES de Naples et membre du Planning Familial
Sujet: Re: In memoriam (PV Barbara) ( le Lun 19 Fév - 18:58 )



In memoriam
Desi et Barbara





« C’est le moins que je puisse faire, alors que je vous invite si cavalièrement. Mais je ne me voyais pas emmener une valise de feuillets dans un restaurant, et au moins, si vous avez besoin de consulter les notes d’Angie … Elles sont toutes là, je me suis contenté de les ranger dans des classeurs. »

A la réflexion, Desi se doutait que sa démarche devait paraître étrange à l’écrivaine en face de lui. Peut-être qu’il aurait dû opter pour une approche moins … intime en quelque sorte, mais l’idée de trimballer des liasses de feuilles et d’essayer d’expliquer un projet aussi personnel sans être à l’abri des oreilles indiscrètes l’avait mis franchement mal à l’aise. Alors, une fois la connaissance de Barbara sommairement faite, il avait lancé son invitation, s’attendant presque à un refus qui n’était jamais venu. Inutile de préciser le plaisir qu’un tel fait avait provoqué chez lui, même s’il veillait à garder une attitude stricte et professionnelle, sans se départir de sa bonhommie ordinaire de médecin sachant parfaitement quoi dire pour apaiser une patiente anxieuse. Le Caruso avait cette prévenance galante qui lui venait naturellement, qui faisait partie de son caractère. C’était juste … normal, chez lui. Il avait ses défauts, mais l’impolitesse n’en faisait sûrement pas partie. Alors que la jeune femme complimentait son entrée, le gynécologue lui offrit un léger rire, avant de répondre :

« Le hasard a donc bien fait les choses … Ou mon emploi du temps. Entre nous, il fallait que je sacrifie l’entrée ou le plat si je voulais vous offrir un repas à peu près correct … Et comme je n’aime pas commander et que cuisiner prend du temps … Les salades ont l’avantage de la fraîcheur et de la rapidité de préparation. 

Mais mes talents culinaires apparaîtront davantage avec le plat. J’espère que vous n’avez rien contre les lasagnes ? »


Parler gastronomie était une seconde nature chez Desi, là encore. Il tirait cela de sa mère, comme son frère Giovanni, lui aussi excellent cuisinier, sans doute meilleur que l’obstétricien, à vrai dire, même si ce dernier estimait qu’il ne déméritait aucunement dans ce domaine et qu’il arrivait à surpasser son aîné dans l’exécution de certaines recettes, en premier lieu les lasagnes, carnées ou végétariennes, et les pâtes à la puttanesca. Angela avait toujours raffolé de ces dernières, et dans leur couple, c’était bien lui qui cuisinait, et non l’inverse. Cela étonnait certains de leurs camarades, dès leurs études, mais le jeune homme avait coutume de répliquer en riant que laisser sa douce approcher des fourneaux revenait à prendre le risque de faire brûler tout l’immeuble. Comme Angie aimait à le répéter … Elle aimait le produit fini, pas ce qu’il y avait avant. Servant sa vis-à-vis, puis remplissant son propre verre, le Caruso trempa ses lèvres dans le liquide rouge en premier, afin de lui montrer qu’il n’y avait rien crainte, sachant pertinemment que les femmes pouvaient avoir une réticence à boire en premier avec un homme, il expliqua :

« Il vient du domaine que tient ma famille, sur les hauteurs de Naples. C’est la production d’il y a cinq ans. Un excellent millésime d’après mon frère aîné. »

Le nom de Caruso n’était pas inconnu aux amateurs de vin, et Desi tirait une réelle fierté du travail de son père, de son oncle et de Giuseppe, même si lui-même n’avait pas cette passion chevillée au corps, juste le respect et l’amour d’une tradition familiale. Cela ne l’empêchait pas d’admirer leur labeur et de participer chaque année aux vendanges tout en vantant auprès de ses collègues la teneur en bouche de telle ou telle bouteille. Il buvait peu, toujours modérément, mais savait apprécier le goût fruité sur son palais. En un sens, il se considérait plus comme un esthète que comme un véritable œnologue. Les subtilités de robe lui échappaient clairement, il savait simplement différencier le bon grain de l’ivraie, pour ainsi dire.

Désormais, tout en picorant la salade et les tomates avec sa fourchette, il pouvait écouter à loisir les réflexions de son interlocutrice. La jeune femme paraissait prendre confiance au fur et à mesure qu’elle parlait, et Desi lui rendit son sourire lorsqu’elle complimenta le style de son épouse. Elle était surprise, mais c’était bien normal. Lui-même avait été estomaqué par la ressemblance, lorsqu’il avait découvert par hasard les écrits de Barbara. Et, la confusion passée, il avait senti une flammèche d’espérance s’allumer dans son cœur, à mesure qu’il se prenait à croire qu’il pourrait enfin réaliser ce souhait de son épouse, de terminer sa saga. C’était tout ce qu’il pouvait faire pour elle désormais … Mais il en avait peut-être l’occasion. A lui de convaincre la ravissante femme assise devant lui.




« Imaginez mon propre choc quand je me suis plongé dans votre dernier polar … A la base, honnêtement, c’est une de mes voisines qui me l’avait recommandé, elle est bibliothécaire et j’avais mentionné devant elle rechercher une lecture prenante pour passer le temps la nuit pendant mes gardes à l’hôpital. Elle m’a conseillé votre ouvrage et quand je l’ai ouvert …

Je ne sais pas comment l’expliquer. Ça a fait ‘tilt’ dans ma tête. Vous avez la même manière qu’Angie de développer votre intrigue, de distiller les indices, d’avoir cette approche … méthodique, presque, rigoureuse, de l’enquête. On sent le même travail de recherche, et même si vous écrivez dans des univers différents … Le résultat est frappant … et tout aussi agréable, si je puis me permettre. Vous avez beaucoup de talent. »


Il le pensait sincèrement. Il trouvait les écrits de la jeune femme très intéressants, et ce pas uniquement parce qu’ils ressemblaient à ceux de son défunt amour. Non, il y avait un mélange de sensibilité et de rigueur qui parlaient aux deux parties de son âme, à la chaleur italienne et à la méthode allemande qui cohabitaient en lui. Desi aimait la science, après tout, il était médecin, mais ne dédaignait pas les lettres pour autant. En même temps, Angie y avait veillé. S’apercevant soudain de la rougeur sur les joues de Barbara, il demanda :

« Vous avez chaud ? Je n’y ai pas pensé, mais c’est vrai qu’avec le four qui tourne … Je vais ouvrir un peu la fenêtre et je la refermerai dans quelques minutes, le temps que la chaleur se soit dissipée. »

Le trentenaire se leva pour faire un petit courant d’air, avant de se diriger à nouveau vers la table pour débarrasser leurs assiettes et servir le plat encore fumant de lasagnes. Après avoir découpé deux portions, il les déposa devant les deux places, regrettant l’aspect un peu écrasé de l’ensemble. L’air déçu, il ne put s’empêcher de commenter :

« Je crois que je ne saurais jamais découper correctement des lasagnes … Normalement, c’est meilleur que ça en a l’air … »

Se rasseyant enfin, il conclut :

« Je me doute que ma proposition a dû vous paraître … incongrue, la première fois que je vous ai contacté. Et j’ai conscience qu’elle n’est pas aussi … intéressante qu’un pitch de roman que vous auriez écrit vous-même.

Je ne vous cacherais pas cependant que ça compte beaucoup moi. Angie a commencé sa série quand nous étions encore étudiant, et son premier roman a été publié lors de notre mariage. Chacun de ses livres a accompagné … une partie de notre vie à deux. Alors j’aimerai … qu’on se souvienne d’elle autrement que comme une victime, mais comme quelqu’un qui avait du talent, vraiment … Je ne veux pas que la dernière occurrence de son nom dans un journal soit au registre des condoléances et d’une liste macabre de victimes.

Je pense que c’est ce qu’elle aurait voulu. Mais je n’ai pas son don pour exaucer ce vœu moi-même. »



Fiche codée par Koschtiel



   
Love me like you do
La vie est belle et cruelle à la fois.©️Ely
Revenir en haut Aller en bas
Barbara RosaLe vin est un puissant lubrifiant social
avatar
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ciao-vecchio.com/t1889-barbara-rosa-la-femme-e http://www.ciao-vecchio.com/t2831-ceux-qui-sont-fait-pour-etre-ensemble-finissent-toujours-par-etre-reunit-babou#81810
ID : PiTOQUiNHA, Louise
Faceclaim : DAKOTA J. + ©PRINCESS + OTH quote
Je suis absent-e : jusqu'à la fin du mois
Multi-comptes : ANABELA LARANJEIRA
Messages : 1313 - Points : 2623

Âge : 30 ans
Métier : romancière
Sujet: Re: In memoriam (PV Barbara) ( le Jeu 22 Fév - 3:22 )
In memoriam.
••••

