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- Alessandro - Infinito -

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Alessandro FerraraToujours frais après un litre de café
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Sujet: Alessandro - Infinito ( le Ven 10 Aoû 2018 - 0:50 )
Ero uno di quei figli, sognatori adolescenti, che non vogliono consigli e rispondono fra i denti "vaffanculo"
ALESSANDRO FERRARA
pré-lien de Frederico Dioli
Identité :Alessandro, un prénom des plus classiques pour un homme dont la vie ne l’a pas forcément été. Ses parents s’attendaient à un garçon sans histoire, ils sont tombés avec un vrai problème ambulant sur les bras. À travers les années, on lui a donné beaucoup de surnoms : Ale, Alex ou encore Alessà. Il y a aussi « Il Carro Armato », (Le Tank) héritage de sa carrière de footballeur professionnel pour son jeu physique et rugueux. Et puis il y a Sandro. C'est son père qui l'appelait comme ça quand il était plus jeune : il détestait. Maintenant, ça lui manque un peu.

Ferrara, encore une fois, un nom bien italien, typique du sud. Quand il était petit, ils n'étaient pas moins de trois à s'appeler Ferrara dans son petit club de quartier et aucun d'eux n'étaient de la même famille. Les deux autres ont aussi fini par passer pro. Comme quoi, le monde est petit.

Naissance :À son âge ? Ce n'est plus une question qu'on pose. Sans rire, vraiment. Ne faîtes pas ça. Vieillir le rend malade, il a l'idée en horreur. Il peut se montrer très immature quand on lui rappelle son âge. Ou borné quand son corps dit stop alors qu'il pense encore avoir le physique de ses vingt ans. Vraiment, ne vous aventurez pas sur ce terrain-là, vous êtes bon pour vous faire pourrir. En revanche, sa page wikipedia, sans fierté mal placée, vous dira qu'il est né il y a quarante-sept ans, à Naples, un seize juin.

Origines :D'aussi loin qu'il le sache, sa famille a toujours vécu en Italie

Statut :Divorcé depuis de nombreuses années, il a deux enfants : des jumeaux, un garçon et une fille, qui ont maintenant quatorze ans. Il ne les voit que pour les vacances scolaires, leur mère a bien fait en sorte de les priver de leur père le plus possible. La pension alimentaire, ça par contre, elle n'a pas oublié.

Dans son lit, on trouve aussi bien des femmes que des hommes, Alessandro est bisexuel. Dans sa jeunesse, il y avait un côté provocateur, rejetant tous les enseignements conservateurs qu’on avait pu lui rabâcher et qu’il avait en horreur. Mais il s’est vite rendu compte qu’il était réellement intéressé par les hommes au même titre que les femmes. Il ne l’a jamais caché, mais ne s’en est pas vanté non plus quand il était joueur professionnel, c’est un sujet encore tabou aujourd’hui. Et puis ce n’est pas comme si quelques journalistes à sensation n’avaient pas tout balancé après un flirt d’un soir en boîte de nuit... Forcément, après, c'est compliqué de passer inaperçu dans le championnat...

Métier :Ancien défenseur central qui a fait les beaux jours, si on peut le dire, du Palermo, où il a débuté sa carrière, du Brescia Calcio, de l'Atalanta Bergame, de la Juventus Turin, où il a retrouvé un de ses anciens coéquipiers de poussin, du Parma Calcio, son plus grand amour où il est resté de nombreuses années et du Napoli où il a fini sa carrière. Il compte deux capes internationales avec l’équipe nationale italienne. Mais à son âge, c’est derrière lui bien sûr. Maintenant, il est propriétaire d’un restaurant où il joue également les cuistots. Non pas qu’il ai reçu une véritable vocation pour les fourneaux, mais son père ayant été foudroyé par un cancer, et après tous les coups qu’il lui a fait plus jeune, il lui doit bien de reprendre l’affaire familiale.

Argent :Même s’il a pu flamber par le passé, il a toujours mis de côté pour avoir un airbag financier en cas de problèmes. Et depuis la naissance de ses enfants, il a toujours fait en sorte d'être capable d'assurer leur avenir.

A Naples depuis :Cela fait douze ans maintenant qu'Alessandro est revenu dans la cité napolitaine, après l'avoir quitté à ses dix-sept ans.

Alessandro, c'est un bon vivant, il aime la vie jusqu'à en être excessif parfois. C'est le genre de gars qui n'a pas froid aux yeux et qui veut tout essayer au moins une fois dans sa vie. Petit ça lui a valu quelques entorses, blessures dont il porte les cicatrices. Un petit tour au commissariat pour un vol de voiture ou entrée illégale sur une propriété abandonnée pour une fête font partie de ces faits d'armes. Il a beau eu prendre des gueulantes de son père, le voir aussi gêné face aux policiers, certains des amis ou clients réguliers du restaurant, c'était une magnifique récompense pour l'adolescent rebelle qu'il était.

