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- Juste oublier. ft Wayland -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Autour de Naples :: Autres quartiers
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Raoul de St AngeLe vin est un puissant lubrifiant social
Raoul de St Ange
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Sujet: Re: Juste oublier. ft Wayland ( le Dim 19 Mai - 17:35 )

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Tu ne sais que penser alors que tu avales les premières gorgées de ton verre. L'alcool à force, il ne te brule plus, que ce soit au niveau de ta lèvre entaillée ou au niveau de ta gorge. Il te chauffe un peu plus qu'un verre de lait mais c'est à peine si tu le sens. Tu penses même que sur ce coup là le whisky que tu bois n'est pas assez fort. Peut être parce que ce qui c'est passé t'a sérieusement remué les plumes. Secoué le cerveau. Et que tu réalises que l'histoire aurait pu finir salement sans l'arrivé de Wayland. Faudrait que tu arrêtes de jouer les cons surtout quand tu es désarmé. Ce gosse tu lui dois une fière chandelle. Dans ce milieu un geste pareil cela vaut de l'or. C'est encore pire qu'une parole donnée ou qu'une promesse faite. Tu connais suffisament les règles du jeu pour savoir que tu es redevable à Wayland. Et pas que d'un verre. Tu feras tout pour payer ta dette. Un jour. Peut être en le sortant des griffes de Monsieur qui semble avoir main mise sur lui. Et à cette pensée des questions t'assaillent. Quel rapport il y a t-il réellement entre eux ? Wayland, est-il pour ce connard bien plus qu'un simple pion ? Ce mec est-il capable de tendresse envers un gamin paumé qui ne semble pas à sa place dans ce décor miteux ? Tu en as croisé des gosses comme lui quand tu étais flic et durant ta croisade. Quand Kewan était en vie tu te disais que cela te rendrait fou si pour une raison ou une autre ton fils tombait dans ce genre d'engrenage. Tu savais que tu aurais soulevé terre et ciel pour lui. Et puis après sa mort, tu te disais que le monde était pourri en salissant les gosses des pires manières. Et tout ça parce que des mecs comme Monsieur tire les ficelles, tout en gardant les mains propres. Parce que le fric salit tout même l'innocence de l'enfance. Et tu ne sais pas pourquoi mais tu te doutes que Wayland n'a pas choisi cette voie. On l'a mis dedans. Parce qu'on ne lui a pas laissé le choix. Parce que ses parents n'ont pas été capable de le protéger ou de l'empêcher. Et cela te renvoie ta propre faute direct dans la gueule, toi qui n'a pas été capable de protéger ta famille. Tu penses trop Raoul. Tu réfléchis trop comme Nolan. Alors que tu ne dois que penser à ta putain de vengeance. Que tu ne dois avoir dans le cœur que de la haine et de la rage. Alors que face à ce gamin, ton cœur est bien il a envie de se ramollir. De s'ouvrir. Tu fais pitié quand tu te laisses gagner par tes faiblesses. Les faiblesses d'un père meurtri et détruit. Tire toi tant qu'il est temps. Mais au lieu de tourner les talons tu lui proposes de t'occuper de sa petite tronche abimée pour lui éviter l'engueulade en rentrant. Pathétique.

Et bien entendu lui il ne te loupe pas. Wayland ne fait pas dans la guimauve et les licornes c'est toujours tranchant et même si tu ne le connais pas. Et bien ses mots font mal comme des coups de couteau. Et son regard. Il vient perturber des entrailles et ton âme. Ses yeux ils ont ce petit quelque chose qui fait que tu as juste envie de le serrer contre toi. De lui dire que demain sera un jour meilleur. Mais il est rien pour toi. Wayland est juste un victime de plus à la longue liste de Monsieur et toi si tu continues tu vas y ajouter ton nom. Et si ce gamin était juste un piège pour que tu dérapes enfin, et qu'il ait ta peau dans un coin sombre. Ton salut n'est pas dans ce regard. « Je ne pensais pas à du rouge à lèvre. Juste à de l'alcool pour désinfecter et puis de la pommade pour les coups. Juste ce genre de broutille. » Après il y a un silence. Tu te doutes qu'il a été vulgaire pour te provoquer. Tu as l'habitude mais là le mot clashe avec plus d'insolence, d'indécence. Sans que tu ne saisisse le sens de ce trouble que cette idée éveille. Comme si cet acte sale te salissait aussi. Profondément. « Tu n'auras jamais à tenir ce rôle avec moi. » Vu les allusions qu'il avait faites par rapport à River, tu préfères préciser. Ainsi Wayland sait qu'il n'y a rien derrière tes propositions. Enfin si un peu, mais pas dans ce domaine là. « Tu es du genre rebelle. » Comment ne pas l'être quand on te prive de liberté ? « Tu n'as jamais essayé de te tirer ? » Chose difficile et délicate vu que Monsieur à des yeux partout, sortir d'un pays sans papier est compliqué et acheter une identité vaut la peau du cul. Pour se tirer du Ruby et de Naples faudrait que Wayland est des contacts ou de l'aide. Toi tu pourrais l'aider. Tu connais les ficelles. « Ta gueule abimée te donne quand même un genre. Tu fais plus mature. Plus attention je mords. » C'est un peu ce qu'il a monté à Ivo en se jetant dans la bataille alors que personne ne lui avait rien demandé. « Pour un mec de mon âge tu es un gamin. » Un deuxième verre est servi et tu ne relèves pas quand lui aussi commande. «  Aller à tout péter tu as quoi ? Vingt piges ? » Tu dis cela en rigolant, histoire de détendre un peu l'ambiance parce que tout cet échange te perturbe. Entre le fait qu'il a pu penser que tu cherchais une aventure, puis le fait que tu aurais pu lui proposer un paiement en nature. Enfin tous ces événements ajoutés ouvrent des portes oubliées. Mais tu ne relèves pas quand il ajoute qu'au final il n'a jamais été un gamin. Tu devines au son de sa voix que son enfance a du être volée et bafouée. Qu'il a du plus connaître le règne de la terreur que celui de la douceur d'une mère et d'un père. Et ses mots te serrent le cœur. Il y a longtemps qu'on ne t'avait secoué de la sorte.

Tu voudrais poser ta main sur son épaule, lui assurais qu'un jour tout ira mieux. Mais tu sais que ce serait mentir. Si demain Monsieur venait à partir pour un autre pays et que tu l'apprennes, tu oublierais bien vite Wayland pour suivre l'assassin de ta famille. Alors tu regardes le fond de ton verre avant d'en avaler la moitié et il se fait plus curieux. Mais cela reste innocent comme une envie de rêve que dans son monde on lui interdit. Et encore une fois tu prends en pleine tronche. La noirceur de sa vie. La noirceur de son avenir. « En effet je ne suis pas italien. Je suis français, mais j'ai pas mal bougé. J'adore voir du pays. » Tu marques une pause cherchant comment répondre pour lui donner un peu d'espoir. L'espoir un jour de voir d'autres horizons. « Tu sais ailleurs c'est un peu comme ici .. il y a du bon et du mauvais .. tout dépend là où on tombe et qui on fréquente. » Tu le regardes avec plus d'intérêt. « Tu sais le paradis peut se trouver ou se créer partout, même dans le pire des enfers .. il suffit d'une main tendue ou d'une épaule sur laquelle se poser quand tout va mal. Ou juste d'une personne .. la bonne. » Tu veux qu'il comprenne que même sans aller ailleurs Wayland peut parfaitement trouver ici son coin de sérénité, de paix. Même si tu sais que cela sera beaucoup plus compliqué pour lui que pour un gosse né dans une famille aimante. « Je suis à Naples depuis un peu plus de deux ans pour le boulot .. il y a de beaux coins. » Wayland est-il là depuis longtemps ? « J'ai fais pas mal l'Europe, les USA. J'ai vu de belles choses comme d'autres insignifiantes. Parfois j'ai cru pouvoir vraiment poser mes bagages et puis l'envie de repartir est revenue. » Certaines plus en te documentant sur internet ou sur les livres parce que tu n'étais pas là pour faire le touriste. Et qu'il fallait que ça colle avec l'identité et le personnage que tu créais. « Et toi tu es à Naples depuis longtemps ? Tu as visité la ville ? » Tu as bien vu qu'il pouvait sortir du Ruby, mais peut-il jouer le curieux et vraiment prendre plaisir à découvrir la ville et ses environs.  


