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- I am falling, say my name and I'll lie in the sound... -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Bord de la Tyrrhénienne :: Santa Lucia :: Résidences
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Sienna MorelliLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Re: I am falling, say my name and I'll lie in the sound... ( le Sam 11 Aoû 2018 - 12:44 )

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La sensation à cet intant, est celle d’être spectatrice de ma propre vie. Comme si j’étais allongée sur le divan installée dans la pièce. Un verre de vin en main. Quelques macarons à mes côtés. Comme si je regardais le nouvel épisode de l’un de mes shows à l’eau de rose. Ceux que je regarde avec assiduité sur les services à la demande. Un pêché mignon comme un autre. Un pêché qui ne fait pas de mal. Cette sensation est lourde pourtant. Mais, elle a ses raisons d’être.

Depuis un moment, il s’est installé entre nous un silence et un jeu. Le jeu du couple qui ne se parle que pour entrer dans son rôle. Celui du mari débordé par sa nouvelle entreprise. Celui de l’épouse elle aussi débordée. Pas de vie parfaite pour nous. Pas d’une vie comme on peut les vendre dans les magazines de décoration et de lifestyle que j’affectionne et qui sont soigneusement posés sur un des guéridons du salon. Au millimètre près. Un peu comme notre vie. C’est probablement parce que j’ai refusé à Luciano certaines libertés. Parce que j’ai toujours eu besoin de tout avoir sous contrôle. Peut-être aussi que des enfants auraient pu égayer notre quotidien, mettre une douce pagaille dans cet appartement immaculé. Et pourtant, ce soir, entre nous, c’est encore le silence.

Celui du suspens. Celui de la peur. Quand je le regarde, sans réellement le voir. Quand je l’entends, sans réellement l’écouter. Parce qu’il ne me faut pas grand chose pour basculer. Avoir peur de ne pas être assez, d’avoir échoué. J’ai toujours été comme cela. Et j’ai peur de ne plus pouvoir changer maintenant. A moins d’un électrochoc. Un miracle, peut-être ?

Si mon mari s’excuse, me rassure, je ne peux m’en persuader. Il y met trop de conviction, son jeu d’acteur est trop bon. Il m’implore. Ses mots, pas les miens. Et pour ça, je me sens coupable, alors que j’ai cette sensation dans le fond de la cage thoracique, ce serrement de cœur qui me fait dire qu’en effet, il devrait m’implorer, mais peut-être pas pour les raisons immédiates.

Le corps et l’esprit sont deux entités distinctes. Et alors que les rouages de mon cerveau tournent à plein régime sur les sentiments, émotions et ressentis des paroles de Luciano, mon corps se cabre quand il pose ses lèvres contre mon cou. A cet endroit précis où ma carotide vibre en rythme avec mon cœur. Et de nouveau, des mots, qui viennent tout perturber. Moi, en premier. Quand il joint le geste à la parole.

Je suis écrasée par ce qu’il est, plus psychologiquement que physiquement. Et mon corps se laisse aller à la douceur de ses lèvres contre les miennes. Parce que nous gravitons autour l’un de l’autre. Comme si nous manquions d’attraction, et que nous étions incapables de provoquer une collision entre nous. Incapables de s’envoyer dans les étoiles, et de vivre une expérience cosmique. Et si je gémis contre sa bouche, c’est seulement parce que j’ai envie de plus. Envie de nous perdre. Je le repousse doucement, juste assez pour le laisser tomber contre le matelas. Je ne sais pas si il appréciera. Je redoute ses réactions. Mais, je le fais quand même, lui demandant la permission. Lui ordonnant dans un souffle. « Laisse-moi faire. Laisse-moi, s’il te plaît. »

Je lui vole un baiser furtif, avant d’attaquer de nouveau son corps de mes baisers fiévreux. De laisser mes mains explorer sa peau, comme si c’était la première fois. Dieu seul sait bien que non. Et Luciano sait aussi que j’ai un caractère fort, et que lorsque j’ai quelque chose ne tête, il est compliqué de m’en détourner. De nouveau je l’attaque, d’une main qui va et qui vient d’abord. En douceur, pour commencer. De mes lèvres, puis de ma bouche qui l’accueille, le salue. Parce que j’aime ça. J’aime entendre chacune de ses réactions, chacun des gémissements qu’il peut m’offrir. Peut-être aussi, dans le fond, que j’aime le pouvoir que tout ça me donne…

 



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Luciano MorelliLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Re: I am falling, say my name and I'll lie in the sound... ( le Ven 17 Aoû 2018 - 21:52 )

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Nous sommes nus l’un devant l’autre... un peu gauche. Égarés également, perdus au milieu de cet univers que nous nous sommes construits patiemment, briques après briques, jours après jours, années après années.
Tout ce qui m’entoure je l’ai désiré. Ardemment, passionnément. Absolument tout. Cet appartement digne d’un magazine de décoration où chaque meuble, chaque objet trouvent leur place au millimètre près. Cette femme, ma femme, qui vient devant moi de s’agenouiller, superbe et offerte, prête à me donner un plaisir que je n’aie pas mérité. Oui cette vie qui est la mienne ressemble à s’y méprendre au vieux rêve que j’avais jadis formulé...

Pourtant je m’y sens étriqué, bridé. Écrasé. Le rêve c’est peu à peu mué, transformé en un cauchemar que je tais. Une mascarade, une comédie une tartufferie ou je joue le rôle du mari parfait. Je défile dans ce carnaval, ce ballet en priant pour que le masque ne tombe jamais. Mais il se fissure, se désagrège malgré tous mes efforts pour essayer de me racheter. Comment le pourrais-je devant autant de dévouement, de dévotion qui doucement me donne la nausée. Je suis là, face à face non pas avec celle que j'ai épousé, mais avec mes responsabilités. Il m’incomberait de la chérir et de l’aimer mais je suis quasiment paralysé, pétrifié sous le poids de la douleur et des regrets.

Je la couche doucement précautionneusement dans ce lit que nous avons tant de fois partagé. Cette nuit encore je me tiens à ses côtés mais quoiqu’il en soit nous ressemblons plus que jamais à des étrangers. Deux êtres distincts, éloignés qui essayent tant bien que mal d’établir une connexion, de réhabiliter un moyen de communiquer. Nous nous réfugions chacun à notre manière derrière un langage universel mais malgré nos corps qui se touchent, nos bouches qui se mélangent et se mêlent, une barrière se dressent. Est-elle devenue à ce point infranchissable, insurmontable ? Alors que je tente une fois encore de m’en dissuader ces mots me font l’effet d’un coup de couteau planté droit dans le dos. Ils ne ressemblent en rien à ce que l’on aimerait entendre lorsqu'on s’apprête à s’unir, non. Son laisse moi, répété deux fois de surcroît me glace un peu plus que je ne l’étais.

Néanmoins je ne peux nier le pouvoir d’attraction qu’elle éveille toujours en moi par ces gestes parfois lents et mesurés, puis farouches et empressés. Sa bouche se presse le long de mon membre dressé comme un totem prêt à recevoir l’offrande qui lui est adressé. Je grogne de plaisir ou de rage, sans savoir les identifier ou les départager. Mais c’en est assez. Je sais pourquoi elle s’acharne à passer outre mes demandes et ce depuis si longtemps. Elle veut contrôler, comme toujours, vérifier, diriger, dominer la situation comme elle l’entend. C’est ce qu’elle préfère faire. C’est ce qu’elle a toujours fait... En témoigne son corps parfait, notre chambre rangée, notre appartement tout aussi lustré. Cette fois c’est moi qui se dresse et la renverse. Je m’allonge de nouveau sur elle et cherche son regard avant de la pénétrer sans ménagement ou presque. " Madame Morelli vous n’en faites décidément qu’à votre jolie tête... " Tandis que j’observe des mouvements indolents, prends doucement possession de sa chair en emprisonnant ses mains dans les miennes, je glisse à son oreille. " Mais prenez garde à vous... à trop vouloir bien faire on finit toujours par se perdre... "


 



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Sujet: Re: I am falling, say my name and I'll lie in the sound... ( le Ven 24 Aoû 2018 - 17:05 )

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Sujet: Re: I am falling, say my name and I'll lie in the sound... ( le Mer 5 Sep 2018 - 21:01 )

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" Jana... " Comme le jeune homme que j’étais la première fois qu’elle m’a accordé l’immense joie de s’unir à moi, je répète son deuxième prénom. Comme une incantation. Je n’en menais pas vraiment large ce jour-là. Empoté, maladroit. Trop épris, trop amoureux pour oser la regarder ou la toucher. Jusqu’à ce que la passion emporte tout sur son passage, jusqu’à ce que je ne puisse plus reculer devant son désir, jusqu’à ce que le mien m’envahisse. Si j’y réfléchis, c’est à ce moment précis que tout s’est joué entre nous, que notre relation s’est construite. Je l’ai laissé prendre les devants en me jurant de tout faire pour la combler de bonheur.

Depuis ce jour que je croyais béni, j’ai cédé à toutes ses envies qui sont devenus des caprices ou des lubies. Cette fois encore je ferme les yeux, me laisse faire.  Face à sa caresse je suis encore son objet, son jouet qui pousse un cri de satisfaction et aussi de colère. Contre-t-elle, contre moi. Cette vie ne me convient pas ou plus mais comme d’habitude elle s’en remet à nos vieux schémas. Sa langue et ses lèvres virevoltent alors que lui ai explicitement demandé le contraire. Je voulais décider, je voulais sublimer ce moment que nous nous accordons elle et moi encore une fois. Peut-être le dernier, peut-être qu’après elle saura, qu’elle découvrira que non seulement je ne suis plus en mesure de répondre à ses demandes et que de toute façon elle ne m’en donnera plus le droit. 

D’un geste je la renverse, la domine elle et son visage d’ange baigné d’une douce lumière. Je prends place entre ses cuisses ouvertes, elle m’est offerte. Sans précaution j’entre en elle, emprisonne ses mains, son regard avant qu’il ne s’éteigne. Encore une fois, elle et moi, moi et elle et la sensation est toujours la même. Son corps me réclame, ses soupirs m’interpellent et comme un bon petit soldat je réponds à son appel. Soulevant sa jambe pour l’atteindre plus profondément elle me demande de lui faire perdre la tête. La mienne ne m’appartient déjà plus, je suis à sa merci, captivé, envoûté par ses mouvements de bassin qui m’obsèdent. Notre danse s’accélère. 

La tension puis la fièvre. Toujours plus intensément, toujours plus loin je la comble et la libère. Je m’en vais. Je reviens. Malgré ce que nous traversons et avec la lune pour témoin ce soir encore nous ne sommes plus qu’un. Encouragé par ses gémissements qui ressemblent à de longues plaintes je poursuis notre marche vers l’extase, m’oublie sous ses caresses, ses cries et son allégresse. Et enfin ses mots... Et moi comme le p’tit con que j’étais autrefois je répète Jana...

J’accélère la cadence de mes hanches, la percute toujours et encore. Plus fort. Je la sens sous le point de céder, de sombrer. De chavirer, de s’enliser. De succomber. Ses doigts s’enfoncent dans ma chair, ses cuisses se serrent. Pendant cette reddition complète elle prononce un je t’aime auxquels je suis bien en mal de répondre. Mon va et viens infernal s’arrête. Mes yeux rencontrent les siens... au lieu de répondre à sa question je plaque mes lèvres contre les siennes... pour la faire taire.



 



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Âge : .38 ans, mariée sans enfant... Parce qu'aujourd'hui, visiblement, c'est ce qui nous définit. Chaque jour est un grain de sable qui passe du mauvais côté du sablier. A moins qu'un jour, quelqu'un ne prenne ce sablier, et le retourne pour m'offrir une nouvelle vie....
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Sujet: Re: I am falling, say my name and I'll lie in the sound... ( le Mer 12 Sep 2018 - 22:27 )

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 Le tonnerre gronde dans sa cage thoracique. L’éclair me frappe quand mes yeux se ferment au contact de ses lèvres sur les miennes.

Une réponse, ou peut-être plutôt une non-réponse à ces petits mots d’affection inconditionnelle, d’adoration pure que je viens d’avoir à son encontre. Tout semble s’être arrêté. Le temps. Mon cœur. Le sien. Lui semble être complètement figé, pétrifié, seulement capable de remuer les lèvres. Comme si j’avais prononcé la peine la plus lourde, la seule sentence dont on ne réchappe pas. Peut-être que je viens de le faire dans le fond. Je ne sais pas, je ne sais plus.

Je suis dans un état d’esprit étrange, sur lequel je ne peux pas poser de mots. Mon esprit semble me retomber lourdement dans le crâne, sur les épaules. Le poids est lourd, et mon corps semble lui n’être devenu que secondaire. Pourtant, il était si proche de me faire perdre complètement la tête, de libérer totalement mon corps de l’emprise que ma conscience exerce toujours d’une main de fer. L’esprit prime toujours sur le l’enveloppe charnelle. Toujours. C’est une question de contrôle. Et il sait que le contrôle, c’est mon plus gros problème. Il sait qu’il n’y a qu’avec lui que je suis capable de m’accorder un léger répit. Pourtant, il vient de réenclencher les rouages de ma boîte crânienne suite à la déferlante des différents sentiments qui se bousculent.

Premièrement, il y a la confusion. Celle de ne pas entendre en retour cet aveu que nous avons déjà partagé tant de fois. Vient ensuite l’incompréhension, puis très vite derrière, la peur. Celle d’avoir dit ou fait quelque chose de mal. Quelque chose qui aurait pu changer l’évidence de notre amour. Mais c’est finalement la colère, la rage pure et la jalousie qui s’emparent de moi. Comme des vagues toujours plus fortes, toujours plus hautes. Quand elles balayent absolument tout sur leur passage.

La colère contre moi. La rage contre lui. La jalousie entre nous. Parce qu’il semblerait que j’ai été incapable de garder ce trésor précieux que nous avons trouvé l’un avec l’autre. La rage qu’il puisse ne plus partager ce sentiment. La jalousie qu’il soit capable de ne plus m’aimer aussi fort que moi je l’aime, preuve probablement de sa liberté. Car si les jours ont passé, notre jeunesse et notre insouciance avec, jamais mon amour pour lui n’a failli. Même dans les moments durs, cet amour que je lui porte est souvent la dernière corde à laquelle je pouvais m’accrocher, avec laquelle je pouvais m’attacher pour m’éviter de couler, de succomber.

Je tourne violemment la tête pour nous détacher. Parce que, dans le fond, je le vis mal. Parce que je ne me souviens pas de la dernière fois où ces mots ont franchis ses lèvres à lui. Ces mots qui peuvent faire tant de bien, parfois tant de mal. J’ai les mains qui s’agitent, et je sais que je force contre les siennes pour me libérer. Je ne supporterai pas une seconde de plus d’être sous son corps, sous ses yeux. Parce que mon esprit me rappelle déjà que je ne suis pas assez, pas une bonne épouse. Je pousse déjà de mes mains contre la peau de son torse.

Le tonnerre gronde dans ma cage thoracique. L’éclair me frappe, quand je revois son expression au contact de mes mots contre ses oreilles.

Il y a cette lueur dans son regard. Non, plutôt, cette part d’ombre. Que je suis incapable de déchiffrer. Peut-être parce que je suis celle qui la provoque. Peut-être parce qu’il met un point d’honneur à m’en tenir à distance, à me la cacher. Comme moi je lui cache parfois bien les incertitudes qui me rongent, le mal-être qui m’engloutit. Je coule dans les profondeurs en cet instant, et l’air vient à me manquer. J’inspire, presque persuadée de me noyer quand enfin je nous force à nous regarder. Les sentiments qui m’étranglent. Pourtant, j’articule à peine.
« Pourquoi ? »



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Sujet: Re: I am falling, say my name and I'll lie in the sound... ( le Dim 23 Sep 2018 - 22:10 )

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Mon corps s’immobilise, ma tête explose. Je t’aime... 
Cette chambre emplie à l’instant de gémissements et de soupirs dévient soudain silencieuse. Comme un mausolée.   

A peine trois mots. Trois mots mille fois murmurés, chuchotés ou criés. Trois mots qu’au début d’une relation on n’ose prononcer, qui se dit du bout des lèvres comme un secret. Puis quand ils sont partagés ils viennent et reviennent et on les débite naturellement sans même y réfléchir. Finalement ils perdent de leur poids et de leur intérêt. Ce n’est pas glorieux mais j’imagine que pour chaque couple ensemble depuis vingt ans il en va de même. J’imagine ou j’imaginais que la routine nous y a aidé... nous a enterré.

Pourtant je donnerais tout, absolument tout, pour pouvoir articuler encore ces trois mots sans y penser. Moi aussi mon amour je t’aime... c’est tout ce qu’elle attendait. Malgré tout je l’aime toujours cette femme, ma femme, dont je fouille ou souille encore l’intimité. Je l’aime oui et c’est au nom de cet amour que je me tais. Je l’ai trahi, bafoué, humilié.
Interdis et impuissant maintenant, je regarde son joli visage se transformer. Se déformer. Ses traits qui traduisaient la volupté de notre acte d’amour partagé ne reflètent maintenant plus que l’incrédulité. J’ai tout foiré. Pétrifié, glacé d’effroi et terrorisé j’ai peur que le moment de la confrontation a sonnée.

Face à mon comportement criant pour une fois de vérité, elle joue à juste titre les épouses outragées. Son corps s’est raidit, et sa bouche dérobée. Seules ses mains s’agitent maintenant pour m’échapper. Libérées, elles continuent de me rejeter. Fermement posées sur ma poitrine, je suis repoussé. Mon corps ne bouge toujours pas et le chaos règne en maître dans nos esprits. Nous sommes toujours deux personnes enlacées, mais toute forme de chaleur nous a brusquement quitté. Le froid, la distance nous incite un peu plus à nous séparer. Notre lit conjugal est maintenant un tombeau près à nous ensevelir, nous inhumer.

Combien de temps restons nous comme ça ? Je ne le sais pas... 
Enfin ses yeux se tournent vers moi. Elle semble suffoquer sous mon poids. Ne nous reste-t-il plus que de la peine et de la douleur pour toi et moi Jana ?

Je garde mon calme du moins en apparence, caresse tendrement ses cheveux puis sa joue... Elle va chercher des réponses, me demander pourquoi et il arrive dans un souffle, un murmure ce questionnement. " Pourquoi... " Je répète après elle, incapable de lui répondre encore une fois. Péniblement j’arrache mon corps du sien, m’assois au bord du lit et cache mon visage entre mes mains. " Pourquoi Sienna nous n’arrivons plus à passer une soirée ensemble ou faire l’amour... " Mon cœur bat à tout rompre, je n’y arrive pas. " Regarde autour de nous Amore, on a tout ce qu’on voulait, du moins tout ce que toi tu voulais. Moi je désirais seulement te rendre heureuse mais manifestement j’ai échoué ? "



 



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Sujet: Re: I am falling, say my name and I'll lie in the sound... ( le Mer 26 Sep 2018 - 17:14 )

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La claque est rude. Aussi violente que le froid qui se presse soudain pour recouvrir ma peau de chair de poule maintenant qu’elle n’est plus habillée par son corps. Maintenant qu’il a mis entre nous la distance d’un univers. Comme si un séisme venait de créer entre nous une faille aussi grande que celle de San Andrea. Il est loin, dos à moi, assis sur le bord du lit. Dans le fond, je n’en suis pas réellement surprise, j’étais la première à lui intimer de nous séparer. Je pensais peut-être seulement dans le fond qu’il ne le ferrait pas, qu’il se battrait un peu plus. Mais non… Il semble soudain être résigné, avoir abandonné cette idée soudainement étrange de tout faire pour que nous nous retrouvions, pour que nous fusionnons.

Et pourtant, ce n’était pas le pire. Non, le pire vient de sortir d’entre es lèvres, de sa bouche. Sa si jolie bouche que j’aime tant avoir contre la mienne, contre ma peau. Et par réflexe, je tire le drap à moi, pour couvrir ma nudité. Par pudeur. Peut-être un peu aussi pour me protéger. Parce que je sais exactement ce qui arrive, rien que dans le son intonation, le choix de ces mots. Il pourrait aussi bien réciter « J’accuse »  de Zola que cela serait pareil.

Pourquoi ne pouvons-nous pas passer une soirée ensemble ? Mais parce que tu n’es plus là, mon amour. Lassé de mes absences, bien que je n’ai jamais manqué une nuit à tes côtés. Jamais.

Pourquoi n’arrivons-nous plus à faire l’amour ? Tout simplement parce que quand nous sommes l’un avec l’autre, nous sommes trop occupés à nous faire des reproches. Comme ce soir. Comme maintenant. Parce que nous ne sommes peut-être plus aussi parfaite que je l’espérais.

Et ce qui devait arriver… Arrive de plein fouet. L’accusation ultime. Tout ce que moi je voulais. Et je comprends qu’il me tient pour responsable. Et même si il poursuit, en se défendant d’avoir tout essayé pour me rendre heureuse, j’ai le sentiment tout au fond de ma cage thoracique que c’est pour mieux se disculper, mieux s’en sortir. Comme si il essayait de se rassurer lui-même.

« Luciano. » Mon ton est devenu froid. La femme amoureuse se brise comme une vague sur un rocher. Peut-être comme j’ai brisé ses rêves à lui ? C’est tout ce que son accusation me fait sentir. Je suis fautive d’avoir eu tout ce que je voulais. Incriminée pour mes désirs et ma réussite. L’amertume dans ma bouche.  « Dans la santé comme dans la maladie, dans la joie comme dans la tristesse, dans la richesse comme dans la pauvreté, je jure de t’aimer et de t’être fidèle tous les jours de notre vie. »  Les mots sortent de ma bouche, en ayant perdu de leur superbe, comme si le temps les avaient fait vieillir, les avaient rendu laids… « C’est tout ce que je voulais. »

Tout ce que j’ai toujours fait. Sans sourciller. Sans faillir. Jusqu’à ce soir, je crois. C’est probablement ce qui me pousse à quitter le lit et à me précipiter pour récupérer de quoi me vêtir. Mettre une armure de soie pour être moins vulnérable, me protéger. « Ce que je voulais, ce que je suis, tu l’as toujours su Luciano. » Parce que, c’est vrai. Parce que je ne m’en suis jamais cachée. Mais je sais exactement de quoi il est question. Je sais ce qui le ronge, ce qui nous bouffe depuis des mois. Et ça aussi, il le savait depuis le premier jour. Depuis l’échange des voeux sacrés.

« C’est de ma faute. Dis-le, Luciano. » Je prends enfin la peine de le regarder, de chercher son regard, alors que je croise les bras comme pour me protéger de ce que je suis en train de provoquer. « Dis-le, que je t’ai rendu malheureux, parce que j’ai refusé de te donner la seule chose que tu voulais, toi. » Et je viens de me crever le coeur moi-même, parce que c’est vrai. Je lui ai toujours refusé la seule demande qu’il avait. Pour tellement de raisons… Trop de raisons.



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Sujet: Re: I am falling, say my name and I'll lie in the sound... ( le Dim 7 Oct 2018 - 22:27 )

i am falling, say my name and i'll lie in the sound
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Je suis assis là sur le rebord du lit comme un pantin désarticulé qui ne sait plus quoi faire de son corps. Le mien m’a abandonné, il est lourd, lourd du poids des regrets que j’énonce à voix basse pour mieux me disculper. Mes deux mains sont enfouies dans mes cheveux, j’ai les yeux fermés. Je ne vois pas ce qu’elle fait mais je sens nos draps bouger. Elle doit se couvrir, elle doit avoir froid et il serait de mon devoir de la protéger ou de la secourir de cette distance qui nous tient éloignée l’un de l’autre, de ce silence qui nous entoure et nous sépare. Mon monde et le sien vient de s’effondrer, de s’écrouler en une fraction de seconde pour trois mots que je n’ai pas su répéter. 

Nous y sommes elle et moi au moment fatidique des pourquoi... pourquoi tout est aussi difficile alors que l’amour ne tient qu’à une évidence, qu’à une certitude plantée juste là dans nos cœurs qui palpitent, dans nos entrailles qui se contractent au rythme d’un désir et du plaisir. Le désir envolé en un claquement de doigts. Le plaisir pas atteint cette fois. Une fois de plus, une fois de trop. Certes il reste quelques soupirs dans cette chambre que je ne reconnais pas, mais ce ne sont plus que des soupirs de désespoir, de longues plaintes sur le constat affolant que dorénavant nous ne formons plus un couple elle et moi.

Et les mots tombent, ceux qu’elle a prononcé dans sa jolie robe de mariée. Je le connais par cœur ce couplet pour me l’être répété. Jours après jours, années après années. La maladie nous a épargnée, la pauvreté aussi... mais le reste nous n’avons pas pu y échapper. La joie a laissé la place à la tristesse et mon cœur se sert quand elle prononce fidélité... Oui je la trompe. Oui je viens de quitter une autre femme qu’elle et j’ai dont j’ai dû me séparer à regret. Oui du point de vue extérieur je ne suis qu’un beau salaud qui salit sa femme parfaite... si parfaite et si belle. Ce que les autres ne savent pas c’est que c’est cette perfection érigée comme un étendard qui nous a poussé malgré nous à détacher, nous désunir, nous diviser... nous étions parfaits avant et jamais au grand jamais je n’ai pensé pouvoir un jour poser les yeux sur une autre femme que celle dont je n’ose même plus affronter le regard.

Tandis que je reste toujours pétrifié je sens sans la regarder une rage sourde monter en elle. Elle repousse violemment les draps où elle s’est réfugiée pour me montrer encore une fois la superbe personne qu’elle est. En se dirigeant vers le côté de son armoire parfaitement rangé d’où elle sort une autre nuisette de soie pour se couvrir, elle me balance cette excuse répété, rabâché jusqu’à ce que je ne puisse plus l’entendre. J’étais prévenu, j’ai signé en toute connaissance de cause. C’est vrai... mais j’étais persuadé qu’à force de patience et d’amour les choses changeraient, évoluaient. Qu’elle aussi désirerait un bébé. Notre bébé. " Tu as raison comme toujours... oui je savais ! "

Devant son attitude implacable, ses bras croisés, je sens mon sang ne faire qu’un tour et bouillonner. Je me lève les poings serrés, nu comme un vers alors que nous ne partageons plus aucune forme d’intimité. Je récupère un t-shirt et un boxer pour m’habiller, même si ce n’est pas mon corps que je veux dissimuler en particulier mais mes yeux lassés et remplis de tristesse et d’amertume. " Qu’est-ce que tu veux que je te dise Sienna, que j’aurais dû t’écouter, arrêter d’espérer ? " Le bruit de la porte de la penderie qui claque résonne au milieu de nos cris. " Oui j’ai été malheureux Sienna mais tu peux être fière de toi j’ai bien retenu la leçon... Aujourd’hui ce bébé j’y ai renoncé c’est ce que tu voulais non ? "


 



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Sujet: Re: I am falling, say my name and I'll lie in the sound... ( le Ven 12 Oct 2018 - 18:02 )

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L’entendre admettre qu’il savait à quoi il s’engageait me fait fermer les yeux, car dans cette partie de ma tête bien cachée, cette toute petite partie bien gardée, une petite voix me dit que c’est faux. Qu’il ne savait pas. Qu’il n’a jamais réellement su. Qu’il ne saura vraiment jamais. Il ne comprendra jamais réellement ce que c’est, d’être une femme, de devoir répondre à des exigences diverses. Dès notre plus jeune âge, nous, les femmes, sommes entraînées, programmées, préparées à devenir des épouses et des mères parfaites.

J’ai encore se souvenir de recevoir à mon cinquième anniversaire cette poupée blonde, terriblement jolie, et ressemblant à s’y méprendre à un vrai bébé. J’entends encore ma mère me dire que je vais devoir prendre soin de ce bébé, que je vais devoir être une bonne maman. Mon père ajouter avec un sourire fier que je devrai lui préparer des lasagnes comme ma Nonna dans ma petite cuisinière reçue pour Noël. Et quand mes grands-parents étaient arrivés, ma Nonna, ma tendre Nonna m’avait tendu un paquet rose, contenant des déguisements de princesse. De petits talons en plastique, couverts de brillants et de plumes. Mon grand-père avait alors ajouté, le regard fier, que sa petite fille était la plus jolie de toutes. Et je sais qu’il ne disait ça que parce que je serai toujours la seule, l’unique. Parce que mes parents, malgré de nombreuses tentatives, n’arrivaient pas à avoir un autre enfant. Un autre enfant pour les combler de bonheur. Car, déjà, je n’étais pas assez. Dans tout ce que cela pouvait avoir comme signification.

C’est la voix de Luciano et son agitation qui me ramène au présent, ou presque. Même à mon dernier anniversaire, la situation avait été plus ou moins similaire. Mon père m’offrant un voyage pour deux, en précisant une lueur dans les yeux que cela serait peut-être la dernière fois que Luciano et moi aurions l’opportunité de voyager en tête-à-tête. Et puis était venu le cadeau de la génération d’avant : des bijoux de famille, un travail de maître et d’une valeur certaine. L’éclat des diamants faisant écho à cette beauté qu’ils m’attribuaient tous. Et au fond, le regard de Luciano. Peiné, éteint.

« C’est de ma faute, alors. » Je lui accorde toute mon attention, les yeux humides. Je me répète, je le sais. Je lui ai même demandé de me l’avouer. De dire ce qu’il pense pour une fois. « Je ne serai donc jamais assez pour toi. »  Encore une autre vérité, et la plus douloureuse de toutes.

Car voilà exactement la peur absolue qui me saisit au ventre depuis toujours. Celle qui me pousse  à aller au bout de tout. L’envie de briller. D’être parfaite. De devenir celle que l’on attend dans l’excellence. Une femme forte, qui brille par son intelligence, sa beauté, par sa situation. Répondre à tous les espoirs en espérant apercevoir au moins une fois dans les yeux de quelqu’un que je suis assez telle que je suis. Que je peux être suffisante au bonheur. Sans y ajouter quelqu’un d’autre.

« Tu te rends compte de ce que tu me demandes Luciano? » Je ne crie plus, j’en suis incapable. Parce que j’ai soudain peur de ce qui peut se dire. Est-il conscient qu’avoir un enfant, cela signifierait nous mettre de côté ? Devoir le partager avec quelqu’un d’autre ? Devoir me mettre moi de côté, pour devenir mère de cet enfant. Devoir renoncer à tout ce que j’ai bâti en espérant pouvoir atteindre un podium de sable qui me glisse sous les pieds. Ma carrière en prendrait un coup, mais, je pourrai m’en remettre. Simplement parce que cette carrière là n’était qu’une passion absolue avant de devoir prendre la tête de la société familiale. Prendre du bon temps avant de devoir faire face aux obligations.

« Que se passera-t-il Luciano, quand je t’aurai donné l’enfant divin ? Un être parfait alors que moi, je ne serai plus rien de celle que tu aimais ? Mentalement. Physiquement. Quand je ne serai plus ta femme, mais la mère de ton enfant. » Je ne m’arrête que pour essayer la première larme qui ose se faire un chemin du coin de mon oeil à ma joue. « Que se passera-t-il Luciano quand tu auras quelqu’un d’autre à aimer? »



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Sujet: Re: I am falling, say my name and I'll lie in the sound... ( le Mar 23 Oct 2018 - 22:12 )

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Ma femme a été choyé toute sa vie. Le soleil a toujours brillé, les planètes se sont alignées pour lui donner tout ce dont elle pouvait rêver. A commencer par une famille aimante, des parents aisés et attentionnés, qui la couvraient de marques d’attentions, d’affections. Ce qu’elle voulait, ce qu’elle désirait, elle l’obtenait. Il en a toujours été ainsi, et probablement que ça le restera jusqu’à la fin des temps. 

L’amour, la sécurité enfant je ne l’ai pas connu. Ma mère a fait de son mieux pour combler l’absence de mon père mais le manque d’argent l’éloignait souvent de notre minuscule appartement. Vide. Elle cumulait des petits boulots mal payés ou elle était exploitée, rendrait tard, épuisée. J’ai dû apprendre à me débrouiller seul, à faire taire mes angoisses de petit garçon qui voulait seulement un câlin de sa maman avant d’aller dormir. Sans parler du fait que pendant toute ma chaotique scolarité j’ai essuyé les moqueries, les railleries de mes soi-disant camarades qui pointaient du doigt mes vêtements usagés, démodés et qui riaient car aucun papa ne venait le chercher à la sortie de l’école. C’est Sienna la première qui a porté un regard particulier sur moi, la première qui a considéré que je n’étais pas différent mais à part. Je me sentais enfin important pour quelqu’un et c’est dans ses bras que je me suis endormie pour la première fois serein.

Avec le recul nécessaire, les années passées à ses côtés j’ai commencé à me demander si elle m’aimait, moi, et non pas le jeune homme qui s’est accroché à elle comme à une bouée de sauvetage pour ne pas couler. Ne pas sombrer. C’est elle et elle seule qui a aidé le garçon apeuré à sortir la tête de l’eau. Comment penser, comment croire qu’une fille comme elle puisse un jour s’intéresser au pauvre type que j’étais. Moi, alors assoiffé d’amour et reconnaissance, la laissant à peine respirer. Immature, mal assuré, il me fallait constamment des preuves, des témoignages des gages de son inclinaison de son attachement. La plus belle de toute aurait sans doute été un enfant...

Aujourd’hui encore je sais que la vie sans elle aurait été sans saveur, sans challenge, seulement en la laissant me façonner je me suis transformé. Exit celui qui avait si peu confiance en lui, celui qui voyait en sa femme un guide. J’ai attendu en vain qu’elle le comprenne et ne se considère plus comme tel. Que nous nous donnions d’autres défis à relever. Mais non, il a fallu qu’elle s’entête, qu’elle s’acharne à ne pas prendre en compte mes désirs, juste les siens que j’ai comblé en prenant mon mal en patience. Jusqu’à ce que... je pose les yeux sur Pia lors de cette mémorable soirée. 

A bout de patience je l’entends me demander si ce qui nous arrive est de sa faute. Une fois encore. Une fois de trop. Que veut-elle à la fin, que je me jette à ses pieds, que je lui assure, la rassure qu’elle est parfaite comme elle est ? Décidément je n’en ai ni l’envie ni le courage. Ce soir je jette l’éponge, efface l’ardoise et amorce cette confrontation que j’aurais dû il y a longtemps affronter. " Tu veux vraiment chercher un coupable Sienna ? " Lentement je m’avance vers elle le doigt levé pour la pointer. Je ne l’exprime pas verbalement mais mon attitude mon corps semble la désigner comme unique responsable. J’ai soudain honte de mon comportement, me ravise, retrouve une position moins accusatrice... Jusqu’à ce qu’elle lâche le fond de sa pensée. 

C’était donc ça sa crainte, sa peur... de devoir me partager ? Je m’écroule sur le lit, désabusé tandis qu’une larme roule doucement sur ma joue. " Tu n’as rien compris... " Je me répète en me cachant derrière mes mains. J’aimerais lui expliquer que l’amour ne s’emprisonne pas, qu’il se partage au contraire à l’infini. Qu’en nous repliant l’un sur l’autre elle nous a étouffés, sclérosés. " Tu l’as toujours considéré comme un sacrifice ce bébé. Tu n’as jamais... " Ma voix s’étrangle. " Jamais envisagé que toi aussi tu pourrais l’aimer ?! "

C’est ce moment inopportun qu’elle choisit pour me sortir une énième litanie. Ces sons dissonants qui s’échappent de sa bouche me sont de plus en plus insupportable, intolérable. " Je n’entends rien à ce que tu me racontes Sienna. Rien. Cette idée que tu t’es fourré dans la tête est la plus bête, la plus stupide de toute ta vie, et elle a empoisonné la nôtre. Si tu me l’avais donné cet... comment tu l’appelles déjà... enfant divin alors je t’aurais sans doute adoré, adulé, vénéré plus que jamais. A suivre tes plans particulièrement, complètement bornés et benêts regarde où on en est ! " Passant à côté d’elle sans la regarder, je récupère mon oreiller. Je n’ai plus qu’une seule envie... me coucher et arrêter de l’écouter. " Ce qu’il va se passer Sienna ? Franchement ce soir je n’en ai plus la moindre idée... "


 



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