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- [Terminé] Leila | Et si on parlait ? -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Bord de la Tyrrhénienne :: Santa Lucia :: Port de Santa Lucia
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Dante GaleoneLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: [Terminé] Leila | Et si on parlait ? ( le Mar 6 Nov 2018 - 3:20 )
Oublie-moi. Ces mots résonnent en boucle dans sa tête, alors qu’il tente vainement de se concentrer sur les soins prodigués par l’infirmière de son père. Il aimerait être en mesure de pouvoir exécuter sa requête, tourner une page, conscient que celle qu’il est en train de vivre est bien trop douloureuse. Seulement, l’affection qu’il lui porte est bien trop immense pour se détourner d’elle. A travers sa lettre, Leila lui a fait comprendre que même s’il ne le désirait pas, il était en train de l’abandonner. Sa rage, sa colère, son dégoût impossible à cacher… Alors qu’il lui proposait de la hisser vers la lumière, son comportement l’a un peu plus tirée vers le bas et il s’en mord les doigts. Il craint que ses failles prennent le dessus et surtout, il appréhende qu’un jour, on vienne lui annoncer le pire. Une overdose est si vite arrivée. L’idée de la perdre l’effraie et en même temps, ne l’a-t-il pas déjà perdue ? Celle qu’il connait, qui l’a charmé en une fraction de secondes s’est envolée. Elle l’a laissée partir l’année 2015, là où un événement qu’il ignore s’est déroulé. Dante ne saisit pas tout et les éléments qu’elle lui donne tombent au compte-goutte. Frustrant. En y songeant, il lâche un soupir, agacé par toutes ses émotions contradictoires. Un vrai bordel qui ne trouve pas d’ordre.

Lorsque l’infirmière range son matériel, Dante s’approche de son père, écoutant les dernières recommandations de la professionnelle qui les laisse enfin seuls. Un sourire à l’adresse de l’homme qui lui a tout donné et une tendre poigne pour qu’il sache qu’il est là, qu’il le soutient. Une manière de le rassurer et de se réconforter lui-même. Il est certes en mauvaise santé, mais il est vivant. Il boit, mange, parle et il lui arrive souvent de rire. Dante le soupçonne d’agir avec légèreté pour ne pas l’inquiéter. Et ça marche, mais ce n’est pas suffisant. Il aimerait des résultats, des réponses aux nombreux courriers adressés à des chirurgiens réputés, à défaut d’avoir l’aide de celle qui s’est déplacée sur Naples et qui ne lui a finalement donné aucune nouvelle. « Dis… C’est loin, mais ça te parle, un accident de la route, en novembre 2015 ? » Leila lui avait lâché l’information, le soir où elle l’avait appelé à la rescousse. Il se rappelle de sa conduite, d’avoir roulé un peu trop vite à son goût – pas au sien – et de sa peur perceptible. Sur le moment, ça l’a peiné, mais il n’a pas cherché plus loin que ce qu’elle souhaitait bien lui donner, s’est même emporté en lui reprochant son silence. Alors, puisqu’elle n’a jamais eu l’intention de lui raconter son traumatisme, il joue les détectives, fait lui-même un travail de recherche, bien qu’il se doute que ce qu’il a à lui donner est bien pauvre. « Un accident de la route ? Novembre 2015 ? C’est loin mon garçon. J’ai une bonne mémoire, mais tu m’en demandes un peu trop. » Nerveux, il ronge l’ongle de son annulaire, culpabilisant encore de n’avoir pas été là plus tôt pour empêcher un drame d’arriver. « Tu devrais peut-être te rendre aux archives municipales. Ils gardent tout ce qui se passe en ville depuis des décennies. » Un sourire se glisse sur son visage, un brin amusé. « Il y a Internet Papa. » dit-il, en embrassant son front. « Repose-toi, maintenant. » Pressant sa main contre la sienne, Dante l’étreint de longues secondes, puis quitte la pièce pour se rendre dans le salon. L’ordinateur du bureau attire son attention et sans hésiter plus longtemps, il le monopolise, saisissant les mots clés qui lui semblent les plus percutants. « Accident voiture Naples – 10 novembre 2015 – Falco » Les premiers articles le ramènent à des accidents récents, puis le troisième lien vers un événement dramatique, relatant la mort accidentelle d’une mère et de son enfant. Son cœur rate un battement en tombant sur le prénom du rejeton. Ce même prénom qu’elle a soufflé plusieurs fois dans son cauchemar de cette nuit. Tout concorde. Et la voiture en face… Il en est à présent quasi certain. C’était elle. Leila.

Se rongeant les sangs, l'inquiétude s'installe à présent. Aussitôt, il se lève, saisit son téléphone portable et rédige un message à son adresse qu’il efface presque immédiatement. Avec ce qu’elle lui a annoncé dans sa lettre, elle ne lui répondra pas. Pourtant, il faut qu’il la voie, qu’il mette les deux pieds dans le plat, quitte à faire face à une Leila froide, sèche. Ce qui pourrait se comprendre ; cette nuit, dans ses bras, le pilote n'a pas eu une once de tendresse. Son regard évitait constamment le sien et avec le recul, il est presque sûr de l'avoir brutalisée avec ses gestes.

C’est comme ça que quinze minutes plus tard, il se retrouve en bas de chez elle, à sonner à l’interphone... Sans qu’on ne lui réponde. « Vous cherchez quelqu’un ? » L’une des voisines fume à sa fenêtre et le dévisage. Comme si cette dernière était son unique chance, il acquiesce d’un signe de tête en donnant le nom de celle qu’il recherche. « Vous me laissez entrer ? » « Ce n’est pas utile. Vous ne la trouverez pas ici. Elle est au bar du coin, comme d’habitude, en train de se saouler la gueule. » Sèche et dépitée, la quarantenaire ferme sa fenêtre et le laisse là, avec pour seule indication, un bar. Seulement, dans la rue, il y en a trois, même quatre. « Super les relations. » Ca se voit que Leila est appréciée. L’homme ne perd pas de temps et entre dans le premier pub, puis dans le second. C’est au troisième qu’il la trouve accoudée au comptoir. Il ignore depuis combien de temps elle est là, mais il compte bien l’en sortir. « Leila. » murmure-t-il, en posant sa main sur son bras. « Je sais. » Il saisit son menton entre ses doigts et l’oblige à tourner sa tête vers lui. « L’accident. Je suis au courant. » Elle n’a pas besoin de poser les mots sur ce qui s’est passé, même s’il ne connait pas encore tous les détails. « On devrait sortir d’ici, pour discuter ailleurs. » Le port est à quelques minutes d’ici. Il pourrait également les conduire à des kilomètres, hors de Naples, mais la voiture est la dernière option à laquelle il pense.


