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- Les bruits. Les cris. Les coups. Puis le silence. feat Enoch -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Autour de Naples :: Voyager dans le passé
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Safiya RahotepLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Les bruits. Les cris. Les coups. Puis le silence. feat Enoch ( le Lun 30 Avr 2018 - 19:20 )


Réapprendre à vivre. A être libre.
Enoch & Safiya


Safiya se retrouve seule dans la chambre. Cette chambre d’hôtel qui est si grande. Si propre. Si silencieux. Elle tremble. Elle reste là debout essayant de faire marcher son cerveau. Toutes les images se mélangent. Dans son esprit c’est le chaos. Une terre vide ou juste la poussière, l’odeur du sang, la douleur et les cris se font maitre. Les dernières heures ressemblent à un film de guerre. Elle a du mal à se souvenir. Enfin si elle revoit Tobias poser sur ses lèvres un baiser au gout salé alors qu’ils tombaient ensemble sur le sable brulant. Mais avant c’est embrouillé. Ou bien c’est la peur de la vérité qui ferme son cerveau à toutes réactions. Elle n’ose avancer dans cet endroit qui lui est étranger. Safiya est posée entre la commode et le lit. Elle voit une porte ouverte sur une salle de bain. Elle se tourne et aperçoit son visage dans le miroir. Elle recule, presque effrayée par ce qu’elle découvre. Ce n’est pas elle qu’elle voit. C’est un fantôme aux yeux cernés et aux traits tirés. Elle a la tête qui tourne. On frappe à sa porte. Elle sursaute. « Mademoiselle Rahotep. N’ayez pas peur je vous porte des vêtements propres. » C’est une femme qui lui parle avec une voix douce. L’égyptienne la regarde. « Merci. » « Vous voulez que je reste ? Que je vous aide ? » Elle laisse glisser son regard sur la silhouette féminine, elle porte une tenue militaire. Mais elle ne reconnait pas son visage. Tout est si flou dans sa tête. « Tobias ?? Tobias va bien ?? » « Oui il est dans sa chambre. Ne vous en faites pas pour lui. Je vous laisse mais n’hésitez pas si vous avez besoin. » Et c’est à nouveau le silence pesant. Assourdissant.

Safiya réussit à faire un pas. Puis deux. Elle entre dans la salle d’eau. Et son visage lui apparait encore plus que dans la chambre. Elle prend le temps de se regarder, ses vêtements sont déchirés couvert de poussière et de sang. Son sang. Celui de Tobias. Elle essaie de ne pas penser à ce qu’elle vient de vivre, de traverser. Mais les images arrivent aussi rapides et violentes que les coups de fouet qui ont marqué sa chair. Elle frissonne. Elle se doit d’être forte. Alors elle fait glisser les morceaux de tissu. Elle dévoile son corps qu’elle ose à peine regarder. A part son visage rien n’a été préservé. L’envie de vomir lui prend aux tripes. Elle a la nausée. Elle se demande comment elle arrive à allumer l’eau. Un bain dans de l’eau chaude et parfumée. Elle se retrouve nue. Elle là la vision se fait encore plus horrible. Les images brulent son âme. Incendient son cœur. C’est violent. Douloureux. La vérité lui éclate au visage et avec elle tout ce qu’elle a subi. Tout ce qu’ils ont subi. Les tortures. Les privations. Elle a presque oublié le fait d’être une humaine. Et les larmes coulent laissant leurs traces sur sa peau encore marquée de poussière. Elle ne les retient pas. L’égyptienne s’appuie contre le froid de la salle d’eau. Le froid la saisit. Elle se laisse tomber nue sur le sol. L’eau coule et le bruit lui rappelle les tirs, les cris. Elle ne peut pas le supporter. Mais elle n’arrive pas à éteindre. Alors elle serre ses genoux contre son corps, attisant la douleur de ses blessures. Elle a la sensation d’étouffer. De suffoquer. Et elle se met à crier. Sans vraiment le réaliser. C’est comme si c’était une autre qui poussait ce hurlement tiraillé entre la vie et la mort. Comme venu d’outre tombe. Un cri qu’elle ne peut retenir. Un cri qui la libère et qui pourtant l’enferme encore dans cet enfer. Elle a la sensation de porter ses chaines à ses chevilles. De sentir ses poignets liés comme quand ils la frappaient avec rage. Pour lui faire courber l’échine et l’anéantir. Elle crie. Elle hurle comme pour pousser les murs qui semblent se rapprocher et l’enfermer d’avantage. Elle vit l’enfer. Et l’eau qui coule toujours rend cette situation plus horrible.

Safiya entend un bruit. Une porte qui claque. Une voix masculine qui l’interpelle. La peur se fait plus forte. Elle ne sait plus où elle est. En tout cas plus dans cette chambre d’hôtel trop grande. Trop propre. Trop silencieuse. Elle est de nouveau à terre. Dans cette prison de pierre. Elle recule tout en gardant son corps groupé. Une barrière face à cette main qui se tend. Elle ne veut pas qu’ils l’emmènent. « Non … pitié .. » Elle recule. Effrayée. Elle sent l’eau sur son corps. Elle sursaute. Il s’approche d’elle mais elle le repousse. « S’il ..  vous .. plait.. » Elle se retrouve acculée contre le mur. L’eau ruisselle sur sa peau nue, dévoilant d’avantage ses blessures. Celles d’hier comme celles plus récentes. Ses quatre années d’emprisonnement se reflètent sur sa chair. Les coups de fouet. Les brulures. Les entailles. Les abominations. Les infamies. « Tobias .. » A cet instant elle veut juste mourir mais pas sans lui. Pas sans celui qui c’est battu à ses côtés pour survivre. Pas sans celui qui a subi ce qu’elle a subi. « Pitié. » Le jet d’eau se fait trop violent sur son corps douloureux et elle réalise. L’égyptienne regarde alors l’homme penché au dessus d’elle. Sa voix parait douce, comme s’il cherchait à la rassurer. Elle ne comprend pas pourquoi. Et puis les lieux l’interpellent. Et elle se met à pleurer comme une enfant en détresse. Ne répétant qu’un nom.

TOBIAS.

Son monde s'écroule.


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Enoch VolpinoLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Re: Les bruits. Les cris. Les coups. Puis le silence. feat Enoch ( le Lun 7 Mai 2018 - 22:20 )
2011.
Enoch a 31 ans.

