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- Vera - Home is where I want to be -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Bord de la Tyrrhénienne :: Posillipo :: Résidences
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Enoch VolpinoLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Vera - Home is where I want to be ( le Ven 8 Juin 2018 - 10:53 )
Le quotidien se posait à Naples. Enoch retrouvait des repères, des marques oubliant celles de Londres. L’homme se creuse une routine banale mais qui a eu du mal à s’installer. Parce que Naples, ça faisait bien 20 ans qu’il n’y avait pas mis les pieds. Parce que Naples représentait beaucoup. C’était l’écrin de ses plus beaux souvenirs mais aussi le théâtre d’un drame qui a implosé sa vie. Son cœur aussi d’une certaine façon. Un deuil qui lui a sauté à la figure et qu’il n’a jamais réellement pu apaiser même avec les années. Le suicide de son père qu’il condamne toujours, les victimes de cet acte pour lesquelles il culpabilise comme s’il était le coupable. Il l’est en quelque sorte, le Volpino, parce qu’il en porte le nom en toute lettres sanglantes. Malgré ses retrouvailles avec son pays d’enfance, ce pays fui avec véhémence, Enoch a vécu un peu reclus dans sa maison, ne sortant que de temps à autres. Surtout pour accompagner Lily dans les artères de Naples. Allant avec elle à quelque endroit où de bons souvenirs d’enfance s’y étaient greffés. Le brun avait fait un retour tout en discrétion, ne l’annonçant pas à ceux qu’il avait laissé, abandonné derrière lui car son retour n’était pas sûrement une nouvelle réjouissante pour ceux qu’il l’avait rayé de sa vie insensiblement. Il avait ses raisons et même si parfois, des remords lui tordent le cœur, Enoch assume. Enoch garde la tête droite, ne montrant rien. Pourtant, aujourd’hui, il y a bien un endroit où l’italo-britannique se rend, sa canne en bout de bras, prêt à embrasser un pan de son passé. Le meilleur comme le triste. Sa cousine, Vera qui avait souffert avec lui de la perte de Winston. A l’époque, ils formaient un trio infernal et enchaînaient les conneries et les cent coups pour le plus grand malheur des adultes qui étaient en charge d’eux. Parce que le Volpino ne fait jamais rien correctement. Parce que l’homme n’a que l’insolence en tout ligne de conduite, sa canne se lève pour se fendre sur un carreau qui se brise. Sa main se glisse pour en défaire le verrou afin de laisser sa carcasse pénétrer la demeure plongée dans le silence et le jour mourant. Sa cousine ne semble pas être présente et c’est bien pour cela qu’il est là. Pourquoi faire les choses correctement quand on peut les faire à l’envers ? L’alarme de la villa résonne dans tout l’habitacle, révelant une présence intrusive et lui casse les oreilles. Quelque minutes s’écoulent avant que l’éclopé trouve le boîtier contrôlant la sécurité de la villa. Ses doigts tentent un code à 6 chiffres : la date de son anniversaire, celui de Winston puis celui de Vera. Et c’est bingo. L’alarme s’arrête de crier et plonge la villa dans le silence le plus calme comme si de rien n’était. Comme chez lui, le Volpino ouvre le frigo et commence à se faire des tartines, pas le moindre gêné de s’introduire chez sa cousine de cette manière. Plateau sur les genoux, les pieds posés sur la table basse, Enoch mange ses tartines laissant ses miettes épouser le canapé comme un gamin qui s'entête à manger comme un cochon. Derrière lui, ses oreilles captent le son d’une clé qui se tourne dans le verrou de la porte d’entrée quand en face de lui, deux policiers s’aperçoivent de sa présence, passant leurs regards au carreau brisé et la baie vitré ouverte à sa dégaine qui ne suinte pas d’innocence. « Bonsoir, messieurs. Vous avez bien mis 8 minutes et 45 secondes à intervenir. Niveau efficacité, c’est à revoir » Les deux policiers n’apprécient pas sa remarque et le lui demandent de se redresser, les mains en l’air. « Vous avez peur que je vous agresse avec une tartine ? » Néanmoins, l’homme se relève avec peine et se maintient debout, une main sur sa canne. Son visage se détourne de quelque degrés, juste pour apercevoir sa cousine qui se tient derrière lui. « Salut, Verrue. Bienvenue à la maison » Un sourire narquois se glisse sur ses lèvres, s’amusant de la situation et du vieux surnom qu'il lui donnait mais son regard, lui, se remplit de tendresse en se posant sur sa chère et tendre cousine. « Je suis de retour » Face à la belle jeune femme qu’elle est devenue, Enoch ne peut s’empêcher de voir la gamine que Winston et lui ne pouvaient s’empêcher d’enquiquiner comme il le fait encore ce soir. De la surprotéger aussi mais ça, il a manqué à son rôle ces dernières années, la mettant à l’écart de sa vie tout en sachant que ce n’était pas la bonne décision. La bonne chose à faire. Fuir, c'est tout ce qu'il sait faire, après tout.

