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- time to face reality (ft constello) -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Autour de Naples :: Autres quartiers
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Salvatore Valentino10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
Salvatore Valentino
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Sujet: time to face reality (ft constello) ( le Jeu 30 Mai - 23:29 )
Salvatore était allongé dans le petit canapé mis à sa disposition dans sa caravane, le bras calé derrière la tête pour aider à la soutenir et lui permettre de relire pour la énième fois les scènes qu’il devait tourner aujourd’hui. Si tout se passait bien, aujourd’hui était le dernier jour du tournage. Une partie de lui en était soulagé, les derniers mois avaient été difficiles et éreintants. Il fallait dire que le scénario était particulièrement demandant, s’il n’avait pas eu la chance d’avoir Constello comme partenaire à l’écran, il était sûr que ça aurait été encore pire. D’ailleurs, c’était justement à cause de son ami que le sentiment qui régnait malgré tout majoritairement dans son coeur depuis ce matin était l’amertume. Ce n’était pas la première fois qu’il tournait avec le jeune homme et ce n’était pas non plus la première fois qu’il se rendait compte que c’était dur de terminer un tournage quand ils étaient ensemble. Ils étaient complices et malgré la difficulté de certaines journées, ils réussissaient toujours à passer de bons moments ensemble. Bien sûr, ce tournage ci avait été encore plus particulier avec la vidéo de Constello qui avait été publiée et le fait qu’ils jouaient un couple homosexuel dans le film. Il avait déjà entendu des rumeurs – justifiées – sur lui et Constello avant ça, mais maintenant que son ami avait plus ou moins été poussée en dehors du placard, c’était encore pire. Les extras, le réalisateur, les producteurs et toute la troupe avaient passé les derniers jours à leur jeter des regards en biais et même si cette attitude n’avait pas franchement affecté Salvatore, il savait que ce n’était pas le cas de Constello. Cela faisait plus de dix ans qu’il leur arrivait régulièrement de coucher ensemble et il savait pertinemment que l’acteur n’avait pas voulu que ses penchants sexuels soient mis en lumière comme ça.

Il se frotta lentement les yeux, essayant de se reconcentrer sur son script tout en sachant que c’était inutile. Il le connaissait par coeur et même si la scène serait difficile à tourner, il était confiant qu’ils feraient du bon boulot ensemble. Comme d’habitude. Il se redressa, s’étira longuement et attrapa une bouteille d’eau avant de sortir de sa caravane. Il prit aussitôt la direction de celle de Constello. Plusieurs personnes le saluèrent sur le chemin et il se contenta de hocher poliment la tête, n’étant pas particulièrement d’humeur à bavarder sans raison. Il sentit encore le regard de plusieurs personnes sur lui et les ignora, comme toujours. A quoi bon leur prêter attention ? Il croisa aussi le réalisateur qui lui demanda s’ils étaient tous les deux prêts, lui faisant comprendre que le reste des personnes travaillant sur le tournage n’attendaient plus qu’eux pour commencer. « J’allais le chercher, on ne devrait pas tarder. » Le rassura-t-il avant de poursuivre son chemin. Il ne tarda effectivement pas à arriver devant la caravane de son collègue et frappa à la porte. « Constello ? C’est moi. » Déclara-t-il assez fort pour être entendu à travers la porte, avant de pénétrer à l’intérieur. Il referma la porte derrière lui, ne sachant pas si son ami avait fini de se préparer ou non. « Tu es prêt ? Ils nous attendent. » Expliqua-t-il tout en regardant autour de lui, par curiosité autant que par habitude. Il ne put réprimer un petit sourire en coin, ce n’était pas comme si c’était la première fois qu’il venait ici. Ils avaient passé des soirées… mémorables ici depuis que le tournage avait commencé. Plus depuis « l’incident » bien sûr, Salvatore avait préféré lui laisser un peu d’espace et n’avait pas voulu aggraver les choses en risquant que d’autres photos ou vidéos leakent depuis le set. Il espérait d’ailleurs qu’ils auraient l’occasion de discuter réellement de tout ça avant de se quitter ce soir.
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Sujet: Re: time to face reality (ft constello) ( le Lun 3 Juin - 1:07 )
Je n’aurais pas du prendre ce script dans mes mains quand mon agent me l’avait tendu. Non mais jouer un homosexuel dans ce genre de circonstances, ce n’était clairement pas une bonne idée. Mais le script était extraordinaire et Salvatore l’avait également reçu. Je n’avais pas vraiment résisté longtemps avant de l’ouvrir pour le dévorer d’une traite. En le refermant, j’avais su, tout simplement, que je devais être de la distribution. Il y avait cette sensibilité, cette délicatesse dans l’écriture qui en faisait les bons films. J’avais eu le contrat peu après que mes rencontres avec mon psychologue avaient commencé à donner quelque chose, quelques semaines avant que j’éclate devant ma femme – comme une bombe à retardement exigeant un divorce et mon droit de sortir du placard.

Et voilà que quatre mois de tournage tiraient à leur fin aujourd’hui. Deux semaines s’étaient écoulés depuis que mon univers s’était complètement écroulé : c’était de ma faute. Enivré dans un club gay avec une partie de l’équipe de tournage, je n’avais pas su retenir… tout. La bête qui vivait au creux de mon ventre, mes mains et ma langue. Mon dévoué s’était jeté sur un assistant à la réalisation, Luca… qui avait un peu moins que l’âge de ma fille en plus. Je pouvais peut-être m’estimer heureux que Salvatore n’avait pas pu sortir avec nous ce soir-là. Parce que l’apocalypse aurait sans doute été pire.