Un paysage différent de celui de Londres. Une ambiance plus lourde avec cette tension palpable. Si le sauvetage a été une réussite, que l’équipe dont fait partie Enoch a pu contrôler la situation et rentrer avec les deux archéologues sans encombre, la tension reste dans l’air. Ce pays est tellement imprévisible. Tellement changeant. De retour à l’hôtel où toute l’équipe loge en attendant le retour pour Londres, ses collègues se réunissent pour se concerter sur la suite de la soirée après une journée forte en émotion. Tout le monde s’accorde pour se dire que chacun rentre dans ses quartiers prendre une douche et se rejoindre au bar-restaurant de l’hôtel pour décompresser des dernières semaines de stress pour organiser cette opération puis aussi fêter la réussite du sauvetage. Retournant vers sa chambre, Enoch se perd dans ses pensées. Si effectivement le sauvetage s’est déroulé comme il faut, l’homme ne sait s’il s’agit tout de même d’une réussite. A voir l’état de santé des deux prisonniers, la réussite aurait été de les libérer bien avant. D'empêcher que ce genre de chose arrive. S’il n’a rien montré de tout le long, Enoch avait été touché par le regard des deux prisonniers, de cette façon de ne pas vouloir se séparer, de vouloir rester ensemble. Et puis ce désespoir au fond des iris. Ces corps voutés par la fatigue, la faim et la torture. Ca lui avait retourné l’estomac et la cervelle. Une fois dans sa chambre, l’homme se défait de son uniforme et de son équipement puis file sous une douche froide. Il y reste de longues minutes avant d’actionner l’eau chaude, rendant l’eau tiède. Il a toujours fait cela après une intervention sans trop savoir pourquoi. Comme si c’était sa façon à lui de quitter l’intervention totalement. De faire une brèche entre le personnel et le professionnel, bien que les deux se mêlent très facilement. Que la frontière est très mince surtout pour Enoch.

Une fois habillé d’une tenue civile bien plus confortable, l’homme sort de sa chambre pour rejoindre ses collègues sans grande motivation. A vrai dire, il aurait préféré rester dans sa chambre, avachi dans son lit et s’abrutir devant une émission qu’il ne comprendrait pas de toute façon. La journée l’avait fatigué et surtout avait remis pas mal de chose en question : ce que l’homme pouvait endurer et surtout combien de temps. Traversant le couloir pour rejoindre les escaliers, son oreille semble entendre un hurlement. Aussitôt, son corps se tend, alerté. Il se rapproche des portes, tente de trouver la source du bruit et finit par la trouver. Sa main se lève pour toquer à la porte. « Vous avez besoin d’aide ? Tout va bien ? » Son œil se greffe au numéro de la chambre : c’est celui d’une des rescapés. Safiya. Son dossier, il l’avait lu lors de la préparation de l’intervention : une belle femme de couleur de 31 ans archéologue. Mais la photo du dossier n’avait rien à voir à la femme qu’il a sauvé et attraper dans ses bras pour l’emmener vers le point d’évacuation. Un autre hurlement le sort de sa torpeur, l’homme tente d’ouvrir la porte qui s’est verrouillée. « Safiya ? Si vous n’ouvrez pas, j’enfonce la porte ! » Et si elle ne pouvait pas ouvrir la porte ? et si quelque chose lui était arrivé ? Pas le choix : il la force, se faisant un passage en utilisant son corps pour ouvrir la porte, pas dans la plus grande des douceurs malheureusement. Manquant de perdre son équilibre, Enoch se redresse et sonde les alentours, la cherche. Ne trouvant que son absence, l’homme se dirige directement vers la salle de bain et pile net en voyant une Safiya terrorisée sur le sol de la salle de bain, nue. Frappé par sa nudité, l’homme s’arrête, reste à l’écart pour ne pas effrayer la jeune femme. Son regard se détourne mais ses oreilles ne peuvent pas. Elles entendent les hurlements, les pleurs et si l’homme aime à montrer qu’il ne ressent rien, qu’il n’a pas de cœur : ce dernier existe bel et bien et il se serre. « Safiya, tout va bien. Je ne vous ferais aucun mal. » Ne sachant pas comment la calmer, il fait un pas vers elle puis un autre. « Tobias est là. Il est de l’autre côté du couloir. Vous n’êtes pas seule. » Mais peu importe ces tentatives, la femme terrorisée le repousse, semble le prendre pour un assaillant, pour un de ses détracteur et rien que ça arrive à lui serrer le cœur encore plus. Maintenant tout près d’elle, l’homme se penche pour atteindre les robinets et fermer l’eau, se rendant compte que la jeune femme craint le bruit de l’eau qui se déverse sur elle et qui résonne dans la salle d’eau. D’une main, il attrape une serviette et l’enroule autour de son corps meurtri, son regard captant ses cicatrices et ses blessures malgré lui. Devant ses larmes, Enoch reste un moment perplexe, ne sachant comment les calmer. Il n’est pas doué pour ce genre de chose. A toujours mis une grande barrière entre lui et les autres. Ses mains se posent sur les épaules de Safiya en n’ayant aucune idée de ce qu’il s’apprête à faire. L’italo-britanique part en totale improvisation et suit son instinct. Ses mains saisissent les épaules de Safiya entre fermeté et douceur, juste assez pour qu’elle sente ses mains, qu’elle revient à l’instant présent. « Safiya, je suis Enoch. Un des agents qui vous ont sorti de votre cellule. Vous êtes dans une chambre d’hôtel, dans la salle de bain présentement. » Sa main part essuyer l’eau qui se trouve sur son visage et plaque ses cheveux en arrière pour qu’elle puisse avoir une meilleur visualité. « Tout va bien. Aucun mal ne vous sera fait. Plus aucun mal ne vous sera fait, Safiya » Ses mains quittent ses épaules et partent à la conquête de l’ovale de son visage, la guide à plonger son regard dans le sien. « Le calvaire et l’horreur sont fini, Safiya. C’est terminé, je vous l’assure. Je vais rester avec vous le temps que vous vous calmez, vous voulez bien ? » En attendant sa réponse, l’homme se hisse aussi dans la cabine d’eau et s’assoit à ses côtés, s’enfichant de se mouiller. Sa main se pose sur la sienne, juste pour lui rappeler qu’elle n’est pas seule. Qu'il est avec elle.



Certains moments ont un goût d’éternité.

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Safiya RahotepLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Re: Les bruits. Les cris. Les coups. Puis le silence. feat Enoch ( le Sam 19 Mai 2018 - 18:31 )


Réapprendre à vivre. A être libre.
Enoch & Safiya


L’enfer peut-on réellement le définir ? On le voit rempli de flamme, inondé de démons plus hideux les uns que les autres. On s’imagine que l’odeur du souffre et de la mort y règnent en maitre. Mais il a bien des couleurs l’enfer. Bien des odeurs. Et ses démons ont bien souvent le visage des hommes. Safiya peut dire qu’elle a passé quatre années en enfer. Tiraillé entre l’envie de mourir comme une femme faible et bafouée et celle de se battre comme la femme forte qu’elle a toujours été. L’enfer elle l’a senti lui caresser les flancs et s’infiltrer dans sa chair devenue si fragile. Elle ne pensait pas en revenir. Elle pensait y mourir au côté de son fidèle ami Tobias. Pourtant elle a vu la lumière sans vraiment en prendre conscience. Sans vraiment voir les visages des anges qui avaient coupé des chaines. Un souffle de liberté c’est alors insufflé dans ses poumons, titillant sa bouche de nouvelle saveur. Ils étaient libres.