Je sens quelque chose qui ne se dit pas, dont j’ignore la cause. C’est dans tes sourires, un je-ne-sais-quoi qui s’arrête au bord du désir. Quelle est cette voix, qui nous entraîne à renoncer sans regarder l’un vers l’autre ? Si c’est un choix, il faut qu’on s’aime, sans se lasser pour se garder l’un et l’autre. L’un près de l’autre.


Dernière édition par Dante Galeone le Dim 11 Nov 2018 - 11:46, édité 1 fois
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Leila Mancini10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
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Sujet: Re: [Terminé] Leila | Et si on parlait ? ( le Mar 6 Nov 2018 - 22:32 )
« Je te le demande une dernière fois, t’étais où cette nuit-là ? » Leila soupire. Voilà bientôt trois jours que Francesco et elle ont cette discussion en boucle et trois jours que Leila reste là, prostrée sur son canapé l’âme en peine. Si d’ordinaire, son petit-ami ne s’inquiète pas de ses escapades nocturnes, il en est tout autrement de celle-ci pour la simple et bonne raison que tout d’abord elle a découché l’entièreté de la nuit mais aussi parce que, depuis, quelque chose est différent chez elle. Quelque chose d’encore plus sombre est apparu. « Bon tu sais quoi, j’en ai ras le bol. » Francesco quitte alors le salon sous le regard le plus indifférent de l’Italienne. Ce n’est que lorsqu’elle le revoit apparaître avec des valises que cela attire finalement son attention. « Qu’est-ce que tu fais ? » Encore un voyage d’affaire inopiné ? Francesco ne se contente de toute façon que de n’apparaître que ponctuellement, à la manière d’un fantôme, depuis des mois. « Je m’en vais. » La phrase prononcée fait douloureusement écho dans son cœur. Le fait est qu’il l’a prononcé avec la même détermination qu’elle a pu l’écrire sur un bout de papier, il y a quelques jours. « Quoi ? Tu t’en vas ? Non. » Sans crier gare, Leila se lève et se met en travers de sa route, croisant ses bras sur sa poitrine. Francesco, étrangement, elle l’a toujours tenu pour acquis malgré leur couple qui se détruit un peu plus depuis maintenant des mois et des mois. L’idée de le voir prendre la porte et de ne plus revenir lui est insupportable. Non pas que – et c’est triste à dire – elle éprouve encore quelques sentiments pour l’homme en face d’elle mais cela s’avère être la goutte qui fait déborder le vase. Le départ de trop, après celui qu’elle s’est contrainte à faire et qui l’a brisé. « J’sais pas qui s’est mais, visiblement, il sait t’atteindre comme je n’ai jamais réussi à le faire depuis deux ans. J’abandonne, je n’en peux plus. » Son petit-ami pose un regard empli de tristesse à Leila, qui le lui rend. A la simple différence que, comme à son habitude, il est aussi teinté de colère. « Non j’t’interdis. Tu restes, putain, tu restes ! » Parce qu’elle ne veut pas se sentir seule avec ses idées noires. Parce que, trop mal en point, elle préfère égoïstement une relation malheureuse que l’absence de relation tout court. Si Francesco s’en va, qui pourra l’aimer après ça ? « Tu regrettes ? » Question piège d’un homme trompé qui cherche des excuses pour continuer à s’accrocher. Par amour, peut-être, par orgueil, surement. Francesco refuse de s’avouer qu’il a perdu quasiment cinq ans avec une femme qui n’en valait pas la peine, qui n’a jamais partagé l’attachement qu’il ressentait initialement pour elle. Pour autant, Leila, non, ne regrette pas. Ou plutôt si, mais pas pour les raisons qu’il aimerait entendre. « Et toi, t’as regretté d’avoir couché avec ta pétasse d’assistante il y a un an ? » Alors, acculée, le pitbull mord pour se défendre, comme d’habitude. Le fait est que, oui, Francesco a regretté, et c’est peut-être une des raisons pour laquelle il se retrouve encore là à ses côtés, malgré l’horreur qu’est devenue le partage de son quotidien. Aussi pour ne pas perdre la face, peut-être. Leila a toujours été bonne actrice en public. « Je continuerais à assurer le loyer quelques mois, le temps de te retourner. » Quel gentleman. Pff, quel connard, surtout. « Non je t’interdis tu m’entends ! J’t’interdis ! S’il te plaît ! AHHHHHH ! » Aucune complainte de la part de Leila n’empêche Francesco de franchir la porte d’entrée alors que Leila part dans une colère noire. Ne pouvant se contenir, la jeune femme renverse plusieurs pièces du mobilier, dans un état second, avec l’étrange sensation que le monde est en train de s’écrouler sous ses pieds.

