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- Lily - Sad eyes .You can’t disguise sad eyes -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Bord de la Tyrrhénienne :: Posillipo :: Résidences
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Enoch VolpinoLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Lily - Sad eyes .You can’t disguise sad eyes ( le Sam 2 Juin 2018 - 10:37 )
L’eau froide ruisselle sur son corps fêlé. Un corps devenu brouillon avec toutes ces ratures qui le zèbrent. Ce corps qui ne répond plus comme avant, qui n’en fait qu’à sa tête. Rébellion qui le laisse sur le banc de touche. Les séances de kiné, de rééducation, au fond, à quoi servent-elles ? Lui faire perdre du temps. Lui vendre de l’espoir poisseux qui colle à son esprit, l’étouffe. Ses mains se posent contre la paroi de la douche, le jet d’eau froide venant embrasser son visage, mordre chaque parcelle de sa peau. Ressentir cette morsure revient à reprendre possession de son corps, à se donner un peu de contrôle. Il ressent Enoch : son sang qui s’active sous l’eau glacée, sa peau qui picote, le froid qui le ronge petit à petit. C’est ressentir des sensations et ça lui suffit à l’apaiser pour ce matin, à le rassurer : son corps n’est pas mort, n’est pas prison de chair dans laquelle il se retrouve captif impuissant. Des angoisses fantômes qu’il laisse dans un coin de sa tête, coupant l’eau avant de s’enrouler dans une serviette. Le reflet que le miroir lui renvoie en pleine figure est une caricature pathétique d’un homme qu’il n’accepte pas. Faiblesse dans la chair, dans ce poumon et ce genou étriqués, défaillants. Crachant son mépris à sa réverbération pitoyable, l’italo-britannique se coule dans un jean en s’appuyant contre le mur puis enfile un t-shirt froissé avant de s’extirper de la salle de bain pour se perdre dans l’immense cuisine. Le reste de la pièce est silencieuse, plongée dans les rayons encore faibles d’un soleil qui se lève timidement. Enoch tend l’oreille un instant, cherchant à savoir si son épouse chimérique est réveillée ou pas : le silence en toute réponse. Son regard se pose sur la gazinière et une moue dégoûtée déforme son visage avant que sa canne le pousse à faire un léger détour pour se planter devant la cafetière. A Londres, il en avait presque oublié sa haine farouche des gazinières et autre four lui rappelant l’acte ignoble de son père. Mais de retour à Naples, tout lui revenait en pleine figure comme une explosion qu’il ne savait ni ne pouvait éviter. Sa peur des flammes lui était revenue comme un héritage empoissonné de son géniteur. Le liquide brun coule dans sa tasse quand à l’étage, il entend le parquet grincer, lui racontant les pas de son épouse fabriquée de toute pièce. Son dégaine déglinguée se pose en bout de table, la tasse chaude entre les doigts. Il attend, le Volpino, il attend que Lily vient déranger sa solitude, l’envoyer au tapis par sa simple présence à laquelle il s’est habitué. A laquelle son existence fade a fini par s’y embraser. Une accoutumance dont il appréhende la fin en silence. Une clope se coince entre ses lèvres, n’ayant aucun scrupule à fumer en intérieur et ce n’est qu’au second bâton de nicotine que la présence de Lily vient se greffer à la sienne. Instinctivement, sa clope part mourir dans un cendrier de fortune. « Bonjour, Lily » Sa voix l’apostrophe alors qu’Enoch se redresse, canne en renfort pour ouvrir une fenêtre, aérer la pièce. « Comment ça va ce matin ? Bien dormi ? » Ce qui pourrait ressembler à de la parlotte sans aucun intérêt ne l’est pas vraiment. Enoch, ca l’intéresse bien entendu, se sent concerné par son bien-être, ses état d’âmes même s’il n’en donne pas souvent l’air mais ses intentions sont bonnes. L'ont toujours été, dans l’ombre. « T'as prévu quelque chose cette matinée ? » Question qui se pose pour la forme car des plans, il en a déjà esquissé pour eux cette matinée : se rendre dans un des refuges pour adopter un animal en besoin d'amour. Pour lui faire plaisir, pour lui arracher un sourire, même juste quelque minutes. « Si t'as prévu quoique ce soit, il faudra le reporter. J’ai des plans pour nous ce matin » Il lui laissait pas le choix au final et c’était Enoch tout craché de s’exprimer comme un couteau bien aiguisé mais pourtant ses intentions n’avaient qu’une seule motivation : lui faire plaisir. Lui redonner le sourire. Juste ça. Rien que ça. Handicapé de la communication qui sait pas le faire correctement. Son corps s’adosse au comptoir de la cuisine, sa main agrippant le pan du plan de travail, sa jambe droite se repliant pour éviter de prendre appui sur elle, l'épargnant une douleur qui ne se meurt jamais. « Nous quitterons la villa à 10h00. Ca te laisse du temps devant toi » Pour émerger, se préparer, faire ce dont elle a envie avant de devoir se taper sa présence pour les heures à venir. Après tout ce temps, Enoch ne sait pas bien encore si sa présence l'importune ou pas. Il espère que non. Il espère.

