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- Rencontre fortuite ? -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Le Coeur de Naples :: Rues du centre
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Jane InvanovLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Rencontre fortuite ? ( le Ven 16 Mar - 22:22 )

rencontre fortuite ?
Jane Invanov & ESKIL SVENDSEN

Le soleil tend à se coucher en cette fin d’après-midi. Un soleil salvateur que j’apprécie. Comme cette ville que je découvre un peu plus chaque jour en promenant mon fils. Celui que j’ai attendu tant d’années. Je déambule en couvant du regard mon bébé qui mâchouille tranquillement son jouet.
Malgré les doutes et la fatigue mon sourire ne s’éteint jamais. Heureuse je le suis, depuis que je suis ici. Pour toujours Naples restera dans mon cœur comme l’endroit où nous avons fondé notre famille Nicolaï et moi.
Depuis qu'il est entré dans nos vies je ne me lasse pas de le regarder, de le voir grandir et faire chaque jour de nouveaux progrès. Quoi qu’il fasse, il m’émerveille, me fascine, me remplit de fierté. Son existence n’a pas commencé sous les meilleurs hospices et il à déjà dû affronter tant épreuves. L’abandon, l’absence, la peur. Il est si petit et pourtant tellement courageux à nos yeux.

Je sais que tôt ou tard nous seront confrontés aux questions légitimes de Luka, qu’il cherchera à savoir d’où il vient et qui sont ses parents biologiques. J’espère juste qu’à ce moment précis il ne perdra pas de vue que nous sommes et resterons à jamais à ses côtés pour l’épauler et le soutenir.
Malheureusement pour eux ce n’est pas le cas de chaque enfant. Tout le monde a bien conscience que certains d’entre eux souffrent de cruautés. Il n’y a pas besoin d’ailleurs d’aller très loin pour s’en rendre compte. Moi-même en tant que psychologue je me suis souvent retrouvée devant de réels déchirements de la part de jeunes laissés-pour-compte, rejetés par les adultes censés leurs porter un regard bienveillant.

Pour l’instant la question ne se pose pas vraiment puisque je suis en congé, mais maintenant que je suis maman j’ai de plus en plus peur d’avoir du mal à répondre aux attentes de ceux qui viendront me consulter... sans m’impliquer plus qu’il ne le faudrait. Mes pensées s’envolent d’ailleurs vers mon premier patient italien. Un jeune garçon, sans parents pour l’aider. Il essaye de s’en sortir mais malgré ses jeunes années son parcours est déjà très compliqué. Trop compliqué. Son père n’a pas fait face à ses responsabilités et sa mère, la pauvre, s’est faite assassiner. 
Il a pourtant trouvé les ressources pour relever la tête, pour substituer malgré la peine et la douleur. L’art notamment. Mais un souvenir le hante. Celui de cette affreuse soirée ou au lieu de voir sa maman sur le palier il s’est retrouvé nez à nez avec un policier.

Mon grand psychiatre de mari me l’a pourtant assez répété... je ne dois pas prendre autant à cœur le passé de mes patients. Je ne dois pas non plus ressentir trop d’empathie ou de sentiments pour eux. C’est pourtant plus fort que moi. J’ai de l’affection pour lui, pour sa bravoure et sa détermination. Pour son allure négligée, aussi, qui me rappelle irrémédiablement celle que mon époux avait à son âge. Et puis... Je n’aurais jamais dû y songer, mais si nous avions eu des enfants auparavant je crois qu’ils auraient pu lui ressembler. 
Une étrange sensation m’envahit que je sais pourtant analyser. Je suis sur le point d’outrepasser les règles, de me laisser encore dépasser.
Mes pas se dirigent malgré moi vers le l’université. Je n'ai que très peu d’espoir de l’y trouver et sans doute qu’ainsi l’ordre des choses serait respecté... pourtant j’y vais.
Chance ou pas je l’aperçois avec son skate sous le bras. Alors je marche dans sa direction, l’air faussement détaché. " Eskil ! C’est un plaisir inattendu de te rencontrer. " Je cherche rapidement un prétexte, vraisemblablement mauvais, pour expliquer la raison de ma présence dans ce coin du quartier. " Pour tout t’avouer je me suis perdue. C’est une aubaine de tomber sur quelqu’un que je connais qui soit susceptible de m’aider. Tu aurais un peu de temps à m’accorder ? "