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Sujet: Re: Juste oublier. ft Wayland ( le Dim 19 Mai - 18:34 )

   
Juste oublier
Tu ricanes quand il t’affirme que tu es du genre rebelle. Il l’affirme oui, sans même vraiment te connaître, et tu te dis qu’il a l’œil et l’oreille. T’es pas juste un petit con provocateur de plus : ta crise d’adolescence, tu n’y as pas eu droit et ce n’est pas maintenant que tu commenceras. Mais t’as toute cette merde qui dort, tapie en toi, qui te remue parfois, qui te donne envie de hurler, de pleurer, de fuir. T’as quelque chose qui te bousille lentement, et tes cauchemars réguliers n’en sont que les symptômes avant-coureurs. Ta franchise, cette vérité crue et embarrassante qui franchit tes lèvres, ce n’est qu’un appel à l’aide en lettres de néons, mais tout le monde a toujours détourné les yeux. Ne pas voir, c’était s’enlever un poids de la conscience. Tu le savais, tu faisais souvent pareil quand tu ramenais des gamins paumés au Ruby et qu’ils disparaissaient dans le trafic de Monsieur quelques jours après. Tu fermais les yeux toi aussi, à ta manière.
Un soupir t’échappe quand il te demande si tu as déjà essayé de te tirer. En vérité, t’es déjà loin dans ta tête, mais ton corps, ton esprit et ton foutu devoir envers les tiens l’emportent toujours sur ce fantôme dérangeant qui occupe parfois ta petite tête.
- Me tirer ? Pour aller où ?
Et ta voix se fait basse, presque inaudible alors que le fantôme revient, terrible, monstrueux.
- Il me retrouvera toujours.
T’avais essayé. Une seule fois. Ca fait tellement longtemps et pourtant, la douleur du moment où il avait de nouveau mis la main sur toi est encore vive. Profonde. Il t’avait tellement fichu la trouille que tu t’étais promis de ne jamais recommencer : chaque fois que tu fous le pied en-dehors du Ruby, tu y repenses et tu sais qu’il s’est assuré ainsi que tu y reviennes toujours.
Tu déglutis, chassant l’angoisse avec l’alcool, nouvelle gorgée qui te brûle la gorge et les lèvres. Mais ça te fait un bien fou. Bon sang, cela faisait un moment que tu n’avais pas bu un tel whisky, ça te remonterait presque le moral qui vient de descendre en flèche avec les questions de Raoul. Tu comprends pourquoi Ivo a eu envie de le frapper : il te donne à toi aussi quelques démangeaisons du poing, sans même qu’il s’en rende compte. C’est son côté fouineur, ça ficherait les jetons à n’importe qui….
Il arrive quand même à ramener un sourire un peu pâlot sur ton visage quand il te dit que tes bleus te donnent un air affirmé, et tu rectifies trivialement sa question lancée à la va-vite :
- J’ai vingt-deux piges.
Pas que ce soit important, mais tu ne sais pas pourquoi, t’as envie de préciser. D’habitude, ce genre de fouineur te mettrait mal à l’aise, mais même si l’envie de lui coller ton poing sur la figure s’estompe à peine, t’as répondu à ses questions. T’esquives pas, tu ne fuis pas. Il te rassure, t’as pas l’impression de faire une erreur en parlant avec lui. Et c’est bien la première fois que tu ressens ça.

Puis il te sauve de l’embarras, il se met à parler un peu de lui, pour changer. Et t’écoute : autant son petit sermon d’homme mature qui croit savoir, que ses récits de voyage. T’imagines les lieux dont il te parle, tu l’envie de cette liberté de bouger où il veut sans avoir à se soucier de quiconque. Toi t’as connu que les USA et le Ruby. Naples, c’était une fenêtre ouverte sur l’Italie mais t’avais jamais pu en quitter les quartiers les plus proches du club, même si tes jambes crevaient d’envie parfois de s’élancer pour ne jamais revenir.
Tes doigts jouent avec le verre pendant qu’il raconte, jusqu’à ce que ses questions reviennent. C’est le schéma traditionnel d’une conversation mais encore une fois, tu comprends Ivo et sa réaction. Il pose trop de questions décidément, même si t’es prêt à lui répondre.
- J’suis là depuis huit ans, un truc comme ça. Et question guides touristiques, on a fait mieux que les clients du Ruby, mais j’ai pas trop eu l’choix.
Ta langue claque contre ton palais et tu enterres profondément cette déception-là, dont tu n’avais pas vraiment conscience jusqu’à maintenant, pour tourner ton regard vers Raoul et le plonger dans le sien. Il a de beaux yeux : pas de ceux qu’on verrait au cinéma parce qu’ils ont une couleur extraordinaire. Au contraire, ils n’ont rien de spécifique. Mais ils cachent une telle profondeur et tant d’ombres douloureuses que tu les trouves aussi beaux que tous ceux qui ont échoué au Ruby. La seule différence, c’est que les siens ne se sont pas encore soumis. Et ça le rend encore plus beau que tous les autres.
- J’en déduis que la bonne personne, tu l’as pas rencontré puisque tu ne fais que bouger. Et à traîner comme ça le soir dans des coins pas honnêtes et offrir un verre au premier paumé venu, c’est que personne ne t’attend quelque part. J’me trompe ?
Ton regard le perce à jour, tu le tortures à ta manière, silencieuse et impardonnable. T’es vraiment qu’un sale petit con, à viser le point faible pour qu’il arrête de trop s’intéresser à ton propre cas. Stratégie de survie comme une autre même si pour le coup, en regardant ces yeux-là, tu te sens un peu coupable.
- Le paradis ne peut pas se trouver au pire des enfers. J’y suis, mec… et j’y ai jamais vu d’ange, crois-moi.



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Sujet: Re: Juste oublier. ft Wayland ( le Lun 20 Mai - 18:20 )

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Tu vois au fond de ses yeux sa rage. Une lutte archarnée entre l'envie de vivre, l'envie de tout envoyer valser, l'envie de liberté, l'envie de crever aussi. Au fond il te ressemble un peu Wayland. Il a comme toi sa croix à porter. Une croix douloureuse et compliquée. Croix qu'il n'a pas choisi, contrairement à toi. C'est là qu'est la différence entre lui et toi. En plus d'être dans l'âge. Toi tu as pris ce chemin volontairement après qu'un connard t'est arraché le cœur en te privant de ta famille. Lui on l'a jeté dans la merde, un peu comme les romains jetaient les chrétiens aux lions. Il est un survivant Wayland. Reste à savoir pour combien de temps ? Parce que dans ce genre de milieu on fait rarement de vieux os, surtout quand on bouscule les codes et qu'on résiste au boss. Pour le moment il a la chance de la jeunesse, il rapporte plus vivant que mort. Mais une fois que sa belle gueule et son corps ne feront plus baver les vieux vicieux, qu’adviendra t-il de lui ? Son corps sera jeté sans aucun hommage dans les fondations d'un immeuble que Monsieur fera construire. Ni vu, ni connu et un autre gamin prendra sa place et la vie son cours. Putain de merde cela te donne envie de gerber juste en imaginant ce qui pourrait bien lui arriver. Qui est-il pour secouer ta tête comme un vulgaire prunier ? Tu ne veux pas le torturer en lui posant des questions et tu sens bien qu'y répondre le perturbe. Comme si parler de lui ouvrait des blessures secrètes. C'est aussi ce qui t'arrive quand tu parles de ton passé. Il y a des souvenirs qu'on ne peut enterrer. Lui c'est son avenir qui semble au cimetière. Alors que c'est tout juste un adulte. « Il a des sacrés limiers ton boss. » Comme un sacré pouvoir de disparaître. Tu ne t'es jamais posé la question pour savoir si au Ruby il y aurait des rescapés de San Francisco. Car même si tu as ratissé large, tu sais que certains ont pu prendre la poudre d'escampette aidé par le connard, enfin surtout le fric du connard. « Je suis certain qu'il doit y avoir un endroit dans le monde où tu pourrais être en paix. Après cela reste difficile à trouver surtout sans argent .. » Surtout que son boss il a la main mise un peu partout, il est comme un cancer avec des ramifications dans chaque partie du monde. Avec des racines profondes et une facilité effarante à jouer avec la vie des gens.

Vingt deux ans. Douche froide. Ton cœur s'arrête avant de reprendre. Alors qu'un frisson d'horreur se repend dans ton être. Vingt deux ans. C'est l'âge qu'aurait Kewan si on ne lui avait pas tranché le fil de sa vie. Toi tu ne parles jamais de dix sept années à chercher ce putain de connard. Parce que après la mort de Kewan tu as eu deux ans de flottement, l'enterrement et toutes les larmes que les gens ont versé. Toi tu te souviens ce jour là tes yeux sont restés secs. Ils avaient pleuré avant quand les flammes entouraient le corps de Maeva et de Kewan. Quand ta paume droite a touché la tôle dans un dernier espoir de les sauver. Tu entends encore leurs cries. La nuit. Le jour. D'ailleurs à cette pensée tu regardes ta main droite. Inconsciemment. Avant d'avaler ta dose d'alcool. Cinq ans plus dix sept cela fait vingt deux ans. L'âge qu'aurait Kewan. L'âge qu'à Wayland. Coïncidence ou saloperie de hasard. « Tu fais plus jeune .. enfin moins avec cette tête. » Ta voix est basse trainant avec elle tout ce que ton cerveau distille. Ton passé en lambeau et ton avenir à l'agonie. Oui Wayland te ressemble beaucoup. Vous êtes deux paumés, maltraités par la vie, avec pour seul objectif trouver un endroit tranquille pour au moins survivre. Tu espères juste sur le coup que tu ne retrouveras pas un jour le gamin dans un caniveau. Mais tu sais aussi que le sauver ne fait pas partie de tes priorités. Toi tu veux juste sauver des fantômes. Sans te douter que celui qui est devant toi, te ressemble bien plus que tu ne crois. Et que c'est pour ça que tout te bouleverse autant. Mais ce genre d'idée est juste impensable. Irréalisable.

