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- MONSIEUR JAMES & ANABELA, « Je cueille ma souffrance au ventre de mes nuits. » -

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Anabela LaranjeiraLe vin est un puissant lubrifiant social
Anabela Laranjeira
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Âge : Cela fait 32 années que je vois le soleil se lever, puis je suis née à Lisbonne, le 29.11.1986.
Sujet: MONSIEUR JAMES & ANABELA, « Je cueille ma souffrance au ventre de mes nuits. » ( le Lun 10 Déc 2018 - 17:16 )
Je cueille ma souffrance
au ventre de mes nuits.
« Je ne peux pas. Excuse-moi. » Ce sont les derniers mots que j'ai prononcés, alors que je me trouvais à la villa voisine. Je suis éperdument amoureuse d'un homme, je l'aime comme je n'ai jamais aimé qui que ce soit, seulement, j'ai peur. Il m'a brisé le cœur en me faisant comprendre que j'avais le cœur au bord des cuisses, comme mon ancien époux, qui le sous-entendait très souvent, puisque selon eux, le métier d'actrice amène à coucher avec tous les hommes se trouvant sur ma route. Évidemment, lorsque j'étais plus jeune, j'ai eu des aventures, seulement, je ne suis pas une traînée comme ils aiment à penser. Je suis extrêmement malheureuse, je suis perdue, tout simplement. Je sais que j'aime Francesco, inconditionnellement, mais suis-je la femme de sa vie ? Aujourd'hui, j'ai des doutes. Je sais qu'il est l'homme de la mienne, seulement, cela ne peut pas toujours être réciproque.
Poussant un soupire, alors que je me suis installée dans une des chambres du rez-de-chaussée, ne désirant plus dormir à l'étage pour de multiples raisons, je me dis qu'il faut que j'avale quelque chose. Pénétrant la cuisine, alors que je pose mon regard sur le plan de travail, je me trouve face à une bouteille de vin. Je n'ai pas vraiment mangé ce soir, ayant peu d'appétit depuis que nous sommes rentrés d'Australie, et à présent, je n'arrive pas à détourner le regard de cette terrible bouteille qui m'appelle. Je ne dois pas me remettre à boire seule, le fait est que boire un verre est tentant. Très tentant. Trop tentant. Durant une bonne minute, où je pèse le pour et le contre, je sors un verre à pied et finalement, je me serre. « Ce n'est qu'un seul verre. » Je me souffle, bien que je sache que c'est bien plus qu'un simple verre dans le fond. Le fait est que j'ai le cœur brisé, en miettes, littéralement. Je souffre en silence, comme après la fusillade, puis je ne demande aucune aide, parce que la seule personne a qui j'ai accepté de prendre la main m'a fait comprendre que je n'étais qu'une femme facile, une femme qui couche, avec n'importe qui n'importe quand.
Fixant l'obscurité, me trouvant sur une couverture tout près de la baie vitrée, une plaide reposant sur mes frêles épaules, un autre sur mes jambes, je pleure en silence, mon verre de vin à la main. Le temps ne semble pas défiler, il est comme figé sur cet instant terriblement difficile à surmonter seule. Je me sens aspirer par mes démons, puis je sais surtout que je ne peux pas lutter. De toute façon, ils m'auront, alors à quoi bon ? Essuyant quelques larmes, avalant une gorgée de mon vin, je reste ainsi, en silence, dans le noir le plus total. C'est après avoir terminé mon verre que je m'endors, ma tête postée contre la baie-vitrée. Je ne sais pas vraiment combien de temps je reste ainsi à dormir, quand finalement, mon téléphone portable sonne. Poussant un soupire, le cherchant à tâtons sur le sol, la bouche pâteuse, je décroche. « Anabela ? » Il s'agit de ma mère, ma chère mère que je n'ai pas vue depuis un moment, ma mère qui me manque affreusement. « Maman. » Je souffle, sentant de nouveau les larmes affluer, alors qu'elle semble aussi émue que moi. « Je te réveille mon cœur. » C'est une affirmation, elle a raison, mais cela ne me dérange pas, au contraire. « Ce n'est rien. Comment tu vas ? » J'ose demander, une de mes mains se postant sur ma bouche tant je suis émue, bouleverser. « Disons que ça va. » Quelque chose cloche dans l'intonation de sa voix, je la connais, seulement, elle reprend rapidement la parole. « Ma chérie. Je… Je désirais avoir de tes nouvelles. Tu ne m'as pas appelé, après ta courte virée en Australie. » C'est vrai que je communique peu, pas seulement avec ma famille. « Je sais, je… » Que dire ? Je n'en ai aucune idée, puis surtout, je ne veux pas fondre en larmes. « La semaine en Australie a été magique. » C'est vrai, je le pense, nous étions loin de tout, mais toutes les bonnes choses ont une fin. « J'en suis ravi… Écoute chérie. Je sais que tu aimes cet homme seulement. Ana, il n'est pas des plus fidèles. J'imagine que si tu l'aimes autant, c'est qu'il doit être un homme bon, qu'il doit avoir énormément de qualités, mais tu ne peux pas te perdre à travers votre relation. » Je ne suis pas certaine de comprendre et le silence s'installe. « Anabela. Écoute chérie… Teodoro va se marier. » Je ne le savais pas, mais cela ne me fait ni chaud ni froid. « Évidemment, tu devines bien que c'est avec une très jeune femme. » Elle glousse, peut-être désire-t-elle me faire rire, mais ce n'est pas le cas. « Sa fiancée est… » Elle soupire, elle doit peser le pour et le contre, la connaissant. « Il est venu nous la présenter, étant ses anciens beaux-parents et… Anabela, cette jeune femme est… Elle est enceinte. » Mes grosses billes se chargent de larmes, quand je comprends. Aucun homme ne veut de moi pour construire sa vie, je me sens de plus en plus minable à chaque seconde qui s'écoule. « C'est... » J'avale avec difficulté ma salive. « Je suis heureuse pour lui. Pour eux. » Ces mots prononcés me laissent un goût amer, alors que je réalise que je ne mérite personne, que je suis une moins-que-rien qui finira ses jours seule. « Anabela, tu dois reconstruire ta vie, tu dois voir d'autres médecins concernant tes soucis puisque tu n'as pas eu d'autres avis, de second avis, mais je pense que tu devrais rentrer à Lisbonne. Ce Francesco… Ana. Il n'est pas bon pour toi. Je… Je t'assure que je n'ai rien contre lui seulement... » Je ne lui laisse pas le temps de terminer sa phrase. « Je l'aime maman. Je l'aime comme une folle. Je ne peux pas m'en aller, je ne peux pas passer à autre chose. Je l'aime, tu comprends ? Je l'aime tellement. » Ma voix se brise, des trémolos étaient perceptible dans ma voix. « Tu l'aimes tant que ça ? » Il me semble que c'est évident, mais cela ne semble pas l'être du côté de ma mère. « Maman, il s'agit de l'homme de ma vie. » Soudain, j'éclate en sanglots. Je pleure, je poste une main sur ma bouche pour ne pas laisser un quelconque cri s'échapper et finalement, après de longues minutes, ma mère reprend la parole. « Anabela. Il y a des amours destructeurs. Je ne veux pas que cela en soit un pour toi. Je sais que tu es bien plus fragile que tu ne le laisses paraître. Je suis ta mère. » Elle a raison, si je devais me séparer de monsieur Francesco sans totti, je sais que je ne m'en relèverais pas. « Maman… » Je prononce, quand j'entends sonner à la porte. « Je... Attends. » Me levant, essuyant mes larmes, rejoignant la porte d'entrée, j'ouvre à un coursier. « Madame Anabela Laranjeira. » Je regarde le paquet qu'il tient entre ses mains. Il est assez grand, je me demande de quoi il s'agit. « Oui. Pardon. C'est bien moi. » Je signe, avant de le saluer d'un signe de tête, reprenant avec ma mère au téléphone. « Maman, vous m'avez envoyé quelque chose ? » Je demande, alors qu'elle m'affirme que non et que je raccroche. Me rendant jusqu'à la cuisine, je m'empare d'un couteau et finalement, j'ouvre l'immense boîte noire. « Qu'est-ce que… » Une robe, magnifique, griffée, dans les tons de roses, avec une carte, quelques mots.

« Elle vous ira à merveille. Cela faisait bien longtemps que je ne vous avais rien envoyé. »

Pas de signature, mais je reconnais la carte, l'écriture. Lorsque je vivais à Lisbonne, j'avais un admirateur secret qui m'envoyait assez souvent des présents et il semblerait qu'il ait trouvé ma nouvelle adresse afin de m'envoyer de nouveau des cadeaux. « Mon Dieu ! » Je souffle, lorsque je la tiens devant moi. Je n'ai jamais vu une robe si belle, seulement, je ne peux pas la porter. Je n'envisage même pas de l'essayer. Me ruant dans ma nouvelle chambre, je la plie, je la range, me calant de nouveau contre la baie vitrée alors que je me perds dans la vision des vagues qui grignotent un peu plus le sable avant de se retirer.
Neuf heures. Je suis prête. Monsieur James Weaver doit venir me voir. Je ne sais pas s'il s'agit d'un ami, puisque nous ne nous sommes vus qu'une seule fois, seulement, je lui envoie des messages. J'apprécie beaucoup cet homme, je l'ai apprécié dès que je l'aie rencontré, alors que j'étais dans un piteux état. C'était un soir, tard dans la nuit, alors que j'étais bien imbibée d'alcool qu'il m'était venu en aide. Nous avions terminé par nous rendre dans un fast-food, nous avons longuement discuté, avant qu'il ne me dépose non loin de la plage de Posillipo, afin que je puisse recouvrer mes esprits, seule. « Monsieur James. » Je souffle, le regard éteint, me remémorant ce moment, alors que j'ai enfilé une jolie robe, étant pieds nus. Devrais-je enfiler des escarpins ? Je n'en suis pas certaine alors que je me regarde vaguement dans la glace. « Merci le maquillage qui ne coule pas. » Je prononce, essuyant une nouvelle larme qui se fraye un chemin sur ma joue. Lorsque j'entends ma sonnette retentir, je me rends dans l'entrée à pas de course, toujours pieds nus, afin d'ouvrir à mon « futur ami », du moins, je l'espère. Poussant un dernier soupire, lissant ma robe, je me dis tout bas : « Souris. Fais mine que tout va bien. Joue, comme tu as su le faire. » Après ses mots, j'ouvre, offrant un magnifique sourire à l'homme se trouvant devant moi. « Monsieur James. » Je prononce, ravi, il me fait chaud au cœur. « Entrez, je vous en prie. » Je lui laisse la place afin qu'il puisse passer, avant de verrouiller derrière nous. « Je suis heureuse de vous voir. » C'est vrai, même si mon cœur saigne, même s'il est réduit en miette et que mon regard n'a plus le moindre éclat. « Je… Merci d'être venu. » Je me sens rougir, alors que je lui fais signe de me suivre. M'asseyant sur l'un des fauteuils du salon, je l'invite à s'asseoir alors que je m'empare d'un coussin que je poste devant moi, comme pour instaurer une distance, comme pour me protéger du reste du monde, afin de ne pas souffrir davantage. « Vous... Comment allez-vous ? » Je désire vraiment savoir, mais surtout, je désire me noyer dans notre conversation, je désire quelques minutes de répit, pour ne pas penser à tout ce qui peut me faire sombrer à nouveau.