Et voilà que le son d’une douche qui coule la replonge dans ce monde qui a fait son âme prisonnière. La peur reprend le dessus, dérobant toute sa réalité. La salle de bain de sa chambre d’hôtel devient la pire des cages. Et en un rien de temps son destin bascule dans l’horreur. Elle se retrouve acculée contre les briques froide, le corps nu et livré aux monstres qui semblent sortir tout droit de son imagination. Ses plaies encore ouvertes redoublent de douleur, la mettant encore plus à terre. Ses cris sont étouffés dans ses larmes. A part que cela ne soit le contraire. Elle ne sait plus. Elle est juste là au sol, le regard vide de la moindre trace de vie. Elle ne cherche pas à lutter, elle n’en a plus la force. Elle se sent seule, la présence de Tobias restant complètement invisible. Ils les ont séparé. La seule personne qui lui donne l’envie de vivre n’est pas à ses côtés alors que son corps plie devant la souffrance et la peur. Elle a juste envie de se laisser couler et de ne plus se sentir respirer. Même respirer devient douloureux à cet instant. Et l’ombre s’approche. Imposante. Elle supplie. Elle implore. Priant tous les Dieux de faire cesser son supplice. Le prénom de Tobias revient encore et encore rouler entre ses lèvres. Une dernière prière. Sa dernière prière. Mais il y a dans son enfer cette voix masculine qui résonne déchirant une partie de son voile. Non elle n’ose y croire. Elle ne peut y croire.

Safiya se bat, offrant ses dernières forces à son assaillant. Et puis le bruit de l’eau cesse. A part que cela ne soit ses cris. Elle frissonne. Elle sent ses tripes se retourner. Comme pour opposer une dernière résistance. Elle ne contrôle plus rien. Ni ses larmes. Ni les spasmes qui secouent son être comme les secousses d’un tremblement de terre. Elle veut fermer ses yeux mais ils la brulent. Des visions viennent entacher son esprit. Des bruits. Tobias. Sans comprendre ce qui se passe en elle. C’est comme si elle était traversée de toute part par un tas de sensation rebelle. Elle secoue la tête. Ou est le vrai ? Ou est le faux ? Elle sent des mains sur ses épaules. Fuir. C’est tout ce qui lui vient à l’esprit. Mais elle est collée au mur froid de la douche, elle ne sent même pas la serviette contre sa peau. Elle cherche une issue tournant sa tête dans tous les sens, sans vraiment voir ce qui l’entoure. Sauf cette silhouette qui est encore flou. Elle a la nausée. « Enoch ??  » Elle fait rebondir ce nom dans sa tête, essaie d’assembler ce qu’il lui dit avec tout ce qui l’assaille. Chambre d’hôtel. Salle de bain. Ces mots la heurtent mais ils ne la sortent pas de sa torpeur. L’égyptienne sent la main sur son visage, dans ses cheveux. Son regard marque la peur. Userait-il de charme à présent pour la dompter ? Elle si droite, si franche, ne le regarde pas. Et toujours ces mots apaisant comme une porte de sortie. Son prénom qui résonne dans une autre voix que celle de Tobias. « Pas de mal .. » Sa respiration se fait plus calme. Mais son cœur garde sa course folle. Elle se laisse faire quand il vient chercher son menton pour guider son regard vers le sien. Même si un geste de recul s’empare de son corps. Dernière réaction de résistance. Tout ce qu’elle arrive à faire c’est augmenter la douleur des blessures qu’elle porte dans le dos. Cela l’a fait grimacer. Elle l’écoute mais pour elle cela sonne encore faux. Le calvaire et l’horreur sont finis. Comment est ce possible ? Il s’installe à ses côtés. Elle reste distante. La peur l’enlace encore avec force. « Fini .. tout est fini .. » Elle répète les mots ayant du mal à y croire. Elle sent ses doigts frôler sa main. Elle a du mal à se dire que ce contact n’est pas nocif. Enoch n’est pas là pour lui faire du mal. D’un coup elle a le tournis. Trop dur de gérer toutes ses sensations d’un coup. C’est autant compliqué que douloureux. « Je  .. vais .. vomir. » Safiya se relève précipitamment, se cognant le bras au passage. Ce qui réveille des douleurs qu’elle aurait voulu garder muettes. Ses jambes la tiennent à peine. La serviette glisse sur sa chair meurtrie. Elle arrive juste à temps à l’évier. Un gout acide brule sa gorge. Elle se laisse à nouveau glisser au sol. Épuisée. Le voile qui se déchire enfin et avec lui le regard d’Enoch posé avec douceur sur elle. « Il .. c’est passé .. quoi ? Je suis .. où ? » Elle ne reconnait rien. Tout lui semble si étranger. Elle ne fait même pas attention à son corps nu. Elle a perdu pas mal de notion en quatre ans. « Tobias. » Sa voix s’affole. Il est son seul point de repère. Son ancre dans la tempête. Et là elle ne le voit pas. Il y a juste. « Enoch ??? » Elle n’en est même pas sure. Elle n'est plus sure de rien. Même sur le fait d'être libre.