Tu te confies un peu, une façon de balayer la noirceur de ce moment et d'y mettre un peu de couleur. Même si elles sont infimes. Quelques traits c'est mieux que rien. Et cela gomme un peu la pourriture de la situation. Bien entendu si tu donnes, tu veux aussi recevoir en retour, histoire de combler les vides. Huit ans, Wayland avait quinze ans, le boss met ses jouets bien tôt dans le circuit. Tu évites de penser comment ont du se passer ses premières expériences sexuelles. Tu te dis même que son déflorage a du se monnayer grassement. Et cela ravive la rage que tu ressens pour cet assassin qui fait tout pour garder les mains propres. Tu essaies de ne faire passer aucune émotion trop vivace dans ta voix. « Huit ans à Naples et ne pas avoir vu ses merveilles c'est un peu un péché. Mais tes clients ont surement autre chose en tête. » Tu pourrais jouer le guide. Et vos yeux s'accrochent encore. Avec un mystère qui semble insondable comme écrit dans le temps. Comme si vos yeux c'étaient rencontrés ailleurs, dans une vie meilleure. Une autre vie peut être. Quand vos âmes n'étaient pas souillées par toute cette haine et toute cette douleur. Et cet échange te touche encore, broyant tes entrailles, ton cœur sans que tu ne saisisses le pourquoi ni le comment de ce bouleversement. Trop ancré dans ta quête pour trouver les réponses à cet instant. Wayland rebondit sur ce que tu dis avec une adresse à couper le souffle. Va falloir que tu fasses gaffe, car il te désarme aussi facilement qu'une pucelle face à son amoureux affamé de découvrir ce qui se cache sous ses satins. Et là encore tu prends une baffe en pleine gueule. Il touche là où ça fait mal le gamin. Tu essaies de ne pas perdre pied mais il mène adroitement la danse. Jouant sur les notes noires de ta vie. Et la souffrance se distille comme un feu de joie dans chaque parcelle de ton être déchiré. Tu ne réponds pas tout de suite, tu finis d'abord ton verre. Et puis tu baisses les yeux parce que la douleur remonte jusque dans tes pupilles. « Je l'avais trouvé la .. personne .. elle avait ancré ma vie .. dans un paradis parfait .. avec une famille .. » Ta voix tremble. Attention Raoul ton épée de Damoclès pourrait bien t'exploser la tête. Ici tu es divorcé, dérape pas. «  Non ils ne m'attendent plus .. » Tu t'arrêtes te sentant comme une bête blessée. Tu as envie de commander un autre verre mais tu ne le fais pas. Trop dangereux. « Tu es malin Way. Peut être même plus que moi. Je crois qu'il faut mieux pour ton bien .. pour mon bien qu'on arrête là. » Parce que les confidences pourraient devenir vos ennemis. Tu sors ton porte feuille pour payer les consommations. Heureux de ne pas avoir de photo de Maeva et Kewan dedans. Parce que là tu n'aurais pas tenu. Déjà que ta main droite brulée te fait un mal de chien. C'est idiot car tu sais que c'est juste ton inconscient qui te joue un sale tour. Tu souris à sa dernière phrase. « Crois moi le paradis existe .. et ce soir j'ai vu un ange .. c'était toi .. » Et ton regard vient encore une fois accrocher le sien. C'est douloureusement éprouvant. Faut que tu te casses. Vite. Il te perd ce gamin. Ce métis. Ce gosse de vingt deux ans qui pourrait être un fils. « Est ce que tu veux arranger ta gueule ou tu rentres comme ça ? » Tu es encore prêt à faire ce geste pour lui, parce que tu te sens coupable. Dernier petit rempart de liberté avant qu'il ne retrouve ses chaines. Et cette idée est tout autant horrible que les autres. Ce gosse va finir par t'arracher le cœur.    


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Dernière édition par Raoul de St Ange le Lun 20 Mai - 22:55, édité 2 fois
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Sujet: Re: Juste oublier. ft Wayland ( le Lun 20 Mai - 19:27 )

   
Juste oublier
Oui, tes clients avaient d’autres choses en tête. Des choses qui te paraissent soudain immondes, dévoilées à nu à travers ses mots, des choses qui te révulsent et te donnent la nausée. Tu repousses inconsciemment ton verre comme pour préserver ton estomac, pris dans un de ces rares moments de lucidité qui se déverse en toi tel une tempête et saccage tout. Tu sais que ta vie n’a rien de beau : t’es qu’une pute. Un objet. Une marchandise. T’as beau pérorer, faire le fier et jouer au rebelle, tu sais pertinemment que tout cela ne durera qu’un temps et que ça ne cache en rien la stricte et sinistre vérité, à savoir que t’es la propriété d’un sale type et que tu le resteras. Ya pas d’espoir pour les types comme toi, aucun avenir. Aucun mérite sinon celui de survivre et d’arriver à se regarder dans une glace de temps en temps.
T’en a un goût amer dans la gorge que même l’alcool ne dissipe pas. A trop avoir parlé, à trop t’être plongé surtout dans le regard de Raoul, ce regard si profond qu’il te bouleverse, t’as oublié de prendre tes précautions et de te préserver. T’es foutu. Tu viens de bousiller ta soirée et tu sais que tu vas la passer à ruminer du noir. Jusqu’à t’endormir, ivre de déception et de dégoût, fermer les yeux et ne les rouvrir que demain matin sur un autre jour. Demain matin, tu seras sans doute capable de remettre le masque, de redevenir ce gamin puéril que tu tâches d’être la plupart du temps pour dissimuler la misère. Mais seulement demain matin. Jusque là, tu vas devoir tenir avec la réalité comme seule compagne, froide, terrible et désagréable.
Ça t’arrive parfois, tu y échappes la plupart du temps parce que ce petit jeu dure depuis que tu as ouvert les cuisses pour ton premier client. Celui de te voiler la face, de croire à des jours meilleurs, d’espérer. Bêtement, d’espérer. Mais espérer quoi ? Tu ne lui échapperas jamais. Ton estomac se tord, tu prends une grande inspiration pour refouler la nausée qui te brûle la gorge.
Et merde. La soirée avait bien commencé.

