Revenir en haut
Aller en bas


 

- Orlane | Achetons du pain et des légumes -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Autour de Naples :: Autres quartiers
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Dorian Rizzo10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
Dorian Rizzo
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ciao-vecchio.com/t4528-dorian-il-suffit-de-ne-pas-par http://www.ciao-vecchio.com/t4617-dorian-all-i-know-is-i-m-lost-without-you-i-m-not-gonna-lie
Faceclaim : Bryan Dechart ©art acide
Messages : 88 - Points : 201
Orlane | Achetons du pain et des légumes Tumblr_inline_pfnkb9iujB1rifr4k_1280
Âge : trente-et-un hivers.
Métier : thérapeute du bien-être, spécialisé dans les massages du corps et visage. Il a également des compétences en esthétique (maquillage et épilation).
Orlane | Achetons du pain et des légumes Empty
Sujet: Orlane | Achetons du pain et des légumes ( le Lun 31 Déc 2018 - 4:04 )
27 mars

Les bras croisés sur son torse, Dorian suit son ami avec réticence. Depuis la mort de sa femme, sortir est devenu un calvaire. Se noyer parmi la foule, adresser quelques mots à ceux qui se joignent parfois à eux, ou simplement respirer le même air. L’activité qui ne nécessite aucun effort, c’est consommer de l’alcool. Le liquide ne lui brûle plus autant la gorge qu’auparavant et ne l’anesthésie pas facilement, mais en forçant, il y parvient. Moins lorsqu’il est accompagné. C’est le cas ce soir et alors qu’il pénètre dans ce bar à l’allure chaleureuse, il regrette aussitôt. Cet endroit pue le luxe à plein nez qu’il ne peut s’offrir et les mauvaises fréquentations. Ces hommes, bien sapés, ne sont pas friqués pour travailler proprement. Il ne leur a pas parlé qu’il s’en doute déjà, mais ça ne l’effraie pas. Ca fait trois ans qu’il se fiche bien de son sort. L’italien a fini par se faire une raison ; tout ce qu’il détient ne fera plus long feu. Les factures impayées s’empilent, sont là pour lui rappeler qu’il est peu à peu en train de tout perdre. Le paquebot prend du temps à faire naufrage, mais l’iceberg l’a bien amoché, a créé une si grosse fissure qu’il lui est impossible de naviguer. « Qu’est-ce… » Irrité par ce qu’il voit, il se renfrogne. Des femmes tournent autour des clients, dansent, les effleurent, les séduisent, offrent un véritable spectacle qu’ils ne refusent pas et un instant, il se demande si ce n’est pas spécialement pour cette raison qu’on l’a tiré jusqu’ici. Le fait est qu’il n’a fréquenté aucune femme depuis Gemma, pas même un flirt, une aventure, ou encore un échange de regards qui en dit long. Il n’en ressent ni l’envie, ni le besoin. Dorian soupire, se racle la gorge et s’avance vers le comptoir où il s’accoude. « Une vodka pure. » commande-t-il, les sourcils froncés, l’air renfrogné, alors que son ami suit le mouvement, mais en restant plus soft. Une simple bière. « Elles sont plutôt jolies, non ? » Est-ce une question qui demande réponse ? Parce qu’il est certain que celle-ci n’en a pas besoin, qu’il l’a déjà. Ces femmes, il les trouve belle, ça se voit dans sa manière de les jauger. « Tu aurais pu choisir un autre bar. » crache-t-il, sèchement, la main s’enroulant dans le verre qui glisse face à lui. « Je me suis dit que ça ne te ferait pas de mal. » Dorian boit une gorgée, les yeux rivés sur les nombreuses bouteilles derrière le barman. Il en prendrait bien une, mais le prix est exorbitant. « Sérieusement Dorian… Ca fait trois ans. Tu ne vas pas te terrer dans un trou jusqu’à la fin de tes jours. Ce n’est pas ce qu’elle aurait voulu. » Son sang ne fait qu’un tour alors qu’il parle pour celle qui n’est plus. « Qu’est-ce que tu en sais ? » Le ton monte et ses doigts se crispent sur le verre qu’il repose subitement sur le comptoir. Dorian ne peut pas faire comme si de rien n’était. Cette remarque l’a blessé, comme à chaque fois qu’on parle pour Gemma, ou qu’on s’autorise à croire ce qu’elle voudrait pour lui, ce qui serait bon de faire. Il n’est pas elle, ne le sera jamais. Il la connaissait à peine ! « Ne le prends pas comme ça… » « Tu veux que je le prenne comment ? » Il le stoppe dans sa lancée en levant la main pour lui dicter de se taire. « Regarde dans quel lieu nous sommes. » Il s’approche, de sorte à ce que lui seul entende. « Regarde ces femmes. Je ne sais pas comment je dois le prendre. Dois-je croire que tu es désespéré au point de penser que je finirai ma nuit avec l’une d’elles ? » Une fille volage, pour un moment éphémère. « Autrement dit, tu as vraiment pitié de moi. » Et c’est également mal le connaître. Il est au fond, c’est certain, mais il ne trahirait pas la seule femme qui lui ait accordé la promesse d’une vie entière à deux. Pas pour une simple aventure, un flirt. « Je voulais juste que tu t’amuses un peu, que tu te détendes… » Ca part d’un bon sentiment. Pourtant, il n’aime pas l’idée. Il n’a jamais été intéressé par ces relations éphémères. Elevé dans un milieu où les femmes sont respectées, bien que dans sa famille, elles avaient bien moins d’importance que la gent masculine, Dorian n’a jamais pensé à détenir un corps en claquant des doigts et le jeter le lendemain. Toutes ses relations ont compté, au moins un peu. Avant Gemma, il en a eu deux qui n’ont pas duré très longtemps, mais ça s’est plus ou moins bien passé. Avoir quatre sœurs aide. « Mais ne te gêne pas. » Il n’a jamais eu besoin de lui pour flirter avec qui il voulait ; il est charmeur, séducteur, a tout pour lui, alors Dorian ne se fait aucun souci pour lui. « Moi je rentre. » Il ignore d’ailleurs ce qu’il fait ici exactement, la raison pour laquelle il a accepté de venir. Il n’aurait pas dû, c’était une mauvaise idée. « Tu ne veux pas au moins terminer ton verre. » Cette proposition, c’est se heurter à un refus qu’il ne prend même pas la peine de prononcer. Le thérapeute s’éloigne de deux pas, avant de croiser le regard d’une jeune femme. Son cœur rate un battement tandis que durant une seconde, il pense apercevoir un regard animé par une tristesse absolue, qui le ramène à des années en arrière. La première fois qu’il a planté ses yeux dans un regard pareil, c’est durant ses années étudiantes. Sa brune s’interrogeait sur son couple qui fonctionnait mal, quand lui n’avait d’yeux que pour une blonde. Ce n’est pas la même intensité, mais ça suffit à lui faire perdre les pédales. Dorian s’avance, sans réfléchir, ayant besoin de se confronter à elle, de se rendre compte également que tout ceci n’est que fictif. C’est son imagination qui lui joue des tours. Les battements de son cœur sont si forts que ce dernier est proche de l’implosion. La bouche entrouverte, il tend le bras vers l’inconnue qui se trouve à présent dos à lui, lorsqu’on l’interrompt. Une voix grave, sévère le rappelle à l’ordre, lui indique que pour toucher la marchandise, il faut payer. Lui, il souhaite juste lui parler, l’observer, mais le gorille semble y voir un inconvénient. « C’est combien ? » s’entend-il parler, se sentant honteux d’un tel comportement, de ressentir une telle faiblesse. « Loin de ce que tu peux mettre. » Le type se met face à lui, l’air dur, hostile à négocier avec un petit gars qui ne met jamais les pieds dans ce bar et qui se retrouve confronté à une situation qui lui échappe. Pourtant, il est prêt à y mettre le prix, pour une nuit. Pas pour la toucher, ou pour la souiller, mais juste pour avoir le temps de se remémorer ses traits à travers les siens. Elle ne lui ressemble pas énormément, mais assez pour qu’il se raccroche à elle de manière démesurée. « Quel est le prix ? » Un sourire se glisse sur son visage, alors qu’il se rapproche du sien pour murmurer : « C’est une vente sérieuse. » « Je suis prêt à mettre le prix. » insiste-t-il, en pensant qu’il s’agit-là d’une simple nuit. Le voyant s’accrocher comme une étoile de mer à son rocher, un homme, bien mieux sapé, s’avance et le dévisage. Dorian soutient son regard, puis le détourne pour le poser vers elle. Elle qui a la tête baissée, les cheveux tombant sur ses épaules. Elle qui lui rappelle cette fois où Gemma était mal à l’aise, face à lui, suite à leur rapprochement de Noël 2005. Elle qui est aussi fine, même plus encore, comme une poupée de porcelaine. Un signe de la main du propriétaire et la brune s’éloigne, accompagnée d’une femme. « Je suis un client sérieux et intéressé. » s’empresse-t-il de dire, comprenant que ça lui échappe, qu’il ne la reverrait peut-être plus jamais. « Dorian. » Son ami saisit son bras, s’excusant auprès de celui qu’il semble connaître de vue, puis le pousse à s’éloigner. « Ces gars sont pas là pour déconner. » « Je pouvais payer. » « Non, tu ne pouvais pas. Ce n’est pas une simple prostituée qu’on paie pour une nuit… Ces types sont là pour vendre leur marchandise. Tu n’aurais jamais pu l’avoir. C’est bien plus que cent euros. » Dorian fronce le nez, n’en revenant pas de ce qu’il entend là. « Qu’est-ce qui te prend… » « J’en sais rien. » chuchote-t-il, la main glissant sur son visage. « Certaines de ses expressions… J’ai cru la voir. » Le bras autour de lui, son ami le guide vers la sortie. Il sent que c’est trop pour lui, qu’il a besoin de se reposer.

