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- {terminé] Time passes but feelings stay [BAN-RYU] -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Bord de la Tyrrhénienne
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Elio BenucciBon pour te remonter le moral
Elio Benucci
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Sujet: {terminé] Time passes but feelings stay [BAN-RYU] ( le Jeu 8 Nov 2018 - 22:11 )

À la minute même où Elio a appris qu’un enfant allait arriver dans son quotidien, il décida de prendre sa vie en main. Si Agatha volait maintenant de ses propres ailes, quelqu’un d’autre allait bientôt avoir besoin de lui. C’est pour cette raison qu’il chercha un nouveau travail. Les horaires de nuit dans un bar pas toujours bien famé n’était pas un endroit pour un jeune père. Non, Elio voulait un environnement parfait pour la chair de sa chair. Il voulait un bel appartement, de l’argent pour le gâter et tout l’amour qu’un père peut apporter à un enfant. En somme, tout ce qu’il lui avait manqué durant sa jeunesse. Le bébé n’était pas encore de ce monde mais il tournait déjà la vie du jeune Benucci sans dessus-dessous. Peut-être qu’au final il avait besoin de ça. Lui qui avait dit il y a quelques années qu’il ne voudrait pas d’enfant, qu’il vivrait seul dans un appartement miteux comme un vieil ours. Le voilà maintenant à changer ses objectifs pour donner à son fils la meilleure vie possible. Était-ce cela être parent ? Mettre son bonheur derrière pour combler celui d’un être encore plus important ? Probablement. Et c’était la preuve que son propre géniteur n’avait pas tenu son rôle. Mais le cœur d’un enfant est rempli de pardon, prêt à se faire briser encore et encore, attendant juste un peu de fierté en retour.

Depuis qu’Elio avait commencé son nouveau poste pour l’entreprise Clarizio, il s’investissait nettement plus pour son travail. Il avait l’impression d’être bien plus utile qu’à verser des pintes aux personnes venant noyer leur spleen. Non, le jeune Bennuci avait assez donné au bar. De plus, depuis le départ de son meilleur ami, Elio avait du mal à y mettre les pieds. Il regardait toujours la banquette en cuir d’une façon toute nouvelle, oubliant parfois une commande ou laissant la bière déborder d’une pinte. Il n’était plus totalement lui-même et quitter cet endroit lui avait fait le plus grand bien. D’autant plus qu’avec son nouveau travail venait un appartement qu’il n’aurait jamais pu se payer lui-même : l’endroit rêvé pour élever un petit garçon.

Grâce à sa paye, il avait même pu inscrire Charlie dans une école privée. C’était sa première année et même si Elio avait déjà vu la professeure une fois pour parler de son fils, il ne pouvait jamais aller le chercher à la sortie des classes. Ses horaires ne lui permettaient pas, et une nounou se chargeait d’aller le chercher pour le déposer dans le lobby de l’entreprise. Le temps qu’ils reviennent, Elio rangeait tout et ils pouvaient monter dans leur appartement. Mais aujourd’hui c’était différent, le concierge pouvait partir 1h plus tôt et c’est avec joie qu’il se prépara pour aller chercher son fils. Les Benucci avaient une vie simple, mais le père ne changerait rien s’il le pouvait. Encore en costard, il traversa la rue et marcha une bonne quinzaine de minutes pour arriver à l’établissement scolaire. Sans étonnement, il était le premier, faut dire qu’il était parti largement en avance. Mais rapidement les parents arrivèrent et les portes s’ouvrirent. Elio s’avança jusqu’à la salle de son fils, au fond du couloir. « Papaaaaaaaaaaaa ! » Le visage de Charlie se dessina parmi toutes les têtes blondes. Il courut dans les bras de son père qui s’était accroupi pour le réceptionner. « Tu as quitté le travail plus tôt pour venir me chercher aujourd’hui ?! » L’enfant était l’un des plus excité de la classe et Elio n’avait d’yeux que pour lui. Il lui embrassa les cheveux avant d’attraper son petit sac « Oui, j’me suis dis que ça te ferait plaisir. Comme ça on peut passer à la pâtisserie en rentrant. On pourra même y prendre un chocolat chaud, ça te plairait ? » Un énorme sourire apparaît sur le visage du petit bouclé avant de se concentrer pour remonter la fermeture de son blouson. Elio s’approche un peu « Laisses-moi t’aider poussin » Habilement il ferma le vêtement « Voilà, tout chaud comme ça ». Charlie hocha la tête avant d’attraper la main de son père. « Regarde papa, c’est ma copine ! Elle pourra venir jouer à la maison un samedi ? » Elio posa les yeux sur la petite camarade de son fils « Il faut voir ça avec sa maman ou son papa chaton » Il sourit d’ailleurs à la petite fille « Tu attends ta maman ? Tu veux qu’on attende avec toi ? » Celle-ci le regarda avant de pointer du doigt un homme qui s’approchait « Il est là mon papa » Elio tourna la tête et perdit son sourire. Il se redressa et avala difficilement sa salive. LUI. De tous les parents sur cette planète, il fallait que ça tombe sur LUI. Le jeune père n’avait pas prévu ça, il avait l’impression de faire un bon 10 ans en arrière. Il savait exactement combien de temps ça faisait oui, il était passé par toutes les phases pour s’enlever CE visage de la tête.


