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CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Bord de la Tyrrhénienne :: Santa Lucia :: Résidences
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Sujet: Help ! ( le Lun 19 Fév 2018 - 5:41 )
Stella revenait de faire quelques courses au coeur de Naples alors qu’elle laisse Heidi chez une amie avant de retourner à la maison. Elle avait écrit à Ditlev un peu plus tôt lui annonçant qu’elle quittait deux semaines pour Londres le lendemain, avec Heidi. Sa fille avait effectivement des vues une université là-bas et désirait aller la visiter, sachant que la période d’inscription approchait. Et puis ni elle ni Stella n’avait déjà quitté l’Italie avant. C’était l’excuse parfaite pour prendre le temps de voyager un peu et découvrir cette ville. Elle avait réussi à se faire remplacer au travail et Heidi ferait quelques leçons et travaux à distance. Et elle sentait qu’elle avait besoin de prendre ses distances avec Ditlev. Il n’avait pas été capable de lui donner une réponse claire concernant la grossesse et le futur de leur relation. Ils venaient d’ailleurs de se disputer à distance quand elle avait rangé son téléphone dans son sac, fatiguée et tannée par la situation.

Elle se gare devant chez et sort pour aller chercher les sacs dans sa valise, quand elle ressent une vive crampe au bas-ventre, semblable à celle ressentie plus tôt cette semaine au restaurant. Comme un coup de poignard, une point qui la force à lâcher un sac par terre, quelques fruits roulant par terre. Ça semble passer alors qu’elle ramasse ses affaires et rentre chez elle. Puis alors qu’elle enlève son manteau, elle ressent la même douleur à nouveau et une sensation étrange. Inquiète, elle se rend à la salle de bains et trouve des traces de sang dans ses sous-vêtements. Elle pense tout de suite qu’elle fait une fausse couche, chose qui arrive souvent dans le premier trimestre. Son coeur bat à toute allure alors qu’elle prend son téléphone posé près de l’évier. Elle commence à écrire un message à Ditlev, mais l’efface aussitôt. Stella ne veut pas le déranger et surtout elle ne veut pas commencer à l’impliquer s’il est pour être finalement absent. Elle sait qu’elle est injuste avec lui, mais Stella a de la misère à contrôler ce qu’elle ressent. Cette colère, jalousie, peur de l’abandon...Ça prend le dessus tout le temps. Puis elle pense à son voisin, Desi. Il est un médecin spécialiste, gynécologue. Elle remonte ses pantalons et décide de prendre une chance et d’aller cogner à sa porte. Elle ne prend même pas la peine de remettre son manteau alors qu’elle sort, barrant sa porte, avant de marcher rapidement à la maison à côté. Elle sonne deux fois avant de cogner 3 coups. C’est un peu exagéré, mais elle est tellement stressée et tendue qu’elle ne peut s’en empêcher. Il arrive finalement et lui ouvrir la porte, intrigué de la trouver là. Salut Desi...écoute je suis désolée de te déranger, mais je ne savais pas où aller, qui appeler...Elle pose sa main sur le cadre de porte, y trouvant appui avant de porter son autre main à son ventre, se pliant en deux, assaillie par une autre crampe. Je...je crois que je suis en train de faire une fausse couche. Elle n’en dit pas plus pour l’instant, sur l’état de la grossesse et les circonstances. Elle espère seulement que ce n’est pas ce qui est en train de se produire, même si cela rendrait les choses bien plus simples...
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Sujet: Re: Help ! ( le Lun 19 Fév 2018 - 19:05 )



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Desi et Stella





Pour une fois, Desi était de retour chez lui à une heure décente. Aucune de ses opérations du jour n’avait connu de complication, ses deux IVG programmées et son accouchement avaient été des modèles d’efficacité, même s’il savait pertinemment que seule la troisième chirurgie représentait un danger quelconque. Contrairement à ce que certains s’obstinaient à croire, les risques pour un avortement était extrêmement faible, le taux de complication était en vérité l’un des plus bas au niveau hospitalier. Tant que l’aspiration était réalisée dans de bonnes conditions … Il savait ces journées si particulières riches en émotions, mais sur le plan médical … Il était à peu près certain de rentrer rapidement dans ses pénates. Au fond, il s’agissait davantage d’être présent, attentif et doux envers ses patientes, rien de plus. Leurs raisons les regardaient. Il avait juste à … être là, et ne pas les juger. Il faisait son métier et voilà tout. Parfois un sourire le récompensait. De temps en temps, des pleurs, et dans ces cas-là, il offrait quelques mots de réconfort, proposait de prévenir un collègue psychologue en qui il avait toute confiance. Ses moyens étaient limités face à la douleur, peu importe ce qui pouvait la provoquer.

Il était donc revenu tôt, et après une bonne douche, il se trouvait frais et dispos, prêt à profiter de sa soirée. Avachi dans son canapé noir, le dernier numéro du bulletin médical européen en main, il parcourait les pages dédiées aux essais thérapeutiques avec intérêt, notant plusieurs résultats encourageant dans le traitement de certains cancers, et regrettant une fois encore le peu de moyens alloués à sa spécialité en terme de recherche, puisqu’un texte d’un collectif de gynécologues anglais en faisaient état. Desi ne pouvait pas leur donner tort : les fonds européens étaient souvent versés à des champs médicaux plus en vogue, comme tout ce qui touchait à la cardio ou aux thérapies géniques. La santé des femmes n’intéressait pas grand monde, manifestement. Enfin, il y avait plus mal loti que lui. La pédopsychiatrie pouvait compter ses fonds sur les doigts d’une main. Cela ne l’empêchait pas de maugréer dans sa barbe alors qu’il s’attaquait à l’article traitant des hépatites. Autant dire que là aussi, il y avait du travail ! Cependant, ce que disait le médecin interrogé était intéressant, et pouvait servir pour la prochaine réunion d’AIDES. Il posa donc le feuillet pour aller chercher un stylo et un calepin dans son bureau et commença à prendre des notes rapidement, esquissant déjà quelques thèmes d’une présentation rapide. Il pourrait peut-être demander à un confrère en infectiologie de passer pour avoir une perspective plus centré sur l’Italie et Naples en particulier. C’était là tout le problème de Desi : même au repos chez lui, il arrivait à penser à ses diverses activités, incapable de prendre un peu de temps pour lui. Depuis la mort d’Angela, il avait ce besoin omniprésent, presque pathologie d’occuper son temps. Il en était là de ses réflexions quand il entendit sonner à sa porte, puis cogner vigoureusement. Intrigué, il abandonna calepin, stylo et bulletin pour ouvrir, tombant nez-à-nez avec Stella, sa voisine qui avait l’air complètement paniquée, se cramponnant à son ventre manifestement douloureux.