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Vera VenezzioLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Re: Vera - Home is where I want to be ( le Lun 16 Juil 2018 - 22:16 )
Les dernières notes sortirent de sa gorge puis le silence l’enlaça. Dans l’immense théâtre : il n’y avait que quelques personnes dont un metteur en scène qu’elle connaît bien puisque c’est lui qui lui a donné son premier rôle. A la sortie du conservatoire, il avait été le premier à la sortir de l’ombre pour la jeter sous les feux des projecteurs : poussant dès lors sa carrière à un avenir radieux. Elle n’avait pas brûlé les étapes : loin de là. Enchaînant les spectacles et les mises en scène diverses des plus grands classiques des Opéras internationaux : Vera se sait chanceuse pourtant elle sait qu’en face d’elle pour le rôle il y a une personne plus jeune. Une demoiselle peut-être plus à même de donner la voix à Eurydice dans une interprétation du mythe d’Orphée. La cantatrice avait le mal de la scène : même si un peu de repos n’était pas de refus après avoir enchaîné deux gros rôles ces derniers mois. Winston bientôt en vacances : elle allait devoir s’occuper un peu de son fils mit de côté le reste de l’année. Pourtant, il semblait que c’était hier qu’ils partageaient tous les deux un petit-déjeuner sous le soleil Anglais chez de la famille qui n’en a rien à faire d’eux. Qui les laisse dans leur bulle car la complicité est toujours aux rendez-vous avec son fils. Winston ressemblait à son oncle, il avait tout prix de sa mère sauf ses deux yeux clairs qu’il a hérités de son père. Le lourdeur des souvenirs pesait souvent sur le cœur de la belle Italienne : bien trop nostalgique des étés passés en compagnie de son aîné et d’Enoch. D’une mauvaise influence : embarquant l’enfant qu’elle a été dans mille et une péripéties marquant au fer rouge une enfant pourtant stricte et sévères. Tant de choses avaient changé depuis cette époque…
Vera avait depuis ce temps d’or comme une girouette malmenée par le vent : toujours incapable de tenir un cap tout tracé.
De retour dans sa loge temporaire : elle se changea et vaporisa un peu de son parfum dans ses cheveux qu’elle attacha en une longue queue de cheval pour tenter de ne pas souffrir de la chaleur de Naples. Dehors, les lunettes de soleil sur son nez : elle sortit son téléphone. Pas de messages. Pas un appel. Ce qui était bon signe non ? Pas vraiment. Le beau temps et le mois de juin lui rappelaient amèrement que le trio qu’ils avaient formé avec son cousin et son frère ne vivraient plus un seul été. Quotidiennement au retour des beaux jours cette évidence la frappait de plein fouet. Le silence d’Enoch était quelque chose de lourd pour Vera qui avait arrêté de lui envoyer des messages. S’il voulait lui parler : il savait où la trouver. Voilà ce qu’elle se répétait alors qu’un trou se creusait petit à petit dans son grand cœur. Avec l’absence d’Alessio : elle se retrouvait seule. Un long soupire traversa ses lèvres alors qu’elle rangea son smartphone pour sortir de l’enceinte du complexe. Dans les rues de Naples, elle prit le temps de regarder les moindres détails de cette ville dont elle pensait connaître tous les recoins. En passant devant le musée d’Archéologie : elle s’arrêta et sourit en repensant au concert qu’elle avait donné pour commémorer le 200ème anniversaire du bâtiment. Quand son portable sonna, elle sortit de ses pensées : on venait de rentrer par effraction chez elle.