Je ne sais pas où j'ai trouvé le courage pour venir chez cet homme réellement très charmant et galant. J'admets que je le trouve tout particulièrement beau. Je suis toutefois peinée pour lui, perdre un être cher n'est jamais facile, d'autant plus lorsqu'il s'agit de la personne qui partage notre vie. J'ai moi-même perdu mon époux dans un accident de la route, ainsi que notre fils puisqu'il était présent dans la voiture lorsque l'accident a eu lieu. J'ai été dévasté. En France, on en a pas mal parlé puisque j'y résidais avant de revenir en Italie. J'ai vécu une bonne partie de ma vie en France, à Paris et j'y ai passé des moments absolument merveilleux. Malheureusement, il n'y a pas que des moments de joie, et lorsqu'on a dû assister à leurs enterrements, je me suis effondrée. Je crois qu'être si près d'eux était une véritable souffrance, j'ai songé que retrouver Naples m'aiderait, mais à présent, je ne sais plus quoi penser. J'aurais sans doute dû les faire enterrer ici, où, j'aurais dû rester en France, je ne sais pas. Je ne trouvais pas la force d'aller leur rendre visite, c'était bien trop dur et ça l'est toujours. Cela me fend le cœur de les savoir si loin de moi, mais, si j'étais restée à Paris, je n'aurais pas eu la force nécessaire pour me rendre au cimetière. Heureusement, monsieur Caruso me fait sortir de mes pensées alors qu'il se trouve une nouvelle fois très attentionné avec moi, mais je suppose qu'il est ainsi avec tout le monde, il a eu une très bonne éducation, c'est certain. Alors qu'il soulève le sujet du « pourquoi, je devais me rendre chez lui » je comprends mieux. Il a raison, il n'aurait pas pu venir dans un restaurant avec un tas de papiers sous les bras. Je me sens rassurer, parce que même si je ne sens aucune crainte à ses côtés, ce n'est pas toujours facile de se rendre chez un inconnu. J'espère seulement que nous ne resterons pas des inconnus avec le temps. Je ne sais pas pourquoi, mais je me sens à l'aise, apaisé à ses côtés. Je suppose que c'est en parti grâce à son travail. J'admets que je suis admirative, il sauve des vies alors que je tape sur mon ordinateur pour écrire des histoires.
Desi m'explique qu'il a pris le temps et le soin de ranger toutes les feuilles volantes dans l'ordre, sans doute pour que je ne perdre pas le fil, mais aussi parce qu'il doit vraiment désirer que j'accepte sa proposition. Je suis encore perdue, non pas à cause de cette proposition, mais parce que je n'ai pas écrit depuis un bon moment. Après le décès d'Henri et Théodore, j'ai terminé un dernier roman policier se déroulant toujours à Paris, avec les mêmes personnages du premier tome, seulement, depuis, j'ai le syndrome de la page blanche. Mon thérapeute m'a alors proposé d'écrire autre chose, il m'a expliqué que je ne devais pas rester coincer dans l'écriture des prochains tomes pour continuer à faire vivre ses personnages que j'ai créé il y a bien longtemps. Comme il me l'a très clairement dit, il y a une finalité à tout, et d'après lui, je dois faire le deuil de ses personnages parce qu'ils représentent toutes mes années passées avec Henri. Fort heureusement, Desi reprend le cours de la conversation, je bois ses paroles, je me sens comme hypnotiser, c'est étrange, je n'ai pas ressenti cela depuis longtemps. De ce fait, je m'empourpre, et je décide de regarder ce qui se trouve dans mon assiette. Il semble si à l'aise avec moi que c'est déroutant. Je ne comprends pas ce qui m'arrive, je suppose que je suis charmé par cet homme non seulement très beau, mais aussi gentleman et qui sait me mettre à l'aise alors que c'est la seconde fois que nous nous voyons. Je sens que je rougis davantage, s'il me demande la raison, je lui expliquerais que c'est tout simplement parce qu'il fait chaud, après tout, que pourrais-je lui dire ? Je ne peux pas me permettre de lui dire qu'il me charme totalement alors qu'il me demande de reprendre le dernier roman de son épouse, celui qu'elle n'a pas pu terminer. Alors que je l'écoute attentivement, je lui souris naturellement. Il n'a pas réellement le temps de cuisiner, ce que je comprends puisqu'il est médecin. Je pense qu'être médecin est une passion, une évidence, parce qu'il faut beaucoup travailler, mais surtout, il faut sauver des vies. J'ai toujours été très admirative face au corps médical, toutefois, je me sens toujours extrêmement angoisser lorsque je dois m'y rendre, que cela soit avec un dermatologue ou encore un dentiste. Mes sourcils sont froncés rien qu'en pensant ce qu'il doit endurer tous les jours, il doit faire pas mal d'heures dans une seule journée, une fois encore, je suis admirative.
Je m'affaire avec ma fourchette alors qu'il doit attendre une réaction. Il est vrai que je suis assez discrète ainsi que timide, surtout lorsque je ne connais pas la personne qui se trouve en face de moi, mais pour être franche, je le suis surtout parce que cet homme me « plaît ». Je me sens rougir davantage à cette pensée, alors que je termine de mâcher pour lui répondre. « Si vous voulez, la prochaine fois, je cuisine. Vous pourriez venir chez moi. » Je ne sais pas ce qu'il m'a pris, il doit penser que je le drague alors qu'il désire que je termine l'ouvrage de sa défunte épouse. « Je… Pardonnez-moi, je… Je ne disais pas cela pour vous… Pour vous… Enfin, pour que ce soit un rendez-vous galant, enfin, pas dans le sens de vous draguer, mais heu... » Je me perds, je m'empourpre davantage, j'ai la sensation d'être en feu, mais surtout, je suis confuse et je ne sais pas si j'arriverais à le regarder dans les yeux de nouveau. « Enfin, c'est simple et efficace les salades. » J'ajoute, toujours rouge, alors que je fixe les quelques feuilles, encore présentent dans mon assiette. Avec chance, et galanterie, il me demande si j'aime ou non les lasagnes. J'humecte mes lèvres, je les aime et je suppose que faite maison, cela doit être encore meilleur. « Non, je n'ai rien contre. J'aime beaucoup les lasagnes et d'ailleurs, je n'en ai pas mangé depuis un moment. » Comment lui dire que durant les deux dernières années, j'ai en quelque sorte cessé de m'alimenter ? Fort, heureusement, mon entourage est toujours très attentif à ce qui m'arrive. J'ai beaucoup de chance d'avoir des personnes qui m'aiment et qui m'aident à avancer. Je sais que l'on ne réagit pas tous de la même manière face au décès d'un proche, certaines personnes ont besoin de plus de temps que d'autres. J'ai moi-même pris deux années afin de sortir la tête de l'eau, même s'il reste toujours des instants plus difficiles que d'autre. Alors que Desi remplit mon verre de vin, je le regarde du coin de l'œil, c'est un homme réellement très charmant. Je suis émerveillée par sa galanterie, aucun homme n'a été ainsi avec moi depuis pas mal de temps. Henri l'était, du moins au début, avant les tromperies, la violence, les coups, et les situations foireuses. Desi m'explique alors qu'il provient du domaine de sa famille, cela me fait un « tilt » dans ma tête, évidemment Caruso, comment n'ai-je pas pu faire le rapprochement ? Il me dit qu'il date de cinq ans et qu'il est excellent, je veux bien le croire. Alors que je le déguste, je ferme durant quelques secondes mes yeux afin de l'apprécier davantage. « Vous avez raison, il est vraiment excellent. » Je ne suis pas une grande amatrice de vins, mais celui-ci est délicieux. « C'est adorable de votre part de me le faire goûter. Je dois admettre que je n'y connais pas grand-chose, pour ne pas dire que je ne m'y connais pas du tout, mais il est vraiment très agréable en bouche. » Alors que je croise son regard, je me sens encore une fois chavirer, il vaut mieux que je me concentre sur mon assiette et ma délicieuse salade. Alors que je prends le temps de mâcher mon morceau de tomate, je lui porte toute mon attention. Il a lui-même été surpris quant au fait que notre style d'écriture est similaire, voir quasiment le même, puis il me parle de mon dernier ouvrage. Un rictus de chagrin apparaît alors sur mon visage, je décide de boire une nouvelle gorgée du vin de la famille Caruso pour « cacher » en quelque sorte ma réaction. Je ne sais pas vraiment comment m'y prendre pour lui expliquer que les critiques sur mon dernier roman ont été assez « négatives » dans le sens que les personnes interrogées ont toutes exprimé le fait que c'est bel et bien le moins bon de tous mes romans. Je ne peux pas leur jeter la pierre, après tout, ils ont raison. Alors qu'il me fait la liste de nos points communs avec sa défunte épouse et moi-même, je suis assez décontenancée, parce qu'il me fait des compliments et que cela n'est pas arrivé depuis bien longtemps. « Je vous remercie monsieur Caruso, mais très sincèrement, la critique de mon dernier roman n'a pas été… Comme dire… Disons qu'il a été écrit qu'on ne m'en voulait pas d'avoir écrit un tel navet avec ce qui m'est arrivé. » Je suis assez touchée de le dire à voix haute, alors j'ajoute : « Vous devriez lire le tout premier, puis, si cela vous intéresse, vous lirez la suite. Inutile de vous dire que je vous les offre. Enfin, si vous aimez évidemment. » Je me surprends à sourire de nouveau, toujours aussi rouge, notamment à cause du vin, mais surtout parce que je le trouve de plus en plus charmant. Quand Desi me demande si j'ai chaud, je lui réponds positivement, parce que bien sûr, je ne peux pas lui révéler qu'il « m'attire » en quelque sorte. Gentleman de nouveau, il se lève afin d'ouvrir la fenêtre, puis, il va chercher le plat de lasagnes. Je suis surprise quant à sa réaction, apparemment, le rendu n'est pas celui qu'il désirait. « Ne vous inquiétez pas, ce qui compte, c'est le goût. » Une fois encore, je lui souris, mais cette fois-ci pour le rassurer, parce qu'étrangement, cela me touche qu'il soit déçu. « Je crois que personne ne sait réellement couper des lasagnes. » C'est vrai que lorsque je dois découper des morceaux de lasagnes, je ne m'en sors pas mieux, puis, ce n'est pas des lasagnes maisons. Je le fixe non sans une once de tristesse pour cet homme qui désire rendre une sorte de dernier hommage à son épouse. Je ne sais pas vraiment quoi lui répondre, puis, il n'a pas terminé de m'expliquer les raisons pour m'avoir contacté. Cela fait écho avec ce qui s'est produit dans ma propre existence alors que j'étais jeune. Je suis touchée, littéralement, puisque mon tout premier roman a été mis en vente alors que j'avais dix-neuve ans. L'émotion m'envahit, il va sans doute se demander ce qu'il m'arrive, alors je décide de tout lui révéler, simplement. « C'est étrange. Votre histoire fait tellement écho à la mienne. J'écris depuis toujours, déjà enfant, j'avais énormément d'imagination et… Mon premier roman a été publié alors que j'avais dix-neuve ans, et puis j'ai épousé... » Je me stoppe net. Henri, encore et toujours. Il me hante, il me fait souffrir, même depuis qu'il n'est plus là. Je reprends toutefois le fil de la conversation, je ne veux pas que Desi pense que je n'ai pas tourné la page, au contraire, je désirais le quitter avant qu'il ne décède. « Je suis extrêmement touchée monsieur Caruso. Je comprends tout à fait votre démarche et je serais très heureuse, très honorée de vous aider pour ce dernier roman. » Je rougis une nouvelle fois alors qu'il accroche son magnifique regard dans le mien. Du coup, je décide de goûter à ses fameuses lasagnes qui me semblent absolument délicieuses.

