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- [Terminé] Daya | Le hasard joue des tours -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Bord de la Tyrrhénienne
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Dante GaleoneLe vin est un puissant lubrifiant social
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Dante Galeone
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Sujet: [Terminé] Daya | Le hasard joue des tours ( le Jeu 21 Fév 2019 - 2:42 )
A peine a-t-il franchi la dernière marche de l’escalier mobile qu’il colle son téléphone portable à son oreille. Ces deux dernières semaines, il n’a pas mis une seule fois les pieds sur le sol napolitain, enchaînant les longs courriers, les courts séjours à l’étranger, afin de se remettre de ses émotions. Depuis qu’il pilote, sa profession a toujours été une échappatoire et suite à la maladie de son père, l’enfer de la drogue vécu par Leila, il a eu l’impression d’avoir délaissé une partie de lui-même, pour se consacrer à ceux qu’il aime. Si certains pensent qu’il fait l’autruche en se noyant dans le boulot, d’autres arrivent à comprendre qu’être aux commandes d’un avion lui procure une sensation de liberté, de bien-être. Dans les airs, il a le contrôle sur son appareil, mais également sur sa vie qui a pris un tournant étrange, restant en stand-by durant de longs mois. Il commence tout juste à sortir la tête hors de l’eau, à voir le bout du tunnel à ses problèmes, même s’il n’a pas fait face à tous. Il ne peut pas. S’il a mis un terme à la relation qui le liait à Leila, après avoir longuement discuté avec elle, c’est parce qu’il ne se sentait pas capable d’oublier son passage à vide, mais aussi tout ce que ça lui rappelait. L’affection qu’il lui porte est sincère, son attachement est toujours présent, et c’est justement pour ne pas la détester, ne pas gâcher ce qu’il reste d’eux, qu’il a fait le choix difficile de ne pas continuer dans cette lancée. Lorsque ça s’est fait, son père lui a demandé s’il ne regrettait pas, si c’était la meilleure solution… Et il a acquiescé. Ca ne veut pas dire qu’il n’en souffre pas. Il vit ça comme un échec. « Bonsoir. Je te réveille ? » dit-il, en jetant un œil sur sa montre qui affiche vingt-trois heures. Il tire sa valise cabine derrière lui, tandis que son père répond en baillant : « Non. » Dante affiche un sourire à ce mensonge. « Je suis arrivé. Je voulais juste savoir comment tu allais… » L’entendre, s’assurer que tout va bien, qu’il est encore vivant. Il a tellement eu peur pour lui qu’il a encore des séquelles, mais il essaie de lâcher du lest. Son père se porte bien. « Je peux passer demain ? » Après une réponse positive, tous les deux discutent une dizaine de minutes, le temps de traverser l’aéroport. Il aurait pu s’attarder plus longtemps, mais la plainte causée par un nouveau bâillement le pousse à raccrocher.

Si habituellement, il a son véhicule garé sur une place réservée au personnel, cette fois-ci, il n’a eu d’autres choix que de faire appel à un ami pour le raccompagner. A son départ, sa voiture était en révision. Dante range sa valise dans le coffre, puis s’installe côté passager, retirant enfin sa casquette de service qu’il place sur ses genoux. « Et le prochain départ c’est pour quand ? » « Dans trois jours. » Les heures supplémentaires sont importantes, mais tant qu’il respecte son sommeil, personne ne trouve rien à redire. Il en fait plus que d’autres, c’est certain et accumule les jours de congés sur son compte épargne temps, mais il a souvent fonctionné comme ça et aujourd’hui, il en ressent le besoin. Reprendre sur de nouvelles bases, retrouver des repères perdus cette année avec son déménagement et les différents coups du sort. « Ca ne me manque absolument pas, tout ça. » Autrefois, son ami était un pilote, mais plus les années passaient, plus il sentait l’épuisement le gagner, la lassitude de ne pas être maître de son temps, de le voir défiler sans profiter. Et par-dessus tout… Son travail a causé son divorce. Il fait comme si de rien n’était, mais Dante sait que derrière son comportement léger et ses manières de séducteur invétéré, il y a des blessures. Il n’en parle cependant pas, le laisse agir, tout en lui faisant comprendre qu’il n’est pas seul.

La route est dégagée, si bien qu’ils arrivent à deux kilomètres du port seulement. Le conducteur ralentit la cadence, désignant de son index une jeune femme en train de marcher. Elle n’est pas seule, un type semble la coller d’un peu trop près et à en voir sa posture, son attitude est loin d’être désirée. « Regarde un peu. Le sauveur de ces dames est de sortie. » Amusé, l’italien secoue la tête, alors que son ami baisse la vitre de son côté. Il se penche vers Dante, de sorte à se rapprocher de la scène qui se déroule sous leurs yeux. « Il vous importune ? Vous souhaitez que je vous raccompagne ? » lance-t-il, alors que Dante tourne la tête vers la femme en question. Son sérieux reprend d’un coup, son cœur rate un battement alors qu’il croise un regard qui ne lui est pas inconnu. Dans l’obscurité, il ne la voit pas très bien, mais ses yeux le ramènent plusieurs années auparavant, dans une ville française. Il tend le bras à l’arrière, déverrouille la portière et souffle : « Monte. » Le hasard est étrange, autant que cette rencontre à laquelle il ne s’attendait pas.


Je sens quelque chose qui ne se dit pas, dont j’ignore la cause. C’est dans tes sourires, un je-ne-sais-quoi qui s’arrête au bord du désir. Quelle est cette voix, qui nous entraîne à renoncer sans regarder l’un vers l’autre ? Si c’est un choix, il faut qu’on s’aime, sans se lasser pour se garder l’un et l’autre. L’un près de l’autre.


Dernière édition par Dante Galeone le Dim 17 Mar 2019 - 16:50, édité 2 fois
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Daya RaichandLe vin est un puissant lubrifiant social
Daya Raichand
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Sujet: Re: [Terminé] Daya | Le hasard joue des tours ( le Jeu 21 Fév 2019 - 20:52 )
Le regard dans le vide, la jeune femme regardait les bulles de son champagne s’évaporer en éclatant une à une. La conversation n’était pas intéressante. Les gens qui l’entouraient l’étaient encore moins, mais se donnaient tous un genre pour se faire passer pour ceux qu’ils n’étaient pas. Au moins, c’était une chose qu’ils avaient en commun. Cette pensée arriva à faire naître un sourire au coin des lèvres de la Réunionnaise, ce qui suscita la réaction d’un de ses collègues qui fit remarquer que c’était la première fois qu’elle souriait de la soirée. Gênée par sa remarque, elle lâcha tout juste un petit rire qui n’invitait pas franchement à la discussion tandis qu’elle sentait ses joues rosir lorsqu’elle remarqua que les autres la regardaient. Pour tromper son monde et cacher son malaise, elle porta sa coupe de champagne à ses lèvres qu’elle fit tout juste tremper dans l’alcool. Elle ne buvait pas vraiment, elle en donnait juste l’illusion. Mais comme de toute façon ils étaient trop centrés sur eux-mêmes pour remarquer quoi que ce soit, la brunette ne se souciait pas vraiment qu’on remarque que sa seule coupe de champagne de la soirée ne diminuait pas.

Les yeux constamment tournés vers sa montre qui avait décidé de ne pas avancer, elle attendait le bon moment pour quitter les lieux. Elle ne voulait pas quitter la soirée trop tôt, ce qui forcerait Daya à inventer une excuse bidon. Mais elle ne voulait pas non quitter la soirée trop tard parce qu’elle était fatiguée et voulait rentrer chez elle et se glisser dans son lit le plus rapidement possible. Lorsque l’heure afficha presque vingt-trois heures, la jeune femme profita qu’une de ses collègues s’en allait pour en faire de même. Prétextant devoir se lever tôt le lendemain, elle reposa son verre non sans l’avoir vidé dans une plante verte à sa disposition, et salua tout le monde en prenant le chemin de la sortie. Une fois arrivée sur le trottoir, elle remarqua la présence de l’homme qui avait relevé son sourire plus tôt dans la soirée, debout non loin d’elle. Lorsque leurs regards se croisèrent, elle afficha un sourire poli avant de détourner les yeux, et commença à marcher. Après avoir effectué quelques mètres, elle remarqua qu’il la suivait. D’un pas hésitant, elle essaya d’accélérer la cadence pour voir s’il continuait toujours à la suivre, et effectivement. « Vous me suivez ? » La voix chevrotante, elle fut surprise elle-même de constater qu’elle ait pu articuler une phrase aussi claire. L’homme répondit qu’il voulait juste être sûr qu’elle soit en sécurité et qu’il la suivait pour la raccompagner. Elle n’avait pas besoin qu’il la raccompagne. En réalité, elle avait quitté la soirée également parce que sa présence la dérangeait et qu’elle avait à plusieurs fois son regard s’attarder sur elle. Toujours polie, elle répondit d’une voix calme qu’elle l’en remerciait mais qu’il pouvait la laisser, avant de reprendre sa marche d’un pas plus précipité. En sentant qu’il lui agrippait le poignet pour l’arrêter, elle se figea sur place, son sang se glaçant dans ses veines. Si d’un geste agressif et rapide elle s’était dégagée, ses pieds quant à eux se retrouvèrent cimentés dans le sol. Les sourcils froncés, les yeux écarquillés et le cœur battant à tout rompre dans sa poitrine, elle sentait la nausée monter. Sous le faible éclairage qu’offrait le lampadaire du trottoir, le visage de l’homme en face d’elle se transforma pour modeler les traits de son mari à présent. En le voyant s’avancer vers elle, les mains tendus en avant, elle eut un mouvement de recul comme pour se protéger, déjà prête à les voir se poser sur elle. Même si une voix lui soufflait qu’elle hallucinait et qu’elle était en sécurité à Naples, ce qu’elle voyait était complètement à l’opposé. Elle voyait un homme en colère. Un homme qu’elle avait un jour aimé. Un homme qui avait fini par la briser.

Tirée de ses pensées par une voix inconnue, elle n’osa pas tourner la tête dans l’immédiat. L’homme qui la suivait, toujours là, avait retrouvé son visage. Son cœur, toujours affolé par les événements récents, trouva le moyen de se mettre à battre encore plus vite lorsqu’elle reçue l’ordre de monter dans la voiture. D’un geste lent, Daya tourna la tête vers la voix qui l’avait intimé de monter sans même une once de politesse. Et si elle avait été tétanisée quelques minutes plus tôt en sentant une main se saisir de son poignet, là, elle venait de se transformer en statut. Alors qu’elle essayait d’ouvrir la bouche pour protester et demander à ce qu’on la laisse tranquille, elle lança un regard à l’autre qui l’avait suivi tout le long de sa marche. Elle n’avait pas dix mille options. Fixant ses mains pour éviter de croiser des regards insignifiants, elle entra dans la voiture sans se faire prier et referma la portière derrière elle. Toujours sans avoir dit un seul mot. Son cœur ? Toujours en tachycardie. La seule chose qu’il restait à faire à présent, c’était d’attendre qu’il cède. Et Daya espérait que cela arriverait dans les prochaines secondes, sur la banquette arrière de la voiture de cet inconnu, et de cet amant d’un soir qu’elle n’aurait jamais pensé revoir après toutes ces années.  


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Sujet: Re: [Terminé] Daya | Le hasard joue des tours ( le Ven 22 Fév 2019 - 2:00 )
Sa simple présence dans le véhicule lui donne soudainement plus chaud. Les souvenirs d’une nuit passée en France s’impose à lui, le pousse à ne plus songer à ses doutes, ses tracas du moment. Il se rappelle de cette fermeture bloquée, de ses doigts effleurant sa peau pour la libérer, de ce regard croisé, qui l’avait séduit. Et par-dessus tout, il se souvient de cette passion dévorante qu’elle avait tant bien que mal essayé de contrôler en le repoussant, le fuyant, ainsi que de son corps contre le sien. Silencieux, Dante s’humidifie les lèvres, alors que son ami redémarre, essayant d’en savoir davantage sur la destination de l’inconnue. « Je vous dépose quel quartier ? » Et il ajoute, mais cette fois-ci à l’adresse de Dante. « Je te dépose avant, ça ne sert à rien que je te fasse faire un détour. » Parce que Chiaia est à deux minutes et que ça lui permettrait de rentrer plus vite chez lui… Mais il sent bien qu’il s’agit surtout d’un moyen détourné pour passer un peu plus de temps avec l’indienne qu’il ne peut s’empêcher d’observer en tournant la tête vers la banquette arrière. Ca ne dure que quelques secondes, mais il visualise assez ses traits pour réaliser que c’est bien celle qui a partagé ses draps durant une nuit entière. Lorsqu’il l’a laissée, elle dormait encore. Même s’il s’est efforcé de ne pas la réveiller, ses doigts ont pianoté sur sa peau, ses bras, avant de replacer la couverture sur elle. Il aurait très bien pu laisser son numéro afin qu’elle puisse le contacter si l’envie lui prenait, ne serait-ce que pour se remémorer cet instant hors du temps, mais il n’en a rien fait. A l’époque, il vivait déjà quelque chose d’assez compliqué avec Leila et ne désirait pas s’en imposer davantage, à lui comme à elle qui était fiancée à un homme. Est-elle d’ailleurs mariée ? Sa curiosité le pousserait bien à jeter un œil sur sa main, mais la voiture ralentit, s’arrête doucement. Perdu dans ses pensées, il n’avait pas vu sa maison se dessiner. « Voilà ! » Le pilote acquiesce, sort de la voiture avec sa casquette qu’il place sous le bras et se dirige vers le coffre qu’il ouvre et referme après avoir récupéré sa valise qu’il pose sur le trottoir. Définitivement, il lui est impossible de laisser passer une pareille occasion et surtout, de la laisser entre les mains d’un type nouvellement divorcé. Le hasard n’est pas toujours négatif. Dante ouvre la portière arrière et saisit la main de la jeune femme qu’il attire à l’extérieur. « Je prends la relève. » Son ami entrouvre la bouche, surpris. « Merci pour ça et passe une bonne soirée. On se voit avant que je reparte. » Il reste comme deux ronds de flanc, en voyant Dante le laisser avec sa soudaine solitude, sans aucune explication. Et il n’en aura pas. Ca leur appartient. Il préfère de loin le laisser avec ses spéculations, son imagination débordante, plutôt que d’aborder un souvenir qu’il a gardé pour lui toutes ces années, comme si en parler à quelqu’un allait le gâcher. L’Italien ouvre le portail, puis soulève sa valise et appuie sa main sur le bas du dos, la guidant à l’intérieur de sa propriété. Un geste incitant son ami à repartir aussitôt. Sa voiture s’éloignant, Dante brise le silence : « Bonsoir. » dit-il, enfin, en français avec son accent italien. C’est dans cette langue qu’ils ont communiqué la première fois et il ne prend pas le risque d’être incompris. Est-ce qu’elle se souvient de ce passage dans leur vie ? Est-ce aussi clair que dans sa mémoire ? Dante reste immobile, la dévisage, effleure chacun de ses traits avec ses yeux. Elle a changé, mais pas tant que ça. Elle est plus que reconnaissable, a toujours ce charme qui ne l’avait pas laissé indifférent. « Ca fait combien de temps ? Dix, douze ans ? » Peu importe, ça fait longtemps. Intrigué, il plisse les yeux, puis lui désigne sa maison. « Tu as du temps devant toi ou on t’attend ? » Si elle est venue ici en vacances, peut-être que son mari est dans les parages, mais encore une fois, ça lui est bien égal. « Ils peuvent bien attendre encore un peu. » Autrement dit, il ne lui laisse pas le choix. « Je t’offre un verre. » Son ton ne laisse pas place à la discussion. Pourtant, Dante reste pendu à ses lèvres, dans l’attente d’un accord.


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Daya RaichandLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Re: [Terminé] Daya | Le hasard joue des tours ( le Ven 22 Fév 2019 - 3:53 )
« Centre-ville. » Le son qui en était sorti était aussi fragile que l’état dans lequel elle se trouvait. Ce qui la faisait se détester à ce moment précis. Elle n’était pas fragile. Du moins elle ne l’était plus. Ce qui s’était passé ce soir-là ne voulait pas dire qu’elle était la même personne qu’il y a dix ans. Aujourd’hui elle était plus forte et il serait temps pour elle de se comporter comme telle.

Pas un seul son ne sortit de sa bouche le temps du trajet. Quant à ses yeux qui se perdaient dans le paysage nocturne qu’offrait la ville de Naples, ils arrivaient encore à surprendre Daya qui essayait de voir le visage de cet homme qu’elle avait connu dans une ancienne vie. Malheureusement pour elle, de là où elle était assise elle ne pouvait pas voir grand-chose. Mais en tête-à-tête avec ses pensées sur la banquette arrière, des souvenirs vivides lui revenaient de plein fouet. Elle revoyait le moment où ses yeux s’étaient posés sur le jeune homme pour la première fois. Elle revoyait le baiser qu’ils s’étaient échangés dans cet ascenseur et qui lui avait fait perdre la tête. Elle revoyait cette chambre dans laquelle ils avaient pu laisser libre court à leur passion. Face à de tels souvenirs, Daya ne pouvait que sourire. Mais comme une balance que lui exigeait l’univers, tous ses bons souvenirs allaient de pair avec un plus désagréable. Soudainement elle se revoyait dans cette chambre d’hôtel à son réveil, le drap autour de son corps nu, ses yeux balayant la pièce à la recherche de l’homme avec lequel elle était montée. Elle ressentait à nouveau la panique lorsqu’elle réalisa la bêtise qu’elle venait de faire, oppressée par le poids de la culpabilité. Elle ressentait également à nouveau les tremblements de son corps sous les sanglots qui avaient fini par éclater, après qu’elle se soit assurée d’être enfin seule. C’est seulement lorsque la femme de chambre était venue nettoyer la chambre qu’elle s’était arrêtée.

Un soupir traversa ses lèvres alors qu’elle secouait doucement la tête pour chasser ce souvenir désagréable, et leva les yeux pour voir qu’ils s’étaient arrêtés. Très vite elle remarqua que ce n’était pas sa destination. Le regard à présent curieux, elle regarda l’Italien sortir de la voiture et récupérer ce qui ressemblait à une valise. Se redressant sur son siège, la dernière chose à laquelle s’attendait la Réunionnaise était qu’il ouvre la portière pour qu’elle sorte à son tour. La bouche en forme de « o », elle le regarda un instant avant de se tourner vers le conducteur. Elle n’était pas sûre de vouloir sortir. Mais trop tard, il lui prenait déjà la main pour la forcer doucement à le suivre. Un sourire poli et plein de reconnaissance esquissant ses lèvres, elle se retrouva à son tour sur le trottoir aux côtés du jeune homme. Et emmurée dans son silence, elle ne dit toujours aucun mot, se laissant guider à l’intérieur de la propriété sans poser plus de questions alors que la voiture s’éloigner doucement. Le regard fuyant, son cœur rata un battement lorsqu’il lui adressa directement la parole en français, l’obligeant à s’arrêter de marcher pour l’observer. Il lui ressemblait tellement. Les mêmes yeux, la même façon de se tenir, les mêmes traits… Et dans son cœur à elle, la même souffrance. Elle l’entendit qui se brisa dans sa poitrine lorsque le visage de son fils vint se greffer sur celui de son père qui ignorait l’être, comme pour ne former plus qu’un. « Treize. » Rectifia la Réunionnaise, surprise par le propre son de sa voix. Le regard toujours fixé dans celui de l’Italien, le son de sa voix lui parut bien loin tandis qu’elle se laissait peu à peu se noyer dans son chagrin qui menaçait de déborder. Comment est-ce qu’un souvenir aussi doux que celui de son enfant, pouvait lui causer tant de peine. Dans un geste timide et mal assuré, elle leva sa main qu’elle avança doucement vers le visage du jeune homme, et sans même lui demander son autorisation, le toucha du bout de ses doigts tordus. Au moment où son pouce caressa doucement sa joue dans un geste tendre comme elle avait l’habitude de le faire avec son fils, elle sentit son cœur se soulever à la fois de douleur et de joie, de pouvoir retrouver un bout de son bébé dans cet homme qui la prenait sûrement pour une folle. Lorsqu’au bout de quelques secondes elle se rendit compte que son geste était sûrement déplacé, elle s’arrêta net avant de se reculer de quelques pas pour mettre de la distance entre eux. « Je suis désolée. Je… Je n’aurais jamais dû. Pardon. » Au bord des larmes, elle toussota pour se donner de la contenance. « Je vais devoir refuser pour le verre. Je ne bois pas. » Du moins, elle ne buvait plus. Ses années passées aux côtés d’un alcoolique avaient suffi pour créer une aversion par rapport à l’alcool. Elle haussa doucement les épaules pour accompagner ses paroles, ravalant ses larmes. « Mais je veux bien un verre d’eau. » Lâcha-t-elle d’une petite voix. Si sa raison la poussait à fuir, son côté égoïste la poussait à rester, parce que c’était la seule façon pour elle d’être près de son fils.  


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Sujet: Re: [Terminé] Daya | Le hasard joue des tours ( le Sam 23 Fév 2019 - 3:11 )
Treize ans. Un sourire tendre s’étire sur son visage en l’imaginant compter les années écoulées depuis leur unique rencontre. Elle lui a été particulière, a laissé des traces permanentes dans sa mémoire et son ego est ravi de constater que la réciproque est vraie. Dante est fier d’avoir marqué son passage au fer rouge. Néanmoins, son enthousiasme disparaît aussi vite qu’il est apparut, dès lors que ses prunelles se noient dans les siennes. Il discerne une lueur qu’il ne lui reconnaît pas, bien loin de l’insouciance, de la peur de se jeter dans le vide. Plutôt quelque chose de sombre, obscur. Sans la quitter des yeux, il se fige au contact de ses doigts sur sa peau, essaie de comprendre ce qui peut bien se bousculer dans sa tête, mais impossible de lire en elle comme dans un livre ouvert ; cette nuit passée ensemble a été charnelle, passionnelle, imprévue, mais ils n’ont pas énormément échangé. Parfois quelques mots brisant le silence, mais rien de très profond au point de connaître l’histoire de chacun. Il n’en a jamais eu l’intention. Pour lui, ce moment devait rester hors du temps. Alors qu’elle s’éloigne, il entrouvre sa bouche, prêt à l’interpeller. Ca lui brûle les lèvres, mais elle le devance, s’excuse. Tout ce qu’il retient, c’est l’humidité qu’il aperçoit au bord des yeux. Des gouttes salées qui menacent de perler, mais qui sont bloquées. Il ignore ce qui se passe, le pourquoi, mais elle semble si… dépassée, si bien qu’il prend d’abord son refus comme un moyen de lui échapper. Mettre un terme à cette entrevue rapidement, lui faire comprendre qu’elle n’a pas de temps à perdre… Mais il se trompe. « J’ai un instant pensé que tu te dérobais. » Comme la première fois. Elle est douée pour ça, mais lui est également obstiné. « Suis-moi. » Il s’avance vers la maison, la guidant en appuyant sa main sur le bas de son dos et ouvre la porte, délaissant ses affaires dans l’entrée. En pénétrant dans le salon, il prend soin de retirer sa veste professionnelle qu’il pose sur le dossier d’une chaise. « Fais comme chez toi. » Là, il lui désigne le canapé afin qu’elle n’hésite pas à s’installer et fait le tour de la cuisine ouverte. Silencieux, Dante lui serre un verre d’eau fraîche et prend une bière pour lui. « Tu es de passage pour combien de temps ? » Autrement dit, est-ce qu’ils auront plus d’une occasion, cette fois-ci ? Il se doute que ce ne soit pas évident et il ne devrait même pas y songer. Le fait est que ça rajoute une complication dans sa vie, à elle, que comme la première fois, elle se passerait bien de tout ça… Mais égoïstement, il n’a pas envie de se priver. Il n’est pas croyant, mais parfois, il se demande si les choses n’arrivent pas parce qu’elles le devraient. Comme avec Leila et la drogue ; n’était-ce pas une façon de lui prouver qu’entre eux, ça ne pouvait tout simplement pas fonctionner ? Mais terre à terre, cette pensée ne fait jamais long feu. C’est juste… fou, de la croiser après tout ce temps.

Dante pose le verre d’eau sur la table basse et boit une gorgée de son liquide ambré, non sans la dévisager. Il remarque alors son annulaire vide, sans alliance pour l’emprisonner et forcément, il s’interroge. Cet homme fait-il encore partie de sa vie ? A-t-il appris ? Ou alors, a-t-elle simplement oublié le bijou dans la salle de bain ? Intrigué, il s’assoit sur le rebord de la table basse, fixant toujours cette main qui l’a effleuré quelques minutes plus tôt. Elle est abîmée. « Je ne m’attendais pas à te revoir. » avoue-t-il, en relevant enfin les yeux vers elle. « La dernière fois, tu étais sur le point de te marier. » Il n’a pas oublié. Ca lui était égal, et il n’a d’ailleurs aucun remord. « Tu vas bien ? » reprend-t-il, alors qu’il pose la bouteille près de lui. Ce n’est pas une question banale, comme on la pose souvent. Derrière elle se cache une once d’inquiétude.


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Sujet: Re: [Terminé] Daya | Le hasard joue des tours ( le Sam 23 Fév 2019 - 4:20 )
Un sourire étira les lèvres de la jeune femme face à la réflexion de l’Italien. Non, cette fois elle n’essayait pas de fuir, et c’était même tout le contraire. Si son cœur s’affolait à chaque fois que ses yeux se posaient sur son visage, il se gonflait également d’une nostalgie qui remplissait son organe battant d’une chaleur agréable. « Pas cette fois, non. » Replaçant une mèche de cheveux derrière ses oreilles, elle s’avança vers le jeune homme pour le suivre jusque l’intérieur de chez lui. Marchant à ses côtés, elle essayait de garder le regard fixe et droit devant elle, mais parcourant les quelques mètres qui les séparaient de l’entrée, elle ne pouvait pas s’empêcher de le regarder. Toutes sortes de pensées finirent par traverser le crâne de la Française. Est-ce que son fils aurait ressemblé à ça s’il avait atteint son âge ? Est-ce qu’il n’aurait pas été plus petit pour hérité au moins quelque chose d’elle ? Est-ce qu’il aurait accompli de grandes choses malgré le handicap avec lequel il démarrait dans la vie ? Si son regard était couvert par un voile de tristesse qu’elle essayait de chasser à chaque battement de cils, elle mentirait si elle disait que cette rencontre hasardeuse ne lui faisait pas du bien. Depuis bientôt sept ans, elle s’interdisait de penser à cet enfant qu’elle avait porté et élevé, parce que ça lui faisait beaucoup trop de mal. Elle refusait de faire son deuil parce qu’elle refusait de dire au revoir à son bébé. Sa vie. Alors elle refoulait toute sa tristesse, sa peine, et le vide qu’elle ressentait depuis son décès. Et même si tout ça se manifestait d’une manière ou d’une autre, notamment lors des cauchemars qu’elle continuait de faire, elle avait décidé de s’en accommoder. Mais ici c’était la première fois qu’elle arrivait à penser à lui, sans fondre en larmes ou sans que sa tristesse ne prenne ce dessus. Et quelque chose lui disait que c’était à cause du jeune homme à ses côtés. Il l’ignorait, mais rien que sa présence arrivait à l’apaiser au point même qu’elle esquisse un sourire sincère.

Le regard curieux mais pas trop quand même, elle balaya l’intérieur de chez l’Italien des yeux. Sa première impression fut qu’elle y notait un certain goût ; à la fois accueillant et chic. Ca la changeait de l’appartement qu’elle occupait avec sa colocataire, là l’espace n’était occupé que par une seule personne. Lorsqu’il l’invita à faire comme chez elle, elle ôta son manteau ainsi que son sac qu’elle n’avait pas lâché, et déposa le tout sur le canapé sur lequel elle s’installa. « Je, hum… » A la recherche de ses mots face à une question toute simple, elle fut tirée de ses pensées tandis qu’elle continuait son inspection improvisée. « J’ai posé bagages définitivement le mois dernier. » Répondit Daya qui se donna de la contenance en passant une main dans ses cheveux. Quelque part, sa décision de suivre Lilah à Naples était peut-être juste un signe du destin pour qu’ils se retrouvent. Pour qu’elle le retrouve.

En le voyant revenir au salon, elle s’enfonça un peu plus dans le canapé pour se donner un air décontracté, son regard soudainement fuyant. Elle ne voulait pas avoir l’air de le dévisager, ce qui était pourtant la seule raison pour laquelle elle était là. Pouvoir regarder ses traits jusqu’à s’en lasser. Mais pour le moment elle préféra reporter son attention sur le verre d’eau qu’il déposa devant elle, lui gratifiant d’un « merci » du bout des lèvres. Alors qu’elle le voyait s’asseoir sur la table basse du coin de l’œil, elle n’osa pas lever la tête de peur de croiser son regard, ses mains sur ses genoux. Un bref silence s’installa entre eux sans que Daya n’émette un son ou n’ose bouger, et lorsqu’elle leva enfin les yeux pour y mettre un terme, le vit qui fixait ses mains. Gênée, elle les ramena vers elle pour essayer de les cacher du mieux qu’elle pouvait pour ne plus qu’elles soient exposées. Si elle s’était habituée avec le temps à voir ses doigts tordus, ultimes preuves des violences de son passé, elle oubliait souvent que ce n’était pas le cas de tout le monde. Le regard toujours fuyant, elle se saisit de son verre d’eau pour en prendre une gorgée, sentant sa gorge s’assécher. Hochant la tête derrière son verre, elle signalait qu’elle ne s’attendait pas non plus à le revoir. Mais lorsqu’il mentionna son mariage, son geste se suspendit dans les airs alors qu’elle s’apprêtait à prendre une nouvelle gorgée de son eau. « Ah oui. Le mariage. » Lâcha la Réunionnaise d’une voix presque étouffée par la douleur, sentant son cœur se retourner, comme à chaque fois qu’on évoquait ce chapitre de sa vie. Reposant le verre à sa place initiale, elle s’empressa à nouveau de cacher ses mains, prête à se plonger à nouveau dans un silence qui disait long sur sa volonté d’aborder le sujet fâcheux qu’était son mariage. Mais au moment où il lui demanda si elle allait bien, le cœur de la jeune femme rata un battement. « Si je vais bien ? » Répéta la métisse pour être sûre d’avoir bien entendu. Voyons. Elle avait honte de ses mains qui engendreraient beaucoup trop de questions si elle les exposait. Elle avait en face d’elle le portrait craché de son enfant décédé. Mieux encore, elle avait en face d’elle le père de son enfant décédé, et qui ignorait tout de cette histoire. Et elle était à deux doigts de se rouler en boule dans le salon d’un homme dont elle ignorait encore le prénom malgré qu’ils se connaissent depuis près de 13 ans. Mais sinon, elle allait bien. Sur le point de répondre, elle eut le malheur de croiser le regard de l’Italien et y discerna la même inquiétude qu’elle avait déjà vu auparavant. De sa petite voix innocente, son fils avait l’habitude de lui poser exactement la même question, avec la même intonation et la même lueur soucieuse au fond des yeux, lorsqu’il la surprenait allongée à terre et en larmes sur le carrelage de la cuisine. Dans un sourire, elle chassa ce souvenir douloureux, sentant tout de même son cœur se gonfler à cause du chagrin. « Je vais mieux maintenant. » Répondit la jeune femme, de la même manière qu’elle avait l’habitude de répondre à son enfant. Son regard toujours planté dans le sien, elle se saisit discrètement de la main de l’Italien qu’elle serra dans la sienne, à défaut de ne pas pouvoir le prendre dans ses bras de peur d’en faire trop. « Beaucoup mieux. Toi, comment tu vas ? » Demanda à son tour la métisse, décidée à garder sa main contre la sienne.  


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Sujet: Re: [Terminé] Daya | Le hasard joue des tours ( le Mar 26 Fév 2019 - 1:19 )
Définitivement. Ce mot tourne en boucle dans sa tête, alors qu’il ne réagit pas face à cette nouvelle annonce. Il était convaincu qu’il s’agissait d’un séjour pour profiter de la ville et de ses nombreux atouts touristiques, qui attirent le cœur des étrangers, même si ces derniers sont souvent empreints d’une angoisse. La cité italienne et ses recoins dangereux, sous la coupe de la Mafia, n’aident pas à se rassurer. On dit également d’elle qu’elle n’est pas bien entretenue et il ne pourra pas le nier : certains quartiers laissent à désirer et ne sont tout bonnement pas fréquentables. Pourtant, elle mérite les compliments. Ce n’est pas sa ville natale, mais elle est devenue l’un de ses repères et bien qu’il connaisse l’endroit très bien, il lui arrive encore d’être surpris. Comme ce soir. La jeune femme a quitté ses terres françaises pour une nouvelle vie qui l’intrigue. Pourquoi ? A-t-elle fait ça pour suivre son mari ? Pour le travail ? Ou par choix ? Peu importe les raisons, il espère qu’elle se sentira vite chez elle.

La tête inclinée sur le côté, Dante reste pendu à ses lèvres dans l’attente d’une réaction qui arrive, mais celle-ci est bien différente de ce à quoi il s’attendait. Un mariage, c’est supposé rendre heureux, même si la réalité est bien loin de la fiction. Est-ce que ça le surprend ? Pas vraiment. Il y a treize ans, quelque chose clochait déjà. On ne s’égare pas avec un inconnu sans raison, on ne plonge pas dans ses bras pour le plaisir. Ou alors, c’est une façon de concevoir les choses, mais à en voir la façon de le repousser, d’essayer de garder le contrôle sur la situation, il sait que ce n’était pas la sienne. L’italien s’abstient néanmoins d’insister, même si la curiosité est là, puis acquiesce d’un signe de tête. Elle peut mentir, répondre que tout va pour le mieux, même s’il n’en est pas convaincu. Elle peut se cacher derrière des excuses toutes faites et s’efforcer de changer de sujet… Mais elle se montre sincère. Il observe leurs mains liées l’une à l’autre, d’abord inactif, pour ensuite la presser en douceur. Une façon de la soutenir, de l’encourager à se confier si elle en ressent le besoin. « J’ai connu des jours meilleurs. » avoue-t-il, sans prendre la peine de cacher ses ressentis. Ces derniers mois ont été un calvaire, mais il s’en sort bien. « Mais j’ai connu pire. » Alors il relativise. Il est loin le temps où il dormait sur le sol froid, où il mangeait peu et à présent que la guérison de son père est actée, il retrouve un peu plus de légèreté, sa concentration professionnelle. Les événements ont été difficiles à gérer, mais il se sent bien plus serein qu’il ne l’a été. « On peut dire que ça va mieux également. » Ce n’est pas parler de lui qui l’intéresse, mais bien d’elle, alors il balaye la conversation et ajoute : « Alors comme ça, tu as déménagé en ville. Il y a une raison ? » Lui, tout ce qu’il constate, c’est qu’ils seront sans doute amenés à se croiser. C’est une grande métropole, mais il lui arrive souvent de passer par le centre, de s’y attarder pour diverses choses. « Ca doit te changer… » Ce n’est pas la même culture, ni les mêmes lois. En France, il y a bien plus de liberté qu’en Italie, un pays d’ailleurs plus religieux. Dante manque d’objectivité. Il a vu de nombreux pays, a visité certaines villes dès lors qu’il s’y arrêtait plus de quelques heures, mais son nombril du monde, c’est bien ici et c’est donc sans une once d’hésitation qu’il se fait l’avocat du diable face aux critiques ; il trouve toujours quelque chose à redire. Parce qu’il y fait bon vivre, parce qu’il est passé par des années où tout était sombre. Parce qu’ici, il se sent en sécurité. Des personnes comme Orazio et Tina ont été là pour le sauver de sa déchéance. Jamais il ne les aurait rencontrés s’il n’avait pas fugué jusqu’ici. « Il y avait une possibilité sur un million pour que tu tombes sur la mienne. » commente-t-il, avant d’afficher un sourire en coin. Et une chance sur dix milles que son ami la remarque, elle, sur la route. Ca aurait pu arriver à n’importe quel moment… Mais ça arrive maintenant, alors qu’il remonte tout juste la pente. « Tu as commencé à prendre tes marques ? » Un air amusé se glisse sur son visage, alors que son regard se pose une nouvelle fois sur leurs mains, avant de la tire vers lui et l'inciter à s'asseoir sur ses genoux. « Tu les prends avec moi, en tout cas. Je t’ai connue bien moins tactile. » Référence à cette première fois où leur échange avait été distant, au début.


Je sens quelque chose qui ne se dit pas, dont j’ignore la cause. C’est dans tes sourires, un je-ne-sais-quoi qui s’arrête au bord du désir. Quelle est cette voix, qui nous entraîne à renoncer sans regarder l’un vers l’autre ? Si c’est un choix, il faut qu’on s’aime, sans se lasser pour se garder l’un et l’autre. L’un près de l’autre.
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Sujet: Re: [Terminé] Daya | Le hasard joue des tours ( le Mer 27 Fév 2019 - 0:41 )
La sincérité avec laquelle elle s’était exprimée pour répondre à la question de l’Italien la surprit elle-même. Rares étaient les personnes qui lui demandaient si elle allait bien, et ceux qui le faisaient ont arrêté depuis longtemps. Ses parents se contentaient de se dire qu’elle allait bien maintenant qu’elle s’était éloignée de toute la toxicité qui l’entourait. Il y avait encore des sujets qu’ils n’avaient jamais abordés par peur de ce qui pourrait en ressortir si on posait des questions à Daya directement. Lors de l’enterrement de son fils, ils ont été là pour elle mais c’était surtout l’aspect physique qui primait sur le reste. Elle qui avait refusé d’enterrer son fils à la Réunion, là où il n’avait jamais mis les pieds, ils avaient fait l’effort de venir la rejoindre sur Paris et sûrement avaient-ils pensé que le geste était suffisamment énorme pour qu’elle se sente mieux. Elle ne leur en voulait pas. Elle comprenait au contraire la gêne et la honte qui les rongeait de l’intérieur au point qu’ils préfèrent garder le silence. Et dans un sens, elle préférait. Elle avait refusé toute aide de spécialistes parce que… Parce qu’elle n’avait pas envie d’aller mieux ? Vivre avec la douleur et le vide causé par le décès de son fils lui permettait de ne pas oublier. De ne pas l’oublier lui. De ne pas oublier le parcours qu’elle avait fait pour en arriver là. Pour ne pas oublier qu’elle n’a pas été capable de le protéger alors que c’était son devoir. Pourtant à la question de l’Italien, elle répondit sincèrement parce que c’était vrai. L’avoir en face d’elle lui faisait du bien. Sa main dans la sienne qu’il n’avait toujours pas enlevé lui faisait du bien. Même éphémère, son contact arrivait à apaiser ses tourments le temps de quelques minutes.

Lorsqu’elle lui retourna à son tour la question, le regard toujours planté dans les siens, elle fut surprise d’y discerner une émotion qu’elle ne connaissait que trop bien. Derrière l’éclat de ses yeux qui rehaussait les sourires qu’il offrait aux gens, se dissimulait une ombre qu’il essayait de combattre pour ne pas sombrer dans les ténèbres. Si le cœur de Daya se serra à cette réflexion qu’elle se faisait à cause de son impuissance face à tant de malheur, elle réussit à se contenir tandis que l’envie de le prendre dans ses bras était présente. « Alors tant mieux. » Dans un sourire, elle chassa sa mine inquiète et pressa un peu plus sa paume contre sa main sans jamais rompre le contact. Quand l’attention se reporta sur elle, son sourire s’agrandit. « Une envie de bouger ? De découvrir autre chose que la France ? » Haussant les épaules pour éviter de donner une vraie raison, elle se rendait compte que la vérité la rendrait sûrement pathétique à ses yeux. Elle n’avait juste pas envie de rester seule en France, maintenant habituée à vivre avec quelqu’un. La solitude l’effrayait. Alors lorsque l’occasion se présenta pour elle de suivre Lilah, elle n’avait pas hésité. De toute façon elle n’avait plus rien qui la retenait en France. Même pas son mariage qu’elle peinait à mettre fin. « Parfois le changement a du bon. » Commenta la métisse qui haussa les sourcils comme pour appuyer son propos. Si le premier qu’elle avait fait en quittant son île s’était soldé par un échec et une vie remplie de tristesse, elle misait sur cette seconde opportunité de changement pour se dire que cette fois, ça pouvait marcher pour elle. Elle n’était plus la jeune Daya qui avait quitté la Réunion avec des rêves plein la tête, sans savoir à l’avance qu’ils étaient non seulement impossibles à réaliser, mais qu’ils seraient à la cause de tous ses malheurs. Elle était une seconde Daya. Une version que la vie avait marquée au fer chaud au point d’y laisser des traces visibles à l’œil nu sur sa peau, et qu’elle s’évertuait à cacher. Pour toute réponse à sa réflexion, elle se contenta d’hausser les épaules sans se rendre compte que sa main avait commencé à entremêler ses doigts aux siens. Le monde est petit, que voulait-il qu’elle dise de plus.

En le sentant la tirer vers elle, elle ne se débattit pas et passa sans broncher du canapé à ses genoux, lâchant même un petit rire. Passant son bras autour des épaules de l’Italien, l’autre remontant son bras pour trouver son autre main qui se lièrent dans sa nuque, elle hocha doucement la tête pour acquiescer. « Tu serais surpris de savoir à quel point j’ai changé. » Si le ton de sa voix se montrait plus grave, elle adoucissait ses propos en allant chercher la joue du jeune homme pour la caresser du bout de ses doigts. Lorsque le pouce de la métisse effleura les lèvres du jeune homme, elle eut comme un éclair de lucidité qui la frappa de plein fouet, la forçant à se lever pour s’éloigner de l’Italien. « Je suis désolée, je… » Pendant un court instant elle s’était revue dans cet ascenseur en train d’embrasser ses lèvres, consumée par le même désir qu’elle avait déjà essayé de renier à leur première rencontre. Mais ses yeux s’étaient posés l’espace d’un instant sur ses doigts tordus et la bague qu’il lui manquait à l’annulaire. Comme un rappel à l’ordre, elle sentait son cœur commencer à battre à tout rompre dans sa poitrine à l’idée que son mari, pourtant en prison, ait vent de ce qu’elle était en train de faire. Sa respiration de plus en plus irrégulière, elle balaya la pièce complètement paniquée à la recherche de la sortie qu’elle n’avait pas l’air de trouver. « Il faut que je sorte d’ici, il va me tuer. » Lâcha-t-elle sans rendre compte, les larmes aux yeux.


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Sujet: Re: [Terminé] Daya | Le hasard joue des tours ( le Dim 3 Mar 2019 - 15:01 )
Crier le contraire serait hypocrite. C’est le besoin de changement qui l’a poussé à quitter Avezzano. S’il n’avait pas pris ses jambes à son cou, qui sait ce qu’il aurait eu comme vie. Lui est convaincu qu’il aurait été destiné aux mêmes ténèbres que son seul exemple. C’est parfois nécessaire de voir autre chose, de quitter tout ce qu’on a pour repartir sur de meilleures bases. Mais à quel point pour elle ? Est-ce qu’il y a un message là-dessous ? Elle arrive pile au moment où il s’attendait à reprendre le contrôle de sa vie, sans laisser une marge pour l’imprévu. C’est pourtant ce qu’elle lui apporte en étant là. Dante n’est prêt pour rien, souhaite se laisser du temps pour souffler, pour se recentrer sur lui et sur ce qu’il a réellement envie… Mais impossible de passer à côté de cette nouvelle rencontre. Et tant pis si le mari est dans les parages. Encore une fois, il est égoïste, pense uniquement à l’attraction qui ne s’est pas effacée, en se rassurant sur un point : il n’y a aucune obligation, aucune promesse qui les pousse à se responsabiliser l’un pour l’autre. Ils peuvent juste en profiter, simplement, sans se poser mille et une questions, parce qu’il n’en a pas la moindre envie. Il a bien vu ce que ça faisait avec Leila : c’est compliqué, douloureux et là, il a besoin de temps pour se remettre. « Et à quel point as-tu changé ? » En treize ans, elle a eu le temps d’évoluer de n’importe quelle manière. Mais lui, ce qu’il voit, c’est ce bout de femme qui l’a séduit et qui est toujours autant réceptive à ses gestes. Il embrasse son pouce et s’apprête à effleurer avec son nez, sa joue, quand elle se lève soudainement, le coupant dans son élan. Dante la suit des yeux, comprend à peine ce qui se passe, lorsque son mariage lui revient. Il se lève, convaincu que le problème vient de là, mais comme la première fois, le couteau qu’elle pourrait lui planter dans le dos lui est bien égal. Il s’avance, souhaitant la rassurer, mais son corps se fige aussitôt sa dernière phrase prononcée. Tendu, il reste immobile, la dévisage, de haut en bas, puis se secoue mentalement. « De quoi est-ce que tu parles ? » Son ton est plus froid qu’il ne l’espérait et ce n’est pas contre elle, mais bien parce qu’il n’aime pas ce qu’il entend, ni ce qu’il voit. Dans ses yeux, il lit de la peur et ça n’a rien à voir avec ce qui se passe entre eux. Ou alors si. A-t-il su, pour eux ? Et dans ce cas, comment a-t-il réagi ? Il faut dire que cette nuit-là, elle est restée auprès de lui tout le temps, dans ses bras. Il ne lui a pas montré le chemin de la sortie, souhaitant mettre fin à leur aventure de la meilleure façon possible. Parce qu’elle ne méritait pas d’être considérée comme un simple objet. Parce qu’elle représentait bien plus qu’une femme choisie au hasard. Il ne lui a pas dite de belles paroles parce qu’elle était la seule présente au bar, ou parce qu’il ressentait un manque, mais bien parce qu’il la désirait. Néanmoins, ses interrogations, il se garde bien de les lui exposer. Dante s’embrouille, puis fait un pas vers elle et tend le bras afin de capturer le sien. « Calme-toi. Calme-toi. » murmure-t-il, en la ramenant près de lui. « Je ne sais pas ce qui se passe chez toi, mais tu penses bien qu’après un tel discours, je ne vais pas te laisser rentrer. » Surtout dans son état. Il caresse avec tendresse son visage, espérant l’apaiser, mais se doute bien qu’il lui faudra plus que quelques gestes bienveillants. « Ce « il », c’est ton mari ? » Ce type, il ne le connait pas bien, mais ce qu’il provoque chez l’indienne n’est pas là pour le rassurer. « Il se comporte mal ? » ose-t-il, le cœur lourd. L’idée qu’elle puisse être entre de mauvaises mains lui fait froid dans le dos. « Parle-moi. » la bouscule-t-il, alors que son autre main glisse de son bras à sa taille, tandis que celle posée sur sa joue descend sur son cou. Son pouce s’appuie sur son menton, l’incitant à le regarder dans les yeux, à se focaliser sur lui uniquement et pas sur la pièce dans laquelle ils se trouvent.


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Sujet: Re: [Terminé] Daya | Le hasard joue des tours ( le Dim 3 Mar 2019 - 20:02 )
En un battement de cil, Daya avait complètement changé de comportement. Comme si son monde devenait soudainement froid, partout où ses yeux se posaient elle avait l’impression de ne plus être capable de voir clairement. Peut-être était-ce à cause des larmes qui lui obstruaient la vue et qui menaçaient de couler le long de ses joues. Peut-être que ses craintes avaient pris une nouvelle forme pour qu’elle ne puisse voir que ses peurs prendre forme sous ses yeux. Dans sa poitrine elle pouvait sentir son cœur battre à tout rompre, accélérant à mesure que s’égrenaient les secondes comme si un danger la guettait. La voix de l’Italien se transforma très vite en un bourdonnement qu’il lui était incapable d’entendre, au point que la voix de son bourreau s’intensifie dans son cerveau pour qu’elle n’entende plus que ça. Il fallait qu’elle sorte d’ici et qu’elle rentre chez elle. Non, il fallait qu’elle rentre en France, là où était sa place. Comme pour faire taire la voix qui l’empêchait de réfléchir, Daya porta ses deux mains au niveau de ses oreilles qu’elle bouchait avec toute la force qu’elle pouvait mettre dans ce geste, fermant les yeux le plus fort possible. « Il va me tuer aussi. » Répéta la métisse d’une voix saccadée, sentant déjà les mains de son mari se poser sur elle pour la marquer à nouveau.

Tout en réprimant un sursaut en sentant une main tirer sur son bras, dans sa tête elle se dit que c’en était fini et qu’il ne lui restait plus qu’à attendre son sort. Au bout de plusieurs secondes qui ont l’air d’être de longues minutes, rien ne se passe. Ni coups, ni hurlements. Rien. Hésitante, elle finit par ouvrir les yeux pour voir apparaître devant elle non pas le visage de son mari, mais celui de l’Italien dont elle avait presque oublié la présence. Le regard fuyant, elle balaya la pièce à toute vitesse à la recherche d’un sens à ce qui venait de se passer, se rendant compte qu’elle venait d’halluciner la scène. Peu à peu, elle avait l’impression de retrouver la vue pour réaliser qu’elle n’était plus en France, que son mari n’était pas là et qu’elle était plus ou moins en sécurité. Mais son cœur ne se calma pas pour autant, à l’affût du moindre bruit qui pourrait le faire redémarrer à nouveau. La voix du jeune homme qui avait traversé la pièce pour la forcer à ne plus s’agiter dans tous les sens, lui parut soudainement plus claire. Comme pour reprendre totalement ses esprits, elle battit plusieurs fois des cils et laissa enfin couler une larme le long de ses joues pour toute réponse à sa question. Son corps, complètement engourdit à cause de la panique qui redescendait petit à petit, n’avait même pas senti qu’ils étaient si proche jusqu’à ce qu’elle sente ses doigts sous son menton pour l’obliger à le regarder. A chaque fois qu’elle essayait de dire quelque chose, même pour s’excuser, elle avait cette boule qui grossissait dans sa gorge au point d’empêcher ne serait-ce qu’un son de sortir. Au-delà du choix qu’elle avait fait de ne pas vouloir être aidée, elle sentait comme une urgence à dresser un mur impénétrable autour d’elle à chaque fois qu’elle prenait comme résolution d’aller chercher de l’aide. « Je… » Balbutia difficilement Daya qui laissa sa phrase en suspens, ne sachant pas comment la terminer. En sentant le bras de l’Italien autour de sa taille, son cœur rata un battement qui la figea sur place.

Son regard à présent planté dans le sien, elle sentit sa respiration s’accélérer. A chaque fois qu’elle fermait les yeux elle voyait sous ses paupières le visage de son fils, mort sous les coups de son mari. Elle revoyait son petit corps fragile et sans vie, à qui elle avait dû dire au revoir parce qu’elle avait été incapable de le protéger et de se faire aider. De parler. Mais est-ce qu’elle voulait vraiment lui parler à lui ? Le père de cet enfant dont il ignorait l’existence. L’homme avec qui son destin s’était lié sans qu’il ne le sache. Pas sûre. C’était un poids qu’elle avait décidé de porter seule depuis le jour où elle apprit qu’elle était enceinte, alors autant continuer. Au moment où elle prit une profonde respiration pour se donner du courage, elle laissa échapper un sanglot qu’elle masqua par un rire nerveux et une main plaquée sur sa bouche au milieu des larmes qui s’étaient mise à couler. En essayant de se défaire de l’étreinte du jeune homme, elle ne remarqua pas que sans faire exprès une des manches longues de sa robe s’était relevée sans faire exprès, laissant ainsi ses marques à l’air libre. « Je suis désolée. » Articula finalement Daya. « Je dois rentrer chez moi. Désolée encore pour tout ça. »  A reculons, elle commençait déjà à s’avancer vers le canapé pour récupérer ses affaires et s’en aller pour de bon.


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Sujet: Re: [Terminé] Daya | Le hasard joue des tours ( le )
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