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- The last goodbye (Caruso & Others) -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Autour de Naples
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Amalia CardelliniLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: The last goodbye (Caruso & Others) ( le Ven 30 Mar - 20:47 )


The last goodbye


Musique : Lay Me Down


Lundi 26 Mars 2018.
La chute. Je n’aurais jamais cru un jour avoir aussi mal en tombant de ma hauteur sur le sol aseptisé de l’hôpital. Ce n’était pas la douleur physique qui me faisait mal. Celle au cœur. J’oubliais tout, ma fonction de docteur, le lieu, les gens autour, juste une personne était dans mon esprit. Giovanni. Giovanni Caruso et ces quelques secondes alors que les mots du chirurgien qui venait de l’opérer sans succès résonnaient dans ma tête, tout à propos du frère Caruso refaisait surface dans ma tête. Son visage, sa voix, des bribes de souvenirs, ces derniers instants où je l’avais vu ce matin. Jamais je n’aurais cru en me levant en ce lundi à ses côtés qu’il ne serait plus là ce soir. Au grand jamais. Peu importe si je ne ressemblais plus à rien, si je me décomposais de l’intérieur. L’image de femme forte s’écroulait et ma fragilité explosait au grand jour. Mon confrère se baissait à ma hauteur, la main sur mon épaule à me murmurer des excuses et des condoléances. Il me fallut de longues secondes et peut-être mêmes minutes avant que je ne reprenne mes esprits et que je me sente capable d’aligner quelques mots. Essuyant mes larmes qui ne seraient pas les dernières, j’annonçais « Je veux le voir. Où est-ce qu’il est ? ». Le médecin m’indiqua la salle dans laquelle il se trouvait mais qu’il me fallait attendre encore quelques minutes avant de le retrouver. Il m’y amènerait personnellement. Dans cette attente qui me paraissait interminable, j’appelais la famille Caruso pour les prévenir, on m’avait proposé de le faire à ma place mais je tenais assumer cette partie difficile. Jusqu’au bout, je serais là.

Dès que j’en eus l’autorisation, je le rejoins, ce corps apaisé et inanimé. Mon chagrin envahissait toutes mes voies respiratoires et je chassais aussi tôt que possibles ces larmes qui m’empêchaient de le voir, encore une fois. Elles revenaient tout aussi vite. Le docteur me laissa seule en m’indiquant que Desi était au bloc opératoire pour une manipulation assez complexe et qu’il serait averti juste après. J’acquiesçais et pris un tabouret pour m’installer près de ce lit sur lequel il était allongé. Instinctivement je pris sa main, froide. Je serrais ma mâchoire nerveusement, le regardais silencieuse en me forçant à parvenir à lui dire ce que je voulais lui dire. Les mots ne vinrent pas aisément en raison de ce nœud dans ma gorge, je peinais à réaliser ce qui se passait. Mais lorsque j’effleurais sa joue du bout de mes doigts, je comprenais doucement qu’il ne poserait plus sa main sur la mienne, qu’il ne me regarderait plus comme il le faisait avec son regard pétillant, que je n’entendrai plus sa voix grave et suave, qu’il ne me prendrait plus dans ses bras avec un sentiment de protection…. Alors je lui parlais, jusqu’à ce que je ne sois plus seule dans la pièce.


Jeudi 29 Mars 2018
Depuis lundi, je ne dormais pas ou à peine quelques heures. A chaque fois que je rouvrais les yeux ou me retournais dans le lit, j’espérais qu’il soit là. Dans tous mes gestes quotidiens, je souhaitais sa présence et imaginais presque qu’il surgirait dans la même pièce, qu’il dirait quelque chose. Et à chaque fois j’étais dans le silence le plus complet. Seule face à moi-même. Je n’avais presque pas mangé non plus et on s’envoyait des messages, avec mon entourage. C’était encore trop dur de parler et d’avoir une discussion sans éclater en sanglot. Dès que je parlais de lui à haute voix, c’était encore pire. Une seconde j’étais calme, plongée dans des souvenirs qui se voulaient joyeux, l’autre seconde je pleurais à chaudes larmes.  Je savais très bien que revoir sa famille ce soir là nous ferait forcément pleurer, tous. Mais il fallait que nous parlions de la cérémonie qui aurait lieu le lendemain, vendredi.

Je ne travaillais pas depuis Lundi, on m’avait accordé une semaine de congé. Presque tous les jours depuis le 26, je recevais des fleurs à la maison. Le bar à vin avait lui aussi fermé car Lyla et Augusto avaient pris du temps pour faire le deuil eux aussi. Ils étaient venus me voir le mardi. A 18h30, je jetais dans la poubelle le mouchoir qui devait être le dernier du paquet.  Au moins cinq paquets avaient été vidés plus tôt. J’étais fatiguée de pleurer, c’était dur de me dire que ça ne cesserait jamais. Parce que jamais il ne reviendrait. En prenant sur moi, je me dirigeais vers la salle de bain pour me préparer et les larmes se mêlaient une nouvelle fois à l’eau qui coulait du pommeau de douche. Peut-être que l’eau qui tombait atténuerait le son de ma voix. Mais en vain, je m’entendais quand même. Misérable. J’en sorti les yeux rouges, le regard vide. Je fis mon sac car cette nuit, je restais dormir chez les Caruso, ma famille.  Depuis que j’avais rencontré Giovanni, ils étaient devenus ma famille. J’étais une des leurs et rien n’y changerait.  Je pliais convenablement une tenue de circonstances pour demain et quittais la maison à 19h30. Cela ne prendrait qu’une vingtaine de minutes en voiture pour me rendre chez Chiara et Alessio.