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Sujet: Re: Rencontre fortuite ? ( le Lun 23 Avr - 12:17 )

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Jane Invanov & ESKIL SVENDSEN
L’ennui sonne comme le pire des supplices, surtout quand aucun divertissement ne semble pouvoir compenser les paroles lourdes d’informations et de cette langueur assommante. Certains enseignants ne devraient pas obtenir leur diplôme, à la simple prévision du désespoir qu’ils feront vivre à leurs élèves. A moins qu’il ne soit rempli de compétences mais que je ne sois pas en mesure de me concentrer sur ce qu’il raconte ? Je ne suis pas réactif, ni même attentif, aux faits qu’il présente et aux exercices qu’il nous demande d’entreprendre. Les mathématiques n’ont jamais été un domaine dans lequel j’excellais, mais j’ai toutefois la sensation que cela empire en ce moment. Je crois que je parvenais à laisser traîner un peu de motivation auparavant, à l’idée que je verrais Owen à la sortie de mon cours. Maintenant, l’impossibilité de cette rencontre me laisse ce goût amer de chagrin qui s’imprègne de tout mon dynamisme d’antan. Il me donnait le moyen de me concentrer, de me plonger dans ce cours ennuyeux, parce qu’il représentait comme un encouragement, une récompense, chaque fois qu’il apparaissait devant l’entrée de l’amphithéâtre. Je sentais même ma poitrine vibrer à sa vision, et mon sourire s’agrandissait immédiatement. Là, je ne sens plus que l’amertume, la peine qui me donnent envie de m’effondrer quand son absence se fait aussi flagrante à la fin de l’enseignement. Pas d’Owen. Pas la moindre trace de cet énergumène qui provoquait facilement mon rire. Dans mon cœur s’impose alors le vague à l’âme, cet état mélancolique qui me rend morose.

Je me balade à travers les couloirs, avec le skate sous le bras et cet air maussade collé sur le visage. Ne plus être en contact avec lui est difficile à endurer. Je suis responsable de notre distance naturelle, puisque j’ai repoussé ses sentiments, ses envies de faire de nos deux êtres individuels un « nous » qui s’ancrerait en nous, de telle sorte que l’on deviendrait un couple complice et amoureux. L’idée était prometteuse, me tentait au fin fond de moi… mais Danilo restait une raison trop importante pour ne pas me lancer dans ce qui pourrait n’être qu’une amourette. Je ne désire pas créer une déchirure au fond de son âme, ni lui donner un sentiment d’abandon. Je veux le rendre heureux, comme un remerciement camouflé pour tout ce qu’il a fait pour moi. Je veux le protéger à mon tour, pour qu’il ne se sente jamais à la dérive. A bout de souffle. Je songe à ces pensées néfastes en quittant l’université mais quelqu’un me surprend, me fait  regagner la réalité. Je croise le doux visage de ma psychologue et lui souris sans tarder. Je l’ai toujours trouvée splendide, rayonnante, avec ses cheveux dorés et ses airs bienveillants. Elle ressemble tellement à ma mère. Ses traits sont bel et bien différents, mais elle a ce quelque chose d’identique qui donne la certitude qu’elle ne me blessera jamais. « Bonjour Docteur Ivanov ! » Je commence par lui répondre, avant de reprendre : « … Jane. » Je repris rapidement les bonnes habitudes auxquelles elle m’a formé. Je suis censé l’appeler par son prénom, c’est ce qu’elle me disait de faire lors de nos séances. Elle m’explique ensuite qu’elle est perdue, qu’elle est arrivée ici par hasard et me réclame son aide. Ne voyant aucun danger, et plutôt une alternative à cette douleur qui commençait à me dévorer, je hoche la tête positivement. « J’allais rejoindre Danilo, mais je peux le prévenir que j’aurais un peu de retard. » Je pense qu’il comprendra mon retard, il sait à quel point Jane me procure un bien fou. Elle remet parfois mes attitudes en question, me pousse à m’exprimer sur des sujets sensibles et à verser quelques larmes devant elle, mais je sens une puissante émotion m’envahir chaque fois que je suis auprès d’elle. Je me sens en sécurité. Alors j’accepte sa proposition, parce que j’ai un besoin évident de me confronter à ses jugements, à sa tendresse démesurée. « Vous deviez aller où, pour vous retrouver en pleine université ? » Elle me détourne alors de Danilo sans le vouloir, trouvant une immense joie à l’idée de passer du temps avec elle. « Je suis content de vous voir en tout cas ! Nos rendez-vous m’ont manqué. » J’admets ensuite, avec un sourire franc, comme si notre relation était devenue plus qu’intime et que cela dépassait la relation habituelle d’un patient-médecin.
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Sujet: Re: Rencontre fortuite ? ( le Dim 6 Mai - 22:23 )

