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- Magda | Après une rude matinée... -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Autour de Naples
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Demetrio ClarizioLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Re: Magda | Après une rude matinée... ( le Dim 3 Juin - 20:34 )
« Peut-être pas universel, mais pas loin. » Il intervient dans tellement de domaine et quand ce n’est pas professionnel, c’est humanitaire. Ses subventions ne sont pas accessibles à tout le monde. Les associations LGBT n’ont droit à rien et il a déjà eu droit à des lettres de quatre pages exprimant la colère de ses nombreux refus. Certains ont affirmé qu’il était homophobe, d’autres ont avancé que les médias avaient raison, qu’il était gay et qu’il n’assumait pas son attirance pour les hommes. La première option est plus proche de la réalité. Demetrio a une dent contre les homosexuels au masculin, pour avoir souffert du désir qu’éprouvait son beau-père pour lui. Il ne saurait le justifier, mais ça le ramène constamment à son expérience, fait peut-être l’amalgame, mais c’est plus fort que lui. Il n’arrive pas à se défaire de cette mauvaise image et ne leur donne donc aucune aide, favorise d’autres causes qui lui sont chers et au moins, ça respecte de loin ses valeurs et principes. Ce n’est pas parce qu’on lui dit que ça jouera sur sa réputation qu’il arrêtera de boycotter. Il s’en fiche bien, retombera toujours sur ses pattes. « Très bien, merci de vous en inquiéter. » dit-il, en acquiesçant à la suite. « Il n’y a pas que des avantages. » Et ça, il en a pris conscience. Rares sont les personnes à pouvoir connaître une autre facette de lui depuis qu’il est PDG réputé. Il se protège, se préserve de ceux qui voient en lui un porte-monnaie, des hypocrites qui sourient et vous poignardent derrière, mais n’est pas encore assez vigilent, à en voir le comportement d’Elvezia. Et puis, surtout, il n’a pas besoin de plus de monde dans sa vie, a déjà ses amis de longue date, en qui il a confiance, principalement Serena et Rowtag, même si ce n’est pas toujours tout beau tout rose, sans oublier des personnes comme Camillo et Alberto. Il n’est pas malheureux avec son entourage, se sent même chanceux de connaître des gens qui lui veulent que du bien, qui s’inquiètent à son sujet, quand d’autres n’ont pas cette chance. Et en bonus, il a dans son entourage ce bout de femme qui le surprend de jour en jour, qui s’enthousiasme pour tout et qui mérite bien plus que ce qu’elle s’inflige. Elle baisse les bras à cause du combat qu’elle mène et dont elle ne sort jamais victorieuse. Et c’est triste, mais il peut comprendre qu’elle n’ait plus envie de se relever. « Vous n’avez pas rencontré les bonnes personnes. » Lui, sa révélation, ça a été Teobaldo. Sans lui, il ignore ce qu’il serait devenu. A l’époque, il était dans une période si sombre, si laide, ou tout ce qu’il faisait n’avait plus aucun sens, qu’il se serait jeté d’un pont sans hésitation, mais il a été là, lui a apporté bien plus qu’un soutien, une oreille. Il a été LA personne qui l’a sauvé. Demetrio lui est reconnaissant à vie. Il regrette qu’elle n’ait pas rencontré quelqu’un comme ça, qui puisse l’orienter, la guider dans ce chemin rocailleux, comme Teo a pu le faire en allégeant le poids qu’il portait sur ses épaules afin de lui permettre d’avancer. Ses démons sont toujours là, existeront toujours et parfois, le cloue au sol, l’empêchant de parcourir un mètre de plus, comme en ce moment où ses doutes persistent, où sa foi en Dieu est mise à rude épreuve, mais il y a une chose de sûre : sa soif de vivre ne s’est pas éteinte. En douceur, il se défait d’elle, puis appuie ses bras sur la rambarde, observant l’horizon. « Je le vois différemment. Gênes pourrait tout autant être le théâtre des horreurs. La différence est que vous n’y vivez pas, mais regardez de plus près… Ces derniers jours, vous avez rencontré un pourri et une manipulatrice et tout ça en l’espace de quatre jours. Pourtant, vous vous obstinez à voir uniquement le positif de cette ville. » Il pourrait également ajouter qu’elle y a fait une crise, qu’ils se sont pris la tête plus d’une fois, mais toutes ces choses semblent passer à la trappe. « Vous passez un mauvais moment et avez tendance à rendre responsable le lieu de vos tracas, c’est humain, mais en voyant plus loin, vous pourriez trouver un peu d’oxygène. » Là, elle étouffe et la colère des napolitains n’y est pas pour rien. Les regards, les « on dit », le fait de franchir quelques mètres en ayant l’impression que chaque personne croisée vous juge. « Je ne dis pas que c’est suffisant. J’affirme que ça pourrait vous aider et atténuer votre envie de prendre la tangente. » Sa demande, il l’a bien entendu, peut être banale pour beaucoup, mais pour lui, ça représente une promesse. Celle de l’amener avec lui dans ces endroits où elle pourrait se sentir à sa place, où son cœur pourrait s’alléger. C’est bien plus qu’un « peut-être je ne reviendrai pas seul à Gênes », c’est sa parole qu’elle souhaite obtenir. Un projet et si ce n’est professionnellement où il n’a pas le choix, il n’aime pas trop ça, à cause de sa santé, mais également parce qu’elle est malade, elle aussi. « On peut essayer, oui. » C’est plus sûr, ça ne sonne pas comme des propos qu’il lui balancerait sans pouvoir les respecter, d’autant que ça a de l’importance. Demetrio tourne la tête vers Magda, hésite un instant, sachant que sa réponse aura un impact sur lui, puis se lance : « Quelle est votre liste ? Vous en avez forcément une. Les dix souhaits à réaliser avant de mourir. Peut-être plus ? » Lui s’est donné les moyens pour rayer chaque point, mais tous les jours, il y en a d’autres qui viennent s’ajouter. Demetrio grandit, a des envies différentes à chaque fois. Tout ce qu’il veut, c’est éviter d’avoir le moins de regret possible.


Demetrio & Magda
J'ai toujours vécu comme ça, gardant une distance confortable. Et jusqu’à maintenant, je me suis juré que je me satisferais d'un rien avec la solitude. Parce que rien de tout ça n'avait jamais valu de prendre le risque, mais...
