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- The bittersweet between my teeth -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Bord de la Tyrrhénienne
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Magda SaddlerLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: The bittersweet between my teeth ( le Jeu 1 Mar - 1:15 )
Depuis 5 ans, c’est le même rituel. Se rendre au cimetière. Tenter de retrouver à ses côtés cette présence qui lui manque tant. Sa sœur, sa meilleure amie. Retrouver un semblant de chaleur dans un endroit aussi lugubre qu’un cimetière, c’est peine perdue. Peine perdue mais Baby, elle insiste quand même. Ramène sa dégaine toujours endeuillée dans ce lieu de tous les démons. A se demander si les personnes enterrées ici trouvent le repos, la paix. Magda a envie de croire que oui. Que Sahar est dans un endroit plus chaud, plus heureux. Sur une plage, dans les caraïbes à boire des cocktails. Elle espère de tout son cœur que cette croyance est une réalité quelque part entre ciel et terre. Quelque part entre elle et Sahar. Sortant de sa voiture, elle fait un signe à Ignazio, son chauffeur puis descend de la voiture, un somptueux bouquet de pivoines et de roses à la main. « Tu peux y aller, Ignazio. Je rentrerais à pied » Ca aussi fait parti du rituel. Marcher jusqu’à chez elle, le temps de laisser ses ressentiments derrière. Rentrer à la maison plus légère, l’esprit vide mais le cœur toujours aussi lourd. La brune entre dans le jardin des morts et se dirige vers la dernière demeure de Sahar. A peine à quelque mètre, elle sent que quelque chose ne va pas. Qu’il s’est passé quelque chose. Et malheureusement, elle a raison. La pierre tombale de Sahar en marbre est brisée, une insulte taguée en peinture rouge dessus. Une odeur d’urine vient lui piquer du nez alors que l’horreur afflige ses traits.

D’abord la stupeur, puis la colère. Ses doigts pianotent sur son portable. Le numéro d’Erio car c’est le premier auquel elle pense, le premier qui lui saute à l’esprit : répondeur. Parce que ça pourrait être le tueur de Sahar ? Si ? Non ? Elle ne sait pas, elle sait plus. Devant le silence de son appel, ses doigts partent vers une source de réconfort, celui qui a toujours été là. Celui qui connaissait Sahar aussi mieux qu’elle : Luciano. La totalité semble lui paraître une éternité et puis finalement, la voix rassurante de Luciano lui parvient aux oreilles. « Lulu … » Sa voix est débraillée, elle déraille vers les notes d’un sanglot retenu. « Lulu … Quelqu’un a saccagé la tombe de Sahar » Plus que la tombe, sa mémoire, ce qu’elle représente, une des dernières choses matérielles à laquelle Baby se rattache de toute ses forces. « Ils ont écrit salope d’allumeuse sur … sur … » La voix se brise alors qu’elle prend le message laissé à cœur. Trop à cœur. Sahar n’est pas une salope, pas plus qu’une allumeuse. Ce qui lui est arrivé, ce n’était pas de sa faute. C’était de la faute d’un psychopathe ! « J’ai laissé mon chauffeur repartir. J’ai peur dans ce cimetière. Lulu, tu peux venir me chercher ? » Lulu, elle implore comme une gamine. Lulu, cette figure du passé, un trait d’union entre elle et Sahar. D’abord un grand ami de sa grande sœur, il est devenu le sien avec les années, la prenant pour sa petite sœur autant pour les taquineries et pour la rassurer. Sahar disparue, elle a un peu colmaté les brèches avec Luciano, pouvant garder avec lui le rôle de petite sœur en besoin de protection, d’être rassurée. Figure qui jure avec la jeune femme inébranlable dont elle ne donne l’air. « S’il te plaît … » Luciano , il fait partie des seuls personnes qui voit réellement ce qu’est Magda Saddler. Ses forces mais surtout ses faiblesses.

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Luciano MorelliLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Re: The bittersweet between my teeth ( le Sam 3 Mar - 0:06 )
Une fois encore je suis enfermé dans mon bureau. C’est pratiquement le seul endroit où je trouve un peu de réconfort et de paix. Je ne veux pas penser à Pia, je ne veux pas penser à Sienna. Je veux seulement me concentrer sur mon travail, me laisser emporter par le réconfort que m’apporte encore les taches simples du quotidien. Oublier. Un moment, juste un court instant le traite que je suis devenu. Celui que je déteste chaque jour un peu plus. 
Armé de courage je me saisis du dernier dossier en cours. Le temps mort que je croyais m’accorder n’est que de courte durée. Mon regard dévie sur les photos qui sont posées sur ma table de travail. Il y en a une de Sienna et de moi prise lors de nos dernières vacances. Elle est ravissante, souriante, bronzée, plus belle que jamais. Pourtant... Pourtant ce n’est pas son visage que j’aimerai contempler. C’est celui de la femme qui m’a fait perdre la tête, celle pour qui je ne peux plus me contrôler. Pia... C’est sa photo que je voudrais voir trôner sur mon bureau mais qui m’est toujours interdit d’afficher. Je suis encore marié. Sans entrain et sans grande conviction. Mais mon destin est pour l’instant toujours scellé. Ce n’est pas Pia que j’ai épousé ni emmené devant l’autel pour lui jurer fidélité. Quel crétin je fais ! 

