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- Le retard est la politesse des artistes. // Demetrio -

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Vera VenezzioLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Le retard est la politesse des artistes. // Demetrio ( le Sam 28 Juil 2018 - 14:05 )
Cette journée s’était annoncée pourtant sous de bons auspices. Elle devait retrouver plus tard dans la matinée Demetrio pour une virée en bateau : cela faisait longtemps qu’ils n’avaient pas passé un peu de temps ensemble. Winston étant en vacances sur les terres anglaises : elle avait le droit à un peu de répit même si avoir son fils à ses côtés n’était pas une contrainte en soit. Le principal étant qu’il aille voir ses grands-parents de temps à autre. Avec l’héritier il semblait bien plus tendre : comme ils l’ont été avec Winston de son vivant. Au moins, son petit garçon n’aurait pas à recevoir une éducation stricte. Avoir un peu de temps pour soit voulait également dire prendre soin de sa santé. Il y a une semaine de cela, elle est allée voir son docteur pour faire un check-up mais également car sa gorge commençait à la faire souffrir alors qu’elle ne s’entraînait pas autant et ne performait pas. L’idée d’être malade et de ne pas être prête pour de futures représentations la stressait alors elle préférait couper l’herbe sous le pied de l’anxiété. Elle n’avait pas encore les résultats de ses examens mais elle ne s’en affolait pas : après tout la médecine était une science précise qui ne saurait être pressée.
En cette belle matinée ensoleillée, elle prépara le pique-nique en chemise de nuit. Autour de son cou trônaient toujours la chaîne et le pendentif offerts par Alessio avec leurs initiales. Symbole d’un amour maintenant l'officiel. Pour son plus grand plaisir il fallait l’admettre. Quand le fax sonna dans ce qui était devenu à la mort de son mari son bureau, elle fronça les sourcils. Léchant ses doigts avant d’essuyer ses mains sur sa chemise de nuit : elle se dirigea rapidement vers l’appareil. Attrapant la feuille, elle comprit rapidement que cela venait de l’hôpital. Les chiffres sur le papier ne voulaient rien dire pour elle, pourtant, le fait qu’ils soient en gras ne la rassurait pas. Elle tenta de déchiffrer l’écriture de son docteur sur la feuille mais n’y arriva pas. Son portable sonna et elle retourna dans la cuisine pour décrocher. Le Docteur Martinez avait une voix grave : lui d’ordinaire joyeux. Il demanda à la cantatrice de venir le voir aujourd’hui. Sur le qui-vive, inquiète : elle tenta de lui tirer les vers du nez pour en savoir plus mais cela était peine perdue : il ne dirait rien au téléphone. Elle regarda sa montre et se dépêcha de terminer les sandwichs avant de les emballer et de les ranger dans la glacière.

Une demi-heure plus tard, elle était dans sa voiture, elle avait juste le temps de passer voir le Docteur puis d’aller au port où devait l’attendre Demetrio. En garant sa voiture sur le parking, elle resta quelques instants accrochés au volant : elle avait peur. Peur de ce que le professionnel de santé allait lui annoncer. S’il n’y avait rien : il lui aurait dit pas téléphone non ? Pourquoi faire durer le suspense de la sorte ? Prenant une grande inspiration, elle sortit de sa voiture et s’avança vers le hall d’accueil. Plusieurs personnes attendaient, dont deux militaires dans leurs uniformes. En voyant Vera, la secrétaire lui fit signe de s’approcher.

« Le docteur vous attend. »
La cantatrice tenta de répondre au sourire de la femme qui se tenait devant elle alors qu’elle la remercia. Marchant rapidement, elle frappa à la porte : il n’y avait plus de retour possible maintenant.

Elle ressortit vingt minutes plus tard, blanche : se tenant à l’encadrement de la porte du bureau pour ne pas s’effondrer. Le Docteur l’aida à s’asseoir et une fois certain qu’elle n’allait pas s’évanouir demanda au patient suivant de rentrer. Vera ne savait pas si elle devait pleurer, rire nerveusement ou bien se lamenter. Son téléphone sonna et elle le sortit machinalement de son sac. Elle était en retard. Elle se racla la gorge et décrocha pour répondre à Demetrio :

« J’arrive, je suis là dans une quinzaine de minutes. Je suis désolée, j’ai eu un empêchement de dernière minute… Hm… Ok, à tout de suite. »

