Revenir en haut
Aller en bas


 

- In memoriam (PV Barbara) -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Bord de la Tyrrhénienne :: Santa Lucia :: Résidences
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2
Desi CarusoLe vin est un puissant lubrifiant social
avatar
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ciao-vecchio.com/t2527-i-ll-heal-your-bodies-a http://www.ciao-vecchio.com/t2531-desi-caruso-i-wanna-be-alive-again-but-i-can-t-breathe-so-i-m-trying-to-help-others-people-to-live
ID : Aly
Faceclaim : Richard Madden
Multi-comptes : /
Messages : 138 - Points : 276
Âge : 32 ans
Métier : Gynécoloque-Obstétricien, responsable de l'antenne AIDES de Naples et membre du Planning Familial
Sujet: Re: In memoriam (PV Barbara) ( le Dim 22 Avr - 18:16 )



In memoriam
Desi et Barbara





Un rire s’échappa de la bouche de Desi, son incongru au milieu de ces confidences essentiellement douloureuses sur la mort, le deuil et la solitude. Pourtant, il n’avait pu empêcher cet élan de vie de franchir les parois de sa bouche et de résonner dans son salon trop grand lui et si parfait pour deux, pour lui et Barbara, pour leurs échanges délicats, précieux, qu’il craignit d’avoir brisé par cette vigueur inopportune et trop soudaine. Mais sans le vouloir, la jeune femme avait fait écho à la plupart des plaisanteries qu’il avait subi au cours de sa vie par ses frères, surtout par Giovanni, eu égard à ses goûts d’un autre âge, et même à son caractère et à son style de vie sur lequel beaucoup s’interrogeaient. Quel homme, de nos jours, faisait toute sa jeunesse avec une seule femme, et épousait son amour de lycée ? Il avait conscience d’être une exception, et la plupart de ses amis étudiants, lorsqu’il était à Berlin, s’étaient étonné de le voir déjà rangé, un peu trop adulte finalement. Avec le temps, son sérieux ne l’avait pas quitté, et alors qu’il était désormais veuf, il n’en profitait pas, n’avait pas cette fureur de vivre en lui. Ou plutôt si, mais différemment. L’alcool, les excès, les bars … Ce n’était pas vraiment ce qu’il aimait. Il en fréquentait, certes, mais pour ses activités associatives, et pas pour lui-même. De toute façon, comme c’était pour beaucoup des bars gays … Non pas que l’atmosphère ne soit pas plaisante, mais il ne risquait pas vraiment d’y trouver son compte, puisque les femmes présentes n’étaient pas vraiment là pour la gent masculine. Et de toute manière, il mettait un point d’honneur à rester professionnel, y compris lorsqu’au petit matin, les membres de l’association rangeaient leur matériel et partaient eux aussi avec une conquête. Dans ces cas-là, souvent, il souriait et disait au dernier de le laisser faire et de profiter de sa matinée en bonne compagnie. Comme certains avaient l’habitude de dire, avoir un médecin hétérosexuel dans les rangs, ça n’avait que des avantages !

« Pardonnez-moi, c’est juste que l’un de mes frères a coutume de dire que mes goûts ont deux siècles de retard et que je dois être la réincarnation d’un ancêtre du dix-neuvième siècle … »

Explicitant, il déclara :

« Je n’aime presque que la musique classique et le jazz, j’adore lire et ne rien faire d’autre, j’ai horreur des réseaux sociaux en tout genre, j’ai épousé ma petite-amie du lycée … Jeune, on me disait que j’étais déjà vieux. »

Lui-même ne voyait pas le problème, et se riait de cette perception. Certes, il était un peu … old-school, dans ses choix, mais c’était ainsi. Peut-être aurait-il pu ajouter sa galanterie d’un autre âge, sa difficulté à ne chercher que des sentiments réels, à l’heure des rencontres faciles … Par bien des aspects, Desi était quelque peu décalé, dans son époque, et en même temps, résolument moderne. Militant féministe, progressiste, LGBT, il avait des idées qui correspondaient, elles, aux possibilités de son temps. Ses passe-temps ne représentaient finalement qu’une partie de sa personnalité. Et puis, un italien qui ne frissonnait pas devant un opéra de Verdi n’était pas vraiment italien, pardi !

« En tout cas … Il est rassurant de savoir que vous avez des amis proches qui prennent soin de vous. Ma famille a été très présente de mon côté, et sans eux, j’aurai eu beaucoup de mal à surmonter le deuil. »

Le clan Caruso demeurait soudé à travers les années. Bien sûr, ils avaient tous leur jardin secret : Mia avait ses petits-amis passagers dont il ne savait que peu de choses, Giovanni sa vie amoureuse tumultueuse que Desi suivait de loin, Giuseppe … Bref. Et lui-même gardait sa mélancolie pour lui, ainsi que les secrets des autres. Cela ne les empêchait pas de se soutenir quand le besoin s’en faisait sentir, bien entendu. Et puis, de son côté, il y avait le travail, le bénévolat, qui lui apportaient énormément. Sans doute était-ce pour cela qu’il y tenait énormément, même s’il comprenait les réticences de Barbara. Il n’allait pas la forcer, et se contenta donc de finir son dessert, flatté par ses compliments.

« Je vous remercie, je constate donc avoir fait honneur aux recettes de ma mère. C’est elle qui m’a tout appris, honnêtement. Et comme j’ai toujours été celui qui cuisinait, après … J’ai dû finir par faire quelques progrès. Même si je suis meilleur pour les plats que les desserts, hélas. Et horrible pour la présentation, mais ça, vous l’avez déjà remarqué. »

Histoire de faire la conversation, il ajouta :

« Nous avons parlé de mes passe-temps mais … Et les vôtres ? Hormis écrire, bien sûr. »
Fiche codée par Koschtiel



   
Love me like you do
La vie est belle et cruelle à la fois.©️Ely
Revenir en haut Aller en bas
Barbara RosaLe vin est un puissant lubrifiant social
avatar
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ciao-vecchio.com/t1889-barbara-rosa-la-femme-e http://www.ciao-vecchio.com/t2831-ceux-qui-sont-fait-pour-etre-ensemble-finissent-toujours-par-etre-reunit-babou#81810
ID : PiTOQUiNHA, Louise
Faceclaim : DAKOTA J. + ©PRINCESS + OTH quote
Je suis absent-e : jusqu'à la fin du mois
Multi-comptes : ANABELA LARANJEIRA
Messages : 1313 - Points : 2623

