Revenir en haut
Aller en bas


 

- |terminé| Bousculade volontaire. feat Alexandre -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Quartier Spagnoli :: Marché La Pignasecca
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Luna PrimaveraToujours frais après un litre de café
avatar
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ciao-vecchio.com/t4153-les-trous-noirs-c-est-comme-un http://www.ciao-vecchio.com/t4158-la-blessure-cicatrisee-on-oublie-la-douleur-luna#131616
ID : sweety / nath
Faceclaim : Irina Shayk © .Cranberry
Multi-comptes : Augusto Rinaldi & Safiya Rahotep & Declan O'Reilly
Messages : 545 - Points : 878

Âge : 34 ans depuis le 1er mai mais rien n'est vraiment sur.
Métier : Assistante administrative au cinéma le Modernissimo
Sujet: |terminé| Bousculade volontaire. feat Alexandre ( le Mar 9 Oct 2018 - 15:13 )

Alexandre & Luna.

Le regard, le reflet de l'âme. L'étendue dans laquelle on plonge quand le destin nous met face à face. Ce miroir qui cache toutes les émotions que la chair ne laisse paraitre qu'à certaine condition.




Elle est heureuse Luna. Elle se promène le long des stands du marché. Se laissant enivrer par les diverses odeurs et les couleurs chatoyantes. Ses pas sont sautillants, et parfois emportés par des pas de danse. Éternelle enfant qui livre aux passants son sourire.
Comment pourrait-on se douter que derrière cette joie se cache une peine troublante et pesante ?
Elle aime le samedi matin, Luna. Déjà parce qu’elle ne travaille pas. Et puis pour ce marché qu’elle foule de ses pas dés qu’elle le peut. Son regard s’attarde sur les mets offerts à ses yeux. Se demandant ce qu’elle va mettre dans son frigo. Tout lui fait envie, surtout les fruits qui semblent si juteux et sucrés. Elle est même en train de croquer dans une pomme qu’elle a acheté un peu plus tôt.
Elle remplit son panier. Sans en prendre trop.
Elle a horreur du gaspillage Luna. Elle caresse un chien qui passe à ses côtés. Il parait abandonner, et cette pensée rend triste l’orpheline. Elle cherche malgré elle, le maitre de l’animal. Mais elle ne voit rien. Avant que ses yeux n’accrochent une silhouette masculine. Elle hésite un instant. Son regard se fait persistant.
Et puis elle le reconnait Luna.

Elle l’a déjà croisé. Elle lui a déjà offert des sourires Luna. Des sourires qu’il ne voyait pas, surement à cause de la belle qui se promenait à son bras. Mais là, le beau gosse est seul. Il marche à grand pas. Et elle a la sensation qu’il porte sur ses épaules tout le poids du monde. Elle ne sait pas pourquoi mais elle essaie de deviner ce qui peut bien l’accabler. Ou alors elle se fait des idées et c’est juste son boulot qui le préoccupe.
C’est idiot de penser à de pareille chose.
Et elle se met à le suivre, oubliant la suite de ses courses. Elle marche de l’autre côté. Le guettant de son regard émeraude. Elle s’arrête quand il s’arrête. Elle en profite pour prendre un granité à la cerise.
La cerise c’est bon pour les sourires.
Et cela donne à ses lèvres une jolie couleur et une douce saveur. Le froid sur sa langue la fait frissonner. Elle se demande comment elle pourrait l’aborder. Il est seul. Autant en profiter. Elle précipite donc son pas. Passant devant lui. Mettant un peu de distance. Avant de traverser et de remonter vers lui.

Elle est impulsive parfois Luna. Elle suit son instinct, ses envies. Elle cherche dans sa tête comment elle va mettre en scène cette rencontre. Lui demander du feu. Ou bien sa route. Non trop facile. Pas assez insolite. Elle a son panier accroché à son bras. Dans son autre main son granité. Et la distance qui les sépare diminue dangereusement. Elle a encore le temps de l’éviter.
Mais aura t-elle une autre chance de l’aborder ?
La prochaine fois il pourrait encore avoir sa belle à son bras. Et le sourire de Lune couleur cerise pourrait se perdre dans le souffle du vent. Dans un battement d’aile. Alors elle ne se pose plus de question. Elle baisse les yeux et fonce vers lui. Essayant tout de même de tenir à distance du choc ses courses et son granité. Elle laisse son pas se faire plus entrainant, comme si elle entendait de la musique. Musique imaginaire comme les histoires qu’elle invente sur son passé. Cela calme les battements de son cœur.
Et puis c’est la collision. A la fois douce et surprenante.
Au point qu’elle lâche son panier. Pourtant elle le tenait serrer. Mais dans le choc elle perd légèrement l’équilibre. Mauvais calcul. C’est une main qui la retient. Une main masculine. Sa main. « Désolé .. pardon .. j’avais la tête ailleurs. » Elle regarde le sol où ses courses ont trouvé demeure. Heureusement qu’elle n’avait pas d’œuf. Sinon sa bêtise aurait fait l’omelette.

Puis elle lève ses yeux Luna. Son regard émeraude vient taper de plein fouet le regard azuré de l’homme dans lequel elle est rentrée. Elle lui sourit. Un sourire immense. Un sourire intense. Le granité cerise a laissé sa trace sur ses douces lèvres.
De prés il est encore plus beau. Mystérieux aussi. Avec dans le regard cette douleur qu’elle porte parfois dans le sien. « Il faut que j’arrête de penser à tout un tas de chose en marchant. » Sa voix est troublée. Perturbée. Signe des émotions qui la submergent. Sa peau est bercée par le froid et le chaud. Drôle de sensation déroutante. « Je ne vous ai pas fais mal au moins .. ni tâché. » Elle veut étirer l’instant juste pour cueillir un peu plus du bleu de son regard. Juste pour saisir son souffle. Et sentir encore le frôlement de sa main qui s’attarde sur son bras.
Et puis il y a comme une cassure. Une blessure. Dans ce regard si franc. Cela fait frissonner Luna. « Vous allez bien ? » Elle le sent comme ailleurs. Comme s’il venait de voir quelque chose d’impossible. D’impensable.




(fiche) drvgns. / (ava) Ante mortem & delreys.



 

 
“A l'oubli succède l'indifférence de l'oubli comme un écho muet qui prolonge la durée et augmente l'espace de l'oubli.”

 
(c)Miss Pie

 


Dernière édition par Luna Primavera le Mar 23 Oct 2018 - 10:55, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Alexandre LecomteLe vin est un puissant lubrifiant social
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
ID : Eagle Horn
Faceclaim : Chris Hemsworth
Multi-comptes : Francesco Spinoza & James Weaver
Messages : 94 - Points : 371
Âge : 35 ans
Métier : Chercheur en Histoire et maître de Conférence à l'Université de Naples
Sujet: Re: |terminé| Bousculade volontaire. feat Alexandre ( le Mer 10 Oct 2018 - 14:54 )
Bousculade volontaire
Le réveil ne sonna pas ce matin. Du moins n'eut-il pas à sonner, désactiver par un Alexandre lève-tôt. La nuit avait été bonne sans pour autant être des meilleurs. Le jeune homme était un peu perdu. Beaucoup en fait. Céline lui manquait atrocement, et même si il savait qu'il ne pourrait jamais la faire revenir, elle laissait en lui un souvenir si vivace, si puissant, qu'il était incapable de se défaire de son image. Le corps de Céline tombant lourdement sur le sol, son souffle, faible, mais son sourire malgré tout alors qu'elle était tombée près de celui qu'elle aimait. Cette même scène tournait en boucle dans sa tête. Alors il n'avait pas beaucoup dormi, obnubilé par la vie qui lui avait lancé un poignard injuste dans le dos. Il avait été trahi par la vie. Voilà tout. Aussi, ce matin avait-il décidé de prendre un déjeuner à la britannique. Bacon, oeufs brouillés, croissants, whisky. Un déjeuner à la Churchill comme il le disait lui même. Ce qui n'était pas entièrement faux. Ce genre de déjeuner arrivait quand il avait du temps pour le préparer, et pour se vider l'esprit. Il l'apprécia sur son balcon, contemplant le centre-ville, appréciant le soleil qui venait tout juste de se lever et cet air encore frais, qui annonçait la venue de l'automne, mais une belle journée malgré tout. Une journée qui rendrait n'importe qui heureux. Pas Alexandre qui n'est pas d'humeur. Il n'est jamais d'humeur me direz-vous. Le klaxon d'une camionnette le sort de ses douloureuses pensées. Un italien à la peau basanée gueule de vive voix devant une autre camionnette. Ils ne s'engueulent pas, ils se saluent. Ils sont italiens. Parler fort, c'est leur chic après tout. Alexandre se lève de sa chaise et s'accoude à la rambarde du balcon pour observer les deux énergumènes qui ont l'air heureux de cette journée. Quel jour déjà? Ah oui, samedi. Jour de marché. D'où la présence de ces deux joyeux idiots. Le chercheur sourit en les voyant partir tout heureux de leur journée.

Il ne tarde pas à rentrer. Faire la vaisselle? A quoi bon? Il a une machine pour cela. Il mets donc rapidement tout dans le lave-vaisselle mais ne le lance pas. Il ne va pas gaspiller de l'eau pour si peu de vaisselle. Si l'envie ne l'étreint pas particulièrement de sortir, il se décide cependant à sortir, se forçant un peu à prendre l'air et à ne pas rester le nez plongé dans sa paperasse, cela le changera pour une fois. Il s'empare d'un sweet sombre, qu'il enfile par dessus un tee-shirt blanc qui lui colle à la peau, et ne tarde guère à enfiler un jean classe, faisant ressortir ses jambes. C'était l'un de ceux qu'elle aimait qu'il porte, alors autant ne pas le laisser au placard. Des chaussures de ville, et il ne tarde guère à sortir, prenant son porte feuille et son portable. La porte, comme toujours, grince en s'ouvrant, et nécessite qu'il force et qu'il tire sur la poignée pour pouvoir la fermer à clef, non sans quelques jurons au passage qui laisse sa voisine de palier, une dame d'un certain âge, les yeux tout écarquillés.
- Désolé... Fait-il gêné.
- Si vous l'aviez fait réparer depuis le temps, cela vous aurez évité ce déplacement de langage intolérable jeune homme. Lança-t-elle alors de sa voix chevrotante en levant sa canne dans sa direction. C'était la seule qui osait lui rentrer dedans ici, et qui tentait de lui redonner du punch quand il n'en avait plus. Cette vieille mamie était à la vérité pourvue d'une énergie sans nom alors qu'elle avait perdu son mari il y avait trente deux ans. Elle en avait soixante-seize. Un exemple. Comment s'était-elle remise de cette perte? Elle était plus forte que lui, voilà tout. Et elle avait du caractère.
- j'y penserais... Répondit-il en soufflant légèrement, non sans un sourire en coin alors qu'il descendait déjà les escaliers de son petit immeuble.
- Et tâchez de ne pas ramener n'importe qui à la maison! J'ai horreur du bruit! Cria-t-elle alors qu'il arrivait déjà en bas dans un sourire éclatant. Il ne ramenait jamais personne et c'était elle qui mettait de l'animation ici. Elle se moquait du monde!! Il secoua la tête, amusé, et sortit finalement.

