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- Rencontre fortuite | Dante -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Le Coeur de Naples :: Hôpital de Pellegrini
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Leila Mancini10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
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Sujet: Rencontre fortuite | Dante ( le Jeu 15 Nov 2018 - 16:58 )
« Et vous Leila, pourriez-vous nous parler un peu de Falco ? » La thérapeute ainsi que le reste du groupe se retourne vers elle, prête à l'écouter. Automatiquement, Leila ramène ses genoux vers la poitrine, posant ses pieds sur la chaise, comme pour se protéger du monde extérieur. Elle n'aime pas ça, évoquer son histoire personnelle. Le premier jour de la thérapie de groupe, elle a été mise devant le fait accompli pourtant mais a dû s'arrêter quand elle s'est sentie aux bords de la crise de larmes. Le deuxième jour, elle a pesté, fortement, agressant verbalement la thérapeute de l'hôpital. Il faut croire que le manque et les bouleversements récents de sa vie la pousse à réagir de manière excessive dans un sens comme dans l'autre. Alors les deux jours suivants, elle s'est contentée d'écouter des histoires toutes affreuses les une plus que les autres, finissant par en conclure que le groupe n'a pas été constitué par hasard. Dans cette pièce, tous ont des formes de dépendances différentes : l'alcool, le cannabis, l'héroïne, la coke... Mais ils ont tous un point commun, malgré tout, la raison qui les a fait plonger au fond du gouffre : la perte de quelqu'un. « Je ne le connaissais pas vraiment. » Leila se distingue au milieu, pourtant. C'est la seule qui n'a pas perdu un enfant, un amour, un ami, un parent... Non elle, elle a perdu deux inconnus. Mais elle n'arrive pas pour autant à passer à autre chose.   « Leila, vous pouvez parler. Vous êtes en sécurité ici, rappelez-vous. » L'Italienne, souffle, grogne, fait de la résistance. Persuadée que partager son malheur ne lui servirait à rien mais les yeux insistants de la psychologue la force à sortir de sa réserve. Il faut qu'elle essaye si elle veut avancer. « Il avait sept ans. Il était élève dans mon école en fait, mais avec une collègue. Nos regards ne s'étaient jamais croisés avant... tout ça. Il était bon élève, attentionné, gentil. Passionné aussi. Apparemment, il disait qu'il voulait être le nouveau LeBron James. » Un faible sourire s'affiche sur son visage alors qu'elle se met à déverser sans s'en rendre compte toutes les informations qu'elle a pu obtenir à propos de Falco. Des détails, parfois des choses plus importantes, qui ont fini par en faire un portrait bien réel dans sa tête. « Il était le fils que j’aurais aimé avoir, un jour. » La fin de la phrase s’étouffe dans sa gorge, alors qu’elle parvient cette fois-ci à refouler son émotivité. Oui, Falco est l’idée même de l’enfant qu’elle aurait voulu avoir, fût un temps. Mais aujourd’hui, tout a changé. Ses rêves ont volés en un millier de morceaux et envie d’enfant avec. Elle ne s’en plaint pas, Leila. Elle a appris à vivre avec.

La fin de la séance se déroule sans plus un mot de sa part. Pour le reste, Leila se contente d'écouter, de tenter de comprendre ce qui est arrivé à ses autres personnes, les choix qu'elles ont pu faire... Il paraît que c'est thérapeutique, selon la psy. Alors elle essaye, tente de mettre toutes les chances de son côté et c'est finalement épuisée qu'elle quitte la séance. Pour les deux heures qui viennent, Leila a quartier libre alors elle se saisit de son téléphone pour envoyer un message à Francesco, lui demandant de la rejoindre dans une petite heure après sa balade quotidienne dans le parc. Ca l'aide à se recentrer, à évacuer un peu. Ce dernier ne tarde d'ailleurs pas à lui répondre par l'affirmative, agrémente même la fin de son message d'un cœur, ce qui a le don d'extirper un sourire triste chez Leila. Elle se demande bien comment ils en sont arrivés là, tous les deux, à se remettre ensemble. Comment Francesco a-t-il pu lui pardonner, sous prétexte qu'elle était décidée à aller mieux, que leur rupture avait peut-être crée quelque chose de positif ? Alors qu’en plus, c’est totalement faux ? Elle n'a pas eu la force de le contredire, de lui dire que tout ceci n'avait strictement rien à voir avec lui. Au lieu de ça, elle s'est contentée d'hocher la tête, de le laisser la prendre dans ses bras. Par faiblesse, par besoin d'un contact moins abrupte que celui qui compte pour elle a bien pu lui proposer. Après tout, qui pourrait l'aimer après ça, à part Francesco ? Personne. Et c'est sur cette pensée que Leila passe la porte de l'hôpital pour retrouver l'extérieur.
