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- [Terminé] Leila | Et après l'overdose ? -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Le Coeur de Naples :: Hôpital de Pellegrini
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Dante GaleoneLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: [Terminé] Leila | Et après l'overdose ? ( le Dim 11 Nov - 14:10 )
Epaule appuyée contre l’encadrement de la porte, Dante observe depuis quelques minutes son ex-petite amie aller et venir vers sa valise qu’elle remplie de ses affaires. Ca fait quatre jours qu’elle est là et sa présence lui a procuré beaucoup de bien, mais son départ lui resserre le cœur. Etre seul, durant une période aussi difficile ne l’enchante guère. Et c’est égoïste de sa part de penser qu’elle pourrait prolonger son séjour ici plutôt que rentrer à Rome, mais il tente. S’il ne le fait pas, il le regrettera amèrement, alors la main plongée dans la poche de son jeans, il s’avance et pose ses doigts sur la valise bientôt pleine. « Tu ne veux pas rester ? » C’est la seule femme avec qui il est resté aussi longtemps et à ce jour, les remords qui s’installent ne sont plus ceux de ne pas avoir réussi à sauver Leila, mais ceux de ne pas avoir compris plus tôt qu’une relation comme il l’avait avec l’hôtesse de l’air était bien plus stable et apaisante. Il a fichu en l’air une histoire de deux ans, qui tenait la route, pour quelqu’un qui se complait dans son malheur. Quelqu’un qui a fait le choix de la destruction, plutôt que lui. Y penser ne serait-ce qu’une seconde lui fait monter les larmes aux yeux qu’il tente de chasser d’un battement de cils. « Dante, je- » Au moment où le refus atteint le bout de ses lèvres, la blonde s’arrête net. Les larmes qu’il tente de contenir sont si douloureuses qu’elles roulent le long de ses joues, sans qu’il puisse les en empêcher. La dernière fois, c’était avec Tina et maintenant, il a l’impression de ne plus pouvoir les arrêter. Natalina tend une main vers son bras, puis réduit la distance, glisse sa main jusqu’à sa nuque et le prend dans ses bras. Il entoure les siens autour de sa silhouette, plonge son visage au creux de son cou. « Je t’en prie. Ne me laisse pas. » murmure-t-il, dans un sanglot étouffé. Il sent son cœur brisé en mille morceaux, meurtri par les désillusions et le désespoir qui prend peu à peu possession de lui. Même s’il n’a de cesse de se raccrocher à ce qu’il peut, il a conscience de ne pas être surhumain. Alors, à travers cette requête désespérée, il demande un soutien, une aide d’une personne qu’il estime beaucoup et qu’il commence à regretter de plus en plus. Parce qu’avec elle, son monde semblait bien plus beau, bien plus simple. Natalina prend son visage entre ses mains, dépose un baiser sur sa joue, effleure celle-ci avec le bout de son nez et presse avec tendresse ses lèvres contre les siennes. Pour le réconforter, lui retirer toute cette sensation de solitude qui le pèse, plus que pour refonder des espoirs sur une relation qui n’a aucun avenir. Il ne veut pas lui faire du mal, la respectant énormément, mais pourtant, fragilisé par les événements, ne la repousse pas. « Je vais rester quelques jours supplémentaires et toi… Toi tu devrais prendre des congés. » Ca ne le réussit pas, de piloter alors qu’il en a plein le cœur et même si ça l’aide à se changer les idées, ses préoccupations sont trop intenses pour prendre le moindre risque. Peut-être a-t-il besoin de se retrouver un peu, de se reposer, voir ses amis et profiter de sa présence rassurante qu’elle lui offre pour deux ou trois jours en plus. Ca représente beaucoup. « Tu sais quoi ? Ce soir, à mon retour, on sort dans un pub qui fait karaoké. Genny en connaît un bon, elle va se joindre à nous. Et on va sortir Vito aussi, ce fainéant ! » Inutile de convier Irène et Manfredi, ces deux derniers ne sont pas sur Naples en ce moment, mais à l’autre bout du monde. Un faible sourire se dessine sur le coin de ses lèvres, tandis qu’il embrasse sa tempe avec tendresse. « Merci. » Embarrassée, Natalina a un mouvement de recul et jette un œil à sa valise. « Il faut quand même que j’y aille. » Et ça ne lui convient pas. Elle préférerait rester là, avec lui. Elle se rapproche de nouveau, caresse sa joue et dépose un baiser au creux de son cou cette fois-ci. « Sors un peu. Ou… Va voir ton père. Je suis sûre que ça vous fera du bien à tous les deux. Parle-lui. Ce n’est pas parce qu’il est malade qu’il ne peut pas te soutenir également. » En clair, elle l’incite à ne rien garder pour lui et son conseil est le bienvenu. Il acquiesce d’un signe de tête, puis saisit son manteau, ainsi que son sac. « J’ai une escale dans la matinée. Je t’enverrai un message. » Une promesse qui le soulage. L’italien récupère ses clés et lui désigne la sortie. Tous les deux se dirigent vers sa voiture et durant le trajet qui les sépare de l’aéroport, tiennent une conversation sans queue ni tête, menée par Natalina qui s’efforce du mieux qu’elle peut de le faire rire. C’est presque réussi. Alors qu’il la dépose, le pilote a arboré un large sourire.