1er avril

La main sur le volant, Dorian hésite un instant à quitter son véhicule. Ce qu’il fait, dans quoi il s’embarque… C’est du n’importe quoi. Il ne s’est jamais comporté aussi stupidement. Pourtant, alors qu’il essaie de se raisonner, il pose sa main sur la poignée de sa portière qu’il ouvre, emportant avec lui un sac rempli d’argent. Des liasses de billets. Une somme astronomique débloquée par sa mamma. Lorsqu’il s’est présenté à elle pour lui demander s’il était possible de débloquer l’argent sur un compte en banque qui lui était destiné, elle est d’abord restée interdite, puis s’est inquiétée de son comportement, de cette demande soudaine. Lui qui n’a jamais rien demandé à personne depuis son départ à sa majorité, qui, par fierté, n’a pas essayé de reprendre contact avec son père et qui a tenu à se débrouiller par ses propres moyens, convaincu que la fortune des Rizzo ne ferait pas la sienne. Il a laissé sa dignité de côté, pour une folle raison, a même été jusqu’à supplier sa mère de ne poser aucune question. Après trente minutes, elle a fini par céder, le cœur lourd, l’inquiétude se lisant aisément sur ses traits, persuadée que son rejeton s’est laissé embarquer dans une sombre histoire. La panique est telle que depuis deux jours, elle ne cesse de lui envoyer un message matin, midi et soir, pour savoir si tout se passe bien, s’il a besoin de quelque chose. Elle sent que dans sa vie, quelque chose de grave est en train de passer, d’assez important. Et c’est le cas. Il s’apprête à acheter une femme objet, en a l’intention du moins.

Les mains moites, peu sûr de lui, il s’engouffre dans le bar, puis est conduit dans une autre salle, bien au fond, réservée aux occasions telles que celle-ci. C’est morbide, glauque et il est à deux doigts de repartir lorsqu’un type s’adresse à lui pour connaître le numéro de son billet. Il le lui tend, avec les informations imprimées lors de la vente. Après une courte vérification, il murmure quelques mots à l’oreille d’un sbire qui disparaît aussitôt. Lorsqu’il revient, c’est avec une poigne féroce autour du bras de la marchandise. Celle qui lui fait rater un battement. Elle est là, cette brindille, qui n’a pas tant attisé les foules, sans qu’il ne saisisse pourquoi. Elle lui a été vendue, à lui, via un site Internet illégal où est géré ce trafic anonyment. 250 000 €, une somme énorme quand on y pense, mais qui n'est rien comparé à la valeur réelle du lot. « L’argent. » Dorian se réveille, acquiesce et lui tend le sac qu’il ouvre rapidement, comptant chaque billet pour ne pas se faire entuber, quand lui pose discrètement les yeux sur cette inconnue.


I keep trying to find my way but all I know is I'm lost without you. I keep trying to face the day I'm lost without you. How my ever gonna get rid of these blues. Baby I'm so lonely all the time. Everywhere I go I get so confused, you're the only thing that's on my mind. I'm lost without you.
Revenir en haut Aller en bas
Orlane DiazLa jeunesse dorée et éclatante
Orlane Diaz
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ciao-vecchio.com/t4655-o-vai-to-oe-ioa
Faceclaim : Cenit Nadir + art acide
Messages : 167 - Points : 176
Orlane | Achetons du pain et des légumes 3269051882_1_5_rDmYJJ0H
Âge : 22 ans
Métier : Femme-objet acheté par Dorian officieusement mais chômeuse officiellement.
Orlane | Achetons du pain et des légumes Empty
Sujet: Re: Orlane | Achetons du pain et des légumes ( le Lun 31 Déc 2018 - 12:59 )
26 Décembre

« Personne ne te touchera ce soir » Orlane hoche la tête, silencieuse. Ce n’est pas sa première soirée de présentation mais celle-ci sera sa dernière, elle sera vendue d’ici quelque jours et partira avec son propriétaire. Sa gorge se serre, incertaine du sort qui lui sera réservé et la peur s’empare d’elle. Peur de se retrouver comme certaine de ses co-détenues qui, après être vendues, sont revenues éteintes, balafrées par l’horreur de leur propriétaire qui ne voulaient plus d’elles, maintenant qu’elles étaient usées jusqu’à l’âme. Carla insère la clé qui la libère de ses chaînes avant de passer un peu de fond de teint sur ses cicatrices. « J’observerai et me mêlerai aux potentiels acheteurs pour les sonder. Je ferais en sorte de détourner l'intérêt de ceux qui me semblent mauvais » Son aînée passe les colliers dorés autour de son cou puis referment les bracelets du même métaux sur ses poignets : des leurres pour masquer l’horreur, faire oublier qu’elle n’est pas une femme comme les autres. « Je ne laisserai pas un mauvais homme t’acheter » Ses yeux se baissent sur ses poignets recouverts de bijoux. « Ils le sont tous » Triste constatation d’une jeune femme qui ne connaît pas grand-chose à la vie mais du peu qu’elle a vu, ce n’était pas en faveur de l’homme. De l’index, Carla lui redresse la tête pour qu’elle lui fasse face. « C’est vrai mais il y en a moins mauvais que les autres » Orlane hausse les épaules, peu convaincue. Elle les range tous dans la même case, dans le même panier dégueulasse. Enfin prête, maquillée pour masquer les nuits blanches, ses yeux bouffis par les larmes, Orlane est envoyée dans la fosse aux lions. Défiler entre les mains avides qui veulent la toucher, passer outre les règles établies par Abel. Son corps, sa sécurité repose sur les gros bras d’Abel qui veillent à ce qu’on ne touche pas la marchandise. Pourtant, certains arrivent à passer la surveillance des gorilles d’Abel, effleurant sa peau, la poussant dans ses retranchements. Sourire factice et douloureux sur le visage, Orlane sillonne entre les tables comme si elle avait fait ça toute sa vie alors que ça la rebute, alors que la seule envie qu’elle a, c’est de repartir dans sa minuscule chambre, quitte à retrouver ses chaînes. Son regard est tantôt fuyant, tantôt perçant quand il croise les iris animés d’une lueur qui la met mal à l’aise. Ils sont tous là à les mirer comme des animaux, des vautours prêts à les dévorer jusqu’à la dernière miette. Orlane se mordille la langue pour retenir les larmes qui lui montent aux cils, pour ne pas se laisser submerger par cette tristesse qui la tient par les entrailles. Ce soir, c’est le début de la fin, de sa fin sûrement. Pourtant son regard accroche celui d’un homme qui n’a pas cette étincelle animale, un regard totalement différent de tous ceux qu’elle a pu croiser dans cette soirée pourrie. Interloquée, la polynésienne se fige sur place et maintient ce contact comme hypnotisée. Pupilles qui lui renvoient une certaine tristesse qui résonne en elle, faisant écho à la sienne. Elle l’a rêvé se dit-elle alors qu’un homme à ses côtés la siffle pour qu’elle vienne lui servir son verre de vin, comme si elle n’était qu’une esclave. Au fond, c’est ce qu’elle est. Ce qu’elle deviendra. Orlane s’exécute alors qu’elle baisse la tête, soumise. Dans son dos, la voix d’Abel se fait entendre et d’un regard jeté au dessus de son épaule, la brune se rend compte qu’il s’adresse à cet homme au regard différent. Son cœur rate un battement quand elle se rend compte qu’il veut l’acheter, quitte à y mettre le prix. Un étrange sentiment s’empare d’elle, un mélange bizarre de colère, de peur et de déception : au final, si son regard paraissait différent, il n’est pas mieux que tous ceux qui ont voulu la posséder. Pourtant son instinct lui dit le contraire mais Orlane refuse de l’écouter. Abel lève la main et Carla quitte rapidement un acheteur qui était intéressé mais qui ne l'est plus désormais pour rejoindre la brune et l’éloigner plus loin. « C’est lui ! » « De quoi ? » « C’est lui qui doit t’acheter et pas un autre » « Pourquoi lui ? » « Je sais ce que je fais. Lui, il est différent » « Il veut acheter une femme comme tous ceux qui sont ici, je vois pas en quoi il est différent » « Tais-toi, Orlane » Orlane se tait et baisse les yeux, s’exécutant alors qu’un homme se plante entre elles. « Tu as quelle âge ? » Carla la fixe, la laissant répondre. « Vingt-deux ans, monsieur » « C’est un peu vieille je trouve. M’enfin bon, tu es toujours vierge ? » Alors qu’elle allait répondre, Carla prend le relais, se penchant vers l’homme comme si elle lui confiait un secret. « Non, elle ne l’est plus, malheureusement. Son acheteur nous l’a retourné il y’a quelque mois » L’intéressé grimace, perdant de l’intérêt pour Orlane. « Nous venons à peine de réussir à la rendre clean. Son ancien propriétaire la laissait toucher à l’héroïne et je ne suis pas certaine que les aiguilles étaient stériles » Coup de grâce qui parvient à détourner son attention de la polynésienne. « Si vous voulez bien me suivre, j’ai une jeune fille qui vient tout juste d’avoir 18 ans. Une fleur en éclosion » « Ah oui. Je les préfère bien plus jeune. Ca, ça m’intéresse plutôt que ce déchet » Déchet, voilà à quoi elle en était réduite. Nauséeuse, Orlane repart à l’arrière de la salle pour retrouver sa prison.