 
La balade est relaxante, bien que rafraîchissante. Emmitouflée sous son manteau qui cache un peu ses vêtements d'hôpital, Leila navigue entre les allées du parc pendant près de 30 minutes. Inconsciemment, ses pensées finissent par se diriger vers Dante, leur dernière entrevue et les phrases horribles qu'il a eues à son encontre. Les méritait-elle ? Il est vrai qu'elle a été des plus odieuses avec lui mais ses mots à lui, la dernière fois, ont franchi une limite qu'elle ne pensait pas réalisable. Sans qu'elle ne le contrôle, Leila sent d'ailleurs son cœur se resserrer lorsqu'elle se repasse la scène en tête, avant finalement de décider de revenir sur ses pas et de retourner à sa chambre, histoire de rentrer dans un lieu devenu  désormais familier. Si elle n'hésite pas cette fois à passer de nouveau le seuil de l'hôpital, elle se souvient des précédents jours où, l'espace d'un instant, elle a pensé à fuir. Pour sa thérapeute, pas question de l'enfermer dans l'unité de sevrage, considérant que cela devait se faire de son propre chef. Et si les premiers temps ont été difficiles, Leila semble ne pas se rendre compte que ça l'est finalement de moins en moins. Sur le chemin du retour, l'Italienne choisit de prendre des chemins détournés quand elle se rend compte qu'il lui reste plus d'une demi-heure avant l'arrivée de son petit-ami. Elle erre dans les différents services, se balade pour s'occuper l'esprit quand elle l'aperçoit, au loin. Un instant, l'ancienne enseignante se frotte les yeux, espérant une hallucination, mais c'est bien Dante qui se trouve un peu plus loin dans le couloir. Elle regarde à droite, à gauche, cherchant une sortie possible avant de se rendre compte qu'il n'y en a aucune et que, par-dessus le marché, il l'a repéré. Mal à l'aise, le cœur tambourinant, elle se décide donc à s'avancer vers lui. « Salut. » Ses bras se croisent derrière son dos alors que son regard fuit vers une fenêtre, non loin d'eux. Le fait est qu'elle n'a pas envie de l'affronter et que, pire, elle en a peur. Peur qu'il ne lui brise encore plus le cœur.  « Qu'est-ce que tu fais là ? » Il n'est pas là pour lui rendre visite, elle ne se fait pas d'illusion. Déjà, parce qu'il n'est pas au bon étage et ensuite parce qu'il a été très clair : il ne veut rien avoir affaire à elle. Qu'elle compte sur les autres pour sa guérison et si jamais l'envie lui prend de replonger, qu'elle ne se rate pas. « C'est ton père ? » L'idée lui fait tilt tout à coup.  « Est-ce qu'il va bien ? » L'inquiétude dans sa voix n'est pas feinte, la poussant même à poser un regard sur lui, un court instant.


Dante & Leila

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Dante GaleoneLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Re: Rencontre fortuite | Dante ( le Jeu 22 Nov 2018 - 15:06 )
Le dos appuyé contre le mur blanc, le regard de Dante se perd dans le couloir, puis vient fixer une porte close depuis une dizaine de minutes maintenant. Une interne est entrée à l’intérieure, pour ne plus en ressortir. A ses yeux rougis, il a compris qu’elle avait sans doute ressenti un coup de pression, qu’elle ressentait probablement le besoin de s’isoler. C’est également son cas. Il aimerait se couper du brouhaha, se concentrer uniquement sur la raison qui l’amène ici : les examens préopératoires de son papa. Il en a déjà eu plein auparavant et tous les chirurgiens qui ont émis un diagnostic se sont tous mis d’accord sur le risque important, ne leur permettant pas de tenter une intervention. Même la bonne femme qui s’était déplacée à Naples s’est finalement ravisée. Pas parce qu’elle ne se sentait pas capable, mais parce qu’elle avait autre chose à faire que de s’occuper d’un patient qu’elle ne connait pas. Cependant, elle a beaucoup aimé l’initiative de Dante, très flatteuse pour son égo, si bien qu’il a entendu dire qu’elle était de retour dans le milieu médical. Elle travaille à présent en privé et concurrence avec un autre chirurgien pour l’obtention d’un prix. A s’en rendre malade. Ces gens-là ont pris la grosse tête, se sont laissés débordés par leur complexe de supériorité. Ils ne méritent pas une telle ascension, quand des gens, plus honnêtes, humbles, reviennent sur leur position initiale pour le bien d’hommes et femmes dans le besoin. C’est le cas de ce chirurgien qui a jeté aux oubliettes ses principes et ses craintes pour lui venir en aide. C’est lui-même qui se charge d’observer en ce moment même l’imagerie de son père de cœur, pour être certain qu’une opération peut se poursuivre. Trouver des solutions, voir si la tumeur peut être éliminée… Travail compliqué. Dante prend son mal en patience, se déplace dans le couloir et se fige face à la machine à boissons chaudes pour en sortir un gobelet caféiné. Très mauvais, qui lui provoque une grimace, mais qu’il termine en plusieurs traites avant de jeter le plastique dans la poubelle.