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Sujet: Re: Magda | Après une rude matinée... ( le Lun 4 Juin - 3:11 )
« Hmm … Hmmm. Effectivement. Tout a des avantages et des inconvénients » Rien n’était foncièrement bon et c’est sûrement là où la vie trouve sa profondeur comme Dante mais juste un instant, rien qu’un moment, Magda voudrait tellement n’avoir que le positif de quelque chose. Sans le négatif qui se greffe, danger imminent dont il faut toujours qu’elle se protège. Comme Demetrio sûrement dans cette réussite professionnelle. De mauvaises personnes mal intentionnées, il devait en rencontrer à la pelle. Ceux qui veulent peut-être lui nuire. Ou profiter de lui, de sa réputation. Même si Magda émet une objection à cette pensée, ne fait-elle pas la même chose quelque part ? Profiter de sa réussite, de la place de sa société dans le paysage économique pour remonter la sienne de compagnie. Cette réflexion qu’elle se fait à elle-même l’agace, ce n’est pas dans ce groupe de personnes que la jeune femme veut se retrouver mais dans ceux qui lui veulent du bien, qui sont là pour lui et pas ce qu’il représente. Si leur relation change, se mue en quelque chose qu’aucun mot ne peut réellement qualifier –ou qu’elle ne veut juste pas s’avouer– Magda n’en oublie pas le début de leur relation. Un échange de bon procédé. Un profit. Sa bouche s’arque dans une réponse qui ne vient pas alors elle se referme, se scelle. Rencontrer les bonnes personnes … Cette pensée lui serre le cœur parce que quelque part, ce n’est pas juste pour ceux qui sont dans sa vie et pour qui elle ne reste pourtant pas. Elle a beau les aimer si fort, tenir à eux, ça ne change rien à sa décision. La fait défaillir par moment mais ne la change pas. Ce n’était peut-être pas eux le souci, mais juste elle. « Pourtant, j’ai la chance d’avoir de merveilleuses personnes dans ma vie mais je leur laisse pas l’opportunité de me faire changer d’avis » Y’avait aucun bonne approche pour leur annoncer le sort qu’elle se réservait. Comment dire aux gens qui vous aiment que vous voulez juste vous laisser partir ? « C’est vrai. Vous marquez un point mais la différence est là : les actes d’Archenza m’ont touché, pas dans le bon sens. Quand les mots d’Elvezia m’ont atteints et m’ont peut-être, éventuellement, blessé mais les sentiments sont différents. Je ne suis pas aussi triste à Gênes qu’à Naples. Parce qu’il est plus facile d’être bien ici. Les souvenirs, Demetrio, la différence réside là. » Parce qu’il ne s’agissait plus uniquement du scandale de la fusillade. Il y avait aussi le meurtre de sa sœur qui la suivait à chacun de ses pas à Naples. Lui rappelant le vide à ses côtés et l’horreur qui lui a volé celle qui était sûrement la bonne personne. Sa bonne personne. « Vous parliez tantôt de rencontrer les bonnes personnes. J’en ai avais une dans ma vie mais on me l’a arraché d’une manière vraiment atroce. Il n’y a pas que le scandale de cette fusillade que je cherche à fuir. C’est aussi la fin tragique de ma sœur ainée. Ca a beau faire 5 années, je ne l’accepte toujours pas. Je vis avec ce poids tous les jours, à batailler pour qu’il soit supportable. Elle serait encore là, les choses seraient bien différentes. Alors je sais pas si c’est Gênes, ou votre présence ou juste les paysages à en couper le souffle, j’en sais rien mais j’arrive à être bien, même si je sais que ça ne durera pas » Une main se passe sur son visage, ressentant une fatigue soudaine. Pas physique. Émotionnelle. Parce que ça lui fait toujours cet effet là de penser à Sahar, de parler d’elle mais quelque part, ça lui fait du bien d’en parler. De se soulager sur ce sujet devenu tabou. Dans sa famille, on n’en parle pas, on ne veut pas remuer les souvenirs douloureux. Il n’y a qu’avec Erio et Luciano qu’elle peut en parler, même si c’est du bout des lèvres. « Ceci dit, je me rend compte après coup que j’ai fait le choix de voir que les mauvais souvenirs de Naples alors qu’il y en a des bons. Que j’y ai passé de bons moments aussi. Peut-être que je pourrais, ouais, inverser la tendance. Choisir de voir que les bons souvenirs. J’imagine que c’est ce que ma sœur voudrait. Je n’ai pas su voir les choses sous cet angle jusqu'à maintenant … Merci » Ce n’est pas dit qu’elle réussisse mais l’envie de s’y essayer est là. Demetrio venait de lui insuffler un nouvel objectif sans le savoir. Une autre façon de voir les choses et de vivre le temps qu'il lui reste finalement. Ca lui donnerait presque l’envie et le courage de le faire seule, d’aller se fabriquer d’autres bons souvenirs dans les plus beaux endroits de Naples mais le faite qu’il accepte de l’accompagner, ça la motive plus. Ca a ce côté rassurant, réconfortant. S’accoudant à la balustrade, son visage se tourne complètement vers son faux compagnon. « Ma liste ? » Il la laisse abasourdie. Elle en avait bien une, oui. Ce n’était qu’un jeu au tout début entre Sahar et elle mais cette liste avait pris de l’importance, un goût d’amertume aussi car cette liste, la métisse n’avait pas eu le courage de lui donner vie et aujourd’hui, c’est aussi le temps qui lui manquait. Mais personne ne le lui avait posé cette question. Elle n’en avait aussi d’ailleurs jamais réellement parlé sauf à celle qui n’était plus là désormais. « Oui, j’en ai une … Interdiction de se moquer, ok ? » L’hésitation de la révéler ne dure pas. Qui d’autre que Demetrio pouvait comprendre cette liste si personnelle ? Ses doigts se relèvent au fur et à mesure que ses souhaits s’énumèrent, le regard qui se perd à l’horizon mais rempli d’étoiles. « 1) Me prendre pour Baby dans Dirty Dancing et faire la chorégraphie de la fin du film avec quelqu’un sur les lieux du tournage. Je suis sérieuse, c’est mon film préféré et l’hôtel où le film a été tourné existe toujours. Rêve de gamine. 2) Faire un tour de montagne russe. Une des plus folles au possible même si bon … c’est risqué dans mon cas. 3) Voir une aurore boréale de mes propres yeux. 4) Aller à Disneyland. Ca paraît bête mais ma mère a toujours refusé de m’y emmener, enfant. Cœur trop fragile bla bla bla. Ma sœur y a été et a pris tout à un tas de photos pour moi mais je veux y aller de moi-même. 5) Faire de la plongée sous-marine et visiter la grande barrière de corail en Australie. 6) Voir les lacs de Plitvice en Croatie. 7) Voler en montgolfière. Ca serait trop bien ça ! 8) Faire l’amour dans un endroit insolite. Pas un truc banal comme dans un avion ou je sais pas quoi. C’est nul ça. Genre je sais pas … derrière une chute d’eau dans un paysage totalement différent. Quelque chose comme ça. 9) Passer mon permis bateau. Oh ! Et faire une croisière aussi. L’océan à perte de vue en tout horizon, oh ouais ! Ca serait tellement bien. Les deux derniers par contre … bah … » Magda se mordille l’index, jette un regard en biais à Demetrio, hésitante. Elle avait bien commencé, autant finir sur sa lancée. « Forcément, voir le meurtrier de ma sœur derrière les barreaux après lui avoir craché à la figure. Ca se passe de commentaire et le dernier, il n’est pas vraiment sérieux. Je ne suis pas sûre d'avoir envie qu’il se réalise un jour, j’en sais rien mais juste pour la sensation que ça procure : avoir le courage de tomber amoureuse de quelqu’un et être aimée en retour. Y’a rien de comparable à cette sensation. Mais je dois admettre que ça vaut pas le coup quand on sait qu’un cœur, ça peut se briser en un claquement de doigt. En une seule phrase. En un seul geste. Ca vaut pas le coup aussi quand on est proche de la fin » Ses épaules se haussent. Ca faisait partie de sa liste mais ne pas le vivre, c’était peut-être au mieux quand on sait la douleur que peut être un cœur brisé en mille morceaux. « Vous avez déjà eu le cœur brisé, vous ? »


Magda & Demetrio
