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- Caught in the silence, an echo lost in space -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Le Coeur de Naples :: Rues du centre
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Rowtag Boscorelli10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
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Sujet: Caught in the silence, an echo lost in space ( le Ven 27 Avr - 10:10 )
Sur le seuil de sa maison, le blond tourne la clé dans la serrure, la fait grincer avant de pousser la porte sans aucune once de motivation ou d’envie réelle. Devant le calme de la maison, l’homme soupire. Les lumières du coucher du soleil dansent dans les pièces, leur donnent presque un air d’apaisement. Mais l’homme, debout dans ces pièces vides, ne ressent en aucune façon d’apaisement. Les bras ballants de chaque côté de son corps, les épaules qui s’affaissent, la tête penchée vers l’avant. L’on pourrait croire que ce n’est qu’un homme fatigué qui rentre du travail et c’est cela en apparence. Mais plus profondément, sous les couches épaisses, c’est un père meurtri qui se languit de sa petite perle. Un mari déphasé, un mari qui sera bientôt un vague souvenir relégué dans la boîte de ceux dont il faut oublier. C’est le cœur lourd qu’il fait un premier pas vers la maison, ose y pénétrer et c’est qu’une fois à l’intérieur que toute sa tristesse y prend vie comme tous les soirs. Comme chaque jour. Chaque putain de jour depuis que Calliope a fait d’ailleurs, sa ligne d’horizon. A fait de ses bras, un hiver sans fin. Un autonome sans printemps. Un papa sans sa petite fille. Sa dégaine crevée se traine vers la cuisine et se laisse glisser sur une chaise. Son esprit torturé songe directement à la consolation la plus douce pour lui depuis le début des enfers mais la plus sournoise : sa bouteille de vodka. L’envie de s’y laisser disparaître. Se laisser être léger quelque heures. Oublier l’angoisse. Le stress. Le manque. La peur. L’appréhension. Les doutes. Rowtag compense par un verre d’eau en essayant de s’imaginer le goût de la vodka. La ressemblance physique est déjà là, il ne manque que le goût. Ca ne fait hélas pas effet. Rien ne fonctionne pour lui de toute façon, faut-il croire. Alors par dépit, l’homme pose sa tête sur ses bras croisés posés sur la table. Il ferme les yeux un instant. Rien qu’un instant …Puis s’élève de la cuisine pour s’en aller dans ce royaume où tout est à portée de main. Où les rêves prennent des allures de réalité.