Le cœur serré, il revient à sa place initiale, observant cette porte qui s’ouvre subitement. L’interne a les joues rouges, les yeux vidés de leur expression. Elle croise les siens quelques secondes, puis reprend contenance et se replonge dans le travail. Il la regarde s’éloigner, puis tourne la tête sur sa gauche et aperçoit alors une silhouette qu’il connait que trop bien. Son cœur s’alourdit, sa peine se fait de plus en plus pesante, mais il prend sur lui et s’efforce de rester calme en la voyant s’avancer vers lui. Lorsqu’il l’a laissée, il lui avait conseillé d’accepter l’aide de thérapeutes, mais il ne pensait pas qu’elle le ferait, qu’elle serait là, si c’est bien pour elle que son corps déambule dans l’hôpital. « Salut. » répond-il, sur le même ton, en la dévisageant. Il remarque ses traits marqués par la fatigue, mais ça n’a rien à voir avec la drogue. C’est autre chose qu’il n’arrive pas à deviner, mais ça n’a rien de négatif. Leila est ici parce qu’elle essaie de s’en sortir. Ce qui le trouble, ce n’est pas tant cet épuisement qu’elle dégage, mais cette façon qu’il a de l’observer. Depuis combien de temps n’a-t-il pas été brûlé par sa peau, son visage, ses prunelles ? Une éternité. Il plonge une main dans la poche de son manteau et au bout de quelques secondes, détourne les yeux vers un point sans aucune importance, avant de se laisser avoir par la surprise de la tonalité de sa voix. Il ose une nouvelle fois planter ses iris dans les siennes, garde le silence, l’air un peu vide, puis il acquiesce. Il y a une semaine encore, il aurait refusé de lui raconter les détails de sa venue ici, parce qu’elle était la dernière personne à qui il souhaitait se confier, lui donner un peu plus de lui. « Et toi, est-ce que tu vas bien ? » Et là, s’il répond par une autre question, ce n’est pas avec l’envie de la tenir à l’écart de la raison de sa venue, mais parce qu’il ignore quoi répondre. L’état de son père ne s’améliore pas et si ça se trouve, après les résultats, on lui dira toujours qu’une intervention est impensable. Pourtant, il y croit tout de même, se raccroche à un espoir. « Ils s’occupent bien de toi ici ? » Et la voir agir comme sa mère ne l’a jamais fait l’aide à penser que rien n’est jamais vraiment perdu. Jusqu’à quand ?


Je sens quelque chose qui ne se dit pas, dont j’ignore la cause. C’est dans tes sourires, un je-ne-sais-quoi qui s’arrête au bord du désir. Quelle est cette voix, qui nous entraîne à renoncer sans regarder l’un vers l’autre ? Si c’est un choix, il faut qu’on s’aime, sans se lasser pour se garder l’un et l’autre. L’un près de l’autre.
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Leila Mancini10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
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Sujet: Re: Rencontre fortuite | Dante ( le Jeu 22 Nov 2018 - 21:43 )
Le cœur brisé et l’âme en miette. Ce n’est pas une Leila qui fait la fière cette fois-ci qui se présente face à Dante, évitant son regard, se perdant dans la contemplation du ciel gris à travers une fenêtre. Elle ne sait pas bien ce qu’elle fait là, un instant, à s’efforcer de lui parler après toutes les horreurs qu’ils se sont dites l’un à l’autre. L’idée de filer rapidement sans demander son reste la titille plus que de raison mais la curiosité prend le dessus et pire encore, l’inquiétude. Son père. De ce qu’elle en sait, il est atteint d’une forme de tumeur maligne assez rare et s’il est ici, avec cet air inquiet sur le visage, ce n’est sans doute pas pour rien. Alors c’est plus fort qu’elle, Leila, elle tente de s’informer, d’en apprendre plus sur son état. Un instant, elle en oublierait presque tout ce qui s’est passé entre eux pour se retrouver des semaines en arrière, dans la maison de Dante, juste avant qu’il ne découvre les marques sur son bras et la mette plus ou moins à la porte. Elle avait réussi à entrer dans son monde un peu, ce jour-là, au point qu’il lui propose même de lui faire rencontrer son papa mais le oui silencieux suivi d’un changement de sujet la refroidit instantanément. Se prenant ce qu’elle interprète comme un rejet en pleine figure, Leila se trouve d’autant plus décontenancée quand elle l’entend lui poser des questions sur son état. Un instant, elle fronce les sourcils alors que son premier réflexe serait de lui répondre « Ah parce que t’en as quelque chose à foutre maintenant ? » mais elle se retient, ravale sa langue en même temps qu’elle pince ses lèvres. Sa thérapeute lui a répété plusieurs fois déjà de cesser d’être en permanence sur ses gardes et d’agresser toutes personnes aux alentours. C’est difficile encore, les réflexes sont encore présents mais elle tente de faire un effort. « On fait aller. » Dire qu’elle va bien est un bien grand mot. Elle peine encore à se relever de leur dernière confrontation, un gros travail sur elle et ses actes l’attend encore devant elle et, pour finir, elle n’a plus le réconfort du liquide qui coulait habituellement dans ses veines et qui lui laisse une sensation permanente de courbatures et de brûlure dans l’ensemble du corps. Mais elle est déterminée à se battre, malgré tout ça, sans certitudes de remporter une victoire à la ligne d’arrivée. « Oh tu sais, c’est l’hôpital. La nourriture est merdique, je suis obligée de porter ses fringues affreuses. » Elle désigne alors un instant son pantalon large et bleu, tenu règlementaire à son étage, qui se découvre en dessous de son long manteau d’hiver. « Mais j’ai le droit à quelques heures de liberté et le personnel est sympa alors j’imagine qu’on est pas si mal. » Elle hausse les épaules d’un air nonchalant, trouvant tous les prétextes pour laisser son regard filer régulièrement dans le vague. Elle pense alors une seconde à Eddie, son infirmier préféré d’origine britannique, qui a la particularité d’être déjà passé par l’addiction à l’héroïne. Les soirs, quand il est de service, il leur arrive parfois de discuter dans les périodes de calme et son recul sur sa situation aide Leila à mieux vivre son enfermement. Mais le reste du personnel se montre tout aussi agréable envers elle. « Ils vont bien s’occuper de lui, ici, tu verras. » Rattraper par son attachement envers le pilote de l’air, Leila ne peut s’empêcher de vouloir le rassurer alors que sa main se pose presqu’automatiquement sur son bras. Ce n’est qu’au bout d’un fraction de seconde qu’elle se rend compte de son geste, alors qu’elle observe le contact de sa paume sur son vêtement. Un contact qu’elle lui impose, quelque part, à la manière du baiser qu’elle lui avait volé il y a de ça plus d'une semaine. Immédiatement, la scène de leur dernière entrevue lui revient en tête et la mine de dégoût non dissimulé de Dante s’impose devant ses yeux, achevant son cœur endolori. Depuis quelques minutes, elle ne cesse de vaciller entre deux chaises, entre la femme amoureuse qu’elle est et celle qui a été rejetée mais ce geste inconscient la pousse à vouloir protéger la deuxième. Elle n’est pas prête à surmonter une nouvelle dispute. « Je ferais mieux d’y aller. » Alors elle retire sa main à une vitesse phénoménale et entreprend de le dépasser pour fuir en sens inverse. Fuir pour ne pas souffrir.


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Sujet: Re: Rencontre fortuite | Dante ( le Jeu 22 Nov 2018 - 23:32 )
Son état semble déjà meilleur que la dernière fois et la discussion, bien que tendue, est allégée. La dernière fois, il ne pouvait pas prononcer un seul mot sans s’emporter, sans être blessant et les yeux qu’il posait sur elle voulaient tout dire. Le dégoût, la colère, surtout la colère. Impossible à gérer tant il lui en tenait rigueur. Cette descente aux enfers qu’elle remonte peu à peu. Jusqu’à quand ? Une partie de lui croit en son rétablissement, quand l’autre en doute fortement. C’est difficile d’imaginer qu’une personne puisse se sortir de la drogue indemne et assez réaliste, il sait qu’elle aura toujours des traces de ce passage. Sera-t-elle capable de résister au premier coup dur ? Ou choisira-t-elle la mauvaise voie ? Une question qui disparaît aussitôt qu’elle lui parle de l’hôpital, lui décochant un sourire éphémère. « Il y a pire. » s’empresse-t-il d’ajouter, au sujet de la nourriture. Parce qu’il sait ce que c’est de rester des jours entiers sans avoir de quoi se mettre sous la dent. Mais il comprend. Goûter aux bons plats napolitains, puis passer ensuite à de la cuisine médiocre… Ce n’est pas évident. Dante la détaille de haut en bas, s’attarder sur ce pantalon bleu, puis plante de nouveau ses yeux sur son visage. Les siens sont ailleurs, cherchent à observer autre chose. Tout, sauf lui. Il le sait qu’il y a quelque chose de briser entre eux, que rien ne sera pareil et il lui arrive encore de le regretter. Les instants passés, les premières fois. Là où tout semblait facile et où tout paraît usant à présent. Cependant, il est vraiment intéressé par son sort, par ce parcours ici. Il hoche la tête, appuyant ce qu’elle dit. « Tu es mieux ici qu’ailleurs. » se risque-t-il à dire. Il le pense sincèrement. Dans les rues de Naples, sans personne pour la guider, sans des thérapeutes pour lui venir en aide et sans sa volonté pour écouter, elle aurait mal terminé. Comme sa maman qui a préféré se confronter à son monde, plutôt qu’à la dure réalité ainsi qu’à ses responsabilités. C’est là que toutes les deux sont différentes. Elles n’empruntent pas le même chemin… C’est tant mieux pour Leila. C’est tout ce qui pouvait lui arriver de mieux. Et alors qu’il s’apprête à formuler une nouvelle phrase, toujours en rapport avec son séjour ici, la brune le coupe dans sa lancée en ramenant un sujet qui lui est cher sur le tapis. Son père. Aussitôt, il baisse la tête, fixe ses chaussures. Il souhaitait payer une chambre privée, pour son confort, mais Orazio lui a demandé de ne pas se formaliser, indiquant qu’il préférait de la compagnie, plutôt qu’une solitude éreintante, déprimante, alors il a écouté, bien qu’il se fasse du souci quant à son repos. Tout l’inquiète, si bien que cette main qu’elle pose sur son bras et qui le surprend au point de rester figé dessus durant les quelques secondes, le soulage presque. Il le voit comme un peu de soutien, même si rien n’est évident entre eux. Dante ignore comment réagir ; de toute façon, elle le fait pour lui en retirant ses doigts de sa peau. Et alors qu’elle le dépasse de quelques pas, sans réfléchir, il saisit son poignet et l’incite à se retourner. Ses iris croisent les siennes et sa bouche reste close. Aucun mot ne sort. La vérité, c’est qu’il ignore exactement pourquoi il a fait un tel geste, alors qu’il y a encore une semaine, il souhaitait s’en défaire. Son corps s’embrase, se consume et ses doigts se resserrent, glissent sur son bras sans cesser de l’empoigner. Il sait qu’il doit réagir, prononcer un mot, n’importe lequel, mais ça bouillonne à l’intérieur. « Il est là pour des examens préopératoires. » avoue-t-il, le cœur lourd, comme s’il cherchait à la retenir. Et là encore, il en ignore la raison. Leila est tout ce que lui ne veut pas, tout ce qu’il ne désire pas avoir dans son quotidien. Pourtant, son âme le pousse vers elle, à faire un pas. Il se déteste de ne pas savoir se positionner. « Je ne doute pas qu’on puisse prendre soin de lui. Le corps médical est très attentif. » Ils savent trouver des solutions. Il en faut absolument une. « Parle-moi de toi. Comment ça se passe ? » En quoi ça consiste exactement ? Que lui fait-on ? « Tu t’en sors ? » finit-il par demander, en relâchant enfin son bras.


Je sens quelque chose qui ne se dit pas, dont j’ignore la cause. C’est dans tes sourires, un je-ne-sais-quoi qui s’arrête au bord du désir. Quelle est cette voix, qui nous entraîne à renoncer sans regarder l’un vers l’autre ? Si c’est un choix, il faut qu’on s’aime, sans se lasser pour se garder l’un et l’autre. L’un près de l’autre.
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Leila Mancini10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
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Sujet: Re: Rencontre fortuite | Dante ( le Mer 28 Nov 2018 - 22:46 )
Il y a pire. Bien sûr qu’il y a pire que de manger une nourriture fade, ressemblant pour la plupart du temps à une vulgaire bouillie. Mais là où la remarque de Dante aurait simplement glissé sur Leila d’habitude, il ne la pousse qu’à se renfermer un peu plus. Elle prend tout de travers, dramatise allègrement ce qu’elle prend pour un reproche non dissimulé : celui d’une petite princesse qui ne cesse de se plaindre alors qu’elle n’en a pas le moindre droit. Peut-être est-ce ses précédents mots violents qui l’amène à voir tout en noir, là où elle pourrait de tenter de pondérer les choses. Au lieu de ça, elle évite son regard, ravale sa fierté et encaisse sans rien dire. « Ouais. Tu as sans doute raison. » Elle est bien mieux ici qu’à traîner dans les rues mal famées, à se lier avec des gens peu fréquentables. Si elle avait continué dans cette voie, à se détruire à tout prix, nul doute qu’elle aurait terminé sur le trottoir pour payer ses doses, incapable de garder un emploi stable. L’avenir s’annonçait peu glorieux pour elle et elle en a conscience, ouvre les yeux maintenant qu’elle a été mise au bord du précipice ultime de sa déchéance : celle d’une mort imminente. Son overdose a eu l’effet d’une bombe, celle de lui faire faire face à ce qu’elle devenait, à cette fille qu’elle haïssait chaque jour un peu plus dans le miroir. Trop tard, par contre, pour sauver une des choses les plus précieuses dans sa vie, à savoir la relation si particulière qui la lie avec l’homme qui lui fait face. Pourtant, les réflexes sont toujours là et c’est ce qui la pousse à vouloir être une épaule réconfortante, là où elle en a perdu tous les droits. Le contact de sa main sur son vêtement l’électrise mais pas de la meilleure des manières. Il l’a fait plutôt redescendre sur terre, sur la ligne qu’elle est en train de franchir et que Dante fait remarquer à son tour par ce regard appuyé. Bien qu’il n’ait pas les yeux posés sur elle, Leila s’imagine d’ici le regard empreint de mépris et de dégoût qu’il doit avoir et décide donc de filer à l’anglaise, sans demander son reste. Un nouveau face à face serait de trop pour son cœur à la limite de l’implosion et qu’elle surprend en train de s’arrêter une fraction de seconde. Juste une fraction de seconde, celle qui suffit à Dante pour la retenir et la forcer à se retourner vers elle. La suite semble durer une éternité alors qu’elle se retrouve là, dans un silence qui lui semble pourtant assourdissant, à le regarder. Juste le regarder, surprise au possible et incapable de de savoir comment réagir à ce revirement de situation. Que cherche-t-il exactement ? A ne pas la laisser s’en tirer aussi facilement ? Oui, ça ne peut être que ça. Elle va encore passer un sale quart d’heure. « Oh. » Son ton trahit son étonnement, encore une fois. S’il y a bien quelque chose auquel elle ne s’attendait pas c’est qu’il lui parle à nouveau de son père, lui confie une information qui pourrait paraître anodine mais qu’elle sait importante au vu des circonstances. « C’est prévu pour bientôt ? » Alors elle se reprend, montre qu’elle en a quelque chose à faire. Parce que c’est lui, parce que c’est son papa et que ce nouveau coup dur arrive au pire des moments, juste après tout le mal qu’elle lui a fait endurer. « Oui. Ils sont très bien ici. » Dit-elle, tentant de le rassurer comme elle peut. Après tout, la réputation de l’hôpital de Naples n’est plus à faire mais les mots d’une patiente peuvent tout de même valoir tout l’or du monde pour un proche inquiet et c’est ce que Dante est. Pour son père mais aussi… peut-être pour elle. « T’es pas obligé de faire ça. » Leila referme automatiquement ses bras sur sa poitrine, alors que le contrôle de celui agrippé par Dante lui est enfin rendu. Nerveuse, elle tire sur ses manches, sentant soudainement un vide abyssal au fond d’elle. Celui de ce contact qui lui a été soudainement arraché et qu’elle persiste à se convaincre de ne pas en avoir besoin. « Faire comme si tu te préoccupais de ce qui m’arrive, t’es pas obligé de faire ça. » Ses mots résonnent peut-être comme un reproche mais son ton lasse transforme la chose en simple constatation. Une petite part au fond d’elle a pourtant envie de hurler mais elle n’a plus d’énergie, Leïla. Pire, elle ne sait plus très bien où elle se situe. « J’passais par-là par hasard, je ne voulais pas t’éviter mais c’est tout. Tu n’as pas à faire semblant. » Pour la ménager ou quelque chose du genre. C’est bien ce qu’il est en train de faire non ?


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Sujet: Re: Rencontre fortuite | Dante ( le Dim 2 Déc 2018 - 16:52 )
Cette opération traîne depuis trop longtemps déjà. Chaque jour qui passe est un véritable calvaire pour son père qui s’affaiblit et il a peur, Dante. Il craint que demain soit une nouvelle journée sans lui, sans son sourire, ou sa poigne qui rencontre la sienne dans un élan de tendresse. Il n’imagine pas sa vie sans la sienne. Orazio lui a tout donné et il a essayé de lui rendre la pareille. L’abandonner maintenant, baisser les bras, c’est inenvisageable. En haussant les épaules, les yeux rivés sur la porte à sa gauche, il murmure : « Le plus rapidement possible. » Il n’en sait donc rien. C’est au bon vouloir des chirurgiens qui voient l’importance de la situation. C’est grave, ça empire et ça ne laisse pas place à la perte de temps. Alors, il s’attend à ce qu’un bloc se libère pour son père dans la semaine, au plus tard. « J’attends d’abord les résultats aux examens. Après, on pourra parler d’une date. C’est en cours. » Il est dans le flou le plus total et se sent en insécurité, même s’il se rassure : c’est un bon hôpital. Leila elle-même l’affirme. S’ils sont revenus sur leur parole, s’ils veulent bien essayer d’atteindre la tumeur, de le débarrasser de ce corps étranger, c’est bien parce qu’ils ont du cœur. Ils prennent tout de même des risques. Dante a conscience que l’opération peut mal tourner, mais il ne préfère pas y songer. Il ne laisse le choix à personne. Ca doit réussir.

La tête inclinée sur le côté, le regard bien plus dur cette fois, et prouvant son incompréhension, le pilote s’apprête à l’interroger, quand elle le devance. Alors, c’est ce que ses propos et son attitude veulent dire ? Pourtant, ce ne sont pas des choses qu’il dit dans le vent, juste pour meubler, ou pour les formes. Même si entre eux, rien n’est facile, même s’il a prononcé des mots horribles, il s’intéresse toujours à elle, à son état. Il apprécie qu’elle soit là, qu’elle souhaite se soigner, même si une petite voix lui rappelle qu’elle n’est pas là pour lui. Il est cependant soulagé. Elle a l’air en meilleure forme. « Depuis le temps, tu devrais savoir que je ne fais jamais semblant. » crache-t-il, comme un reproche. Il déteste ce qu’elle avance, alors qu’elle sait comment il est. Dante ne lui cache pas sa colère, il la hurle, au point extrême. Il lui a conseillé de ne pas se rater, d’en finir de façon radicale si c’est ce qu’elle souhaitait, mais bien sûr qu’il n’en a pas envie. C’est Leila. Reprenant contenance, il fait un pas à reculons, jusqu’à ce que son dos rencontre le mur. « Notre altercation n’efface pas ce que je ressens à ton égard. » Et donc, ne peut supprimer cette inquiétude qui n’est pas naissante. Elle est omniprésente, bien qu’il s’efforce de ne pas l’écouter. La faire taire, l’enterrer, c’est bien plus facile pour l’homme qui souhaite tourner une page, mettre un terme définir à leur histoire. « Tu me connais mieux que ça, quand même. » Son ton est sévère, dû aux événements qui lui font perdre patience et il le regrette aussitôt. Dante glisse sa main sur sa nuque, embarrassé. « Excuse-moi. Je ne voulais pas te parler comme ça. » C’est incendiaire, à la hauteur de tout ce feu en lui qui le consume, prêt à exploser. Après avoir fait quelques pas dans le couloir, l’homme se tourne, lui fait de nouveau face, sans chercher à fuir son regard. Au contraire, il le plante dans le sien délibérément. « Comment va Francesco ? Il te soutient dans cette épreuve ? » A défaut de le faire lui-même, peut-être que son compagnon lui apporte une épaule suffisante. « Tu le laisses faire ? » demande-t-il, plus doucement. Est-ce qu’elle ne lui tient pas tête ? Est-ce qu’elle se montre un peu plus docile qu’elle ne l’était autrefois ? Et c’est une bonne chose… Pourtant, une part de lui l’a mauvaise. Il se pensait particulier, à ses yeux et est convaincu que ce n’est pas le cas.


Je sens quelque chose qui ne se dit pas, dont j’ignore la cause. C’est dans tes sourires, un je-ne-sais-quoi qui s’arrête au bord du désir. Quelle est cette voix, qui nous entraîne à renoncer sans regarder l’un vers l’autre ? Si c’est un choix, il faut qu’on s’aime, sans se lasser pour se garder l’un et l’autre. L’un près de l’autre.
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Sujet: Re: Rencontre fortuite | Dante ( le Dim 2 Déc 2018 - 23:04 )
Alors l’opération est pour bientôt. Le cœur de Leila se resserre à cette pensée, tant elle sait que la situation est critique et qu’il s’agit là de l’opération de la dernière chance. Et si son père ne s’en réveillait jamais ? L’idée la glace d’effroi : Dante ne s’en relèverait pas. Elle ne sait pas exactement à quel point leur lien peut être étroit mais elle a bien vu, la dernière fois qu’ils en ont parlé ensemble, avant tout ça, que la situation a un fort impact sur lui. Alors une petite voix en elle, tout au fond, se met à prier pour cet homme, pour qu’il s’en sorte, pour qu’il continue à être un pilier pour l’homme qu’elle a contribué à détruire. Pourtant, elle n’a jamais fait ça, Leila. Prier. Elle ne croit pas en un Dieu qui laisse mourir des enfants innocents. Mais dans le doute, elle tente de mettre toutes les chances du côté du vieil homme. « Ok. » Mais elle ne sait pas comment réagir, une nouvelle fois, face à ses informations. Alors son regard se porte un instant sur la chambre devant laquelle Dante se trouvait quand elle est arrivée. « J’espère que tout va s’arranger. » Et une nouvelle fois, elle laisse échapper un soupçon d’humanité, qui se veut toujours sincère. Elle espère, Leila, de tout son cœur que l’opération réussisse. Et alors qu’elle a les yeux toujours figés sur cette porte, elle se fait la promesse de suivre ce qu’il en adviendra, retenant dans un coin de sa tête le numéro et l’étage. Qu’importe que ce soit peut-être la dernière fois qu’elle voit Dante, elle souhaite pouvoir s’informer et s’assurer que cette histoire se termine bien en happy-end, contrairement à la leur. Pas dupe sur l’attitude de l’aviateur, Leila tente de se protéger en délivrant Dante de l’obligation qu’il semble s’être donné : celle d’être un tant soit peu agréable avec elle, de s’intéresser à ce qui lui arrive. Fort heureusement – ou malheureusement ? – les choses semblent reprendre le cours normal lorsqu’elle se prend pour toute réponse un ton plus que glacial. Le revoilà donc, le Dante à qui elle a fait face ces derniers temps, celui qu’elle a vu chez lui puis dans cette chambre d’hôpital. Comme elle le craignait, il n’est finalement pas si loin alors Leila referme un peu plus ses bras sur sa poitrine comme pour mieux faire face à l’affront, persister à tenir debout. Ses doigts se crispe même férocement sur son manteau quand il révèle au détour que ses sentiments sont toujours présents. Sait-il à quel point il lui fait mal, en disant ? A quel point il la plonge dans une incompréhension encore plus profonde ? Parce qu’elle ne saisit pas bien, Leila. Comment on peut avoir encore des sentiments pour quelqu’un et lui avoir tout de même balancer de se foutre en l’air. Alors oui, c’est vrai, il y a sa mère. Cette histoire qu’il a effleurée et qu’elle peine encore à digérer, tant elle est sordide. Mais elle n’arrive pas à faire la part des choses, encore trop blessée de son attitude comme il peut l’avoir été de la sienne. « Je te connaissais. » Ne peut-elle pas s’empêcher de murmurer, sachant qu’il s’agit peut-être là de l’ultime affront qui fera de nouveau tout basculer, espérant en partie qu’il n’entende pas sa réponse, qui a été plus forte qu’elle. Elle n’en est plus si certaine que ça, de le connaître, au vu des derniers évènements. Elle aussi a changé. Et quelque chose semble s’être cassé au milieu de tout ça. « Si tu le voulais. » Sa phrase sonne à nouveau comme une constatation plus qu’un reproche. Quoi qu’il en dise, elle a conscience qu’il a besoin de ça, Dante. De faire sortir sa rage, de l’éprouver sur elle pour la punir de son comportement, d’avoir tout gâché. Et c’est vrai, qu’elle a tout gâché, Leila. Elle ne le nie pas. « Mais c’est pas grave. Je comprends. » Alors elle accepte presque de se faire traiter de la pire des façons, quand bien même ça lui arrache un peu plus les tripes, lui tordant l’estomac. Après tout, n’a-t-elle pas fait pareil avec lui, avant son overdose ? Tout à fait. Cela l’a-t-elle soulagé ? Absolument pas. Mais elle ne se sent pas la force de le lui expliquer, de se battre comme elle a tenté de le faire après le drame. Elle s’est bien rendu compte, qu’elle parlait à un mur. « Francesco… venait de me quitter le soir où tu es venu me chercher au bar. » Alors pourquoi se sent-elle obligée de répondre et, pire, de préciser cette rupture qui a existé comme si ça pouvait changer quelque chose ? Parce que ça ne change rien, elle le sait. « Mais il est revenu vers moi après ce message que je suppose venait de ta part. » Dante est le seul à lui avoir rendu visite, dans cette chambre d’hôpital. Ca ne peut donc être que lui qui a eu accès à son portable, sans doute quand elle était encore dans les vapes. Et, toute désespérée qu’elle est, elle le remercie pour ça. « Il vient justement me rendre visite tout à l’heure. » Dit-elle, pour toute réponse. Alors oui, elle le laisse faire, quelque part. En même temps, ce n’est pas comme si elle avait d’autres choix. « C’est la seule personne qui me reste. » Sa voix s’écrase devant la douleur alors qu’elle fuit à nouveau son regard, avec une facilité qui devient de plus en plus déconcertante. Elle ne se cherche pas d’excuses, dans tout ça : elle l’a cherché, Leila. Elle a creusé ses propres douves autour d’elle, murailles de défense d’une femme qui ne voulait pas être sauvée. Et qui ne sait plus très bien construire des ponts par-dessus tout ça maintenant qu’elle a changé d’avis.


