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- Padma | La nuit des étoiles -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Bord de la Tyrrhénienne :: Posillipo
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Devraj MoreaLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Re: Padma | La nuit des étoiles ( le Ven 2 Nov 2018 - 2:52 )
« Tu connais la sensation que ça procure, alors… » Et il en est presque déçu. Ce qu’il n’explique pas, son inconnue, elle, est capable de poser des mots dessus et peut-être même expliquer ce qui se passe après. C’est étrange d’être jaloux d’une personne sans même la connaître. Une femme, un homme, peu importe, elle est passée là avant lui et lui a fait ressentir des émotions suffisamment fortes pour la troubler. Contrarié, il se pince la lèvre, sans avoir le droit d’avoir le cœur resserré. Pourtant, il lui est bien douloureux. C’est comme si… on lui volait sa place. Alors qu’encore une fois, il n’en a aucune qui lui est attitrée. Bien qu’il ait l’impression de la connaître depuis toujours, ils viennent de se rencontrer et il se sent terriblement coupable d’être dans cette situation et s’ordonne mentalement de ne pas faire un pas de travail. Sauf qu’il ose tout de même : « C’était aussi puissant ? » L’intensité de leur relation est forte, profonde. A-t-elle vécu quelque chose de similaire ? Si oui, alors il a des raisons d’être encore plus inquiet. Si non, alors il peut s’estimer chanceux. Soudain, tandis qu’elle lui demande des précisions, un sourire apparaît sur son visage. « Souhaites-tu réellement le savoir ? » C’est comme un gros coup de cœur. Elle a tapé là où il ne s’attendait pas à recevoir un coup. Pile à cet endroit-là. Cet organe qui bat si fort, si vite en sa présence, à tel point qu’il se demande comment il a pu réussir à vivre jusque-là. Il en vient même à penser que c’était plus de la survie qu’autre chose. Là, à ses côtés, Devraj se sent pleinement lui. Entier. Il lui est inenvisageable de reprendre ce quotidien qu’il connait tant et qui, jusque-là, lui convenait plus ou moins. Il faisait avec les hauts et les bas, balisait le jour de son anniversaire lorsque le gouffre s’emparait de lui, mais comment revenir à ça, lorsqu’on fait face à ce qui peut vous arriver de mieux ? Là, en l’occurrence, c’est elle. « Tu n’as pas peur ? » De ce qu’il pourrait bien avancer, ou de cette bulle dans laquelle ils sont enfermés. Si c’est le cas, il peut freiner, ne pas trop en dire… Même s’il meurt d’envie de passer la nuit à ses côtés pour lui raconter tout ce qui se passe dans sa tête, il a conscience que c’est leur première rencontre et n’ayant pas envie de la faire fuir, il préfère prendre son temps, la mettre en confiance, même si, à en voir leur proximité, c’est sur la bonne voie. « Padma. » répète-t-il, plus sérieusement, recevant un courant d’électricité qui longe sa colonne vertébrale. Ce prénom, il le trouve joli, mais pas seulement. Il ignore pourquoi, mais il lui est familier. Devraj n’arrive pas à mettre le doigt sur sa signification, sur ces battements qui s’affolent et tente de mettre ça sur les origines d’un prénom qui lui rappelle son Inde natale. Peut-être est-ce dû à la nostalgie… Pourtant, il a l’impression qu’il s’agit d’autre chose. Incapable de comprendre, il décide de laisser ça dans un coin de sa tête. « Devraj. » Il sait que ce n’est pas son vrai, qu’on l’a aidé à en choisir un nouveau, afin de ne pas l’appeler en silence. Il l’a trouvé joli et avec les années, il s’y est fait, s’est créé une véritable identité autour de lui, même s’il s’interroge sur son véritable prénom, de temps à autre. « C’est joli, Padma. » reprend-t-il, presque aussitôt, avec sincérité, tandis que sa gorge se noue en apercevant une nouvelle larme rouler sur sa joue qu’il s’apprête à effacer. C’est encore lui et ses approches, mais il ne les regrette pas, se sent même plus proche d’elle. Blottie contre lui, Devraj renferme ses bras autour d’elle et plonge son visage au creux de son cou sur lequel il ne résiste pas à déposer un baiser sur sa peau douce et fiévreuse à la fois. Il aimerait comprendre la raison de ses dires, ce qu’elle entend par là, à défaut de pouvoir le deviner. Il cherche en lui, comme s’il avait les réponses à ses questions et ça lui est douloureux d’admettre que même en essayant de toutes ses forces, il n’y arrive pas. « Je n’ai pas l’intention de te laisser. » murmure-t-il, se plaisant à parler dans leur langue. « Je me sens chez moi, avec toi. » Aussi surprenant que ça puisse paraître. Il resserre son étreinte, puis sans la lâcher, redresse la tête afin de l’incliner sur le côté dans le but de capter son regard. Il saisit sa main, la glisse de sa taille, à son torse où son cœur bat à rythme effréné. « Est-ce que tu sens ? C’est l’effet Padma. » murmure-t-il, en calant son menton sur la tête, le regard rivé sur les étoiles. Aussitôt, il trouve Cassiopée. « J’ai la sensation de t’avoir cherchée toute ma vie. Je ne saurais pas te dire pourquoi, ni comment, mais je viens de prendre connaissance du gros vide que j’avais en moi, avant de te trouver. Et bon sang que je n’ai pas envie de te lâcher maintenant. » Il remercierait les étoiles pour ça. Un lien spécial entre elles et lui. C’était comme une évidence et ce soir, c’est vers elle qu’elles l’ont mené.


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Sujet: Re: Padma | La nuit des étoiles ( le Ven 2 Nov 2018 - 20:23 )

Un sourire étira les lèvres de Padma face à la réaction de l’Indien. Il n’avait pourtant rien dit de bien amusant, et il n’en avait pas besoin parce que l’expression de son visage s’exprimait très bien tout seul. « Si puissant qu’aucun mot ne serait assez fort pour le décrire. » La puissance avec laquelle son cœur avait explosé dans sa poitrine, avait suffit à Padma pour comprendre que cette soirée ne laisserait aucune place à la logique, même si elle s’efforçait d’en trouver une. Et un nouveau regard posé sur le jeune homme, confirma à l’Indienne que perdre ses repères en sa présence ne la dérangerait pas vraiment. Ses peurs étaient toujours présentes, mais à ses côtés elle se découvrait une nouvelle force qui la poussait presque à les affronter. Et le regard plongé dans le sien, elle ne tarda pas à s’y perdre, ne se laissant guider que par le son de sa voix. Elle pouffa doucement de rire lorsqu’il demanda si elle n’avait pas peur. « Ca fait longtemps que j’ai dépassé le stade de la peur. » Faux. La main dans son cou posée si naturellement l’effrayait tout en réchauffant son cœur. Et la proximité qu’ils partageaient donnait à Padma l’envie de fuir, tout en sachant que ses pas la ramèneraient à lui dans tous les cas.

« Devraj. » Un sourire dans la voix, elle ne pu s’empêcher d’imiter son inconnu en le répétant. Sans qu’elle ne sache pourquoi, elle en était presque déçue que son prénom n’en soit pas un autre. Elle n’avait rien contre Devraj, mais ce qu’elle ressentait pour lui, le vide qu’il arrivait à combler, rien que par sa présence, ne faisait pas écho au souvenir oublié avec lequel elle vivait depuis qu’elle avait quitté l’Inde. C’était pourtant idiot de sa part de penser ça, puisqu’elle avait oublié depuis longtemps l’identité de ce garçon qui avait été son tout premier repère à l’orphelinat, pourtant elle avait la certitude que ce n’était pas celui-là. Et très franchement, ça lui importait peu. C’était la première fois que la douleur de son absence passait au second plan aux yeux de Padma ; sa main dans celle de Devraj et la chaleur que dégageait son corps proche du sien, arrivait très bien à panser ses plaies toujours ouvertes. Sans aucun ne sorte, l’Indienne se surprise à laisser sa bouche mimer du bout des lèvres le prénom sucré de Devraj, comme si elle s’exerçait dés à présent pour toutes les fois à venir. Elle ne sortit de ses pensées que lorsqu’il lui demanda d’où elle venait, pour aller se blottir dans ses bras alors que des grosses larmes roulaient le long de ses joues. La tête collée contre sa poitrine, elle entendait le cœur de l’Indien battre et dont elle apprenait à aimer le son à mesure que s’écoulaient les secondes. Le baiser qu’il dépose au creux de son cou lorsqu’elle sent les bras de Devraj se resserrer autour d’elle, la fait tressaillir en l’obligeant à renforcer son étreinte à son tour.  En entendant à nouveau le son de sa voix, elle laissa s’échapper un sanglot qui mêlait à la fois soulagement et profonde tristesse non identifiée. L’entendre parler cette langue qui deviendrait la leur, réchauffait le cœur de l’Indienne qui s’étonnait de comprendre le sens de ses paroles alors qu’elle ne l’avait plus entendu depuis près de trente ans. Et le fait que ce soit lui, renforçait un peu plus tout ce qu’elle éprouvait déjà pour l’Indien. « Chez nous. » Rectifia Padma comme si elle se devait de le corriger. Quelques heures encore, ils n’étaient que deux parfaits étrangers qui ne s’étaient jamais rencontrés, mais au-delà de la sensation de le connaître depuis longtemps, Padma revivait un passé dans un présent perturbé, envisageant même un avenir incertain à ses côtés. Elle le laissa guider sa main jusque sa poitrine où son oreille y avait laissé sa place, et hocha la tête doucement avant de se lover à nouveau contre lui. « Alors ne le fais pas. » A son tour, elle leva doucement la tête et profita que la sienne soit levée, pour déposer ses lèvres dans son cou tout en humant son parfum. « Tu as dis que tu ne me laisserais pas, alors ne le fais pas. Promets-moi que tu ne me laisseras plus jamais. » Souffla Padma qui avait sortit ces mots sans s’en rendre compte, laissant son visage se cacher dans le cou de Devraj.  « Tu avais raison, il ne m’aura fallut que quelques minutes. » S’amusa l’Indienne qui se décala sans pour autant quitter les bras du jeune homme, une main allant chercher son menton qu’elle baissa pour chercher son regard. « Par conséquent la vie que je dois t’offrir commence ici. » Elle relâcha son menton et avec un pincement au cœur, sortit de ses bras pour récupérer sa main, et s’avança en le tirant vers elle pour qu’elle le suive. Elle ne savait pas très bien où elle allait, mais elle avait envie d’explorer les alentours et se rapprocher de l’eau.