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Enoch VolpinoLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Re: Les bruits. Les cris. Les coups. Puis le silence. feat Enoch ( le Dim 3 Juin 2018 - 11:56 )
Prendre l’aura d’assaillant. Avoir l’instant le rôle du méchant. Ca lui pèse. Ca le ramène à des années plus tôt quand Volpino n’était qu’une explosion de lettres ayant emporté tant d’innocents avec elle. Ce regard apeuré qu’elle pose sur lui fait résonner de vieilles blessures. Il devient le perfide qui n’a que l’horreur entre les doigts et il accuse mal le coup. Perd une confiance qui jusqu’à là guidait un peu ses gestes maladroits certes mais qui avaient que de bonnes intentions. « Oui, c’est ça. Je suis Enoch » Sa voix se fait basse, veut lui épargner des décibels qui résonneraient un peu trop dans son esprit. Esprit qu’il s’essaie de calmer, de réconforter sans savoir réellement comme s’y prendre. Enoch se sent gauche avec cette sensation que tout son corps n’est fait que de tessons de verre qui lui font plus mal que la calmer. L’agent du MI-5 n’a jamais été pudique, n’a jamais réellement ressenti de pudeur face à la gente féminine et pourtant, là, une certaine retenue se lit dans l’hésitation de ses gestes, le rendant presque timide. Une facette qui ne lui ressemble pas en temps normal mais ce moment n’a rien d’une scène d’un quotidien banal. « Oui, tout est fini » Qu’il souffle à voix basse quand ses doigts enroulés autour des siens essaient de trouver la bonne pression : ni trop forte mais assez pour qu’elle les sente, pour que sa présence prenne vie dans ses visions floues. Il se veut balise dans une mer déchaînée, le Volpino mais jusqu’à lors, il semble plus être requin que point d’ancrage. L’homme reprend sa main et s’écarte pour la laisser passer, la nausée venant enrôler son corps qui se relève comme possédée par un démon, la serviette venant s’échouer sur le sol. Interdit, le trentenaire soupire devant son incapacité et ses lacunes puis se redresse pour reposer la serviette autour de ce corps si frêle, si abîmé, tellement que ça lui en serre le cœur et pourtant, il n’est pas sensible. Pourtant, il en a vu des corps éclatés, calcinés par la connerie humaine. Peut-être était-ce l’éclat éteint de ses iris qui ne le laissait pas indifférent avec ce parcours digne d’un film d’action. « Une équipe de sauvetage vous a libéré Tobias et vous. Vous êtes dans la salle de bain d’une chambre d’hôtel. Vous y logerez quelque jour. Voir quelque semaines » Il ne savait pas trop, Enoch combien de temps elle y resterait dans cette chambre. Lui, il partirait dans quelque jours, retrouverait son quotidien londonien, sa mission étant accomplie et il n’avait aucune autre raison de rester. « Oui … Enoch, c’est moi » L’homme se pose sur le sol en face d’elle, il laisse une distance entre eux, un mètre environ juste pour qu’elle ne se sente pas étouffée par lui, qu’il n’empiète pas sur sa petite bulle. Il veut lui montrer ainsi qu’il ne lui veut aucun mal, au contraire. « Vous voulez que j’appelle l’agente qui est en charge de vous ? Elle devrait être dans le coin. Peut-être que vous seriez plus à l’aise avec elle ? » L’homme ne veut pas se décharger, refiler cette situation à une autre, il veut juste faire au mieux. Se sent incapable de pouvoir lui être d’un réconfort. La barrière du sexe, puis celle d’un vécu de ses dernières années aux antipodes l’un de l’autre. Ne sachant pas, n’ayant pas été formé à ce genre de situation particulière, il tâtonne le Volpino, tente de trouver des solutions. Peut-être qu’il appréhende la situation d’un œil trop professionnel, peut-être qu’il devrait écouter cette intuition qui perle son cœur et la suivre. « Safiya ... Voulez-vous que je vous raconte une histoire ? » Incertain mais cette piste, il la suit. Piste qui a des odeurs de son enfance, des effluves de ce pays qu’il aime tant mais qu’il a quitté des années de cela, le coeur en miette « L’histoire des perles de larmes… » Le conte que son père lui racontait enfant pour le consoler, pour l’apaiser, le bercer dans une douceur que seul Lupo savait lui offrir.



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Sujet: Re: Les bruits. Les cris. Les coups. Puis le silence. feat Enoch ( le Dim 10 Juin 2018 - 19:01 )


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Enoch & Safiya


En un clic tout bascule dans la tête de Safiya. L’endroit calme et protecteur devient prison et horreur. Plus rien à de sens. Tout s’effondre et tout se fausse. Elle devient fragile et n’a qu’une envie c’est que tout prenne fin. Elle pense à la mort. Seule issue à sa délivrance. Une voix masculine l’appelle en essayant de se faire rassurante. Piège ou pas. Elle l’ignore. Elle a peur. Cela lui fait mal de ressentir toute cette angoisse. Elle tremble, ne sachant plus où est le vrai où est le faux. Elle s’accroche à cette voix avant de trouver un regard qui semble ressembler à de l’espoir. Une lumière pâle dans son univers noir. Mais la crainte reste présente, roulant sous sa chair comme la brulure d’un fer chauffer à vif. Elle e envie de hurler. De frapper. De fuir. De chercher Tobias. Il ne répond pas à ses appels. Elle ne le voit pas dans cette pièce qui est si étrangère. Ses forces la mettent à terre abandonnant son corps et quittant son esprit. Elle veut que le silence vienne l’envahir. Avec lui peut être le repos. Sans savoir si vraiment elle obtiendra. Y a-t-elle seulement droit ?

"Tout est fini". Ses mots s’entrechoquent dans son esprit torturé. Safiya sent l’impact du carrelage froid contre sa chair meurtri. Un électrochoc violent. Dérangeant. Une main serre la sienne. Des doigts emprisonnent les siens. Avec douceur. Comme une mère le ferait avec son enfant pour le calmer d’un cauchemar dévastateur. Un instant l’égyptienne croit au répit. Elle voit un bout de ciel bleu dans le brouillard épais qui l’étreint comme une caresse incestueuse. Elle cherche une lumière plus franche, plus sereine. Une île pour échouer son corps comme un bateau ballotté par les vagues d’une tempête. Mais les souvenirs mêlés à la douleur, à la peur, aux doutes qui s’enroulent. Tout explose. Elle ne sait plus. Et d’un coup c’est comme si son corps voulait chasser toute cette horreur. D’un coup son ventre vide veut expier toute sa peur. Toute sa douleur. L’égyptienne se lève comme posséder par une force puisée dans ses tripes. Elle balaie cette main secourable. Et elle finit nue et épuisée contre le mur. Laissant ses dernières forces partir dans ce trou noir sans fin. Et le voile se déchire. Enfin.

Safiya semble sortir de son enfer. Elle est encore entre deux mondes. Mais elle revient dans la réalité. Cherchant à comprendre. L’homme est toujours là à la regarder. Mais il ne la regarde pas comme on l’a regardé pendant quatre années. Il lui explique avec douceur. Certains mots résonnent plus que d’autre brulant son âme. Certains mots pourraient donner à rêver mais ils la frôlent à peine. « Merci. » Ce mot sort comme un murmure. Elle ne réalise pas encore la situation. Comme le fait qu’elle est nue. Elle ne voit pas le mal. Elle voit juste Enoch se poser à terre tout en respectant une limite de sécurité. Elle sait qu’il n’a pas peur d’elle. Elle sait que s’il rentrait dans ce cercle c’est elle qui paniquerait. Et pourtant elle a envie que des bras l’enserrent juste pour lui montrer que tout est vraiment terminé. « Non .. non. » Elle secoue la tête pour appuyer ses mots. Ce qui lui donne le tournis. Elle attrape son bras. « Je veux que tu restes .. ne me laisses pas. » Sa voix est une prière, elle ne sait pas pourquoi. Mais Enoch dégage comme un sentiment de sécurité. Il n’y a qu’avec Tobias qu’elle a ressenti cela. Enoch lui propose de lui raconter une histoire. Elle lève son visage vers lui. L’égyptienne sourit même si son regard est plein de triste. Une tristesse indélébile qui surement ne s’effacera jamais. « Oui. » Sa voix est tremblante. Il a gardé la distance. « Est-ce que tu peux me prendre dans tes bras. » Son regard se fait presque suppliant. Elle sait que le contact sera douloureux. Son corps est loin d’être cicatrisé et certaines blessures sont encore à vif. Mais là elle a besoin de chaleur. De chaleur humaine. Elle a besoin de se sentir vivante. Et en même temps protégée. Elle a besoin d’avoir mal, d’avoir chaud pour se dire que ce n’est pas un rêve. Qu’elle est bien là nue assise par terre dans cette salle de bain avec un étranger qui ne lui veut aucun mal. Il y a tellement longtemps que cette situation ne lui est pas arrivée. Safiya tend ses bras, grimaçant légèrement. Espérant juste qu’Enoch acceptera.