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James WeaverToujours frais après un litre de café
James Weaver
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Sujet: Re: MONSIEUR JAMES & ANABELA, « Je cueille ma souffrance au ventre de mes nuits. » ( le Mar 11 Déc 2018 - 13:54 )
Je cueille ma souffrance

au ventre de mes nuits


Anabela & James


Le café s'arrêta de couler, chaud, fumant dans la tasse du chauffeur qui avait plutôt bien dormi. Il n'avait pas de travail ce matin et s'était arrangé pour ne pas en avoir puisqu'il devait aller voir Anabela. Il le lui avait promis, et depuis le temps qu'il disait qu'il passerait, cela semblait être le moment. Le temps était gris aujourd'hui. Un temps à l'anglaise. Ce genre de temps qui donne envie de ne rien faire. Pourtant le quarantenaire appréciait ce temps gris. Il avait l'impression de retrouver un peu de son pays. Il but tranquillement son café non sans regarder les dernières informations. Rien de bien intéressant, mais cela lui permettait de se tenir au courant des quelques dernières nouvelles, notamment politiques et policières. Mais finalement, il termina son café, offrit quelques câlins à tigrou qui ronronna mais ne prit surtout pas la peine de se lever pour aller se frotter un peu plus à son maître.
- Mouais... Fit James. Toi tu ne te lèves que quand Vittoria est là j'ai l'impression. Son chat ouvrit un oeil comme si il avait compris l'allusion. Espèce d'enfoiré. Fit James dans un sourire avant de se lever pour aller se préparer un peu mieux. Il fila dans sa chambre, ouvrit l'armoire et en sortit l'un de ses costards impeccable, notant avec satisfaction que le traitement contre les mites avait fonctionné. C'était une excellente chose, quand bien même il gardait désormais chaque costume dans une pochette en plastique pour les protéger. Il se changea rapidement, enfila une chemise blanche, simple, manche longue, lissa le col de cette dernière, avec une habitude telle qu'on aurait pu croire que c'était le même rituel tous les matins. Il prit sa belle montre qu'il attacha à son poignet dans un geste là aussi adroit, sûr de lui même, il enfila ses chaussures et là aussi, en quelques secondes, les lacets furent faits. Puis il enfila la belle veste du costume. Noir, simple, mais efficace, ainsi que des boutons de manchettes en argent.

L'instant d'après, fin prêt, après s'être légèrement parfumé, il détestait s'installer dans sa voiture alors qu'il n'était pas impeccable, il filait droit dans le salon pour récupérer ses clés, son porte-feuille et son portable. Il prit soin de vérifier que sa porte d'entrée était verrouillée et finalement, il rejoignit son garage dans lequel trônait sa voiture. Il la déverrouilla et monta à l'intérieur. Il appréciait le confort de son automobile. Toujours. Il ne s'en lassait pas. Finalement, il démarra alors que la porte du garage s'ouvrait. Il sortit tranquillement et attendit que la porte se soit refermée pour partir. Il ne tarda guère à prendre la direction de Posillipo. Il avait l'adresse de la blonde et il ne tarda guère à trouver la villa de la "Miss Atomic Bomb". Quartiers riches ici. Voilà ce que c'était. Mais étrangement, il ne les enviait pas. Pourvu qu'il ait un endroit confortable où coucher et sa voiture, il n'en demandait pas vraiment plus. Le portail était ouvert et il se décida à rentrer dans la petite allée devant la villa. Les pneus crissèrent sur le gravier alors qu'il entrait au pas et que le moteur ronronnait tranquillement. Il coupa le contact et sortit tranquillement, humant l'air frais. Belle journée malgré la grisaille. Il se décida finalement à aller frapper à la porte.

Quelques secondes plus tard, si ce n'est moins, la porte s'ouvrait sur la jolie blonde.  Elle lui offrit un magnifique sourire et l'invita à rentrer. Il ne put réprimer un sourire en réponse au sien et entra. Elle ferma derrière lui alors qu'il prenait le temps de noter chaque détail. La villa avait un certain charme. Il devait le reconnaître. Tout était propre, rangé. D'un certain côté, on sentait la touche de la propriétaire des lieux. Elle l'invita à s'asseoir et il prit place sur l'un des fauteuils du salon alors qu'elle faisait de même, s'emparant d'un coussin qu'elle serra contre elle. Il ne posa pas de question même si cela le surprenait un peu. Elle lui demanda alors comment il allait. Il prit le temps de réfléchir un instant, histoire de ne pas balancer n'importe quoi et de manière désordonné.
- Je vais bien merci. Avec ce temps, c'est... Agréable. Cela me rappelle l'Angleterre. Si tant est qu'on y enlève ce vent qui vient de la mer. Fit-il dans un sourire. Il la regarda plus en détail, prenant soin de détailler chaque élément. Le maquillage parfait, la peau impeccable. Toute cette volonté de montrer qu'elle allait bien, et ce coussin serré contre elle qui prouvait le contraire. Il eut un petit rire avant de finalement reprendre. Vous savez on ne se connait pas depuis longtemps, mais j'ai comme l'impression que vous n'allez pas aussi bien que moi. Il lui adressa un regard tendre. Difficile à croire quand on on savait ce dont il était capable. Mais James était réellement ce genre de personnes qui menait une double vie mais qui ne mêlait jamais, ou très rarement, les deux vies. La nuit il était quelqu'un d'autres parfois le jour aussi. Mais à force, il avait si bien appris à jouer la comédie, que désormais, il se demandait si il n'était pas deux personnes à la fois, deux entités, emprisonnées dans le même corps. Le sien. Finalement il se pencha en avant comme pour réduire un peu la distance qu'elle imposait.
- Alors... Qu'est-ce qu'il vous est arrivé cette fois? Demanda-t-il dans un léger sourire qui se voulait rassurant avant de continuer. D'ailleurs, je croyais que vous aviez du bacon pour ce matin. Je n'ai même pas déjeuner en plus... Et je suis sûr que vous apprécierez également un bon déjeuner, non? Fit-il dans un clin d'oeil pour faire rappel à leur SMS échangés.


codage par LaxBilly.



♠️On a parfois l'impression que tout nous oppose,
En réalité, il n'y a qu'un pas pour que tout nous rapproche.♠️
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Anabela LaranjeiraLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Re: MONSIEUR JAMES & ANABELA, « Je cueille ma souffrance au ventre de mes nuits. » ( le Ven 14 Déc 2018 - 11:53 )
Je cueille ma souffrance
au ventre de mes nuits.
Un sourire triste est encré sur mon visage. Mes grosses billes le sont également. Je ne suis pas en forme et je le regrette amèrement. J'aurais aimé être plus joyeuse pour voir monsieur James, seulement, ce n'est pas le cas. La première fois où nous nous sommes vus, j'étais très alcoolisée et aujourd'hui, je ne lui offre pas mieux. Amaigri, triste, distante, il n'y a aucun doute sur le fait qu'il va s'en rendre compte. « Piètre actrice. » Je me dis à moi-même, alors que je tripote nerveusement le coussin de salon qui repose contre mon ventre, que je sers de temps à autre, tout contre moi. Je dois retrouver une certaine contenance, seulement, je sais déjà que c'est peine perdue. Lorsqu'il me parle du temps, qui lui rappel son Angleterre, je souris. J'ai aimé arpenter les rues de Londres, mais j'ai toujours la désagréable sensation que tout ce que j'ai vécu avant mon divorce appartient à une autre vie. Une vie révolue, une vie qui ne compte plus, une vie que j'ai eue fut un temps, mais qui n'est plus celle que j'ai au jour d'aujourd'hui. Parfois même, il m'arrive à penser que ces brides de mon passé n'en sont pas, comme si je m'étais imaginé une existence de toutes pièces, comme si aucun de ses souvenirs n'étaient réel.
Fixant mes mains depuis une bonne minute, je me redresse lorsque j'entends monsieur James et je m'empourpre. Il a raison, je ne vais pas aussi bien que lui, c'est forcément une évidence, seulement, certaines personnes n'auraient rien dit, elles auraient préféré passer outre pour ne pas être contraint de m'écouter, ce qui n'est pas le cas de l'Anglais. « Vous êtes doué monsieur James. » Je plaisante, bien qu'à l'intérieur de moi, je me sens dévaster, à l'image d'un tsunami ayant tout emporter sur son passage. « Je… J'ai reçu un présent. D'un inconnu. » Je précise, alors que je n'ose pas croiser son regard. « Il m'envoyait déjà des cadeaux lorsque je vivais à Lisbonne, seulement, cela à recommencer aujourd'hui. » Il est vrai que cette situation m'inquiète, me rend nerveuse, sans parler du reste, de ce qui me fait mal, de ce qui ne va réellement pas. « Je… Je n'y pensais plus pour être franche. Je ne me souvenais pas de cet inconnu, qui m'envoyait couramment des courriers, des cadeaux... » À l'époque, n'étant pas des menaces, on m'avait fait comprendre que ce n'était que de « gentils » messages d'un admirateur inconnue ou admiratrice et que je n'avais pas à m'en inquiéter. « À Lisbonne, on m'avait dit de ne pas m'alarmer. » Le fait est que malgré tout, cela m'inquiétait et ça recommence. « J'imagine que là aussi, je n'ai pas à m'inquiéter. » J'ajoute, alors que je hausse les épaules, m'empourprant à nouveau. N'osant pas croiser le regard de monsieur James, je me rappelle qu'il faut que je lui touche un mot à propos de ma chère voiture, que j'affectionne énormément et dont j'ai peur qu'elle ne tienne pas bien longtemps si je la laisse ainsi, à « l'abandon » si je puis dire, dans le garage. Seulement, je n'ai pas le temps d'ouvrir la bouche que mon visage vire au rouge tomate. Postant une main sur ma bouche, comme aurifier, je me rends compte qu'effectivement, il nous manque l'essentiel : le bacon. « Pardon monsieur James ! » Je dis, alors que je me lève d'un bond, lui faisant signe de me suivre alors que je repose le coussin de salon sur le fauteuil. « Je… Je… Je ne sais pas quoi dire. Je suis confuse. Pardonnez-moi ! » J'ajoute, m'en allant près du frigo pour en sortir le bacon. « Cela ne vous dérange pas que je le fasse maintenant ? Je suis vraiment désolée qu'il ne soit pas près je... » J'étais ailleurs, c'est clair, très net, je n'ai pas besoin de le lui dire, car il le sait déjà. « Je m'en occupe. » J'ajoute, gênée, passant un tablier, avant de me laver les mains. « Vous qui aimez le bacon, vous le cuisinez ? » Soudain, un mince sourire naît sur mon visage. « Vous n'avez pas un petit truc, un petit quelque chose lorsque vous vous en préparez ? » Je demande, curieuse, mettant de côté tout ce qui ne va pas pour profiter de l'instant en cuisinant peut-être avec monsieur James, cet homme que je connais peu, mais que j'affectionne tant, sans doute parce qu'il ne me juge pas, mais également parce que près de lui, je sais qu'il ne peut rien m'arriver.
Heureusement pour moi, il n'est pas du genre à s'énerver pour si peu, à être désagréable, comme certaines personne le font. Beaucoup plus à l'aise à présent, jetant un nouveau coup d'œil dans mon frigo, je reprends notre conversation. « Sans transition monsieur James, je voulais vous parler de ma voiture. » Il est certain que j'aurai pu ne pas l'embêter avec celle-ci si j'en avais touché un mot à mon voisin si particulier à mes yeux, seulement, j'ai préféré me tourner vers monsieur James, sans doute pour avoir l'occasion de le revoir et de discuter avec lui, de tout, de rien, de ce qui va, de ce qui ne va pas, sans jugement aucun. « La pauvre ne roule plus depuis mon retrait de permis. » Je continue, quand je me dis qu'il serait tant de le récupérer ce permis, bien que cela ne me permettrait plus de contacter monsieur James, bien que je suis certaine que je pourrais trouver des choses afin de lui envoyer des messages ou encore afin de le revoir pour partager ce genre de moment. « Je sais ce que vous vous dîtes. Si je récupère mon permis de conduire, vous n'aurez plus la chance d'être en ma compagnie ! » Je plaisante, un léger rire s'échappe même d'entre mes lèvres et je reprends : « En même temps, si je suis de nouveau alcoolisée, je pourrai vous passer un coup de fil, afin que vous puissiez me ramener à mon domicile, pour que je ne le perde pas une fois encore. » Puisque je l'avais perdu en roulant au pas, fenêtre ouverte, ma tête hors de l'habitacle, pour voir ou plutôt pour « essayer » de voir la route ou de possibles obstacles. « Alors ? Un secret ? Une astuce ? » Je reprends, le regardant, mes grosses billes scintillantes, alors qu'il doit se rendre compte que je passe d'un sujet à l'autre, sans transition aucune, même lorsque je suis sobre. « Oui. Je suis ainsi sans être bourré. Une véritable cause perdue ! » Je termine, un sourire toujours présent sur mon visage.


