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- heal the world. (desi) -

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Elena ManzoniLa jeunesse dorée et éclatante
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Sujet: heal the world. (desi) ( le Sam 24 Fév - 18:49 )
heal the worldDESI & ELENA


S’engager pour une cause était une des plus grandes envies de Elena. Elle se savait pourtant jeune et peu de personnes la prenaient au sérieux lorsqu’elle disait avoir une âme de militante. Au mieux, on la regardait avec un sourire qui signifiait « Ne dis pas de bêtise, Elena. Tu es trop jeune pour ça » quand ce n’était pas le petit mouvement de tête de droite à gauche ; au pire, on lui lâchait une phrase toute faite qui la faisait grincer des dents. Et si elle avait le malheur de rétorquer avec véhémence que ce n’était pas qu’une lubie et qu’elle savait très bien de quoi elle parlait, il arrivait qu’on lui rit tout simplement au nez. Et Elena détestait cela. L’âge ne fait pas la personne. Il y avait des personnes de quatre-vingt ans qui étaient capables de parcourir le monde et il y avait des adolescents de quinze ans qui n’avaient d’autre intérêt que de jouer à des jeux-vidéos tout en se nourrissant de chips et de soda toute la journée. Elle avait souvent entendu les adultes se plaindre que les jeunes générations ne s’intéressaient à rien, passaient leur temps glués à leur téléphone portable et aux réseaux sociaux sans prendre conscience des problèmes intrinsèques à la société – alors pourquoi se gausser d’une jeune fille d’à peine dix-huit ans qui était décidée à changer le monde ? Est-ce que Elena était idéaliste ? Très probablement. Est-ce que ses illusions allaient éclater telles des bulles de savon lorsqu’elle viendrait à grandir ? Peut-être. C’était une possibilité et la brunette en était consciente. Mais était-ce seulement une raison pour l’empêcher d’œuvrer pour ce qu’elle pensait être juste ? Elena était d’avis que non. Et elle se fichait bien de l’opinion de tous ces adultes ‘bien-pensants’ qui étaient devenus bien trop cyniques pour avoir un regard clair sur leur propre existence. Elena était bien décidée à faire quelque chose de sa vie. C’était tout en haut de sa Check List.

Sauf que Elena avait un très gros problème : elle ne savait pas comment s’y prendre pour commencer à changer le monde. Un soir, alors qu’elle naviguait sur le Net allant de forum en forum, de site en site, elle essaya de trouver quoi faire. Très intéressée par tout ce qui touchait à la cause féminine, elle avait eu l’idée de se concentrer sur la question de l’avortement qu’ils avaient abordé en cours à l’université. Elle avait lu des pages et des pages sur le planning familial, s’était renseignée pour obtenir quelques adresses. Et maintenant qu’elle se retrouvait à la porte d’une clinique, Elena éprouvait comme l’envie de tourner les talons. Et si on lui riait au nez, comme si souvent ? Et si on s’imaginait là-dedans qu’elle était enceinte, qu’elle venait pour une interruption volontaire de grossesse ? Est-ce que c’est grave ? se demanda-t-elle, un peu furieuse après elle-même de penser à cela en un tel moment. Ça n’avait aucune importance – ce qu’ils penseraient d’elle, comment ils réagiraient en l’entendant leur dire qu’elle voulait les aider dans leur travail avec toutes ces femmes enceintes venant chercher des réponses à leurs questions, une aide qu’elles n’auraient pas reçu autre part. Pans un léger froncement de sourcils décidé, la brunette poussa la porte et fut frappée par cette odeur d’aseptisant si atypique des établissements médicaux. Elle se sentit un peu rougir en voyant quelques regards curieux se tourner vers elle. Et comme si elle cherchait quelque chose ou quelqu’un, elle observa alentour. La salle d’attente semblait déjà avoir quelques personnes présentes, elle vit une dame passer en coup de vent dans un couloir tout au fond. Par où était-elle censée commencer ? Où devait-elle seulement s’adresser ? « Bonjour, Elena lâcha finalement après avoir observé un homme qui s’approchait d’elle, encore incertaine de comment formuler ses attentes. Où est-ce que je pourrais trouver quelqu’un qui travaille ici, s’il-vous-plaît ? »




te parler du bon temps qu’est mort et je m’en fous, te dire que les méchants c’est pas nous, que si moi je suis barge ce n’est que de tes yeux car ils ont l’avantage d’être deux.
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Desi CarusoLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Re: heal the world. (desi) ( le Lun 26 Fév - 18:59 )



In memoriam
Desi et Barbara





« Vous prendrez ce médicament deux fois par jour pendant une semaine, avec application d’un ovule tous les trois jours. Et dans deux semaines, vous ferez une prise de sang pour que nous soyons sûrs que cette gonorrhée est belle et bel guérie. »

Silencieusement, la jeune femme acquiesça avant de tendre le bras pour récupérer l’ordonnance de Desi, l’air sincèrement mortifiée. Le trentenaire avait conscience qu’un diagnostic d’infection sexuellement transmissible n’était jamais agréable à entendre, mais heureusement, la gonorrhée demeurait aisément soignable avec le traitement antibiotique approprié par voie orale associé à une application locale. Essayant de rassurer encore une fois sa patiente comme il le pouvait, le gynécologue insista :

« Ce n’est pas grave. Les IST … ça peut arriver à tout le monde. Et celle-là, on peut la soigner rapidement, il n’y paraîtra plus dans quelques jours. Vous avez eu un très bon réflexe en faisant une sérologie de dépistage. 

Par contre … Pas de relations sexuelles pendant la durée du traitement … Et il serait bien que tu avertisses les partenaires que tu as pu avoir récemment, pour qu’ils ou elles se fassent eux aussi dépister et soigner le cas échéant. »


« Je peux pas … Ils vont penser que je les ai contaminés. »

Desi étouffa un soupir. C’était toujours le moment le plus délicat de la consultation, hormis l’annonce en elle-même. Beaucoup de celles et ceux qu’il dépistait refusaient d’avertir leurs partenaires sexuels, pour diverses raisons : peur de la stigmatisation, infidélité à cacher, relation qui s’était déjà terminée, voir impossibilité de contacter un partenaire d’un soir inconnu … La plupart était légitime, mais cela constituait un frein conséquent pour la surveillance des épidémies, car des porteurs sains continuaient à disséminer leurs germes aux quatre coins de Naples. Mais il s’agissait là d’un intérêt de santé publique, alors il essayait quand même de les convaincre, respectant ultimement leurs choix, tenu qu’il était par le secret médical.

« Pensez-plutôt au fait que, s’ils sont porteurs et ne le savent pas, ils risquent d’infecter d’autres personnes. Et on est d’accord que ce n’est pas une maladie très agréable, non ? Est-ce que tu vous voudriez vraiment que d’autres en souffrent alors que ça pourrait être évité ?

Donnez-leur ma carte ou mes coordonnées, si vous voulez. »


La jeune femme ne se départit pas de son expression incertaine, mais empocha tout de même la carte de visite que lui tendait Desi avant de le remercier et de se lever pour prendre congé aussi vite que possible. Le trentenaire se rassit sur son siège avant de consulter sa montre. Il avait peut-être enfin le temps de manger. Sortant de son bureau, il prévint l’une de ses collègues qui consultait à côté qu’il en avait pour une petite dizaine de minutes avant de quitter la clinique pour se diriger vers le trottoir d’en face. Une part de pizza avalée en quelques bouchées plus tard, il était de retour à l’intérieur. Soudain, une voix juvénile l’interpella. Intrigué, il se retourna pour se retrouver face à une demoiselle qui ne devait pas avoir vingt ans et qui cherchait manifestement quelqu’un travaillant sur les lieux. Avec un sourire aimable, Desi répondit :

« Eh bien … Vous avez ce quelqu’un devant vous. Je peux faire quelque chose pour vous ? »

Les motifs de visite étaient variés, au Planning familial. Par habitude, Desi avait appris à ne jamais présumer des volontés d’une personne franchissant cette porte. Et puis … C’était un endroit ouvert à tous, qui se voulait accueillant. Nul doute que la jeune fille lui livrerait rapidement le fin mot de sa présence entre ces murs.


Fiche codée par Koschtiel



   
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Elena ManzoniLa jeunesse dorée et éclatante
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Sujet: Re: heal the world. (desi) ( le Mar 10 Avr - 9:53 )
heal the worldDESI & ELENA


Elena ne s’était pas attendue à tomber directement sur quelqu’un qui aurait pu la renseigner ou répondre à ses questions. Alors la brunette se retrouva décontenancée quelques secondes à peine, le regard un peu écarquillé sans savoir par où commencer. Elle se sentit d’ailleurs soudainement un peu bête et elle eut peur que l’homme face à elle ne lui rit au nez. Il allait probablement lui dire de tourner les talons et d’arrêter d’embêter pour rien les gens qui travaillaient. Elle avala discrètement sa salive, cherchant les mots qui seraient les bons. « Eh bien, oui, je… » Sa voix tremblait un peu. Elle sentait comme un nœud d’angoisse lui tordre l’estomac et ce n’était pas agréable du tout. Ça n’aurait pas dû être si difficile, si terrible de vouloir aider son prochain. Elle n’aurait pas dû avoir honte de demander ce qu’elle pouvait faire pour aider, ici. « En fait, je voudrais vous aider, elle claqua en dardant un regard franc dans celui de l’inconnu. » Il y eut un léger silence et Elena eut l’impression que l’on pouvait entendre sa respiration à des kilomètres à la ronde. Elle se rendit compte alors que sa phrase ne voulait rien dire sans explication à côté et eut un pauvre sourire d’excuse avant de continuer. « Voilà, je… J’aimerais pouvoir m’engager dans une cause et je suis particulièrement touchée par la cause féministe et puis, je… » La brunette passa une main dans ses longues boucles, fronça les sourcils. « Comment l’expliquer ? demanda-t-elle plus bas, comme si elle se parlait soudainement à elle-même. » Comment l’expliquer ? Comment expliquer son besoin, son envie de changer le monde, de le rendre meilleur ? Comment expliquer qu’à son âge, elle ait déjà des rêves idéalistes plein la tête ? Il allait soit la prendre pour une pauvre gosse de riche qui cherchait simplement à passer le temps, soit pour une gamine écervelée qui ne sait pas de quoi elle parle. Or, Elena savait ce qu’elle désirait. Elena savait pourquoi elle était entrée dans la clinique.

« Je ne suis pas enceinte, je n’ai pas besoin de voir quelqu’un à ce sujet ou pour autre chose, elle prit le temps de préciser. En fait, tout ce que je voudrais, c’est aider toutes ces personnes qui viennent ici chercher des réponses ou une oreille attentive. Je suis débrouillarde et dégourdie, je pourrais faire tout ce que vous auriez besoin que je fasse. » Elle eut un mouvement d’épaules comme pour lui signifier qu’elle se fichait de ce qu’il lui demanderait de faire, du moment qu’elle pouvait aider à quoi que ce soit. Pendant une seconde, Elena s’entrevit en train de faire du ménage, de s’occuper des poubelles et elle eut la réflexion qu’il fallait bien commencer quelque part. « Je ne fais pas des études de médecine, j’étudie le droit à l’université. Mais j’ai envie de m’investir pour la société, pour aider ceux qui en ont besoin. » Même s’il s’agissait seulement de servir des jus de fruits ou de distribuer des prospectus, la brunette ne rechignerait pas à la tâche. « Je suppose que vous aurez toujours besoin d’une paire de mains en plus, non ? Les volontaires ne doivent pas frapper à votre porte très souvent, j’imagine, elle continua, désormais plus affirmée. » Au fond, la jeune fille n’en menait pas large. Plus elle se laissait emporter par tout ce verbiage et plus elle se sentait idiote. Mais elle avait décidé qu’elle serait bénévole ici. Et Elena avait hérité du caractère très buté de son père – sa mère passait son temps à le lui faire remarquer. Alors, est-ce qu’on pouvait vraiment la blâmer de vouloir remuer les choses, même si ça ne provoquait jamais un véritable raz-de-marée ?


POST-SCRIPTUM :
 




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Sujet: Re: heal the world. (desi) ( le )
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