Elle raccrocha rapidement, avait-il senti que quelque chose n’allait pas ? Elle respira profondément avant de se lever et de retourner à sa voiture. Il lui fut difficile de conduire : son esprit était ailleurs et non sur les signalisations de la route. Elle arriva cependant à bon port et se gara près des quais. La glacière en main, elle monta sur les docks et sourit timidement en voyant Demetrio. Elle monta à bord et le prit rapidement dans ses bras :

« Je suis encore désolée du retard. » Elle posa la glacière. « J’espère que cela ne fait pas trop longtemps que tu attends… Je te payerai le repas ce soir pour me faire pardonner. »

Un sourire pour cacher son désarroi : elle ne pensait pas être capable de duper celui qui possédait le cœur de son frère mais elle voulait essayer quand même. Elle tentait de partir sur une conversation légère, mais ce n’était pas facile. Vera n’arrivait pas à soutenir son regard, il n’était pas idiot : il devinerait que quelque chose ne va pas ; mais se plonger dans ses yeux la trahirait définitivement. Alors, elle préféra contempler le pore du bois utilisé pour l’intérieur du bateau de son ami.

« On a de la chance, il va faire encore beau aujourd’hui. » Elle cligna plusieurs fois des yeux et se décida à relever ces derniers pour le regarder : « On y va ? »


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Demetrio ClarizioLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Re: Le retard est la politesse des artistes. // Demetrio ( le Mar 7 Aoû 2018 - 20:52 )
Sur la table, Demetrio pose un cocktail de fruits, ainsi qu’un café pour lui, le deuxième déjà. Le regard de Charlotte le suit constamment et dès qu’il pose le sien sur elle, son sourire s’élargit. Ca fait bien longtemps qu’il ne l’avait pas vue aussi rayonnante et pour cause, suite à leur rupture, ils ont coupé les ponts. Son amie s’en est allée, à essayé de se retrouver, elle, ses objectifs et si elle a su trouver de la stabilité, elle n’a pas réussi à oublier ses premiers amours : Naples et lui qui est tout aussi ravi de la voir, un peu perdu également. Tirant sur la chaise, il se rapproche de Charlotte pour être à ses côtés, plutôt qu’en face d’elle et encercle sa boisson de ses mains, sans la quitter des yeux. Elle lui a manqué, c’est une certitude. Sa présence, mais également l’entendre, échanger. « Continue, ton séjour. » A tel point qu’il en redemande, souhaite qu’elle lui raconte la suite de son voyage. Ce n’était pas des vacances à proprement parler, puisqu’il a fallu travailler sur place pour avoir de quoi se nourrir, financer une chambre partagée avec d’autres personnes, mais elle a pu partir un peu, voir du paysage, en passant par l’Espagne, le Portugal, la Corse, remontant par la France, la Belgique, l’Allemagne, le Royaume-Uni. Ca lui a donné de la confiance qu’elle n’avait pas autrefois et des couleurs, même si sa peau neige a dû rougir plus d’une fois avant de devenir bronzée. Souriante, elle se lance alors, raconte une nouvelle anecdote, puis pensive, souffle : « Tu sais, ça m’a donné une raison de vivre, de me sentir bien dans ma peau. Le contact humain, les gens… J’ai d’ailleurs postulé à l’office de tourisme. J’ai un entretien bientôt. » confie-t-elle, en posant une main sur le poignet de Demetrio. « Je suis trop longtemps partie et j’aimerais retrouver un pied à terre, mais pas au point de m’enfermer. » Avec tendresse, il pose sa main sur la sienne, la presse doucement. « Il faudrait qu’on arrive à se parler tous les deux. J’ai tellement de questions à te poser, tellement de choses à te dire. » Et il ignore comment s’y prendre exactement, mais ce n’est pas le moment pour ça. « Trente minutes ne suffiront pas. Tu penses que c’est possible de te libérer, demain ? » Et il aimerait que ce soit le cas. Par chance, Charlotte acquiesce. Son visage enchanté perd de sa superbe lorsqu’elle sort une enveloppe de son sac pour la glisser sur la table. « Donne ça à ton père, s’il te plaît. » La surprise se lit aisément dans ses yeux et curieux, en prenant l’enveloppe entre ses doigts, il s’apprête à l’interroger, mais elle le devance, lui demande de ne poser aucune question, lui dit que son père comprendra, mais il insiste. « Qu’est-ce que c’est ? » Sa voix est ferme, déterminée. Il souhaite comprendre. « C’est en rapport avec nous ? » « Trente minutes ne suffiraient pas à t’expliquer. » Reprendre sa même phrase pour le faire patienter, et surtout, pour ne pas se justifier dans l’immédiat. Demetrio n’insiste pas plus, mais espère bien avoir ses réponses le lendemain. C’est avec plus de légèreté qu’ils terminent ce petit-déjeuner et qu’il la quitte, prenant la direction du port, là où il attend Vera.