Finalement cela me pris environ 35 minutes étant donné que je dus m’arrêter sur le bas côté de la route histoire de me ressaisir. Puis j’arrivais enfin chez eux. Dès que la porte s’ouvrit, le visage de Chiara qui semblait moins ravagée par les pleurs que moi me fit encore une fois pleurer toutes les larmes de mon corps. Je n’eus même pas le temps de la saluer. Ma main qui tenait un petit bouquet de roses pour les lui offrir tremblait. Dans ses bras j’eus un peu de mal à contenir ma tristesse. Je saluais ensuite Alessio puis elle me fit entrer en refermant derrière. Je connaissais bien la maison depuis le temps. J’avançais dans le salon pour y trouver Mia qui était sur le canapé. « Mia… » soufflais-je d’un ton peiné. Telle une sœur, je l’enlaçais fort dans mes bras et lui caressais le dos quelques secondes d’un geste réconfortant. En me détachant d’elle, j’esquissais un très léger sourire, sachant qu’il fallait reprendre un peu de self-control. « Ça va aller, d’accord ? On va…. on va lui rendre un bel hommage…. et tenir le coup… pour lui....  » dis-je à voix basse quelques instants après. Il aurait voulu, qu’on aille de l’avant et qu’on continue. Je tenais ce discours sans en être moi-même convaincue mais, c’était la cadette alors forcément je prenais le rôle très à cœur de me montrer forte.

Chiara me proposa à boire et j’acceptais un verre d’eau. « Tu as travaillé cette semaine ? ». Je tentais tant bien que mal de prendre une conversation ‘normale’ dans des circonstances qui ne l’étaient pas.

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Mia Caruso10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
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Sujet: Re: The last goodbye (Caruso & Others) ( le Lun 9 Avr - 9:49 )

   
THE LAST GOODBYE (Caruso & Others)
Once upon a time, a little girl was raised by monsters. But angels burned the doorways to their world, and she was all alone.
Mia n’aurait jamais cru que la douleur pouvait être aussi intense. Que les larmes finiraient par couleur seules sans qu’elle s’en aperçoive. Que son cœur se briserait à chaque pensée. La peur, le vide, la solitude. Voilà le point de sa douleur. Ce fait que plus jamais, elle ne verrait le visage de son frère. Que plus jamais elle ne l’entendrait rire aux éclats. Que plus jamais elle ne partagerait de moment avec lui. Le choc des mots, du temps. Elle aurait aimé que cela n’arrive jamais, même si au fond, c’était presque inévitable. Surtout quand on connaissait Giovanni. Mais au fond, cela n’aurait jamais dû arriver, elle était furieuse qu’il n’est pas respecté le souhait de sa famille de faire plus attention, de lever le pied. Elle lui en voulait de l’avoir abandonner ainsi. De devoir presque se débrouiller seule maintenant. Bien sûr, il avait Guiseppe et Desi, mais rien ne serait pareil sans Giovanni. Elle en était persuadée. Au début, elle n’y avait pas cru, préférant reculer l’échéance de la souffrance. Pourtant, c’était la réalité et aucuns mensonges ne pourraient changer cela. Au fond, elle en était consciente. Quand sa mère avait décroché le combiner de téléphone et que Mia avait vu les larmes et la douleur sur son visage, il ne lui avait fallu pas une minute de plus pour comprendre ce qui venait d’arriver. Ce drame que chacun avait un jour regretté qu’il arrive. Le pire, c’était de se sentir impuissant face à ça. De ce dire que l’on a tout essayé pour que ça n’arrive pas mais que le mur était bien trop haut pour se fissurer. Elle était en train de se rendre compte que son monde avait cessé de tourner avant même qu’on ne lui prononce la sentence. Comme si, à partir du moment où le téléphone avait sonné, elle s’y était attendue. A ce moment, elle avait rejoint d’un grand pas sa mère qui était sur le point de s’effondrer. La douleur de perdre un enfant devait être bien au-dessus de celle de perdre un frère. Même si dans les deux cas, la douleur était semblable. Elle voulait être forte pour ses parents, mais c’était au-dessus de ses forces. Elle voulait simplement succombée à la tristesse, à la terreur et au néant. Elle resta à la maison familial, pour rester auprès de ses parents, mais aussi parce qu’elle n’avait clairement pas le courage d’affronter le monde extérieur. C’était encore trop tôt, encore trop dur. Et puis, cela ne faisait que quatre jours qu’elle avait appris la « nouvelle » alors il lui faudrait encore des jours, voire des mois avant d’affronter les autres sans paraitre à bout de tout. Le pire, c’est que les choses avaient été bien trop vite depuis et elle avait l’impression de manquer d’air, étouffer par toutes cette paperasse. Elle avait refusé que sa mère sans occupe et elle était donc obligée d’organiser l’inévitable. Cet enterrement qui mettrait officiellement un point final à la vie de Giovanni Caruso.  Pour autant, personne n’avait envie d’oublier cet homme. Installée dans le canapé, Mia vérifiait encore et encore que tout serait prêt pour la cérémonie, que rien ne viendrait interrompre ce moment important. Cet au revoir à un fils, un frère et un petit-ami. Le fait de s’occuper l’esprit, l’éloigner un peu de la douleur mais sans vraiment y mettre un terme. Puis, elle s’apprêta à ranger le tout, quand un coup à la porte l’arrêta dans son mouvement. Elle se retourna vivement en souhaitant apercevoir l’invité. Etait-ce ses frères ou Amalia ? Oui, ils devaient se retrouver ce soir, enfin, elle avait perdu toutes notions du temps donc elle n’était plus certaine de savoir réellement quel jour il était. Sans surprise, ce fut Amalia la première à venir. Son masque s’effondra alors qu’elle quittait le canapé pour venir se jeter dans les bras de la brunette. Elle se sentait soulagée de sentir un corps ferme et réel contre le siens mais le fait que la jeune femme était seule ce soir lui fit prendre conscience que son imagination avait ses limites. Elle hocha la tête comme si c’était la seule chose de censée à faire. De toute manière, elle n’était même pas certaine de pouvoir encore parler. Cela faisait quatre jours qu’elle n’avait communiqués avec personne hormis des échanges de messages. Quatre jours qu’elle avait passés dans ce canapé et n’en avait bougés que pour se rendre aux toilettes et à la salle de bain. Elle avait l’impression de devenir complètement folle mais pourtant, elle ne faisait pas le moindre effort pour que cela change. Elle indiqua de la tête le canapé qui était encore recouvert des différents papiers. Elle respira un bon coup, pensant que cela l’aiderait à retrouver la parole. Mais elle ne put se résoudre. Alors, elle hocha la tête de gauche à droite pour stipuler que non, elle n’avait pas été au refuge depuis le vendredi de la semaine dernière. Elle n’était même pas certaine de pouvoir remettre les pieds au refuge. Sara, sa patronne et son amie, avait accepté qu’elle prenne son temps, qu’elle revienne quand les choses iraient mieux. Elle ne savait simplement pas quand cela serait. Elle haussa les épaules comme pour s’excuser de ne pas avoir de mot à sortir. Comme pour s’excuser de ne pas avoir été là au bon moment. Et puis, ses yeux se posèrent sur le visage de la jeune femme et les larmes se mirent à fondre sur son visage, ne lui laissant aucun répit.
   