« Papa » En fond sonore, la voix de Katy Perry résonne alors que le soleil lui mord le nez. Calliope balance ses petites jambes dans le vide, assise sur le canapé. « Oui, poussin ? » « Je m’ennuie » L’homme lève le nez de sa partition et pose son regard sur le petit bout de femme qui semble être au bout de sa vie tant l’ennui la dévore. « Tu as des jouets, mon chaton » « Mais moi, je veux jouer avec toi » « J’ai du travail » La moue se glisse sur son petit minois et Rowtag y craque comme à chaque fois. Il n’y arrive tout bonnement pas, ouais, à se refuser à elle. A lui refuser quoique ce soit. Ce n’est pas lui rendre service, c’est vrai mais il l’aime tellement. A s’en péter le muscle cardiaque. A en crever. En silence, le blond se lève et part dans le coffre à jouet de sa fille, il en extirpe deux fusils à eaux et file les remplir en douce. Dans le dos de sa fille, maintenant écroulée sur le canapé comme un cadavre qui a cédé face à la mort, il lève son arme à eau et verrouille sa cible. Un premier jet d’eau vient arroser la gamine qui lâche un cri strident « Papaaaaaaaa » « Tu voulais jouer ? Eh bien on va jouer » Il l’arrose copieusement pendant que la gamine s’esclaffe tout en évitant les jets d’eaux. « Papaaa ! Arrête ! Papaaa ! » Les rires et les cris. De la vie entre ses quatre murs. « Papa ! Papa ! »
Mouvement brusque. Terminaison nerveuse. Son bras renverse son verre d’eau et le réveille en sursaut, un sourire béat sur les lèvres. « Je t’ai eu » Atterrissage douloureux. Retour brutal à la réalité. Du soleil, à la pénombre de la nuit naissante. Des rires aux larmes. De lui et elle à lui tout seul. « Calliope ? » Espoir douteux. L’espoir des fonds de verres. Mais un espoir quand même là qui espère une réponse, un petit oui mais juste inaudible. Rien. Rien d’autre que l’écho vide de cette maison qui s’est écroulée avec l’absence des deux femmes de sa vie. L’homme se passe une main sur le visage, perdu entre frustration, colère et désespoir. Pas le temps de s’en remettre, son téléphone semble se réveiller aussi. Ses doigts l’attrapent sans douceur, toujours sur le qui-vive avec toujours la même raison : on ne sait jamais. Ca peut être à propos de Calliope. Et c’est le cas. Sur son écran, il voit le nom d’Ima apparaître et déjà son cœur s’emballe. Manque de s’arrêter lorsqu’il lit son sms. Ses yeux se révulsent d’horreur alors qu’il se lève déjà et en quelque enjambée se retrouve à sa Vespa, taponnant sur son clavier, signifiant à Ima qu’il arrive. Le trajet se fait rapidement, brûlant tous les feux, faisant des queues de poisson à tout le monde. L’attente est horrible alors il fait tout pour la réduire malgré la recommandation d’Ima de faire attention. Rowtag a trop besoin d’en avoir le cœur net. De savoir si c’est un chapitre qui se clôt ou qui se continue, même sans lui. C’est en courant qu’il se rend vers la morgue, le cœur prêt à exploser et déjà des larmes dans le fond de l’œil. Tesson prêt à s’échapper de son écrin. Dans un fracas, les portes s’ouvrent pour le laisser passer, fébrile et essoufflé. « B’soir Ima. Désolé de débarquer comme ça » D’habitude, il est plus chaleureux, enfin façon de parler, car l’homme reste morose mais il est plus poli, s’essaie à plus de sociabilité avec la brune mais ce soir, il est gauche. Ce soir, il a la trouille au ventre. Une petite silhouette est sur la table funéraire, un drap la recouvrant. Il se poste aux côtés de la jeune femme et face à ce cadavre couvert, il perd ses moyens. Perd le courage d’en avoir le cœur net et de connaître la réponse à ses questions. Son visage se détourne du cadavre pour se poser sur le visage d’Ima. Ca le rassure parce que son visage, il le connaît bien. Il le connait par cœur pour l’avoir vu souvent. Il s’accroche à son regard entre noisette et vert azur. Cette palette de couleur si particulière et qu’il a toujours trouvé beau comme un tableau devant lequel il resterait fasciné. Il s’y accroche pour ne pas se laisser avoir. Béquille improvisée. « Ima … Tu as pu la voir ? Elle est brune ? » Brune comme Calliope. Brune comme sa petite fille. Puis la question fatidique qu’il se sent obligé de poser. Là. Maintenant. « Elle est morte de quoi ? » A cet instant, il rompt le contact et détourne son regard pour le poser sur la silhouette voilée. Sur l’innocente partie trop tôt. « Quel lâche » Son beaucoup plus grave et rauque. Son caverneux qui semble venu de ses trippes. « Tout le trajet je n’ai fait que de penser et ressasser : est-ce ma petite fille ? Mon petit chaton qui est là allongé à m’attendre. Et maintenant que je suis là, je suis pas fichu de lever ce putain de drap » Honte de lui-même, il s’essaie à faire quelque pas vers la table funéraire mais finit par bloquer à peine 2 pas de gravis. Son regard se pose sur Ima, totalement démuni.
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Ima Di Michelis10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
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Sujet: Re: Caught in the silence, an echo lost in space ( le Dim 29 Avr - 1:35 )
Ne voulant pas laisser ce petit être tout seul, je restais assise à côté d’elle, entre ces quatre murs stériles, frigorifiée, lui tenant compagnie. La curiosité prenant le dessus et pour ne pas qu’elle ne soit qu’un simple dossier, j’ouvris la housse mortuaire. Pour que, en quelque sorte, elle voit que quelqu’un était là avec elle. Dès que mon visage rencontra le sien, tout mon corps se crispa, mon sang ne fit qu’un tour et je devins livide. Rapidement, je refermais la housse, ne me sentant pas bien. J’étais prise de vertige. Je dus courir hors de la pièce et, par chance, j’arrivais juste à temps aux toilettes pour vomir tripes et boyaux. J’étais en sueur. Je ne pouvais et je ne voulais plus retourner dans la pièce adjacente. A la place, j’allais m’installer dans la salle d’attente, un gobelet de « café » à la main, histoire d’avaler quelque chose, faisant les cents pas. Il fallait que je prenne une décision. Que je dresse une liste des pour et contre. Après plusieurs minutes de réflexion, je sortis, allant respirer un grand bol d’air, et surtout, m’allumer une cigarette. J’allais avoir besoin de courage. Je sortis mon téléphone de la poche de ma veste, pianotant rapidement un sms, avant d’appuyer sur « envoyer ». Les dés étaient jetés. En tout en pour tout, je dus attendre quelques minutes, voire une vingtaine de minutes, avant que je ne sois rejointe par Rowtag. Je déglutis. Tout allait se jouer dans quelques secondes. J’hochais tout simplement la tête, en guise de salutation, les mots restant coincés dans la gorge. Alors que tout mon être voulait le traiter de fou. Lui faire comprendre qu’il aurait pu se tuer. Parce que oui, à force de le côtoyer dans nos locaux des pompes funèbres, je m’étais attaché malgré tout à lui. Sans même vraiment le connaître. Je partageais juste sa peine. C’était d’ailleurs ce qui nous réunissait ce soir, tous les deux, dans ces lieux sinistres. Ne perdant pas de temps, je le guide dans la pièce d’à-côté. Rien n’a bougé. Il s’en approche, tandis que je garde mes distances. Je m’efface. Lui laissant toute l’intimité dont il avait besoin. Finalement, c’est lui qui brise en premier le silence, son visage rivé sur le mien. Je fais quelques pas en avant, m’arrêtant à bonne distance. J’hochais la tête. « Oui, j’ai … pu la voir », les mots avaient de la peine à sortir. Depuis le temps que je faisais ce travail, j’avais toujours eu de la peine dès qu’il s’agissait de jeunes enfants. « Elle y ressemble, Bosco » Je me mordis la lèvre, me rendant compte que ce n’étaient pas les mots que j’aurais du dire. Je détournais la tête. Je gardais un moment le silence. Je n’étais pas censé donner des détails mais après tout, il n’aurait pas le droit d’être là non plus et les événements feront certainement la Une dès le lendemain. Je posais mon regard sur lui, ne bougeant pas d’un pouce. Je fermais les yeux, pour me donner du courage. « On n’a retrouvé aucune pièce d’identité sur elle et … Elle était placée en famille d’accueil, chez un couple bien sous tous rapports, normalement ». Je dus m’interrompre, la rage bouillonnant dans tout mon corps « Elle était attachée à son lit, rachitique, amaigrie … » Je dus à nouveau du détourner la tête. Je devais me montrer forte, alors que les larmes menaçaient de couler à tout moment. « Ils l’ont laissé mourir de faim ». Voilà, c’était dit. Et ce n'était certainement que la partie visible de l'iceberg. Je restais là où j’étais, lui laissant le temps de digérer les informations que je venais de lui fournir. Il s’avance près du corps,  avant de s’immobiliser complètement, figé. Je sens le nœud grossir dans ma gorge, dans mon cœur, alors qu’il pose son regard sur moi. Totalement abattu. Je ne savais juste pas comment me comporter. J’étais totalement démunie. Je savais faire face aux familles mais là, c’était différent. Je ne savais tout simplement pas comment réagir. Finalement, je sortis de ma léthargie, m’approchant de lui. Je posais ma main sur son bras, délicatement. « Arrête de t’en faire. C’est un comportement normal. Si tu ne te sens pas prêt, rien ne presse. On peut très bien aller faire un tour, aller prendre l’air et essayer plus tard ». Je levai mon regard vers lui. « Ou je peux le faire à ta place, si tu le souhaites ». Je ne voulais pas insister plus et, ayant l’impression qu’il voulait rester seul, je lâchais son bras, reculant de quelques pas. Mal à l’aise, je n’arrivais plus à focaliser mon regard droit devant moi. À la place, je fixais le carrelage, jouant avec mes doigts. « Je sais que ce n’est pas une épreuve facile, surtout … Mais si tu as besoin de temps, on peut très bien repousser à plus tard. Je ne t’en blâmerais pas. Ou alors, comme quand tu te blesses, tu arraches le pansement d’un coup sec. Et tu seras fixé plus rapidement. C’est toi qui voit et qui aura le dernier mot ». Je m’interrompis un instant, avant de reprendre. « La dernière option et celle d’attendre l’identification formelle, ce qui risque de prendre du temps. Le médecin va de toute façon commencer par-là, faisant un moulage de sa dentition et prenant son ADN, mais sans comparatif dans une quelconque base de données … » Malgré tout, je pris une décision à sa place. Il n’avait toujours pas bougé depuis tout à l’heure et j’avais juste peur qu’il s’effondre, là, devant moi, en pleine crise d’apoplexie. Je posais à nouveau ma main, délicatement pour ne pas le brusquer, sur son bras. « Viens, ça te fera du bien de prendre un peu l’air ».