Les minutes passent et la jeune femme est en retard. En terminant les préparatifs, Demetrio l’appelle, pour avoir confirmation de sa présence. Seulement, son inquiétude ne disparaît pas : sa voix n’était pas comme à son habitude. Dès qu’elle arrive, il lui rend son étreinte et pose ensuite ses mains sur ses épaules. « Si ça peut te faire plaisir. » Même si ce n’est pas ce qu’il attend. « C’est bien pour la journée, et, oui, je n’attendais plus que toi. » Là, il récupère la glacière pour l’emporter avec lui un peu plus loin, plus proche de la barre, mais se tourne de nouveau vers Vera. « Est-ce que tout va bien ? » Ils ne se connaissent pas encore très bien tous les deux, mais sont suffisamment proches pour qu’il se permette une telle question. « Tu avais une voix étrange tout à l’heure. Il y a un problème ? » Ou se fait-il des films ?


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Je le sens, je le sais, quand t'as mal à l'autre bout de la terre. Quand tu pleures, pendant des heures, sur mon cœur. Je pourrais hurler, le jurer même si je ne vois rien. D'où je suis, je sens ton chagrin. Quand je me vois sans tes mains, sans tes bras, je ne peux plus respirer. Et j'entends si souvent le chant du vent qui vient pour me ramener vers tes Landes. Quitter ma vie sans préavis, je le ferais. Si tu m'aimes.
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Vera VenezzioLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Re: Le retard est la politesse des artistes. // Demetrio ( le Sam 11 Aoû 2018 - 19:37 )
Vera conduisait prudemment, même si son esprit était ailleurs : bien loin de la réalité. Qu’allait-elle faire ? Elle avait peur évidemment. Son premier réflexe avait été de sortir son portable et d’afficher le numéro d’Alessio sur l’écran : mais elle s’était ravisée. Après tout, il n’y avait pas de raisons de s’alarmer… ? N’est-ce pas ? Voilà ce qu’elle se répétait encore et encore. Pourtant, force était de constater que ses mains tremblaient, que ses yeux s’embrumaient progressivement sans qu’elle ne puisse se contrôler. Elle ne niait pas ce qui lui arrivait, ni évitait la fatalité qui tombait sur les personnes atteintes d’un cancer : disons qu’elle avait juste du mal à avaler la pilule. Dans tous les sens du terme. Au feu rouge, elle souffla longuement et baissa la tête quelques instants pour tenter de se ressaisir. Elle le devait. Elle ne pouvait pas déjà abandonner : le combat ne faisait que commencer. La voiture derrière elle mit un terme à ses pensées quand elle l’entendit klaxonner. Elle redémarra et se concentra sur la route pour ne pas penser plus longtemps à cette boule dans sa gorge qui pouvait mener à la mort si jamais cela n’était pas traité rapidement. En se garant, elle prit une longue respiration avant de couper le moteur et sortir. La glacière à la main, elle prit la direction du ponton pour pouvoir rejoindre le bateau de Demetrio. Elle aurait aimé ne pas être aussi pâle, l’esprit léger : seulement soucieuse de passer un bon moment avec un homme qui valait la peine d’être connu.
Ouvrant ses bras, elle le serra contre elle quelques instants avant de rapidement s’éloigner pour ne pas pleurer. Elle devait tenir bon. Craquer, peut-être, mais pas tout de suite. Il était hors de questions de commencer cette après-midi sur une mauvaise note. Promettant de l’inviter, elle sourit un peu plus franchement :

« Avec grand plaisir. » Elle était sincère. En réalité, elle ne se sentait pas de passer la soirée toute seule, alors la présence de Demetrio ne serait pas de refus. Et puis… Vrai qu’elle se sentait confuse d’arriver en retard : cela ne lui ressemblait absolument pas. « Génial, partons vite au cas où la misfortune viendrait ternir ce jour ensoleillé. »

Parler du beau temps : voilà une façon comme une autre de ne pas discuter du sujet qui fâche et qui turlupine son cerveau depuis qu’elle est sortie du bureau de ce qui allait être son médecin. Elle sourit quand il affirma que le soleil allait rester toute la journée. Elle était bien en aise de savoir que finalement… Cette journée ne serait pas si terrible. Le laissant prendre la glacière, elle s’installa sur la banquette derrière le volant du bateau. Demetrio posa finalement la question qu’elle redoutait mais que toute personne censée poserait. Vrai qu’elle n’avait pas bonne mine : pas besoin d’être Nostradamus pour le comprendre. Vera soupira longuement et passa sa main dans ses cheveux. Elle n’était pas sereine, elle ne savait pas par où commencer. C’est pourquoi, elle laissa le silence s’installer sans ressentir le besoin de le briser. Elle finit par se racler la gorge, avant d’avaler sa salive : regrettant immédiatement ces deux gestes instinctifs mais aujourd’hui douloureux.

« La raison de mon retard… » Elle prit une longue inspiration et redressa sa tête : « J’étais à l’hôpital. » Autant ne pas passer par quatre-chemins. Avant de laisser les pensées de Demetrio s’affoler, elle coupa l’herbe sous le pied des spéculations : « J’ai profité de l’absence de Winston pour aller voir le docteur et faire un check-up. Quand je lui ai dit que j’avais constamment mal à la gorge : il l’a palpé et par mesure de sécurité m’a envoyé faire une laryngoscopie. Les résultats sont arrivés aujourd’hui. » Veronica regarda l’horizon : « J’ai un cancer, Demetrio. » Un rire ironique sortit de ses lèvres, juste assez pour souligner l’ironie de ce qui allait suivre : « Normalement, ça touche les hommes de plus de cinquante ans qui fument et boivent : l’ORL était surpris lui aussi. Moi qui aie toujours pris soin de ma gorge, la voilà qu’elle me trahit. » Cela était triste à entendre, mais la vérité n’était jamais facile à accepter. Cela se saurait : le mensonge n’existerait pas dans ce cas.

Posant son regard à nouveau sur Demetrio, une larme coula sur sa joue, puis deux, trois avant qu’elle essuie ses joues en se forçant à sourire :

« Mais… Mais ce n’est pas grave n’est-ce pas…? L’ORL à dit qu’il était encore temps de faire quelque chose mais il y avait un risque que je ne puisse plus jamais rechanter comme avant. » Elle essuya ses mains sur sa robe en jeans. « Tu m’imagines… ? Ne pas pouvoir monter sur scène ? Changer de carrière ? » Elle hocha la tête : « Je ne pourrais pas… La chanson : c’est toute ma vie. L’Opéra mon univers. »

Vera renifla et leva ses yeux au ciel pour tenter d’arrêter de pleurer ; pourtant elle n’avait envie que d’une chose et cela était d’exploser en larmes. Craquer. Enfin. Sous les yeux ce lui qui portrait le coeur de son frère. Et dire que la cantatrice avait toujours tenté de faire bonne figure devant lui : la voilà en train de pleurer sur son sort au lieu de lever ses poings pour se battre.


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Sujet: Re: Le retard est la politesse des artistes. // Demetrio ( le Dim 14 Oct 2018 - 15:19 )
L’hôpital. La révélation lui glace le sang, alors que son monde cesse soudainement de tourner. Impossible pour lui de ne pas s’imaginer le pire, ou de prendre cette nouvelle avec un peu de légèreté, juste dans l’unique but de la rassurer. Il ne peut pas faire ça, pas alors que lui-même a cru ne plus rouvrir les yeux à un moment où il n’espérait plus sa guérison, où il avait baissé les bras, avec la peur au ventre de l’après. Le silence ne dure que quelques secondes, puisqu’elle reprend en l’informant des détails. Un cancer. D’abord incapable de réagir correctement, sa première réaction est de se taire, laissant ses pensées négatives prendre le dessus. Vera est atteinte d’un cancer. Ils ne se connaissent pas depuis longtemps, mais leur histoire les a rapprochés si rapidement, avec une facilité déconcertante et bien qu’il soit conscient que la vie n’est pas éternelle, ça lui fait un choc. C’est brutal. Il se reprend néanmoins, la bouche entrouverte qu’il referme aussitôt pour déglutir. Bon sang. Que dire dans de pareilles circonstances ? Rien. A l’époque, il n’attendait pas à ce qu’on le réconforte, ni à ce qu’on lui souffle de belles paroles pour que son cœur s’allège un peu. Juste qu’on l’écoute et qu’on soit présent. Ce qu’il fait immédiatement en posant ses mains sur ses épaules et en la ramenant tout contre lui. Un geste affectif spontané, témoignant de ce qu’elle représente pour lui, mais également là pour lui offrir un peu de soutien. « Je sais que tu as peur. » Il le comprend. Elle-même sait qu’il ne ment pas, que ce ne sont pas des paroles en l’air, ou dites sur le ton de l’empathie. Il sent qu’elle craint le pire. « C’est probablement dur, ce que je vais te dire. » Là, il s’écarte de quelques centimètres, de sorte à croiser son regard. « Mais le plus important, pour le moment, ce n’est pas ta voix. » C’est de se sortir de tout ça, de soigner, éliminer les cellules cancéreuses, éviter que ça ne se propage. « Je sais que tu es effrayée, que tu penses au pire. » Et il y pense également. Parce qu’il sait que c’est possible, parce qu’il est à même de pouvoir saisir le degré d’importance. Il passe sa main en douceur sur sa joue, efface quelques larmes de son pouce, sans vouloir les empêcher de rouler sur sa peau à présent salée, mais parce qu’elles se trouvent sur son passage. C’est dur pour lui de la voir comme ça. « Et je ne vais pas pouvoir te mentir en te promettant que tout va s’arranger. Je l’espère. J’espère sincèrement que tu t’en sortiras sans aucune séquelle, que ta voix reviendra comme au premier jour. » Il relève son visage en appuyant son index sous son menton, puis dépose un baiser protecteur sur sa tempe. « S’il y a des chances que tu ne la perdes pas, alors tu as raison d’y croire. Mais le plus important, là, maintenant, c’est de prendre en charge tout ça. Tu as un suivi régulier ? Un chirurgien s’occupe de toi ? Tu as pris rendez-vous ? Veux-tu que je m’en occupe ? » Côtoyant l’hôpital depuis si longtemps, il a quelques relations, dont son chirurgien attitré à qui il peut envoyer un message pour lui informer de la situation urgente, lui demander s’il ne peut pas le mettre en contact avec l’un de ses confrères. Qu’importe, il est là si elle a besoin de n’importe quoi, même seulement d’une épaule. « Tu vas l’annoncer à ton fils ? » Et ça, il ignore comment elle va devoir s’y prendre. Les enfants peuvent comprendre les choses, les sentir, mais… C’est sa mère et ça reste délicat.


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Je le sens, je le sais, quand t'as mal à l'autre bout de la terre. Quand tu pleures, pendant des heures, sur mon cœur. Je pourrais hurler, le jurer même si je ne vois rien. D'où je suis, je sens ton chagrin. Quand je me vois sans tes mains, sans tes bras, je ne peux plus respirer. Et j'entends si souvent le chant du vent qui vient pour me ramener vers tes Landes. Quitter ma vie sans préavis, je le ferais. Si tu m'aimes.
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Sujet: Re: Le retard est la politesse des artistes. // Demetrio ( le Sam 20 Oct 2018 - 20:08 )
Vera ne voulait pas mentir à Demetrio, elle ne voulait pas lui cacher ce qui venait lui arriver. Elle savait déjà qu’elle allait devoir garder le silence devant beaucoup de personnes : il est hors de question qu’elle le fasse devant celui qui était vivant grâce à son frère. Elle lui faisait confiance. Son majordome n’avait de cesse de la mettre en garde, mais elle s’en moquait royalement. Il la rendait heureuse même si en cet instant le manque de sourire sur son visage lui donnait un air lugubre. Quoi de plus normal quand on sait ce qu’elle venait de vivre et le long chemin qui s’ouvrait maintenant devant elle. Encore fallait-il qu’elle prenne la bonne route et pour cela : elle espérait que l’homme devant elle puisse l’aider ; la conseiller. En cet instant : elle avait besoin d’une épaule, elle ne voulait pas être la femme forte et indépendante qui s’est construite depuis la mort de son époux. Juste une personne lambda qui pleure, qui hurle sa peine : qui est désemparée de la situation. Le silence qui s’installe : Vera ne tente même pas de le briser. Elle reste silencieusement, les mains jointes : elle laissait le temps à Demetrio de digérer la nouvelle. Quand il posa sa main sur son épaule, elle la regarda avant de poser sa joue dessus. Rapidement, cependant, elle se retrouva dans ses bras. Contre sa poitrine, près du cœur de Winston, elle renifla et ferma les yeux : laissant couler de lourdes larmes. Elle tente d’être discrète, mais comment l’être ? Il savait. Évidemment qu’il savait. Les personnes qui ont besoin d’un cœur sont rarement en bonne santé. Elle était terrifiée, il avait raison. Vera se mit à trembler, elle passa ses bras autour de lui pour serrer son haut. Quand il la force à le regarder dans les yeux, elle prend sur elle pour rouvrir ses paupières. Son regard dans le sien, elle n’arrive pas à le tenir et à peine a-t-il fini de parler qu’elle baissa à nouveau la tête.

« Ma voix… C’est ce que je suis. C’est la seule chose que j’ai. Je ne suis pas douée pour autre chose. » Et cela la terrifiait. Elle aimait jouer sur scène ; elle aimait voir parfois le regard des spectateurs s’illuminer devant sa performance.

Évidemment qu’elle pensait au pire. Demetrio lisait en elle comme dans un livre ouvert ce qui était déconcertant mais la cantatrice ne s’en offusqua pas. Bien au contraire : cela lui évitait de parler et d’exprimer ces sentiments qui déchiraient son cœur et noyait son esprit dans un désarroi total.

« Personne ne peut rien me promettre… C’est ce que le docteur a conclu avant que je sorte de son bureau. » Elle leva ses yeux au ciel pour tenter d’arrêter ses larmes : peine perdue. Elles continuaient de couler anarchiquement sur son visage. « La seule chose que je puisse faire… C’est espérer que si je suis le traitement, que si l’opération se passe bien : je pourrais remonter sur scène. Mais la chance n’a jamais été de mon côté alors je ne veux pas me voiler la face. »

Le baiser sur sa tempe la fait sourire tristement. Ses épaules se relâchèrent, un long soupire traversa ses lèvres alors que ses yeux se fermèrent à nouveau. Quand il lui posa mille et une question, elle avala difficilement sa salive. Elle ne savait pas ce qu’elle devait faire… Vera était perdue. Si avant c’était vers Winston qu’elle se tournait : Demetrio semblait maintenant avoir pris le rôle de guide.

« Mon premier rendez-vous aujourd’hui. Il m’a conseillé de rapidement prendre ma décision. Il peut m’opérer à la fin du mois si je l’appelle avant la fin de la semaine. Il s’appelle : Ernesto Lombardi. » Elle sourit un peu plus tristement. « Je me doute malheureusement que tu connaisses une panoplie de docteur. »

L’annoncer à son fils. Elle soupira longuement et s’éloigna pour s’asseoir. Demtrio posait de bonnes questions. Peut-être même trop pointilleuse. Sa salive passait difficilement : il lui avait donné des antidouleurs en attendant ; mais la douleur était belle et bien là.

« Oui… En temps et en heure. Je vais lui expliquer la situation, lui dire que ça va aller même si c’est lui mentir. Je ne peux pas lui donner le côté pessimiste de la situation hein ? Il est assez grand je sais pour tout comprendre mais je veux garder son innocence et sa candeur le plus longtemps possible. »

Elle regarda ses mains. « S’il n’y avait que moi dans cette aventure, je continuerais de chanter jusqu’à m’épuiser et laisser la maladie l’emporter. Winston, c’est lui qui me fait hésiter, qui me pousse aussi à accepter l’idée que je vais devoir me battre pour me vivre. »

Vera releva sa tête pour regarder autour d’eux : « Semblerait que j’ai gâché la promenade hein ? » Elle reposa son regard sur Demetrio : « Prendre le large cependant semble être une bonne idée. Peut-être que mes idées seront plus claires après. Mon géniteur disait toujours que l’air marin apporte la sagesse et les bonnes idées. Le seul point sur lequel je pense qu’il a raison. »


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Métier : multimilliardaire, PDG de plusieurs entreprises. En Italie, il est principalement connu pour sa multinationale de construction navale. Ses bateaux servent le plus souvent aux expéditions, croisières. Il détient également le bar Dolce Vita à Posillipo.
Sujet: Re: Le retard est la politesse des artistes. // Demetrio ( le Dim 4 Nov 2018 - 18:03 )
« Tu as tort. » rétorque-t-il, aussitôt, incapable de la laisser croire que le chant est tout ce qu’elle a de plus important. Ca ne la définit pas. Pas uniquement. Evidemment, ça participe à ce qu’elle est devenue aujourd’hui. Ca l’a sans doute aidé à devenir plus forte et il imagine sa peine si elle devait tout abandonner à cause de sa santé… Mais à côté de tout ça, elle a son fils qui embellit ses journées, son quotidien. Il ne les connait pas depuis si longtemps, mais dans le regard attendri de la maman, il a compris toute l’affection qu’elle lui portait. Si demain, on lui demandait de faire un choix entre elle et lui, sans nul doute que Vera choisirait son enfant. Chose qui semble tout à fait normale, mais pas pour Demetrio qui a connu une mère en-dessus de tout et qui a préféré son bonheur, son égoïsme, ses œillères, plutôt que protéger son fils en pleine souffrance, qui lui criait que tout allait mal. Un appel au secours qui n’a pas été relevé. Ce n’est donc pas donné à tout le monde d’avoir un parent prêt à tous les sacrifices pour le bien de son rejeton. Vera, elle en est capable. « Tu es douée pour tellement de choses, Vera et la plus importante, c’est ce que tu fais pour Winston. Te rends-tu compte de tout le chemin que tu as fait avec lui ? C’est un gamin heureux. » Et ça, ça vaut tout l’or du monde. « Je comprends, tu sais… » Et il ne le dit pas pour la pousser à aller mieux, mais bien parce qu’il le pense. Ca se voit dans ses yeux. Sa sincérité se lit pleinement dedans. « Je comprends tes craintes. » Le jour où on ne lui a pas laissé sa chance, où on lui a fermé la porte au nez, il a un instant eu peur de devoir abandonner ses rêves. Et les bateaux, la construction, c’était tout ce qu’il savait faire de mieux. Si demain on lui disait que son rêve s’envolait, qu’il ne pourrait plus en construire, il serait probablement perdu, alors il se met à sa place. Ceci dit, il voit également ce qu’il y a de plus urgent : sa santé. Il aimerait être de ceux qui peuvent aisément dire que tout ira bien, lui promettre la lune, mais lui comme elle sont conscients que ce ne sont que des paroles dans le vent, utilisées pour se réconforter. C’est ce que son père a longtemps fait pour le maintenir la tête hors de l’eau, alors qu’il se rapprochait d’une mort certaine. Mais lui ne peut pas faire ça. Vera va vivre après son opération. Il ne peut pas lui mentir sur son sort, lui donner un espoir qu’on lui volerait ensuite, même si, d’un autre côté, c’est peut-être ce dont elle a besoin. Mitigé, il resserre son étreinte autour de son petit corps. « Garde un peu espoir. Il y a une chance que tout ne se termine pas en catastrophe, alors essaie de te raccrocher à ça. » Bien qu’il peut tout à faire comprendre qu’elle n’en ait pas l’envie. Ca sert à quoi, d’être déçu ? « Je prends la suite. Je m’en charge. Il faut que tu te fasses opérer. » Ce n’est pas comme si elle était toute seule. Elle-même vient de le relever ; elle a son fils. La merveille de son monde, celui qui arrivera à lui redonner goût aux plaisirs de la vie, si jamais ça ne se déroulait pas comme prévu. Du moins, il l’espère très fort. « C’est tout à fait compréhensible. » dit-il, en acquiesçant d’un signe de tête. « Tu es une mère incroyable. » Il n’en doutait pas, mais elle vient une nouvelle fois de le lui prouver. Il secoue la tête à sa question. « Ton géniteur avait raison. » Est-ce d’ailleurs normal qu’elle l’appelle ainsi ? « Géniteur ? » ne peut-il s’empêcher de répéter, en retirant la corde qui relie son bateau au ponton. Une fois fait, Demetrio s'avance vers Vera et efface quelques larmes avec son pouce. Ca lui resserre le cœur de la voir aussi mal.


Demetrio & Magda
Je le sens, je le sais, quand t'as mal à l'autre bout de la terre. Quand tu pleures, pendant des heures, sur mon cœur. Je pourrais hurler, le jurer même si je ne vois rien. D'où je suis, je sens ton chagrin. Quand je me vois sans tes mains, sans tes bras, je ne peux plus respirer. Et j'entends si souvent le chant du vent qui vient pour me ramener vers tes Landes. Quitter ma vie sans préavis, je le ferais. Si tu m'aimes.
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Sujet: Re: Le retard est la politesse des artistes. // Demetrio ( le Hier à 22:51 )
Des torts, elle en avait. Demetrio venait-il de mettre le doigt sur un nouveau ? Peut-être, pour ne pas dire probablement. Veronica n’avait tout simplement pas la tête à chercher ce qu’elle pouvait faire si jamais elle devait perdre sa voix. A l’instant : il n’y avait rien de pire. Alors oui, elle avait son fils, beaucoup d’argents, un orphelinat qui faisait sa fierté mais est-ce que cela pouvait combler le vide qui s’installerait dans sa vie dans le cas où elle ne pourrait plus chanter ? Cela était peu probable. Elle avait passé tellement d’années à s’entraîner, à avoir un timbre si parfait que son professeur de musique disait souvent que les anges devaient pleurer en l’entendant chanter. C’est pourquoi elle ne pouvait tout simplement pas accepter de perdre ce qui la définissait autant. Sa carrière était la seule chose, qui depuis le premier jour, lui a appartenu. Quelque chose que ni son père, ni son mari n’ont contrôlés. Sa plus grande fierté qui devait partager la première place avec son fils.