31 Décembre

Les larmes chaudes roulent sur ses joues, incontrôlables. Son chagrin est énorme, pesant alors que Carla s’arme d’un mouchoir pour les lui essuyer. « Arrête de pleurer, Orlane » La femme objet acquiesce mais n’arrive pas à retenir les perles d’eau de s’évader de son regard. « Ne pleure plus. Tout ira bien, ce n’est pas un psychopathe. Je l’ai choisi conscieusement » Carla éponge ses yeux en frottant le moins possible pour ne pas marquer sa peau. « Quand ça sera le bon moment, quand j’aurais la certitude de pouvoir semer Abel, je viendrai te chercher, d’accord ? » « Oui… » « Tu m’attends, Orlane, c’est compris ? » Orlane hoche la tête, s’accroche comme elle peut à cette promesse qui ne tient qu’à un fil. « En attendant, tu exécute ces moindres désirs. Tu appliques ce que je t’ai appris, s’il est satisfait, tout se passera bien. Aucun mal ne te sera fait, tu m’entends ? » Orlane l’entend mais n’a aucune garanti que tout se passera bien, qu’il ne lui fera aucun mal. Elle ne le connaît pas après tout et Carla peut s’être trompée sur son compte. « C’était le meilleur parmi tous ceux présent » Et la jeune femme espère qu'elle dit vrai. Elle l'espère de tout son coeur. Un des gorilles débarque et saisit Orlane par le bras. « Ton propriétaire est là » Cette phrase qu’elle redoutait d’entendre et qui lui donne la nausée. Carla garde son sang-froid et arrange pour la toute dernière fois son élève qu’elle a autant torturé que pris soin. « Adieu Orlane » La polynésienne lui lance un dernier regard en tout au revoir avant que le gorille l’entraine sans douceur vers une des salles du fond. Les bras croisés devant elle, poignets liés par une chaîne, Orlane se maintient debout, tête baissée n’osant lever son regard sur son propriétaire. Abel en personne est présent et compte lui-même les billets. Une fois le comptage fait, un sourire zèbre son visage menaçant alors qu’il désigne Orlane d’un geste de la main. « Félicitation, vous venez d’acquérir Orlane. Remercie ton propriétaire » Lui ordonne-t-il en la poussant vers lui. « Bonsoir, monsieur. Je vous remercie de votre achat » Voix monotone, le regard se posant enfin sur lui, son détenteur, celui qui lui donne officiellement le titre de chose. Chose lui appartenant désormais. Sortant sa clé de sa poche, Abel la libère de ses chaînes la reliant à Abel et ces cinq ans de calvaire mais au fond, c’est peut-être quitter un enfer pour un autre. « Vous voulez qu’on vous l’emballe ? » Trait d’humour malsain alors qu’il désigne un lien en plastique pour la menotter. « Vous pouvez cacher le lien avec votre manteau mais c’est comme vous voulez. A partir de maintenant, ce n’est plus de mon ressort. Orlane est votre chose et c’est votre problème si elle tente quoique ce soit pour s’échapper » Orlane regarde Abel puis Dorian, se souvenant de ce qu’on écope lorsqu’on tente de s’échapper. « Je ne m’échapperai pas, Monsieur » La brune déglutit avec difficulté et ne sait plus si elle veut à tout prix partir d’ici ou rester. « Je suis à vous et je resterai avec vous » Contrat verbal qu’elle scelle de sa parole. De toute façon, quel autre choix a-t-elle ?




What's my name again ?
Crawling in my skin, these wounds, they will not heal. Fear is how I fall, confusing what is real. Against my will, I stand beside my own reflection. It's haunting how I can't seem to find myself again
Revenir en haut Aller en bas
Dorian Rizzo10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
Dorian Rizzo
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ciao-vecchio.com/t4528-dorian-il-suffit-de-ne-pas-par http://www.ciao-vecchio.com/t4617-dorian-all-i-know-is-i-m-lost-without-you-i-m-not-gonna-lie
Faceclaim : Bryan Dechart ©art acide
Messages : 88 - Points : 201
Orlane | Achetons du pain et des légumes Tumblr_inline_pfnkb9iujB1rifr4k_1280
Âge : trente-et-un hivers.
Métier : thérapeute du bien-être, spécialisé dans les massages du corps et visage. Il a également des compétences en esthétique (maquillage et épilation).
Orlane | Achetons du pain et des légumes Empty
Sujet: Re: Orlane | Achetons du pain et des légumes ( le Mer 2 Jan 2019 - 22:53 )
Dans quoi s’est-il fourré ? La question s’impose dès lors qu’il prend conscience de ce qu’il est devenu. Non pas un être humain normal, mais un propriétaire qui prend part à une vente hors-norme, se procurant une femme-objet qui n’a plus aucun pouvoir sur sa vie, sur son avenir. Obéissante, elle s’exécute sans rébellion. Voilà à quoi elle est réduite. Une poupée de chiffon destinée à satisfaire tous les besoins d’une personne. Et celle-ci, c’est lui. Il ne se trouve pas meilleur que les autres, aurait même pu dévoiler la supercherie au premier commissariat de la ville. Pourtant, y mettre le prix est la première chose qui lui soit passée par la tête. Dorian avait la certitude qu’elle ne lui filerait pas entre les doigts s’il pouvait l’acquérir, qu’elle ne se retrouverait ni dans un bateau pour un pays voisin, ou lointain, ni entre les mains d’un sale type qui l’aurait souillée. Elle n’a pas plus de chance avec lui qui se noie dans le chagrin, la dépression, depuis trois ans, mais au moins, il ne la touchera pas. Il se fait la promesse silencieuse de ne poser ses doigts sur sa peau. Ne serait-ce qu’une caresse ou un effleurement est interdit. A ses yeux, les gestes ont une connotation particulière, si bien qu’il se condamnerait pour ça. Les chaînes qui la retiennent prouvent bien qu’elle a dû en baver, qu’on ne lui a rien épargné. Ils se font de l’argent sur son dos et se fichent bien de ses ressentis. Ses craintes, ses envies, ça n’a aucune importance. Pour lui, ça en a. Ca l’attriste un peu plus de voir que la situation, aussi cruelle soit-elle, semble en amuser au moins un. Il baisse les yeux sur ses chaussures, puis relève la tête vers le tortionnaire en secouant la tête. « Ca ira. » dit-il, un peu plus froidement qu’il ne le désirait. Cette façon de parler d’elle, ça l’horripile. D’un geste de la main, afin d’appuyer son choix, il balaye la suggestion des liens en plastique, prévus pour emprisonner un chien. Seulement, ce n’en est pas un, pas plus qu’une chose. Dorian lie ses mains entre elles, puis la dévisage, alors qu’elle lui promet l’éternité. La seule fois qu’on lui a fait une telle déclaration, c’était par amour, lors de son mariage. Ca n’avait rien d’une obligation. C’était un engagement consenti. Il s’avance d’un pas, le regard figé sur les marques laissées par les chaînes et tend la main vers son poignet. Geste qu’il stoppe en plein milieu ; Dorian se ravise en se remémorant cette promesse qu’il souhaite tenir. Ne pas la toucher, même pour apaiser ses maux. Ne pas lui montrer que son désir est de profiter d’elle. Pas de cette manière en tout cas. « Suis-moi. » murmure-t-il, doucement, de peur de la brusquer. Du coin de l’œil, il jauge le type qu’il déteste secrètement, avec beaucoup d’amertume pour tous les sévices infligés, puis il fait signe à Orlane de le suivre. La porte se referme derrière eux, tandis qu’il est happé par la musique et l’ambiance du bar. Qu’est-il en train de faire ? Il ne sait déjà pas comment s’occuper de lui, alors prendre soin d’une autre personne qu’il ne connaît pas, qu’il doit apprivoiser un minimum, sans avoir la certitude de pouvoir tenir une conversation sans avoir besoin de se retrouver seul. Pis encore, vivre avec une femme. C’est compliqué pour Dorian. A l’instant T, il a juste envie de l’observer longuement, de chercher les traits de ressemblance qu’il avait aperçu quelques jours plus tôt. Après quelques secondes d’arrêt, il poursuit son chemin et pousse la porte du bar dans lequel il se sent étouffé. Que ce soit pour lui ou pour elle, il n’a pas la moindre envie de prolonger son séjour dans les lieux en sachant que quelques mètres plus loin se trouvent ses bourreaux. « Ma voiture est en face. » dit-il, en désignant son véhicule. « Tu peux m’appeler Dorian. » C’est mieux que Monsieur. « Je… Je suis désolé. Je voulais juste te parler, te regarder. » Il n’était pas prévu qu’il débourse de l’argent pour ça, mais c’était le seul moyen. C’est de la folie, il s’en rend compte et il se trouve dingue d’avoir opté pour cette solution extrême, juste pour avoir quelques minutes uniquement, qui se transforment en années. D’un coup, en visualisant sa tenue, il retire son manteau et le dépose sur ses épaules en faisant attention à ne pas l’effleurer. Il y tient. « Et tu déjeunes quoi, le matin ? » Lui a-t-on simplement laissé le choix ? En lui retirant son libre arbitre, on lui a peut-être supprimé l’option d’avoir le choix. Elle est jeune… C’est bien plus facile de modeler quelqu’un. Ca l’est d’autant plus en la coupant du monde. A qui a-t-on bien pu l’enlever ?


I keep trying to find my way but all I know is I'm lost without you. I keep trying to face the day I'm lost without you. How my ever gonna get rid of these blues. Baby I'm so lonely all the time. Everywhere I go I get so confused, you're the only thing that's on my mind. I'm lost without you.
Revenir en haut Aller en bas
Orlane DiazLa jeunesse dorée et éclatante
Orlane Diaz
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ciao-vecchio.com/t4655-o-vai-to-oe-ioa
Faceclaim : Cenit Nadir + art acide
Messages : 167 - Points : 176
Orlane | Achetons du pain et des légumes 3269051882_1_5_rDmYJJ0H
Âge : 22 ans
Métier : Femme-objet acheté par Dorian officieusement mais chômeuse officiellement.
Orlane | Achetons du pain et des légumes Empty
Sujet: Re: Orlane | Achetons du pain et des légumes ( le Ven 4 Jan 2019 - 11:10 )
Dans ma poitrine, mon cœur s’emballe, s’enraille aussi. Un mélange étrange de peur, d’appréhension, de colère, de tristesse mais aussi de libération. Les chaînes qui glissent de ma peau pour retomber mollement sur le sol me donnerait presque des ailes. Des ailes qui se font couper la seconde d’après. Je n’oublie pas, non, l’utilisation que l’on fera de moi, de mon corps. Je n’oublie pas ce que je suis, ce à quoi on m’a formé, brisé durant cinq années : qu'un objet. Coincée entre deux réalités qui m’effraient, je ne sais àlaquelle me retenir, m’accrocher. Je me sens comme une funambule au dessus du vide, prête à me faire happer par ce dernier. Une partie de moi aimerait retourner dans cette pièce lugubre, quitte à retrouver ces chaînes horribles parce que c’est là tout ce que j’ai connu. Parce que c’était, malgré moi, devenu ma maison. Une maison imposée où tant d’horreurs s’y sont passées mais je la connais, elle. Je connais les habitants, je sais comment raser les murs, je sais comment ne pas morfler plus encore. Puis, il y a Carla qui est devenue autant une source de stress qu’une source d’apaisement. Mais face à lui, mon propriétaire, autant libérateur que futur bourreau, je me confronte à l’inconnu. Je ne sais rien de lui, rien du tout. Pas quoi faire pour m’éviter la moindre punition, si ce n’est suivre les recommandations de Carla. Puis face à Abel, j’ai soudainement envie de prendre la fuite, m’éloigner le plus possible de cet homme aussi mauvais que sans cœur. Carla a été la main qui m’a brisé mais cet homme est celui qui donnait l’ordre, qui est à l’origine de tout comme de la mort de Marilyn. Il est le créateur de tous mes cauchemars, de toutes mes peurs, amplifiant celles qui existaient déjà en moi depuis ma naissance. Il m’a arraché au ciel qui me reliait aux miens, à ma terre bien aimée que je ne retrouverai plus jamais. Abel rigole alors que mon maître refuse les liens en plastique qu’il offrait pour « m’emballer ». Moi, ça me rassure : ne pas quitter des chaînes pour en retrouver d'autres. Je me fige à l’instant à voir sa main s’avancer vers mon poignet marqué, la peur me paralyse. Peur de ce contact qui en appellera un autre, encore un autre : ceux que moi, je ne voudrais pas avoir mais que je devrais faire croire que si. Mon propriétaire s’arrête et aide mon cœur à se remettre à battre. Premier ordre posé dans un murmure, un ton sur lequel je n’ai pas habitude, à l’opposé des ordres cinglants et secs qu’on me lançait comme si on s’adressait à un chien. « Oui, Monsieur » Docile comme un animal bien dressé, je le suis sans offrir un dernier regard à Abel et ses sbires qui ont plus une d’une fois profiter de leur rôle pour peloter ce que les clients n’avaient pas le droit. Mais tout ça, c’était mon monde, comment sera celui que je m’apprête à rejoindre ? Serait-ce pire ? L’appréhension grimpe et j’ai soudainement peur pour moi. On traverse le bar, moi à ses cotés, la tête inclinée et les bras croisés devant moi. Carla a bien fait de me faire enfiler une longue robe pour masquer mes jambes en coton qui tremblent sous le fin tissu mais quelque chose de plus chaud aurait été mieux vu le dos nu de cette robe. Faut croire que le glamour compte plus que se protéger du froid. Face à la porte ouverte du bar, j’ai l’hésitation qui possède mon corps. Y aller, ne pas y aller. Depuis combien de temps n’ai-je pas mis le nez dehors ? Sans aucun sbires pour me rattraper. Sans aucune chaîne pour m’empêcher de courir vers un ailleurs ? Je me souviens de Marilyn. Je me souviens du sort qu’on lui réservé pour être partie, pour être sortie. Une peur me prend soudainement, sans logique : celle de me retrouver avec un revolver contre ma tempe à mon tour. Je me rassure, je me dis que je suis achetée, que je m’en vais avec mon propriétaire, je ne m’enfuis pas, il ne m’arrivera rien. Alors je fais un pas tremblant vers l’extérieur, puis un autre, le cœur prêt à exploser. J’hoche la tête alors que mon regard happe les environs, s’attarde sur les décorations de Noël des commerces avoisinant ou des réverbères, d’un sapin décoré dans un parc au loin. C’est la période de Noël mais quelle date exactement ? Je ne sais plus. Je ne sais pas. Le temps est devenu qu’un espace qui s’étire, jour,nuit puis jour à nouveau, encore et encore. Les périodes de Noël, c’est fait pour être en famille, avec les siens. Je ne sais pas bien ce qui est le plus triste, que je sois avec lui en ces temps de fêtes ou lui, avec moi. « D’accord … Monsieur Dorian » Je me maintiens au monsieur, n’arrive pas à le retirer de mon dialecte parce qu’on m’a dressé ainsi. Je suis un CD tourné en boucle, un Cd qui n’a plus aucune valeur malgré son prix exorbitant. « Vous n’avez pas à vous excuser, je suis ravie que vous m’ayez choisi » Une mensonge à moitié vrai. D’un côté, non, j’aurais aimé n’être choisie par personne, être insipide aux yeux de tous mais d’un autre, je suis ravie d’être loin d’Abel, de cette prison que je regrette à moitié. « Maintenant vous le pouvez. Autant que vous le voulez » Parce que je suis à lui jusqu’à … qu’il ne veuille plus de moi, j’imagine. Mais moi, ce que je me demande, c’est pourquoi moi ? Pourquoi me parler ? Pourquoi me regarder ? Est-ce la solitude ? Pourtant, Dorian est bel homme, il n’a pas besoin d’acheter une inconnue s’il a besoin de compagnie. Je suis sûre qu’il pourrait en trouver facilement mais pourtant, je suis là, achat onéreux qui ne mérite sûrement pas son prix. Surprise par son geste, j’ouvre la bouche pour refuser le manteau qu’il pose sur mes épaules mais Dorian me ferme mon clapet avec cette question que je n’avais pas vu venir. Ce que je prends au petit déjeuner ? Je m’attendais à tout autre interrogation portant sur ma virginité ou autre mais certainement pas sur ça : mes habitudes. « Rien » La réponse que j’offre d’une voix monotone. Depuis cinq ans, je n’ai plus de petit déjeuner, de déjeuner ou de dîner. Je mange ce que l’on me donne et il n’y a jamais d’heure précise, perdant tout repère, ne sachant que l’essentiel : quand il fait jour, quand il fait nuit. « Je mangerai ce que vous me donnerez » Parce que j’ai perdu la possibilité de choisir, maintenant, c’est lui qui choisira pour moi. « Vous n’avez pas froid, vous ? » Je fais glisser le manteau de mes épaules, le lui tendant. « Je n’ai pas envie que vous tombiez malade, Monsieur Dorian » Carla me l’avait répété encore et encore : c’est mon propriétaire qui compterait, ses besoins plus que les miens. Il fallait que je sois attentive à lui, attentionnée, avenante alors je m’exécutais. Alors le froid, je pouvais bien l’endurer. Qu’était le froid comparé à ces cinq années dans la pénombre ? « Moi, ça ira » Un premier sourire que je lui offre déridant mon visage depuis bien trop longtemps. J’essais de le convaincre que mon corps ne craint pas le froid quand il le déteste. Je veux la chaleur de mon île, le soleil de la Polynésie sur ma peau, ne plus sentir ce froid qui me fait sentir encore plus seule que je ne le suis. Arrivés devant sa voiture, je m'arrête, droite comme un I. J'attends qu'il m'invite à y entrer, j'attends ses ordres.