Juste à côté de l’image que j’aurais préféré éviter il y en a une autre que j’observe avec plus tristesse encore. Celle d’une amie, la meilleure, qui nous a quitté. La seule peut-être qui aurait pu me faire entendre raison, la seule qui aurait pu me comprendre sans me juger. Sahar.  
Je m’en veux de ne pas lui rendre hommage plus souvent, mais il m’est encore impossible de me rendre sur sa sépulture. Je n’ai toujours pas accepté sa mort ni la manière dont ça s’est passé. L’espèce de malade qui l’a assassiné court toujours dans la nature, représente toujours un danger. J’ai eu beau me démener pour trouver le coupable, engager les meilleurs détectives privés, rien de ce que j’ai pu entreprendre n’a servi à rétablir la vérité. 
Dans le fond je suis sûr que de là ou elle est, elle ne me tient pas rigueur de ne pas lui rendre visite plus souvent. Elle aurait sans doute préféré que je m’occupe de sa petite sœur qui est devenu un peu la mienne tellement nous avions l’habitude de traîner ensemble. Nous avons eu la chance de partager notre scolarité et je me suis souvent réfugié chez elle pour échapper aux disputes incessantes de mes parents. Ces souvenirs devraient être douloureux mais je ne retiens que le soutien qu’elle m’a toujours apportée. J’aurais tellement apprécié pouvoir lui rendre au centuple la joie qu’elle m’a procurée. Je n’en ai pas eu le temps.

Une sonnerie de téléphone me tire de mes sombres pensées, je souris en voyant s’afficher le visage de la jolie Magda. C’est une drôle de coïncidence d’être contacté par un membre de la famille Saddler à ce moment précis mais je me réjouis d’avance de pouvoir évoquer de vieux souvenirs. C’est devenu une espèce de rituel entre nous. Quand la souffrance devient trop dure, nous essayons de nous rappeler du meilleur pour pouvoir nous soulager.
Mais cette fois c’est plus grave que je ne le pensais. C’est une voix effondrée qui prononce mon prénom. « Lulu… » " Ma puce..." « Lulu… Quelqu’un a saccagé la tombe de Sahar. » " Quoi ?! " Une rage sourde gronde au fond de moi. Ne peut-on pas foutre une bonne fois pour toute la paix à la personne admirable et pleine de générosité qu’elle était. « Ils ont écrit salope d’allumeuse sur… sur… » Ce n’est pas possible, sans doute pas vrai. Qui sont ces salauds qui osent profaner sa tombe et sa mémoire ? " Ne reste pas là ma douce, ne regarde pas... Je vais m’en occuper et tu peux me croire, on va trouver celui qui a fait ça. Je... " Je n’ai pas le temps de finir, ni de mettre en ordre mes pensées. Je fais les cents pas dans la pièce en essayant de contenir ma colère. « J’ai laissé mon chauffeur repartir. J’ai peur dans ce cimetière. Lulu, tu peux venir me chercher ? » " Ma grande... " « S’il te plaît… » " Va m’attendre dans le café en face du cimetière, surtout ne reste pas seule. Je fais aussi vite que je peux pour te rejoindre. " Je cale le téléphone entre mon oreille et mon épaule pour attraper ma veste et mes clés. " Magda... Tu m’entends ne raccroche pas ! Je veux être sûr que tu sois en sécurité. Parle-moi jusqu’à ce que tu sois entourée d’autres personnes... Dis-moi si tu avais acheté ses fleurs préférées, dis-moi... " Les larmes me montent aux yeux mais je ne peux pas pleurer. Je dois me montrer rassurant. C’est ce que Sahar voudrait. " Dis-moi ce que tu avais prévu de lui dire. Tu sais à moi aussi tu peux tout raconter. "
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Sujet: Re: The bittersweet between my teeth ( le Mar 3 Avr - 6:59 )
Les mains accrochées à son téléphone, Magda se laisse porter par la voix de Luciano. Elle tente de garder son esprit et ses pensées vers lui, se laisser guider par sa voix. Mais son regard reste posé sur le spectacle devant elle qui lui troue le cœur. Cette tombe souillée juste pour quoi ? Faire passer le temps ? S’amuser ? Remuer le couteau dans la plaie ? La bile lui monte à la gorge alors qu’elle sent ses jambes perdre en force, devenir du coton. « Comment peuvent-ils faire ça ! A moi ! A Sahar » Ces mots n’ont aucun sens car les coupables n’en rien à foutre de ce qu’elle peut bien ressentir ou penser. Ils voulaient juste l’atteindre et c’est fait. Écoutant Luciano, la jeune femme se détourne du spectacle funeste et lui tourne le dos. « D’accord, Lulu. Je regarde pas. Je regarde plus. Le café en face … ok ok » Comme robotisée, Magda s’avance à pas lent, titubant légèrement entre les tombes pour se rendre vers le café en face. « Viens vite » Supplication entre deux sanglots tant bien que mal maîtrisés de son mieux.

« Non, je raccroche pas. Je reste en ligne » Elle a besoin d’entendre sa voix pour se rassurer, pour garder un semblant de calme. « D’accord … D’accord … Hmm … Oui, je lui ai acheté un bouquet de fleurs. Des pivoines et des roses. Ses préférés ! Je suis passée chez le fleuriste en bas de notre ruelle, tu sais, celui qui vendait des sucettes en forme d’abeille entre les cartes de vœux et les papillons de soie. Sahar aimait bien ce petit fleuriste alors j’y suis allée, ce matin » Ses pas reprennent du poil de la bête et se déplacent bien plus rapidement. Son corps s’extirpe maintenant du cimetière et s’approche du café. « Ca y est. Je suis sortie du cimetière » Autour d’elle, ses yeux sondent, essayent de voir si quelqu’un la suit ou l’observe. Si les coupables sont là, à rire sous capes. La paranoïa s’empare d’elle. « Je deviens complètement parano, Lulu » Souffle-t-elle contre le combiné, la peur dans l’estomac et l’appréhension dans le fond de la gorge. « Oui. A toi aussi je peux tout raconter … » Inspiration expiration. Magda tente de se calmer les nerfs, de s’apaiser. « J’allais lui raconter mes journées de travail. Comment parfois c’est si dur de tenir une entreprise malgré l’amour que j’ai pour ce que je fais, pour les dentelles produites. Je voulais lui dire que malgré les années qui ont défilés depuis le scandale de Papa, j’ai toujours l’impression que son aura rôde encore dans les couloirs. Que peu importe ce que je fais, rien ne rattrapera les actes de notre père. Que moi aussi, je suis une directrice qui a utilisé des gens à mon tour. » Le flot de parole l’occupe, bien qu’il remue aussi ses émotions au passage. « Je viens d’entrer dans le café. Tu dois entendre les bribes de voix. Je n’ai pas envie que tu conduises tout en téléphonant, c’est dangereux. Je vais me commander un café et je t’attends, Lulu. » Posant le combiné, sa main hèle un serveur et commande un café serré avant d’arrêter à nouveau le serveur. « Y’a possibilité de rajouter du whisky à l’intérieur ? Ou peu importe quel alcool fort ? » Le serveur la regarde, intrigué. C’est qu’il est à peine 10 heures du matin mais soit. Elle a besoin d’un coup pour se remettre de ses émotions. « Je vais voir ce que je peux faire, Madame » Bien. Bien. Préoccupée, Magda se met à se ronger les ongles, le regard perdue sur la vitrine des viennoiseries. Elle aurait bien manger mais l’appétit s’est envolé.


