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- { MONSIEUR L'IMPATIENT } Juste ton regard. -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Bord de la Tyrrhénienne :: Posillipo :: Résidences
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Anabela LaranjeiraLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: { MONSIEUR L'IMPATIENT } Juste ton regard. ( le Ven 22 Juin 2018 - 17:16 )
Monsieur l'impatient
Juste ton regard.
Le jour se lève avec lenteur alors que mes prunelles sont emplies de larmes. Ma baie-vitrée est ouverte, et j'assiste au lever du jour. Le tableau est magnifique, n'importe qui serait ébahi devant ce spectacle, mais ce n'est plus mon cas. Voir le soleil se lever au-dessus de l'eau ne m'intéresse plus. C'est presque devenu banal, pour ne pas dire que cela n'a plus d'intérêt à mon sens. Je dois lutter contre une douleur qui m'accable depuis le décès de mon amie sous mes yeux, alors tout ce qui rend magique une journée est devenue fade, sans goût, inintéressant de mon point de vue. J'ai fait le choix d'affronter cette épreuve seule, comme toujours, lorsque cela me touche de trop près. Le fait est qu'avec le temps qui passe, je me rends compte que je ne parviendrais pas à m'en tirer si je décide de refuser toutes les mains que l'on me tend. J'ai peur, je suis effrayée à l'idée de ne pas pouvoir m'en sortir avec toute l'aide possible et inimaginable. Je ne veux pas alerter ma famille, je ne veux pas les rendre malheureux. J'ai suffisamment inquiété mes proches lorsque je suis tombée dans la dépression alors que je vivais à Lisbonne, puis, je suis incapable de rejoindre le Portugal, cela me ferait bien trop mal au cœur de m'y rendre en sachant que plus rien ne sera pareil. Je ne supporterais pas d'y retourner en tant que femme divorcé, incapable d'avoir des enfants, avec une carrière qui s'essouffle. Je pensais que m'en aller m'aiderait, que j'irais mieux, mais je me suis bercée d'illusions. À présent je suis seule contre le reste du monde et parfois, je me dis que j'aimerais disparaître tout simplement.

La journée passe alors que je reste installer sous le drap de mon lit, le regard perdu au-delà de tout. J'ai besoin de boire. Il faut que je trouve de l'alcool, il faut que je m'en procure. D'habitude, je sors assez tard pour qu'on ne me remarque pas puisqu'il y a foule, seulement, je crois que je vais devoir m'en aller plutôt aujourd'hui. Je soupire alors que je décide de me lever, n'étant vêtu que d'une culotte en dentelle blanche. Je rejoins la salle de bain rapidement, me sentant sale alors que je laisse l'eau couler le temps d'ôter le seul tissu présent sur mon corps. Sans me demander si l'eau est brûlante ou au contraire trop froide, je me place sous le jet. Soit je ne ressens rien, soit je souffre énormément. Le contraste est violent, il coupe le souffle, mais je vis avec depuis plus de deux mois maintenant. Je sais que je ne tiendrais pas la route encore longtemps, seulement, je ne sais pas demander de l'aide, puis ne pas m'en sortir en essayant de combattre ce qui m'accable me mettrait à terre, cela m'achèverait. Alors que je me laisse glisser contre la paroi de la douche, je termine ma course lorsque je touche le sol. J'enroule mes bras autour de mes jambes, cachant mon visage avant de me laisser pleurer, de nouveau en silence. Après un certain laps de temps, j'ai le courage de me redresser pour me laver rapidement, avant de ressortir, rejoignant ma chambre sans la moindre serviette. C'est préparé après un laps de temps assez long que je quitte ma villa, verrouillant ma porte. J'ai appelé un taxi afin de rejoindre les bars du centre lorsque je l'aperçois. Son regard transperce le mien alors que je me sens soudainement happer, mais je ne peux pas me le permettre, je ne peux pas me perdre à nouveau dans ses yeux. Je décide de le fuir, courant presque lorsque le taxi s'arrête. Je ne veux pas regarder en arrière, je ne dois pas le faire, sans doute parce que je me jetterais à corps perdu, sans filet, sans prendre le temps d'y réfléchir à deux fois.

Lorsque je pénètre le bar, il commence à y avoir du monde. Comme toujours, je m'assois sur l'un des tabourets, où l'on sert l'alcool et je commande immédiatement un whisky sans glace. Lorsque le serveur me dit qu'il revient, je trouve cela étrange, parce qu'il y a de cet alcool derrière le bar. Je me pince les lèvres, une ridule prenant place sur mon front. Lorsque le propriétaire du bar émerge, je comprends immédiatement qu'il va me passer un savon, seulement, je ne trouve pas le courage de me lever pour m'en aller. « Anabela. Il faut qu'on parle. » Je le fixe, le regard empli de colère, il n'est pas mon père, même si je le connais depuis toujours. « Hors de question. » Je lui aboie dessus alors que l'on nous regarde et sans se faire prier, il m'attrape par le bras. C'est sans ménagement qu'il me fait rejoindre son bureau, avant de relâcher sa prise lorsqu'il a claqué la porte. « Ça ne peut pas continuer ainsi Ana. Tu ne peux pas venir te saouler tous les soirs. Je te préviens tout de suite, j'ai demandé à tous les bars du coin de ne pas te servir de l'alcool. Je sais que tu vas me hurler dessus, mais je ne reviendrais pas sur ma décision. Tu te fais du mal, tu dois voir... » Je ne le laisse pas continuer, lui donnant une gifle alors que mon regard se brouille, je commence à pleurer. « T'es personne. T'es ni mon père, ni qui que ce soit pour moi. Alors laisse-moi passer. » Je suis en rage, je désire le blesser, je veux qu'il est mal autant que moi à cet instant, mais cela ne me soulage pas, au contraire. « Je te ramène chez toi. » Je suis contre, je lui frappe le bras, le fait est que je n'ai aucune force puisque je suis épuisée psychologiquement. Il me fait monter dans sa voiture alors que l'on nous regarde, mais je m'en moque. Plus rien ne compte, plus rien n'a d'importance.

Le trajet du retour à la villa se fait en silence. Je pleure, les bras croisés alors que je fais mine de regarder par la fenêtre. Je ne sais pas ce que je vais faire, où je vais devoir me rendre pour boire afin de perdre connaissance ensuite. Je devrais sans doute me rendre dans un magasin qui vend des bouteilles, je me moque que le vin soit bon ou non, ce qui compte c'est l'effet d'anesthésiant, pour taire cette douleur qui me ronge de l'intérieur. Lorsqu'il ralentit, j'ouvre déjà la portière. « ANA ! » Il hurle, inquiet sans aucun doute, mais je m'en moque. « Fiche-moi la paix. » Je lui réponds, mon regard empli d'une tristesse abyssale, rejoignant la villa. Je ne lui jette plus aucun regard, je veux l'oublier, je veux qu'il me laisse tranquille, je ne veux pas de son aide. Je refuse sa main tendu, tout en sachant qu'il agit de cette façon pour mon bien. Une fois devant ma porte, je fouille dans mon sac à main à la recherche de mes clefs, seulement, j'ai la sensation que l'on me regarde. Tournant la tête, je croise à nouveau ce regard pénétrant. Nous vivons non loin l'un de l'autre et pourtant, nous ne nous sommes pas croisés depuis le soir de la fusillade où il a pris le temps de rester près de moi, où il est resté à mes côtés le temps que les secours me prennent en charge. C'est en essuyant une larme que je me défais de son regard, avant de réussir à ouvrir la porte, fuyant à l'intérieur de l'immense bâtisse. Je me rends rapidement à la cuisine afin de trouver de l'alcool, ouvrant tous les placards, faisant tomber leur contenu. Je commence à paniquer lorsque je termine à genoux pour ouvrir les portes du plan de travail lorsque j'ai à nouveau la sensation que l'on me fixe, que je ne suis plus seule dans ma cuisine. Je n'ose pas regarder derrière moi, je ne veux pas croiser à nouveau son regard, je refuse de me raccrocher à lui tout simplement.
Pando


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Dernière édition par Anabela Laranjeira le Jeu 30 Aoû 2018 - 1:49, édité 3 fois
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Francesco Spinoza10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
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Sujet: Re: { MONSIEUR L'IMPATIENT } Juste ton regard. ( le Ven 22 Juin 2018 - 19:02 )
Juste ton regard
Si la vie était belle? Elle l'était. Francesco revenait d'un splendide meeting aérien où il avait encore pu faire quelques connaissances dans le milieu de l'aéronautique. Les mains posées sur le volant de sa splendide Maserati, il conduisait de manière calme et tranquille, apaisé par cette journée qui avait en fait plus que bien commencé. Levé tôt, avant même le soleil, il avait passé un peu de temps dans son garage, à consulter ses mails et à gérer ses actions en bourses. Doué, il avait pu en retirer encore quelques millions en vendant quelques actions à l'autre bout du monde au moment où il sentait qu'un marché financier allait s'écrouler alors qu'il était arrivé à son plein potentiel. Il se trouvait toujours quelques idiots pour acheter quelque chose qu'il pensait rentable et qui ne l'était pas. Le "tigre" avait encore démontré ses étonnantes capacités dans le commerce et dans la bourse. Pas étonnant que ses comptes soient pleins si il maniait son argent aussi bien. Il n'était pas un génie, simplement un être intelligent capable de lâcher prise lorsqu'il le fallait. Habillé de son splendide costume bleu, parfaitement taillé pour lui, il resplendissait. Il était parti tôt ce matin pour son entreprise qui tournait à plein régime, l'été arrivant enfin. C'était le temps pour les hélicoptères de s'envoler, c'était le temps pour lui de conclure quelques affaires intéressantes. Et il avait suivi le balai de ces appareils qui s'envolaient l'un après l'autre, prenant des directions différentes. Il avait contemplé cela une tasse de café à la main, d'un air satisfait autant que mélancolique, conscient que lui ne volerait pas aujourd'hui. Trop de dossiers étaient en attente. Le nord, Le sud, l'est autant que l'Ouest était à porté de ses appareils, et il avait sut se faire une clientèle aux quatre coins de l'Italie, de la Sicile à la Lombardie, en passant par la Romagne, ou encore les Pouilles et la Vénétie, il avait su dénicher des contrats aussi intéressants que rentables.