••••

by Wiise


Vivre l'instant présent.
Peu importe comment vous préparez l’avenir ou comment vous l’envisagez. La vie arrive parfois à vous surprendre en vous offrant exactement ce que vous attendiez ou la personne que vous attendez.
Revenir en haut Aller en bas
Desi CarusoLe vin est un puissant lubrifiant social
avatar
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ciao-vecchio.com/t2527-i-ll-heal-your-bodies-a http://www.ciao-vecchio.com/t2531-desi-caruso-i-wanna-be-alive-again-but-i-can-t-breathe-so-i-m-trying-to-help-others-people-to-live
ID : Aly
Faceclaim : Richard Madden
Multi-comptes : /
Messages : 138 - Points : 276
Âge : 32 ans
Métier : Gynécoloque-Obstétricien, responsable de l'antenne AIDES de Naples et membre du Planning Familial
Sujet: Re: In memoriam (PV Barbara) ( le Dim 25 Fév - 16:13 )



In memoriam
Desi et Barbara





« Il y a des rendez-vous galants qui ne sont pas l’occasion de draguer ? »

Malicieux, Desi venait taquiner la jeune femme, amusé de la voir tenter de se dépêtrer de son malencontreux jeu de mots, même s’il avait parfaitement conscience qu’elle n’avait pas fait exprès de sous-entendre qu’il pourrait y avoir plus entre eux. Le trentenaire ne manquait pas d’humour, à vrai dire, il avait tendance à l’utiliser souvent dans son métier, pour dédramatiser une situation délicate ou détendre une personne anxieuse d’attendre ses résultats, quels qu’ils soient. A combien de jeunes femmes avait-il fait la conversation alors qu’il vérifiait la bonne avancée de leur grossesse ? Combien d’hommes avait-il tenté de rassurer une fois confrontés à un spermogramme pour examiner leur fertilité ? A combien de personnes, hommes ou femme, trans ou pas, de toutes origines, avait-il parlé en attendant les résultats d’un test pour le VIH ? Il en avait perdu le compte, mais pourtant, les visages ne se superposaient pas dans sa tête. Il avait retenu les histoires, les parcours de vie, et les conservaient précieusement dans sa tête. Cela avait tendance à le faire relativiser, aussi. Et puis, il n’était jamais méchant dans ses petites taquineries. La preuve, il déclara bien vite, pris de pitié face à la gêne de Barbara :

« Je plaisante, ne vous inquiétez pas, je sais bien que vous ne l’entendiez pas ainsi. Si vous acceptez mon offre, nous devrons nous revoir pour discuter d’un certain nombre de choses, je pense. Et quand ce sera le cas, je goûterais à vos spécialités avec plaisir. »

Avec un petit clin d’œil en la voyant piquer du nez dans sa salade, il ajouta gentiment :

« N’est-ce pas ? »

Le médecin avait l’impression assez nette qu’il intimidait l’auteure, ou en tout cas, qu’elle était légèrement mal à l’aise. Peut-être qu’elle n’avait pas l’habitude de dîner chez une autre personne, un autre homme ? Sans doute, c’était toujours étrange de manger en compagnie d’un inconnu, même s’il se doutait que dans son travail, elle devait se soumettre à ce genre de protocole. Angie avait fait la tournée des éditeurs en son temps, et continuait à le faire pour sortir ses romans dans d’autres pays que l’Allemagne et l’Italie. C’était toujours un bal : il fallait rencontrer les directeurs de maison d’édition, des traducteurs éventuels si elle ne pouvait faire la traduction elle-même, les illustrateurs, participer à des réunions de marketing pour donner son avis sur telle ou telle publicité … Heureusement que son travail en tant que professeure d’université lui offrait des horaires souples, et qu’elle calait ses rendez-vous et voyages sur ses journées sans cours, se débrouillant avec ses supérieurs pour avoir des emplois du temps avec une partie de la semaine libre. Et c’était à cause de ça qu’elle était morte. La pensée lui coupa soudain l’appétit, mais il se força à sourire, avant de rebondir, presque par automatisme, sur le vin familial.

« Pour être honnête, ce n’est pas vraiment moi le spécialiste familial. Je me contente d’en profiter et de participer aux vendanges quand je le peux, en été … Mais mes frères et ma petite sœur sont beaucoup plus au fait que moi.

Chacun ses talents, après tout. "


Desi n’était pas le mouton noir de la famille Caruso, mais, plus jeune, il en avait souvent eu l’impression, le domaine viticole ne l’ayant jamais attiré plus que cela. Le discret gamin, celui que l’odeur de l’alcool avait longtemps rendu malade avait cherché à se démarquer, embrassant une carrière et des activités destinées aux autres, et qui lui assuraient une reconnaissance qu’il n’aurait jamais eu au sein de l’activité familiale. Il était fier de l’héritage du clan Caruso, des dons de ses aînés … Mais ce n’était pas cela qui le faisait vibrer. Il avait un respect pour leur savoir, mais pas l’envie de les imiter. Il se vivait comme un simple amateur, et rien de plus.

Néanmoins, ils abordaient enfin le cœur de leur sujet, ce qui remisa ses pensées familiales au placard. Cependant, la conversation ne tourna pas comme il l’espérait, puisque Barbara lui avoua que, si elle était flattée de ses compliments, il paraissait être le seul à avoir réellement aimé son dernier livre. Desi en était peiné. Avait-il si mauvais goût ? Non, il ne le pensait pas. Se trompait-il en lui confiant ce qu’il avait de plus cher ? Il ne le croyait pas, car jamais il ne pourrait parvenir à une telle ressemblance de style naturellement. Etait-ce dû au fait qu’il n’avait pas lu les précédents ? Sûrement. Et puis … soudain, il se demanda ce que la jeune femme voulait dire, par cette allusion à quelque chose qui lui serait arrivé. Que voulait-elle dire ? La curiosité le tiraillait, mais il n’osa pas y donner suite, de peur de paraître inquisiteur.

« Je les lirai avec plaisir. Après … Je n’y connais pas grand-chose, c’est vrai, mais … Si ce roman s’est vendu correctement, c’est que des gens l’ont aimé non ? Parfois … les critiques sont injustement dures … Surtout s’il y a un changement d’approche, de structure …

L’essentiel, c’est que votre livre ait permis à des personnes comme moi de se divertir un peu, vous ne croyez pas ? »

Un peu gêné de l’avoir encouragé de la sorte, il s’empressa d’aller chercher ses lasagnes, alors que Barbara lui assurait qu’elle aimait cette spécialité typique du pays, et qu’elle n’en avait pas mangé depuis un moment. Au moins avait-il eu un instinct appréciable en choisissant le clou de son repas. Quand bien même ledit clou ne présentait pas comme il l’aurait voulu. Tandis qu’il s’échinait à servir son invitée et qu’elle le rassurait, il répondit en riant doucement :

« Oh, si, ma mère est très douée pour ça. Mais je n’ai jamais compris comment elle faisait. »

Heureusement, une fois qu’il put en amener un bout à sa bouche, il constata avec plaisir que la cuisson était réussie, et que l’ensemble fondait sur la langue comme il l’aimait, la richesse de la texture de la bolognaise à l’ancienne, mitonnée aux petits légumes, rehaussant agréablement la pâte en millefeuille de l’ensemble. Il espérait que son hôtesse apprécierait autant que lui. Cette dernière demeurait cependant frappée par sa demande, et il craignit qu’elle ne refuse un instant. Sauf que … Non. Elle parla de sa propre histoire. De son mariage et puis … Un arrêt, encore. Avant d’accepter. C’était tout ce dont il avait besoin. Un réel sourire illumina son visage, si différent de son expression polie ordinaire. Il y avait là une joie réelle, vibrante, comme un accomplissement auquel il n’arrivait pas à croire.