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Sujet: Re: The bittersweet between my teeth ( le Jeu 12 Avr - 21:23 )
Les filles Saddler ont un sacré tempérament, une vraie personnalité. Riches, belles et intelligentes elles représentent à elles seules la clé de la réussite, du succès. Du moins c’est ce qu’elles incarnaient... avant qu’on ne coupe l’herbe sous le pied de la pauvre Sahar... qu’on la tue sans regrets. Je hais les lâches, les odieux traîtres, capables, coupables d’une telle atrocité. 
Souvent, trop souvent d’ailleurs, je pense aux derniers instants de mon amie aujourd’hui disparue. À quel point elle a dû se sentir seule, abandonnée, terrorisée. Personne n’a pu lui venir en aide, personne n’a pu pour la sauver. En même temps qui aurait pu imaginer, anticiper, qu’une telle horreur puisse arriver ?! Pas moi en tout cas... pourtant je n’ai pas fini de me le reprocher.

En assassinant l’aîné, l’héritière de l’entreprise, c’est toute une famille qui s’est retrouvée anéantie, déstabilisée. Personne n’a osé parier sur la jeune Magda que tout le monde s’accordait à surnommer bébé. Ce sobriquet est loin de la représenter car elle ne s’est pas dégonflée. Elle s’est mise en tête de redresser sa société. Malgré les difficultés et la mauvaise réputation dont jouissait la compagnie Milanaise, elle s’est jurée de redresser la barque, de la remettre sur pied. Elle pense qu’elle le doit à sa sœur, que de cette façon elle honorera sa mémoire, y trouvera un moyen d’atténuer sa souffrance, d’enterrer sa mélancolie. Et elle s’est jetée à corps perdu dans cette mission qu'elle l’accomplit chaque jour avec solennité et méticulosité. La tâche n’est pas facile mais je ne l’ai jamais vu renoncer... encore moins abdiquer. Derrière ce masque d’impassibilité qu’elle porte toute la journée, " baby " relève brillamment le défi qu’elle s’est lancée. Sauf que moi je connais les doutes qui l’assaillent sans arrêt. L’angoisse terrible qu’elle doit affronter... Et malheureusement ce n’est pas près de s’arranger. La voilà encore frappée d’injustice, d’iniquité. Seule face à la tombe saccagée de celle qu’elle admirait, qu’elle adulait, j’entends et comprends que ses forces sont en train de l’abandonner... même si pour l'instant la colère semble l’emporter. « Comment peuvent-ils faire ça ! A moi ! A Sahar » " Malheureusement je n’ai pas de réponses à t’apporter... Ce ne sont que des minables sans cervelle. Éloigne-toi vite ma belle. " Je ne le lui fait pas remarquer mais moi aussi j’ai peur pour elle. « D’accord, Lulu. Je regarde pas. Je regarde plus. Le café en face … ok ok » Le plus rapidement possible je saisis ma veste et mes clés, obnubilé par le besoin de la réconforter, de la protéger. « Non, je raccroche pas. Je reste en ligne » ” Très bien... J’arrive dans les plus brefs délais. Dis-moi ce que tu fais, où tu es ! " Objectif premier, la mettre hors de portée de ceux qui pourraient l’atteindre... un peu plus qu’elle ne l’est. Tout en courant dans la rue pour rejoindre mon véhicule je la fais parler. De n’importe quoi ou presque. Le principal étant que derrière chaque sanglot qu’elle laisse échapper, derrière chaque inquiétude qu’elle émet, j’entends ses pas la porter loin de ce cimetière maudit, de cet endroit damné. « Je viens d’entrer dans le café. Tu dois entendre les bribes de voix. Je n’ai pas envie que tu conduises tout en téléphonant, c’est dangereux. Je vais me commander un café et je t’attends, Lulu. » " Ok." Au volant de ma voiture je jette mon téléphone sur le siège passager... et appuie sur l’accélérateur qui propulse mon engin à vive allure sur les rues pavées. 

Je ne suis pas très long à la rejoindre, la retrouver, accoudée au zinc d’un comptoir déglingué. Il est en aussi piteux état qu’elle l’est. Les yeux perdus dans le vague, elle reste pétrifiée devant son café. " Magda... viens ici ma grande. " lui dis-je en lui tendant les bras, où elle se réfugie volontiers. Les mots ne servent à rien. Devant une telle ignominie que rien ne peut justifier, il n’y a pas grand chose à dire... juste à encaisser. " Un autre. “ Commandais-je au serveur en montrant le breuvage brun foncé. " Tu as faim ? Et deux croissants s’il vous plaît. " L’homme hésite, me regarde avec une certaine perplexité. " Le même que celui de mademoiselle ? " " Comment ça ? " Un café est un café, non ? " Bébé... qu’as-tu fait ajouter dans cette boisson ?! " Je fronce les sourcils, prêt à lui faire la leçon, et me ravise. Après tout c’est peut-être elle qui a raison. Au diable les conventions ! J’essuie du bout des doigts une nouvelle larme qui vient de perler et caresse tendrement sa joue en lui adressant un sourire qui se veut rassurant. " Le même, c’est parfait. "