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Amalia CardelliniLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Re: The last goodbye (Caruso & Others) ( le Mer 11 Avr - 16:40 )


The last goodbye


Musique : Someone To Stay


C’était effrayant. Cette sensation de vide, ce manque que rien ni personne ne comblerait. Ce saut dans l’inconnu. J’étais seule. Seule et incomplète Giovanni était ma moitié, et une partie de moi s’en était allée le lundi précédent. Jamais je n’aurais imaginé que ça puisse arriver. Il prenait des risques, certes, avait conscience de négliger sa santé, c’est vrai également, mais jamais au grand jamais j’aurais pu penser une seconde que notre histoire serait brutalement finie. Par la force des choses. Depuis que je connaissais la date de la cérémonie d’enterrement, et en raison de la relation qu’on entretenait jusqu’alors, je me préparais avec grandes difficultés à un petit discours, quelques mots que je pourrais dire le moment venu. L’idée qu’il y ait ce dernier au revoir me faisait paniquer car c’était la fin. La fin de tout et de façon concrète. Je n’en voulais pas, de cette fin. De cet au-revoir qui achèverait mon cœur. Cet au-revoir qui me terrifiait au plus haut point. Revoir sa famille n’était pas évident non plus car nous manifestions avec générosité et naturel notre soutien, nous nous aidions et en même temps, se voir nous rappellerait constamment l’être cher. Pour certains, un fils, d’autres un frère et pour moi, mon âme sœur. Il y avait des airs de Giovanni dans sa famille et ça ne changerait pas, ils me le rappelleraient toujours. Quant à moi, me voir seule accentuerait le fait qu’il ne soit désormais plus à mes côtés. C’était irréversible et en même temps il m’était impossible de couper les ponts. On était une famille les uns pour les autres et rien n’y changerait désormais. Pas après tout ce qu’on avait vécu ensemble, les moments partagés et cet affect si particulier qui me liait au Caruso.

La boule au ventre je rejoignais le domicile parental sachant que je devais les retrouver pour discuter du lendemain. J’espérais trouver les mots, la force suffisante pour apaiser Mia, lui affirmer avec assurance que ça irait. Je me mettais d’ailleurs dans ces conditions avant de faire irruption chez eux. J’avais décidé d’arrêter de pleurer à tout bout de champ et de me ressaisir. Une âme en peine en plus n’était pas ce dont ils avaient besoin. Je me trompais. Pleurer ensemble comme sourire, rire… c’était un tout. Ça faisait partie de la peine puis de la reconstruction avec le temps.

A l’instant où Mia m’ouvrit la porte, je la serrais fort contre moi en lui caressant doucement le dos par un mouvement circulaire de ma main. Je sentais qu’elle craquait, et le contact visuel était pour quelque chose. Sans trop tarder je la rejoignis sur ce canapé plein de paperasse dont elle en dégagea une partie le temps que Chiara aille chercher un verre d’eau. Elle était la plus forte, en apparence. Ma belle-mère aussi, je l’avais enlacée en lui adressant ma désolation d’un simple regard. Pour tout le monde c’était difficile. Je m’assis alors à côté de Mia afin de commencer une discussion basique. Du moins essayer. Le nœud à la gorge, le nœud au ventre et cette envie de pleurer ne me quittaient pas. A croire qu’ils deviendraient mes fidèles compagnons pour un certain moment. « Ça ne fait rien, tu as besoin de temps. Tu iras lorsque tu te sentiras capable d’affronter le regard des autres, prends le temps nécessaire » lui conseillais-je sachant que je retournerai à l’hôpital d’ici quelques jours pour reprendre le boulot. Je tenais finalement le discours pour deux, en faisant les questions et les réponses. La cadette de la famille était complètement amorphe, déboussolée et incapable d’aligner des mots pour former des phrases cohérentes. Mais je comprenais tout d’un simple regard, de part son attitude, cette fragilité flagrante. Alors je devais aussi la rassurer comme je pouvais, comme le ferait une grande sœur.« Rien ni personne n’aurait pu l’empêcher ou l’arrêter de faire de la motocross, ni aucun sport d’ailleurs. C’était son moteur. Il en avait besoin et… ». Je prenais de nouveau sur moi pour ne pas craquer à mon tour, regardant alors vers Chiara qui m’apportait ce verre d’eau. Sa main se posa un court instant sur mon épaule et je posais la mienne par dessus, comme pour un remerciement silencieux. « … c’est arrivé. C’est arrivé mais il n’y a personne que l’on peut ni doit blâmer… ». Je bus qu’une demi-gorgée d’eau avant de reposer le verre sur la table face au canapé où je me trouvais.