@JAMES WEAVER
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James WeaverToujours frais après un litre de café
James Weaver
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Sujet: Re: MONSIEUR JAMES & ANABELA, « Je cueille ma souffrance au ventre de mes nuits. » ( le Lun 17 Déc 2018 - 13:35 )
Je cueille ma souffrance

au ventre de mes nuits


Anabela & James


Le regard un peu triste, la jolie blonde avait néanmoins accueilli son invité avec le sourire. Il ne souhaitait pas s'imposer, mais de toute manière c'était elle qui l'avait invité. Si il donna de ses nouvelles à lui, il devait bien admettre que le cas de Ana le préoccupait un peu. Malgré le maquillage, malgré l'habillage, malgré le masque qu'elle tentait de poser sur son visage, elle ne parvenait pas à cacher une certaine tristesse et il sentait bien qu'elle n'était pas tout à fait dans son assiette. Il souhaiter l'aider. Il apprécier cette jeune femme, un peu folle de temps en temps, qui avait eu le don de le faire sourire. Calme, pose, tranquille, James semblait tout l'inverse de la jeune femme qui semblait plus agitée, plus inquiète, et moins sûre d'elle. Finalement, il demanda, par une question légèrement détournée pourquoi elle n'allait pas trop bien. Elle déclara qu'il était doué et il esquissa un faible sourire. Pas toujours, mais disons que là, dans ce cas-ci, il le voyait bien. Un aveugle l'aurait vu en vérité. Et finalement, elle se lança. Elle avait reçu un présent d'un inconnu. Cela le fit sourire. Et bien lui, il ne recevait jamais de présent, d'une part parce qu'il n'en demandait pas, mais il n'en voulait pas non plus. Cependant, n'était-ce pas flatteur? Elle continua alors qu'elle semble connaître "l'inconnu" en question. Non pas qu'elle connaisse la personne mais qu'il s'est déjà manifesté par le passé, lorsqu'elle était à Lisbonne. Il réfléchit un instant. C'est plutôt embêtant en effet. Un fan qui irait trop loin? Quelqu'un tombé amoureux d'elle? C'est fort probable aussi. Elle admet alors qu'elle l'avait oublié, malgré que le cas se soit présenté plus d'une fois à Lisbonne. Mais à l'évidence, le sujet l'inquiétait et il y avait de quoi. Là ce n'était plus un admirateur, cela tournait presque pour du harcèlement en fait. Comme quoi le monde des célébrités, des paillettes, de Hollywood, ce n'était pas forcément avantageux.  Si on lui avait dit de ne pas s’inquiéter lorsqu'elle était à Lisbonne, et qu'elle faisait croire qu'il fallait faire de même ici, cela la troublait. James eut un instant de réflexion. Ce n'était pas le genre de sujets qu'il était amener à traiter en règle générale. Finalement, il essaya de l'aider.
- Vous avez essayé d'en parler à votre... Petit ami? Elle devait bien en avoir un, même si il ne lui avait jamais vraiment demandé. Il lui avait semblé lire qu'elle sortait avec un grand milliardaire du coin, mais n'étant vraiment pas fan des potins et des magasines de ce genre, il ne s'y était pas attardé. Le sujet ne l'intéressait pas à vrai dire. Il préférait entendre les choses de la bouche des concernés plutôt que des journalistes, toujours doué pour en déformer un minimum la vérité. Le mieux c'est de lui en parler peut-être, il saura sans doute que faire, non? James proposait des solutions qu'il aurait peut-être lui-même mis en application si il avait été à sa place.

A la mention du bacon et éventuellement du café, elle se lève d'un bond. Il sourit alors en la voyant s'affairer alors qu'elle lui fait signe de le suivre. Il se lève, plus tranquillement cependant, et la suit alors qu'elle enfile rapidement un tablier qu'elle noue autour de sa taille et elle ouvre le frigo pour en sortir le fameux bacon. Confuse, gênée, elle se fond en excuse. Oui, elle était ailleurs, il l'a bien compris, et, se voulant rassurant, il finit par lui faire signe de se calmer.
- Vous en faîtes pas, ce n'est pas grave Anabela. Il n'y a pas le feu. ajoute-t-il sur un ton léger alors qu'elle s'affaire à se mettre en place pour le cuisiner. Et finalement, elle lui demande si il le cuisine. Bien sûr! Tout bon anglais sait cuisiner son bacon, c'est essentiel, non? Tout bon anglais qui n'a pas les moyens pour se le payer chaque matin au restaurant du coin ou qui n'a pas les moyens d'avoir une cuisinière attitrée.
- Oui, je le cuisine moi-même... Quand à y ajouter un petit quelque chose, non pas vraiment. Fait-il finalement tentant de réfléchir à la manière dont il le fait. Mais non, il n'ajoute vraiment rien, il l'aime comme ça, l'accompagne d'un croissant parfois, et bien sûr d'un bon café après le tout. Les anglais sont bizarres, on en convient aisément partout autour du globe, mais ce qui est satisfaisant, c'est de voir que beaucoup d'américains font de même, les canadiens également, et même les australiens. La cuisine britannique, quoique d'un niveau moindre que la cuisine française ou même italienne n'en est pas moins reconnu aux quatre coins du globe il faut croire. Au moins dans cette simple habitude du bacon. Et finalement, sans attendre, elle passe sur un autre sujet.

Cette fois elle lui parle de sa voiture. Oulah, quel rapport avec tout ça? C'est la vraie raison de sa présence ici. Elle lui avoue que la voiture ne roule pas beaucoup, surtout depuis qu'elle a perdu le permis, elle reste au garage. Si elle tient à ne pas finir au poste avec une belle amende en prime, c'est peut-être le mieux pour le moment. Or, elle semble avoir une idée en tête, aussi ne la coupe-t-il pas et l'écoute-t-il jusqu'au bout. Elle plaisante sur le fait que lorsqu'elle aura à nouveau son permis, il n'aura plus le plaisir d'être en sa compagnie, et de la conduire un peu où elle le souhaite. Ce n'est pas faux, mais ils seront toujours à temps de se voir si elle le veut, non? Et si il est disponible. D'un autre côté, comme elle l'ajoute si bien, il pourra toujours venir la chercher lorsqu'elle est alcoolisée. Oui, cela évitera un autre retrait du permis, assurément, et ce sera mieux pour tout le monde, pour elle, comme pour les autres.  Et soudain, sans prévenir, elle revient au bacon. Bon sang, il ne l'avait pas vu venir! Il est lui-même un peu déstabilisé alors qu'elle finit par dire qu'elle est une cause perdue, même non bourrée. Sans doute. Mais au moins c'est amusant. Il finit par s'approcher, se saisit d'une tranche de bacon et d'une deuxième et les jette dans la poêle.
- Le secret, fait-il alors, c'est de ne pas trop élever le feu. Il faut faire cuire la viande à feu doux pour qu'elle n'accroche pas à la poêle et qu'elle cuise bien à l'intérieur. C'est un peu plus long, mais c'est délicieux. Ensuite, le bacon va brunir légèrement, c'est à ce moment qu'il faut le sortir. Il sera légèrement croustillant sur le dessus, mais bien cuit et tendre à l'intérieur. Même si en vérité la tranche ne fait que 09 mm d'épaisseur. Plaisante-t-il alors.  

Il la laisse prendre les commandes à nouveau et se lave les mains ensuite pour se débarrasser du gras qui s'est mis sur le bout de ses doigts. Puis, tout en se lavant les mains, il finit par dire.
- Pour votre voiture... Et bien oui. Je pourrais toujours venir vous chercher quand vous serez alcoolisé, il n'y a pas de soucis. Ne vous inquiétez pas pour cela. Le britannique finit enfin par se sécher les mains avant de revenir à côté d'elle, les mains dans les poches de son pantalon, mais légèrement en retrait au cas où la poêle lui enverrait quelques gouttes d'huiles ou de gras. Il n'a pas réellement envie de salir son costume de si bon matin. Il reste alors silencieux, peu bavard en réalité comme à son habitude, se contentant de la regarder faire avant d'être attirer par un bruit. Celui de la mer. Il décide alors tranquillement de se laisser guider par son ouïe fine jusque devant la baie vitrée. Là, il voit le jardin, mais surtout la plage derrière, et la mer. Ancien membre des forces spéciales rattachés à la Navy, James a toujours éprouvé quelque chose de particulier pour la mer. Là, alors que le soleil se lève à peine, illuminant l'eau de ses rayons, les vagues roulent tranquillement, se laissant échouer sur la plage. Et il contemple cette immensité alors que déjà quelques bateaux de pêcheurs prennent la mer de si bon matin. Le spectacle lui plait. C'est à la vérité, magnifique.




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Sujet: Re: MONSIEUR JAMES & ANABELA, « Je cueille ma souffrance au ventre de mes nuits. » ( le Mer 2 Jan 2019 - 18:25 )
Je cueille ma souffrance
au ventre de mes nuits.
* *
« ANABELA ! » Teodoro hurle mon prénom et les larmes aux yeux, je le retrouve à l'entrée de notre villa. « Qu'est-ce qu'il y a ? » Je souffle, abattue, croisant les bras quand son regard croise le mien. Un frisson me parcourt immédiatement, puisque j'y décèle de la colère, comme depuis des mois, seulement, plus le temps passe et plus sa colère gronde. Il a commencé par des mots insultants, des menaces, puis il y a continué en me donnant des gifles et cela a continué à s'aggraver, usant même de harcèlement psychologique. « C'est quoi encore ce foutu paquet ? » Ne comprenant pas, je fais un pas vers lui alors que je me rends compte qu'il s'agit encore de mon admirateur secret, je n'en ai aucun doute. « C'est… » Je pointe le paquet du doigt. « C'est, tu sais. Mon ad… » Je n'ai pas le temps de terminer ma phrase, qu'il me coupe, s'emparant de ma main. « C'est ton amant oui ! Ça t'amuse qu'il t'envoie des cadeaux en se moquant de moi. » J'ai peur, je suis comme paralysée alors qu'il devient plus brutal, me tirant vers lui par ma main, serrant à présent mon poignet. « Tu me fais mal. » Je parviens à souffler, lorsque je l'entends craquer.

* *
Prostré. C'est ainsi que je me trouve alors que je suis en compagnie de monsieur James, touchant mon poignet instinctivement. Lorsqu'il me demande si j'en ai parlé à mon petit ami, mon regard croise le sien. Poussant un soupire, je fais « NON » de la tête, puisqu'effectivement, je n'en ai pas parlé avec Francesco. À vrai dire, ayant reçu le paquet quelques heures auparavant, je n'ai pas eu le temps de lui rendre visite. J'aurais pu le faire, puisqu'il n'est qu'à quelques mètres de moi, seulement, depuis notre retour d'Australie, j'ai la sensation que ces quelques mètres sont en réalité des kilomètres et bien plus encore. C'est comme si l'un de nous deux était resté en Australie. C'est comme si l'un de nous deux n'était pas rentré, laissant l'autre, impuissant, seul, sur un autre continent. Je ne sais pas si ceci est de ma faute, m'éloignant depuis notre retour, à cause de mon passif, à cause de ses mots qui restent inscrit dans ma mémoire, lorsqu'il m'a laissé en s'en allant s'enfermer dans les toilettes, montant comme un premier mur entre nous. La gorge serrée, nouée, je n'arrive pas à prononcer le moindre mot à monsieur James, alors que cette fois-ci, c'est sur ma poitrine que je devrais poser ma main. J'ai mal rien qu'à penser à cette distance qui s'est instaurée entre nous, mais ce n'est pas le moment d'y penser. Je ne veux pas gâcher la visite de monsieur James, puis je ne veux pas non plus l'embêter avec mes peines et mes doutes, ainsi que cette douleur latente qui est revenue, semblable à celle que je ressentais lorsque mon amie a été abattue lors de la fusillade.
Serrant davantage encore le coussin que j'ai attrapé dès lors que je me suis assise, j'avale avec difficulté ma salive lorsque monsieur James parle du bacon, que je lui avais promis de faire, lorsque je l'ai contacté par textos. Grâce à cette mention, je trouve la force de me lever, me confondant en excuses, attrapant mon tablier pour cuisiner alors que je lui demande son secret pour cuisiner le bacon. Mes grosses billes bleutées scintillantes, je le regarde un instant, comme si je m'attendais à connaître LE secret le mieux gardé au monde, alors qu'il ne s'agit que de bacon, le fait est que mon premier amour a toujours été la nourriture, salé ou sucré. Lavant mes mains, j'attends sa réponse alors qu'il semble réfléchir pour me faire part DU secret afin de cuisiner le bacon comme les Anglais et lorsqu'il ouvre la bouche, je le fixe de nouveau, comme la fois précédente, étant suspendu à ses lèvres. Lorsqu'il m'annonce qu'il le cuisine effectivement lui-même, mais qu'il n'y ajoute rien, je fais la moue. Ma déception est perceptible alors que je mets de l'huile dans la poêle, réduisant au minimum les flammes, afin de ne pas faire sauter celle-ci, puisque cela pourrait nous tâcher, mais aussi nous brûler. Reprenant, je lui parle à présent de ma voiture, puisque je la chéris, même si je ne le fais pas savoir à tout le monde. Ma magnifique voiture me manque beaucoup, dans le sens où je la connais par cœur et que j'adore la conduire, ce qui me rend triste de nouveau. Lorsqu'il faisait beau, je m'emparais de mes clefs et je m'en allais sur les routes, sans me poser de questions, les fenêtres ouvertes afin de goûter à la liberté pure et simple. Je ne me suis jamais senti plus libre que lors de ses après-midi où je quittais tout, oubliant même les disputes et les querelles, profitant simplement du vent sur mon visage. Parfois, je me disais que je pouvais partir et ne jamais revenir lorsque je grimpais dans celle-ci, comme si elle pouvait me libérer de cette prison où je me trouvais depuis bien trop longtemps, mais je ne sais pour quelles raisons, je revenais toujours, ce que je regrette parfois, quand j'y repense.
* *
Il est tard. Le soleil s'est couché depuis un petit temps alors que je rentre chez moi. Je n'ai rien avalé depuis le déjeuner, si on peut considérer quelques feuilles de salade comme étant un déjeuner. Poussant un soupire, refermant derrière moi avant de laisser les clefs dans le vide-poche, j'appuie sur l'interrupteur du couloir, afin de ne plus être dans le noir. Ôtant mes bottines, je rejoins la cuisine en traînant des pieds lorsque j'entends un son. Allumant immédiatement la lumière, je découvre Teodoro, un verre de whisky vide devant lui, alors qu'il me fusille du regard. « T'étais où ? » Il me demande, attrapant la bouteille pour remplir son verre. « Je suis allée faire un tour. » Je réponds, rejoignant le frigo. « Ne me tourne pas le dos ANABELA. » Sa voix s'élève alors que je tressaille lorsque j'entends son verre se briser sur la table. « RETOURNE-TOI ! » Il m'ordonne, alors que je trouve le courage de lui faire face. « Quoi encore Teodoro ? Moi aussi, je peux élever la voix, moi aussi, je peux m'énerver et briser des choses ici, tu veux que je te montre peut-être ? » Mon regard est glacial, tout comme le sien. Je ne comprends pas comment nous en sommes arrivés à ce stade, alors que cette annonce aurait pu renforcer notre amour, alors que nous aurions pu essayer un traitement ou plusieurs, ce qu'il a refusé, clôturant le sujet le jour même où nous avons appris la nouvelle. « T'étais avec qui. RÉPONDS tout de suite. » Se levant, me rejoignant, étant si près de moi que je peux sentir qu'il pue l'alcool, je réponds, furieuse : « J'étais avec un homme, puis un autre. J'ai couché avec les deux et ensuite, n'étant pas rassasié, j'en ai vu un troisième et finalement, je suis rentrée. C'est ce que tu veux entendre non ? Je ne suis pas capable de te faire des enfants et je suis une traînée. C'est bien ce que tu penses, n'est-ce pas ? » Je reste devant lui, sans ciller, alors qu'il me pousse tout contre le frigo. « Ouais, t'es une traînée. Tu me dégoûtes. » Donnant un coup-de-poing au réfrigérateur, à peu de centimètres de mon visage, une immense peur grandie en moi. Lorsqu'il tourne les talons, me laissant seule, je me laisse tomber sur le sol.
* *
Je sursaute légèrement lorsque monsieur James me rejoint. S'emparant d'une première tranche de bacon, il la jette dans la poêle pour s'en emparer d'une seconde. Le laissant faire, reculant d'un pas, il m'explique comment lui-même prépare le sien. Je l'écoute avec attention lorsqu'il me dit que les tranches ne doivent pas coller, puis qu'il faut prendre plus de temps, réduisant le feu, pour qu'ainsi, elles soient croquantes à l'extérieur et tendre, mais bien cuite à l'intérieur. « D'accord… Je vois. » Je souffle pour toute réponse, quand il ajoute qu'elles ne font que neuf millimètres d'épaisseur, ce qui fait naître une grimace sur mon visage. M'emparant de l'emballage, je cherche où cela est écrit quand je me dis qu'il doit plaisanter et je m'empourpre, mon visage étant aussi rouge qu'une tomate. « OH. Vous plaisantiez. » Je prononce, alors qu'il semble amuser, ce qui me fait sourire. Me laissant reprendre les commandes puisqu'il va se laver les mains, je m'essaye à sa technique, souriant davantage, étant persuader qu'à présent, mes tranches de bacon seront encore meilleures. Quand il revient à mes côtés, étant malgré tout légèrement en retrait, il reprend au sujet de ma voiture. Il sera présent si j'ai besoin de lui, si je ne suis pas en état de conduire, ce qui me touche, seulement, il ne semble pas avoir compris ma requête. « C'est très gentil monsieur James, mais… Ce que je voudrais, c'est qu'une personne s'en occupe, le temps que je puisse la conduire de nouveau. Vous comprenez ? » Ma voiture est un présent de mon père, elle m'est précieuse, comme « le fameux précieux » dans « Le seigneur des anneaux ». « C'est important qu'on la conduise pour qu'elle ne « pourrisse » pas, si je puis dire, dans le garage de la villa familiale. » De nouveau, mes prunelles scintillent, mais ce coup-ci, elles sont emplies de larmes et elle retranscrivent une supplication. « Je… Je sais qu'on se côtoie depuis peu, le fait est que j'ai confiance en vous alors, si vous avez un ami qui pourrait s'en occuper ou même vous, ça me rassurait. Cependant, concernant le fait que vous pourrez venir me chercher si j'ai trop bu, je vous prends au mot. Je vais vous mettre dans mes favoris pour vous embêter dès que j'ai un petit coup dans le nez. » Je lui offre un mince sourire, reprenant ce que j'étais en train de faire, lorsque je termine. Jetant un coup d'œil au-dessus de mon épaule, je constate que monsieur James s'est éloigné, puisqu'il se trouve à présent face à la baie vitrée, regardant sans doute l'immensité de la mer. M'approchant avec lenteur, je me pince les lèvres avant de me poster à ses côtés, fixant moi aussi un point au loin, quelque part entre la mer et le ciel qui se confondent. « C'est magnifique, vous ne trouvez pas ? Auparavant, l'immensité des mers, des océans, me faisaient peur. » Je m'arrête un instant, profitant simplement. « Comme il ne fait pas très chaud, je vous propose de déguster le bacon dans la cuisine et ensuite, nous ferons un tour dans le jardin, puis sur la plage. Vous me suivez ? » Je demande, déposant une main sur son épaule avant de le laisser, mettant la table pour que nous puissions manger notre bacon. Soucieuse, je me demande si je devrais préparer autre chose pour accompagner le bacon, comme des œufs par exemple, lorsque monsieur James émerge. « Voulez-vous autre chose avec le bacon ? Est-ce que vous désirez boire votre café en même temps ? » Je pose beaucoup de questions, le fait est que j'aime lorsque tout est parfait, même s'il ne s'agit que de boire un café ou encore un thé.


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Sujet: Re: MONSIEUR JAMES & ANABELA, « Je cueille ma souffrance au ventre de mes nuits. » ( le Ven 11 Jan 2019 - 12:11 )
Je cueille ma souffrance

au ventre de mes nuits


Anabela & James


James n'est pas le genre de gars, à première vu, très intéressé par autrui. Certains le qualifierait d'égoïste, les plus sympas diront qu'il est discret. La vérité, c'est qu'il ne se mêle pas des affaires des autres pour la simple et bonne raison qu'il ne veut pas qu'on se mêle des siennes. Mais cela ne signifie pas pour autant qu'il est un parfait insensible. Bien au contraire. Il ignore si c'est le fait d'avoir peut-être vu la mort de près ou si c'est à force de côtoyer diverses personnes a bord de sa voiture, le fait est qu'il a développé une certaine capacité à observer les gens et à en déduire des sentiments, à voir si ils allaient bien ou non. A force, il a appris que le visage est peut-être, chez l'être humain, la partie du corps la plus expressive, et si certains parviennent plus ou moins à le cacher, le regard ne trompe pas en général. Il faut bien admettre que l'oeil aiguisé de James ne manque jamais de remarquer ce qui ne va pas, et de lire - en quelques sortes - dans les pensées des autres. A présent qu'il est devant Ana, il sait qu'elle ne va pas pour le mieux. Mais ce n'est pas le même mal d'y il y a quelques soirs où il l'a ramené alors qu'elle était bourrée, non. C'est autre chose. Le soupir de la jeune femme, sa réponse négative lorsqu'il lui demande si elle en a touché un mot à son petit ami, le chauffeur n'est pas dupe. Il s'est passé quelque chose. Mais il préfère ne pas en parler. Si elle souhaite lui en parler, elle le fera.

Finalement, ils passent à autre chose: Le bacon. Malheureusement pour elle, il n'a pas d'ingrédients miracle pour le rendre meilleur ou différent. Lui, il aime le bacon normal. Nature. Sans ajout. C'est comme ça qu'il l'apprécie. Peut-être parce qu'il a toujours été habitué ainsi, allez savoir. En tout cas, elle semble déçu qu'il n'y ait rien de plus. Mais au lieu de se démonter, il se décide à lui donner quelques conseils. Le secret d'un bon bacon n'est pas dans ce qu'on y ajoute, mais dans la manière de le préparer. Il finit par lui laisser la main alors qu'elle reprend, non sans avoir remarqué qu'il plaisanter sur l'épaisseur de la tranche.
- Oui honnêtement je ne connais pas l'épaisseur d'une telle tranche et en vérité, je crois que je m'en fiche. Fait-il dans un sourire tranquille avant de revenir près d'elle. Il finit alors par reprendre.
- Une fois que vous avez bien fait cuire un côté, retournez la tranche pour que les deux côtés soit cuits. Cela, elle doit savoir faire, mais il faut savoir à quel moment agir. Maintenant allez-y. Et elle s'applique à suivre le conseil, retournant les tranches alors que l'huile frétille dans la poêle. Il la laisse faire alors qu'elle reprend au sujet de sa voiture, non sans lui dire qu'il est gentil. Or, il n'a pas compris sa demande visiblement. Et elle se fait alors plus claire. Elle souhaiterais que quelqu'un s'en occupe. Il hausse un sourcil, curieux. Il a déjà une voiture dont il doit s'occuper, et, ce n'est pas que cela le dérange, mais il trouve la proposition curieuse. De plus, méfiant malgré qu'il pense qu'elle ne doit pas être le genre de femmes à tourner dans certaines embrouilles, il reste tout de même prudent face à une telle demande. Elle finit par dire qu'elle aimerait que quelqu'un la conduise histoire qu'elle ne prenne pas la poussière dans la garage. Et puis, il faut avouer qu'il n'est jamais bon de laisser un moteur à l'arrêt pendant trop longtemps. Cependant, James hésite. Il ne sait pas quoi répondre. En fait, il a trop peu d'éléments un main. Il aimerait premièrement voir la voiture, éventuellement l'entretient, et puis... Il regarde Ana. Elle ne le supplie pas, mais son regard est insistant et embué.
- Et bien, déjà il faudrait que je la voit. Selon la voiture j'ai peut-être un ami qui pourrait la faire sortir un peu. Mais oui. Finit-il par dire. J'accepte. Cependant, j'aimerais avoir tous les papiers en main et notamment le carnet d'entretient. L'informe-t-il. Ce n'est pas que je ne vous fais pas confiance, ajoute-t-il, mais c'est que j'aime bien en savoir un peu sur la voiture que je conduis. Et vu le statut financier de la jeune femme, il parierait sur un gros coupé sport. Cela ne l'étonnerait qu'à moitié.

Finalement, après qu'elle lui ait dit qu'elle lui fait confiance et qu'elle l'ajouterait à ses favoris pour l'embêter les soirs où elle aurait un peu trop bu, il se porte alors devant la baie vitrée de la jeune femme pour y admirer la mer. Étrangement, l'eau l'a toujours attiré. A l'armée, il avait effectuer quelques missions où ils arrivaient depuis les eaux, et autant dire que dans le domaine de la plongée et de la natation, il n'avait guère tarder à devenir un grand champion dans l'équipe. Le fait est que son attirance pour la mer le faisait parfois hésiter. Il hésitait dans le fait de s'acheter un bateau. Pas un yacht, non, mais plutôt un grand voilier. Il voulait entendre le vent claquant dans les voiles, le gréement qui craquait au rythme de la houle, alors que la coque fendrait les flots. Il avait désormais plus d'un rêve en tête depuis qu'il avait rencontré Vittoria. Or, à toute part de bonheur, il y avait aussi sa part de malheur. Et pour lui, elle consistait en une situation complexe. Il préférait d'ailleurs chasser ce genre de pensées qui ne le mettaient pas vraiment de bonne humeur. Elle le rejoignit alors, lui avouant qu'elle avait eu peur de cette immensité d'eau, fût un temps. Il haussa un sourcil et la regarda.
- Vraiment? Et ce n'est plus le cas? Demanda-t-il en la suivant alors qu'elle proposait de prendre le déjeuner à l'intérieur avant de sortir. Il accepta d'un hochement positif de la tête, l'idée était bonne et il n'avait pas particulièrement envie de se geler. Il prit donc place alors qu'elle lui servait le bacon en lui demandant si il souhaitait le manger avec le café.
- Je veux bien s'il vous plait. Répond-il en ce qui concerne le café avant de dire. Vous savez quoi? Je crois que ce qui aurait pu accompagner ce bacon aurait été des croissants. Il sourit. Mélanger le salé et le sucré ne le dérange pas, du moins pas là. Mais comme j'ai oublié d'en prendre, je pense que le bacon suffira amplement. D'autant que l'agréable fumet du bacon vient déjà titiller ses narines, et rien qu'à l'odeur, il sait qu'elle ne l'a pas loupé. Honnêtement, je pense que vous avez bien réussi. il sent très bon. Maintenant que j'y pense, je viens de me souvenir que vous auriez dû ajouter un truc à la cuisson: Du Romarin. J'ai un ami qui fait ça et ça rajoute une touche vraiment agréable. Mais j'ai complètement zappé. Désolé. Fait-il dans un sourire, se fendant en une excuse. Ils feront mieux la prochaine fois après tout.


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Sujet: Re: MONSIEUR JAMES & ANABELA, « Je cueille ma souffrance au ventre de mes nuits. » ( le Sam 19 Jan 2019 - 2:59 )




Souvent, par un excès de confiance, on ouvre son cœur à des indifférents, on répand son âme devant eux. C'est une faiblesse à laquelle on est entraîné par l'inexpérience et par le chagrin. La peine cherche à se soulager, et le défaut d'expérience nous dérobe le danger de notre franchise. -
Jean Baptiste Blanchard,
Les maximes de l'honnête homme (1772)

Mes parents ne cessent de me dire que je suis bien trop ingénue et à cet instant, je dois bien admettre qu'ils ont raison. De coutume, je leur tiens toujours tête, le fait est qu'à cet instant, s'ils étaient présents, je leur ferais un mea-culpa. Soupirant, cela me rappelle inévitablement que nous sommes quelque peu en froid, puisqu'ils n'approuvent pas mon petit ami : Francesco Spinoza. À vrai dire, il s'agit surtout de mon père ainsi que de mon frère qui affirment tous deux qu'il est temps que je les rejoigne, que je retourne vivre à Lisbonne. Pour être tout à fait franche, je dois bien admettre que ma ville natale me manque lorsque j'y pense, le fait est que je ne suis tout simplement pas prête à y retourner pour l'instant. Les raisons ? Les photographes qui seraient présents dès ma sortie de l'avion, puis également, le fait que mon ancien époux va dire « oui » de nouveau, à une femme bien plus jeune que moi, mais également plus fertile, puisqu'elle est enceinte. Penser cela noie mes grosses billes de larmes, mais je ne dois rien laisser paraître. J'ai suffisamment été lourde avec monsieur James là fois où nous nous sommes rencontrés, étant donné que j'étais bien alcoolisée. Le plus terrible n'a pas été l'état d'euphorie dans lequel je me trouvais, mon excitation, mais plutôt, la fin de notre soirée ensemble, puisque j'ai fondu en larmes sous ses yeux. « C'est prohibé Ana. » Je me dis intérieurement, alors que je ferme une seconde les yeux.
Étant à mes côtés, monsieur James m'explique que je dois retourner les tranches de bacon et finalement, il me donne comme un compte à rebours, afin qu'elles soient parfaites, mais surtout très très bonnes. « OK ! » Je prononce, retournant les tranches lorsqu'il m'annonce d'y aller et puis, concentrée, le silence s'installe après ma demande à propos de ma voiture. Il faut dire que je l'aime, que je la chéris et je n'ai plus qu'une seule envie : celle de la conduire de nouveau. Seulement, pour être franche, je ne pense pas le mériter. Plus les années passent, plus je m'enferme dans des cases. Je me brime, n'ayant plus confiance en moi, pensant que je ne mérite rien de ce monde, surtout lorsqu'il s'agit de personnes à qui je tiens et réciproquement. Penser à cela me mine, le fait est que je suis ainsi et cela s'est accentué avec la fusillade. Penser à celle-ci me peine de plus belle, puisque toutes les nuits, lorsque je dors seule, je revois le corps de mon amie s'écrouler sous mes yeux, impuissante. Soupirant, alors que l'image de cette atrocité reste encrer sur ma rétine, monsieur James reprend, au sujet de ma voiture. Relevant la tête, croisant son regard, j'ai la sensation d'être perdu alors qu'il me parle, m'assurant qu'un ami à lui pourrait se charger de celle-ci, même si je préférerais que cela soit monsieur James qui s'en occupe. Bien sûr, je ne désire pas faire de lui une personne travaillant pour moi, puisque la vérité est toute autre. J'ai confiance en monsieur James, j'ai ressenti lors de notre rencontre qu'il ne pourrait rien m'arriver si je me trouve à ses côtés et cet instant confirme ce que je ressens depuis toujours. « Bien sûr ! Vous pourrez la voir. » Je lui affirme, sortant les tranches afin qu'elles ne brûlent pas. « J'ai tous les papiers en ma possession. » J'ajoute, puisqu'encore une fois, ma voiture m'est précieuse.
C'est en ayant la sensation de parler seule que je tourne la tête pour voir monsieur James qui se tient devant l'une des immenses baies vitrées. À son regard posté au loin, j'imagine que la mer à une place importante dans son existence. Peut-être a-t-il fait un autre métier avant d'être taxi à son compte. Après tout, j'ai déjà fait deux métiers alors que je suis en « reconversion », pour ne pas dire, que je suis une pauvre femme paumée qui ne sait pas quoi faire pour s'accomplir. Bien sûr, il y a mes croquis, mes dessins de ligne de vêtements, le fait est que je ne les ai jamais montré à personne et que je ne compte pas le faire. Cet aspect de ma vie ou plutôt « ce secret », je ne le partage avec personne, parce que j'ai bien trop peur qu'on me dise que tout ce que je fais depuis que je sais tenir un crayon n'est pas suffisant. Puis, j'ai peur de la critique, j'ai peur d'entendre que ce ne sont que des croquis sans intérêt, lambdas et que cela ne sert à rien de continuer à créer et dessiner. Sortant de mes pensées, j'écoute monsieur James qui semble surpris par ce que je viens de lui confier. Oui, fût un temps, j'avais peur de l'immensité de la mer, des océans, mais j'ai travaillé dessus. Bien sûr, je ne peux pas prétendre ne plus avoir peur, le fait est que je n'ai plus cette boule d'angoisse nicher dans mon ventre, qui me faisait me tordre en deux rien qu'à l'idée de mettre mes pieds dans l'eau. « Oui. Ce n'est plus le cas. » Je souffle, repensant aux nombreuses raisons qui ont fait que j'avais peur, jusqu'à aujourd'hui. « Ce n'est pas bien intéressant comme histoire. » Je souffle et finalement, je le délaisse, rejoignant la cuisine puisque nous devons manger notre bacon.
Essayant de recouvrer un semblant de paix intérieure, je prépare un café à monsieur James. Poster devant ma machine, j'en prépare à un second avant de le rejoindre. « Voilà ! Monsieur est servi. » Je prononce, enjouée, essayant du moins, quand je me demande s'il ne désire pas autre chose et finalement, il m'avoue qu'il aime déguster son bacon avec un croissant. Les sourcils froncés, je me demande où je pourrais lui trouver un croissant et je pense immédiatement à Tony, l'homme de maison de Francesco. Devenant livide, pensant de nouveau à ce gouffre qui nous sépare, je fais à présent la grimace. À cet instant, j'aimerais être dans le creux de ses bras, j'aimerais lui expliquer pour l'admirateur secret, pour les présents, la robe que j'ai reçu ce matin, le fait est qu'il n'est pas là. Une fois encore, j'ai la sensation que nous nous sommes éloignés et cela me fend le cœur. Je l'aime comme une folle, je l'aime plus que ma vie, je ferais n'importe quoi pour lui, le fait est que ses mots prononcés restent encore encrer dans ma mémoire. « Monsieur James… » Je commence, ne sachant pas trop comment lui formuler une question qui me turlupine. « Je… Je ne sais pas trop comment dire ça, seulement… » Je me rappelle que durant notre rencontre, je lui avais annoncé que je serais nonne s'il n'avait aucune femme dans sa vie. Esquissant un sourire en coin, mon regard pétillant, je me dis qu'il y eu a beaucoup de choses positives lors de cette soirée, malgré tout. « Je voudrais savoir si je dois me faire nonne ou non. » Je plaisante, plutôt que de lui poser ma véritable question. Reprenant notre sujet sur une chose en commun que nous aimons, il me dit qu'un ami à lui, ajoute du romarin durant la cuisson des tranches de bacon. « OH ! Je n'y aurai jamais songé. » J'admets, portant un premier morceau de bacon dans ma bouche. « Ch'est délichieux ! » Je prononce, stupéfaite, avalant ce que j'ai en bouche pour pouvoir plaisanter. « Je pense que c'est aussi bon parce que les tranches font neuf millimètres d'épaisseur. » Lui offrant un clin d'œil complice, je pense de nouveau à la véritable question que je désirais lui poser et m'empourprant, je commence, fixant mon assiette. « Monsieur James je… Je suis amoureuse. J’ai un petit ami. Le fait est qu'en ce moment, j'ai la sensation que l'on se perd. » Je soupire, mes prunelles s'emplissant de larmes. « Je l'aime, vous savez. Je suis follement amoureuse de lui, je ferais n'importe quoi pour lui. Le fait est que nous nous éloignons… » Haussant les épaules, je me demande de nouveau de ne pas fondre en larmes lorsque j'ose enfin affronter son regard. « Je lui ai dit que je ne pouvais pas lui promettre que tout ira bien en permanence, le fait est que je ne veux pas le perdre. Je l'aime tellement que… Ce serait un déchirement si... Un terrible déchirement… » Je termine dans un souffle, chamboulée. « Je… Je suis navrée, c'est que… Je, j'ai la sensation de pouvoir vous parlez sans être jugé puis, je vous fais confiance, étrangement. Ce n'est pas mon genre de faire confiance à qui que ce soit si rapidement. » Rougissant légèrement, je préfère prendre un nouveau morceau de bacon alors que le silence s'installe et que nous continuons à manger.



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Sujet: Re: MONSIEUR JAMES & ANABELA, « Je cueille ma souffrance au ventre de mes nuits. » ( le Jeu 7 Fév 2019 - 14:22 )
Je cueille ma souffrance

au ventre de mes nuits


Anabela & James


James appréciait le calme de la villa. Mai sil sentait bien que la jeune femme n'était pas dans sa meilleure forme. L'avait-elle déjà été? Il l’espérait pour elle. Malgré le visage qu'elle se donnait, qui se voulait peut-être rassurant, il voyait bien qu'au fond de son regard traînait cette lueur triste. Si le chauffeur en général ne faisait pas de sentiments, pour elle, pour cette blonde un peu perdu, il avait finalement envie de s'attarder un peu sur elle, sur sa personne qui ne semblait guère plus avoir envie de faire autre chose que de cuire du bacon. Elle se montra attentive à la viande qui grillait dans la poêle, mais c'était visiblement la seule chose qu'elle semblait en mesure de faire, comme si toute une part d'elle s'était endormie. Ce n'était pas la même douleur qu'il avait connu lorsqu'il l'avait rencontré la première fois, mais il sentait qu'elle était toute aussi importante, si ce n'était plus. Alors pour l'heure, il préfère s'attarder sur un sujet de conversation qui semble tenir à coeur la blonde: Sa voiture. Elle voudrait qu'il s'en occupe. Si la demande est particulière, il ne dit rien. Elle y tient, et il ne compte pas la décevoir. De plus, elle lui promet qu'il pourra la voir, et finalement annonce qu'elle a tous les papiers en sa possession. A la limite, il pourra y jeter un oeil. Son regard plongé vers la plage, vers la mer, elle finit par le rejoindre. Mais elle évite de lui raconter le pourquoi du comment elle avait peur de la mer autrefois. Il préfère ne pas en rajouter. L'Histoire n'est pas intéressante selon elle, et elle ne semble pas vouloir en parler, alors il évite d'en rajouter.

Puis, elle finit par lui servir le bacon. Il la rejoint et prend place à table, laissant le délicieux fumet du bacon monter jusqu'à ses narines. Finalement, non sans s'être souvenu qu'il ajoute parfois quelques herbes arômatisantes, il finit cependant par apprécier le bacon. Alors qu'il mange, elle finit par l'interpeller. Terminant de mâcher ce qu'il a dans la bouche, il la regarde, curieux, mais ne dit mot. Elle va bien continuer de toute manière, et effectivement, elle continue, tout d'abord en admettant qu'elle ne sait pas trop comment formuler sa question. Il sourit et lui laisse le temps de réfléchir tout en prenant un autre morceau de bacon. Finalement, elle ose demander si elle doit se faire nonne. Il ne peut retenir un petit rire, se remémorant leur conversation de la dernière fois. Il pourrait lui répondre que ce ne sont pas ses affaires, qu'elle n'a pas à le savoir. Oui. Mais il n'est pas aussi désagréable, et puis même si il n'apprécie pas réellement de trop partager sa vie privé, il se décide finalement à sourire, il avale son bacon et répond alors.
- La tenue vous irait en fait très mal. Fait-il comme si il avait mûrement réfléchi à cette possibilité. Aussi j'ai pris soin de faire en sorte que cela n'arrive pas. Lâcha-t-il dans un autre sourire. Autrement dit, oui il avait bien quelqu'un dans sa vie, et non, elle n'aurait pas besoin de devenir nonne. Mais au final, la conversation revient sur le bacon. Elle admet qu'elle n'aurait pas pensé aux herbes aromatisantes telle que le romarin, mais finalement, elle semble se régaler d'un petit déjeuner à l'anglaise et il sourit heureux de voir que ce genre de tradition convient tout de même à certaines femmes, quand bien même Vicky a décidé d'arrêter la viande... Celle-là alors. Il ne peut retenir un petit sourire en pensant à elle.

Mais bientôt, elle reprend, l'air plus grave. Il n'est ni question de nonnes, ni de bacon, ni d'autres sujets plus ou moins marrant, il est plutôt question d'elle et de ses relations. Il se doute bien qu'une femme comme elle, belle, aux courbes élégantes, doit sans doute attirer la gente masculine, et féminine aussi. Elle lui avoue alors qu'elle a un petit ami, mais qu'elle a la sensation qu'ils se perdent, qu'ils s'éloignent l'un de l'autre. Ah les problèmes de couples... Il y a des hauts, des bas certains diraient, mais l'important, c'est de rester et de tenir bon non? Cependant, James n'a pas grande expérience dans le sujet, et même si il écoute, il ignore si il pourra lui donner quelques conseils avisés. En revanche, il sait désormais de quoi vient son trouble et sa gêne. C'est cette histoire qui la ronge, et qui la mine au plus profond d'elle. Sans oser croiser le regard du chauffeur, elle avoue qu'elle l'aime. Follement amoureuse, elle ferait n'importe quoi pour lui, et il ne remet pas en doute les paroles de la blonde. Il en reste même stupéfait. Il n'a jamais eu l'occasion de voir quelqu'un de véritablement amoureux, et surtout de l'entendre. "Alors c'est ça aimer..." Pense-t-il soudainement tandis qu'elle tente de ne pas pleurer mais que son regard s'emplit de larmes prête à se déverser à tout moment. Il la laisse continuer, préférant ne pas la couper, n'osant même plus toucher à son assiette pour éviter que le bruit ne la perturbe. Elle lui a visiblement fait quelques promesses. Elle n'a pas pu promettre que tout irait bien. Elle n'a pas pu promettre que la vie serait un long fleuve tranquille. Mais visiblement, elle a pu lui promettre qu'elle l'aimerait quoi qu'il arrive. Et pourtant, il semblerait que les deux âmes s'éloignent l'une de l'autre, et elle entrevoit le pire. Elle ne le supporterait pas. Finalement, elle s'excuse, avouant que d'habitude elle ne se dévoile pas si facilement aux inconnus. Il sourit alors qu'elle reprend du bacon dans son assiette comme pour chasser ce moment de gêne pour elle. Ainsi, elle est amoureuse, et elle a quelqu'un. Il est d'un côté satisfait pour elle. Finalement, il ose reprendre:
- Vous savez... Les disputes dans un couple ça arrive. Il baisse le regard sur elle. Là il sort tout bonnement le genre de réflexion qu'on lit dans les livres. Mais au fond, n'est-ce pas un peu la vérité? Les erreurs, les disputes, les galères en tout genre... Si ça n'était pas là, il y aurait au fond peut-être quelque chose d'anormal. Parce que si on en arrive là ça veut dire qu'on s'aime. Je ne suis pas ce qu'on peut appeler un professionnel dans le domaine, mais je pense que si on se dispute, c'est parce que au fond de nous, la colère se mêle à la peur de ne pas trouver un terrain d'entente qui risquerait de voir partir l'autre. Il s'arrête après cette petite réflexion, prends un morceau de bacon qu'il mâche méthodiquement avant de reprendre. Si vous l'aimez, et qu'il vous aime... Je pense que... Je pense que vous devriez en parler. Tout simplement. Il est des sujets qui sont difficiles à aborder, je le reconnais. Pour le coup, James sait de quoi il parle. Mais si on n'ose jamais parler de cela, quel que soit le sujet, on garde une rancoeur, et là... On en vient à des disputes qui peuvent nous coûter cher. James s'arrêta. Les conseils qu'il donnait, il avait plutôt intérêt à les appliquer lui aussi. Finalement, il se pencha vers elle pour lui souffler. Parlez-lui Anabela. Dîtes-lui tout ce que vous avez envie qu'il arrête, tout ce qui ne vous convient pas chez lui et qui vous empêchent de vivre à fond votre relation. Mais gardez à l'esprit qu'on ne change pas les hommes - ou les femmes - d'un claquement de doigt. Laissez-lui sa chance. Mais si il n'en vaut pas la peine... Il allait conclure, mais se demandait si ces mots là devaient bien être prononcé. Finalement, il les osa. Alors laissez-le. Trouvez mieux. Trouvez quelqu'un qui saura vous donner ce que vous attendez. Quelqu'un qui saura vous satisfaire. Il était partisan de la seconde chance. peut-être parce que lui aussi allait en avoir besoin d'une seconde chance.


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Sujet: Re: MONSIEUR JAMES & ANABELA, « Je cueille ma souffrance au ventre de mes nuits. » ( le Mar 12 Fév 2019 - 23:34 )




Souvent, par un excès de confiance, on ouvre son cœur à des indifférents, on répand son âme devant eux. C'est une faiblesse à laquelle on est entraîné par l'inexpérience et par le chagrin. La peine cherche à se soulager, et le défaut d'expérience nous dérobe le danger de notre franchise. -
Jean Baptiste Blanchard,
Les maximes de l'honnête homme (1772)

Il faut croire que la présence de monsieur James m'ouvre l'appétit. Puis, il faut dire qu'il m'intrigue aussi, sans doute parce qu'il parle peu, le fait est que tout ce qu'il me raconte m'intéresse. On pense souvent que lorsqu'une personne pose beaucoup de questions à son interlocuteur, c'est parce qu'on se montre soit trop « courtois » soit trop « curieux », mais ce n'est pas le cas de tout le monde, même s'il est assez vrai que cela peut se vérifier dans certaines situations. Le fait est que cela ne se démontre pas chez moi, même si certains peuvent le penser. Lorsque je suis ainsi, à demander pour en savoir davantage, c'est parce que la personne avec qui je suis m'intéresse réellement, puis c'est aussi parce que je l'apprécie et que je veux faire davantage « partie » si je puis dire de sa vie, même si le terme ne convient pas trop à mon sens. Disons que je désire connaître davantage la personne en question, ce qui n'est pas un mal, du moins, de mon point de vue. De ce fait, à présent installer à table avec monsieur James, mes joues à présent colorer par ma gêne en posant une question que je peux l'admettre est assez - voir - beaucoup de l'ordre du privé, je ne peux m'empêcher de désirer - malgré tout - une réponse. « OH ! » Je souffle, faisant mine d'être vexée alors que je ne le suis pas. « Je tiens à vous remercier dans ce cas. » Je reprends, me mordant la langue afin de ne pas me mettre à rire, comme lui-même se laisse le faire, un court instant du moins. « Je devrais sans doute vous faire une accolade seulement, j'ai trop envie de manger mon bacon. » Je plaisante, reprenant un morceau, laissant quelques secondes passées, alors que je gobe presque ce dernier. « Moi qui pensais que tout m'allait... » Je fais mine de faire la grimace, buvant rapidement une gorgée de mon café par la suite, afin de ne pas m'étouffer à cause de mes bêtises, ce serait dommage de partir ainsi. « Je suis très heureuse pour vous monsieur James. Cette personne a beaucoup de chance. » J'affirme, acquiesçant même dans un mouvement de tête, comme pour appuyer mes propos. « Seulement, quelque chose me dit que vous avez beaucoup de chance vous aussi… Allez savoir pourquoi. Le fait est que la prochaine fois, si vous êtes d'accord, nous pourrons déguster notre bacon avec du café, du romarin, mais également avec cette femme que je dois remercier, puisqu'à l'évidence, elle me sauve elle aussi. » Je lui offre à présent un sourire, mais également un clin d'œil complice, recouvrant lentement mon calme.
Après quelques nouvelles gorgées de café au point de ne plus en avoir dans ma tasse et de nouveaux morceaux de bacons, je perds l'appétit. Parler de cette distance avec Francesco me fend le cœur, si bien que je suis sur le point d'ouvrir les vannes afin de laisser s'écouler toute ma peine. De plus, je me sens mal et gêner pour monsieur James qui m'écoute attentivement, mais qui doit en avoir assez de me voir ainsi, les prunelles injectées de sang à cause de ma tristesse permanente, lorsque nous sommes ensemble. L'écoutant, ne pouvant plus porter quoi que ce soit à mes lèvres, je les pince, réfléchissant avec sérieux à ses propos. Bien sûr, les disputes existent - je ne peux le nier - seulement, il ne s'agit pas de soucis d'entente dans ce cas précis. Il s'agit de distance qui prend de l'ampleur à l'image d'un fossé qui se creuse entre nous et cela me fait peur, cela m'effraie bien plus que n'importe quoi au monde, du moins, depuis que je m'en suis aperçu. Est-ce de ma faute ? Je ne peux pas prétendre que celle-ci s'est instauré uniquement à cause de Francesco, parce que cela serait bien évidemment faux. Je suis certaine que tout à débuter lorsque nous étions en partance pour l'Australie, après cet instant incompréhensible, cet instant que je ne comprends toujours pas. « Ce n'est… » Je ne trouve pas les mots. Il faut dire que c'est assez compliqué de parler de ce moment, puisque nous n'étions que lui et moi et puis, nous étions dans un espace clos, nous nous trouvions seuls avec nos doutes, ce qui n'est pas le cas ici, dans cette cuisine où je déjeune avec monsieur James. Baissant le regard, m'emparant de ma fourchette, j'y pique un nouveau morceau de bacon, me demandant comment m'exprimer après ce que j'ai prononcé et les mots de Monsieur l'Anglais, comme il aime l'écrire, à la fin de nos échanges par textos. « C'est assez difficile à expliquer à vrai dire. Nous ne nous sommes pas vraiment disputés, disons que j'ai été blessé. » Je ne peux pas lui dire de but en blanc que mon petit ami se questionnait sur ma fidélité parce que son frère l'avait troublé, puis de toute façon, je garde le silence sur ce qui me blesse avec tout le monde et par conséquent, avec mon Francesco, l'homme que j'aime d'un amour incommensurable. « Sincèrement monsieur James… » Je commence, retrouvant son regard qui "m'apaise", dans le sens où j'ai toujours la sensation d'y percevoir un océan calme, paisible, reposant. « Il m'est impossible de me séparer de cet homme. » Je dis finalement, essuyant une rapide larme ayant trouvé un chemin afin de se s'échapper. « Je l'aime trop pour me séparer de lui à cause de broutilles, à cause de quoi que ce soit même. Dans le fond, c'est peut-être moi le problème. » Je hausse les épaules, perdue. « Je… Disons que je me suis renfermée à cause de précédents dans ma vie. On a tous nos blessures, nos failles. Dans mon cas, tant que je ne m'en remets pas, je n'en parle pas. » Je ne suis pas certaine qu'il me suit. « Je crois qu'il n'y a qu'une chose à savoir. Quelque chose d'évident, de vrai : je l'aime. » Je termine, mon regard empli de larmes.
Ayant tous deux terminé, je me lève, apportant le tout dans l'évier. « Ne vous en faites pas, je m'en occuperais une fois que vous serez parti. J'ai le temps. » J'affirme à monsieur James, quand je me dis que nous pourrions nous rendre sur la plage, avant d'aller au garage afin de lui montrer ma si précieuse voiture. Bien sûr, il faudra aussi que je lui présente tous les papiers qui la concernent, seulement, nous n'en sommes pas encore là. « Vous me suivez ? On va à l'extérieur. » Ouvrant la baie-vitrée, un frisson me saisit tout entière, à cause du vent qui s'engouffre dans la pièce. « Ce n'est pas un temps pour les frileux. » J'ajoute, ne sachant pas vraiment si je prononce ses mots pour moi-même ou bien encore pour monsieur James. « Ce qui est agréable, c'est de déjeuner sur la terrasse en profitant de la vue, surtout le soir. À vrai dire, c'est mille fois plus beau encore ! Le soleil se couche sur l'eau, les couleurs sont incroyables, ce sont des instants si beaux, si précieux, je ne saurais trouver les bons mots pour exprimer ce que je ressens lorsque je suis devant un tel tableau. » Je termine dans un souffle, comme si je pouvais y être en fermant simplement les yeux. « Le son des vagues le soir, dans la pénombre, c'est vraiment reposant, magique. » Passant mes mains sur mes bras, je marche pieds nus, comme j'aime si bien le faire. « Vous aimez l'eau ? » Je demande, étant aux côtés de monsieur James alors que nous marchons. « C'est impressionnant la première fois que l'on vient ici. En fait, lorsque je suis revenue à Naples il y a environ un an, malgré le fait que je venais assez souvent, j'ai eu la sensation d'être encore plus impressionné que la première fois où je suis venue. » Je dis, fixant un point au-delà de tout, un point se trouvant si loin que je ne parviens plus à différencier le ciel et l'eau. « Cette bâtisse appartient à ma famille, c'est notre "villa de vacances", puisque mon père est né à Naples. » Je dis à monsieur James. « Nous avons commencé à y venir très tôt, j'étais jeune. Je ne me souviens pas vraiment de l'année, ni même de mon âge, mais je n'avais pas dix ans. » Un sourire fend mon visage alors que je me remémore ce passé, cette enfance bien loin de moi à présent. « On s'amusait tellement sur ce bout de plage... D'ailleurs, il est privé. Il n'y a jamais personne ici. C'est très… » Je cherche mes mots, regardant autour de nous. « C'est très fermé comme coin. Ce qui me semble dommage parfois. » Les raisons pour lesquelles je trouve cela dommage ne sont pas intéressantes, puis mon point de vue n'y change rien. Le fait est que je me sens bien seule, puisque hormis moi, personne ne vient ici. « J'adore sentir le sable chaud sous mes pieds, même s'il ne l'est pas tout le temps. Le fait est que c'est agréable. » Je finis, profitant de sentir les grains de sable sous ceux-ci, certains se coinçant entre mes doigts. « Vous pouvez ôter vos chaussures si vous le désirez. » J'ajoute, désireuse que monsieur James se sente à l'aise. « C'est peut-être étrange, mais… » Je m'empourpre, gêné. « Je vous apprécie beaucoup et j'ai la sensation que l'on pourrait être de bons amis. Parfois même je me dis que nous sommes déjà des amis. » Je termine dans un souffle, rougissant plus encore alors que j'enfouis mon visage entre mes mains. « Pardon. Je me sens bête. » Je prononce tout bas, ne lui jetant qu'un coup d'œil, mon visage retrouvant sa place entre mes mains.



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Sujet: Re: MONSIEUR JAMES & ANABELA, « Je cueille ma souffrance au ventre de mes nuits. » ( le Ven 22 Fév 2019 - 18:17 )
Je cueille ma souffrance

au ventre de mes nuits


Anabela & James


Installé autour de la table, à prendre le petit déjeuner, James se rend compte qu'il n'a jamais réellement pris le temps de ce genre de choses, oui peut-être avec quelques amis proches, mais jamais avec une personne comme Anabela. La blonde est en fait une jeune femme très sensible. Il l'avait rapidement compris. Et elle a du mal à cacher ses émotions. Elle s'empourpre, le ton de sa voix, baisse le regard ou le détourne, gênée, il est en fait assez simple de savoir comment elle se sent en rapport de certaines choses. Dés qu'elle dit quelque chose, on sait si il s'agit d'une plaisanterie, ou non, si cela l'atteint ou pas, et de quelle manière. Blonde, elle l'est. Pas de doute. Elle a marché, pardon, elle a couru pour les tranches de 9 mm d'épaisseur, alors autant dire qu'elle est parfois un peu nature, mais ça n'est pas déplaisant, elle a ce côté un peu "cruche", mais celui qu'on aime, celui qui ne se voit que peu, celui dont on rigole plus qu'il ne nous fait maudire la personne. Et elle ne tarde pas non plus à manifester son sens de l'humour en le remerciant de lui éviter la tenue de Nonne. Elle peut! Il sourit d'ailleurs à sa remarque alors qu'elle continue qu'elle pensait que tout lui allait. La petite grimace qu'elle tire le fait sourire un peu bêtement.
- C'est mieux pour vous de ne pas essayer honnêtement... Fait-il alors qu'elle reprends en ce qui concerne Vicky: Elle est heureuse pour elle, arguant que Vittoria a de la chance, mais reprenant que James aussi est un chanceux. Oui, ça, c'est encore à déterminer, car la situation du chauffeur est plus complexe en réalité. Mais il hoche la tête comme pour montrer son accord, ne laissant rien transparaître. Il est vrai qu'il a de la chance. Il aurait pu tomber sur une autre femme. Pire. Au fond, il sent que malgré tout, Vicky l'aime, et que même en apprenant ce qu'il est réellement, elle pourrait encore l'aimer... Ou du moins ne le condamnerait-elle pas trop rapidement. Mais peut-être qu'il se trompe... Après tout... Peut-être.

Ils continuent de manger, mais bientôt la conversation s'orient sur un sujet plus personnel. Il faut dire que le chauffeur a bien senti qu'elle n'était pas dans son état normal. Elle semble attristée, soucieuse. Et au vue de ce qu'elle lui explique, elle a ses raisons, sans aucun doute. Ah l'amour... C'est quelque chose à la fois merveilleux et terrible. L'amour vous donne une telle sensation de plénitude que vous aimeriez vous y plonger dedans jusqu'à vous en noyer. Mais le problème, c'est que c'est à double tranchant. Car l'amour peut trahir. Il peut tomber. Il peut faillir. Et en cet instant, il devient alors meurtrier, il vous perce le cœur, les entrailles, vous met à nue et vous laisse là, vous vidant de toute votre vie, sans éprouver le moindre regret. Alors il tente de la conseiller, de lui donner son opinion, mais qui est-il, lui, pour donner son avis, pour lui expliquer ce qu'est l'amour, ou une relation de couple? Il a sans doute éprouvé moins d'amour qu'elle, il n'a jamais été en couple avant aujourd'hui, et le voilà qu'il lui parle comme si il avait toujours étudié le sujet. Mais à force de voir la mort, à force d'être sa main, on finit par savoir ce qu'est l'amour, on finit par s'en faire une idée. Un regard. Un geste. L'amour se manifeste de biens curieuses façons, mais James a tellement pris le temps d'observer les gens qu'il sait ce que c'est. Il peut le définir. En revanche il peut affirmer une chose: Il ne se manifeste jamais de la même manière. Et puis, il y a des choses simple, classique, de base, celle que tout le monde connait - ou pas? - alors il tente de la rassurer, voyant bien qu'elle a besoin d'encouragement. Finalement, elle avoue qu'il n'y a pas eu de disputes. Il lève un sourcil, intrigué alors qu'elle avoue avoir été blessée. Mais il ne déclare rien, la laissant continuer. Et la jeune femme avoue qu'elle adore l'homme avec qui elle est et que se séparer de lui en est impossible. Elle en est addict, comme un jeune trop addict à la clope ou à la drogue, elle l'aime trop. Cela s'entend, cela se lit sur son visage, dans ses yeux, dans son âme. Il l'écoute alors qu'elle déclare ne pas pouvoir, ne pas vouloir aussi, se séparer de cet homme, arguant que c'est peut-être elle le problème. Il manque de la couper, or, il se rend compte qu'il n'a que le point de vue de la blonde, et peut-être qu'elle a raison, qu'elle réalise certaines choses qui n'allaient pas chez elle et que le gars en question n'a pas toutes les responsabilités dans cette affaire. Cependant, il ne se hâte pas. Anabela est douce, gentille, attentionnée... Il doute qu'un homme puisse vraiment lui trouver trop de défauts. Elle continue alors lui expliquant qu'elle ne s'ouvre pas facilement. Et James comprend alors: La communication. C'est là la clé du problème. Il la laisse terminer alors qu'un sourire naît sur son visage tant il a déjà idée de l'explication qu'il va donner. Mais, plantant son regard dans le sien, elle affirme qu'elle est sûre d'une chose et que c'est sans doute la seule chose qu'il faut savoir: Elle l'aime. Cet homme, elle en est follement amoureuse. James se cale alors dans le fond de sa chaise et finit par répondre.
- Vous savez Ana... j'ai un chat. Tigrou. Un mâle un peu fainéant qui adore les câlins. Quand il a faim, il me le fait savoir. Quand je l'emmerde aussi. Et quand il veut de l'attention, il vient me trouver. C'est idiot vous me direz... Mais il sait se faire comprendre. Le chauffeur s'arrête un instant terminant son café. Si vous ne parlez pas à votre homme, si vous ne vous ouvrez pas un minimum à lui pour lui expliquer ce qui va et ce qui ne va pas, il ne pourra pas le deviner. Et si c'est un homme comme moi, il n'aimera pas jouer aux devinettes. Avoue James dans un sourire. Si vous ne lui expliquez pas vos peines, vos joies, vos contraintes... Vos peurs... Comment pourra-t-il savoir si il fait bien ou mal lorsqu'il est avec ou sans vous? Si vous voulez réellement le garder, il faut que vous vous parliez. La base d'une relation Ana, et ça tient dans toutes sortes de relations: C'est la communication. C'est apprendre sur l'autre et lui apprendre de soit. Il s'arrête dans un sourire persuadé qu'elle saura prendre ses conseils comme ils viennent et qu'elle saura en tirer profit.

Finalement elle se redresse et lui dit de tout laisser en place, elle s'occupera de débarrasser après. Il acquiesce de la tête pour montrer qu'il a compris et finit par la suivre alors qu'elle ouvre la baie-vitrée, désirant aller dehors. L'air frais qui s'engouffre dans la pièce et dans les poumons de James lui fait un bien fou. Il se décide donc à suivre sans un mot la jeune femme, ne sachant pas vraiment où elle veut en venir. Et la voilà qui s'ouvre, comme si elle parlait à un ami auquel elle se confiait. Il la regarda tout en la laissant continuer alors qu'elle parlait du bien que cela faisait de manger sur la terrasse, de s'y trouver aussi le soir alors que le soleil éclaire de ses derniers feux l'onde infinie de la mer avant d'y plonger, laissant dans les esprit le souvenir de ces milles couleurs de feux et de bleu se disputant juste avant la nuit, laissant dans la mémoire un tableau des plus beau. James avait souvent observé les couchers de soleil, notamment lorsqu'il était à bord des navires de combat de la Royal Navy avant d'être propulsé en mission. Finalement, fermant les yeux, elle semble apprécier ce moment de calme et il la laisse tranquille, restant silencieux alors qu'elle finit par aller vers la plage non sans avoir commenté le son des vagues, apaisant, magnifique, merveilleux. Elle lui demande alors si il aime l'eau. Il sourit et répond:
- Oui... L'eau a toujours été l'un de mes éléments favoris. Je suis d'ailleurs bon nageur. Fait-il en lui adressant un bref regard en marchant à ses côtés sur la plage de sable fin, les mains dans les poches, décontractés. Elle lui explique alors qu'elle a eu la sensation d'être plus impressionnée en venant ici, malgré le fait qu'elle était déjà venue. Elle lui apprit alors que la villa était en fait familiale, elle appartenait à son père, et désormais, c'était elle qui l'habitait. Elle lui racontait un peu de son passé et il écoutait. Elle s'amusait ici, autrefois, dans son enfance. Le bout de plage est d'ailleurs privé. Quelle chance! Elle doit avoir du calme, de la tranquillité, ce que beaucoup de gens apprécierait. Mais pour elle, non, le coin est trop fermé. Il n'y a personne ici.
- Vous savez, a brighton, les gens se battrait pour une telle chance. Fait-il finalement. Il faut savoir en profiter. Invitez des amis, amusez-vous, profitez-en de ce bout de plage! Fait-il alors joueur tandis qu'elle continue en déclarant qu'elle aime sentir le sable sous ses pieds avant de lui proposer de retirer ses chaussures. Il fait signe que ça va, étant très bien dans ses chaussures. La vérité est qu'il a horreur des grains de sable qui s'insèrent entre les doigts de pieds et restent quand on enfile les chaussettes et les chaussures, cela donne des irritations. Il en a horreur. Il ne le fait que quand il s'autorise une journée à la plage. Elle lui déclare alors qu'elle l'apprécie. Il avait compris, mais il sourit alors qu'elle s'ouvre à lui le voyant comme un ami. Elle s'empourpre une nouvelle fois, gênée.
- Non, ne soyez pas gênée Anabela. Je vous apprécie beaucoup et je suis heureux de vous connaître. C'est sincère, la jeune femme douce et attentionnée lui a aussi montrer ce qu'était le véritable amour, elle lui donne un aperçu de ce que ça peut faire de se sentir trahi. En soit, elle lui donne encore de nouveaux éléments. Et puis elle le fait rire aussi. Il reste ainsi à marcher avec elle, le long de la plage avant de dire. Vous savez je pense que vous devriez aller lui parler. Vraiment. Trouvez un moment Ana. Il plante son regard dans celui de la belle blonde. Je sais que vous l'aimez, on ne peut pas soupçonner l'inverse. Mais parlez-lui, car si il vous aime... Il doit souffrir également. Elle semble douter et il se permet d'ajouter. Je ne veux pas prendre sa défense, mais vous savez la plupart du temps, nous les hommes, on joue les gros durs mais... On en souffre pas moins. Et je vous parle là en tant qu'ami qui a déjà connu la souffrance. Fait-il dans un mince sourire.


codage par LaxBilly.



♠️On a parfois l'impression que tout nous oppose,
En réalité, il n'y a qu'un pas pour que tout nous rapproche.♠️
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