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- Lily - Sad eyes .You can’t disguise sad eyes -

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Enoch VolpinoLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Lily - Sad eyes .You can’t disguise sad eyes ( le Sam 2 Juin - 10:37 )
L’eau froide ruisselle sur son corps fêlé. Un corps devenu brouillon avec toutes ces ratures qui le zèbrent. Ce corps qui ne répond plus comme avant, qui n’en fait qu’à sa tête. Rébellion qui le laisse sur le banc de touche. Les séances de kiné, de rééducation, au fond, à quoi servent-elles ? Lui faire perdre du temps. Lui vendre de l’espoir poisseux qui colle à son esprit, l’étouffe. Ses mains se posent contre la paroi de la douche, le jet d’eau froide venant embrasser son visage, mordre chaque parcelle de sa peau. Ressentir cette morsure revient à reprendre possession de son corps, à se donner un peu de contrôle. Il ressent Enoch : son sang qui s’active sous l’eau glacée, sa peau qui picote, le froid qui le ronge petit à petit. C’est ressentir des sensations et ça lui suffit à l’apaiser pour ce matin, à le rassurer : son corps n’est pas mort, n’est pas prison de chair dans laquelle il se retrouve captif impuissant. Des angoisses fantômes qu’il laisse dans un coin de sa tête, coupant l’eau avant de s’enrouler dans une serviette. Le reflet que le miroir lui renvoie en pleine figure est une caricature pathétique d’un homme qu’il n’accepte pas. Faiblesse dans la chair, dans ce poumon et ce genou étriqués, défaillants. Crachant son mépris à sa réverbération pitoyable, l’italo-britannique se coule dans un jean en s’appuyant contre le mur puis enfile un t-shirt froissé avant de s’extirper de la salle de bain pour se perdre dans l’immense cuisine. Le reste de la pièce est silencieuse, plongée dans les rayons encore faibles d’un soleil qui se lève timidement. Enoch tend l’oreille un instant, cherchant à savoir si son épouse chimérique est réveillée ou pas : le silence en toute réponse. Son regard se pose sur la gazinière et une moue dégoûtée déforme son visage avant que sa canne le pousse à faire un léger détour pour se planter devant la cafetière. A Londres, il en avait presque oublié sa haine farouche des gazinières et autre four lui rappelant l’acte ignoble de son père. Mais de retour à Naples, tout lui revenait en pleine figure comme une explosion qu’il ne savait ni ne pouvait éviter. Sa peur des flammes lui était revenue comme un héritage empoissonné de son géniteur. Le liquide brun coule dans sa tasse quand à l’étage, il entend le parquet grincer, lui racontant les pas de son épouse fabriquée de toute pièce. Son dégaine déglinguée se pose en bout de table, la tasse chaude entre les doigts. Il attend, le Volpino, il attend que Lily vient déranger sa solitude, l’envoyer au tapis par sa simple présence à laquelle il s’est habitué. A laquelle son existence fade a fini par s’y embraser. Une accoutumance dont il appréhende la fin en silence. Une clope se coince entre ses lèvres, n’ayant aucun scrupule à fumer en intérieur et ce n’est qu’au second bâton de nicotine que la présence de Lily vient se greffer à la sienne. Instinctivement, sa clope part mourir dans un cendrier de fortune. « Bonjour, Lily » Sa voix l’apostrophe alors qu’Enoch se redresse, canne en renfort pour ouvrir une fenêtre, aérer la pièce. « Comment ça va ce matin ? Bien dormi ? » Ce qui pourrait ressembler à de la parlotte sans aucun intérêt ne l’est pas vraiment. Enoch, ca l’intéresse bien entendu, se sent concerné par son bien-être, ses état d’âmes même s’il n’en donne pas souvent l’air mais ses intentions sont bonnes. L'ont toujours été, dans l’ombre. « T'as prévu quelque chose cette matinée ? » Question qui se pose pour la forme car des plans, il en a déjà esquissé pour eux cette matinée : se rendre dans un des refuges pour adopter un animal en besoin d'amour. Pour lui faire plaisir, pour lui arracher un sourire, même juste quelque minutes. « Si t'as prévu quoique ce soit, il faudra le reporter. J’ai des plans pour nous ce matin » Il lui laissait pas le choix au final et c’était Enoch tout craché de s’exprimer comme un couteau bien aiguisé mais pourtant ses intentions n’avaient qu’une seule motivation : lui faire plaisir. Lui redonner le sourire. Juste ça. Rien que ça. Handicapé de la communication qui sait pas le faire correctement. Son corps s’adosse au comptoir de la cuisine, sa main agrippant le pan du plan de travail, sa jambe droite se repliant pour éviter de prendre appui sur elle, l'épargnant une douleur qui ne se meurt jamais. « Nous quitterons la villa à 10h00. Ca te laisse du temps devant toi » Pour émerger, se préparer, faire ce dont elle a envie avant de devoir se taper sa présence pour les heures à venir. Après tout ce temps, Enoch ne sait pas bien encore si sa présence l'importune ou pas. Il espère que non. Il espère.

@Lily Volpino



Certains moments ont un goût d’éternité.

All of our frustrations on hold 'Cause you don't know the life that I know. You need love but I'm in my zone. I know, I know, I know, I know you deserve better. Someone that give you all the things that I could never. I'd love to be the one that stays with you forever © signature by anaëlle.
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Lily Volpino10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
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Sujet: Re: Lily - Sad eyes .You can’t disguise sad eyes ( le Dim 3 Juin - 19:17 )
Depuis quelques jours déjà, les jours sont rythmés par le jeûne et les prières quotidiennes. Lily a fait le Ramadan d'aussi loin qu'elle se souvienne ou du moins, chaque fois qu'elle l'a pu. Cette période de l'année a une importance toute particulière pour elle, et pas seulement pour sa foi. Durant ces trente jours, elle se sent plus proche de ses racines, de ses souvenirs. Ce sont les petites choses, les mots répétés au fil des années, les plats qu'elle prend plaisir à retrouver, qui lui réchauffent le cœur et l'apaisent. A nouveau, elle s'est donc levée avant l'aube pour prendre son premier, et seul repas avant la nuit. C'est aussi l'occasion, pour elle, d'apprécier les petites choses à côté desquelles on passe trop souvent : le calme de la villa, le chant des oiseaux, le lever du soleil. La vie à Naples est bien différente de celle qu'elle a connue à Londres, et elle se plait souvent à rechercher chacune de ces différences pour les apprécier. Malgré tout, elle n'a pas tardé à retourner se coucher pour ajouter quelques heures supplémentaires de sommeil au compteur. A son réveil, elle ne s'attarde pas au lit, préférant plutôt enfiler une robe de chambre par-dessus son pyjama pour descendre dans la cuisine. L'odeur du tabac lui fait anticiper la scène sur laquelle elle va tomber, en y arrivant : Enoch attablé, une cigarette à la main, et peut-être une ou deux autres écrasées dans un cendrier. Elle aimerait bien qu'il se passe de cette habitude, au moins le temps qu'il se remette au mieux de sa blessure au poumon, mais elle s'abstient de lui faire le moindre commentaire.

Lorsqu'elle arrive, il écrase de toute façon la cigarette et ouvre la fenêtre pour aérer la pièce. « Bonjour. » le salue-t-elle à son tour en le suivant du regard. « Oui, j'ai bien dormi, merci. Et toi ? » Comme chaque fois, elle tente de le sonder avant qu'il ne réponde. C'est assez facile, ces temps-ci, de déterminer s'il souffre ou non et Lily a appris à s'attarder sur sa démarche ou d'éventuelles grimaces plutôt qu'à croire les mots de son mari. C'est qu'il a du mal à admettre que ça ne va pas. En un sens, cela la rassure qu'ils se trouvent à Naples plutôt qu'à Londres : il aurait été capable de chercher à retourner travailler, quitte à s'épuiser. Lorsqu'il cherche à savoir si elle a prévu quoi que ce soit de la matinée, Lily hausse simplement les épaules : « Pas vraiment, non. Pourquoi ? » Le matin, elle aime bien se rendre généralement au marché, elle fait aussi un détour vers la mer, avant que la chaleur ne soit trop oppressante. Mais Enoch l'intrigue, avec ses plans et elle sourit en lui demandant : « Ah oui ? Quoi comme plans ? » Elle l'observe se déplacer jusqu'au comptoir, puis ménager sa jambe droite en évitant soigneusement d'y prendre appui. Quand elle l'a connu, elle le croyait invincible et c'est en partie pour cela qu'elle a accepté de lui faire confiance. Puis qu'elle a placé son destin entre ses mains en l'épousant plus tard. Aujourd'hui, Enoch n'est plus que l'ombre de lui-même, et elle devine que ses blessures sont plus profondes que ce que les médecins ont à dire. L'avoir pratiquement perdu, le voir dériver sans pouvoir rien faire : tout cela affecte la brune. « Très bien. Je serai prête. » se contente-t-elle de répondre, sachant parfaitement qu'il serait vain de discuter l'horaire de départ ou de vouloir en savoir plus sur les plans de son mari s'il tient à les garder secrets. A la place, elle préfère plutôt prendre le contrôle là où elle peut en lui demandant, sur un ton doux, mais ferme : « En attendant, assieds-toi. Tu dois manger. » Et elle espère bien ne pas avoir à se battre pour qu'il avale un petit-déjeuner. Elle ouvre le frigo sans attendre et sort peu à peu les aliments pour les poser sur la table. « Qu'est-ce que tu veux manger ? Je vais cuisiner pour toi. » Il n'a de toute façon pas vraiment le choix. D'autant qu'en un an et demi de mariage, c'est une habitude qu'elle a instauré entre eux : elle prend plaisir à préparer la nourriture, quand bien même elle ne la partagerait pas avec lui, comme ce matin. S'il voulait même un simple bol de céréales ou des toasts, elle mettrait un point d'honneur à le servir elle-même. Elle espère tout de même qu'il opte pour quelque chose de plus consistant, d'autant que cela leur offrirait un peu plus de temps ensemble.
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