« Ca fait combien de temps que tu es à Naples ? Qu’est-ce que tu fais dans la vie ? » S’enquit l’Indienne qui posait les questions basiques qu’elle aurait dû poser bien avant.   De lui, elle avait envie de tout savoir et même si une soirée ne suffirait pas à ce qu’elle connaisse tout de sa vie, elle s’en fichait parce qu’elle savait qu’ils avaient devant eux une vie entière pour apprendre à se connaître.  


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Sujet: Re: Padma | La nuit des étoiles ( le Sam 3 Nov 2018 - 13:48 )
Est-elle en train de le faire marcher ? La jaugeant, il tente de discerner le vrai du faux et préfère finalement cette option à celle d’une réalité qui blesse. Un moment comme le leur ne se vit pas deux fois. C’est unique. A travers ce sourire qu’elle lui adresse, Devraj se plaît à croire qu’elle s’amuse de ses réactions. Lui les apprivoise. Cette jalousie naissante, c’est bien la première fois qu’elle apparaît sous cette forme. Dans le passé, il lui est arrivé à de nombreuses reprises d’envier les autres enfants d’avoir leurs parents auprès d’eux, de compter sur eux au moindre souci et bien que la complicité qui le lie à son père adoptif, a rattrapé le coup, ça n’a pas suffit à étouffer ce sentiment de solitude et d’abandon. C’était un gamin en manque de repères, qui a appris à s’en créer, à les utiliser pour devenir plus fort, plus courageux. Et aujourd’hui, Padma en fait pleinement partie, alors penser que sa place a déjà été occupée par quelqu’un… Impossible d’y songer sans que sa mâchoire ne se crispe, sans que la peur ne s’installe. Si elle a dépassé ce stade, pas lui. Il craint d’avoir fait la connaissance d’une personne qui change son quotidien du tout au tout et qu’elle s’en aille aussitôt, mais plutôt que se paralyser inutilement avec de pareilles pensées, lui préfère voir son verre à moitié plein, qu’à moitié vide. Elle est là, avec lui et dans son comportement, dans sa façon de prononcer son prénom, il sent qu’elle n’a pas la moindre envie de prendre la tangente. Ou alors, c’est une très bonne comédienne qui le cache très fort.

Un hochement de tête afin de confirmer sa rectification. Chez eux. Lui qui avait eu un véritable coup de cœur pour cette ville et ses paysages, est à présent certain d’y avoir sa place. Au contact de ses lèvres sur sa peau, Devraj ferme les yeux, profitant pleinement de ce baiser qui l’électrise. Ses doigts se resserrent autour de sa taille, jusqu’à redescendre sur terre à la formulation de sa requête. Cette impression de la connaître depuis toujours, de l’avoir rencontrée, il ne l’invente pas, elle est omniprésente, mais une part de lui appréhende. Et si, de son côté, c’était plus que ça ? Et si Padma se raccrochait à lui en songeant à un autre ? Ce « plus » qu’il relève l’interroge. Cependant, l’indien ne souhaite pas en tenir compte au point de tout remettre en cause. Ca voudrait dire effacer cette lueur d’espoir, cette sensation de bien-être si soudaine. « Je te promets de ne pas te laisser. » souffle-t-il, sincère, embrassant sa tempe, tandis qu’il caresse sa chevelure tendrement. Son manque du pays l’avait rattrapé et l’idée de quitter la cité du soleil s’était pourtant installée, mais croiser sa route a changé la donne. La promesse faite, il ne se voit pas s’en éloigner, n’en ressent plus le besoin. « Je l’ai espéré très fort. » Ensemble, c’est bien trop puisant pour s’en détourner. Se noyant dans ses iris, un large sourire se dessine, instantanément soulagé par ses mots. Devraj se laisse porter, entrelace ses doigts avec les siens et s’avance en se dirigeant vers le lac. « Ca fait deux ans. Mon italien est encore maladroit, mais je l’améliore à force de le pratiquer. » Parfois, il est obligé de naviguer sur son Smartphone afin de trouver la traduction d’un mot qui ne lui vient qu’en hindi, ou l’entourage qu’il s’est créé lui vient en aide. C’est apprécié. « Avant d’arriver, il était question de se poser pour quelques mois et de repartir, mais… Il est difficile de ne pas tomber sous le charme de cette ville. » Au plus grand dam de son père adoptif à qui il manque plus que de raison, bien qu’il soit raisonné par la voix de sa femme. « Quant à ce que je fais… C’est un peu difficile de te répondre précisément. Aujourd’hui, je suis archiviste à la bibliothèque municipale. Une mission de quelques semaines. Je serai autre chose après. » Appréciant la découverte, explorer différent métier, apprendre et surtout se surpasser, Devraj prend tout ce qui lui vient sous la dent. Des missions temporaires, des remplacements, nécessitant plusieurs jours de formation. Des contrats à durée déterminée pour ne pas s’emprisonner. « Mais plus officiellement, je suis écrivain. » Des heures ne suffiraient pas à lui expliquer tout ce qu’il fait au quotidien, tant il y a à dire. Padma s’y perdrait. « Et toi ? » s’intéresse-t-il, bien plus attiré à l’idée de l’écouter parler d’elle. « Naples. Tu dois connaître la ville sur le bout des doigts. » suppose-t-il, s’imaginant qu’elle y est depuis bien plus longtemps. « Tu es ici depuis combien de temps ? » Tournant sa tête dans sa direction, il se surprend à la dévisager, apprenant par cœur ses traits. « Quelqu’un t’accompagne ? » Autrement dit, est-elle indisponible ?


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Padma AlestraLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Re: Padma | La nuit des étoiles ( le Sam 3 Nov 2018 - 22:38 )

C’est main dans la main qu’ils se mirent à avancer au bord de l’eau, et alors que la balade commençait à peine, Padma priait intérieurement pour qu’elle ne se termine jamais. Cette chaleur que diffusait la simple main de l’Indien plongée dans la sienne, le cœur léger avec lequel elle avançait et cette tranquillité d’esprit qu’elle avait cherché pendant tant d’années… Si l’avoir à ses côtés était synonyme de bonheur, alors c’était sans hésiter une seule seconde qu’elle le gardait près d’elle. Pendant qu’il répondait à ses questions, Padma se risqua un regard vers le ciel étoilé sous lequel ils s’avançaient, et elle se surprise à leur sourire. Pour la première fois depuis des années, elle ne sentait pas ce vide dés qu’elle posait le regard sur elles, ni même cette colère sourde qui l’obligeait à détourner les yeux pour ne pas sentir son chagrin la submerger. Au contraire, ce soir elle se réconciliait avec elles, et étant les seuls témoins de ce qui était en train de naître, Padma prenait ça comme un signe de leur protection éternelle. « Ton italien n’est pas si mal, j’ai déjà entendu pire. Tu étais où avant Naples ? En Inde ? » Demanda l’avocate qui avait reporté son attention sur l’Indien sans relever le fait qu’il soit là depuis deux ans. Cela faisait donc deux ans qu’elle attendait ce soir sans le savoir. A la fois poussée par l’envie de tout apprendre de lui et de s’incruster dans cette vie qui n’avait rien à voir avec elle – pour le moment – elle se retenait pour ne pas faire un commentaire à chaque fois qu’il terminait une phrase. Déjà parce qu’elle ne voulait pas non plus ramener tout à elle, mais aussi parce qu’elle voulait l’écouter parler encore et encore. « Ecrivain ? » Releva tout de même la jeune femme, un sourcil relevé, sa curiosité piquée. « Et qu’est-ce que tu écris ? Ou as écris ? »