Âge : 30 ans
Métier : romancière
Sujet: Re: In memoriam (PV Barbara) ( le Mar 1 Mai - 18:15 )
La soirée se passe bien et cela me rassure. J'avais des craintes avant de venir, mais à présent je respire. Je me sens proche de Desi lorsque je l'écoute. Perdre un époux ou une épouse est une épreuve réellement difficile. C'est comme perdre la moitié de soi, du moins, c'était ce que j'avais ressenti. J'aimais Henri. J'ai toujours pensé qu'il était l'homme de ma vie, même lors de nos périodes de froid. Je lui pardonnais beaucoup de choses, mais je ne lui ai jamais pardonné la façon dont il a parlé à notre fils lorsqu'il était arrivé à la maison et qu'il avait constaté que nous allions partir, Teddy et moi. C'est à cet instant que j'ai compris qu'il fallait que tout cesse, seulement, étant de nouveau enceinte, je me sentais comme piéger. La suite a été rude, l'hôpital, mentir aux médecins, à la police, alors qu'ils savaient tous que je n'avais pas eu un accident domestique. Je ne me souviens plus si je leur ai affirmé être tombé dans les escaliers, ou je ne sais pas quoi encore. J'avais menti, et même si je me suis toujours dit que je ne regretterais jamais rien, parce qu'on ne peut pas revenir en arrière, je regrette ce moment. J'aurais dû tout dire, tout dévoiler et j'aurais peut-être encore mon Teddy. À force de ruminer, on a tendance à regarder en arrière. C'est ce que j'ai fait durant ses deux dernières années, mais j'ai décidé qu'il fallait que j'avance. Non seulement pour moi, mais aussi pour Teddy. Je ne sais pas si un jour j'arriverais à pardonner à Henri, parfois je me dis que j'en serais capable, puis d'autres fois, malgré les années, je ressens de nouveau cette haine qui m'assaillait lorsque nous étions tous deux et qu'il m'insultait et me menaçait. Personne ne peut comprendre sauf, si on a vécu quelque chose de similaire. Sa mère m'a longtemps dit qu'elle était navrée, puis au début elle osait même me dire que c'était sans doute parce qu'il m'aimait comme un fou. Qu'il ne supportait pas qu'on puisse m'approcher de trop près parce que j'étais sa vie, son souffle, son amour. J'avoue que j'y ai longtemps pensé, encore aujourd'hui cela m'arrive, mais la conclusion reste la même : on ne peut pas agir de cette façon avec la personne que l'on aime. On ne peut ni la frapper, ni la violer si on l'aime véritablement. Avec le temps, j'ai réussi a accepté le fait que j'étais tombée amoureuse d'un homme que je ne connaissais pas dans le fond, qui avait deux visages, l'un que j'aimais plus que ma propre vie et l'autre que je haïssais plus que quiconque au monde. Mais Henri n'est plus, Henri est parti en prenant avec lui Teddy, mon petit garçon que je n'aurais jamais la chance de voir grandir un jour. Est-ce que je lui en veux toujours, même si ce n'est pas lui le fautif ? Oui. Est-ce que je lui en voudrais toujours ? Je ne sais plus. Je ne crois plus en grand-chose à présent, étant plutôt fâché avec Dieu, parce que je ne comprends pas pourquoi il a pris mon fils, et même avec ses deux années passées, je ne comprends toujours pas. Je n'en veux pas à la Terre entière, je ne décharge pas ma colère contre qui que ce soit, je n'ai jamais eu un fond méchant, même si j'ai été soulagé lorsque j'ai appris le décès d'Henri. Cela a été comme un poids qu'on ôtait de mes épaules, comme si on avait ouvert la porte d'une cage à oiseaux pour qu'ils soient libres. Un mince sourire s'inscrit sur mon visage, alors que mon regard fixe un point au-delà de tout. Cette soirée est agréable, mais malgré tout cela fait remonter de vieux souvenirs. Je ne souffre plus lorsque je pense à mon fils, aux instants que nous avons passé ensemble. Au contraire, je souris. C'est de bons moments, de merveilleux moments, des moments où je ne peux pas me permettre d'être malheureuse parce que nous étions heureux. Cette nouvelle vision des choses n'aide à avancer, j'ai presque la sensation d'être de nouveau au même rythme que le reste du monde alors que durant longtemps, j'avais eu la sensation d'être sur pause alors que les autres continuaient à avancer et aujourd'hui, ce n'est plus le cas, ou presque. Je reviens à moi lorsque j'entends le rire de Desi. Il est semblable à une douce mélodie, il me fait chaud au cœur. Cet homme mérite de rire davantage, il mérite d'être de nouveau heureux, même si cela prendra du temps. J'espère seulement pour lui qu'un jour, il se permettra d'avancer de nouveau sans se sentir coupable. Personne ne mérite de vivre et de ressentir une telle souffrance, semblable à la sienne ou encore semble à la mienne.
Je souris à Desi alors qu'il m'explique que ses proches pensent qu'il est la réincarnation d'un ancêtre de leur famille datant du dix-neuvième siècle. D'ailleurs, je me surprends moi-même à rire alors que je le regarde toujours. Desi est beau ainsi, un sourire flanqué sur le visage. J'ai presque envie de le lui dire, mais je ne me le permets pas, après tout, nous nous voyons pour la seconde fois seulement. Avant que je ne puisse ouvrir la bouche, il reprend. Mon regard scintille à mesure que je l'écoute, j'ai la sensation que nous avons pas mal de choses en commun. Cela me réjouit d'avoir autant de similitudes avec cet homme. Mon sourire s'étend davantage alors qu'il me dit que son épouse a été son amoureuse de lycée, encore une fois ce détail fait écho à mon passé puisque cela a été mon cas avec Henri. Nous étions heureux et amoureux. À cette époque, on pensait que notre amour pouvait survivre à tout, seulement, ça n'a pas été le cas. C'est mélancolique que je souris toujours à Desi, avant de prendre la parole. « Je comprends votre ressenti. J'ai vécu la même chose avant de le perdre. » Je suis émue, j'essuie rapidement une larme. « Je n'ai connu qu'un homme dans ma vie. Mon entourage me disait que je ne pouvais pas rester avec mon amour de lycée. » Bien sûr, je n'ai pas toujours été heureuse, mais je ne désire que me remémorer les bons moments à présent. J'écoute Desi alors qu'il m'annonce qu'il a eu le soutien des siens, de sa famille. Ils semblent souder, je trouve ça beau. Une famille est synonyme de soutien à mes yeux. Je n'ai pas eu la chance d'avoir des frères et sœurs, mais j'ai toujours eu des parents aimants et présents, malgré leur planning chargé. Ils sont immédiatement venus lorsqu'ils ont appris les décès d'Henri et Teddy. Ils m'ont soutenu, ils m'ont permis de ne pas sombrer et je ne les remercierais jamais assez. Je suis revenue à Naples avec eux, me faisant de nouveaux amis, des amis aimants qui m'ont tendu la main sans attendre quoi que ce soit de ma part, puis j'ai également retrouvé des amis qui eux aussi ont pris soin de moi et qui le font encore. « Lorsqu'on est proche des siens, cela nous insuffle une force si puissante qui nous permet d'avancer de nouveau, qui nous permet d'accomplir de nouvelles choses, des choses qui font qu'avec le temps nous sourions de nouveau. » Je me sens chanceuse un peu plus chaque jour lorsque je pense à toutes ses personnes qui m'ont tendu la main et qui le font encore. Je repense soudainement à l'argent du roman, lorsqu'il sera publié, et pour l'instant je me sens incapable de donner ma part à une association concernant les femmes battues. Je ne veux pas parler de cet aspect de ma vie, je ne veux pas que quiconque fasse le parallèle et qu'on comprenne que l'on m'a violenté parce que cela a été bien trop loin, bien au-delà que l'on peut supporter. Alors, je ne dis plus rien, profitant du délicieux dessert. Ce dîner a été parfait, je n'ai pas aussi bien mangé depuis un moment. « C'était vraiment délicieux, merci encore monsieur Caruso. » Je lui souris et puis je m'empourpre. « Je suis meilleure pour les desserts, c'est sans doute parce que je suis une grande gourmande. » Ce qui est vrai, le grignotage est mon meilleur ami. Quand Desi me demande mes passe-temps, j'admets que je suis prise au dépourvu. Je réfléchis un instant, cela se remarque à la ridule qui s'inscrit mon front. « Hum... » Que dire ? Je ne sais pas vraiment comment commencer. « Et bien, j'aime peindre, j'aime dessiner aussi, puis j'adore regarder des séries en DVD, pas sur l'internet. Je lis pas mal de romans policiers, j'adore ça. Sinon, je suis gourmande, le chocolat est mon meilleur ami depuis toujours. J'aime la tranquillité, m'allonger sur l'herbe en lisant un livre ou en écoutant de la musique. Je suis assez silencieuse. J'aime écouter la nature, sentir l'herbe me chatouiller les pieds, sentir le vent dans mes cheveux, ce genre de choses. » Je hausse les épaules, rougissant davantage. « Ce que je préfère, c'est scruté la nuit et regarder le soleil se lever. C'est sans doute idiot, mais la tranquillité, le silence, permettent de vivre des instants magiques. » Mes prunelles scintillent alors qu'un ravissant sourire se dévoile sur mon visage de poupon.
Revenir en haut Aller en bas
 
- In memoriam (PV Barbara) -
CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Bord de la Tyrrhénienne :: Santa Lucia :: Résidences
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Aller à la page : Précédent  1, 2

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Bord de la Tyrrhénienne :: Santa Lucia :: Résidences