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- { monsieur Tobi'choupi } › Parler, rire, se confier : tout ce qu'il faut pour passer une agréable soirée. -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Le Coeur de Naples :: San Calisto
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Majbritt Bergman10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
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Sujet: { monsieur Tobi'choupi } › Parler, rire, se confier : tout ce qu'il faut pour passer une agréable soirée. ( le Lun 3 Sep 2018 - 2:33 )
Parler, rire, se confier : tout ce qu'il faut
pour passer une agréable soirée.
Nerveuse. Il me semble que c'est le mot juste pour qualifier l'état dans lequel je me suis trouvée lorsque je me suis réveillée ce matin. J'avais un rendez-vous important afin de changer de travail, et même si je suis sûre de moi, de mes qualifications, je me suis tout de même sentie fébrile. Le fait est que le rendez-vous s'est déroulé ce matin et une fois que j'ai quitté le lieu de rendez-vous, je me suis sentie beaucoup plus légère. J'ai eu la sensation de pouvoir voler et cela m'a fait beaucoup de bien. Cependant, je n'ai pas rencontré l'homme pour qui je devrais peut-être travailler, tout bonnement parce qu'il était très occupé. J'ai ressenti de la déception, car j'aurais préféré faire sa connaissance, afin d'avoir un ressenti positif ou non, mais cela ne s'est pas déroulé ainsi. Je me dis qu'ai pire, si je suis prise, je ferais sa connaissance, c'est le plus important. Grâce à l'homme qui m'a amené à Naples, j'ai appris à voir le verre à moitié plein plutôt qu'à moitié vide et je lui en serais toujours reconnaissante.

J'ai voulu me vider la tête, afin de faire une pause, parce que j'en avais irrémédiablement besoin. De ce fait, j'ai erré dans les rues de Naples, profitant de la tranquillité, du brouhaha parfois, sans chercher à savoir où je voulais me rendre. J'ai toujours aimé marcher et lorsque j'ai pu enfin sortir, lorsque j'ai pu fouler les pavés à ses côtés le soir, j'étais heureuse. Je m'applique donc à le faire chaque jour que Dieu fait, imaginant qu'il se trouve non loin de moi, bien que cela soit le cas puisqu'il est dans mon cœur, quoi qu'il advienne. Je l'ai aimé, et je l'aimerais toujours, c'est une certitude. Penser ainsi à lui fait naître un doux sourire sur mon visage. J'aurais préféré qu'il reste à mes côtés, que l'on ne se quitte jamais, mais comme on dit : Dieu donne et Dieu reprend. Il semblerait qu'il dût me prendre cet homme dont j'étais amoureuse et avec le temps, je crois que j'ai réussi à l'accepter. Le fait est que je suis toujours prise de nostalgie lorsque je pense à lui, puis je lui voue un amour inconditionnel, car grâce à lui, je n'ai plus jamais été battu par mon géniteur. Aujourd'hui, je me sens plus italienne que suédoise, puisque je vis à Naples et que je ne veux pas quitter cette ville, MA ville. Je me sens ici chez moi, et pour rien au monde, je n'irais vivre ailleurs. La Suède ne me manque pas, d'autant que je n'ai personne là-bas, ce qui doit simplifier les choses dans le fond.

C'est après m'être arrêté afin de manger un petit quelque chose dans un fast-food, que je me rends au San Calisto. J'y ai rencontré de merveilleuses personnes, surtout une : Tobias. C'est un homme remarquable, que j'apprécie énormément et qui sait faire taire mes maux, bien qu'il ne le sache pas. Travailler, sortir, parler avec les autres, cela me permet de penser à autre chose qu'à la vie que j'ai vécu et j'en ai vraiment besoin. Je reste vague sur mon passé lorsque l'on ose me poser des questions. J'explique simplement que je suis Suédoise et que je suis arrivée à Naples relativement tôt, il y a bien de cela des années. J'ajoute que je n'ai pas de famille à ma connaissance, puis, j'essaye de changer de conversation, m'intéressant aux personnes avec qui je parle, leur faisant ainsi parler d'eux, afin d'oublier ma personne et l'enfance que j'ai eu. Heureusement, avec Tobias, c'est différent. Nous parlons de pas mal de choses, mais il ne s'aventure pas, puis il ne fait pas parti de ces personnes qui persistent afin de savoir coûte que coûte ce qu'ils veulent savoir, nous obligeant presque à tout raconter, simplement pour nourrir leur curiosité parfois malsaine.

« Bonsoir. » Je prononce alors que l'on m'accueille, m'offrant d'adorables sourires. Je suis une habituée, comme pas mal de personnes sans doute, seulement, je me fonds dans la masse, je suis à l'image d'un caméléon. Restant dans mon coin, à boire quelques verres en écoutant de la bonne musique, je ne crée aucun problème et je me vide la tête, tout simplement. Bien sûr, je suis sociable, je réponds toujours lorsque l'on aborde et il m'arrive aussi d'aller vers les autres, bien que je ne le fasse pas tout le temps. Pourtant, ce soir, j'attends Tobias. C'est une personne que je considère comme étant mon ami, puis je l'apprécie beaucoup, nous passons toujours de très bons moments ensemble, lorsque l'on se retrouve ici, au San Calisto. Nous avons prévu de nous voir et c'est donc très heureuse que j'attends, impatiente. Je souhaite lui parler de mon entretien, parce que malgré mes allures de femme forte, je doute, je ne suis pas aussi sûre de moi que je le laisse paraître. Alors que je suis assise à une table avec un Mojito devant moi, je l'aperçois finalement et naturellement, je me lève, agitant une de mes mains, afin qu'il m'aperçoit. Une fois qu'il croise mon regard, un large sourire fend mon visage et lorsqu'il arrive à ma hauteur, je dépose un baiser sur sa joue, avant de l'étreindre tendrement. « Bonsoir Tobias. » Je prononce, plus heureuse encore, oubliant même tous mes tracas. Retrouvant ma place, je prends l'une de ses mains dans les miennes et je lui presse tendrement. « Alors, comment vas-tu ? » Je demande, curieuse, désireuse de savoir comment il se sent, prêtant toujours une oreille attentive, s'il en a besoin.
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Dernière édition par Majbritt Bergman le Lun 10 Sep 2018 - 16:24, édité 1 fois
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Sujet: Re: { monsieur Tobi'choupi } › Parler, rire, se confier : tout ce qu'il faut pour passer une agréable soirée. ( le Jeu 6 Sep 2018 - 20:32 )
Tobias était assis dans le couloir de l’hôpital. La tête dans les mains, le regard perdu sur une des dalles du sol blanc. Ses yeux étaient secs : comme si dans sa vie il avait connu trop de tragédie pour avoir encore des larmes à verser. Les docteurs et infirmières passaient devant lui sans venir lui demander pourquoi il était comme ça. Même lui n’aurait pas été en mesure de répondre. Derrière le mur qui le séparait de la chambre : il y avait Angèle qui avait perdu leur bébé. Le choc de l’annonce de la mort de Gianluca avait eut raison de la petite… C’était une petite fille oui. Il avait eut le malheur d’entendre une aide-soignante en parler. Il avait perdu son bébé… Son enfant : celui qui avait été conçu en une froide et humide journée en Ecosse. Celui-là même qu’il pensait être une sorte de réincarnation de son père. Ces espoirs s’envolaient. Il avait accouru à l’hôpital avec le faible espoir de recevoir une bonne nouvelle : mais à chaque fois qu’il était dans ces lieux une mauvaise nouvelle l’accablait. Angèle se reposait, elle était encore sous le choc : comment la blâmer ? S’il venait de perdre sa fille : elle la portait dans son sein. Tobias n’était pas le genre d’homme égoïste qui se mettait au centre de tout : en cet instant il souffrait pour Angèle et pour lui-même. Leur amour était maudit. Il commençait à le comprendre petit à petit. Peut-être était-ce parce qu’ils s’aimaient trop et qu’aujourd’hui ils n’arrivent plus à le témoigner ? Quelque chose avait dû changer… Tobias savait la raison derrière cet échec amoureux : son emprisonnement l’avait changé. Il se souvenait en revenant qu’on lui avait déconseillé de renouer avec Angèle : mais comment oublier cette longue chevelure blonde ? Ces yeux pétillants qui vous vont chavirer ? Ne parlons même pas de son doux rire qui le sortait toujours de sa mélancolie maladive. Pourquoi ne pouvaient-ils plus être ensemble ? Il ne le savait pas en réalité. Il cherchait des excuses, des justifications à ce fiasco affectif. Tobias arrivait toujours à la même conclusion : il aurait dû rester mort. Mieux encore : il aurait dû mourir dans ces geôles.
Lorsque son portable vibra dans la poche de sa veste en jean, il le sortit et lu rapidement sur l’écran le mémo qu’il s’était mis. Rendez-vous avec la belle Maj. Un long soupire traversa ses lèvres. Il se leva et rentra dans la chambre où Angèle dormait encore. Il déposa un baiser sur son front, lui laissa un mot en lui disant qu’il revenait avant de sortir pour se diriger vers le San Callisto. Il fut un temps où il passait le plus clair de son temps. L’époque où il était revenu à Naples, où il ne savait plus trop bien quoi faire de sa vie après être sortis des enfers. C’est durant une de ces soirées pour se raccrocher à une vie perdue qu’il avait rencontré Majbritt. Une jeune femme au sourire éclatant, au regard remplis de vie mais qui possède sa propre part d’ombre. La même qui accablait presque quotidiennement l’Historien. C’est bien parce qu’il a vu sa réflexion dans les yeux de la belle qu’il n’a jamais osé lui demander ce qui la tracassait. Il ne parlait jamais de ces quatre années d’emprisonnement : ce n’était pas pour mettre son nez dans les affaires des autres. Il ne mangeait pas de ce pain-là. Les mains dans les poches, il arpentait les rues de Naples comme un zombie. Le visage pâle, des poches sous les yeux en seuls témoins de son manque de sommeil : il n’avait clairement pas bonne mine. Mais cela importait peu. Maj trouverait les mots pour le tirer de son spleen. Et Safiya terminerait le travail, sa belle Egyptienne devenue maintenant seul pilier de sa vie il le savait. Il lui glissa d’ailleurs un sms pour ne pas qu’elle s’inquiète. Il y aurait un temps pour lui parler de la fausse-couche d’Angèle. En attendant, il voulait juste boire un verre. Peut-être même deux voir trois… Il ne mettrait pas de limites ce soir.

Poussant la porte du bar, il salua les habitués et le barman qu’il commençait à connaître maintenant après le temps qu’il a passé ici. « La même chose que d’habitude ? » Tobias ne répondit pas, il se contenta de lever son pouce en l’air avant de s’approcher de la belle qui l’attendait. Trouvant la force de lui sourire, il glissa son bras autour d’elle pour répondre à l’embrassade. Il faut dire qu’elle avait été adorable à faire des grands gestes pour attirer son attention. Comment rester impassible face à cela ?

« Bonsoir Maj. » Dit-il en la serrant doucement avant de s’éloigner. Il enleva sa veste et la posa sur la chaise avant de s’asseoir. Il la laisse prendre ses mains, il rendit l’étreinte en souriant tristement cette fois-ci. « Disons que… J’ai connu mieux. Disons ça comme ça. Oui. » Il prit une longue inspiration : « Et même si ce n’est pas totalement le cas, cela est bien trop triste pour en parler. Pas alors que cela fait longtemps que je n’ai pas eu la chance de passer une soirée avec toi. » Tom, le barman, apporta sa commande. Il le remercia et libéra une de ses mains pour lever son verre : « A ton job hein ? » Il sourit plus franchement cette fois-ci. « Ton futur patron ne sait pas encore la chance qu’il à de t’avoir ! » Il trinqua avec elle avant de prendre une gorgée de son Whisky sec. Il reposa son verre et reporta son attention sur elle : « Tu commences quand ? »


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Sujet: Re: { monsieur Tobi'choupi } › Parler, rire, se confier : tout ce qu'il faut pour passer une agréable soirée. ( le Mar 11 Sep 2018 - 17:50 )
Parler, rire, se confier : tout ce qu'il faut
pour passer une agréable soirée.
Alors que Toby me sert tout contre lui pour répondre à mon étreinte, je ressens une sensation étrange. Je ne sais pour quelle raison un frisson me parcourt quand je croise son regard bleu, d'habitude rieur et scintillant. À cet instant, en le croisant, je constate une immense tristesse, mais également une douleur effroyable. Le voir ainsi me fait énormément de peine et je voudrais par la seule force de mon regard le vider de toute cette souffrance, seulement, j'en suis incapable. Je l'écoute alors qu'il m'annonce qu'il a connu mieux pour ajouter par la suite que ce qui lui arrive est bien trop triste pour en parler. Totalement bouleversée, je ressers ma prise sur l'une de ses mains alors qu'il désire trinquer pour mon futur travail, du moins, si je suis prise. Je ne sais plus réellement à quoi lever mon verre, étant donné qu'il est dans un sale état, un état qui me peine énormément, parce que je ne l'ai jamais vu ainsi. Je voudrais l'aider, seulement, je ne sais pas comment. Je ne sais pas ce qui vient de lui arriver et je ne veux pas lui tirer les verres du nez. « À de jours meilleurs. » Je finis par prononcer, alors que j'esquisse un sourire que je veux rassurant. « Concernant le job, je ne sais pas encore si je l'ai obtenu. » Je hausse les épaules, faisant mine que ce n'est pas grave, ce qui est le cas puisqu'à présent je ne fais que penser au chagrin de mon ami. « De plus, je n'ai pas rencontré mon futur potentiel employeur. Il était trop occupé, il avait beaucoup de choses à faire à la fois étant donné que sa secrétaire personnelle a dû s'en aller. » Je ne connais pas les raisons de ce départ, à croire que c'est un secret connu seulement par cette femme et son ancien employeur qui, d'après ce que j'ai pu entendre, l'a recommandé à bons nombres d'hommes d'affaires, afin qu'elle trouve un travail à l'endroit où elle a dû se rendre. « En tout cas, tu es adorable, merci beaucoup pour tes encouragements. » Je lui offre à nouveau un sourire, avant de boire une gorgée de mon Mojito. « En tout cas, tu as parfaitement raison, si je suis prise, il aura beaucoup de chance de m'avoir ! » Évidemment, je plaisante, étant loin d'avoir les chevilles qui enflent, puisque je ne suis pas ainsi, d'ailleurs Toby le sait très bien. « J'aimerais commencer rapidement si je suis prise. Je n'aime pas rester sans rien faire. » Ce qui est vrai, j'aime être occupé en permanence, afin de ne pas ressasser mon passé auprès de cet homme que j'aimais éperdument. « Malgré tout Tobias, je veux dire, malgré le fait que je ne sache pas ce qu'il en est pour mon travail, je suis contente d'être en ta compagnie. Je veux dire d'être là avec toi, parce que je t'apprécie beaucoup. » J'hésite sur les mots que j'emploie, préférant regarder mon verre en les prononçant pour ne pas affronter l'immense tristesse qui noie les yeux de mon cher ami. « Toby... » Je commence, ravalant avec difficulté ma salive, puisque la douleur qu'il ressent fait écho à celle que j'ai longtemps dû supporter et que je porte encore, parfois…

***
« Enrico, j'essaye de te joindre depuis plusieurs heures… Je t'en prie, rappelle-moi. » Je dis sur la messagerie de son téléphone, puisqu'il ne me répond pas et qu'un sentiment d'inquiétude se fait de plus en plus présent à chaque seconde qui passe. Les heures s'écoulent avec lenteur sans que je ne parvienne à le joindre et je sais au plus profond de moi que quelque chose cloche. Je ressens un malaise que je n'ai jamais plus ressenti depuis le soir où j'ai eu la force de quitter le domicile pour ne pas mourir sous les coups que m'assénait mon géniteur. Heureusement pour moi, Enrico m'avait trouvé, il m'avait sauvé… « Enrico. » Je souffle, alors que je me sens soudainement nauséeuse et que je me rends dans la salle de bain pour me vider de tout ce que j'ai avalé durant la journée. Après un certain laps de temps, que je ne pourrais pas quantifier, alors que je ne fais plus que rendre ma bile, mon téléphone sonne. Mes prunelles s'emplissent de larmes alors que je me doute déjà qu'il lui ait arrivé quelque chose de terriblement grave…

Poussant les portes de l'hôpital de Naples, j'ai la sensation que tout se déroule au ralenti. Je ne perçois aucun son, me focalisant sur l'idée que je dois voir Enrico, que je dois être près de lui afin de l'aider au mieux à s'en sortir. Je ne veux pas croire que je ne verrais jamais plus son doux sourire énigmatique, ni même son regard qui a toujours transpercé mon âme. Enrico pouvait lire en moi comme dans un livre ouvert et je désire qu'il continue encore, durant de belles et longues années, jusqu'à notre mort à tous deux, très vieux. Je me suis efforcée de rester dans notre bulle protectrice durant toutes les années que nous avons partagé et je refuse qu'elle éclate, je refuse que l'on m'en prive, je refuse qu'Enrico m'abandonne, je ne veux pas qu'il me laisse seule dans un monde où je ne pourrais pas exciter sans lui.

***

Recouvrant mes esprits avec lenteur, j'ose à nouveau poser mon regard sur mon ami, qui me semble tout aussi perdu que moi. Par chance, si je puis dire, il n'a pas remarqué mon absence et d'un geste rapide, j'essuie une larme qui a osé commencer sa course sur l'une de mes joues. Reprenant mon souffle et pressant à nouveau sa main afin qu'il émerge lui aussi, je lui dis tout bas : « On devrait décompresser, faire des choses folles... Comme... Comme des gosses. » L'insouciance. Je pense qu'elle nous est nécessaire, autant pour lui que pour moi à cet instant, car nous avons un besoin vital de pouvoir prendre une nouvelle bouffée d'air, étant donné que nous sommes depuis trop longtemps rester en apnée. Prenant mon courage à deux mains, j'ose me lever et je l'entraîne avec moi, afin que l'on danse comme bon nous semble, nous moquant de toutes les personnes présentent. Alors que j'ose émettre un rire, je me lance, le fixant en lui faisant signe de me rejoindre à l'aide de l'un de mes doigts. Nous avons besoin de nous amuser comme des enfants, chose que je n'ai jamais réellement faite, puisque mon géniteur m'a privé de celle-ci, m'obligeant à entrer trop rapidement dans le monde souvent très cruel des adultes.
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Sujet: Re: { monsieur Tobi'choupi } › Parler, rire, se confier : tout ce qu'il faut pour passer une agréable soirée. ( le Sam 6 Oct 2018 - 19:42 )
Que dire, quoi faire pour ne pas avoir de la pitié de la part des autres ? En cet instant, ce n’était pas ce don il avait besoin. Son deuil, sa peine était sa croix : pas celle d’un autre. Tobias devait apprendre à vivre avec ce poids sur le cœur et dans ses tripes. Comme son psychologue lui disait : il ne pouvait pas être déchiré toute sa vie ; continuer d’avancer comme un écorché vif. Cependant, il fallait rappeler les faits : la vie n’avait eut de cesse ces dix dernières de le mettre à l’épreuve et l’Historien était là. De tout. De se battre ; de continuer à respirer ; de vivre tout simplement. Et pourtant, le choix il ne l’avait pas. Il devait continuer de faire les petites choses du quotidien pour ne pas se noyer totalement dans le désarroi de sa vie. Au côté de Majbritt, il pensait pouvoir se forcer et lui offrir son plus beau sourire ; mais même le regard de la belle plante devant lui n’arrivait pas à dérider son visage. Lui, qui avait attendu ce moment, se retrouvait prisonnier de ses sentiments et incapable de se réjouir de retrouver cette amie. Son emprise resserrée, il étire une maigre risette pour tout remerciement : incapable de faire plus. Trinquer à des jours meilleurs, voilà ce qu’ils pouvaient faire. Il porta son verre à ses lèvres avant de le reposer doucement non sans expirer longuement et tristement. Partant rapidement sur un autre sujet, Tobias s’enquerra de demander à Majbritt comment s’était passé l’interview qu’elle avait eut. Il se battait contre son propre mal être pour son amie. Elle ne méritait pas de souffrir en même temps que lui bien qu’il savait déjà qu’elle absorbait petit à petit sa peine.

« Je suis un piètre ami ces derniers temps, mais je serais toujours là pour toi : qu’importe l’heure de la journée ou bien de la nuit. » Il était bien trop loyal pour faire autrement. « Tu me tiendras au courant hein ? » Il avait un bon pressentiment concernant cet entretien. « Je t’inviterai au restaurant dans les deux cas ok ? » Faire des projets était un moyen comme un autre de prouver que la vie continuait malgré les épreuves.

Ce que Majbritt ajouta par la suite le fit sourire plus sincèrement et chaleureusement. Ces mots mettaient du baume sur son cœur meurtris. Il était chanceux, il le savait, pourtant Tobias n’arrivait pas à savourer cela. Pas après la mort de sa fille… Cet enfant qu’il désirait par dessus tout, qu’il aurait aimé éperdument.

« Je sais… Sans le savoir : ce rendez-vous me fait du bien et je pense qu’il était nécessaire. Je dois juste reprendre le courage de continuer à ramer sur le fleuve de la vie et je sais que tu feras partie de ces personnes qui peuvent m’aider. »

Parce que sa chère et tendre amie avait également connu des chagrins et pas des moindres : elle avait perdu l’homme de sa vie tragiquement. Angèle était en vie, sa Safiya avait survécu également à ses côtés : Tobias aimerait qu’Enrico soit encore aux côtés de Majbritt pour la soutenir. En le voyant perdu dans ses pensées, il prit une gorgée de son verre avant de poser sa main sur son avant-bras. Sans rien dire. Sans la perturber : se contentant d’être là silencieusement pour elle. Ce regard… Il avait l’impression d’avoir un miroir devant lui. Quand elle émergea en affirmant qu’ils devaient faire des choses folles : Tobias fronça les sourcils. Il ne savait pas en toute honnêteté s’il avait le cœur à faire cela. Il n’avait l’envie d’être un gosse… Probablement parce que sa fille ne pourrait jamais connaître ces petits plaisirs.

Enlevant sa main de son avant-bras puis de la sienne, il but cul-sec son verre d’alcool avant de le reposer. Qu’à cela ne tienne, il ne faut pas longtemps à Maj pour se lever et aller danser. A une distance respectable, elle le pointa du doigt pour lui ordonner de le rejoindre. Tobias prit une longue inspiration, contempla son verre vide avant de se lever : non sans se retourner vers le bar pour demander à l’employé de le resservir. Les mains dans les poches, il s’approcha de la belle. Planté comme un piquet alors que les autres autour déhanchaient : il s’approcha de l’oreille de son amie pour murmurer ces quelques mots.

« C’est vraiment parce que je t’apprécie… » Une risette triste en coin, il enleva ses mains de ses poches et commença à danser. Il n’était pas un grand danseur : préférant laisser cela à sa douce Safiya ; mais il avait quelques mouvements dignes de John Travolta pour Patrick Swayne. Pourtant, quand un bébé se mit à pleurer dans le bar il s’arrêta. Ses yeux se remplirent à nouveau de larmes. « Je… Je ne peux pas… Je ne peux pas… Je suis désolé… Pas ce soir. » Il tourna les talons pour sortir du bar et s’asseoir sur une des tables de jardin. Il attrapa sa tête dans ses mains et fonda en larmes. En attendant la porte s’ouvrir peu après lui ; il se redressa et regarda Maj dans les yeux : « Angèle… Elle a perdu notre bébé… Elle était enceinte de moi et… » Les mots ne passent plus dans sa gorge bien trop obstruée par les sanglots. « Et… Et… Je la voulais tellement cette petite princesse… Elle… Elle était parfaite en tout point… Je n’ai juste pas su… Prendre soin de sa mère… » Son cœur se déchirait à cette idée. Posant sa main sur sa poitrine comme pour serrer son palpitant : il grogna de douleurs en continuant de pleurer. « Je suis désolé… » Répétait-il quand il reprenait sa respiration. « Je suis tellement désolé… Je gâche tout… »


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Sujet: Re: { monsieur Tobi'choupi } › Parler, rire, se confier : tout ce qu'il faut pour passer une agréable soirée. ( le Mar 16 Oct 2018 - 23:20 )
Parler, rire, se confier : tout ce qu'il faut
pour passer une agréable soirée.
Je voudrais avoir le pouvoir de rendre heureux mon ami, je voudrais avoir la possibilité d'effacer tous les instants difficiles qu'il a vécu, seulement, je ne peux pas. Sa peine me rappelle la mienne, lorsque j'ai appris le décès d'Enrico, l'homme qui m'a sauvé de nombreux coups que me portait mon « géniteur » puisque je n'ai jamais plus prononcé le mot « père » lorsqu'il a commencé à frapper ma mère devant moi. J'ai été privé de mon enfance alors que je n'avais que neuf ans et à partir de cet âge, j'ai compris que la vie était rude et bien loin d'être belle, comme on l'entend trop souvent. Par ailleurs, il me semble avoir lu ou entendu que l'être humain n'est heureux que durant trente années de sa vie, ce qui est plus rare encore qu'on ne puisse l'imaginer. Certains enfants n'ont pas la chance de vivre beaucoup de temps, décédant à l'hôpital à cause de pathologies impossibles à véritablement traiter, puis, il y a aussi les enlèvements, les meurtres, les accidents de la route, la liste est interminable. Cela me rappelle une fois encore le décès d'Enrico, cet homme qui m'a permis de devenir la femme que je suis aujourd'hui, même si j'ai la sensation qu'une partie de moi s'en est allée avec lui, lorsque j'ai appris son décès. Ne pipant mot, alors que mon regard est empli d'une tristesse intense, j'écoute Tobias. Il affirme être un « piètre ami » ces derniers temps, ce qui sonne faux à mon oreille. Tobias est toujours présent pour les personnes qu'il aime, se mettant même de côté afin d'aider les autres, malgré tous ses problèmes. « Tu sais très bien que c'est faux. » Je lui affirme, alors que nos regards s'accrochent et qu'il reprend, me disant que nous irons au restaurant, que je sois prise ou non, dans la société où j'ai postulé, passant d'ailleurs mon entretien aujourd'hui, plus tôt dans la journée. « C'est d'accord pour le restaurant. » Je lui dis, ne pouvant cesser de regarder mon ami.
Perdu dans mes pensées alors que je revois défiler devant mes yeux l'enterrement d'Enrico, je sens la compassion de Tobias, puisqu'effectivement, il a délicatement posé sa main sur mon avant-bras, alors que je ne m'en rends compte que lorsque j'émerge de mes dites pensées. Nous restons silencieux un temps, sans doute parce que nous en avons besoin, lorsque je décide de me lever, désireuse que nous nous amusions comme des enfants, même si mon enfance me semble bien lointaine, comme une sorte de rêve qui c'est finalement transformé en cauchemar. Pourtant, malgré cette pensée, je suis à présent sur la piste et je lui fais signe de me rejoindre, ne sachant pas encore pourquoi mon ami semble aussi malheureux. Son regard trahi une souffrance épouvantable, seulement, il est là, présent, debout. Sa force et son courage m'ont toujours fasciné ainsi qu'impressionner alors que j'esquisse un sourire lorsqu'il me rejoint, les mains dans les poches, gêné. Cela provoque un petit rire qui s'extirpe d'entre mes lèvres, alors qu'il vient me murmurer à l'oreille que s'il me rejoint, s'il se met à danser, c'est parce qu'il m'apprécie, la réciproque est vraie. « Merci. » Je lui souffle, mes prunelles scintillantes, alors que nous dansons peu de temps, puisqu'à un moment, je ne sais pour quelles raisons, ses prunelles s'emplissent de larmes. S'excusant, ma bouche forme un « O » alors qu'il quitte la piste, mais également le bar, puisque je le suis, interdite, ne comprenant pas ce qu'il vient de se passer. Avançant d'un pas rapide, je le retrouve dehors, poussant péniblement la lourde porte d'entrée du bar. « Tobias… » Je n'ai pas le temps d'ajouter quoi que ce soit, parce que je suis saisie par sa souffrance, sa peine immense qui me semble épouvantable. Mes prunelles s'emplissent rapidement de larmes, parce que je ne supporte pas de voir mon ami ainsi et m'approchant avec lenteur, il m'explique la raison pour laquelle il est ainsi. Posant une main sur ma bouche suite à ses propos, je comprends maintenant pourquoi il souffre ainsi, alors que des larmes roulent sur mes joues. « Tobias. » Je souffle, ne sachant pas quoi dire, alors qu'il ne peut plus contenir toute la peine qu'il ressent, ainsi que la douleur qui le ronge depuis l'annonce du décès de sa petite princesse. « Mon dieu, Tobias… » Je prononce, alors que je ne sais pas comment l'approcher, ayant peur qu'en le touchant, il souffre davantage encore. « Je suis tellement désolée. » Je lui souffle, alors qu'il ne peut retenir des cris de douleur à présent, ce qui me fend le cœur. « Ne dis pas de bêtises. » Je réponds, quand il dit qu'il gâche tout et que finalement, il me laisse l'étreindre, postant une main sur son dos alors que la seconde caresse avec tendresse ses cheveux, afin de l'aider à se calmer, mais également, afin de le soutenir, comme je peux.
Pando


Miss Bergman
All the shine of a thousand spotlights, All the stars we steal from the night sky, Will never be enough, Never be enough...

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