fear no reaper



Dernière édition par Ima Di Michelis le Sam 5 Mai - 1:35, édité 1 fois
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Rowtag Boscorelli10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
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Sujet: Re: Caught in the silence, an echo lost in space ( le Mar 1 Mai - 12:49 )
La réponse d’Ima, l’homme l’attend. Oui, la femme avait pu la voir. Voir le visage de la petite fille. Et confirmer si la petite était Calliope ou pas. Rowtag lui avait montré tellement de cliché de sa petite qu’Ima était à même de savoir reconnaître la petite Cally. Rowtag reste pendu aux lèvres d’Ima. Attendant la suite avec une appréhension grandissante. « Elle y ressemble … » Répète-t-il absent, le regard dans le vide. Alors cette petite pouvait être bien Cally. Elle y ressemblait. Son regard se pose sur le corps qui repose dans sa housse mortuaire alors qu’Ima lui raconte la suite. Les circonstances de sa mort. Les raisons de sa mort. Son visage se ferme automatiquement que son cœur se brise en petits morceaux. Pauvre enfant. Rowtag se sent monstre. Se sent infâme car dans sa tête tourne le même souhait : faites que ce ne soit pas mon bébé. Faites que ce soit pas mon bébé. Mais si ce n’est pas son bébé. C’est forcément celui d’un autre. Le bébé d’une autre maman. D’un autre papa qui doit sûrement être dans le même état que lui. Ou qui le sera bientôt. C'est horrible ce qu'il souhaite. Son poing se serre devant l’injustice de ce traitement inhumain. Tante Olga l’avait maltraité plus jeune mais elle n’était jamais arrivée à cet extrême. Et tante Olga, elle l’aimait, lui. Elle le montrait juste d’une façon totalement différente. Une façon qui lui échappait aussi. « C’est horrible » Souffle-t-il. Seul commentaire que sa gorge nouée arrive à lâcher d’une voix cassée. D’une voix brisée. Repoussant tant bien que mal des sanglots qui veulent prendre la poudre d’escampette. Quitte le navire de son corps qui fait lentement mais sûrement naufrage vers des noirceurs que l’homme essaie pourtant d’éviter. Que l’homme a toujours essayé d’ignorer, préférant greffer son regard sur la lumière d’espoir qui lutte au loin. Mais face à ce cadavre, son lent et tortueux combat semble vain. Il sent la main d’Ima sur son bras. Simple et douce pression contre sa peau dénuée de chaleur. Il lui lance un regard rapide, comme pour la remercier de se montrer aussi présente dans une situation qui le dépasse totalement. Une amertume envahit son être. Ima est là quand sa femme, ex-future épouse n’est pas là. Calliope n’est-elle pas sa fille elle aussi ? Non. Rosario a décidé de baisser les bras et ça, ça le fout en l’air littéralement. Qu’elle le quitte pour un autre, c’est une chose. Mais qu’elle laisse tomber leur petite fille. Qu’elle décide d’arrêter de se battre. Rowtag ne l’accepte pas. Il refuse. « C’est très gentil de ta part, Ima. J’apprécie beaucoup ton geste. Vraiment » Sa main se lève pour tapoter doucement celle de la jeune femme posée encore contre son bras. « C’est mieux que je le fasse moi-même. C’est mon job. Je suis son père » Et c’était la plus belle phrase qu’il lui était donné de dire de toute sa vie depuis la naissance de Calliope mais ce soir, elle était celle qui lui faisait le plus de mal aussi. Père. Qu’est ce que c’était sans Calliope. Sans son rire et ses petits bras. Sans sa voix stridente qui l’appelait sans cesse. Le choix, il l’avait apparemment vu le panel qu’Ima lui dressait sous ses yeux. Il pouvait s’en occuper maintenant, là, tout de suite. Comme il pouvait attendre l’identification formelle. Mais cette solution, il ne l’a voulait. Il ne pouvait pas. Elle le torturerait trop. Il y penserait tout le temps et le temps, justement, lui semblerait beaucoup trop lent. Rowtag savait déjà que son attente serait mortelle et qu’il regretterait ce choix. La main d’Ima se pose à nouveau sur son bras, le sortant de ses pensées. « Okay » L’homme acquiesce mais semble à l’ouest. Un peu absent, il suit Ima vers l’extérieur, une main dans ses poches. A la porte d’entrée, il lui ouvre la porte, la laisse passer avant de s’engouffrer dans la nuit. L’air frais lui claque la figure, a le don de le réveiller et le ramener à terre violemment. Il extirpe son paquet de cigarette de sa poche, l’ouvre de son pouce et le tend à Ima. « Tu m’as l’air d’en avoir besoin aussi » Même dans sa détresse, il avait remarqué que la jeune femme n’était pas à son habitude. Avait perdu de sa superbe. L’homme était observateur et s’il ne disait pas grand-chose ou montrait peu de ce qu’il pense ou ressent, il n’en reste pas moins attentif aux gens qui l’entourent. Encore plus aux gens qui se sont greffés à son quotidien, ce dont Ima en fait partout désormais. « Je suis désolé si c’est moi qui te met dans cet état » Et il le pensait sincère. De son autre main, il sort son briquet et allume la cigarette d’Ima avant d’allumer celle qu’il venait de se coincer entre les dents. L’épaisse fumée ne tarde pas à passer sa gorge et remplir ses poumons. Le goudron et la nicotine lui font du bien. « J’en avais bien besoin » Soupire-t-il, les yeux mi-clos, appréciant sa clope. La tout première depuis qu’il a quitté son poste. Ses yeux se posent sur la tige de nicotine qui devient un ultimatum. Un chronomètre. « Après celle-là, je vais la voir ... Avoir le coeur net. » La pauvre petite fille qui attend dans la salle. Il ira se délivrer du mal qui le hante puis il ira aussi la délivrer. Lui rendre son identité. Elle sera Calliope ou pas. Il sera mort intérieurement ou pas. Dans quelque minutes, le verdict.