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Jane Invanov & ESKIL SVENDSEN

Je suis plus que consciente que ce que je fais n’est pas conforme à la déontologie ni à l’éthique des règles qui régissent ma profession. Je sais que chacun de mes pas me conduisant tout droit vers l’université m’emmènent dans la mauvaise direction. Pourtant je me rapproche de plus en plus de ma destination. 
Sans doute que la voix intérieure, celle de la raison, qui m’ordonne de faire demi-tour ne crie pas assez fort... Il faut dire que je l’étouffe avec une bonne dose d’arguments plus mauvais les uns que les autres. Il m'est plus facile de penser qu’Eskil a peut-être besoin de moi, que je ne voudrais pas qu’il croit que je l’ai abandonné, plutôt que de m’avouer que je ne devrais pas agir de la sorte. Alors je me laisse doucement persuader, bercer par l’illusion que mon comportement a une certaine valeur morale. C’est vrai qu’à ce petit jeu je suis très forte, peut-être même une championne... La reine de la mauvaise foi c’est moi !
Ma conduite me ramène irremediablement quinze ans en arrière. C’est là que tout a commencé, c’est là que j’ai perdu pied. Mon couple était au bord de l’implosion... pour éviter de penser que les bras qui serraient la taille, ou que sais-je encore, de Nicolaï n’étaient plus les miens, je me suis réfugié dans mon travail. Il a toujours cru que je n’étais pas au courant de sa liaison... pourtant je savais que toutes les réunions, les colloques qu’il inventait n’étaient que des prétextes pour la retrouver. Mais je l’aimais et priait jour après jour pour qu’il se souvienne de la promesse, du serment qu’il m’avait fait un après-midi d’été. Pour le meilleur comme pour le pire, dans la richesse comme dans la pauvreté, dans la santé et dans la maladie, jusqu'à ce que la mort nous sépare... 
Si j’ai réussi à passer outre son infidélité c’est que je m’imputais en grande partie les raisons de son adultère. Je me suis longtemps reprochée de ne pas pouvoir lui donner l’enfant qu’il attendait, celui que moi aussi je désirais. Ardemment. Profondément. J’ai alors inventé toutes sortes de subterfuges pour échapper à la réalité. Dont celui de suivre mes patients... Je suis même allée jusqu’à devenir l’amie des proches de certains d’entre eux pour influencer leurs choix, écrire l’histoire à ma manière... à défaut de pouvoir changer la mienne. 