« Vraiment ? Je veux dire … Vous êtes sûre ? »

Avant qu’il n’ajoute avec délicatesse :

« Je ne connais pas votre histoire … Je me suis dit que si je faisais des recherches en dehors de la biographie dans votre livre … Cela pourrait m’influencer, et je ne voulais avoir que l’auteure face à moi …

Mais maintenant … Je me demande … Si nous n’avons pas plus en commun que ce que je ne le pensais. »


C’était une invitation à en dire plus. Ou à ne rien dire, si elle le désirait. Desi n’avait jamais poussé les gens à faire ce qu’ils ne voulaient pas. Il tendait la main, et parfois certains la prenaient.

Fiche codée par Koschtiel



   
Love me like you do
La vie est belle et cruelle à la fois.©️Ely
Revenir en haut Aller en bas
Barbara RosaLe vin est un puissant lubrifiant social
avatar
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ciao-vecchio.com/t1889-barbara-rosa-la-femme-e http://www.ciao-vecchio.com/t2831-ceux-qui-sont-fait-pour-etre-ensemble-finissent-toujours-par-etre-reunit-babou#81810
ID : PiTOQUiNHA, Louise
Faceclaim : DAKOTA J. + ©PRINCESS + OTH quote
Je suis absent-e : jusqu'à la fin du mois
Multi-comptes : ANABELA LARANJEIRA
Messages : 1313 - Points : 2623

Âge : 30 ans
Métier : romancière
Sujet: Re: In memoriam (PV Barbara) ( le Mar 27 Fév - 4:04 )
In memoriam.
••••

« Il y a des rendez-vous galants qui ne sont pas l’occasion de draguer ? »
Je voudrais m'étouffer et partir en ambulance. Je perçois la malice dans son regard, je le trouve d'autant plus beau et ça me perturbe davantage. Je me demande si je ne devrais pas simuler un évanouissement, mais je me rappelle que monsieur Caruso est médecin. Je sens mes joues s'enflammer, j'ai cessé de respirer depuis pas mal de secondes, je crois que mon cœur va s'arrêter de battre. Les secondes semblent durer des heures, finalement, je ne suis pas certaine qu'un faux malaise aura lieu, au contraire, je pense que ça sera un véritable malaise. Desi me rétorque alors qu'il plaisante, je retrouve ma respiration, c'est pas passé loin. Il ajoute que nous devrons nous voir assez régulièrement, étrangement, une petite Barbara fait une danse de la joie dans mon esprit, cela ne m'arrive jamais, à croire que cet homme peut me plaire. Je me choque moi-même, c'est impensable, inimaginable. Je manque de m'étouffer avec le vin, je ne suis pas certaine de savoir cuisiner aussi bien que lui, parce qu'après tout, depuis bientôt deux ans, j'ai arrêté de me faire à manger. Je me contente de commander, ou de manger dehors. « Je ne pense pas que ça sera aussi bon que vos lasagnes. » Je voudrais ajouter que je suis en froid avec la cuisine, mais je n'ai jamais été drôle, alors je la garde pour moi. « C'est vraiment délicieux. » J'ajoute, sincère. C'est vrai que je n'en ai jamais mangé d'aussi bonne, à croire que je voudrais bien apprendre la recette, afin de pouvoir en refaire pour des amis, si un jour, je me décide à finir de déballer tous les cartons de mon immense villa. Il ne manque pas grand-chose, j'ai décidé de terminer seule, pour m'aider à avancer, dans ma vie que j'essaye de reconstruire. Je suis chanceuse d'avoir des amis présents, ainsi que des parents, sans eux, je ne sais pas où je serais. Je me retrouve soudainement sérieuse et pensive, mais au moins, la Barbara qui danse n'est plus présente dans ma tête, je peux respirer de nouveau, mais surtout, je peux déguster ses délicieuses lasagnes. Je n'ai pas eu autant d'appétit depuis bien longtemps, je suppose que c'est bon signe, je suis ravi, j'essaye vraiment d'avancer, je veux aller de l'avant et retrouver le goût d'écrire, parce qu'être romancière ce n'est pas seulement un métier à mes yeux, cela fait partie de moi, alors quand j'ai arrêté, je me suis perdue. Écrire est inscrit dans mon ADN, je le sais, j'en ai conscience. Alors que j'avale une nouvelle gorgée de vin, Desi m'explique que l'œnologie ce n'est pas sa spécialité, contrairement à ses frères ainsi que sa sœur. Il participe, mais il n'est pas aussi impliqué qu'eux, j'ai la sensation qu'une pointe de tristesse l'envahit, ou peut-être une pointe d'amertume, je ne sais pas. Je n'aime pas le voir ainsi, c'est étrange, je ne le connais pas, mais rien qu'imaginer qu'il puisse être triste me touche, étrangement. « Chacun ses talents. » Il n'a pas tord, puis, je suis certaine qu'il est un excellent médecin, cela se voit qu'il aime aider les gens, il semble toujours prêt à tendre la main, ce que je trouve fantastique. Il y a peu de personnes qui sont ainsi, bien trop peu à mon goût. « Je suis d'accord avec vous monsieur Caruso. Puis, vous vous démarquez, et je suppose que vous êtes un très bon médecin, après tout, vous vous intéresser aux autres, vous êtes gentil, doux, calme, rassurant, puis, ça semble naturel chez vous d'aider votre prochain. » Ce n'est que mon analyse personnelle évidemment, mais j'ai la réelle sensation que Desi est un homme avec le cœur sur la main. « Je pense qu'à votre niveau, ce n'est pas seulement un métier, c'est une passion, mais ça fait aussi parti de vous, dans le sens que vous êtes né pour cela. Pour aider les autres, pour soigner, ce n'est pas un métier que l'on fait sans avoir le choix, c'est un métier choisi, un métier fait pour vous, d'ailleurs, vous devez, vous épanouir non ? Je sais que ma passion, c'est l'écriture et depuis bien longtemps. J'ai beaucoup de chance de pouvoir faire ce dont j'ai toujours rêvé, je sais que je suis chanceuse, je le réalise, parce qu'il y a énormément de personnes qui n'ont pas le choix, qui font des métiers contraignants qu'ils n'aiment pas, mais qui ont des bouches à nourrir. » J'ai la nette sensation que je parle de trop, c'est sans nul doute le vin, mais je pense que c'est aussi parce que je me sens à l'aise avec cet homme. Je me plais à sourire de nouveau, dégustant avec envie mes lasagnes, je crois que j'en redemanderais peut-être encore un peu, lorsque j'aurais fini ma part. Je mange avec envie, je prends plaisir, puis, Desi rebondit sur mon dernier roman, je fais la grimace. Je ne sais pas réellement comment expliquer les choses, c'est encore assez difficile, bien que cela fasse plus d'un an, quasiment deux, il me semble. Ce roman, je l'avais commencé alors qu'ils étaient encore en vie, Théodore et Henri. J'avais bien avancé, j'avais écrit bien plus que la moitié du livre, et j'ai dû tout arrêter. Il fallait toutefois que je le termine, je devais le terminer dans les temps, parce que même si on pense que les romanciers peuvent écrire n'importe où, quand ils le veulent, etc. On a tout de même des contraintes, notamment, les dates. Mon style n'avait pas changé, mais, je n'ai pas eu de bons retours. D'ailleurs, ce n'est pas cela qui m'avait le plus blessé, c'était cette terrible phrase, celle qui expliquait que l'on devait ne pas être trop dur avec ce dernier roman au vu des drames survenus alors que je ne l'avais pas terminé. On demandait de « m'excuser », on demandait à ce qu'on soit « indulgent » avec moi. J'aurais préféré qu'on assassine mon roman, plutôt que de dire que ce n'était pas ma faute, parce que j'avais perdu mon époux ainsi que mon fils. La pitié, je la haïs, je ne la supporte pas, je ne la tolère pas, c'est comme un poison à mon sens. J'ai beaucoup souffert de ses demandes de « pardons » par les critiques, j'avais envie de leur faire avaler mon roman, heureusement, j'ai toujours été de nature calme et poser et je n'avais d'ailleurs pas répondu à la moindre question. Je n'avais fait aucune tournée, c'était terminé pour moi, j'avais tout refusé, même sous contrat. Alors qu'il me dit qu'il a bien été vendu et que beaucoup de personnes, notamment mes fidèles lecteurs, ont aimé le lire, je ne sais pas vraiment quoi répondre. C'est sans doute le cas, je suppose, parce que c'est vrai qu'il s'est bien vendu, malgré ses « fameuses » critiques. Une ridule se forme entre mes sourcils, alors que je termine ma bouchée, avant de répondre : « Vous avez sans doute raison. S'il a plu au moins à un lecteur, je suppose que c'est une victoire. » Je hausse les épaules, alors que je me demande si un jour, je retrouverais le courage d'écrire, notamment la suite de cette histoire. J'aimerais écrire un dernier roman, pour que les lecteurs qui me suivent depuis le début sachent comment tout se termine avant de tourner la page, mais j'ai bien peur d'écrire un navet, qui pourrait ainsi mettre fin à ma carrière. Heureusement, la proposition que monsieur Caruso m'a faite n'a aucun rapport, cela me rassure dans un certain sens, ainsi, je peux me remettre dans le bain, lentement certes, mais au moins, je tente quelque chose, j'essaye de m'en sortir. Desi semble heureux alors que je lui annonce que je veux bien l'aider à terminer ce que son épouse a commencé, c'est certes un défi, mais j'aimerais le relever, pas seulement pour moi, mais aussi pour cette femme disparue bien trop tôt, ainsi que pour Desi, je ressens qu'il en a besoin, que c'est vital pour qu'il puisse se remettre à avancer. Par contre, je dois lui faire part de mes conditions, non, je ne suis pas une diva, mais je voudrais mettre certaines choses aux claires. Je n'ai pas le temps de laisser un son s'échapper d'entre mes lèvres que Desi me fait part de quelque chose de plus intime. Il pense que nous devons avoir tous deux un parcours similaire, je comprends bien sûr ce qu'il sous entend. Je ne sais pas vraiment quoi répondre, malgré les années, c'est toujours assez difficile de tout dire à voix haute et claire, parce que l'on réalise que cela c'est bel et bien produit. Je me mords la lèvre, peu certaine de savoir quoi dire sans trop en souffrir, puis, je me rapproche un peu, l'atmosphère devient intimiste. Je laisse échapper un soupire d'entre mes lèvres, il s'est livré à moi en me laissant lire toutes ses pages que son épouse a écrit, alors, je dois lui rendre la pareille. « J'ai été marié, durant de nombreuses années. J'étais amoureuse, follement amoureuse, j'étais heureuse surtout, enfin, au début. » Repenser à cela me chamboule, mais d'après mon thérapeute, il faut parler, se confier pour aller mieux. « Mon premier roman a été publié alors que j'avais dix-neuve ans. J'ai gagné beaucoup d'argents, du coup, j'ai payé les études à mon futur époux, Henri... » Prononcer son prénom est toujours aussi douloureux, mais il faut que je lui pardonne, enfin, encore une fois, ce n'est l'avis que de mon thérapeute. « Il a commencé à changer d'humeur, il a commencé à devenir jaloux, possessif, il me menaçait, enfin, j'imagine que vous devinez la suite. Je voulais le quitter, mais je suis tombée enceinte et nous avons eu un petit garçon. J'ai cru qu'il redeviendrait l'homme dont j'étais tombée amoureuse et ça a été le cas, mais ça n'a pas duré. » J'avale une nouvelle gorgée, il paraît que boire un peu délie les langues, je n'aurais jamais pensé que cela pouvait être vrai avant ce soir. « Il m'a trompé, je l'ai quitté, il a tout fait pour que je lui pardonne, encore une fois, il m'a berné, et tout a recommencé. Les coups, les crises de jalousie, et... » Je me stoppe net, après tout, comment lui dire qu'il a aussi abusé de moi ? Nous ne nous connaissons pas, puis, c'est bien trop intime et difficile pour en parler. « J'ai appris une nouvelle fois que j'étais enceinte, seulement, Henri et notre fils Théodore sont partis en voiture pour aller acheter des glaces et ils ne sont jamais revenus. » Je m'arrête une nouvelle fois, je suppose qu'encore une fois la suite est évidente, j'ai perdu l'enfant que je portais, puis j'ai quitté Paris. « Je suis revenue m'installer ici, à Naples. Mes parents ainsi que mes autres proches m'ont beaucoup aidé. Ils ont été très présents, j'ai beaucoup de chance. » Je me mords la lèvre, je réfléchis, mais que dire de plus ? Mes conditions. « Monsieur Caruso, je, j'ai des conditions. Je ne suis pas une diva, bien au contraire, en fait, je ne veux pas être payé pour le travail que l'on va faire ensemble. Je n'ai pas besoin d'argent, je veux seulement honorer la mémoire de votre défunte épouse, puis, si mon travail ne vous convient pas, je ne vous en voudrais pas si vous décidez de me mettre sur la touche pour confier le travail à quelqu'un d'autre. » Je le fixe, j'espère qu'il comprendra, je ne sais pas si tel sera le cas puisque nous ne nous connaissons pas, alors j'attends tout simplement sa réponse.