I CAN LIVE UNDERWATER

Here in your shadow, you keep me from getting burned by the debts I can't escape til the day I die. Got to start from somewhere so I'll start from the grave. We'll count the steps along the way. Curl your lip and make me want to live for one more day.
© signature by anaëlle.
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Sujet: Re: Caught in the silence, an echo lost in space ( le Lun 7 Mai - 20:23 )
La situation m’affectait bien plus de ce que je voulais bien admettre. C’était exactement le genre de moment où je voulais me faire toute petite et fuir. Disparaître. Toutefois, je ne le pouvais pas. Il fallait que je reste avec lui. Que je me montre forte. J’avais beau avoir l’habitude de me retrouver devant des familles endeuillées, mais là, c’était différent. À la longue, je m’étais attachée à lui. À le voir venir presque tous les jours, une photo de sa fille dans la main, m’expliquant la situation, demandant sans cesse si on avait reçu quelqu’un qui correspondrait. La réponse avait toujours été négative. J’essayais de me mettre à sa place. Je ne sais pas comment il tenait encore debout. Ni ce qui était le pire. De la savoir morte, une bonne fois pour toute, ou continuer à vivre dans l’espoir que, peut-être, elle nous reviendra vivante. La situation était incertaine. Personne ne savait. Jamais je ne l’avais questionné. Je le laissais juste parler. Alors qu’avec les autres, ceux qui venaient préparer les derniers détails de la vie sur terre de leurs proches, étaient déjà au courant. Tandis que là … tout était flou. Et surtout, c’était la première fois que je devais participer à une indentification formelle. Une fois arrivée à l’extérieur, je m’appuyais contre le mur du bâtiment, mollement, prenant une grande inspiration, fermant les yeux. Je le remerciai d’un simple hochement de tête, pour la cigarette qu’il me tendit. Je ne voulais pas gâcher ce moment. Le silence. Perdue dans mes pensées, je regardais droit devant moi, avant de tourner légèrement mon visage vers lui. « Tu n’as pas besoin de t’en faire pour moi. Vraiment ». J’esquissais un sourire. « Et encore moins t’excuser ». Je posais encore une fois ma main sur son bras, lui faisant comprendre que tout allait mieux, que ce n’était pas sa faute et qu’il n’avait pas besoin de porter ce poids en plus sur ses épaules. Je retournais ensuite dans la contemplation du paysage, sans dire un mot. Portant juste de temps en temps ma cigarette à mes lèvres. Les minutes suivantes passèrent dans le silence. Chacun perdu dans ses pensées. Tirant une dernière fois ma cigarette, je fis tomber les cendres au sol, avant de l’écraser avec la semelle de mes chaussures et le jeter dans le cendrier, à l’entrée du bâtiment. Je me tournais vers Rowtag, n’arrivant pas à le fixer dans les yeux. « Prêt ? » Je me mordis la lèvre, me maudissant. Ce n’était pas vraiment le genre de question à poser en cet instant précis. Prêt, il ne l’était certainement pas. Je lui tins la porte avant de la refermer, lourdement, derrière nous. Dès que je repris la marche – macabre – le guidant dans ce labyrinthe de couloirs, nos chaussures crissant sur le sol, je gardais le silence.

Arrivés à destination, je repris une grande inspiration, les yeux fermés, immobile. Il me fallut quelques instants pour venir à moi. J’ouvris la porte, toujours dans le silence, en faisant signe à Rowtag d’avancer. Nous revoilà à la case départ. Juste avant qu’il ne s’enfonce trop loin dans la pièce, je le retins par le bras. Je posais mon regard dans le sien, faisant des efforts pour ne pas pleurer. Ne pas craquer. Je secouais la tête, négativement. « Je ne peux pas ». Ma voix était presque devenue un murmure. « J’espère que tu ne m’en voudras pas. Je … » les mots se perdirent dans gorge. Je pris à nouveau une grande inspiration. « …  je suis de trop. Tu as besoin d’être seul, avec elle. Surtout si … » cette fois, impossible de prononcer la suite. « Je serais juste dans la pièce à côté, si tu as besoin de quoique ce soit. Même si je ne suis pas présente physiquement avec toi, sache que je suis là. Pour toi ». Sur ces mots, je refermais la porte, disparaissant. Je ne lui avais pas menti. Je me sentais vraiment de trop. Surtout si nos craintes se confirmaient. Si c’était bien sa fille qui se trouvait sur cette table froide, en inox. Il fallait qu’il affronte cette épreuve seul. Pas avec une inconnue. Qu’il puisse réagir librement, sans retenue. Je ne voulais pas être, me sentir de trop. Être un parasite.

Plusieurs minutes passèrent, je sentais l’angoisse prendre possession de tout mon corps. Je ne tenais plus en place. Je me rongeais les ongles. J’avais besoin de nicotine, ne plus penser à rien, mais je ne pouvais pas bouger. Je ne voulais pas imaginer, sa réaction, s’il ne me retrouverait pas là, alors que son monde tout entier s’était peut-être effondré. Alors, sagement, je faisais les cents pas, me forçant à boire du café, histoire de tenir le coup, alors que mon corps voulait juste le rejeter. L’attente était interminable. Les secondres se transformant en heures.