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Certains moments ont un goût d’éternité.

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Lily Volpino10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
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Sujet: Re: Lily - Sad eyes .You can’t disguise sad eyes ( le Dim 3 Juin 2018 - 19:17 )
Depuis quelques jours déjà, les jours sont rythmés par le jeûne et les prières quotidiennes. Lily a fait le Ramadan d'aussi loin qu'elle se souvienne ou du moins, chaque fois qu'elle l'a pu. Cette période de l'année a une importance toute particulière pour elle, et pas seulement pour sa foi. Durant ces trente jours, elle se sent plus proche de ses racines, de ses souvenirs. Ce sont les petites choses, les mots répétés au fil des années, les plats qu'elle prend plaisir à retrouver, qui lui réchauffent le cœur et l'apaisent. A nouveau, elle s'est donc levée avant l'aube pour prendre son premier, et seul repas avant la nuit. C'est aussi l'occasion, pour elle, d'apprécier les petites choses à côté desquelles on passe trop souvent : le calme de la villa, le chant des oiseaux, le lever du soleil. La vie à Naples est bien différente de celle qu'elle a connue à Londres, et elle se plait souvent à rechercher chacune de ces différences pour les apprécier. Malgré tout, elle n'a pas tardé à retourner se coucher pour ajouter quelques heures supplémentaires de sommeil au compteur. A son réveil, elle ne s'attarde pas au lit, préférant plutôt enfiler une robe de chambre par-dessus son pyjama pour descendre dans la cuisine. L'odeur du tabac lui fait anticiper la scène sur laquelle elle va tomber, en y arrivant : Enoch attablé, une cigarette à la main, et peut-être une ou deux autres écrasées dans un cendrier. Elle aimerait bien qu'il se passe de cette habitude, au moins le temps qu'il se remette au mieux de sa blessure au poumon, mais elle s'abstient de lui faire le moindre commentaire.

Lorsqu'elle arrive, il écrase de toute façon la cigarette et ouvre la fenêtre pour aérer la pièce. « Bonjour. » le salue-t-elle à son tour en le suivant du regard. « Oui, j'ai bien dormi, merci. Et toi ? » Comme chaque fois, elle tente de le sonder avant qu'il ne réponde. C'est assez facile, ces temps-ci, de déterminer s'il souffre ou non et Lily a appris à s'attarder sur sa démarche ou d'éventuelles grimaces plutôt qu'à croire les mots de son mari. C'est qu'il a du mal à admettre que ça ne va pas. En un sens, cela la rassure qu'ils se trouvent à Naples plutôt qu'à Londres : il aurait été capable de chercher à retourner travailler, quitte à s'épuiser. Lorsqu'il cherche à savoir si elle a prévu quoi que ce soit de la matinée, Lily hausse simplement les épaules : « Pas vraiment, non. Pourquoi ? » Le matin, elle aime bien se rendre généralement au marché, elle fait aussi un détour vers la mer, avant que la chaleur ne soit trop oppressante. Mais Enoch l'intrigue, avec ses plans et elle sourit en lui demandant : « Ah oui ? Quoi comme plans ? » Elle l'observe se déplacer jusqu'au comptoir, puis ménager sa jambe droite en évitant soigneusement d'y prendre appui. Quand elle l'a connu, elle le croyait invincible et c'est en partie pour cela qu'elle a accepté de lui faire confiance. Puis qu'elle a placé son destin entre ses mains en l'épousant plus tard. Aujourd'hui, Enoch n'est plus que l'ombre de lui-même, et elle devine que ses blessures sont plus profondes que ce que les médecins ont à dire. L'avoir pratiquement perdu, le voir dériver sans pouvoir rien faire : tout cela affecte la brune. « Très bien. Je serai prête. » se contente-t-elle de répondre, sachant parfaitement qu'il serait vain de discuter l'horaire de départ ou de vouloir en savoir plus sur les plans de son mari s'il tient à les garder secrets. A la place, elle préfère plutôt prendre le contrôle là où elle peut en lui demandant, sur un ton doux, mais ferme : « En attendant, assieds-toi. Tu dois manger. » Et elle espère bien ne pas avoir à se battre pour qu'il avale un petit-déjeuner. Elle ouvre le frigo sans attendre et sort peu à peu les aliments pour les poser sur la table. « Qu'est-ce que tu veux manger ? Je vais cuisiner pour toi. » Il n'a de toute façon pas vraiment le choix. D'autant qu'en un an et demi de mariage, c'est une habitude qu'elle a instauré entre eux : elle prend plaisir à préparer la nourriture, quand bien même elle ne la partagerait pas avec lui, comme ce matin. S'il voulait même un simple bol de céréales ou des toasts, elle mettrait un point d'honneur à le servir elle-même. Elle espère tout de même qu'il opte pour quelque chose de plus consistant, d'autant que cela leur offrirait un peu plus de temps ensemble.