Immédiatement, elle appela la police tout en faisant signe à un taxi. S’engouffrant dans le véhicule, elle donna rapidement son adresse : le cœur battant à cent à l’heure. Elle arrive en même temps que les forces de l’ordre et donne sa clé en restant en retrait, elle paya le taxi avant de suivre les deux hommes armés. Il ne faut pas longtemps avant de reconnaître la voix.

« Tu as toujours su soigner tes entrées mais ... Il ne faut pas pousser mémé dans les cactus, Nochnoch ! Tu sais que j'aime les surprises mais tu aurais pu m’appeler. Je n'ai pas changé de numéro tu sais ? » Souffla-t-elle gardant cependant un air amusé.

Vera posa son sac et enleva ses lunettes de soleil. Elle s’excusa platement aux deux policiers et leur promit de punir cet enfant ingrat. Une fois sortit, la porte refermée, elle retourna près de son cousin : jetant ses talons aiguilles dans le salon sans aucune retenue.

« Tu n’as vraiment pas changé. » Elle s’approcha finalement de lui pour le prendre dans ses bras et nicher sa tête dans son cou. Elle était au bord des larmes Vera. Parce que son cousin lu avait manqué. « T’étais où par tous les Saints hein ? » L’envie de jurer était forte, mais en bonne chrétienne elle se retenait. « J’étais inquiète… Même tantie n’avait pas de tes nouvelles ! » Elle avala difficilement sa salive. « Je l’ai déjà perdu LUI. Il est hors de question que je te perde toi aussi ! Je serais allée te chercher en enfer. »

En grandissant, elle avait toujours vu Enoch et Winston comme Castor et Pollux. S’il n’était pas vraiment jumeau : ils l’étaient à ses yeux. S’ils avaient été amoureux de la même femme : le mythe aurait pu revivre. L’un qui semblait immortel et à l’épreuve des balles ; l’autre mortel qui n’a pas survécu à un tragique accident.


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Enoch VolpinoLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Re: Vera - Home is where I want to be ( le Sam 11 Aoû 2018 - 11:17 )
Un sourire narquois reste planté sur ses lèvres, pendant un instant, l’espièglerie de sa jeunesse s’empare de ses iris. Prennent la teinte qui brillait il y’a des années de cela, lorsque le trio infernale s’évertuait à rendre fou les adultes à des kilomètres à la ronde. Quand Winston et Vera formaient un tout qui tenait à eux seuls d’un bout à l’autre, son monde tout entier. Winston disparu, son père explosé, c’est tout un monde qui a basculé. Château de cartes qui s’écroule, ne laissant que des débris derrière lui. Puis des souvenirs qui viennent réchauffer le cœur en manque d’émotion, en constante quarantaine. Retrouver Vera, c’est retrouver un monde dont il avait claqué la porte comme un gamin capricieux ou comme un homme incapable de porter à bout de bras ses propres fissures. L’ignorance a quelque chose de séduisant : la fuite encore plus. « Tu sais bien que je n’aime pas faire les choses comme il faut. Le téléphone, ça me saoule » Enoch, homme peu loquasse, pire encore par téléphone interposé. C’est celui qui oublie toujours son portable à la maison, qui ne prend pas la peine de rappeler ou de répondre à ses sms, du moins, quand il daigne les lire. Tenir la distance par des nouvelles par ci par là n’est pas son grand fort, la communication tout court n’est pas son domaine. Alors, oui, entrer par effraction chez sa cousine pour annoncer son retour semble un peu tiré par les cheveux, surtout pour les deux policiers qui prennent congé mais c’est une chose ordinaire et normale pour le Volpino. Pour Winston, il aurait fait pire sûrement. « Enfant ingrat … comment t’y vas fort ! » Mais c’est en soi ce qui le décrit peut-être au mieux. Capricieux de la vie qui a toujours voulu faire comme bon lui semble. Ne jamais suivre les dictas de la société, ne jamais rien faire de ce qu’on attend de lui sauf au travail. « Ah bon ? Tu trouves ? » Parce que, lui, trouve qu’il a énormément changé, peut-être un peu trop, il suffit de voir la canne qui l’aide à se maintenir debout. « Pas la peine de chercher à me flatter, je ne partagerai pas mes tartines avec toi » Alors qu’il s’est servi dans son frigo, que les tartines, justement, ne lui appartiennent pas. Comme il s’y attendait et à quoi il ne pourrait pas échapper, sa cousine l’attrape dans ses bras, niche sa tête dans son cou. Même sans avoir à mirer son visage, l’homme devine des larmes qui lui montent aux yeux et passe son bras libre autour de sa taille. « Planqué en Angleterre, en mission ci et là » Explication vague quand Vera mériterait plus d’information, le Volpino en est parfaitement conscient mais a du mal à expliquer sa soudaine fuite suivie d’un silence radio aussi injuste qu’incompréhensible. « Je sais » Murmure à peine inaudible, une culpabilité en latence : celle de n’avoir donner aucune nouvelle que ce soit à sa cousine ou à sa propre tante soulevant sûrement nombreuses inquiétudes chez les figures féminines de sa enfance. « Rassure-toi, Vera, même l’Enfer ne veut pas de moi. » Enoch était mort quelque minute à tout casser et même la mort l’avait rejeté. Sûrement avait-il encore trop de chose à faire avant de s’en aller. Pas son heure sûrement. Au fond, peut-être aurait-il préféré rejoindre Winston et empêcher les morts de reposer en paix. « Tu ne me perdras pas » Une promesse qu’il ne peut tenir dans l’absolu mais sur l’instant, le Volpino y croit. S’il n’avait pas su mourir d’une fusillade, qu’est ce qui le tuerait ? Hein ? Le brun se défait de sa cousine de quelque centimètre juste pour pouvoir l’observer, mirer la belle jeune femme qu’elle est devenue. « Toi par contre, tu as changé. Est-ce des rides que je vois au coin de tes yeux ? » Taquin un jour, taquin toujours. « Laisse-moi m’asseoir veux-tu » Raille-t-il en faisant de son mieux pour ne pas grimacer de douleur avant de poser son digne postérieur sur le canapé, étirant sa jambe douloureuse. « Comment tu vas ? » Comme si de rien n’était, comme s’il n’était jamais parti et qu’ils s’étaient vu la semaine passée.



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Sujet: Re: Vera - Home is where I want to be ( le Lun 13 Aoû 2018 - 23:18 )
Et pendant quelques secondes : Vera à l’impression d’avoir fait un bond dans le temps. Elle se croit être de retour à ce temps court mais insouciant où ils courraient tous les trois dans le domaine de leur famille ; elle entend presque leurs rires aquilins qui raisonnaient dans la forêt. Où étaient ces goûters sous les pommiers ; les longues heures à regarder les nuages et deviner à quoi ils ressemblaient ? Où sont les chamailleries ; les bagarres qui ont fait d’elle une personne un peu plus forte : assez pour survivre à des années d’humiliations et de coups. Rapidement, ce ne sont plus des souvenirs, mais des questions : où était Enoch quand elle avait besoin de lui ? Avait-il eu besoin d’elle ? Chaque question en créait deux autres : faisant rapidement une immense liste : probablement bien trop longue pour pouvoir la dire en entière.

« Non, c’est pour ça que je garde une cicatrice sur le mollet. Tu m’avais juré que l’échelle était sûre et je suis passée au travers : le morceau de bois qui s’est planté dans ma jambe à laisser une trace encore bien visible. »

Elle sourit, évidemment qu’elle souriait. Enoch était là. En chair et en os dans son salon. Vera avait remarqué l’appareil respiratoire et sa canne : qu’importe. Il était en vie et rien que pour ça elle remercia Dieu. Raccompagnant les forces de l’ordre en s’excusant mille fois, elle referma rapidement la porte pour revenir auprès de son cousin : s’attendant presque à ce que tout ceci ne soit que le fruit de son imagination. Mais non, il était bel et bien encore là.