Dernière édition par Elio Benucci le Jeu 29 Nov 2018 - 14:26, édité 1 fois
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Ban-Ryu KimVous vous bonifiez avec l'âge... ou pas
Ban-Ryu Kim
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Sujet: Re: {terminé] Time passes but feelings stay [BAN-RYU] ( le Sam 17 Nov 2018 - 20:58 )
« Sur ce, messieurs, ma fille m’attends et je ne saurais la faire attendre. » Ban-Ryu ferma son ordinateur, se leva : mettant fin à cette réunion qui avait commencé il y a maintenant cinq heures.

Une fois les employés salués, il retourna rapidement dans son bureau pour attraper sa veste et son attaché-case. Un rapide coup d’œil à sa montre l’informa qu’avec un peu de chance il arriverait à temps. Empruntant les escaliers pour ne pas perdre une seule seconde, il descendit les cinq étages à une allure respectable. Ban-Ryu n’avait pas le temps pour grand chose, mais il ne faisait jamais l’impasse sur les exercices physiques. Pour le bien-être de ses employés et de son entourage : cela était nécessaire. Les années n’avaient pas terni le feu ardent qui faisait rage en son sein. Une maladie que sa fille ne semblait pas encore avoir attrapée : tout du moins il espérait. Mei devait hériter de sa mère. C’était ce qu’ils avaient prévu avant qu’elle ne lui soit arrachée. Son alliance trônait encore à son annulaire : il avait été incapable de l’enlever et cela ne serait pas prêt de changer. Il avait l’impression de l’avoir à ses côtés comme ça, elle qui ne l’a pas abandonné même en sachant ses penchants pour les hommes. Bien que Ryu ne l’ait jamais trompé physiquement : mentalement il s’était imaginé plusieurs fois avec Elio au lieu de la belle ; allant même jusqu’à prononcer son prénom un jour par inadvertance. Un travers qu’elle lui avait pardonné, comme tant d’autres vices. Parce qu’elle était une femme exceptionnelle, la seule pour lui. Il savait que jamais il ne pourrait aimer une autre dame. Jamais. Une part de lui était mort cette terrible nuit où on lui a arraché Hwa-Young. Il n’avait jamais été aussi calme et bienveillant de sa vie qu’à ses côtés : probablement car contrairement à Elio ils vivaient ensemble.
Montant dans sa voiture, il s’attacha et fit tourner machinalement l’anneau en soupirant longuement. Quotidiennement, il accordait un peu de temps à sa défunte femme en pensant à elle et priant pour qu’elle soit heureuse en compagnie de ses ancêtres. Cela fait, il démarra et prit la direction de l’école. La plupart des parents étaient déjà arrivés quand Ryu se gara sur le parking. Les mains dans les poches, il suivit les pères et les mères pour rentrer dans l’école et venir chercher Mei.

Sa démarche régulière, sure, Ban-Ryu ne regardait pas les autres marmots : seule sa fille comptait à ses yeux. Elle était la prunelle de ses yeux, sa fierté. Il n’avait jamais eu de père alors il mettait un point d’honneur à être un exemple pour elle. Jamais il ne l’abandonnerait, jamais il ne laisserait quelque chose lui arriver. Il n’avait pas pu protéger Hwa-Young, mais il saurait protéger Mee Yung. Évidemment, il reconnut immédiatement Elio. Il pourrait le retrouver entre mille personnes, mais son visage n’exprima pas la tornade de sentiments que sa présence réveillait. Il s’approcha du petit groupe et inclina sa tête pour saluer le père et son fils.

« Elio, cela faisait longtemps. » Il passa tendrement sa main dans les cheveux de sa fille. « Je vois que Mei s’est déjà trouvé un ami. » La petite fille hocha la tête et dans un italien maladroit répondit : « Charlie a promis de m’aider à parler mieux. » Ban-Ryu sourit et regarda le petit garçon : « Merci jeune homme. » Le concerné bomba le torse : « Il n’y a pas de quoi m’sieur. » L’asiatique souriait : vrai qu’il était le portrait craché de son père. Il porta d’ailleurs son attention sur le géniteur : « Je pense qu’on n’a pas besoin de se présenter hein ? » Mei fronça les sourcils et demanda en coréen pourquoi ; ce à quoi il répondit dans la même langue sans quitter le regard d’Elio : « Parce qu’on se connaît depuis l’enfance. » La petite fille est surprise, mais elle avait appris à se mêler des histoires qui la regardait et laisser en paix ce qui ne la concernait pas. « Appa, est-ce que Charlie peut venir ce week-end à la maison ? » Elle faisait des efforts pour parler italien, même si cela était maladroit. « Si Elio veut bien, il n’y a pas de soucis pour moi. » Les deux enfants sautèrent de joie à cette annonce. « Pourquoi vous n’iriez pas jouer dehors un peu ? Le temps qu’on parle tous les deux hm ? »
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Sujet: Re: {terminé] Time passes but feelings stay [BAN-RYU] ( le Sam 17 Nov 2018 - 22:22 )
Longtemps. C’est ce mot qui résonna dans la tête d’Elio. C’était étrange oui, le concept du temps était brouillé quand il s’agissait de Ban-Ryu. Trop longtemps pour en souffrir, pas assez pour oublier ses traits. Traits que le jeune père ne manqua pas de détailler, dans un geste qui se voulait pourtant discret. Était-il en train de rêver ? Ryu se trouvait-il vraiment en face de lui ? Après toutes ses tentatives pour ne pas le croiser, les soirées à éteindre son portable pour s’empêcher de répondre à ses textos annonçant son retour, il le retrouvait à l’école de son fils. Comme quoi, la vie s’acharne sur lui, quoi qu’il fasse pour tenter de déjouer le sort. Alors il se contente de rendre un léger signe de tête, laissant les enfants parler. C’est une bonne distraction ça, les laisser discuter pour ensuite partir le plus vite possible sans se retourner. Mais non, Ryu continue de lui parler avant de changer de langue pour converser avec sa fille. N’ayant aucune notion en Coréen, Elio n’avait pas la moindre idée de ce qu’ils pouvaient dire, mais il ne s’y attarda pas.

Et alors que la petite fille demanda la permission d’inviter Charlie, le brun chercha une excuse pour refuser. Un diner chez une grande tante, un week-end en famille, n’importe quoi pour éviter d’y aller. Mais le bonheur de son fils l’arrêta, n’ayant pas le courage d’enlever le sourire sur le visage de l’enfant. Il appellerait plus tard pour annuler, c’était lâche mais il avait déjà fait bien pire. Quand Ban-Ryu proposa aux enfants d’aller jouer, Charlie se tourna vers son père. « Je peux papa ? S’il te plaît ? ». Elio tendit la main pour reprendre le cartable de son fils « On pourra quand même aller à la pâtisserie prendre un chocolat après ? » Le père hocha la tête en étirant un sourire « Oui t'en fait pas. Ce ne sera pas long de toute manière » Charlie lui rendit son sourire, avant d’attraper la main de son amie pour aller jouer dehors. Peu à l’aise, Elio s’avança vers la porte fenêtre pour avoir une vue sur les enfants. Il n’avait pas encore dit un mot à Ryu, tentant de jouer la carte de l’homme à qui ces retrouvailles ne faisaient ni chaud ni froid. Mais l’asiatique le connaît bien, il doit savoir que le silence ne cache qu’une chose chez Elio : le mal-être et surtout la tristesse. Parce qu’ils ont grandis ensembles et il y a rarement eu des jours où l’Italien ne parlaient pas pour rien dire, simplement pour combler le vide ou faire rire son ami.

Trop expressif, Elio ne sait pas cacher ses émotions. Et il y en a des dizaines qui se bousculent dans sa tête, qui l’empêchent de réfléchir tellement ça le perturbe. « Agata est en étude de médecine » Tout est trop prévisible. Parler de sa sœur, surtout pas de lui, surtout pas d’eux. De ce qu’il y avait, ce qu’il y a eu et ce qu’il n’y aura plus. « Elle va bien. J'crois même qu'elle voit quelqu'un, j'suis pas sûr » Les phrases sont courtes, assez pour ne pas se démonter en les prononçant. Des questions il en a mille, dix mille même. Mais Elio n’est pas capable de les poser. Encore moins d’entendre les réponses. Pourquoi Ryu a arrêté d’appeler ? Pourquoi il s’est plongé dans le travail alors qu’il lui avait promis de répondre à chacun de ses appels ? Et pourquoi Elio en a eu le cœur déchiré ? Pourquoi il avait été incapable de l’oublier, lui et cette fichue nuit qui avait rendu le brun tant de fois malade. Non, il ne pouvait pas dire ça. Parce que ça prouverait que ça lui importait encore et c’était bien trop dangereux.

« Il ne viendra pas samedi » Autant le dire tout de suite, il l’expliquerait plus tard à son fils. Pour se faire pardonner il l’emmènera n’importe où dans cette ville, lui achètera un nouveau vélo ou des bonbons. Son fils avait d’autres amis qu’il pouvait voir en week-end, puis Agatha passait beaucoup de temps avec eux aussi. Elio détourna le regard des enfants quelques secondes et  ne pu s’empêcher de froncer les sourcils en repérant la bague trônant fièrement au doigt de son ancien ami. Douloureux rappel, il se souvenait encore du soir où sa sœur lui avait annoncé la nouvelle. Ryu allait avoir un enfant quelques mois après son mariage. C’est d’ailleurs peu après qu’Elio avait avoué son attirance pour les hommes, sachant que les sentiments de trahison, de jalousie et de peine qu’il ressentait ne pouvaient être que de l’amour envers Ryu. Le jeune père laissa d’ailleurs son regard traîner un peu trop longtemps sur des doigts qui l’avait touché et qui avaient laissé un vide depuis. « Tu salueras ta famille pour moi » Frère et grand-mère, sa femme n’était pas inclue dans la tête d’Elio « J’dois y aller. Charlie a un cours de …» Légère hésitation qui indiqua probablement son futur mensonge « Natation »
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Ban-Ryu KimVous vous bonifiez avec l'âge... ou pas
Ban-Ryu Kim
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Sujet: Re: {terminé] Time passes but feelings stay [BAN-RYU] ( le Mer 21 Nov 2018 - 23:25 )
La situation était cocasse quand on connaissait les deux protagonistes, quand on savait la nature de l’eau qui avait coulé sous leur pont. Ban-Ryu n’avait pas arrêté de penser à cette seule et unique nuit où il avait montré à Elio des plaisirs que son père pensait contre-nature. Cela l’avait hanté toutes ces années, dix ans… Ce n’est pas grand chose quand chaque année, chaque mois, chaque semaine, chaque jour, chaque heure, chaque minute, chaque seconde n’est qu’un espoir de plus de le revoir bientôt. Pourtant, il ne pouvait mentir et trahir les sentiments qu’il avait ressentit et ressentait encore pour sa femme. Cela serait injuste et un piètre mensonge. Elio lui avait manqué, mais il avait vécu de belles années avec Hwa-Young. Bouddha devait rire en cet instant de la situation cocasse dans lequel il avait mis Ban-Ryu. Il avait fallu que Mei soit amie avec le fils d’Elio. Quel beau bazar il avait causé. Pour changer. Le businessman ne manquerait pas d’aller au temple et de demander la raison de cette punition. Pire encore, voilà que sa fille lui demanda si Charlie pouvait venir chez eux. Évidemment qu’il allait dire oui, Ban-Ryu était assez intelligent pour ne pas laisser le passer entraver une possible amitié. Il n’avait pas vu Mei sourire et rire de cette façon depuis si longtemps… Il était hors de questions qu’elle s’arrête en si bon chemin. Elle n’était encore qu’une enfant et il avait tout fait pour lui épargner de grandir trop vite. A la réflexion d’Elio, le Coréen soupira longuement : se retenant de ne pas commencer ces retrouvailles sur une mauvaise note. Il le laissa s’éloigner pour regarder les deux âmes innocentes jouer ensemble dehors. Les mains dans les poches, Ban-Ryu s’approcha à son tour de la porte-fenêtre. Pas besoin de parler, il pouvait entendre la tempête dans le cœur d’Elio. Un orage qui faisait écho au sien mais qu’il scella en redressant son menton. Cacher ses émotions… Cela était devenu un don pour lui ces dernières années.

Certaines choses n’étaient pas faites pour changer.
Elio n’avait pas changé, bientôt, il brisa le silence. Il n’avait jamais supporté ce dernier entre eux et ce depuis les premiers jours.
Certaines choses ne changeraient jamais.
Ban-Ryu n’avait pas changé, il le laissa parler. Il avait toujours supporté la douceur d’un silence et ce depuis les premiers jours de sa vie.

« Je sais. » Commença-t-il en prenant une longue inspiration : « Je sais même qui elle voit. » Son regard toujours ancré dehors, il n’avait pas besoin de regarder Elio pour sentir son énergie. « Et je sais que tu es en couple avec une charmante demoiselle. Vous avez l’air heureux. C’est le principal. »

Avait-il partagé son lit avec d’autres hommes que lui ? Ban-Ryu ne le saurait probablement jamais. Lui avait tenu sa parole, mais ce n’était probablement pas le moment de parler de ce genre de choses. Pas ici tout du moins. De toute façon, Elio ne lui laissa pas l’occasion d’en placer une autre. Le voilà à prendre des décisions. Cela fait sourire Ryu. Il sortit sa main gauche de sa poche pour la passer sur son menton : faisant mine de réfléchir avant de la remettre à sa place. En attendant la fausse excuse de son ami : il se mit à rire.

« Oh Elio, Elio, Elio… » Il baissa sa tête et continua de ricaner. « Tu n’as pas appris à mentir en dix ans. C’est moche. » Souffla-t-il plus pour lui-même que pour son ami. « Mei et Charlie ne doivent pas être les victimes de choses qui ne les concernent pas. » Il se tourna vers lui : plongeant sans mal son regard dans le sien : « Depuis que Mei à perdu sa mère : je ne l’ai jamais vu aussi heureuse. Si Charlie ne vient pas Samedi : tu devras lui annoncer toi-même. Je ne serais pas celui qui brise son cœur. Il en est hors de question. » L’homme d’affaires fit un pas en avant, son sourcil arqué, il savait que son ami mentait. « Je sais pourquoi tu veux partir, pourquoi tu aimerais que nos enfants ne se côtoient pas, mais nous sommes les adultes, nous devons montrer l’exemple et mettre nos différents de côté tu ne crois pas ? » Il perdit toute trace de sourire sur son visage : « Tu ne penses pas que je souffre aussi de te voir ? Que c’est comme ça que j’avais imaginé nos retrouvailles ? » Ban-Ryu avala sa salive : « Il n’y a pas une journée qui s’est passée sans que je pense à toi. Alors ta rancune, garde la pour toi ok ? On sait tous les deux pourquoi j’ai fait un pas en arrière, pourquoi je t’ai laissé partir. » Il prit une longue inspiration : « Tu n’as pas idée de ce que ça m’a coûté de ne plus t’appeler, de ne plus entendre ta voix. » Il mordit férocement sa lèvre inférieure pour ne pas craquer, pour ne pas en dire plus et se dévoiler. « Mais je ne mettrais pas des entraves à une possible amitié entre Charlie et Mei. »

La petite fille rentra à ce moment, essoufflée : les joues rouges mais le sourire jusqu’aux oreilles. Charlie sur ses talons, les deux rigolèrent en terminant de jouer à ce qui semblait être le jeu du chat et de la souris. Ban-Ryu attrapa sa fille dans ses bras :

« Rentrons, jeungjohalmeoni nous attends. » La petite fille fit de grands signes à Charlie : « A demain. » Ryu sourit en voyant Charlie tenter de répondre en coréen. « Bonne soirée. » Se contenta-t-il de dire à Elio : « Bon cours de natation Charlie. » Puis il partit sans se retourner en écoutant la prunelle de ses yeux lui raconter sa journée.
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Sujet: Re: {terminé] Time passes but feelings stay [BAN-RYU] ( le )
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