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Enoch VolpinoLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Re: Les bruits. Les cris. Les coups. Puis le silence. feat Enoch ( le Sam 30 Juin 2018 - 11:39 )
2011.
Enoch a 31 ans.

Face à lui, Safiya prend des allures d’animal apeuré acculé dans ses retranchements. Quand lui semble devenir un chasseur qui la traquerait à ses yeux. Un rôle qu’il ne tient pas, qu’il n’a pas envie de tenir de toute évidence. Il faisait partie de l’équipe qui les ont sauvé, Tobias et elle et pas de ceux qui les ont torturé toutes ces années mais la réalité devient illusion. Se joue d’elle. Puis de lui aussi. Qu’importe les bonnes intentions si les mirages lui donnent les cornes du diable. L’animal apeuré semble retrouver une respiration plus normale, moins affolante et c’est un bon signe, non ? L’Italo-britannique reste dans ses frontières, le menton enfoncé dans sa main accoudé à son genou. Il attend, laisse les secondes, les minutes s’égrener pour lui laisser le temps d’atterrir, de revenir dans cette réalité, loin des cages et des tortures.  Ce fameux Tobias aurait sûrement su mieux que lui comment l’accompagner dans ce voyage, dans cette transition aux escales douloureuses mais malheureusement pour Safiya, elle n’a que lui, en cet instant, un agent maladroit mais qui veut faire au mieux. Sa voix, son à peine inaudible se cogne contre les quatre murs de cette pièce d’eau. Un remerciement qui s’échappe, aussi fragile qu’une faible vapeur. Le brun acquiesce, silencieux et réceptionne ce murmure du bout des doigts. Sa reconnaissance le gêne car à part être une présence, il ne fait rien d’autre. Impuissant face à sa détresse, se sentant inutile aussi. D’où l’évidence qui se présente à lui, l’évidence de faire appel à sa collègue de travail, celle qui était censée s’occuper de Safiya et veiller sur elle. Chose qu’elle n’a visiblement pas fait et ça l’agace. Mais face à sa proposition de s'en remettre à elle, c’est une négation fébrile qui s’y confronte, appuyant ses dires par ce bras qu’elle saisit, sa voix devenant supplication qui le percute de plein fouet. Ses sourcils se froncent légèrement devant ce retournement de situation avant que sa tête se hoche. « Si vous ne voulez pas que je vous laisse, je vous laisserai pas » Sa main se pose sur la sienne comme pour lui prouver ses dires, pour tenter d’apaiser la sorte de crainte suscitée par son éventuel départ. « Je vais resterai avec vous, Safiya » Un sourire se dessine sur le visage de la brune brisée par la vie, un sourire qui jure avec ce regard si triste, tellement triste que l’homme sent son cœur se serrer dans sa poitrine. Pourtant, il n’est pas sensible à la douleur d’autrui, du moins, pas franchement et sincèrement de premier abord, se préférant à jouer la carte de l’insensibilité et de tourner les talons pour ne pas y faire face. Cette fois-ci, il ne tourne pas les talons le Volpino, il reste, incapable de tourner le dos à des tourments qui la dépassent sûrement et qui le dépassent aussi, là voilà la vérité. Quelque secondes s’étirent en longueur, le laissant inerte et paralysé face à sa demande, sa requête. Une pudeur qui se réveille en lui, une retenue qui sort d’on ne sait où quand on connaît les penchants de l’homme pour les conquêtes d’un soir, son adoration pour les courbes féminines qui hantent ses draps. Mais  Safiya ne ressemble en rien à toutes les femmes qui ont peuplé ses nuits et c’est là que provient sûrement cette réserve soudaine. Le Volpino doute que ce soit une si bonne idée de la prendre dans ses bras, en sachant qu’il pourrait lui faire mal même juste en l’effleurant mais devant ses bras qui se tendent vers lui, ce regard suppliant, il ne sait s’y refuser. Comment le pourrait-il ? « D’accord… Okay. Bougez pas, j'arrive » Lentement, Enoch se rapproche d’elle faisant tomber les frontières invisibles et attrape ses mains pour l’attirer à lui. L’installant le plus doucement possible contre lui, l’arrondi de son dos se reposant sur son torse, ses bras venant entourer sa silhouette, se voulant aussi légers qu'’une brise. Ne pas trop serrer pour qu’elle ne souffre pas, juste une légère pression pour qu’elle sente son étreinte. « Ca va comme ça ? Je ne vous fais pas trop mal ? Êtes-vous bien installée ? » Si confiant en tant normal, Enoch devient maladroit, doute de ses moindres faits et gestes mais son intention est là, bien réelle, bien sincère. Il voudrait juste l’aider à se sentir mieux, bien qu’il soit en totale improvisation, nageant en eaux troubles. Bien qu’il n’y arrivera sûrement pas, il ne se voile pas la face. Safiya, elle revient de loin. Tellement loin. Son visage effleure le sien, devient pilier pour celui de Safiya, lui offrant la possibilité de s’appuyer sur lui si l’envie lui en prend. Des vestiges laissés par son père, l’agent s’en inspire, le prend en modèle : ça fonctionnait sur lui à l’époque et ça pourrait sur Safiya, qui sait ? Ses lèvres se déposent doucement sur les tempes de la jeune femme alors que son corps oscille doucement de gauche à droite. Bercement lent et doux comme pour calmer les pleurs d’une enfant. Les siens à l'époque. Ceux de Safiya ce soir. « C’est l’histoire que mon père me racontait à chaque fois que mon cœur était lourd. Je n’ai pas la prétention de croire qu’elle pourrait faire disparaître votre douleur mais peut-être pourrait-elle l’atténuer, même juste un instant. Ou juste vous faire penser à autre chose » Sa voix est douce, un simple chuchotement, ne voulant pas l’agresser avec le timbre de sa voix habituelle. Puis leur proximité est telle qu’il n’a pas de toute façon pas besoin de parler à voix haute. « Puis-je commencer ? » Parce qu’il lui donnait tout pouvoir à Safiya. Celui de décider ce soir de ce qu’elle désire, de ce qu’elle pense pouvoir lui faire du bien. Il lui offre ce droit qu’elle perdu toutes ces années : la liberté de choisir. De faire ce qui lui plaît. Lui n’est qu’un pion à son service.



Certains moments ont un goût d’éternité.

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Safiya RahotepLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Re: Les bruits. Les cris. Les coups. Puis le silence. feat Enoch ( le Sam 7 Juil 2018 - 18:31 )


Réapprendre à vivre. A être libre.
Enoch & Safiya


Safiya s’accroche aux mots d’Enoch. A ces mots qui pour une personne normale seraient des plus banals. Alors que pour elle, ils deviennent le seul point d'attache avec la réalité. Une nouvelle réalité. Car durant quatre années, sa réalité n’a été que douleur et horreur. Souvent elle c’est dit que ce n’était qu’un cauchemar qui durait le jour et la nuit. Année après année. Qui durait .. durait .. sans jamais se terminer. Tobias la gardait en vie malgré l’horreur encaissée chaque jour dans sa chair et dans son cœur. L’horreur gravée au-delà des limites de l’âme humaine. Cette réalité était devenue sa réalité. Leur réalité. Un défi de survie pour souffrir d’avantage. Un défi face à ces hommes qui riaient de la voir si détruite. Soumise. Cassée. Déchirée. Mais toujours autant obstinée à survivre. Elle puisait sa force dans Tobias. Comme il la puisait en elle. Deux êtres rattachés à la vie par un lien indestructible. Un lien d’amour dont ils ne mesuraient pas la puissance, ni la portée. Et là alors que la liberté coule enfin sur sa peau nue et meurtrie, elle se sent démunie. Elle n’ose y croire. Comme peut-on croire au paradis après avoir subi les affres de l’enfer ? Elle ne veut pas retrouver l’enfermement. Elle ne veut pas être réduite au silence. Mais dans cette pièce ou le facteur inconnu est des plus présents. L’égyptienne perd pied. Elle ne trouve plus de repères. Ou alors ils se fondent mélangeant tout dans sa tête. Tout lui semble irréel. Mais il y a-t-il quelque chose de réel à ses yeux ? La voix d’Enoch. Et ses mots.

Safiya le remercie, même si ce n’est qu’un souffle de voix, c’est un souffle sincère. Venu de son cœur brisé en mille morceaux comme s’il n’avait  été qu’un simple vase de cristal. La peur est toujours là, liée à ses tripes. La happant dans le plus grand des tourments. Enoch propose d’appeler une autre personne. Mais elle ne veut personne d’autre que lui. Peut être Tobias. Qui doit être autant désemparé qu’elle. Mais il a, lui aussi, besoin de reconstruire sa réalité. Et côte à côte ils risquent de plonger dans un monde donc on ne pourra jamais les sortir. Alors l’égyptienne se réfugie entre les bras de cet inconnu. Sa voix la calme, l’apaise. Il a l’air fébrile et cela lui noue le cœur. C’est elle qui devrait avoir le plus peur et pourtant il semble autant démuni qu’elle face à cette situation. Peut être n’a-t-il pas vu de souffrance avant ? Peut être que son corps abimé lui fait peur ? Mais elle s’en moque. C’est lui qu’elle veut à cet instant. C’est contre lui qu’elle veut se blottir et respirer en confiance sans avoir peur des représailles. Elle le sent hésitant mais sa voix se fait suppliante. « Je te fais peur ? Je suis désolée je n'ai plus rien d'une femme .. » Ses grands yeux noirs marqués de ces années de souffrance viennent se perdre dans le regard d’Enoch. Ils sont emplis de doute, de peur, d’un voile qui ne cache pas les larmes souvent retenues. Et celles versées quand la douleur devenait trop dure à encaisser. Il s’avance enfin vers elle. Il prend ses mains tendues. L’égyptienne est étonnée par la douceur de ses gestes. Elle a oublié combien un homme peut être doux avec une femme. Sauf quand Tobias la réconfortait après les tortures. Comme lui il ne saivait pas comment prendre son corps marqué. Son corps brisé. Elle se laisse porter par l’étreinte légère qu’ils établissent. Un peu comme si un père portait son enfant. Elle se détend. Elle se laisse aller contre son torse. Contre ce corps fort. Réconfortant. Un rempart à ses idées noires. A sa souffrance bien trop présente. Chaque centimètre de sa chair est douleur. Comme chaque centimètre de son squelette. « Oui ça va. Merci.Tu ne me feras jamais aussi mal que ce qu'ils m'ont fait. » Elle ferme ses yeux. Se gorgeant de cet instant qui semble sorti d’une autre vie pour la belle à la peau dorée. Même si le contact contre le corps d’Enoch éveille quelques souffrances, il est apaisant. La respiration de Safiya se fait plus calme. Son cœur se remet à frapper sa poitrine à un rythme normal. Cela fait si longtemps qu'il n'avait pas battu de la sorte. Elle sent ses lèvres effleurer sa tempe, elle sourit. Sa fébrilité se fait moins vorace, même si elle n’a pas encore pris toute l’ampleur de cette réalité. Et surtout de sa liberté. Cela va prendre du temps avant qu’elle ne s’y fasse. Avant que tout s’efface. Là elle se laisse bercer par le mouvement des bras d’Enoch. Elle écoute sa voix. L’histoire qu’il propose de lui raconter n’aura pas le pouvoir de tout effacer. Mais elle est certaine que cela lui permettra, durant quelques secondes, d’oublier ce que son corps et son âme garderont à jamais marqués.

Safiya soulève doucement son bras amenant sa main vers la joue d’Enoch. « Tu es beaux. » Elle qui se sent d'un coup si laide avec toutes ses marques. Elle peut prier ses Dieux qu'ils aient préservé son visage. Ses doigts tremblant glissent sur sa peau, comme si elle cherchait à s’assurer qu’elle ne rêvait pas. Une façon d’entré plus en contact avec cette nouvelle vie. Puis sa main vient se poser contre le cou du militaire, jouant au début de sa nuque. Un contact qui la rassure d’avantage. Elle le regarde, sourit comme une enfant innocente. Mais c’est tout ce qu’elle est à cet instant. La femme est bien loin. Du moins dans son esprit car elle le reste dans son corps qui se blottit encore au creux des bras d’Enoch. Comme un fœtus le ferrait dans le ventre de sa mère. « Oui tu peux commencer. » Pour la première fois depuis quatre ans elle se sent bien. Elle a juste peur que ce petit bonheur s'arrête. Juste peur que ce soit éphémère et que le moindre bouleversement fasse tout capoter.