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Sujet: Re: Rencontre fortuite | Dante ( le Hier à 23:24 )
Un rire sans joie s’extirpe, tandis qu’il secoue la tête. Il déteste ce jeu auquel elle joue et auquel il ne peut s’empêcher de prendre part en rétorquant verbalement des mots durs, secs, qui parfois sont même irréfléchis. Il ne cherche pourtant pas à la blesser, laisse juste ses émotions sortir et actuellement, elles sont bien plus négatives que positives. C’est trop d’un coup. Il ignore comment il est arrivé à garder son calme aussi longtemps avant de péter un plomb. « Non Leila. » Si elle souhaite appuyer des vérités, autant aller jusqu’au bout des choses : « Cette partie de moi, celle que tu vois, qui t’horripile, tu ne l’aimes peut-être pas, mais ça fait partie de moi. » C’était là, bien caché. De l’amertume à revendre, de la rage ressentie lorsque la drogue est à quelques mètres de lui. C’est son passé, son enfance qui refait surface et qui le pousse à être désagréable, même si parfois, il agit comme jamais il n’aurait pensé le faire. Cette violence dont il a usé lors de leur dernier moment charnel, par exemple, c’est tout sauf lui. La sensualité, la tendresse, la passion, la séduction, oui, mais la brutalité, non. C’est tout ce qu’il était en mesure de lui donner, à cause de cette colère qui sommeillait en lui et qui s’est réveillée d’un seul coup. Auparavant, elle n’avait aucune raison de sortie ; il se raccrochait aux choses positives, aux gens qui l’ont aidé à se relever. Aujourd’hui, il fait face à un monde plutôt obscur. « Tu as cette fâcheuse habitude de savoir ce que je veux et ce que je ne veux pas. Est-ce que tu veux bien me laisser décider, pour une fois ? » C’est ce qu’elle a fait lorsqu’elle a souhaité le préserver de sa descente aux enfers, l’éloigner pour ne plus jamais qu’il revienne. Et elle a presque réussi à le faire. Presque. Seulement, c’est évident, à chaque fois que son regard croise le sien, il se sent poussé vers elle par une force invisible. « Non, je ne le voulais pas, mais tu me pousses souvent à bout en ce moment, au cas où tu l’aurais oublié. » Et encore une fois, Dante se montre sec. Il penche la tête en arrière, reprend son souffle et lui tourne le dos pour parcourir le couloir de quelques pas, avant de revenir vers elle lorsqu’il est question de Francesco. Comment peut-il lui en vouloir de cette séparation ? Ce n’est pas évident d’être en ménage avec une femme qui se noie dans la drogue, qui n’a nullement l’intention de se relever. Il le sait pour l’avoir vécu. Seulement, oui, il lui en veut. Il aurait dû faire plus qu’il n’a fait, il aurait dû être là pour l’aider à survivre, lorsqu’il était encore temps, plutôt que de la laisser agir sur un coup de tête, préférant écouter son chagrin plutôt que sa raison. Mais il sait aussi qu’imposer une guérison pour quelqu’un qui n’en a pas envie, c’est de l’énergie consommée pour rien. « Il venait de moi, oui. J’ai supposé que tu avais besoin de quelqu’un, de lui. J’ignorais tout de cette rupture. » Sans doute aurait-il agit différemment, s’il avait su. Peut-être se serait-il tourné vers un nouveau numéro, une amie dans son répertoire, sans savoir réellement qui. La seule personne de son entourage à qui il a pu parler, c’est cette demoiselle qui lui a envoyé un message, un jour, pour lui faire comprendre qu’elle ne pouvait pas vivre avec ses absences régulières, avec une visite par an, ou deux, qu’il fallait la laisser tourner une page. Est-elle toujours dans son entourage ? Il n’en est pas certain. « D’accord. » répond-il, calmement, les yeux baissés sur le sol. C’est bien pour elle. Alors pourquoi sent-il son cœur se resserrer ? Pourquoi sent-il sa gorge se nouer lorsqu’elle affirme qu’il s’agit de l’unique personne qui lui reste ? Dante serre la mâchoire, puis murmure : « J’étais là Leila. J’étais là pour toi. J’ai pris sur moi pour te venir en aide et tu m’as rejeté. » Sans comprendre la profondeur de cette douleur qui s’était installée au fond de lui et qui persiste, mais il a essayé. Vraiment. L’homme glisse sa main sur son visage, puis détourne son attention, la pose sur le mur, à sa droite. « Ca va aller ? Avec lui, est-ce que ça va aller ? » Il ne lui fait pas pleinement confiance, même pas du tout. Il ne le connait pas, mais il ne l’a jamais aimé, par jalousie. Et c’est toujours le cas, même si ses sentiments sont étouffés, biaisés par sa déception, sa rancœur qui ne s’éteint pas. Encore moins avec cette remarque qu'il prend comme un reproche ; comme s'il l'avait abandonnée, comme si elle lui en voulait pour les derniers événements.


Je sens quelque chose qui ne se dit pas, dont j’ignore la cause. C’est dans tes sourires, un je-ne-sais-quoi qui s’arrête au bord du désir. Quelle est cette voix, qui nous entraîne à renoncer sans regarder l’un vers l’autre ? Si c’est un choix, il faut qu’on s’aime, sans se lasser pour se garder l’un et l’autre. L’un près de l’autre.
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Sujet: Re: Rencontre fortuite | Dante ( le )
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