Aujourd’hui j’ai envie de croire que c’est pour les bonnes raisons que je veux voir mon jeune patient. Entre lui et moi le courant est immédiatement passé, alors que c’est en général plutôt difficile de se confesser à un parfait inconnu même s’il s’agit de son thérapeute. Nos séances me paraissent trop courtes et je le regardais toujours partir à regret. J’aurais aimé pouvoir le rassurer un peu plus, le protéger, lui prendre la main quand il pleurait, au lieu de lui tendre simplement un paquet de mouchoirs. Quelques fois je déteste mon métier... et le fait qu’il m’interdit d’éprouver pour lui de la tendresse, une certaine forme d’affection, une inclinaison.
Perdue dans mes pensées je me retrouve rapidement là où je ne devais pas être. Surtout nez à nez avec Eskil qui me sourit gentiment. En découvrant son air maussade et ses traits tirés j’ose me féliciter un court instant d’avoir cherché un moyen de le rencontrer. Lui aussi semble content de me revoir, instantanément nous retrouvons la même proximité et le même enthousiasme de partager un moment ensemble pour pouvoir discuter. « Bonjour Docteur Invanov ! … Jane. » Il n’a pas oublié qu’il devait m’appeler par mon prénom, ni les bonnes manières que sa maman lui a inculqué. Malgré le fait qu’il n’ait plus vraiment en âge de rentrer directement après les cours il veut prévenir son père adoptif - enfin leur relation est un peu plus compliqué - de son retard. « J’allais rejoindre Danilo, mais je peux le prévenir que j’aurais un peu de retard. » " J’espère que vous n’aviez rien prévu de particulier, je ne voudrais pas gâcher vos plans si vous en aviez ? " Je mens une fois encore. En fait je suis plutôt satisfaite de l’éloigner un tant soit peu de cette accointance que je trouve trop nocive pour lui, trop dur à gérer. « Vous deviez aller où, pour vous retrouver en pleine université ? » " Je rentrais chez moi à Santa Lucia. Apparemment j’ai pris la mauvaise direction... ou pas puisque ça m’a permis de te croiser. Mes collègues t’ont expliqué la raison de mon congé ? Est-ce qu’ils t’ont proposé de prendre le relais ? " Je sens intrinsèquement qu’il a besoin de se confier. « Je suis content de vous voir en tout cas ! Nos rendez-vous m’ont manqué. » Cette fois je ne me suis pas trompée, cette déclaration spontanée vient de me le prouver... et je suis sur le point d’outrepasser un peu plus encore les limites que m’imposent mon activité. " Est-ce que tu as assez de temps pour m’accompagner ? On pourrait en profiter pour bavarder ?