Lorsqu’il retourna les questions à Padma, elle ne pu s’empêcher de pousser un soupir. Pas parce qu’elle était agacée, mais parce qu’elle n’aimait tout simplement pas parler d’elle. Sa vie était en ordre mais seulement en apparence, autrement elle était sens dessus-dessous et devoir l’expliquer aux gens la fatiguaient. Pourtant, son regard posé sur Devraj alors qu’il marchait toujours à ses côtés, elle avait envie de tout lui raconter depuis le jour où on l’avait mise de force dans un avion pour Naples, jusqu’à leur rencontre. Elle avait envie qu’il sache tout de ces années où il n’a pas été à ses côtés, comme pour rattraper toute une vie dont elle aurait étrangement voulu qu’il fasse partie. Qu’il partage ses rires, ses pleures, même ses peurs. Mais pour le moment elle se contenterait de l’essentiel, ils avaient l’éternité devant eux pour qu’elle ne se mette à lui détailler sa vie. « Je suis avocate. Je sais, c’est ennuyant comme réponse, mais on peut y trouver des bons côtés. » Plaisanta Padma à qui ça n’empêchait pas de se demander encore quels bons côtés elle pouvait en tirer de cette profession. « De façon moins officielle, je suis illustratrice de livres pour enfants. Mais c’est un secret, j’utilise un pseudo pour pas qu’on sache que c’est moi… Et, oui et non. » Répondit la brunette en haussant les épaules. « Il y a encore des recoins de la ville où je n’ai jamais posé les pieds et dont j’ignore l’existence. Comme ce lac. » Elle fit un signe de la tête pour montrer l’eau, et adressa un sourire à l’écrivain. « Je suis à Naples depuis que j’ai 3 ans, et même si ça fait un long moment… certaines responsabilités ont fait que je n’ai pas pu explorer pleinement la ville. » Elle faisait référence à sa sœur qu’elle a dû presque élever alors qu’elle n’avait que 10 ans elle-même, et même si parfois elle se disait qu’une partie de sa jeunesse avait été volée, elle ne regrettait pas avoir sacrifié ces années pour Nori. Surprise de sa dernière question, elle s’arrêta de marcher et plongea son regard dans le sien, un sourire aux lèvres. « Si quelqu’un m’accompagne ? » Se moqua doucement Padma de la façon dont été formulée la question. « Tu veux savoir si quelqu’un partage ma vie ? » Elle réduit la distance entre eux et lui attrapa l’autre main pour la poser à son tour contre son cœur. « A ton tour de le sentir battre. Tu le sens ? Ca c’est l’effet Devraj, tu penses que s’il avait battu pour quelqu’un d’autre, j’aurais été là maintenant ? J’ai l’impression d’avoir parcouru des kilomètres à ta recherche et maintenant que tu te tiens là devant moi, j’ai envie de… » Hurler ? Pleurer ? Rigoler ? Un mélange d’émotions se coinça au fond de sa gorge, l’empêchant de terminer sa phrase.  « Cette soirée est déjà folle, mais est-ce que tu me prendrais pour une folle si je te dis que je veux que tu fasses partie de ma vie pour toujours ? »  


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Sujet: Re: Padma | La nuit des étoiles ( le Lun 5 Nov 2018 - 3:14 )
« Je transmettrai à mon professeur. Il en sera ravi. » Et probablement sera-t-il soulagé de l’apprendre. Le premier cours auquel il a assisté s’est avéré être très compliqué, notamment à cause de sa fâcheuse habitude d’effectuer la traduction en hindi, comme si ça lui était nécessaire pour percuter, ne pas perdre le fil. Ce qu’il faisait en perdant des secondes précieuses. Sa volonté et sa détermination l’ont cependant beaucoup aidé à saisir les bases de la langue italienne. Son anglais, perfectionné lors de ses années d’études également. Ca fait à présent deux ans et il a conscience d’avoir du pain sur planche, mais son niveau est bien loin du débutant. Avec son accent, il arrive à se faire comprendre et si Padma lui assure que ce n’est pas si mal, c’est que ce doit être vrai. « Non, pas en Inde. Ca fait bien quatre ans que je n’y ai pas mis les pieds. » C’est long, mais en partant de Chennai, il savait que ce ne serait pas pour revenir tous les quatre matins. C’était un sacré engagement qu’il était prêt à prendre. Une envie de voyager, de découvrir de nouvelles cultures, satisfaire sa curiosité. Devraj ne regrette pas, surtout si ça se termine par une jolie note. Elle. « Je faisais le tour des pays européens. Le dernier en date, c’est la France et son île de beauté. » Là-bas, il s’est arrêté près d’un mois pour faire le tour, tout en profitant bien de ce qu’il voyait. « Et j’ai débarqué en Italie par la suite. » Son programme s’est transformé lorsqu’il s’est arrêté ici. Ses cartes, ses notes, elles ont toutes trouvées leur place dans un carton. Il y avait tracé son itinéraire, en pensant d’ores et déjà à sa future destination. Il était loin de s’imaginer qu’il demanderait une carte de séjour et qu’il serait encore sur Naples maintenant. D’un signe de la tête, il acquiesce avec un sourire qui témoigne de sa fierté. S’il y a bien quelque chose qu’on ne peut lui voler, c’est son enthousiasme et son plaisir face à l’écriture. Un univers bien personnel dans lequel il se noie depuis sa plus tendre enfance. Pourtant, même si c’est son domaine, une part de lui appréhende l’avis qu’elle pourrait avoir, si jamais elle s’est lancée dans l’un de ses livres. « Mon genre n’est pas bien défini. Je m’inspire des lieux que je visite, des rencontres que je fais au quotidien. Il peut en ressortir l’histoire d’un peuple oublié, les secrets d’un reporter de guerre, ou encore le récit de deux orphelins. » Ce roman lui a ouvert des portes, lui a permis de se faire un nom dans la littérature. Et s’il ne s’agit pas de son dernier, c’est pourtant celui qui fait le plus parler de lui. La fin tragique en a marqué plus d’un, si bien qu’il a reçu de nombreuses lettres, courriels de lecteurs s’interrogeant sur une possible suite. Comme s’ils s’attendaient à un meilleur avenir pour les deux enfants, plutôt qu’une séparation brutale. C’est comme ça qu’il se l’était imaginé. Un garçon meurtri par le poids de l’absence de son amie, observant les étoiles avec désespoir. Une touche morose, mais qu’il ne se voyait pas modifier. C’était son point final… Il se rappelle avoir été d’une humeur maussade plusieurs semaines après la publication, sans se l’expliquer, avant de se dire qu’il s’agissait peut-être de l’effet post-édition, ce qui se justifie ; c’est l’ouvrage sur lequel il a le plus travaillé. Devraj a mis plus d’un an avant de lâcher son bébé.

Il pourrait lui en parler des heures, lui raconter toutes ces choses, ses ressentis, persuadé qu’elle pourrait saisir l’objet de ses tourments, mais ça, il a des années pour pouvoir le faire et l’envie de s’immiscer dans sa vie, de connaître le moindre de ses secrets est bien plus intéressant que dévoiler les siens. Alors, il l’écoute, avec attention et rit même de sa réponse. « Dis-moi que c’est une plaisanterie et que tu défends les gens par conviction et passion. » Tête inclinée sur le côté, sourire en coin, il ajoute : « Et quel genre de personnes défends-tu ? » Très vite, elle passe de l’illustration de livres, aux recoins de la ville qu’elle ne connaît pas sur le bout des doigts, mais Devraj est resté bloquer sur cette histoire de pseudo. « Tu sors un peu de Naples ? Ce n’est pas très loin. Il y a un autre lac, à quelques kilomètres, mais je trouve celui-ci plus charmant. Je t’y amènerai si tu veux. » Une promesse d’un prochain rendez-vous, d’une nouvelle sortie nocturne. « Mais dis-moi, ces livres… Pourquoi un pseudo ? Un vrai secret ou est-ce qu’il se partage ? » Est-il donc impossible qu’elle lui susurre l’identité empruntée ? Doucement, il veut bien être amené à la pousser à en dévoiler un peu plus, surtout si c’est pour rentrer dans un monde tenu à l’écart de tous depuis bien trop longtemps. Il est curieux de savoir ce que renferment ces livres pour enfants, voir son talent.

A son tour, il s’arrête, lui faisant face. « Concrètement, oui. Je me demande si je dois t’arracher des griffes d’un rival. » Il s’en fera une joie. En temps normal, il ne lui serait pas venu à l’idée d’empiéter sur les plates bandes d’autrui, mais là, impossible d’éviter la confrontation. Cette femme, il la désire, il la veut. A lui seul. Pas de partage. Pour une fois, il veut bien paraître comme étant le plus égoïste au monde. Son sourire s’efface en même temps que sa main trouve sa place sur son cœur. Il bat si fort… Si vite… « Non… Mais tu aurais pu être avec quelqu’un, déjà. Ce qui ne m’aurait pas étonné. Tu es magnifique, Padma. Le contraire me surprend même. » Qu’elle soit bien seule, sans personne pour prendre soin d’elle, pour la regarder comme il le fait, bien qu’il soit impossible que des yeux se posent sur elle avec autant d’intensité. Du bout des doigts, il caresse ce cœur, puis remonte son autre main sur son cou, tout en la dévisagent. « C’est tellement insensé. J’ai jamais vécu pareilles choses. » Une folle histoire à laquelle il n’est pas prêt de refermer la porte. « Ca m’aurait effrayé, venant d’une autre personne, dans d’autres circonstances. C’est effrayant d’entendre une femme te souffler ce genre de choses, le premier jour… Mais depuis le début de notre rencontre, il n’y a rien qui se passe normalement. » Cette attraction soudaine, cette envie de savoir absolument qui elle est. C’est pire qu’une obsession. Devraj appuie ses doigts sur sa nuque et rapproche doucement son visage du sien, effleurant du bout de son nez sa peau, sa joue, remontant vers son oreille. « Je n’ai définitivement pas l’intention de m’envoler. » Et de s’éloigner d’elle, de sa vie. Son front collé contre le sien, l’indien l’observe de longues secondes, puis après avoir glissé sa main de son cœur au bas de son dos, afin de la rapprocher plus proche de lui encore, et une courte hésitation, l’écrivain presse ses lèvres contre les siennes, avec une tendresse, mélangée à un brin de fougue qu'il se découvre.


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Sujet: Re: Padma | La nuit des étoiles ( le Lun 5 Nov 2018 - 20:32 )

Le regard posé sur l’Indien pendant qu’ils avançaient toujours main dans la main, Padma se laissait porter par ses mots et son imagination, imaginant Devraj dans son tour de l’Europe. Même si ça la peinait sans savoir pourquoi de ne pas être directement incluse dans ses récits de voyage, ça n’enlevait rien au fait qu’elle aurait pu l’écouter parler pendant des heures, tandis qu’une petite voix lui soufflait que la prochaine fois elle serait à ses côtés. Cette pensée la fit sourire plus qu’elle ne l’effrayait. Elle qui n’avait pas pour habitude de se projeter ainsi dans l’avenir avec des gens qu’elle ne connaissait pas, se surprenait à apprécier l’idée de sillonner les routes d’Europe, main dans la main, de la même façon qu’ils marchaient autour du lac. Au fond d’elle, elle avait la certitude que si sa mémoire ne reconnaissait pas l’Indien, son cœur lui pensait autrement. « Pourquoi l’Italie ? » Se risqua-t-elle à demander. Elle savait que l’Italie était un beau pays, pour y habiter depuis presque toujours, et même si elle ne sortait que très rarement hors de Naples, elle se plaisait à tomber amoureuse du paysage napolitain à chaque fois qu’elle en avait l’occasion. Un peu comme ce soir sous ce ciel étoilé. Mais après avoir vu les autres pays, il n’est pas difficile de  s’imaginer qu’il y a mieux qu’ici. Son sourire ne pu s’agrandir en voyant l’écrivain hocher la tête avec fierté lorsqu’elle s’intéressa à sa profession. Padma était admirative des gens qui n’avaient pas peur de se lancer pour vivre de leur passion, elle, elle n’en avait jamais été capable à moins que ce ne soit sous couvert d’anonymat, et c’était un autre regret qu’elle rajoutait à sa liste. A l’évocation de l’histoire des deux orphelins, le cœur de l’Indienne rata un battement dans sa poitrine tandis que sa main se pressait un peu plus contre celle du jeune homme. « Le récit de deux orphelins ? » Sentant sa gorge se serrer, elle préféra esquisser un sourire pour gagner en contenance. « Je vais devoir me pencher sur ta bibliographie je suppose. »

Lorsque l’attention fut dirigée sur elle, la brunette se surprise à trouver l’exercice moins pénible que d’habitude. « Arrête de te moquer, il y a de bons côtés je te dis ! » Rigola Padma pour joindre ses rires aux siens. « Je défends les gens qui méritent d’être défendus ! » Déclara-t-elle fièrement, avant de revenir sur ses paroles au bout de quelques secondes. « Non je plaisante, j’aimerais mais non. Je travaille dans une firme qui s’occupe surtout de grandes entreprises et même si ma carrière est courte, je sais déjà que je ne risque pas de croiser de gens qui méritent réellement d’être défendus. » Pour son plus grand malheur, mais ça faisait longtemps que Padma s’est rendue compte que ce n’était pas de la façon dont elle exerçait sa profession qu’elle allait changer le monde. « Ca m’arrive, mais c’est surtout ma petite sœur qui voyage et qui m’oblige à sortir de Naples. Mais qui sait, j’ai peut-être trouvé quelqu’un d’autre pour me pousser à le faire. » Elle haussa les épaules avant de partir d’un petit rire lorsqu’il revint sur l’histoire du pseudo. « C’est… compliqué ? » Commença la jeune femme. « J’ai toujours aimé dessiner au point de m’en prendre aux mûrs de ma chambre quand j’étais petite, mais c’est surtout après la mort de mon père et de mon petit frère que je m’y suis mise. » Le regard dans le vide, son sourire s’était teinté d’une tristesse qu’elle n’arrivait pas à effacer. « Après  leur décès, ma mère a eut du mal à faire le deuil et… j’ai dû trouver un moyen d’expliquer à ma sœur pourquoi ils ne rentreraient plus jamais à la maison. Et c’est passé par le dessin. Je suppose que ça n’a jamais vraiment plu à ma mère, pour elle ça a toujours été comme une perte de temps alors pour la tenir à l’écart j’ai emprunté un pseudo. » Lorsqu’elle se rendit compte qu’elle recommençait à se laisser submerger par sa tristesse, elle reporta son attention sur l’Indien et lui adressa un autre sourire. « Donc pour te répondre, c’est un secret pas si secret, dans un sens. » Elle ralentit ses pas et de la main qui tenait la sienne, elle le tira vers elle pour que sa bouche puisse être à la hauteur de son oreille. « Si tu veux voir mes dessins, cherche les livres illustrés par Miss Chanandler Bong. » Un pseudo stupide qui l’a fait rire au début, et qui continue à le faire d’ailleurs.

Debout en face d’elle, elle ne cacha pas son amusement lorsqu’il parla d’un rival. Il pouvait se rassurer et ranger les armes, elle n’avait personne. « Peut-être parce que je n’ai pas encore trouvé la personne qui… » Au lieu de terminer sa phrase, elle se contenta de lui prendre la main pour qu’il sente son cœur battre dans sa poitrine. Il n’avait jamais battu comme ça pour personne, et c’était peut-être pour cette raison qu’elle était restée seule toute sa  vie, parce qu’elle l’attendait pour faire vivre de telles sensations à son cœur qui bondissait presque hors de sa poitrine. En voyant la distance se réduire de plus en plus, elle ne bougea pas, et lorsque les lèvres de l’Indien se pressèrent contre les siennes, le cœur de Padma implosa dans sa poitrine. D’un geste naturel, elle lui rendit son baiser tandis que du bout des lèvres elle scellait cette  promesse qu’ils se faisaient de ne plus jamais se quitter. Par ce baiser qu’ils échangeaient, ils faisaient s’effondrer le monde autour d’eux pour que de leurs lèvres qui bougeaient sans jamais se décoller, ne se construise un univers plus vaste, plus coloré et plus paisible dans lequel ils renaissaient en ne faisant plus qu’un. Complète, entière. Des mots auxquels elle n’aurait jamais cru pouvoir s’associer un jour et pourtant, dans ses bras elle sentait qu’elle avait trouvé sa moitié manquante.

Ce fut elle qui mit fin au baiser avec un petit pincement au cœur, tandis qu’elle gardait son visage proche de celui de Devraj pour reprendre son souffle. « Merci.   Souffla-t-elle les yeux toujours fermés, le front collé contre le sien. « Merci de faire partie de ma vie. » Une main caressa les lèvres douces de l’Indien et comme si elle venait de réaliser quelque chose, elle se détacha brusquement de Devraj et fouilla dans son sac pour en sortir un stylo et un vieux carnet de dessin qui ne la quittait jamais. Elle ne chercha pas plus loin et décida de s’asseoir aux pieds du jeune homme et leva la tête vers les étoiles, avant de se tourner vers lui qui devait sûrement se demander ce qu’elle faisait. « J’ai envie d’immortaliser cette soirée, si tu me le permets. » Elle montra son stylo, prête à se mettre à dessiner.   


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Sujet: Re: Padma | La nuit des étoiles ( le Mer 7 Nov 2018 - 9:41 )
« L’Italie était sur ma route. Mais Naples… Un coup de cœur. » Des villes, il en a pourtant vu et nombreuses sont celles qu’il a aimé visiter, prolongeant parfois son séjour d’une ou deux semaines. Attiré par les paysages, il souhaitait prendre plus de temps pour les découvrir, récoltant ainsi des détails nécessaires pour le réalisme de ses récits en cours. Ou encore pour une cause humanitaire. C’est ce qui l’a poussé à rester dix mois à Haïti. Les besoins sont si énormes qu’il aurait pu y séjourner encore longtemps. Devraj se sent concerné, prend les choses très à cœur. Il s’écoute. Alors, lorsqu’il a débarqué dans cette cité italienne et qu’il s’est soudainement senti léger, comme si sa place était ici et pas ailleurs, le choix de poser ses bagages s’est imposé à lui. En deux ans, il n’a jamais eu à le regretter. S’il y a des rues peu fréquentables, dans lesquels il ne se perdrait pas plus de quelques minutes, si les murs de celles-ci sont dégradés, tagués, il a pris le temps de s’enfoncer dans les plus beaux recoins. C’est une ville riche. S’il fallait en faire la publicité, il la vendrait à la perfection. Et à présent qu’il se trouve face à Padma, il se dit que, peut-être, c’était écrit, ou alors c’est le hasard est bien tombé. Elle est arrivée au moment où ses doutes s’amplifiaient. « J’ai eu la sensation que je devais m’arrêter ici. Je ne saurais te l’expliquer. » Le charme de la commune a opéré. « Heureusement. » ajoute-t-il, en arborant un sourire. Celui-ci s’agrandit lorsqu’elle répète son dernier exemple. Sa main se resserre tendrement contre celle qu’il sent se presser. Ca ne l’étonne finalement pas que ce soit celui-ci en premier qu’elle ait relevé et ça lui plaît. « Tu n’auras qu’à me dire celui que tu souhaites lire et je te donnerai un exemplaire… Si ça t’intéresse. » D’un coup, il appréhende. Il a ses lecteurs, des fidèles qui le suivent avec qui il correspond de temps en temps et ses proches qui peuvent manquer d’objectivité lui ont donné de bons retours sur son travail et leurs avis ont de l’importance, mais il n’en aurait pas été extrêmement déçu s’ils n’avaient pas aimé son style littéraire. Là, il aimerait que ce soit à la hauteur de ce qu’elle aime, que ses romans puissent l’aider à s’évader.

D’un geste de la main, il se désigne, prend un air innocent. « Je ne me moque pas ! » s’exclame-t-il, en riant quelques secondes après. C’est sa remarque qui l’amuse. On ne devient pas avocat par défaut. Du moins, il espère que ce ne soit pas son cas, qu’elle en avait réellement envie et que son travail est bien loin d’être ennuyant. Même s’il a conscience qu’on ne fait pas toujours ce que l’on désire et que les phrases fétiches « si l’on veut on peut », et « il faut travailler pour y arriver », ne fonctionnent pas toujours. La réalité est bien loin de la fiction. « C’est un très beau métier. Tout dépend dans quel camp on se situe, mais c’est une belle profession. » Très difficile également. Tout le monde a le droit d’être défendu, même les pires terreurs de l’humanité. Les tueurs d’enfants, les terroristes. Ces personnes qui mériteraient qu’on leur tourne le dos et à qui il ne cherche aucune excuse ; il n’y en a pas. « Ah et c’est qui, selon toi, ces gens qui méritent d’être défendus ? » Ton léger, yeux rieurs, mais l’intérêt est bien là. Même si Padma plaisantait, elle a réussi à attiser sa curiosité. « Dis m’en plus. Quel est ton rôle, à toi ? » Il admire. Quand bien même ce n’est pas le domaine qu’elle aurait rêvé, ce qu’elle exerce au quotidien, c’est quelque chose qui n’est pas donné à tout le monde. Elle donne de son temps pour les autres. C’est une qualité honorable. « L’occasion pourrait se présenter. » Si elle parle de lui, alors elle peut retirer le « peut-être ». Il la connait à peine, mais a l’envie de la pousser hors de ses sentiers battus.

Son sérieux s’installe lorsqu’elle lui confie un passé douloureux. Si la pensée d’une petite fille dessinant sur les murs de sa chambre le fait doucement sourire, son histoire lui resserre le cœur. A travers son regard, il arrive à sentir sa peine. « Je saisis. C’est courageux, ce que tu as fait. C’est fort. Tu avais quel âge ? » Plutôt que d’exprimer ouvertement son chagrin, elle a préservé sa maman, une adulte qui s’est effondrée et qui a laissé son enfant prendre son rôle. Il trouve ça… triste. Silencieusement, Devraj se promet de la soutenir pendant ces durs moments, souhaite alléger le poids qu’elle porte sur ses épaules. Dans un élan protecteur, il embrasse sa tempe et part ensuite à rire à l’entente de son pseudo surprenant. « J’imaginais quelque chose de plus… discret, qui passe partout, mais en fait, pas du tout. D’où ça vient ce pseudonyme ? » Impossible de l’oublier. Il est tellement atypique qu’il n’aura aucun mal à s’en rappeler. Et il compte bien fouiller les librairies pour découvrir ses illustrations.

Pour la découvrir elle, s’en rapprocher, encore. Ses bras se referment autour d’elle, tandis que ses lèvres quittent plus les siennes. Ce baiser n’a rien de comparable avec tout ce qu’il a vécu jusque-là, efface tous les précédents. Sa bouche est douceur, a un goût salé, dû aux larmes versées plus tôt dans la soirée. Lorsque celle-ci s’éloigne, l’indien ouvre les yeux pour la contempler, y voir une réaction. Il jurerait que c’est de l’apaisement. « Tu fais toujours ça… ? Remercier tes prétendants. » murmure-t-il, un brin taquin, tout en déposant un baiser sur sa main qui rencontre ses lèvres. Contact qui se termine si brusquement qu’il fait un pas en arrière, les bras tombant le long de son corps, en l’observant chercher et trouver son bien. « Ne te gêne pas. » Là, il s’assoit derrière elle, appuie ses mains sur sa taille et la ramène tout contre lui. « Je dois faire quelque chose ? Ou est-ce que ma présence, comme ça, est suffisante ? » Parce qu’il a bien envie d’être dissipé. Il embrasse sa tête, puis descend sur sa nuque qu’il effleure du bout des lèvres, remonte près de son lobe où il dépose un baiser juste en-dessous. « Tu penses que ça la blesserait, si tu inscrivais ton vrai nom sur tes œuvres ? Tu n’y as jamais pensé ? » Etre un peu égoïste, penser à soi… Même s’il comprend qu’elle souhaite protéger sa famille, l’envie de la voir s’envoler lui semble plus importante. A ses yeux. Parce qu’il pense avant tout à celle qui fait chavirer son cœur. « Si le ciel étoilé est prévu dans ton dessin, tu devrais dessiner Cassiopée. Elle est là-bas. La pointe montre l’étoile polaire. » De son index, il la désigne à deux reprises, afin qu’elle puisse l’apercevoir. « C’est ma préférée. Elle a quelque chose en particulier qu’elle dégage. La prochaine fois que tu la verras, tu pourras penser à moi. » A eux. « Dès que tu as un coup de blues, que ton monde te semble difficile, douloureux… » Et il a l’impression qu’avec tout ce qu’elle vit, ça doit arriver bien plus souvent qu’il le désirerait. « Qu’est-il arrivé à ton père et ton frère ? » Question qui lui brûle les lèvres depuis qu’elle lui a confié la perte de ces derniers. Ses bras l’enveloppent, pour la protéger de ses maux. « Tu n’es pas obligée de répondre. » Il veut qu’elle le sache. L’issue de secours, il la lui offre, si elle préfère la prendre.


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Sujet: Re: Padma | La nuit des étoiles ( le Mer 7 Nov 2018 - 22:01 )

Le sourire de Padma s’étira doucement lorsqu’il rajouta un « Heureusement » pour justifier son choix de poser bagages à Naples. Il ne le disait pas explicitement, mais elle se plaisait à penser que leur rencontre, bien que fraîche, était un plus dans son appréciation de la ville. Au fil du temps, le paysage italien imposé à l’Indienne, avait réussit à trouver grâce à ses yeux pour qu’elle puisse pleinement s’y intégrer. Les premières années qui avaient suivies sont arrivées ont été difficiles, alors qu’elle ne cessait de penser à son Inde natale qui était bien loin de ces reliefs européens que lui offrait sa nouvelle vie. Les années passées en Italie n’étaient pas comparables aux courtes années qu’elle avait passé en Inde, pourtant aujourd’hui encore elle se demandait où était sa place. Elle se définissait comme Indienne parce qu’elle ne voulait pas rejeter un passé qui faisait toujours parti d’elle, sans pour autant oser affirmer pleinement cet héritage Indien qui n’avait jamais voulu d’elle. Pourtant lorsqu’elle s’était retrouvée dans les bras de Devraj plus tôt dans la soirée, elle sentait qu’elle avait enfin trouvé ce point d’encrage, cet équilibre qu’il lui manquait depuis toujours. Il était devenu en une poignée de secondes, ce foyer réconfortant qu’elle aurait voulu avoir toute sa vie. Où étais-tu passé ? Criait le regard de Padma, posé sur l’Indien qui marchait toujours à ses côtés. « Un exemplaire de la part de l’auteur ? Tu me le dédicaceras ? » S’enquit l’avocate un air taquin dans la voix. Elle n’avait encore lu aucune lignes de lui, pourtant elle savait déjà qu’elle aimerait ce qu’elle aurait sous les yeux, parce que de lui elle avait envie de tout aimer.  

Parler de sa profession était toujours bizarre à l’Indienne. Elle ne ressentait aucune fierté à exercer le métier d’avocate, parce que la dernière chose que lui a apprise son père avant sa mort, était qu’aider son prochain était quelque chose de normal, et c’était une philosophie à laquelle elle s’est accrochée tout au long de ses études. Mais aujourd’hui, maintenant qu’elle était en fonction, les choses étaient différentes. Le ton de Devraj avait beau être léger, ça avait forcé Padma à se plonger dans un instant de méditation pour apporter une réponse constructive. « Justement, je ne suis plus sûre de le savoir. » Elle pausa quelques secondes avant de reprendre. « J’ai toujours estimé que peu importe le profil du client, en tant qu’avocate je devais m’assurer que ses droits ne soient pas bafoués pour ne pas qu’il n’écope une peine motivée uniquement sur une défense subjective. Mais je n’ai pas été amené à défendre beaucoup de cas comme ça depuis que j’exerce, c’est principalement à des patrons à qui j’ai à faire, et à chaque fois que je les défends, c’est au profit des gens qui n’ont pas les moyens de s’assurer une défense proportionnelle. » Ce qui faisait qu’elle comprenait l’aversion qu’avaient les gens envers les avocats. « Pour le moment, mon rôle est insignifiant et pourrait bénéficier à tellement plus de personne. Mais je suppose que ce n’est qu’un début. » Elle essayait de relativiser comme elle le pouvait.

En évoquant son père, la jeune femme fut prise d’un chagrin soudain qu’elle masqua dans un sourire. Elle avait oublié à quel point parler de lui était douloureux, tellement elle le faisait rarement. Elle n’avait pas vraiment de gens avec qui partager les souvenirs qu’elle avait de lui ; en parler à Nori ne ferait que lui rappeler qu’elle n’a pas eu la chance de le connaître assez longtemps, et en parler à sa mère n’était même pas envisageable. « Courageux… peut-être bien. » Elle haussa furtivement les épaules. C’était un terme qui revenait souvent lorsqu’il était question de la mort du père Alestra, pourtant elle ne voyait rien de courageux dans ce qu’elle avait fait jusque là. C’était juste qu’elle ne pouvait pas faire autrement si elle ne voulait pas perdre une nouvelle fois une famille. Un geste bien égoïste lorsqu’on y pense.  « 10 ans. » Sa réponse lui arracha une grimace, clôturant ainsi cette discussion. Elle ne voulait pas paraître froide, mais le souvenir douloureux de la mort de son père qui avait encore des conséquences sur sa vie actuelle, l’attristait beaucoup trop pour qu’elle puisse en parler aussi librement qu’elle le voudrait. Même avec Devraj. Et le baiser qu’il dépose sur sa tempe lorsqu’elle se perd dans ses pensées la rassure. Elle préféra passer sur un sujet plus drôle, à savoir cette histoire de pseudo qui la faisait rire encore aujourd’hui. « D’un épisode de Friends… J’étais jeune et j’avais besoin d’un pseudo, c’est la première chose à laquelle j’ai pensé. » Elle mêla son rire aux siens avant de s’arrêter pour n’écouter que le sien ; un son qui réchauffait son cœur et dont elle se plaisait déjà à entendre.

Dans une douceur sans précédent à tout ce qu’elle avait connu, ils échangèrent leur premier baiser sous le ciel parsemé d’étoiles ; promesse de tant d’autres à venir. Le front collé contre celui de Devraj, le souffle court et le cœur à l’envers, elle découvrait de plus près le visage du jeune homme dont elle apprenait déjà à mémoriser chaque millimètre. Et lorsque son regard croisa le sien, elle entendit raisonner en elle toutes les promesses sourdes qu’elle faisait, dont la plus importante, celle de toujours s’assurer que chaque jour qu’ils vivraient à deux, serait aussi magique que le premier. « Seulement ceux qui en valent la peine. » Répondit Padma sur le même ton taquin que l’Indien, avant de suspendre son geste pour récupérer son carnet à dessins dans son sac. Installée par terre, il ne fallut pas longtemps au jeune homme pour la rejoindre. Un rire s’échappa de ses lèvres tandis qu’elle calait son dos contre le torse de l’Indien, qui avait décidé de la déconcentrer. A peine avait-elle posé la pointe du stylo sur la feuille vierge, que les lèvres de Devraj s’étaient déjà aventurées au creux de son cou sans jamais les toucher. Elle ferma ses paupières pour apprécier le souffle chaud de l’écrivain qui parcourait sa peau, tandis que son cœur se remettait à battre avec intensité dans sa poitrine. « Tu me déconcentres. » Arriva à articuler Padma un rire dans la voix, sans pour autant l’inciter à arrêter ce qu’il était en train de faire. Elle revint sur terre lorsqu’il prit la parole pour lui parler de sa mère, ce qui eut comme effet de la raidir. « Quoi ? » Demanda l’avocate pour s’assurer qu’elle avait bien compris la question. Elle se retourna légèrement pour lui lancer un regard, puis préféra rester dos à lui. Dans un soupir, elle se cala un peu plus contre lui en prenant soin d’obliger les bras de l’Indien à l’encercler. Elle ne laisserait pas sa mère gâcher ce précieux moment. « Pour tout te dire, je ne suis même pas sûre que ça lui ferait quelque chose aujourd’hui. » Elle remit le capuchon de son stylo en place et porta une des mains du jeune homme à ses lèvres pour y déposer un léger baiser, avant de la plaquer doucement sur son carnet à dessin, paume vers le haut. « Elle voulait seulement m’interdire de dessiner parce qu’elle voyait que c’était quelque chose que j’aimais faire. Ca a commencé tout de suite après l’enterrement, elle devait sûrement chercher un moyen de se défouler et je suppose que j’étais la meilleure cible. Pourquoi ça aurait été autrement de toute façon, je ne suis pas sa fille biologique et elle s’est bien chargée de me le rappeler à chaque fois qu’elle en avait l’occasion. » Elle laissa s’échapper un rire qui n’avait rien de drôle, mais qui montrait bien que malgré sa peine elle était arrivée à passer au-dessus de tout ça. Pendant qu’elle parlait, elle s’amusait à tracer dans la paume de l’Indien des dessins au capuchon de son stylo, comme si elle tenait à illustrer des moments de sa vie à l’encre invisible sur la peau de Devraj, pour rattraper toutes ces années de souffrance où elle aurait aimé avoir sa protection. Son corps se raidit lorsqu’il mentionna les étoiles et Cassiopée, mettant en suspend ses dessins pour la forcer à lever la tête vers l’endroit où il pointait dans le ciel. Et à nouveau elle fut envahit par cette douleur avec laquelle elle vivait, qui écarta un peu plus le trou béant qu’elle avait dans sa poitrine et que même la présence de Devraj ne suffit pas à combler pendant quelques secondes. Et après la tristesse vint celle colère d’un passé qui consumait son âme à petit feu et qui lui rappelait que les choses auraient pu se passer autrement. Les mots que l’Indien avaient employés faisaient écho à un discours qu’elle avait déjà entendu mais dont elle fut incapable de se souvenir lorsque le moment fut venue pour elle de retrouver son chemin vers son Inde natale, et vers lui. Même si elle aujourd’hui elle savait que de se souvenir le nom de cette étoile n’aurait rien changé, elle ne pouvait s’empêcher de nourrir une colère envers elle-même et envers les étoiles. Mais elle ne voulait pas laisser ce souvenir douloureux teinter le moment précieux qu’elle était en train de vivre. Et il était peut-être temps pour Padma de donner une nouvelle signification aux étoiles en les associant à sa nouvelle rencontre et à un bonheur qu’elle avait l’impression de toucher du bout des doigts. Et pour rendre cette sensation réelle, elle mêla ses doigts à ceux de l’écrivain qu’elle ramena près de son cœur, comme si ce simple geste suffirait à panser ses blessures. « Elle me ramènera à la maison. » Souffla la jeune femme pour terminer la phrase de Devraj, en faisant référence à lui, au creux de ses bras où elle se sentait chez elle. Chez eux.

Et à nouveau, elle retourna à une réalité violente, amortie par la présence de Devraj à ses côtés. « Accident de voiture. » Répondit Padma dont la voix s’était mise à trembler.  « Une autre voiture les a percuté et a prit la fuite. Ils ne sont pas morts sur le coup, mais plusieurs heures après à l’hôpital. » Ce souvenir lui arracha un frisson où elle revoyait clairement les couloirs de l’hôpital, où elle avait insisté vouloir s’y rendre pour les voir, sans se douter qu’il s’agirait de la dernière fois. « Tu as déjà perdu quelqu’un d’important ? » Demanda Padma, le regard tourné vers le vide sans se rendre compte de la question qu’elle venait de poser.


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Sujet: Re: Padma | La nuit des étoiles ( le Jeu 8 Nov 2018 - 10:30 )
Un air amusé sur le coin des lèvres, les yeux rieurs, Devraj acquiesce d’un signe de tête pour confirmer la dédicace. A chacune de ses promotions, il lui était aisé d’écrire quelques mots à l’adresse de ses lecteurs qui venaient exprès pour le voir. Selon les échanges, ça pouvait être des encouragements pour persévérer dans un domaine de prédilection, ou des remerciements, des mots réconfortants. Tout dépendait de la courte conversation qu’ils engageaient. C’est notamment parce qu’il s’intéressait à eux que les séances dépassaient sur les horaires initiales et si on le rappelait parfois à l’ordre, il s’en fichait bel et bien. Les signatures, il les faisait sans trop réfléchir. Les mots glissaient avec facilité sur le papier, mais il sait que ça lui sera un peu plus compliqué d’en écrire pour elle. Il y a tellement de choses qu’il aimerait lui écrire, lui dire… Devoir se contenter de quelques lignes pour exprimer sa reconnaissance et toute la joie qu’il éprouve en sa présence, c’est… peu. Il espère le lui faire comprendre face à elle. Depuis qu’elle est entrée dans sa vie, les choses lui semblent soudainement bien plus simples. Padma, c’est son évidence, la femme qu’il attendait, celle rêvée par son inconscient. C’est un aimant, lui le métal, attiré, emprisonné, avec l’incapacité de se défaire et il n’en a pas la moindre envie. Ils se connaissent à peine et pourtant, elle lui apporte bien plus que toutes les personnes qu’il a rencontrées jusqu’ici. Ca n’a rien de comparable. Le temps est suffisamment avancé pour qu’il ait envie de le rattraper, alors, il l’écoute avec attention, ne perd pas une miette de ce qui pourrait lui en apprendre davantage sur la belle personne qu’elle est. Ses anecdotes ne font qu’amplifier cette impression. N’importe qui lui dirait que c’est idéaliser, que ça arrive à tout le monde, et qu’après les premiers mois, ça s’estompe. Lui mettrait sa main à couper que les jours passés ne feront que renforcer ses ressentis, l’intensité de ce qu’elle provoque chez lui, lorsque ses prunelles se plongent dans les siennes. Elle fait naître une étincelle, une flamme qui n’existait pas aussi vivement et qui ne souhaite plus s’éteindre. L’indienne est la lumière, la passion et ça se ressent même dans sa profession. Un métier difficile dans lequel on ne peut pas toujours écouter nos propres opinions. Des avocats défendent parfois ceux qui les dégoûtent. Ils sont là pour garantir une bonne défense et si la victoire est pour le coupable, eh bien… C’est tellement injuste, mais n’est-ce pas là leur rôle ? « Tu as déjà pensé à exercer indépendamment ? Ta boîte actuelle te donne assez de ressources et d’expérience pour te faire un nom, mais peut-être as-tu seulement besoin de trouver tes repères ailleurs. » C’est l’homme libre qui parle, celui qui s’efforce de vivre sa vie comme bon lui semble. Un mode de vie qui, il le conçoit, ne convient pas à tous. Le manque de sécurité ne l’effraie pas, ça le grise.

« Oui, courageux. » répète-t-il, alors que son cœur se resserre en imaginant une petite fille un peu perdue, agir comme elle peut pour expliquer des choses importantes à sa petite sœur, la tenir à bout de bras. Elle n’avait que dix ans, était supposée se blottir dans les bras de sa mère pour se sentir un peu mieux, au lieu de quoi, elle a pris la place qui ne lui était pas destinée. Elle a fait preuve d’une sacrée force. Il se tait néanmoins, se contente d’un sourire chaleureux, qui se veut réconfortant, sans essayer de prolonger la discussion, comprenant à sa grimace qu’elle est dérangeante. Il préfère se focaliser sur cette touche d’humour, lié à son pseudonyme venant tout droit d’une série qu’il connait bien, mais pas assez pour se rappeler de ce détail. C’est toute sa personnalité, ses idées, son caractère qui l’attire. Au début, c’était un regard, à présent, c’est bien plus que ça encore. Indéfinissable. Et il est quasi certain que « ceux qui en valent la peine » se comptent sur les doigts d’une seule main, se plaît même à croire qu’elle n’en a rencontré que deux. Lui et un autre, pour la marge, pour éviter d’être présomptueux, ne pas se penser unique dans son monde, acceptant ses histoires passées, tant qu’il fait partie intégrante de son présent.  

Assis derrière elle, ses bras l’encerclant, Devraj arbore un large sourire à l’écoute de ce rire qui lui plaît tant. Pour l’entendre de nouveau, il continue sur sa lancée, soufflant à quelques reprises sur sa peau, pour finalement parsemer des petits baisers sur sa chair. Ce dessin, il a pourtant envie de le voir, mais ne peut se retenir de la toucher, comme si sa vie en dépendait, comme si c’était la seule occasion, profitant de chaque instant. De ses doigts, il caresse avec tendresse son ventre, sur le tissu, afin qu’elle se détende. Son interrogation est peut-être un peu trop délicate ; il comprend que s’attarder sur les parents de l’indienne n’est pas la meilleure idée qu’il ait eue, alors il se rattrape avec quelques caresses, là pour l’apaiser. C’est son baiser sur sa main qui le rassure. Padma fait preuve d’une tendresse et il en devient dépendant. « Tu as été adoptée ? » La réponse lui semble évidente, mais le comportement de cette femme qui a dû remplir un gros dossier de paperasse afin que Padma fasse partie de la famille lui échappe. Comment peut-on vouloir à tout prix un enfant et l’abandonner quelques années après ? D’une certaine manière, c’est ce qu’elle a fait en ne prenant pas soin de sa fille, n’écoutant ni ses besoins, ni ses désirs. Le malheur qui s’installe suite à un décès ne justifie pas certains actes. « Et toi, tu as continué de dessiner… Explique-moi. Pourquoi te cacher derrière un pseudo, alors qu’elle a souhaité très fort que tu le fasses plus ? Tu… » Courte hésitation. Devraj ne souhaite pas trop la bousculer, alors, pour atténuer ses mots, il embrasse sa tempe, puis sa joue. « Tu devrais penser à toi. Te dévoiler ne rime pas avec provocation, plutôt… Je dirais que ça pourrait te libérer. Ca mérite d’y songer. » Il ne la connait pas cette femme qui l’a éduquée, mais s’il pense que les histoires de chacun font la personnalité des gens et qu’il tombe littéralement sous le charme de celle qu’il tient dans ses bras, il pense également qu’elle n’aurait pas dû vivre ces épreuves seule. Rien que pour ça, il ne porte pas dans son cœur sa mère adoptive, se promet de faire ce qu’elle a manqué : prendre soin de son étoile.

Ses yeux rivés sur sa paume dans laquelle Padma dessine, le chatouillant au passage, se lèvent vers le ciel étoilé, vers la constellation qu’il trouve facilement. Certains se repèrent grâce à la grande ourse, mais lui, c’est Cassiopée. Elle a cette particularité qu’il n’arrive pas à justifier. La constellation a su le rassurer lors de ses affreux moments de doute, ses coups de blues et il souhaite le partager avec l’indienne, qu’elle comprenne que sa solitude n’existe plus. Sa main placée contre son cœur, Devraj sent le sien s’accélérer. « Oui. Il te suffira de la trouver pour ne plus être perdue. » Quelque part, où qu’il soit, il sera là, à ses côtés, pour la soutenir, la réconforter. Ce qu’il tente de faire en la sentant trembler. Il se libère d’une main qui se perd dans sa chevelure, la caressant avec tendresse, dégageant son visage de quelques mèches de cheveux et qu’il cale derrière son oreille. De ses doigts, il saisit son menton et l’incite à tourner la tête vers lui. Il se sent tellement mal pour elle, ressent toute sa détresse. Aucun mot ne serait assez fort pour effacer sa peine, mais il se risque à prononcer : « Je suis là pour toi. Avec toi. » Autrement dit, Padma peut poser sa tête sur son épaule, il fera tout ce qu’il pourra pour rendre son quotidien un peu plus léger. « Je… »  Après toutes ces confidences, se serait vexant qu’il ne lui offre pas des réponses également. Le problème, c’est qu’il n’en a aucune idée. « Je crois, oui. » Ce ne sont que des suppositions. Après avoir été recueilli par les Morea, sa vie a littéralement changé. Il s’est retrouvé entouré, avec une identité, un foyer et il n’en a pas été malheureux. L’amour que lui portent ses parents est sans équivoque. « J’ai dû perdre mes parents. Ou peut-être sont-ils encore vivants. Je n’en ai aucun souvenir. J’ai la mémoire qui flanche. Des souvenirs qui me manquent. » explique-t-il, le cœur serrée en pensant à son passé trouble. Il doit bien exister, mais impossible de poser le doigt dessus. Il a bien essayé de comprendre, de se chercher, mais le peu de détails qu’il a en sa possession n’a jamais suffit. « Mais je suppose que c’est le cas. J’ai souvent eu l’impression qu’il me manquait quelqu’un. » Incompréhensible. Difficile pour lui d’exprimer ses ressentis, étant lui-même un peu perdu dans ce qu’il éprouve. Sa certitude, c’est qu’il se sent bien mieux depuis qu’il l’a rencontrée.


Here, here in this heart it's cold, cold as stone. Must welcome these memories, as shallow as my eyes have slowly become. Hearts, frail heart left broken. Cold and known for its bitter agony. Times changed forever that night, leaving only empty memories. Empty memories won't heal the pain.
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Sujet: Re: Padma | La nuit des étoiles ( le Jeu 8 Nov 2018 - 18:46 )

« Ca m’a déjà effleuré l’esprit une fois ou deux, oui. Mais à chaque je me dis que ce n’est pas le bon moment. » Ou comment fournir une excuse bancale pour justifier ses peurs. Bien sûr qu’elle voulait quitter la boîte dans laquelle elle se trouvait et en réalité, elle n’a jamais voulu travaillé avec ces requins. La seule raison pour laquelle elle a accepté de travailler avec eux, était parce qu’elle avait besoin d’argent pour sortir de la situation dans laquelle elle se trouvant, refusant de déménager de chez sa mère tant qu’elle n’aurait pas amassé assez d’argent pour pouvoir embarquer sa petite sœur avec elle. Parfois elle se disait que c’était peut-être un petit prix à payer pour s’assurer du bien être de sa sœur, et qu’elle était tout simplement ingrate de ce qu’elle avait déjà. « Pour l’instant j’arrive encore à m’accrocher pour ne pas avoir envie de prendre mes jambes à mon cou. » Plaisanta Padma qui préférait se concentrer sur le moment qu’elle était en train de vivre plutôt que de ses soucis du quotidien. Un regard dans la direction de l’écrivain et une autre pensée lui effleura l’esprit, celle que plus aucun jour ne ressemblerait au précédent avec Devraj à ses côtés. Et elle qui n’aimait pas qu’on perturbe sa routine, était même plutôt excitée à l’idée de voir sa vie être chamboulée par l’arrivée de la personne qu’elle avait l’impression d’avoir attendue toute sa vie.

Assise par terre sous l’immensité du ciel dans les bras de celui qui avait su faire battre son cœur d’un seul regard, elle avait l’impression que les étoiles brillaient encore plus fortes pour bénir ce qu’ils étaient. Et qu’es-ce qu’ils étaient exactement ? Elle-même l’ignorait, mais elle avait la certitude que ce qu’ils représentaient l’un pour l’autre, et ce qu’ils deviendraient dans un futur proche ou éloigné, dépasserait l’entendement. Les sentiments déjà forts qu’elle ressentait à l’égard de l’Indien et qu’elle n’arrivait pas à justifier, au lieu de l’effrayer comme ça aurait dû être le cas en temps normal, la confortait dans l’idée qu’il était le bon. Il était celui avec lequel elle avait envie d’avancer, celui sur lequel elle avait envie de se reposer et surtout, celui qui mettrait enfin un terme à une vie de chasse au bonheur, parce que c’était lui, son bonheur. Silencieuse, un sourire qui lui étirait les lèvres, Padma avait abandonné toute tentative de dessiner. Elle avait envie de coucher sur papier l’instant magique qu’ils étaient en train de vivre tous les deux, mais son désir de profiter des lèvres de l’Indien contre sa peau était encore plus grand. Les yeux fermés, elle retint plusieurs soupirs provoqués par le simple souffle chaud du jeune homme qui parcourait son  cou de ses lèvres, y déposant quelques baisers ici et là pour laisser une trace de leur passage. Pour Padma, à chaque fois que ses lèvres joueuses entraient en contact avec sa peau, elle avait l’impression à la fois agréable mais étrange qu’il marquait son cœur au fer rouge comme étant le seul propriétaire de cet organe battant. Et elle était consentante pour s’abandonner à lui, ainsi que son cœur, son âme et toute sa vie s’il le lui demandait. Et c’était avec ce même sentiment d’allégresse provoqué par ces quelques caresses, qu’elle parla de sa mère dont même le souvenir douloureux d’une enfance  triste ne suffit pas à lui gâcher son bonheur. « Oui, quand j’avais trois ans. D’où mon arrivée à Naples. » Et dans la paume de main de Devraj, elle y dessina à l’encre invisible ce qui ressemblait à une Inde lointaine dont elle ne gardait presque aucun souvenir. Elle n’avait d’ailleurs pas envie de s’attarder sur le sujet et comme pour passer au chapitre suivant dans la main qui servait de support à l’avocate, elle y déposa un baiser avant de se remettre à dessiner une autre histoire en profitant des baisers que le jeune homme dépose contre elle. « Me dévoiler… il est peut-être là le blocage. » Elle soupira et s’arrêta de dessiner quelques instants, les yeux toujours rivé sur la paume vide de Devraj. « Prendre un pseudo me donnait l’impression d’être une autre personne qui menait une vie totalement différente de la mienne. C’était une façon de me protéger j’imagine. » En quelques sorte ça avait marché, elle pouvait dessiner en paix sans qu’on sache que c’était elle derrière ce pseudonyme, et pendant longtemps ça a été sa seule porte de sortie lorsqu’elle voulait fuir ses responsabilités au moins pendant quelques heures. Son cœur écorché vif n’avait pas été épargné au fil des années, mais elle savait qu’elle pouvait se raccrocher au dessin pour sortir de son quotidien douloureux.

Lorsqu’ils se perdirent la contemplation des étoiles, un sourire triste étira les lèvres de l’Indienne. Devraj n’en avait pas conscience, mais de se retrouver dans ses bras tandis qu’il la rassurait de sa présence auprès d’elle, était tout ce qu’elle avait toujours voulu entendre. Elle non plus n’en avait pas conscience avant ce moment précis. Elle avait souvent rêvé qu’un jour elle retournerait en Inde pour retrouver cet ami qu’elle avait laissé derrière elle, mais le temps s’était installé en même temps que la réalité, pour rendre ce rêve impossible et la plonger dans un quotidien douloureux et solitaire. Certes elle était entourée de proches, de sa sœur, de ses amis, mais ça avait été une solitude différente de celle des autres. De celles qu’on ne comprenait pas et qui ne faisait que s’intensifier au fil des années parce que même si la vie de Padma se remplissait de rencontres, son cœur restait vide. La place qui y était vacante restait toujours libre, et ça peu importe les gens qui entraient dans sa vie. Mais de cette douleur elle s’en était accommodée, appropriée, elle faisait partie intégrante de l’Indienne qui avait appris à vivre avec au point que parfois le soir, elle ne soit plus que sa seule amie. Pourtant aujourd’hui elle était portée par un sentiment nouveau, une envie inédite de se débarrasser de toute cette peine pour laisser enfin une chance au bonheur. A l’amour. Le menton levé dans la direction de l’écrivain, le voile de tristesse qui couvrait le regard de l’Indienne explosa en éclats dés le moment où Devraj la rassura de sa présence à ses côtés, encore une fois. « Je sais. » Se contenta de répondre Padma, qui se redressa en détachant son corps légèrement de celui du jeune homme, et fit ce qui lui semblait le plus évident. Elle pressa ses lèvres à nouveau contre celles de Devraj, et comme si elle les goûtait pour la première fois,  les mêmes frissons remontèrent le long de son dos et les mêmes picotements firent picoter le bout de ses doigts lorsqu’elle plongea une main dans la nuque de l’Indien. « Je pense que plus jamais ne serai perdue. » Souffla-t-elle contre les lèvres de Devraj. Il était sa boussole pour que plus jamais elle ne se perde en route, et le regard qu’elle posait sur lui le lui criait.

Même si l’évocation de l’accident de son père lui serra le cœur, la présence de Devraj à ses côtés réussit à apaiser un peu sa souffrance. Lorsque Padma posa sa question, elle sentit un silence s’installer entre eux, ce qui l’obligea à se tourner complètement pour faire face au jeune homme. Elle le voyait réfléchir et n’avait pas envie de perturber le fil de ses pensées en disant quoi que ce soit, alors pour le pousser à se livrer, elle lui prit une main qu’elle serra dans la sienne pour le rassurer de sa présence. Un sourcil levé, elle essayait de suivre le fil de ses paroles confuses, avant de se rendre compte que lui non plus n’arrivait pas à mettre de l’ordre dans ses propres pensées. Son cœur se souleva d’une bouffée d’affection pour cet homme aussi perdu qu’elle, si ce n’est plus. « Des souvenirs qui te manquent ? » Le regard triste à son tour, elle ressentait toute la tristesse du jeune homme, plus intense et quelque part, plus profonde que la sienne. Elle avait envie de la lui prendre pour décharger son cœur de la douleur qu’il devait ressentir à cause des incertitudes avec lesquelles il vivait. « Je suis désolée. » Souffla-t-elle. Désolée de quoi ? Elle n’en était pas sûre, peut-être de ne pas pouvoir le libérer de sa souffrance. Ou peut-être de ne pas avoir été là plus tôt dans sa vie pour éviter qu’il ne se sente seul. « Tu as été adopté, toi aussi !? » Osa-t-elle enfin dire, plus une affirmation qu’une question. « Tu as des problèmes de mémoire ? »  


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Sujet: Re: Padma | La nuit des étoiles ( le )
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