Encore une fois, c’est Raoul qui te sort de l’engrenage, Raoul avec sa petite vie abîmée qui te permet d’oublier la tienne, trop amochée. Tu sens la douleur dans sa voix quand il parle de cette femme et de sa famille. Tu comprends qu’il a eu davantage que toi et que du coup, il a perdu bien plus que ce que toi, tu aurais pu avoir un jour. Tu ne perdras que la vie. Lui, il a perdu l’amour des siens, leur présence, leurs sourires et cette chaleur humaine indispensable à toute survie. T’en connais un rayon puisque tu vis sans depuis tes…. Cinq ans. A peu de choses près. Sans doute même avant, mais tout est si flou avant Monsieur, tout est si… dévasté dans ton esprit. T’as sans doute jamais connu de famille, c’est ton hypothèse la plus plausible : quelque part, t’es né, pas de mère, pas de père. Rien. C’est l’histoire que tu préfères parce qu’ainsi, t’as pas à te demander pourquoi ils t’ont laissé entre les mains de Monsieur sans jamais chercher à te sortir de cet enfer. C’est mieux pour tout le monde.
Lentement les mots de Raoul découlent sur l’inévitable : il a besoin de prendre la tangente, de s’enfuir pour respirer. Tu le bouscules trop, tu l’as fait exprés et tu ne pensais pas que cela fonctionnerait aussi bien, mais tu n’en es pas aussi ravi que tu l’aurais cru de prime abord. T’es même déçu : qu’il parte, qu’il te laisse, que tu ne revois plus son regard si troublant. Un regard que tu connais, t’en es sûr et certain : tu as dû le voir sur un autre visage, à une autre époque. C’est la meilleure explication.
Pourtant il arrive encore à te clouer le bec en te disant que tu as été son ange de la soirée : ça te torpille le cœur, t’entends en résonnance d’autres mots, des éclats d’un passé oublié, effacé. Ca vibre en toi, ravive quelque chose qui te met la tête à l’envers, à tel point que lorsqu’il se redresse pour partir, t’agrippes vivement son avant-bras. Le réflexe est soudain : t’arrives pas à te raisonner parce que les voix déjà s’effacent, s’estompent dans le flou désagréable de ce passé qui t’échappe. Mais l’écho reste en toi, continue de t’étourdir. Son ange. Son…. Petit monstre ?
T’es obligé de cligner des yeux pour reprendre pied avec la réalité et tu le relâches comme si tu te rendais compte de ton geste, avant de te lever à ton tour.
- J’aurais rien contre un peu d’anti-douleur, je t’avoue. L’alcool suffira pas.
C’est un prétexte, en cet instant t’es juste incapable de le laisser s’éloigner de toi. Sans comprendre pourquoi, mais sa force, t’en as encore besoin pour respirer. Juste quelques instants.
Tu le suis à l’extérieur du bar, sans réfléchir. T’as dépassé le stade de la méfiance, après tout : vous vous êtes battus ensemble et il s’est à moitié livré devant son verre. Qu’est-ce qu’il pourrait tirer de toi d’ailleurs ? Rien que d’autres ne t’aient pas déjà volé, de toute façon.
Vos pas résonnent contre les murs de la ville alors que vous vous approchez de sa voiture, que tu regardes à peine. Tu te contentes de venir t’appuyer contre elle alors qu’il l’ouvre pour aller chercher sa trousse de secours, ou Dieu seul sait quoi d’autre. Tu portes tes doigts à ta lèvre abîmée et tu pestes à mi-voix en les retirant encore tâchés de sang : ce n’est pas grand-chose mais tu sens que ça va continuer de saigner et que les explications au gars de la sécurité du Ruby vont être difficiles. Pourtant, un petit rire t’échappe, gringalet, ironique.
- J’devrais être habitué mais putain, j’pisse encore le sang comme une gonzesse. J’vais déguster la prochaine fois qu’on m’embrassera.
Tu ne le regardes même pas, t'as le regard rivé sur tes doigts encore tâchés et tu soupires.
- Dis, t'as bien un numéro, hein ? J'te harcèlerai pas, promis ! J't'appelerai même pas si tu veux pas, mais...
Tu te sens pathétique à te justifier alors tu carres un peu plus les épaules, refusant toujours de le regarder.
- C'est juste... si Ivo t'emmerde encore... On ne sait jamais.



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Sujet: Re: Juste oublier. ft Wayland ( le Mar 28 Mai - 20:21 )

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Ce gamin il te retourne les tripes. Il te met le cœur à l'envers. Et ton cerveau ne sait plus comment réfléchir. Il vient titiller des émotions que tu gardais bien cacher au fond de ton cœur depuis des années. Peut être est ce à cause de son regard qui te donne la sensation d'en voir un autre. Alors que tu sais que c'est juste un sale coup de ton imagination. Peut être est ce du au fait que le connard a la main mise sur lui. Ce qui lui donne peu de chance d'avenir voir aucune. Peut être est ce un tout qui affole ton passé comme si tu prenais une baffe géante. Ou alors c'est une infime partie de vie qui se tisse entre vous. Comme si vos cellules avaient été complémentaires ou assemblés. Dans une autre dimension. Un autre temps. Vos visages portent les stigmates d'une même lutte. Mais il te semble que toute cette histoire va au delà de cet instant de violence. Tu ne sais pas trop. Tu n'as pas vraiment envie de savoir. La peur de saisir l'insaisissable. La peur de trouver des réponses. La peur de découvrir l'horreur. La peur de trouver l'espoir. Qui serait détruit dans l'heure. En tout cas même si la situation semble complexe il y a une chose donc tu es sur. C'est que Wayland te bouscule. Éveille des douleurs secrètes. Et pas que des douleurs. Au travers d'elles il y a une infinie douceur. Un tout petit bout de ciel bleu, de paradis. Mais difficile de le sortir de la noirceur qui garde la maitrise de ce cet instant déroutant. Qui caresse la souffrance, tout en allégeant son poids. Et qui te montre surtout au travers de tes mots, combien tu as été incapable de sauver ta propre famille. Alors ta voix déraille et ton cœur se saccade. Tes pensées voudraient pouvoir s'évader bien plus loin que les murs de ce bar. Mais elles restent prisonnières de l'étau de ta vie devenue une descente en enfer. Tu sais qu'un verre de plus serait prendre des risques. Même si cela te ferait un bien fou. Tu sais que prendre la tangente t'offrirait un peu de répit. Mais Wayland ne mérite pas d'être laisser là comme un être échoué et abandonné. Tu lui dois plus. Sans comprendre pourquoi. Et tant pis si cela ne fait que rendre tes blessures plus sanglantes. Au point où tu en es, tu n'es plus à ça prés.

Alors quand ton regard s'accroche encore au sien et que tu le traites d'ange. Tu lui tends la main. Tu ne peux faire autrement. Poussé par une force puissante qui t'ébranle et t'envahit. Elle se glisse dans tes veines et la laisser sortir semble la seule issue. Après pas sur que Wayland accepte. Tu ne le forceras. Quoi que sur le coup s'il te disait non, tu trouverais une autre manière pour lui éviter le supplice d'une nuit. Parce que le connard ou ses sbires ne lui feront pas de cadeau. Et tu te sens responsable des marques qu'il porte. « J'en ai dans la voiture. » Et pas que des anti douleurs, une trousse de secours bien complète. Elle t'a souvent été secourable quand tu t'es foutu dans de sales draps pour avoir un indice de plus sur Monsieur. Alors vous sortez du bar et vous marchez en direction de la voiture. Dans ta tête c'est un peu le fracas. Trop de questions s'affrontent. Wayland pourrait avoir les réponses pour certaines. Mais tu n'as pas envie de lui poser. Tu ne veux pas qu'il décide de tourner les talons et qu'il rentre ainsi avec tous les risques que cela comportent. Tu as toujours été du genre à faire face, d'ailleurs tu avais appris à Kewan aussi, mais là baisser la garde n'est pas un signe de faiblesse. C'est juste une question de survit pour le gamin. Tu le sens détendu, enfin c'est la sensation que tu as. Ou alors il c'est fait une raison et il se dit qu'il est prêt à tout accepter. Tant que cela le maintient loin du Ruby. Une fois à ta voiture tu ouvres la boite à gant et tu sors la première trousse pour prendre les cachets. Tu lui donnes avec une bouteille d'eau encore fermée. « C'est juste de l'eau . » Faudrait pas qu'il croit que tu es un pervers qui cherche à la droguer. Vu ce qu'il voit et ce qu'il t'a dit, cette idée doit encore le taquiner. « Les filles elles adorent les mecs balafrés. » Tu lui souris sachant que c'est le genre de blessure qui va le faire chier durant un bout de temps. « Tu peux même te rincer les mains avec. » Tu as également du gel hydroalcoolique. Tu le regardes encore une fois un peu plus en détail alors qu'il te demande ton numéro, mettant cette demande sur le fait que Ivo pourrait te chercher des embrouilles. « Je vois que tu prends soin de moi. Et oui je vais te filer mon portable. D'abord faut nettoyer tes plaies. » Du coup tu attrapes la deuxième boite de soin, celle mise sous le siège passager. Elle est un peu plus complète que celle de la boite à gant. « Et tu peux me harceler tu sais .. je veux dire si toi aussi tu as des soucis avec Ivo. » Parce que tu te doutes que lui non plus Ivo ne va pas le lâcher. Sa lèvre saigne pas mal. « C'est de glace que tu aurais besoin. »

Tu réfléchis un instant parce que ton cœur se serre à l'idée de le laisser partir dans cet état. Parce que cela te fait mal d'imaginer ce qu'il va endurer par ta faute. S'il avait passé son chemin il n'en aurait pas payé le prix. Tu aurais pris plus cher mais lui s'en serait tiré sans blessures. « Et si tu venais chez moi .. juste pour te soigner mieux et te poser .. rien de plus .. et pour que cela ne fasse pas embrouille je te filerais du fric .. tu auras juste à me dire combien tu prends pour une nuit. » Pas d'hésitation dans ta voix même si tu marques des temps de pose entre tes mots. Tu ne sais pas trop comment Wayland va réagir mais il pourra se soigner, prendre une douche, manger un bout. Se reposer vraiment sans avoir la crainte de payer cher ce coup de main qui a abimé son outil de travail. Sa gueule d'ange. Même si demain il aura encore des marques. Il pourra balancer que la nuit a été torride et son amant trop gourmand. Enfin un truc dans le genre qui lui évitera peut être d'être puni ou de s'en prendre une autre. Tu ne sais pas comment le gamin va prendre cette invitation surprise. Mais tu as envie qu'il accepte. Peut être ton cœur de père qui pense sur le coup que son gamin de vingt ans aurait pu parfois rentrer la gueule en sang. Peut être par besoin de jouer ce lien tellement douloureux et qui te manque terriblement. Même si tu sais que ce gamin n'est pas le tien. « Je te jure que je n'attends rien de toi .. c'est juste que je trouve idiot que tu morfles pour moi. Et une bonne nuit loin de cet univers ne pourra pas te faire de mal. » En plus il y a de la place chez toi. Une chambre d'ami rarement utiliser. Aucune photo, pas de risque qu'il en sache plus sur toi. Il verra juste des cartons de bouteilles de vin de tous pays et de tous prix. Des bouquins sur ta passion, enfin ton métier. Tu ne laisses jamais rien trainer, tu es méticuleux et puis peu de personne ont franchi la porte de ton appartement. Quand tu as envie d'une nuit avec une femme c''est l'hôtel ou chez la belle. Donc Wayland ne pourra pas faire le lien entre le Ruby, ta quête et toi. « Alors tu es okay ? »

drvgns.