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Sujet: Re: Rencontre fortuite ? ( le Dim 13 Mai - 9:05 )
Je ne devrais certainement pas être aussi enjoué en croisant ma psychologue attitrée, encore moins lui montrer avec autant d'aisance. Cette joie qui me traverse en sa présence est un sentiment grandissant et incontrôlable. Chaque fois que j'ai une consultation avec elle, l'affection qui me rattache à elle est de plus en plus intense. Je plonge dedans sans tarder, avec l'engouement qui m'envahit quand j'ai l'occasion de profiter d'un moment avec elle. « Rien de particulier, on allait sûrement se poser à la maison, lui avec sa paperasse et moi mes révisions. Avant de dîner. » Et de faire l'amour intensément, dans une étreinte lascive entre deux âmes esseulées, chamboulées par trop de tourments enchaînés. Je ne lui partage pas cette réalité, parce que Jane la connaît et ne la tolère pas vraiment. Je n'ai pas envie que Danilo soit jugé, pointé du doigt alors qu'il m'apporte tant de bienfaits. Jane m'interroge sur la raison de son absence et sur la possibilité que je me sois exprimé avec les autres. On m'a mis au courant sur son adoption et son congé maternité, mais je ne voulais pas me confronter à ses collègues. « Oui mais je n'avais pas envie de leur parler. » Je voulais que ce soit elle ou personne d'autre. J'avais pourtant beaucoup d'amertume, de chagrin à canaliser, évacuer, j'avais profondément besoin de ses conseils en ce moment. Plusieurs fois j'avais versé quelques larmes et je m'étais souvent réfugié sur la tombe de maman, pour tenter de reprendre un peu contenance. Je voulais Jane. J'étais comme un gamin qui attend, impatient et déboussolé, et qui espère que ce serait elle, la prochaine interlocutrice que je croiserais ou aurais au téléphone. Aujourd'hui, mon vœu s'exauce. Elle est enfin devant moi, après plusieurs semaines sans nouvelles. Sa présence me fait un bien fou. J'avais pourtant compris, en apprenant la nouvelle, qu'elle n'était pas vraiment ma mère, même si je l'avais bien trop souvent associée à ce rôle-là. Je ne lui avais pas confié ma vie comme ça, c'est parce qu'elle a autant de ressemblances avec celle que j'ai tant aimée et admirée que je lui avais tout livré avec facilité. Mais Jane allait faire sa vie de son côté et en oublierait bien vite le gamin troublé que j'étais. « Vous êtes maman, oui, il paraît. » Je commence à résumer la situation qu'on m'a présentée. Je souris mais j'ai de la difficulté à dissimuler la douleur que cette réalité a provoqué en moi. « Vous devez être comblée de bonheur. » C'est un simple constat que j'énonce, qui me semble évident si elle a attendu ce moment-là depuis un certain temps. « Ça se passe bien ? » Je lui demande même si un patient ne devrait pas s'intéresser à son existence. Je ne peux pas faire autrement, j'ai besoin de savoir ce qu'elle vit, si j'ai le droit de me faire une place dans son coeur. Parce qu'elle en a dans le mien. « Oui avec plaisir. On n'est pas très loin de l'autre, j'habite dans le quartier Chiaia alors c'est sur ma route. On irait plus rapidement en métro-bus qu'à pieds, moi j'ai l'habitude de me déplacer en skate. Mais c'est comme vous préférez. » Je lui propose ce qu'elle préfère, je connais le chemin à emprunter pour chaque moyen de transport. « Vous allez reprendre le boulot quand ? » C'est une manière de savoir combien de temps il faudra attendre pour reprendre nos conversations, et indirectement, de lui transmettre le manque important que je ressens à son égard. Je crois que je n'ai pas le droit de lui avouer plus précisément, de montrer une véritable attache à cette femme censée représenter une autorité compétente et à l'écoute. Elle est beaucoup plus pour moi, et en la croisant par hasard, en ressentant autant de joie, c'est encore plus évident. Je m'accroche alors à elle pour ressentir cette pointe de bonheur qui m'a quitté en l'absence d'Owen dans ma vie.


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Sujet: Re: Rencontre fortuite ? ( le Jeu 24 Mai - 19:35 )

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Le moins que l’on puisse dire c’est que je ne vais sûrement pas remporter le trophée de la psychologue de l’année. Je me retrouve devant Eskil loin du cadre rassurant qu’offre une consultation dans un cabinet. Un cadre rassurant, pas seulement... il est à juste titre instauré pour empêcher certaines dérives et inciter le patient comme son thérapeute de ne pas franchir les limites qui pourraient nuire à leur objectif commun. La guérison !
Face à l’enthousiasme à peine dissimulé que provoque notre rencontre -que j’ai sciemment provoqué- je me sens démunie. Soudainement, insidieusement je regrette d’avoir cédé à la tentation. Aussi bienveillante qu’elle eût été je ne devrais pas être ici à ses côtés. Ce n’est pas pour moi que je tremble, non. J’ai peur pour son bien-être, j’ai peur d’avoir mis en péril tous les progrès que nous avions fait jusque-alors pour qu’il retrouve le chemin de l’apaisement.
Pourtant il est trop tard pour reculer et je l’écoute docilement me parler de ses projets. « Rien de particulier, on allait sûrement se poser à la maison, lui avec sa paperasse et moi mes révisions. Avant de dîner. » Malgré moi je lui souris parce que je sais qu’il occulte une partie de la vérité. La fin de soirée où ils se retrouveront pour s’aimer. Physiquement.  Pour moi cette relation charnelle n’a pas lieu d’être, je considère que son père adoptif abuse pour le moins de son autorité... comme j’abuse de la mienne en ce moment ! " Alors tant mieux si je ne bouscule rien d’important. "