What's my name again ?
Crawling in my skin, these wounds, they will not heal. Fear is how I fall, confusing what is real. Against my will, I stand beside my own reflection. It's haunting how I can't seem to find myself again
Revenir en haut Aller en bas
Dorian Rizzo10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
Dorian Rizzo
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ciao-vecchio.com/t4528-dorian-il-suffit-de-ne-pas-par http://www.ciao-vecchio.com/t4617-dorian-all-i-know-is-i-m-lost-without-you-i-m-not-gonna-lie
Faceclaim : Bryan Dechart ©art acide
Messages : 88 - Points : 201
Orlane | Achetons du pain et des légumes Tumblr_inline_pfnkb9iujB1rifr4k_1280
Âge : trente-et-un hivers.
Métier : thérapeute du bien-être, spécialisé dans les massages du corps et visage. Il a également des compétences en esthétique (maquillage et épilation).
Orlane | Achetons du pain et des légumes Empty
Sujet: Re: Orlane | Achetons du pain et des légumes ( le Dim 3 Mar 2019 - 15:09 )
Ce « Monsieur », ce simple petit mot lui semble de trop, mais au moment de la reprendre, Dorian se ravise. Du temps, il lui en faut pour se défaire de ce qu’on lui a inculqué. Là, ils viennent tout juste de se rencontrer, s’adressent la parole pour la première fois. Il ne peut pas lui demander de perdre ses habitudes qui le surprendront encore demain, en un claquement de doigts. C’est à lui de la guider vers un autre monde que le sien. Un peu plus lumineux, plus joyeux, libre, ou le contact humain n’est pas seulement malveillant. Il peut être tout le contraire, si l’on s’entoure des bonnes personnes. Un monde où l’on peut sourire grâce à des petits plaisirs de la vie. Ces mêmes choses qui n’ont plus aucune importance aux yeux de l’italien qui ne ressent plus aucune joie à se lever le matin. Tout comme lui, Orlane est éteinte et il ignore si ça le rassure ou si ça le peine. Elle est jeune, a la vie devant elle, peut encore tout espérer de celle-ci pour se reconstruire, se trouver des objectifs à atteindre, même si à l’heure qu’il est, elle doit penser à tout sauf à ça. Un soupir s’extirpe, alors qu’il baisse les yeux sur le béton. Il est pourtant sincèrement désolé de cette tournure. Lui-même en est étonné ; il n’a jamais été comme ça, aussi obsédé par un regard qui lui rappelle une vie d’antan, une jeunesse qu’il craint d’oublier, auprès d’une femme qui n’est plus. Il n’avance pas, vit dans le passé, refuse de tourner la page et il a conscience que son comportement agace… Mais c’est comme ça. Dorian se raccroche à ce qu’il peut et ne retient personne. « Comment ça, rien ? » Pourquoi est-il encore surpris ? Elle a la taille d’une guêpe, est sous-alimentée. « Je ne vais pas te donner quelque chose que tu n’aimes pas… » Difficile à expliquer ce qui lui semble logique, mais pour elle, ça n’a visiblement aucun sens. « Non, garde-la. Elle te sera plus utile. » Même si c’est adorable de sa part de penser à son confort, Dorian pense à ce corps frêle et au froid brutal et rafraîchissant. Il fait le tour de son véhicule, ouvre la portière et se fige en la voyant fixer au sol, comme si des clous étaient plantés à ses pieds et la retenaient. « Qu’est-ce que tu fais ? Entre. Il fera meilleur à l’intérieur. » dit-il, en s’engouffrant dans la voiture. Dorian fait tourner le moteur et met en route le chauffage pour réchauffer l’habitacle. « Tu préfères le thé ? Le café ? Le lait ? » Il n’est même pas certain de tout avoir chez lui. « Tu aimes la brioche ? Ou le pain ? Le beurre, la confiture ? La pâte à tartiner ? Tu en as déjà goûtée ? » Ces produits que l’on trouve partout ressemblent peut-être à du luxe pour elle. Si ça se trouve, il devra les lui présenter pour qu’elle puisse définir ses préférences et il est prêt à le faire… Mais il se sent dépassé par les événements. Il n’a déjà pas la foi d’acheter de la nourriture pour lui. Dorian grignote. Dorian mange mal. Il ne cuisine que très rarement, ne prenant pas plaisir à ça. Et quand c’est le cas, ce sont des plats surgelés, qui demandent très peu de contrôle de sa part. « Ce doit être déroutant pour toi, tout ça… » dit-il, en se tournant d’un quart vers elle, la main appuyée sur la tête de son siège. Pour lui aussi, ça l’est. « On va apprendre à communiquer ensemble. » A se dire les choses, se parler. Il ne veut pas lui imposer ses choix. Des règles de colocation et de vie, oui, mais le but n’est pas de l’entourer de chaînes. Difficile pour elle de le saisir aujourd’hui ; Dorian représente celui qui l’a achetée et qui peut en faire ce qu’il souhaite, quand il le souhaite, peu importe les dégâts que ça pourrait engendrer sur sa personne. Il a mis le prix, alors il dispose d’elle. Seulement, il ne voit pas tout à fait les choses ainsi.