Il ne tarda guère à arriver au marché. Il avait préféré marcher pour arriver jusque là. Cela lui permettait de faire de l'exercice, quand bien même il allait courir régulièrement et se rendait à la salle de sport. Puis marcher lui permettait d'évacuer un peu, de ne plus penser à autre chose que ses pas, que la ville qui l'entourait, que les gens qu'il croisait quand bien même il ne leur accordait que peu - ou pas - d'attention. Le marché était, comme toujours, bruyant. Bruyant de la voix des marchands qui vantaient la qualité de leurs produits, de ceux qui se livraient une farouche concurrence en criant bien haut leurs prix, et de ceux qui, de leur accent chantant, attirait les foules de par leur charme et leur beau parler. C'était tout un art. Et dans tout ce boucan, le brouhaha des conversations, de ceux qui se retrouvent pour converser, des amoureux qui profite de l'instant pour se retrouver, à l'abri des regards indiscrets, qui s'échangent des regards qui veulent tout dire. Il y avait les vieux du coins, journal à la main, qui discutait des derniers match et des paris, des amis, qui se rencontraient sans l'avoir vraiment voulu, mais qui était là et prévoyait désormais un barbecue à la maison ce midi. En plus du bruit, il y avait les couleurs, distillées par les étalages de fruits et de légumes, tous aussi beau les uns que les autres, éclatants de lumière, paraissant juteux. Là se côtoyaient melons, pastèques, mangues, las-bas, c'était des oranges, des pèches, des brugnons ou encore des citrons et des pommes. Que dire alors des salades, des poireaux, des concombres, qui étalaient les nuances de verts, couleurs de l'espoir. Et puis il y avait les épices, les senteurs de l'orient, qui avait toujours attiré Alexandre. Le curcuma, le gingembre, le cumin, toutes ces épices particulières, aux saveurs si goûteuses, qui agrémentaient les plats et les rendaient si bon. Le piquant et le charme de l'orient, celui des contrées exotiques, éloignées d'ici, et pourtant connues de l'italien, de l'européen de base. Que dire également des fromages? Ronds, gros, blanc, jaune, moelleux, ferme, coulants, il y en avait là aussi pour tous les goûts. Du célèbre Parmesan au non moins connu roquefort, ici rivalisait le savoir faire du monde dans les produits laitiers et les qualités de fermentation. Mais un bon morceau de fromage n'allait pas sans une bonne charcuterie pour vous mettre en appétit. Le jambon sec, pendu aux étalages attirait le regard, les saucissons le rendait curieux, et les charcuteries plus particulières telles que la Coppa. Le marché, c'était toutes ses saveurs, toutes ses odeurs, tout ce bruit, toutes ces couleurs qui assaillaient vos sens qui ne demandaient qu'à se laisser conquérir par les saveurs des uns, le goût des autres. Et dans tout cela, Alexandre marchait, le regard perdu, quoiqu'il voyait bien, mais si son corps était là, son esprit lui, était ailleurs.

Et c'est bien pourquoi il ne la vit pas venir. Pressée, sans doute. Ne faisant pas attention, au moins autant que lui. Le choc qui se produit soudain le ramène alors d'un seul coup à la brusque réalité. C'est comme un seau d'eau froide sur sa tête. Son regard prend soudainement note de tout ce qui l'entoure, et d'un réflexe rapide, il retient la jeune ferme qui lui est rentré dedans pour ne pas qu'elle tombe. Le contenu de son panier se verse en partie sur le sol, mais au moins, elle est sauve. Elle s'excuse alors qu'il baisse le regard pour la regarder et s'excuser également, après tout, il ne l'avait pas vu non plus. Mais alors qu'elle lève le regard vers lui, il reste soudainement de marbre. Non... Ce vert... Ces yeux... Cela ne se peut. Hypnotisé soudainement, comme si il se trouvait face à un cobra, Alexandre ne peut plus dévier son regard bleu de ce regard émeraude, perçant. Et son cerveau semble s'être arrêté de fonctionner au point que sa main ne lâche plus celle de la jeune femme qui vient de lui rentrer dedans. Elle s'excuse, se justifie bien malgré elle, mais ces paroles n'atteignent pas vraiment Alexandre, perdu dans ce regard si familier. Il jurerait que c'est Céline. Il en mettrait sa main à couper. Elle lui demande alors si il va bien. Il revient à la réalité une nouvelle fois. Il lâche soudainement le bras de la jeune femme, gêné par cet instant de flottement, d'absence même alors qu'il dévie son regard.

- Je... Oui, oui, ça va... Excusez-moi, j'ai eu un moment de... D'absence. Les mots ne viennent pas. Lui pourtant bon orateur en règle général ne parvient plus à s'exprimer. Elle l'a déstabilisé. Plus que ce qu'il ne voudrait l'admettre.  Hem, ne vous excusez pas. Fait-il finalement. J'étais moi-même dans mes pensées... Et j'avoue ne pas vous avoir vu arriver. Il la regarde alors. Cette femme lui dit quelques chose... Non. En fait non. Il en est sûr, il ne l'a jamais vu. Et pourtant, il a l'impression, étrange, qu'elle ne lui ait pas étrangère. Il n'ait pas du genre à croire en la réincarnation ou en toutes ces conneries, mais pour le coup, il l'admets, c'est déroutant. Il se penche finalement pour ramasser les quelques courses au sol avant de se redresser pour les déposer dans le panier. Vos fruits ne sont pas abîmés... Fait-il finalement ... On a de la chance. Termine-t-il dans un faible sourire. Il ne sait pas trop où il en est, elle lui rappelle Céline à tel point qu'il la regarde une nouvelle fois. Il se plonge à nouveau dans ce regard si beau, un regard qui autrefois avait su conquérir son coeur. Et il y cherche quelque chose, une réponse, comme si d'un battement de cils, elle allait lui confirmer quelque chose qu'il n'espérait plus. Et le battement de cil arrive. Il ne confirme rien. Si ce n'est que ce n'est pas Céline. Il y a de l'intensité dans ce regard. Mais il en est sûr désormais, ce n'est pas Céline. Cependant, oui, elle reste déstabilisante. Voyant qu'il la fixe sans explication il lève la main et balaye l'air comme pour lui faire signe d'oublier ça.
- je suis désolé, vous me rappeler quelqu'un que je connaissais... Mais ce n'est pas elle... puisque c'est vous. Termine-t-il presque déçu. Il finit par se décaler. Encore désolé madame. Passez une bonne journée tout de même. Il lui adresse un faible sourire, en retour du sien, éclatant soit dit en passant, et il continue son chemin.

Pourtant, alors qu'il commence à s'éloigner, reprenant ses pas tranquillement, son coeur s'emballe soudain. Comme si il venait de faire une bêtise. Parfait égoïste qui a eu de la chance que les pots ne soient pas cassés, il s'enfui du champ de bataille, oubliant tout honneur et toutes politesses derrière lui. Il se stoppe soudainement. Ce n'est pas en ignorant les gens et en passant sans cesse son chemin comme si le monde n'existait pas qu'il va s'en sortir. Il se retourne alors. Elle semble prête à repartir elle aussi, elle est déjà en marche, visiblement plus attentive. Et finalement il l'interpelle.
- Madame! Si voix résonne soudainement. Cela faisait une éternité qu'elle n'avait pas résonné de la sorte. Il en est lui-même surpris et quelques passants se retourne. Mais à ce moment là, le temps semble se figer, ne laissant se déplacer que ces deux personnes dont l'accrochage inopiné à fait se croiser leurs chemins. Elle se retourne finalement, sa belle chevelure volant au même moment, et son regard vert le transperçant à nouveau, comme si elle pouvait lire en lui. Il lui offre alors un sourire en retour du sien. Comme si elle parvenait à le faire changer d'humeur. Elle semblait ne pas lui tenir rigueur de l'incident, et son sourire avait le don d'égayer un peu sa journée. Je peux vous offrir un café peut-être? Ou un coup à boire du moins? Fait-il alors ne sachant que faire d'autres pour se faire pardonner, et puis, curieux finalement de savoir qui elle est.           
Codage par Libella sur Graphiorum
Revenir en haut Aller en bas
Luna PrimaveraToujours frais après un litre de café
avatar
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ciao-vecchio.com/t4153-les-trous-noirs-c-est-comme-un http://www.ciao-vecchio.com/t4158-la-blessure-cicatrisee-on-oublie-la-douleur-luna#131616
ID : sweety / nath
Faceclaim : Irina Shayk © .Cranberry
Multi-comptes : Augusto Rinaldi & Safiya Rahotep & Declan O'Reilly
Messages : 545 - Points : 878

Âge : 34 ans depuis le 1er mai mais rien n'est vraiment sur.
Métier : Assistante administrative au cinéma le Modernissimo
Sujet: Re: |terminé| Bousculade volontaire. feat Alexandre ( le Ven 12 Oct 2018 - 17:27 )

Alexandre & Luna.

Le regard, le reflet de l'âme. L'étendue dans laquelle on plonge quand le destin nous met face à face. Ce miroir qui cache toutes les émotions que la chair ne laisse paraitre qu'à certaine condition.




Luna ne peut louper une occasion pareille. Elle a toujours vu le bel homme accompagné de sa belle. Alors le fait qu’il soit seul c’est l’occasion rêvée pour provoquer une rencontre. Surtout que là il y a juste la rue qui les sépare. Même si au départ elle hésite, Luna étant assez impulsive, elle veut qu’il n’y voit que du feu.
Le fruit du hasard légèrement amélioré.
Elle cherche comment faire arriver la rencontre. Ou plutôt la provoquer. En premier elle le suit de loin, se posant mille questions. Qui il est. Qu’est ce qu’il fait ? Pourquoi est-il seul aujourd’hui ? Habite t-il dans le coin ? La belle qui l’accompagne si souvent est-elle une relation sérieuse ?
Enfin elle verra bien le moment venu.
Là il faut qu’elle réfléchisse à l’organisation du télescopage. Luna pense à ce qu’elle tient entre ses mains. Ses courses dans le sac qui se trouve à sa droite et son granité à la cerise qui est à sa gauche. Elle ne veut pas prendre le risque d’abimer un de ses fruits ou un de ses légumes. Ni de renverser sa boisson. Qui fond doucement. Elle ne veut pas non plus se tâcher. Ni le tâcher en rendant le choc trop violent. Alors si elle choisit l’option "je fonce droit devant", elle devra prendre des précautions. Pour qu’il pense à un coup du destin, sans qu’il se doute qu’il a été poussé par l’élan de la jeune femme.
Cela la fait sourire Luna.
Elle s’imagine comme il réagira. Comment il se présentera. Enfin s’il se présente. Elle le voit en train de s’excuser et en faire de même. Elle se fait ses petits scénarios comme quand elle invente son passé. Mais là un des scénarios imaginés va se dérouler. Alors que son passé c’est chaque fois un tissu de mensonge qu’elle brode à sa sauce. Au gré de ses envies et  de ses émotions. Une fois sure d’elle, elle le devance. Elle traverse la rue. Un dernier regard dans sa direction alors que lui semble ailleurs.
Et elle fonce sans hésitation.

Tout va très vite après. Le choc. Luna qui manque de tomber. Sa main qui la retient. Un appuie chaud. Brulant même. Qui la trouble. Et puis leurs regards. Le trouble qui se fait plus grand alors qu’elle plonge ses yeux dans les siens. Elle oublie de penser sur le coup au point qu’elle lâche son panier et même son granité.
Elle est juste perdue dans ce regard si triste .. si surpris .. Elle n’arrive pas à trouver le mot juste Luna. Quelque chose lui échappe. Un instant elle a la sensation qu’autour d’eux tout s’arrête. Les bruits. Comme le temps. Il y a comme un silence étrange. Avant qu’elle ne parle, prenant de ses nouvelles. Laissant son imagination au repos le temps qu'il reprenne ses esprits.
Car il n’est pas sur la même planète que Luna à cet instant.
Dans quel monde est parti son âme durant ce laps de temps fuguasse ? Elle l’ignore mais cela la titille. L’embrouille. Il s’excuse à son tour disant qu’il était dans ses pensées. Mais vu ses mots ensuite, Luna comprend que son stratagème à marcher parfaitement. Elle ne pouvait espérer mieux. « Nous sommes deux dans ce cas. Je pensais déjà à tout ce que j’allais cuisiner. Et voilà. »
Son nez s’allongerait si elle était Pinocchio. Mais elle est loin d’être marionnette en bois et puis même si elle a une imagination débordante, Luna. Elle ne croit pas à la fée bleue. Pour les autres et bien elle ne sait pas trop parfois. S'accordant dans des moments le droit d'y croire.
Elle sourit au fond d’elle mais ce sourire discret se repend sur son visage. La rendant plus radieuse. Et son regard se fait plus brillant. Ils se mettent à ramasser les achats tombés à terre. Pas loin son granité cerise s’écoule sur le sol. « En effet ils n’ont pas subit de dégâts. Sinon j’aurais fait de la purée et de la compote. » Cette fois elle laisse son sourire glisser sur ses lèvres. Elle le sent gêné ou perturbé, elle ne serait le dire vraiment Luna. Mais elle voit bien que lorsque leurs regards se croisent il semble être ailleurs.
Elle pense à un tas de chose, mais elle est loin de ce douter de la vérité qui habite le bel inconnu. Avant qu’il ne lui dise qu’elle lui rappelle quelqu’un. « A ce qui parait on a tous notre jumeau sur terre. » Elle voit le sourire timide. Mais avant même qu’elle est le temps de dire autre chose, il s’excuse encore avant de lui souhaiter une bonne journée.
Et de repartir doucement.

Luna reste là. Un instant encore dans ses songes et son questionnement. Elle sait juste qu’elle lui fait penser à quelqu’un. Et la voilà qui se demande à qui il pense en la voyant. Elle soupire. Elle ne lui a même pas dit son nom. Et il ne lui a pas dit le sien. Ce n’est pas aujourd’hui qu’elle en sera plus ce le bel inconnu. Elle a juste vu qu’il avait de jolis yeux bleus et un sourire délicieux même s’il a été timide.
Elle va pour repartir mais elle réalise que pour rentrer chez elle, il faut qu’elle le suive. Il va trouver ça louche s’il s’en rend compte. Mais elle n’a pas le temps de faire deux pas que Luna entend un "madame" résonner dans les bruits de la ville. Une voix qui la sort de ses rêveries et de ses interrogations.
Elle se retourne doucement comme si elle cherchait à faire durer l’instant.
Et comme attirer le regard vert de Luna vient percuter le regard bleu de l’inconnu. Elle frissonne malgré elle. Encore une fois surprise par ce qu’elle voit dans ses yeux. Sans saisir l’émotion qu’il le transperce. Un sourire né sur leurs lèvres sans hésitation. Aurait-il envie de la connaitre d’avantage vu sa proposition ? « Je veux bien. Un sirop de fraise ou de cerise sera parfait. » Elle va surement sembler enfantine en demandant une telle boisson mais elle adore ce n’est pas de sa faute.
Elle s’approche de lui. « Au fait je m’appelle Luna. » Elle aura peut être en retour son prénom. Sinon elle continuera à le nommer le bel inconnu. En tout cas elle est heureuse que son idée ait marché à deux cent pour cent. Puisqu’il est revenu sur ses pas pour l’inviter à prolonger l’instant. Que va-t-elle pouvoir découvrir ? De quoi alimenter les récits inventés sur lui ? Ou alors lui assurer que sur certains points elle avait raison ? Comme sur ses idées de métier. Mais ce qui l’intéresse le plus c’est savoir à qui elle lui fait penser.
Car elle a bien vu son trouble Luna, quand le regard bleu de l'inconnu a intercepté son regard vert. Cela l'a même laissé sans voix sur le coup.




(fiche) drvgns. / (ava) Ante mortem & delreys.



 

 
“A l'oubli succède l'indifférence de l'oubli comme un écho muet qui prolonge la durée et augmente l'espace de l'oubli.”

 
(c)Miss Pie

 
Revenir en haut Aller en bas
Alexandre LecomteLe vin est un puissant lubrifiant social
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
ID : Eagle Horn
Faceclaim : Chris Hemsworth
Multi-comptes : Francesco Spinoza & James Weaver
Messages : 94 - Points : 371
Âge : 35 ans
Métier : Chercheur en Histoire et maître de Conférence à l'Université de Naples
Sujet: Re: |terminé| Bousculade volontaire. feat Alexandre ( le Sam 13 Oct 2018 - 17:13 )
Bousculade volontaire
Venir au marché n'était peut-être pas une bonne idée. Au beau milieu de la foule, de l'odeur et du parfum des fruits et des épices, dans tout ce brouhaha, cette cohue infernal de gens qui marchent, s'arrêtent, regardent, discutent, il n'a pas vue la jolie brune qui lui rentre dedans. Pour le coup, ils se percutent bien. Il est gêné, ne sait pas quoi dire, que faire, et surtout, les beaux yeux verts de la jeune femme qui se trouve en face de lui le font revenir en arrière. Ses yeux sont quasiment les mêmes que ceux de Céline. Il en est troublé à tel point qu'il a un bon moment de flottement et qu'elle lui demande même si ça va. Il se dégage, s'excusant, arguant qu'il était dans ses pensées. Et loin de vouloir le faire se sentir coupable, elle réplique qu'elle était aussi dans ses pensées, pensant au plat de ce midi. La réponse le fait sourire.
- Et bien si ça vous inspire, c'est plutôt une bonne chose. Fait-il alors qu'il se penche pour ramasser en sa compagnie les fruits tombés à terre. Finalement, une fois que tout est ramassé, il s'ose à une petite remarque, et elle répond, pleine de vie, d'humour. En plus de ses yeux, c'est aussi dans sa démarche joyeuse qu'elle lui rappelle l'être aimée. Il lui donne une explication rapide quand à son moment de flottement, et elle réponds qu'il paraît qu'ils ont tous un jumeau sur terre. Sept. Sept en réalité d'après les scientifiques. Mais on s'en moque, non? Il sourit faiblement.
- Sans doute oui... Et il s'excuse avant de repartir. Nonchalamment, comme si de rien n'était, il reprend sa marche. Et pourtant, son esprit est revenu à la vie réelle. Il pense encore à ces yeux, à cette femme. Si bien que lorsqu'il se retourne et note qu'elle n'est pas encore trop loin, il l'interpelle. Il ne sait pas finalement si c'est qu'il l'interpelle pour s'excuser, pour essayer de se faire pardonner, ou si c'est parce qu'elle a provoqué en lui quelque chose. Comme si soudainement, elle l'avait ramené sur terre, lui faisant prendre conscience que les gens vivaient. Et qu'il vivait parmi eux, qu'il n'était pas un fantôme pouvant se balader sans se soucier de qui lui passait à côté ou venait vers lui.

C'est la première fois qu'il interpelle une femme pour partager un moment avec, aussi simple soit-il. Elle se retourne alors lentement, et il a peur un instant d'essuyer un refus. Mais lorsqu'il voit son sourire illuminer le visage de la jolie brune - car oui elle est jolie - il ne peut s'empêcher de sourire en retour. La réponse, il la connaît avant même qu'elle ne lui réponde que c'est d'accord. Pour elle ce sera un sirop. Peu importe. L'important est simplement pour lui de se faire un peu pardonner et puis... Et puis quoi? Et puis il ne sait pas. Mais cela lui permettra de changer un peu le cours de ces jours monotones. De plus, la joie de vivre qu'elle dégage l'étonne et l'intrigue. Pour être joyeux, ne dit-on pas qu'il faut rester avec ceux qui le sont plutôt qu'avec des gens tristes? Et bien, il fallait bien tenter l'expérience. Elle revient vers lui, et étrangement, il en est tout heureux, comme si c'était une véritable victoire qu'elle ait accepté. Elle aurait pu partir, le laisser là, arguant qu'elle avait des choses à faire, peut-être un petit ami, mais non. Elle accepte... Luna. Le nom est beau. Simple mais beau. Il la regarde un léger sourire sur les lèvres avant de lui tendre la main pour la lui serrer en lui donnant son prénom.
- Alexandre. Elle le regarde et il est encore et toujours troublé par ce regard. C'est... C'est mon prénom. Merci, elle avait sans doute compris. Mais tant pis, au moins c'est dit. Présentation faîte, il décide de sortir du marché pour s'arrêter au premier bar qu'il trouve et il l'invite à s'installer en terrasse pour qu'il puisse profiter du beau soleil et de la température agréable.

Le jeune chercheur finit par s'asseoir, se laissant aller à regarder les gens qui marchent avant de reporter son attention sur elle. Une belle femme. C'est ce que beaucoup dirait. Et il profite de l'avoir en face de lui pour la regarder de son regard bleu perçant. De jolies courbes, un corps agréable à regarder, duquel n'importe quel homme pourrait s'éprendre, un beau visage, élégant, une chevelure magnifique et des yeux si... Beaux. Troublants en même temps. Un serveur ne tarde pas à venir l'interrompre dans son observation, leur demandant ce qu'ils souhaitent. En s'attardant sur les belles lèvres de la demoiselle, délicieuse rien qu'à les regarder, il prend lui même la commande.
- un sirop de fraise pour madame... Et un café pour moi, termine-t-il après avoir fait une courte pause histoire d'être sûr que c'est bien ce qu'elle voulait. Et voilà que déjà il s'eclipse. Finalement, Alexandre décide de lancer la conversation.
- Je m'excuse encore pour toute à l'heure, je ne vous avais pas vu... J'étais en train de réfléchir... Et puis... Et je vous ai renversé. J'espère que vous ne m'en voulez pas. Fait-il un petit sourire sincère sur les lèvres avant de la laisser répondre. Finalement, il va pour sortir un cigare avant de se raviser. Il est avec elle, il attendra pour fumer, et il ne voudrait pas la déranger. Sans la lâcher du regard, il reprend. En plus vous n'avez pas vraiment de chance, je ne vais quasiment jamais au marché. Du moins j'y vais moins souvent qu'avant. Et il a fallu que l'on se rentre dedans. Je crois que si je calcule toutes les probabilités pour que ça vous arrive... Et bien même les probabilités ne sont pas d'accord. Termine-t-il en souriant. Étrangement, devant ce sourire charmeur et sincère de la belle brune qui lui fait face, il se sent soudainement mieux. De meilleur humeur. Comme si le simple fait qu'elle étire les lèvres avait le don de mettre comme un baume sur son coeur. Vous êtes sur Naples depuis longtemps? Demande-t-il finalement curieux d'en apprendre un peu plus sur Luna dont il n'arrive pas à détacher son regard, notamment de ses yeux verts. Ils n'ont pas la même expression que ceux de Céline, ce qui d'un côté le rassure un peu en fait. Mais cette intensité dans le regard... C'est la même intensité qui, il y a quelques années avait sut le séduire. Toutes les femmes ont-elles cette intensité dans le regard? Ou seules certaines en sont... Propriétaires?         
Codage par Libella sur Graphiorum
Revenir en haut Aller en bas
Luna PrimaveraToujours frais après un litre de café
avatar
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ciao-vecchio.com/t4153-les-trous-noirs-c-est-comme-un http://www.ciao-vecchio.com/t4158-la-blessure-cicatrisee-on-oublie-la-douleur-luna#131616
ID : sweety / nath
Faceclaim : Irina Shayk © .Cranberry
Multi-comptes : Augusto Rinaldi & Safiya Rahotep & Declan O'Reilly
Messages : 545 - Points : 878

Âge : 34 ans depuis le 1er mai mais rien n'est vraiment sur.
Métier : Assistante administrative au cinéma le Modernissimo
Sujet: Re: |terminé| Bousculade volontaire. feat Alexandre ( le Dim 14 Oct 2018 - 19:42 )

Alexandre & Luna.

Le regard, le reflet de l'âme. L'étendue dans laquelle on plonge quand le destin nous met face à face. Ce miroir qui cache toutes les émotions que la chair ne laisse paraitre qu'à certaine condition.




Tout se passe trop vite. Le choc fuguasse et prévisible. Les regards qui se frôlent. Les mots échangés. Et puis il la laisse. Elle essaie d’analyser ce qui vient de ce passer. Pas la bousculade, parce que Luna l’a volontairement provoqué.
Mais le reste, ce flottement bizarre.
Comme lui elle a sorti le fait d’être perdu dans ses pensées. Cela lui arrive parfois d’être dans les nuages à Luna. Mais là ce n’était pas le cas, elle était pleinement consciente de son geste. Par contre elle ne saisit pas le trouble qui s’en est suivi. Son trouble à lui. Même s’il lui a dit qu’elle lui faisait penser à quelqu’un. Tout ce qu’elle a vu c’est son regard bleu perdu et plein de doute. Elle aurait aimé en savoir plus mais il c’est si vite éloigné. Trop vite.
Elle va pour repartir à son tour, la tête emplie de toutes ses questions. Questions qui resteront surement sans réponse. Du moins pour aujourd’hui.
C’est ce qu’elle se dit.
Avant d’être surprise d’entendre à nouveau sa voix. Plus forte. Détonnant presque avec la facette qu’il lui a montré il y a cinq minutes. Que doit-elle en penser ? La voilà qui lui sourit. Un sourire plus rayonnant que les précédents. Un remède à la mélancolie qui semblait l’habiter. Mais elle peut se tromper Luna. Elle sait que les yeux sont les reflets de l’âme, mais elle sait aussi que l’on peut cacher la douleur que l’on ressent. Elle-même cache derrière sa joie de vivre ses souffrances d’enfance.
Un coup de pied au destin qui lui a suffisamment pourri la vie.
Et elle retrouve le regard bleu, Luna. Et un sourire même s’il reste encore discret. Elle lui offre son prénom comme un cadeau attendant le sien en retour. Qu’il dévoile dans un trouble tout en serrant sa main avec douceur. « Alexandre enchantée. Il sent bon la France votre prénom. » Voir même l’histoire. Des noms comme Alexandre Dumas et Alexandre Le Grand vient résonner dans sa tête.

Il lui propose de prendre un verre, Luna ne refuse pas. Et les voilà assis à la terrasse d’un café, la température permet de profiter de cette belle matinée. Elle sent son regard se poser sur elle. Il l’observe. Pourquoi ? Cherche t-il dans le détail de ses traits plus de point commun avec la personne à laquelle Luna lui fait penser ? Elle le regarde aussi. Sans insistance. Juste avec douceur. Cela fait partie d’elle la douceur. A cet instant son regard est tendre, d’un vert émeraude brillant. Parfois si on plonge plus loin dans le regard de la belle, on y voit des petits éclats de teinte noisette ou des reflets mordorés.
Le serveur vient prendre la commande.
Elle a presque envie de rire quand il marque une pause après le sirop de fraise. Mais elle acquiesce de la tête pour certifier que c’est bien la boisson qu’elle souhaite. « Je suis restée une enfant dans certains domaines. » Dans celui de s’inventer un passé en brodant et en changeant souvent de version comme une enfant s’invente des histoires. Dans celui de se coucher dans l’herbe durant de longues heures et de regarder les nuages pour y voir des animaux fantastiques ou toutes autres formes drôles ou extravagantes. Et dans d’autre mais Alexandre la refait revenir à l’important de la situation.
Il s’excuse à nouveau.
Elle le trouve craquant Luna, dans sa manière de sourire. De la troubler. « Vous en vouloir !! Non pas du tout. Je suis toute autant fautive alors les torts sont partagés. Et puis je ne vais pas gâcher une si belle journée en vous en voulant pour une broutille. » Surtout que c’est uniquement de ma faute se met-elle à penser. Elle sent que le regard d’Alexandre accroche souvent le sien. Et ses yeux ne fuient pas face à cet océan qui semble calme et apaisé. Face à ce ciel d’été qui pourrait dévoiler des odeurs de fleurs sauvages. « Moi je dirais que j’ai eu de la chance, j’aurais pu tomber sur un goujat. Qui m’aurait laissé en plan avec mes courses par terre. Me criant dessus par rapport à mon inattention. » C’est le genre de situation qu’elle aurait maitrisé Luna car elle n’est pas femme à se laisser impressionner. « Mais je suis tombée face à un gentleman alors probabilité ou pas je suis heureuse que vous soyez allé au marché ce matin. Fruit du hasard ou pas. »
Elle est sincère, et le bonheur qu’elle éprouve elle le laisse glisser sur son sourire.
Cadeau de sa famille, donc elle aime abuser, même s’ils ont abandonné. Son regard pétille et encore plus quand le serveur revient avec son sirop de fraise. Elle semble comme une enfant face à une friandise. Elle avale quelques gorgées colorant d’avantage ses lèvres charnues. Et elle sait en jouer de ses lèvres Luna.

Luna elle apprécie qu’Alexandre lui pose des questions. Cela veut dire qu’il est curieux et qu’il a envie d’en apprendre plus sur elle. Elle fait difficilement confiance la belle, blessé par cet abandon donc elle n’a jamais compris la raison. Mais Alexandre est différent. Il a comme une fragilité qui chamboule Luna. C’est comme si à lui aussi on lui avait pris une partie de sa vie. Une pièce importante.
Enfin c’est ce qu’elle se dit.
Ou plutôt ce qu’elle ressent face à lui. « J’y suis née. Une Napolitaine pure souche. » C’est ce qu’il y a de marqué sur ses papiers. C’est ce qu’on lui a dit vu que personne ne l’a réclamé. Une solution facile vu la situation. Mais Luna aime s’imaginer qu’elle est née ailleurs parfois. Elle s’invente un passé pour mieux affronter l’avenir.
Mais pas aujourd’hui. Pas à cet instant.
Elle n’a pas envie de compliquer cette première rencontre en lui donnant d’entré une saveur de mensonge. « Et vous vous êtes de Naples ? » Ses yeux glissent sur ses mains pour voir si une bague orme son doigt. Un moyen de s’assurer si Alexandre est un homme libre. Même si cela ne veut rien dire car il pourrait avoir le cœur pris sans porter d’alliance. La preuve Luna l’a souvent vu au bras d’une femme. Elle fouille dans son panier avant d’en sortir un sac de prune. « Vous en voulez ? » Elle lui tend le sac en papier. « Elles sont sucrées à souhait. J’adore venir au marché pour les produits frais. Mais aussi pour l’ambiance et les odeurs. C’est un endroit qui respire la joie et la vie. Vous en pensez quoi ? » Elle croque dans le fruit juteux avec gourmandise. Elle se souvient que tout à l’heure Alexandre lui a dit qu’il y venait moins qu’avant.
Pourquoi ce changement ?  
« Vous en pensez quoi ? » Elle essaie de ne pas être trop intrusive. « Je parle des prunes. » Mais Luna parle aussi de l'ambiance qui règne sur un marché, une façon détournée de savoir pour quelle raison il n'y va plus.



(fiche) drvgns. / (ava) Ante mortem & delreys.



 

 
“A l'oubli succède l'indifférence de l'oubli comme un écho muet qui prolonge la durée et augmente l'espace de l'oubli.”

 
(c)Miss Pie

 
Revenir en haut Aller en bas
Alexandre LecomteLe vin est un puissant lubrifiant social
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
ID : Eagle Horn
Faceclaim : Chris Hemsworth
Multi-comptes : Francesco Spinoza & James Weaver
Messages : 94 - Points : 371
Âge : 35 ans
Métier : Chercheur en Histoire et maître de Conférence à l'Université de Naples
Sujet: Re: |terminé| Bousculade volontaire. feat Alexandre ( le Lun 15 Oct 2018 - 15:46 )
Bousculade volontaire
Elle avait accepté de le suivre. Accepté de prendre un verre avec lui. Et ils s'étaient dirigés alors vers la terrasse d'un café. C'était la première fois sans doute depuis la ort de Céline qu'il se retrouvait dans une telle situation à proposer, seul, à une femme de boire un coup avec lui. Avec ses collègues de travail, des amis, il était déjà allé boire coup, prendre un verre. Mais il n'avait jamais pu avoir la démarche seul, il n'avait jamais sut trop comment s'y prendre, il n'en avait peut-être aussi jamais eu envie, se contentant des quelques visites - rares - qu'on venait lui faire, et de ses relations au travail. La seule femme avec qui il passait le plus clair de son temps ces-derniers jours était la petite archiviste, nouvelle et motivée, arrivée sur Naples depuis peu, et qui était de Milan. Mais il ne l'avait jamais invité à boire un coup, leur relation s'arrêtant simplement à leur travail. Il n'avait pas poussé plus loin, et puis de toute manière, elle avait un petit ami à Rome si il avait bien compris. Un pompier. Bref, la situation actuelle était donc à la fois nouvelle et... Agréable. Étrangement, il se sentait bien. Peut-être était-ce son sourire... Ou alors sa façon de lui dire qu'elle aimait bien son prénom en annonçant qu'il sentait bon la France. Il sentait bon la France oui, il respirait surtout des siècles d'Histoire. D'Alexandre le grand, jusqu'au fameux romancier Alexandre Dumas, en passant par Alexandre Nevsky, le grand défenseur de la Russie contre les chevaliers Teutoniques. Il y en avait des alexandre qui peuplaient l'Histoire... Qui sait si lui graverait son nom dans le marbre ou non?

Pour l'heure, il préféra ne pas y penser, prenant place sur sa chaise et appréciant le beau temps tout en détaillant la jeune brune. Elle lui rend son regard, un regard rempli de douceur. Elle n'est pas insistante, attentive simplement malgré tout. Et finalement, il prend la commande pour Luna qui ajoute qu'elle est restée en enfance dans certains domaines. Il sourit. La remarque a le don de l'amuser.
- peut-être devrions-nous tous faire un peu de même... Fait-il finalement. L'enfance, ce temps merveilleux, de l'innocence, ou la vie n'est encore pas trop cruelle, du moins elle l'est, mais lorsque vous êtes enfant, votre curiosité et cette immense envie de vivre vous tient encore debout et vous permet d'avancer. Une fois adulte, ce n'est plus la même chose. La vie pèse sur vos épaules. Fardeau lourd, vent puissant, on se demande parfois si elle veut vous faire chuter ou vous maintenir debout. Peut-être un peu des deux à la fois. Finalement, le chercheur finit par s'excuser à nouveau, gêné de l'incident de tout à l'heure. Il est réellement confus. Mais finalement, avec un sourire qui semble décidément être le sien et ne pas vouloir quitter ses lèvres, elle réponds qu'elle ne lui en veut pas, que c'est cinquante cinquante dans cette histoire. Sans doute oui. En tout cas, positive, elle le rassure. Un peu comme lorsqu'on rassure un chat en lui caressant la tête alors qu'il vient de manquer de se faire écraser parce qu'il a traversé la route au mauvais moment. Elle est rassurante, douce, souriante. Elle possède des atouts indiscutables et il se demande si finalement elle n'est pas psychologue, ou alors dans le milieu médical, comme si elle cherchez à le rassurez juste avant la piqûre dont l'aiguille fait plus peur que ce qu'elle fait mal. Mais finalement elle reprends en faisant voir l'affaire d'un autre angle. Elle aurait pu tombé sur quelqu'un de moins sympathique. Vrai. Il aurait pu gueuler cet autre là. il aurait pu s’énerver et la laisser en plan, ou alors faire un scandale au milieu du marché. Mais lui a eu une autre attitude. Alors elle s'estime chanceuse et semble même heureuse d'être tombée sur lui. A ce sourire qui s'inscrit sur les belles lèvres de la demoiselle avant qu'elle ne trempe ses lèvres dans le sirop alors qu'elle est toute heureuse devant sa boisson. Le café chaud arrive quand à lui devant Alexandre. Les deux boissons montrent bien l'image de deux personnes qui contrastent visiblement. Elle, plus légère, peut-être plus joyeuse, moins soucieuse, qui se laisse aller à la vie et aux plaisirs. Lui, plus sérieux, plus corsé peut-être? Peut-être. Plus soucieux, le gars qui s'est laissé tombé dans une vie de dingue sans doute, une vie que la plupart des gens mènent. Honnêtement, quel est le nombre de gens qui prennent un sirop dans un bar et ceux qui prennent un café? La plupart viennent pour la seconde option. Rien que là c'est révélateur de certaines choses finalement.

Alors il pose des questions. Il veut savoir. Il veut mieux la connaître cette femme au sirop de fraise, qui respire la joie de vivre, l'insouciance peut-être. Oui, il se demande comment elle fait. Ou alors peut-être est-ce lui qui n'a plus goût à rien? C'est fort probable. Napolitaine? Elle l'est. Pure souche. Une fille du pays diraient certains, et Alexandre se laisse aller à un autre sourire. Ils sont encore timides ses sourires, ils sont encore discrets, mais ils sont là, là où autrefois une triste mine restait collée à ses lèvres. Luna a du talent. Elle sait faire sourire. Mettre un peu de joie. Un peu comme un cuisinier qui assaisonne un plat, elle assaisonne de joie le monde qui l'entoure visiblement. Et bientôt, sans surprise, elle lui retourne la question.
- Non, je ne suis pas Napolitain d'origine. Fait-il alors. Il pourrait s'arrêter là. Il pourrait ne donner aucun détail de plus. Mais étrangement, il a envie de parler. Plus à elle qu'à son psy, ça c'est sûr. Je suis français. déclare-t-il alors dans sa langue maternel avant de le dire à nouveau en italien. De Toulon exactement. Je suis né au bord de la mer. Certains pensent que je suis anglais. Parce que j'y ai passé une bonne partie de ma vie. Il sourit à cette réflexion. Oh ça ne me déplairait pas. Mais j'aime mon pays natal et je n'ai pas encore la double nationalité. Il sourit. Quoique si je reste là il va me falloir une triple nationalité, non? Un peu d’espièglerie? cela ne le connaissait pas avant. Elle fait des miracles cette femme. Est-ce que c'est à cause de ses yeux? Ou de ses lèvres si belle, dont le rouge éclatant ressort grâce à ce sirop de fraise? Peut-être son visage qui respire la joie? Il ne sait pas. Mais il sait qu'il se sent bien là.

Et finalement, le surprenant à nouveau, elle lui tend le sachet en plastique dans lequel se trouve les prunes, achetées au marché ce matin. Il hésite avant de finalement se laisser convaincre alors qu'elle continue en déclarant qu'elle aime se rendre au marché, pour les odeurs, pour la joie. Céline était pareille. Et rares étaient les fois où elle ne sortait pas le matin de bonne heure pour se rendre au marché. Et dieu seul sait combien de fois il s'est levé sans grand enthousiasme pour l'accompagner... Et pour passer ensuite une merveilleuse journée en sa compagnie. Il hésita quand à répondre avant de dire:
- Si l'on omet les enfants qui courent partout, les marchands qui ne cessent de hurler pour vendre leurs produits, ou du moins en vanter la qualité, si l'on omets ce mélange d'odeurs qui ne va pas toujours bien ensemble... C'est un endroit agréable... Il s'arrête sans en dire plus, ayant décidé de ne pas aller plus loin qu'un avis qu'il n'a pas vraiment. Il fallait juste qu'il soit négatif non? Il goûte finalement à la prune. Et le goût sucré, le jus du fruit, sa fraîcheur, déclenche soudain en lui toute une multitude de souvenirs. Ce fruit tranche avec l'amertume de son café. Il est bien meilleure en cet instant de soleil. Elle lui demande ce qu'il en pense. De la Prune? Oui c'est ce qu'elle veut savoir. Mais déjà l'esprit du blond est ailleurs, dans ses souvenirs. Dans ce marché où finalement il a passé plus de temps qu'il ne veut bien l'admettre, où il prenait le temps de discuter avec les uns et les autres. Et il reprends.
- Mais je dois reconnaître qu'il y a aussi le chant des marchands italiens... Il y a les odeurs de ces fruits exotiques... Le rire des enfants, la joie de se retrouver par une belle journée, fait-il soudainement. Le simple fait de croquer dans une prune vient de changer son point de vue, ou plutôt vient de lui rappeler qu'il aimait ça autrefois. Cette prune est délicieuse, fait-il alors qu'il retrouve un peu des saveurs de la vie. Et il croque à nouveau dans le fruit, appréciant, les yeux fermés, toutes les saveurs du fruit. Il rêve. Il revient en arrière. Il revient au présent. La vie a encore de la saveur. La preuve avec une prune. Il finit par terminer sa prune tranquillement, laissant le noyau sur le bord de la coupelle de la tasse. Il regarde alors Luna qui n'a dit mot. Merci. Fait-il simplement. Cette femme n'a pourtant rien fait d'extraordinaire, elle a simplement fait ce que personne n'a jamais fait avec lui: Partager deux trois choses simple. Il reprend alors son café. Et celui-ci n'a soudainement plus le même goût.
- Dans quoi travaillez-vous Luna? Avec votre sourire, j'aurais pensé à un domaine médical, mais je dois admettre que je n'en suis pas si sûr. Fait-il alors, curieux de ce qu'elle va bien pouvoir lui répondre. Ou alors dans le social? Vous en avez le profil a première vue. Fait-il. Non, peut-être trop espiègle pour aller se gâcher la vie avec des gens comme lui.

          
Codage par Libella sur Graphiorum
Revenir en haut Aller en bas
Luna PrimaveraToujours frais après un litre de café
avatar
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ciao-vecchio.com/t4153-les-trous-noirs-c-est-comme-un http://www.ciao-vecchio.com/t4158-la-blessure-cicatrisee-on-oublie-la-douleur-luna#131616
ID : sweety / nath
Faceclaim : Irina Shayk © .Cranberry
Multi-comptes : Augusto Rinaldi & Safiya Rahotep & Declan O'Reilly
Messages : 545 - Points : 878

Âge : 34 ans depuis le 1er mai mais rien n'est vraiment sur.
Métier : Assistante administrative au cinéma le Modernissimo
Sujet: Re: |terminé| Bousculade volontaire. feat Alexandre ( le Jeu 18 Oct 2018 - 12:44 )

Alexandre & Luna.

Le regard, le reflet de l'âme. L'étendue dans laquelle on plonge quand le destin nous met face à face. Ce miroir qui cache toutes les émotions que la chair ne laisse paraitre qu'à certaine condition.





Luna a du mal à faire confiance. Dans d’autres circonstances elle aurait fui cette situation trop angoissante pour elle. Mais voilà la donne est toute autre et même s’il reste un inconnu, la belle a provoqué le destin. Sans savoir ce qui allait en sortir. Et si au départ un peu déboussolé par le choc il avait choisi de partir. Il est revenu vers elle pour lui proposer de boire un verre.
Alors ils échangent leur prénom comme des gens civilisés.
Loris rigolera surement quand elle lui racontera cette épopée. Ce fait d’avoir provoqué cette rencontre. D’avoir tout calculé juste pour avoir le plaisir de faire sa connaissance. D’entendre sa voix. De connaitre son prénom. Alexandre. Et toute cette résonance française qui vient titiller son esprit. Et son regard bleu troublant comme un océan donc la profondeur reste un mystère.
Et elle a envie de le percer ce mystère, Luna.
Ils s’installent à la terrasse d’un café. Et comme à son habitude la demoiselle laisse sortir sa part d’enfance pour un sirop de fraise. Cette part de nous dans laquelle on aime se réfugier quand l’adulte que l’on est devenu, semble perdu. Mais Luna elle voit son enfance d’une autre manière, surtout les dix premières années. Ce refuge est en fait pour la belle un cauchemar éveillé. Le seul moyen qu’elle a trouvé pour ne pas se faire happer c’est de mentir ou de broder sur cette enfance qu’on lui a volé. Mais là elle ne compte pas en parler. De toute façon qui parle de son enfance dans une situation pareille. Ce n’est pas un rencart ou des retrouvailles d’amicale.
C’est juste le hasard poussé par une envie.

Ils parlent un moment, reviennent sur l’incident. Alexandre s’excuse encore. Et bien entendu Luna lui sort le fait qu’elle aurait pu tomber sur pire. Si seulement il savait qu’elle l’a fait exprès, que c’était calculé. Peut être prendrait-il ses jambes à son cou et il partirait très vite et très loin. Peut être lui gueulerait-il dessus, lui disant qu’elle est idiote. Que c’est du grand n’importe quoi de faire une chose pareille.
Alors elle ne dit mot. Elle verra cela plus tard. S’il y a un plus tard.
Après tout ce n’est pas parce qu’ils vont échanger durant quelques minutes, devant une tasse de café noir et un sirop de fraise, qu’ils se reverront. Elle laisse ses sourires l’apprivoiser à part que cela ne soit l’inverse. Il semble plus apaisé que lorsque leurs regards se sont croisés dés le départ. Même si pour Luna, Alexandre reste troublé par mille pensées. Elle n’en connait pas la teneur. Peut être la trouve t-il trop gamine ou trop naïve pour prendre un sirop ? Mais elle reste elle-même fraiche et naturelle comme quand elle répond à ses questions.
Pour le moment pas de mensonge ou de tricherie.
Elle dit juste ce qu’elle a fini par accepter, enfin pas toute à fait. Naples est une belle ville et Luna ne dénote pas parmi ses habitants. Alors oui à cet instant elle est napolitaine pure souche. Une franchise qu’elle appuie d’un sourire avant de lui poser la même question.  

Luna sourit d’avantage quand dans sa langue natale il lui dit qu’il est français, avec Alexandre en prénom elle s’en doutait un peu. Et puis il reprend l’italien. « En tout cas ce mélange à donner un très bon résultat. » Sa voix se fait taquine. « Toulon c’est un port militaire je crois. La France doit être un beau pays. Et en Angleterre vous étiez où ? » Elle se fait curieuse, Luna ne connait que l’Italie. Même si dans sa tête elle a voyagé dans d’autre pays pour se créer l’enfance qu’elle aurait aimé vivre. Et vu son imagination débordante elle en a frôlé des frontières. Mais au fond elle se rend compte que cela ne la rend pas plus heureuse.
C’est juste une façon de se protéger et de se faire des souvenirs.
Et puis faire parler Alexandre lui évite de devoir parler. Elle n’a pas envie de s’inventer d’enfance face à lui, mais elle n’a pas envie de lui dire qu’elle a été abandonnée et qu’elle a passé le plus clair de son enfance dans un orphelinat. A cet instant tout est tellement parfait qu’elle ne veut pas tout gâcher. Elle sait l’effet que le mot orphelinat fait sur certaines personnes. Cela les éloigne. Alors naturellement elle propose de gouter les prunes qu’elle a acheté et elle reparle du marché. De cet endroit pétillant dans lequel elle aime aller. « Quand on trouve un endroit agréable on oublie vite les mauvais côtés comme ceux que vous venez de citer. C’est comme avec les gens on laisse de côté les défauts pour voir les qualités, surtout les gens auquel on tient. »
Elle n’a pas envie de voir le négatif dans cette journée.
Elle sait très bien que tout n’est pas tout rose, même quand elle va au marché. Mais là elle a juste envie de voir ce que cette journée lui offre. Et surtout de mettre un peu plus d’étoile dans le regard d’Alexandre. Elle a envie de lui donner un peu de chaleur sans comprendre pourquoi elle éprouve ce besoin.

Luna le regarde croquer dans le fruit juteux. Elle guette l’explosion causée par la dégustation, tout en savourant la sienne. Le gout sucré lui titille les papilles comme le chatouillement d’une brise légère. Mais Alexandre ne répond pas tout de suite, il revient sur le marché et cette fois parle des côtés positifs de l’endroit. Elle sourit d’avantage comme griser par les mots qu’il dit et qui résonne avec force entre ses lèvres. Comme s’il était happé d’un coup par de délicieux souvenirs. « C’est ce que je disais les bons côtés l’emportent. » Sa voix pétille comme son regard, animé de sa joie de vivre.
Parce qu’elle est comme ça Luna.
Même si parfois elle se laisse emporter par la part sombre et mystérieuse de sa vie. Elle dégage de la lumière et cette lumière semble éclabousser Alexandre à cet instant. « Je vois que vous l’appréciez. » Elle note les petits détails qui font que cette dégustation éveille plein de sensation. « De quoi ? Pour vous avoir donné une prune qui a semble t-il éclairé votre regard. Et de rien. » Elle reprend son verre et avale quelques gorgées de son sirop de fraise, légèrement moins sucré après la dégustation de la prune.
Puis Alexandre reprend le jeu des questions.
L’imaginant dans divers métiers tout en disant pourquoi elle pourrait exercer dans tel ou tel domaine. Et cela le fait rire Lune, d’un rire qui éclate comme une pluie d’étoile, comme des gouttes d’eau sur un arc en ciel. « Ni l’un, ni l’autre en effet. Je suis dans le monde du spectacle. Enfin en quelque sorte. Mais pas sur la scène, même si cela ne me fait pas peur. » Elle danse dans la rue en allant faire ses courses alors monter sur une scène, cela ne l’angoisse pas. « Je travaille au cinéma dans l’administratif. Rien de bien spectaculaire mais j’aime ça. Même si j’aurais préféré être mécanicienne. » Elle étouffe un rire entre ses doigts. « Ou danseuse. » Luna a souvent rêvé de finir sur la scène de grand théâtre en train d’interpréter le Lac des cygnes ou Casse-noisettes.
« Et vous vous faites quoi ? »
Elle le regarde avec plus d’intensité, laissant même ses yeux glisser sur les traits de son visage avec douceur. « Laissez-moi deviner. Vu que vous parlez plusieurs langues vous êtes peut être traducteur ou écrivain. Ou peintre. Je ne sais pas pourquoi mais je vous vois dans le monde artistique. Vos yeux semblent si mélancoliques comme si vous étiez une âme torturée. » Les artistes torturés, cela fait cliché, mais c’est tellement vrai. Le regard vert de Luna vient sonder avec plus d’insistance le regard bleu d’Alexandre. Un regard qui semble renfermer bien des souffrances comme celui de la belle, qui semble soudain confuse. « Désolé ..  si je vous ai importuné sur ce sujet. » Luna est certaine que le cœur d’Alexandre abrite une douleur bien lourde à porter. Une douleur qui sans comprendre pourquoi rend l’orpheline vulnérable et fébrile.




(fiche) drvgns. / (ava) Ante mortem & delreys.



 

 
“A l'oubli succède l'indifférence de l'oubli comme un écho muet qui prolonge la durée et augmente l'espace de l'oubli.”

 
(c)Miss Pie

 
Revenir en haut Aller en bas
Alexandre LecomteLe vin est un puissant lubrifiant social
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
ID : Eagle Horn
Faceclaim : Chris Hemsworth
Multi-comptes : Francesco Spinoza & James Weaver
Messages : 94 - Points : 371
Âge : 35 ans
Métier : Chercheur en Histoire et maître de Conférence à l'Université de Naples
Sujet: Re: |terminé| Bousculade volontaire. feat Alexandre ( le Lun 22 Oct 2018 - 13:26 )
Bousculade volontaire
La vie sociale d'Alexandre ces derniers mois? Elle se résume en réalité à bien peu de choses. C'est à peine sil a pris le temps de voir quelques étudiants dont le parcours semble intéressant, à peine si il a sut aménager son emploi du temps pour voir quelques amis, qu'ils soient avec lui au travail ou non. Il s'est enfermé, en quelques sortes. Préférant la vue des toits de Naples depuis son balcon plutôt que la compagnie des hommes. Il préfère la compagnie des écrits du passé, les archives, les vieilles photos, celle de la guerre, ces photos en noirs et blanc dont le charme n'est plus à faire. La lumière qu'il côtoie le plus, c'est celle de sa lampe de bureau plutôt que celle du soleil, le bruit qu'il entend le plus souvent est sans doute celui de sa machine à café ou la crissement de son stylo, de son crayon, sur une feuille brouillon où il note le résultat de ses recherches, les hypothèses. On pourrait ajouter également le bruit lassant et monotone des touches du clavier de son ordinateur. Quand aux odeurs... C'est celle, parfois non moins parfumée, des archives, des journaux intimes de personnages ayant vécus autrefois. Quand au goût, en règle général, si ce n'est celui des plats qu'ils se cuisinent, ou du café et du whisky qu'il boit, son palais n'a rien connu d'autres. Étrangement, aujourd'hui, c'est différent. la lumière, c'est celle du soleil autant que l'étincelle qu'il trouve dans les yeux de la brune. Le bruit est celui de la vie, la vie du marché, le bruit du pas des passants, des gens qui discutent... Le son de la voix de la brune. Les odeurs sont celles des fruits, celles de la ville. Une odeur de vie. Quand au goût, celui de la prune est le seul dont il se souvienne pour le moment. il est encore fort, puissant en lui, un goût sucré, un goût de souvenir, un goût qui le raccroche à la vie.

C'est la première fois depuis la mort de Céline qu'il se retrouve à bavarder avec quelqu'un, qui plus est qu'il ne connait pas. Il n'avait jamais fait de rencontre de cette manière, du moins n'avait-il jamais pris le temps d'aller vers les gens. Renfermé sur lui-même, il ne s'était plus ouvert au monde depuis un certain temps. Avec elle pourtant, les mots semblent couler tout seul. Il ne tarde guère à lui annoncer d'où il vient, français, toulonnais. Et elle réponds, arguant que le mélange français anglais est une réussite. Il sourit alors qu'elle semble connaître quelques petites choses sur Toulon avant de demander où il était en Angleterre. En repensant à ses folles années, il ne peut s'empêcher d'avoir un léger rire avant de répondre.
- Toulon est l'arsenal français de la méditerranée, oui c’est vrai. Quand à l'Angleterre... Je résidais dans la capitale. Londres. Fait-il, penseur, perdu dans ses souvenirs, se retrouvant à nouveau dans les dédales des rues londoniennes, la capitale britannique ayant beaucoup à offrir aux curieux. Cosmopolite, Londres était sans doute la ville européenne que Alexandre préférait. Pour sa culture. Pour son histoire. Pour sa beauté. Mais finalement, il parle du marché. Et au départ, il n'est gère positif sur le lieu, contrairement à elle qui avance que les lieux sont comme les gens, avec des défauts que l'on apprend à oublier au profit du positif. Elle est optimiste dîtes donc.

Mais finalement, tout le côté positif de la belle brune, toute son énergie positive, semble se transmettre à Alexandre au travers du fruit qu'elle lui tend. Loin d'être empoisonné, il est plein de vitalité. Et alors que les souvenirs remontent, il ne peut alors s'empêcher de revenir sur les aspects positifs du marché, donnant raison à Luna dont la voix pétillante ne peut s'empêcher de souligner qu'elle avait raison. Il lui adresse un sourire. Il ne peut en rien la contredire. Finalement, elle note qu'il apprécie la prune, et c'est bien vrai. Il n'en avait pas mangé depuis un bon bout de temps. Et il ne peut que la remercier pour cela. Elle fait mine de ne pas savoir pourquoi il la remercie. Mais l'hypothèse qu'elle avance est criante de vérité.
- En effet, ce fruit vient d'éclairer mon regard. Il est délicieux en réalité. Admet-il sans préciser tout ce que ce fruit représente pour lui, tous les souvenirs qu'il a fait remonter en lui. Mais finalement, c'est à son tour de poser des question sur la jolie brune qui lui fait face. Après tout, il lui a parlé de lui. Pourquoi pas l'inverse? Alors elle lui répond. Le cinéma. le monde du spectacle. Oui, cela peut faire aussi. Actrice alors? Mais non. Elle n'est pas sur scène et elle le précise bien vite. Elle est plutôt dans l'administration. Il sourit alors qu'elle continue.

Elle aurait préféré être mécanicienne. ou danseuse. Le dernier mot. La dernière allusion à un métier, à une activité qu'elle aurait aimé faire achève le blond. Il la regarde. Est-ce qu'elle se fout de lui? Serait-ce un jeu? l ne comprend plus. Ne comprenait déjà pas, mais là... C'est trop troublant. Il a envie de lui poser mille et une question. Le parfum par exemple. Quel parfum elle met? Est-ce qu'elle aime voyager? La musique: Classique ou électro? Tant de petits détails qui la rapproche de l'être qu'il a perdu. Et la vue a une bien curieuse façon de se moquer de lui. La vie est une femme. Une femme qui se joue des hommes, qui rie de leurs malheurs, se joue de leurs plaisirs. Mais elle... Luna... Elle lui fait soudainement penser à la chanson de France Gall.

C'est comme une gaité
Comme un sourire
Quelque chose dans la voix
Qui parait nous dire "viens"
Qui nous fait sentir étrangement bien

C'est comme toute l'histoire
Du peuple noir
Qui se balance
Entre l'amour et l'désespoir

Quelque chose qui danse en toi
Si tu l'as, tu l'as
Ella, elle l'a
Ce je-ne-sais-quoi
Que d'autres n'ont pas
Qui nous met dans un drôle d'état

Ella, elle l'a Ella, elle l'a
Cette drôle de voix

Elle a, ou, ou, ou, ou, ou, ou, ou
Cette drôle de joie
Ce don du ciel qui la rend belle

Ella, elle l'a Ella, elle l'a...

Oui. Elle l'a. Cette femme elle a beaucoup de choses. Alexandre ne sait pas quoi dire en réalité. Ne sait plus quoi répondre. Ne sait plus quoi dire. Au lieu de ça, il se contente de reprendre une gorgée de son café. Un peu de sérieux, d'amertume, pour revenir sur terre alors qu'elle le fait partir dans la lune... Luna. Peu de femmes ont réussi à le toucher ces-derniers temps. Mais elle, en moins de quelques instants, deux paroles et trois mots, elle a sut lui faire lever les yeux, elle a sut lui ouvrir à nouveau les yeux autant que le cœur, mettant un peu de soleil dans cet âme si noirci de honte et d'amertume. Et finalement le jeu des questions reprend. C'est à son tour de reprendre la main. Elle tente alors de deviner ce qu'il peut bien faire. Artiste. c'est un bon début. Écrivain à ses heures perdu, oui, mais pas peintre. Il n'a jamais sut tracer un trait droit. Et il n'a pas encore un goût assez prononcé pour les tableaux. Mais elle lui attribue ce métier à son regard. Il reste surpris, son regard rencontrant alors celui de la brune qui le scrute comme si elle pouvait lire jusque dans son âme. Et soudainement, il est pris de panique. Est-ce si visible? Et soudain, elle se ravise. Elle recule. Après avoir enfoncé l'épée dans on coeur, elle retire la lame, laissant le sang couler à nouveau de cette blessure béante. Elle s'excuse. Il ne sait quoi répondre. Il détourne le regard. Il voudrait lui expliquer. Il voudrait lui dire que ce n'est pas elle. Il voudrait lui donner des explications. Il n'y parvient pas. Elle le déstabilise, voilà tout. Elle touche des points sensibles, plus encore que son psy. Justement parce qu'elle n'est pas psy, elle ne prends pas de pincettes, parle sans détour. D'un côté il aime. D'un autre il en souffre.

- Je suis chercheur en Histoire. Répond-il alors, histoire de reprendre la conversation après un long moment de silence. Je suis maître de conférence en vérité. Pour le moment, je travaille à l'Université, où je donne quelques cours. Elle a l'air curieuse. Curieuse d'en savoir plus. Mais ce regard vert. Ce qu'elle lui a dit. Tout ce qu'elle semble capable de lire en lui, sa capacité à raisonner de la même manière que Céline, il ne sait plus en fait à qui il a affaire. Céline? Ou Luna? C'est difficile. Et l'homme, aussi fort soit-il, face à tant d'émotions, se retrouve impuissant, privé de tout appui. Il pourrait tenter de lutter, mais ses forces l'abandonne. Il sort alors son porte-feuilles, règle la note, regarde la brune alors qu'il se lève.
- Je suis désolé, je dois filer... Je... J'ai à faire pas mal de... Pas mal de choses. Il ne lui laisse pas le temps d'en placer une, lui tend la main et serre la sienne rapidement avant de terminer. J'ai été ravi de vous rencontrer, et je vous souhaite une bonne continuation. Et sans ajouter mots, il s’éclipse. Sans un regard en arrière, il se surprend alors à marcher rapidement, comme pour s'éloigner au plus vite d'elle qui fait remonter trop de choses douloureuses pour son âme torturée. Il ne tarde guère à prendre une rue sur sa droite, disparaissant du champ de vision de la brune. Il s'arrête alors. Il souffle, s'appuyant sur un mur. La journée promettait pourtant d'être belle. Mais il n'a déjà plus de force. Et il vient de laisser la brune comme cela sans explications. Il voudrait faire demi-tour. Il voudrait tout lui dire. Mais il n'y parvient pas. Son coeur est encore trop lourd. Et lentement, cédant le pas à sa tristesse, il se retourne et reprend sa marche, prenant la direction de son domicile. Mais désormais, le regard de la brune ne sort plus de son esprit. Il ne parvient pas même à la chasser de son esprit.

Alors qu'il remonte les escaliers, sa voisine passe le balai sur le palier de sa porte, et notant qu'il semble d'humeur sombre, quoique le regard absent, encore sur la terrasse du café, elle ne s'ose à aucun commentaire la petite vieille. Et la porte de l'appartement claque. Une fois à l'intérieur, une fois chez lui, il tire un cigare de sa poche et l'allume tranquillement. Puis bientôt il se retrouve sur son balcon à contempler les rues de la villes, les toits de Naples. Et là, quelque part, se trouve Luna. Déstabilisante. Mais alors qu'il se calme, la première chose qui lui revient, c'est ce sourire. Étincelant. Joyeux. Et il sourit alors comme un idiot. Il sourit. Rien qu'en pensant au sourire de la brune. A ces sourires qu'elle ne cessait de lui adresser. Et alors qu'il tire tranquillement sur son cigare, il réalise alors autre chose. Son cœur bat. Il porte une main sur sa poitrine. Il n'avait plus fait attention à ce détail. Il entend alors le chant des moineaux posés sur le fil électrique en face. Il entend la musique, un air de jazz du voisin d'en face qui a le chic de se garer sans cesse sur sa place. Et il voit soudain la vie d'un autre côté. Il voit alors les bons côtés. Il voit alors du positif. "Merci Luna..." Fait-il alors silencieusement, la remerciant en pensée. Et soudain, il est pris d'un éclair de vivacité. Il se redresse. Et il fonce jusqu'à se porte d'entrée qu'il ouvre brusquement faisant sursauter sa voisine.
- J'ai besoin de vous. Vous connaissez bien les cinéma de la ville non? Vous m'aviez dit que vous alliez à un cinéma différent chaque semaine.
- ... Euh oui... Fait-elle légèrement surprise.
- Il va me falloir votre aide... je dois retrouver quelqu'un.
          
Codage par Libella sur Graphiorum
Revenir en haut Aller en bas
Luna PrimaveraToujours frais après un litre de café
avatar
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ciao-vecchio.com/t4153-les-trous-noirs-c-est-comme-un http://www.ciao-vecchio.com/t4158-la-blessure-cicatrisee-on-oublie-la-douleur-luna#131616
ID : sweety / nath
Faceclaim : Irina Shayk © .Cranberry
Multi-comptes : Augusto Rinaldi & Safiya Rahotep & Declan O'Reilly
Messages : 545 - Points : 878

Âge : 34 ans depuis le 1er mai mais rien n'est vraiment sur.
Métier : Assistante administrative au cinéma le Modernissimo
Sujet: Re: |terminé| Bousculade volontaire. feat Alexandre ( le Mar 23 Oct 2018 - 10:53 )

Alexandre & Luna.

Le regard, le reflet de l'âme. L'étendue dans laquelle on plonge quand le destin nous met face à face. Ce miroir qui cache toutes les émotions que la chair ne laisse paraitre qu'à certaine condition.





Elle ne cherche pas à comprendre comment les choses s’emboitent les unes  dans les autres Luna. Elle sait juste que parfois on peut dévier du chemin, juste pour mettre un peu de piquant dans la suite.
Et c’est ce qu’elle a fait.
Elle a pris le risque de modifier le cours de son destin. Après tout on a bien joué avec elle par le passé en la privant de son enfance. Peut être que c’était volontaire, pour la protéger. Peut être pas. Elle n’a pas de réponse à cette question rédhibitoire qu’elle se pose encore bien souvent. Alors elle a le droit pour une fois de changer la donne elle aussi. De voir ce qui peut découler quand on provoque la destinée.
Elle qui a si peur de l’inconnu. Des inconnus.
Elle se met à écouter Alexandre, comme embarquer dans une histoire qui donne à sa journée une dimension nouvelle. Une autre réalité. Elle marque ses phrases de sourire, pas besoin de se forcer. Elle aime sourire Luna. Et son regard vert si tendre oublie les doutes et les regrets. Elle prend cet instant comme un moment hors du temps. Une sucrerie qu’elle savoure sans comprendre pourquoi. Peut être parce qu’il la fascine avec son regard perdu. Comme s’il était en haute mer et qu’aucun phare ne lui donnait la direction de la terre. Ou bien est ce sa voix ? Mélange de mélancolie et de peur de vivre comme si en respirant il pouvait briser la route sur laquelle il se tient.
Elle connait tous ses troubles Luna, et c’est peut être cela qui fait effacer ses craintes. Et la rend plus sereine.

Ils parlent, se découvrent. Sans tout dévoiler. Juste l’essentiel. Leurs prénoms. La France vient titiller la conversation. Et cela fait rêver Luna. C’est un pays qui la fascine. Aller savoir pourquoi. Peut être parce que l’accent chante dans certains coins. Peut être à cause des saveurs et des odeurs. Même si l’Italie est aussi reine dans ce genre de chose. Et puis il y a l’Angleterre avec Londres.
Le voyage. La découverte.
Elle qui est toujours restée à Naples. Elle a peur de partir. Peur de se perdre et de ne plus se retrouver. Ici elle a ses points de repères Luna. Ses amis. Loris. L’orphelinat. Son travail et son appartement à présent. Partir loin de tout cela lui fait battre le cœur plus vite. Pas à cause de ce qu’elle pourrait voir. Mais à cause de ce qu’elle ne pourrait peut être pas retrouver.
Sa vie.
Parsemé de rires et de larmes. Même si elle la note minutieusement dans des cahiers. Alors elle préfère rester. Et découvrir le monde à travers d’autre façon. Comme cette rencontre. « Londres et surtout ses comédies musicales. » Sa voix se fait plus douce et enjouée. Ses yeux pétillent distillant une joie de vivre. Qu’elle ne cache pas. Qu’elle ne retient pas. Bien sur elle a comme tout le monde, du gris au fond d’elle, Luna. Du gris qui parfois vire au noir emprisonnant ses yeux dans une mélancolie funeste.
Mais pas aujourd’hui. Non.
Entre son sirop de cerise, le regard et la voix d’Alexandre, la résonance du marché encore bien présente. Et puis le gout sucré de cette prune qu’elle dévore avec envie. Et elle est heureuse car tous ses petits riens font comme une barrière à sa douleur. Elle se fait même taquine envers Alexandre. Laissant l’euphorie qui l’enivre se distiller dans chaque parcelle de son être. C’est comme un shoot de bonheur. Et Luna elle ne va pas refuser ce cadeau là.

Luna elle parle de son métier et de ce qu’elle aurait aimé faire. Si elle osait elle pourrait même lui montrer ses talents de danseuse. Bien entendu elle n’est pas une professionnelle, elle n’a jamais pris de cours. Mais cela coule dans ses veines. Mais plus tard, pour le moment elle veut savoir qui il est. Qui ce cache derrière ce regard qu’elle cherche à sonder ? Derrière ce sourire qui au départ si fragile se fait plus imposant. Donnant aux traits de visage d’Alexandre plus de douceur sans en effacer vraiment la douleur.
Car elle la voit Luna. La douleur.
Aussi infime soit-elle. « J’adore les histoires. » Elle se fait plus attentive, comme une enfant friande à l’écoute de son conte préféré. « Cela doit être très intéressant. Vos élèves doivent adorer vous écouter parler. » En tout elle succombe à sa voix. Il la berce et l’apaise. C’est bizarre comme sensation. Et plus il parle et plus elle décèle la souffrance. Comme celle d’un artiste.
Et puis tout part en vrille.
Elle ne comprend pas Luna. Elle ne saisit pas. Elle le voit s’agiter, sortir son porte feuille pour payer. Il bafouille des mots. Il doit filer, il a plein de chose à faire. Mais qu’a t'elle fait pour précipiter la chute de cette rencontre en un claquement de doigt. Elle le regarde surprise. L’air bête. Ne sachant que dire. « Ravi aussi … bonne journée. » C’est plus un murmure qui meurt sur ses lèvres qu’une véritable phrase prononcée à voix haute.
Elle reste assise scotchée sous les yeux des clients. Elle n’a pas l’instinct de se lever tout de suite.
C’est quoi le problème ?
Le fait qu’elle boive du sirop de cerise comme le ferait encore une enfant. Le fait qu’elle lui est proposée de croquer dans une prune. Le fait qu’elle sourit trop. Ou alors pas assez. Elle a été trop curieuse. Ou elle a pêché. Elle ne voit pas Luna. Alors elle se lève et sort le cherchant du regard. Mais Alexandre n’est plus dans son champ de vision. Est-ce qu’elle a rêvé cette rencontre ? Elle se tourne vers la table où ils étaient assis. Non la tasse à café est toujours là. Signe qu’elle n’était pas seule.
Elle soupire. Un peu perdue Luna.

Elle ramasse ses affaires et reprend le cours de sa vie. Alexandre aurait été une parenthèse. Une jolie parenthèse. Mais le destin ne lui fera surement pas cadeau d’un nouvelle rencontre. Tant pis.
Elle met ses écouteurs dans ses oreilles. Et allume sa musique. Elle commence à marcher, avant que la musique alimente ses pas d’une envie de danser. Elle regarde vers le ciel se disant que peut être il le regarde aussi. Se disant que c’était beau et que son cahier se parera de jolis mots.
Alexandre. Toulon. La France. Londres. L’Angleterre. Le bleu d’un océan plein de mystère. Une prune qui éclaire son regard. Le son de sa voix comme une mélodie. Histoire bien loin surement des siennes.
Mais à découvrir.  
Et toutes ces petites choses qui rendent sa façon de partir moins pesante. Moins troublante. Même si elle va se demander durant un temps ce qu’elle a bien pu faire pour lui faire prendre la poudre d’escampette. Elle arrive chez elle Luna. Le cœur plein de douceur mais avec cette part de tristesse qu’elle a du mal à refouler. Elle pourrait appeler Loris, comme elle le fait chaque fois qu’une des cordes de sa vie se casse. Mais elle n’en fait rien. Elle range ses courses tout en continuant d’écouter sa musique. Elle croque dans une autre prune comme si elle pouvait partager cet instant en pensée avec Alexandre.
Mais il doit déjà avoir oublié.
D’autres femmes doivent envahir ses pensées. Et puis il faut qu’elle se prépare pour aller bosser. Alors Luna, elle s’affaire. Avant de prendre son cahier et de noter pour ne pas oublier. Elle serait triste d’oublier cet instant aussi fuguasse soit-il.
Provoquer le destin a du bon par moment.
Et les heures passent sans qu’elle ne chasse le sourire charmant et le regard océan d’Alexandre. Demain sera un jour nouveau et qui sait ce qu’il apportera à la belle Luna.




(fiche) drvgns. / (ava) Ante mortem & delreys.

RP TERMINÉ



 

 
“A l'oubli succède l'indifférence de l'oubli comme un écho muet qui prolonge la durée et augmente l'espace de l'oubli.”

 
(c)Miss Pie

 
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Sujet: Re: |terminé| Bousculade volontaire. feat Alexandre ( le )
Revenir en haut Aller en bas
 
- |terminé| Bousculade volontaire. feat Alexandre -
CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Quartier Spagnoli :: Marché La Pignasecca
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut