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- [terminé] [Situation] Je suis choquée, choquée -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Quartier Spagnoli :: Rues du quartier
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Alexandre LecomteLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Re: [terminé] [Situation] Je suis choquée, choquée ( le Dim 27 Jan 2019 - 17:17 )
Rencontre autour d'un cadavre

Naina & Alex

Le mensonge. C'était quelque chose qui existait sans doute depuis la nuit des temps. Et comme c'était aussi vieux que la parole, que le verbe lui-même, autant dire que les hommes n'avaient eu aucun mal à l'adapter, et à le perfectionner. En soit, mentir était si simple. On mentait pour tout et rien aujourd'hui après tout. Dans le cas présent, ce n'était pas le mensonge qui gênait véritablement Alexandre, du moins ce n'était pas le fait de mentir. Non pas qu'il soit en accord avec ce genre de choses, bien au contraire. Il avait des principes. C'était utopistes pour certain, ringard pour d'autres, complètement désué pour le reste. Peu lui importait. il essayait d'être un homme droit dans certaines choses. Il n'était ni croyant, ni parfait. Il voulait simplement être droit. Mais ici, c'était plutôt le contenu du mensonge qui l'avait bousculé. Qui le dérangeait. Sans s'en apercevoir, la jeune femme avait fait remonter à la surface une tonne de souvenirs. Des bons. Des mauvais. Toutes sortes de souvenirs enfouis au plus profond de lui. Si il parvenait à garder son calme alors qu'il quittait les lieux du suicide, et qu'il quittait le champ de vision de la police, il préféra maintenir le silence. Il ne voulait rien entendre. Ni explications, ni même le son de la voix de la brune. Il lui venait en aide, et voilà le remerciement? Cela lui apprendrait à ne pas jouer l'égoïste. Il ignorait qui elle était, ce qu'elle faisait, peut-être même quelle était recherchée, allez savoir. Mais lui il venait de lui sauver la mise. Du moins l'avait-il aidé. Elle aurait sans doute trouver un autre moyen non?

Autant dire que avec tout ça, il n'arborait pas la mine la plus joyeuse en rentrant dans la boutique de son ami qui se décida à lui offrir à boire. John n'était pas un ami proche, mais le vendeur et le client avait noué un certain lien et ils aimaient parler entre eux, tranquillement, le soir, autour d'une lampe, d'un jeu de cartes et d'un bon verre. C'était con, mais c'était eux. Son ami tenta de lui remonter le moral. C'était ce que la plupart des gens de son entourage essayait de faire depuis quelques temps, mais il fallait croire qu'il était une cause perdue. Il ne parvenait pas à s'en remettre. Son passé s'accrochait à lui avec autant de force qu'un marin s'agrippe au mât d'un navire au coeur même de la tempête. Il refusait de laisser Alexandre en paix, et chaque prétexte, chaque occasion était bonne pour rappelle au blond son échec, pour ramener devant ses yeux toute l'étendue de sa misère et de son incapacité. Le chercheur avait alors, dans ces instants là, plus l'aspect d'une épave battue par les vents, par les flots, que d'un fier navire voguant en toute sérénité vers son avenir. Demain était incertain pour Alexandre. Voilà tout. Il ignorait si demain serait noir, ou blanc. Joyeux ou triste. Le sourire de sa voisine parvenait parfois à bien démarrer la journée. Les quelques oiseaux qui venaient chanter sur son balcon égayaient de temps à autre, de leur chant, la journée du chercheur, souvent plongé dans les archives, dans ses recherches, car il fallait le dire, seul sa passion le maintenait à flot. Et finalement, son ami se leva, pour laisser la place à la jeune femme. Alexandre lui accorda un regard. Un seul. Il ne savait pas si il devait se montrer surpris qu'elle soit là, étonné qu'elle ne soit pas parti, ou si il devait la maudire de rester là, lui faisant ressasser le passé. Il préféra aborder le sujet du cactus, cent fois plus simple à aborder que tout le reste. Elle eut un faible sourire, replaça une mèche dans ses cheveux et finit apr répondre que le cactus survivait. Même si cela était un peu égal à Alexandre pour le coup, il hocha la tête comme si il était satisfait de la réponse.

Elle s'approcha alors, s'assit à la place que John occupait juste avant et commença à parler. Il l'écouta. Oui, il ne voulait rien entendre, pas même une justification, ou une excuse. Non elle n'allait pas le laisser tranquille. Alexandre fût surpris lorsqu'elle prit son verre et avala, d'un trait, le précieux breuvage.
- C'est une blague ou...? En plus de mentir, de le mêler à ses combines malheureuses, elle venait de terminer son verre!! Il manqua lui en flanquer une. Elle l'agaçait. Pour le coup, elle l'agaçait. Mais au fond de lui, malgré un agacement palpable et un sentiment de colère qu'il refrénait, il était curieux. Aucune femme, aucune, n'avait jamais eu ce cran là avec lui. Pas même Céline. Alors, succédant à l'agacement, il était désormais intrigué par cette brune, plutôt élégante à bien y regarder, qui n'avait pas froid aux yeux, et semblait assez impulsive. Elle agissait sans trop avoir réfléchi visiblement. Elle agissait sur des coups de têtes. Mais cela ne signifiait pas qu'elle ne pensait pas l'action qu'elle faisait, qu'elle ne saisissait pas toute l'ampleur, non. Elle n'était pas idiote. Il pouvait le lire dans son regard. Elle avait juste plus de culot que la moyenne. Du culot! Voilà! C'était ça. C'était le mot qui correspondait à cette femme. Et elle ne tarda pas, après avoir ingurgité une bonne dose de courage, à lui demander si il désirait qu'elle lui dise la vérité ou si il voulait qu'elle lui mente. Et quelle personne censé allait demander qu'on lui mente je vous prie? Il leva les yeux au ciel. Elle était impossible. Mais elle continua en déclarant que la vérité ne ferait qu'amener plus de questions, et pour le reste, pas sûr qu'elle y répondre.
- Super... Railla-t-il alors qu'elle finissait par le remercier, lui ajoutant qu'il venait de lui éviter de gros ennuis. En général, quand vous mentiez à la police pour filer au plus vite, c'était effectivement que vous aviez de gros ennuis. Ce n'était pas à cause d'un PV impayé, ça, c'était sûr. Il laissa retomber le silence, tira sur son cigare qu'il coinça à nouveau entre ses lèvres et laissa planer le silence pendant un petit instant, réfléchissant à ce qu'il allait pouvoir dire tout en détaillant la jeune femme qui lui faisait face.

Elle lui laissait la possibilité de poser des questions. Mais au final, elle restreignait rapidement sa marge de manœuvre en lui arguant qu'elle risquait de ne pas répondre à la suite de ses interrogations. Alexandre avait sans doute peu d'avantages, et surtout, peu de cartes en main. Mais il avait un cerveau, et il fonctionnait bien. Il savait manier les mots. Donc il pourrait formuler des questions. Mais elle, sans doute passé maître dans l'art du mensonge vu à la vitesse à laquelle elle avait été capable de déblatérer celui de toute à l'heure, saurait sans doute lui répondre habilement. Finalement, prenant son cigare entre ses doigts pour pouvoir s'exprimer correctement, il laissa échapper cette question.
- A quoi cela sert-il finalement que je vous demande la vérité si je ne peux rien comprendre par la suite? Volontairement, il pensait tout haut. Ce n'était pas un piège, non, c'était une constatation. Et finalement, vous êtes libre de mentir. Non? Vous l'avez bien fait avec la police. Ce serait simple que je sois la prochaine victime non? Il se leva, comme si il allait partir, mais au dernier moment, il se pencha et fixa son regard dans celui de la brune. Ne bougez pas je reviens. Il la laissa et se dirigea vers le bar, tout en appréciant son cigare, où son ami était au téléphone, avec un client sans doute. Finalement, lorsqu'il eut terminé une petite minute plus tard, Alexandre lui demanda deux verres de scotch, bien rempli. Et l'écossais remplit les verres, sans poser de question. Le chercheur le remercia d'un signe de tête et retourna vers la table. Il posa un verre devant la brune et reprit sa place, son verre à la main, son cigare entre les lèvres qu'il entreprit de prendre entre ses doigrs pour apprécier un peu de la boisson.
- Évitez de vider le verre et appréciez le cette fois. Alexandre avait horreur de gâcher du bon alcool. Il se pencha alors et finit par reprendre. Je vais poser deux questions. Vous avez joué la comédie devant les flics, pourquoi? La seconde. Il leva un doigt pour qu'elle y prête attention. Pourquoi m'avoir mêlé à vos affaires? Voilà qu'on y était. Il allait peut-être enfin comprendre au moins un minimum de cinq putain de pour cent dans cette histoire, amis c'était toujours mieux cinq que rien.


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Sujet: Re: [terminé] [Situation] Je suis choquée, choquée ( le Mar 29 Jan 2019 - 23:46 )
Le regard que posait le jeune homme sur l’Indienne aurait pu et dû dissuader la jeune femme de continuer sur sa lancée, pourtant ça a eu tout l’effet contraire. Dès le moment où Naina croisa son regard et vit la désapprobation dans ses yeux, ses pupilles à elle n’avaient que s’éclairer à cause du défi que représentait ce geste. Certes elle en avait déjà assez fait pour la journée, mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin. Elle qui ne faisait jamais les choses à moitié, ne comptait pas s’arrêter en si bon chemin. Et quelque part, comme le blond ne l’avait pas arrêté alors qu’elle n’avait pas non plus agit très rapidement, elle prenait ça comme un accord silencieux entre eux qu’elle pouvait se servir. Ni ses mots, ni l’expression qu’il affichait traduisait cet accord, mais Naina préférait se dire ça, plutôt qu’elle venait de signer son arrêt de mort à cause de ce vol. Elle ne releva pas les paroles du jeune homme, préférant esquisser un sourire qui ne faisait que rehausser un peu plus la malice qu’elle était certaine qu’on pouvait voir dans ses yeux. Cependant, elle ne devait pas perdre de vue la raison de sa venue dans la boutique, et ça même si elle n’était pas très motivée à entamer cette discussion. Pourvu que l’alcool fasse rapidement effet.

Un soupir s’échappa de la bouche de la jeune femme qui se jeta à l’eau d’une bien étrange façon. Si une part d’elle la poussait à être honnête avec cet homme dont elle ignorait l’existence il y avait encore une heure, sa raison l’obligeait à se taire pour ne pas le mêler à des histoires qui ne le regardait pas. Elle-même avait parfois du mal à porter le poids de toutes les décisions qu’elle avait prise jusque-là, sur ses maigres épaules, alors quelqu’un d’autre… Elle l’avait déjà impliqué plus que ce qu’elle aurait dû et elle ne pouvait qu’être sincère lorsqu’elle disait qu’elle était désolée. Mais elle l’était également lorsqu’elle avançait ne rien pouvoir dire de concret de peur des représailles que cela pouvait engendrer. De par ses paroles, elle lui laissa le temps de la réflexion pour qu’il réfléchisse à ce qu’il voulait demander, ne le lâchant pas du regard. Sous la faible lumière qu’offrait la boutique, installant une ambiance assez intime, elle avait tout le loisir de détailler ses traits. S’ils étaient plus détendus que ce qu’elle avait pu observer depuis la voiture, les rides d’expressions sur son visage traduisaient bien la réflexion intense dans laquelle il se trouvait. Il avait un charme qu’elle ne pouvait pas nier. Coupant court à ses pensées, elle se concentra sur sa voix dans un premier temps, avant de se rendre compte qu’il posait une question. Ce qui vu son ton, était surtout une réflexion qu’il faisait à voix haute plutôt qu’une vraie question à laquelle il attendait une réponse. Il avait marqué un point, il n’avait aucune garantie qu’elle lui dirait la vérité. Et ici elle ne pouvait pas lui demander d’avoir confiance en elle, ils ne se connaissaient pas assez pour que même sur un malentendu, il accepte. Il posait de bonnes questions, il avait un cerveau et n’avait pas peur de s’en servir. Hochant la tête pour marquer l’intérêt de sa question pertinente, elle ouvrit la bouche pour s’apprêter à fournir une réponse avant de le voir se lever avant même qu’elle puisse émettre un son. Un sourcil levé, elle le fixa l’air de demander si c’était lui qui faisait une blague ou… Il remarqua l’incompréhension qui devait se lire sur son visage, et se contenta de lui dire de ne pas bouger. Ce n’était ni une requête, ni un ordre, juste une phrase qu’il lança comme ça en espérant qu’elle resterait en place. Surprise, elle le regarda s’éloigner les sourcils froncés, l’envie de bouger la rongeant. Mais elle n’en fit rien et resta sagement assise, jetant toutes les cinq secondes des regards dans la direction qu’il avait pris pour voir s’il arrivait ou non.

En entendant des pas se rapprocher, elle se redressa sur son siège et le regarda s’installer en face d’elle. Elle laissa son regard se poser sur le verre qu’il avait déposé en face d’elle pendant de longues secondes avant de l’attraper des deux mains, un sourire en soufflant un merci du bout des lèvres. Très sincèrement elle ne savait pas quoi faire de ce verre. Enfin, elle savait qu’elle devait le boire, mais elle ne s’y connaissait pas assez en whisky pour déguster quoi que ce soit. Mais elle préférait ne rien dire, vu l’endroit où elle se trouvait, ce n’était peut-être pas le meilleur endroit pour elle de s’exprimer de la sorte. Pour se donner de la contenance, elle porta le verre à ses lèvres et en bu en gorgée en le laissant poser les questions qu’elle aurait presque oublié. « Allez-y. » L’encouragea l’Indienne qui se doutait bien qu’il n’avait pas besoin de son accord pour le faire. « De bonnes questions. » Hochant la tête pour appuyer ses paroles, ce fut à son tour de se plonger dans une réflexion intense. « Je vous ai mêlé à mes affaires parce que vous étiez ma seule porte de sortie. Et j’en suis encore désolée. Je n’aurais pas dû et si j’avais pu, croyez-moi j’aurais fait autrement. » Elle avait fait exprès de répondre à la seconde question en premier. Pour la première, il lui suffisait tout simplement de montrer le bracelet qu’elle dissimulait sous ses vêtements, mais elle savait que ça ne ferait que soulever plus de questions auxquelles elle n’avait pas envie de répondre. Pourtant elle devait en fournir une pour ne pas qu’il continue à insister. « En ce qui concerne les raisons de la comédie devant les flics, qu’est-ce qui pousserait une personne normale de mentir à la police ? » Spoiler alert, elle ne l’avait pas fait par plaisir. Mais comme elle n’avait pas envie de le dire directement, elle préférait passer par des subterfuges. « Vous prétendez vouloir la vérité, mais je ne suis pas certaine que vous le veuillez vraiment. » Lâcha la jeune femme en pleine réflexions, le regard à nouveau dans le vide. « Vous, pourquoi vous avez menti ? On ne se connait pas, donc pourquoi m’avoir couverte ? » S’enquit l’Indienne qui ne put s’empêcher d’esquisser un sourire qui fit pétiller son regard, le même qui l’avait poussé à lui voler son verre. Elle approcha doucement son corps de celui du blond et planta son regard dans le sien avec la ferme intention de capturer son regard dans lequel elle se plongea volontiers. Alors qu’ils n’étaient plus qu’à quelques centimètres l’un de l’autre, elle prit la parole comme si cette approche était pour être sûre que personne ne les entende. « Vous savez que vous risquez gros pour une personne qui vous ment probablement ? Qui élude vos questions et qui est peut-être mêlé à plus gros que ce qu’elle n’avouera jamais ? » Elle n’avait pas lâché le jeune homme du regard pendant tout le temps qu’elle parlait, mais c’était juste pour faire diversion de ce que faisait ses mains qui s’étaient déjà dirigées vers les siennes pour lui voler le cigare qu’il tenait entre les siennes. Lorsque ses doigts se saisirent de l’objet, son sourire s’agrandit de plus belle avant de reprendre sa place initiale, et en tira une bouffée. « Vous posez de bonnes questions, mais vous perdez de vue l’essentiel : vous êtes bon, mais je suis meilleure.»


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Sujet: Re: [terminé] [Situation] Je suis choquée, choquée ( le Jeu 31 Jan 2019 - 17:13 )
Rencontre autour d'un cadavre

Naina & Alex

Au final, il opta pour la surprise. Voilà. Il était surpris qu'elle se soit déplacé jusque là, alors que plus les minutes passaient, et plus il sentait que cette jeune femme était loin d'être une sainte. Il ne demandait pas qu'elle soit sainte, mais il préférait éviter d'avoir des démêlés avec la police, cela l'arrangerait sans doute. Et puis à l'heure actuelle, il savait que la police menait une enquête quand à la manière dont le tueur de l'année dernière s'était procuré ses armes. Et si elle était mêlée à tout cela? Si finalement elle n'était qu'une odieuse petite criminelle, complice d'un fou, et ayant indirectement participé au meurtre de sa bien-aimée? Il la voyait mal dans le rôle. Mais certains cachaient bien leur jeu après tout. Et elle faisaient peut-être parti de ces gens là. Pourtant, le chercheur garda son calme. Il ne fallait, en cet instant, ne faire montre d'aucune faiblesse, ni de trop de colère. Il ne fallait pas mêler des sentiments contradictoire. Se contrôler. Il avait appris. Et il savait manier cet art. Alors il préféra prolonger la discussion avec elle. En général, les gens boivent un verre ensemble pour discuter, alors, aller lui chercher un verre était plus un moyen de "l'obliger" à rester, plutôt que de ne trouver aucune excuse pour qu'elle parle un peu plus. Il fallait qu'il comprenne. Il n'avait pas besoin de tout comprendre, mais seulement une partie, au moins la raison d'une telle comédie. Et comme il préférait les ennuis, il éviterait d'en savoir un peu plus malgré que sa curiosité serait en cet instant peut-être en éveil. Finalement, il la laissa pour prendre deux verres avec lesquels il revint. En déposant un devant elle, il se cala à nouveau sur la chaise et apprécia quelques gorgées... Il fallait dire qu'elle avait vidé son verre précédent.

A présent, ils se faisaient face. Mais entre eux, ni haine. Ni colère. Ni amour non plus, il ne fallait pas abusé. Sa fiancée improvisée allait en revanche devoir répondre à quelques questions. Mais poser des questions était un art, surtout quand la personne en face de vous manier l'art de la dissimulation et du mensonge plutôt correctement et sans le moindre remord. Alors poser des questions devenaient un art, et il fallait mettre à son service tous les arts de la pensée, toute sa conscience, et tout son savoir pour savoir où frapper. On pourrait aller directement au cœur du sujet, mais il savait au fond de lui qu'elle ne répondrait sans doute pas. Ou elle éviterait le sujet. Cependant, cela avait l'avantage de voir déjà à quelle type de personne il avait affaire. Alors il se lança, non sans avoir mûrement réfléchi à ses questions. Si elle souleva la pertinence de ses questions, comme une véritable inspectrice fière de la nouvelle recrue qu'elle forme et qu'elle voit réussir dans ses raisonnements, elle commença par répondre à la question la plus simple. Il écouta cependant ce qu'elle avait à dire. Le blabla habituel. Rien de bien original. Il en était presque déçu. C'était sa seule excuse? Non. C'était la meilleure. Voilà la raison. Mais il la laissa continuer, tirant sur son cigare dans l'attendre d'une réponse à sa seconde question. Mais là aussi, elle s'esquiva, véritable anguille refusant de lâcher quoi que ce soit. Elle éluda la question en posant une autre question. Mais il n'eut aucune réaction. Elle avait posé une question qui ne le laissait pas indifférent. Pourquoi ne pas y apporter quelques éléments de réponses alors. Mais elle ne s'arrêta pas là en déclarant qu'il ne voulait sûrement pas connaître la vérité. Elle jugeait vite. Premier défaut qu'il lui trouvait dans toute cette mascarade et il eut un petit rire.
- Assurément. Lâcha-t-il comme pour la confirmer dans ses doutes, mais son rire sous-entendait bien sûr tout l'humour de sa réponse qui prouvait le contraire. pas besoin de tonnes de mots pour faire comprendre à la brune qu'elle se trompait. Et elle inversa les rôles. De la cible, elle se fit chasseur, transformant le chasseur en proie. Du moins à première vue.

Et inutile de dire qu'elle le cribla de questions. Pourquoi avait-il menti? Pour les mêmes raisons qu'elle allait savoir. La vérité était plus sombre, plus complexe. Il connaissait ce genre de procédures. Il y avait eu droit. Si jamais il n'avait pas menti à son tour, il se serait retrouvé imbriqué dans des procédures longues, on lui poserait toute sortes de question indiscrètes, on ferait appel à son psy peut-être même, on voudrait alors prendre soin de lui comme si il était sur le point de se briser. Mais il ne voulait pas qu'on l'aide. Tout ce qu'il demandait, c'était la paix. Paix qu'elle était venue briser sans le moindre problème, comme si cela l'amusait d'ailleurs. Alors non il n'avait pas menti par plaisir. Mais il n'avait plus la force de supporter des rendez-vous et des entretiens dans lesquels on aurait qu'un objectif: Le remettre là, sur le chemin de la vie, comme si tout allait bien. Tout n’allait pas bien, et il savait qu'il y aurait toujours au fond de lui quelque chose de sombre. Mais elle, souriante, elle s'approchait doucement de lui, son corps se rapprochait du sien, et il laissa son regard se noyer dans celui de la brune. Elle reprit alors, faisant ses déductions à haute voix. Oui il risquait gros, mais pas aussi gros que si il avait démenti la brune. Pas à ses yeux. Elle? Mentir? Bien sûr. Et comme elle se définissait bien en admettant qu'elle répondait à ses questions par d'autres questions. Mais lorsqu'elle avoua qu'elle était peut-être mêlé à plus gros que ce qu'elle n'avouerait jamais, il sut qu'elle avait déjà œuvré pour quelque chose d'illégale. Aucune personne sensée voulant semer le doute n'aurait employé ces termes là. On évitait de se faire remarquer sur ce genre de sujets. Elle venait de s'exposer. Le savait-elle? Peut-être. Mais en tout cas, en cet instant, Alexandre eut un petit sourire. Et lorsqu'elle se saisit soudainement de son cigare, pleine de malice, il ne s’énerva pas. Il fallait qu'il la laisse jouer. Il fallait qu'il la laisse prendre les commandes. Tout comme il lui laissait volontiers le pêché d'orgueil. Elle se voyait meilleure. Pour elle c'était l’essentiel. Il eut un sourire. Si elle n'était pas innocente, il y avait quelque chose en elle qui séduisait le chercheur, il devait bien le reconnaître. Peut-être ce sourire malicieux sur ses lèvres alors qu'elle tirait une bouffée du cigare. Ou ce regard pétillant tout simplement? Ce visage qui semblait heureux de sa supériorité si sûrement acquise alors?

- J'ai menti... C'est vrai. Mais dîtes-moi: Est-il rien de plus grand, de plus généreux, de plus royal que de secourir, de relever les malheureux suppliants et abattus, que d'arracher ses concitoyens au péril, à la mort, à l'exil? Il s'arrêta le temps qu'elle puisse saisir toute l'ampleur de la question. Disons que vous sembliez avoir besoin d'aide... Et que, comme je vous suis venu en aide devant ce cadavre, je vous ai encore donné un petit coup de pouce. Il s'arrêta, prenant le temps de boire deux gorgées de son Whisky. Mais j'avais oublié que dans notre monde, le mieux est parfois de ne rien faire pour les autres... Puisqu'ils ne feront rien pour vous. Une conclusion acide, mais qui se trouvait confirmée à de nombreuses dans le cas du chercheur qui plongea son regard dans celui de la brune, qui avait toujours son cigare. Il le lui laissa encore un instant, le temps pour lui d'ajouter:
- Voyez-vous, il faut que vous sachiez que je suis un homme qui n'apprécie pas faire des erreurs. Oui, peut-être un peu perfectionniste sur les bords. Ou alors un incommensurable maniaque qui ne tolère pas l'échec. C'est peut-être vrai ma foi. Mais si il y a bien une chose que j'ai appris c'est que le contraire de la vérité est la fausseté. Quand elle est tenue pour vérité, elle se nomme erreur. Et pour moi c'est insupportable. Autrement dit, il tenait à la vérité, peut-être plus qu'elle ne pouvait le supposer. Mais là aussi, pour une femme qui n'ose pas s'avouer à elle-même dans quoi elle trempe, le mensonge est le seul salut. Aussi, ne vous en faîtes pas. Il lui fit un petit clin d'oeil. Je comprends que vous n'ayez que le mensonge comme seul secours. Mais comme j'ai une préférence pour la vérité, je ne vois guère de discussion possible entre nous. Et il se pencha vers elle pour récupérer le cigare d'un geste ferme sans ajouter d'autres mots pour le moment, la laissant réfléchir. Mais il rajouta cependant. D'autant que je risque gros comme vous l'avez si bien dit. Inutile en plus d'ajouter à cela la naïveté d'avoir cru une criminelle. Il employa le terme volontairement, histoire de voir la réaction de la brune. Il reprit son cigare entre ses lèvres et en tira à nouveau une bouffée. Tranquille, calme, posé, il n'attendait pas spécialement de réponse. Il accrocha alors le regard de le jeune femme. Si elle n'était pas perturbée, elle était plongé dans une intense réflexion. Ou alors peut-être que c'était le deux à la fois. Il laissa le silence s'installer durablement, lui laissant le loisir de répondre, de se défendre. Pour lui, elle n'était pas totalement mauvaise. Mais elle ne faisait rien pour améliorer son cas.

- En fait voyez-vous, il y a trois types de personnes qui mentent aux flics. Lâcha-t-il alors. Premièrement, il y a ceux qui veulent éviter de se faire remarquer, parce qu'ils ont déjà assez de problèmes, qu'ils ne veulent pas s'en rajouter plus que ce qu'ils ont, peut-être aussi parce que tout ce qu'ils font n'est pas légal, mais ce sont de petits trafics, rien de bien méchant au final. Mais si ils peuvent éviter une amende, et de se faire pincer au passage, cela les arrange. Il s'arrêta, tirant une bouffée avant de reprendre une gorgée de sa boisson. Puis il y a les seconds. Ceux-là sont les pires je dirais. Ils n'ont peut-être pas forcément fait des choses mauvaises, ils n'ont pas d'antécédents, mais eux, ils faut qu'ils évitent de se faire remarquer parce qu'ils préparent quelque chose. Si ils se font repérés, ils peuvent estimer que c'est entre 15 et 25 % de risque en plus pour leur opération. Pour avoir parlé avec plusieurs flics et avec l'inspectrice Martinelli, Alexandre connaissait bien ce genre de choses. Enfin, la dernière catégorie. Les gens qui sont déjà passés à l'action. Et qui ont échoués. Ou qui ont réussi, mais malheureusement, ils ont fini par se faire pincer. Ou alors ils ont bien réussi... Mais pas assez pour se tirer loin d'ici. Et aujourd'hui, il vaut mieux pour eux faire profil bas avant qu'on ne leur mette la main dessus là où ils ne devraient pas être. Il s'arrêta là et fixa la brune. Vous n'êtes pas de la première catégorie, ni de la seconde, c'est clair. Sinon vous seriez un minimum plus honnête avec un simple type. Il apprécia quelques gorgées alors que Jon passa à leur côté pour aller dans l'arrière-boutique, un petit sourire pour Alexandre qui lui répondit d'un clin d'oeil joueur avant de reporter son attention sur cette femme qui ne bougeait plus. Il se pencha vers elle et finit par admettre.
- Mais vous avez raison, vous êtes meilleur. Qui suis-je après tout pour jouer au petit policier avec vous, la grande menteuse, dont la fierté réside sans doute dans la longue liste de personnes qui ont mordu à vos mensonges? Vous, dont l'orgueil se forge dans le nombre d'hommes et de femmes que vous avez trompé, peu importe le domaine. Vous, qui n'avez que pour objectif votre propre survie, sans penser un tant soit peu à celle des autres. Oui... Qui suis-je? Il se retira au fond de sa chaise. Peut-être que je suis juste quelqu'un qui tend la main, mais qui a oublié dans quel monde on vivait. Peut-être que je suis juste un homme à la recherche d'un peu de vérité dans l'objectif de comprendre le bordel que la vie s'amuse à foutre dans sa propre vie à lui. Il reprit son souffle, ne lâchant plus du regard la brune de son regard océan. Puis finalement, comme une dernière flèche tirée sur elle, il termina. Je n'étais pas votre seule issue de secours. J'étais la meilleure.


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Sujet: Re: [terminé] [Situation] Je suis choquée, choquée ( le Ven 1 Fév 2019 - 15:48 )
Dans son raisonnement qui avait pour but de dissuader le blond de poser plus de questions, Naina n’hésitait pas à tirer des conclusions hâtives. Elle ne connaissait rien de l’homme qui était assis en face d’elle, si ce n’est qu’il n’avait pas hésité à mentir pour elle. Et encore, elle n’était même pas certaine de pouvoir qualifier ça de mensonge, sous le coup de la surprise il n’avait tout simplement rien dit. Rien de plus. Le rire que laissa échapper le blond troubla l’Indienne qui ne pouvait pas relever. Est-ce qu’il était d’accord avec ce qu’elle disait, ou est-ce qu’il se moquait d’elle ? Dans les deux cas elle préférait ne pas rebondir dessus, parce qu’elle savait de quoi elle parlait. La nature humaine poussait les gens à poser des questions, à être toujours plus curieux et ça, même lorsque tous les signes les indiquent d’arrêter. Et lorsqu’ils obtiennent finalement les réponses, ou bien ils sont déçus, ou bien ils regrettent d’avoir demandé. Même si elle ne pouvait pas savoir dans quelle catégorie se trouvait le blond, elle préférait prendre les devants pour empêcher une discussion qui pourrait le décevoir.

Au lieu de ça, Naina inversa la tendance et posa les questions qui lui brûlaient les lèvres à son tour. Son regard planté dans le sien, elle créa une bulle intime dans laquelle ils se trouvaient tous les deux pour que eux seuls puissent entendre ce qu’ils étaient en train de se dire. Elle n’avait pas peur des oreilles indiscrètes, parce qu’elle savait que personne n’arriverait à comprendre les bribes de conversations qu’ils pouvaient laisser entendre. Ce qu’elle voulait elle, c’était de déstabiliser encore plus le jeune homme pour qu’il se rende compte qu’il n’était pas mieux qu’elle lorsqu’il s’agissait de dissimuler des choses. Si on lui demandait, la théorie qu’elle avancerait serait : ou bien il avait lui aussi quelque chose à cacher et s’était servi de Naina comme de porte de sortie, ou bien il était tout simplement fou et naïf pour se mettre à mentir à la police de la sorte, pour une personne qu’il ne connaissait même pas. Mais elle préférait opter pour la première théorie. Cette aura de mystère qui planait autour de lui plaisait à la jeune femme qui posait alors un regard intéressé sur le blond. Lorsqu’elle lui posa ses questions à son tour, elle avait l’impression que pendant un moment, il lui échappait. Son regard toujours ancré dans le sien, la jeune femme y discernait quelque chose qu’elle n’était pas sûre d’avoir remarqué avant. C’était peut-être parce que c’était la première fois qu’ils se retrouvaient aussi proche. Peut-être était-ce l’éclairage qui donnait cette impression à l’Indienne. Mais elle aurait juré que pendant quelques secondes, un voile de tristesse avait couvert le regard du blond pour le faire traverser un passé qui ne devait pas être des plus heureux. Là encore, ce n’était que pure spéculation. Ce qui n’empêcha pas la brunette à se saisir du cigare qu’il tenait entre ses mains, pour en tirer une bouffée. Elle n’était pas fan de cigare et fumait encore moins, ou alors seulement à de rares occasions, mais ici elle avait simplement envie de voir jusqu’à quel point elle pouvait prendre ses aises avec cet inconnu. Un sourire aux lèvres en signe de victoire, elle fut presque triste de voir qu’il ne réagissait pas, au point où ça enlevait toute satisfaction à Naina de le lui avoir pris. Du coin de l’œil tandis qu’elle reprit sa place initiale, elle le vit qui la dévisageait discrètement, ce qui lui redonna le sourire. Bien, s’il la dévisageait ça voulait dire que ce qu’il avait sous les yeux lui plaisait, ou l’intriguait assez pour essayer de la déchiffrer avec pour seul outil, ses yeux.

Un sourcil haussé lorsqu’il prit la parole, elle essayait de comprendre le sens de sa phrase. Elle n’était pas stupide et son italien s’était amélioré depuis qu’elle s’était installée en Italie, mais la phrase qu’il venait de sortir demandait tout de même à l’Indienne quelques minutes de réflexion. Les mots qu’il avait employés séparément, elle les connaissait. Mis bout à bout, c’était autre chose. Lorsqu’il vit sûrement son regard perdu, il formula sa phrase plus simplement pour que la jeune femme comprenne, ce qui lui valut un simple soupir. « Trop aimable. » Se contenta de souffler la jeune femme, qui porta son verre à ses lèvres pour se les humidifier. Son geste fut suspendu par les paroles de l’inconnu qui l’interpella. Est-ce qu’il venait de dire qu’il regrettait de lui être venu en aide ? C’était ce qu’elle avait compris en tout cas. Même si elle ne pouvait pas se vexer complètement de cette phrase qui avait réussi à la piquer, ses sourcils ne purent s’empêcher de se froncer à l’idée qu’il puisse la comparer à ces autres. Son regard à nouveau planté dans le sien pendant de courtes secondes, elle détourna rapidement le regard pour prendre sa gorgée de whisky qui était resté en suspend le temps de la réflexion. L’écoutant attentivement sans pour autant couper le fil de ses pensées, Naina n’aimait pas du tout la tournure que prenait la conversation. Elle qui pensait mener la danse, se retrouvait assise là en face d’un inconnu qui ne faisait que présumer des choses qui étaient certes pour la plupart véridiques, mais il n’avait pas à le savoir. Le regard plongé dans celui du jeune blond, elle ne vit pas ses mains qui récupéraient le cigare qu’elle tenait, la laissant perplexe un moment lorsqu’elle baissa les yeux pour voir qu’il avait effectivement quitté sa main à elle. Toute la malice qu’elle avait dans les yeux et derrière laquelle elle se cachait souvent, avait fini par disparaître et vola en éclat lorsqu’il employa le mot « criminelle ». Elle retint un couinement de désapprobation tandis qu’elle sentit ses doigts se serrer autour du verre de whisky qu’elle tenait dans sa main, grinçant doucement des dents. Il la jugeait sans la connaître. Il portait un jugement hâtif directement sur sa personne, sans prendre la peine de… Non. C’était ridicule. Dans le jeu qu’elle avait lancé, à aucun moment elle ne lui avait laissé croire à une possible innocence, donc même si les mots la blessaient, elle n’était pas en droit de lui en vouloir. Il ne l’insultait pas. Il ne faisait que la qualifier. Et c’était effectivement ce qu’elle était. Une criminelle qui aujourd’hui vivait avec une peine beaucoup trop lourde pour son implication dans quoi que ce soit d’illégal, mais qu’elle acceptait sans broncher pour protéger des gens à qui elle tenait. Peut-être que de se faire coller une étiquette comme celle-ci, n’était qu’un petit prix à payer après tout. Ce qu’elle gagnait au change cela dit… ? Pas grand-chose. Si ce n’est cette impression d’être prise au piège dans sa propre vie, et le regard des gens qui pèsent lourd sur ses épaules. En sentant le silence s’installer, elle aurait voulu se défendre ou dire quelque chose qui pourrait sauver un minimum son honneur, mais au lieu de ça elle resta plongée dans ses pensées, incapable d’aligner ne serait-ce que deux mots. Et son interlocuteur prit son silence comme une invitation à continuer de parler. Toujours sans dire un mot, elle l’écouta parler en analysant bien chaque mot qu’il employait, hochant parfois la tête pour faire signe qu’elle écoutait toujours. Elle suivait le fil de sa réflexion, qui même si elle détester l’avouait, tenait la route. Lorsqu’il eut terminé d’expliquer les trois cas de personne, elle qui avait baissé les yeux pour fixer le vide le temps de ses explications, posa un regard interrogateur sur le blond pour qu’il délivre une fois de plus une théorie pour essayer de classer Naina. Et ce qui en découla plu encore moins à l’Indienne qui s’était réfugié derrière son verre de whisky, qu’elle serrait toujours trop fortement entre ses doigts. Le regard à présent plongé dans le liquide ambre, dans lequel baigné toutes ses pensées qui se cognaient contre le verre comme contre son crâne, elle leva brusquement la tête lorsqu’il sous-entendit qu’elle était une égoïste. « Sans penser à celle des autres… » Souffla l’Indienne qui répéta les mots exacts du blond. Cette fois c’en était trop. Un regard à la fois triste et de colère posé sur lui, elle se déconnectait. Sa voix lui paraissait lointaine tandis que ses mots continuaient à se répéter en boucle dans son cerveau, ses dents se mettant à grincer doucement. D’une force qu’elle ne soupçonnait même pas alors que le jeune homme semblait avoir terminé de parler, elle sentit le verre exploser dans sa main. Et au lieu de garder la main ouverte pour éviter que les débris de verre ne la blessent encore plus, elle referma sa main en un poing. Chaque morceau de verre qu’elle avait dans sa paume lui rentraient dans la chair et faisaient couler son sang au point de rajouter encore plus de couleur à ses vêtements, déjà tachés par le sang d’une autre. Le regard dur, elle ne lâchait pas celui du jeune homme, remettant de l’ordre dans ses pensées avant de se mettre à parler. Pour la première fois depuis son arrestation, elle avait envie de faire savoir à tout le monde qu’elle était innocente et qu’ils se trompaient à son sujet. Elle avait envie que le monde entier le sache, mais surtout ce blondinet arrogant qu’elle avait en face d’elle, qu’il n’avait aucun droit de la juger aussi durement parce qu’il ne savait pas ce qu’elle avait fait pour en arriver là. « Vous jugez sans savoir. Vous employez de grands mots, de grandes formulations pour porter un jugement sur une situation dont vous ne savez absolument rien. Certaines personnes ne gardent pas de secrets parce qu’elles le veulent, mais parce qu’elles le doivent. » Sur ces mots, elle sentit son poing se serrer un peu plus, la douleur lui passant totalement au-dessus de la tête. « Vous ne cherchez pas la vérité pour la comprendre, vous cherchez la vérité pour pouvoir vous confortez dans l’idée que vous vous faites déjà du monde dans lequel vous vivez. Et à en juger par la façon dont vous parlez, il doit être bien terne et seul, votre monde. Je ne sais pas qui vous a fait du mal pour exiger que les choses soient toujours ou blanches, ou noires, sans jamais être nuancés, mais votre cynisme se voit. » A comprendre que les choses étaient toujours plus compliqués qu’on ne pouvait le penser, mais ça il devait sûrement refuser de le voir. Un soupir traversa ses lèvres lorsqu’elle baissa les yeux sur sa main dont elle commençait enfin à ressentir la douleur, et défigura son visage en une petite grimace. Très vite, elle repéra la porte des toilettes et se leva pour s’y rendre et se nettoyer avant de partir, mais fit à peine un pas avant de se retourner. « Vous aviez raison à propos d’une chose seulement. Vous étiez ma meilleure issue de secours sur le coup, mais après mûre réflexion, vous êtes sûrement la pire. J’aurais dû me laisser questionner par les flics, ça aurait toujours été moins pénible que de vous parler. » Et sur ces mots elle tourna les talons pour se rendre aux toilettes, sans même un regard pour le jeune homme.  


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Sujet: Re: [terminé] [Situation] Je suis choquée, choquée ( le Sam 2 Fév 2019 - 12:49 )
Rencontre autour d'un cadavre

Naina & Alex

Entre eux, Alexandre n'aurait sut déterminer si il s'agissait d'un jeu, ou d'un défi. Peut-être un peu des deux. Les manières de la jeune femme prouvait qu'elle se moquait bien des codes. Elle n'hésitait pas à accomplir certaines choses, pourtant ridicules, mais que aucune personne n'avait jamais osé avec lui. Comme prendre son cigare par exemple. C'était à la fois surprenant et intéressant, cela relevait le caractère fort de la brune qui avait pris place en face de lui. Mais le problème du chercheur était celui-ci: Il n'arrivait pas à la cerner. Il n'arrivait pas à se faire une idée de la personne en face de lui. Alors il fallait qu'il joue sur les mots, avec les mots. Il fallait qu'il allie la langue et le verbe et qu'il les envoi au combat. mis pour l'heure, c'était elle qui posait les questions. Si elle s'en tirait avec des conclusions hâtives, elle laissait planait dans l'air une telle force en même temps qu'une grande tranquillité, qu'on avait l'impression qu'elle avait tout dit. Comme un joueur de poker abat ses cartes une à une pour prouver qu'il a le meilleur jeu. Elle pensé vaincre avec le carré d'as. Mais le problème au poker, c'est qu'on joue avec deux choses: La chance, et le hasard. Alors oui, les probabilités pour faire mieux étaient peut-être minimes, mais non elles n'étaient pas inexistantes. Elle tentait donc un coup de poker. Il répondit au coup de poker.

Il fallait trouver des mots, des qualités, des défauts, tout autant de choses qui allaient la toucher. Il fallait se constituer un arsenal de possibilités, sans laisser une seule chose lui échapper. Alexandre avait donc décidé de frapper de plein fouet l'orgueil de la jeune femme, avant de lancer des assauts continus de toutes sortes de qualificatifs qui pour le coup, lui allait plutôt bien. Il tirait ses propres conclusions, sans doute erronées pour certaines. Mais si il cherchait la vérité, il n'avait pas dit quelle vérité il cherchait. Si elle pensait qu'il tenait à savoir dans quoi elle était mêlée, elle se fourvoyait. Il ne cherchait qu'à la comprendre elle. Pourquoi? Parce qu'elle l'intriguait. Parce que son fort caractère, cette forte tête parvenait justement à s'opposer au caractère sombre et à l'humeur morose du chercheur. Elle était joueuse. Plus qu'il ne l'était. Alors à grand renforts de mots, il abattit à son tour son jeu. Les réactions ne se firent pas attendre. Il avait parié sur son impulsivité pour se dire qu'elle rendrait ses réactions visibles. Les premiers mots suspendirent son geste qui amenait le verre de Whisky à sa bouche. Ensuite, elle se crispa. Il ne touchait peut-être pas forcément juste, mais il la touchait elle. C'était largement suffisant. Et à force d'arguments et de raisonnements logiques, elle finit par ne regarder que le verre dans lequel la boisson ambré ne bougeait pas avant qu'il ne note une petite vibration. C'était juste avant que le verre n'explose soudainement entre les mains de la brune. Le peu de personnes aux alentour sursauta, et Jon leva la tête vers eux. Alexandre leva la main pour lui faire signe que tout allait bien. Il n'avait ni sursauté, ni ouvert la bouche. Visiblement, qu'il al traite entre guillemets, d'égoïste, ne lui avait pas plu. Donc elle n'était pas insensible. Ce qui lui arracha un premier sourire alors que cette fois, la voix pleine de rage et de colère, elle reprenait à son tour, ripostant, cinglante, telle une véritable tornade dont l'objectif n'était plus que de tout dévaster dans son passage. Elle avait déjà dévasté le verre, pourquoi pas lui? Par pité, qu'elle épargne les bouteilles.

Et voilà qu'elle lui reprochait de jugement rapidement. Il tira sur son cigare, tout en l'écoutant. C'était étrange... il avait cette sensation de déjà vu dans tout ce qu'elle disait... Mais quand? Ah oui. Il y a un instant quand elle se chargeait de lui répondre. Et elle se justifia sur ses secrets. Ce n'est pas qu'elle ne voulait pas. C'est qu'elle ne le pouvait pas. Ah bon? Au point de laisser toutes les personnes dans l'incompréhension. Elle n'avait même pas tenté de justifier quelque chose. Elle lui avait juste fait savoir qu'il avait été la bonne option du moment, un genre de code promo qu'on utilise pour le pot de nutella parce que demain c'est la fin des soldes. Alors qu'elle refermait son poing sur les débris de verre qui lui étaient restés dans la main, comme si elle voulait un peu plus les écraser, il en profita pour ajouter.
- C'est marrant que vous disiez cela... J'ai presque l'impression que vous jugez votre comportement et vos réponses de toute à l'heure. Mais elle ne se fit pas attendre. Elle ripostait encore, tirant boulets rouges sur le blond sans qu'il ne doive dire quoi que ce soit. Le devait-il? Pour le coup, le second argument qu'elle employa l'atteignit en plein coeur. Dans un dernier geste, plein d'honneur et de désespoir, elle avait décidé d'enfoncer sa lame au plus profond de son être, déchirant plus que les chairs et l'organe, déchirant son âme. Elle venait de donner le coup le plus fatal. Elle se leva soudainement, mais le regard du blond était déjà vide, perdu sur les étagères où s'alignaient les bouteilles, diverses, reflétant la lumière, solidement rangé comme de braves petits soldats en tenue de combat. Elle s'arrêta, c'est à peine si il la vit. Quand à l'entendre, là aussi... Il l'entendit. Mais pour ce qu'elle avait à dire, il n'en tira rien d'intéressant. Elle le laissa là. Et il n'en demandait pas plus. Ce qui restait de son cigare entre les lèvres, il termina son verre et se leva.

Puis, sans un mot, sans même un regard pour les toilettes où elle s'était réfugié, il prit la direction de la sortie. Il s'arrêta au comptoir sur lequel se tenait jon, appuyé, visiblement penseur.
- Je suis désolé pour le verre... Tu veux que je te file un coup de main pour nettoyer? Fit Alexandre qui avait quand même conscience qu'il était légèrement responsable. Son ami leva le regard vers lui avant de balayer l'air de sa main, comme si ce n'était rien.
- C'est pas grave.
- Bon... Je vais te payer les bouteilles que je te dois et je vais y aller. Au grand étonnement du blond, Jon ne bougea pas d'un iota. Ni pour se saisir des bouteilles, ni même pour faire quoi que ce soit d'autres. Il resta là. Figé. Regardant Alexandre comme si il jaugeait toute sa personne.
- Quoi? Fit le chercheur gêné.
- Alex, Alex, Alex, Alex... Souffla alors l'écossais. Toi et moi on se connait pas depuis gamins, mais j'te connais assez pour savoir que t'es pas un enfoiré et un salaud. Un langage cru, et une langue qui n'y allait pas par quatre chemin, c'était Jon en puissance. J'sais pas ce qu'elle t'a fait, mais elle vient de se couper. Alors va la voir et fais en sorte qu'elle aille mieux. J'ai un trousse de secours. Alexandre manqua riposter, outré, mais la seule chose qu'il reçut en pleine gueule avant d'avoir dit un mot, ce fût la trousse de premier secours en bonne et due forme. Et bouge ton cul s'il te plait. Alexandre grommela et finit par se résigner. C'est presque en traînant de pieds qu'il rejoignit la porte des toilettes non sans avoir laissé son cigare terminé dans un cendrier vide. Il souffla un bon coup avant de rentrer. Elle leva les yeux vers lui alors qu'elle se rinçait les mains, les yeux rouges. Avait-elle pleuré, ou était-ce simplement la douleur? Quoi qu'il en soit, la vision de la brune dans cet état, peu importe qu'elle soit "criminelle" ou non, finit par lui faire entendre raison. Il avait peut-être gagné à leur jeu stupide, mais il était allé trop loin. Il s'approcha d'elle et il vit bien qu'elle allait dire quelque chose, sans doute pas agréable, alors il mit un doigt sur ses lèvres à lui pour faire signe à la jeune femme de ne rien dire.
- Je ne veux rien entendre d'accord. Je crois que ça suffit pour aujourd'hui. Le ton était ferme, presque dur, et ne souffrait d'aucune réplique. Il posa la trousse sur le bord du lavabo et finit par tendre sa main pour prendre celle de la brune... Qu'elle ne lui accorda pas. Votre main s'il vous plait. Un refus total. Elle ne parlait pas. Mais elle ne bougeait pas non plus. Agacé une nouvelle fois, il s'en saisit et regarda les plaies laissées par le verre. Rien de trop profond, mais elle s'était quand même bien amoché la main. Lui tenant fermement le poignet car il sentait bien qu'elle voulait retirer sa main il finit par lâcher.
- Bon je suis désolé, d'accord? Cette fois, cela eut le don de laisser un silence des plus profond entre eux alors qu'il plongeait son regard dans celui de la brune et que seul le bruit de la ventilation était audible. Il prit le désinfectant qu'il ouvrit adroitement avant de reprendre. Je voulais pas... J'avais pas envie de vous blesser. Attention, ça risque de piquer un peu. Et il versa le désinfectant sur la main, au dessus de lavabo avant de venir essuyer délicatement la main de la jeune femme. Tout en s'appliquant à ne pas lui faire mal, il finit par avouer. La vérité c'est que j'aurais dû être fiancé. Il était là le cœur du problème. J'avais prévu de... De faire ma demande. Il n'osait plus la regarder. Il ne savait pas si c'était la tristesse, la douleur, la honte... Il ne le savait pas, il ne savait plus. Tout était prêt. J'avais la bague. J'avais même peaufiné le discours... Et ouais j'allais pas faire ça comme ça moi. Fit-il en riant nerveusement. Il s'arrêta d'essuyer la plaie et se saisit d'un bandage qu'il commença à enrouler autour de la main. Tout était prêt. Répéta-t-il. On devait aller manger au restaurant le soir. J'avais réservé la table. J'avais... Je crois que je n'avais pas été mauvais ce jour là. En y repensant, en faisant remonter cette foule de souvenirs en lui, il ne put refouler une larme qui roula sur sa joue et qu'il essuya d'un geste discret. Elle fait parti des victimes de l'attentat de l'année dernière. Piètre résumé de l'incompétence du jeune homme, de sa déchéance. Il releva alors son regard embué vers elle tandis qu'il avait terminé. Alors le prenez pas mal. Mais entre interrogatoires par un psy, puis par la police alors que la seule chose que vous désirez, c'est être trois minutes en paix... Ouais, à la fin on pète un plomb. Alors oui, à la fin le monde il est pas tout noir et tout blanc, mais pour moi, il est tout noir depuis bientôt un an. La voilà la vérité. Il lâcha la main de la jolie brune, referma la trousse sans un mot et la regarda une dernière fois. Je pense que ça tiendra jusqu'à chez vous. Essayez de voir un médecin, à la limite. Et il sortit de peut d'en dire à nouveau trop, de peur de dire une bêtise. Il croisa Jon qui finissait de nettoyer. Leurs regards se croisèrent et l'écossais souffla en se relevant comme si il se rendait compte qu'il avait demandé beaucoup. Ils se rejoignirent finalement au comptoir où il déposa les bouteilles de Whisky. Quand on y repensait finalement, c'était elle les responsables de tout. Si il n'avait pas eu à aller les chercher, rien de tout cela ne se serait produit.
- Bon... On se dit à un de ces quatre? Fit-il maladroitement.
- T'inquiètes je suis pas encore parti. Il faut qu'elle récupère Kenny. Jon sembla ne pas comprendre. Un cactus décédé il y a peu, je sais c'est stupide, mais s'il te plait, arrête de poser des questions. Et comme il n'était pas un salaud comme l'avait si bien dit son ami, il allait sans doute ramener la jeune femme, sauf si elle préférait marcher.


codage par LaxBilly.
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Naina PatelToujours frais après un litre de café
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Sujet: Re: [terminé] [Situation] Je suis choquée, choquée ( le Dim 3 Fév 2019 - 4:54 )
Elle qui pensait avoir le contrôle total sur la situation, ne s’attendait pas à une riposte aussi violente. Et pourtant, tandis qu’il se servait de ses mots pour la toucher là où elle pensait être immunisée, des sentiments les plus contradictoires se mélangeaient à l’intérieur de la jeune femme. Elle passait par tous les stades. Tout d’abord admirative, elle devait reconnaître que c’était la première fois qu’elle tombait face à quelqu’un prêt à en découdre avec elle, pour lui renvoyer les balles qu’elle prenait un malin plaisir à envoyer. Mais très vite, ce fut de la déception qui se mêla à un chagrin, le tout agrémenté d’une pointe de colère qui ne tarda pas à se manifester. D’une poigne insoupçonnée, elle explosa le verre qu’elle tenait entre les mains, se fichant bien des quelques éclats qui s’étaient logés dans sa peau. Sur le coup, elle ne ressentait aucune douleur, du moins, elle n’était pas assez forte pour la dissuader de serrer encore plus le poing pour accompagner ses paroles acerbes et l’amertume qu’elle ne cachait même plus. Son visage durci par une haine passagère, elle savait au fond d’elle que la seule raison pour laquelle sa colère dominait toutes les émotions, c’était parce qu’elle était blessée. La douleur qu’elle ressentait au niveau de sa poitrine à cause des mots qu’avait employé le jeune homme, n’était pas comparable à celle concentrée dans la paume de sa main. Elle était beaucoup plus vive au point que chaque mot ait réussit à transpercer la barrière invisible qu’elle avait dressé autour de son cœur pour éviter que ce genre de chose ne l’atteigne. Et ça avait fonctionné jusque-là, pas une seule fois elle ne s’était montrée touchée par les accusations et différentes qualifications des avocats, juges et ainsi de suite. Mais ici… C’était différent. Ce qui était stupide. Ils ne se connaissaient pas, elle n’avait donc aucune raison de se montrer affectée de la sorte. Pourtant l’Indienne l’était.

Lorsqu’elle se leva pour aller nettoyer un minimum sa blessure pour pouvoir se barrer d’ici ensuite, elle sentit ses jambes trembler sur le chemin des toilettes, mais préféra ne pas s’arrêter pour ne pas donner au blond le plaisir de la voir encore plus affectée. A l’aide de son bras, elle poussa la porte des toilettes et croisa le regard d’un homme qui la dévisagea longuement, passant de son visage à sa main ensanglantée qu’elle tenait de son autre main en bonne santé, pour éviter de salir la boutique de son sang. Il ne mit pas longtemps avant de s’en aller pour la laisser seule. Naina le suivit du regard jusqu’à ce qu’il quitte la pièce et attendit encore quelques secondes avant de se mettre à pleurer, la main blessée au-dessus du lavabo dans lequel s’égouttait son sang. Son autre main s’était aussitôt rangée entre ses dents pour étouffer le cri qu’elle laissa s’échapper lorsqu’elle se mordit la main pour essayer d’atténuer le son. A ce moment précis, elle ne saurait dire si c’était à cause de la douleur physique qu’elle ressentait à la main, ou à cause des mots blessants auxquels elle avait eu droit. Au bout de deux longues minutes qui lui parurent comme une éternité, elle s’obligea à s’arrêter de pleurer et sécha les grosses larmes qui roulaient encore le long de ses joues. Pour masquer les reniflements à cause de ses pleurs, la jeune femme ouvrit rapidement le robinet d’eau froide et laissa sa main dessous. Le froid sur sa blessure ne lui faisait pas vraiment de bien, mais au moins ça nettoyait le sang superflu sur sa paume. Elle aurait voulu sortir demander une trousse de toilette ou même oser demander s’ils avaient des feuilles pour qu’elle s’improvise un pansement de fortune avec elles, mais elle n’avait pas envie de sortir au risque de croiser l’autre crétin. Oui elle venait de le décider, c’était bel et bien un crétin. Même s’il n’avait fait que répondre à ses provocations en entrant dans son jeu, il n’en était pas moins un crétin qui en plus, avait décidé de la laisser seule après la sale journée qu’elle avait eue, tout ça après l’avoir poussé à bout. Voilà, elle le blâmait lui pour sa blessure. Elle le blâmerait aussi pour la marque que les coupures risquaient de laisser dans sa peau. Si elle n’avait pas autant de problème avec la justice déjà, elle lui aurait collé un procès pour un motif qu’elle aurait bien trouvé sur le chemin de chez elle. Pour l’heure, il ne lui restait que ses deux yeux pour pleurer, et les jurons qu’elle poussait à voix basse pour éviter qu’on ne l’entende.

Lorsqu’elle entendit la porte des toilettes être poussée, elle se raidit aussitôt. Peu importe la personne qui franchirait cette porte, si ce n’était pas le blond, alors elle allait devoir réfléchir rapidement à une explication si on lui posait des questions. Discrètement, Naina leva les yeux vers le miroir pour éviter de regarder directement, et vit le visage du jeune homme, ce qui la rassura quelques secondes. Mais ce soulagement se fana bien vite lorsque la colère reprit le dessus. L’Indienne était toujours énervée et tenait à le faire savoir par les mots, à défaut d’user de sa main qu’elle aurait bien collée contre sa joue si elle n’était pas blessée. Au moment où elle ouvrit la bouche, prête à attaquer de nouveau, d’un simple geste de la main il lui intima le silence en mettant un doigt contre ses lèvres. Ce qui eut le don de vexer encore plus Naina. Qui il était pour demander à ce qu’elle se taise ? Elle avait encore des choses à dire et voulait le lui faire savoir. Oui, elle avait décidé de ne pas le faire là, mais ce n’était pas parce qu’elle se mettait à l’écouter. Que les choses soient claires. Elle ne disait rien parce qu’il lui en avait coupé l’envie, pas parce qu’il le demandait. Au lieu de ça, elle fronça les sourcils pour montrer sa désapprobation silencieuse, ne le lâchant pas du regard. A cause de sa mauvaise tête, peu importe ce qu’il lui demanderait de faire, même si ça partait d’une bonne intention, elle le refuserait par simple esprit de contradiction. Alors lorsqu’il lui demanda sa main pour examiner sa blessure, elle refusa de la lui montrer et recula même le bras comme pour l’éloigner de lui. Pourquoi il voulait la voir ? Pour se réjouir de ce qu’il avait provoqué ? L’audace. On disait d’elle qu’elle avait beaucoup de culot, mais lui n’était pas en reste. Le culot ultime fut d’ailleurs lorsqu’il lui prit la main d’un coup sec pour l’examiner sous l’éclairage douteux des toilettes. Elle étouffa un cri de surprise entre ses lèvres, prête à reprendre sa main qu’il bloqua en lui agrippant le poignet. Elle n’aimait pas cette proximité. Elle n’aimait pas la façon qu’il avait de lui tenir fermement le poignet. Elle n’aimait pas non plus qu’il soit là avec sa trousse de secours, prêt à lui venir en aide, parce que ça donnait juste moins de légitimité à sa colère. Et s’il y avait bien une chose qu’elle n’aimait pas, c’était qu’on l’apaise alors qu’elle avait envie d’être en colère tranquillement. Et comme s’il avait entendu ses pensées, il prononça les mots suffisants à faire taire définitivement sa colère ; ses excuses. Alors qu’elle ouvrit la bouche pour dire quelque chose, elle la referma aussitôt. Déjà parce qu’elle était à court de mots, mais aussi parce qu’il lui avait demandé de se taire, et ne sachant pas si l’interdiction de parler était levée ou pas… Elle se contenta de plonger son regard dans le bleu de ses yeux qu’elle ne remarquait que maintenant, tandis que le silence s’installait entre eux. Etrangement, ce n’était ni un silence lourd où une tension était palpable, ni même un silence gênant… C’était juste un silence entendu, où les regards qu’ils échangeaient étaient ici plus forts que les mots. Un silence d’après-guerre où ils constataient les dégâts et où ils se rendaient compte de la stupidité des hostilités. Lorsqu’il brisa le silence, Naina ne bougea pas d’un pouce pour l’écouter poursuivre, surprise qu’il soit encore sur ses excuses. Elle grimaça légèrement lorsqu’il vida l’alcool sur ses coupures, ayant même un petit mouvement de recul mais ne se débattit pas autant que si elle avait voulu qu’elle lui lâche le poignet. Au contraire, lorsqu’il tapota doucement sa paume, elle se rendit compte qu’il s’appliquait réellement dans ce qu’il faisait, renforçant un peu plus cette image de perfectionniste qu’il avait dépeint un peu plus tôt dans leur joute verbale. La douceur avec laquelle il le faisait, surprenait encore plus l’Indienne qui ne s’attendait pourtant pas à grand-chose venant de lui. Sans se précipiter, il la soignait en prenant soin de ne pas la blesser plus qu’elle ne l’était déjà.

Encore une chose qui surprit Naina, fut lorsqu’il continua de parler alors qu’il n’y était pas obligé. Un sourcil levé par l’étonnement lorsqu’il lui apprit qu’il aurait dû être fiancé, elle ne savait pas vraiment quoi répondre. Est-ce qu’elle devait dire qu’elle était désolée qu’il parle de ça comme au passé. Ou lui tapoter gentiment le bras en lui disant que ça arriverait sûrement un jour pour lui ? « Oh ? » Fut tout ce qu’elle lâcha. Ce « oh » était neutre, l’encourageant à parler sans pour autant l’obliger à quoi que ce soit ? Sans dire un mot alors qu’elle ne parlait déjà pas beaucoup, elle écouta son récit sans le lâcher des yeux. Lui, avait baissé la tête pour se concentrer sur ce qu’il faisait, et Naina n’était pas sûre que c’était parce qu’il voulait bien faire. Il voulait surtout éviter son regard sans qu’elle ne sache pourquoi, et garder ses mains occupées l’aidait sûrement à parler plus facilement pour se donner un air détaché. Pourtant, l’Indienne ignorait s’il s’en rendait compte, mais dès le moment où il commença à parler de ce passé révolu, sa voix s’était teintée d’une peine tellement profonde que même le rire nerveux qu’il lâcha était douloureux à entendre. Il ne faisait que souligner un chagrin qu’il laissait remonter peu à peu à la surface à mesure des confidences qu’il était en train de faire. Dans un faible geste qui se suspendit dans les airs, elle avait eu l’intention pendant un court instant de lui prendre le menton pour le couver d’un regard rassurant qui lui ferait oublier la douleur qui faisait vibrer le timbre de sa voix. « Oh non. » Lâcha sans s’en rendre compte Naina lorsqu’il lui apprit qu’elle avait été victime de l’attentat de l’année passée. Son cœur se serra encore un peu plus d’empathie pour cette personne qu’elle avait jugé beaucoup trop vite. Et son cœur déjà bien mis à l’épreuve aujourd’hui, en pris un autre coup lorsqu’elle vit les yeux du jeune homme briller à cause des larmes qui menaçaient de couler. Là encore, alors qu’elle cherchait les mots justes pour essayer de le réconforter, elle finit par se taire de peur de dire ou de faire quelque chose de mal, n’éprouvant plus qu’une peine immense pour cet inconnu. Au moment où il lui lâcha la main, elle avait presque oublié pourquoi ils se trouvaient dans ces toilettes. Lui qui fuyait toujours son regard, elle, elle ne cessait de fixer son visage comme à la recherche de quelque chose. Et ce ne fut que lorsque leurs regards se croisèrent une dernière fois, elle toujours à court de mot, qu’elle trouva ce qu’elle cherchait. La douleur qui déformait son visage était la même qu’elle avait vu lorsqu’elle l’observait depuis la voiture. Le même visage fermé sur lequel on pouvait y lire un chagrin tellement immense, que toute la chaleur de son regard azur finissait par se transformer en quelque chose de froid et de distant.

Elle le laissa partir sans lâcher un mot. Hochant doucement la tête pour le médecin, elle le regarda filer tandis qu’elle prenait appuie sur le lavabo derrière elle pour réfléchir. Toute cette journée l’avait chamboulé, et si elle avait envie de rentrer chez elle et de se terrer sous sa couette, elle avait encore plus envie d’aller retrouver le jeune homme pour essayer de lui remonter le moral. Elle ne se l’expliquait pas et ne savait pas s’il voudrait de sa compagnie après le moment intense qu’ils avaient passé ensemble, mais son envie de chasser toute la peine qu’elle avait vu, avait suffi à la pousser à se lever pour aller le rejoindre. D’un pas mal assuré, elle passa la porte des toilettes pour se retrouver à nouveau dans la boutique, à la recherche du jeune homme dont elle aperçut la silhouette de loin. Une profonde respiration plus tard, elle se retrouvait à marcher dans sa direction, toujours silencieuse, et arrivée à sa hauteur, elle fit la chose la plus bizarre qu’elle pouvait faire. Elle posa une main sur son épaule de sa main valide, et l’obligea à se tourner pour qu’il lui fasse face. Du bout des doigts, elle caressa ses traits pour essuyer les quelques traces de larmes que elle, elle pouvait voir. Doucement, sa main quitta son visage pour aller se loger dans son cou, puis sa nuque, pour le forcer à accepter son étreinte. L’obligeant à se mettre sur la pointe des pieds à cause de sa grandeur, elle le serra contre elle, contre toute attente. Son autre main encerclait la taille du jeune homme, pour le garder près d’elle un peu plus longtemps. Au bout de longues secondes, elle finit par se défaire son étreinte pour ne pas abuser, sans pour autant s’éloigner du blond. « Je suis désolée. » Souffla-t-elle en plantant son regard dans le sien. Elle ne savait pas si elle s’excusait de son comportement, ou de la vie triste du jeune homme qui l’avait touché, mais elle tenait à lui présenter ses excuses. « Je suis vraiment, vraiment désolée. » Répéta l’Indienne. En se rendant compte qu’ils étaient observés, elle regarda un instant autour d’elle pour avoir confirmation que tous les regards étaient braqués sur eux. Dans un soupir, elle s’éloigna réellement du jeune homme, lui récupérant tout de même la main. « On s’en va ? » S’enquit la jeune femme qui le tirait déjà doucement vers la sortie. Elle ne savait pas s’il voulait encore d’elle pour aujourd’hui, mais il allait devoir la supporter parce qu’elle ne lâcherait rien tant qu’il ne lui offrirait pas un sourire sincère, sans tristesse pour le ternir. « On a un cactus à enterrer encore, je n’ai pas oublié. »  


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Sujet: Re: [terminé] [Situation] Je suis choquée, choquée ( le Dim 3 Fév 2019 - 19:35 )
Rencontre autour d'un cadavre

Naina & Alex

La douleur. C'était cela qu'il ressentait. Alexandre replongeait dans la douleur, dans le sang. Là pour le coup, c'était même au sens littéral. Alors qu'il se sentait bien, ou du moins pas trop mal quelques instants auparavant, voilà que la douleur remontait, tel un immense maelstrom, se formant à la surface de sa conscience pour dévorer tout ce qu'il pouvait y avoir de doux, d'agréables. Cette douleur aspirait tout. Gentillesse, bonté, tout ce que la vie pouvait produire de beau... Non, il ne restait plus que cela, dans son âme meurtrie: Douleur. Il n'avait pas eu envie d'aller la retrouver dans les toilettes. Tournée comme ça, cette phrase pouvait faire croire encore à quelque chose de coquin, de joueur, la vérité était moins drôle. Pourtant, en la voyant, prostrée sur le lavabo, les yeux rouges, son coeur fit un bond. La douleur était toujours présente, mais il eut pitié. Non pas une pitié envers un être inférieure, ou avec une idée mauvaise, mais plutôt la pitié qui s'exerce envers sa propre personne, celle qui vous tiraille quand vous savez que vous êtes allé trop loin au point de blesser l'autre. En général, il n'allait pas jusque là. Mais parce que cette brune au caractère bien trempée avait osée lui tenir tête, il avait décidé d'agir comme un intrépide combattant et stratégie. Il avait armé toutes ses pièces: les mots, paré au combat toutes ses unités : les verbes, Et sous un même drapeau: La langue, il les avait envoyé au combat. Un tel pouvoir était à la fois magnifique et terrible. Magnifique par ce qu'il était capable d'accomplir, terrible dans le résultat qu'il produisait. Pourquoi une telle riposte? Pourquoi était-il allé jusque là? Désormais, en la voyant, il savait.Parce qu'elle représentait un danger. Lequel? Il ne le savait pas encore, mais il sentait en elle une force capable de briser et de renverser beaucoup de choses. Et au fond, peut-être craignait-il que cette force ne le balaye lui aussi. Alors comme la meilleure défense c'est l'attaque, il avait agit, au plus vite, et il avait cru résoudre le problème. Il l'avait simplement déplacé.

Déçu par lui-même, de son comportement presque stupide, attristé du résultat qu'il avait produit, il se demandait finalement si à l'avenir, quelque chose de bon pourrait sortir de cette personne aigrie, usée par la vie. Il tenta alors de se rattraper un minimum, commença à la soigner. Il n'était pas médecin, mais il n'était pas un incompétent non plus. Il pouvait au moins prodiguer les premiers secours. Et finalement, tout en la soignant, il lui parla. Il s'ouvrit à elle. Pourquoi? Peut-être parce que cela lui permettait de trouver une sorte de justification à son comportement. Peut-être qu'il avait envie qu'elle sache. Elle l'avait jugé elle aussi, et il voulait lui expliquer, par la vérité, le comment du pourquoi. Et au fur et à mesure qu'il parlait, la douleur reprenait place, le passé l'assaillait, sanglant, sombre, violent. Mais elle se détendait. Elle lui laissait désormais volontairement sa main pour qu'il la soigne, maniant la main abîmée de la brune avec précaution, comme si il avait peur de plus lui faire mal dans un mouvement trop brusque, dans un geste trop rapide. Les mots, les gestes, il alliait avec lui deux choses: L'honnêteté et la douceur. Les mots avaient l'honnêteté, les gestes la douceur. A la lueur de ces explications, il comprit rapidement qu'elle compatissait, mais il n'osait pas croiser son regard. Il ne savait pas si il n'en avait pas la force, ou si il n'en éprouvait pas l'envie. La seule fois où il le releva, ce fût lorsqu'il eut terminé et qu'il était désormais sûr de pouvoir y aller. Il s'était battu avec elle, pour au final, ne rien gagner du tout. C'était stupide. Mais c'était l'être humain. Il la laissa là. Il n'avait plus la force de se battre, il n'avait plus qu'une envie: Qu'on le laisse en paix.

Il retrouva Jon au comptoir. Ce-dernier nota sans doute que l'effort produit par Alexandre, cette montée d'émotions... C'était peut-être trop en une journée. Oh Alexandre tiendrait le coup, il l'avait toujours fait. Alors qu'il attendait la brune, il sentit une main touchait son épaule. Il se retourna. C'était elle. Il ne déclara rien. Elle non plus. Les mots avaient été assez utilisé aujourd'hui, et la tendresse dont elle fit alors preuve le surprit autant que le contact de ses doigts délicats, essuyant ses larmes, lui fit un bien fou. Il apprécia, et soudainement, il respira. Calmement. Son coeur s'était remis à battre normalement. Elle le serra contre elle. Il aurait pu refuser. Il aurait pu la repousser, dire non à cette inconnue. Mais il s'était assez battu. Et comme un vieux guerrier qui a besoin de réconfort après la bataille, elle venait lui donner ce que personne ne lui avait plus offert depuis un moment: Un contact sincère. De l'amour. Il se surprit à venir saisir sa taille pour la garder lui aussi contre lui alors qu'il sentait son souffle sur lui. Elle le garda contre elle pendant quelques secondes, mais Alexandre ne s'en plaignit pas, et lorsqu'elle rompit le contact, elle s'excusa. Pas deux fois. Avant de constater, non sans une certaine gêne, qu'on semblait les observer. Il eut un faible sourire et reprit:
- C'est moi qui... J'ai dépassé les bornes. Sans aucun doute. Ils avaient tout les deux leurs parts de responsabilités.

Et finalement, elle le tira vers la sortie, prenant sa main dans la sienne, comme si la journée en sa compagnie n'était pas finie. Il l'arrêta un instant alors qu'elle déclara qu'elle n'avait pas oubliée qu'ils avaient un cactus à enterrer. Il ne put réprimer un petit sourire, prit les bouteilles posées sur le comptoir.
- Jon... Je te dois combien? Mais l'autre lui fit signe d'y aller, il le paierait la prochaine fois. Alexandre le remercia d'un signe de tête, reconnaissant, et accepta enfin de suivre la jeune femme qui l'entraîna dehors. Il lâcha sa main pour ouvrir la portière arrière et y déposa les bouteilles qu'il prit soin de caler avant de refermer la portière et de se retrouver face à elle. Il en fût gêné alors qu'elle semblait afficher beaucoup plus d'assurance que lui pour le coup. Il resta silencieux devant elle avant de finalement se lancer.
- Bon, j'vais pas vous faire courir pendant des heures. Déjà on ne s'est pas présenté. Mais avant cela, sachez que je suis pas un type très... Agréable. Je suis du genre un peu chiant parfois, un peu bourru de temps à autres, et pour l'heure, rien ne me contenterait plus que de rentrer chez moi pour déguster un bon whisky, en compagnie pourquoi pas d'un cigare devant un bon livre ou un bon film. Okay? Vous, vous me tenez tête, vous me volez mon verre de whisky que vous buvez d'un trait, premièrement, et ensuite vous vous attaquez à mon cigare. Vous avez plus de caractère, et je pense que vos soirées doivent être de celles qui font du bruit, avec une bonne ambiance. Moi c'est le contraire. Le calme, le silence, quand mes voisins ne se disputent pas, c'est tout ce que je préfère. Voilà, donc en gros, un gars chiant et qui n'a pas envie de... Et plus il parlait, plus il déblatérait sur sa personne et sur des raisonnements à la con, plus il se noyait dans le regard de la brune. Il était comme aspiré, il n'arrivait plus à réfléchir de manière censé, c'est à peine si il entendait les conneries qu'il déblatérait à la vitesse folle d'un TGV lancé à toute vitesse. Mais tant pis, il continuait. Or, il était bien forcé de s'arrêter. Il voulait en venir où du coup? Il ne le savait pas lui-même. Est-ce qu'il voulait qu'elle reste? Non. Pour toute la vie? Oui. C'était une très bonne image du cerveau d'Alexandre: Complètement embrouillé. Il s'arrêta, frottant sa barbe comme si il réfléchissait et finalement lui intima de grimper en voiture:
- Bon, allez, montez. Je vous ramène.

Tout ça pour en arriver là? Il était d'un ridicule décidément. Mais comme le ridicule ne tue pas... Allons y gaiement. Il monta à son tour en voiture et prit place. Il fixa sa ceinture de sécurité, démarra. Il partit, prit une direction un peu au pif et finit par tourner le regard vers elle.
- Bon. Commençons par le commencement. Mister Cactus on l'enterre où? Comme ça tenait visiblement à cœur la jeune femme, il allait le faire, mais sans grande joie. Il avait réellement envie de se mettre au calme tranquille. Ensuite je vous ramène si vous voulez. Il prit une intersection, ne sachant même pas où il allait. là, il se dirigeait vers le cimetière, mais peut-être qu'il faudrait aller en sens inverse. Finalement, il lui demanda:
- Au fait, moi c'est Alexandre. Et vous? Voilà, là il allait peut-être faire progresser un minimum leur relation. Depuis le début, aucun des deux n'avait dévoilé son prénom, peut-être que commencer par le début serait un bon... Début. Ouais. C'était le cas de le dire. Pour la fin, il se prononcerait après parce que là, il n'avait vraiment aucune idée de la manière dont cette histoire allait se terminer.


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Sujet: Re: [terminé] [Situation] Je suis choquée, choquée ( le Mer 6 Fév 2019 - 1:48 )
Elle s’était comportée comme une parfaite idiote, et il était temps pour elle de se racheter. Si dans un premier temps, alors qu’elle marchait dans sa direction, elle avait juste l’intention de s’excuser, elle avait été poussée par une force invisible qui l’avait obligé à se montrer plus tactile. Et lorsqu’on connaissait Naina, on savait que ce n’était pas le genre de chose qu’elle faisait. Lorsque ses proches se mettaient à pleurer en sa présence, c’était limite si elle n’essayait pas de passer par la fenêtre parce que les larmes la mettaient mal à l’aise. Les personnes tristes la mettaient mal à l’aise en fait. Même lorsqu’elle l’était elle-même, elle s’obligeait à se changer les idées parce qu’elle n’aimait pas broyer du noir trop longtemps. Pourtant ici, sans même dire un mot, elle avait pris l’initiative d’aller retrouver le jeune homme et de le consoler par la même occasion. Le visage sérieux, elle s’appliquait lorsque du bout des doigts, elle se mis à essuyer les traces de larmes qu’elle avait repéré sur ses joues, faisant preuve à la fois de précision et de douceur. L’Indienne aurait bien pu s’arrêter là, mais la proximité qu’ils partageaient avait seulement donné envie à la jeune femme de la réduire encore plus, en le prenant dans ses bras. Il aurait bien pu la repousser, et après l’échange qu’ils avaient eu, c’était à peu près la réaction qu’elle attendait de sa part. Mais lorsqu’elle sentit ses bras se refermer autour de sa taille, elle ne put s’empêcher de sourire contre le torse du blond, tandis qu’elle s’évertuait à le serrer un peu plus contre elle. Pour la brune, ce geste innocent était tellement normal qu’elle avait l’impression que son corps s’emboîtait parfaitement au creux des bras de cet inconnu. Comme si elle venait de prendre conscience qu’elle avait toujours été destinée à se trouver là. Au milieu d’une boutique avec des yeux rivés sur eux. Dans les bras de quelqu’un qu’elle avait rencontré quelques heures plutôt et dont elle ignorait toujours l’identité. Mais dans cette étreinte, elle savait déjà tout ce qu’elle avait besoin de savoir. Elle savait qu’elle se trouvait dans les bras de quelqu’un avec un caractère aussi gros que le sien, et que lorsqu’ils se frottaient ça pouvait faire des étincelles. Elle savait également que derrière ces traits boudeurs, se cachait une sensibilité qu’il se tenait bien de montrer.

Lorsqu’au bout de longues secondes ils finirent par mettre fin à leur étreinte, Naina garda sa main dans la sienne qu’elle n’avait pas envie de lâcher, prête à partir d’ici. Pendant qu’il parlait au vendeur, l’Indienne laissa son regard balayer la boutique, croisant par la même occasion quelques visages curieux qui détournaient les yeux dès qu’elle se mettait à les regarder. Un soupir s’échappa de ses lèvres, s’imaginant bien ce que les gens pouvaient penser d’eux. Ils devaient avoir l’air de deux fous, mais alors soit. Elle serait folle avec lui. Même si à l’allure à laquelle ils allaient, c’était surtout à cause de lui qu’elle était folle. L’échange avec Jon ne durant que quelques secondes, elle ne mit pas longtemps avant de tirer à nouveau le blond vers elle, sa main se pressant un peu plus dans sa paume comme si elle était impatiente de quitter les lieux. Elle ne l’était pas. Du moins pas tout à fait. Ce qu’elle était impatiente de faire en revanche, c’était de quitter ce lieu où ils avaient eu une dispute. Leur première. Une fois dehors, si le froid frappa la jeune femme de plein fouet, elle put trouver un certain réconfort dans la chaleur que diffusait la main de l’inconnu dans la sienne. Ce qui lui arracha presque une grimace lorsqu’il lâcha sa main pour mettre les bouteilles à l’abri. Sans dire un mot, elle le laissa faire en suivant ses gestes du regard tandis qu’elle prenait doucement appuie contre la voiture. Les bras croisés sur sa poitrine, le même regard empli de malice, elle planta ses yeux dans les siens l’air de lui demander « et maintenant, quoi ? ». Si elle n’avait rien à dire, c’était tout le contraire de son interlocuteur qui prit la parole pour lui raconter des choses qu’elle n’avait rien demandée. Mais qu’elle prenait tout de même plaisir à entendre, sans expliquer pourquoi. Le petit sourire qu’elle affichait, ne faisait que s’agrandir à mesure que lui déversait des paroles qui n’avaient pas forcément de fil conducteur. Si à tout moment elle pouvait l’interrompre pour lui demander pourquoi il lui disait tout ça, elle ne le fit pas et profita au contraire du son de sa voix qui était portée par une telle sincérité, qu’elle ne pouvait que l’encourager à continuer. « De ? » Qui souffla juste ce mot, tandis qu’elle se redressait pour ancrer un peu plus son regard dans le sien. Elle le sentait perdue, comme s’il la dévisageait. Ça ne la dérangeait pas, au contraire. L’Indienne se doutait bien que ce n’était pas tous les jours qu’il devait rencontrer des gens comme elle, alors elle lui laissait tout le loisir de l’admirer. Et pendant de longues secondes, ce fut uniquement ça. Un silence qui faisait du bien, ou personne ne parlait pour se blesser ou pour combler le vide. Juste un silence dans lequel ils se regardaient et où, du moins du côté de Naina, elle pouvait un certain apaisement à voir les traits du jeune homme à la lumière du jour. Elle avait l’impression de remarquer quelque chose de nouveau chez lui à chaque fois qu’elle posait le regard sur lui. Tantôt elle y voyait un cœur couvert de cicatrices qui avait imprégné un chagrin tellement profond dans sa chair, qu’elle pouvait le voir sur ses traits. Tantôt elle y voyait une douceur et une sensibilité tellement inattendue, qu’elles rehaussaient les rares sourires qu’elle pouvait capter du coin de l’œil. Moments volés qui se gravaient peu à peu dans sa mémoire, comme la première page d’un livre qui s’écrivait doucement.

Dans un soupir, lorsqu’il lui ordonna de monter dans la voiture, elle s’exécuta sans broncher, lâchant juste un « OK ». Sans aucun signe de protestation, Naina s’installa côté passager et récupéra Kenny sur ses genoux avant d’attacher sa ceinture. Elle avait l’air bien mal en point, mais pas non plus au point de devoir l’enterrer. Pourtant, comme un mauvais souvenir qu’elle voulait laisser derrière elle, elle avait fermement l’intention de l’enterrer quelque part pour laisser le négatif de cette journée derrière elle. « Hum. Je ne sais pas s’il existe un cimetière de cactus ou même de plantes. Lorsqu’on met des plantes en terre, c’est pour les voir pousser, pas pour les enterrer. » Dit-elle à voix haute tandis qu’elle continuait de réfléchir à un endroit. Elle aurait bien dit près d’une source d’eau, mais elle n’avait pas envie de prendre le risque que son bracelet se mette à sonner s’ils entraient dans une zone hors de son champ. Elle coupa court à ses pensées lorsque le blond mis enfin un nom sur sa tête. « Alexandre. C’est beau. » Commença l’Indienne qui le lorgnait furtivement. « Moi c’est Naina. Qu’est-ce que vous faites dans la vie ? » Interrogea la brunette, curieuse de savoir quel métier il pouvait faire pour se montrer perfectionniste comme il le prétendait. Mais outre ça, elle y montrait un réel intérêt, sans vraiment savoir pourquoi.  

Lorsqu’au loin elle repéra le cimetière, elle comprit que là où ils se rendaient, il serait effectivement question de morts si leur choix s’arrêtait là-dessus. Mais elle n’avait pas d’autres idées et lui non plus visiblement. « Un cimetière, oui, pourquoi pas. » Elle accompagna ses paroles d’un haussement d’épaules détaché, bien qu’elle ne soit pas entièrement sereine. La mort comptait donc la suivre toute la journée. Elle offrit un sourire rassurant à Alexandre à ses côtés, signe qu’ils s’arrêteraient sur ce lieu, et prit son courage à deux mains. Lorsqu’ils s’arrêtèrent, elle s’efforça d’afficher un sourire sur son visage et ouvrit la portière, Kenny en sécurité entre ses mains, prêt à se faire en enterrer. « Faut trouver le bon emplacement. » Sautillant presque en ouvrant la marche, elle montrait un peu trop d’enthousiasme. En vérité elle voulait juste en finir au plus vite. Parcourant les tombes à la recherche du lieu où son cactus se reposerait en paix, elle se retourna en direction du blond tout en continuant à marcher à reculons. « Le mieux serait de trouver un trou déjà creusé, comme ça on n’aura pas besoin de se fatiguer. » Dit-elle à l’attention d’Alexandre avant de presque trébucher sur le rebord d’une tombe. Elle lâcha un juron en hindi et poussa un soupir avant de finalement regarder autour d’elle pour trouver son trou, et comme si le ciel lui répondait, elle en vit un au loin et ouvrit à nouveau la marche. « On va bien finir par y arriver ! » S’exclama l’Indienne, toujours avec autant d’entrain alors qu’elle passait à côté d’Alexandre, qu’elle obligea à retourner en prenant la direction inverse. Finalement enterrer un cactus pouvait être plus marrant qu’elle ne l’aurait cru.


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Sujet: Re: [terminé] [Situation] Je suis choquée, choquée ( le Ven 8 Fév 2019 - 15:55 )
Rencontre autour d'un cadavre

Naina & Alex

Les disputes, c'est le quotidien des gens diraient certains psychologues. Celui d'Alexandre le lui dirait sans doute. C'était nécessaire. Un petit peu comme le café sans sucre le matin qui donne un bon coup de fouet... à coup d'amertume profonde. Mais l'ampleur qu'avait prise cette dispute révélait les deux caractères qui venaient de s'entrechoquer, tel de véritables footballeurs américains se battant pour la même chose. Si la brune avait un caractère plutôt chaud, qui réagissait au quart de tour, sans se poser trop de question, qui vivait sur l'impulsivité et la rapidité, celui d'Alexandre n'en restait pas moins solide et aiguisé, ripostant peut-être plus calmement, mais de manière tout aussi puissante. Forcément, quand le feu et la glace se rencontrent, le choc est tel qu'on n'ose parier sur aucun des deux puisqu'ils ont tellement de différences qu'on finit par se dire que finalement, ils ont plus de points commun qu'on pourrait le croire. Le feu brûle, mais la glace aussi contrairement à ce que l'on pourrait croire. Le froid, le chaud, ils sont tous deux mortels quand ils sont trop élevés. L'un fond ce qui l'entoure, l'autre le fige. Des attaques différentes, non moins d'efficacité chez l'un ou chez l'autre. Et Alexandre l'avait prouvé face à cette jeune femme vive et qui avait tenu le coup. Mais après cette dispute, ce qu'il en ressortait était une immense déception, quand on s'apercevait des dégâts qu'on avait fait pour en arriver à une conclusion des plus minable, véritable guerre sans lendemain qui prouvait que les partis auraient mieux fait de trouver un terrain d'entente plutôt que de s’enorgueillir de leur force et de se croire supérieur. Au lieu de ça, le prix de la victoire, d'un côté comme de l'autre était amère et s'achevait plus sur une sorte de paix arrangé que sur une splendide victoire. Il y avait plus de perdants que de vainqueurs dans ce genre de batailles qui ne faisaient qu'ouvrir d'autres blessures tout en frappant les anciennes. Pourtant, malgré ce déchaînement de violence, ils se donnaient la chance de continuer. Main dans la main, ils semblaient vouloir prendre une autre direction. Alexandre en avait envie, mais il était encore trop blessé. Il saignait encore, et tout ce qu'il voulait c'était qu'on le laisse en paix, tel un fauve blessé qui e réfugie dans son antre pour panser ses plaies et se reposer. Mais la brune ne lui laissa pas l'opportunité de se défendre.

Lorsqu'ils furent dehors,il eut beau tirer un monologue des plus stupides et des plus incohérents à laquelle lui-même perdait le sens de ce qu'il voulait dire, que lorsqu'elle l'enjoignit de continuer par son "De?" il ne trouva pas grand chose à dire que de lui intimer de monter dans la voiture. Elle s'y résigna non sans qu'ils aient partagé un moment de silence, comme si entre eux venaient de se former un accord tacite: On ne se parlait plus si c'était pour se faire du mal. Les réflexions stupides, méchantes, n'avaient plus leur place en cet instant. Alors, il fallait bien encore s’occuper du cactus. Le pauvre qui n'avait rien demandé était finalement le plus à plaindre, mais après tout c'était une plante. Dans le désert, il en régnait des tonnes de plantes comme ça. C'était comme les champignons, mais on les trouvait dans le désert... Et avec quelques épines en plus pour les cueillir. Finalement, Alexandre tenta de commencer une approche différente. Et quoi de mieux que de commencer par le commencement: Les présentations. Il commença et elle commenta son prénom. Beau prénom d'après elle. Il ne répondit pas, c'était un prénom comme un autre, c'était le sien. Il était beau certes, et il était vrai qu'il valait mieux cela que Tête de con ou Bouba l'ourson. Pour elle, un prénom en cinq lettres: Naina. Le prénom lui allait bien. Pourquoi? Parce qu'il l'avait décidé. Elle enchaîna alors en lui demandant dans quoi il bossait. Mettant son clignotant, il prit le temps de tourner tranquillement pour s'engager dans la rue menant au cimetière avant de répondre:
- Je travaille dans la recherche, en Histoire. Accessoirement je donne des cours à l'Université de Naples. Fit-il avant de reprendre. Et vous? Éleveuse de Cactus alors? La taquina-t-il. C'était son humour de bas-étage qui revenait, mais c'était mieux ça qu'autre chose honnêtement. Il eut cependant un petit sourire à cette pensée. Ce n'était pas si mal trouvé finalement. Il garda pour lui cette pensée, préférant écouter la réponse de la brune alors qu'il se garait sur le parking du cimetière.

Finalement, ils rentrèrent dans la cité des morts, Naina sautillant presque en ouvrant la marche. Cette vision avait quelque chose d'anormal. En général, les cimetières étaient un lieu où l'on marchait calmement, souvent le regard triste, un endroit froid qui était l'opposé d'un parc. Mais non, Naina prenait la vie du bon côté, un cactus en plein décès entre les mains, et, le chant des oiseaux l'accompagnant, sans se laisser abattre, elle continuait sa marche. Alexandre la suivait plus calmement, regardant cette jeune femme décidément pleine de surprise et surtout pleine d'énergie. La main bandée ne semblait pas la gêné dans ses mouvements, et elle se faisait une joie que d'enterrer sa plante. Comme elle l'avait si bien dit, en général, quand on mettait une plante en terre, c'était pour la voir pousser, pas pour la mettre si pieds sous terre et l'enterrer. Mais il avait l'impression qu'elle n'était pas comme les autres. Elle était différente. Se moquant bien de ce qu'on pouvait penser qu'elle enterre un cactus. C'était SON cactus non? Après tout... Kenny avait le droit à des funérailles décentes après cette journée. Elle se retourna soudain, changeant de direction, l'entraînant derrière lui. C'est pas vrai, elle partait pour un marathon en plein cimetière maintenant! Elle était complètement folle... Et cela lui arracha un sourire alors qu'elle repérait déjà le trou où elle comptait enterrer son cactus. Ils finirent enfin par arriver devant le bon trou - oui parce qu'il y en avait eu d'autres sur le chemin, mais Naina n'avait pas jugé qu'ils étaient adaptés - et elle put déposer respectueusement la plante au fond du trou. La vision était digne d'une tableau, d'une nature morte d'un grand peintre.
- Voilà... C'est une bonne chose de faîte. Alexandre s’apprêtait à partir. Après tout... Le cactus était au fond du trou, et il n'avait pas envie de s'attarder. Mais elle le retint. Parce que en plus il lui fallait une cérémonie? Il regarda le cactus, regarda Naina, puis le cactus, puis Naina, Puis encore le cactus. Oh bon dieu...
- Nous rendons hommage à Kenny aujourd'hui, commença-t-il. Mais bon sang qu'est-ce qu'il faisait? Venu trop tôt et parti trop tard. Cette fois il eut un sourire franc. C'était sa petite vengeance pour ce qu'elle lui faisait subir. Désolé, ils se sont gourés dans le script. Bref... Hem. Que cette journée demeure à jamais dans nos mémoires comme celles où Kenny, vaillant petit cactus a succombé le même jour qu'une femme s'étant ôté la vie. Il s'arrêta. Ils allaient mourir de tristesse à ce rythme. Il regarda alors Naina. Mais qui malgré sa mort a peut-être donné l'opportunité à deux personnes de... se rencontrer. Termina-t-il. Il capta le regard de la brune. Il s'y plongea, s'y noya. D'accord, la brune ne le laissait pas indifférent, d'accord il devait admettre que son caractère bien trempé l'avait secoué et que au fond... Il aimait ce genre de personnes: Celles qui lui tenaient tête. Mais après? Il se rapprocha un instant d'elle. Ils n'étaient qu'à un souffle. Et alors? Il préféra reculer.
- Hum... C'est terminé je pense qu'il a... Mais Naina n'en avait visiblement pas terminé avec lui. A côté du trou se trouvait un petit tas de terre, du moins assez conséquent pour reboucher le trou et... Une pelle. Au regard de la brune, il comprit immédiatement. Ah non! S'emporta-t-il. Déjà je fais une quasi cérémonie sur ton foutu machin... Oui bon Kenny, ça va! Et là tu voudrais que je termine le boulot et... Il se retourna, prêt à tourner les talents, mais au dernier moment, il craqua. Mais pourquoi il faisait ça putain?!! Il retira son caban, ainsi que son gilet et les donna à Naina. Il ne comptait pas transpirer dans ces vêtements. Il retroussa les manches de sa chemise, s'empara de la pelle, et commença, comme un bon petit ouvrier, à enterrer le cactus. Usant de ses bras puissant, jouant sur ses jambes, il faisait en sorte de travailler au mieux, et surtout, correctement pour ne pas avoir à revenir. Les travaux manuels ne lui avaient jamais fait peur, et autant dire que prendre la pelle ou la pioche, il avait déjà fait. Et puis c'est là qu'on voyait que son entraînement à la salle servait à quelque chose. Finalement, après une bonne vingtaine de minute à pelleter, le trou était rebouché. Il posa la pelle, vint vers Naina, et récupéra ses affaires.
- Il est mort, enterré, et il a eu droit à une cérémonie. Ah, avant que tu ne me fasses la remarque! Il marcha vers un plan de fleurs qui poussait à l'ombre d'un arbre mort, en cueillit quelques unes et vint les déposer en une gerbe devant la tombe. Et il a même un bouquet! Termina-t-il. Il regarda Naina, cette fois, il avait envie de décamper pour de bon. On peut y aller maintenant? Demanda-t-il en venant se poster face à la brune qui semblait n'avoir pas bougé et ne pas avoir envie de bouger.


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Sujet: Re: [terminé] [Situation] Je suis choquée, choquée ( le Sam 9 Fév 2019 - 20:38 )
Portant un réel intérêt pour la question qu’elle avait posé, Naina s’arrêta de jouer avec le cactus qu’elle avait sur ses genoux, pour écouter la réponse du blond. Elle hocha doucement la tête, sans vraiment être surprise. Elle n’aurait jamais misé sur la recherche ou l’Histoire, mais maintenant qu’il le disait, elle n’avait pas de mal à le représenter devant une salle pleine d’étudiants en train de parler d’Histoire. Pour sa part, vu son niveau académique et ses difficultés à rester plus de concentrée plus de trente secondes, on ne la verrait jamais dans un amphithéâtre et on s’attendrait encore moins à ce qu’elle exerce un tel métier. Mais ça allait bien au blond, pensa-t-elle. Lâchant un petit rire à sa blague, elle baissa à nouveau les yeux sur Kenny qui avait l’air bien amoché, et laissa l’idée d’élever des cactus lui effleurer l’esprit pendant quelques secondes. « Pas mal. » Commenta l’Indienne qui était une grande fan d’humour nul. « Mais non, je n’ai pas encore trouvé comment rentre mes cactus rentables. En attendant, je travaille dans une boutique d’herbes médicinales. » Ce qui convenait parfaitement à l’Indienne. Elle qui se posait souvent des questions sur ses talents et son utilité au sein de l’univers, évitait de se laisser proie aux doutes lorsqu’elle était en présence de ses herbes. C’était la seule chose qu’elle avait gardé de son passé d’ailleurs, son amour pour les plantes et les secrets qu’elles pouvaient renfermés. Si parfois elle se laissait emporter dans son imagination en les utilisant pour tout et n’importe quoi, c’était quelque chose dont elle était fière et qu’on ne pouvait pas lui enlever.

La jeune femme essaya de garder la même attitude lorsqu’ils descendirent de la voiture, sans pour autant ne pas éprouver une certaine gêne à se trouver dans un lieu pareil. Elle n’aimait pas les morts. Elle n’aimait d’ailleurs pas ce mot et évitait de l’utiliser au maximum. Pourtant elle n’avait jamais connu une quelconque expérience particulière avec la mort, elle n’avait jamais perdu qui que ce soit au point de pleurer leur décès, pourtant il y avait un malaise entre elle et la faucheuse. Malaise qu’elle ne s’expliquait pas et sur lequel elle n’avait pas non plus envie de se pencher. En posant les pieds dans le cimetière, elle s’obligea à sourire pour chasser toutes les pensées négatives de son cerveau, et fit ce qu’elle savait faire le mieux : prétendre. Elle adopta une attitude qui lui donnait l’impression de déborder d’énergie, se montrant presque indécente dans un lieu où les gens venaient en général se recueillir. Et ce qu’elle voulait encore moins, c’était de perdre son temps dans un endroit pareil. Pire qu’une pile électrique, elle fonça à droite et à gauche entre les tombes pour trouver l’emplacement idéal, obligeant son accompagnateur à en faire de même. Même lorsqu’elle pensa avoir trouvé le trou parfait pour pouvoir y enterrer son cactus, elle décida au dernier moment que ce n’était pas le bon et changea de direction sans même avertir Alexandre. Elle ne se retournant même pas pour savoir s’il la suivait, elle savait juste qu’il n’était pas loin et qu’il lui emboîtait le pas. Elle poussa un cri de joie lorsqu’elle repéra l’emplacement parfait, et ne tarda pas à se pencher au-dessus du trou pour y déposer Kenny en faisant attention de ne pas tomber au fond, pour éviter de créer d’autres traumatismes qui lui vaudraient sûrement des terreurs nocturnes. Elle se demanda à un moment si elle devait semblant de verser une larme pour le cactus, mais se dit que finalement ça aurait été de trop, et se contenta de pousser un soupir lorsqu’elle déposa le dernier morceau du pot qui était lui aussi brisé. « Oui, au moins ça c’est fait. » A présent debout, les yeux toujours rivés sur le cadavre de plane, elle ne bougea pas d’un poil. Ils ne pouvaient tout de même pas partir comme ça. Les sourcils froncés, elle encourageait grandement Alexandre à prendre la parole, elle, elle était trop émue pour faire quoi que ce soit. Et comme son regard ne suffit pas à ce qu’il comprenne, elle lui prit la main pour le retenir. « Il a perdu la vie au combat. Il mérite quelques mots. » Dit-elle d’une voix douce, peinée comme si elle vraiment de perdre quelque chose d’important. De façon solennel lorsqu’il prit la parole, elle baissa la tête et joignit ses mains pour faire une dernière prière pour Kenny. « Eh ! » S’exclama l’Indienne qui donna une petite tape sur le bras du blond pour qu’il prenne son discours au sérieux. Le cactus s’était sacrifié aujourd’hui, un peu de respect.

Lorsqu’il reprit la parole de façon plus sérieuse, Naina ne le lâcha pas du regard, le regardant faire. Sans s’en rendre compte, un sourire s’était doucement dessiné sur son visage, et ne fut que s’agrandir lorsqu’il termina en plantant son regard dans le sien. Ni le lieu, ni le moment n’était approprié, mais perdue dans le regard du jeune homme, elle ne pouvait s’empêcher de laisser ses pensées vagabonder au gré de leurs envies. A nouveau, le silence. Entourés des morts et de la nature qui leur servait de scène macabre, ils n’avaient pas besoin de plus pour se comprendre. Même lorsqu’elle sentit son souffle contre elle qui montrait bien la proximité de leurs deux corps, elle ne bougea pas pour profiter de ce moment qui lui faisait étrangement du bien. Encore un peu et ils s’embrassaient. Son regard passa soudainement des yeux bleus du blond à ses lèvres qu’elle dessinait mentalement dans sa tête. Elle ne savait pas s’il avait eu la même pensée qu’elle, mais lorsqu’il mit fin au moment, elle baissa la tête, un sourire étirant toujours ses lèvres.

Détournant le regard sur quelque chose de plus approprié, elle posa les yeux sur la pelle qui allait leur servir pour reboucher le trou. Et par « leur » elle entendait « lui ». A la vue de sa réaction, Naina eut la confirmation qu’Alexandre aimait râler pour tout et n’importe quoi. Ce qui ne servait pas à grand-chose était donné qu’il finissait toujours par s’exécuter, du moins c’était ce qu’il avait fait les deux fois où elle lui avait demandé de faire quelque chose dont il n’avait pas envie. « Je suis blessée ! » Elle montra sa main qui lui servirait de passe-droit aujourd’hui. « Je l’aurais bien fait moi-même, mais c’est pas possible alors… » Elle haussa les épaules et le regarda tourner les talons, avant de se retourner à nouveau dans sa direction. Il cédait. Bien. Elle cacha tant bien que mal son sourire victorieux et le regarda s’activer en récupérant au passage les vêtements qu’il lui tendait pour éviter de les salir. De son côté, l’Indienne ne bougeait pas, ne parlait pas, mais ne perdait pas une miette pour autant. Et de là où elle se tenait, elle avait tout le loisir d’observer le jeune homme au point de se perdre un moment dans ses pensées. En sentant son regard un peu trop insistant sur ses muscles mis à l’épreuve aujourd’hui, elle toussa doucement et reporta son attention sur les vêtements qu’elle tenait dans les mains et qu’elle lissait du plat de sa main blessée comme pour se les occuper. Aucun doute, elle avait fait la partie la plus facile de cet enterrement. Mais elle avait assez donné pour aujourd’hui, il fallait la comprendre. En voyant le chercheur s’avancer vers elle, ses yeux ses posèrent à nouveau sur ses bras musclés avant de se rendre compte qu’elle ferait peut-être mieux de lever le regard. « Hum ? » Elle revenait peu à peu à la terre ferme. «» Ouvrant la bouche pour objecter quelque chose, elle lâcha un petit rire en le voyant déposer un bouquet de fortune sur la tombe de Kenny. « Elles sont belles. » Commenta l’Indienne, taquine. Dans un soupir, elle ne dit rien dans un premier temps et s’avança vers Alexandre et une fois à sa hauteur, se pencha en avant pour qu’ils ne soient plus qu’à un souffle l’un de l’autre, à nouveau, et lui offrit un simple sourire. « Oui, on peut y aller. » Et passa devant pour ouvrir à nouveau la marche. Si ses pas étaient beaucoup moins précipités qu’à leur arrivée, elle marchait tout de même avec une certaine légèreté. « Et donc quoi ? Tu offres des fleurs aux plantes décédées et pas aux vivants ? » Plaisanta la brune dont la voix s’élevait au milieu des morts, alors qu’elle recommençait à marcher à reculons. Pour lui montrer qu’elle était reconnaissante, elle, elle s’arrêta à une tombe au hasard et tira quelques fleurs de celles présentes. Elle s’avança à la tombe d’en face et recommença l’opération, et ça jusqu’à former un bouquet. « Tiens. » Dit-elle en tendant son bouquet au blond. « Je l’ai composé moi-même, j’espère que tu sauras apprécier l’originalité. Les fleurs sont des dons anonymes de personnes qui ne sont plus là pour en profiter. » Ce qui n’était pas totalement faux. Pourquoi offrir des fleurs à des gens qui ne sont plus là pour les apprécier. « C’est pour te remercier de tout ce que tu as fait pour Kenny aujourd’hui. » Entre autres. Première rencontre, première dispute, premier bouquet.  


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