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Sujet: Re: The bittersweet between my teeth ( le Dim 29 Avr - 15:06 )
Son regard divague d’un point à un autre sans jamais laisser son attention s’y greffer. Magda erre mentalement mais revient toujours à ce cimetière, à l’image de la tombe de sa chère sœur souillée. Salie. Insultée. Elle n’arrivait pas à passer au dessus de la lâcheté. Ouais, la lâcheté de s’en prendre aux morts pour atteindre les vivants. Sahar n’avait rien fait de mal si ce n’est avoir Saddler en nom de famille. Sahar méritait juste d’être en paix. De reposer en paix. Un choc émotionnel que Magda a du mal à accuser. A digérer. Maintenant dans le café d’en face, entourée de personnes et d’un brouhaha incessant, la jeune femme a toujours les mains qui tremblent d’émotion. Son regard s’accroche à chaque personne qui rentre dans le café dans l’espoir de voir le visage rassurant et si familier de son Lulu. Lulu, ce grand ami de Sahar qui était devenu le sien avec le temps. Qui avait pris encore plus de place après le décès de Sahar. Il était devenu un pilier sur lequel la jeune femme s’était reconstruite pour supporter l’absence de Sahar. Le manque, l’horrible manque qui ne disparaissait jamais. Ses mains serrent le café que le serveur dépose sur sa table, se réchauffent et tentent de calmer les tremblements. Puis, elle porte la tasse à ses lèvres, l’odeur du whisky remplissant ses narines. Le goût de l’alcool ne tarde pas à prendre le dessus sur le goût du café. Ca a le don de calmer ses nerfs à fleur de peau mais hélas pas à calmer ses émotions en bordel. Il semblerait que seul Luciano en était capable aujourd’hui.

A l’écho de son prénom, son visage se tourne instinctivement vers Luciano qui est enfin là, ses bras qui s’ouvrent vers elle. Écrin de chair dans lesquels, la brune fonce tête baissée. Ses bras à elle le serrent fort. Très fort. A la hauteur de sa tristesse, de son désarroi. Dans ce geste, elle commence à ressentir de l’apaisement. Et dans les bras de Luciano, c’est un peu de Sahar qu’elle retrouve. Sa tête se secoue à la négative, elle n’a pas faim Magda. L’appétit coupé par les actes de charognes. Mais vu que Luciano commande deux croissants, un pour lui et un pour elle, Magda ne pourra refuser et le laisser manger seul. De toute façon, elle ne sait pas réellement lui dire non. Elle écoute toujours Luciano sauf quand elle veut n’en faire qu’à sa tête. Devant les sourcils froncés de Lulu, Magda détourne le regard comme une gamine prise la main dans le bocal à biscuit avant d’être rassurée par les mots de Luciano. Pfiou ! Une leçon de morale qu’elle semble avoir évité de justesse. « J’ai juste demandé un peu d’alcool fort dans mon café. Tu sais … pour faire accuser le coup. Ca revient presque à un café irlandais » Explique-t-elle tout en restant coller dans ses bras. « Et puis, il est bien l’heure de l’apéro quelque part dans le monde » Une excuse tout trouvée que tout le monde sort en cas de prise de boisson trop tôt. Baby se défait quelque peu pour retourner sur son siège mais ne lâche pas pour autant Luciano et pose sa tête sur son épaule. « Merci d’être vite venu, Lulu. Je suis désolée de t’avoir déranger au travail et de t’avoir fait te précipiter ici » Son doigt dessine des motifs imaginaires sur la table. « Qu’est ce qu’on va faire par rapport à la tombe de Sahar ? Qu’est ce qu’on peut faire ? » Désorientée, perdue, la jeune femme avait besoin d’une direction. Savoir quoi faire et surtout comme s’y prendre. Perdre sa sœur et apprendre à vivre sans elle avait été bien assez difficile pour elle et le reste, elle se sentait rapidement démunie.


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Sujet: Re: The bittersweet between my teeth ( le Lun 7 Mai - 21:51 )
Je ne pense à rien d’autre que de me dépêcher... Rejoindre Magda, la consoler. La protéger aussi. Je ne lui ai pas fait part de mes inquiétudes mais quelque part je sais que c’est elle qu’on veut atteindre en souillant la tombe de sa sœur. Dorénavant j’ai peur... peur que ces abrutis s’en prennent à elle directement. Ma nervosité se traduit par des gestes secs, presque brutaux. La musique classique qui s’échappe et se propage dans l’habitacle de mon véhicule ne parvient pas à me libérer de mon angoisse. Pire elle ne fait même que l’attiser. En général c’est plutôt Sienna qui écoute du Chopin ou du Mozart. Ça a toujours eu l’effet de l’apaiser. Moi là tout de suite je crois que j’ai plutôt envie de laisser parler mon agressivité. Un bon vieil AC/DC serait plus indiqué. Highway to hell en particulier.
Un frisson remonte le long de mon épine dorsale. J’ai la méchante impression d’être projeté en arrière et de renouer avec les mêmes sentiments d’impuissances et de colères qui ont suivi l’annonce du décès de Sahar. Sahar.... Je te promets que cette fois je ne les laisserais pas faire.
Réfléchir. Prendre un tant soit peu de recul. Me calmer. Parer au plus pressé. Me concentrer sur cette fichue route qui m’emmène tout droit vers ce cimetière où je refuse encore d’aller. Surtout ne pas imaginer la pierre tombale profanée.
Péniblement j’arrive à prendre une grande inspiration et décide de contacter le policier en charge de l’enquête sur le meurtre de mon amie. Lui et moi avons gardé contact quoiqu’avec le temps nos appels se sont de plus en plus espacés. Ses investigations n’ont pour l’instant rien donné de concret, mais peut-être qu'aujourd'hui il pourra récolter des indices qui lui permettront de reconstituer le puzzle, de dénicher la pièce manquante qui pourrait clore ce dossier. Ma poitrine se soulève violemment. Voilà à quoi elle est réduite maintenant... à quelques bouts de papiers et plus vraiment d’endroit où reposer en paix.