C’est après quelques secondes à observer son appartement désert et silencieux qu’elle se décide à quitter en trombe sa maison, claquant la porte avec violence. « Vous ne pourriez pas un peu la fermer, oui ! » Les plaintes de sa voisine d’à côté reste sans réponse alors que Leila fonce dans la rue en même temps qu’elle enfile sa veste en cuir, errant au hasard avant que les lumières d’un bar n’attire finalement son attention. Elle file alors vers le comptoir, commande un Bloody Mary qu’elle avale à une vitesse folle. Mais ce dernier ne reste pas vide si longtemps. « De la part du type au fond de la salle. » Le type en question n’a le droit qu’à un sourire teinté d’ironie comme seul remerciement avant que Leila ne reprenne sa place face au comptoir, se perdant un instant dans le fil de ses pensées. Son esprit se dirige alors directement vers l’homme, vers lui, qui ne la quitte pas depuis des jours et dont l’idée de fuir sa solitude ce soir a pour seul but de l’oublier. Mais il faut croire qu’elle n’y parvient pas, malgré ses efforts, au point qu’elle croirait même entendre la voix si familière de Dante dans sa tête. Il lui faut alors un contact physique, un vrai, pour se rendre que tout ceci n’est pas le fruit de son imagination. Il est là. Il est là et il sait. L’évocation de l’accident lui provoque un rictus douloureux, alors que l’idée de savoir son passé transparent la détruit encore un peu plus de l’intérieur. Maintenant, Dante est au courant. Maintenant, il sait qu’elle est à l’origine de la mort de deux êtres innocents, dont celui d’un enfant de sept ans. « Discuter ? Discuter de quoi ? Je croyais avoir été suffisamment claire dans ma lettre, Dante. » Pour la première fois depuis deux ans, par ce petit bout de papier, Leila a su ne pas se montrer égoïste. Le laisser tomber, lui, une des rares choses qui semblaient la faire se sentir vivante encore, pour ne pas l’attirer dans les sombres sphères de son comportement. Alors que fait-il, ici, putain ? Que n’a-t-il pas compris, cette tête de nœud ? « Vas-t-en. Barres-toi. Je ne sais pas pourquoi tu te sens obligé mais pas la peine de te la jouer grand seigneur. Je n’ai pas besoin d’être sauvée. » Ou plutôt n’a-t-elle plus l’envie. A quoi bon puisqu’il ne la regardera plus jamais comme avant ? Cette seule idée suffit à lui resserrer le cœur. « Maintenant, tu permets, mais j’aimerais passer une bonne soirée. » Lance-t-elle alors qu’elle tend de manière plus engageante son verre en direction de l’inconnu. Un pauvre type dans un bar, voilà tout ce qu’elle mérite.


Dante & Leila

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Sujet: Re: [Terminé] Leila | Et si on parlait ? ( le Jeu 8 Nov 2018 - 1:57 )
« Ta lettre. » répète-t-il, en se remémorant chaque mot inscrit sur la feuille de papier retrouvée au petit matin. Une surprise à laquelle il ne s’attendait pas, en se tournant vers l’oreiller voisin, vide et qui l’avait remué jusqu’à aujourd’hui. Comment lui en vouloir d’être partie après un tel moment ? Dante n’y a pas été de main morte. Lui qui l’aime tellement, ne l’a pas respectée, en a fait quasiment un objet, avec pour unique but de la retenir, mais sa manière d’agir était loin d’être la bonne. Il le sait, qu’il a mal agi. A force de la voir comme une junkie ne pouvant se passer de sa dose, il a fini par la détester au point de manquer d’attention. L’image qu’il a d’elle s’est dégradée en si peu de temps. Pour autant, est-ce une raison suffisante pour baisser les bras et écouter celle avec qui il a vécu des instants forts ? A-t-il vraiment le droit de se détourner d’elle, comme elle souhaite qu’il le fasse, sous prétexte qu’entre eux, il n’y a plus rien à sauver ? C’est probablement la seule certitude qu’il ait, mais ça ne change rien : Leila passe par des moments difficiles et bien qu’elle ne souhaite pas l’admettre, a besoin qu’on la hisse vers le haut. Alors il ravale sa fierté, son orgueil mal placé et les mots durs qui allaient sortir de sa bouche pour souffler : « Je ne peux pas. Au nom de tout ce qui nous lie, je ne peux pas te laisser t’enfoncer. » C’est impossible. Pas à cause de la culpabilité qui pourrait s’installer, parce qu’il ne s’agit pas d’une histoire de conscience… Mais bien parce qu’il est très attaché à elle et la voir se détruire de la sorte le blesse. Il entend bien qu’elle désire rester dans sa misère, qu’elle pense mériter l’obscurité qui gouverne son univers, mais il n’est pas prêt à lui donner gain de cause. Rien n’est perdu. Il garde un petit espoir que les choses s’arrangent, que son quotidien devienne moins morose et pour y arriver, il est déterminé à prendre sur lui pour l’épauler du mieux qu’il peut. « Je ne suis pas en mesure de t’effacer de ma vie. » reprend-il, en saisissant son verre qu’il place sur le comptoir, l’éloignant volontairement d’elle. Ses doigts attrapent avec fermeté son menton, l’obligeant à le regarder, une nouvelle fois. « Depuis le début, tu me repousses, tu te comportes comme la pire des garces. Dans quel but ? Tu vois bien que je reviens toujours. » Parfois avec un brin de rancœur en plus, ou de la déception, ou alors de la peine, comme à l’instant. Un cocktail Molotov indéfinissable, qui prend de l’ampleur au fil des rencontres, mais qu’il tente de calmer afin d’éviter une explosion. « Tu as besoin de moi. Tu me dis le contraire, mais tu sais que j’ai raison. Tu as besoin de moi. » Avec une tendresse qu’il ne lui a pas adressé depuis longtemps, Dante laisse ses doigts se perdre dans sa chevelure et son pouce s’appuyer sur sa joue. « Ce qui s’est passé… C’est horrible. Et tu as le droit de t’en vouloir, de souffrir, mais ça, ce que tu fais… Te détruire de la sorte. Tu ne peux pas t’infliger ça. » Il a conscience que ses mots seront peut-être insuffisants, mais il tente tout de même. S’il n’essaie pas de la raisonner, qui le fera ? Dante fait un pas vers elle, puis murmure : « Tu ne voulais pas ce qui s’est passé. Cet accident, ce n’était pas volontaire. Tu n’es pas une mauvaise diablesse. » Ou seulement avec ceux qui l’entourent, mais ça, ça se justifie. Leila se sent tellement mal dans sa peau qu’elle rejette toutes les mains levées vers elle, au point qu’elles se baissent de lassitude. Mais la sienne, elle tient toujours et elle est là, posée sur sa joue, tandis que l’autre remonte sur sa cuisse et s’arrête sur sa taille. « Et tu es en droit de souffrir, mais je ne peux pas te laisser comme ça. C’est l’homme qui tient à toi qui parle. » Pas celui qui pose des yeux dégoûtés sur ses bras marqués. « Te montrer sèche et désagréable, c’est de l’énergie que tu dépenses pour rien. » Il pose soudainement son attention sur le type qu’elle a observé quelques minutes plus tôt, lui lançant un regard noir qui veut dire « laisse tomber », avant de reposer ses yeux sur elle. « Je te veux du bien, Leila. Et toutes les horreurs que tu me diras n’y changeront rien. » Elle réussira à enfoncer le couteau dans la plaie, à l’agacer, sans doute, mais il est décidé à ne pas s’en aller.