Sourire qui s’efface dès lors qu’il se retrouve de nouveau seul. Main sur le volant, il reste un instant immobile, puis repense aux recommandations de son amie. Elle a raison. Il ne peut pas rester là, à se morfondre. Ce n’est pas son genre. Toute sa vie, il s’est battu pour avoir un quotidien plus que correct et maintenant que c’est le cas, il ne souhaite pas laisser son chagrin prendre le dessus. Il se racle la gorge, jette un œil sur ses yeux encore rougis dans le rétroviseur et donne de légères tapes sur ses joues afin de leur faire retrouver de bonnes couleurs. Alors qu’il s’apprête à reprendre la route en direction de l’appartement de son père, son téléphone portable sonne. Numéro inconnu. Il le cale contre son oreille, formulant un « Oui » interrogateur. La réponse ne tarde pas, est grave. « Monsieur Galeone ? » « Qui le demande ? » « Bonjour, c’est l’hôpital de Pelligrini. » Son cœur tambourine. Sa première pensée va vers son père, si bien qu’il se fait pressant : « Il y a un problème ? » « Vous êtes sur la liste de personnes à contacter de Mademoiselle Mancini. » explique-t-il, alors que le soulagement est très vite remplacé par l’inquiétude. « Elle va bien ? » « Son état est stable, oui, mais pouvons-nous en discuter ici ? » Un instant, il reste interdit. Sa mâchoire se resserre, se crispe, tandis que l’amertume s’installe. Alors quoi ? Elle a décidé de foutre en l’air sa vie et souhaite à partir de cette liste, le tenir au courant de ses moindres déboires ? Qu’il soit le premier à être au courant de sa mort imminente ? Parce qu’à force, c’est ce qui va finir par se passer. Dante s’y attend. Un jour, on l’appellera pour lui présenter des condoléances. Et il en veut à ces personnes de ne pas lui foutre la paix. « Très bien. » Pourtant, plutôt que de mettre un terme à l’appel, il confirme sa venue. C’est dans un état second qu’il arrive sur les lieux, une boule au ventre. Sa place, il ne la sent pas ici. Ca fait bien longtemps qu’il a cessé d’exister aux yeux de Leila, alors pourquoi s’acharner à vouloir être présent quand on le lui demande ? Il se sent coupable d’agir de la sorte. Le docteur le reçoit et lui informe de la situation délicate. Il a cessé d’écouter au moment où le mot « overdose » a franchi ses oreilles. Il se revoit, gamin, en train de fabriquer une perfusion intraveineuse pour soigner sa mère, sans savoir exactement si ce qu’il faisait était bien, se contentant de suivre à la lettre les conseils d’un type expérimenté qui a appris à contourner le passage dans les hôpitaux. « On ne peut pas la laisser partir seule. » Cette phrase le réveille de ses songes. Il doit donc la sortir de cet endroit afin d’éviter une nouvelle nuit ici. Il acquiesce et après avoir demandé le numéro de sa chambre, se confronte à une Leila encore endormie. A peine un regard dans sa direction que son attention est déjà posée sur son téléphone portable. Il s’assoit sur la chaise, puis fait défiler les numéros de son répertoire, jusqu’à s’arrêter sur Francesco. Ce n’est définitivement pas son rôle d’être ici et il n’a pas la moindre envie d’être celui qui la fera sortir, parce qu’il sait que ce ne serait pas lui rendre service. Alors, cette décision, il la laisse à cet homme à qui il rédige un message en se présentant tout d’abord, puis en l’informant de l’état de Leila, en lui demandant pour finir, de se rendre à l’hôpital. C’est lui son compagnon, c’est à lui que revient la dure tâche d’être là pour elle. De n’importe quelle manière. Lui a abandonné le jour où il lui a dit au revoir.

Lorsqu’il relève les yeux vers le lit, c’est pour la voir doucement émerger. Dante se redresse, repose le téléphone sur le meuble d’appoint en l’observant furtivement. Deux secondes seulement, avant de planter son regard sur un pan du mur. « Bonjour. » murmure-t-il, l’air ailleurs, le coude appuyé sur sa cuisse, les doigts repliés sur ses lèvres. Le silence s’impose à lui, tout comme des souvenirs de sa vie d’antan. Il pose alors ses prunelles sur ses bras, fixe celui aux traînées noires. « Je ne t’ai jamais parlé d’où je venais. » Il ne le désirait pas. Cette époque, il préférait l’oublier, la ranger dans un coin de sa tête pour ne plus l’en sortir. « Acciano. Un village, en montagne, où tout le monde se connaît. Il doit y avoir pas plus de 320 habitants. C’est très joli l’hiver. » se rappelle-t-il. « C’est enneigé. Je ne me rappelle pas d’une seule année sans un Noël sans neige. » Enfant, il se disait qu’à défaut d’avoir l’attention d’une mère, il avait au moins le plus beau cadeau que pouvait lui offrir le monde : des paysages magnifiques. « A neuf ans, j’ai fabriqué un bonhomme de neige. Tu l’aurais vu… Il n’était pas si rond que ça, avait la carotte mise de travers et une écharpe si minable que ça me faisait culpabiliser pour lui. » raconte-t-il, en arborant un sourire. Souvenir heureux ? Il se rend compte se les être lui-même créés. Il n’y en a pas un seul en compagnie de sa maman. « Gamin, tu fais des bêtises et tu n’a pas conscience de tout. J’en avais fait mon ami et l’idée de le laisser dans le froid, dehors, m’était juste… inconcevable. Alors je l’ai ramené à la maison. Il a fondu en même pas une heure. Le sol était noyé. Un beau parquet ! » Il en ri, bien qu’il sente encore une fois ses émotions le submerger, son cœur se resserrer à cette anecdote qu’il n’avait jamais raconté à personne. « Ce soir-là… Ma mère s’est contentée de regarder le sol en me traitant d’imbécile, sans lever le petit doigt et m’a ordonné de serrer l’élastique autour de son bras. » N’importe qui lui aurait expliqué qu’un bonhomme de neige ne tenait pas la chaleur, qu’il serait préférable de parler à des enfants de son âge, de s’amuser avec eux, plutôt que se renfermer en parlant à un être sans aucune âme, mais Madame Castiglio avait bien d’autres chats à fouetter. « Je l’ai vu se détruire, j’ai participé à ça. J’étais qu’un gosse qui était réconforté par les gestes de tendresse que lui offrait sa maman après l’avoir piqué. C’était… comme un remerciement de sa part. Une manière de me dire que j’avais fait une bonne action, que je l’avais soulagée. Elle me disait aller mieux, mais c’était faux. C’était éphémère. Ca lui donnait cette sensation de bien-être pour une courte période et elle renouvelait l’expérience, encore et encore, et encore. » Un cercle vicieux dans lequel elle se complaisait, elle aussi, sans tenir compte de ce qui l’entourait, de ses responsabilités. « Je ne sais pas si elle était malheureuse au point de vouloir en finir, ou si elle aimait vraiment la galère dans laquelle elle s’était mise. » Là, il se redresse, tel un automate et s’approche du lit. « Et toi Leila, est-ce que tu veux mourir ? » Question qui n’attend pas de réponse. Au fond, ça la regarde maintenant. Les mains appuyées sur le rebord, il murmure : « Si oui, alors la prochaine fois, ne te rate surtout pas. » Il pourrait s'en vouloir, culpabiliser, mais c'est le gros vide en lui, dans son regard. Là, cette situation dans laquelle il se trouve, il s'en passerait bien.


Je sens quelque chose qui ne se dit pas, dont j’ignore la cause. C’est dans tes sourires, un je-ne-sais-quoi qui s’arrête au bord du désir. Quelle est cette voix, qui nous entraîne à renoncer sans regarder l’un vers l’autre ? Si c’est un choix, il faut qu’on s’aime, sans se lasser pour se garder l’un et l’autre. L’un près de l’autre.