« Pas de problème Stella … Qu’est-ce que je peux faire pour toi ? »

Inquiet, il s’approcha en la voyant pantelante, et comprit rapidement où était le problème quand elle mentionna une fausse couche, ce qui expliquait aussi pourquoi elle se trouvait sur le pas de sa porte. Passant doucement son bras autour de ses épaules, il hocha la tête :

« Viens. »

Doucement, il la mena jusqu’au canapé :

« Allonge-toi, je reviens. Essaye de te détendre, souffle profondément. »

Se dirigeant à grandes enjambées jusqu’à son bureau, il attrapa rapidement son stéthoscope et sa trousse de soins d’urgence avant de revenir et de s’agenouiller devant le canapé et la parturiente. Tandis qu’il prenait sa tension et sa température, il demanda :

« Tu es enceinte de combien, environ, si tu es capable de me le dire ? La douleur s’est déclenchée à quel moment et depuis quand ? Est-ce que ça ressemble à des contractions, ou à quelque chose que tu as pu ressentir pendant ta première grossesse ? Est-ce qu’il y a eu des complications durant cette dernière ? »

Avant d’ajouter :

« S’il y a un risque, je vais devoir t’examiner. Si tu n’es pas à l’aise, je peux te donner un décontractant préventif et t’emmener à l’hôpital. Sinon … J'ai un échographe portable. Je serais fixé en t'examinant. Et j’ai de quoi arrêter les contractions avec moi pour un temps suffisant avant de faire quoi que ce soit d’autre au besoin. »

Il n’était pas question de lui infliger quelque chose qu’elle ne désirait pas. Même s’il n’aimait guère donner des médicaments avant d’avoir un diagnostic, car le risque de se tromper n’était pas nul, il partait du principe qu’augmenter le niveau de stress d’une personne en lui imposant une manipulation non désirée pouvait tout autant accélérer un processus délétère.



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Sujet: Re: Help ! ( le Jeu 22 Fév 2018 - 4:55 )
Stella se laisse guider à l’intérieur, le bras de Desi entourant ses épaules, essayant de la soutenir du mieux qu’il pouvait. Elle prend place sur le canapé, s’y allongeant, une main toujours sur son ventre. Ses jeans étaient maintenant tâchés au niveau de son entre-jambe, et elle espérait ne pas faire de dégât. Après tout ce n’était pas chez elle, et elle s’imposait un peu. Sa tête était accôtée sur un coussin,lui permettant d’être un angle un peu plus confortable. Assez pour essayer de se détendre et de respirer normalement, malgré les crampes qui venaient et quittaient. Desi revint rapidement avec son équipement médical et une trousse. Il avait définitivement tout chez lui pour s’occuper d’elle, ou du moins faire une évaluation rapide et voir quel était le problème. Non, avec Heidi tout a été hyper simple...Je n’ai eu auc- ouch...Elle prend une pause, fermant les yeux avant de souffler. Aucune complication. En même temps j’étais très jeune. 17 ans. Peut-être que ça a aidé? Mais là c’est la deuxième fois que je ressens ces crampes et les saignements...Elle baisse son regard vers ses pantalons, légèrement maculés. Vaudrait peut-être mieux mettre une serviette. Elle rougit, un peu gênée. Je suis enceinte de 2 mois.environ. Je n’ai pas encore eu de rendez-vous ou suivi médical avec un médecin. Je...J’attends d’être certaine de le garder. Elle lève les yeux en l’air, retenant ses larmes, se remémorant la réaction de Ditlev quand il avait appris pour la grossesse. Stella n’était d’ailleurs toujours pas certaine à100% que c’était ce qu’il voulait. Ça...Oui ça ressemble un peu à des contractions. Je sens que je suis en train de le perdre Desi. Elle laisse une larme filer sur sa joue alors attrape sa main et la serre. Elle secoue sa tête de gauche à droite. Aide-moi. Fais tout ce que tu veux, j’y consens. Elle plonge son regard dans le sien, ajoutant à l’intensité de ses mots. Il la regarde un moment avant d’acquiescer et de repartir, à la recherche de son échographe. Stella profite de son absence pour sortir son téléphone de sa poche, envoyant un message SMS, pour l’avertir de la situation et lui demander s’il peut aller reconduire Heidi à l’aéroport à sa place. Desi refait surface quelquesminutes plus tard, avec une machine portable en main. Elle ne peut s’empêcher de sourire un peu. Dis donc, as-tu une clinique privée chez toi? T’es presqu’aussi bien équipé que l’hôpital. Il s’installe à ses côtés,met les fils aux bonnes places et sort tout ce dont il a besoin. Habituée avec sa première grossesse, elle lève automatiquement son chandail,sans qu’il n,ait besoin de lui demander, dévoilant ainsi son petit ventre, couleur de lait. Veux-tu que je descende un peu mes pantalons ou ça te va comme ça? Avec une douceur et délicatesse, il met un peu de gel sur sa peau avant de placer la sonde sur son bas-ventre, afin de voir l’utérus. De la façon dont elle est placée, elle voit plus moins l’écran, mais de toute façon, elle serait incapable de tirer une conclusion rien qu’en regardant les images. Son coeur battait de plus en plus vite alors que Desi déplacait la sonde de gauche à droite, descendant même un peu plus bas. Alors? Qu’est-ce qui se passe Desi? Son ton est inquiet, d’autres larmes menaçant de couler à tout moment. Le téléphone de Stella vibre au même moment, probablement Ditlev qui lui répond. Mais là, elle est captivée, en attente d’une réponse du médecin. Un diagnostic. Que se passe-t-il avec son bébé?
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Sujet: Re: Help ! ( le Jeu 22 Fév 2018 - 19:37 )