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Sujet: Re: Magda | Après une rude matinée... ( le Mar 5 Juin - 3:36 )
« J’ai moi aussi de merveilleuses personnes dans ma vie. » commence-t-il, afin de pouvoir justifier son argumentation. Dans sa jeunesse, Rowtag et Serena ont principalement été là pour l’accompagner dans son quotidien. Ses amis lui changeaient les idées à travers quelques soirées hors du temps, loin des livres, des études, d’un père exigeant, mais qui souhaitait uniquement son bien. Sa jumelle a été également très présente, même si à ce jour, Demetrio ne se sent pas soutenu comme il le voudrait. Néanmoins, il n’oublie pas les bras de Mila l’enveloppant, ses doigts qui cueillaient ses larmes après les actes malveillants, terrifiants, de leur beau-père. Silencieusement, elle le soutenait, tandis qu’il souffrait en s’interrogeant sur la durée de son calvaire, la solidité de ses épaules, mais aussi de sa force à pouvoir survivre. Il n’a pas manqué d’entourage, mais il n’empêche que ce n’est pas vers eux qu’il s’est tourné, mais vers l’église. Des mois à s’installer dans l’isoloir, sans poser les mots sur sa peine, à laisser son cœur s’alourdir, avant qu’il ne se libère. Jamais Demetrio n’aurait eu le courage de se confier à ses proches qu’il ne souhaitait pas décevoir. La culpabilité était bien trop pesante, la honte aussi, si bien qu’il n’avait pas la moindre envie de se confier à eux. Il n’était pas question de leur laisser la possibilité de le sauver, mais bien d’éviter un jugement, une condamnation. Tout l’amour qu’ils lui portaient ne l’aurait jamais mis en confiance. Avec du recul, s’adresser à un homme de Dieu a été le meilleur choix qu’il ait fait et peut-être qu’inconsciemment, il souhaitait avoir un signe de la part d’un être supérieur avant de commettre l’irréparable. C’est ce que Teobaldo a fait. Il a été l’espoir, un rayon de lumière dans son monde plongé dans l’obscurité et pour ça, il se sentira redevable à vie. « Mais parfois, on a besoin d’autre chose. » Un déclic, quelque chose qui lui donne envie de se battre. « Ca ne change rien à l’affection que vous leur portez, à l’importance qu’ils ont. Ce n’est juste pas suffisant. » Pas assez pour lui donner le goût de vivre et ça, il le conçoit tout à fait. Ca n’a rien de cruel, mais si l’entourage de Magda l’écoutait, sans doute serait-il blessé par ce qu’il avance. C’est humain. Ils tiennent à elle. Lui aussi serait touché si on lui disait qu’il ne suffit pas à Mila, bien qu’une part de lui saurait l’accepter. Ils se sont un peu perdus, leur lien s’est effrité et Demetrio en est en partie responsable. Il lui en demande trop, aimerait qu’elle prenne partie, qu’elle ait coupé les ponts avec leur mère en même temps que lui pour montrer à quel point elle était en désaccord avec la situation. Il ne devrait pas, mais en tant qu’unique personne à avoir été là au moment où ça se passait, Demetrio trouve ça justifié. C’est du moins de cette manière qu’il aurait réagi et ne comprend pas les choix de Mila, le vit parfois comme une trahison. Ces souvenirs le blessent, mais contrairement à sa partenaire, il ne lui est pas devenu difficile de séjourner à Naples suite à tout ça. Il a fait de cette ville son lieu de résidence, un endroit où il est respecté, un cocon, quand bien même il prend le soin d’éviter certains quartiers. L’ancien de sa mère, par exemple. « Je comprends. » Et c’est sincère, il arrive à saisir qu’elle ait envie de fuir pour être déjà passé par cette phase compliquée. Lui dire de se créer des souvenirs, des positifs, ne changera rien à ce qu’elle peut ressentir sur le moment, d’autant plus avec ce drame qu’elle traîne derrière elle et qui l’empêche de voir le monde différent, d’avancer. Il arrive à comprendre. « On n’oublie jamais, on apprend à vivre avec. C’est tout ce que je peux vous dire. Alors autant faire ça, oui. » confirme-t-il, à propos ses bons souvenirs, même si c’est délicat, même si ça peut prendre du temps. Demetrio a des périodes où il a plus de mal et Magda passera par là aussi, à avoir des baisses de moral, à ne pas avoir envie de se lever le matin. Parfois, se raccrocher au positif ne suffit pas et les doutes continuent de s’installer, mais il y a toujours quelque chose pour renverser la tendance, comme elle l’a fait lors du trajet aller, lorsqu’il était de mauvaise humeur suite à des révélations qui lui prennent toute la tête, mais qui sont un peu moins lourdes en ce moment. « Je vous en prie. » dit-il, avant d’acquiescer au sujet de cette liste qu’il est curieux d’entendre. Demetrio se tourne d’un quart, coude appuyé sur la rambarde, regard noyé dans le sien. « Pourquoi ? Vous comptez me dire que vous souhaitez vous marier avec Brad Pitt ? » Question amusée, alors qu’il l’incite d’un signe de tête à continuer. Et elle se lance, dévoilant ses souhaits un à un. Le film de Dirty Dancing, les montagnes russes, l’aurore boréale, Disney… Des voyages, des paysages à voir, un souhait insolite qui ne manque pas de le faire sourire. Cette liste se complète par deux points, probablement les plus importants, auxquels il ne peut absolument pas répondre, mais qui la rendent touchante. Ce meurtrier qui semble toujours courir et ce petit cœur qu’elle aimerait remplir. « Quelle liste… ! » lâche-t-il, en tournant la tête vers l’horizon, à sa question. « Oui. Plusieurs fois, mais pour des raisons différentes. Si votre question est : est-ce qu’une femme m’a brisé le cœur, alors, la réponse est oui. Une fois. Je suis en partie responsable. » admet-il, ayant compris avec le temps qu’il ne se préoccupait pas assez d’elle et que c’est sans doute ce qui a causé leur perte. Il s’est longtemps interrogé, sans trouver les bonnes réponses et a donc préféré se raccrocher à ce que Charlotte lui a dit en affirmant qu’elle n’était pas amoureuse de lui. « Je ne vous pose pas la question, puisqu’il semblerait que vous n’ayez jamais pris le risque de tomber amoureuse. » Et là encore, il le comprend. C’est compliqué de s’abandonner, de laisser son cœur fragile entre les mains de quelqu’un d’autre. « Mais je vous la pose tout de même. Avez-vous déjà eu le cœur brisé ? » Pas forcément en amour, mais en général. « Combien d'hommes avez-vous fréquenté ? » En a-t-elle laissé certains entrer dans son monde, déjà ? Parce qu'elle est plutôt renfermée, comme femme. « Je peux peut-être vous aider. » Ca, c’est parce qu’il se sent concerné par son histoire, qu’il la trouve attachante et que ce qu’ils partagent est particulier, trop pour la laisser avec cette liste sans rien faire. « Il y a certains points dans votre liste qui me sont plus qu’accessible. Je ne vous parle ni des montagnes russes… Soyons raisonnable deux minutes. » C’est trop dangereux. « Ni du meurtrier de votre sœur. Je ne suis pas en mesure de pouvoir vous soulager. Et je ne suis pas la bonne personne pour vous faire ressentir des choses aussi puissantes. » D’autant qu’elle connait son avis sur leur relation. « Mais je peux vous aider. Promettez-moi seulement de prendre du recul. » De ne pas s’attacher. « C’est uniquement parce que je peux me le permettre. » Aussi parce qu’il tient tout de même un peu à elle et qu’il aimerait l’aider à réaliser quelques uns de ses souhaits, mais ça, il préfère le taire. « Nous sommes bien d’accord ? » Et il attend confirmation, parce que c’est important pour lui. Qu’ils se fréquentent de temps en temps, c’est déjà quelque chose… Mais qu’ils tentent de rayer les lignes de sa liste, c’est encore plus personnel, intime. Se mordant la lèvre inférieure, hésitant, il ne résiste pas : « Que s’est-il passé pour votre sœur ? » enchaîne-t-il, presque aussitôt. « Vous n’êtes pas obligée de répondre. » Parce qu'il ne tient pas à la forcer, bien qu'il se pose des questions sur cette affaire non résolue.