« Si je me souviens bien, ce n’est pas moi qui ait utilisé ce mot en premier hm ? C’était Winston qui l’utilisait pour me sermonner et encore je ne faisais rien d’aussi terrible que d’entrée pas effraction chez quelqu’un. »

Une boutade. Elle s’en moquait bien de ce carreau : Enoch était là. Plus rien ne comptait. Il pouvait lui chier dans les bottes qu’elle ne dirait rien. Il est le dernier membre de sa famille qu’elle aime. Alors oui il avait changé, mais il resterait toujours son cher et tendre cousin. La cantatrice ne tente cependant pas de s’expliquer. Au lieu de cela, elle s’approcha vivement de lui pour le serrer contre elle : ne pouvant résister plus longtemps à cet appel.

« Je te ferai mille et une tartines si ça veut dire que tu restes à mes côtés. » Dit-elle le plus sincèrement du monde. Il n’y aurait rien de trop beau pour lui.

Plusieurs fois, elle avala sa salive pour tenter de contenir les larmes dans sa gorge. Elle ne devrait pas pleurer : ce n’était pas comme ça qu’on accueillait une personne disparu depuis des années de sa vie.

« De tous les pays, tu as pris l’Angleterre ? T’es vraiment bien trop anglais mon pauvre. T’aurais pu choisir le climat chaud de Naples. » À croire que la dureté de la réalité ne pouvait pas encore atteindre ses retrouvailles. Elle ne voulait pas rester sérieuse. Elle voulait, même si cela était quelques minutes, redevenir celle qu’elle avait été brièvement durant son enfance. « On n’a jamais eut d’autres choix que de se battre hein ? » Vera aurait probablement mis fin à ses jours à la mort de son frère si la vie ne grandissait pas en elle à cette époque. Mais ça… Enoch ne le savait pas. Personne ne le savait à dire vrai. Pas même Alessio. « Ne me dis pas ça : si je commence à être vieille je ne pourrai plus faire mon travail. » Elle renifla pour chasser les dernières larmes qui stagnaient dans la gorge : « Ca doit être des rides de sagesses si jamais rides il y a. » Cela était mieux que des rides de vieillesse.

Les années n’avaient pas fait de cadeaux à ces deux cousins. Elle hocha la tête et s’éloigna pour le laisser s’installer. Elle le regarda, encore abasourdie par cette surprise. Qui aurait cru qu’elle le reverrait un jour ? Vera s’attendait depuis longtemps maintenant à recevoir la terrible nouvelle de son décès. A sa question, elle eut un sourire en coin. Une risette triste.

« Je ne saurai même pas où commencer pour répondre correctement à cette question. Laisse-moi faire un café ok ? » Puis elle s’éclipsa pour préparer deux tasses. Elle réapparut quelques minutes plus tard et posa celle d’Enoch sur un dessous de verre à côtés des tartines. Gardant la sienne dans ses mains, elle s’installa dans le fauteuil devant lui. « Je vais… Bien je suppose ? Comme une femme de trente-quatre ans, mère d’un petit garçon de douze ans maintenant. » Elle regarda Enoch : « Tu sais que j’ai retrouvé celui qui a reçu le cœur de Winston ? Nous sommes devenus ami même. » Elle sourit tristement : « Il en prend soin. » Elle ressentait le besoin de lui dire. Parce que cela l’avait aidé, parce qu’elle était rassurée de savoir que la mort de son n’avait pas été vaine.

Elle prit une gorgée de son café, continuant de fixer son cousin comme si ce dernier allait disparaître : « J’ai une vie banale tu sais… Pour sûr que père est fier de moi. » Après trente-quatre ans, il était temps. Même si ce n'était pas un compliment ou une bonne chose à ses yeux. « Mais j’ai l’impression que tu n’as pas eue une vie aussi "reposante"… » Elle pointa du menton sa jambe. Il portait des stygmates encore, elle n'avait preque plus aucune marque des coups et des blessures reçues de son mariage : « Tu sais que tu n’es pas obligée de me répondre mais… Tu vas mieux ? Qu’est-ce qui s’est passé ? »


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Sujet: Re: Vera - Home is where I want to be ( le )
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- Vera - Home is where I want to be -
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