Il peut se montrer très susceptible sur certains sujets, surtout lorsque l'on parle de son âge avec lequel il n'est pas à l'aise du tout. Il s'emporte, il s'insurge, il baragouine des profanités dans sa barbe (ou pas) et boude. Avant de laisser redescendre le tout et se dire que peut-être, il a été excessif. Il ne va pas changer pour autant là-dessus, son âge le déprime et ça ne va pas aller en s'arrangeant à première vue. Mais il n'a vraiment pas mauvais fond. Il parle sans réfléchir dans ces moments-là. Quand il était professionnel, il était susceptible et grande gueule de la même manière, à se battre parfois, mais toujours en laissant le fair-play reprendre le dessus à la fin du match (à moins de l'avoir vraiment cherché, les occasions ont été nombreuses après son outing...). Au sport, il est plutôt de mauvaise foi, on ne compte plus les fois où il a ergoté pendant des plombes avec ses amis ou ses adversaires en badminton, au football ou tout autre jeu. Les seules fois où il se montre beau joueur, c'est avec les enfants. En parlant d'enfants, chaque fois qu'il pense aux siens, c'est une nouvelle claque dans la figure pour son âge. Il ne les voit pas grandir et c'est une énorme souffrance pour lui. Il fait tout pour convaincre son ex-femme de demander une garde alternée plus équitable, mais elle ne veut rien entendre. Il ne va sûrement pas mêler ses jumeaux dans cette histoire, ils ont déjà assez souffert comme ça. C'est un de ces autres côtés : il est protecteur. Vous touchez à un cheveu de quelqu'un qu'il aime, ou même quelqu'un qui ne le mérite pas et il vous tombera dessus. Certains ont essayé de s'opposer, mais ils ont eu des problèmes.

Alessà aime les gens. Il aime discuter avec eux au comptoir d'un café, parler du dernier match de foot et débattre vivement s'il y avait bien faute ou pas, il aime sourire aux gens dont il croise le regard dans la rue, donner un coup de main qu'il s'agisse de touristes perdus à un conducteur dont la roue a crevé en passant par la petite mamie qui a du mal à porter ses courses ou des malheureux sans-abris à qui il donne toujours quelque chose. Sans oublier le plaisir qu'il éprouve à s'arrêter quelques instants quand on le reconnaît dans la rue et on lui demande une photo ou un autographe, rouvrant la boîte à souvenirs pendant quelques minutes. On dit de lui parfois qu'il est naïf du coup, qu'il ne se méfie pas assez des gens. En toute honnêteté, il s'en méfie, la déferlante qui a suivit son outing le lui a bien appris. Mais avec les années, les choses se sont tassés et Alessandro est parti du principe que tant qu'on ne l'attaque pas, il n'a aucune raison de ne pas être serviable avec les gens. Rien de bien compliqué à comprendre.

Bref, c'est le bon copain, toujours le cœur sur la main et prêt à aider, avec son petit caractère et ses folies (son refus de vieillir). Vous pouvez compter sur lui pour être là. À voir ensuite s'il est efficace, tout dépend du problème, c'est à vos frais.

poids :
85 kg
alcool :
5 verres (soirées)
cigarettes :
0 par jour


la chanson la plus écoutée en boucle :
Voglio Una Vita Spericolata Vasco Rossi


Conclusion de votre vie Jusqu'ici, Alessandro a une vie enviable malgré les galères personnelles : il a fait de sa passion son métier, il a joué pour son club de cœur, s'en est découvert un second avec Parme, il vit confortablement et le restaurant qu'il tient a très bonne réputation en ville. Ce n'est quand même pas rien pour un gosse qui n'a pas son bac et que l'on pensait voué à la petite délinquance dans son adolescence. Ses plus grands regrets, peut-être, sont sans doute son comportement avec son père. C'est drôle comme d'un coup, quand la maladie frappe, on se remet en question et on sent la culpabilité qui nous guette, on passe tout, on accepte tout pour le malade et quand il n'est plus là, on refait le monde, on refait le compte de tout ce qu'on aurait pu faire en mieux. Et puis comment son divorce s'est déroulé. Ses enfants étaient très jeunes (deux ans), et du jour au lendemain, ils se sont retrouvés sans père, à le voir simplement pour les vacances. Il souffre toujours et en souffrira sans doute toute sa vie : d'avoir manqué leurs rentrées scolaires, les petits bobos, de veiller sur eux quand ils sont malades, de leur apprendre à faire du vélo, à leur apprendre à lire, à jouer avec eux, à écouter leurs états d'âme, leurs joies comme leurs peines. S'il y a bien une chose qu'il changerait dans sa vie, c'est d'essayer de se battre encore plus fort pour ses enfants, de faire face à sa femme, de pardonner et de reconnaître ses torts aussi. Il donnerait n'importe quoi pour voir ses enfants plus souvent.

Ah et s'il pouvait retrouver l'amour, ça serait sympa aussi. Les flirts, c'est gentil deux minutes, mais ça ne mène pas très loin...

(un) Depuis qu'il a passé le cap des quarante ans, il faut sans cesse qu'il soit occupé. Rester sans rien faire plus d'une heure ou deux le rend dingue et il a l'impression d'être un vieil homme grabataire. Plus il s'occupe, plus il oublie les années qui passent. Et la maison désespérément vide. (deux) Il adore les enfants. Quand il a ses jumeaux avec lui, il ne s'arrête plus et fait tout pour les rendre aussi heureux que possible. Quand ces enfants ne sont pas là, il fait le tonton drôle et bravant les interdits des parents avec les enfants de ses amis. (trois) Même s'il a arrêté sa carrière il y a dix ans, il reste toujours très actif et fait beaucoup de sport : football, course, natation, musculation, badminton avec Freddy, etc. Tout est bon pour garder la forme et se dépenser. (quatre) De sa carrière, il a gardé plusieurs amis dans le monde du football, notamment ceux qui l'ont soutenu après son outing par la presse à scandale. Il entretient toujours de bonnes relations avec le club de Parme à qui il rend visite une fois par an. Tous ses amis devenus entraîneurs, recruteurs ou consultants, il les envie. Énormément. (cinq) Il n'a pas passé sa maturita (bac italien), préférant partir commencer sa carrière à Palerme. Il en fait des complexes depuis l'arrêt de sa carrière et essaye de lire beaucoup pour compenser. (six) Il est tatoué : un soleil sur l'épaule gauche et des vagues sur son flanc droit pour Naples et l'Italie plus généralement. Et un Carapuce à mi-chemin entre sa hanche et sa cuisse gauche. Ca, c'est à cause de ses enfants et de Frederico. Comme quoi il ressemble et agit comme la créature du héros dans la série animée. Il a aussi la date de naissance des jumeaux en chiffres romains engravés autour de leurs initiales tout autour de sa cheville. (sept) Même si reprendre le restaurant de son père n'était pas du tout dans ses plans et qu'il aimerait laisser tomber très souvent, il a pris goût à la cuisine et invite souvent son groupe d'amis. (huit) Il déteste se retrouver seul dans son lit le soir. Il n'a rien pour lui changer les idées alors il pense à lui qui vieillit, ses enfants qu'il ne voit pas grandir, à une personne imaginaire avec laquelle il voudrait se réveiller chaque matin. C'est pour lui le pire moment d'une journée. (neuf) Le café c'est sans sucre et sans lait, bien serré, merci beaucoup. (dix) Il est très susceptible sur son âge, il peut vite s'emporter et bouder pendant un moment. Mais tout comme son emportement vient très vite, le calme et la bonne humeur lui reviennent tout aussi vite. Il aime beaucoup trop ses amis pour leur en vouloir aussi longtemps. (onze) Depuis qu'il a confirmé sa bisexualité à la presse, il fait très régulièrement des dons pour des associations LGBT et n'hésite jamais à rechausser les crampons pour un match caritatif pour une de ces associations.
ton groupe : MACCHIATOton avatar :Pierfrancesco Favino


pseudo, prénom :TheBlackWook/Wookie | Cécilecombien de bougies ?22 ansd'où viens-tu ?Maralpaise pure et dure, la frontière italienne, toussa toussacomment t'as atterri ici ?Pub Bazzart et mon amour pour l’Italie !




Dernière édition par Alessandro Ferrara le Lun 13 Aoû 2018 - 23:45, édité 12 fois
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Sujet: Re: Alessandro - Infinito ( le Ven 10 Aoû 2018 - 0:50 )
Alessandrochissà se tu mi penserai
"Aïe !" Les chutes d'arbre ne sont pas agréables. Je me prends le poignet qui me fait un mal de chien alors que mes yeux me brûlent, au bord des larmes. Je me relève pour m'asseoir à terre plutôt que de rester coucher. La douleur est immense et je laisse échapper quelques larmes qui viennent humidifier mes joues. Mes vêtements du dimanche sont définitivement sales, voire même troués. Mama n'allait pas être contente. C'est d'ailleurs elle qui accoure pour venir examiner mon poignet. Elle est inquiète, je le vois. Tellement qu'elle ne dit rien pour mes vêtements qu'elle réserve pourtant exprès quand on va à la messe. Quelle barbe ça. Ça me fait dormir plus qu'autre chose, je suis toujours dissipé quand je dois écouter le prêtre. Ca m'a toujours valu des remontrances, mais qu'importe. "Aaah, ça fait mal, maman..." Dis-je d'une toute petite voix à ma mère lorsqu'elle palpe l'endroit exact où mon poignet me fait agonir. En attendant d'aller voir le docteur, elle m'arrange le bras en écharpe avec son foulard et me prend dans ses bras pour me rassurer. Mon père est là aussi, on vient juste de sortir de la messe après tout, on s'est simplement arrêté dans le parc d'en face pour que je puisse m'amuser un peu. Il a ces yeux soucieux que je ne comprenais pas vraiment étant enfant. Je comprends mieux aujourd'hui. C'était le regard d'un père qui s'inquiète et qui ne sait pas jusqu'où ira son fils. Car après tout, ce n'est absolument pas la première fois que je fais mes expériences et termine aux urgences. Il y a eu la fois où j'ai voulu éteindre la bougie avec mes doigts, comme j'avais vu faire un magicien dans la rue ; la fois où j'avais décidé que je pouvais totalement sauter du toit de la maison sans égratignures pour tenter des reprises de volées comme dans Holly e Benji (Olive et Tom); où encore cette fois où j'avais cru bon de faire une bataille de cailloux avec des copains. Quand je suis tombé de l'arbre ce jour-là, j'avais six ans et j'étais déjà la terreur casse-cou de la ville.



"Mais qu'est-ce que tu as dans la tête, Sandro ?!" Mon père me hurle dessus, mon visage s'assombrit au diminutif qu'il me donne. "Voler une voiture ! Est-ce que c'est comme ça que je t'ai élevé ?" Je ne dis rien, je reste silencieux. "Pour qui je passe, moi, auprès de Beppe ?" Beppe, c'est son ami policier. Ils sont amis d'enfance. Et depuis quelque temps, je commence à faire plusieurs aller-retours dans son bureau au commissariat. "Tu te rends compte de ce qui aurait pu se passer ? Tu aurais pu provoquer un accident ! Tu aurais pu tuer quelqu'un !" "Mais rien n'est arrivé !" Répliquais-je pour me défendre. "Oui et tu as de la chance. Tu ne devrais pas en être fier, mais plutôt être reconnaissant. Et remercier Beppe qui laisse ton casier vierge encore une fois. Tu ne sais pas dans quel état d'embarras tu me mets." "J'avais déjà compris que j'étais la honte de la famille, pas la peine d'en rajouter." "Je n'ai jamais dit ça, Sandro." "Arrête de m'appeler Sandro déjà !" Criai-je alors. "Tu le saurais si tu m'écoutais depuis le temps que je te le répète. Mais non. Evidemment que non. Il n'y en a que pour ton restaurant et ta réputation. Tu es juste égoïste, papa. Admets-le qu'on en parle plus." "Je ne te permets pas de me parler sur ce ton ! Celui qui est en train de foutre sa vie en l'air c'est toi, pas moi !" Nous sommes arrivés à la maison, je sors, toujours aussi furieux. J'ai l'impression qu'il ne comprend pas, qu'il ne comprend rien. J'ai l'impression qu'il ne sait toujours pas qui je suis et que je suis tout sauf ce qu'il est et ce qu'il attend de moi. Cet idéal qu'il s'est créé à ma naissance, je n'en veux pas, je n'en ai jamais voulu, mais il ne le laisse pas s'en aller et ne me laisse pas être moi, tout simplement. Nous sommes dans la cour, devant la porte. "Foutre ma vie en l'air ?! Donc ne pas être ta copie conforme, faire des erreurs et surtout ne pas vouloir s'engager dans ton sacro-saint restaurant, c'est foutre sa vie en l'air ? C'est vraiment n'importe quoi !" "Ca n'a absolument rien à voir ! Je te parle de tes rendez-vous répétés au commissariat, de ta lubie de devenir footballeur professionnel. Et puis ne crois pas que je n'ai pas remarqué comment tu te comportes avec cet Antonio, là. Tu comptais nous le cacher longtemps ?" Antonio. C'est assez compliqué. J'ai déjà flirté avec des filles avant, mais j'ai toujours été curieux de tenter quelque chose avec un garçon. Et puis avec toutes les conneries qu'on m'avait débité au catéchisme et mon père, croyant comme jamais, je savais que ça le foutrait en rogne et rien ne me fait plus plaisir. Du coup, j'ai dragué Antonio sans vraiment y penser, dans le seul but de m'exhiber avec lui là où mon père pourrait être susceptible de me voir. Sauf que le problème, c'est que maintenant je l'aime bien Antonio. En fait, j'aime bien être avec un garçon. Mais j'aime toujours les filles, je me vois toujours me lancer avec une fille. C'est tout nouveau cette découverte pour moi, ça me rend un peu anxieux, à vrai dire. "Non, j'attendais justement que tu le remarques !" Répondis-je avec un sourire provocateur. Mon paternel secoue la tête de rage et soupire, le poing serré. "Tu me feras vraiment tout. Tout, tout, tout. Bon sang, mais qu'est ce que j'ai fait à la fin !?" "Rien justement ! Tu es toujours au restaurant !" "Arrête de crier, veux-tu ? Ce n'est pas la peine d'ameuter toute la rue !" "Ah ça t'embêterait ça, hein ? Le respecté et respectable Giovanni Ferrara qui fait une scène en pleine rue à cause de son fils. Ah, qu'est-ce que les gens diraient, hein ?" "Ca suffit, Alessandro ! Tu es injuste. J'aimerais que tu te mettes à ma place parfois et que tu réfléchisses deux minutes. La vie ce n'est pas juste s'amuser et jouer au foot." "Oui et bien moi, j'aimerais parfois que tu ne sois pas mon père. Ce serait bien mieux comme ça !" Ma mère a simplement le temps d'ouvrir la porte pour voir la gifle venir s'abattre sur ma joue. Je ne réagis pas, beaucoup trop choqué pour dire quoi que ce soit. Je me porte une main à joue endolorie : ça brûle tellement. Je me reprends aussitôt en lançant un regard noir à mon père avant de rentrer dans la maison sans un mot, n'écoutant même pas les appels de ma mère pour discuter. Je fonce dans ma chambre et m'y enferme. J'ai dix-sept ans et je ne comprends plus mon père, je ne l'ai peut-être jamais compris. Un mois plus tard, je reçois un appel du club de Palerme pour rejoindre leur équipe réserve. Je fais mes valises et part sans un mot pour mon père. Je lui prouverai que je peux réussir et que pour ça, je n'ai pas besoin d'études ou du restaurant.



"Ferrara, viens par là !"
Le coach m'appelle. Ca fait quelques mois que je suis à Palerme et j'ai vite donné satisfaction avec la réserve, si bien que je m'entraîne souvent avec l'équipe première maintenant. "Tu bosses bien, gamin. J'pense que t'es prêt. Préviens ta famille ou tes amis si tu veux les faire venir, tu seras sur le terrain pour le match de ce week-end." Un énorme sourire illumine mon visage. Les efforts ont enfin fini par payer ! Je vais commencer ma carrière professionnelle ! "Merci coach !" Dis-je vivement avant qu'il ne me renvoie aux exercices de deux contre deux. J'essaye de paraître sérieux et concentré mais impossible : j'y suis arrivé, je vais jouer mon premier match de première division italienne et le tout avant même d'être majeur ! Le sourire ne me quitte pas du reste de l'entraînement et encore moins quand j'emprunte le combiné téléphonique de l'accueil pour appeler à la maison. À cette heure-ci, je sais que je ne tomberais que sur ma mère et c'est exactement ce que je veux. Je n'ai pas beaucoup appelé depuis que je suis parti, j'en veux toujours à mon père. Mais ma mère, elle n'a rien demandé et je lui ai imposé la situation sans trop réfléchir. Je me sens un peu coupable quand j'y pense, mais elle me soutient toujours quand je l'appelle. Elle m'a envoyé des recettes de cuisine par la poste aussi, pour que je ne me laisse pas aller dans mon petit studio, un truc miteux, mais quand je suis arrivé, il n'y avait pas mieux avec mes moyens et mon statut précaire. On décroche à l'autre bout du fil. "Maman ? C'est moi." Je n'ai pas besoin d'en dire plus pour qu'elle sache que c'est son fils qui l'appelle. Mama comprend tout, elle. Elle est toujours douce et droite, c'est elle qui m'a toujours emmené aux entraînements à Naples sur son petit scooter. J'en suis là grâce à elle aussi. "Dis-moi, ça fait longtemps que tu n'as pas pris de vacances et je pense qu'un week-end à Palerme te ferait le plus grand bien." Je sens à sa réponse qu'elle ne veut pas trop s'avancer, ne pas être déçue pour moi si jamais je lui annonce autre chose. "Mama, je vais jouer en Serie A ce week-end. Le coach me l'a dit. Il y a une place pour toi. Et je te ferais visiter la ville, je te ferais la cuisine, tu verras, ce sera chouette !" Elle me félicite, je sens son émotion dans sa voix. Bien sûr qu'elle n'avait pas vraiment envisagé le sport comme une carrière pour moi. Sans doute, s'était-elle dit que je deviendrais docteur, avocat, banquier ou que je reprendrais l'affaire de mon père. Mais elle m'a toujours soutenu dans mes choix, peu importe les sacrifices que ça lui a coûté. On parle encore un peu après ça. Elle s'inquiète, elle veut savoir si je m'habille correctement, si je mange assez de légumes, si je ne suis pas malade. Elle me raconte ce qu'elle a fait ces derniers temps et comment va papa. Je sais que notre dispute l'a beaucoup attristé et qu'elle regrette énormément la situation, le fait qu'on ne se parle plus. J'ai envie de lui faire plaisir alors avant de raccrocher, j'ajoute "Au fait... Si jamais tu... Si jamais papa veut venir... Il y a aussi une place pour lui." Et je raccroche. Je sais que je me suis beaucoup emporté lors de ce soir-là. Mais il ne veut rien comprendre ! Ah, que c'est compliqué. J'espère juste... Je ne sais pas quoi en fait, mais simplement qu'on arrête de faire de la peine à maman. Quelques jours plus tard, alors que je fais mon premier match professionnel et que je marque le seul but du match d'une tête sur un corner, il n'y a que ma mère en tribunes. Mon père n'est pas venu.



Je grogne tant que je peux lorsque je finis par me réveiller, sentant mon crâne prêt à exploser, et le téléphone qui n'en finit pas de sonner et qui va finir par me rendre fou. J'ai quelques bribes de souvenirs de la veille qui me reviennent. On a eu une superbe victoire en coupe d'Europe et on est allé fêter ça en discothèque. On a rit, on a bu, j'ai passé la soirée collé à un bel inconnu. Mais le réveil est rude, j'ai encore forcé sur l'alcool et peu dormi, le coach va nous chambrer au décrassage cet après-midi. L'idée me fait sourire. Et encore ce fichu téléphone qui sonne : qu'est-ce qu'on peut bien me vouloir de bon matin ? Ça peut attendre, certainement. Je préfère me traîner dans la cuisine de mon bel appartement parmesan pour prendre de l'aspirine et un bon café. Quand le téléphone sonne pour la sixième fois consécutive, je décroche d'énervement "Quoi ?!" "Alex, enfin ! Qu'est-ce que tu fichais ? Ca fait des heures que j'essaye de te joindre !" C'est Carmen, mon agente. Elle m'a contacté quand j'étais à Palerme et elle m'a rappelé maman dans sa façon de faire, alors j'ai signé avec elle sans hésiter. "Quoi, qu'est-ce qu'il y a ? Tu vas bien ?" Elle m'inquiète d'un coup. "Moi oui. Mais toi ? Tu as vu les journaux ?" "Non, je viens de me lever. J'aurais dû ?" "Oui, plutôt ! Et tu n'as pas non plus remarqué l'attroupement en bas de ton immeuble ?" A ces mots, je me dirige vers la fenêtre de la cuisine pour en écarter le rideau discrètement. En bas, je vois un groupe assez important. Des caméras, des appareils photo. Des paparazzis ? Ce n'est pas la première fois, mais ils ne sont jamais plus de deux d'habitude. Mais qu'est-ce qu'il se passe ? "Ecoute-moi bien Ale. Tu restes chez toi, tu ne sors pas, tu ne parles à personne avant que je n'arrive, c'est bien compris ? Je vais essayer de rentrer par la sortie de secours. Je ne serais pas seule. Surtout, attends-moi avant de faire quoi que ce soit, tu m'as bien entendu ?" Je ne l'ai jamais perçu comme ça, totalement inquiète, presque paniquée et pourtant tout en maîtrise d'elle-même. S'en est presque effrayant. Je ne peux qu'acquiescer à ce qu'elle me dit avant de raccrocher et de me laisser tomber sur le canapé. Je ne sais pas ce qu'il se passe, mais j'ai le sentiment que c'est  quelque chose d'important, de grave. J'attends Carmen avec angoisse, je crois que je n'ai jamais été aussi anxieux de ma vie. Quand elle entre accompagnée du président de Parme, du coach et du responsable presse, je n'y comprends rien. Quand elle me tend plusieurs magasines de presse à scandale, je sens que je vais vomir, le ciel me tombe sur la tête. Plusieurs clichés de notre soirée sont en première page. Surtout moi en fait. Et l'homme avec qui j'ai passé une bonne partie de la soirée. Il y a notamment un cliché un peu sombre mais bien visible d'un baiser fougueux qu'on a échangé. Et merde. Merde, merde, merde. Je n'ai jamais rien dit, on ne me l'a jamais demandé, mais comme je ne me suis jamais caché non plus, bien qu'en tâchant d'être plutôt discret, le club et mes coéquipiers devaient avoir une petite idée. Mais maintenant c'est foutu. Tout le monde est au courant. Tout le monde et quand tu joue en première division italienne et que tu as déjà joué deux fois avec l'équipe nationale, ça pue la galère à plein nez. J'ai l'impression de ne plus savoir respirer, les mains sur mon crâne, torse baissé contre mes jambes. Et la présence du président et du coach me fait peur. Personne n'a rien dit encore, mais j'ai peur qu'on ne me prie de partir et de me trouver un nouveau club. Je ne veux pas partir, je ne veux pas quitter Parme, je m'y sens bien, mon histoire ici n'est pas terminée. Mais quand ils me disent qu'ils sont là pour m'aider, qu'ils veulent mettre en place une stratégie de soutien pour que la presse se calme au plus vite, j'ai envie de pleurer. Je me retiens, il y a plus urgent, mais l'étreinte que je donne au coach vaut plus que tout ce que j'aurais pu dire. Une conférence de presse va être organisée et j'ai le choix entre nier ou confirmer. Je ne me pose pas trente-six questions. C'était mon imprudence, j'aurais dû le savoir, on est scruté constamment en tant que personnage publique. J'assume. À quoi bon nier quand tout le monde était déjà au courant de toute façon ? Le responsable presse et Carmen m'explique comment toute la journée va s'organiser, comment je vais devoir m'y prendre pour faire face. J'ai l'impression de vivre une expérience subconsciente, je suis là sans être vraiment là, comme si la nouvelle m'avait rendu saoul. Deux heures plus tard, onze heures du matin et je me retrouve dans la salle de presse, comble. Le bruit des flashes est assourdissant, leur lumière vive m'aveugle presque. Tout se passe sans que je m'en rende compte et avant même d'avoir eu le temps de réaliser, c'est fini, on m'accompagne dans les couloirs du club, vides, silencieux. Carmen me prend le visage entre ses mains et m'embrasse le front, me disant qu'elle est fière de moi. Que je vais finir par la tuer à force de la faire s'inquiéter comme ça, mais qu'elle ne me lâcherait pour rien au monde. Ses mots me touchent, mais en cet instant, j'imagine ma mère, je voudrais qu'elle soit là, je voudrais qu'elle puisse me prendre dans ses bras, qu'elle me dise que tout va bien se passer. Elle me manque. Depuis que j'ai quitté la maison, je ne suis que peu rentré à Naples, la communication est toujours bancale avec mon père.
La journée défile à vitesse grand V. Le staff me fait faire un décrassage à l'écart du groupe, en salle, afin de me préserver et je rentre chez moi dans la voiture d'un intendant du club, vitres teintées pour qu'on laisse tranquille. Carmen reste avec moi à l'appartement une bonne partie de l'après-midi, gérant les appels qu'elle ne cesse de recevoir. Plusieurs coéquipiers m'appellent personnellement pour m'apporter leur soutien et quand je vois les réactions virulentes de certains au journal régional, je respire un peu mieux. Carmen s'en va en fin d'après-midi en me répétant qu'elle aura son téléphone à côté d'elle à toute heure si j'ai besoin d'elle. Je me retrouve seul et je n'ai pas d'appétit, je me morfonds sur mon canapé, même pas la force d'aller sur mon lit qui serait beaucoup plus confortable. Le pire d'entre tout, c'est que je ne peux pas m'empêcher de lire tous ces torchons où beaucoup m'insultent, à trouver n'importe quelle chaîne qui parlerait de toute cette histoire et écoute tout ce que les gens ont à dire : le bon comme le mauvais et son lot d'insultes. Faut croire que même au plus mal, je n'ai toujours pas d'instinct d'auto-préservation. Peu avant vingt heures, on toque à la porte. Je ne réagis pas, ce n'est pas la première fois que ça arrive aujourd'hui. Qui que ce soit dans la couloir, ils insistent. "Laissez-moi tranquille." Je réponds fort pour qu'enfin ils partent. "Alessà, ouvre s'il te plaît." Maman ! J'ai à peine déverrouillé la porte que ma mère l'ouvre à toute volée et m'attrape dans ses bras, me serrant à m'en étouffer presque. "On a pris la route dès qu'on a vue ta conférence de presse. On a fait aussi vite qu'on a pu, mon chéri." Ma gorge se noue et j'ai la tremblote. Je sens que je vais craquer quand je remarque qu'elle n'est pas seule. Mon père... Mon père est là. Il est vraiment là et pas dans son fichu restaurant. "Papa ? Et le restaurant ?" Je ne suis pas sûr de comment je me sens. "Fermé. Je crois que des vacances à Parme me feront le plus grand bien." En toute autre occasion je crois que j'aurais pu en rire. Mon père, ce Napolitain pur, dire que de passer des vacances dans le Nord de l'Italie lui fera du bien ! Mais là, je m'essuie les yeux en vitesse, effaçant les larmes qui menacent de couler. Il reprend son sérieux un instant. "Je ne pourrais pas être plus fier de toi, Alessandro. Tu as fait preuve d'un courage dont je n'aurais pas été capable moi-même." Une pause. "Je t'aime, mon fils." Je me jette dans ses bras et je ne pense plus vraiment à me retenir. Ma mère ne cache pas son émotion à nos côtés. J'ai beau avoir vingt-six ans, je me sens comme un enfant qui s'est perdu dans le supermarché et qui retrouve enfin ses parents après avoir eu la trouille de sa vie. Les choses vont enfin pouvoir s'arranger petit à petit.


"Carolina s'il te plaît, ne fais pas ça !"

Carolina est ma femme. Enfin mon ex-femme aujourd'hui. Après tout le tapage médiatique qu'a provoqué mon outing, j'ai vécu une histoire avec nageur, Remo. C'était une belle histoire, mais on bougeait trop chacun de notre côté avec notre sport pour que l'on puisse se voir autant qu'on le souhaite alors un an plus tard, on s'est séparé amicalement. Et j'ai rencontré Carolina peu de temps après. Elle était vétérinaire à l'époque, et elle l'est toujours d'ailleurs. C'était une amie de la femme d'un coéquipier, c'est comme ça que je l'ai connu. Quand je l'ai vu, j'ai eu un coup de foudre. Et je crois qu'elle aussi un peu. Ma bisexualité ne l'a pas dérangé, elle l'a accepté comme elle m'a accepté tout entier et c'est aussi ça qui m'a plu. De ne pas être jugé et simplement d'être pris comme je suis. Après plusieurs rendez-vous, on a entamé une relation, c'était vraiment romantique. J'adore ça. On a fini par s'installer ensemble après plusieurs mois et deux ans plus tard nous étions mariés. Tout était beau et idyllique, vraiment. Quelques années plus tard, l'année de mes trente-trois ans, je suis devenu papa de jumeaux. Un garçon et une fille : Ciro et Paola. C'est à partir de ce moment-là que j'ai enfin compris mon père, je crois, les regards qu'il avait quand j'étais petit. Il n'arrivait juste pas à communiquer, c'est tout. Mon père n'a jamais été un bavard quand il s'agit de ses émotions. Je suis différent, j'espère l'être en tout cas, mais maintenant, je comprends. Un peu. Tout se passait bien entre Carolina et moi, vraiment. Mais je ne sais pas, avec l'arrivée des enfants, on s'est un peu éloigné, on n'a pas réussi à se retrouver et sans que je ne voit rien venir, je la surprends au lit avec un autre. Évidemment qu'on se dispute. Elle m'explique qu'elle voulait me faire réagir, que c'est parce que c'est parce qu'entre le foot et elle la clinique plus les enfants, on a plus de temps pour nous. Alors je l'ai cru et j'ai fait des efforts. Mais ça n'a pas tenu longtemps et rebelote. C'est là que tout à explosé. Elle qui me reprochait de ne penser qu'à ma carrière et de ne pas l'aider autant qu'elle l'aimerait, mon idée de revenir à Naples pour finir ma carrière qui ne l'enchantait guère. J'ai répliqué, touché dans mon orgueil. Tout ça au point culminant pour qu'elle rejette la faute sur ma bisexualité, comme quoi je suis instable et que ce n'est pas bon. Je n'ai pas réussi à répondre quoi que ce soit tant j'étais choqué. À partir de ce moment-là, j'ai fait chambre à part dans la maison, aux grands questionnements de mes enfants. Leurs questions et leurs mines inquiètes me fendaient le cœur. J'ai évoqué l'idée de divorce en premier, elle s'est emporté, j'ai par la même répliqué, lui reprochant des maux que j'avais exagéré dans ma colère. Elle a alors décidé d'accepter et souhaitait la garde exclusive des enfants pour m'enfoncer un peu plus. Comment voulez-vous que je sois concentré au club, alors que j'en suis le capitaine, quand tout cela m'arrive. "Tu aurais dû y penser avant de dire que j'étais vénale. Je vais vraiment te faire comprendre ce que ça veut dire lors du procès, ne t'en fais pas." "Je m'en fous de tout ça. Ce que je veux, c'est voir mes enfants. Tu n'as pas le droit de m'en priver !" "Oh, tu veux parier ? Comment tu t'occuperas d'eux si tu es toujours à courir après un ballon à l'autre bout du pays et de l'Europe ? Et combien de père obtienne la garde de leurs enfants, crois-tu ? Tu n'as aucune chance ! Maintenant si tu veux bien, j'ai une urgence à la clinique."
Un mois plus tard et la sentence était tombé. J'avais obtenu le droit d'avoir les enfants pour les vacances scolaires et quelques semaines lors des vacances d'été. C'était déjà mieux que rien, mais j'avais l'impression qu'on m'avait achevé. Quatre mois plus tard, j'étais au nouvel appartement de Carolina pour dire au revoir aux enfants. Vivre dans la même ville sans pouvoir les voir, c'est beaucoup trop dur, je n'en dors plus. Alors comme Naples s'est manifesté, je vais rentrer à la maison, prendre du recul avec mes parents. "Papa, pourquoi tu pars ?" Me demande Ciro. "Tu nous aimes plus ?" Renchérit Paola. Je sens déjà les larmes brouiller ma vision. Je les ravale in extremis. "C'est compliqué, mes amours. Avec maman on ne peut plus vivre ensemble et je ne peux pas rester à Parme non plus." "Mais pourquoi ?" Ah, les enfants et leur incessant pourquoi. Ca rend les choses tellement plus compliquées. "Et bien, papa il est triste de plus pouvoir vivre avec vous. Alors je vais trouver une maison à côté de papy et mamie, comme ça vous partirez à l'aventure quand vous viendrez me voir, hein ?" "Est-ce qu'on pourra choisir la peinture dans la chambre ?" "Oui, mon chéri." "Y'aura une piscine, papa ?" "C'est promis, ma puce." Je les pris tous les deux dans mes bras, serrant aussi fort que je pouvais, sachant que ce serait sans doute la dernière fois que je pourrais le faire avant un long moment. "Papa, j'veux pas qu'tu pleures." Commençait Ciro, prêt à pleurer. Paola n'était pas en reste. Je séchai vite les deux larmes qui avaient réussi à s'échapper. "Je pleure pas, regardez. C'est juste le vent." Je les serrai encore plus fort dans mes bras avant que je ne remarque l'ombre de Carolina s'approcher. "T'as fini ?" "Carolina, s'il te plaît..." Je dus me résoudre à leur dire au revoir, embrassant leur front chacun leur tour avec tout mon amour. "Papa vous aime fort, d'accord ? Ca ne changera jamais. Je vous aime fort, fort, fort." Je me détachai d'eux avec toute la lenteur du monde puis je m'éloigne, me retournant plusieurs fois simplement pour me faire un peu plus de mal en les voyant clairement chamboulés. Une fois dans la voiture, mes affaires dans le coffre, prêt à descendre sur Naples, je pleurai. Je ne l'avais pas fait depuis longtemps, jamais autant. Je ne sais pas combien de temps je suis resté planté là; une heure, deux heures, peut-être plus. Démarrer et m'en aller fut la pire chose que j'ai à faire de toute ma vie.


"Et voilà, maman, un bon risotto pour la première femme de ma vie."
Le restaurant était fermé, sauf pour ma mère. C'était un jour spécial aujourd'hui, alors j'avais arrangé une belle table et j'avais préparé son plat préféré. Je lui servi un peu de vin tandis qu'elle prenait ses premières bouchées. "C'est bon ?" Demandais-je appréhensif. "Délicieux. Aussi bon que celui de ton père." Me complimenta-t-elle avec un sourire doux que je lui rendis. Après un moment à manger sans un mot, je sortis mon téléphone portable pour aller chercher quelques photos dans la galerie pour les lui montrer. "Tiens, regarde, Cirino et Paolita sont allés en classe verte avec l'école." Je lui tendis le téléphone où elle put voir les jumeaux en pleine nature, construire des cabanes et faire des balades dans la forêt. "Qu'ils sont beaux. J'ai hâte de les revoir." "Moi aussi, maman, moi aussi." Ca faisait déjà douze ans qu'on avait divorcé avec Carolina, douze ans que je vivais loin de mes enfants que je voyais à peine. "Tu sais, je m'inquiète pour toi. Cette grande maison pour toi tout seul. Tu devrais trouver quelqu'un. La vie est courte, tu sais." "Ah maman, s'il te plaît arrête avec ça, tu veux ? Tu parles comme si j'allais mourir demain." "Regarde ton père, il..." "Papa, c'est papa. Moi, c'est moi. Je ne suis pas vieux. On n'est pas vieux à quarante-sept ans. J'ai le temps pour retrouver quelqu'un, ne t'inquiète pas. Alors maintenant on arrête avec ça." Ca me gêne quand on parle de mon âge. On est d'accord, quarante-sept, ce n'est pas vieux, hein ? J'peux très bien mettre la misère à des minots de vingt ans en sport. La vie ne s'arrête pas après quarante ans, il faut arrêter avec cette fixette stupide. Je vais très bien, je bouge, je tente pleins de trucs, je vais même jouer un match de badminton avec Frederico ce soir : est-ce que ça a l'air d'être le programme d'un vieux pour vous, hein ? Je ne crois pas ! Non mais oh...
"Tiens, c'est la nouvelle carte qu'on va proposer cet été. Ca te plaît ?" Je marque un temps d'arrêt. "Tu crois que ça lui aurait plu ?" Ma mère lit chacun des plats proposés avec attention alors je poursuis. "Ca fait dix ans, mais j'ai toujours un peu de mal, je crois." Elle relève les yeux vers moi, pleins d'admiration. "Je sais que ce n'est pas ce que tu aurais voulu faire après le football, que tu avais même ce restaurant en horreur quand tu étais plus jeune. Mais il serait très fier de ce que tu en as fait, sois-en assuré." Elle me prit la main et je serrai la sienne. Ca faisait dix ans que papa était parti, la faute à une putain de tumeur qui ne lui a laissé aucune chance. Des fois, je me dis que j'ai fini par l'achever avec tout ce que lui ai fait vivre, tout ce que je lui ai fait supporter. Et les autres jours, je me dis qu'il continue toujours à m'emmerder un peu avec son restaurant. Mais ça ne change rien au fait que de ne plus l'entendre m'appeler Sandro, ça me manque un peu.


Dernière édition par Alessandro Ferrara le Mar 14 Aoû 2018 - 2:27, édité 11 fois
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Anabela LaranjeiraLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Re: Alessandro - Infinito ( le Ven 10 Aoû 2018 - 0:55 )
Bienvenue à Naples. Bon courage pour la suite de ta fiche.


Franciana
(...) il commençait déjà à lui donner des petits qualificatifs typiquement tirés du vocabulaire d'un adolescent amoureux. M'enfin, c'était ça ou ma petite crevette en sucre (...)

FRANCIANA:
 

♡♡♡



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Sujet: Re: Alessandro - Infinito ( le Ven 10 Aoû 2018 - 1:12 )
Bienvenue parmi nous, officiellement. Ca fait plaisir de voir que tu aies craqué ! N'hésite pas si besoin.

Je te réserve le loulou pour 5 jours.


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Alessandro FerraraToujours frais après un litre de café
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Sujet: Re: Alessandro - Infinito ( le Ven 10 Aoû 2018 - 1:12 )
Merci bien vous deux !
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Sujet: Re: Alessandro - Infinito ( le Ven 10 Aoû 2018 - 1:29 )
Bienvenue à toiii
Au plaisir de croiser ton chemin sur le fo!
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Sujet: Re: Alessandro - Infinito ( le Ven 10 Aoû 2018 - 1:51 )
Bienvenue & bon courage pour ta fiche


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Sujet: Re: Alessandro - Infinito ( le Ven 10 Aoû 2018 - 8:24 )
Bienvenue


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Sujet: Re: Alessandro - Infinito ( le Ven 10 Aoû 2018 - 9:09 )
Officiellement bienvenue parmi nous
Bonne continuation pour ta fiche . J'aime beaucoup ce que tu as déjà écrit I love you


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Sujet: Re: Alessandro - Infinito ( le Ven 10 Aoû 2018 - 10:16 )
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