I keep trying to find my way but all I know is I'm lost without you. I keep trying to face the day I'm lost without you. How my ever gonna get rid of these blues. Baby I'm so lonely all the time. Everywhere I go I get so confused, you're the only thing that's on my mind. I'm lost without you.
Revenir en haut Aller en bas
Orlane DiazLa jeunesse dorée et éclatante
Orlane Diaz
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ciao-vecchio.com/t4655-o-vai-to-oe-ioa
Faceclaim : Cenit Nadir + art acide
Messages : 167 - Points : 176
Orlane | Achetons du pain et des légumes 3269051882_1_5_rDmYJJ0H
Âge : 22 ans
Métier : Femme-objet acheté par Dorian officieusement mais chômeuse officiellement.
Orlane | Achetons du pain et des légumes Empty
Sujet: Re: Orlane | Achetons du pain et des légumes ( le Lun 4 Mar 2019 - 0:37 )
Les questions se bousculent dans ma tête : à l’intérieur, c’est la collision. Un pêle-mêle d’émotions que je dois contrôler ou du moins les camoufler au mieux. Je ne suis pas certaine d’y arriver, je ne suis pas certaine de réussir mais je m’y essaie. Carla me l’avait dit et répété plusieurs fois : certains maîtres aiment ressentir la peur de leur « objet », les grisant, leur donnant cette position de force écrasant leur achat. D’autres ne l’apprécient pas. D’instinct, sans vraiment savoir pourquoi, j’ai pris l’initiative de cacher cette peur. Peur de l’endroit où il m’emmène, peur du sort qu’il me réserve, peur de l’inconnu dans lequel il m’embarque sans que je puisse choisir quoique ce soit. Peur de lui tout simplement. Peut-être par orgueil ? Peut-être pour ne pas endosser ce rôle de faible ? Peut-être pour le défier sans le faire vraiment ? Je n’en ai aucune idée mais je camoufle ma peur, mes émotions. Je n’ai, de toute de façon, plus le droit de les exprimer : ils ne comptent plus. Mes émois, mes pensées ne comptent plus, ne devraient plus exister, me concentrant que sur ceux de mon propriétaire, mon maître. Je me racle la gorge avant de replacer une mèche de cheveux derrière mon oreille « Je veux dire … je n’ai pas grand appétit » Ne jamais insulter l’organisme, ne jamais révéler les conditions de vie, cette façon d’être stockée comme des animaux pour l’abattoir. Abel avait été clair sur ce point : les clients ne doivent jamais savoir et si ça se savait, s’il l’apprenait, il y aurait des représailles. Je me tais et répand mes premiers mensonges. « Je ne suis pas bien compliquée, Monsieur. J’aime tout » Et pour le coup, ce n’est pas réellement un mensonge. Pépé et Mama m’ont appris à manger de tout quand Carla m’a appris à me contenter de ce que mon propriétaire voudra bien me donner : deux apprentissages qui se confrontent et qui me perdent. « Merci » Bousculée par cette attention, par ce geste, je plonge les yeux sur ce manteau et le serre autour de moi comme dans une tentative de me rassurer, de me réchauffer. Ma main se referme sur le tissu, le serrant dans mon poing comme un point de repère, une point d’ancrage avant d’acquiescer, mon autre main se posant sur la poignée de la portière pour l’ouvrir. Hésitant, je m’engouffre toutefois dans la voiture côté passager. Un geste simple en soi mais qui chamboule mon quotidien. Les hommes d’Abel se contentaient de nous balancer à l’arrière d’un van sans douceur et nous bander les yeux pour ne pas voir on nous emmène mais là, c’est différent : j'entre de moi-même dans une voiture. Un geste que je n'avais pas fait depuis très longtemps aussi ridicule soit-il. Le thé ? Le café ? Le lait ? Qu’est ce que je préfère ? La question me laisse perplexe et je me rends compte avec horreur que je ne sais plus vraiment. Je me mets à me demander ce que lui, voudrait que je préfère et je ne sais pas quoi répondre. On m’a appris à faire en fonction de mon futur acheteur et lui me demande de choisir en fonction de moi ? Je ne sais plus le faire et à cette question simple, je me retrouve à ne pas savoir quoi répondre. C’est fou et horrible à la fois. Triste aussi d’une certaine façon. « Le lait » Murmure incertain, c’était ce que Pépé me servait au petit déjeuner et j’aimais ça. Est-ce toujours le cas ? Je ne sais pas. Je ne sais plus. Une autre question vient se confronter à mes réflexions laissant le liquide pour du solide. Pour du sucré. « Je pense que j’aime tout cela oui » Je pense mais les certitudes ne sont plus là. Je crois même avoir oublié le goût de la confiture ou de la pâte à tartiner. Je ne m’en rappelle plus et autant ça m’agace, autant ça me rend triste. C’est se rendre compte que cinq années ont suffit pour tout faire voler en éclat : ce que j’étais, ce que j’aimais, tout ce qui me faisait être … moi. Juste moi. Mon regard coule vers lui alors qu’il se détourne vers moi, une main sur le repose-tête de mon siège. Ma bouche ne sort pas le moindre son et pourtant je sais que je le devrais pour le contredire, lui dire que non ce n’est pas déroutant, que c’est normal, que c’est ce que je souhaitais : être achetée. Je devrais dire tout ce que Carla m’a appris de dire sans le penser, sans le ressentir mais ma bouche reste scellée. Je n’ai pas envie de dire ce que je ne ressens pas même si je le devrais. Oui, c’est déroutant. Oui, je suis effrayée. Oui, je sais ce que je dois faire mais en même temps je ne sais pas quoi faire. Il y a un fossé entre la théorie apprise de force et la pratique où je me retrouve. Dorian ne reproduit en rien ce à quoi j’ai été préparée durant toutes ces années : il est avenant, me propose d’apprendre à communiquer ensemble et moi, je me perds. Mes doigts jouent avec le tissu du manteau, incertaine de l’attitude à avoir, à quoi lui dire vraiment alors j’improvise après un instant de silence. « D’accord. Je ferais de mon mieux » J’ose relever mon visage vers lui et poser mon regard sur lui. « Vous voulez commencer par quoi ? » Premier pas que je fais vers lui, montrant ma bonne volonté. « Peut-être la langue dans laquelle on communiquera ? Mon italien est basique, à améliorer mais je parle bien le français quand mon anglais est scolaire » Je propose, ose émettre des propositions et je ne sais pas trop si j’en ai le droit, je ne sais pas s’il percevra cela comme un manque de respect alors je me replie sur moi-même me cachant dans ce manteau trop grand pour moi. Ma nouvelle cachette secrète.




What's my name again ?
Crawling in my skin, these wounds, they will not heal. Fear is how I fall, confusing what is real. Against my will, I stand beside my own reflection. It's haunting how I can't seem to find myself again
Revenir en haut Aller en bas
Dorian Rizzo10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
Dorian Rizzo
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ciao-vecchio.com/t4528-dorian-il-suffit-de-ne-pas-par http://www.ciao-vecchio.com/t4617-dorian-all-i-know-is-i-m-lost-without-you-i-m-not-gonna-lie
Faceclaim : Bryan Dechart ©art acide
Messages : 88 - Points : 201
Orlane | Achetons du pain et des légumes Tumblr_inline_pfnkb9iujB1rifr4k_1280
Âge : trente-et-un hivers.
Métier : thérapeute du bien-être, spécialisé dans les massages du corps et visage. Il a également des compétences en esthétique (maquillage et épilation).
Orlane | Achetons du pain et des légumes Empty
Sujet: Re: Orlane | Achetons du pain et des légumes ( le Lun 4 Mar 2019 - 20:10 )
« D’accord. Je dois avoir ça, je crois. » L’index appuyé sur sa tempe, Dorian réfléchit à toute vitesse. Comment a-t-il pu penser, ces derniers jours, à l’argent dont il avait besoin pour acheter cette fille qu’il ne connait ni d’Eve, ni d’Adam, et oublier le principal : remplir son frigo, acheter des produits féminins ? Parce que son shampooing, son gel douche, c’est pour homme. Si ce n’est pas adapté à elle, peut-être pourrait-elle s’en contenter pour aujourd’hui. Il souffle, sent son cœur s’accélérer, alors que la panique le prend petit à petit. C’est un crétin. Voilà ce qu’il est. Tout ça pour quoi ? Pour un sourire, un regard, un mot ? N’importe qui lui dirait que c’est excessif, qu’il a été trop loin et il le confirmerait, s’il n’avait pas face à lui des petites expressions lui rappelant Gemma. Une petite partie d’elle est à côté de lui, même si c’est infime, même si ce n’est pas à chaque fois, c’est là et ça lui fait beaucoup de bien. Alors qu’il repose ses mains sur le volant pour enfin prendre la route, Orlane s’exprime, l’aide. L’italien est la langue qu’il utilise le plus, mais son père a exigé de lui qu’il apprenne l’anglais et le français. Il souhaitait qu’il reprenne l’entreprise familiale et la France est l’un des pays avec lesquels il traite le plus, alors ça s’est imposé à lui. Il n’en a pas eu beaucoup l’utilité jusque-là, mais à croire que rien n’est fait par hasard. « Je parle aussi français. Tu viens de France ? » questionne-t-il, dans la langue de Molière, un peu maladroitement et avec son accent, afin de l’inciter à lui parler de cette manière. « On peut se parler comme ça. » Il va falloir se remettre dans le bain, parfois faire la conversation entre certains mots et il est fort possible qu’il soit obligé de prendre un dictionnaire lorsqu’il ne se rappellera plus de son vocabulaire, mais il maîtrise tout de même bien la langue française. C’est un véritable atout pour eux. En jetant un œil vers elle, il se rend compte que sa ceinture de sécurité n’est pas mise, alors il la lui désigne d’un signe de tête. « Attache-toi s’il te plaît. » lui demande-t-il, poliment, en reposant ses yeux sur la route. « On va juste faire un saut dans une épicerie, je… Je ne suis pas sûr de tout avoir. » Il est même certain qu’il manque tout et qu’il y a de la nourriture périmée, alors il ne préfère prendre aucun risque. « Tu n’auras qu’à m’accompagner dans les rayons et me dire ce qui te tente. » Même si l’aspect visuel peut parfois rebuter. Dorian n’a pas envie de lui imposer des choses qu’elle ne pourrait ne pas aimer. Dans son enfance, il mangeait de tout, a été habitué à ne pas être difficile, mais avec tout ce qu’elle vient de traverser, il ne peut pas et n’en a pas l’énergie. Rien que de penser à toutes ces petites choses, lui en demande beaucoup trop. C’est comme cette longue robe qu’elle porte… Il va bien falloir la changer. Tracassé, Dorian glisse sa main sur son visage, ne songeant pas même une seconde aux habits de son épouse. Il ne veut pas. Ce sont ses affaires, ça lui appartient, personne n’y touche. En revanche… Il peut bien lui prêter une longue chemise qui lui arriverait jusqu’aux genoux et demain, il s’arrangera pour trouver un plan de secours. « Tu es allergique à quelque chose ? Et la nuit, tu dors avec quelque chose en particulier ? » Une lumière, par exemple, ou un traversin plutôt qu’un oreiller ? Il est très loin d’imaginer ses conditions de vie. A côté, les siennes, elles se rapprochent de la royauté.