Je pousse brusquement la porte du bar et y pénètre à pas précipités. Le contraste est saisissant entre les gens qui commencent joyeusement leurs journées et Magda qui a l’air complètement perdue à leurs côtés. Je lui tends volontiers mes bras dans lesquels elle vient se réfugier. J’ai l’impression de retrouver un peu de la petite fille qu’elle était quand je l’ai rencontré... surtout au moment où elle baisse les yeux en m’avouant ce qu’elle a commandé. « J’ai juste demandé un peu d’alcool fort dans mon café. Tu sais … pour faire accuser le coup. Ca revient presque à un café irlandais. » Heureusement que je la vois croquer, sans aucune gourmandise, dans le croissant que le serveur a posé sur notre table. Tout en resserrant mon étreinte j’avale d’un trait ma boisson alcoolisée. Mine de rien il se trouve que moi aussi j’en avais besoin. « Merci d’être vite venu, Lulu. Je suis désolée de t’avoir déranger au travail et de t’avoir fait te précipiter ici. » " Tu as bien fait de m’appeler bébé, je serai toujours là pour t’aider tu sais. " J’embrasse tendrement ses cheveux aussi noirs que l’étaient ceux de sa sœur... mais toute l’affection que je lui prodigue est loin d’alléger le fardeau plus lourd à porter que jamais. « Qu’est ce qu’on va faire par rapport à la tombe de Sahar ? Qu’est ce qu’on peut faire ? » " Toi le moins possible ma grande... même si je crois que tu n’échapperas pas aux questions de l’inspecteur qui devrait bientôt arriver. Ne t’inquiète pas je vais rester à tes côtés... Et puis quand nous en aurons la permission j’aimerais que tu me donnes le droit de réparer tout ça. Je veux offrir à Sahar un lieu digne d’elle que plus personne n’osera toucher. "


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Sujet: Re: The bittersweet between my teeth ( le Lun 21 Mai - 12:18 )
Ses doigts serrent la tasse, de plus en plus fort. Simple contact pour tenter de se recentrer, se concentrer sur le moment présent, ici, là. Ne plus s’imaginer à l’autre bout de la rue, dans ce cimetière où l’horreur est devenue son seul horizon. Tenter d’oublier la vision du dernier lieu de repos de Sahar profané. Tout cela pour quelle raison ? L’atteindre ? S’amuser ? Remuer le couteau dans la plaie ? Magda n’avait pas besoin de ça. Pas de ça en plus dans son quotidien fatiguant. La présence de Lulu l’apaise, force ses angoisses à s’envoler pour laisser plus de place à une paix qu’elle sait fragile et bancale. Un rien pourrait suffire à la faire basculer dans l’anxiété. Sous la table, sa jambe s’agite, trahissant une certaine nervosité pendant que ces yeux  se posent sur le croissant servi à leur table entre temps. Mollement, ses doigts en cassent un bout et le portent à ses lèvres sans la moindre gourmandise, sans aucune motivation outre celle de faire plaisir à Luciano. Le rassurer aussi d’une certaine manière. « Je sais … » D’aussi loin qu’elle se souvienne, Luciano a toujours été là. D’abord greffé au cercle de Sahar, puis au fil du temps au sien. Son cercle d’ami à elle n’était pas très grand à l’époque : Lana et puis Stefan. Ca se résumait à peu près à ça. Les autres n’avaient pas grande importance. Les autres, elle ne s’ouvrait pas à eux, ne les laissait pas pénétrer dans son monde. Luciano, ça a été plus facile, c’était le meilleur ami de Sahar et si sa sœur lui faisait confiance, la cadette n’avait aucune raison de ne pas le faire. Et heureusement qu’elle l’avait fait, aujourd’hui, il était une des seules traces qui lui restait de Sahar, lui rappelant sa vie et non sa mort. Remplissant, sans jamais y parvenir totalement, le vide laissé.

Ses yeux se ferment un instant quand Lulu dépose un baiser dans sa chevelure, se risque à imaginer qu’à travers ce geste, c’est un peu Sahar qui descend d’où elle est pour la consoler. Lui rappeler qu’elle est là mais juste d’une autre façon. Une façon que malheureusement, Magda n’accepte pas, même après 5 années d’errance sans sa boussole. « Inspecteur ? … T’as appelé la police ? » En autre, ce qu’elle demandait surtout c’est si c’était Erio qu’il avait eu et si c’était Erio qui débarquerait. Son cœur rate un battement malgré elle. « Oui … hein ? Tu reste. » Pas qu’elle avait peur de se retrouver seule avec Erio, ça s’était déjà produit plusieurs fois mais la brune sentait que la présence de Luciano lui était nécessaire, elle était une extension de sa sœur disparue horriblement. Ses yeux se lèvent au ciel, rien que pour empêcher des larmes chaudes de rouler le long de ses joues. Ses dents s’enfoncent dans la chair de sa joue pour se contenir, retenir ce flot de larmes. Pleurer fait du bien, oui, mais en privé, quand elle est seule chez elle. Chialer en public, non merci. Que Luciano lui propose de lui ôter ce fardeau des épaules, de s’en occuper, ça la soulage, la libère d’un poids énorme. Elle pouvait cesser pendant un court instant d’être la femme forte et inébranlable qui n’hésite pas à tout prendre sur son épaule sans cligner des yeux. Sans se plaindre. Magda était aujourd'hui fatiguée, autant que son coeur l'était. « Tu n’as pas besoin de me demander la permission de réparer ce merdier » Mot sec qui sort de sa gorge car c’est bien ce que la situation est à ce moment précis : un gros merdier. « Sahar est tout autant ma sœur que la tienne. La seule différence c’est que nous avons elle et moi, les mêmes connards de parents » Ca aussi, elle le pensait très fortement mais ne l’avait jamais vraiment formulé en ces termes. Ses parents, ce n’était pas son sujet de conversation préféré. Son père, comme sa mère. « C’est ce que je veux aussi. Un lieu où tout cela ne pourra plus se reproduire. Plus jamais » Parce que c’était trop douloureux à vivre. Parce que ça faisait mal là où les plaies ne s’étaient pas cicatrisées. Une silhouette se présente à leur table, se présente à eux. « Bonjour ! Je suis l’inspecteur Rossi, est-ce vous qui avez appelé au poste pour une tombe saccagée ? » Se redressant, Magda quitte l’épaule de Luciano et fait face à celui qui n’est pas Erio. « Et l’inspecteur Mazzei ? » « Il n’a pas pu se déplacer. Il a reçu un appel urgent sur une de ses enquête » « Oh ! » Une lueur de déception dans le regard qu’elle met rapidement de côté. « Je vais vous poser quelque questions et ensuite nous devrions aller sur les lieux. Ca vous va ? » Soudainement muette, son regard se pose sur Luciano. Parce qu’il fallait  y retourner à ce foutu endroit ? Son cœur s’accélère. Non, elle n’en avait vraiment pas envie et le courage lui manquait. Sa main saisit le bras de Lulu, cherchant par ce contact à retrouver ce courage qui, lui aussi, s'était tiré la malle.


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Sujet: Re: The bittersweet between my teeth ( le Ven 1 Juin - 19:25 )
Je payerais cher pour être l’espace d’un instant, un court moment, une de ces personnes qui nous entourent dans ce bar. Ces gens sourient et discutent tranquillement. Je ne doute pas qu’ils aient eux aussi leurs problèmes, mais ils ont apparemment la chance de commencer leur journée par un rayon de soleil, un moment de légèreté, un instant pour souffler... et c’est un luxe que je peux de moins en moins m’accorder. Chaque matin je prends de bonnes résolutions que je ne tiens jamais, fais bonne figure devant mes amis, ma femme... ma maîtresse. Mais intérieurement je sens lentement, sournoisement le piège que j’ai moi-même fomenté, se refermer. Et ce ne serait que justice d’ailleurs... Le mensonge, la malhonnêteté ne rapportent jamais rien de bon, je le sais.
Je tente de faire le tri dans mes pensées, toutes plus moroses que jamais. Avant de les laisser totalement m’accaparer, j’opte pour un virage à 180º. Je me dois d’être présent pour Magda, elle a besoin de moi. De mon soutien, de mon sourire qui dans cet océan de tristesse s’efface doucement. Inexorablement. Irrémédiablement.
Heureusement elle ne voit pas mon visage, mes traits un peu trop inquiets et ma mine déconcertée. Ses yeux s’attardent sur le croissant posé en face d’elle, ses mains agrippent toujours sa tasse de café. Malheureusement l’affection dont je l’entoure ne suffit pas à soulager sa peine et je serais bien naïf de croire un seul instant que ma présence seule suffirait à la consoler. Malgré son jeune âge ma pauvre puce en a déjà trop bavé, la vie ne l’a décidément pas épargnée. Pire encore, aujourd’hui elle continue de s’acharner.

 
L’épreuve qu’elle traverse, que nous traversons, est pourtant loin d’être terminée ! Seul le fait de retrouver les salauds sans pitié qui n’ont apparemment en tête que de nous narguer, pourrait mettre un terme aux souffrances dont nous sommes en définitive les jouets. Leur entreprise macabre nous interdit encore aujourd’hui de panser nos plaies, de pleurer Sahar en toute liberté. Ils nous ont seulement permis de garder le maigre espoir d’avoir laissé par inadvertance une trace qui permettrait à la police de les retrouver. « Inspecteur ? … T’as appelé la police ? » " Il le fallait bébé... La profanation est un délit sévèrement puni et peut-être que cette fois les représentants de l'ordre attraperont ces chiens galeux sans scrupules, ces espèces d’... " Je me tais pour ne pas être un peu plus grossier. Pourtant cela me ferait un bien fou de pouvoir laisser s’exprimer la colère et la haine qui s’agitent au fond de mes tripes sans répit. Sans trêve. Sans sursis... Je ne le fais pourtant pas. À côté de moi se trouve ma baby plus incrédule encore qu’au moment de mon arrivé. « Oui … hein ? Tu reste. » " Je n’ai absolument pas l’intention de bouger !

Fébrilement nous attendons d’être interrogé. L’exercice n’est pas facile et il est surtout répétitif. Nous serons encore amenés à passer au gril, obligé de nous expliquer. Un peu comme si c’était nous les causeurs de troubles, les responsables de ce bourbier. Mais après l’avoir fait peut-être pourrons-nous remettre un peu d’ordre dans ce bordel et redonner à mon amie un lieu où elle reposera enfin en paix. « Tu n’as pas besoin de me demander la permission de réparer ce merdier » " Tu sais très bien que je ne ferai rien sans ton accord. " Ce à quoi elle me rétorque sans tarder. « Sahar est tout autant ma sœur que la tienne. La seule différence c’est que nous avons elle et moi, les mêmes connards de parents » " Magda... il est peut-être temps de faire table rase du passé, de pardonner... Ils ont fait beaucoup de grossières erreurs mais personne sur cette terre ne peut affirmer n’en commettre jamais. Moi le premier ! " Mais elle élude rapidement le sujet, je crains qu’elle ne remette encore ce vieux projet de voyage à Londres qui lui permettrait de revoir sa mère. L’urgence pour elle est se nomme Sahar, sa sœur à toujours été sa priorité. « C’est ce que je veux aussi. Un lieu où tout cela ne pourra plus se reproduire. Plus jamais » Je ne suis pas en mesure de lui promettre, mais je suis prêt à mentir pour la rassurer. " Promis bébé je vais m’en occuper.