« Winston est un enfant intelligent et indépendant maintenant… Bientôt ses hormones feront le travail et il ne voudra plus me parler. Ca a déjà commencé. » Souffla-t-elle. Il devenait de plus en plus dur avec elle bien qu’il trouve toujours la force de venir s’excuser et lui dire gentiment qu’il l’aimait. « Je sais que tu as raison, que ma voix… Ce n’est pas tout dans ma vie, mais… » Mais elle ne pouvait tout simplement pas accepter l’idée de perdre son don.

Demetrio lui coupe l’herbe sous le pied en disant qu’il comprenait. Évidemment qu’il devait savoir ce don elle parlait. Lui-même avait eut son lot de problèmes. C’était terriblement égoïste de sa part de venir pleurer dans les bras de celui qui a attendu elle ne savait combien de temps un cœur pour remplacer le sien malade. Elle se lova un peu plus et se contenta de serrer sa chemise sans répondre. S’il comprenait, elle n’avait pas besoin de rajouter des mots. Il ne disait pas juste ça pour mettre du baume sur son cœur. Il était sincère et même s’il ne l’était pas : elle voulait se bercer dans l’illusion qu’il n’oserait pas lui mentir. Un mal pour un bien en somme.

« Espoir hein… ? » Elle eut une risette à la fois triste et amusée : « Il n’a jamais été de mon côté. Je n’ai jamais pût me reposer sur ce traître. » Elle avait espéré que cela soit une mauvaise blague l’histoire quand on lui a enfilé de force une belle robe pour l’emmener à l’Eglise. Elle avait espéré tant de fois que son mari ne la toucherait plus. Elle avait espéré que Winston s’en sorte. « Ok… » Finit-elle par souffler. « Je vais me faire opérer. » Parce qu’elle savait que Demetrio ne lui laisserait pas le choix.

Une mère incroyable ? Elle ne releva pas ce commentaire. L’était-elle seulement ? Si Guido était encore en vie : il l’aurait probablement rendu comme lui. Elle avait juste eut de la chance que le destin lui sourit enfin et lui tends la main en arrachant la vie de cet homme infâme. Veronica ne parlait jamais de son père en bon terme, elle ne l’appelait jamais par son prénom non plus d’ailleurs. Elle s’adressait à lui par un ‘Sir’ et appelait sa mère ’Lady’. Quand il répéta après elle le mot qu’elle utilisait avec d’autres pour le désigner, elle soupira.

« Il n’a jamais mérité que je l’appelle autrement. »
Vera laissa Demetrio retirer la corde et en repassant devant elle essuya une larme : « C’est lui qui m’a marié de force à seize ans avec le père de Winston. Lui qui n’a jamais levé le petit doigt pour éviter les traitements que m’infligeait Guido. Ma génitrice non plus ne faisait rien d’ailleurs… Winston a essayé mais… » Son cœur se serra un peu plus : « Mais après notre dispute il m’a lui aussi laissé toute seule face à lui. »

Elle se leva et suivit Demetrio jusqu’à la salle de commande et s’installa sur la banquette derrière le volant. Elle regarda l’horizon :

« Est-ce que ça te semble idiot si je te dis que je ne sais pas quel est le prochain pas que je dois faire… ? J’ai l’impression qu’il y a mille et une chose que je dois impérativement faire avant d’envisager quoique ce soit. Je suppose que c’est ce qui arrive quand on vient d’apprendre une nouvelle qui chamboule toute une vie ? » Elle tourna sa tête pour regarder Demetrio : « Ce n'est pas du tout l’humeur que j’avais escompté installer quand on a prévu cette ballade tu sais ? » Une petite risette se dessina sur son visage : « Tu m’emmènes où alors Capitaine ? » Son cancer serait encore là quand ils reviendraient n’est-ce pas ? Alors autant profiter de ce moment pour penser à autre chose, tout du moins essayer.


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