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Sujet: Re: Magda | Après une rude matinée... ( le Mar 5 Juin - 13:12 )
Ce n’est pas suffisant. Cette phrase résonne dans sa tête. Qui tourne en boucle. La forçant à faire face à un chemin que sa réflexion n’avait jamais pris ou peut-être n’avait jamais voulu prendre. Cet autre chose dont il parle, celui qui semble tout changer : la vision des choses, les décisions prises. Le rencontrera-t-elle ? Fera-t-elle vraiment la différence ? N’est-ce pas trop tard dans son cas ? Tant de questions qui se crèvent dans un silence d’une réponse qu’elle ne détient pas entre ses mains. Magda doute et la femme n’a jamais aimé douter. Préférence les certitudes à l’errance d’une hésitation clair-obscur. En silence, la métisse observe les traits de cet homme qui ne sait pas, qui ne se rend assurément pas compte du désordre qu’il met dans son esprit. La mettre face à une introspection sur elle-même. Elle n’était pas préparée à ça, ne l’a pas du tout vu venir. Si la veille, baisser ses gardes avait eu un côté grisant, cet après-midi est totalement différent. C’est faire un pas sur un territoire inconnu et tout le monde le sait : l’inconnu fait peur. Magda pourrait rebrousser chemin, repartir dans ses zones de confort. Oh oui elle le pourrait, entêtée qu’elle est mais elle ne pouvait plus ignorer ce sentier mis en exergue. Comme une voix qui vient susurrer à son oreille qu’elle le veuille ou non. « Vous parlez en connaissance de cause ? » Parce que ne pas oublier, ne pas pouvoir mais apprendre à vivre avec, c’est une phrase qu’on lui avait si souvent dit dans un élan de compassion. Pour offrir la sensation d’être comprise mais certaines personnes le lui avaient dit comme une phrase de consolation qu’on dit à peu près tout le monde. Une phrase réchauffée qu’on sert à toutes les sauces. Mais combien pouvaient vraiment comprendre et ressentir pleinement cette phrase ? La dualité éreintante de cette maudite petite phrase ? Demetrio, il se trouvait dans quel camp ? Celui qui veut réconforter sans trop savoir ce que c’est de vivre avec un poids ou bien celui qui sait justement la lourdeur de ce dernier, risquant à chaque fois une noyade au moment où on s’y attend le moins. Son regard, en biais, se pose sur lui avant de se lever au ciel. Se marier avec Brad Pitt. La métisse ne relève pas, laisse ses yeux levés au ciel répondre pour elle, bien que la remarque l’amuse. Son sérieux néanmoins revient aussi rapidement. « Eh bien … Je suis désolée de l’apprendre. Vraiment » Malgré les apparences, Magdait savait ce que c’était un cœur brisé par des sentiments forts. Elle en avait fait les frais aussi, croyant à des mensonges et des espoirs fabriqués de toutes pièces, elle l’appât, son père le gros poisson à pêcher. « Quelque part, on a toujours une part de responsabilité. Accepter d’aimer quelqu’un, c’est aussi lui donner l’opportunité de nous faire souffrir » Et elle avait donné aveuglément et bêtement ce pouvoir à Leo sans imaginer le pire. Le pire, c’est toujours ça qu’elle redoute désormais. Une fois avait suffit pour la rendre aussi hermétique. Du moins, se croit-elle à penser.  « Détrompez-vous. J’ai été jeune et naïve comme tout le monde » Nous ne sommes pas tous égaux face à l’amour. A certains, ça leur réussit quand à d’autres, ça les rend amer et méfiant. « Bien entendu. Je n’ai pas toujours été celle que je suis aujourd’hui » A part Leo, il y a eu d’autres déceptions qui ont malmené son cœur : une mère trop froide, trop dure qui semblait plus la mépriser que l’aimer. Un père traître qui les a plongé dans la honte. Des disputes avec Sahar dont les mots volaient beaucoup plus vite que la pensée. Les injustices entre elle et Magda. Pendant quelque secondes, la brune se pince les lèvres et réfléchit à sa réponse. Combien d’hommes a-t-elle fréquenté ? Hum. La plupart n’ont jamais compté, n’étant que des présences à son bras pour défier la solitude, faire plaisir à une mère qui voulait la voir casée parce que c’est connu, la vie d’une femme est une réussite si elle trouve un bon parti, pas si elle finit seule. « Quelque uns mais aucun n’a eu vraiment d’impact. Sauf peut-être un mais … comme je l’ai dit, j’étais jeune et tellement stupide surtout » La brune est dure, surtout avec elle-même. Elle se condamne encore et toujours d’avoir laissé entrer Leo, comme elle se condamne quelque part de laisser une porte ouverte à Erio. « M’aider ? » Ses sourcils se froncent au fur et à mesure que ses paroles lui parviennent. Est-ce qu’elle comprenait bien où il voulait en venir ? L’aider à réaliser certains de ses souhaits ? Mais pourquoi ? Son regard devient perplexe, touchée par l’attention mais ne la comprenant pas. Est-ce qu’il se rendait compte que réaliser même juste un souhait de sa liste, même le plus simple comme aller à Disneyland, ça dépassait peut-être les limites qu’il imposait. C’était intime. C’était lui ouvrir une autre porte et elle lui en avait déjà ouvert une hier. Pas n’importe laquelle qui plus est.  « Attendez … Attendez … Vous êtes entrain de me proposer votre aide pour cocher les cases de ma liste ? Pas toutes, oui, c’est clairement évident » Son auriculaire se coince entre ses dents, le paysage somptueux se faisant soudainement happer par ses pensées qui fusent de toute part. La peur de ce pas en plus vers l’inconnu. La peur de cette intimité qui s’approfondit encore plus même si du recul doit être pris, visiblement. Et là, il attendait sa confirmation. Une confirmation qui ne vient pas car tout va trop vite. Dans sa tête, dans le rythme de son cœur qui s’emballe. Elle ne sait pas trop quoi en penser Magda. On ne lui a jamais fait une pareille proposition. Pas le temps de se poser, de freiner qu’il enchaîne aussitôt sur Sahar. « Ca me dérange pas de répondre à cette question. Je le ferais mais là je voudrais juste revenir à … cette aide que vous me proposez » Secouant la tête, ses pieds commencent à faire les cent pas, son regard se perdant sur l’horizon infini. « Je voudrais juste savoir une chose : pourquoi ? Qu’avez-vous à y gagner ? A moins que ce soit un élan de générosité ? » Ses pas la ramènent vers lui, la plantent face à lui, sa main se pose sur son torse. Geste tendre et par lequel elle cherche peut-être à se calmer, à se poser. « Ne vous méprenez pas sur mes mots, j’apprécie le geste, vraiment mais … si une part de moi voudrait accepter votre aide, avec vos conditions, une autre a franchement la trouille. J’ai jamais … Enfin … Je tiens à cette liste mais je me suis jamais posée devant en me disant : allez, je me lance aujourd’hui. Cochons une case. Derrière ses souhaits, c’est l’inconnu. Ca fait peur. Vous voyez ce que je veux dire ? Je sais, je suis floue » Mais elle avait l’espoir qu’il pourrait comprendre ce qu’elle s’essayait de dire. Qu’elle avait envie de rayer des points de cette liste mais qu’elle avait peur de le faire aussi. Peur de toucher à cette liste qui avait été intouchable jusqu’ici. C’était une chose de se dire qu’elle le fera un jour, c’en est une autre de se dire : je le fais, maintenant. L'envie de réaliser des rêves qu'elle pensait irréalisables était à cet instant précis aussi farouche que sa peur de se lancer à l'eau. « J'imagine que vous l'avez déjà fait, vous. Rayer des souhaits de votre liste. Ca vous a apporté quoi ? Ca vaut la peine ? Racontez-moi » Dans ces frayeurs montantes, c'est dans ses mots qu'elle cherche réconfort. Peut-être aussi du courage. Ou la force de vaincre ses propres doutes.