Face aux complications qu’induit ma présence ici, je ne vois plus qu’une seule posture à adopter. Je dois lui avouer ce que je ressens réellement pour lui. De la tendresse. De l’affection. Un sentiment profond qui m’oblige, qui m’ordonne de prendre soin de lui, de veiller sur son bonheur. Un peu comme le ferait une maman... Parce qu’il est là le nœud du problème. Je me sens plus ou moins investi de ce rôle envers lui ou plutôt de celui d’un guide, d'un référent qui l’aiderait à prendre les bonnes décisions. Rôle que je ne peux réellement endosser si je reste sa psychologue. Un espoir renaît... Et s’il s’était confié à un de mes collègues durant mon absence ? Si un autre que moi pouvait me relayer tout serait plus simple à gérer. « Oui mais je n'avais pas envie de leur parler. » " Je suis très honorée de la confiance que tu m’accordes Eskil... mais tu aurais peut-être dû essayer. Tu as besoin d’échanger peut importe ton interlocuteur. Quoiqu’il en soit je suis contente de pouvoir t’expliquer de vive voix la raison de mon absence. C’est à cause de ce jeune homme-là. " Je désigne du doigt mon petit Luka. « Vous êtes maman, oui, il paraît. » Son regard s’attarde à peine sur la poussette... Évidemment parler de mon fils le renvoie immédiatement à sa propre enfance et à sa maman qui lui manque tant. « Vous devez être comblée de bonheur. » " Nous le sommes, c’est vrai. " Je ne veux pas m’appesantir sur le sujet, afficher mon bonheur familial ne ferait que rouvrir les plaies que mon jeune patient a trop de mal à cicatriser. A ça aussi j’aurais dû y songer ! « Ça se passe bien ? » " Plutôt oui... Si ce n'est que je rêve d'une grasse matinée ! " J’élude au plus vite ce sujet sensible. Je ne lui raconte pas comme je chéris mon merveilleux bébé. Je ne lui dis pas non plus l’amour que je ressens ni la particularité du lien que je tisse jour après jour avec mon enfant. Je me concentre sur la mine d’Eskil qui fait de son mieux pour dissimuler le voile de tristesse qui a soudain assombri ses prunelles... Jusqu’à présent elles souriaient. Je sens qu’il est urgent pour lui de parler, et je ne peux, ne veux me dérober. Je lui propose de m’accompagner. « Oui avec plaisir. On n'est pas très loin de l'autre, j'habite dans le quartier Chiaia alors c'est sur ma route. On irait plus rapidement en métro-bus qu'à pieds, moi j'ai l'habitude de me déplacer en skate. Mais c'est comme vous préférez. » " A pied me convient tout à fait. Je ne me lasse pas du soleil d’Italie. Ce qui n’est pas étonnant puisque je viens du Royaume Uni. " J’espère surtout engager la conversation sans être dérangée par la promiscuité qu’offre les transports en commun. « Vous allez reprendre le boulot quand ? » " Très vite Eskil... Dis-moi, si tu abandonnais ce vouvoiement protocolaire pour aujourd’hui ? " Un pas de plus qui mène notre relation vers de l’amitié...


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Sujet: Re: Rencontre fortuite ? ( le )
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