La journée avait suivi son cours avec un meeting aérien à l'aéroport qui avait vu les grandes marques de la construction aéronautique s'affronter dans le ciel napolitain. Mais déjà le grand PDG avait laissé son choix sur les hélicoptères européens qui rivalisaient tant dans leur design que dans leurs compétences. Il avait cependant apprécié de voir autant de monde, pour certaines personnes, il les connaissait, et il n'avait pas eu à faire de présentations, mais pour d'autres, il avait dû mémoriser des noms, jouer de son regard et de sourire charmeur, de son art oratoire sans faille avant de conclure de nouvelles alliances. Il avait quitté ce meeting satisfait donc. Puis il était passé voir Antonio qui désirait lui parler. Il était donc en route pour la villa de son ami. Lorsqu'il se gara devant, il nota que la voiture de son ami était garé, il était donc sorti lui aussi. Francesco sonna à sa porte et Antonio l'accueillit, déjà habillé bien que l'on soit en début de mâtinée. Antonio le fait rentrer, il a une mine un peu grave. Francesco prends place dans un fauteuil de son ami.
- Alors qu'est-ce qu'il y a, on dirait que tu vas à un enterrement là? Son ami esquisse un petit sourire avant de s'asseoir à son tour, sans lui proposer d'alcool.
- Non, ne t'inquiètes pas. Tu as des nouvelles d'Ana? La question est directe et son ami ne tourne pas autour du pot. C'est étrange, mais si Francesco le note dans un coin de sa tête, il ne fait aucune remarque.
- Anabela? Non... Pas depuis la fusillade en centre-ville j'en ai peur.
- Il paraît qu'elle va mal... Tu t'es pas aperçu d'un truc?
-Antonio, réponds Francesco légèrement agacé, J'ai pas le temps de surveiller tout le monde moi, et je suis pas le genre de types à regarder par delà la haie de mon jardin pour surveiller mes voisins... Enfin, voisines en ce qui me concerne.
- Tu pourrais pas un peu faire attention aux autres de temps à autres? demande un Antonio visiblement sur les nerfs.
- Toi t'as passé une mauvaise journée... Enfin du moins le peu qu'on en a déjà passé. Et ensuite... Mais bon sang, qu'est-ce que ça peut te foutre?!!
- Vous vous connaissiez non?
- Et là, on a eu une petite aventure, peut-être, mais rien de méchant. Elle vit sa vie, moi j'fais la mienne. On s'arrête là. Et je pense que je me lève plus tôt qu'elle.
- Si elle ne dort pas la nuit, pas étonnant qu'elle le fasse en journée.
- Bon, qu'est-ce qui te mine le moral comme ça, ce n'est pas elle, si? Son ami lui tendit alors son portable. S'y trouvait une photo de la blonde, qui avait l'air sacrément bourrée. Mais Francesco fût surtout étonné de constater qu'elle était plutôt maigre. Pourtant elle ne manquait de rien... Du moins en terme d'argent.
- Tu la suis maintenant? s'enquit-il.
- Non, c'est un ami qui l'a croisé l'autre soir.
- Et merde... Fit Francesco. Il comprenait à présent. La jeune femme restait certes séduisante, mais elle avait perdu du poids. Sans le moindre mal. Et visiblement, sa situation n'était pas la meilleure, à se bourrer comme ça... Il faudrait faire attention qu'elle ne devienne pas alcoolique. Francesco rendit son portable à Antonio.
- Je dois partir pour Milan. Affaire urgente. Tu gardes un oeil sur elle pour moi s'il te plaît. Francesco mit ses mains sur les hanches et secoua la tête. Il n'arrivait pas à croire qu'il allait le faire.
- Bon, ça va, j'irais zieuter si elle va bien.
L'autre le remercia et après quelques informations échangés et quelques formules de politesses, ils se quittèrent. Francesco était néanmoins plus tourmenté qu'il ne voulait l'admettre. Il n'avait pas pensé que cela ait atteint pareil ampleur...

La Maserati rentra dans l'allée de la villa en trombe. Francesco regarda la maison de sa voisine. Rien ne bougeait. Il verrouilla sa belle bleue et rentra chez lui. Il monta jusqu'à son bureau, prit son ordinateur portable et s'installa alors que le calme du matin régnait encore dans le quartier. Il regardait de temps à autre la villa de sa voisine sans rien y voir bouger. Au bout de quelques minutes cependant, il entendit la porte d'entrée s'ouvrir. Elle sortait, c'était bon signe déjà si elle sortait s'aérer l'esprit, non? Il la regarda. Elle croisa son regard mais l'évita, fuyante. Il comprit qu'elle ne sortait pas pour s'aérer l'esprit. Il la regarda. Elle avait bien maigri depuis leur dernière rencontre. il n'avait pas fait attention à elle. Il allait devoir le faire désormais.
- Tony?!! Appela-t-il alors que la blonde montait hâtivement dans un taxi. Son majordome fit irruption.
- Monsieur?
- Regarde mon emploi du temps, annule tous mes rendez-vous, même ceux de cet après-midi.
- Tous?
- Oui. Il va me falloir du temps.
- Bien monsieur. Et il s'éclipsa laissant Francesco seul. Ce-dernier retourna travailler un peu, passa quelques coups de fil. Il n'eut pas à attendre longtemps pour voir uen autre scène avoir lieu, toujours avec Ana. Depuis sa splendide terrasse, il ne manqua rien. Elle sortit de la voiture, visiblement énervée, parla à celui qui l'avait reconduit, et elle claqua la portière avant de retourner chez elle. Elle lui adressa un regard, elle le vit, cette fois il en fût certain, mais il ne détourna en rien le regard. Au moment où elle rentrait chez elle, il franchissait le seuil de sa terrasse, prenant son téléphone, passa devant le miroir et se regarda un instant. Un Jean slim, une chemise décontractée, il était relativement présentable. Il sortit de chez lui, ne prit pas la peine de prendre sa voiture puisqu'il se rendait à la maison juste à côté.

La porte d'entrée n'était pas fermée à clef, il rentra. Il ne prit pas le temps d'admirer l'architecture du lieu, ni même la décoration, se contentant plutôt de tendre l'oreille. Il se dirigea donc grâce à son ouïe. Il entendait le bruit des placards que l'on vidait dans la cuisine. Il se dirigea donc dans cette direction, et lorsqu'il arriva, elle était à genou, cherchant désespérément quelque chose. Francesco contemple la jeune femme, visiblement désespéré. Elle s'arrête, et il sent qu'elle n'ose pas lui faire face. Il ne sait pas quoi dire, autant gêné par la situation que surpris par le comportement de la blonde.
- Je suppose que tu n'en a parlé à personne? Fait-il alors. Elle ne réponds rien. Il a soudainement pitié pour elle. Non pas qu'elle lui fasse honte, mais parce qu'il ressent toute sa tristesse. Il s'avance dans la cuisine juste derrière elle, ne sachant que trop faire. Finalement, il la contourne et s’assoit par terre, contre un meuble, se mettant à la même hauteur qu'elle. Mais plutôt que de la fusiller du regard, il se contente de regarder les placards qu'elle a ouvert.
- Si tu cherchais des œufs pour une omelette, pas besoin de mettre la cuisine dans cet état, je t'en aurais apporté. Il sait que ce n'est pas les oeufs qu'elle cherchait, mais il préfère jouer ses cartes prudemment, ne sachant trop quelle réaction elle aura. Tu m'expliques? Fait-il alors. J'ai tout mon temps, et moi je suis pas ton chauffeur, donc inutile de me dire de te foutre la paix, tu peux courir, crois-moi. Il la détaille et attends qu'elle veuille bien lui répondre. La belle blonde avait sombré. sans que lui ne s'en rende compte. Il l'avait vu de temps à autres, mais sans y faire attention. Et la phrase de Antonio résonnait dans son crâne. "Tu pourrais pas faire attention aux autres de temps en temps?" Francesco s'apercevait qu'il avait loupé pas mal de choses... Son quotidien, son argent, ses affaires, et dans tout ça... Dans tout ça, adieu les relations humaines. L'autre pouvait crever, sa voisine pouvait mourir d'une crise d'alcoolémie qu'il ne s'en apercevrait pas. Il avait soudainement légèrement honte.     

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Anabela LaranjeiraLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Re: { MONSIEUR L'IMPATIENT } Juste ton regard. ( le Mar 26 Juin 2018 - 13:34 )
Monsieur l'impatient
Juste ton regard.
Je ne sais pas ce qui est le plus difficile à supporter. La souffrance qui me hante depuis la fusillade ou la culpabilité. Je sais pertinemment que si je parle de tout cela à une tierce personne comme à un ami où à un professionnel, ils essayeraient de me persuader que cela n'est pas arrivé par ma faute. Ils ajouteraient que je ne pouvais pas prévoir ce qu'il s'est produit, le fait est que je devais m'asseoir sur cette maudite chaise. C'était moi qui devais prendre la balle et insister en me rabâchant que je n'y suis pour rien ne m'aidera pas, au contraire. Plus on me dit que je n'y suis pour rien, plus je me sens coupable et en colère, non pas contre eux, bien qu'un tout petit peu quand même, mais surtout envers moi-même. Personne ne peut comprendre ce que je ressens, personne ne peut comprendre pourquoi je suis dans un pareil état. Bien sûr, d'autres personnes présentes sur les lieux ont dû vivre quelque chose de similaire, seulement, j'étais déjà fragilisé et je n'arrive plus à faire semblant, je n'arrive plus à vivre sans ressentir cette peine immense, mais surtout cette douleur qui ne veut pas se dissiper malgré les mois passés. On pourrait dire que deux mois, c'est peu dans une vie, mais ce n'est pas mon avis. Alors que je pousse un soupire et que je suis désespérée, je ferme un instant les yeux et je sombre dans mes souvenirs.

* * *

« Anabela ! » Je perçois la frayeur présente dans la voix de mon époux, alors que je suis dans un très mauvais état. Je ne réalise pas tout ce qui se passe autour de moi, le fait est que je risque de perdre connaissance. La raison ? Ma médication. J'ai pris plus de cachets qu'il ne le fallait et à présent, je suis sur l'un des canapés, luttant afin de ne pas fermer les yeux, puisque c'est ce que me répète mon époux. « Anabela, je t'en prie, garde les yeux ouverts. S'il te plaît chérie. » Des trémolos sont présents dans sa voix, je les perçois, il semble avoir la gorge nouée, ce qui doit être normal au vu de la situation dans laquelle on se trouve. « Ana, je t'en prie, ne me laisse pas. Ne m'abandonne pas. » Je n'entends plus qu'un murmure, alors que j'aperçois une dernière fois son visage, et je sombre. Lorsque je rouvre les yeux, j'ai du mal à me familiariser avec les néons de la pièce dans laquelle je me trouve. La bouche pâteuse, je tente vainement de m'asseoir, mais cela se révèle compliquer. C'est lorsque je sens une main serrer l'une des miennes que je tourne la tête et que je le vois. Mon époux a les yeux bouffis, inutile de faire une grande école pour comprendre qu'il a pleuré. Il est inquiet, ainsi que malheureux et je suppose qu'il doit souffrir par ce qu'il s'est produit. Essayant d'articuler des mots, je constate que son regard est empli de larmes. Je presse sa main comme pour le rassurer, mais je ne pense pas y parvenir, après tout, il a dû avoir une sacrée frayeur. « Chéri... » Je commence à prononcer, quand un médecin fait son apparition. Lorsque l'on m'explique que je suis dans un endroit spécialisé, je commence à perdre pied, je panique. Je ne veux pas me reposer dans un hôpital psychiatrique, c'est hors de question. Seulement, à cet instant, je ne sais pas que mon avis ne compte pas, ou plutôt ne compte plus.

* * *

Alors que je pousse un soupire, je ne veux pas affronter le regard de monsieur Francesco sans Totti. Essuyant rapidement une larme, je l'écoute sans réagir. Cela fait deux mois que la fusillade s'est produite et je ne l'ai pas revu depuis, malgré que nos villas soient voisines. Je me demande la raison de son apparition alors que je réfléchis tout en continuant à vider mes placards. Lors de l'anniversaire de notre ami en commun, nous nous sommes rapproché lui et moi. Le fait est que c'était le premier homme à me faire de nouveau vibrer, mais aujourd'hui, cela ne compte plus. Il me dit qu'il suppose que je n'ai pas parlé de ma détresse à qui que ce soit, j'ai presque envie de l'applaudir à cette constatation, mais je ne le fais pas. J'ai envie de lui répondre sèchement qu'il ne faut pas faire une grande école pour s'en rendre compte, mais je garde cette réflexion pour moi. Alors que je réfléchis toujours, je comprends qu'Antonio a dû lui dire que j'allais mal, que je m'étais amaigrie et peut-être a-t-il ajouté que je ne l'ai pas accueillie de la meilleure des façons lorsqu'il m'a rendu visite à de nombreuses reprises. Poussant un soupire, je me mords la lèvre alors que je ne sais pas ce que fait mon cher voisin dans mon dos. Je n'ai toujours pas osé croiser son regard, parce que je suppose qu'il a pitié de moi et qu'il n'est pas ici parce qu'il s'est inquiété, mais plutôt parce qu'on lui a demandé de passer me voir. De ce fait, je préfère ne pas ouvrir la bouche, parce que je pourrais être blessante et que je ne suis pas ainsi en temps normal. Le fait est qu'il doit se sentir obliger d'être ici, du coup, je pousse un soupire avant de lui répondre finalement, tout en continuant de balancer tout ce qui se trouve sur mon chemin. « Tu n'es pas obligé de rester ici. Tu peux aller dire à Antonio que je t'ai renvoyé chez toi. » Je n'ajoute rien de plus lorsque je réalise que ce placard est à présent vide lui aussi. Me pinçant les lèvres, je me demande où je pourrais trouver des bouteilles. Réfléchissant, je me rends compte que je tremble lorsque je pose mon regard sur mes mains. J'ai besoin de boire, c'est très claire. Alors qu'il commence à me taper sur le système et qu'il use d'humour si je puis dire ainsi en me parlant d'œufs, je reste stoïque. Je sais qu'il ne veut pas être ici, et cela me met en rogne, sans doute parce que je ne désire pas son aide, ni même l'aide de qui que ce soit. Faisant volte-face, je le fixe, mes prunelles injectées de sang tant j'ai pleuré, tant j'arrive à peu dormir si je ne prends pas une cuite afin de retrouver les bras de Morphée. « Tu étais beaucoup plus charmant lorsque j'étais bourrée. » Je me veux abjecte afin qu'il me laisse tranquille, bien que je me doute que ce n'est pas un homme qui abandonne facilement. « Tu n'as pas de petites copines à aller voir par hasard ? Si tu veux réellement te rendre utile, fouille donc dans d'autres placards ou va chez toi et ramène moi une bouteille. » Mon regard est sombre, empli de rage et de souffrance, ainsi, il sait dans quel état je me trouve. Quand il me fait comprendre qu'il a entendu ce qu'il s'est passé avant qu'il ne prenne la décision de venir chez moi, je secoue la tête, furieuse. « Tu n'as pas d'autres choses à faire que d'écouter ce que je dis à une personne que tu ne connais sans doute pas ? » Je sens que je suis au bord des larmes, prête à craquer à n'importe quel moment. Peu désireuse qu'il me voit en larmes, je tente vainement de me redresser alors que je sens mes jambes cotonneuses, et que je sais que mes pas seront bien loin d'être assuré.
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Sujet: Re: { MONSIEUR L'IMPATIENT } Juste ton regard. ( le Ven 29 Juin 2018 - 10:41 )
Juste ton regard
Voir la jeune femme dans un tel état mettait à mal Francesco. Même si il tentait de le cacher. Il ne le disait pas. Mais elle avait une telle beauté, qu'il ignorait comment elle avait pu sombrer, ou plutôt, si, il comprenait, mais n'aurait jamais pensé qu'elle sombre aussi rapidement. Comme chacun, elle devait avoir son passé, sans doute. Si Antonio lui avait demandé de garder un oeil sur son amie, le jeune Spinoza comprenait pourquoi désormais. Antonio avait eu du nez. Mais maintenant, c'était à Francesco de faire quelque chose. Enfin, d'essayer de faire quelque chose plutôt. Parce que rien ne garantissait qu'il y parviendrait, même si il allait tout faire pour. Il avait pris place non loin de la blonde, histoire de ne pas mettre de distance entre eux, il s'était mis à la même hauteur qu'elle, pour ne pas se donner un air supérieur. Il avait lui aussi perdu un ami ce jour-là. Mais il s'en était remis... Du moins en parti. Et puis peut-être n'y avait-il pas entre eux autant d'affection qu'elle avait pu en avoir avec celle qu'elle avait perdu. Il comprenait que ce soit difficile. Il comprenait également qu'elle tente de trouver une sortie de secours, et que ce soit l'alcool ne l'étonnait que peu. Mais il ne pensait pas qu'elle atteindrait ce stade. Il la regardait. Il regardait ses cheveux, restés encore soyeux et beaux malgré tout, et si il ne voyait pas son visage, il le devinait au travers de sa belle crinière blonde. Finalement, elle continue de chercher sa bouteille, et, par la même occasion, de tout balancer en dehors du meuble. La cuisine va vite devenir un endroit bordélique si ça continue. Elle rétorque alors qu'il n'est pas obligé de rester là et qu'il aura qu'à dire à Antonio qu'elle la renvoyé chez lui. En soit, l'idée est assez tentante... Mais pas assez pour le faire lâcher prise. Il y a quelques heures en arrière, peut-être qu'il aurait répondu par la positive et se serait tiré, mais là, c'est hors de question.

Alors qu'elle ne trouve rien, qu'elle ne trouve pas l'alcool tant désiré et qu'au fond de lui il remercie le destin d'avoir retiré toute bouteille de ses placards, il la voit soudainement tourner son regard vers lui. Il la regarde, ne fléchit pas devant elle. Il est surpris par ce regard, par ces yeux qui, autrefois si beau, étaient désormais injecté de sang sous la poids de la fatigue et peut-être des nombreuses cuites qu'elle devait enchaîner à longueur de soirées. Et elle eut tôt fait de se montrer un peu plus méchante qu'il ne l'aurait penser, mais au fond, il savait que ce n'était que pour qu'il la laisse tranquille. Elle argua qu'il était beaucoup plus charmant lorsqu'elle était bourrée. Cette fois, il rétorqua du tac au tac:
- Et toi tu étais largement plus séduisante quand tu n'étais pas bourrée! la phrase était sorti comme ça, et il ne la regrettait pas. Elle lui demanda alors si il n'avait pas de petites copines à aller voir. Il manqua de répliquer mais pour le coup, il préféra tenir sa langue. Elle continuait en déclarant que si il voulait se rendre utile, il n'avait qu'à fouiller dans d'autres placards ou aller chez lui et ramener une bouteille. Il ne répondit pas, mais il était clair que ni il ne raménerait d'alcool, ni il l'aiderait à parvenir à cette fin. Il note dans son regard toute sa rage et toute sa colère, mais plutôt que de le mettre sur la défensive, il est attristé pour elle. Il ne déclare rien non plus alors qu'elle demande si il n'a rien d'autres à faire que d'écouter ce qu'elle raconte aux autres... Des autres qu'il ne connait sans doute pas. Elle tente de se redresser, mais elle n'est guère assurée sur ses jambes. Il se redresse et lui prends le poignet et l'attire vers lui afin qu'elle ne se dirige pas vers un autre placard.

- C'est bon?! T'as fini? Demande-t-il sur un ton sec. Antonio est un ami, d'accord, alors arrête de dire que je ne le connais pas. Ouais, je le connais peut-être pas autant que toi, mais ça je m'en moque... Ce qui m'importe c'est toi là! Rugit-il. Tu as vu dans quel état tu es? Et arrête de dire que ce ne sont pas mes affaires... Je m'en contrefiche. Fait-il. Il relâche son poignet alors qu'il n'est qu'à un souffle de la blonde qui l'avait séduite il y a quelques temps au bord d'une plage. Elle avait bien changé. Lui aussi peut-être, mais tant pis. il se passe une main dans les cheveux, lui tourne le dos et évite de marcher sur les diverses choses renversés dans la cuisine. Il ne sait pas quoi dire et va se poser sur le plan de travail juste en face, lui tournant toujours le dos avant de se retourner et de dire. Tu veux quoi Ana? Hein? Que je te dise que ce que tu fais est justifié? Que je te laisse comme ça, sombrer un peu plus dans la folie? Il s'approche d'elle à nouveau pour reprendre. Tu as perdu du poids,je sais même pas si tu prends le temps de manger, et bien sûr tu ne veux voir personne, pas même un psy. Non, ça elle s'y refuse, trop fier peut-être. Mais il comprend soudainement, elle lutte seule. Elle a toujours fait ainsi, et c'est la raison pour laquelle elle sombre aujourd'hui: Parce que aujourd'hui, l'épreuve était trop haute, trop dure, trop forte pour qu'elle puisse la surmonter. Tu veux pas voir un psy? Fait-il alors. D'accord. Ben je vais pas te forcer, mais pour la bouteille d'alcool tu peux courir. Et moi je vais te filer un coup de main que tu le veuilles ou non. D'un mouvement adroit de ses pieds, en bon footballeur, il projette un paquet de pâtes comme si il allait lober la jeune femme. Il le rattrape juste à temps avec une main. Va prendre une douche, moi je fais le repas. Fait-il alors sur un ton autoritaire qui ne souffre d'aucune réponse. Il se tourne alors, se saisit d'une casserole et la remplit d'eau. Il prends un torchon tombé à terre, le passe sur son épaule et met l'eau à bouillir avant de se diriger vers le frigo. Il fait comme chez lui et il s'en moque. Il se tourne vers elle.
- Oui, je fais comme chez moi. Va prendre une douche Ana s'il te plait. Cela te rafraîchiras un peu l'esprit. Et fais attention à toi. Le ton est devenu plus doux. Il ne voulait pas se montrer aussi dur, mais... C'est que cette blonde lui fait du souci décidément. Alors qu'il se tourne pour sortir deux oeufs du frigo et qu'il trouve une coupelle renversée sur le sol, il ne peut s'empêcher de réfléchir. Il n'avait rien vu. Egoïste oui... Peut-être. Il allait falloir qu'il change... Un peu... Beaucoup oui. L'oreille tendue, il fait attention qu'elle suive ses recommandations et qu'elle obéisse... Pour une fois. 

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Sujet: Re: { MONSIEUR L'IMPATIENT } Juste ton regard. ( le Ven 6 Juil 2018 - 3:39 )
Monsieur l'impatient
Juste ton regard.
Francesco sans Totti ne peut pas me comprendre, du moins, je crois. Le fait est que je me rappelle qu'il est venu près de moi alors que je ne prononçais plus le moindre mot et que j'étais comme figée par ce qui s'était déroulé sous mes yeux. Il a peut-être perdu un proche, seulement, il fait parti de ses personnes qui continuent à avancer même quand il leur arrive une tuile. Malheureusement, je ne suis pas faite comme lui. Lorsqu'une personne me cache des choses, lorsque je me rends compte que l'on me ment, cela m'atteint et j'ai du mal à m'en remettre, j'ai du mal à avancer. Je me dis que je préférais réagir de la même façon que lui, seulement, je suis bien trop sensible et je prends les choses beaucoup trop à cœur. Toutefois, je me pose tout de même une question. Souffre-t-il au fond de lui ou est-ce qu'il se blinde afin de continuer à avancer ? Le fait est qu'à cet instant, je réalise qu'il n'y aura plus jamais rien entre lui et moi. J'ai rapidement été charmé par cet homme, notamment grâce à son humour, mais nous sommes beaucoup trop différents. Il y a tout un monde qui nous sépare, ce que je trouve dommage, mais je ne peux pas y faire grand-chose. Du coup, je baisse les bras. Ce soir-là, lors de notre rencontre, je l'idéalisais, mais au final, il est comme tout le monde. Il est humain et il a de nombreuses qualités, mais également des défauts. Évidemment, j'en ai moi aussi, mais le fait est qu'il y a beaucoup trop de choses qui creusent un immense fossé entre nous.

Je soupire alors que je ne trouve aucune bouteille. J'ai beau fouillé la cuisine en long et en large, il n'y en a plus aucune. Je me demande si c'est parce que je les ai toutes vidées ou alors si quelqu'un est venu faire le ménage à la villa. Le fait est que je me sens mal, que la douleur qui m'habite prend davantage d'ampleur et qu'il faut absolument que je boive de l'alcool afin de l'anesthésier. Je suis au bord des larmes quand je m'en prends à Francesco. Après tout ce que je viens de lui dire, il décide de rester. Monsieur le beau brun ne semble pas décider à me laisser seule, ce que je ne comprends pas. Il ne daigne me répondre qu'une seule fois, quand je lui ai dit qu'il était bien plus séduisant lorsque j'étais bourrée. Il a une sacrée répartie, c'est du tac au tac comme on dit et cela ne me surprend pas. Seulement, je voudrais qu'il soit en colère, qu'il me réponde avec méchanceté. Je voudrais qu'il me dise que je ne mérite aucune aide, j'ai besoin que l'on me dise à quel point je suis détestable, mais cela n'arrive pas. Francesco préfère garder le silence, même lorsque je lui dis d'aller me chercher une bouteille ou encore de me laisser tranquille. A-t-il pitié de moi ? Pense-t-il faire une bonne action ? Je n'en ai aucune idée, puis je m'en moque au final.

Alors que je peine à me redresser, Francesco se trouve déjà à mes côtés quand il m'attire vers lui en me prenant par le poignet. Les yeux mouillés, je le fixe, mon regard empli de souffrance ainsi que de colère. Un rictus déforme mon visage alors qu'il perd finalement son calme. Il hausse le ton en parlant d'Antonio, puis il termine par me dire que c'est moi qui l'importe à cet instant. La colère qui gronde en moi en prend un sacré coup, mais malgré tout, malgré son élan de gentillesse et d'inquiétude, je veux le repousser, je veux qu'il me haïsse parce que j'en ai irrémédiablement besoin. Je veux qu'il comprenne ma douleur, je désire qu'il intègre que tout est de ma faute. Mon amie devrait être en vie et je devrais être en train de me faire grignoter par les vers. Des larmes commencent à rouler sur mes joues alors qu'il rugit, tant il semble affecter par la situation. Je n'en essuie aucune, puisque je soutiens son regard, il doit comprendre que je n'en vaux pas la peine. Quand il relâche enfin mon poignet, j'ai une soudaine envie de hurler, mais je reste silencieuse. Je ne pipe aucun mot alors que je reste statique et que Francesco s'éloigne de moi. J'ai la sensation de voir un lion en cage quand finalement, il reprend. J'ai l'impression que ce n'est pas l'homme que j'ai rencontré lors de cette soirée d'anniversaire. Il me montre une autre facette de lui, plus écorchée vive, alors que je n'aurais jamais imaginé qu'il pouvait être atteint par quoi que ce soit. Le fait est qu'il semble me porter un réel intérêt, ce que je refuse catégoriquement. Je ne veux pas de son aide, ni l'aide de qui que ce soit d'autre. J'ai toujours réglé mes plus gros problèmes seule et cela ne risque pas de changer.

Quand il me demande si je ne veux pas voir un psy, il connaît déjà la réponse ; c'est NON. Alors que je croise les bras et que je soutiens toujours son regard, je rugis. « NON. Je refuse de voir un psy Francesco. Je refuse également ton aide si tu ne l'as toujours pas compris ! » Pourquoi reste-t-il ? Pourquoi est-ce qu'il reprend en me disant qu'il va me donner un coup de main afin d'aller mieux ? Je ne comprends pas ses intentions, puis surtout, je m'en contre-fiche, je suis bien trop en colère contre moi même. « Je n'ai pas besoin de toi pour m'apporter de l'alcool. Je te signale que tu ne peux pas être H 24 à mes côtés, à me surveiller. Puis, je suis certaine de pouvoir trouver des personnes qui pourront m'en ramener. » Ce qui est vrai. Sa villa à beau se trouver jusqu'à côté de celle de ma famille, il ne peut pas cesser de vivre pour moi, cela serait totalement stupide, puis surtout ça ne servirait à rien. Alors que je suis prête à lui répondre une nouvelle fois, mon souffle se coupe. Je pensais recevoir le paquet de pâtes qu'il a fait valser sous mes yeux en plein visage, mais il le rattrape in extremis. Après cela, il me demande d'aller prendre une douche, c'est presque un ordre. Je ne prononce plus le moindre mot, je suis encore sous le choc.

Alors que je tente de recouvrer mes esprits, je le vois s'affairer dans la cuisine. Il compte préparer le repas, puis il fait comme s'il était chez lui. Cet homme me semble à l'aise partout, mais une fois encore, je ne suis pas surprise. Quand il reprend la parole en me faisant comprendre qu'il ne me laissera pas ce soir, il essaye tout de même de se montrer plus « doux », du moins dans le ton, mais aussi dans les paroles puisqu'il prononce un « sil te plaît ». Interdite, j'entrouvre la bouche alors que je n'ai toujours pas fait le moindre pas. Quand il termine en me disant de faire attention à moi, ça en est trop. Je quitte la cuisine sans lui accorder le moindre regard et puis, je fais volte-face. « Ne pense pas que je vais te remercier ou que je vais accepter ton aide et ta présence pour je ne sais combien de temps. » Mon ton est dur, tout comme le regard que je lui porte. « Il va falloir que tu intègres rapidement que je ne veux pas t'avoir dans les pattes. » Sur ces derniers mots, je me dirige d'un pas décidé jusqu'à ma chambre. Claquant la porte derrière moi, je prends un oreiller et je crie à travers lui, délivrant ainsi une partie de la souffrance qui m'accable. Je reste un moment ainsi, quand j'émerge dans la salle de bain et que je fais couler l'eau. Je ne suis pas encore prête à prendre une douche alors, je préfère m'asseoir sur le carrelage durant quelques minutes, afin d'essayer de retrouver un semblant de calme et de contrôle.
Pando


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'Cause all that we are All that we're made of Is big, big love Big, big love And all that we have All that we're made of Is big, big love Big, big love That's all that we are
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Dernière édition par Anabela Laranjeira le Jeu 30 Aoû 2018 - 2:00, édité 1 fois
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Sujet: Re: { MONSIEUR L'IMPATIENT } Juste ton regard. ( le Lun 9 Juil 2018 - 11:14 )
Juste ton regard
Il était dur, son regard, froid même. Elle ne voulait ni de lui, ni de son aide. Têtue, elle l'était, dure, encore plus en cet instant. Mais avec son caractère bien trempé, Francesco savait qu'il tiendrait le coup. De plus, il savait que sous cette carapace de colère, il savait que sous ces airs durs, elle cachait une immense souffrance. Vivre là, à côté d'elle, sans jamais s'en être aperçu lui faisait quelque chose. Comme une petite voix dans sa tête qui lui criait qu'il n'était qu'un égoïste et que n'importe qui d'autres s'en serait aperçu avant, mais lui... Lui il n'était pas les autres. Alors Merde. Il était peut-être en retard, avait loupé un wagon sur le train de départ, peut-être, mais il tentait de se rattraper. Que Antonio se fasse du souci était une chose, qu'il demande à l'un de ses amis d'aller voir de ses yeux ce qu'il en était en était une autre bien différente qui prouvait du problème qui se faisait jour. Elle n'avait trouvé aucune bouteille, et elle soupira d'insatisfaction face à cette quête non aboutie alors qu'il s'en réjouissait de son côté. Il valait mieux que cela soit ainsi. Plus il la regardait, plus il constatait à quel point elle avait changé, physiquement. La belle femme s'était affinée au point de devenir maigre, trop maigre à son goût. Elle restait encore belle, certes, mais elle avait perdu de son élégance.

Alors qu'elle s'était relevé, Francesco avait suivi le mouvement, ne pouvant pas s'empêcher de répliquer face aux dires de la blonde qui avait le don de vouloir s'attirer toute sa haine. Pourtant, il ne céda pas, même si il usa d'une voix forte et qu'il haussa le ton. Sa haine, il ne la redirigerait pas contre la jeune femme, hors de question. Anabela avait bien trop de problèmes pour en rajouter, or, lorsqu'on lui tendait la main, elle refusait pertinemment cette main amicale, tendue pour l'aider, et elle préférait, au lieu de ça, se débrouiller seule, se murer dans sa souffrance, sans accepter l'aide de qui que ce soit. Une solution comme une autre, peu efficace pour elle au vu des résultats récents. Francesco décida donc de prendre les choses en main. Il allait lui filer un coup de main, qu'elle le veuille ou non. Elle réplique, elle rugis, véritable lionne acculée, elle n'ira aps voir un psy, elle refuse. Solution fort sympathique se laisse-t-il penser, mais il ne relève pas. Et elle finis par lui jeter à la gueule qu'il ne pourra pas être présent là, 24h sur 24 à ses côtés, qu'elle trouvera bien quelqu'un d'autre pour lui filer de l'alcool. Il ose un sourire. Il y compte bien tiens. Le premier con qui se ramènera avec une bouteille dans cette foutue baraque aura le droit à un bon coup de poing en pleine gueule. Francesco ne le lui dit pas, mais de son regard, il le lui fait comprendre. Oh non, il ne sera pas là H24, mais qu'elle le croit, il ne compte pas la laisser comme ça.
- Malheur à toi si je te surprends avec une autre bouteille d'alcool dans les mains Ana... Siffle-t-il menaçant. Il ne lèvera pas la main sur elle, ça jamais. Mais il ne la laissera pas s'en tirer comme ça. Il en est hors de question.

Finalement, il coupe court à la conversation en lui indiquant d'aller prendre une bonne douche alors qu'il s'affaire à préparer le nécessaire pour le repas de ce soir. Elle reste interdite, sa bouche semble s'ouvrir en "O" comme si elle voulait dire quelque chose, mais rien ne sort d'entres ces lèvres. Finalement, elle quitte la cuisine d'un pas décidé, sans un regard pour lui, avant de se retourner. Elle réplique qu'il vaut mieux qu'il ne croit pas qu'elle va accepter son aide et sa présence indéfiniment. Il fait comme si de rien n'était. Ignorer la personne qu'il a derrière lui est la meilleure chose qu'il a à faire pour le moment. Il ouvre le frigo sans un regard pour elle, se saisit de deux oeufs et continue sa mise en place dans la cuisine de la jolie blonde. Elle rajoute qu'il va bien falloir qu'il comprenne qu'elle ne le veut pas dans les pattes. Il ne réponds rien, une nouvelle fois, se contentant de l'entendre tourner les talons. Quelques instants, une porte claque, sans doute celle de sa chambre, faisant presque trembler la villa. Il s'arrête. Il ne s'attendait pas à ce que les choses se passent ainsi. Il se retourne, regarde l'encadrement de la porte d'où elle se trouvait il y a quelques instants. Puis son regard dévie sur les diverses choses répandues sur le sol de la cuisine. Des paquets de nourritures divers, Allant des pâtes, au riz, en passant même par le couscous. Il souffle longuement avant de se retourner pour faire bouillir l'eau. Sa main tremble.
- Et merde! Jure-t-il. D'habitude, il aurait répondu. Il aurait renvoyé l'ascenseur sans hésiter, mais là... Il s'ets contenu. Il a pris sur lui. Antonio... Tu vas me le payer! Il ne le pense pas vraiment, mais elle l'a mis à cran, alors... Alors voilà. Il attends que l'eau se mette à bouillir et en attendant, il range le bordel répandu dans la cuisine. Comme il ignore dans quel meuble vont les choses, il range un peu comme il peut, en tentant de suivre une certaine logique: La sienne. Bientôt, le sol de la cuisine est redevenu vierge de tout ustensiles ou articles, et il peut désormais se déplacer tranquillement. Il sort son téléphone et décide de mettre un peu de musique... Classique. Histoire de le calmer. Et bientôt, la musique quelque peu entraînante des quatre saisons laisse entendre le son des violons dans la cuisine alors que Francesco parvient à se détendre quelque peu. Il se cale tranquillement près de la casserole dans laquelle boue l'eau. Il souffle longuement, expire et inspire tranquillement. Il retrousses ses manches, il se saisit du paquet de pâtes, sa main est sûre désormais. Il verse le paquet, règle l'intensité de la plaque chauffante et laisse cuire les pâtes. Il ne tarde guère à installer une autre poêle sur le feu, et bientôt, la crème vient rejoindre le fond de la poêle accompagné de lardons. Par chance elle avait encore un paquet qui traînait un peu. Il s'ose à la cuisine, et bientôt quelques petits morceaux de champignons viennent rejoindre la sauce qui mijote. Rien de bien gros, juste quelques morceaux pour apporter quelques agréments. Et la musique change sur un rostropovitch de Bach alors que Francesco s'affaire et sort les pâtes de l'eau. Il les verse dans la passoire qu'il secoue pour bien égoutter les pâtes et les fait retourner dans la casserole. Immédiatement, dans un geste plein de talent, il verse la sauce, remue le tout, et laisse sur un petit feu afin de maintenir la chaleur sans pour autant faire cuir le fond de la casserole. Il file chercher un peu de parmesan qu'il trouve et répands dans les pâtes pour mélanger à la sauce. Bientôt une agréable odeur se répand dans la cuisine. Il ne reste plus qu'à installer la table.

Il s'empare des couverts avec dextérité, et décide d'installer tout cela sur la terrasse. Ils seront mieux à l'air libre, le son des vagues dans leurs oreilles. Peu lui importe, il faut qu'il mange dehors. Bientôt, les couverts son installés, la table est mise et il n'attend plus que la jeune femme. Il ne se presse pas et s'installe sur une chaise dehors, surveillant du coin de l'oeil le moment où elle surgira. Il laisse son portable sur la table sur un air délicieux de la troisième symphonie de Brahms. La musique l'entraîne tranquillement sur le chemin de la détente et il laisse aller ses muscles tendus au repos tout en attendant Anabela ne cherchant pas à la stresser plus que cela. La journée a déjà été rude, inutile d'en ajouter à cela. Aussi la laisse-t-il prendre tout son temps, ne souhaitant en aucun cas en rajouter à sa dose de mauvaise humeur et de colère. Il espère qu'une bonne douche aura eu le don de la calmer. Un minimum du moins. Mais rien n'est sûr en vérité... Rien n'est sûr, il le sait.     

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Sujet: Re: { MONSIEUR L'IMPATIENT } Juste ton regard. ( le Mer 8 Aoû 2018 - 0:01 )
Monsieur l'impatient
Juste ton regard.
Certaines nouvelles nous brisent le cœur, littéralement. Une poignée de personnes arrivent à s'en relever, en faisant tout pour oublier ou en puisant une rage de vivre présente au plus profond d'eux même, mais d'autres ne s'en relèvent pas. On dit trop souvent que l'on vit, alors que pour beaucoup trop de personnes, il s'agit de survie. Depuis l'annonce du médecin à Lisbonne, je fais partie de cette catégorie, celle des personnes qui tentent de survivre dans ce monde qui n'est plus fait pour eux, qui vibre à une fréquence différente et qui restent sur le bas-côté, impuissant, sans possibilité aucune de pouvoir revenir en arrière, ou encore d'avancer...

* * *

« Madame Laranjeira. » J'ose à peine regarder le médecin qui s'est occupé de me faire passer des examens, ressentant un véritable malaise. Je n'en connais pas encore la raison, mais à cet instant, c'est la peur qui prédomine. « Où se trouve votre époux ? » Le médecin à la blouse impeccable s'approche de moi, des résultats à la main alors que ma gorge se serre. « Il a dû répondre… Vous savez, le boulot. » Je ne trouve plus les mots, sachant pertinemment que le souci ne vient pas de mon époux, puisqu'il a également passé des examens, alors cela ne peut venir que de moi. Le fait est qu'après cette révélation mon destin sera scellé, parce que je sais que mon époux désire avoir des enfants, ses propres enfants. L'adoption n'est pas une option pour mon mari, il me l'a toujours fait comprendre. Dans un dernier élan d'espoir, je me dis que je suis peut-être trop nerveuse et amaigri, que cela pourra s'arranger et que je pourrais tomber enceinte, je me berce d'illusions… « Très bien. Nous pouvons attendre. » J'acquiesce d'un mouvement de tête, je n'arrive plus à prononcer le moindre mot. Alors que l'attente me semble interminable, je finis par prononcer, dans un quasi murmure : « C'est moi le problème, n'est-ce pas ? » Je m'accroche au regard du médecin comme à une bouée de sauvetage alors qu'il s'apprête à me répondre, mais Teddy arrive, le coupant sur sa lancée. « Pardonnez-moi. J'ai des obligations vous comprenez. » Il ose sourire, pensant sans nul doute que nous pourrons fonder une famille, ce dont je ne suis plus certaine à cet instant. J'espère tout de même au plus profond de mon être que je me trompe, qu'on trouvera une solution, comme on dit : l'espoir fait vivre. « Les résultats de votre épouse sont revenus. » Teddy est à mes côtés, il tient fermement ma main, sûr de lui, sûr du fait qu'il sera père dans quelques mois, parce qu'il en rêve depuis des années déjà. « Madame Laranjeira, vous êtes stérile. » Le couperet tombe et alors que des larmes dévalent mon visage de poupon, je sens que Teddy relâche ma main. Je n'ai pas la force de le retenir, je sais à ce moment précis que notre mariage ne fonctionnera pas, ou plutôt qu'il ne durera plus très longtemps. Alors que le silence règne depuis que le médecin à prononcer ces mots, je croise le regard de mon mari, qui semble empli de tristesse, mais surtout de déception et de colère, quand son téléphone sonne et qu'il décide de répondre, poussant la porte de la salle où je me trouve depuis plusieurs heures qui m'ont semblé interminables. « Madame Laranjeira. » Commence le médecin alors que je fais non de la tête, avant d'enfouir mon visage entre mes mains. La peine que je ressens est si puissante, si pesante que j'en oublie l'endroit où je me trouve et que je perçois des cris, des sanglots, sans réaliser qu'il s'agit des miens. Une main se pose sur mon dos, le caressant avec une certaine maladresse, mais je sais qu'il ne s'agit pas de celle de Teddy. Il m'a laissé pour répondre à son téléphone, il m'a abandonné à l'instant où j'avais irrémédiablement besoin de lui.

* * *

Écrasant des larmes sur mes joues, je me redresse pour ôter ce que je porte et je m'engouffre sous l'eau qui coule depuis quelques minutes déjà. Fermant les yeux, le jet d'eau brûlant se déverse sur mon visage pour ainsi faire disparaître ces larmes qui ne cessent de couler depuis bien trop longtemps. Au plus profond de moi, je sais pertinemment qu'il me faut de l'aide, qu'il faut que j'attrape les mains que l'on me tend, mais j'en suis incapable. Je suis paralysée, mais surtout, j'ai peur… Peur de ne pas m'en sortir avec toute l'aide possible et inimaginable, décevant ainsi les personnes qui ont cru pouvoir jouer un rôle afin de m'aider à me relever. C'est lorsque je perçois des sanglots et que je me sens suffoquer que je réalise que je pleure à nouveau. Il faut dire que depuis la fusillade, je ne fais que cela, pleurer encore et toujours, restant enfermer, comme en autarcie, désireuse de rester seule et de me laisser couler. Je ne veux entraîner personne dans mon naufrage, puisque je suis seule depuis le jour où Teddy a relâché ma main. À cet instant, je me rends enfin compte que je suis en colère contre mon ancien époux, puisque c'est lui qui m'a laissé sur le bas-côté d'une certaine façon. Passant mes mains sur mon visage, je n'oublie pas qu'un homme se trouve dans ma cuisine, monsieur Francesco sans Totti. Dans d'autres circonstances, tout aurait pu se dérouler différemment entre cet homme et moi, seulement, nous ne sommes pas dans d'autres circonstances. Je ne peux pas revenir en arrière pour effacer ce que je voudrais oublier dans mon existence, reléguant ainsi ces moments difficiles dans un tiroir, en le fermant à clef et jetant celle-ci, afin de ne plus jamais y penser.

* * *

« Teddy ? » Je prononce, alors qu'il me laisse seule à la porte d'entrée de notre chez nous. Je voudrais lui hurler que j'ai besoin de me sentir aimer par lui à cet instant, seulement, je ne trouve pas les mots, je n'arrive pas à les prononcer. C'est donc l'âme en peine que je me rends dans notre cuisine, avant de me décider de le retrouver pour lui demander ce qu'il désire manger. C'est en émergeant devant la porte de notre chambre à coucher que je l'entends. Il se confie à une personne, sans doute sa très chère mère qui a toujours vu d'un très mauvais œil notre mariage. Il lui explique que je ne pourrais jamais lui offrir ce qu'il a toujours désiré, bien que le médecin nous ait parlé de solutions qui peuvent permettre d'avoir des enfants aux femmes qui, comme moi, ont des soucis de stérilité. Il a d'ailleurs affirmé que bons nombres d'entre elles parviennent à tomber enceinte, et que cela entraîne très souvent la venue de jumeaux. Déposant une main sur mon ventre plat, je me résous à revenir sur mes pas, me répétant sans cesse ce que le médecin m'a dit. La réaction de Teddy est "normale", il doit accuser le coup, pour ensuite me soutenir et me porter toute l'aide dont j'ai besoin pour surmonter cette épreuve, à ses côtés.

* * *

C'est après de nombreuses minutes que je me décide à émerger de la cabine de douche, enroulant une serviette autour de mon corps bien trop amaigri. J'ose à peine me regarder, puisque j'ai la sensation de percevoir le reflet d'une femme que je ne connais pas. Enfilant rapidement une nuisette en dentelle, j'ajuste par-dessus le kimono qui va avec, l'attachant à ma taille avant de retrouver cet homme qui me connaît à peine, mais qui me tend la main. Je ne suis pas certaine d'être prête à la saisir, j'ai bien trop peur de le décevoir lui aussi. Alors que j'arrive à la cuisine, je perçois une mélodie et grâce à celle-ci, je sais où Francesco sans Totti se trouve. Émergeant en silence, je le regarde un instant, il semble être dans ses pensées. Je ne désire plus le bousculer, je pense l'avoir suffisamment fait en étant odieuse avec lui, alors qu'il désire m'aider, mais pour combien de temps ? Je préfère chasser cette question de mon esprit, quand après quelques minutes, je le rejoins. Je n'avais pas pris le temps de remarquer qu'il avait mis la table et cela me surprend, dans le bon sens. Je préfère toutefois ne rien dire, ne rien laisser paraître parce que je suis persuadée qu'il me laissera lui aussi sur le bas-côté, parce que c'est ce qui m'arrive toujours. Je ne sais pas quoi dire alors que je m'assois face à lui, profitant de l'air frais, mais également du son reposant de la troisième symphonie de Brahms. Mordillant ma lèvre, je décide d'engager la conversation. « Tu n'étais pas obligé de faire tout ça. » Je souffle, avant d'ajouter : « Tu sais, Antonio ne t'en voudra pas si tu me laisses seule. Sinon, comme déjà dit, on peut lui dire que tu es resté, même si tu rentres chez toi. » Je me répète, seulement, je ne veux pas qu'il se sente obliger de me surveiller pour son ami, et encore moins pour moi. En plus, je voudrais connaître la raison pour laquelle il est encore là, et finalement, je me lance. « Pourquoi tu restes ? Pourquoi tu as préparé le dîner et mis la table Francesco ? Tu n'étais pas obligé de faire tout ça. » Mon regard s'encre dans le sien alors que j'y cherche des réponses, mais finalement, je m'y perds, je m'y noie, en moins d'une fraction de seconde...
Pando


is big, big love
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Francesco Spinoza10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
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Sujet: Re: { MONSIEUR L'IMPATIENT } Juste ton regard. ( le Mer 8 Aoû 2018 - 12:12 )
Juste ton regard
La mer amenait avec elle l'air marin qui avait toujours plut à Francesco, cet air qui appelait les hommes, immanquablement, cet air qui avait lancé l'appel aux hommes d'aller, de partir à la conquête des mers. Assis sur la chaise, tranquillement installé sur la terrasse de la jolie blonde, Francesco commençait enfin à se détendre, et reconnaissait que les dernières heures avait été dures. Elle avait été sèche, elle n'y était pas allé de main morte, et était parvenu à lui faire plus mal qu'il ne voulait bien l'admettre. Pas seulement par ces mots. Mais parce qu'il avait réalisé à quel point elle avait changé et qu'il ne s'était apercu de rien, trop occupé qu'il était avec son argent, sa boîte, ses actions en bourses. A croire que tout cela allait lui apporter le bonheur il en avait oublié les choses essentielles. Il en avait oublié les amis, il en avait peut-être oublié les amours, se contentant de filles différentes chaque semaines, les journaux se déchaînant d'ailleurs sur ses relations chaotiques, sa mère, éternelle insatisfaite priant sans doute pour que son fils soit plus fidèle et lui fasse quelques petits enfants. Mais à la réalité, Francesco ne savait pas si la fidélité lui rapporterait quelque chose. Il avait essayé une fois. Il avait essayé avec Lydia. Et le résultat? Il l'avait perdu. La vie la lui avait reprise. Il n'avait pu rien faire, absent, comme toujours. Et désormais, une blonde faisait son apparition, en provenance du portugal. Elle lui avait plut la blonde. Il n'avait pu s'empêcher de la mettre dans son lit. Mais il s'apercevait aujourd'hui qu'il tenait à elle. Au moins un minimum. En temps normal, il aurait bien dit à Antonio d'aller se faire voir selon la nana, mais là, c'était Ana. Donc tout était différent? Oui, en quelques sortes. Lui, qui d'habitude répondait aux piques par des piques encore plus acérés avait sut se taire, lui qui pouvait laisser exploser sa colère, sanguin de temps à autres, avait sut contenir tout ce qu'il avait sur le coeur. Ce n'était pas pour rien, c'était parce qu'il ne voulait pas la blesser, parce qu'il ne voulait pas lui faire plus mal, d'autant qu'elle était déjà blessé... Plus que ce qu'il ne l'aurait cru. Elle ne lui racontait pas tout. Il ne savait pas tout. Et il le savait, au fond, il y avait quelque chose qu'elle gardait en elle sans avoir pu jamais trouvé la consolation nécessaire. Les diverses épreuves de la vie s'accumulant, les amours perdus peut-être, la fusillade, la perte de ses proches... Elle ne tenait plus la jolie poupée blonde, elle s'enfonçait, sans savoir où se raccrocher. Et lui savait à quel point cela pouvait être dur. Il avait déjà vécu ce genre de situations, mais sa nature conquérante, sa nature volontaire et son caractère dur et son mental d'acier avait permis à Francesco de rester à flots. Tel l'un de ces grands navires en proie aux flammes et aux dommages causés par l'océan de la vie, il avait sut se maintenir sur es flots impétueux, il avait su panser ses blessures, se réparer, et il voguait toujours, avec sa fière allure. Elle, elle sombrait tout simplement. Il ne fallait pas chercher plus loin. Un message s'afficha sur son téléphone. Antonio. Francesco prit son téléphone sans couper la musique et répondit au message de son ami qui demandait des nouvelles. Francesco répondit par un "ça va, je m’occupe d'elle, pars tranquille l'ami." Il posa son téléphone sur la table et se laissa bercer par le son des vagues, attendant que madame veuille bien sortir de la douche.

****


- Enfin Francesco, déclarait sa mère, Tu vas bien devoir te résoudre à trouver quelqu'un. Ou tu vas finir vieux garçon! S'exclama-t-elle en servant la salade.
- Mais enfin chérie, intervint son père, laisse-le un peu, il fait bien ce qu'il veut non?
- Merci Papa, j'ai bien cru qu'elle me forcerait à épouser la voisine à cette allure. Quelques rires fusèrent autour de la table alors que le repas de famille commençait tout juste. Et sa mère remettait le couvert avec cette histoire à la con. Il le lui avait pourtant dit dans la cuisine il y avait un petit quart d'heure, c'était non pour le moment. Il n'allait pas se mettre avec n'importe qui, si? Mais elle avait la dent dure sa mère, elle était tenace. Francesco tendit son assiette alors qu'elle lui servait la salade verte dont il n'avait plus envie. Son frère cadet crut bon de reprendre.
- Enfin maman, tout le monde sait que Francesco a toujours été le coureur de la famille... Il employait le ton de l'humour, mais Francesco savait que c'était un reproche déguisé, il n'était pas idiot. Il ne faudrait pas lui demander on plus de faire des enfants. Francesco souffla et répondit un petit sourire en coin.
- Oui, tu as raison. Certains ont une femme depuis quatre ans, mais visiblement ils n'ont toujours pas trouvée la porte d'entrée pour faire les petits enfants. Répliqua-t-il. Cette fois, son troisième frère et sa petite amie du moment, une certaine Maria, ne purent se retenir de rire alors que son père essayait tant bien que mal de cacher un grand sourire derrière sa serviette. Sa mère, elle, fût outrée, tout simplement.
- Francesco! S'exclama-t-elle.
- Quoi?!! Il avait retrouvé le sourire soudainement. Ce n'est pas ma faute si la vérité est aussi drôle. Il se tourna vers Sofia, la femme de son cadet. Sofia, vous n'avez jamais pensé à lui fournir un gps, mon frère a toujours eu des problèmes d'orientation. Nouveau fou rire autour de la table alors que sa mère laissait tomber les couverts et que son frère se levait défiant son aîné. Légèrement plus grand par la taille, certes, mais Francesco avait toujours était le plus castagneur des trois. Francesco commença sa salade tranquillement, faisant mine de se calmer. L'autre se rassit, et le repas continua. Mais Francesco n'avait plus faim. Il crut bon de sortir de table.
- Veuillez m'excuser, mais je n'ai plus faim. Il se leva, regarda son frère et sa femme qu'il avait légèrement égratigné. Veuillez m'excuser pour toute à l'heure Sofia... Il regarda son frère. Toi aussi, excuse-moi... Je suis un peu à cran. Il leur adressa un signe de tête et sortit sans autres mots. Il alla se mettre sur le balcon de la grande demeure de ses parents. D'ici, on pouvait voir Florence, la magnifique ville italienne qui l'avait vu grandir. Il entendit des pas derrière lui, et ne tarda guère à voir arriver son frère, le dernier, qui se mit à ses côtés.
- Elle est chiante parfois... Mais elle veut le meilleur pour nous.
- Je sais... Fit Francesco. Je sais. Il se tût, regarda la ville, le soleil qui illuminait les toits de tuiles avant de reprendre. J'aimerais avoir cela.
- Quoi donc? Demanda son frère.
- Une famille. Son frère ne l'interrompit pas, écouta. Une femme, des gosses, avoir ma fierté, pouvoir passer du temps avec mon sang, le sang de mon sang. Si tu savais comme j'aimerais un jour présenter à ma mère des petits enfants. Son frère ne répondit rien, se contentant de rester silencieux, réfléchissant sans doute à ce qu'il pourrait dire. Finalement il reprit.
- Tu sais, moi aussi j'aimerais dés fois... Mais j'me dit que le monde a encore trop de femmes à m'offrir, fit-il sur le ton de la plaisanterie.
- Petit con! Souffla Francesco amusé avant de reprendre. Je fais tellement de choses... C'est vrai, c'est dur de trouver une femme avec tout ce qu'il y a.
Son frère lui tapa dans le dos et s'éloigna avant de dire:
- Francesco... Profite de ton court séjour pour te poser un peu et arrête de te prendre la tête, t'en a pas besoin. Et il se retira alors que Francesco soufflait un bon coup, respirant l'air agréable qui emplissait ses poumons. Oui... Il avait mieux à faire.

****


Il entendit les pas de la blonde avant même de la voir. Il ne bougea pas, resta où il était, ne détourna pas la tête un seul instant. Il se contenta de regarder encore la mer, passion de jeunesse dont il était amoureux. La mer l'avait toujours appelé. Il s'était fait la promesse qu'un jour il partirait en voilier... Qu'il se laisserait aller au gré des vagues, dans les Cyclades peut-être. Elle vient alors s'asseoir en face de lui. Il la regarde vaguement. Il ne prendra pas la parole le premier. Finalement, elle finit par lâcher ses premiers mots. Il la sent plus calme, mais à la vérité, il s'est pris une telle tempête toute à l'heure, qu'il préfère se taire pour l'heure. Il n'était pas obligé c'est sûr, mais il l'a fait. Ce qui est fait, est fait, et ne peut-être défait. De plus, sil il l'a fait, c'est bien parce qu'il en avait envie, il ne l'a donc pas réalisé sous la contrainte. Finalement, plus calme, elle se répète. Cette fois-ci, c'est un ton calme, doux, celui qui veut rendre service, qui indique qu'elle ne veut pas l'embêter. Mais il craint qu'elle n'ait simplement changé de stratégie pour qu'il dégage pour l'heure. Il se concentre sur les vagues qui défile inlassablement sur la plage avant de reporter son attention sur elle.
- C'est gentil, répond-il calmement. Mais non. De plus, j'ai préparé le repas, et j'aimerais bien en avoir un peu. Fait-il avec un faible sourire. Il s'arrêta là. Inutile d'aller plus loin et de s'étaler dans une argumentation sans fin qui ne mènera à rien si ce n'est peut-être à la remettre de mauvaise humeur. Finalement, elle reprend. Cette fois, elle se pose des questions. Elle ancre son regard dans le sien, il ne dévie pas du regard de la blonde qui lui, n'a rien perdu de sa beauté et de son intensité. Il pourrait tomber amoureux juste pour ses beaux yeux. Elle ne le lâche pas du regard. Lui non plus alors qu'il cherche ses mots.

Pourquoi? Pourquoi est-ce qu'il l'a fait? est-ce seulement pour rendre service à Antonio? Non. Il aurait pu se tirer depuis un moment, laissant sa cuisine dans un état lamentable et la laissant seule, à la dérive. Mais il s'y est refusé. De plus, sans le dire à qui que ce soit, il avait mené quelques recherches sur la blonde. Ancienne actrice, elle était particulièrement connue au portugal, où elle avait déjà eu un mari. Mais la plupart des médias ignoraient en revanche la raison de leur séparation. Du moins Francesco n'avait-il pas fouillé dans cette direction. Ce qu'il savait, c'était qu'elle avait une vie avant... Une belle vie sans nul doute. Elle avait tout quitté, pour venir ici et elle lui rappelait quelqu'un... Lui. Soudainement, elle lui ouvrait les yeux sur une personne: La sienne. Il avait fui lui aussi. En quelques sortes. Adieu Turin, Au revoir Florence, nouvelle vie au sud, là où personne ne le connaissait vraiment. Et alors qu'il souhaitait répondre, c'est sur lui-même qu'il réfléchissait désormais. Et maintenant, il savait. Il allait devoir retourner à Turin... Il fallait qu'il voit certaines personnes. Qu'il renoue. Il les avait abandonné. Le patron du petit garage Fiat. Les amis du bar d'en face de chez Lydia. Des gens simple qui lui avait appris que la vie, sans toutes les commodités qu'il avait pouvait aussi être une belle vie. Il finit par répondre.
- Je sais pas. lâcha-t-il alors. J'avais des rendez-vous cet après-midi, j'ai tout lâché. Il lui parlait, comme ça, sans savoir où il allait vraiment. Je pensais que t'allais bien... Je croyais que tu t'étais trouvé un autre mec, que vous filiez l'amour ensemble... Et je pensais me moquer de la voisine blonde d'à côté. D'habitude il ne parlait pas comme ça. Mais l'émotion, la journée, le fait de la trouver dans un tel état... Il ne supportait plus. Antonio, une petite remontrance de sa part, et il a fallu que je me penche de l'autre côté de la haie de mon jardin pour voir que la vie était pas si belle à côté. Il s'arrêta. Je savais pas Ana... Je savais pas que tu étais avec de telles difficultés. Il s'arrêta un instant, la regarda. Relation complexe entre eux. Il ne savait pas vraiment comment la définir. J'étais avec ma boîte, à gérer des action à l'autre bout du monde sans prendre le temps de voir que t'allais pas bien... Alors pourquoi je fais tout ça? Il haussa les épaules, détourna le regard. Peut-être parce que je tiens plus que ce que j'ai bien voulu l'admettre à la voisine blonde d'à côté. Il plongea à nouveau son regard dans le sien. Et il continua sur la même lancée de l’honnêteté. Quand je t'ai vu... Ana j'ai eu mal. Tout simplement. J'peux pas supporter de te voir ainsi. Voilà c'était dit. Il s'arrêta là... Sinon sa conscience risquait de le faire aller plus loin, trop loin, sur un chemin où il risquait de se perdre.     

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Sujet: Re: { MONSIEUR L'IMPATIENT } Juste ton regard. ( le Mer 8 Aoû 2018 - 17:28 )
Monsieur l'impatient
Juste ton regard.
Pendant un bref moment, lors de l'anniversaire d'Antonio, tout était différent. Un lien évident s'était établi, quelque chose de profond. Le temps s'était même arrêté, plus personne n'existait hormis nous deux. On a ressenti cette connivence, et puis, la vie a repris son cours.

Mes prunelles s'emplissent de larmes alors que je fixe Francesco, sans ciller. Je ne sais pour quelles raisons j'ai besoin de savoir pourquoi il est présent, bien que dans un cas ou dans l'autre, nous souffrirons tous deux. Je ne pourrais pas supporter qu'il me réponde simplement qu'il est présent parce qu'il l'a promis à notre ami commun, mais je ne pourrais pas me rapprocher de lui, me jeter à corps perdu dans son magnifique regard, parce que je ne peux rien lui apporter de bon. Je ne pourrais jamais lui offrir ce qu'il désire, j'en suis convaincu. Je m'enferme dans une prison que j'ai moi-même construite, parce que je préfère me protéger en me tenant à distance des hommes que je pourrais apprécier ou même aimer. La peur a pris le pas sur tout le reste, par ma seule et unique faute. Affronter l'inconnu m'effraie, me donner, me livrer, toutes ses choses qui font de magnifiques histoires, des histoires que je ne pense plus mériter, des histoires qui pourraient mal tourner et ainsi me détruite un peu plus encore. Mon cœur est au jour d'aujourd'hui littéralement détruit, parce qu'à force d'avoir ouvert celui-ci, à force d'avoir aimé inconditionnellement, il s'est brisé. Pourrai-je essayer de le reconstruire ? Sans doute. Le fait est que je préfère m'enfermer dans ma prison plutôt que d'essayer et d'essuyer un nouvel échec. Un échec qui viendrait à me détruire intégralement, un échec qui me clouerait à terre, un échec qui me ferait disparaître définitivement.

* * *

« Quand comptes-tu rentrer ? » Je lui demande au téléphone, puisqu'il est au travail, comme toujours. Le fait est qu'il rentre à la maison un peu plus tard chaque soir, si bien que j'ai peur qu'il voie quelqu'un d'autre. Pour le meilleur et pour le pire, dans la santé comme dans la maladie, jusqu'à ce que la mort nous sépare. Je me souviens d'avoir prononcé ses mots, ce jour où, j'étais la femme la plus heureuse du monde. Je pensais avoir trouvé l'homme de ma vie, l'homme idéal qui m'aiderait à m'épanouir comme une fleur, avant de faner à ses cotés, écoutant les éclats de rire de nos petits enfants jouant non loin de nous. J'avais déjà tout imaginer, tout planifier, j'étais comblée quant à l'avenir qui me souriait, mais je me berçais d'illusions. Peu de personnes ont la chance de pouvoir toucher le bonheur, puisqu'on le frôle généralement, et je pensais avoir cette chance. Je pensais que je l'avais touché, je pensais même que je l'avais mérité, mais il faut croire qu'il ne dure pas, mais également que je ne le méritais pas davantage. Les larmes aux yeux, j'affronte le silence. Je n'entends que le souffle de mon époux dans son téléphone, mais il ne me répond pas. La situation l’affecte énormément, mais elle ne peut pas l'affecter plus qu'elle ne m'affecte moi. Apprendre que l'on ne peut pas donner la vie alors que l'on est une femme est atroce, mais l'éloignement de l'homme que l'on aime qui en résulte rend la situation plus terrible encore. Je me sens véritablement impuissante, totalement paralyser face à la situation et je sais pertinemment que je ne peux rien y faire. Je n'ai pas les cartes en main, bien que je puisse intervenir, mais cela ne servirait à rien. « Anabela, je suis occupé. Je te rappelle. » Son ton est distant, mais surtout froid, comme s'il parlait à n'importe qui. Je le sens déjà bien loin de nous, du « nous » que nous avons formés et j'en souffre, je m'effondre. Je ne sens plus mes jambes alors qu'un bruit sourd qui me semble lointain se fait entendre, puis une douleur se répand dans mes genoux alors que je n'arrive plus à voir devant moi tant mon regard est empli de larmes. Un cri se fait entendre, lui aussi lointain, toutefois, je sais qu'il s'agit du mien.

* * *

Une larme roule sur ma joue alors que je suis perdue face à cet homme qui, je ne sais pour quelles raisons, est présent. Il me semble bien loin de moi, de cette plage, réfléchissant peut-être, où hésitant à dire ce qu'il pense. Le fait est que les instants que nous partageons sont toujours intenses, et que chaque fois que je me trouve en sa présence, j'ai la sensation que le temps s'arrête pour laisser naître un moment bien particulier, un moment unique, que peu de personnes ont la chance de vivre. Je ne pense pas que cela est réciproque, où plutôt, je préfère ne pas l'envisager. Quand il prend la parole, mon cœur s'affole et je l'écoute, très attentivement. J'ai la sensation qu'il se sent peut-être atteint, toucher par la situation que nous vivons à cet instant précis. Je ne veux pas croire que je puisse le toucher de cette manière, ou peut-être a-t-il passé une mauvaise journée tout simplement. Je préfère choisir la seconde solution, ne voulant pas que ce soit ma première idée qui soit réelle, celle qui me fait penser qu'il pourrait tenir ne serait-ce qu'un tant soit peu à moi. Je baisse donc le regard pour fixer mes mains alors que j'essuie une nouvelle larme, restant silencieuse. Ses paroles me chamboulent, j'ai la sensation d'apercevoir l'homme qu'il est réellement, celui qu'il préfère cacher. C'est comme s'il décidait d'ôter le masque qu'il porte en permanence pour me faire connaître le véritable Francesco. Ce n'est pas un homme qui plaisante en permanence et qui est implacable quoi qu'il arrive, comme il a pu le faire croire à l'anniversaire d'Antonio ou encore le jour de la fusillade. Il est humain, il a un cœur et il se trouve qu'il peut être blessé, atteint, mais également vulnérable. Un nouveau silence s'installe entre nous, alors que nous ne percevons que le doux son des vagues. Je pose d'ailleurs mon regard sur l'immensité que nous offre la mer, une immensité qui m'a toujours fait peur d'être englouti. Aujourd'hui, je ne sais plus si je dois avoir peur de l'indifférence que cela représente à mes yeux quand je pose mon regard sur celle-ci ou si je dois avoir peur parce que l'idée d'être englouti me rend impassible, comme si disparaître était une solution envisageable, une décision qui ne serait plus difficile à prendre.

* * *

« Où vas-tu ? » Il me demande, le ton plein de reproches. « Je reprends le tournage. » Je réponds simplement, ne lui jetant aucun regard. Teddy et moi sommes devenus de véritables inconnus. Cela me fait mal, cela m'atteint et c'est pour cette raison que je ne peux plus être enfermé ici, entre ces quatre murs. « Tu parles d'un job. T'es payé pour embrasser des mecs, pour faire croire qu'ils te plaisent, que tu couches avec, et que t'es amoureuse. » Il me pique, me cherche, me reproche à présent mon métier alors qu'il savait ce que je faisais avant que l'on ne se fréquente. « Tu insinues quoi au juste Teodoro ? » Je lui demande, blessé, furieuse, alors que je le fixe, le regard empli de rage. « T'as très bien compris Anabela. » Il rétorque, alors que l'air devient irrespirable et que l'atmosphère se charge en électricité. « Je suis une traînée selon toi, c'est ce que tu sous-entends ? » Je ne dévie pas mon regard, alors que je désire le frapper de toutes mes forces pour lui faire comprendre à quel point il me fait souffrir. « C'est toi qui le dis Anabela. » Je ne tiens plus, je ne peux pas rester une seconde de plus avec cet homme que je ne reconnais plus, face à cet homme pour qui je ressens une véritable haine. « Je te laisse. Je pars me taper d'autres hommes. » Je prononce, des trémolos et de la colère perceptibles dans ma voix, alors que je prends la direction de la porte pour m'éloigner de lui, de cet endroit qui est devenu un véritable enfer alors qu'auparavant, il s'agissait de notre demeure. Ouvrant la porte, je me retourne, avant de lui dire sur un ton froid : « Tu devrais ne pas rentrer ce soir. Tu n'as qu'à aller t'installer à l'hôtel. » Le chemin sur lequel nous nous trouvons est devenu sinueux, accidenté et l'un d'entre nous n'arrivera pas à passer tous ses obstacles, et je sais qu'il s'agit de moi. Je claque la porte alors que je me sens couler dans un état dépressif dont je ne sais pas si je vais m'en sortir un jour.

* * *

La quiétude, le son des vagues créées une atmosphère encore plus particulière, plus intime. Alors que je le fixe à nouveau, cherchant des réponses, il détourne le regard et sa phrase me surprend, me désarme. « Peut-être parce que je tiens plus que ce que j'ai bien voulu l'admettre à la voisine blonde d'à côté. » Cette phrase résonne en écho dans mon être, mais surtout dans mon cœur. Mes prunelles bleutées s'emplissent à nouveau de larmes alors que je ne sais pas quoi répondre, comment agir et réagir, alors, je garde le silence. Je me sens comme paralyser et il continue, il me brise le cœur. Il a mal. Il souffre de me voir dans cet état, il ne supporte pas de me voir ainsi, mais il ne sait pas que si nous devenons plus proche, il souffrira davantage. Je n'apporte le bonheur à personne, je ne sais pas faire ou plutôt, je ne sais plus faire. Je ne peux pas le faire espérer alors que je suis au fond du gouffre, je sais que je ne dois pas m'emparer de la main qu'il me tend, parce qu'il finirait comme moi ; détruit. Je ne peux pas faire de mal à Francesco, parce que je me rends compte que je tiens moi aussi beaucoup plus à mon voisin que je ne l'aurai imaginé. Détournant le regard, j'essuie rapidement mes larmes. Je refuse qu'il ressente des sentiments à mon égard, je refuse qu'il se prenne d'affection pour moi. « Tu ne dois pas m'apprécier et tenir à moi Francesco. » Mon regard retrouve le sien, alors que j'essaye d'emprunter un ton dur, distant, mais cela s'avère compliquer. « Tu devrais regarder plus loin. Bien plus loin que la barrière qui nous sépare. » Je souhaite qu'il réalise que j'ai raison, qu'il doit me croire, ainsi que me laisser couler, mais cela seule. Je ne veux pas l'entraîner dans ma chute, surtout pas lui, surtout pas cet homme qui m'a charmé au premier regard. Poussant un soupire, je me lève, tremblotante alors que j'essaye de trouver mes mots. « Je vais chercher de l'eau fraîche. » Je m'échappe de ce moment trop intense qui ne peut pas continuer, parce que je le refuse. Arrivant dans ma cuisine, j'essaye de me ressaisir, ce qui me semble impossible pour le moment. Je prends alors appui sur le plan de travail et je ferme les yeux. Étant actrice, je pourrais feindre que je ne ressens rien à son égard, puis d'ailleurs, qu'est-ce que je ressens pour lui ? Tout est bien trop confus, embrumé, difficile, compliqué. Cet homme me fait vibrer comme aucun homme n'a jamais su le faire, il est ma kryptonite, je dois m'en éloigner. Poussant un énième soupire, je ne sais pas comment agir. Dois-je accepter de dîner avec lui ? Dois-je lui demander de s'en aller ? Je suis perdue, impuissante, ne sachant pas si je dois écouter la raison plutôt que mon cœur.
Pando