Même si je doutais que ça pourrait personnellement être pire comme fin du monde. Ah ! Mon agent, mes amis et même ma (future ex-)femme n’hésitaient pas à me dire que la situation était plus ou moins sous contrôle, je ne pouvais pas vraiment m’empêcher de ressentir une sourde colère à voir des paparazzis tournés autour de ma maison, du plateau ou pire encore de la résidence de ma fille. On s’entend que j’aurais bien fini par sortir du placard parce que d’y être enfermé était lentement mais surement en train de me tuer…

Sauf que les deux dernières semaines de tournage avaient été l’enfer. Entre les membres de l’équipe de tournage qui me regardait de côté en s’échangeant des ragots pensant bien que je ne les entendais pas. Déjà que les fins de tournage avaient un don sérieux pour me mettre sur les dents, que je ressentais un besoin viscéral d’éviter Salvatore et Luca entre les prises. Pendant la mise en place du set pour la journée, je m’étais réfugié dans le fond de ma caravane en tournant en rond comme un lion en cage parce que je l’avais clairement entendu le murmure. Des larmes de rage se retenait péniblement de couler sur mes joues alors que mon texte à la main, je révisais la dernière scène.

Ce n’était pas comme s’il n’y avait jamais eu de putain de rumeur dans le milieu sur mon homosexualité. Ils faisaient quoi les gens à jouer les vierges offensées parce que j’avais juste été pris dans ce que l’on me soupçonnait de faire depuis des années. Rageur entre deux répliques pratiquement sifflées, je lançais mon texte dans les airs, regrettant presque automatiquement mon geste.

J’entendis à peine le fait que l’on toque à la porte et je me retournais pour me retrouver nez  à nez face à… « Salvatore ». Ma voix n’était qu’un murmure blanc. Vide de toute émotion. Je croisais pendant un bref instant ses yeux noisettes qui parcouraient ce qui avait été mon milieu de vie pendant les quatre mois du tournage. L’endroit dans lequel nous nous étions retrouvés. Sa barbe grisonnante ne réussissait pas à cacher ce petit sourire en coin en regardant le la pièce dans laquelle nous nous étions retrouvé ensemble – comme c’était toujours le cas quand nous collaborions ensemble. Et normalement, ce petit sourire m’aurait fait fondre comme un idiot. Malgré le fait qu’ils nous attendaient… qu’ils m’attendaient. Mais là, je n’en avais pas envie : il avait respecté ma bulle, mon intimité dans les deux dernières semaines. Et il s’était introduit dans ma bulle même si c’était avec une bonne intention. Mon ton fut plus sec que je ne le voulais. « Peux-tu prendre ton sourire et t'étouffer avec ? » m’entendis-je gronder.

En me penchant pour ramasser mon texte même si je n’en avais pas besoin, je le connaissais par cœur le script, je sentis mes yeux se remplir de larmes encore un peu plus. Je ne voulais pas que ça se termine. « Je… Je vais être prêt dans deux minutes. » murmurais-je en sentant ma voix trembler. Je n’allais pas pleurer maintenant et surtout pas devant lui. Ce n’était pas vrai que la pression que je ressentais à l’extérieur allait sortir de nouveau d’un coup sec devant lui. J’allais attendre la fin du tournage pour m’autoriser l’explosion que l’alcool avait pu contrôler le jour que Licia avait décidé de m’exposer pour l’homme que j’étais vraiment au fond.



   
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Sujet: Re: time to face reality (ft constello) ( le Mer 5 Juin - 13:38 )
Salvatore s’était bien sûr attendu à ce que Constello ne soit pas dans son meilleur jour, mais peut-être pas à ce point là. Il se mordilla la lèvre en l’entendant grogner et fit une note mentale que son ami n’était définitivement pas de bonne humeur et qu’il n’allait pas trop falloir le titiller pendant leur dernier jour de tournage. Il perdit d’ailleurs aussitôt son sourire en comprenant ça. L’acteur avait de quoi être bouleversé et ça, Salvatore en avait très bien conscience, même si pour lui tout ça était loin derrière lui, il n’avait plus eu à se cacher depuis des années et il pensait sincèrement que toute cette histoire finirait par rendre enfin Constello heureux. Mais voilà, son collègue allait devoir en baver pendant encore un moment avant d’avoir le recul nécessaire pour voir tout ça. Sans compter qu’il attirait encore toute l’attention, l’histoire était fraîche et les gens adoraient un bon vieux scandale. Celui-ci avait particulièrement de quoi faire jaser. En plus de ça, Constello n’avait pas choisi de faire son coming-out contrairement à lui, et ça, ça changeait pas mal de choses. Il avait été là quand son ami était au plus bas et il pensait qu’au fond de lui, Constello savait pertinemment qu’il ne pourrait pas rester au fond du placard indéfiniment, mais de se voir pousser dehors comme ça sans avoir son mot à dire, sans être complètement prêt, ça devait être difficile à vivre. Salvatore commença en tout cas à regretter sa venue quand il entendit le léger tremblement dans la voix de son ami. Il ne savait pas trop quoi dire, et il avait soudainement pris conscience que Constello aurait probablement préféré être seul encore un moment. Mais voilà, le travail n’attendait pas et il allait falloir que l’acteur se reprenne en main, ne serait-ce que pour aujourd’hui. Il détourna les yeux pour éviter de croiser son regard, il sentait bien que Constello était ému et il n’avait probablement pas envie que son ami s’en rende compte. Il ne voulait pas l’embarrasser.

“Je t’attends dehors.” Lança-t-il d’un ton déjà nettement moins gai que tout à l’heure. Il regretta en plus aussitôt d’avoir dit ça. Constello avait probablement envie d’être seul mais Salvatore ne pouvait pas s’empêcher de se sentir coupable. Ils étaient amis malgré tout et il avait l’impression qu’il aurait du faire quelque chose. Le problème, c’était qu’il ne savait pas vraiment quoi. Constello pouvait se montrer très fier parfois et il savait pertinemment qu’il risquait plus de se braquer qu’autre chose si Salvatore essayait d’amener le sujet sur le tapis. Il resta donc au même endroit pendant quelques secondes, hésitant sur la marche à suivre. Qu’avait-il à offrir à son ami en ce moment qui pourrait lui rendre les choses plus faciles ? Il n’en savait rien, et il n’avait jamais été très bon en matière de réconfort. Il émit un léger grognement, frustré de ne pas savoir quoi faire et las de devoir tourner autour du pot et ignorer l’éléphant dans la pièce. Il finit par laisser sa franchise parler. “Quand tu seras prêt à en parler, viens me voir. Mais tu ne vas pas pouvoir éviter tout le monde comme ça éternellement.” Sans s’être énervé ou avoir parlé sèchement, il aurait aimé que son ton soit un peu plus doux. Il n’avait pas pris la peine de préciser de quoi il parlait, les deux hommes avaient tous les deux très bien compris. Il hocha la tête, comme pour se convaincre qu’il avait bien fait de dire quelque chose, même si au fond il n’en était pas franchement sûr, avant de faire demi-tour et de se diriger vers la sortie de la caravane. Il ouvrit la porte et lança un regard à son collègue. “Dis-toi que c’est le dernier jour.” Il ajouta un maigre sourire, qu’il voulait réconfortant, à ses propos, mais il savait pertinemment que son calvaire ne finirait pas avec le tournage. Au moins, une fois la journée terminée, il pourrait aller s'enfermer chez lui pendant aussi longtemps qu'il le souhaitait. Il détourna les yeux et descendit les marches pour sortir finalement.
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Sujet: Re: time to face reality (ft constello) ( le Mer 5 Juin - 16:34 )
Je ne me rappelais pas d’une seule fois où ma tempête intérieur avait ragé avec autant de colère. Je ne suis pas une personne colérique. Pourtant, j’avais l’impression qu’en me forçant à sortir du placard de la sorte, on m’avait profondément bousculé. Je n’étais qu’en réaction depuis deux semaines. Une explosion nucléaire contenue de peine et de misère pour ne pas sauter un câble. La colère me semblait nécessaire pour que je puisse retenir mon envie de pleurer. J’avais peur que si je m’abandonnais à ma tristesse, si je laissais les digues cédées une nouvelle fois, je finirais par pleurer toutes les larmes de mon corps. Le simple choc de la fin du tournage semblait fragilisé ma carapace dont j’avais besoin pour encore les prochaines heures.

Je ne voulais pas que le tournage se termine même si j’avais des répétitions qui débuteraient une semaine plus tard.
Je ne voulais pas rentrer chez moi pour aider ma femme à faire ses boîtes.
Je ne voulais pas signer les papiers du divorce.
Je ne voulais pas me retrouver seul et cruellement exposé à la lumière des projecteurs.

Il n’y avait aucun moyen pour que je retourne ma situation à laquelle elle était quelques semaines plutôt. La liberté qui venait avec le fait d’être à l’extérieur du placard me tétanisait tout entier. Je n’avais pas eu le temps de mettre le pied lentement à l’extérieur de ce qui avait été mon endroit sécuritaire que j’aimais autant que je le détestais.

Je n’avais pas nécessairement voulu que ma colère ne ressorte sur Salvatore. Je n’avais pas envie de lui enlever son sourire. Le ton moins gai de sa réponse à mon attaque qui n’était pas nécessairement volontaire de ma peine me fit doucement mordiller l’intérieur de ma joue. Je sifflais entre mes lèvres sans réaliser s’il m’entendait. « C’est ça. Pars. Laisse-moi seul. » en regrettant dès que les mots avaient franchi mes lèvres avec vitesse.

Je n’étais pas fait pour la solitude pourtant. J’avais accepté de rester avec ma femme parce que la simple idée de ma maison seul me tétanisait. J’avais beau violemment le repousser dans mon côté nombriliste, je ne voulais pas qu’il parte pour autant… Autant que je n’avais pas envie d’en parler, même si je savais très bien que je ne pourrais pas l’éviter pour toujours. Nous avions normalement une si belle chimie sur les plateaux de tournages, je savais que de voir son nom sur une courte liste des personnes envisagées pour un rôle suffisait généralement à me convaincre que c’était un script que je voulais tenter – et ce n’était pas qu’à cause de cette réaction profonde de mon cœur quand je le voyais sur un plateau de tournage. Je n’aurais pas pu l’éviter… tout comme je n’aurais pas pu être fidèle à Lucia. Lorsqu’il rajouta que c’était le dernier jour de tournage alors que j’étais en train de ramasser mes feuilles de scripts, le sanglot d’animal blessé m’échappa. « Mais je ne veux pas que ça se finisse. » Quand j’étais ici, je pouvais oublier ce qui se passait dehors en me glissant dans la peau d’un autre qui n’avait pas mes problèmes et mes responsabilités. Je n’avais jamais aimé particulièrement les fins de tournage. Cette fois-ci me semblait justement pire parce que j’avais pu vraiment me reconnaître dans un personnage que je jouais… Même si je pouvais maintenant faire le pont entre ce qui m’avait séduit chez le personnage et moi, j’étais tétanisé tout entier. Les larmes jaillirent de mes yeux et roulèrent sur mes joues avec force. L’explosion que j’avais redouté, je n’avais pas su la retenir les quelques cinq heures de plus qui étaient prévu au tournage, l’heure qu’il me faudrait pour ramasser mes quelques possessions ici. Il était dans les petites marches pour sortir et je me décomposais exactement comme ce que j’avais fait devant Anabela – mais cette fois-ci en étant pleinement sobre. « Je serais jamais prêt à en parler. J’allais… J’allais sortir du placard dès que c’était finalisé avec Lucia… J’allais… J’étais pas prêt… Je ne suis pas prêt à affronter demain s’il y a pas le boulot pour me faire me lever. ». Derrière l’image publique, il y avait cinquante-sept ans d’insécurité qui ne savait pas comment s’affirmer encore. Les mots étaient sortis vites, entrecoupés de respirations ardues.



   
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Sujet: Re: time to face reality (ft constello) ( le Mer 5 Juin - 21:59 )
Salvatore se sentait déjà coupable de ne pas savoir quoi dire ou quoi faire pour aider son ami, heureusement il ne l’entendit pas siffler méchamment contre lui alors qu’il avait décidé de le laisser seul. Il avait cru bien faire en le disant. L’acteur avait beaucoup de qualité et se considérait comme quelqu’un d’assez intelligent, mais il avait parfois du mal à correctement lire les gens. Il pensait avoir pris la bonne décision en lui laissant de la place et du temps pour se calmer tout seul aussi fut-il réellement surpris de l’entendre continuer. Ce n’était pas tant ce qu’il avait dit mais la façon dont il l’avait dit et Salvatore s’arrêta net dans les marches. Il baissa les yeux, réalisant son erreur et se maudissant de ne pas avoir compris plus vite et sans avoir besoin que Constello ne le dise. Il recula pour pénétrer à nouveau dans la caravane et se tourna vers son ami. La douleur qu’il exprimait ne lui rappelait que trop bien l’époque où il était au fond du trou et où il avait essayé d’en finir. Salvatore ne put retenir un léger frémissement à ce souvenir. Ce n’était pas quelque chose auquel il aimait repenser et il voulait définitivement éviter de le revivre. Il fit un pas en avant pour se rapprocher de Constello mais s’arrêta à nouveau quand celui-ci essaya de s’expliquer. Le voir ainsi lui fendait le coeur, mais il se sentait aussi plus impuissant que jamais. Il ne put quand même pas s’empêcher de froncer les sourcils l’espace d’une seconde en entendant son ami lui avouer qu’il avait déjà planifié de faire son coming-out quand il se serait séparé de sa femme. Du point de vue de Salvatore, il n’avait pas réellement pris sa résolution comme il semblait s’en être convaincu, sinon il n’aurait pas eu une réaction aussi extrême. Il chassa cette pensée de son esprit, elle ne lui apporterait rien.

Il referma la porte de la caravane pour s’assurer que personne ne viendrait les déranger ou ne les entendrait et se dirigea à nouveau vers Constello. Une fois devant lui il hésita l’espace de quelques secondes. Exprimer des sentiments et réconforter les gens n’avaient jamais été son fort… “Ca va aller.” Déclara-t-il maladroitement. Il croisa le regard de son ami et eut enfin le courage de le prendre dans ses bras. Il l’attira à lui et passa ses bras autour de son épaule. Constello était légèrement plus petit que lui alors c’était facile de le forcer à venir se caler contre son torse. Il espérait que ça aiderait à le calmer, en tout cas lui, ça lui faisait du bien. Ce ne fut d’ailleurs qu’à ce moment là qu’il se rendit compte à quel point il avait été tendu jusqu’à présent. Il avait désormais peur que son ami le repousse mais Salvatore se força à mettre son égo de côté. Ce n’était pas le moment de faire passer ses propres sentiments devant ceux de son collègue. Après un petit moment – et Salvatore aurait bien été incapable de dire s’il s’était écoulé des secondes ou des minutes – il commença à caresser doucement les cheveux de Constello, tentant encore de le calmer et de le rassurer. Il essayait de comprendre mais lui n’avait jamais eu autant de mal au moment de son coming-out. Peut-être parce qu’à l’époque il n’avait rien eu à perdre, et après ça, il n’avait jamais vu d’intérêt à revenir en arrière et à recommencer à se cacher. “On n’est pas obligés d’en parler tout de suite.” Murmura-t-il, sa bouche étant assez proche de l’oreille de son ami pour ne pas avoir besoin de parler beaucoup plus fort.

Une petite partie de lui avait envie de s’éloigner pour pouvoir voir les réactions de Constello, essayer au moins de deviner s’il était en train de l’aider ou ne faisait au contraire qu’empirer les choses. Mais il se sentait trop apaisé par le contact de l’acteur pour reculer. Il laissa passer encore quelques instants avant de reprendre la parole. “Ton secret était en train de te détruire à petit feu. Tu ne veux pas l’entendre tout de suite, mais avec le recul je suis sûr que tu finiras par voir que c’est une bonne chose.” Il ne voulait pas lui faire de peine, ni minimiser la douleur qu’il ressentait à l’instant présent, mais bel et bien tenter de lui donner un peu de perspective. Après tout, lui était out depuis près de trente ans et il n’en était pas mort. Leurs situations étaient différentes mais vu le mal que ça lui avait fait ces dernières années de cacher son homosexualité, Salvatore était persuadé que ça ne pouvait que lui faire du bien de ne plus devoir mentir constamment comme il l’avait fait durant toute sa vie. “Qu’est-ce que je peux faire ?” Au ton qu’il avait employé, on aurait presque dit qu’il lui demandait une faveur. Et c’était assez vrai en un sens. La dernière chose dont il avait envie c’était que Constello fasse une nouvelle dépression et il était prêt à mettre sa vie en standby pour l’aider. Il avait besoin de l’aider.
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Sujet: Re: time to face reality (ft constello) ( le Jeu 6 Juin - 0:35 )
En janvier dernier, j’avais eu l’impression que c’était plus fort que moi. Derrière le masque de joie que je mettais quand les caméras roulaient, il y avait cette immense détresse qui m’envahissait. Elle avait pris place trente-cinq ans plus tôt quand j’avais réalisé que ce qui m’était essentiel pour que je sois heureux dans la vie, je ne pourrais jamais l’obtenir dans les bras de ma femme. Dès les premières années qui avaient marqué l’exploration de ma sexualité, j’avais côtoyé la honte de ressentir de telles pulsions, de la honte à chaque fois que j’avais finis par succomber dans les bras d’un autre homme. À la honte s’était rajouté la peur que le masque ne se fissure, que ma véritable nature soit exposé, que mes fantasmes soient exposés. J’avais grandi dans une famille plus religieuse que ce qu’elle voulait bien admettre : une famille qui m’avait poussé à faire la bonne chose quand j’avais mis enceinte Lucia. J’avais offert un milieu de vie stable à ma fille pendant ses années critiques. Et j’étais resté après plus par habitude. Mais chacune de ces expositions avec Lucia à mon bras s’était retourné un peu plus contre moi. Ça ne me semblait plus naturel de me retrouver à côté d’elle dans des événements publics. Elle restait une amie chère à mes yeux. Mais ce n’était pas ce que je voulais quand je regardais les autres sur les tapis rouges s’afficher avec un sourire tendre avec leur douce moitié. Je leur enviais leur bonheur nourrissant le monstre qui vivait dans le fond de ma tête : celui-là même qui avait fini par prendre presque toute la place au courant des trente-cinq années qui s’étaient écoulé entre la première fois qu’un homme avait pris possession de mon corps jusqu’à celle où mon cri d’alarme n’avait pas été un simple appel à un centre de prévention du suicide : ce soir où j’avais bu plus que de raison et pris une bouteille entière de médicaments – pour arrêter la honte.

Lucia avait trouvé une excuse bidon pour notre fille – voyage de dernière minute.
Elle ne savait toujours pas que j’avais tenté de disparaitre comme elle.
Salvatore avait été le seul que j’avais laissé m’approcher avec mon agent.

Le fait de m’être fait retirer ma bouée de sauvetage me laissait aussi désemparé que ce soir-là, à quelque jour de mes cinquante-sept ans. Bien sur que j’y avais pensé à sortir du placard. Mais pas aussi vite. On ne pouvait pas s’attendre à ce que trente-cinq ans de honte ne s’efface d’un coup sec. On ne pouvait pas s’attendre à ce que je me sente soudainement libérée quand ma fille n’avait même pas tenté de me contacter pour me demander de m’expliquer. Elle était celle pour qui j’avais accepté de sacrifier une bonne partie de ma santé mentale et elle devait sans doute à juste titre se sentir trahi par le genre d’agissement que j’avais fait. Elle n’avait même pas idée du niveau de connerie que j’avais eu.

Je m’en voulais de me sentir aussi fragile.
Je m’en voulais de sentir les larmes qui ruissellait le long de mes joues.
Je m’en voulais de ne pas avoir su retenir mon explosion jusqu’à la fin du tournage.
Mes larmes demanderaient du travail aux gens du maquillage.
Mais rien ne pouvait les contenir.

Salvatore se rapprocha de moi en déclarant doucement que ça irait. La tempête faisait rare dans ma tête. Ses bras qui se serrèrent doucement autour de moi pour me tenir contre lui. Je me débattit pendant un instant « arrête de dire que ça va aller… » hoquetais-je en prenant un instant. La distance entre nous, je l’avais cru essentielle pour que je puisse garder la tête hors de l’eau. Ana, Dante, Lucia et Celeste étaient tous du nombre de ceux qui me l’avaient affirmé. Mais les murmures qui me suivaient, les tabloïdes qui semblaient mettre la mains sur des témoignages d’anciens amants avide de vivre leur quart d’heure de gloire, ce n’était pas pour me donner l’impression que c’était pour se calmer autour de moi.

La chaleur de ses bras et son odeur avait un curieux effet sur ma tornade intérieur. Il ne me forcerait pas à en parler pourtant. Sa main dans mes cheveux, mon nez contre son torse, mes narines remplies de son parfum. Je fermais les yeux doucement. Au fond, je savais qu’il avait raison : j’étais pour aller mieux à long terme… même si depuis deux semaines, la rencontre hebdomadaire avec mon thérapeute n’était que moi qui pleurait, n’était que mes nerfs à vifs lancés sur la table sans aucune cérémonie comme pour ventiler. Je ne voulais pas qu’il desserre son étreinte sur moi. Je ne savais pas ce qu’il pouvait faire pour moi. J’avais conscience que les autres nous attendait pour commencer le tournage – il fallait que je me ressaisisse. Mes sanglots s’étaient calmés. Je restais appuyé contre lui : « Ne me laisses pas seul ce soir… » demandais-je doucement. J’avais peur de moi-même. J’avais peur de me retrouver seul derrière le masque après que la production serait terminé, peur de ce que j’étais capable de me faire par honte. Moi normalement verbomoteur, c’était la seule chose que j’arrivais à lui dire le repoussant légèrement pour planter mes yeux dans les siens.



   
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Sujet: Re: time to face reality (ft constello) ( le Jeu 6 Juin - 12:09 )
Voir Constello dans cet état là lui feindait le coeur. Il avait eu du mal à s’habituer aux photographes et aux journalistes qui ne cessaient de mettre le nez dans sa vie privée, lui prêtant des relations avec tel homme ou telle femme, se demandant constamment quand il finirait par se poser avec quelqu’un et essayant de deviner avec qui ce serait. Il les avait détestés, surtout au début, mais ce n’était rien comparé à l’aversion qu’il ressentait désormais à leur égard en voyant l’effet que leur venin avait sur son ami. Il n’était pas prêt à tout ça, il n’avait pas choisi de déballer sa vie privée – il avait même toujours tout fait pour en dévoiler le moins possible. Et même si Salvatore aussi avait toujours tenu à ne pas trop en raconter non plus sur ce qu’il faisait en-dehors des tournages, au moins lui avait décidé d’assumer sa bisexualité depuis le début. Ça n’avait pas toujours été facile, pendant un moment les rôles s’étaient faits plus rares et moins intéressants, jusqu’à ce que les producteurs réalisent que sa sexualité ne heurtait pas sa crédibilité dans les rôles qu’on pouvait lui proposer. Il ne voulait pas encore lui en parler, mais il avait aussi peur pour la carrière de Constello. Lui n’avait pas la “chance” d’aimer aussi les femmes et Salvatore avait beau aimer son pays, il devait bien admettre que dans la tête des gens, ça faisait souvent une vraie différence. Il fut soulagé d’entendre enfin Constello parler, il avait l’air de commencer à se calmer et déjà, c’était rassurant. L’acteur continua à caresser doucement les cheveux de son ami, presque autant pour se donner l’impression d’être utile que pour réellement essayer d’aider. Il hocha tranquillement la tête en entendant la requête de Constello et souffla : “D’accord.” Il avait eu l’intention de rester avec lui quoiqu’il arrive, mais il se garda bien de le lui dire.

Il voyait bien que son ami était vulnérable et dans la tête de Salvatore, s’il avait déjà essayé une fois d’attenter à sa vie, rien ne l’empêcherait de recommencer. Le revoir aussi fragile lui faisait du mal et il avait envie de le protéger. C’était dans ce genre de moment qu’il se rendait compte à quel point il tenait à son collègue. Il le laissa plonger son regard dans le sien et lui fit un petit sourire en coin, essayant de dédramatiser un peu la situation. Il ramena l’une de ses mains sur le visage de Constello et caressa doucement sa joue, essuyant au passage les quelques larmes qui y étaient restées. Il rapprocha son visage et vint déposer un baiser sur ses lèvres, tendrement, sans arrière pensée. Ce n’était pas comme ça qu’il avait l’habitude de l’embrasser mais cette fois-ci c’était pour lui apporter son soutien et tenter de lui prouver qu’il était là pour lui, qu’il tenait à lui. Il écarta son visage après quelques secondes et sursauta en entendant quelqu’un frapper à la porte. Il lança un regard furtif vers la porte, par réflexe, comme si ça allait suffire à lui faire comprendre qui était là. Heureusement pour lui, la personne en question, le réalisateur, s’annonça juste après. “Tout va bien ? On vous attend pour commencer.” Salvatore  caressa une dernière fois la joue de son ami et s’écarta à contre-coeur. Il alla ouvrir la porte et lança un sourire franc au réalisateur du film. “Tout va bien, oui. Comme la scène est importante pour nos personnages j’ai proposé à Constello de la travailler rapidement juste tous les deux pour s’échauffer. Désolé, je n’avais pas réalisé qu’on prendrait autant de temps.” Expliqua-t-il naturellement. Il était acteur et il était en quelque sorte payer pour mentir et raconter des histoires, mais il se surprenait quand même parfois lui-même de ce qu’il était capable d’inventer en quelques secondes. Le réalisateur lui lança un regard légèrement suspicieux mais ne commenta pas et Salvatore ne s’en formalisa pas. Le jeune homme se rendait bien compte que le réalisateur n’aimait pas franchement devoir jouer les baby-sitter pour ses deux co-stars et devoir aller les chercher personnellement pour pouvoir commencer à travailler. Salvatore se tourna vers son ami, l’air désolé de devoir le presser. “Tu es prêt ?” Il savait très bien que ce n’était pas encore la joie, et que Constello aurait probablement préféré rester encore ici, mais ils n’avaient plus franchement le choix.
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Sujet: Re: time to face reality (ft constello) ( le Jeu 6 Juin - 14:54 )
Quand, au lendemain de la publication de l’article, mes parents m’avaient appelé, ils avaient insisté sur le fait que je choisissait de les trahir en me faisant ainsi prendre à embrasser un autre. Comme si volontairement j’avais voulu les humilier. Si ma sexualité avait réellement été un choix, je n’aurais pas choisi de ne ressentir du désir que pour le découpage d’un corps d’homme. J’aurais choisi probablement la facilité d’une relation. Les médias ne s’étaient même pas interrogés à savoir si je pouvais jouer sur les deux tableaux. Il fallait dire que je n’avais jamais été particulièrement le cliché du mâle alpha ; j’avais enchainé les rôles avec une sensibilité plus développé ou des personnages froids et intellectuels. Le rôle qui m’attendait après celui-ci était dans une comédie musicale – probablement un de mes terrains de jeu préférés. Ce n’était pas un choix que j’avais fait que de retrouver mon réconfort dans les bras de Salvatore.

Ma tête doucement appuyée contre son torse, je ressentais son cœur qui battait. Ma respiration se calmait doucement. Il ne fallait pas qu’il me laisse seul. J’avais besoin de sa présence pour que l’orage ne se calme dans ma tête. Quand il accepta, je sentis un immense poids tombé de mes épaules. Juste savoir qu’il serait là même si je me battais contre moi-même pour accepter de rejeter au loin ce dégout que je ressentais à mon égard c’était quelque chose de rassurant pour moi. Assez pour calmer le restant des larmes qui coulaient doucement sur mes joues. Quelque chose en moi croyait que c’était important que ça soit lui, et pas un autre, qui soit présent.

Des amants, j’en avais eu plusieurs dans ma vie. Ceux qui avaient dépassé le statut d’une ou de deux nuits étaient beaucoup plus rares que ce que je voudrais bien admettre ; il y avait définitivement une raison pour laquelle quand la médication préventive pour le VIH était devenue disponible ailleurs en Europe, je m’étais précipité dans une clinique pour l’obtenir. Salvatore était un des rares amants que j’avais depuis longtemps. C’était peut-être pour cette raison qu’il y avait cette douce tendresse.

Son petit sourire en coin dessinait des douces pattes d’oies sur le coin de ses yeux. Les petites paillettes dorées qui brillaient dans le fond de ses yeux noisettes me faisaient doucement fondre. Doucement la chaleur de sa main essuya les larmes probablement restée sur le coin de mes joues. Ses lèvres se déposèrent doucement sur les miennes. Doucement. Je fermais les yeux et profitais de ce moment pour finir de calmer la tempête dans ma tête. Je me tendis doucement lors qu’on toqua à la porte. La voix du réalisateur la transperça. Salvatore rompit le contact et alla ouvrir pour mon soulagement. Je me dirigeais vers la petite console et son miroir pour constater les dégâts que mes larmes avaient causées. Un petit passage d’une lingette sous mes yeux pendant que Salvatore affirmait que l’on avait répété et que c’était la raison de notre retard sur le plateau. Je souris doucement.

Ma main alla doucement chercher la sienne alors qu’il me demanda si j’étais prêt. Je changeais mon visage dur pour ce sourire à l’arrière-goût de faux-semblant. « The show must go on. » dis-je avec un sourire entendu. Mes doigts se glissèrent entre les siens alors que je l’entrainais vers la sortie. Je lâchais sa main juste à la sortie peut-être plus par réflexe par ma propre volonté. Mes doigts s’inséraient parfaitement entre les siens. Et les gens savaient que ce n’était pas nécessairement le genre de contacts qui me dégoutais.

En arrivant sur le plateau en tant que tel, j’eus droit à une petite retouche maquillage avant que le clap de départ ne soit frappé. Jouer avec Salvatore était toujours un plaisir. Il y avait quelque chose d’intuitif dans notre manière de s’échanger des répliques le genre qui laissait notre propre chimie transparaitre à l’écran. Ce n’était pas pour rien que les rumeurs courraient.



   
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Sujet: Re: time to face reality (ft constello) ( le Jeu 6 Juin - 17:00 )
Salvatore avait eu peur de trop bousculer Constello en lui demandant s’il était prêt à partir, mais il avait visiblement sous-estimé le professionnalisme de son collègue – ça ou le pouvoir guérisseur de ses câlins. Il était plutôt enclin à penser que c’était la première option. Toujours était-il qu’il fut soulagé de sentir la main de son ami venir chercher la sienne et il la serra doucement pour lui faire comprendre que même s’il n’avait pas les yeux constamment sur lui, il était bien toujours là. Toute l’attitude de Constello ne faisait que prouver qu’il était un très bon acteur, il était passé des larmes à son sourire habituel en à peine quelques secondes, et si Salvatore savait très bien faire la différence entre son vrai sourire et celui qu’il devait forcer pour aller travailler, il était probable que les autres personnes sur le set n’en seraient elles pas capable. Il se laissa entraîner sans broncher vers la sortie de la caravane, à la fois déçu et soulagé quand Constella lâcha sa main une fois dehors. Déçu parce qu’il aimait bien ce contact à la fois sobre et intime. Soulagé parce qu’il n’avait pas envie que les regards ne se tournent encore plus que prévu sur son collègue quand ils arriveraient sur le set. Une fois là-bas Constello se dirigea vers le maquillage et Salvatore commença à discuter de tout et de rien avec une assistante de tournage, son regard revenant néanmoins régulièrement vers sa co-star, comme pour vérifier qu’il n’allait pas à nouveau craquer. Il allait l’air d’aller réllement mieux, malgré le fait que son sourire soit forcé, et le jeune homme ressentit une petite bouffée de satisfaction l’envahir l’espace d’un instant. Il était heureux d’être venu le chercher.

* * *


Assez incroyablement vu comment la journée avait commencé, le tournage des dernières scènes du film se déroula sans accroc. Salvatore n’avait quasiment pas quitté Constello pendant la journée et quand ils n’étaient pas occupés à jouer et rejouer leurs scènes ensemble, ils discutaient comme si de rien n’était. Salvatore aurait pu vous dire qu’il passait son temps avec Constello pour s’assurer que tout allait bien et pour ne pas le laisser seul, mais la vérité c’était qu’il appréciait réellement sa compagnie et n’avait que trop bien conscience qu’après ce soir, ils se reverraient probablement beaucoup moins régulièrement. Il voulait en profiter tant qu’il le pouvait, et le fait d’avoir l’opportunité de lui changer un peu les idées était un bonus. Toutes les personnes encore présentes sur le set applaudirent au moment de l’annonce de la fin de la dernière prise et Salvatore lança un regard rayonnant à son ami. Ils pouvaient être fiers de ce qu’ils avaient produits et il avait hâte de voir le résultat final d’ici quelques mois. Il avait envie de le prendre dans ses bras pour le féciliter, comme il l’avait fait à la fin de chacun de leurs précédents tournages, mais il n’osa pas. Il n’avait pas envie d’ajouter de l’eau au moulin des tabloïds. Il y avait déjà assez de rumeur sur les aventures de Constello comme ça.

Leurs collègues vinrent les féliciter les uns après les autres, tout le monde parlait de leur satisfaction à avoir travaillé sur le projet et pendant quelques instants, même Salvatore avait presque oublié le scandale. Il partagea l’optimiste et la fierté des autres membres du film et discuta gaiement après plusieurs d’entre eux. Il termina en parlant avec le réalisateur, l’implorant presque de le tenir au courant de l’avancée du montage et de la médiatisation. Il en profita aussi pour le remercier pour l’opportunité d’avoir pu travailler sur ce film et même si c’était somme toute assez courant de tenir ce genre de discours, Salvatore espérait que le réalisateur saurait comprendre à quel point il était sincère. Il avait joué dans plusieurs films dont la qualité valait à peu près celui qu’ils venaient de terminer, mais celui-ci avait une saveur particulière aux yeux de l’acteur. Il lui serra la main avant de chercher Constello du regard. Il alla le rejoindre et lui lança un petit sourire en coin. Les membres de l’équipe se préparaient à fêter dignement la fin du tournage et on était en train de servir à manger et à boire pour tout le monde. “Tu préfères aller où ? Il n’y a pas de journalistes devant chez moi si tu préfères être tranquille ce soir.” Expliqua-t-il pour l’aider à prendre sa décision. Il aurait peut-être envie de dormir chez lui également. En tout cas Salvatore supposait qu’il n’avait pas envie de se joindre à la fête. Ca avait déjà dû être assez épuisant comme ça de finir le tournage. Quoiqu'il arrive, il laissait à son ami la responsabilité de décider, il saurait probablement mieux choisir que lui.
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Sujet: Re: time to face reality (ft constello) ( le Ven 7 Juin - 0:52 )
J’avais la chance de faire le plus beau métier du monde. La partie de moi qui, enfant, était complètement fasciné par le théâtre de rue et ce talent pour s’exprimer, n’avait jamais pleinement disparu. J’étais toujours fasciné par cette ruche humaine que représentait une production théâtrale, télévisuelle ou cinématographique. Les équipes abattaient parfois un travail de titan et beaucoup avaient la décence de laisser leur mauvaise humeur dans leur loge respective. Du moins, c’était le mot d’ordre que je respectais au pied de la lettre. Sur le plateau, je souriais comme un enfant, m’intéressait à la vie de mes collègues de plateau, m’émerveillait encore comme un enfant quand la magie de la scène prenait sa place qui lui revenait de droit. Le masque était parfait et c’était ce qui m’assurait d’avoir une carrière qui me rendait toujours aussi exciter.

Quand j’enseignais à des premières années au conservatoire, je commençais par parler du mot jeu Le théâtre bien avant d’être un art reste un jeu à mes yeux. Ce qui faisait en sorte que dès que les caméras tournaient, j’avais l’air d’un enfant dans un magasin de jouet. C’était en partie ce qui rendait si difficile de voir le clap final tombé sur la fin d’une production. Certes, il resterait les mois de post-production : le montage, le bruitage, les effets spéciaux, la colorimétrie… Mais la majorité de ce qu’il restait à faire ne m’incluait pas. J’aurais mon rôle à jouer pour la promotion de l’œuvre.

Mon regard accrocha celui de Salvatore de l’autre côté du plateau quelques minutes après la fin du tournage. J’avais conservé ce niveau d’énergie qui était essentiel que je présente auprès de mes collègues de travail. Entre les prises, nous avions multiplié les blagues, tout comme j’avais pris le temps de m’informer du bébé de Mariana, une de nos maquilleuses. Rien de l’extérieur ne pouvait laisser croire que ma tête restait remplie de nuages. Non à la place je me contentais sourire aux lèvres de passer à côté de mes collègues pour les féliciter pour leur travail, certains pour demander de garder le contact, une coupe de champagne dans une main (et j’allais être raisonnable et m’en tenir à une seule – je savais très bien ce qui se passait quand j’abusais de l’alcool) et un petit four volé sur le plateau végétalien qui circulait. Normalement, j’aurais été le premier à me rapprocher des membres de l’équipe qui parlait d’aller en boîte pour célébrer la fin du tournage. Disons que les quatorze jours qui s’étaient écoulés depuis l’incident ne m’avait pas encore permis d’oublier ce qui s’était passé. Il était donc hors de question que je mette les pieds dans un tel endroit.

Salvatore se retrouva juste à côté de moi et je me retiens d’aller doucement chercher sa main, même si c’était ce que j’avais envie de faire. Je n’en avais pas envie de voir le regard des autres si je me permettais ce genre de comportement. Je n’avais même pas envie d’affronter les paparazzis, un peu moins nombreux, qui s’étaient accumulés devant chez moi. Lorsqu’il m’aborda pour me demander ce que je voulais, j’eus un sourire plus honnête qui illumina brièvement mon visage : « Je préfère chez toi si ça ne te dérange pas… Je ne pense pas que j’ai envie d’affronter les journalistes. » lui dis-je doucement. Parce que c’était certain que si je ramenais un collègue et ami, également hors du placard, chez moi… C’était certain que les médias s’en donneraient à cœur joie. J’avais besoin de vacances de mon domicile. J’achevais d’un trait le fond de mon verre de champagne, sachant que j'allais potentiel regretter ce geste plus tard. « Je peux également te demander d’embarquer comme passager ? Ou serait-ce abuser de ta gentillesse ? » demandais-je avec un petit sourire en coin.. Voyant les journalistes qui ne se tassaient pas, mon agent s’était occupé de me faire venir un taxi pour m’amener sur le plateau ce matin – elle ne pouvait pas le faire comme il y avait un conflit dans son horaire. Après une petite tournée pour leur souhaiter une bonne soirée, je le suivis vers son véhicule.



   
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Sujet: Re: time to face reality (ft constello) ( le )
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