I keep trying to find my way but all I know is I'm lost without you. I keep trying to face the day I'm lost without you. How my ever gonna get rid of these blues. Baby I'm so lonely all the time. Everywhere I go I get so confused, you're the only thing that's on my mind. I'm lost without you.
Revenir en haut Aller en bas
Orlane DiazLa jeunesse dorée et éclatante
Orlane Diaz
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ciao-vecchio.com/t4655-o-vai-to-oe-ioa
Faceclaim : Cenit Nadir + art acide
Messages : 167 - Points : 176
Orlane | Achetons du pain et des légumes 3269051882_1_5_rDmYJJ0H
Âge : 22 ans
Métier : Femme-objet acheté par Dorian officieusement mais chômeuse officiellement.
Orlane | Achetons du pain et des légumes Empty
Sujet: Re: Orlane | Achetons du pain et des légumes ( le Dim 24 Mar 2019 - 11:07 )
Mains figées sur mes cuisses, le regard visé sur le pare-brise illuminé ci et là par les décorations festives. Je me perds en contemplation, silencieuse. J’enfouis les émotions que je ressens à vive allure où je peux. L’idée me vient, un court instant, d’ouvrir la portière et courir à toute vitesse. M’enfuir, loin d’ici, loin de cet inconnu. Est-ce un oubli de sa part de ne pas avoir verrouillé les portières ? Les hommes d’Abel n’ont jamais oublié de le faire. Pourtant, malgré l’idée alléchante d’être libre, mes pieds deviennent lourds comme emprisonnés dans un bloc de ciment. Je ne m’exécute pas : peur de me retrouver dans ce pays que je ne connais pas. Peur d’être seule. Peur qu’il me rattrape et me fasse payer l’insolence d’une fuite. Alors sur ce siège, dans ce destin qui est le mien désormais, j’y reste, tristesse dans l’âme. Tristesse qui se décuple quand il me demande d’où je viens, je songe à cette île lointaine, ce doux foyer qui me manque atrocement comme ma vie, cette ancienne vie que je ne retrouverai pas. « Oui » Réponse vague, entre le mensonge et la vérité. Bora Bora fait partie de la France après tout et fait de moi une française, bien que je me suis toujours sentie polynésienne avant d’être française. « Si cela vous va, ça me va aussi » Retrouvant ma langue d’origine, laissant mon italien approximatif et sûrement ourlé de faute grammaticale. A sa demande étonnement polie, je m’exécute et attache ma ceinture, non sans hésiter un instant sur la manœuvre à suivre. Cela fait tellement de temps que je ne l’ai pas attaché de moi-même mais les souvenirs remontent et les gestes reviennent. « Oui, monsieur » Docile et obéissante, je suis prête à faire tout ce qu’il me demande, même si c’est le suivre dans des rayons. Et ça, je peux le faire, ça ne m’en coûte pas trop bien que je n’oserai peut-être pas choisir, lui imposer quoique ce soit : ce n’est pas à moi de lui imposer quoique ce soit mais à lui de m’en imposer. Je ne suis qu’une chose, la sienne désormais. Carla m’avait préparé à ce que mon propriétaire en ai pas grand-chose à faire de moi, de ma santé et que je ne serais là que pour le contenter. Pourtant, Dorian s’intéresse à ma petite personne quand moi-même je ne m’y intéresse plus vraiment. « Je ne crois pas avoir d’allergie particulière » Je réfléchis et repense juste à une intolérance aux fruits de mer. En manger peut me donner mal au ventre mais j’en mangeais tout de même. Gourmande, incapable de dire non à un crabe pêché et cuisiné par Pépé. « Si ce n'est une intolérance aux fruits de mer » A sa seconde question, je me glace sur place et me fige. Ai-je bien compris le sens de sa question ? Ou est-ce moi qui la comprends de travers ? « Avec des vêtements » Répond-je rapidement mais dans le doute, je me rattrape dans une galipette maladroite. « Sur un matelas avec un oreiller. Rien de particulier » Un oreiller serait du luxe quand pendant cinq ans, je n’en ai jamais réellement eu. Un confort que je serais ravie de retrouver, je dois l’admettre mais je n’ose lui en faire part, je n’en ai pas le droit. « Et vous ? » Renvoi d’ascenseur et pas que pour meubler les silences mais pour aussi connaître la personne avec qui je devrais vivre. Peut-être aussi pour avoir une réponse à la question qui me taraude : devrais-je dormir avec lui ? J’ai l’espoir qu’il me réponde qu’il préfère dormir seul et je m’y accroche. Sans m’en rendre compte, la voiture s’arrête et en détournant mon regard vers la vitre, j’aperçois l’épicerie. Nous sommes arrivés à bon port : ma main se lève et se pose sur la poignée de la portière avant que le doute m’enrôle. Il m’avait bien dit que je l’accompagnerai dans les rayons alors il attend de moi que je sorte de la voiture mais et si entre temps, il a changé d’avis ? Je ne veux pas l’énerver ou l’agacer en commettant une erreur. Mon regard se détourne vers lui, observant la moindre gestuelle ou mimique de son visage qui pourrait me répondre mais en vain. « Voulez-vous toujours que je vous accompagne ? » Demande-je d’une petite voix en croisant les doigts que ce ne soit pas une erreur de lui poser cette question. Carla m’avait dit peu que de propriétaire avaient de la patience, qu’ils pouvaient vite se montrer agacés par leur chose et j’espérais que je n’en ferais pas partie ce soir.




What's my name again ?
Crawling in my skin, these wounds, they will not heal. Fear is how I fall, confusing what is real. Against my will, I stand beside my own reflection. It's haunting how I can't seem to find myself again
Revenir en haut Aller en bas
Dorian Rizzo10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
Dorian Rizzo
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ciao-vecchio.com/t4528-dorian-il-suffit-de-ne-pas-par http://www.ciao-vecchio.com/t4617-dorian-all-i-know-is-i-m-lost-without-you-i-m-not-gonna-lie
Faceclaim : Bryan Dechart ©art acide
Messages : 88 - Points : 201
Orlane | Achetons du pain et des légumes Tumblr_inline_pfnkb9iujB1rifr4k_1280
Âge : trente-et-un hivers.
Métier : thérapeute du bien-être, spécialisé dans les massages du corps et visage. Il a également des compétences en esthétique (maquillage et épilation).
Orlane | Achetons du pain et des légumes Empty
Sujet: Re: Orlane | Achetons du pain et des légumes ( le Ven 5 Avr 2019 - 2:09 )
« Oui. C’est très bien pour moi aussi. » Dorian essaie d’établir un contact avec elle et ça commence par la langue dans laquelle ils comptent communiquer. Si son apprentissage en français peut lui être utile, alors c’est tout bénéfique. Pourtant, il a comme l’impression que ça ne suffira pas à la mettre à l’aise et elle le confirme avec ses « Monsieur », titre qu’elle lui affuble et qui semble bien définitif. Il aimerait lui rappeler qu’il n’a pas besoin de ça, qu’elle peut se contenter de son prénom, mais est conscient que c’est tout une éducation à changer, des habitudes qui ne disparaîtront pas en un claquement de doigts. « Tu ne veux pas qu’on se tutoie ? » Lui le fait déjà et ce n’est pas là une forme d’irrespect, parce qu’il en a pour elle, mais bien pour abaisser quelques barrières inutiles entre eux. Se rapprocher de la jeune fille, sans trop en faire. Garder ses distances, tout en les réduisant un peu. Il est sans doute maladroit, mais il a le mérite d’essayer. « Pas de fruits de mer. » se répète-t-il, pour lui-même, avant d’afficher une moue surprise. Déstabilisé, l’italien glisse une main sur son visage. Evidemment, des vêtements… Il craint un instant qu’elle ait mal interprété sa question au point de lui prêter des intentions qui ne sont pas les siennes. Il est très loin de son monde, mais se doute bien qu’elle a dû subir des choses difficiles, mais lui… Il n’est pas comme tous ces hommes qui souhaitaient utiliser son corps, s’allonger auprès d’elle, toucher sa peau nue, se coller contre cette dernière. Attendri, un faible sourire, à peine visible, sans véritable joie, apparaît sur son visage. Il ne s’attendait pas à tant de détails, tant il ne lui semble pas utile de préciser le matelas. Il n’allait pas la faire dormir sur le sol froid… Mais peut-être a-t-elle eu droit à ce sort. « Moi… ? » s’étonne-t-il. « Avec un oreiller et un matelas également. » lui souffle-t-il, avec douceur. Une couette l’hiver et une couverture fine l’été. Il a le corps chaud, mais son cœur froid lui donne l’impression d’être constamment gelé. « Je voulais dire… » Nerveux, il gratte sa nuque. « Est-ce que tu as besoin d’une lumière, des volets fermés, ouverts, d’une grosse couette plutôt qu’une fine couverture… Je me doute que tu dors avec des vêtements. » Il la dévisage, observe ses habits. « Je te prêterai une chemise, ou un t-shirt avec un pantalon, le temps de te trouver quelque chose à ta taille. » Il n’a nullement l’intention de fouiner dans les affaires de sa femme, même s’il est convaincu qu’il trouverait forcément des affaires qui lui aillent, dans lesquelles elle flotterait beaucoup moins, mais elle sera tout aussi à l’aise dans ses vêtements à lui. Ils seront forcément plus larges, mais ils lui tiendront chauds.