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Sujet: Re: { MONSIEUR L'IMPATIENT } Juste ton regard. ( le Jeu 9 Aoû 2018 - 14:23 )
Juste ton regard
Elle avait grondé, elle avait hurlé même, elle avait voulu le faire fuir, mais il avait tenu bon. Il était resté. Malgré la colère de la jeune femme, malgré ses piques bien lancées, il était resté droit, fier, ne se pliant pas à ses caprices. Désormais assis en face d'elle, il lui répondit alors. Franchement. Sans rien cacher. Se dévoilant complètement pour une fois. Il admettait sa douleur de la voir dans un tel état, il reconnaissait ne pas aimer la voir souffrir. Il ne pouvait supporter de la voir ainsi. Il tenait à elle. Bien plus qu'il l'avait voulu le laisser croire autour de lui. La blonde lui avait plut, et si entre eux il y avait eu cet éloignement, comme si rien ne serait jamais possible, il gardait cette étincelle, qui au contact de la blonde prenait feu sans le moindre mal. Mais elle souffrait. Et sa souffrance, elle ne la partageait pas, elle restait enfermé dans ses problèmes, sans accepter de ne recevoir aucune aide. Francesco souhaitait lui tendre la main, mais il y allait à petit pas désormais. Comme si il avait peur d'être mordue par la blonde qui avait prouvé qu'elle était capable d'être une sacré furie. Mais lui s'armait autant de patience que de courage et il ne lâchait pas le morceau non plus. Si le calme était revenu entre eux, il ignorait si cela durerait, aussi en profitait-il. Car il pouvait désormais parler à une adulte un peu plus calme, un peu plus concentré, sans doute que la douche lui avait fait du bien, cela avait du la réveiller un peu, la remettre un peu d'aplomb. Désormais face à lui, il nota son regard embuée. Elle pleurait la poupée blonde. Elle pleurait... Et même si elle détourna le regard vers l'immensité bleuté de la mer, elle ne pouvait refouler les quelques larmes qui s'échappaient de ses yeux.

Mais pourquoi pleurait-elle? De son état? Il y avait de quoi en effet, mais ce n'était sans doute pas ça. Non. Le trop pleins de problèmes, sa vie qu'elle ne contrôlait plus, qui partait en vrille. Et les seules mains qu'on lui tendait n'attendait d'elle que des choses en retour. Elle ne pouvait plus offrir la blonde. Elle avait déjà trop donné. Francesco s'en apercevait désormais. Elle avait donné de sa personne, dans des combats, divers, sans doute, mais au bout du compte, elle était épuisée. Et maintenant, la vie s'acharnait sur elle. Il la détailla, bien amaigrie, elle manquait autant de forces physiques que de forces mentales. Mais le bel italien ne déclara rien, gardant pour lui ses conclusions. De plus, elle semblait s'enfoncer dans un état secondaire de léthargie, ne parlant pas, regardant la mer sans la voir. Il comprit qu'elle devait se raccrocher à quelques souvenirs, qu'elle devait peut-être repenser à des temps bien meilleurs. Elle l'entendait, mais qui sait si elle l'écoutait réellement? Elle lui réponds alors. Un ton dur, mais tremblant. Un ton qu'elle se donne, mais qu'elle ne peut pas prendre en réalité, qu'elle ne peut pas utiliser contre lui. Mais il le sent, elle se force. Elle se force à lui demander de ne pas l’apprécier, le poussant à voir plus loin. Elle se force à dire cela, il le sent. Elle lui cache quelque chose. Elle a le coeur lourd, le corps faible, et l'esprit harassé de la vie. Elle n'en peut plus tout simplement, et il le voit, il le sent, son coeur se serre à cette seule pensée. Il n'a alors qu'une envie, la prendre dans ses bras, la rassurer, lui dire que demain sera meilleur, lui expliquer que les problèmes, elle peut les surmonter. Elle rompt ce moment, se décidant à aller chercher de l'eau fraîche. Il la laisse s'éloigner. Mais en réalité, il sait que ce n'est pas de l'eau qu'elle est allée chercher. Non. C'est un temps de pause. Car elle ne tient pas devant lui. Elle ne parvient pas à lui tenir tête comme elle le voudrait. Il décide alors de se lever à son tour. Désormais se jouer le contre la montre. Il devait se battre. Il le devait! Et une énergie soudaine emplissait tout son être. Il ne devait lui laisser aucun répit. Il devait battre le fer pendant qu'il était chaud. Il fallait qu'elle craque, pour mieux se saisir de la main qu'il voulait lui tendre. Mais il allait devoir faire attention, car à l'heure actuelle, elle réagissait comme une bête blessée. Il entra dans la cuisine tranquillement, les mains dans les poches. Elle était appuyée sur le plan de travail, ne sachant que faire sans doute. Il s'approcha d'elle doucement.

Et il décida de tenter le tout pour le tout. C'était quitte ou double, il le savait. Mais tant pis. La vie valait la peine d'être vécue pour tous les risques que l'on prenait pour atteindre un objectif. Il posa ses mains sur ses épaules. Elle se crispa.
- J'ai pas besoin de regarder plus loin que la barrière Ana... Souffla-t-il. Elle se crispait, sans doute ne sachant que faire par cette situation, il laissa ses mains descendre le long de ses bras et la serra délicatement contre lui. T'es pas obligé de lutter seule... Il laissa l'une de ses mains lui caresser les cheveux. Eux en revanche, étaient resplendissants comme au premier jour, et il se plaisait à caresser cette chevelure si belle, si bien entretenue. Il la retourna vers lui délicatement. Il y avait deux possibilités, soit elle explosait, soit elle se rendait. Il agrippa son beau regard, ne le lâchant pas. Elle tenta peut-être de dire quelque chose, de le repousser, mais il prit la parole.
- J'ai juste besoin de regarder dans tes yeux. Juste ton regard... Souffla-t-il. Juste cela lui suffisait. Et il se plongea dans son regard, cherchant à dénicher cette souffrance. Il voulait revoir l'éclat de l'insouciance dans ses pupilles, cet éclat de joie qui brillait au fond de son regard. il voulait la voir heureuse, comblée. Il voulait revoir un sourire sur ses lèvres. Il était loin le temps de la jeunesse insouciante, bien éloigné le temps des premiers amours et des déceptions qui s'envolent au premier rayon de soleil. Désormais, seul persistait l'ombre des problèmes, épaisses tels de lourds nuages chargées de pluies, masquant le soleil. Il prit finalement le visage de la blonde entre ses mains, le rapprochant du sien pour être sûr qu'elle l'entende bien, pour qu'elle ne puisse détourner son regard du sien, pour qu'elle soit obligé de le fixer seulement lui et pas le robot de cuisine à côté d'eux.
- Arrête de vouloir me repousser sans cesse... Arrête de vouloir tout faire toute seule... J'suis pas là pour prendre Ana bordel... J'suis là pour t'aider. Tu pourras m'chasser de ta vie si tu veux, mais... Il déglutit. Il n'osa pas terminer, le souvenir alors du caveau de Lydia passant devant ses yeux...


****

Les feuilles mortes s'accumulaient dans l'allée du cimetière. Turin. La belle ville des alpes semblait en deuil autant que son coeur déchiré pleurait la mort de l'être aimé. Il n'avait pas le courage de rejoindre cette foule de manteau et de parapluies noires qui s'agitait peu, gardant un silence de mort. Oublié les fêtes, les rires, les chansons. Tous rassemblés là pour célébrer la mort, funeste destin d'une jeune femme qui n'avait rien demandé. Les yeux embuées de larmes, à l'ombre d'un grand pin, Francesco n'osait s'avancer plus loin, il n'osait pas aller jusqu'à la dernière demeure qu'il avait pris soin de payer à celle qu'il avait adoré. Et la voiture chargé du cercueil arriva. Les hommes en noir, dont la triste réputation n'était plus à faire, loin des Men in Black des célèbres films, sortirent, et ouvrirent le coffre pour se saisir du cercueil. Francesco regarda la scène de loin, sans savoir si il devait où non s'approcher. Le mieux était de rester où il était. Ils déposèrent le cercueil dans le caveau, ne se souciant plus du reste. Quelques fleurs furent déposés dans l'antre de pierre, froid comme la mort, et on referma la pierre que l'on scella. Le coeur de Francesco partait en lambeau, déchiré, comme si un lion venait le lacérer et en dévorait lentement chaque partie. Les gens se dispersèrent, on se salua respectueusement, on s'avouait sa tristesse, on faisait part de son regret, mais cela ne changeait rien. Le Florentin s'approcha du caveau une heure plus tard lorsque tous furent partis. Le nom de sa belle gravé en lettres d'or, son prénom à côté. Flageolant, ses jambes ne purent tenir. Il tomba à genoux devant le caveau dont il savait qu'aucune voix ne sortirait. les miracles n'étaient inscrits que dans les livres. Et il pleura amèrement, maudissant la vie, maudissant son être, sa famille, tout ce qui lui avait fait obstacle. Puis, à bout de force, il sortit une rose, précieuse, qu'il avait gardé sous son manteau. Il la déposa dans l'interstice de la pierre afin qu'elle ne s'envole pas. Déposa un baiser sur sa main et toucha la pierre, le marbre froid. Il se releva difficilement. Les mains dans les poches, il resta de nombreuses heures devant le caveau, jusqu'à ce que le froid lui fasse lever les yeux au ciel: La nuit avait pris place, le soleil avait légué sa place à la lune.

****


Il se ressaisit rapidement.
- ... Mais arrête de te faire du mal. J't'en prie... Souffla-t-il. Il ne pouvait plus supporter. Et pourtant, il ne l'avait vu ainsi que aujourd'hui. Mais c'était justement la raison. c'est parce qu'il s'apercevait qu'il était à deux doigts de la perdre. Il était à deux doigts de la laisser sombrer seule, dans le fin fond d'un océan glacé et sombre. Il la suppliait. Lui qui n'était pas du genre à s'abaisser ainsi laissait tomber les masques. Le festival était terminé, il n'avait nul besoin de lui cacher ce qu'il ressentait, le mal qui l'habitait alors qu'il la voyait ainsi, acharnée contre lui, voulant sans cesse qu'il la déteste, voulant être rejeté. Mais plus elle voulait le rejeter, plus il s'agrippait à elle. Il s'éloigna un peu d'elle, la laissant respirer, mais il ne lâcha pas son visage. J'vais te faire un topo là... Les larmes lui montait aux yeux. Parce que t'as pas l'air de bien saisir... Il renifla. Il allait craquer si ça continuer. Lui l'homme d'affaire implacable, insensible à la douleur ou à l'amour, il craquait! Mais tant pis. Tu veux m'virer? Okay... Tu me dégages à côté de chez toi, je viens planter ma tente dans ton jardin. Tu me vires à l'autre bout du pays, je reviens au pas de ta porte, tu me renvois à l'autre bout du continent, je reviens camper dans ta salle à manger... Tu m'expulse à l'autre bout du monde, je reviens encore... Et cette fois je prends position dans ta putain de salle de bain. Endroit obligé pour une femme. Une larme roula sur la joue de l'italien. Une larme de tristesse. De souffrance. De douleur. De peine...     

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