Magda & Demetrio
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Sujet: Re: Magda | Après une rude matinée... ( le Mer 6 Juin - 2:34 )
Un signe de tête suffit à lui répondre. Prononcer de telles phrases, sans savoir de quoi il parle, ne lui viendrait pas à l’esprit. Certains se le permettent, sans mauvaise attention, mais lui n’aime pas prétendre tout connaître, même pour apporter du réconfort autour de lui. Il n’a pas la science infuse, encore moins au niveau relationnel où il touche le fond. Heureusement, tous n’attendent pas qu’il sache quoi dire et au bon moment. En tant que véritable éponge qui prend à cœur les situations qui l’affectent, Demetrio sait écouter, se montrer disponible, de jour comme de nuit pour son entourage, mais on ne peut lui demander de comprendre à cent pour cent. Personne ne peut vraiment, sauf lorsqu’on est soi-même confronté à l’épreuve. De son côté, ça l’insupporterait qu’on lui dise des phrases bateau pour alléger le poids qu’il porte sur ses épaules. Qu’on puisse saisir la gravité des choses, être compatissant, c’est déjà énorme, mais il n’attend pas à ce qu’on le comprenne, juste à ce qu’on le soutienne. C’est ce qu’il attendait de Mila, même s’il lui en demande sans doute trop. « Je parle en connaissance de cause. » confirme-t-il, appuyant son geste précédent. Il est bien placé pour savoir que certaines épreuves ne s’oublieront jamais, qu’elles resteront gravés dans un coin de l’esprit, que parfois, les souvenirs seront trop néfastes pour passer une bonne journée et que la douleur ne s’atténue pas toujours… Avec les années, il a appris à vivre avec ce secret, à trouver des astuces pour se sentir un peu moins sale. Les douches régulières, abondantes, les lingettes dans son véhicule, le contact avec les hommes banni. Ces petites choses rendent son quotidien un peu plus supportable. Il a trouvé plus ou moins un rythme à prendre et bien que pas toujours suffisant, il s’en contente. Magda peut encore trouver le sien, elle aussi. « Ne le soyez pas. Ce sont des choses qui arrivent. Il y a pire dans la vie qu’une déception amoureuse, n’est-ce pas ? » Phrase soufflée tout haut, alors qu’il n’arrivait pas à la penser il y a encore un an. Même si Dafne et lui, ça n’a pas fonctionné, elle lui a permis de comprendre certaines choses… Notamment qu’il était capable de faire un pas en avant. Ou au moins un petit peu et qu’il pouvait ressentir des choses, même s’il en est constamment effrayé, qu’il préfère s’en préserver afin de ne pas retomber dans ses travers. Bien qu’il garde le silence, Demetrio ne peut que lui donner raison : en s’engageant, on prend toujours des risques. Certains savent comment retomber sur leurs pattes, passent très vite à autre chose, mais lui, il ignore comment agir autrement qu’en se renfermant, comme elle finalement. Ils ne sont pas si différents. Elle lui est attachante, si bien qu’il aimerait pouvoir faire quelque chose pour elle, l’aider à rayer des souhaits sur cette liste précieuse et ça semble l’étonner. Pas surprenant. C’est une chose très personnelle et il en a conscience. Le regard dans le vide, Demetrio cherche ses mots, hésite à répondre, pense même lui dire de ne pas poser de questions et de profiter simplement de cette proposition, mais il sent bien qu’elle attend après lui. Pis, elle commence à paniquer. Réaliser ses envies n’était, apparemment, pas du tout prévu. « Je n’ai rien à y gagner. Ce n’est pas pour mon intérêt, mais pour le vôtre. Ce ne sont pas mes rêves et je n’ai pas l’intention de vous manipuler pour avoir vos faveurs. » Certains oseraient, juste dans le but de pouvoir l’avoir dans son lit, ou pour d’autres intérêts. « Je peux les avoir sans ça. » dit-il, confiant, un brin faussement prétentieux, mais il dit vrai. Il n’a nullement besoin de payer une entrée dans une montgolfière pour ça. Sa main se pose sur la sienne, placée sur son torse. « Je vous aime bien. C’est une raison suffisante, vous ne pensez pas ? » Il l’apprécie, voit en elle quelqu’un de bon, qui mérite justement de ne pas y laisser sa peau sans avoir éliminé la plupart des points. Dans l’idéal, ce serait bien que tout soit coché, mais il ne peut pas tout lui offrir. Tout ne lui est pas accessible. Il entrouvre la bouche, prêt à lui répondre, lorsqu’elle reprend sur une nouvelle interrogation, sur lui cette fois-ci. Il s’y attaque, sachant que la réponse sera moins longue que ce qu’il avait à dire. « Une sensation de bien-être et en même temps, un énorme vide. Plus je cochais, plus j’avais la sensation que la fin approchait. Vous comprenez ? Je tiens à la vie, Magda, je ne souhaitais pas m’éteindre après avoir réalisé quelques souhaits sur une liste qui aurait pu s’agrandir si j’avais été en bonne santé. » Il s’était dit qu’après avoir épuisé toute la liste, il pourrait s’en aller, s’en persuadait, mais la vérité était tout autre. « Maintenant, vous me demandez si ça en vaut la peine et la réponse est oui, sans hésitation. C’est l’euphorie, un sentiment de liberté. C’est comme si l’on vous imposait de marcher avec des gros sacs de sable et qu’au fil de vos pas, l’on vous retirait petit à petit des poids en trop. » Ca allège, ça fait du bien. Il ne regrette absolument pas, même si vers la fin, il avait le cœur lourd. Ce monde est trop beau et lui n’avait pas envie de le laisser derrière lui. « Votre peur de l’inconnu est compréhensible, mais ce que je saisis se lit entre les lignes et n’est sans doute pas ce que vous aimeriez entendre. » Est-ce qu’il continue ? Ou est-ce qu’il la laisse penser ce qu’elle veut ? Si ça se trouve, il a tort, mais ce qu’il perçoit lui semble tellement évident. « Vous vous persuadez que votre choix est fait, mais à travers votre crainte, ce que je constate, c’est que vous n’êtes pas plus prête que moi il y a douze ans. » Et il n’y a pas mort d’homme, c’est humain. « Avez-vous peur de mourir, Magda ? » De ne plus exister ? Demetrio effleure sa joue du bout de son nez. Il saisit ses bras qu’il enroule autour de son cou, l’enveloppe des siens de sorte à ce que son corps soit collé au sien. « De ne plus sentir quelqu’un vous toucher comme ça. » Lui, à sa place, il aurait peur. Et il est toujours effrayé. Au creux de son oreille, il murmure : « Dites-moi ce qui s’est passé avec cet homme. » Et pourquoi elle s’est sentie aussi stupide.