••••

by Wiise


Vivre l'instant présent.
Peu importe comment vous préparez l’avenir ou comment vous l’envisagez. La vie arrive parfois à vous surprendre en vous offrant exactement ce que vous attendiez ou la personne que vous attendez.
Revenir en haut Aller en bas
Desi CarusoLe vin est un puissant lubrifiant social
avatar
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ciao-vecchio.com/t2527-i-ll-heal-your-bodies-a http://www.ciao-vecchio.com/t2531-desi-caruso-i-wanna-be-alive-again-but-i-can-t-breathe-so-i-m-trying-to-help-others-people-to-live
ID : Aly
Faceclaim : Richard Madden
Multi-comptes : /
Messages : 138 - Points : 276
Âge : 32 ans
Métier : Gynécoloque-Obstétricien, responsable de l'antenne AIDES de Naples et membre du Planning Familial
Sujet: Re: In memoriam (PV Barbara) ( le Ven 2 Mar - 19:36 )



In memoriam
Desi et Barbara





« Arrêtez, Madame Rosa, vous allez me faire rougir … »

Objectivement, il était toujours difficile de savoir comment réagir quand quelqu’un vous complimentait aussi profusément, qui plus est encore quand ces louanges venaient d’une charmante inconnue dont on voulait obtenir un service. Desi avait généralement du mal à accepter les éloges faites à propos de son travail ou de lui-même parce qu’il estimait que son investissement faisait partie de son devoir de médecin, et d’autre part, qu’il était simplement quelqu’un de poli et de courtois … Qualités qui se perdaient en ce bas monde, certes. En garçon timide et discret, le Caruso avait appris tout l’art de la conversation en société pour parvenir à ne plus faire de faux pas. A vrai dire, Angela l’avait énormément aidée à surmonter ses difficultés originelles, et peu à peu, les formations qu’il avait reçues lors de ses études de médecine, mais aussi tout bêtement le contact avec les patients, avec cette misère humaine, violente, qu’il recevait en pleine figure, ces corps déchiquetés qu’il lui arrivait de réparer comme il pouvait, ces histoires qu’il essayait de supporter dans leur crue vérité sur la noirceur de l’âme des hommes … Tout cela lui avait forgé cette carapace de douceur et d’humilité. Barbara avait raison, alors qu’elle poursuivait. Il faisait un métier qu’il aimait, qui le passionnait, car il se sentait utile, il avait grandi dans un milieu relativement favorisé, et si le tremblement de terre qui avait affecté sa famille aurait pu anéantir leur condition aisée, ils avaient su rebondir par leur entregent familial. Il ne risquait pas de connaître le racisme, ni l’homophobie, encore moins le sexisme. Il ne mourrait pas de faim, et même si les fins de mois avaient parfois été un peu chiches quand Angie et lui étaient partis en Allemagne, il avait toujours su qu’en cas de soucis graves, ses parents n’auraient pas hésité à l’aider. Son envie d’indépendance et de découvrir la vie, comme il aimait à le dire, lui avait fait emprunter une voie un peu plus ardue. Mais enfin … Cela n’avait pas duré.

« Je ne sais si je suis un bon médecin … Mais en effet, j’ai choisi ce métier et cette spécialité par passion. Parce que certains choses autour de moi … m’ont touché. Et que j’ai eu envie d’aider ceux qui allaient souffrir de ce que je ne pouvais pas connaître. »

Les pleurs de sa meilleure amie d’enfance lui revinrent, alors qu’il se revoyait, accroupi dans les toilettes dégoutantes du lycée, avec Angie, essayant de comprendre ce qui mettait leur comparse dans cet état. Et puis les appels, les refus, l’organisation désespérée, le voyage à Londres, la délivrance, les pleurs encore, mais de soulagement. Puis les regards sur Angela, l’impossibilité d’obtenir une assurance à son nom, alors qu’elle seule avait des revenus d’eux deux, le fait qu’ils aient obtenu leur prêt car Desi uniquement s’était endetté, puisqu’aucune banque ne voulait prêter à une femme séropositive depuis des années … La discrimination, les insultes, ces autres médecins qui ne voulaient pas l’ausculter, la volonté d’éviter à tout prix les urgences, quitte à attendre … L’incompréhension aussi, de ceux qui ne pouvaient envisager qu’il vive avec elle, ainsi. Qu’est-ce qui ne va pas chez toi, Desi ? Tu pourrais avoir mieux. C’était ça, qui le motivait, et tous ces gens qui comme Angela, comme sa meilleure amie, n’arrivait pas à obtenir les soins nécessaires à leur bien-être. L’obstétricien était un homme engagé et ne s’en cachait pas. C’était cela, qui faisait de lui quelqu’un de bien, pas son métier en tant que tel, pas son caractère. Les actes, voilà sur quoi on le jugerait. Avec un sourire sincère, il répondit à la jeune femme :

« Peu de gens ont le courage de reconnaître ce que vous venez de dire. C’est tout à votre honneur. »

Il appréciait cet échange de semi-confidences, comme s’ils se connaissaient depuis des mois. La confiance semblait s’être installée naturellement entre eux et tandis qu’il plongeait sa fourchette dans ses lasagnes, au demeurant cuite al dente, comme il les aimait, le trentenaire ne put s’empêcher de se dire que travailler avec Barbara serait probablement plus agréable que ce qu’il avait pu prévoir, au sens où il avait bon espoir d’entretenir une relation professionnelle, certes, mais relativement amicale. Desi appréciait de connaître ceux avec qui il construisait des projets, dans le cadre de son travail, de ses activités associatives, ou tout simplement dans un cadre plus privé. C’était une manière d’avoir un environnement chaleureux, agréable … napolitain, en quelque sorte, vivant à tout le moins. Ainsi, il avait complimenté son livre, sans savoir qu’il n’avait pas obtenu le succès escompté. Au moins, il avait peut-être réussi à lui remonter le moral. Gentiment, il conclut à ce propos :

« Eh bien … Je l’ai aimé, donc … le quota pour une victoire est rempli. »

L’œil brillant, il prit son verre de vin et le souleva comme pour un toast fictif avant d’y tremper ses lèvres. Parfait. A moins que la fierté familiale ne prenne le pas sur son objectivité vigneronne ? Ce n’était pas exclu. Se souvenant qu’il avait ouvert la fenêtre, il s’excusa pour aller la refermer, considérant que la pièce était suffisamment refroidie, et peu désireux que sa potentielle plume n’attrape un rhume à cause d’un oubli aussi fâcheux qu’idiot. Et voilà qu’il parlait encore, une fois rassis, de leur collaboration, de leurs ressemblances. Manifestement, il avait touché un point sensible, mais Barbara ne l’avait pas immédiatement détrompé. Attentif, il attendait donc d’en savoir plus. Et ce qu’il entendit lui fendit le cœur. On aurait pu croire qu’il avait l’habitude. Qu’après tout ce qu’il avait pu voir, une énième histoire de violences conjugales ne l’aurait pas ému. Mais il n’arrivait pas, justement, à se fermer. Chaque parcours de vie était unique. Il avait ses particularités, et à chaque fois, la tristesse l’envahissait d’apprendre ces souffrances terribles. Plus encore, ce qui l’insupportait souvent, c’était cette douceur des victimes, qui ne reprochaient pas, qui essayait de ne pas accabler leur tortionnaire, qui atténuaient leurs souffrances. Comme si elles étaient complices. Et cela lui faisait peut-être encore plus mal, que des femmes pensent ainsi. Pire encore, Barbara avait perdu son enfant, et cette douleur, ce choc, il n’arrivait même pas à l’imaginer. Quatre mots lui venaient aux lèvres, si faibles, si … inadéquats. C’étaient les seuls qu’il s’estimait en droit de prononcer.


« Je suis … sincèrement désolé. »

Il l’était. Que dire, du reste ?

« Je n’ose pas imaginer ce que cela fait, de perdre son enfant … Ses enfants … Ou de survivre à ce que vous avez vécu avec … cet homme. »

Barbara était une survivante. De cela il était certain. Et soudain, le fait de l’avoir invité ainsi, chez lui, dans sa maison d’homme seul lui parut une faute insupportable. Il s’en voulait, se sentant coupable, interprétant ses rougeurs comme des signes de malaise. C’était évident. Quel imbécile.

« Je n’aurais pas dû vous inviter à venir ainsi … Je comprendrais si vous n’aviez pas confiance, et si vous vouliez partir dès que nous aurons fini de discuter des détails de notre collaboration. Cela doit vous mettre mal à l’aise. Pardonnez-moi. »

Le traumatisme pouvait se manifester de manières diverses, chez les victimes de violence conjugale. Il le comprenait aisément. Après tout, il en avait côtoyé souvent, via le Planning familial ou l’hôpital. L’une d’entre elle avait fait une crise de panique en le voyant entrer, et il avait passé un long moment à hurler sur sa cheffe de service pour ne pas avoir fait attention à l’état de la victime.

« J’ai conscience que ce que je vais dire doit vous sembler bien creux mais … J’espère que vous trouverez quelqu’un de bien … qui vous aimera … véritablement. »

On n’aimait pas dans la violence. Ce genre de mythe l’exaspérait. Frapper, c’était hair. Et on n’aimait pas dans la haine. On se détruisait seulement, parce qu’aimer, c’était s’abandonner à l’autre, être vulnérable et l’accepter pleinement. Peut-être que Barbara arriverait un homme qui saurait l’aider à panser ses plaies, à avancer. Il le lui souhaitait, en tout cas. Mais déjà, elle enchaînait, le surprenant totalement.

« Vous êtes sûre ? Je veux dire … Je comptais précisément vous donner l’intégralité des royalties qui nous pouvions tirer de la publication … Je n’ai pas vraiment envie que l’on pense que j’exploite le souvenir de mon épouse … »

La demande le prenait au dépourvu. Bien sûr, il n’allait pas insister. Mais il ne voulait pas particulièrement de cet argent. Ce qu’il obtenait en droits d’auteur sur les romans précédents de son épouse ne le dérangeait pas, car il était son seul héritier de par leur mariage. Mais c’était différent, là.

« Est-ce que cela vous dérange si je verse ma part des revenus aux associations qui viennent en aide aux personnes séropositives ? Angela aurait apprécié ce geste, je crois. »

Parce qu’il l’aurait touché personnellement. Et qu’elle aurait aimé, il le savait, aider les autres personnes dans sa situation, mais moins chanceuses. Oui, il trouvait sa proposition en adéquation avec la mémoire de sa femme.

« Et … peut-être que nous pourrions offrir la vôtre à une association pour le soutien aux victimes de violences conjugales ? »

Nerveux, il ajouta :

« Vous voulez encore des lasagnes ? Ou je sors le dessert ? »


Fiche codée par Koschtiel



   
Love me like you do
La vie est belle et cruelle à la fois.©️Ely
Revenir en haut Aller en bas
Barbara RosaLe vin est un puissant lubrifiant social
avatar
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ciao-vecchio.com/t1889-barbara-rosa-la-femme-e http://www.ciao-vecchio.com/t2831-ceux-qui-sont-fait-pour-etre-ensemble-finissent-toujours-par-etre-reunit-babou#81810
ID : PiTOQUiNHA, Louise
Faceclaim : DAKOTA J. + ©PRINCESS + OTH quote
Je suis absent-e : jusqu'à la fin du mois
Multi-comptes : ANABELA LARANJEIRA
Messages : 1313 - Points : 2623

Âge : 30 ans
Métier : romancière
Sujet: Re: In memoriam (PV Barbara) ( le Mer 7 Mar - 0:03 )
In memoriam.
••••

Je me sens plus à l'aise, mais toujours légèrement nerveuse, ce qui est contradictoire dans un sens. C'est vrai que je ne m'amuse pas à flatter des personnes pour avoir quelque chose en retour, je le fais naturellement, parce que je pense réellement qu'il faut dire ce que l'on pense et c'est ce que j'ai fait à cet instant. Je ne connais pas monsieur Caruso depuis longtemps, mais une chose est certaine, je suis admirative. Ce qu'il fait est très important à mes yeux, et, il doit le savoir. Être médecin est un métier de choix, un métier réfléchi, un métier qui démontre que l'on fait attention aux autres, à notre prochain. On ne peut pas être médecin et égoïste, du moins, à mon sens. Il faut avoir le cœur sur la main, il faut aimer, il faut aider, il faut se donner aussi, il faut même se mettre de côté parfois. Alors oui, je suis admirative et je le lui dis, parce que je pense qu'on doit toujours dire la vérité sur ce que l'on pense de la personne que l'on a en face de soi. J'avale une nouvelle gorgée de ce vin délicieux, alors que Desi semble perturber ? Je ne sais pas, mais il ne semble pas à l'aise avec les compliments. Je le suis également, alors je peux le comprendre, de ce fait, je lui offre un sourire d'excuses. « Je… Excusez-moi… Simplement je… Je dis toujours ce que je pense et, très sincèrement, je pense chaque mot que j'ai prononcé monsieur Caruso. » Je lui souris de nouveau, puis, instinctivement ma main se rapproche de la sienne, je rougis. Je ne pense pas qu'il l'ait remarqué, après tout, je me suis rapidement reprise, alors j'avale une nouvelle gorgée de vin pour qu'il pense que si mes joues sont aussi roses, c'est à cause du vin justement. Il se montre assez évasif dans sa réponse, il prétend ne pas savoir s'il est un bon médecin, mais à mes yeux, il l'est. Toutefois, je le garde pour moi ce coup-ci, je ne peux pas continuer à lui faire des compliments toute la soirée, alors qu'il semble assez mal à l'aise avec cela. Nous continuons de discuter, pour le moment, nous ne parlons pas encore du roman de son épouse, je ne pensais pas que nous aurions une discussion aussi profonde. Je pensais que nous parlerions du roman, encore du roman et toujours du roman, mais ce n'est pas le cas. Cela me fait du bien de m'ouvrir ainsi, cela fait un moment que je ne me suis pas confiée, à qui que ce soit d'ailleurs, hormis, à mon thérapeute bien sûr. Je lui offre un sourire alors qu'il reprend, il n'a pas tord… Beaucoup de personnes ne prennent pas la peine de dire qu'ils ont beaucoup de chance comparé à d'autres personnes qui ont des vies compliquées pour ne pas dire très difficiles, voir trop difficiles. Il y a bien trop de personnes dans le monde qui ne vivent pas, puisqu'en réalité, ils survivent. Je me pince les lèvres, nous parlons de mon dernier roman, celui qui n'a pas convaincu la presse, mais qui a convaincu monsieur Caruso. « Merci. » Je souffle simplement, ne sachant pas quoi dire de mieux. Alors qu'il soulève son verre, je fais de même, je suis très heureuse de passer ce moment avec lui, cela me fait plus de bien que je ne l'aurai imaginé. Je ne sais pas vraiment pourquoi je me confie ainsi à lui, sans doute parce que je me sens à l'aise à ses côtés, ainsi que rassurer dans un certain sens, mais surtout, je me sens écouter et cela me fait un bien fou. Je me sens plus légère, malheureusement, cela ne dure pas. Je me confie à lui sur mon « époux », puisque je n'ai pas pu divorcer. Alors qu'il prononce les mots que bons nombres de personnes m'ont également dit, je ne sais pas vraiment quoi répondre. Devrais-je lui dire merci ? Je n'ai pas le temps d'y songer parce qu'il reprend, gentleman, toujours, sachant que dans cette situation, on ne sait pas vraiment quoi dire, quoi répondre pour rester poli, ou pour faire bonne figure. Je souffle de nouveau, puis, il comprend pourquoi j'étais aussi hésitante, aussi coincée peut-être, sans doute. Je voudrais le couper alors qu'il s'excuse, ce n'est pas ce que je voulais, je n'y avais pas songé, je me confiais à lui, sans penser au reste. Je me mords alors la lèvre, levant les bras pour lui faire comprendre que ce n'est pas de « sa faute », bien au contraire. « Je, je suis désolée monsieur Caruso. Je… Écoutez, j'ai hésité oui, mais pas par peur, enfin, si un peu, mais je ne me suis pas dit que vous me feriez du mal, c'est juste que je n'avais jamais été chez une personne que je ne connais pas avant vous. » J'espère le rassurer, même si nous nous connaissons peu, j'ai la sensation qu'il s'en veut, qu'il se sent coupable alors qu'il ne doit pas l'être. Je souffle, je ne sais pas vraiment quoi ajouter, hormis le fait qu'il ne doit pas s'en vouloir, je devrais le lui dire, oui. « Ne vous sentez pas coupable monsieur Caruso, vous n'avez pas à l'être. » Je suis sincère, mon regard se plante dans le sien, je veux simplement qu'il comprenne qu'il ne doit pas se sentir mal à l'aise, ou bien encore qu'il ne doit pas s'en vouloir. Bizarrement, c'est moi, à présent, qui me sent coupable, parce que je ne veux pas le voir ainsi. Heureusement, monsieur Caruso reprend, sur le ton d'une confidence, je me sens soulager, un mince sourire s'inscrit même sur mon visage. « C'est gentil. » Je réponds tout bas, je pourrais lui dire la même chose, c'est certain. Quand je pose mes conditions quant à la suite des évènements aux propos de l'argent que l'on devra se partager à la parution du roman, je suis inflexible, je ne veux pas toucher quoi que ce soit. La raison ? Je n'ai pas besoin d'argent, puis, je me sentirais coupable puisque je n'ai pas écrit l'intégralité du roman justement, puis il ne faut pas oublier que c'est un hommage, c'est intime et profond et je ne veux pas me faire de l'argent là-dessus. « Je suis sûre oui. Je ne veux pas de tout cet argent. Je n'en ai pas besoin de toute façon, puis, ce serait injuste, je ne le mériterais pas, je n'ai pas écrit l'intégralité du roman. » Je hausse les épaules, alors qu'il me demande si cela me dérange que sa part aille pour des associations, évidemment, cela n'est pas le cas, cela va s'en dire même. « Pas du tout, vraiment. Je trouve que c'est une excellente initiative de votre part. » Je rougis, cet homme me semble parfait, c'est louche, aucun homme n'est parfait, du moins, c'est ce que j'ai toujours entendu. Quant à ma part ? Il me propose de l'offre à une association pour le soutien aux victimes conjugales. Une grimace se forme sur mon visage, à vrai dire, peu de personnes savent ce qu'il s'est produit entre mon défunt époux et moi, puis, je n'ai pas envie que cela se sache. « Je… Je suis… Comment dire… Peu de personnes savent la vérité, alors je préférais que cela ne s'ébruite pas. » Je baisse le regard, je ne me sens gêner, puis je ressens une pointe de tristesse soudainement. « Je vais réfléchir à une autre association, il y en a tellement. » J'esquisse un sourire, mais le coeur n'y est pas ou plutôt « plus ». Nous sommes aussi gênés l'un que l'autre, alors il me propose si je désire encore de ses délicieuses lasagnes, j'admets que j'en raffole, mais je ne peux pas me permettre d'en remanger, sinon, je n'aurais plus de place pour le dessert. « Non, je vous remercie. C'est excellent, vraiment, mais je me réserve pour le dessert. » Je suis gourmande, surtout lorsqu'il s'agit de sucrer, alors, un nouveau sourire s'inscrit sur mon visage, un sourire bien plus « joyeux » que le précédent.

••••

by Wiise


Vivre l'instant présent.
Peu importe comment vous préparez l’avenir ou comment vous l’envisagez. La vie arrive parfois à vous surprendre en vous offrant exactement ce que vous attendiez ou la personne que vous attendez.
Revenir en haut Aller en bas
Desi CarusoLe vin est un puissant lubrifiant social
avatar
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ciao-vecchio.com/t2527-i-ll-heal-your-bodies-a http://www.ciao-vecchio.com/t2531-desi-caruso-i-wanna-be-alive-again-but-i-can-t-breathe-so-i-m-trying-to-help-others-people-to-live
ID : Aly
Faceclaim : Richard Madden
Multi-comptes : /
Messages : 138 - Points : 276
Âge : 32 ans
Métier : Gynécoloque-Obstétricien, responsable de l'antenne AIDES de Naples et membre du Planning Familial
Sujet: Re: In memoriam (PV Barbara) ( le Lun 2 Avr - 17:38 )



In memoriam
Desi et Barbara





« Alors c’est très gentil à vous, Madame Barbara. Mais en soi, donner du plaisir aux gens, leur permettre de s’évader dans un autre univers, c’est tout aussi important … Ce que vous faites a aussi sa beauté, peut-être trop insoupçonnée ? »

Pour Desi, chacun avait un rôle à jouer. Il avait tendance à ne pas considérer son métier comme extraordinaire, ni ses engagements. Chacun, dans sa famille, par exemple apportait sa pierre à l’édifice humain. Giuseppe et Giovanni offraient des moyens de se délasser, d’oublier ses soucis en goûtant un vin de bonne qualité, Mia aidait les animaux abandonnés, perdus, pour espérer leur offrir un nouveau foyer. Et lui ? Il mettait au monde des enfants, permettait à des femmes de mener leur vie comme elles l’entendaient, à des personnes de se soigner correctement … Mais il annonçait aussi des nouvelles terribles, et observaient parfois les ravages d’une maladie trop avancée pour intervenir, ou tout simplement constatait avec impuissance que la nature n’avait pas été si douce envers une personne. Et pour ces patients-là, il fallait du réconfort. Que des gens comme Barbara leur donnait, peu importe comment. Voilà ce que représentait à ses yeux le cycle de la vie et l’interconnexion des âmes, même si cela pouvait sembler légèrement naif, il s’agissait à ses yeux d’une représentation importante pour enseigner l’humilité et la solidarité, deux valeurs qui lui tenaient énormément à cœur. Chez les Caruso, on aidait les siens, mais aussi les autres, et on ne se vantait pas. Ses parents avaient essayé d’inculquer ce qui leur paraissait nécessaire pour mener une bonne, belle vie à leurs enfants. Ils avaient réussi, quoique de manière différente. La fratrie demeurait soudée dans les épreuves, autant que les difficultés le permettait, en tout cas. Et doucement, sa main effleure celle de son invitée, sans qu’il ne s’en rende compte, alors qu’il parle, qu’il mange, qu’il revit un peu.

Discuter ainsi avec Barbara le ramenait à un temps étrange, où il n’avait pas cette mélancolie si profonde en lui. Pour un peu, il oubliait presque son veuvage, sa tristesse, alors que le but de cette soirée était précisément d’honorer son épouse défunte. Mais sa vie intime étriquée entre sa famille, son travail et ses quelques amis de confiance ne lui offrait que peu d’occasions de rencontres, puisque les connaissances qu’il se faisait par son travail demeuraient souvent ce qu’elles étaient : des liens à cause d’une pathologie ou d’une grossesse, pas grand-chose de plus. Longtemps, cela lui avait suffi, parce qu’il avait Angela, et qu’elle constituait l’étendue de son univers, l’alpha et l’omega de son existence. Il l’admettait volontiers : pour sa femme, il aurait tout sacrifié, sans doute davantage que pour sa propre famille, même s’il l’adorait. Il l’avait fait, en un sens, en partant d’Italie après le lycée pour suivre Angie en Allemagne, parce que s’il pouvait respirer sans ses parents, sans ses frères et sa sœur, exister sans Angela lui paraissait impossible. Et maintenant qu’elle n’était plus … Il se rendait compte qu’il pouvait vivre. Même si cette vie lui semblait tronquée, fade, qu’il y manquait la douceur de l’amour et le feu de la passion.

« Pour ce que cela vaut … Je suis heureux que vous ayez décidé de me faire confiance de la sorte. C’est juste que … Je n’ai plus trop l’habitude de ce qui se fait en société, je crois. Je sors peu, depuis la mort de ma femme, et je rencontre peu de personnes nouvelles en dehors de mon travail. »

Le refus de Barbara de prendre une commission sur son travail l’avait surpris, même s’il comprenait ses raisons quand elle les exprimait. Quelque part, il estimait que tout travail méritait salaire, et ne désirait pas abuser d’une gentillesse qu’il sentait débordante, émue par son histoire et prête à pardonner au monde entier, même à son mari tortionnaire. Sans doute que la jeune femme lui ressemblait, à aider les autres, et à force, à se perdre soi-même. C’était là le moindre de leurs défauts, à ces gens qui n’étaient pas en adéquation avec une société égoïste. Il leur arrivait de tendre trop la joue et de ne récolter que coups et insultes. Tant pis. Il s’agissait aussi d’une façon d’être, motivée par des sentiments profonds, propres à chacun. La bonté avait de multiples explications, mais n’était pas innée. Du moins, rarement. Chez Desi, il s’agissait davantage d’une révolte envers l’état du monde et d’une éthique de travail qu’il avait adopté. Chez Barbara, qu’était-ce ? Il ne le demanderait pas. En revanche, il avait une idée pour, peut-être, l’aider à avancer, à penser aux autres femmes dans son cas sans la brusquer.