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Enoch VolpinoLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Re: Les bruits. Les cris. Les coups. Puis le silence. feat Enoch ( le Mar 24 Juil 2018 - 11:42 )
2011.
Enoch a 31 ans.

Être sur le terrain, suivre une tactique organisée des semaines à l’avance, Enoch gère à la perfection. Poisson dans l’eau qui sait utiliser l’adrénaline à bon escient. Réflexe sensible, formé et prêt à inverser chaque situation en sa faveur. Un bon petit soldat. La parfaite chair à canon qui utilise son intelligence comme une arme mais là. Là présentement. Enoch fait face à un mur et sa grande intelligence ne lui sert à rien. Pas de plan vigoureux à suivre, il lui faut aller à l’intuition et si elle est souvent bonne en opération, là, elle le laisse désemparée. Aveugle qui s’avance à tatillon, incertain de la voie à suivre. Dès qu’il y a de l’émotion, l’homme se perd dans les méandres de sa personnalité où les sentiments n’ont jamais eu réellement une place. Parce qu’il les comprend pas, les assume pas et ne sait pas composer avec. Tombe creusée où il les enterre, c’est plus facile et ça, le Volpino sait y faire. Mais face à Safiya, l’excellence se tarit et l’homme redevient un adolescent qui ne sait pas quoi faire de ses bras, qui ne sait pas quoi dire pour apaiser la jeune femme torturée. Sa raison lui dicte une conduite quand son intuition bancale et maladroite la contredit. Sauver la vie de quelqu’un, c’est une chose, l’apaiser en est une autre car il n'y a rien de militaire là dedans. « Me faire peur ? Vous ne m’effrayez pas, Safiya. Vous n’avez à vous excuser de rien du tout. C’est moi qui m’excuse … Je ne suis pas doué pour apaiser quelqu’un » Parce que lui, il a toujours eu la même et unique façon de se calmer : ignorer ce qui le hante et l’enterrer vivant. « Vous avez encore tout d’une femme. Laissez-vous le temps de vous remettre. La féminité n’est pas juste un corps, c’est une aura. Vous ne l’avez pas complètement perdu » Les cicatrices n’enlèvent rien à sa beauté, la complètent sûrement, la rendent unique. Des belles femmes il y’en a à la pelle et elles ont toutes leurs façon de l’être. A ses yeux, elle l’est toujours, Safiya. Oui, une belle femme. Comme une fleur qui demande qu’à éclore. Qu’il faudrait juste choyer et arroser de douceur pour qu’elle ouvre à nouveau ses pétales. Le brun acquiesce silencieusement de la tête, rassuré sur le faite qu’il ne la torture pas dans cette étreinte où son corps devient étau de chair autour de la sienne comme une barrière protectrice contre un mal qui rôde. Un mal qu’il ne sait pas bien combattre et pourtant, son ennemi, il sait le neutraliser quand il le faut mais pas cette fois-ci. Adversaire invisible qu’aucun coup n’arriverait à l’achever. Ses sourcils se froncent légèrement, retenant de justesse un mouvement de recul par réflexe face à cette main qui se pose sur sa joue. L’Italo-britannique n’a pas l’habitude des contacts, sauf dans un but bien précis et ça n’est pas le cas ici. La tendresse lui a toujours semblé être une chose bizarre, quelque chose qui le pétrifie. Face à ce regard, ce sourire innocent comme celui d’un nouveau né, Enoch se laisse aller, la laisse parcourir la peau de son visage puis de sa nuque quand, dans une autre situation, il aurait déjà pris congé, repoussant l’autre sans aucun scrupule. Le compliment que la brune lui offre le surprend et le déstabilise, ne s'y attendant pas. Il a plus l'habitude d'ordre cinglant que de compliment et ça, depuis sa tendre enfance « Eh bien ... Merci. Vous l'êtes, vous aussi » Sincérité dans les notes qui lui révèle une simple vérité qu’elle n’arrive peut-être plus à voir. Le brun la met face à cette véracité et le temps fera son œuvre pour qu’elle l’accepte, de la voir, de l’entendre. Enoch se racle la gorge puis se cale pour qu’ils soient à l’aise, son corps devenant une crevasse où celui de Safiya s’imbrique comme dans une cachette secrète. « C’est l’histoire d’une femme qui traversait le désert à pied. Des larmes s’écoulaient de ses joues, encore et encore, au rythme de ses pas dans le sable chaud. Chaque larme tombée de l’écrin de ses yeux devenait une perle, une perle de larme lisse et scintillante. Elle les récoltait dans le creux de sa main pour les ranger dans ses poches. Des poches de plus en plus gonflées et lourdes. Un jour, elle croisa la route d’un oiseau, curiosité piquée par cette femme qui marche et pleure des perles de lumière. « Comme elles sont belles » Lui dit l’oiseau. Généreuse, la femme lui propose d’en choisir une. L’oiseau, ravi, ne choisit pas la plus grosse mais la plus brillante de toute et reprend sa route, contemplant sa perle. Plus loin, l’oiseau se dit qu’il aimerait bien en avoir d’autres, pas beaucoup mais juste quelque unes de plus pour les offrir à ses compagnons ailés. Rebroussant chemin, l’oiseau retrouve la femme qui, alourdie par ses poches peines, ne peut plus mettre un pied devant l’autre. Elle tombe à genou et se traîne pour pouvoir avancer, des larmes de perles continuant de quitter ses yeux. « Mais arrête de pleurer, ce sont tes larmes qui t’empêchent d’avancer » Lui dit l’oiseau mais la femme secoue la tête « Je ne peux pas m’arrêter. Je ne sais pas faire » Répond la femme qui laisse échapper deux grosses larmes dans le sable qu’elle ramasse et range dans ses poches pleines « Pourtant, je suis épuisée mais je ne peux pas m’arrêter. Je voudrais bien » Alors l’oiseau perce d’un coup de bec vif une poche puis l’autre. Crac. De ses ailes, il aide la femme à se relever et à marcher de nouveau. De son plus beau chant, il l’encourage, bat le plus fort des ailes pour la pousser vers l’avant. Des poches trouées, une perle tombe, puis une autre, puis un filet scintillant comme deux cascades étincelantes qui dessinent un chemin de perles. Au fur et à mesure que la femme avance, elle se sent de plus en plus légère. Ses poches se vident, traçant une route lumineuse dans le sable, la source de ses larmes s’apaise et finit par se tarir. Et quand ses poches sont enfin vides, ses yeux secs, son cœur se gonfle à nouveau de bonheur. Encore et encore. Elle devient si légère qu’elle finit par s’envoler avec l’oiseau, laissant derrière elle une magnifique rivière éclatante » Enoch finit ce conte d’enfant par un simple sourire. A son sens, la femme du conte est un peu Safiya. Il lui faut un bel oiseau pour la rendre légère et changer ce passé en quelque chose de moins terne. Apprendre à vivre avec, refondre le douloureux en beau parce qu’elle ne peut rien défaire mais elle peut tout transformer … maintenant.