Je sens quelque chose qui ne se dit pas, dont j’ignore la cause. C’est dans tes sourires, un je-ne-sais-quoi qui s’arrête au bord du désir. Quelle est cette voix, qui nous entraîne à renoncer sans regarder l’un vers l’autre ? Si c’est un choix, il faut qu’on s’aime, sans se lasser pour se garder l’un et l’autre. L’un près de l’autre.
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Leila Mancini10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
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Sujet: Re: [Terminé] Leila | Et si on parlait ? ( le Jeu 8 Nov 2018 - 23:45 )
Leila doit bien avouer qu’elle ne comprend pas très bien le comportement de Dante. Elle n’arrive pas à saisir comment elle a pu faire face en l’espace de trois jours à l’homme qui a posé un regard si méprisant sur elle à celui qui est là aujourd’hui et qui semble prêt à lui apporter une attention particulière. Au milieu de ce chamboulement, l’état d’esprit de Leila lui reste inflexible : vindicateur, colérique, comme toujours. Le fait est qu’elle a voulu baisser sa garde cette nuit-là, qu’elle a fait demi-tour, mais que ce qu’elle a récolté en échange de ses efforts lui a brisé le peu de bonne volonté qui lui restait. L’image que Dante lui a renvoyé ce jour-là, par son comportement, par ses gestes, n’a fait que la conforter dans l’image qu’elle peut avoir d’elle-même : celle d’une ratée, au fond du gouffre, et qu’on ne peut parvenir à sauver. Alors que fait-il là, à vouloir s’acharner, si ce n’est pour se donner bonne conscience et se dire qu’il a tout tenté ? Dante devrait avoir compris pourtant, depuis le temps, qu’elle n’est rien d’autre qu’une cause perdue. « Ce qui nous lie ? Vraiment ? Laisse-moi rire. » Ce qui les lie a volé en éclat depuis bien trop longtemps déjà et elle est consciente d’être l’unique responsable. D’ailleurs, elle s’en voudra sans doute toute sa vie pour ça. De tous ses abandons dans sa descente aux enfers, celui-là est sans doute le plus douloureux, avec celui de sa famille. « Il va bien falloir pourtant que tu le fasses. De toute façon, quelque part, c’est déjà fait. J’l’ai juste accepté plus vite que toi, c’est tout. » Mais Dante finira par s’en rendre compte à son tour, elle en est certaine. A ce moment-là, il reprendra le cours de sa vie et, honnêtement, c’est tout ce qu’elle peut lui souhaiter. Rôder dans ses parages n’amène à rien de bon et c’est aussi pour ça qu’elle a décidé de s’éloigner, pour ne pas détruire un peu plus le Dante qu’elle a connu et aimé. En faisant ça, elle se montre raisonnable, ne pense pas à ses propres besoins, mais l’aviateur semble vouloir gâcher ses efforts. Pour une fois qu’elle veut faire les choses comme il faut, parce que ce n’est pas n’importe qui, parce que c’est lui, c’est encore plus frustrant pour l’Italienne de ne pas se retrouver récompensée. « Je n’ai… » besoin de personne. C’est ce que Leila s’apprêtait à dire mais sa phrase se perd devant l’élan de tendresse soudain de Dante. Sans vraiment se contrôler, l’Italienne se fige, circonspecte. Bien sûr que ce geste ne la rend pas indifférente, pour la simple et bonne raison qu’il est réalisé par l’homme qu’elle aime et dont elle a bien du mal à se détacher, malgré ses bonnes résolutions. Mais quelque part, au fond de son cœur, Leila ne peut s’empêcher de se dire qu’il est fait pour des mauvaises raisons : uniquement dans le but de la convaincre d’arrêter de se détruire, de s’enfermer dans sa spirale infernale. Là où une part d’elle, une minuscule part d’elle, persiste à vouloir qu’il n’existe que par réel envie. Alors elle se reprend, tente de reprendre contenance, même si elle ne se résout pas à rompre le contact pour autant. Cette tendresse, même fausse, elle s’en imprègne. « Je n’ai besoin de personne, j’arrête quand je veux. La preuve, j’ai rien pris depuis trois jours. » Parce qu’elle était encore bien trop sous le choc de ce qui s’était passé, du choix qu’elle avait fait, du nouveau tournant sombre qu’avait pris sa vie. Ces trois derniers jours, Leila les a passé dans son canapé, le regard dans le vide, sans plus rien ressentir. Pas même le besoin d’une dose. « Tu ne sais RIEN de ce qui s’est passé. » Son corps se tend à l’évocation de l’accident, son regard se noircit. L’intervention de Dante part peut-être d’une bonne intention mais elle a le malheur de la ramener à ses cauchemars. Des images plus affreuses les unes que les autres se bousculent dans sa tête au point qu’une furieuse sensation de nausée lui tord la poitrine. Mais au lieu de saisir le message et de s’arrêter là, le pilote de l’air persiste et signe. « Arrête ça. Tout de suite.Tu parles comme Francesco. » Et c’est loin d’être un compliment dans sa bouche. Son ton est d’ailleurs hargneux, sifflant alors que, se refermant comme une huître, Leila repousse finalement les mains du jeune homme de son corps. Elle n’a pas envie d’en apprendre davantage, tout ce qu’elle veut, c’est partir loin d’ici et ne plus jamais reparler de tout ça. « Mais moi, j’ai besoin de souffrir. Et je t’emmerde. » Alors elle montre ses griffes, de nouveau, même si Dante pense que c’est de l’énergie balancée dans le vent. Leila a besoin de ça, d’extérioriser, parce qu’elle commence à être plus que lassée que tout le monde lui dise quoi faire, quoi penser, comment réagir là où elle voudrait simplement qu’on la laisse à son désespoir. « Et toutes les belles paroles que tu peux me dire ne changeront rien à ma décision. » Celle de ne plus le voir, d’affronter ses ténèbres toute seule, pour mieux s’y complaire. « Sérieusement tu crois quoi ? Tu as sûrement lu un pauvre article de journal ou un truc du genre à la con et tu penses tout savoir, c’est ça ? Mais t’étais pas là, Dante. C’est MOI qui étais derrière le volant. C’est MOI qui ai tué cette mère et son gamin. » Voilà la vérité dure, froide, implacable. Que ça ait été volontaire ou non, qu’elle ne soit pas en faute en réalité dans l’histoire, ça ne change rien. Elle vit là où deux personnes ont péri. « C’est MOI aussi qui ai dû faire face à leurs corps à la morgue. Au visage pâle et froid d’un gamin de sept ans. Mon rôle à moi, c’était de les aider à grandir, putain ! » Pas de les mettre dans un sac mortuaire. Furieuse, sentant la hargne lui monter au nez comme jamais, Leila se lève de son siège et se sait de son sac d’une manière brusque. « Et vous êtes tous là, avec vos belles paroles, à me dire que je n’y suis pour rien et que je dois reprendre le cours de ma vie, comme si de rien n’était ! Mais le fait est que c’est moi qui aurais dû mourir ce soir-là. » Elle le pense, sérieusement. Quelque part, de toute façon, comme elle l’a écrit dans sa lettre, c’est ce qui lui est arrivé. Une part d’elle est morte ce soir-là. « Mademoiselle, il vous embête ? » L’inconnu de tout à l’heure lui fait rater sa sortie théâtrale, se pointant sans qu’elle ne l’ai vu venir. Les yeux noircis de colère, Leila se tourne vers lui. « Et sinon, vous ne pourriez pas vous mêler de vos oignons ? » Pas question pour elle de passer par quatre chemins. Son comportement est tellement à l’opposé de celui incitatif de tout à l’heure que le pauvre bougre ne doit rien y comprendre. « Mais c’est vrai quoi, qu’est-ce que vous avez tous à vouloir me faire chier, aujourd’hui ! » Francesco, Dante, et finalement ce mec qui ferait mieux de se mêler de ses affaires. Qu’on lui lâche la grappe.