« Et si nous échangions ? »

Avec un léger sourire, il avança :

« Je donne ma part à une association de lutte contre les violences faites aux femmes et vous, à celle que je prévoyais d’aider ? Je suis gynécologue. Personne ne s’en étonnera. Et cela pourra aider d’autres personnes qui … en ont besoin. Sans vous forcer à rendre publique votre histoire. »

Soudain moins sûr de lui, il conclut :

« A moins que cela ne vous mette mal à l’aise ? Je ne devrais peut-être pas insister … C’est juste que mon épouse aimait que chaque geste ait une symbolique … résonne avec nos histoires. C’est un moyen aussi de lui rendre hommage. C’était une cause qui lui tenait à cœur, également. »


Soucieux de détendre l’atmosphère, Desi ajouta tout à trac :

« Alors place à mon tiramisu ! C’est l’une des spécialités de ma mère … Et normalement, je le réussis à peu près … »

Déposant le gâteau sur la table, il en découpa deux parts, et en déposa une dans l’assiette de Barbara. Evidemment, le pauvre tiramisu était un peu écrasé, mais enfin, au-delà de cette présentation pitoyable, il demeurait tout à fait comestible. Quoique, il avait peut-être eu la main trop légère sur le beurre et la crème … Enfin, ce n’était pas non plus sec comme du mortier.
Fiche codée par Koschtiel



   
Love me like you do
La vie est belle et cruelle à la fois.©️Ely
Revenir en haut Aller en bas
Barbara RosaLe vin est un puissant lubrifiant social
avatar
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ciao-vecchio.com/t1889-barbara-rosa-la-femme-e http://www.ciao-vecchio.com/t2831-ceux-qui-sont-fait-pour-etre-ensemble-finissent-toujours-par-etre-reunit-babou#81810
ID : PiTOQUiNHA, Louise
Faceclaim : DAKOTA J. + ©PRINCESS + OTH quote
Je suis absent-e : jusqu'à la fin du mois
Multi-comptes : ANABELA LARANJEIRA
Messages : 1313 - Points : 2623

Âge : 30 ans
Métier : romancière
Sujet: Re: In memoriam (PV Barbara) ( le Mar 3 Avr - 3:35 )

In memoriam.

 






L'atmosphère est de plus en plus intimiste ou alors je me mets à en rêver. Le fait est que je suis captivée par les propos de Desi. C'est un homme charmant, doux, délicat, et je n'en ai pas rencontré depuis un moment, en fait, je pense même que je n'en ai jamais rencontré du tout. Je suis charmée évidemment comme toutes les femmes qu'il doit côtoyer. Nos discussions deviennent de plus en plus intime, nous parlons de ce que nous aimons faire, lui sauver des vies et moi écrire. J'aime taper sur le clavier de mon ordinateur afin d'écrire de belles histoires ou des drames survenus, d'où mon choix d'écrire des romans policiers, seulement, il m'aide à réaliser bons nombres de choses. Il semble être très réfléchi, il choisit toujours les bons mots, je bois ses paroles. Alors qu'il me parle sur un ton posé, je rougis. Ses propos sont touchants, personne ne m'avait dit de telles choses, je dois en convenir. Il est vrai que j'aide mes lecteurs à s'évader d'une certaine manière, ils peuvent oublier tous leurs soucis, simplement en lisant mon histoire. J'admets que lorsque je commence un roman, j'imagine toujours les scènes, les visages, mais surtout, je trouve une personne qui me colle à la peau, un personnage qui m'identifie, une personne avec lequel j'aime à penser que nous avons des points communs et ainsi, je vois tout à travers ses yeux. C'est magique dans un sens, je crois. Alors qu'il me demande ce que j'en pense, je me pince les lèvres et je sens que je rougis. Mes joues s'enflamment, je baisse le regard, gênée. Parler de ce que je fais n'arrive pas souvent. Il n'y a qu'un autre homme qui m'a aidé et qui m'aide toujours : Francesco Spinoza, que j'aime nommer Cesco. Nous sommes devenus amis, à vrai dire, j'ai aimé son humour, puis, sa chaleur et son besoin d'aider sans rien attendre en retour. De même que Desi, il analyse, il essaye d'apporter des solutions, ils veulent l'un comme l'autre m'aider à trouver le chemin afin que je trouve mes réponses. Certes, Desi me fait réaliser que j'ai un très beau métier et que j'apporte comme un nouveau souffle à mes lecteurs et Cesco, lui, fait tout pour que je trouve la motivation afin de me remettre à écrire. J'ai beaucoup de chance de connaître ses deux hommes qui m'aident à me relever, mais surtout à avancer. Lorsque la main de Desi frôle la mienne, un délicieux frisson parcourt mon échine et je rougis. Comment ne pas réaliser qu'il me plaît ? Je suis rouge depuis que je suis arrivée, heureusement, je peux prétendre que c'est à cause du vin. Il faut dire que je ne suis pas très grande et que je suis très fine, alors je pense que l'excuse du vin peut passer. En attendant, je me perds dans son regard alors que nous continuons de discuter. Étrangement, je me sens à l'aise à ses côtés, comme si je ne craignais rien en sa présence et cela n'est pas dû au fait qu'il soit médecin. Desi me captive, il me fait sourire, rougir, c'est un parfait gentleman, c'est l'homme dont toutes les femmes rêvent. Notre discussion prend encore de l'ampleur dans l'intimité, on se confie sans filet. Ce n'est pas que nous en avons besoin, c'est que l'on se découvre. Il m'avoue que depuis le décès de son épouse, il ne sort plus vraiment, c'est aussi mon cas. Je dois bien admettre que j'ai eu peur de venir ici chez lui, que j'ai douté, que je me suis dit que je n'étais tout bonnement pas prête, mais à présent, c'est une évidence : je devais venir pour le rencontrer, pour en apprendre davantage sur sa personne que j'affectionne déjà. Je ne sais pas pourquoi je me sens comme attirer par lui, je me sens confuse, je ne suis pas habituée à ressentir autant de choses à l'égard de qui que se soit, depuis lui. Je désire le rassurer alors que ma main veut se poser sur la sienne, mais je m'en rends compte et je la retire, m'empourprant évidemment, comme toujours. Alors que j'essaye de me ressaisir, j'évite son regard, du moins au début, avant de lui répondre. « Vous savez j'essaye de revivre depuis peu de temps. Je ne suis pas sortie à beaucoup d'endroits, mais j'ai des amis qui tiennent à moi et qui font tout pour me venir en aide. Ils m'aident à me relever, à revivre et j'admets que ça fait énormément de bien. Je me sens mieux, plus à ma place dans ce monde, alors que durant un temps, j'étais persuadée de ne pas être née à la bonne époque. » Je ne sais pas si cela le rassure alors que mes deux mains sont posées sur la table et que je le fixe toujours, ne pouvant dévier mon regard du sien. Soudain, il me demande si je désire qu'on échange. Je ne suis pas certaine de comprendre où il veut en venir alors qu'il continue. Ma bouche forme un « O » alors qu'il m'explique et que je percute. Il voudrait donner l'argent du roman à une association concernant la maltraitance envers les femmes et en échange, je donne pour l'association qui lui tient à cœur. Je ne sais pas quoi penser, quoi dire, je doute. Je fixe mes mains un instant, quand il reprend. J'esquisse un sourire, il est adorable, confus aussi, il a peur de me mettre mal à l'aise. Du coup, je me décide de parler, mais avant je me pince les lèvres. « Nous avons le temps d'en rediscuter. J'ai besoin de réfléchir si vous voulez bien. » Mon regard le scrute, Desi va forcément comprendre, d'ailleurs, il n'insiste pas. Je pousse un soupire, je suis soulagée alors qu'il me parle de son tiramisu. J'en ai longtemps fait, j'avoue que j'aime beaucoup faire des desserts ou plutôt j'aimais. J'esquisse un sourire en y repensant, mais surtout, je pense à Teddy mon fils, qui restait toujours à mes côtés me demandant en permanence si j'avais besoin d'aide. Ces souvenirs me font chaud au cœur, j'aimais indéfiniment mon petit garçon, mais il n'est plus là… Submergée par l'émotion, je le laisse faire. Son tiramisu me semble délicieux, il m'explique qu'il les réussit à peu près, mais je suis certaine que je vais aimer. « Merci, il semble vraiment délicieux. » C'est vrai. Alors une fois qu'il est de nouveau assis près à y goûter, je porte une première cuillère à ma bouche, il est divin. Je ferme les yeux quelques secondes, je profite du goût dans ma bouche, je suis conquise. « C'est vraiment très bon monsieur Caruso. » Mes prunelles scintillent, je me demande comment il a fait pour le réussir, c'est un sans-faute et cela depuis le début du repas.

CODE DE SOLSKEN SUR BAZZART.


Vivre l'instant présent.
Peu importe comment vous préparez l’avenir ou comment vous l’envisagez. La vie arrive parfois à vous surprendre en vous offrant exactement ce que vous attendiez ou la personne que vous attendez.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Sujet: Re: In memoriam (PV Barbara) ( le )
Revenir en haut Aller en bas
 
- In memoriam (PV Barbara) -
CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Bord de la Tyrrhénienne :: Santa Lucia :: Résidences
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Aller à la page : 1, 2  Suivant

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Bord de la Tyrrhénienne :: Santa Lucia :: Résidences