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Rowtag Boscorelli10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
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Sujet: Re: Caught in the silence, an echo lost in space ( le Ven 11 Mai - 9:00 )
Se confronter à la mort remet toujours tout en question. Laisse cette sensation d’impuissance sur les bras. Donne cette sensation de solitude glacée qui se colle aux confins du cœur, le rendant fragile. Rowtag aspire la fumée de sa clope comme une bouffée d’air frais. Une bouffée de goudron qui le pousse à chaque fois un peu plus vers la tombe. Ce petit bout de nicotine dont il ne peut plus se passer depuis que sa carrière s’est lancée, l’aidant à supporter le stress, ses angoisses existentielles et aujourd’hui, une annonce incertaine. Face à cette solitude qu’est devenu son quotidien, la présence d’Ima à cet instant précis devient une présence qui l’apaise, encore plus quand elle se met à le rassurer. A le déculpabiliser de l’envahir avec son mal être, de s’imposer dans sa vie à elle avec son bordel morose. Il aurait aimé la préserver de toute cette noirceur mais Rowtag se rend bien compte qu’il y a toujours une différence entre ce que l’on veut et ce qu’on obtient. Que les souhaits ne se réalisent pas. Pas plus qu’un Dieu là haut n’écoute et apporte son aide. Ce Dieu qui ne l’a jamais entendu, jamais tendu son amour si immense soit disant. Non, c'est une autre personne qui lui apporte du soutient. La main d’Ima qui se pose sur sa dégaine qui tient à peine lui donne du baume au cœur mais la clope, elle, se finit rapidement, happée par les poumons affamés du blondinet. Sa tête se relève lentement vers son interlocutrice, la dernière bouffée de goudron venant faire mourir sa clope. « Oui » ment-il avant d’écraser sa clope et la suivre, entrant en première ligne vers cette guerre silencieuse. Celle de son cœur de père contre la vérité de ce cadavre chétif qui l’attend. Alors qu’ils allaient entrer dans la pièce où la vérité l’attendait, Ima fait marche arrière. Rowtag s’arrête et fait face à la brune, l’écoutant sans un mot. Il ne peut que comprendre la jeune femme et son émotivité qu’elle le laisse entrevoir le touche. Ca prouve une implication personnelle, que cette petite n’est pas juste un cadavre pour la jeune femme. « Je ne t’en veux pas le moindre du monde » Rowtag esquisse un faible sourire pour tenter de la rassurer. Il voudrait la réconforter mais ne sait pas vraiment comment faire. N’arrivant même pas à se consoler lui-même. Sa main se pose sur sa nuque, l’approchant de lui pour lui embrasser le front. Juste un geste pour la réconforter et peut-être dans un sens se réconforter lui-même. « Merci d’être là, Ima » Sa main descendue à son épaule la lui presse avant de s’enfoncer dans la pièce, la porte se refermant derrière lui. Face à face intenable, sa carcasse s’approche du corps inerte, ses mains se posent sur la fermeture éclair et défont lentement, dévoilant des cheveux, un front, l’arête d’un nez, puis un visage. Un visage qui semble être celui de Calliope. Un visage creusé par la faim et blanc comme un linge. Sa main se pose à sa bouche, ses dents s’enfonçant dans sa chair pour éviter un hurlement. A la place, un sanglot étouffé s’échappe de sa gorge, le désespoir le frappant de plein fouet. Son bébé … Sa petite fille. Des larmes jaillissent de leur écrin alors que son autre main vient ramener ses cheveux derrière ses oreilles, la recoiffer comme il le faisait quand Calliope dormait. « Mon bébé …. » Faible son qui sort de sa bouche entre deux sanglots. Les cheveux s’écartent de son visage, dévoilant le cou de la petite fille. L’attention de Rowtag s’y glisse, interloqué. Où est la tâche de naissance ? La tâche de naissance de sa fille en forme presque de lune ? Elle n’y est pas. Par réflexe, ses mains écartent un peu plus la housse mortuaire, partent à la recherche du grain de beauté que Calliope a sur le bras. Là encore, il n’est pas là. Pas de grain de beauté mais une cicatrice au niveau du torse. Calliope n’a jamais eu de cicatrice à ce niveau là. Il en est certain. Il connait sa petite par cœur. Alors … Alors … Ca veut dire ce que ça veut dire ? Ce n’est pas Calliope ? Une évidence qui lui tombe dessus. Confirme ses doutes : ce n’est pas sa petite fille. Soulagement et en même temps, coupable de ce soulagement, Rowtag sort précipitamment de la pièce comme un fou à lier, comme poursuivi par un démon. Son regard croise rapidement celui d’Ima mais il lui fait signe de ne pas bouger. Trouvant enfin les WC, son ventre rend son déjeuner, dévasté par ce moment. D’avoir cru tenir le cadavre de sa fille, d’avoir été confronté d’aussi près à la disparation officielle de Calliope. Il y avait encore un espoir qu’elle soit quelque part. Qu’elle lui revienne. Rowtag se passe un coup de jet d’eau sur le visage puis rejoint Ima qui l’attend. Son regard s’ancre au sien alors qu’il se laisse tomber au sol, ayant besoin de s’asseoir, la tête adossée au mur. « C’est pas elle » Un sanglot vient meubler le silence. « C’est pas ma Calliope. Y’a pas sa tâche de naissance. Son grain de beauté » Ses mains tremblent, se passent sur son visage. « Ca aurait pu être mon bébé. Ca aurait pu … » Le choc, sentir encore ce corps éteint dans ses bras. Sous ses doigts. Au diable les résolutions, il a besoin d’un remontant. Il en a foutrement besoin. « J’ai besoin d’un remontant et pas que d’un. Ca te dit pas ? » Boire, c’est une chose. Mais avec quelqu’un c’est mieux. Alors il tente sa chance, tente d’emporter Ima avec lui. S’il doit rompre sa sobreté, autant que ce soit pas de façon pathétique : c'est-à-dire tout seul.



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Ima Di Michelis10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
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Sujet: Re: Caught in the silence, an echo lost in space ( le Dim 13 Mai - 18:08 )
« Merci d’être là, Ima ». Plantée devant lui, j’hochais la tête, comme si j’étais sur pilote automatique. Je voulais répondre quelque chose, du genre c’est tout à fait normal ou une tout autre banalité, mais aucun mot ne sortit d’entre mes lèvres. Au vu des événements, tout était superflu. Il n’y avait pas de bons mots. À la place, je restais donc silencieux, m’éloignant alors que lui allait au-devant de son destin. Qu’il franchissait les portes automatiques. Bien conscience que sa vie risquait bien de changer d’une seconde à l’autre, j’avais préféré lui laisser ce moment. Seul. Je ne voulais pas m’immiscer. À la place, je retournais en arrière, me laissant tomber sur une chaise inconfortable dans la salle d’attente, d’ordinaire réservée aux proches qui venaient soit pour identifier un corps, en pleine journée et non au milieu de la nuit, soit pour les inspecteurs qui venaient rendre visite au médecin légiste. Sans trop savoir pourquoi, mes pensées dévièrent vers Erio. Pendant un court instant, je l’imaginais là, attendant je ne sais quoi. Je me demandais si ça s’était arrangé pour lui. S’il avait finalement trouvé un moyen de contourner son chef. Toutefois, ce ne furent que des pensées fugaces. Bien rapidement, je revins à l’instant présent. Je me levai, ne tenant plus en place, me dirigeant vers le distributeur de boissons, avant de mettre quelques pièces, choisissant un café. Ce n’était pas une bonne idée, vu l’heure, mais je m’en foutais comme de la peste. J’en avais besoin, à défaut de sortir, empoisonner mes poumons. Quand Rowtag sortirait de cette pièce, je voulais être là pour lui, le soutenir. Il était alors hors de question que je m’éclipse, même pour cinq petites minutes. Je retournais m’asseoir, ne tenant pas vraiment en place, pianotant mes doigts sur la table en formica, magazines people étalés dessus, avant de les porter à ma bouche et de me ronger les ongles, presque jusqu’au sang. Un coup d’œil à ma montre m’apprit que j’attendais seulement depuis quinze minutes, alors que j’avais l’impression d’être là depuis une heure. L’attente était interminable. Je n’osais pas imaginer ce qu’il devait ressentir, seul, dans cette pièce. Rien qu’en y pensant, je sentis la rage envahir tout mon corps. Pourquoi était-il seul, d’ailleurs ? Je ne connaissais pas grand-chose de son histoire familiale, normalement je ne m’attachais pas aux gens qui venaient nous trouver. Lui, c’était … différent. Sans pour autant mettre le doigt dessus. Je savais juste que c’était différent. Pourtant, avoir une fille, n’était pas un don du ciel. Il fallait obligatoirement être deux. Ou était la mère ? Elle aurait dû se trouver là, à ses côtés. Pourtant … Aucune trace d’elle. J’essayais de me calmer. Ce n’étaient pas mes affaires après tout. J’en étais là de mes réflexions quand la porte s’ouvrit à la volée, laissant passer Rowtag, blanc comme un linge, filé droit devant moi. Je le suivis du regard, sans bouger. Chaque personne réagissait différemment et une boule s’était formée au fond de ma gorge. Mon cœur s’était comprimé. Je n’osais pas imaginer ce qu’il avait du ressentir et si …

Il fut de retour cinq minutes plus tard, se laissant tomber contre le mur, s’asseyant à même le sol, ne lâchant pas mon regard du mien. Je le soutins, ne pouvant pas m’en détacher. Je m’approchais de lui, tout en laissant une distance, ne voulant pas empiéter sur son espace. Les mots qu’ils prononcent restent un moment en suspens dans l’air. Je me rendis compte que j’avais retenu ma respiration, tout du long. Finalement, je m’approchais de lui, réduisant la distance qui nous séparait, et je m’agenouillais à mon tour. Je le fixais toujours, rejetant en arrière une mèche de ses cheveux qui pendait mollement devant ses yeux, avant de prendre ses deux mains dans les miennes. Que dire exactement ? En tant normal, dans une situation normale, les mots sortaient tous seuls. Là, je m’étais trop attachée, trop investie pour que ça soit le cas. Je restais donc un long moment silencieux, mon regard dans le sien, lui tenant les mains. Lui faire comprendre que j’étais là. Le reste était superflu. Je détache une de mes mains des siennes pour la poser sur son visage, sa joue, avant de sécher ses larmes. « Hey, ça va aller » Je grimaçais. Non, rien n’allait. Ce n’était peut-être pas sa fille, mais il restait dans l’incertitude. Et en tant que père, il devait certainement également ressentir la souffrance que cette petite fille avait dû endurer. « Respire, inspire » J’essayais de faire en sorte qu’il calque sa respiration sur la mienne, qu’il reprenne ses esprits. « C’est bien », dis-je, presque dans un murmure. Finalement, n’y tenant plus, je me laissais carrément tomber à ses pieds, le prenant dans mes bras, ma main se posant sur son dos, le consolant, ma tête blottie dans le creux de ses épaules. Il n’y avait pas besoin de mot. Je ne saurais dire combien de temps nous restâmes dans cette position. Je me levai, reprenant les mains de Rowtag dans les miennes, l’aidant à son tour. « Si, ça me dit. J’en ai bien besoin aussi ». Ce n’était peut-être pas une bonne idée. Tant pis. On n’avait qu’une vie. J’attendis un instant qu’il reprenne ses esprits, avant de me diriger vers la sortie. Une fois dehors, je m’appuyais contre le mur, comme si j’étais incapable de me tenir debout toute seule. « Chez toi ou chez moi ? » j’en profitais pour m’allumer une cigarette, celle tant attendue, le temps qu’il réponde. Au vu de l’heure, nous n’avions pas vraiment le choix de la destination. Il proposa chez lui. J’hochais la tête. Cigarette finie, je m’approchais de ma moto, l’enfourchant, tout en attachant mon casque. « Je te suis ». Quelques minutes de répit.

Fuorigrotta. Je parquais ma moto dans son allée, posant un pied à terre. Mal à l’aise. De me retrouver seule, avec lui, chez lui. J’essayais de ne pas le montrer surtout que, rien que de l’extérieur, jamais je ne pourrais m’acheter une maison pareille. Déjà que j’avais de la peine certains moins à les boucler, alors que je vivais dans un petit appartement … Je le suivis, en silence. Je n’y avais pas pensé plus tôt, mais là, je me disais que c’était mal venu, de passer la soirée en sa compagnie, même sans arrière-pensée, dans une maison qu’il avait partagé avec la mère de son enfant disparue. Je le suivis à l’intérieur, toujours silencieux, regardant tout autour de moi. Une fois dans la pièce principale, j’ôtais ma veste, la laissant reposer contre l’accoudoir d’un fauteuil. Enlevant également mes chaussures, je posais mes pieds sur le canapé, ramenant mes genoux vers mon torse, les entourant de mes bras, frissonnant de la tête aux pieds. Le contre-coup. Rapidement, je cherchais la présence de Rowtag, qui n’était plus là, sentant l’angoisse pointer le bout de son nez, avant qu’il n’apparaisse dans la pièce. « C’est joli, chez toi ». Seuls mots que je réussis à prononcer, esquissant un sourire. Je n’avais pas l’habitude de boire, et je n’avais surtout plus l’âge. Les gueules de bois à bientôt trente ans … non merci. Toutefois, j’en avais plus que besoin. Au diable. Ça ne faisait pas de mal une fois de temps en temps et suffisait de boire avec modération. Quoique, je n’étais pas sûre que ce soir modération serait de la partie. Ne sachant pourtant pas comment me comporter en sa présence, je ne rajoutais rien de plus. Je plongeais simplement mon regard dans le sien. « Tu sais, si tu veux rester tout seul, je comprendrais. Je ne t’en voudrais pas. Tu me le dis, si je suis de trop ».


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Rowtag Boscorelli10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
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Sujet: Re: Caught in the silence, an echo lost in space ( le Lun 14 Mai - 11:16 )
Cette sensation de perdre pied, de sombrer dans des abysses. Une certitude qui s’envole pour en réveiller d’autre : ce cadavre n’est pas Calliope mais où est son bébé ? Sa petite fille ? Où est-elle quand lui commence à perdre pied. Va-t-elle bien ? Est-elle encore en vie ? Pleure-t-elle sa présence ? Celle de sa maman aussi ? En parlant de sa mère, ouais, elle devrait être là à partager l’état de crise qui secoue ce père mais non, elle est dans les bras de son amant, à oublier ce passé construit à deux. A oublier que de ses entrailles est née une magnifique petite fille. Les mains d’Ima sur les siennes devient un port où il s’ancre, où il retarde ce naufrage qu’il devient au fur et à mesure. Ca va aller. Oui. Mais en faite, non, pas vraiment. Il aimerait y croire mais il n’en a plus la force, pas après avoir caresser d’aussi près la mort de sa fille. D’avoir cru à sa fin, à celle de sa famille qui vole déjà en éclat par ce divorce qu’il a du mal à accepter. Écoutant tel un robot la voix d’Ima, le musicien déchu prend de longue inspiration et expire, se calquant sur celle de la femme en face de lui. Cependant, ce qui réussit à le calmer bien plus efficacement, c’est les bras qui se nouent autour de lui, cette tête qui se blottit contre ses épaules. Pendant un instant, sa tête lui dicte de se reculer, que ce n’est pas correcte, qu’il ne devrait pas accepter un tel rapprochement mais son cœur au supplice se rebiffe, veut garder ce contact un peu plus longtemps pour s’apaiser. Pour supporter cette condition de père sans enfant. De père coupable d’avoir perdu sa propre fille. Parce que depuis que son couple vole en éclat, il n'a plus de soutien physique si ce n'est avec Serena. Au bout de longues minutes ou d’heures, il ne sait pas trop, le contact s’interrompt, Ima reprenant une distance correcte. Le naufrage sur deux jambes se redresse grâce à cette main qu'elle lui tend et l'homme semble devenir inerte, entre deux eaux, entre conscience et inconscient, l'après coup de cette soirée. « Chez moi » Lâche-t-il d’une traite sans prendre le temps de réfléchir. Chez lui, c’est la meilleure option, c’est son territoire qu'il connait et il sait aussi très bien qu’une bouteille de tequila l’attend, planquée dans sa cachette de secours. Il avait bien fait de ne pas tout balancer et de cacher sa dernière bouteille pour ne pas que Serena la lui balance dans les chiottes. Maintenant aux côtés de sa vespa, Rowtag attrape son casque dans le coffre de son engin et l’enfile, répondant à Ima d’un geste de la tête.

Dans un silence presque pieux, Rowtag l’attend sur le seuil de sa porte avant d’entrer, Ima derrière lui. Ses clés et son portable, il les balance sur le buffet près de l’entrée sans prendre la peine de regarder où il les balance. « Fais comme chez toi, je reviens » A peine arrivé, il disparaît déjà dans les couloirs de sa maison, de son foyer disloqué, un foyer sans femme ni enfant : quelle belle ironie de la vie. Sa dégaine déglinguée par les larmes entre dans la salle de bain et se dirige vers les W.C, démontant le meuble pour extirper une bouteille neuve de tequila du réservoir de la chasse d’eau. La bouteille à la main, Rowtag se dirige dans le salon et son regard finit par tomber sur Ima, posée dans son canapé, les jambes relevées contre elle, ses bras les encerclant. Pendant un bref instant, il s’arrête dans son couloir comme foudroyée par un éclair invisible. Est-ce qu’il venait bien d’inviter une autre femme dans sa maison ? Une autre femme que Rosario ? De sa main libre, Rowtag la passe sur son visage, tout à coup nerveux avant de se pincer l’arête du nez, entendant presque la voix de Tante Olga dans ses oreilles lui criant que ce n’est pas correct, qu’il est un mauvais garçon et qu’il doit s’infliger 15 coups de martinet dans le dos. Ses dents se grincent alors qu’une douleur fantôme se réveille dans son dos. Sa main se resserre autour du goulot de la bouteille, plus que décidé à oublier tout cela. Toutes ces conneries. Juste oublier rien que le temps d’une soirée et merde à ses 5 mois de sobriété. Merde à Rosario. Merde à Tante Olga. Merde à tout ! L'homme est blasé, l'homme en marre. Passant dans la cuisine pour attraper deux shooters, la voix d’Ima l’accoste dès qu’il réapparaît dans le salon, le complimentant sur la joliesse de sa demeure. Son regard se pose un instant autour de lui, observant d’un œil blasé les rideaux, les meubles, l’agencement de tout ce bordel : rien n’est de lui. C’est Rosario qui s’occupait de tous ces détails, lui, ne ramenait que l’argent pour pouvoir payer tout cela. « Merci. C’est pas de moi tout ça … C’est ma femme… mon ex-femme qui s’en occupait » Rowtag n’a pas encore l’habitude de parler de Rosario comme son ex-femme mais il devrait prendre le pli car de lui, elle n’en veut plus. Elle a bien été claire sur ce point jusqu’à briser ses vœux de fidélité. « Par contre, je me suis occupé de la déco de la chambre d’Calliope. Je te montrerais plus tard » Ca, par contre, il en était fier. Pour un mec qui n’est pas branché déco, il trouvait qu’il avait fait un boulot de chef. M’enfin, c’était son avis et celui de sa fille alors pour ce que ça valait. Remarquant qu’Ima tremble, il dépose la bouteille sur la table basse et part s’asseoir près d’elle, attrapant le plaid sur le dossier de son canapé pour l’enrouler autour d’elle avant. « Ca va aller ? Tu veux que j’allume le chauffage ? » Sans attendre réellement de réponse, Rowtag se redresse et part allumer le chauffage avant de se planter en face de son invité quand elle prend la parole, lui propose de le laisser seul. « Tu n’es pas de trop, Ima. Je t’avouerai que … qu’après tout ça » Son main fait un geste vague dans les airs, résumant toute la soirée de cette façon. « Je n’ai pas réellement envie de rester seul mais … peut-être que … toi … je sais pas. Tu n’as pas envie de rester ? Je peux le comprendre. Tu veux partir, Ima ? » Ses yeux se posent sur elle, sondent la moindre réaction pouvant lui donner une réponse. En lui, un espoir se gonfle, espérant qu’elle n’aie pas envie de le laisser dans sa misérable condition. En attendant sa réponse et ne tenant plus à la tentation, l'homme se penche pour remplir les deux shooters du liquide translucide. Il en saisit un dans sa main puis fait glisser le deuxième vers la jeune femme. Il la laisse décider si elle veut le boire ou pas. Si elle veut rester ou pas. Il espère qu'elle prendra la décision qui le rassure. Levant son shoot vers elle, Rowtag avale d'une traite le contenu, basculant la tête en arrière. L'alcool lui brûle la gorge et putain que ça lui fait du bien. Ses yeux se ferment, cette sensation, le goût de l'alcool lui ayant manqué. Tellement manqué. Le blond est conscient qu'il ouvre la boîte de Pandore, qu'il s'aventure en eaux dangereuses car déjà son corps a envie de prendre une autre gorgée mais au goulot.



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Sujet: Re: Caught in the silence, an echo lost in space ( le Hier à 1:59 )
Mon mal l’aise était toujours présent. Déjà, rien que pour le fait de me retrouver toute seule, dans une grande maison – certainement la plus grande que j’avais eu l’occasion de voir – dans un milieu qui ne m’appartenait pas avec un … quasi inconnu. Certes, Rowtag n’était plus vraiment un inconnu, à force, mais tout de même, ce n’était pas non plus comme si nous nous fréquentions vraiment. On se voyait juste dans le cadre de mon travail, rien de plus. Et d’ailleurs, à bien y réfléchir, je ne savais pas grand-chose sur lui. Autre le fait qu’il avait une fille d’environ cinq ans, à quoi elle ressemblait et qu’elle était portée disparue. La logique voulait qu’il devait y avoir une femme, ou une copine, cachée quelque part. Alors, pour toutes ses raisons, non, je ne me sentais pas à ma place. J’avais l’impression d’être toute petite. Je ramenais mes jambes vers moi, en ayant enlevé mes chaussures au préalable, et tout en regardant autour de moi, j’attendis son retour. Sans vraiment m’en rendre compte, je m’étais mise à frissonner. Dès son retour, je me sentis obligée de faire une remarque sur la décoration, tout en me maudissant et en me traitant de débile. Voilà que je l’avais réveillé au milieu de la nuit pour venir identifier un corps, qui aurait pu être celui de sa fille, et voilà que moi je parlais déco. Je méritais des gifles. Sur les deux joues. À sa réponse, je grimaçais. Bravo Ima. Comment mettre les pieds dans le plat. Y avait bien une femme. Quoique, une ex, si j’avais bien compris. Ce qui expliquait le pourquoi du comment il venait toujours seul. Même … non. Ça n’expliquait rien. Rien du tout. Je ne posais aucune autre question. C’était son histoire, pas la mienne. Pas mes oignons. Surtout que, il l’avait encore nommée comme sa femme. Lapsus révélateur. Je ne voulais tout simplement pas remuer encore plus le couteau dans la plaie, si plaie y avait. J’hochais tout simplement la tête, n’ayant rien à répondre pour la peine. Un fin sourire se dessina sur mes lèvres, le premier après de longues heures d’appréhension. « J’aimerais bien, oui », faisant référence à visiter la chambre de sa petite. Mettre un peu de baume au cœur. De joie dans ce monde, malgré les événements. « Si c’est supportable pour toi », murmurais-je. Je n’allais pas non plus l’obliger, alors que sa fille avait disparu depuis plusieurs mois maintenant. Ça devait être un enfer, pour lui, de pénétrer dans cette pièce. « Merci », articulais-je, quand il enroula un plaid autour de moi, avant de partir plus loin, faire je ne sais quoi pour revenir se poser en face. Certainement pour allumer le chauffage, comme il me l’avait proposé, mais je n’avais pas eu le temps de répondre À vrai dire, j’aurais préféré qu’il revienne à mes côtés. Je ne saurais dire pourquoi.

Finalement, je posais mon regard dans le sien, m’y perdant. Je restais un moment silencieuse, emmitouflée dans la couverture, alors que l’hiver était derrière nous, me rongeant la peau des ongles. « Non, je veux rester. Pour toi » J’esquissais un sourire, un simulacre plutôt. La journée avait été longue. Trop d’émotions d’un coup. J’étais fatiguée physiquement et mentalement. Je me penchais légèrement, retenant un pan de couverture avec une main, tandis que l’autre s’emparait du shot. Je le levai en l’air. En guise de sangé, sans trop savoir à quoi et/ou qui faire santé. Autant ne rien dire. Sans le quitter des yeux, je le vidais d’un trait. Je grimaçais, n’ayant plus l’habitude de boire de l’alcool fort, attendant que le liquide descende le long de mon œsophage. Je reposais le verre sur la table basse, avant de me relever. Comme un zombie, je réduisis la distance qui nous séparait. Alors que j’étais assise sur un canapé, prenant toute la place, lui était simplement assis sur un fauteuil, une place. Sans même réfléchir, je m’assis sur ses genoux, sans avoir prononcer le moindre mot. Je me penchais légèrement, instable, me tenant à sa cuisse pour garder l’équilibre, et prendre la bouteille de Tequila. Je me tournais, nos visages à seulement quelques centimètres l’un de l’autre. Nos regards plantés l’un dans l’autre. « Au diable ! Je pense qu’on a bien le droit de boire à la bouteille, non ? » dis-je, tout en dévissant le bouchon et me servant une rasade d’alcool, sans utiliser de verre. Je passais ensuite la bouteille à Rowtag, tandis que ma main s’était posée sur sa joue, délicatement, avant de descendre vers ses lèvres, les redessinant du bout des doigts. À aucun moment, je n’avais interrompu le contact visuel. Mon autre main s’était posée sur son torse, à l’endroit où se trouvait son cœur. Je me mordis la lèvre. Je n’étais pas encore saoule, pas réellement, mais ça ne saurait tarder. Quand on n’avait pas l’habitude et en plus dans mon état … Au final, ça ne donnait jamais rien de bon. Je changeais de position, me mettant à califourchon sur lui, reprenant une troisième gorgée de Tequila. « Alors, tu me la montres, la chambre de ta princesse ? Ou … ? » Je ne finis pas ma phrase, une lueur étrange dans les yeux, alors qu'une goutte de Tequila coulait sur le menton de Rowtag. Du bout du doigt je la ramassais, avant de lécher celui-ci.


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