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Sujet: Re: [Terminé] Leila | Et si on parlait ? ( le Sam 10 Nov 2018 - 22:13 )
« Ah oui ? Parce que pour toi, il n’y a plus rien ? » Vexé, il se renfrogne, ne dissimulant pas une petite moue. Sa mâchoire se crispe aux souvenirs qui lui reviennent en mémoire, qu’ils ont en commun et qu’elle ne semble pas vouloir prendre en compte. Pourtant, ils ont bien existé. Cette complicité également. Il ne peut pas croire que les événements difficiles par lesquels elle passe en ce moment, la pousse à les balayer en un claquement de doigts. Lui, en tout cas, il est dans l’incapacité de prétendre que plus rien ne les relie tous les deux. Même pas à cause de sa dépendance pour la drogue. Evidemment que ça a brisé quelque chose, mais ce serait mentir que de nier que ça ne le blesse pas, que tirer un trait sur leur « romance » ne lui est pas pénible. Apparemment, ça l’est bien moins pour Leila qui affirme s’être fait une raison. Sans doute a-t-elle eu plus de temps de se l’admettre que lui qui est dans une phase où il accuse le coup. Mais ce n’est pas le plus important. Ce qui l’est, c’est cet état dans lequel elle se trouve, qui l’enfonce vers le bas et dans lequel elle se complait, ne laissant l’occasion à personne de la sortir de là. C’est plus facile que d’avancer et c’est pour lui incompréhensible. Toute son adolescence, il s’est battu pour ne pas sombrer dans l’obscurité, s’est démené pour être celui qu’il souhaitait devenir, en passant parfois par des fausses notes, mais rien de grave. Sa mauvaise estime pour celle qui l’a élevé – ou qui a fait semblant – l’a vacciné, l’a poussé à choisir un chemin différent, une voie bien plus sereine. Dante ne souhaitait pas être minable. Et il est vrai que c’est le regard qu’il a posé sur elle, lorsqu’il a fait face à son addiction. Difficile pour lui de voir Leila autrement que comme une femme misérable, dans un état lamentable. Maintenant qu’il en sait davantage, il continue de croire que ça ne les sauvera pas eux, que tout est fichu. Elle a raison de le penser, il n’en démordra pas. Pourtant, il est convaincu qu’ils peuvent être autre chose que deux amants, parce qu’il ne se voit pas lui fermer la porte définitivement, l’abandonner. C’est ce qu’il essaie de lui montrer en se rapprochant d’elle, gardant sa main chaude sur sa joue. « Vraiment ? » Irrité par une telle assurance, Dante fronce ses sourcils. Lui, il sait que c’est faux, qu’elle se ment. « Tu arrêtes quand tu veux ? C’est pour ça que tu étais à deux doigts d’aller t’en chercher une la dernière fois ? C’est l’attitude d’une personne sachant se contenir, ça, tu crois ? » Elle en a besoin et elle replongera si elle ne se fait pas aider. C’est la seule certitude qu’il a. Il ne croit pas en elle, en sa capacité à choisir les moments où elle se fera plaisir. C’est son besoin qui décide pour elle. « Parce que tu ne m’en parles pas ! Je me contente du peu d’informations que je peux obtenir à travers les archives. Me le reprocher, je trouve ça d’un gonflé. » Si elle ne le tenait pas à l’écart, il comprendrait mieux, ou essaierait. Tout ce qu’il a, ce sont des articles de journaux relatant les faits, sans trop s’y attarder. Ses ressentis, en effet, il n’en a aucune véritable idée, si ce n’est ce qu’il voit là, il ne peut pas vraiment savoir ce qui se déroule dans sa tête et tant qu’elle gardera le silence, ça n’évoluera pas. « Quel beau compliment de ta part. » crache-t-il, avec véhémence. Francesco. Ce type qu’il ne porte pas dans son cœur et qui semble avoir baissé les bras depuis longtemps. « Tu sais, je le comprends. » Et même s’il lui en veut de ne pas avoir joué son rôle de petit ami, il sait pourquoi il a baissé les bras. Cette situation dans laquelle ils sont enfermés tous les deux, ce qu’elle lui fait vivre au quotidien, c’est terrible. « Ce que tu fais subir à ton entourage… Ca, encore… Mais que tu les abandonnes, en leur fermant la porte au nez, en te montrant odieuse… » Ce qu’elle est. Les sales caractères, oui, ça ne le dérange pas, au contraire, mais des paroles à la limite de politesse, à chacune de leur entrevue, ça l’épuise. « Et tout ça pour quelle raison ? Pour les éloigner ? C’est ton but, n’est-ce pas ? Ca marche. Vraiment, Leila, ça fonctionne à la perfection. » C’est simple, quand elle se comporte comme ça, il aurait presque envie de l’étrangler. Son corps se tend, ses bras tombent le long de son corps. « Tu me reproches quoi là ? D’essayer de t’aider, de te bousculer un peu en te disant clairement que je suis au courant de ta situation pour te pousser à t’ouvrir ? Ou de ne pas avoir été là, dans la même voiture, pour savoir ce que tu ressens exactement ? Histoire que je sache de quoi je parle ? » Certes, il n’était pas là, et ce qu’elle ressent à l’instant, il ne le saura sans doute jamais, mais encore une fois, il ne veut qu’apprendre auprès d’elle, qu’elle lui explique son mal-être plutôt que de se refermer comme une huître. Alors qu’elle se lève brusquement, il fait un pas vers elle, s’apprête à reprendre la parole, lorsqu’on les interrompt. Aussitôt, son regard se rembrunit, son visage se ferme, tandis que le client s’improvise sauveur et qu’elle rabroue. A-t-elle vraiment l’air de celle en mauvaise posture face à un homme un peu trop insistant ? De quoi se mêle-t-il ? Sa main se pose alors sur son bras, l’oblige à se tourner vers lui. « Tu es d’une délicatesse. » ironise-t-il, alors qu’il la soulève soudainement pour la porter comme un sac à patates sur son épaule. Parce qu’il perd patience. Parce qu’il en a assez. Parce qu’elle l’agace au plus haut point. « Tais-toi. » lâche-t-il, en poussant la porte du bar, sans savoir exactement ce qu’il compte faire. « Tu peux être malheureuse, t’en vouloir… Mais tu ne devais pas mourir. C’était un accident. Un accident Leila, un accident. » répète-t-il, convaincu que même trois fois ne suffisent pas. Il passe sa main libre sur son visage, dépité, se sentant réellement dans une impasse. Elle le fatigue. Véritablement. Il est au bord de la crise de nerfs, ne sait plus où il va. Si son attachement pour Leila lui crie de résister, la raison le ramène à la réalité : elle ne s’en sortira pas. Ca fait bien longtemps qu’il n’a plus aucun impact sur elle. Pourtant, ce qui le pousse à la reposer par terre, à poser sa main sur sa taille et à la plaquer contre le mur est un espoir qui voile ses yeux et qui disparaît presque aussitôt la question posée : « Est-ce que tu m’aimes ? » Son cœur se resserre, tandis que dans un souffle douloureux, il murmure : « C’est insuffisant, n’est-ce pas ? Les pas que je m’efforce de faire vers toi, c’est insuffisant. T’auras toujours quelque chose à redire. » Il pose sa main sur le mur derrière elle, puis quitte sa chair en plantant ses yeux dans les siens. « Je suis fatigué. J’aimerais sincèrement pouvoir te venir en aide. Sincèrement, Leila, je fais ce que je peux. » Mais l’expérience le pousse à croire que c’est de l’énergie dépensée pour rien. « Tu le vois pas tout ça. Tu vois pas qu’il y a encore quelqu’un qui tient suffisamment à toi, pour mettre de côté tous ses a priori, le temps de tendre une main. Tu es tellement butée. » Orgueilleuse, aimerait-il ajouter, avant de reprendre : « Dis-moi que ton choix est fait. J’ai besoin de te l’entendre dire. » Pour que ça percute, réellement, pour arrêter de se mentir, lui aussi.