« Vous savez autant que moi combien il était têtu. Mais… » mon regard se portait tour à tour sur Chiara, Mia puis Alessio fit irruption dans la pièce. Ce beau-père si bienveillant, ce père aimant. Je m’interrompis également pour aller le saluer et à chaque fois je réalisais ne pas être capable d’aller jusqu’au bout de mes phrases. « … mais il a toujours fait ce qu’il aime, en tout temps et toute heure ». Je ne revenais pas sur ce passage où je lui avait causé du mal aussi, par l’épisode de la Syrie. Contre mon gré bien sûr. « … si je peux me permettre de le dire, je pense que c’était un homme heureux…. ». Je regardais de nouveau la jeune femme à côté de moi, qui avait de jolis yeux noisettes masqués sous un voile humide. Amicalement, fraternellement, je posais ma main sur son genou « …. il mérite d’avoir une belle cérémonie. Et on ne l’oubliera pas. Jamais ». Sentant malgré mon self-control les larmes venir, je passais ma main rapidement au bord inférieur de mes yeux afin d’éviter toute démonstration de faiblesse. Le père de famille prit alors la parole pour exprimer à son tour son ressenti, suivit et soutenu par la mère. « La cérémonie est à 10h30 demain matin n’est-ce pas ? Est-ce que… vous vous auriez une idée même approximative de combien nous serions ? ». Je ne le savais moi-même pas, entre la famille, les amis et les personnes qu’il connaissait via son boulot. Enfin, ses deux boulots si je pouvais dire. Je repensais à Lyla qui était passée avec Augusto, évoquant qu’ils aimeraient organiser un lieu de réunion après la cérémonie, au bar de Giovanni. Histoire de se remémorer les bonnes choses à son égard, boire un verre et grignoter quelque chose. Timidement je demandais ainsi à la famille présente s’ils étaient d’accord pour cela.

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Giuseppe CarusoToujours frais après un litre de café
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Sujet: Re: The last goodbye (Caruso & Others) ( le Mer 11 Avr - 20:17 )


Sagement assis sur une chaise du patio, Giuseppe s’est extirpé du salon pour enflammer une cigarette. L’ainé de la famille Caruso est très calme, plus qu’en accoutumé, mais personne ne semble en mesure de lui en tenir rigueur. Il tient le coup, fait de son mieux pour rester digne et être une épaule solide pour tous ses proches. Il essaye d’aider son père et sa mère a géré ce décès trop soudain. Il fait en sorte de soutenir Amalia dans toutes les démarches administratives qu’il redécouvre depuis le décès de leurs grands-parents, sous un angle tout nouveau. Il tient son rôle à sa perfection, sans doute avec bien trop de zèle, mais cela lui permet de camoufler au plus profond de son être cette cruelle déchirure qui menace de s’imposer à lui. Son regard est sombre, absent tandis qu’il embrase sa cigarette dans un silence total. Il regarde parfois son téléphone, tente de gérer les affaires de la famille en plus de cette disparition. Le travail l’empêche de sombrer, de laisser cette sensation de douleur extrême s’imprégner de son être. Elle est pourtant bien là, logée au sein de son cœur. Elle rend sa respiration lourde et difficile. Il finit par écraser la cigarette dans un cendrier et finit par rejoindre le salon où Amalia et Mia semble être arrivé. Il lance un faible sourire à sa mère avant de venir masser doucement son épaule avec bienveillance, il fait de même avec son père avant de le faire auprès de sa sœur, dans un salut discret. Il vient embrasser son front dans une étreinte douce et délicate. Il reste silencieux, écoute attentivement les propos d’Amalia. « Oui, c’était un homme heureux. C’est ce que nous ne devons jamais oublié. » Il déclare solennellement dans une voix faible avant que ses parents ne s’expriment. Il quitte sa sœur pour rejoindre Amalia, déposer ses mains sur son épaule avant de baiser son front dans un geste fraternel. « J’ai envoyé des faire part de deuil à une liste d’une centaine de personnes. » Il déclare simplement en venant prendre place sur l’accoudoir du canapé. « Je pense qu’on peut aisément supposer que nous serons une centaine pour la cérémonie. Par contre, je suis d’avis pour qu’on se concentre sur les amis proches et la famille pour ce qui est la réunion après la cérémonie. Il n’a pas forcément envie de devoir faire bonne figure devant tout le monde. Il n’est pas certain de tenir le coup, mais il se rangera à l’avis de tout le monde. « D’ailleurs, une idée où on pourrait la faire ? Un endroit où on n’aurait pas à gérer toute la logistique ? » Il n’a aucune envie de donner une telle difficulté à ses parents ou à l’un de ses proches. Il veut juste qu’ils puissent faire leur deuil, en famille, près des leurs.



☆☆☆ Il faut d’abord savoir ce que l’on veut, il faut ensuite avoir le courage de le dire, il faut enfin l’énergie de le faire.
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Sujet: Re: The last goodbye (Caruso & Others) ( le Mer 11 Avr - 22:14 )



The Last Goodbye
Caruso and others





Lentement, Desi expira la fumée de sa cigarette, le regard perdu dans le vague, frissonnant légèrement alors qu’une bouffée de vent printanier venait le cueillir devant cette bâtisse qui lui paraissait soudain si grande, si difficile à affronter. Mais il ne pouvait éternellement se cacher dans son bloc opératoire, à accueillir la vie pour éviter de faire face à la mort. Dommage, car il n’aurait peut-être pas ressenti cette atroce sensation d’asphyxie. Brutalement, il arracha les restes de son mégot de sa bouche et les écrasa par terre avant de piétiner les cendres d’un coup de talon rageur, exutoire pitoyable à sa douleur dévastatrice. Son cœur qui commençait seulement à revivre continuait de battre mécaniquement dans sa poitrine, cependant, il était à nouveau froid et mort, morne muscle sans relief. Pour la énième fois, les larmes menacèrent de le submerger. Il les ravala pourtant. Il ne pouvait continuer à se laisser aller de la sorte, à se reposer sur Giuseppe. A la place, son poing se serra brusquement, alors qu’une bouffée de colère l’envahissait contre ce monde injuste qui le privait peu à peu de tous ceux qui lui étaient chers, comme si l’univers se jouait de tous ceux portant le nom de Caruso, les maudissant pour être heureux.

La culpabilité ne cessait de le tourmenter. Et surtout, il se haïssait d’avoir privilégié son travail à sa famille même au moment fatidique, même si personne ne savait ce qui le rongeait. Le soir fatal, comme d’habitude, Desi avait su qu’il serait en retard pour leur dîner de famille. C’était presque une routine, chez eux, de le voir arrivé essoufflé, alors que tout le monde se trouvait déjà attablé pour s’excuser platement. Et comme d’habitude, il n’avait pas appelé pour reporter. Evidemment. Quand son portable avait sonné, il n’avait pas décroché. Après tout, il avait la main dans un utérus ! Et puis son bippeur avait vibré. Une fois, deux fois, trois fois. L’interne avait regardé à sa demande. Ce n’était pas une urgence médicale. Il avait décidé de l’éteindre. Son portable avait à nouveau résonné. Agacé, il avait ordonné à l’interne malheureux de décrocher et d’expliquer qu’il était légèrement occupé. Le môme avait pris l’appel, pâli avant de murmurer doucement qu’il voudrait peut-être vraiment répondre. Et Desi l’avait vertement réprimandé, lui rappelant au devoir de se dévouer à leurs patients, peu importe la situation. S’il avait su … Il aurait pu demander à un collègue de finir, aux internes de refermer. Il aurait pu descendre aux urgences … Peut-être le voir encore vivant, pour quelques instants, lui dire au revoir une ultime fois, observer la poitrine de Giovanni s’abaisser et se soulever, écouter sa respiration. Mais il ne l’avait pas fait. Parce qu’il était occupé. Encore et toujours. Son dernier souvenir serait donc ce corps froid qui ne lui ressemblait pas, qui n’avait rien en commun avec la chaleur de Giovanni Caruso, celle qu’il offrait aux autres dans ce sourire taquin qu’il aimait tant, qu’il arborait en goûtant et vantant un bon vin … Le héros de son adolescence était parti. Et son cœur, un peu plus, partait avec lui, avec les fantômes de sa vie.

Il pénétra dans la maison, aussi discrètement que possible. Giuseppe, qui l’hébergeait, se tenait là, ainsi que ses parents, Mia qui était arrivée manifestement avant lui, et Amalia, qui n’avait pas reparu à l’hôpital depuis une semaine. Lui-même, au contraire, n’avait pris qu’un jour de congé, trop heureux de s’abrutir dans le travail. Chacun menait son deuil comme il le pouvait. A l’inverse, il avait préféré rejoindre son aîné, alors que leur sœur avait opté pour la solitude. Il était impossible de dicter la manière de procéder. La seule chose qu’il savait, c’était que la douleur ne disparaissait jamais. Elle diminuait, mais la plaie béante demeurait à vif. Peu importe qu’un mort ait été heureux. Il était mort. A quoi le bonheur lui servirait-il désormais ? A rien. Cette vérité cruelle l’enrageait davantage, aussi il préféra rester silencieux, dans l’ombre. Ce ne fut que quand l’aspect logistique fut évoqué qu’il se décida à s’approcher, et à souffler sans préambule, incapable de faire la tournée pour éviter de craquer un peu plus :

« Je peux téléphoner à l’entreprise qui s’est chargée de … »


Il déglutit.

« Enfin, que j’ai prise il y a deux ans. Ils ont été très bien … »

L’enterrement d’Angela avait été sobre, conforme à leurs souhaits. Le repas lui, avait été joyeux, comme Desi l’avait voulu également.

« … Et ils peuvent s’occuper de tout … On peut reprendre la même salle pour le repas … Je n’ai eu à m’occuper de rien … Enfin, hormis donner mon avis sur des détails quand je savais que c’était important … »

Doucement, il ajouta :

« Est-ce que … Giovanni avait fait part de ses dernières volontés ? Pour la cérémonie et pour … »

Nouvelle déglutition.

« Ce qu’il désirait après ? Est-ce que vous … en aviez parlé avec lui ? »
Fiche codée par Koschtiel



   
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Sujet: Re: The last goodbye (Caruso & Others) ( le Ven 13 Avr - 11:39 )


The last goodbye




La famille était réunie et c’était à la fois un moment reposant de savoir que l’on était tous là à ce soutenir, savoir qu’il n’y avait personne de son côté, que cette peine commune, nous la surmonterions ensemble. L’instant n’était pas des plus joyeux certes, mais on pourrait le qualifier de rassurant du fait de la présence de chacun. D’un regard, je remerciais Giuseppe pour la démarche qu’il avait effectué pour les invitations. Je m’étais permise d’aller choisir des fleurs et prévoir les démarches à suivre pour la cérémonie. Mia elle, s’occupait de la paperasse avec l’aide de ses parents visiblement. J’avais eu ce triste constat en arrivant dans le salon.

J’étais sur le point d’évoquer le bar à vin, étant donné que Lyla et Augusto avaient suggéré cela mais Desi qui revenait lui aussi dans la même pièce proposait une autre alternative. Lui aussi, devait digérer cette difficile nouvelle. Cet homme en apparence fort mais si fragile qui avait perdu sa femme également quelques années auparavant. J’acquiesçais d’un geste de la tête en le regardant, et lui accordant une pleine confiance. « Je pense que ça peut être bien, si… vous êtes d’accord aussi » confirmais-je en regardant tout le monde. « J’irai toucher deux-trois mots à Lyla et Augusto qui pensaient accueillir les proches en petit comité, je crois que être dans le bar à vin serait… quand même difficile. Dans l’immédiat » dis-je.

Le frère de Giovanni évoqua alors une partie presque essentielle de toute cette procédure. Les volontés du défunt. Je regardais autour chacun d’eux, laissant place à la discussion ou l’échange possible mais j’avais une enveloppe, dans mon sac. Une enveloppe qui contenait une lettre écrite par Giovanni. Il m’avait dit l’avoir écrite apparemment en février, lorsque nous nous étions remis ensemble. Nous avions tous deux eu, en aparté une discussion sérieuse sur la vie, les risques, la mort aussi. J’avais été considérée comme tel l’année précédente et cela ne faisait même pas 6 mois que j’étais revenue. Le grand brun avait réalisé combien tout cela ne tenait qu’à un fil, combien tout cela était fragile alors il avait écrit pendant toute une nuit. Je l’avais retrouvé le matin assit à son bureau, endormi avec une enveloppe sous sa main et un stylo pas encore refermé. Il y avait d’écrit sur la lettre « Farewell Letter ». Une lettre comme les lettres d’adieux, faisant également office d’un testament olographe qui pouvait être déposé chez le notaire pour avoir une valeur juridique. Il m’annonçait en avoir écrit deux, une pour nous - moi et la famille Caruso - et une pour le notaire qu’il déposerait le lendemain. Initialement, je trouvais ça stupide, je ne voulais pas imaginer ma vie sans lui, qu’il lui arrive quelque chose alors je refusais d’entendre ce qu’il avait à dire.

Aussi têtu qu’il était, il me saisit le bras pour me forcer à écouter ce qu’il avait à dire. Il avait réalisé tellement de choses en quelques mois, fait le point sur diverses observations, m’avait-il it. Il avait conscience de sa condition cardiaque également et je lui disais que je pouvais m’en occuper, mais qu’il fallait qu’il ait un suivi médical plus régulier, et surtout qu’il écoute les recommandations des confrères. Mais qu’il pourrait vivre longtemps. Il le savait, que sa vie pouvait encore être bien longue et remplie. Cependant, Gio était un homme plus responsable qu’on ne le pensait et conscient de ce qu’il pouvait perdre à tout moment. Alors il avait préféré prendre ses précautions et écrire une lettre, ce qu’il avait sur le cœur. Cette lettre serait à ouvrir après sa mort, en famille. Il m’avait dit espérer que ça soit le plus tard possible, dans un avenir très lointain. Mais qu’il faudrait l’ouvrir.

Le morceau de papier était scellé et rangé au fond d’un tiroir de bureau. J’y avais pensé pendant 1h et complètement oublié par la suite pour profiter justement de cette vie. Les semaines avaient défilé, et nous en étions là. Aujourd’hui, en fin Mars, sans cet homme qui représentait tant pour moi. Avant de venir chez les Caruso, je m’étais saisie de cette enveloppe non ouverte bien sûr. J’ignorais le contenu de cette dernière mais rien qu’à y penser à cet instant, je m’affaiblissais et sentais déjà mes mains trembler et ma voix vaciller. Ma main fouillait alors dans ce sac rempli de choses inutiles, futiles. « hum…. je ne sais pas s’il vous en avait fait part, mais … hmmm il a écrit une lettre. Il y a quelques temps de ça. Au cas où. Et… ». Je trouvais le papier que je pris alors en main hors du sac en poursuivant « … il m’a dit que c’était par pure précaution. Et qu’il faudrait l’ouvrir ensemble, quand le moment serait venu ». Un nœud se forma dans ma gorge et un mon cœur ripa. J’imaginais pas que ça serait aussi tôt. Je n’étais pas prête…. légèrement en doute, faiblarde et surtout interrogative, je demandais alors à la famille « …. je… je la lis ?… ». On ne savait pas ce qu’il y serait écrit et c’était effrayant. De me dire que les mots inscrits sur la feuille blanche seraient choisis par mon bien aimé, aurait été sélectionnés par lui-même et j’avais peur du contenu de cette lettre. Lire quelque chose de lui à ce stade, sans sa présence mais prolongeant cette dernière d’une certaine façon m’en faisait presque perdre les mots.

J’attendais l’approbation générale avant d’ouvrir alors cette enveloppe bien fermée et de poser le contenant vide sur la table parmi le reste de la paperasse avant de déplier une lettre qui faisait bien trois voire quatre pages. La douce écriture de Giovanni laissait paraitre noir sur blanc qu’il y avait passé du temps, et qu’il avait visiblement beaucoup de choses à dire. Encore une fois, je regardais tour à tour sa famille avant de me lancer dans une lecture très posée, ponctuant sur les mots et souriant lorsqu’il faisait de l’humour. On le retrouvait bien, dans cette lettre. Gio et sa personnalité unique. Cette bonté humaine. La lettre était touchante et il m’arrivait de marquer des poses lorsque certains passages devenaient difficiles à lire. Parfois je levais les yeux afin de vérifier si tout le monde tenait le coup à cette lecture délicate et si je pouvais poursuivre.



Giovanni Farewell Letter:
 


A un moment donné, je ne pus continuer, c’était au dessus de mes forces et Mia eu le courage de prendre la relève pour terminer la lecture. C’était une belle lettre et bouleversante à la fois. Des frissons parcouraient mon corps à chaque fois que j’entendais autant d’attention de sa part, même après son départ. C’était un homme entier, Giovanni Caruso. Mon bien aimé. Mon cœur criait, à l’intérieur mais je n’y pouvais rien. Je dus me saisir d’un mouchoir pendant la lecture de la cadette pour atténuer ces larmes qui délaissèrent une marque salée sur mes joues.

D’ailleurs, j’étais presque sans voix dès lors qu’elle eut prononcé les derniers mots. « … je crois qu’on sait ce qu’il nous reste à faire alors…. hmm ? » dis-je d’une voix très suave après des secondes de silence, toujours abasourdie par cette lettre.

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Dernière édition par Amalia Cardellini le Lun 16 Avr - 14:05, édité 1 fois
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Mia Caruso10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
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Sujet: Re: The last goodbye (Caruso & Others) ( le Lun 16 Avr - 10:02 )

   
THE LAST GOODBYE (Caruso & Others)
Once upon a time, a little girl was raised by monsters. But angels burned the doorways to their world, and she was all alone.
Mia n'arrivait pas à comprendre comment on pouvait souffrir autant. Elle détestait au plus profond cette sensation de vide, d'abandon et de solitude. Même si elle savait qu'elle était plus entourée que jamais. Et au fond, ça la rendait presque heureuse de pas être seule dans la douleur. Elle était enfoncée dans le canapé, refusant presque la vérité. Les choses ne pouvaient pas être ainsi, ce n'était pas la vérité et elle finirait par se réveiller. La présence d'Amalia à ses côtés ne fit qu'augmenter la souffrance de son coeur. Avec la brunette, elle comprenait que la réalité n'avait pas d'autres alternatives. Et pourtant, il fallait se rendre à l'évidence que le monde continuait de tourner. La présence de ses frères dans la pièce apaisa sa douleur un instant. Elle écoutait de sa position, sans intervenir. Préférant que les choses se déroulent sans qu'elle ait besoin d'intervenir réellement. Comme si c'était plus facile qu'on oublie sa présence. Elle écoutait, en hochant la tête quand c'était nécessaire. Après tout, son avis ne comptait pas plus qu'un autre. Ce n'était pas de son ressort de juger de la situation. Elle s'occupait simplement de la légèreté auprès de ses parents. Restant une épaule solide en surface, mais une éponge trouée à l'intérieur. Quand les choses devinrent sérieux, elle releva la tête et se concentra sur les échanges. Elle ne voulait pas oublié un élément de cette journée. Malgré sa proximité avec Giovanni, elle n'avait jamais abordé la question de la mort avec lui. Elle n'avait jamais osé demander ce qu'il souhaitait si ça arrivait un jour ou inversement. C'était presque un sujet tabou pour elle. Quand Amalia parvint à intervenir sans flancher, elle fronça les sourcils. Son frère avait donc écrit une lettre pour le jour où les choses tourneront mal. Il avait tout prévu depuis le début. Elle se sentait blessé de ne pas avoir été dans la confidence plutôt, cela lui aurait peut-être permis de moins se prendre la tête sur des détails, même insignifiants. Elle écouta attentivement chaque mot que prononçait Amalia en lisant la lettre, chaque mot que son frère avait écrit. Chaque mot choisi à la perfection. C'était agréable de se dire qu'un bout de cet homme était présent sur cette lettre. Qu'on pouvait le retrouver dans ces mots. Mia sentit que la brunette était entrain de flancher et que les choses étaient devenues trop dur, elle prit donc tendrement la lettre de ses mains pour continuer la lecture. Elle souriait presque en se rappelant le visage de son frère tout en parcourant la lettre. De toute évidence, c'était bien lui. Mia arrêta sa lecture, un fin sourire aux lèvres. Elle plaça la lettre près de son coeur et chuchota entre ses moustaches « Tu me manques tellement bordel. » Elle releva les yeux et les posas tour à tour sur les membres de sa famille. Oui, ils savaient quoi faire maintenant. C'était évident qu'il avait tout prévu et que la facilité se présenter maintenant devant eux. « Il aurait dû en parler, ne pas garder ses choix pour lui. C'est dur.. » Elle regrettait de ne pas avoir pu prévoir cet événement. De ne pas avoir réagit correctement. Elle le détestait presque de l'avoir laisser dans l’indifférence. Elle aurait dû être là pour lui dire qu'il fallait dire stop. Mais ça n'avait pas été le cas. En échange de tout mot, elle se propulsa dans les bras de l’aîné. Cherchant réconfort et solidité.
   
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Sujet: Re: The last goodbye (Caruso & Others) ( le Lun 16 Avr - 19:42 )


« C’est une bonne idée, Desi. » Il déclare au sujet de la remarque de son petit frère lorsqu’il évoque de faire appel à la même entreprise que pour sa défunte épouse. Il sent la fébrilité qui empreigne l’échine de son petit frère, alors il se contente juste de lui offrir un sourire bienveillant, mais faible. « Je n’ai pas souvenir qu’il ait évoqué ses désirs à ce sujet. En tout cas, pas avec moi… » Il murmure dans un ton faible, car cela le perturbe profondément. Il ne sait pas quoi rajouter, se retrouve bien trop à court de mots pour pouvoir exprimer ce qu’il ressent. Alors, il garde le silence, ne s’exprime que lorsqu’il le juge nécessaire. Il ressent de plein fouet l’émotion de tous les membres de sa famille. Il s’efforce d’y faire face, de ne pas flancher, mais c’est un exercice résolument pénible. C’est alors, qu’Amalia fait mention d’une lettre que son jeune frère aurait écrit. L’attention de la famille se porte alors sur cette découverte. Elle demeure silencieuse, ne montre aucun signe d’impatience à la lecture de cette dite lettre. L’idée de son existence perturbe l’ainé de la famille qui sent un poids lourd peser sur sa poitrine. Cela lui fait prendre conscience que Giovanni avait déjà envisagé la possibilité qu’il pouvait partir à tout instant. C’est un constat difficile à encaisser. Il inspire profondément, est attentif à la lecture de cette lettre qu’il leur a adressée. Le message est poignant et lourd de sens. Chaque mot déposé sur ce morceau de papier est un fragment de l’âme de son petit frère, des pensées qu’il gardait dans son esprit et qui sont exprimés par la voix larmoyante de celle dont il était follement amoureux. Les paroles de son petit frère transpercent son âme. Il ne dit mot, mais l’émotion lui prend à la gorge tandis que ses prunelles s’imbibent d’une fébrilité certaine et profonde. Sa respiration est difficile, mais il ne verse aucune larme, bien trop réservé et pudique pour flancher devant ces proches. Mia prend la suite d’Amalia lorsque la lecture devient trop pénible pour celle qui a partagé la vie de son frère. Cela ébranle l’ainé, lui retourne les tripes de découvrir le contenu de ses désirs au sujet de ses funérailles. Il se pince la lèvre, serre les bras autour de sa poitrine pour contenir son émotion. Mia s’exprime au sujet de cette lettre. En temps normal, il lui aurait dit que tout le monde n’a pas forcément cette aisance a parlé de ce moment fatidique, mais il n’en fait rien, car il a conscience que sa voix flancherait, qu’il ne pourrait camoufler cette émotion qui le prend farouchement en traître. Alors, il se contente juste de hocher la tête pour valider les propos des deux demoiselles avant de venir ouvrir ses bras pour laisser Mia se perdre dans ses bras. Il l’étreint avec douceur et bienveillance. Il lui apporte le réconfort qu’elle semble avoir besoin en venant caresser doucement son dos dans des gestes circulaires. Il fait de même avec ses bras. La famille reste silencieuse durant un petit moment avant qu’il n’exprime doucement : « On lui fera cet honneur, on ira à Palerme tous ensemble pour réaliser son désir et retrouver nos terres, en famille. » Il n’a aucun doute, personne ne le contredira et il pense que ça leur permettre de faire face à toute cette tristesse et aller de l’avant, même si seul le temps portera ses fruits. Il sait que le deuil ne sera pas rapidement fait et il n’a pas à l’être. Il veut juste se raccrocher aux bons souvenirs qu’il a de son frère pour pouvoir sourire à chaque fois qu’il parlera de lui.



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Sujet: Re: The last goodbye (Caruso & Others) ( le Sam 21 Avr - 17:11 )



The Last Goodbye
Caruso and others





Est-ce qu’un cœur bien vivant peut tout de même être mort ? Est-ce que s’asphyxier quand on respire normalement est possible ? Est-ce que le monde arrive à s’arrêter de tourner alors qu’il continue lentement sa course inamovible du temps ? Alors que son être entier était écrasé par les mots qu’Amalia égrenait, puis Mia quand elle n’en puit plus, Desi serrait convulsivement ses poings contre lui, parcouru de tremblements de moins en moins discrets. Oubliées, les promesses d’être fort. Jetées aux orties, les conjurations pour rester calme. Maintenant qu’il avait apporté sa part à l’édifice macabre, à savoir le lieu et l’organisation possible, confronté aux dernières volontés de son frère, le trentenaire laissait son myocarde sombrer tandis que ses poumons hurlaient leur haine de la terre entière. Il aurait tellement voulu avoir cette foi, demeurer ce soleil que Giovanni voulait. Mais il n’y arrivait pas, parce que les adieux, il ne savait plus comment les mener. Et à ce deuil précédent qui ne cessait de le ronger se mêlait cette nouvelle douleur, avec les regrets amers qui déversaient leurs humeurs salées sur ses joues, sans même qu’il ne s’en rende compte. Le médecin pleurait, silencieusement d’abord, puis quand son prénom apparut finalement à travers les mots incrustés dans le papier, il craqua, et ce fut un sanglot mêlé d’un rire rauque, semblable à un jappement de chien écrasé, qui sortit de sa gorge. C’était lui, c’était eux tous, c’était leur famille qui ressortait de cette lettre, et tout ce qui, un jour, avait pu être dit. Il savait que Giovanni considérait ses goûts comme légèrement dépassés, et s’en était souvent amusé. Mais là … Ce rappel avait l’odeur des rires qui ne viendraient plus, la flagrance du passé enterré, le parfum de la joie. Il aurait tellement aimé être à la hauteur, pouvoir avancer. Il n’y arrivait pas, peut-être parce que sous cette carapace aimable se cachait en réalité un cœur frêle, qui se reposait comme il le pouvait sur les quelques piliers de son existence. L’un était parti. Le second venait de choir. Et l’édifice tout entier de son âme s’écroulait, emporté par le torrent insipide de ses remords.

Il aurait tellement voulu que Giovanni écoute ses conseils, bien sûr … Mais aussi être plus convaincant. Il avait fini par abandonner, parce que le harceler ne servait à rien. Peut-être qu’il aurait dû, finalement, être davantage un médecin qu’un frère. Oui, il aurait dû. Il ne l’avait pas fait. Presque aveuglé par la douleur incandescente que provoquait en lui cette lecture, Desi recula, se laissant tomber sur le canapé, ses jambes flageolantes ne le portant plus. Et, la tête dans ses mains, alors que ses larmes n’en finissaient plus de couler, il écoutait les dernières paroles de son frère à son encontre, ces ultimes compliments qui achevèrent de broyer son esprit. Sourd au monde, il vivait sa souffrance seul, alors qu’il était entouré des siens. Et quand ce fut fini, il n’arriva pas à éructer le moindre son, trop bouleversé pour cela. Finalement, il arriva à répondre à Giuseppe, d’un hochement de tête en se relevant, avant qu’il ne parvienne à murmurer :

« Excusez-moi … »

C’en était trop. Il ne pouvait supporter ni sa faiblesse, ni l’afflux de souvenirs qui montaient en lui. Alors Desi se précipita dans la salle de bain, agrippant fermement le lavabo avant de s’asperger le visage d’eau froide. Lorsqu’il releva la tête pour se regarder dans la glace, il ne se reconnut pas. Paradoxalement, ce simple fait lui fit l’effet d’une douche froide. Le trentenaire aspira l’air une première fois. Puis une seconde. Mécaniquement. Et enfin, au bout de plusieurs minutes, il parvint à se calmer suffisamment pour sortir et reparaître devant la famille rassemblée. Doucement, il éructa :

« Je suis désolé … Je n’y arrive pas … A réaliser ... Et tout ça ... ça le rend encore plus réel. »
Fiche codée par Koschtiel



   
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Sujet: Re: The last goodbye (Caruso & Others) ( le )
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- The last goodbye (Caruso & Others) -
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