Nous sommes interrompus par un homme qui vient d’entrer. « Bonjour ! Je suis l’inspecteur Rossi, est-ce vous qui avez appelé au poste pour une tombe saccagée ? » " Bonjour inspecteur c’est moi qui vous ai contacté. " Lui dis-le en lui adressant une poignée de main cordiale. " Luciano Morelli, enchanté.
La voix de Magda s’élève plus blanche que jamais. « Et l’inspecteur Mazzei ? » « Il n’a pas pu se déplacer. Il a reçu un appel urgent sur une de ses enquête » « Oh ! » Je lis la déception sur son visage... mais je n’ai pas le temps de m’y intéresser. L’agent de police commence son enquête sans tergiverser. « Je vais vous poser quelques questions et ensuite nous devrions aller sur les lieux. Ca vous va ? » Sa petite main s’agrippe à mon bras... Implicitement elle réclame mon aide pour ne plus être confrontée au spectacle désolant qui se trouve non loin de nous. À l’intérieur de ce cimetière désormais damné, hanté par certains fantômes que nous sommes inlassablement obligés de déterrer. " Mademoiselle Saddler répondra à toutes vos questions mais c’est moi et moi seul qui vous accompagnerais. "


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Sujet: Re: The bittersweet between my teeth ( le Ven 29 Juin - 13:04 )
Des cascades lui grimpent aux yeux, ces émotions qui se bousculent en son for intérieur, la laissant scotchée sur son siège. Kleenex pris en otage entre ses doigts, Magda serre aussi fort que l’angoisse qui lui empoigne la gorge, la colère mêlée à la tristesse formant lentement un cocktail incendiaire. Kérosène à la place du sang, il suffirait d’une étincelle pour y mettre le feu, pour qu’elle s’embrase tout entière, ne laissant sur cette chaise que les cendres d’une jeune femme qui essaie de tenir tête face à la vie. Parce qu’elle s’y essaie vraiment, magda, à essuyer tous les revers de la vie, à tenter de ne pas s’enfoncer plus dans des abysses, maintenir la tête haute malgré les blessures mais la bassesse de ce monde semble à chaque fois la happer, la dévorer pour la recracher sans douceur.  La brune acquiesce en silence, la science du bon sens et de la logique ayant pris la poudre d’escampette dans son esprit. Il aurait été plus judicieux d’appeler la police mais la jeune femme, scalpée par les images d’horreur, avait enclenché une descente aux Enfers fulgurante, laissant les obscurités prendre une certaine dominante. Son réflexe avait été d’appeler cette figure rassurante, ce pilier dans sa vie contre lequel elle pouvait s’appuyer avec une confiance aveugle. Combien de fois, Sahar l’avait fait, elle aussi ? Combien de fois avait-elle vu sa grande sœur pleurer sur l’épaule si solide de Lulu, y trouvant consolation quand elle, elle n’arrivait pas à calmer sa grande sœur. Sûrement parce qu’elle n’avait pas assez de force à l’époque, peut-être pas assez les épaules larges. « De connards arriérés qui mériterait une sodomie à sec ? » Voilà qu’elle devenait à son tour aussi vulgaire qu’un camionneur mais pour le coup, aucuns scrupules à scander ce genre de choses, à leur prédire un horoscope qu’ils méritent assurément. « Tu as bien intérêt » Air d’autorité feint pour se donner une contenance, camoufler les effluves de faiblesses qui émanent de toute part d’elle quand l’assurance qu’elle greffe à son aura de façon quotidienne s’étiole de minute en minute. Mais la présence de Luciano semble être une bouée de sauvetage à laquelle elle s’accroche. « Je sais bien, Lulu et pourtant, tu n’en as pas besoin. Je sais très bien que tes attentions sont les mêmes que les miennes » Qu’elle lui balance, sincérité dans les iris, sa main venant se caler sur son avant-bras. Contact qui trouve une fin dès les premiers mots que Luciano laisse sortir, devenant une frontière qui se bâtit malgré elle. Pardonner. Faire table rase du passé. Tout ce qu’elle ne peut faire ou ne veut pas, aussi. Par son silence, Magda élude le sujet, n’y saute pas pieds joints mais montre bien qu’elle n’en pense pas moins par son visage qui se ferme instinctivement. C’est un sujet sur lequel ils reviendront peut-être un jour mais pas aujourd’hui. Chaque jour son lot et ce jour en précis avait bien assez de fardeau à soutenir pour en rajouter une couche.