Je sens quelque chose qui ne se dit pas, dont j’ignore la cause. C’est dans tes sourires, un je-ne-sais-quoi qui s’arrête au bord du désir. Quelle est cette voix, qui nous entraîne à renoncer sans regarder l’un vers l’autre ? Si c’est un choix, il faut qu’on s’aime, sans se lasser pour se garder l’un et l’autre. L’un près de l’autre.
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Sujet: Re: [Terminé] Leila | Et si on parlait ? ( le Dim 11 Nov 2018 - 1:10 )
Elle n’irait pas jusqu’à dire qu’il n’y a plus rien, simplement que tout est abîmé. Leur relation si extraordinaire, hors du commun, qu'elle racontait à ses copines avec des étoiles plein les yeux quand elle avait à peine dix-sept ans, a peu à peu glissé dans l'ombre de ses démons. Leila a conscience qu’elle est la seule responsable mais le fait est qu’elle ne voit pas comment elle pourrait faire machine arrière à cet instant précis. Le subtil mélange de tristesse et de colère qui bouillonne à l’intérieur d’elle la ronge depuis tellement longtemps qu'elle n'arrive pas à passer outre, à voir autre chose autour d'elle. Un instant pourtant, quand Dante est revenu en ville, elle a cru pouvoir redevenir l'ancienne Leila, celle pleine de vie et flamboyante, mais la chute a été d’autant plus brutale quand son secret a été découvert. Le changement soudain dans le regard de l'aviateur n'a fait que la ramener à sa piètre condition, la renvoyant à la rage qu'elle avait contenu l'espace de quelques semaines. Tout ce cocktail molotov lui a finalement explosé en pleine figure et là voilà qui se montre de plus en plus agressive à chacune de leur entrevue, brisant les limites du supportable. Leila, elle ne se contrôle plus et ne semble plus voir aucune issue à cette prison qu'elle s'est elle-même construite. Plus maintenant. « Et je dois te rappeler que j'ai fait finalement demi-tour ce soir-là ? Si ce n'est pas la preuve que je me contiens quand je veux ! » Mais c'est peut-être ça le problème. Quand elle veut. Aujourd’hui, Leila n'en a plus envie. L’élan de culpabilité cette nuit-là ne l’avait amené qu’à une révélation encore plus douloureuse. Celle que l’homme qu’elle aime ne la respecte plus du tout. Comme tous les autres, d’ailleurs, à commencer par Francesco, dont le prénom revient soudainement sur le tapis. « Tu le comprends ? Tu le comprends. Tu comprends son discours à vomir et la manière dont il a repris sa vie, s'est mis à refaire la fête comme si de rien n'était ? Tu trouves ça normal ? » Parce qu'elle, non. Le bruit des rires lui ait littéralement devenu insupportable après l'accident. Francesco n’a eu de cesse de lui répéter que sa réaction à l’incident n’est que trop extrême, qu’elle ne devrait pas se mettre dans un état pareil. Mais un enfant est mort. Un enfant. Innocent, jeune. Personne ne devrait se remettre d’une telle chose. Voir ses proches passer au-dessus de ce tragique évènement, alors que sa vie à elle semblait s'être arrêtée ce soir-là, lui est alors devenu de plus en plus dur à accepter au point qu'elle a fait le ménage dans sa vie, trouvant le moindre prétexte à les haïr et à leur en vouloir. S’isoler, un besoin nécessaire mais aussi une manière de se puni de ce qu'elle a fait et qu'elle ne parvient toujours pas à se faire pardonner. « T’as tout compris : c’est mon but. Alors qu’est-ce que tu fais encore là, bordel ? Quand est-ce que tu lâcheras prise ? » Comme tous les autres. Même sa mère a fini par cesser de l’appeler, même si elle sait qu’elle se débrouille pour prendre des nouvelles de temps en temps via Frederico, son oncle. La seule personne de sa famille avec laquelle elle ne s’est pas brouillée, pour la simple et bonne raison que c’est la seule personne qui ne s’est pas permis de la juger. « Je ne te souhaiterais jamais d’avoir été dans la voiture avec moi, ce soir-là. Ce que je te reproche c’est de parler comme si tu savais ce que c'était de causer la mort d'une femme et de son enfant ! Tout le monde n'arrête pas de vouloir se mettre à ma place mais le fait est que vous ne pourrez jamais ! Pour la simple et bonne raison que vous n'êtes pas des meurtriers. » Et qu'il n'y a rien de plus terrible que d'ôter la vie, même de manière involontaire. Tous les mots qu'elle pourrait poser dessus ou qu'elle pourrait entendre ne seront jamais à la hauteur de ce qu'elle ressent tout au fond d'elle. Cette sensation de gâchis, de douleur, de vide absolu. Personne ne semble vouloir le comprendre, le prendre à sa juste mesure. Ou alors peut-être que Dante essaie mais qu’elle est trop bornée pour s’en apercevoir. Elle ne sait plus très bien. « Non mais ça va pas ! » Soudainement décollée du sol, Leila se retrouve bientôt en dehors du bar sans pouvoir rien y faire, bien impuissante face à la musculature prononcée de son kidnappeur. Mais toujours prête à en découdre malgré qu’elle se retrouve dans une position des plus inconfortables. « Si ça aurait dû être moi ! Plutôt que ce gamin, ça aurait dû être moi ! Ca aurait été plus simple ! Je ne ferais pas souffrir mes proches, comme tu l’as dit ! Je ne ressentirais plus ce trou au fond du cœur ! Et Falco aurait pu grandir, draguer des filles, faire ses premières expériences. Ca aurait dû être moi. » Le cœur aux bords des lèvres, empêchant ses larmes de monter, Leila n’en démord pas. Ce qui la décontenance, en revanche, c’est ce qui suis ensuite, cette question qu’elle ne s’attendait pas à l’entendre prononcer à voix haute, encore moins dans ces conditions. Si elle l’aime ? La réponse lui semble pourtant évidente. Si elle est partie après leur dernière nuit, c’est justement à cause de ça. Parce qu’elle l’aime. Parce qu’elle ne pouvait pas supporter de le voir changer petit à petit, parce qu’elle s’était rendue compte de tout le mal que cette histoire provoquait en lui. Sa manière de le rejeter catégoriquement, au-delà d’une énième manière de se punir, c’est aussi une manière de le protéger. Plus que de ne pas voir les pas qu’il fait vers lui, elle s’efforce plutôt de ne pas les prendre en compte, de ne pas y céder. Terrifiée de décevoir ses attentes au-delà de ce qu’il en est déjà. Ses démons sont trop lourds. « Ca n’a rien à voir avec si je t’aime ou pas. » Alors elle préfère ne pas s’exprimer, évoquer ses sentiments bien réél à voix haute. Vu les circonstances, ça lui paraît trop douloureux à dire et à entendre. « Ce choix, je l’ai fait à un moment où tu étais sortie de ma vie. Et aujourd’hui… aujourd’hui je suis juste trop abîmée. Je voudrais te dire que non, mais je peux pas. » Elle n’arrive pas à voir de porte de sortie, à se sentir prête à se battre. Et elle sent bien que, par son lâcher prise, elle est peut-être en train de le décevoir une fois de trop. De le faire baisser les bras, à son tour, comme les autres l’ont fait avant lui. « J’suis néfaste. Pour tous les gens qui m’entourent. Pour toi, alors que tu es la dernière personne que je veux voir souffrir. » Même si ça ne se voit pas, par son comportement, ses insultes régulières. Mais cette question survenue sur la présence ou non de ses sentiments, la détresse qu’elle lit à présent dans ses yeux, semblent avoir brisé un petit peu de la carapace qu’elle s’est construite. Mais pas suffisamment. « Vas-y. Pars. Je suis sérieuse. » Parce qu’il ne peut rien faire pour elle. Ce n’est pas que ses efforts sont insuffisants, c’est simplement qu’elle refuse de les accepter. Pour elle, c’est trop tard.


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Sujet: Re: [Terminé] Leila | Et si on parlait ? ( le Dim 11 Nov 2018 - 11:46 )
D’un geste de la main, il balaye sa réparti d’un air agacé, n’en croyant pas un mot. Si ce soir-là, elle a fait demi-tour, c’est uniquement parce qu’elle s’est raccrochée à lui. La dépendance est bien plus hostile et dangereuse que ce qu’elle essaie de lui faire croire. Leila peut avancer ces arguments à qui elle veut, mais lui n’en tient pas compte. « Qu’est-ce que tu crois Leila ? Qu’il faut s’arrêter de vivre, parce que d’autres vies s’éteignent ? » C’est brutal et sans doute n’est-ce pas un discours empli d’empathie, mais c’est bien la réalité. Etre malheureux, peiner à faire son deuil, souffrir, il le comprend tout à fait, mais il ne cautionne pas ce gouffre dans lequel elle s’est elle-même enfoncer, parce qu’elle ne s’autorisait pas à remonter la pente. Elle a décidé de son sort, aussi cruel soit-il, quand d’autres préfèrent se raccrocher à tout ce qu’ils peuvent, à ceux qui les entoure. A ce que la vie peut offrir. Qui est-elle pour le leur reprocher ? « C’est lui qui a raison. Et ce n’est pas parce qu’il s’amuse, qu’il rit, qu’il n’a aucune pensée pour ceux qui ne sont plus de ce monde. » S’il trouve ça normal ? Oui. Francesco ne s’est pas laissé abattre. Ca ne fait pas de lui un sans cœur, mais quelqu’un qui souhaite profiter pleinement des jours qui défilent, plutôt que de fermer les volets de son appartement en restant dans le noir, les bras entourant ses jambes. Se morfondre des années entières n’a jamais rien réglé. « Au fond, tu lui en veux parce qu’il a réussi à se relever et toi pas. Tu lui en veux de trouver de la joie dans les petites choses de la vie, là où toi, tu trouves que tout est morose et insipide. C’est incompréhensible tu crois, de vouloir vivre ? » Parce qu’il s’agit de ça tout compte fait. Se lever le matin et saisir les bonnes occasions qui se présentent, voir le verre à moitié plein, plutôt qu’à moitié vide, sourire lorsque le soleil pointe le bout de son nez. Son compagnon est en droit de le faire. Vivre. « Non. Quand est-ce que j’ai affirmé ça ? Ce que tu me reproches, c’est d’essayer de vouloir t’aider à te relever, de tenter de te raisonner. » Il ne le comprendra jamais, n’était pas là lorsque ça s’est déroulé, il en a conscience. Il n’essaie même pas de se mettre à sa place ; il déclare qu’un tel événement est terrible. Inutile d’être un meurtrier pour le penser.

Une telle souffrance et rage explosent en elle qu’il ignore comment se comporter, quoi dire sans que ses tentatives vaines de la tirer vers le haut soient des échecs cuisants. Sa façon de lui parler n’aide en rien. Impossible de tenir sa langue sans être excédé par ce qu’elle avance. Elle ne s’est jamais pardonnée de ce drame et le résultat est là aujourd’hui : un cauchemar éveillé. « Bien sûr que ça à tout à voir. Aujourd’hui, je te demande de me laisser la possibilité de te sortir de tout ça. Je te demande de prendre la main que je tends. Tout ça, si tu ne le fais pas pour toi, je te demande de le faire pour moi. » Si à l’instant T, tout semble être gris, il est convaincu que ça pourrait s’arranger, mais son espoir s’amenuise au fil de ses propos. Ce choix, Leila ne le fera jamais. « Ce n’est pas que tu ne peux pas, c’est que tu n’en as pas envie. » Ce sont deux choses différentes. Parce qu’elle pourrait, mais sa volonté est moindre. Dante baisse un instant les yeux sur le sol et se mord la joue en prenant conscience que son énergie est dépensée pour quelqu’un qui épuise ses réserves sans que ce soit utile. Il laisse un rire nerveux s’échapper, tandis qu’il se recule d’un pas. Il glisse sa main sur son visage, puis sur son cou, entrouvre la bouche, prêt à insister une nouvelle fois, pour finalement se raviser au dernier moment. « C’est toi qui te rends néfaste, parce qu’en réalité, tu es l’une des plus belles personnes qu’il m’ait été donné de rencontrer. » Constatant que tout ce qu’il pourra ajouté ne servira à rien, il recule d’un nouveau pas. « Au revoir Leila. » murmure-t-il enfin. Ca ne sonne pas comme un simple au revoir. Là, à cet instant précis où il se détourne d’elle, ça résonne comme un Adieu. Peut-être avait-il simplement besoin de comprendre que son choix, ce n’était pas lui, pour se dire qu’il serait peut-être temps de tourner une page, même s'il a l'impression de l'abandonner. Se battre pour quelqu'un qui ne le souhaite pas, c'est comme attendre la pluie dans un temps de sécheresse.

Fin du sujet


Je sens quelque chose qui ne se dit pas, dont j’ignore la cause. C’est dans tes sourires, un je-ne-sais-quoi qui s’arrête au bord du désir. Quelle est cette voix, qui nous entraîne à renoncer sans regarder l’un vers l’autre ? Si c’est un choix, il faut qu’on s’aime, sans se lasser pour se garder l’un et l’autre. L’un près de l’autre.
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