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Dernière édition par Raoul de St Ange le Jeu 30 Mai - 18:16, édité 1 fois
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Sujet: Re: Juste oublier. ft Wayland ( le Jeu 30 Mai - 1:00 )

   
Juste oublier
Tu acceptes la bouteille tendue sans rechigner : tu l’écoutes à peine quand il te rassure. Il semble inquiet à l’idée de passer pour un pervers, mais tu sais les reconnaître à force de les côtoyer. Tu sais qu’ils n’ont pas cette force tranquille en eux ni ce regard serein. Leur nervosité, même infime, est toujours palpable et détectable, surtout pour un chat échaudé comme toi. Tu connais par cœur leurs tactiques et cette façon d’agir bien à eux, comme s’ils se réjouissaient déjà du mal à venir. Un mal qu’ils faisaient naître de leurs propres mains.
Raoul n’est pas ce genre d’homme. Tu en es sûr et certain, alors tes doigts n’hésitent pas une seconde quand tu ouvres la bouteille et en bois une gorgée. Le médicament suit dans ta bouche et tu l’avales avec une nouvelle gorgée avant de soupirer, regardant devant toi dans la ruelle. Ses mots te parviennent mais tu profites de l’instant, à l’avoir encore un peu avec toi, à le sentir aussi angoissé à l’idée de passer pour un détraqué, à être aussi poli et…. Parfait ? Il y a de ça : il a une forme de perfection que tu apprécies beaucoup, celle d’un grand frère protecteur ou d’un père s’inquiétant pour sa progéniture. Il n’est ni l’un ni l’autre et tu sais que l’instant prendra fin, qu’il finira par s’éloigner de toi et t’abandonner dans ta misère crasse, alors tu te contentes de laisser les secondes filer, te régalant de leur éternité délicieuse.
Un sourire fleurit sur tes lèvres et tu hausses les épaules, légèrement amusé :
- C’est vrai que les filles aiment bien ça, les cicatrices. Elles doivent trouver ça viril de savoir qu’on peut se battre pour elles.
T’as rarement eu des clientes qui s’en enthousiasmaient cela dit, mais tu sais que les petites nanas du Ruby aiment bien que leur client se battent pour elles ou mieux, que leur homme du moment – souvent de passage, rarement fidèle – s’entiche d’elles au point d’aller chercher des noises aux clients. Ils sont vite rappelés à l’ordre par le service de sécurité, mais les sourires des filles quand elles les voient se faire embarquer ne trompent personne. T’as pas droit à ça toi, même si tu sais qu’elles t’apprécient. Mais elles ne t’aiment pas dans ce sens-là, et aucune ne l’a jamais fait.

A lui demander son numéro, t’espérais pas grand-chose. Au mieux, tu priais pour ne pas passer pour un crétin, à quémander de la sorte. T’avais trouvé une excuse bidon, sur laquelle il rebondit avec amusement et légèreté, dissipant le malaise qui s’installait en toi. Et il accepte. Tu ne t’y attendais pas vraiment alors que si tu y avais bien réfléchi, tu aurais compris qu’il ne pouvait guère faire autrement que de te le donner : tu te contentes juste de tourner ton regard vers lui, secrètement heureux de son accord. Presque rassuré même : pas à cause d’Ivo, mais pour toi, égoïstement. Il se peut que tu ne l’appelles jamais, mais t’aura son numéro dans ton téléphone pour le garder un peu avec toi, et faire perdurer son souvenir. Ça ne tient généralement qu’à ça pour toi : des rencontres que tu accumules et gardes précieusement en mémoire, les ressortant et les réchauffant pour les soirs où rien ne va.
Tu risques d’avoir besoin de regarder ce numéro les jours prochains : tu sais que tu vas encore été faire punir en rentrant au Ruby et que ce numéro te permettra de te dire que tu l’as été pour une bonne cause. Mais ça, tu n’as pas envie de le lui avouer : c’est quelque chose de le savoir, mais c’est beaucoup plus honteux d’admettre devant lui que si tu peux faire face à la bande à Ivo sans trembler, t’es incapable de t’en sortir dans ton quotidien au club.

Son regard à lui se pose sur ta lèvre et il fronce légèrement : instinctivement tu viens reposer ta main sur ta lèvre abîmée. Elle saigne encore, ces cons ne t’ont pas loupé, mais la glace est inenvisageable pour l’instant. Tu dois déjà rentrer pour ça et…
C’est à ce moment-là qu’il te sort la proposition la plus folle qu’on t’ait jamais faite ! T’écarquilles les yeux, sidéré, et tu le regardes comme s’il venait de sortir une connerie aussi grosse que lui. Tu ne te rends même pas compte que ton masque d’indifférence est tombé : t’as autre chose à penser là tout de suite, comme par exemple le fait qu’il est assez fou pour accueillir un type comme toi chez lui…. Mais qu’en plus, il est prêt à payer pour ça ! Sans te toucher ! Juste pour que tu n’aies pas d’embrouilles.
Ton cœur s’accélère, y a cet espoir fou et débile qui te serre la poitrine. A-t-il seulement idée de ce qu’il t’offre là ? La seule personne qui aurait pu être aussi folle et te proposer cela, c’était Allegra. Et Allegra, elle avait un cœur en or, alors tu ne peux que supposer qu’il en va de même pour Raoul.

Tu accuses le choc, essayes de dire quelque chose qui ne veut pas sortir de suite et donne un bégaiement atroce et informe, avant de te reprendre en déglutissant.
- Tu veux…. Vraiment que je vienne chez toi ?
Après tout, tu n’es qu’un prostitué. Un déchet de cette société, beaucoup savent te le rappeler à longueur de journée, et tu n’es pas l’invité idéal. Pendant un court instant, tu as juste envie de refuser net. Te rebeller stupidement face à cette main tendue : t’as plus l’habitude de mordre depuis le temps, faut te comprendre.

Mais il suffit que ton regard croise le sien et tu sens quelque chose se briser en toi : la voix enfantine revient, plus volontaire que jamais. Tu meurs d’envie d’aller avec lui et d’oublier le monde extérieur : il ne t’arrivera rien avec lui. Il respire la sécurité, la force et ce quelque chose de troublant que tu aperçois parfois au fond de ses yeux, mais qui n’y reste jamais assez longtemps pour que tu le reconnaisses.
- Oui, j’suis partant.
Et c’est ridicule, mais avant même qu’il retire sa proposition, t’ouvres la portière passager et tu t’engouffres dans la voiture. Refermant derrière toi, accrochant ta ceinture et attendant. Pire qu’un gamin. Mais t’es terrorisé à l’idée que tout cela ne soit qu’un rêve et qu’il vienne te prendre par le bras pour te sortir de là. Ce qui n’arrive pas.
A la place, Raoul vient prendre place derrière le volant après avoir rangé ses affaires et pendant qu’il démarre, tu lâches précipitamment :
- J’te promets de ne rien voler. T’as ma parole.
L’habitude, là aussi. Les accusations tombaient presque aussi vite que les coups.

T’as l’impression d’être un gamin, à foncer ainsi tête baissée, et t’essayes de reprendre maladroitement contenance en regardant par la fenêtre. Tu laisses ton regard vagabonder sur le paysage urbain qui défile bientôt, t’essayes d’oublier Ivo, ses possibles représailles, le Ruby, la merde de tous les jours et tes insupportables gaffes. Tu te rends compte que tu retenais ton souffle uniquement au moment où tes épaules s’affaissent un peu et où tu sens la tension diminuer enfin. Jetant un regard à Raoul, tu finis par esquisser un demi-sourire.
- T’es vraiment un chic type. Finalement, j’ai eu de la chance de tomber sur toi ce soir.




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Sujet: Re: Juste oublier. ft Wayland ( le Dim 2 Juin - 19:30 )

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Tu regardes Wayland avaler son cachet suivi de quelques gorgées d'eau. Tu ne sais pas pourquoi mais tu te sens attendri face à cette vision. Pourtant elle n'a rien de spécial, elle semble presque sortir de son contexte vu la situation qui a engendré cette sorte de rapprochement. Il y a juste les marques sur le visage du métis qui te montrent que c'est bien la réalité que tu vois là. Une triste réalité qui risque fort d’amputer son emploi. Oui avec la lèvres défoncée pas sur que le gamin est autant de sucés. Enfin cela lui donne un air que les filles devraient apprécier. Elles aiment les gueules cassées, mais cela risque de ne pas être la même chanson pour son boss. Tu ne peux t'empêcher de sourire à sa remarque qui suit la tienne. « Alors faudra pas leurs dire que tu les as eu en sauvant un pauvre mec paumé. » Tu te dis que ce genre de discussion tu aurais pu les avoir avec Kewan. Parce que vu son caractère gamin, il n'aurait pas été genre à se laisser faire ton fiston. C'était comme défendre son père il adorait jouer à ce jeu Kewan, jouer les héros pour son papa. C'était une de vos activités favorites. Il faisait même parfois la loi dans votre jardin ou celui de vos voisins les Murphy. Tu te souviens avec Ayrton son meilleur ami, même s'ils s'entendaient comme larrons en foire, ils savaient aussi se chercher des poux. Pourquoi tu penses à tout cela à cet instant ? Pourquoi ton passé te revient en pleine figure à cette vitesse ? Surement les yeux du môme. Du coup tu ne sais plus si tu dois sourire ou si tu dois juste laisser ton visage respirer cette douleur muette et sournoise. Qui vient même te caresser quand tu ne lui demandes rien.  

Tu as un instant de flottement, pas facile de gérer ton passé et encore plus face au regard de Wayland. Tu ne veux pas qu'il te juge. Tu ne veux pas qu'il se fasse une mauvaise idée de toi. Tu veux juste que le moment dure un peu plus. Parce qu'au fond il allège ton cœur de sa souffrance. Même si tu sais que comme une pommade ou un cachet, l'effet se dissipera dans peu de temps. Mais en lui donnant ton numéro, tu te dis qu'un autre moment pourrait se créer. Plus tard. Tu ne vends pas du rêve, de toute manière tu ne pourras surement jamais lui offrir le sien. Le seul moyen de le sortir du Ruby serait de faire tomber Monsieur. Mais ensuite que lui arriverait-il à Wayland ? Là il a un toit, un boulot, un semblant de famille. Toi tu as moins que lui au final. Même si ton existence doit être plus rose que la sienne. Tu réfléchis trop Raoul. Arrête de penser à ce gosse que tu ne pourras pas sauver. N'oublies pas que tu n'as pas pu sauver le tien. Alors celui d'un autre !! Mais il y a sa gueule en sang, et ce qui pourrait l'attendre en rentrant dans cet état. L'idée que le connard puisse lui faire du mal, te donne la nausée. Et chez toi il y a de la place. Et puis tu pourras veiller sur lui. Comme le ferait un père sur son enfant. A part que tu n'es rien pour lui. Mais il a ce besoin à cet instant qui s'impose comme une évidence, égayant ton pauvre cœur blessé. Et tu lui proposes un toit pour la nuit. Ton toit. Tu as presque peur d'entendre sa réponse. D'entendre un non. Wayland hésite et toi tu es suspendu à ses lèvres qui saignent. Ton cœur s'emballe même sous son bégaiement qui montre sa surprise. « Bien sur sinon je ne l'aurais pas proposé. »

Tu poses ton regard sur lui. Un regard qui se veut rassurant. Parce que même si Wayland accepte tu te doutes que dans sa tête il va y avoir une lutte acharnée entre le fait qu'il aurait du rentrer direct au Ruby et le fait de profiter d'une nuit loin de ce lieu maudit. Tu connais ce combat complexe et douloureux qui parfois te fait perdre pieds. Mais là tu es sur de toi. Sur que ce gamin il mérite un peu ton attention. Au moins durant quelques heures. Tu n'as jamais refusé une main tendue, même si il n'a pas spécialement tendu la sienne. Tu sais qu'il aurait pu le faire. Et en un rien de temps il ouvre la portière passager et prend place dans ta voiture. Tu soupires et reprends contenance avant de prendre place sur le siège du conducteur. Ce gamin il te chamboule bien plus que tu ne le voudrais. Il a quelque chose en lui qui te donne envie de le protéger. Cela ne rachètera pas ta faute, et la mort de ton fils qu'une certaine façon tu as causé. Pour le première fois de ta vie tu te dis que tu aurais du laisser filer le petit frère du connard. Tu aurais pu voir ton fils grandir, voir ta fille naitre. Partager des moments forts avec ta famille. Voilà que pour combler ce vide tu cherches un substitut. Un gamin au fond encore plus paumé que toi. « Je n'ai aucun doute là dessus Way. Je suis sur que tu es un mec bien. C'est juste la vie qui t'a mis une putain de baffe. » Tu ne connais pas encore son histoire, tu ne sais pas comment il a fini par atterrir dans ce lieu sordide. Tu ne le sauras pas ce soir, mais tu espères que ce contact va t'ouvrir une porte. Pas spécialement pour coincer le connard du Ruby. Juste parce que tu as envie de revoir le gamin. D'ailleurs tu lui jettes un coup d’œil alors que tu t'engages dans les rues qui vous éloignent de ce coin qui craint. Et vos regards se croisent. Un sourire plus large se dessine sur tes lèvres. « Et tu es un chouette môme. Moi aussi j'ai eu de la chance de tomber sur toi ce soir. Je te dois vraiment une fière chandelle. Cette nuit remboursera un peu ma dette. » Pour toi c'est une goutte d'eau dans un océan ton geste. Mais tu sais que pour Wayland c'est une citerne bien pleine dans son océan. « Au fait tu aimes quoi dans la vie ? La bonne cuisine ? Parce que je ne sais pas pour toi mais moi toute cette histoire m'a ouvert l'appétit. Et il me reste une bonne part de lasagne maison avec de la mousse au chocolat. Cela te tentera ? » Vu ce que vous avez bu il ne vaut mieux pas que vous vous couchiez le ventre vide. Et puis manger c'est bon pour le moral. Tout comme une bonne douche ou un bon lit.

Et vous arrivez rapidement dans le quartier Spagnoli, tu gares ta voiture. Le bien c'est que tu vis dans un quartier assez indépendant du coup pas trop de voisinage. Pas le risque que le gamin se fasse repérer et qu'il soit ensuite ennuyé, parce que oui sur le coup tu penses d'abord à lui avant de penser à ta réputation ou aux questions qu'on pourrait te poser. « Voilà on est arrivé. Appartement 21. Je t'avertis ce n'est pas le grand luxe mais c'est suffisant pour se sentir bien. » Tu récupères tes affaires dans la voiture, tu la fermes et tu ouvres la marche. Avant d'ouvrir la porte de ton appartement. Une entrée qui donne sur une grande pièce ouverte ou se trouve le salon, le coin repas et la cuisine américaine.Le tout est meublé simplement mais avec gout. Une baie vitrée avec un balcon offre une belle vue sur la ville. Plus loin en suivant le couloir il y a quatre portes, d'un côté ta chambre avec la salle de bain à côté, et de l'autre un wc et la chambre d'ami avec douche. Ainsi le gamin aura toute sa tranquillité une fois coucher. Tu poses tes affaires sur le canapé. « Bienvenue chez moi. » Tu as rarement du monde chez toi, tu vois plus facilement les gens chez eux, alors Wayland trouvera peut être l'endroit impersonnel. Mais les photos trop peu pour toi, elles ne feraient que remuer des souvenirs. Quelques tableaux pour que les murs blancs ne fassent pas hôpital.  « Mets-toi à ton aise. Tu veux qu'on s'occupe en premier de tes blessures ? Ou tu veux prendre une douche ? A part qu'on mange en premier. » Vas-y doucement Raoul tu vas l'affoler. Mais la présence de ce gamin chez toi, te bouscule et te fais aussi sentir plus vivant. Tout en te faisant peur. Mais peur de quoi ? Tu l'ignores. Et tu verras plus tard. Là profite du moment.

drvgns.




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Sujet: Re: Juste oublier. ft Wayland ( le Lun 10 Juin - 20:39 )

   
Juste oublier
Ce genre d’offres, tu ne t’y fiais jamais. Alors t’y crois pas, t’as du mal à faire confiance, instinct de survie qui s’est développé avec le temps. Il t’offre beaucoup trop contre trois fois rien : tu lui as juste filé un coup de pouce, rien d’autre. T’aurais pu faire bien plus mais tu t’es contenté de frapper dans le tas pour le sortir de la merde et lui permettre de filer de là sans trop de casse. Dans ton monde, ce n’est pas grand-chose, même s’il est vrai que généralement, l’égoïsme général conduit à donner encore moins. Mais ça ne valait peut-être pas qu’il te propose de dormir chez lui et mieux que cela, de te payer pour la nuit sans que tu aies à coucher avec lui !
Alors tu fonces dans sa bagnole, tu t’y réfugies et t’attends qu’il tienne parole. Et quand il y entre à son tour sans chercher à t’en faire sortir, t’arrives pas à retenir ton soupir de soulagement : ça fait un bien fou de te dire que pour une fois, pour une nuit, tu vas pouvoir souffler loin des emmerdes. Peu importe que ta lèvre saigne, que tu aies récolté quelques bleus et que tu te sentes aussi sens dessus-dessous avec cet homme-là. Tu sais que cela vaudra largement toutes ces heures de repos qu’il t’offre sans contrepartie. T’as beau te méfier, tu sens qu’il te dit la vérité sur ce coup-là : il n’attend rien de toi en retour et si c’est assez stupéfiant, c’est drôlement agréable. Une fois n’était pas coutume, disait-on.
Il démarre le contact et tu te laisses aller sur le siège, prenant tes aises doucement et en toute discrétion. T’essayes de te faire petit, ce qui n’est vraiment pas dans tes habitudes, mais là cela sort trop de ta zone de confort pour que tu saches comment réagir. Il te déroute ce mec, il t’en fait perdre tes repères : pas de la mauvaise manière, parce que cela n’a rien de sexuel ou un quelconque rapport avec une attirance. Mais il y a quelque chose chez lui qui de désoriente : le fait que tu n’arrives pas à mettre la main dessus est encore plus compliqué. C’est dans son regard, dans sa façon de parler, même si l’amertume que tu entends poindre parfois dans son ton a quelque chose de poignant. Il te touche, mais sans que tu comprennes pourquoi : t’as eu tellement de clients paumés qui finissaient par chialer entre tes bras que t’aurais dû être rôdé aux émotions, mais dans son cas, c’est différent. Il arrive vraiment à te toucher, comme aucun autre avant lui.

Et ça n’a aucun sens, et ça ne rime à rien, et ça t’agace prodigieusement.
A tel point qu’il te faut un temps avant de lui répondre : t’as un peu de mal à l’entendre d’ailleurs et tu captes ses questions au dernier moment, celui où ton silence commençait à devenir un peu lourd.
- J’dis jamais non à des lasagnes maison, ni à de la mousse au chocolat…
Et tu souris comme un con, comme un gamin, à la seule idée de pouvoir manger du chocolat. En plus de tout ce qu’il t’offre si généreusement. T’as à nouveau cinq ans, à lui sourire dans cette voiture. Tu n’arrives même plus à sentir que cela ne rime à rien, que tu dois avoir l’air ridicule et qu’il t’embrouille avec sa nourriture… Tu profites juste de l’instant, pour la première fois depuis une éternité.
Tu t’enfonces un peu plus dans le siège passager et regardes la route défiler. Tu regardes cette ville que tu connais et que tu as appris à aimer, à détester, à salir et à admirer. Tu vois ses passants sans les regarder, profitant juste du moment, de cette sécurité à être à ses côtés. Comme tu aurais pu l’être si tu avais eu une vraie famille qui pensait à toi avant de penser au fric. Il y a quelque chose de magique à te dire que tu vas dévorer un bon repas puis dormir dans un lit sain…

Quand la voiture s’arrête, tu soupires de déception : tu serais bien resté là encore un peu, à te reposer de tes émotions mais déjà il sort, et tu le suis. Tu regardes son immeuble avec attention, essayant d’en capter tous les détails : tu ne devrais pas revenir ici, cela pourrait lui nuire ou être dangereux pour toi, mais tu t’imprègnes pourtant de tout ce dont tu dois te souvenir pour le retrouver. C’est plus fort que toi.

Les escaliers sont normaux, les cages aussi. Cet appartement est strictement banal, tu en as vu des centaines du même genre… Et pourtant ton cœur s’emballe, à le voir lui évoluer au milieu des meubles et te demander ce que tu veux faire. T’en secoue la tête comme si tu avais mal compris avant de sourire. Bêtement. Il te manque quelques neurones depuis que tu l’as rencontré, et tu as la nette impression que de te laisser aller en sa présence te perdra, mais tu n’arrives pas à t’en empêcher.
T’as pas besoin de répondre : d’un mouvement souple, tu jettes ta veste à terre et tu ôtes ton t-shirt. C’est naturel, tu te sens trop en confiance pour te méfier, et tu regardes un hématome qui est en train de se former sur le côté de ta hanche.
- Si t’as de l’arnica ou de la pommade, j’aurais rien contre.
Tu ne voudrais pas salir et coller du sang un peu partout, alors tu vas déjà soigner tout ça. Te rendre présentable.
Tel un chat de gouttière se sentant partout chez lui, tu te diriges vers sa cuisine en passant à côté de lui : sa haute stature ne t’impressionne pas. Elle te rassure. Tu le dépasses et viens ouvrir son frigo, toujours à moitié nu. T’envahis l’espace, t’as toujours été ainsi.
- Et j’veux bien des lasagnes promises ! Tu sais vraiment faire ça ? Moi et la cuisine, ça fait deux.
T’aperçois une bouteille de vin et tu la sors, lisant l’étiquette sans rien y connaître.
- On se boit ça avec ? Ça a l’air bon et l’étiquette est en français, ça veut dire que doit se boire tout seul, non ?



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Raoul de St AngeLe vin est un puissant lubrifiant social
Raoul de St Ange
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Sujet: Re: Juste oublier. ft Wayland ( le Jeu 13 Juin - 11:53 )

near danger to feel alive.
wayland & raoul
Ta proposition d'héberger Wayland pour la nuit, te vient naturellement et spontanément. Tu sais que cette idée va lui sembler bizarre, comme sortie du contexte. Alors tu le rassures pour qu'il n'y ait pas de quiproquo entre vous. Tu n'attends rien de lui, surtout pas de sexe. C'est un gamin. Du réconfort peut être, mais lui en surement besoin plus que toi. Puis une petite voix dans ton cœur, te dis que ce serait malsain, du moins pour le sexe. Tu le mets sur le compte que de toute manière les mecs ce n'est pas ton truc. Et puis pourquoi chercher à comprendre ce qui te vient naturellement. Comme si tu voulais le protéger de ce qui l'attend. Tu sais que tu repousses juste l'échéance, mais au moins Wayland aura le temps de se détendre avant de sentir à nouveau pieds et poings liés. Comme cette pensée te révulse, te donne la nausée, l'imaginer souffrir te serre le cœur. Mais tu chasses toutes ces images très vite, et tu te concentres sur l'instant présent. Tu t'y accroches même quand tu le vois foncer dans ta voiture. Quand tu vois son sourire lumineux alors que sa lèvre doit lui faire un mal de chien. Et son regard. Pourquoi il vient titiller ton âme comme un appel à l'aide ? Qu'est ce que tu loupes ? Qu'est ce que tu ne saisis pas ? Qui semble si criant en cet instant. Même Wayland ne semble pas s'en apercevoir. Tu réfléchis trop Raoul, cela finira pas te perdre. Et tu commences à parler comme tu le ferais si ce gamin tu le connaissais depuis un bail. Il y a des flash de ton passé qui viennent te harceler. Et sur lequel il rebondit sans que tu ne fasses attention. Il y a ce lien tissé il y a fort longtemps, brisé par un drame, qui d'un coup refait surface. Et qui t'impacte comme si une météorite venait de te tomber sur la tête. Reste cool. Ne cherche pas plus loin. Ne t'imagine rien.

Tu lui proposes même de se restaurer, des lasagnes maison et une mousse au chocolat. Kewan adorait quand tu préparais les lasagnes. Il venait te donner un coup de main à faire la pâte et cela finissait souvent en partie de jeu de farine. Et Maeva qui rigolait, disant qu'elle avait deux enfants au lieu d'un. Tu entends encore l'écho de leur voix, de leurs rires. Et tu retiens tes larmes cherchant à partir ailleurs quand il te répond qu'on ne dit jamais non à ce genre de plat. Tu marques un silence bousculé par cette phrase et son intonation. Tu es con Nolan, parce que là oui c'est Nolan qui revient en force. Et tu pars sur autre chose. Tout en le regardant de temps à autre. La gorge serrée, le cœur noué et l'âme en peine. Il te met à nu ce gamin, vient accéder à des moments de bonheur sans rien dire. Il les frôle dans sa façon d'être. Dans son sourire. Dans son regard et toi tu hurles intérieurement tellement cela te fait mal. Reprends toi Raoul. Et dans ta tête tu gueules. Ta gueule Nolan. Ce n'est pas Kewan. Arrête de rêver. C'est encore plus douloureux.

Et les derniers kilomètres se passent tranquille, tu te gares et en quelques pas vous êtes chez toi. Tu le mets à son aise. Tu poses tes affaires. Et quand tu regardes Wayland. Tu as la sensation de voir un autre gosse, comme la facette d'une autre pièce. Ses craintes semblent disparaître alors qu'il jette sa veste au sol et qu'il ôte son tee-shirt. Sa manière de faire te fait sourire, cette désinvolture presque attachante. « J'ai tout ce qu'il faut dans ma salle de bain. Je suis quelqu'un de prévoyant et puis comme je te l'ai dis je boxe. » Et tu ne boxes pas que dans une salle, la preuve en direct ce soir. Tu le laisses faire. Tu le laisses dompter ton environnement. Wayland semble comme un être perdu qui cherche ses repères, des odeurs familières. Il se faufile vers le frigo t’interrogeant sur tes talents culinaires. « Oui je sais faire les lasagnes .. » Tu en fais toujours trop malgré le temps qui passe, tu as du mal à doser et tu oublies que tu es seul. Toujours seul. « Et pas que ça j'adore cuisiner .. » C'est un talent que tu mettais souvent en pratique pour les repas en famille ou pour faire plaisir à ta défunte femme. « Et ce n'est pas compliqué quand on a la bonne recette .. Je t'apprendrais si tu veux. » Comme tu aurais aimé pouvoir finir de l'apprendre à ton fils. Puis le gamin sort une bouteille de rosé du frigo. Un Château Vannières de 2017 que tu n'as pas encore ouvert. « C'est un Bandol un vin de Provence, il est classé 7ème dans le palmarès de Bacchus 2019. Très bon vin et en effet il se boit tout seul. Comme un verre de petit lait. » Toute cette scène te fait chaud au cœur, toi qui vis en solitaire depuis des année. Toi qui ne vois que les gens passaient sans plus t'y accrocher. Tu refuses même de relaisser sa chance à des amitiés perdues. « Sors s'il te plait le plat de lasagnes comme tu es au frigo et je vais te chercher pour penser tes plaies, et pour te nettoyer. » Tu te laves les mains, puis tu le laisses quelques minutes pour aller récupérer le nécessaire dans ta salle de bain. Tu prends aussi un tee-shirt propre, un qui t'est trop petit. « Pendant que les lasagnes chauffent on va s'occuper de tes blessures. » Tu mets les lasagnes au four. « Viens je te montre où tu vas dormir et pouvoir te rafraichir. » Vous partez vers le couloir, tu ouvres la porte de la chambre d'ami qui n'a jamais servi. Tu entres et tu poses le tout sur le lit. « Je t'ai mis un tee-shirt et tu as tout le nécessaire pour te laver et te soigner. N'hésite pas si tu as besoin de quoi que se soit ou d'un coup de main. Je vais m'occuper de la table. » Tu sors, passes par ta chambre pour te nettoyer et mettre un polo propre. Tu te doucheras plus tard. Et tu retournes à la cuisine pour tout préparer. La table, le sceau à glaçon pour poser la bouteille afin qu'elle reste fraiche, une salade verte pour accompagner les lasagnes qui sont presque chaud. « Way c'est prêt si tu veux manger. » Tu n'as plus qu'à attendre le gamin. Putain que ce côté paternel t'avait manqué. Enfin fais gaffe quand même parce que Wayland n'est pas Kewan. Et cette phrase tourne en boucle dans ta tête en attendant le métis. Pourtant elle semble parfois sonner faux. Connerie d'esprit blessé.

drvgns.




Le cœur qui perd pied. La raison qui s'affole. Les tripes qui se tordent.
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Wayland CollinsLa jeunesse dorée et éclatante
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Sujet: Re: Juste oublier. ft Wayland ( le Dim 16 Juin - 21:48 )

   
Juste oublier
T’envahis l’espace, tu t’imposes, virevoltant dans sa cuisine comme si c’était chez toi. Pas par peur ou besoin de combler le silence, mais parce que t’es comme ça : autant tu sais faire profil bas au Ruby pour éviter les ennuis, autant tu aimes t’épanouir chez les autres. Ne pas leur laisser le temps de s’habituer à ta présence et leur rappeler constamment que tu existais.
Lui il t’accepte, sans broncher, sans rien dire. Mieux, il répond à tes questions, te présente le vin, souligne sa qualité et te propose de le boire ensemble. Il t’accepte chez lui comme si tu étais de sa famille et ça te réchauffe soudain le cœur, cet élan de générosité passif qui se tisse entre vous deux. Comme si tout cela était naturel, comme si vous aviez déjà vécu ensemble autrefois – dans une autre vie – et que vous ne faisiez que retrouver les bonnes vieilles habitudes. T’adores ça, c’en est désespérant parce que c’est ce que tu as toujours voulu, mais t’acceptes ce petit instant de complicité avec lui : ça ne durera qu’une nuit et demain, il est fort peu probable que tu le revois. Mais t’en profites autant que tu peux en cet instant.
Puis il t’emmène dans la chambre d’amis, trousse de soin en main et t-shirt sous le bras : il a tout prévu, comme s’il accueillait des types comme toi tous les jours, et cela t’arrache un sourire amusé. Il semble paré à tout – peut-être pas à toi, mais ça il le découvrira en temps voulu. Tu prends le t-shirt et la trousse sans trop y croire, un peu désemparé devant tant de gentillesse gratuite et tu hoches la tête :
- D’accord. Merci.
Tu ne sais pas quoi dire d’autre…. « T’es le meilleur » ? « Y en a d’autres des comme toi » ?
Ce serait idiot. Mais c’est ce que ta tête meurt d’envie de lui hurler quand ton cœur, lui, se berce doucement de tant d’attentions. Puis il s’esquive, t’abandonnant dans ce luxe bienvenu, alors tu t’exécutes. Tes vêtements tombent, tu t’occupes d’abord de tes blessures – dont quelques hématomes qui n’ont rien de joli mais disparaîtront vite – et tu files ensuite te rafraîchir. C’est un mot d’adulte ça, « rafraîchir », parce que y a rien d’usé ou de défraîchi en toi, mais tu comprends : il veut te mettre à l’aise, te donner cette impression de ne pas être qu’une pute ici, et ça te fait du bien de te sentir un minimum considéré. Alors tes gestes s’apaisent, tu prends soin de toi et finis par enfiler son t–shirt au-dessus de ton jean : il est trop grand, tu nages un peu dedans mais au moins, t’es décent. Tu fourres ton ancien t-shirt en boule sur le lit – une vieille habitude que tu as depuis toujours – et tu sors de la chambre.
Rafraîchi.
Nouvel homme et pourtant toujours cet âne bâté qui lui décoches un grand sourire en arrivant dans la cuisine où les odeurs flottent, miraculeuses. Cela sent terriblement bon et tu regardes la table dressée avec des yeux pétillants.
- Purée, t’as mis les petits plats dans les grands !
C’est qu’une salade et un seau à glaçons pourtant, mais pour toi, c’est le grand luxe. Les clients ont droit à autant – voire plus – au Ruby, mais pas toi. Pas les employés qui restent cantonnés à l’ordinaire.
Tu viens t’asseoir sur une des chaises, faisant face à une assiette e tu tends ton verre en souriant : on te donnerait le Bon Dieu sans confession, mais tu n’es qu’un ivrogne qui quémande gracieusement sa dose. Et pour noyer le poisson, t’entames la conversation, l’air de rien :
- C’est super sympa chez toi dis donc. T’y vis seul ? Y a de quoi loger au moins 4 personnes ici ! T’as jamais pensé à y installer une petite femme et lui pondre quelques mômes ?
Tu souris en regardant ton verre se remplir avant de le porter à tes lèvres, buvant cette première gorgée sans vraiment prendre le temps de jouer au fin connaisseur. Effectivement ça se boit comme du petit lait.
- Tu serais un papa fantastique, crois-moi ! Et les mômes, c’est pas aussi chiant qu’on veut te le faire croire.
Du moins, c’est ce que tu penses. Tu ne sais pas si tu étais un chiant étant enfant, parce que t’avais pas le droit d’être grand-chose en réalité. Et t’ignores tout des enfants, pourtant tu sais que Raoul serait un excellent père, cela saute aux yeux.
- Enfin bon…
Tu meubles vraiment la conversation, t’occupes pleinement l’espace à ta manière : c’est ta façon à toi d’exister. Et ton verre se porte de nouveau à tes lèvres, tu bois une autre gorgée rafraîchissante avant de jeter un œil intéressé aux lasagnes.



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Sujet: Re: Juste oublier. ft Wayland ( le )
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