Dernière édition par Dante Galeone le Jeu 15 Nov - 21:13, édité 1 fois
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Leila Mancini10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
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Sujet: Re: [Terminé] Leila | Et après l'overdose ? ( le Dim 11 Nov - 19:52 )
Au revoir, Leila. Les mots prononcés résonnent dans sa tête alors qu’elle sent le liquide couler le long de ses veines, agir petit à petit. Les derniers jours ont été un pur cauchemar depuis cette nuit où, dans cette ruelle, elle s’est effondrée en pleurant toutes les larmes de son corps. Elle avait tenu juste assez de temps pour voir Dante tourner au coin de la rue, sans se retourner une seconde, avant de littéralement craquer sous le choix qu’elle avait fait. Celle d’abandonner l’homme de sa vie, de le repousser une dernière fois, la fois de trop. Pour le protéger. Pour ne pas le laisser se faire happer par sa noirceur, par ce vaste trou noir qui s’est installé autour d’elle et qui happe tout sur son passage. Elle a encore en mémoire la manière dont elle a essoré Francesco jusqu’à la moëlle, le poussant à bout par ses brimades et ses mauvais comportements répétés. Hors de question de faire subir le même enfer à celui qui a toujours eu une place si particulière dans son cœur, sans même qu’elle ne l’ai jamais évoqué à voix-haute. Pourtant, cette nuit-là, quand elle l’avait fini dans les bras d’un homme dont elle ne se souvenait même pas le prénom, elle n’avait eu de cesse de repasser la scène en boucle encore et encore. Ses paroles, ce qu’il avait avancé quant à ses sentiments. Qu’elle pourrait faire ça pour lui, plus que pour elle. S’en sortir, accepter de se faire aider. Mille fois, elle s’est imaginée lui courir après, le rattraper, lui dire qu’elle était d’accord avant que ce soir ne lui rappelle pourquoi ses pieds étaient restés ancrés au sol. Dans la solitude de son appartement, sans Francesco sur qui passer ses nerfs, tout lui saute à la gorge. La colère, l’amertume, la culpabilité. Il lui semble même que Falco la fixe dans un coin de la pièce alors qu’elle se saisit de l’aiguille, épuisée, souhaitant que cela cesse. Que quelques heures de sommeil lui soit accordée et plus aucun médicament n’a le pouvoir de lui offrir ça. A part l’héro. Et encore, Leila sait pertinemment qu’elle se leurre, que ça fait bien longtemps que la drogue ne lui apporte plus le soulagement d’autrefois. C’est simplement une excuse, pour foncer dans le noir, pour la simple et bonne raison que c’est la seule chose qui lui est devenue familière. Elle y destinée, à présent, maintenant qu’elle a laissé sur le bord de la route la seule étincelle de lumière encore présente dans sa vie. Pourtant, quelques minutes après l’injection, Leila sent automatiquement que ce n’est pas comme d’habitude. Sur la paille, elle n’a pas pu se fournir chez son dealer directement et, automatiquement, l’angoisse d’avoir pris une substance coupée lui étreint l’estomac. La sensation se confirme au fur et à mesure que les minutes passent, que son cœur semble alterné des embardées et des ralentis inquiétants. Le froid commence alors à la submerger. Lent. Implacable. Et elle comprend, dans le peu de lucidité qu’il lui reste ce qui lui arrive : une overdose. Si elle ne bouge pas rapidement, elle va crever là, toute seule dans son appartement et son corps ne sera pas découvert avant des jours pour la simple et bonne raison qu’elle ne compte désormais plus pour personne. Personne. Alors un instant, Leila ferme les yeux, songe à se laisser glisser. Après tout, ce n’est pas comme si elle ne se l’était pas dit mille fois. Que tout serait plus simple si elle n’était plus là. Mais alors qu’elle pense lâcher prise, en proie au délire, voilà qu’il apparaît devant ses yeux. Dante. Le regard noir, l’œil triste. Puis sa famille. Son père, qui semble abasourdie. Sa mère, effondrée. Sa sœur et son frère, en colère. Toutes les personnes qui lui sont chers et qu’elle s’est efforcée de bannir de sa vie parce que c’était plus simple, parce que ce serait moins douloureux pour tout le monde. « J’veux… J’veux pas mourir. » Pour eux. Comme Dante le lui a dit. Mais quelque part aussi pour elle, sans qu’elle ne comprenne d’où lui vient cette soudaine flamme. Mais elle est bien là, cette envie furieuse de ne pas partir. Alors Leila, au prix d’un effort surhumain, se saisit de son portable. Sa vue de plus en plus brouillée la met en difficulté mais elle parvient quand même à appuyer sur la touche permettant de joindre les numéros d’urgences. Haletante, au bord du malaise, elle arrive difficilement à donner son adresse avant de s’effondrer sur le sol, le portable à côté d’elle. « J’veux pas mourir. J’veux pas mourir. » Qu’elle répète, en boucle, avant que les convulsions ne lui coupent finalement la parole, la coupant de la réalité et de la voix de l’opératrice qui lui annonce qu’une équipe est en chemin, sans vraiment savoir de quoi il en retourne. Non, elle ne veut pas mourir. Pitié, il ne faut pas que ça s’arrête.

Le reste est un véritable trou noir. Quand elle se réveille, tout son corps semblant crier de douleur, elle est une seconde éblouie par la lueur de la pièce. Elle met d’ailleurs plusieurs secondes à réaliser où elle se trouve, ce qui lui est arrivé mais elle n’a pas le temps de digérer toutes ses informations qu’une voix familière résonne dans la pièce. Son cœur rate un battement, ses mains se crispe sur ses draps alors que son regard se pose sur un homme qu’elle ne pensait plus jamais voir. Dante est là, mais lui fait dos un instant, alors qu’il se met à lui évoquer soudainement des souvenirs d’enfance, sans qu’elle ne comprenne rien à ce qui lui arrive. Difficilement, elle se redresse dans son lit, passe une de ses mains sur son visage pour s’assurer qu’elle n’est pas en train de rêver et que son esprit embrumé par la drogue ne lui joue pas des tours. Un instant, elle pense même à se lever pour vérifier qu’il est bien là en cher et en os mais la douleur qui la tanne la force à renoncer au projet. Les aiguilles qui lui sortent des bras, bien différentes de celles auxquelles elle s’est habituée, finissent de la convaincre qu’elle est bien dans la réalité et qu’elle se trouve à l’hôpital. Alors que fait-il là ? Comment a-t-il été contacter ? Elle n’en sait rien, l’esprit bien trop perturbé pour se souvenir qu’elle n’a pas encore pris la peine de le retirer de ses personnes à contacter en cas d’urgence. De toute façon, elle a bien d’autres choses à penser, à commencer par se concentrer sur ce que Dante lui raconte. Alors elle l’écoute attentivement, muette, lui exposer des souvenirs d’enfance sans comprendre où il veut en venir. Elle croit même percevoir un sourire, puis un rire, à l’évocation de cette drôle d’histoire de bonhomme de neige qui n’a ni queue ni tête pour elle. Jusqu’à ce que la chute de l’histoire, terrible, douloureuse, lui parvienne. Choquée, Leila se recroqueville finalement sous les draps, se renfonçant dans son matelas alors que le secret d’une enfance malheureuse est en train de lui être dévoilée. Sa mère. Mon Dieu. Comment peut-on faire ça à son enfant ? Le rendre complice de sa déchéance de cette manière. Alors que l’idée fait son chemin dans sa tête, son propre souvenir, celui d’il y a quelques jours lui saute à la gorge. Quand elle avait accepté que Dante l’accompagne chercher une dose. Quand elle avait voulu le rendre complice de sa déchéance, elle aussi, avant de finalement se raviser. Elle se souvient de la sensation de remords, immédiate, à la seconde même où les mots étaient sortis de sa bouche. Mais ils étaient sortis quand même. Et alors qu’elle tente une seconde de se dire qu’elle n’est pas comme sa mère, que les situations sont très différentes, elle se rend compte qu’elles ont pourtant plusieurs choses en commun. La drogue. Etre une meurtrière d’enfant. Parce que si la mère de Dante n’a pas ôter la vie, elle lui a pourtant ôté ce qui lui était le plus précieux quand on est un enfant : son innocent.

Le malaise la ronge alors immédiatement qu’elle comprend le drame qu’elle lui fait répéter. Ses comportements lui reviennent en mémoire, ses mots durs, son « choix »… S’il a été fait pour les bonnes raisons dans sa tête, le fait est qu’elle est en train de faire revivre les mêmes épreuves à l’homme qu’elle aime, sans même l’avoir su. La nouvelle fait l’effet d’une bombe dans sa tête alors qu’elle observe les dégâts, qu’elle fait face à ce regard vide qui lui demande si elle veut mourir. Qui l’assomme un peu plus à sa phrase suivante. « C’est… c’est vraiment ce que tu penses ? » Les mots prononcés lui font l’effet d’un coup de poignard dans le cœur. Ne te rates surtout pas. C’est bien ce qu’il lui a dit, elle ne l’a pas inventé. « Alors on en est arrivé là ? Tu voudrais que je meurs, c’est ça ? » C’est sa faute, uniquement sa faute à elle. A cette mère, aussi, qu’elle haït malgré leurs vices communs. N’empêche que d’entendre ça de sa bouche a lui est la pire chose qui pouvait lui arriver. Elle peine à réaliser, digère ses mots au fur et à mesure que les larmes lui montent et, cette fois-ci, elle n’a pas le courage de les ravaler. Elle ne devrait s’en prendre qu’à elle-même alors qu’elle observe les dégâts de l’enfer qu’elle s’est créé toute seule comme une grande. « J’voulais pas mourir. » Alors elle se sent obligée de lui répondre, de mettre certaine chose à plat. De ne pas le laisser partir avec pour seul dernier souvenir cette phrase horrible, même si elle sait qu’il partira. Qu’il est déjà parti. « Tout a l’heure, dans mon appartement, j’voulais pas mourir. Pour mes proches. Pour toi, comme tu me l’as dit. » Les apparences sonnent pourtant contre elle, elle en a conscience. Mais quelque chose à ce moment-là, un déclic qu’elle ne pourrait expliquer. Peut-être qu’il lui fallait ça, être au bord de la mort, pour se rendre compte de ce qu’elle est en train de s’infliger. « Pour moi aussi. » Et c’est là toute la nouveauté. Celle qui disait encore il y a quelques jours qu’elle aurait dû mourir, s’est battue pour sa vie. S’est accrochée, sans pouvoir s’en empêcher, submergée par l’instinct de survie. « J’ai tenu plus d’un an. Tu le sais pas mais j’ai tenu plus d’un an après l’accident. A continuer à me lever le matin, à faire face à tous ses visages d’enfants tous les jours, malgré la douleur. Mais elle faisait que grandir, encore et encore, rongeant un peu plus chaque recoin. » C’est à ce moment-là qu’elle l’a appelé. Mais la douce trêve qui lui a offerte s’est arrêtée à la seconde où elle s’est réveillée, seule. Elle ne l’en blâme pas pour ça, pour la simple et bonne raison qu’elle ne lui a pas donné toutes les cartes, qu’elle ne s’est pas épanchée. Mais elle le fait, pourtant, aujourd’hui. Trop tard, certainement, mais elle ne veut pas qu’il passe le pas de la porte avec cette simple vision d’une junkie minable qui mérite de crever. « A chaque fois que je ferme les yeux, je le vois. Falco. Il me fixe sans un mot, le regard ailleurs. » Comme pour faire une démonstration, Leila clôt les yeux quelques secondes, faisant face au petit garçon. A la simple différence que cette fois, il est accompagné. D’une autre personne qu’elle a tué, du moins d’une certaine manière. Il tient la main de Dante. « J’étais épuisée, écroulée sous le poids de la culpabilité et je voyais plus d’issue. Je pensais… Que ça m’aiderait à aller mieux. Et ça a été le cas. Au début. » Ce n’est peut-être pas ce qu’il veut entendre mais elle se doit d’être sincère. La drogue a été un vrai réconfort. Mais ce n’était que poudre aux yeux. « Et maintenant, je sais juste plus comment arrêter tout ça. Comment arrêter de souffrir. J’y arrive pas. J’arrive pas à l’oublier. » Et elle sait bien que c’est insensé, que personne ne comprend son acharnement à rester endeuillée d’une personne morte qu’elle n’a jamais connu. Mais c’est juste plus fort qu’elle, le gouffre qu’elle s’est construite semble à présent trop dur à escalader. Elle est piégée, enfermée dans sa propre cage. « J’voudrais vraiment que tu le saches, avant de t’en aller. Si j’ai agi comme ça ces derniers jours, c’est pour toi. Pour te protéger. Tu ne le comprends pas mais c’est le cas. » Et en ça, elle pense se distinguer de sa maman. Elle qui n’a eu de cesse de l’empêtrer un peu plus dans son monde, Leila, elle, s’est efforcée de le tenir à l’écart de tout ça. Ce n’était peut-être pas de la manière dont il l’espérait mais ses intentions sont honorables. « J’aimerais tellement que l’homme que j’aime comprenne ça. » Pas celui qui lui fait face mais celui qu’elle a détruit sans le vouloir, malgré sa furieuse envie de le protéger. Sa soif de destruction a été la plus forte, atteignant sa perle rare, détruisant un lien que même une mort imminente ne peut apaiser. Il la déteste. Il la déteste, elle le sent. De toutes les punitions qu’elle a pu s’infliger, celle-là est de loin la plus dure.


Dante & Leila

A faire vieillir, à faire blanchir la nuit. A faire brûler la lumière jusqu'au jour, à la passion et jusqu'à la folie, je vais t'aimer, je vais t'aimer d'amour.
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Dante GaleoneLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Re: [Terminé] Leila | Et après l'overdose ? ( le Dim 11 Nov - 23:02 )
Un rire, très court, faible, amer, à peine audible, sort d’entre ses lèvres, tandis qu’il se détourne subitement d’elle. De quelques pas, il s’avance dans la pièce pour ne plus avoir à la regarder, ni même à la sentir. Leur proximité le rend dingue. Il est pris entre l’envie de vouloir l’étrangler et celle de la secouer afin qu’elle se réveille de sa torpeur, qu’elle réalise tout ce qui lui file entre les doigts. Toutes ces choses qu’elle aurait pu vivre autrefois. Il lui en veut comme jamais il en a voulu à quelqu’un. La colère qu’il ressent pour sa mère, n’est rien comparée à la haine qu’il lui porte à l’instant T. Cette femme lui a pourri son enfance, ne l’a pas aidé à grandir. Elle l’a abandonné à son propre sort, le laissant se dépatouiller avec les moyens du bord. Mais il n’a pas connu autre chose, n’a pas eu un bon exemple face à lui. Les mamans des autres enfants, il les voyait de loin, les enviait, mais ne traînait pas assez avec les écoliers pour savoir exactement ce que ça pouvait procurer d’avoir une mère qui pense à son gamin, qui aide pour les leçons. Qui se montre présente, tout simplement. Depuis le début, ça a été son choix. Sa venue n’était pas désiré et à travers son comportement, elle lui a prouvé à de nombreuses reprises que c’était tout ce qu’il méritait, jusqu’à partir, s’en aller loin pour ne plus avoir à souffrir, sans avoir la certitude de devenir quelqu’un de bien. Il ne se l’imaginait d’ailleurs pas. Son seul objectif, c’était de s’éloigner. Les projets, il n’en avait aucun. Et il est tombé sur des personnes bienveillantes, lui montrant un chemin différent de ce à quoi il se destinait. Une vie aussi minable que celle de sa génitrice. Dans le lot, elle est là. Leila, cette brune qui l’a tapé dans l’œil dès le premier regard. Charmé, séduit par cette première approche, puis un premier rendez-vous… Une semaine entière, des années à se voir irrégulièrement, tout en entretenant une passion dévorante l’un pour l’autre. A quoi s’attendait-il au juste ? A ce que ce soit aussi fusionnel qu’autrefois ? A pouvoir repartir sur de meilleures bases ? A finir enfin par… jeter aux oubliettes ces moments éphémères pour les troquer contre des instants plus solides ? Il n’en sait rien, il ne sait plus. Tout ce qu’il voit, c’est ce qui se passe là. « Depuis quand tu te préoccupes de ce que je pense vraiment ? » Pas une seule fois depuis qu’il a appris, elle ne lui a donné l’impression de prendre en compte ce qu’il disait. Pas une seule. Si c’était le cas, ils n’en seraient pas là, aujourd’hui, à se torturer l’un, l’autre, à se blesser mutuellement. « Ce que je dis, c’est que si t’as vraiment envie de te foutre en l’air… Fais-le bien. Tu veux que je te montre comment planter une bonne aiguille ?! » Son ton est empli de véhémence. Il a tellement de rage qu’il serait prêt, là, maintenant, à la lui tendre cette aiguille. Pas par envie, mais à cause d’une douleur qu’il peine à étouffer et qui le pousse à lui parler comme il ne l’a jamais fait, empruntant des termes rudes, qu’il n’a pas le temps de regretter.

La petite voix de Leila, brisée, résonne de nouveau et ce qu’elle affirme l’incite à lui faire face. « Tu ne voulais pas mourir. » répète-t-il, comme si ça suffisait pour en prendre conscience, mais ça ne l’aide en rien à se calmer, pas plus que d’apprendre qu’elle se raccrochait à son entourage, à lui. A ce qu’elle désirait elle aussi. C’est bien la première fois qu’il l’entend dire avoir envie de vivre. Et une petite voix lui souffle que c’est sincère, que ses larmes qui lui resserrent un peu plus le cœur appuient cette logique. Pourtant, il a du mal à le croire. Ayant besoin d’un soutien, il se rapproche du mur sur lequel il pose sa main, tête baissée sur ses chaussures dont des détails lui sautent à présent aux yeux, à force de les fixer. Silencieusement, il porte attention à ce récit dramatique. Ses doigts se referment, formant un poing, sa mâchoire se crispe de rage. Il l’imagine se lever tous les matins pendant un an, visualiser son reflet qui devenait plus que l’ombre d’elle-même. L’image d’une première dose proposée par un inconnu dans un bar malfamé lui vient alors en tête. Il ignore exactement comment ça s’est passé, mais cette possibilité lui glace le sang. C’est tellement simple d’enfoncer les plus fragiles pour une histoire de pognon. Il essaie, Dante, d’être compréhensif, de se calmer, mais plus elle en rajoute, moins il est tranquille. La goutte d’eau, c’est probablement de l’entendre dire exactement ce qu’il voulait entendre ce soir-là. Ca termine de l’abattre. Il serre les dents, contient le peu de dignité qu’il a en ravalant ses larmes qui menacent de rouler. « Me protéger ? » répète-t-il, les doigts se plantant dans la chair de sa paume, jusqu’à ressentir une douleur, mais celle-ci est bien mince par rapport à ce qu’il ressent là. « Pour me protéger ?! » crie-t-il, en se tournant vivement vers la chaise qu’il envoie valser dans la pièce, en se rapprochant subitement du lit où il pose ses mains sur les draps qu’il agrippe. « Repousser les gens, leur montrer à quel point tu te fous de leur gueule, tu crois que c’est les protéger ? Vraiment Leila ? » Mais en quel honneur ? « Il fallait en parler nom de Dieu ! T’as une langue, bordel ! » Sa voix résonne, son ton est empli d’une tristesse qu’il ne se connait pas. Il n’a jamais été comme ça, ne se reconnait lui-même pas. Toute cette violence qu’il a en lui, qui ne demande qu’à sortir. « Au lieu de choisir cette merde, tu pouvais tout simplement pas choisir un autre moyen ? Les thérapies, ça existe. Tu aurais pu m’en parler. Je suis resté trois jours. Trois jours, Leila ! TROIS JOURS. » Il se les remémore, un à un, se souvient de son mal-être, des moments de tendresse, mais à aucune reprise il n’a su cette histoire, n’a pas eu conscience que ce qu’elle vivait était si difficile que sa présence lui aurait été plutôt nécessaire. Il se sent coupable et en même temps, il lui en tient rigueur de l’avoir gardé éloigné de ce qui se passait pour elle. C’était grave. « C’était trop dur de m’en parler ? Bien plus que d’accepter de te défoncer, tu crois ? Et maintenant, tu me demandes de comprendre, à moi, que tu es supposée aimer ? » Il a bien entendu, mais ce n’est pas maintenant qu’il en a besoin. C’était l’autre soir. Tentant de retrouver son calme, il s’assoit sur le rebord du lit et gratte son front, puis masse sa tempe. « Il faut que tu te fasses aider. Par des thérapeutes, des médecins. » Lui, il a l’impression d’avoir fait tout ce qu’il était en mesure de pouvoir faire. « L’autre soir, je t’ai demandé de me choisir. Comme elle, tu as préféré prendre ta drogue et ta souffrance. Je ne peux plus rien faire pour toi. » Là, à l'heure actuelle, c'est au-dessus de ses forces.


Je sens quelque chose qui ne se dit pas, dont j’ignore la cause. C’est dans tes sourires, un je-ne-sais-quoi qui s’arrête au bord du désir. Quelle est cette voix, qui nous entraîne à renoncer sans regarder l’un vers l’autre ? Si c’est un choix, il faut qu’on s’aime, sans se lasser pour se garder l’un et l’autre. L’un près de l’autre.
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Leila Mancini10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
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Sujet: Re: [Terminé] Leila | Et après l'overdose ? ( le Dim 11 Nov - 23:56 )
Depuis toujours. Bien sûr que ce que Dante pense a toujours eu de l’importance même si les apparences disent le contraire. Elle ne l’a pas écouté, pendant des jours, mais à présent qu’elle s’est retrouvée face à la mort, qu’elle a regardé la grande faucheuse droit dans les yeux, ses paroles semblent faire un peu plus écho en elle. Vivre, même après un drame comme ce qu’elle a vécu, n’est pas un affront fait aux morts, bien au contraire. Quelque part, c’est même leur rendre hommage de profiter pleinement de ceux qui leur a été retiré bien trop tôt. Avec du recul, Leila se même compte que si elle a appelé Dante ce jour-là, quand elle a cru vouloir en finir, c’est parce qu’une infime partie d’elle-même en avait conscience. Que d’abandonner, définitivement, ce serait faire un pied de nez terrible aux deux victimes mortelles de l’accident. S’ôter la vie volontaire, alors qu’ils ont été fauchés en plein vol, aurait été le comble du cynisme. C’est aussi ça qui l’a fait se battre dans cette chambre, tout à l’heure. Cette ultime envie de ne pas décevoir encore plus les gens qu’elle aime mais aussi de ne pas décevoir Falco, de ne pas lui faire ce coup-là. Alors oui, sa vie est un champ de ruine et elle ne sait même pas par quel bout le commencer mais elle est encore là, bien intact. Les mots que lui balancent Dante sont donc douloureux à entendre, impossible à digérer. Voir ses efforts pou rester en vie anéantie en une simple petite phrase lui fait l’effet d’un choc. Elle essaye, tente de se battre, mais elle fait face à un aveugle. « Est-ce que tu entends au moins ce que tu dis ? » C’est cruel, tordu. Ce n’est pas le Dante qu’elle connaît qui lui fait face et ça la terrifie en même temps que ça lui brise le cœur. Car ce Dante là n’est que le produit de ses propres erreurs, de sa perdition. Alors elle tente de lui faire comprendre, de poser des mots sur ce qui lui arrive pour mieux le ramener à la lumière. Pour elle, elle n’en connaît pas le chemin mais pour lui, elle sent qu’il a besoin de comprendre. Comment elle a pu en arriver là, comment elle a pu agir de cette façon depuis son retour. Et si elle a conscience que tout ceci arrive peut-être trop tard, la démarche a au moins le mérite d’être sincère. Leila se réveille, petit à petit. « Oui te protéger ! Vraiment ! » Elle n’en démordra pas. Elle n’y a peut-être pas mis les bonnes formes, elle ne s’y est peut-être pas prise comme il faut mais sa seule volonté ces derniers jours était de l’extirper de ses ténèbres, quelqu’en soit le prix. Et elle se dit qu’elle a eu raison de le faire quand elle voit dans quel état il peut se mettre, à la limite du dérapage. Si elle ne le connaissait pas aussi bien, elle pourrait même en avoir peur. Le ton qu’il utilise, les gestes qu’il peut avoir, tout ça lui fait froid dans le dos. « J’étais paumée, Dante ! La tête sous l’eau ! Personne ne comprenait ce qui m’arrivait, pas même moi ! Je me débattais avec les armes que j’avais à l’époque ! » Autrement dit pas grand-chose. Jusqu’ici, Leila n’avait eu qu’une vie simple, sans drames, sans perte d’êtres chers, sans deuil. Elle s’est retrouvée dépassée par les évènements et peut-être aussi qu’elle ne voulait pas sortir de sa torpeur. Restée dans la tristesse, au départ, elle voyait ça comme une manière de garder Falco en vie. « Et puis ce type m’a proposé un truc, je me suis dit que ce serait l’affaire d’une fois et…. » Et la suite, il la connaît. Cela ne s’est pas arrêté à une simple expérience et s’est transformée petit à petit en une véritable dépendance, sans même qu’elle ne s’en rende compte dans un premier temps. Quand ca a été le cas, c’était trop tard. « Oui c’était trop dur. De poser des mots sur ce qui s’était passé, de revoir ses images dans ma tête ! De te dire ce qui s’est passé, que j’aurais peut-être pu le sauver, si je n’avais pas fait ce malaise ! Sa mère est morte sur le coup mais pas lui. Il est mort seul et apeuré. Et je pouvais pas te dire tout ça parce que le dire à voix haute c’était le rendre encore plus réel ! » Et Leila souhaitait fuir la réalité à ce moment-là. C’est l’évasion qu’elle cherchait en premier lieu quand elle s’est plongée dans tout cet enfer. Mais, à présent, elle se rend bien compte qu’elle doit faire face à la réalité si elle ne veut pas suivre cette ligne toute droite qu’elle s’est tracée, celle qu’il l’amène vers la mort. Ca risque d’être dur et elle ne sait même pas si elle va y arriver, si ces mauvais démons ne vont pas la rattraper pour qu’elle se laisse glisser de nouveau. Alors, elle hoche simplement la tête. Oui, elle doit se faire aider. Toute seule, il est clair qu’elle n’y arrivera pas. « C’est pas vrai. » Et elle aurait pu s’arrêter là, ne rien dire de plus. Mais, encore une fois, elle ne peut pas le laisser partir sur cette dernière phrase, sur la certitude dont il fait preuve. Parce qu’elle est fausse, tout du moins de son point de vue. « J’ai pas préféré la drogue à toi, c’est pas vrai. C’est pas ça que j’ai choisi. J’ai choisi de te laisser partir, c’est différent. La manière dont tu t’es comporté l’autre nuit, toutes les horreurs que tu me sors aujourd’hui, c’est pas toi. Et c’est ma faute. Alors j’ai choisi de te laisser partir. Pour toi. Tu ne l’entends peut-être pas mais c’est la vérité. » Alors d’accord, ça voulait dire ne pas vouloir son aide et donc ne pas sortir de la drogue. Mais ce n’est pas pour ça qu’elle l’a repoussé ce soir-là, dans cette ruelle. Simplement, elle avait peur de le voir se transformer sous ses yeux à la moindre incartade, au moindre flanchement. Et il y en aura, certainement, dans le long trajet qui la sépare de la guérison. Elle ne voulait pas prendre le risque de le transformer à son tour en monstre.


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Sujet: Re: [Terminé] Leila | Et après l'overdose ? ( le Mar 13 Nov - 22:48 )
S’il entend ? Oui. Jusque-là, il n’a eu de cesse de faire face à des émotions contradictoires. L’envie de la protéger d’elle-même, de lui tendre une main dans l’espoir qu’elle la saisisse et celle de la laisser au bord de la route pour ne pas s’engouffrer dans cette brèche dangereuse, ce cercle vicieux qui a détruit son âme enfantine. Ses mots sont brusques, secs, horribles à entendre et bien qu’il ait conscience de la blesser, sa frustration et sa colère sont si éprouvantes qu’il lui est impossible de se contenir. Dante se fiche bien de ce que ça peut engendrer en elle, les répercussions, cicatrices ; ces dernières semaines et plus particulièrement ces derniers jours, il l’a vu le repousser, penser uniquement à elle. Leila aura beau tenter de lui prouver par a + b que son objectif était de le préserver, il n’en croit pas un mot. A ses yeux, ça ressemble à une justification derrière laquelle elle se cache pour se trouver des excuses. Et il apprécie encore moins. Ca se sent dans sa façon de se tendre, dans ce regard qu’il lui lance et qui ne laisse pas place à la tendresse. « De toi ? » Tête inclinée, il plisse les yeux, la sonde durant quelques secondes, puis secoue la tête. « Tu vas essayer de me faire croire que tu as pensé à mon bien-être ? » Il glisse sa main sur ses lèvres qui s’étirent dans un sourire forcé, crispé. « C’était aussi le cas quand t’es venue jeter tes œufs sur ma porte ? Ou encore lorsque tu as ouvertement manqué de respect à une femme que j’estime beaucoup ? Tu as pensé une seconde à ce que ça pouvait me faire ? » Il se rappelle de cette nuit où son ex-petite amie s’est retrouvée confronter à Leila. Elle non plus, n’y a pas été de main morte dans ses propos, mais il arrive bien plus à l’excuser que celle qu’il considère comme étant hypocrite. Ou alors, elle pense à lui quand elle veut, quand elle a la force de le faire. « Tu as pensé à ce que je pouvais ressentir, vraiment, quand tu m’as imposé ton contact ? » Cette partie de jambe en l’air, quand il se la remémore, lui fait honte. Son comportement était des plus mauvais. Il n’a pas eu une seule once de délicatesse à son égard, s’est contenté de s’unir à elle en lui montrant avec brutalité à quel point il était furieux contre elle. Dante ne se reconnait pas. Ce n’est tellement pas son genre de coucher avec Leila. Habituellement, il lui fait l’amour, l’observe, mémorise tous ses traits. Cette nuit-là, il s’est contenté de lui offrir un moment qu’il préférerait aujourd’hui zapper de son esprit. C’était tellement… déroutant. Il déteste ce qu’il devient avec elle, ce qu’elle le pousse à être et surtout, il déteste cette sensation de tout perdre. Eux. C’était probablement la chose la plus positive à son retour ; même si leur relation était tendue, il avait au moins espoir qu’après de multiples explications, ils arriveraient de nouveau à se comprendre, à retrouver ce qu’ils avaient autrefois. Comment passer outre ? « Et lorsque tu as clairement vu toute la peine que j’avais à te voir te détruire, tu m’as protégé là aussi ? » Lui, il n’appelle pas ça vouloir préserver autrui. Du moins, ce n’était pas de ça dont il avait besoin. « La vérité Leila, c’est qu’en plus d’avoir été paumée, tu t’es montrée purement et simplement égoïste. » Quelle belle estime a-t-il d’elle ! Les armes avec lesquelles elle se battait n’étaient pas les bonnes et il aurait aimé pouvoir lui en donner d’autres, lui désigner un meilleur chemin, mais entre le vouloir et pouvoir, il y a une grande différence qu’il ne maîtrise pas encore très bien. « Tu ne pouvais pas le SAUVER ! » crie-t-il, sans arriver à apaiser la tempête. Une véritable bourrasque. « Parfois, il y a des choses qui nous échappent, hors de notre portée. C’est comme ça, il faut savoir l’accepter, aussi compliqué que ça puisse être. » C’est un travail ardu, Dante le sait pour le vivre en ce moment, puisqu’il commence à comprendre qu’il ne peut juste plus rien faire pour Leila. Il a essayé, il aurait aimé que ce soit différent, pouvoir être capable d’agir, chose qu’il n’a pu faire gamin… Mais il a compris que ça ne devait pas venir de lui, mais de la personne qui sombre. Un déclic qu’elle n’a pas eu avant cette overdose. Il ignore s’il doit en rire ou en pleurer, mais ça ne l’étonne finalement pas ; ne dit-on pas qu’il faut être confronté à la mort pour que certaines choses nous sautent aux yeux ? Là, en l’occurrence, c’est son envie de vivre. Et tant mieux pour elle. « Des thérapeutes auraient pu t’aider. Mais tu as choisi de te renfermer, de te laisser couler, de renouveler ton expérience, plutôt que de prendre le taureau par les cornes. Et peut-être bien que je n’ai pas à t’en vouloir de ça… Pourtant, c’est le cas. » Il l’a mauvaise, ne veut pas comprendre que pour elle, cet événement a été une phase si difficile qu’elle se refusait à lui parler. A parler tout court. Dante n’a pas le recul nécessaire pour se montrer compréhensif. « Bien sûr que si, Leila. Tu as préféré la drogue le jour où tu y as goûté pour la deuxième fois. Tu as préféré la drogue à moi. Tu as choisi la drogue comme point de repère, plutôt que moi et cette nuit-là… Je ne peux pas croire que tu m’as laissé partir pour moi. Tu m’as laissé partir, parce que tu te sentais incapable de remonter la pente et que tu ne souhaitais pas me l’imposer, sans doute, mais j’appelle ça un choix. Et ce n’est pas moi. » C’est comme ça. C’est évident que ça le blesse, que c’est douloureux, mais il essaie de se ressaisir un peu.


Je sens quelque chose qui ne se dit pas, dont j’ignore la cause. C’est dans tes sourires, un je-ne-sais-quoi qui s’arrête au bord du désir. Quelle est cette voix, qui nous entraîne à renoncer sans regarder l’un vers l’autre ? Si c’est un choix, il faut qu’on s’aime, sans se lasser pour se garder l’un et l’autre. L’un près de l’autre.
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Sujet: Re: [Terminé] Leila | Et après l'overdose ? ( le Mer 14 Nov - 22:56 )
Le protéger d’elle, de son monde. C’est bien ce que Leila a essayé de faire, sur la fin, mais Dante lui renvoie ses erreurs d’avant ça. C’est vrai qu’avant leur nuit passée ensemble, Leila était plutôt dans la provocation incessante. Aujourd’hui, elle se rend compte que ce n’était qu’une forme de maladresse de sa part, un appel au secours déguisé et dont elle n’avait même pas conscience. Encore une fois, elle a tout fait de travers, s’y est mal pris et elle pourrait s’excuser encore et encore pour tout ça si elle n’avait pas l’impression d’être en face d’un mur. Depuis tout à l’heure, Leila s’époumone, dans le vent, et elle doit bien avouer qu’elle ne sait pas comment se sortir de cette impasse. Ironie du sort, quelque part. Elle est en train d’expérimenter ce que Dante a vécu avec elle depuis son retour. « Ca c’était simplement de la jalousie mal placée. Je suis désolée. » Et pourtant, elle essaye, Leila, encore et encore. De s’excuser, de faire amende honorable et d’avouer ses fautes. C’est vrai qu’elle est allée loin dans ses propos, la dernière fois, envers Natalina mais il n’empêche qu’elle garde une rancune tenace envers la jeune femme. Celle de lui avoir arracher Dante, l’homme qu’elle aime et la relation si hors du commun qu’ils partageaient pendant presque trois ans. Longtemps, elle lui en a voulu de l’avoir tenu loin d’elle au moment où elle en avait le plus besoin, la rendant en partie responsable de sa descente aux enfers. Tout comme Francesco. Tout comme Dante. Tout comme tout le monde. Mais aujourd’hui, Leila a consciente d’être la seule fautive. Et autant dire que c’est un peu dur à digérer. Baissant les yeux, Leila se cache un peu plus dans ses draps au souvenir de leur nuit partagée. Cette nuit qui lui a tant broyée le cœur en même temps que le peu d’estime qui lui restait d’elle-même. Cette nuit qui a définitivement cassé quelque chose mais qui lui a aussi fait prendre conscience de la nécessité d’éloigner Dante, qu’elle ne pouvait pas lui demander d’être son soutien au risque qu’il ne devienne quelqu’un d’autre. Ce contact, qu’elle lui a imposé, elle l’a fait sans réfléchir, perdue dans sa détresse et le besoin vital de recevoir de la tendresse, la sienne. Leila n’imaginait pas les conséquences que cela pouvait avoir, sur lui et indirectement sur elle. Alors bien sûr qu’elle s’en veut. Pas de l’avoir embrassé mais d’être responsable des conditions qui ont rendus ce baiser absolument affreux, aux conséquences terribles. Mais elle n’est pas prête à évoquer tout le dégoût qu’elle a pu provoquer chez lui de manière involontaire alors elle se tait, souffre en silence. Mais sa remarque suivante la pousse une nouvelle fois à se défendre, à relever la tête. « J’ai fait demi-tour ! J’ai fait demi-tour quand je me suis rendu compte à quel point tu étais en train de souffrir ! » Cette nuit-là, justement, mais il semble l’avoir oublié, ne retenant que la manière maladroite qu’elle a eu de le faire. Pourtant elle s’en souvient bien, de ce moment où elle a plongé ses yeux dans les siens, de cette tristesse chez lui qui l’a forcé à repousser la porte et à ne pas céder à ses instincts. Est-ce que ça compte pour lui ? Est-ce qu’au moins il s’en rappelle ? Leila, défaitiste, en doute. Dante semble aveugle, bloqué dans ses certitudes comme un disque rayé. « J’aurais peut-être pas pu le sauver mais j’aurais pu au moins lui tenir la main ! Il aurait pu ne pas mourir seul ! Et tu vas me dire que c’est comme ça, mais merde ! On parle de la mort d’un enfant à cause de moi ! » Leila n’arrive pas à faire autrement que de se repasser le film en boucle. Se demander si elle aurait pu le sauver, si tout ça serait arrivé si elle n’avait pas été au volant mais Francesco, comme c’était prévu. Et peut-être que c’est se faire du mal pour rien mais Leila peine à passer à autre chose, à s’en remettre. Les larmes qui coulent encore et encore à l’évocation de l’accident en sont d’ailleurs la preuve, trahissant un mal-être qui reste ancrée au fond d’elle-même. Et ce n’est pas Dante, qui refuse de l’écouter qui va l’aider. « A quoi ça sert en fait ? » Sa voie est frêle, enraillée. Les larmes qui coulent le long de son visage ne parviennent pas à exprimer toute l’intensité de son malaise. Un instant, les yeux de Leila se perdent dans le vide alors qu’elle ramène ses genoux vers elle, les entourant de ses bras. « Je te parle mais tu n’écoutes pas. J’essaye de t’expliquer, de te parler mais tu n’écoutes pas. » Et elle comprend, avec tout ce qu’elle lui a fait subir mais elle sent qu’ils sont dans une impasse. Elle, reste sur ses positions pendant que lui lui prêtent des intentions qui ne sont pas les siennes. « J’suis fatiguée. » Murmure-t-elle, alors qu’elle pose sa tête sur ses genoux. Fatiguée de ce qu’il lui est arrivé, fatiguée de cette discussion qui ne va nulle part. Fatiguée de tout.


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Sujet: Re: [Terminé] Leila | Et après l'overdose ? ( le )
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