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Desi et Stella





« C’était quand la première fois ? »

Desi écoutait sa voisine tenter de lui expliquer son ressenti. Bien sûr, rien ne remplaçait l’inspection des symptômes par l’expert, mais il avait appris au cours de sa carrière à ne jamais remettre en cause et à s’appuyer sur ce que ses patientes lui indiquaient. Il ne minimisait pas leur douleur, attentif à la prise en compte de ce qu’elles traversaient, ayant compris que certains diagnostics pouvaient totalement oublier un élément important en n’introduisant pas dans l’équation de soins les déclarations des femmes qu’il avait à sa charge. Hochant la tête à sa remarque, il se dirigea vers la salle de bain et en ressortit une serviette de bain qu’il cala sous la jeune femme. Au pire, il ferait décaper son canapé par un spécialiste. Il y avait plus important à cet instant précis, à savoir Stella. Soucieux de la voir paniquer de la sorte, le gynécologue plaça une main qui se voulait réconfortante sur son épaule avant de plonger son regard bleu dans le sien :

« Du calme, Stella, ne t’inquiète pas. Parfois, ce genre de douleurs ou de saignements est tout à fait bénin en début de grossesse. Je vais m’en assurer, d’accord ? »

Il sentit la main de la trentenaire se refermer sur la sienne, et ému comme toujours par cette détresse féminine qui s’exprimait, par cette faiblesse soudaine dont il était le dépositaire, le médecin serra brièvement les doigts fins entre les siens, caressant délicatement les cheveux en sueur de la malheureuse, essayant de transmettre par ses gestes toute la chaleur humaine qu’il pouvait lui prodiguer. Désormais plus calme, il put la laisser seule pour aller chercher ses affaires afin de pratiquer l’échographie. Une fois l’ensemble de son matériel installé et dûment positionné, il enduisit le bas-ventre de la jeune femme de gel et sourit à sa remarque sur la profusion des moyens à sa disposition :

« C’est le matériel que j’utilise pour les consultations mobiles du Planning et d’Aides. Une fois par mois, on essaye de se rendre dans des zones un peu excentrées pour faire des consultations et de la prévention, voir des tests d’orientation diagnostique … Des dépistages rapides du VIH, si tu préfères. On a remarqué que les gens viennent plus facilement à nous quand on combine une offre de gynéco/obstétrique avec de la prévention des IST. Et ça permet d’offrir un suivi à des femmes qui ne se rendent pas à l’hôpital parce qu’elles n’en ont pas les moyens … ou parce qu’elles estiment ne pas pouvoir y entrer sans risque. »

Evidemment, les femmes en situation irrégulière étaient son cœur de cible, même si certains villages un peu reculés pouvaient constituer un vivier de consultations non négligeables. Dans tous les cas, depuis la mise en place de cette offre mobile, ils avaient réussi à toucher des populations plus variées que dans les locaux associatifs et Desi s’en félicitait. Les progrès en matière de dépistage étaient considérables, et rien que le mois précédent, il avait pu orienter vers un collègue trois hommes et une femme séropositifs, tout en ayant pris à temps la grossesse de cette dernière, afin d’éviter autant que possible une transmission de la mère à l’enfant. Par conséquent, il appréciait beaucoup de pouvoir avoir ce matériel à sa disposition, qui avait considérablement facilité ses consultations, puisque certaines femmes refusaient un réel examen gynécologique. Tout en se concentrant sur l’image qui apparaissait sur le mini-écran de l’échographe, l’obstétricien ajouta :

« Tu sais … Tu pouvais venir me voir pour une consultation. Je sais que ce n’est pas forcément facile mais c’est toujours important d’avoir un suivi … Y compris pour déterminer précisément ton aménorrhée pour calculer les délais si tu ne désires pas le garder. Ou simplement pour vérifier qu’il n’y a pas de grossesse extra-utérine, te donner toutes les informations que tu désires …

Dans tous les cas, je te recommande de prendre rendez-vous avec un gynécologue après. Je peux te donner plusieurs noms de collègues … ou je peux assurer moi-même ton suivi. Et répondre à toutes tes questions, si tu en as, et si tu désires un éclairage pour faire le choix qui convient le mieux à ta situation et ton ressenti personnel. »

Il n’y avait pas de mauvais choix. Il y avait juste une décision faite par une femme à un moment de son existence, et Desi se battait pour que chacune puisse avoir la vie qu’elle désirait. A son sens, cela faisait autant partie de l’éthique médicale que de sauver des vies … Parce qu’en essence, il s’agissait précisément de sauver une vie : celle de la femme enceinte. Il savait parfaitement que beaucoup étaient en désaccord avec ce principe qui guidait l’ensemble de son engagement. Il n’en avait cure. Ce qu’il désirait, c’était simplement que tout se passe au mieux, dans tous les cas de figure. Lentement, il passait l’échographe sur les trompes de Fallope, très attentif à tout vérifier avant de répondre à Stella :

« Là, je vérifie qu’il n’y ait pas de grossesse extra-utérine, justement.  C’est la complication la plus grave en cas de début de grossesse. »

Avec un sourire qui se voulait rassurant, il ajouta :

« Mais ça ne semble pas être le cas. Voyons le reste. »


Pendant plusieurs minutes, il ne commenta pas davantage, la petitesse de l’écran le forçant à être d’une minutie redoublée pour ne rien louper. Au fur et à mesure qu’il progressait et changeait d’angle, le diagnostic se dessinait, mais il tenait à être absolument certain. Il finit par lever l’embout plein de gel et reprit :

« Parfois, il arrive que l’implantation de l’embryon soit fragilisée, ce qui provoque une tension du système utérin et des spasmes qui ressemblent à des contractions, car le corps détecte un risque de fausse couche et s’y prépare … »

Toute la difficulté, en étant médecin, consistait en réalité à passer du langage technique à quelque chose de compréhensible pour transmettre correctement l’information à son patient ou sa patiente sans créer de panique. Desi avait conscience de l’enjeu, et tenta donc de trouver des formules plus adaptées.

« Pour faire simple, ce qui est en train de se passer, c’est que ton corps te prévient que tu risques de faire une fausse couche, car l’embryon n’est plus accroché, entre guillemet, aussi solidement qu’il le devrait.

Mais l’échographie montre qu’il n’y a pas de ... mort intra-utérine, et qu’il n’y a pas de rupture. Je détecte également une activité organique, donc a priori, il n’y a pas d’arrêt de son développement.

Ton corps t’a envoyé un message d’alerte, en quelque sorte. Et comme tu l’as écouté, ce qui n’est pas forcément courant, je vais pouvoir essayer d’intervenir. »


Heureusement que Stella avait eu la présence d’esprit de venir le voir.

« Ma priorité va être d’éviter une hémorragie. Je vais te donner des antispasmodiques pour arrêter le phénomène de contraction et je vais rajouter quelques coagulants pour limiter ton flux. Tu n’as pas de contre-indications médicales particulières dont je devrais être au courant ? »

Histoire d’éviter une bévue.

« Et tu vas rester allongée sans bouger au minimum jusqu’à demain matin. Je peux prévenir quelqu’un si tu le désires … Ta fille par exemple ?

Et si les saignements s’accentuent, par contre, j’appellerais une ambulance. Mais je ne crois pas que nous en arrivions là. »



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Sujet: Re: Help ! ( le Sam 24 Fév 2018 - 20:24 )
Finalement allongée sur le canapé, elle se sent en pleine confiance et sécurité, sa santé entre les mains de Desi. Que ce soit par une simple caresse dans ses cheveux, ou son regard doux et confiant, Stella sait qu’elle a bien fait de venir cogner à la porte de son voisin. Il la laisse d’ailleurs quelques instants pour aller chercher une serviette afin qu’elle ne fasse pas trop de dégâts sur son canapé. Il est attentioné et elle se doute bien qu’il est ainsi avec toutes ses patientes. Le soir de la St-Valentin, donc le 14 février. Je...je venais de me disputer avec...Comment parler de Ditlev? Comment lui expliquer qui il était pour elle, autant dans son passé que son présent, alors que son mari venait tout juste de mourir? Il n’était pas là pour la juger, mais Stella se sentait gênée d’en discuter. Enfin, peu importe avec qui. Et j’ai soudainement ressenti une vive douleur au bas-ventre. Mais sans saignements. Ça a passé plutôt rapidement. Et puis là, 3 jours plus tard, ça recommence. Et cette fois-ci, comme tu peux voir, il y a eu des pertes. Elle baisse son regard vers son entre-jambe, horrifiée à l’idée qu’elle pourrait être en train de le perdre. Elle le relève rapidement, préférant observer Desi qui installe l’échographe.

Stella soulève son chandail afin qu’il ait accès à la région de son bas-ventre. Une fois le gel appliqué, il déplace la sonde tranquillement, prenant son temps, son regard passant du ventre de la jeune femme au petit écran. Il sait ce qu’il fait et ça la rassure, bien qu’il mette un peu de temps avant de dire quoi que ce soit. Alors? Ne peut-elle s’empêcher de demander, sans lui mettre la pression. C’est surtout le ton d’une mère inquiète. Et non pas celle d’une patiente frustrée. Il lui sourit quand il confirme que ce n’est pas une grossesse ectopique. Elle sait plus ou moins ce que c’est, mais en sait assez pour savoir que ce n’est pas bon signe. Que c’est ce qu’on veut éviter le plus en début de grossesse. Ça lui permet donc de souffler un peu alors qu’il descend légèrement la sonde. Les doigts de Stella sont enfoncés dans le tissu du canapé, angoissée. Voulant se changer les idées et détendre l’ambiance, elle rebondit sur ce que Desi lui a dit plus tôt. C’est vraiment extra comme projet Desi...J’ai la chance de ne pas avoir eu besoin souvent de soins de santé et quand c’était le cas, j’avais l’argent ou le soutien nécessaire. Et puis aujourd’hui, je débarque simplement chez toi et voilà. Et c’est bien de voir des médecins et surtout des hommes impliqués dans la cause des femmes. Surtout en ce qui concerne le droit à l’avortement ou simplement leur santé sexuelle. Elle lui sourit légèrement alors qu’il l’écoute, tout en restant concentré sur ce qu’il fait. Je crois que je n’étais pas encore prête à...à en parler. Tout a changé si rapidement récemment tu sais. Avec la mort de Zaccheo et maintenant cette grossesse. Elle évite volontairement le sujet Ditlev, laissant presque croire qu’elle porte l’enfant de son ex-mari. Mais mon choix est fait. Je veux le garder. À tout prix. Une larme coule sur sa joue, rapidement essuyée avec la manche de son pull. Si ça ne te dérange pas, j’aimerais bien que tu assures le suivi. Je te fais confiance et en plus ça aide qu’on habite à côté. Ça me rassurerait en tout cas. Enfin, si tu n’as pas de problème à le faire. Je ne sais pas si on est trop ‘proche’ pour que ça nuise à la relation patient/médecin? Stella ne s’y connait pas trop et préfère ne pas lui imposer quelque chose avec lequel il ne serait pas à l’aise. Sinon je prendrai tes recommandations avec plaisir.

Quelques minutes de silence passent alors qu’il arrête la sonde à un endroit précis. Est-ce que c’est le bébé? Tu le vois? Elle s’agite un peu, essayant d’avoir une meilleure vue sur l’écran. Les futures mères sont probablement les pires patientes pense-t-elle au même moment. Quand elle entend Desi parler de fragilité, elle ne peut retenir ses larmes plus longtemps. C’est de ma faute? J’ai...j’ai mangé un truc ou j’ai fait quelque chose qu’il ne fallait pas? demande-t-elle bêtement. Elle repense aux dernières semaines, depuis la journée de la ‘conception’. Elles avaient été plutôt mouvementées et intenses en émotion. Je n’ai pas vraiment eu de temps pour moi récemment. Pour m’arrêter et prendre le temps. J’ai sûrement dû lui nuire...Elle descend son chandail alors qu’il enlève la sonde, après avoir essuyer son ventre avec un mouchoir tendu par Desi.  D’accord alors tu as la médication ici, avec toi? Ou biens dois-je aller en pharmacie? Elle sort son téléphone, ses mains tremblant légèrement. Je vais texter un ami. Ma fille quitte aujourd’hui pour Londres et j’étais supposée l’accompagner. Stella texte rapidement Ditlev pour l’aviser de la situation, autant la fausse couche que le fait qu’il doit aller reconduire Heidi à l’aéroport.  Ma fille va probablement tenir me voir. Ça ne te dérange pas? Son téléphone vibre rapidement, indiquant une réponse de Ditlev. Je dois donc rester ici jusqu’à demain matin ou bien tu penses que je peux retourner chez moi? Je suis à côté et je ne voudrais surtout pas m’imposer. Elle sent les larmes monter à nouveau après voir lu le texto de Ditlev. Il veut prendre de la distance. S’éloigner. Alors que c’est exactement maintenant qu’elle a besoin de lui. Je suis désolée c’est juste que le père il...Elle pose une main sur son ventre, presque comme une marque de protection. C’est le père qui hésite. Qui préfère prendre de la distance avec moi et le bébé du même coup. Elle déglutit avant de sécher ses larmes à nouveau avec la manche de son chandail. Elle ne réalise pas qu’elle vient en même temps de lui avouer que le père n’est pas Zaccheo. Que la situation est beaucoup plus complexe qu’elle ne le semble. Mais l'important c'est qu'il aille bien, non? demande-t-elle en souriant faiblement, posant à nouveau sa main sur son ventre, essayant de se rassurer.
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Sujet: Re: Help ! ( le Mer 28 Fév 2018 - 23:11 )



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Desi et Stella






« C’est normal. Enfin, j’ai toujours pensé que ça devrait l’être. »

Desi avait toujours du mal quand quelqu’un le complimentait comme venait de le faire Stella sur ses activités. De son point de vue, s’engager faisait partie de sa vocation, du cœur de son métier et du serment d’Hypocrate que certains invoquaient à tout va pour se dédouaner de leurs véritables pensées. Il avait juré d’aider les autres, de venir en aide aux femmes qui auraient besoin de soin sans les juger, sans les importuner, sans les abandonner. Son rôle était celui d’un accompagnateur bienveillant et il délivrait la vie ou faisait en sorte que l’une continue sans regret, sans être forcé de mener une existence douloureuse. Il avait signé autant pour les belles naissances que pour les moments à tenir les mains d’une jeune adolescente apeurée et pour la rassurer. C’était son éthique, et il en était fier, même s’il estimait que, précisément, tous devraient avoir son point de vue, parce qu’il estimait insupportable qu’on s’esbaudisse d’un homme agissant … juste correctement. Mais sans doute qu’il était trop exigeant, trop optimiste dans l’avenir … ou simplement trop timide pour savoir comment réagir. Malgré l’image d’homme confiant qu’il dégageait, au fond de lui, le trentenaire demeurait cet adolescent soucieux de bien faire, persuadé que d’autres étaient plus méritants que lui, et incapable d’acquiescer ou de se rengorger doucement.

« Si ça t’intéresse, on cherche des bénévoles pour nous aider … »

Après tout, pourquoi pas ? Et puis, ça permettrait à sa voisine de penser à autre chose, de réfléchir à un projet plus plaisant que ruminer sur son état actuel, sur les bouleversements que cela induisait. Desi n’avait pas insisté quand elle lui avait parlé de sa dispute avec il ne savait qui, pas plus qu’il ne le fit maintenant, quand elle lui parla de son époux décédé. Depuis cette mort dont il n’avait pas au demeurant tous les détails mais qui avait fait quelque peu jaser dans le quartier – les napolitains n’avaient pas une réputation de langue bien pendue pour rien, le gynécologue n’avait pas vraiment osé faire plus que lui présenter ses condoléances, et jusqu’à … aujourd’hui, la jeune femme ne l’avait pas vraiment contacté non plus. Il n’avait pas insisté, et ne s’en offusquait guère. Il était des bouleversements que chacun gérait comme il l’entendait, et parfois, cela signifiait rester un peu seul, ou avec ses amis vraiment proches, sa famille … Surtout que les dernières semaines avaient l’air d’avoir été particulièrement intenses, dans sa vie. Si on ajoutait la grossesse, il y avait de quoi terrasser n’importe qui. Ou du moins, de provoquer quelques désagréments.

« Tout dépend de ce avec quoi tu seras la plus confortable. C’est le plus important. Si tu estimes que tu seras la plus à l’aise avec moi comme praticien, alors je m’occuperais de ta grossesse, bien entendu. L’essentiel, c’est que tout soit ok pour toi quand je devrais pratiquer des examens intimes. »

Dans l’absolu, hormis sa propre femme, sa mère et sa sœur, Desi ne se voyait pas refuser à quiconque des soins, si toutefois il était certain qu’il n’y aurait ni gêne ni ambiguité avec les personnes qu’il suivait. Avec le temps et l’expérience, il avait appris à être absolument professionnel dans ce genre de situation, cependant, il comprenait que certaines femmes préfèrent tenir leurs amis à bonne distance de leur anatomie. Il s’agissait finalement d’une affaire curseur, entre celles qui préféraient être en confiance et celles qui avaient plus de facilité à se détendre entre les mains d’un médecin distant et au fond relativement interchangeable. Il s’agissait de choix personnels, tout comme certaines femmes tenaient à avoir un gynécologue de leur sexe plutôt qu’un homme, pensant qu’ainsi elle comprendrait mieux leurs douleurs, leur appréhension. Il comprenait parfaitement ce sentiment, et agissait en conséquence. Autant dire que si Stella désirait qu’il suive sa grossesse et estimait être à l’aise avec ça, lui ne la renverrait pas.

« Tu sais, il y a énormément de raisons qui peuvent expliquer une grossesse difficile … Et la plupart sont totalement incontrôlable … et donc, hors de notre influence. »

Un cinquième des grossesses se terminait naturellement par une fausse couche. Cela faisait partie du cycle de la vie, en quelque sorte. En revanche, le stress n’était pas un facteur améliorant, ça, il ne pouvait pas le nier. Mais d’abord, il devait aller chercher les médicaments, ce qu’il fit en se levant après avoir assuré à sa patiente :

« Oui, bien sûr. Je reviens tout de suite. »

Une fois les deux boîtes récupérées, le trentenaire revint avec un verre d’eau et le tendit à Stella, avant de dire :

« Les deux cachets ici sont à avaler. Garde un peu d’eau, l’autre est en solution. »

La laissant envoyer un SMS à qui de droit, il hocha simplement la tête à sa question suivante :

« Bien sur que non, elle peut venir quand elle veut, il n’y a aucun problème. Et oui, il vaut mieux que tu bouges le moins possible, les prochaines heures vont s’avérer déterminantes …

Aussi, je crois que tu vas être coincée chez moi. Je serais plus tranquille en pouvant suivre régulièrement l’évolution, et du reste … Il n’y a que moi et mes livres, alors, tu ne me déranges pas du tout. »


Enfin … Lui, ses livres, et le fantôme d’Angela. Rapidement, il balaya la pensée pour éviter que la mélancolie ne le happe brusquement, avant de regarder Stella, légèrement inquiet face aux larmes qui pointait. Et puis, la révélation vint. Et en même temps … Quelle importance ? A cet instant, Desi était juste un médecin qui voulait que sa patiente aille bien, en même temps qu’un homme qui ne pouvait s’empêcher de se sentir agacé à l’idée qu’un de ses congénères prenne ses jambes à son cou face à la conséquence d’un acte auquel il avait bien dû participer. Surtout que pour en arriver à un tel résultat … Bon.

« L’important, c’est que vous alliez bien. Que tu te sentes prête à l’accueillir, et si c’est le cas … »

Doucement, il serra sa main et ajouta :

« Je ne sais pas si tu as de la famille ou des amis qui pourraient t’aider, en dehors de ta fille … Mais dans tous les cas … Ton voisin préféré est là si jamais. »

Avec un gentil sourire, il ajouta :

« Le père … Il ne s’y attendait pas, n’est-ce pas ? Ce n’était pas … un projet ? Peut-être qu’il a simplement besoin de temps, de réaliser. Certains hommes aiment … prendre du temps, pour faire face à une situation qu’ils n’ont pas voulu, même s’ils en sont en partie responsable. »

Avant de conclure :

« En tout cas, durant les prochains jours, il va vraiment falloir te ménager, rester allongée le plus possible, ne pas se déplacer trop chez toi, éviter les situations stressantes autant que possibles, agaçantes, presque, tout ce qui pourrait introduire un sentiment de malaise … »

Petit clin d’œil :

« Et si le père revenait à de meilleurs sentiments … pas de sexe. Du moins, pas de sexe pénétratif, et j’en suis désolé, mais il vaudrait mieux que tu évites la jouissance pendant deux ou trois semaines, seule ou à deux, afin d’éviter les contractions spasmodiques qui viennent avec l’orgasme.

Dans un mois, si tout se passe bien ... Plus de contre-indications. »



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Sujet: Re: Help ! ( le Mar 27 Mar 2018 - 4:58 )
Stella lui sourit quand il parle du temps qu’il met hors de son travail pour faire de la médecine de terrain, aller dans des quartiers plus éloignés et avec une clientèle plus marginalisée. Elle a toujours apprécié et admiré les gens qui font dans l’humanitaire, qui se dédient et dévouent pour les autres. Tu sais, je crois que ça ne serait pas une mauvaise idée...Déjà que je vais devoir prendre quelques semaines de repos du travail probablement après cet épisode. Et avec tout ce qui se passe dans ma vie, je pense que de me concentrer sur les autres ne me ferait pas de tort. Au contraire même. Quelles sont les tâches typiques des bénévoles, dis? Une fois l’examen sommaire terminé, Stella essuie son ventre qui était enduit de gel avant de refermer son pantalon et le remonter, essuyant quelques larmes. Comme si elle se laissait aller pour une première fois depuis longtemps, depuis tout ce qui était arrivé dans les dernières semaines. Le tourbillon Ditlev, ou plutôt la tornade blonde qui était entrée dans sa vie et avait tout ravagé sur son passage. Stella le laisse se lever pour aller chercher les médicaments nécessaires, question de contrôler ce qui est en train de se passer dans son corps. Essayer de donner une chance au bébé de s’accrocher. Elle profite de son absence pour écrire à Ditlev, confirmant qu’il devra amener Heidi à l’aéroport, mais que si elle veut passer la voir, elle peut toujours venir chez Desi. Stella essaie de ne pas trop penser au fait qu’elle est sur le point de laisser aller sa fille, seule, à Londres pendant deux semaines. Parce que si elle y pense, elle sent sa gorge se nouer, son coeur de mère se serrer. Elle est légèrement soulagée quand Ditlev lui confirme qu’il partira avec elle, question de l’accompagner au moins quelques jours, le temps qu’elle s’habitue à l’endroit.

Desi revient rapidement avec les deux boîtes et un verre d’eau. Merci Desi. T’as aucune idée comment j’apprécie. Et avec aujourd’hui, je ne vois pas pourquoi je choisirais un autre gynécologue que toi...Elle pose sa main sur la sienne quelques secondes avant d’avaler les deux comprimés, lui laissant le soin de faire la solution avec l’eau restant dans son verre. Ma fille va sûrement passer quelques minutes avant de partir pour Londres. Elle ne devrait pas tarder d’ailleurs. Elle lui sourit faiblement avant de vider le verre et le reposer doucement sur la table près du canapé. Elle en profite pour se relever légèrement, restant quand même étendue sur le divan. Effectivement c’est plutôt spacieux pour une seule personne...Elle réalise ce qu’elle vient de dire quand il est déjà trop tard. Enfin...Ça te donne de l’espace pour encore plus de livres! Et pour ta voisine préférée. Elle rit légèrement, essayant de détendre un peu l’atmosphère après la bourde qu’elle vient de faire. Habituée aux émotions en montagne-russe, elle n’est pas étonnée de sentir les larmes monter à nouveau lorsqu’elle parle du bébé, de Ditlev et de leur...situation. Rien n’était prévu. C’était...un accident. Un bel accident, mais....Elle baisse le regard légèrement, caressant tendrement son ventre. Si même moi je ne suis pas certaine d’être prête, alors je n’ose pas imaginer lui. Moi je suis déjà passée par là une première fois. Et oui j’ai une famille présente et je sais que j’aurai leur soutien. Tout comme j’aurai celui du père. Mais comme tu dis, il a besoin d’un peu de temps pour...encaisser. Surtout qu’il a appris il y a à peine deux semaines qu’il avait une fille. Heidi. Elle tourne son regard vers Desi qui semble un peu perplexe. Je t’avais prévenu que c’était compliqué....Mais oui, c’est mon premier amour. Il est parti il y a 20 ans sur un coup de tête, disons. Sans savoir qu’il me laissait derrière, enceinte. Et maintenant il est de retour, il apprend qu’il a une fille de 18 ans et un bébé en route. Elle rit nerveusement, réalisant l’absurdité de la situation. Alors je peux comprendre sa réaction même si...j’aimerais qu’il soit là. Et c’est noté pour les contre-indications, bien que je ne crois pas que ce soit un problème pour le moment. Stella tient toujours la main dans la sienne, se surprenant à la caresser doucement avec son pouce. Et toi Desi? Tu n’as jamais voulu d’enfants? En même temps, tu dois en voir passer tellement dans ton travail...Elle fait une brève pause, réalisant qu'avant de parler d'enfants, il faudrait déjà qu'il ait quelqu'un dans sa vie. Tu sais, j’ai peut-être une amie qui serait ton genre. Je pourrais toujours vous mettre en contact. Enfin, si tu veux. Elle lui sourit tendrement alors qu’elle ressent à nouveau quelques crampes qui la font grimacer, sa main serrant celle du médecin, alors qu’on cogne à la porte. Tout compte fait, je préfère qu’Heidi ne me voit pas ainsi....ça te dérangerait d’aller lui dire que je me suis endormie? Je l’appellerai ce soir ou demain, quand elle sera installée. Stella le laisse donc aller répondre à la porte avant qu’il ne revienne auprès d’elle, toujours aussi rassurant. Donc...est-ce que je dois vraiment rester couchée jusqu’à demain? Laisse-moi au moins nous faire un truc à manger, tu dois avoir quelque chose d’intéressant dans la cuisine. Tu pourras me dire en même temps quelle est la suite des choses. Première échographie, prises de sang à faire, tout le tralalala.
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Sujet: Re: Help ! ( le Lun 23 Avr 2018 - 22:55 )



Help
Desi et Stella






« Tout dépend du temps à donner, des qualifications … Il y a déjà tout ce qui dépend de l’accueil : écouter les personnes qui viennent, les orienter, parfois les rassurer, ou même deviner ce dont elles ont besoin … Les adolescents qui arrivent sans trop savoir comment dire qu’ils voudraient des préservatifs, ou une consultation pour la délivrance d’un contraceptif … Ce genre de choses, tu vois ? Pour les militants et militantes qui ont effectué la formation adéquate, il arrive fréquemment de faire du counselling. Niveau administratif, eh bien … chercher des financements, prendre les rendez-vous des patientes qui en ont besoin, commander nos fournitures, gérer les plannings pour être certain qu’il y ait toujours quelqu’un de disponible pour les colloques, les réunions au niveau local, inter-associatif … Oh, et certains bénévoles agréés, il y a bien sûr les visites dans les collèges, lycées, et universités.

On a également une ligne pour les femmes en situation en détresse, 24h sur 24. C’est un travail très important … mais assez difficile, honnêtement. »


Desi aurait pu parler de l’association pendant des heures. Evidemment, il n’avait pas parlé de tout ce qui entourait les tâches dévolues au personnel médical, comme lui, mais il s’agissait d’une part non-négligeable des activités du Planning. A côté, AIDES était beaucoup moins dépendante des médecins, en ce que certains militants avaient des habilitations pour réaliser des tests et délivrer les résultats. Le rôle du trentenaire en son sein tenait plus du rôle d’expert consultatif pour toutes les questions relatives à la santé sexuelle des femmes atteintes par le VIH ou une autre IST : interactions médicamenteuses, posologie des traitements, réalisations éventuelles de frottis … Une aide importante néanmoins, alors que les femmes hétérosexuelles constituaient le deuxième foyer principal de l’infection en Italie, et qu’elles étaient souvent les grandes oubliées des épidémies. Autant dire que les interactions entre ses deux associations ne manquaient pas : il y avait une complémentarité fondamentale dans ce que le gynécologue faisait.
Doucement, alors qu’il revenait et que Stella avalait les cachets, le remerciant, Desi laissa échapper un très léger rire face à son exclamation bienheureuse :

« Je n’en ai pas besoin … ça se lit sur ton visage. »

Avant d’ajouter, légèrement plus sérieux :

« Ce sera un plaisir de suivre ta grossesse, Stella. »

Même s’il ne l’avouerait jamais, il éprouvait réellement une intense satisfaction à voir des couples d’amis ou des amies seules mener à bien leurs projets de parentalité, et à les aider à y parvenir. De manière générale, proches ou pas, il y avait toujours ces moments privilégiés que le gynécologue voyait, de l’annonce à la première échographie, en passant par la révélation du sexe de l’enfant, les yeux émerveillés des parents, l’arrivée finale … Tout cela, il le vivait avec des couples divers, unis par un événement particulier de leur vie, les rassurant, les aidant, les conseillant, s’occupant de réaliser leur désir d’enfant. Il y avait également les cas où, après un long combat contre l’infertilité, il annonçait enfin un succès, et lorsque le bébé arrivait … Oui, il y avait une beauté pure dans ces quelques instants où une toute nouvelle vie venait au monde dans ses bras tendus et poussait son premier cri.

Il hocha la tête quand Stella lui fit part du passage de sa fille, mais se raidit significativement quand elle déclara que sa demeure était très grande pour une seule personne. Bien sûr, en le voyait pâlir légèrement, la bibliothécaire tenta de se rattraper, mais ils savaient tous les deux que le mal était fait. Un instant, ses yeux parcoururent les lieux, l’ombre d’Angela se faisant plus pesante. Il la revoyait, attablée dans la cuisine, en train de rire en mangeant les pâtes qu’il avait préparé … En train de travailler, étendue sur ce canapé, mordillant son crayon … en peignoir le matin, mal réveillée avant sa première tasse de café … dans leur lit, à l’attendre, un joli sourire aux lèvres …

« Oui … C’est trop grand pour moi et les fantômes … »

Il ne désirait pas s’attarder sur le sujet, surtout que Stella avait besoin de vider son sac. Et quel sac ! Rempli de nœuds ! Légèrement bouche-bée, le gynécologue essayait tant bien que mal de suivre tous les rebondissements qu’elle déversait. Donc, s’il récapitulait, elle avait eu sa fille avec un homme qui était parti, puis était revenu à la fin de son mariage dans sa vie, et se retrouvait encore enceinte de lui ? Et il repartait encore ? Sérieusement ? Non mais une fois, d’accord, mais deux … C’était quoi ce type ?

« Hum … Là je parle en tant qu’ami, et pas médecin … Mais je peux toujours aller lui coller un coup de poing dans le pif pour te laisser deux fois ? »

Il plaisantait. Presque. Pour se donner le temps de répondre à la question si intime que lui posait Stella, et surtout à tout ce qu’elle impliquait par rapport à sa vie conjugale. Une part de lui voulait garder cela secret, mais une autre estimait qu’elle lui avait révélé quelque chose d’important pour elle, et qu’elle méritait toute sa confiance. Et c’était quelque chose dont il parlait peu.

« Quand Angela est morte … On avait commencé une procédure pour une fécondation in vitro. »

Voilà qui répondait à la question.

« Quand on était jeune, la question ne se posait pas. Naturellement, du moins. Au vu des risques de contamination pour moi … Et même quand les premières études ont commencé à montrer que la transmission du VIH par une personne sous traitement depuis longtemps était très improbable … Angela n’a jamais voulu … Enfin, elle avait tellement vécu toute sa vie en ayant peur pour moi que psychologiquement, ce n’était pas possible. Mais quand les résultats ont vraiment été probants, on en a parlé. Même si on savait que ce serait très difficile, vu qu’elle aurait des difficultés pour tomber enceinte. Alors, comme on était éligible, on s’était dit que ce serait plus simple. »

Jamais Angela n’avait voulu avoir de rapports non-protégés. Cela n’avait rien enlevé à leur intimité, et leur vie sexuelle avait toujours été pleinement satisfaisante, même si elle demandait quelques précautions. Sauf qu’évidemment, pour concevoir, cela posait quelques menus problèmes …

« Du coup, oui j’en ai voulu. Maintenant … Je ne sais pas. J’en mets déjà beaucoup au monde. C’est peut-être suffisant. »

Il y avait une tristesse imperceptible dans sa voix, une nostalgie d’espoirs envolés qui n’avait plus lieu d’être.

« Non, ne t’embête pas … Enfin, je ne veux pas qu’elle ait de faux espoirs. Je ne sais pas si je suis prêt à offrir à une femme ce qu’elle serait en droit d’attendre. Si elle pourrait comprendre … accepter. »

D’être la deuxième. De ne pas être la passion de son existence. Mieux valait ne pas y penser. Desi se leva pour expliquer à la jeune fille sonnant à sa porte que sa mère se reposait. Une fois revenu, il écouta Stella et lui fit de faux « gros yeux de médecin en colère ».

« Taratata. On écoute les prescriptions de son médecin, patiente impatiente ! »

Ok, ce jeu de mots était terriblement mauvais.

« Et accessoirement, je suis un excellent cuisinier. Pose-moi les questions que tu veux pendant que je mets quelque chose dans les fourneaux. Un poulet marsala, tu aimes ? »

Pendant qu’il sortait les ingrédients et commençait à éplucher les champignons rapidement, Desi expliqua, suffisamment fort pour que Stella l’entende :

« Dès que tu peux te lever, il faudra faire une prise de sang pour dater précisément la grossesse, ainsi qu’un examen pelvien complet. Et un bilan général. Tu as des antécédents d’IST que je devrai savoir ? Bon, je vais vérifier aussi ton immunité à certaines maladies comme la toxoplasmose, si ce n’est pas déjà fait, je te proposerai un vaccin contre l’hépatite B …
Normalement, dès la 11ème semaine, on pourra faire la première échographie, voir comment se passe la grossesse.

Et tous les mois, on devra se voir, pour vérifier que tout va bien. Au quatrième, à peu près, je devrai pouvoir te dire le sexe, si tu le désires. Et à ce moment-là, si tu le veux aussi, je pourrai réaliser des tests de dépistage de la trisomie. »


Comme cela faisait beaucoup d’informations à retenir, Desi laissa un moment de blanc, achevant sa préparation avant de mettre le plat dans le four.

« Et … si tu as un projet de naissance, tu peux m’en parler. Je ne peux pas garantir de suivre tout ce que tu as écris, parce qu’il peut toujours y avoir un concours de circonstances … mais dans la mesure du possible, j’essayerai vraiment de respecter ce que tu veux pour l’accouchement. »

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Sujet: Re: Help ! ( le )
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