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Safiya RahotepLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Re: Les bruits. Les cris. Les coups. Puis le silence. feat Enoch ( le Sam 11 Aoû 2018 - 11:57 )


Réapprendre à vivre. A être libre.
Enoch & Safiya


Safiya l’écoute. Elle s’apaise. Même si au fond d’elle c’est encore la tempête. L’ouragan. Elle se sent gouvernée par sa peur vorace et tenace. Son esprit lui dicte des choses et son corps analyse, sans qu’elle comprenne vraiment. Mais logique quand l’enfer à caresser la chair et l’âme pendant tant de temps. Pourtant elle voit dans Enoch, un nouveau souffle. Elle frôle la liberté, même si encore tout est flou et hachuré. La vision de la réalité vient se loger dans son être comme un nouveau défi. Une renaissance. Mais tout reste à faire. A reconstruire. Comme si elle était qu’un nouveau né. Son corps brisé est empli de douleur infâme. Et son esprit hurle un seul nom. Celui de Tobias qui pour la première fois en quatre ans n’est pas à ses côtés pour affronter cette nouvelle route. Mais Enoch la rassure. Il se porte en armure face à ses démons bien présents. L’égyptienne est consciente qu’ils n’ont pas fini de la hanter. On ne s’échappe pas d’un tel piège sans en payer le prix fort. Les marques sur sa chair, encore bien fraiches pour certaines, le montre. Il va lui falloir du temps pour panser ses blessures, celles de son corps comme celles de son âme.  

Safiya réalise à quel point elle doit être horrible. A quel point elle doit faire peur. Son corps ne ressemble plus à rien. Juste à une plaie vivante et dévorante. Elle est maigre, bouffée par les horreurs qu’elle a enduré. Mais sa volonté de vivre, lui a permis de ne pas sombrer complètement. Volonté poussé par Tobias. Et là sans lui elle se sent vide et perdue. Mais elle n’est plus seule. Le destin lui a envoyé Enoch et même s’il se trouve maladroit, et peu doué pour affronter ce genre de situation. Il reste là. Lui parle avec douceur. Au point qu’elle se laisse dompter même si la peur persiste comme une ombre noire rempli de souffrance. « J’ai tellement la trouille de ne plus être celle que j’étais. De ne plus avoir ce courage et cette envie de vivre. » Elle vient se blottir contre lui. Entre ses bras qui sur le coup deviennent le cocon de sa douleur naissance. Elle a mal par les coups subis. Mais elle a aussi mal parce qu’elle ne sait pas si elle sera capable de faire face à cette nouvelle vie. L’égyptienne est détruite, même si une faible flamme subsiste. Tout est à réécrire. Mais en aura-t-elle le courage ? Ne va-t-elle pas chuter face à tout ce qu’il l’attend ? Tout semble si compliqué. Mais pour le moment tout ce que sent Safiya c’est la chaleur de ce corps étranger contre le sien. Une sensation perdue. Une émotion nouvelle. Cette chaleur la rassure, lui donne les réponses aux questions qui défilent dans son esprit torturé de mille maux. Elle sait qu’elles reviendront. Plus tard. Mais là elle ne veut pas penser à plus tard. Juste à l’instant présent. Les premières secondes d’une nouvelle vie. Le crie de la victoire. Et le souffle de la vie s’engouffre à nouveau dans ses poumons. Elle laisse ses doigts glisser sur la peau de son sauveur. Elle fait preuve de tendresse dans sa caresse. Goute à nouveau cette saveur, sans avoir peur qu’on la lui arrache violemment. Comme souvent cela a été le cas ces dernières années. Comme une enfant fragile elle se laisse bercer. Se reconstruisant doucement entre les bras de cet étranger qui sur le coup semble aussi fragile qu’elle. « Merci. » Et l’instant se fait précieux, presque magique. Elle pourrait même fermer ses yeux et trouver un repos qu’elle n’a plus eu depuis la nuit des temps. Et la voix d’Enoch, alors qu’il commence son histoire, résonne jusqu’au tréfonds de ses entrailles. Ébranlant son cœur et son âme d’une douce langueur. Délice divin qui s’étire comme du miel.

Safiya l’écoute tout en se blottissant d’avantage. Elle ferme les yeux, ses peurs s’égarent ailleurs, mais à cet instant elles ne sont plus dans son cœur. Elle met des images sur cette belle histoire. Elle se sent comme cette femme, les perles c’est un peu le poids de tout ce qu’elle vient d’endurer. Et l’oiseau cela pourrait être Enoch qui vient par ce moment magique de la libérer. Même si beaucoup de chemin reste encore à faire. Et que le poids reviendra bien plus qu’elle ne peut l’imaginer en cet instant. Puis Enoch s’arrête. Safiya ouvre à nouveau ses yeux humides de l’émotion qu’a éveillé ce conte. « C’était très beau. Merci. » Elle vient poser un baiser sur sa joue. Se laissant titiller un peu plus par le parfum de son corps. De sa peau qui l’enivre d’un gout nouveau. La grisant de liberté. « Est-ce que tu m’aiderais à me doucher ? » Elle a besoin de laver son corps de toute cette poussière. De toutes ces barrières. De ces douleurs. Elle a envie de faire un pas de plus vers cette liberté nouvelle. Un gout de vie plus fort que le gout que la mort lui a fait souvent frôler. Mais elle ne se sent pas capable de le franchir seule. Et aux côtés d’Enoch, Safiya se sent bien. Elle se sent belle. Et elle en a besoin. Elle plonge son regard dans le sien. Laisse ses doigts glisser à nouveau sur son visage. Elle effleure ses lèvres, sa mâchoire, ses joues, ses yeux. Cherchant à enregistrer dans son esprit chaque trait de son visage. Tobias a été le gardien de sa vie durant quatre années. Enoch est le gardien de sa renaissance. Puis elle vient poser ses lèvres contre les siennes, tremblantes comme si c’était son premier baiser. Elle veut juste sentir la vie couler dans ses veines. Elle veut juste sentir son cœur taper dans sa poitrine. Et ses entrailles bruler d’un autre feu que celui de la peur. Son regard se teinte d’une nouvelle flamme, sans qu’elle puisse vraiment gouverner cette sensation d’envie de caresse. Et les lèvres de Safiya viennent cueillir un nouveau baiser plus fiévreux. Se laissant bercer par l'instant.




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Sujet: Re: Les bruits. Les cris. Les coups. Puis le silence. feat Enoch ( le )
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