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Sujet: Re: Magda | Après une rude matinée... ( le Mer 6 Juin - 13:24 )
Une fois encore, Demetrio lui démontre qu’ils ont un autre point en commun. Celui de porter un fardeau, de devoir vivre avec sans arriver, un œil toujours posé sur un passé impossible à oublier. Elle, c’était le meurtre de Sahar. Lui, elle n’en avait aucune idée. Pas un seul indice qui pourrait la mettre sur la voie. Et si sa curiosité est piquée, sa bouche ne libère aucune interrogation. Une pudeur mêlée à une soudaine timidité. Magda n’ose pas même si elle le voudrait au fond. Peur de trouver une porte close ou un mur. Parce que ça pourrait l’atteindre d’être laissée à l’extérieur, dehors. Se sentir à l’écart, c’est un peu un résumé de sa vie, de son enfance. Quelque chose qui l’a blessé plus d’une fois, surtout quand cela venait des personnes qui comptaient. Là, pourquoi ça l’atteindrait ? Pourquoi ça la blesserait de se sentir exclue ? Il n’y a aucune raison… A moins que … oui, elle s’attachait à Demetrio. Qu’il commençait à se creuser une place dans son désert aride. Cette pensée la glace, lui fait l’effet d’un seau d’eau froide. Ca ne devait pas se passer ainsi. Pas en arriver là. Il fallait qu’elle prenne le contrôle, mette un terme à l’ascension de Demetrio dans ses émotions qu’elle devine déjà comme une erreur qu’elle finira par regretter si elle ne fait rien. Magda s’entête. Magda s’apaise en s’aveuglant : tout est sous contrôle. Elle saura gérer. Saura ne pas s’attacher. C’est elle qui décide, c’est elle la maîtresse de ce corps, de ce cœur. Si elle décide que ça ne prendra pas ce chemin là, ça ne le prendra pas. Sous cape, son cœur rigole mais la laisse s’illusionner en sachant parfaitement, que c’est lui, oui, qui contrôle tout. « Il y a pire, c’est vrai. C’est vrai » Il y avait la mort, après tout. Bien que la jeune femme n’arrive pas à s’enlever de la tête qu’un cœur brisé fait parti du pire aussi mais c’est une fin inévitable dans toute relation. Peut-être a-t-elle tort de penser aussi négativement mais l’expérience lui a prouvé que si. Face à Demetrio, aux réponses qu’il lui offre, Magda se perd dans un flot d’émotion, se sent troublée. Elle n’a pas l’habitude de recevoir de la bienveillance comme ça, sans crier garde. Encore moins de quelqu’un qu’elle connaît depuis peu mais qui semble pourtant la connaître depuis bien plus. Qui semble la comprendre aussi sans qu’elle ait besoin de se perdre dans des explications inutiles. Et pourtant, malgré qu’elle lui fasse confiance, qu’il  lui a confirmé qu’il n’y avait aucune entourloupe derrière sa sollicitude, la métisse ne peut refréner ce sentiment de méfiance qui se réveille de plus en plus. Redoute un pire qui pourrait arriver. Comment ? Pourquoi ? Elle ne sait pas. Juste que c’est ce qui lui arrive forcément. A chaque fois. Douter, c’est après tout ce qu’elle sait le mieux faire et c’est ce qu’elle fait malgré elle. « Ah bon ? Vous croyez ça ? » Un mince sourire amusé se dessine sur ces lèvres, camouflant ses inquiétudes. La jeune femme ne le contredit pas, ne s’y essaie même pas car ce n’est que vérité et l’absence d’argument pour lui prouver le contraire le confesse à sa place. Elle n’aurait pas été crédible de toute façon. Toutefois, son air amusé ne reste pas longtemps, se fait virevolter vers un ailleurs par l’explication qu’il lui offre. Une réponse qui a raison de sa méfiance, qui la met au tapis radicalement. Si la jeune femme se sentait troublée tantôt, ce n’est rien comparé à l’état dans lequel elle se trouve, là. Maintenant. Remuée, Magda détourne le regard, veut camoufler ses émotions qu’elle sent grimper à ses cils. S’y accrocher un peu trop. « Peut-être … Mais  de vous à moi … je vous avouerai que je ne pense pas le mériter … Tout ça » Cette générosité qu’il lui offre. Les bons sentiments qu’il semble éprouver à son égard. Elle n’en vaut pas la peine, s’estimant sans valeur. Incapable d’être aimée, même juste appréciée. C’est un fait dans sa réalité à elle et pourtant, juste de savoir qu’il l’apprécie lui fait du bien, la réconforte car elle aussi, elle l’aime bien. Elle n’aurait pas cru ça possible au début de leur rencontre. Tout de lui l’énervait quand maintenant, il ne cesse de la surprendre, de voir juste et au delà de ses barrières, de l’attendrir aussi. Le contact de sa main sur la sienne, elle s’y raccroche comme à une bouée de sauvetage. Son cœur affolé perd le fil de ses battements, part en totale improvisation. Elle l’écoute faire l’avocat du diable. Dompter sa peur et ses angoisses à coup de syllabes. Il lui vend du rêve, de l’espoir et pour peu, Magda pourrait croire qu’ils lui sont à portée de main si elle ose la tendre. L’idée de poser ses sacs devenus beaucoup trop lourds lui fait envie, lui paraît alléchante. Tellement que sa réticence se brise et se faire entendre dans cette affirmation dite presque d’une voix nouvelle « Très bien. Cochons donc cette liste alors. Nous verrons bien où ça me mènera » Ce qui lui faisait peur désormais, c’était cette porte qu’elle avait entrouverte. La possibilité que ses plans changent, qu’elle revienne sur sa décision. Cette porte que son entêtement et son orgueil veut claquer pour la refermer à double tour mais Demetrio ne leur laisse pas le temps et maintient cette embrasure ouverte par son interprétation qu’elle n’aime pas entendre, vrai mais qui sonne juste. Tristement juste. Les épaisseurs d’illusions semblent tomber une à une, la mettant à découvert. Sa question électrise ses cils, dernier électrochoc qui fait tout basculer. Une larme roule puis une autre et encore une autre. Son corps se laisse guider par son faux compagnon, se rapproche du sien. Son front se pose contre son torse, baissant ses dernières armes. « Bien sûr que si … Les bonne sensations, celles qui font du bien, je ne suis pas prête à ne plus les vivre… Mais toute bonne chose a une fin. Je ne vois pas ma mort comme une si mauvaise chose. Elle a quelque chose de libérateur et ça, ça ne me fait vraiment pas peur. Je l’attends patiemment. Quand on décide de se sauver soi-même, c’est estimer que ça vaut le coup, que ça en vaut la peine. Que sa vie a de la valeur, assez pour se donner l’opportunité de l’épargner. Ce n’est pas mon cas et ça ne le deviendra pas. C’est comme ça »  Croyances auxquels elle y croit dur comme fer. Celle de ne pas mériter une seconde chance en prenant le cœur de quelqu’un d’autre. Un cœur dont elle ne s’estime pas digne. Du gâchis si c’est pour continuer la vie qu’elle mène présentement. Ses dents s’enfoncent un court instant dans sa langue, pas très rassurée de raconter un des pan le plus douloureux de sa vie mais le fait tout de même « C’était mon docteur. Il avait soit disant trouver un traitement innovant qui pourrait guérir mon cœur. J’y ai cru bêtement. Je voulais tellement vivre comme les autres filles de mon âge. Je me sentais à l’époque tellement misérable mais il m’a fait me sentir spéciale, c’était agréable. Sauf que je n’ai rien de spécial et qu’il s’est sauvé en emportant quelque millier à la fortune de mon père. Un arnaqueur au final et moi l’appât stupide pour arriver à ses fins. Tout a dégringolé à partir de là. Vous avez sûrement eu vent des agissements de mon père. Impossible de passer au travers à l’époque. » Son ton est dur, se condamne encore et toujours de son erreur. Condamne aussi son père. Pas la meilleure période de sa vie. « Et vous ? Il s’est passé quoi ? » Quelle était son histoire avec celle qui semblait lui avoir brisé le cœur.