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Enoch VolpinoLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Re: Lily - Sad eyes .You can’t disguise sad eyes ( le Sam 23 Juin 2018 - 10:06 )
Ses doigts pianotent sur la crosse en ivoire de sa canne. Geste distrait pendant que son regard coule sur son épouse éphémère. Ses yeux détaillent sa tenue en catimini, dès qu’ils se trouvent à l’abri du regard de la brune à la peau dorée. Il la trouve magnifique, Enoch. Qu’elle soit en pyjama, en tenue d’été ou couverte des pieds à la tête. Les cheveux lâchés ou relevés. Avec ou sans cicatrices.  Illunée par des astres qu’il ignore ou quand un sourire perce les frontières de ses lèvres. Il la trouve jolie en tout temps, Lily et trouve l’idée qu’elle soit sienne flatteuse. Même si c’est juste sur papier. Même si c’est juste officieux et rien que dans le regard des autres. Même si rien qu’entre eux, la vérité est tout autre. Totalement différente que celle qui se joue dès qu’ils sortent de leurs remparts. Quand ils entrent sur la scène, les portes rassurantes de leur maison, passées. Sa voix s’élève dans la pièce et vient y insuffler une vie à ces quatre murs froids. Faut croire que ce qui fait l’âme de cette énorme maison, c’est ce petit bout de femme. Ce n’est pas étonnant, c’est après tout Lily qui a su bousculer la thébaïde d’Enoch. Cette solitude dans laquelle il s’est emmuré, s’aveuglant que c’était une bonne chose pour lui, la meilleure option. Sortir de sa quarantaine sociale avait été difficile au début, les premières semaines, les premiers mois mais à sa présence, il s’y était fait, Enoch. Il s’y était habitué et avait même fini par l’apprécier. Au point peut-être d’appréhender la fin, ce divorce inévitable où chacun reprendra sa vie, libéré enfin l’un de l’autre. Au moins, Lily aura la nationalité britannique enfin et sera une femme libre d’aller où elle veut sans cette alliance au doigt. Sans lui. « Y’a eu mieux mais … y’a eu pire » Une moue se dessine sur son visage alors que ses doigts se passent dans sa barbe, s’y perdent aussi vu la densité qu’elle prend de plus en plus mais loin de lui l’envie de la raser. Son air hirsute, il l’aime bien. Leah lui a déjà dit qu’il ressemble à rien et ça lui va : c’est ainsi qu’il se sent avec ses capacités revues à la baisse. Il avait tout et maintenant des cendres d’une carrière entre les doigts, un corps qui part à la dérive et qu’il déteste. « Ahaaa… » Son index se colle à ses lèvres, lui signifiant bien que des réponses à ses questions, elle ne les aura pas. « Tu verras bien » Toutefois, l’entendre abdiquer et affirmer qu’elle sera prête comme il le lui demande le rassure. Son épouse aurait très bien pu refuser de s’aligner à ses plans, elle aurait pu n’en avoir rien à faire de son programme et ne vaguer qu’à ses occupations. Ca sans aucun doute. Quand Lily ne voulait pas quelque chose, il le savait : ça se voyait, ça s’entendait et ça se sentait. Ca le rassure donc de ne voir aucune réticence de sa part. « Je dois manger ? T’as peur de me retrouver hâve et maigrichon ? » C’est ce qu’il était à sa sortie d’hôpital, la douleur de ses blessures et le traumatisme la fusillade l’empêchant de se nourrir correctement, creusant ses joues, perdant du poids encore et encore. Mais il avait fait du chemin depuis, le Volpino, s’était remplumé un peu plus en retrouvant un certain appétit, surtout depuis son retour à Naples. La nourriture italienne, oui, lui avait manqué atrocement et il renouait avec elle petit à petit. Ce qui l’empêchait de manger correctement, c’était cette envie de se priver, de priver son corps de bonne chose. Pourquoi manger et donner de la force à ce corps qui part en vrille ? Qui l’empêche de courir et sauter, de reprendre son travail ? De vivre comme l’homme l’entend tout simplement. Alors l’italo-britannique le punissait. Se sabotait et peut-être quelque part c’était de l’auto-destruction pour ne pas accepter sa nouvelle condition d’homme diminué. Sans attendre de réponse de sa part, Lily part à la conquête du frigo et en extirpe des victuailles qu’elle dépose sur la table comme pour lui inspirer une quelconque envie. En un sens, elle ne lui laisse pas trop le choix, comme lui avec son programme de la journée alors Enoch abdique aussi et s’approche de la table en clopinant, sa canne soutenant sa démarche bancale. Ses yeux se posent un instant sur les denrées posées sur la table : lesquelles lui parlent le plus ? « Des pancakes » Lâche-t-il, un mince sourire au coin des lèvres. « Avec des bananes » Parce que c’était ce que Lupo Volpino faisait le dimanche matin : des pancakes de toute forme avec des tranches de bananes pour faire des yeux ou un sourire. Un doux souvenir parmi dans le flot d’acidité qui entoure son père. Tirant la chaise, Enoch se pose, reposant sa jambe qui se met à trembler toute seule alors que peu d’effort lui ont été demandé. « T’es sûr que ça ira de cuisiner ? T’es en plein ramadan non ? » Parce que même s’il ne disait rien, ne faisait aucun commentaire sur sa façon de s’adapter à Naples, l’homme observait toujours les habitudes de sa fausse épouse et avait remarqué qu’elle ne mangeait rien de la journée, attendant une certaine heure pour le faire. « Je sers pas à grand-chose mais j’peux t’aider si tu veux » Qu’il propose le Volpino, tout en sachant que cuisiner, c’était son domaine à elle, une habitude qu’elle avait pris depuis leur union pour une nationalité.



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Lily Volpino10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
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Sujet: Re: Lily - Sad eyes .You can’t disguise sad eyes ( le Sam 14 Juil 2018 - 20:15 )
Un sourire pâle passe sur les lèvres de la brune à la réponse de son mari. Bien sûr qu'Enoch est trop fier pour admettre qu'il a passé une mauvaise nuit, quand bien même il aurait veillé jusqu'à voir la dernière étoile s'éteindre du ciel. Il l'est aussi bien trop pour verbaliser ses douleurs à qui que ce soit, si bien que parfois, elle plaint les médecins qui doivent le soigner. Kinésithérapeutes, infirmiers et autres ostéopathes se sont heurtés aux sautes d'humeur et à la fierté du Volpino. Koter sous son toit est devenu plus difficile, ces derniers mois ; Lily a bien trop de mal à le voir s'enfoncer comme il le fait. Elle crève d'envie de l'aider, de le soulager un peu, de retrouver l'homme qui a un jour eu l'audace de la demander en mariage pour la sauver de l'expulsion. Mais elle connait aussi suffisamment son époux, peu importe si leur union n'est pas basée sur l'amour, pour savoir qu'il ne ferait que la repousser si elle s'approchait un peu trop. Il lui semble bien loin le temps où ils fomentaient tous les deux jusque tard dans la nuit pour rendre leur histoire crédible. En même temps que le brun, c'est leur complicité qui a été mise à mal par ce terrible accident. Des coups de feu qu'elle croit entendre parfois encore, la nuit et qui la réveillent en sursaut, la peur au ventre. Elle ne peut s'empêcher d'anticiper ce moment où Enoch sortira de sa vie, d'une manière ou d'une autre. Et si ce n'est pas le destin qui se chargera de les séparer de manière atroce, c'est la fin annoncée de leur mariage qu'elle redoute. Il pense qu'elle chérit le moment où elle redeviendra autonome, d'autant plus qu'il se voit à présent comme une charge pour elle. La vérité, c'est qu'il est depuis bien trop longtemps dans sa vie pour que Lily s'imagine sans lui.

Qu'il ait des plans pour eux ce matin l'enchante. Elle aime bousculer ses habitudes, plus encore quand cela réjouit autant son mari. Elle sourit donc lorsqu'elle comprend qu'il souhaite garder le secret. Elle ne compte pas lui désobéir ou se perdre dans des discussions inutiles. La Syrienne ne voudrait pas risquer de gâcher le moment ou, pire encore, la dite surprise. Elle lui promet donc de se préparer, dès qu'elle aura réussi à lui faire avaler quelque chose. Convaincue qu'il se montrera aussi docile qu'elle, elle commence à explorer le contenu du réfrigérateur et des placards dans l'espoir d'ouvrir l'appétit d'Enoch. Elle fronce légèrement les sourcils à la réplique du brun, tiquant sur un mot en particulier : « Hâve ? » l'interroge-t-elle sur ce mot qui ne lui dit rien. Parfois, elle a honte de ne pas maitriser l'anglais après toutes ces années passées sur le territoire britannique. Alors, elle se renseigne dès qu'elle en a l'occasion, afin d'éviter l'embarras mais aussi parce qu'elle cherche toujours à utiliser le mot juste pour décrire ce qu'elle souhaite. Lily se souvient encore du jour où elle a rencontré la mère du Volpino, bien sûr peu enchantée à l'idée de leur mariage précipité. Suspicieuse, aussi, quant au choix de son fils : une immigrée, de confession musulmane qui plus est, et bien en-dessous de leur milieu social. La discussion avait rapidement viré à l'interrogatoire, frôlant l'humiliation pour Lily. Vous comptez avoir des enfants, bien entendu, mais vous ne leur parlerez pas arabe, n'est-ce pas ? ou encore Comment, vous ne savez pas ce qu'est un tachymètre ? Elle se souvient être rentrée furieuse et avoir bavé tout le mépris que cette femme lui inspirait tout en se félicitant de ne pas en pincer réellement pour son fils. Ses attaques l'auraient encore plus touchée si elle avait été amoureuse et envisageait bel et bien un avenir avec Enoch. Mais elle l'a tellement maudite, ce jour-là, qu'on a dû l'entendre jusqu'au Bengale. Et Enoch avait ri de la voir si remontée contre sa mère.

« Tu sais ce qu'on dit : le petit-déjeuner est le repas le plus important de la journée. » lui assène-t-elle finalement pour le convaincre. Elle n'a aucune envie de lui déballer tous les arguments qui devraient le convaincre d'avaler quelque chose d'autre que du café avant d'attaquer sa journée. Elle ne va pas lui dire ce que tout le personnel soignant lui a déjà dit des dizaines de fois : du temps, du repos et une bonne hygiène de vie, c'est seulement ainsi que vous pourrez espérer guérir. Enoch le sait, tout ça. Et il la connait aussi suffisamment pour savoir qu'il n'échappera pas à un repas bien trop copieux. Il s'avance donc jusqu'au comptoir où elle a étalé les victuailles, les observe, légèrement courbé sur sa canne, puis rend finalement son verdict. Lily sourit, satisfaite de l'avoir fait flancher. « Des pancakes, très bien. » Puis elle hoche la tête à ce qu'il ajoute et confirme : « Avec des bananes. Pas de pépites de chocolat ? » suggère-t-elle alors, désireuse de faire au mieux. Déjà, elle se hâte dans la cuisine pour réunir les ingrédients. Elle sort finalement un saladier en faïence corail et y verse de la farine à l'oeil, puis y ajoute un peu de sucre tout en parlant : « Je pourrais couper quelques fruits avec. Ou presser des oranges ? Elles sont délicieuses. » Elle en fait toujours bien trop, dès qu'on la laisse aux fourneaux, mais elle met toujours un point d'honneur à régaler ses convives. Depuis le temps, Enoch doit bien le savoir, qu'elle voit les choses en grand. Il s'inquiète tout de même de la voir cuisiner en période de jeûne et elle secoue aussitôt la tête, pour répondre en poursuivant sa pâte : « Oui. Mais ça ira, ne t'en fais pas. Je le faisais aussi pour...  » Elle bute légèrement, alors qu'elle réalise qu'elle allait parler de son fils et se corrige aussitôt : « Des invités. Encore plus depuis que je suis arrivée à Londres. » Sa religion ne l'a pas non plus empêchée de servir de l'alcool à des inconnus ou de fouler du pied les principes du mariage. D'autres raisons qui font qu'elle ne serait plus la bienvenue dans son pays natal, où elle n'entre plus dans le moule de la femme soumise et de la bonne mère de famille.

Lily secoue résolument la tête lorsqu'Enoch lui propose son aide. Elle pourrait lui donner une tâche simple à réaliser, bien entendu, comme couper la banane ou même faire la vaisselle. Peut-être qu'elle le lui aurait demandé, avant. « Tu sais bien que je n'aime pas avoir quelqu'un dans mes pattes quand je cuisine. » répond-t-elle simplement. « Et puis, j'ai presque fini la pâte. » ajoute-t-elle, avant de concéder: « Cela dit, j'aimerais bien un peu de musique, pas toi. Choisis-nous quelque chose. » propose-t-elle, désireuse de mettre un peu d'animation dans cette villa trop calme à son goût.
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Enoch VolpinoLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Re: Lily - Sad eyes .You can’t disguise sad eyes ( le Lun 30 Juil 2018 - 12:08 )
Un demi-sourire s’empare de ses traits bruts et fermés qui s'illuminent face à l’interrogation de son épouse. Pas vraiment moqueur ce mince sourire, peut-être un peu amusé, faut l’avouer mais Enoch ne s’est jamais  moqué ouvertement du vocabulaire de Lily parfois troué de mots qui lui échappent. La plupart du temps, il essaie d’envoyer valser une éducation stricte pour user que des mots utilisés dans la vie de tous les jours mais certains mots soutenus échappent à sa vigilance comme aujourd’hui. « Hâve : adjectif qualifiant quelqu’un de maigre et pâle » Récite-t-il comme un dictionnaire ambulant. Loin de lui l’envie de lui étaler sa science infuse et lui donner l’impression d’être bête. En temps normal, oui, le brun l’aurait fait en face d’une toute autre personne : prendre un ton hautain et mépriser son interlocuteur en lui balançant son intelligence à la figure. Mais ça n’est pas le cas, Enoch aime participer à l’enrichissement de son vocabulaire, lui servir à quelque chose quand l’épouser pour la sauver de l’expulsion ne lui semble pas suffisant. Il voudrait faire plus, toujours plus pour se faire pardonner de l’avoir enrôler dans une situation plus que dangereuse et qui lui a valu des cicatrices qui ne partiront plus jamais. Culpabilité qui habite encore sa chair, cherchant toujours une rédemption auprès de Lily. « Exactement ce que j’suis à l'heure actuelle. » Simple commentaire, peut-être un peu amer. L’homme sait qu’il a perdu beaucoup de poids depuis la fusillade, son corps a perdu en masse, n’a plus ses muscles saillants nés d'entrainements quotidiens, des entraînements qu’il n’est plus en mesure de suivre. Condamné à ne pouvoir que faire des exercices de souplesse et d’étirement pour rééduquer sa jambe folle et ménager son poumon en convalescence. Quelque part, il y a cette frustration qui ne cesse de gonfler et de former une boule dans sa gorge, l’étouffant. Ne plus pouvoir s’entraîner, ne plus pouvoir aller sur le terrain ou même à son travail. Il se sent emprisonné, captif de son propre corps qui part à la dérive. Sa tête acquiesce, le dernier argument de Madame Volpino venant le convaincre, même s’il était déjà convaincu. Puisque que le petit déjeuner est le repas le plus important, alors il le prendra. Pas une pas deux, la brune quitte les starting block et se met déjà à l’ouvrage, la commande à peine passée. Son enthousiasme fait plaisir à voir et Enoch n’en perd pas une miette et la contemple s’affairer, la cuisine prenant soudainement vie. « Des pépites de chocolat ? Je ne peux pas m’y refuser » Le chocolat, un péché mignon mais qui n’a plus de poids face aux aigreurs de sa vie. Sa volupté et sa douceur ne sait plus apaiser quoique ce soit mais le Volpino ne s’y refuse pas : du chocolat reste du chocolat. « Mais tu veux me gaver en faite ! Est-ce que ma femme me trouverait trop maigre à son goût ? » Des allures de plaisanterie dans sa voix, il taquine même si un fond de vérité s’y agrippe. Une recherche balancée dans l’air comme ça : comment le trouve-t-elle ? Maintenant qu’il a perdu sa superbe d’homme solide, maintenant qu’il n’a que des vestiges d’un pilier sur lequel elle pouvait s’appuyer. Avant. « T’embête pas, ça suffira comme ça. Je ne pourrais pas manger autant » Parce que si l’ancien agent mange plus qu'à leur arrivée, l'appétit ne lui est pas revenue complètement. Et dire qu’avant, il pouvait se finir deux plâtrées en un temps record. « Des invités… » Echo perroquet qui se perd dans la pièce. Fin observateur, l’homme remarque la galipette verbale pour rattraper un silence bancale, empêchant sûrement une vérité de surgir mais surgir d’où ? De son passé ? Aucune idée mais le Volpino soupçonne une vérité encore douloureuse et n’insiste pas plus. Dans son dos, profitant de sa grande taille la dépassant largement, Enoch pose une main sur sa tête, glissant ses doigts dans sa chevelure : geste gauche mais qui pourtant part d’une bonne intention, se voudrait presque tendre. Un geste qu’il ferait normalement en public pour attester leur union face au monde, feignant la tendresse d’un époux amoureux de sa femme. Le contact ne dure pas, l’homme prend la fuite immédiatement, comme rattrapé par ce geste qui a une tout autre portée dans leur intimité, rien de faux. « A vos ordres, Madame Volpino. Je traîne pas dans vos pattes et je vais vous mettre de la musique » Usant d’humour pour camoufler son trouble avant de disparaître dans le salon, le nez perdu sur la chaîne stéréo. Les titres des musiques ont beau défilé qu’il ne les lit même pas. Son doigt actionne au hasard une playlist, musique des années 80. Bon, parfait. « Ca te va ça ? » Qu’il crie du salon, n’osant pas retourner dans la cuisine. Pourtant son geste, Enoch ne le regrette pas. Il était peut-être incongru, irrespectueux pour Lily qui a toujours eu du mal avec les contacts qu’ils devaient avoir en public mais il ne regrette pas, il en avait envie. L’homme se surprend à avoir hâte de sortir tout à l’heure avec elle … Parce qu’il pourrait recommencer sans que ce soit déplacé. Un faux qui sonne juste.



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Sujet: Re: Lily - Sad eyes .You can’t disguise sad eyes ( le Lun 13 Aoû 2018 - 15:31 )
Lily fronce un peu les sourcils alors qu'elle enregistre la définition de ce nouveau mot, une mimique qui lui échappe lorsqu'elle se concentre. Les années aidant, elle a de plus en plus de facilité à parler Anglais, bien sûr, mais elle déteste se sentir limitée par son vocabulaire réduit. Elle aimerait aussi réussir à effacer cet accent traitre, qui attire bien trop de questions à son sujet. A la remarque suivante d'Enoch, la Syrienne secoue la tête et réplique, avec un sourire bienveillant : « Tu exagères. Tu as vraiment meilleure mine qu'à notre arrivée. » lui assure-t-elle sans détour. Elle lui a promis après tout l'honnêteté, en l'épousant et même si elle ne partage que son nom, la brune compte soutenir son mari autant que possible. Parfois, cela implique de prétendre ne pas l'entendre lorsqu'il passe une sale nuit, d'autres fois d'endurer ses sautes d'humeur. Les moments légers sont devenus rares, entre eux, mais que le Volpino puisse sourire et prétendre aller bien, même pour quelques minutes, la rassure. Peut-être que le pire est derrière lui ? Elle ne voudrait pas espérer trop vite, pour être déçue ensuite. En tout cas, Lily est bien décidée à profiter autant que possible de cette accalmie. « Va pour le chocolat. » Un nouveau sourire passe sur ses lèvres, alors qu'elle s'affaire toujours en cuisine, à la remarque amusée d'Enoch. Il est visiblement de bonne humeur aujourd'hui et elle ne compte pas le froisser. « Te gaver ? Je te prépare juste le petit-déjeuner... » répond-t-elle doucement, dans un haussement d'épaules innocent. Elle se risque à peine à le dévisager un instant, en passant à côté de lui pour récupérer une banane dans la corbeille à fruits. L'aurait-elle choisi comme époux, si elle l'avait pu ? La question lui parait tellement déplacée, et pas seulement parce qu'ils sont déjà liés par le mariage. Simplement, lorsqu'elle était jeune, elle n'a pu que prier de tomber sur un bon mari. Puis, plus tard, elle s'était promis de ne jamais se laisser piéger à nouveau de la sorte. Sauf que le destin en a décidé autrement. Mais la dynamique de son union avec le Volpino est bien différente de celle qu'elle a partagée avec Amir. Enoch l'encourage à être honnête, la pousse à se trouver, lui laisse une liberté que son premier mari a toujours cherché à étouffer. Lily se sent en paix, depuis qu'elle l'a épousé, et pas seulement parce qu'il l'a ainsi mise à l'abri d'une expulsion vers la Syrie. Elle le respecte notamment énormément pour ne jamais avoir essayé d'imposer ses désirs sur elle, comme ont pu le faire tant d'hommes avant lui. C'est sans doute pour cette raison qu'elle se sent autant en confiance avec lui. Pas suffisamment toutefois pour pouvoir mentionner son fils perdu et risquer de revivre les pires moments de sa vie. Alors, elle invente de petits mensonges pour rattraper la bourde qu'elle a manquée de faire. Elle n'a pas trop envie de s'y enfoncer, mais elle sent la suspicion de son époux et tente tout de même de noyer le poisson : « Tu sais, je n'étais pas totalement asociale, à Londres. » Comme si c'était le fait qu'elle ait pu recevoir quelqu'un dans son appartement en plein Ramadan, le problème, et pas l'hésitation qui a ponctué sa phrase. Mais Lily a appris bien assez tôt à jouer les ingénues pour échapper aux remontrances - un trait de caractère qui lui a valu au moins autant de coups que ceux dont il l'a sauvée.

Alors que la brune termine la pâte en y glissant quelques pépites de chocolat, Enoch fait un geste qui la surprend. Il s'est approché, dans son dos, et caresse du bout des doigts ses cheveux bouclés. Lily se surprend à se raidir un peu, mais pas par gêne ou appréhension, comme elle l'a fait tant de fois. Non, si son corps s'est figé de la sorte, c'est dans l'attente de plus. L'espace d'une seconde, elle s'imagine se laisser aller contre lui pour qu'il l'étreigne véritablement, qu'il inhale son odeur et s'en imprègne. Mais plus que son corps contre le sien, c'est de ses lèvres contre les siennes qu'elle a soif. Elle a tout juste le temps de les désirer qu'Enoch est déjà loin, la laissant seule avec une culpabilité fulgurante. Déjà qu'elle étouffe d'ordinaire ce genre de pensées, elle se sent d'autant plus fautive d'être surprise par de telles envies en plein jeûne. Son époux parti, elle s'autorise à lâcher un bref soupire et se reprend rapidement pour s'atteler à la cuisson des pancakes. La musique finit par retentir dans le salon et la voix du Volpino demande confirmation quant à son choix. « C'est très bien, merci. » s'exclame-t-elle à son tour. La playlist qu'il a choisie secoue un peu plus que ce qu'elle aurait choisi d'elle-même, mais les musiques lui rappellent quelques souvenirs et ont au moins le mérite de lui changer les idées. Elle oublie donc son moment d'égarement pour terminer de préparer le petit-déjeuner. Lily soigne la présentation des pancakes, se rappelant très bien pourquoi Enoch affectionne ce repas régressif. Elle doute que ceux qu'elle cuisine se rapprochent réellement de ceux que lui faisait son père, mais elle s'amuse tout de même à agencer les morceaux de banane comme dans ses souvenirs. Un moyen comme un autre de lui montrer son affection, sans doute. Ou de lui faire plaisir, au moins, en réveillant des émotions agréables. Lily s'est elle aussi retrouvée plus d'une fois plongée en enfance alors que l'émission dont raffolait sa mère passait à la télévision ou en retrouvant l'odeur du cigare que son père fumait parfois en soirée. Quand bien même ses parents l'ont mariée de force, le cœur de Lily se réchauffe à chaque fois lorsqu'elle subit ses retours en enfance. Quand elle était suffisamment naïve pour se croire à l'abri de tout le malheur du monde.

Perdue dans ses pensées, la Syrienne laisse son mari vaquer à ses occupations tandis qu'elle cuisine. S'il lui a obéi et ne traine effectivement pas dans ses pattes, Lily regrette sa présence. Elle aime leurs échanges, la complicité qu'ils ont su nouer avec le temps. Très rapidement, toutefois, le repas est prêt et elle dresse quelques pancakes sur une assiette, puis pose le sirop d'érable à côté. Elle n'a pas écouté son mari et lui a tout de même préparé un jus d'orange - peut-être bien qu'elle est décidée à le gaver, tout compte fait. Une fois satisfaite, elle l'appelle à table, puis s'assoit elle aussi un instant, à l'autre bout, en diagonale. Avec un peu d'appréhension, elle attend son verdict. Si elle prend plaisir à cuisiner pour lui et le laisse rarement prendre ce rôle (à part quelques fois, quand il insiste réellement pour leur préparer des spaghetti), Lily craint le jour où il n'aimera pas un des plats qu'elle aura mitonné. Il s'est surement déjà forcé, par le passé, à avaler et à prétendre apprécier un essai culinaire raté. Mais, tout de même, elle aimerait éviter d'avoir à le faire jouer la comédie, encore plus avec un de ses petit-déjeuners favoris. La brune ne dévisage pas son mari trop longtemps, pas plus qu'elle ne reste assise puisqu'elle se relève finalement pour nettoyer rapidement la cuisine. Elle s'interrompt toutefois lorsque la musique change et, avec un sourire amusé, elle lance : « Tu te rappelles, quand cette musique est passée à notre mariage... ? Ton cousin, je crois, avait tellement bu qu'il a commencé à enlever sa chemise sur la piste de danse. » Elle fronce un peu les sourcils alors qu'elle se remémore la soirée, qui a réservé quelques imprévus : « C'est pas lui aussi qui a cassé cette lanterne qui nous a coûté une fortune ? » Elle finit par hausser les épaules sans perdre son sourire. C'était une belle soirée. Après un bref silence, elle annonce finalement : « Si tu en veux encore, il reste des pancakes ici. Je vais me préparer, si ça te va... Tu as vraiment piqué ma curiosité, avec cette histoire de surprise. » s'excuse-t-elle, peu encline tout de même à abandonner Enoch s'il n'avait pas envie d'être seul.
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