L’inspecteur Rossi rentre dans la scène, s’impose de cette autorité si particulière aux forces de l’ordre. Si la brune s’en sent rassurée, loin du danger, pas vraiment. La présence de force de l’ordre n’ont jamais empêché cet assassin de s’en prendre à sa sœur et d’être aujourd’hui toujours impuni. Plus que ça, c’est retourner dans ce cimetière qui taraude la cadette Saddler. Loin d’elle l’idée d’y remettre les pieds, de s’éviscérer à nouveau par la vue de ce fiasco esquissé par des lascars sans aucune foi ni moralité. Koala improvisé : ses bras se serrent autour de celui de Luciano alors qu’il prend les devants, prenant la responsabilité d’emmener l’inspecteur sur les lieux à sa place. Kidnappée dans une intonation qui se veut froide et impersonnelle, Magda part dans un récit, se voulant courage quand désespoir ne cesse de cogner à sa porte. « Comme à mon habitude, je rendais visite à ma sœur pour fleurir sa tombe et quelque chose n’allait pas. C’est une fois en face de sa tombe que j’ai pu voir que la pierre tombale était brisée… » Son regard se pose sur Luciano, pour trouver son soutien, se trouver du courage dans ses iris pour pouvoir continuer le récit qui lui serre le cœur. « A…Avec une flaque d’urine et une insulte taguée à la bombe » L’inspecteur en face d’eux griffonne quelque chose sur son calepin, le nez visé dessus. « Hmm … Hmm … Avez-vu quelqu’un aux alentours ? Des gens qui pourraient être restés pour guetter votre réaction ? » Tout s’était tellement vite déroulé dans sa tête puis le coup de fil à Luciano pour se sortir du pétrin. « J…Je pense pas … Je … Tout s’est déroulé bien trop rapidement » Un soupir s’échappe des lèvres de l’inspecteur qui continue de griffonner sur son calepin sans lui accorder le moindre regard. « Vous pensez pas quoi ? Qu’il y avait quelqu’un ou qu’il y avait personne ? Soyez plus claire » « Et vous ? Vous pouvez être un peu plus clair ? Vous pouvez faire quelque chose ou pas ? Histoire de savoir si au moins, à défaut du meurtrier de ma sœur, vous pouvez au moins choper la personne qui s’amuse à me faire chier et à pisser sur sa mémoire, hum ? » Voilà qu’elle s’emportait aussi, la brunette face au comportement de l'inspecteur qu'elle prend mal. « Parce que je connais la chanson. Si c’est pour me poser des questions et qu’il n’y a rien derrière, me faite pas perdre mon temps » « Madame… » « Madame quedalle ! Je pense que vous feriez mieux d’aller voir la scène par vos propres yeux et ensuite je répondrais à vos questions si vous en avez quelque chose à faire » « Bon … très bien. Monsieur, je vous attends à l’extérieur » Rangeant son calepin, l’homme prend congé d’un hochement de tête avant de sortir, attendant Luciano sur le trottoir. « Lulu, tu devrais y aller » Lâche-t-elle en le libérant de ses bras. « Je t’attendrais ici sagement » Promis, elle n’agressera personne d’autres, sauf si on la cherche.


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Sujet: Re: The bittersweet between my teeth ( le Mar 31 Juil - 20:08 )
Accrochés l’un à l’autre comme sur un rocher nous tentons tant bien que mal de ne pas sombrer, de ne pas tomber dans ce précipice qui semble nous appeler, nous capturer. Il serait pourtant si simple, si doux de s’y laisser glisser, de s’y laisser emporter ou sombrer. De capituler. D’abandonner. 
Je ne sais pas ce qui pourrait nous aider, au loin aucune lumière apaisante, aucun phare n’éclaire notre route, notre chemin pour oublier. Sans cesse et sans arrêt nous sommes condamnés à errer entre le désespoir et la peine. La douleur et le regret.
Un torrent se déchaîne, un orage gronde et secoue son corps frêle contre le mien. C’est ce chagrin que Magda veut expulser, chasser le plus loin possible à grand coup de larmes qui dégoulinent sur ses joues pâles. Un chagrin inconsolable, éploré. Un chagrin que je ne peux malheureusement pas consoler. Pourtant je suis là, mais impuissant, désarmé, inopérant. A part la serrer, que puis-je faire pour la consoler. Rien si ce n’est que de l’écouter, d’attendre patiemment et d’espérer qu’après la pluie vient le beau temps.

La félicité tant attendue n’est pas encore à l’ordre du jour. Ici et maintenant il n’y a que tristesse et amertume. Colère et lassitude. En plus du spectacle confondant de la sépulture salie et profanée va suivre un interrogatoire serré, sans pitié à laquelle nous allons devoir nous plier. Nous n’y sommes pour rien mais acculé. Résignés. Pas tant évidemment. Ma jolie brunette, ma fière rebelle, relève la tête. D’un ton sec et résolu, celui que je lui ai toujours connu, elle lâche sans pudeur ni retenue « De connards arriérés qui mériterait une sodomie à sec ? » Pour l’a première fois depuis son appel j’arrive à rire à gorge déployée. Un rire libérateur qui a un pouvoir inconsidéré. " Tu as raison ma grande, une sodomie à sec je n’y avait pas pensé. "

Se rire n’est que de courte durée. Malgré le bien qu’il a fait il est vite abandonné quand j’aborde un autre problème épineux qui ne l’a fait ni avancer ni progresser. Celui de ses parents. Comme moi c’est une enfant laissée de côté, délaissée. Elle ne veut pas en entendre parler. Sa croix s’appelle Sahar. Elle n’en portera aucune autre aujourd’hui.

Cette croix est dorénavant dure, trop dure à porter. Surtout quand l’inspecteur Rossi fait son entrée. Baby malgré tout entame son récit avec sincérité. Il est court-circuité par les questions du policier qui visiblement ne comprend pas, ne conçoit pas que nous sommes les victimes, les souffre-douleurs, les têtes de turcs des malfaiteurs que les autorités devraient arrêter. Magda le lui fait gentiment remarquer. « Et vous ? Vous pouvez être un peu plus clair ? Vous pouvez faire quelque chose ou pas ? Histoire de savoir si au moins, à défaut du meurtrier de ma sœur, vous pouvez au moins choper la personne qui s’amuse à me faire chier et à pisser sur sa mémoire, hum ? » " Ce que Mademoiselle Saddler veut dire c’est que nous sommes las d’attendre que vous fassiez enfin votre métier ! " Ma main serre la sienne. Pendue à mon bras. La soutenir est mon seul objectif, mais voilà que je m’emporte moi aussi. Ne comprend -il pas que nous sommes fatigués, excédés de recevoir des coups, des beignes que nous sommes incapable de renvoyer. « Bon … très bien. Monsieur, je vous attends à l’extérieur.» " Je vous y rejoins. " Avant de rejoindre l’inspecteur qui patiente désormais, je jette un dernier coup d’œil à ma baby. « Lulu, tu devrais y aller » " Je sais oui. Tu ne bouges pas ma puce, je reviens. " « Je t’attendrais ici sagement. » " A tout de suite, ça ne sera pas très long. " Tête baissée je rejoins celui qui doit m’accompagner vers ce que je ne veux pas voir... " Trés bien Monsieur Rossi allons y qu’on en finisse au plus vite. "


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