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Sujet: Re: Magda | Après une rude matinée... ( le Dim 10 Juin - 3:42 )
« Hm hm. » fait-il, en acquiesçant d’un signe de tête, un sourire accroché au coin des lèvres. La certitude d’avoir raison, de pouvoir obtenir ce qu’il désire sans manipulation et autres stratagèmes est puissante, ne laisse place a aucun doute. En peu de temps, ils se sont rapprochés, se sont laissé aller à un moment physique, aussi à des confidences très personnelles. Demetrio n’a pas la prétention d’affirmer savoir comment s’y prendre, mais est convaincu que ce qu’ils ont en commun les pousse l’un vers l’autre, même si l’assumer est difficile. Ce cœur défaillant en est la principale cause. Sa maladie est différente de la sienne, mais le résultat reste le même : sans greffe, il n’y a aucun espoir. Lui est passé par là, la comprend. « Vous me contredisez ? » Si elle lisait entre les lignes, Magda pourrait s’apercevoir que la réciproque est vraie. Elle le bouscule, le pousse à agir, faire des choses qu’il n’aurait jamais pensé faire autrefois, comme profiter de la vue qu’offre le phare avec une femme autre que Charlotte, bien que ce soit encore différent. A l’époque, il passait son temps au téléphone, interrompait de pareils instants mémorables pour les affaires. Là, il est bien plus posé, réfléchit à ses dires, cette impression qu’elle a de ne pas mériter sa proposition. Pourquoi, comment ? Il l’ignore, mais l’estime qu’elle a d’elle semble être bien faible. D’autant qu’elle ne se rend pas compte de ce qu’elle lui a apporté durant ce week-end. Certes, les disputes ont été nombreuses, mais ce à quoi il s’arrête, c’est sa façon de défendre une femme dans le besoin, cette échappée sur la plage, ses doigts effleurant sa peau, ses cicatrices et cette fameuse nuit. Ca lui a donné la sensation d’être bien vivant, de ne pas être le robot qu’il s’obstine à être dans sa vie de tous les jours. Pas de sourire, pas de rire, juste du sérieux, une vie sans encombre pour garder un cœur intact. Pas de risque. Sauf qu’avec elle, il ne cesse d’en prendre et ça l’effraie autant que ça lui plaît. Demetrio ne sait pas trop quoi en penser. Tout ce qu’il sait, à l’instant, c’est que cette fameuse liste ne doit pas restée comme ça, sans rature, que des points doivent être réalisés. « Si c’était le cas, je ne vous le proposerai pas. » S’il ne s’était pas pris d’affection pour Magda, il ne se serait pas intéressé à ça, ne lui aurait même jamais posé la question et ne serait pas monté jusqu’ici. « Laissez-moi en juger. » C’est déjà fait et ça porte en sa faveur. Il est donc satisfait lorsqu’elle accepte et peut-être qu’à travers ces différentes expéditions, elle se rendra encore plus compte que son entêtement à vouloir se laisser mourir est une erreur. Ca doit venir d’elle, pas de lui, mais il peut lui montrer la voie, non ? Il aimerait pouvoir le faire, la protéger du monde, d’elle, de sa souffrance visible grâce à ses larmes. Son cœur se resserre, en même temps que ses bras autour d’elle. Son discours est triste, prouve à quel point sa vie lui semble sans aucun intérêt. « Votre vie a de la valeur pour ceux qui vous entourent, pour Clara que vous avez aidé. Rendez-vous compte. Sans votre écoute, sans votre aide, j’ignore si elle aurait osé en parler et se sortir de tout ça. Vous faites des choses bien. » Pour lui aussi, même s’il ne préfère pas poser les mots dessus, préférant garder une certaine contenance. « Vous pourriez continuer. » Et si elle ignore comment faire, il faut juste qu’on la guide, lui montre le chemin à prendre, même s’il y a quelques rochers sur son passage. Et il y en a déjà eu. Comme cette histoire avec son docteur, un type qui n’a pas seulement joué avec son cœur, mais aussi avec son espoir de survivre, pour finalement le détruire, le piétiner en mille morceaux. « J’en ai entendu parler, oui. » Il se rappelle avoir eu un jugement bien négatif à son sujet. Sa critique était sans équivoque. Demetrio n’en pensait pas du bien et si on lui demandait son avis, il le disait sans sourciller, le démontant de toute beauté. « Moi ? » répète-t-il, ne s’attendant pas à un retour. Parler de Charlotte est délicat, si bien qu’il préfère éviter, mais avec tout ce qu’elle vient de lui confier, Demetrio se lance : « Je la connaissais depuis le lycée. C’était le genre de fille à insupporter tout le monde et qui s’est révélée être une perle. » En parler est compliqué, le ramène à ces années étudiantes, à leur début, là où ils ont commencé à se voir autrement que comme des amis. « Ca faisait un an et elle a décidé un matin que tout était terminé. Pour être tout à fait honnête avec vous, je ne sais pas exactement ce qui s’est passé. Elle a juste cessé de m’aimer. Enfin… Elle a affirmé ne m’avoir jamais aimé, mais plus j’y pense et plus je peine à le croire. » Parce que Charlotte n’est pas du genre à jouer avec ses sentiments, ni ceux des autres. Elle est sensible, a eu besoin de leur petit groupe d’amis auquel elle tenait énormément. Couper les ponts afin d’éviter Demetrio n’a sans doute pas été une partie de plaisir. « Le reste n’est que supposition. » Et il n’a pas essayé de la retenir, même s’il aurait peut-être dû. Demetrio s’est contenté de ce qu’elle lui disait, s’interrogeant en silence, se torturant sur les raisons de leur rupture, sur la perte des sentiments de son ex-petite amie. « Ma carrière grandissait, je ne prenais pas le temps, la laissais de côté. Je suppose qu’il y a eu la lassitude. Celle d’attendre après quelqu’un qui ne vous regarde plus vraiment. Je n’en sais rien. » Cette année, suite à la coupure avec Dafne, Demetrio est passé par une phase de remise en question, où il a ressassé sa première histoire d’amour pour y comprendre quelque chose. Ses mains glissent le long de ses bras, jusqu’à ses épaules. L’une se perd sur sa nuque, puis remonte vers ses joues encore humides. « Vous m’avez fait sourire, à de nombreuses reprises. » Et si naturellement qu’il ne l’a même pas vu venir et bien qu’il reprenait à chaque fois le contrôle, Magda l’a amusé. « Je souris rarement, mais votre attitude, vos remarques, votre façon de vouloir me contredire à certains moments… » Ca l’agace parfois, mais ça l’amuse aussi, parce que peu sont aptes à lui tenir tête. Ces personnes le marquent bien plus que celles qui sont toujours en accord avec lui. « Ce tic que vous avez à vous ronger les ongles quand vous êtes angoissée, cette manière que vous avez de vous cacher dans ma veste… C’est attendrissant. Ca me fait sourire. Peu peuvent se vanter d’être arrivé à ce stade. D’après mon meilleur ami, je tire toujours une tête de six pieds de long. » Et c’est vrai, parce qu’il est habitué à ça, aussi parce que son passé et le poids de ses secrets l’empêchent d’être serein, de se lâcher. Il n’en a tout simplement pas l’envie. « Cet homme a eu tort d’agir de la sorte. C’était cruel. Mais je ne suis pas d’accord avec vous lorsque vous affirmez que vous n’avez rien de spécial. Vous avez un quelque chose de particulier. » Il ne devrait pas s’engouffrer là-dedans, prononcer de tels propos, mais il les pense si fort qu’il lui est impossible de garder ça secret. « C’est beau, ce que vous dégagez. Ca donne envie de creuser. » admet-il, alors qu’il li désigne d’un signe de tête le coucher du soleil bien avancé, afin qu’elle s’y focalise, plutôt que lui donner réponse.


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Sujet: Re: Magda | Après une rude matinée... ( le Hier à 11:50 )
Ses yeux scrutent le sourire de l’homme sculpté aux coins de ses lèvres, son silence n’osant pas discuter ses dires. Pourtant en temps normal, c’est ce qu’elle aurait fait la Saddler. Le contredire juste pour le plaisir de le faire. Le contredire juste pour lui démontrer qu’il n’a pas, même juste une once, d’emprise sur elle. Mais son esprit de contradiction s’étiole, perd de sa superbe. Ca n’arrive pas souvent, rarement même mais ça arrive aujourd’hui, maintenant. « Joker » C’est là tout ce qu’elle trouve à répondre. Réfutant la question en prenant la poudre d’escampette sans confirmer quoique ce soit. Parce qu’il y avait quelque chose que Magda peine à assumer dans ses affirmations : la vérité. Celle qui dit qu’il pourrait obtenir presque tout d’elle sans trop batailler, sauf concernant le dernier mot sur son cœur. Ca lui appartient encore farouchement. Kamikaze égoïste qui se refuse à laisser entrer quelqu’un dans le tribunal qui décidera de son sort mais face aux mots de Demetrio, c’est un tout autre procès qui prend place. Kyrielle d’émotions qui se bataillent en elle. Les bons, les moins bons qui se font la guerre en silence. L’envie de croire  à des « peut-être ». A des « et si » tout en se laissant convaincre par cette voix caverneuse qui ne cesse de lui murmurer l’inutilité de sa petite personne. « Bien. Faites vous votre propre idée mais je vous aurais prévenu toutefois. Préparez-vous à la déception » Comme si aucune autre alternative n’était possible. Comme si à la fin de sa découverte d’elle-même, Demetrio ne pourrait que faire face à une grosse déception. C’était là, la seule possibilité que la brune pouvait offrir selon elle : un certain dégoût. Inspirer un écœurement malgré elle. Même si elle ne le veut pas.  Même si c’est tout le contraire qu’elle souhaite pourtant. Sa tête se secoue, refusant les arguments du brun qui visent pourtant juste en parlant de Clara, qui font leur chemin à son esprit. Oui, effectivement, Magda pouvait être utile visiblement. Ca pouvait arriver finalement. Mais cette fois-ci ne serait-elle pas la seule et unique fois ? « J’entends ce que vous dites. Je l’entends mais je ne peux m’empêcher d’avoir des doutes » La métisse hausse les épaules, ne peut s’empêcher de douter, encore et encore. D’elle, de ses capacités, de ses propres décisions, de sa valeur, d’être une bonne personne. Ce qu’elle a fait, une tout autre personne aurait pu le faire. « Continuer quoi ? A aider les gens ? » Si Clara s’était ouverte à elle, Magda est certaine que ça ne sera pas le cas de tout le monde. A Naples, elle l’a bien vu, ce n’est pas son aide que veulent les gens, c’est sa destruction. L’instant de quelque secondes, son visage se ferme complètement, ses iris se durcissent et dans son regard se fondent la colère et la rancœur. Enveloppes d’un passé qui l’a forgé. La trahison de Leo et puis de son père ont laissé leurs traces et en parler, même du bout des lèvres remue une bile ancienne qui ne cesse d’aigrir. La Saddler ne peut s’empêcher d’imaginer l’avis de Demetrio qui doit se ranger l’opinion publique mais sa bouche ne s’ouvre pas pour s’enquérir. Pas l’envie de remuer davantage le couteau dans la plaie. Le durcissement de son visage s’estompe au fur et à mesure que Demetrio parle, lui raconte son histoire à lui avec cette fille insupportable mais qui s’est révélée être une perle. « Et vous n’avez jamais essayé de reprendre contact avec elle ? Juste pour avoir des certitudes à la place des suppositions ? Savoir ? » Parce que c’est ce qu’elle aurait aimé, Magda, à sa place. C’est sûrement ce qu’elle aurait fait si Leo avait laissé derrière lui un quelconque moyen de le contacter. Elle l’aurait confronté, ça n’aurait rien donné. Ca n’aurait pas atténué sa douleur mais au moins, peut-être aurait-elle pu avoir des réponses à la grande question qu’elle se posait sans cesse à l’époque : pourquoi ? « C’était peut-être un mauvais timing. Des attentes qui ne coordonnaient pas à cet instant précis. Aujourd’hui, tout peut être différent » Oui, c’est bien ce que la brune sous entendait entre deux eaux : qu’une seconde chance pouvait être insufflée. Pourtant cette idée ne la laisse pas de marbre. Ne lui plaît pas trop même si ça ne le devrait pas, même si elle n’a pas le droit de le percevoir ainsi. Ca serait remettre en question les trois prochains mois. Y mettre un terme prématurément. Honnêtement, elle n’en a pas envie Magda mais entre ce qu’elle désire et ce qu’elle obtient, il y a souvent un fossé. Elle connaît la chanson. La connaît que trop bien. Son attention se greffe à ses mains qui glissent sur ses bras, parcourent ses épaules pour finir ses joues. C’est ce qu’elle a aujourd’hui, pour l’instant et c’est sur ça qu’elle préfère s’attarder, se retenir avant de retrouver le vide vertigineux. Sa vie avant Demetrio. Sa vie en chute libre. « J’ai cru voir, oui » Des sourires furtifs qui ne restaient jamais bien longtemps. Qui parfois lui donnaient l’impression de les avoir rêvés tellement ils disparaissaient à vitesse grand V. « Donc … au final, mon sale caractère vous a fait grincer des dents mais vous a fait sourire aussi. Comme quoi, vous aimez au fond que je vous tienne tête » Magda fait la maligne, ne camoufle même pas son sourire amusé, jurant avec les larmes rescapées qui sèchent sur ses joues. Pourtant, son petit air malicieux ne reste pas longtemps sur ses traits et prend rapidement le large quand Demetrio énumère ses gestes qu’il a remarqués et surtout retenus. Elle qui se pensait invisible, ne l’est pas tant que ça. Décryptée, c’est aussi le cas. Pouvoir être lue comme un livre ouvert ne lui est pas agréable et ce qui peut être attendrissant pour lui, n’est que gage d’une certaine faiblesse pour elle. Son sale orgueil malmené s’estompe néanmoins dans l’idée flatteuse d’être arrivé peut-être à un niveau que peu peuvent atteindre à l’entendre. Si ça peut le faire sourire, alors tant mieux. Alors dans ses faiblesses, il y a peut-être quelque chose de bien. Peut-être, oui. « Je ne pensais pas que mes tics pourraient avoir cet effet là sur quelqu’un quand, personnellement, ils m’agacent. Quoiqu’il en soit, je suis totalement d’accord avec votre meilleur ami. Je trouve que vous avez un beau sourire, c’est dommage de le voir peu souvent mais vous êtes comme vous êtes. » Sur ce point, elle pouvait le comprendre. Elle-même n’était pas des plus souriantes et joviales en temps normal, parant son visage d’une froideur repoussante. Se fermer était une nécessité et elle se permettait à abaisser son masque de dureté qu’avec une poignée de personnes. Un mince cercle dont Demetrio fait désormais parti contre toute attente, sans qu’elle ait pu y faire quoique ce soit. Méritant sa place encore plus après les mots qui lui offrent. Des mots qui la touchent et qui la laissent sans voix, au sommet de ce phare. Des mots qu’elle ne pensait pas entendre. Qu’elle avait espérer entendre un jour, des années en arrière en se faisant à l’idée au fil du temps qu’elle ne les recevrait sûrement jamais. Un jamais qui venait de devenir un moment présent. Son regard dévie et prend la fuite, se noyant dans le paysage qui se déroule face à elle. Silencieuse, elle abdique et suit son invitation à profiter du panorama qui s’offre à eux. Sa main se lève pour laisser son pouce se coincer entre ses lèvres mais s’arrête soudainement, sachant parfaitement que maintenant Demetrio sait, décrypte son geste aisément. Sa main part se poser sur la rambade, laissant ses doigts y pianoter pendant que son esprit tourne en boucle les mots qu’il vient de lui dire. Une averse se réveille à nouveau dans ses yeux. Pas de tristesse cette fois-ci. Juste la preuve, la démonstration qu’il l’a ému. Qu’il a réussi à la toucher profondément. C’est dingue, complètement dément tout ce qu’il pouvait lui fait ressentir en quelque mots, en quelque gestes. Magda ne va que de surprise en surprise et perd pied par la même occasion. S’en rend-t-il compte, Demetrio ? Ouais. Qu’il change tout ? Qu’il devient un bulldozer dans ses remparts. Et peut-être qu’au delà des frontières, il s’y construit une place. Contre cela, la brune ne trouve aucune arme, aucune tactique pour le freiner ou le repousser hors des limites. Pas sûre aussi qu’elle en ait envie, malheureusement. Elle s’attache, elle peut le sentir même si elle s’essaye à se convaincre que non. Demetrio entre dans cette pièce aseptisée, là où Magda ne voulait plus laisser qui que ce soit entrer. Là où Erio a pu s’insérer au fil des années : son affection. Son cœur. Ca ne veut rien dire, s’entête-t-elle. Au moment venu, elle saura gérer. Oui. Elle saura et tout redeviendra comme avant sans aucun heurt. C’est avec cette pensée que sa main part chercher celle de Demetrio, l’attirant à elle, passant son bras autour de ses épaules pour se blottir contre lui. Tout cela ne veut rien dire, c’est juste profiter des moments passés l’un avec l’autre. Se faire du bien avant de reprendre sa vie chacun de leur côté comme si de rien n’était. C’est ça le contrat. « Demetrio… » Sa voix s’échappe enfin de sa gorge, retrouvant l’usage de la parole après un long moment de silence. « Ne creusez pas trop » Parce qu’elle avait peur de ce qu’il pourrait découvrir. Parce qu’elle craignait de perdre cette particularité qu’il semblait lui trouver et qu’elle ne comprenait pas. Elle avait plus de pierre rocailleuse que de trésor à trouver en elle. Elle était plus chasse à l’horreur que chasse au trésor.


Magda & Demetrio
All the streets, where I walked alone, with nowhere to go, have come to an end. In front of your eyes, it falls from the skies, when you don't know what you're looking to find. In front of your eyes, it falls from the skies, when you just never know what you will find.
•• ALASKA (sum 41)
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