En ouvrant la portière, Dorian se fige à sa question, hoche la tête. Même lorsque c’est acquis, ça ne l’est finalement pas tant que ça aux yeux d’Orlane. Elle a l’air de le craindre, lui, ses réactions, si bien qu’elle cherche à se rassurer auprès de lui, ou alors c’est seulement une manière de se comporter. Il l’ignore, n’arrive pas à savoir ce qu’elle pense. « Oui, sors. » dit-il, en faisant de même. Il referme derrière lui, et lui fait signe de le suivre à l’intérieur. Là, il saisit un panier, ne sachant pas exactement par où commencer. Le rayon petit-déjeuner. « Des fruits pour le matin ? Ou de la brioche ? Il n’y a pas quelque chose qui te fait envie, ici ? » demande-t-il, alors qu’il hésite entre les rayons, avant de prendre les choses en main et la guider vers le chocolat. Il saisit une boîte, puis attrape une autre de thé et lui montre les deux. « Du café sinon. Avec du lait, c’est moins amer. » Il y en a des bons, des parfumés. Certains sont au caramel, d’autres à la noisette, praline. Il y a du choix et il souhaite qu’elle sache qu’elle l’a également. « Ce n’est pas moi qui vais le boire le matin, alors peut-être prendre ce que tu préfères… ? » Ce serait tout de même dommage qu’il choisisse pour elle, quelque chose qu’elle ne prendra pas plaisir à avaler.


I keep trying to find my way but all I know is I'm lost without you. I keep trying to face the day I'm lost without you. How my ever gonna get rid of these blues. Baby I'm so lonely all the time. Everywhere I go I get so confused, you're the only thing that's on my mind. I'm lost without you.
Revenir en haut Aller en bas
Orlane DiazLa jeunesse dorée et éclatante
Orlane Diaz
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ciao-vecchio.com/t4655-o-vai-to-oe-ioa
Faceclaim : Cenit Nadir + art acide
Messages : 167 - Points : 176
Orlane | Achetons du pain et des légumes 3269051882_1_5_rDmYJJ0H
Âge : 22 ans
Métier : Femme-objet acheté par Dorian officieusement mais chômeuse officiellement.
Orlane | Achetons du pain et des légumes Empty
Sujet: Re: Orlane | Achetons du pain et des légumes ( le Mer 17 Avr 2019 - 9:20 )
Envol de paupières, je fixe le tableau de bord, silencieuse. Le tutoyer. Est-ce que je veux bien le tutoyer ? Distraire, je mordille ma lèvre inférieure, légèrement agacée de voir en chaque question qu’il me pose un dilemme. Une partie de moi voudrait bien, quand l’autre a été conditionnée ainsi à coup de canne sur l’arrière des mollets. Dans la culture polynésienne, on utilise le tutoiement pour s’adresser à l’autre peu importe son origine ou son statut, le vouvoiement ne nous est pas familier et forme à nos yeux une forme de rejet. Pourtant, par la force, c’est devenu ma façon de m’exprimer, de m’adresser à l’autre, laissant mes habitudes mourir à petit feu malgré moi. Dans cette proposition, j’y vois une mince lueur de retrouver une partie de moi mais le doute s’installe : n’est-elle pas perdue pour de bon ? Puis-je la ressaisir entre mes mains ? C’est avec tristesse que je me retrouve sans réponse à mes interrogations mais une réponse, oui, je me dois de lui en fournir une. « Je peux essayer » Incertaine, je tranche entre deux camps, entre ce que je suis et ce que je ne suis plus désormais. J’hoche la tête face à sa réponse, enviant le confort qu’il a et ayant oublié moi-même la sensation confortable de dormir sur un matelas et un oreiller recouverte d’une couverture douillette. Mon existence me semble soudainement d’une tristesse à côté de la sienne. « Une petite veilleuse ne serait pas de refus … Je… » Hésitation entre les syllabes, une demande est peut être malvenue mais la peur me pousse à la formuler. Il y’a des nuits que je passais avec des néons éblouissants pour m’empêcher de bien dormir, de me reposer et d’autres, dans le noir complet. Ces nuits là étaient les plus longues, pouvant durer plusieurs jours si je ne me montrais pas coopérative. Pas un son, pas une seule lueur, juste moi et le noir avec aucune notion du temps. Ces moments que je ne voudrais plus jamais retrouver. « J’ai peur du noir » Murmurais-je d’une voix timide par peur qu’il ne trouve plus son achat si intéressant que ça. Qui voudrait de quelqu’un construit de peurs ? C’est ma façon de faire en sorte de plus vivre ce genre de nuits éternelles mais d’un autre côté, c’est lui offrir sur un plateau une bonne manière de me tenir, de me punir un jour. J’espère ne pas m’avoir menée à ma propre perte, j’imagine que le temps me le dira. Un faible sourire se niche sur mes lippes à l’idée de pouvoir changer de vêtement. Ma robe est peut-être jolie –et encore, moi je la trouve laide– mais elle n’est pas du tout confortable ni pratique à porter. « Je vous … » Les habitudes sont dures à perdre mais je m’en rends compte, bute sur ce vouvoiement. « Je te remercie. N’importe quel vêtement m’ira » Tant qu’il soit assez long pour couvrir ma peau mais je n’ose le préciser.

La voiture enfin arrêtée, Dorian sort après m’avoir confirmé que je pouvais en faire autant. Je l’imite et ouvre enfin la portière, le vent s’engouffre dans l’habitacle et même s’il est froid, il me fait du bien. Je le suis à l’intérieur sans un mot, les mains entrelacées devant moi sagement. Mon regard s’attarde sur tous les rayons, sur les produits presque avec émerveillement. J’en oublie presque ma condition de femme-objet, exaltée par un geste si simple de remplir un panier, de faire des courses. Un geste que je n’ai pas fait depuis tant d’années. Je m’étonne devant les produits que je n’ai jamais vus sur nos rayons en Polynésie, la curiosité l’emportant sur le reste. « J’aime beaucoup les fruits ! » M’exclamais-je sans retenue. Et c’est sûrement ça qui me fait le plus envie dans cette épicerie mais nos pas nous mènent vers un autre rayon où Dorian saisit une boîte de boisson chocolatée avant d’en saisir une au café. Mon main se pose sur la sienne, tenant la boîte de boisson chocolatée, la validant avec un sourire. « Le chocolat sera parfait. » Cela fait tellement de temps que je n’en ai pas bu que l’idée d’y tremper mes lèvres me fait sourire. Le plaisir est tel que j’établis un contact physique avec lui sans calcul, ni intentions bien choisies, si ce n'est une sorte de reconnaissance de m'acheter du chocolat chaud « Merci » Mon bras s’enroule autour du sien pour l’attirer vers le rayon des fruits et légumes, celui qui me fait saliver depuis notre entrée dans l’épicerie. Une fois devant l’étale, je ne peux empêcher un « Waouh ! » de s’échapper de mes lèvres : devant moi, tout un tas de fruits, de toutes les couleurs, certains que je n’ai jamais vus en vrai, ceux qui ne poussent pas sur mon île. « Lesquels tu aimes ? » Lui demandais-je en me tournant vers lui, sourire aux lèvres. « Moi, j’aime celui-là, celui-ci … lui aussi ! » Mon index pointe les pommes, les oranges et les pamplemousses avant de saisir une sorte de longue tige violacée que je n’ai jamais vue de ma vie. Je plisse les yeux pour lire l’étiquette. « Rhu…barbe … Qu’est ce que c’est ? Ca se mange comment ? » Je tourne la tige dans tous les sens pour la découvrir. « Tu en mange ? Ca a quel goût ? C’est bon ? » Pendant un instant, je suis cette îlienne qui n’est jamais sortie de son île et qui découvre autre chose jusqu’à que je me rende compte de mon emportement. Je repose la rhubarbe sur son étal et me redresse droite comme un i. « Veuillez m’excuser. Je ne voulais pas vous importuner avec mes questions stupides » Chassez le naturel et il revient au galop. Faut croire que c’est ça, ma vraie nature et l’essence de ce que je suis désormais : une femme-objet qui doit apprendre à mieux se la fermer. Carla m'avait averti à maintes reprises que je pouvais être trop impétueuse et que cela pourrait mener à ma perte.




What's my name again ?
Crawling in my skin, these wounds, they will not heal. Fear is how I fall, confusing what is real. Against my will, I stand beside my own reflection. It's haunting how I can't seem to find myself again
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Orlane | Achetons du pain et des légumes Empty
Sujet: Re: Orlane | Achetons du pain et des légumes ( le )
Revenir en haut Aller en bas
 
- Orlane | Achetons du pain et des légumes -
CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Autour de Naples :: Autres quartiers
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut