Revenir en haut
Aller en bas


 

- Orlane | Quel hasard -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Le Coeur de Naples :: Rues du centre
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Dante GaleoneLe vin est un puissant lubrifiant social
Dante Galeone
http://www.ciao-vecchio.com/t4987-dante-o-let-s-set-fire-to-the- http://www.ciao-vecchio.com/t2254-dante-o-never-open-up-so-afraid-to-trust
Faceclaim : Jamie Dornan ©Gajah
Messages : 14153 - Points : 10613
Orlane | Quel hasard Tumblr_inline_pd7otfz21F1so10o6_540
Âge : trente-six ans.
Métier : commandant de bord pour la compagnie aérienne Alitalia.
Orlane | Quel hasard Empty
Sujet: Orlane | Quel hasard ( le Sam 1 Juin 2019 - 16:22 )
Un espresso à la main, Dante pousse la porte du café qu’il aime tant et qui, à ses yeux, font les meilleurs cafés de la ville. Ils sont bons, ont l’amertume qu’il apprécie et ont cette petite touche d’originalité dans certaines boissons. Il y en a pour tous les goûts. Le sien. Les gérants donnent également envie d’y retourner ; rares sont les fois où il a été confronté à leur humeur électrique, alors qu’il y aurait parfois de quoi. Le client, juste avant lui, ne s’est pas gêné pour leur râler dessus pour avoir un peu trop tardé à servir celui qui le précédait. Le fait qu’il s’agissait d’un fidèle qui n’était pas venu depuis longtemps et qu’ils se sont permis de prendre de ses nouvelles. Pourtant, ils ont gardé de leur superbe et Lorella lui a servi sa boisson avec un sourire. Un peu crispé, mais un sourire quand même.

A peine sorti que Dante fait un pas en arrière, évitant de près une bousculade avec une jeune fille qui passe par là et alors qu’il s’apprête à s’excuser, ses lèvres se scellent en croisant un regard qui lui dit quelque chose. Un air un peu effacé qu’il a déjà croisé. Où ? Il n’en sait rien, cherche dans sa mémoire. « Excusez-moi. » commence-t-il, les sourcils froncés, alors que les images se succèdent soudainement. Ils se sont croisés dans un vol et s’il s’en souvient aussi bien, c’est parce qu’il a dû sortir de son cockpit pour calmer lui-même sa passagère qui faisait une crise d’angoisse. Ca arrive, ce n’est pas la première fois. Pourtant, son visage l’a marqué. Sans doute dû à la discussion étrange qu’il avait entendue et qui l’avait mis mal à l’aise, avant que les doutes soient levés par des propos agréables sur un voyage à Paris. C’est à ça qu’il s’est arrêté. « Quel hasard. » Elle a changé. Il ne saurait dire si c’est en bien, en mal, mais ses traits sont différents de ceux qu’il a croisés. Elle était plus jeune aussi. « Vous ne vous souvenez peut-être pas, mais on s’est croisés dans un vol. » dit-il, en affichant un sourire. Si ça se trouve, c’est trop loin pour elle et il le comprendrait tout à fait. Lui ne se souvient pas de la plupart de ses passagers. Ce sont juste des gens qu’ils croisent, avec qui il ne discute quasi-jamais. Il les conduit du point A au point B. Mais certains lui restent en mémoire. Ceux qui le mettent parfois dans une situation délicate, comme ça a été le cas avec elle.



Je sens quelque chose qui ne se dit pas, dont j’ignore la cause. C’est dans tes sourires, un je-ne-sais-quoi qui s’arrête au bord du désir. Quelle est cette voix, qui nous entraîne à renoncer sans regarder l’un vers l’autre ? Si c’est un choix, il faut qu’on s’aime, sans se lasser pour se garder l’un et l’autre. L’un près de l’autre.
Danya

Revenir en haut Aller en bas
InvitéInvité
avatar
Orlane | Quel hasard Empty
Sujet: Re: Orlane | Quel hasard ( le Sam 6 Juil 2019 - 10:51 )
Orlane s’agite sur place, se tortille les mains dans son dos mais ne bouge pas de sa position. Elle observe de loin la scène qui se déroule à quelque mètre d’elle. Ce n’est pas bien d’écouter les conversations des autres mais celle-ci a retenu son attention au détour d’une ruelle : un débat entre une adolescente et sa mère sur un vélo. La mère veut jeter son vélo quand l’adolescente veut le garder, s’y est attaché. « Il est tout vieux ! Ce n’est pas raisonnable de continuer à vouloir monter sur un débris pareil » « Mais je l’aime bien, moi, m’man. Je l’ai depuis tellement d’années » « C’est justement là le soucis » La maman arrive à calmer le caprice de son fille en lui promettant de lui acheter un nouveau vélo, le dernier à la mode avec tous les accessoires qui lui plairont. Pendant un instant, la jeune femme qui les observe ressent l’envie. L’envie qu’on lui dise la même chose, qu’on lui propose de lui acheter une nouvelle bicyclette mais la vie, la sienne est tout autre de celle de l’adolescente. Elles sont aux antipodes l’une de l’autre. L’une a l’air de vivre une vie tranquille, quand l’autre est passée par des courants tumultueux avant de se faire acheter. Il y a pire, il y a pire se dit Orlane pour se consoler. « J’en fais quoi du vélo m’man ? » « Laisse-le là. Quelqu’un le ramassera bien » C’est ça, pollues la rue tant que tu y es mais cette réponse l’arrange et c’est ce qu’elle espérait entendre. Quand les deux femmes ont abandonné ce pauvre vélo SDF, Orlane s’y approche lentement puis attend de longues et interminables minutes avant d’oser poser sa main sur le guidon. Elle jette des regards autour d’elle, de peur que la maman revienne et la traite de voleuse. Orlane compte jusqu’à 100 : rien. Alors ses mains attrapent le guidon et entraînent le vélo avec elle presque en courant de peur qu’on le lui reprenne. Le vélo a des égratignures, aurait bien besoin d'un coup de pinceau quand le guidon est un peu tordu. La roue avant est dégonflée, si bien que la jeune femme ne s’aventure pas à le monter car la roue pourrait très bien être crevée mais l’envie est là.

Dans sa quête d’une station pour pomper la roue, la brune ne voit pas l’homme sortir du café et manque de peu de lui rentrer dedans avec son vélo. Freinant sec, Orlane manque de tomber mais se rattrape à son vélo : quelle bonne acquisition gratuite. « Non, c’est moi. Je ne regardais pas où j’allais » S’excuse-t-elle relevant le visage vers l’homme. Ses yeux se posent sur ce visage qui résonne comme familier. Elle l’a déjà vu. Elle en est certaine. Dans sa tête, c’est le voyage dans le temps pour retourner à la source. Non, ce n’est pas un client qu’elle aurait croisé lors des ventes. Non, ce n’est pas un des sbires d’Abel. Puis remontant le cours du temps, ce visage retrouve enfin sa place dans l’espace temps. Dante. Le commandant de bord lors de son voyage pour le grand pays. Lors de son voyage, l’arrachant à son écrin polynésien. Un sourire perdu entre joie et tristesse se dessine sur ses lèvres. La joie de voir un visage familier mais la tristesse du souvenir de ce jour, ce voyage jusqu’en enfer. « Le monde est petit » Plus petit qu’elle l’aurait cru mais elle aurait aimé qu’il soit bien plus petit encore pour qu’elle puisse serrer son papi et sa mamie dans ses bras. Il y a tellement de choses qui se sont passés depuis la dernière fois qu’ils se sont vus, qu’il a calmé ses pleurs, ses angoisses. Les premiers de toute une lignée jusqu’à ce jour. Elle se souvient maintenant du timbre de sa voix qui avait eu raison de son anxiété, de son chagrin. Orlane secoue la tête en posant sa main sur sa poitrine comme il le lui avait montré ce jour là, lui disant de se concentrer sur sa respiration, sur les mouvements de sa poitrine soulevant sa main. Elle avait utiliser cette astuce tellement de fois ces dernières années : parfois cela fonctionnait, parfois non. Quelque part, elle avait emporté un peu de Dante avec elle depuis leur rencontre. « Si, si. Je me souviens » Son sourire lui fait du bien parce qu’elle le connaît et dans cet océan de visages inconnus, ça lui fait du bien de voir un visage familier, de se sentir même un court instant, ailleurs que sur une terre inconnue. « Dante … Je le prononce bien ? » Parce que comparé à leur rencontre, désormais, elle parlait italien. Pas de façon parfaite, son italien manquait de perfection, de vocabulaire mais la communication passait. « Monsieur le commandant de bord » Rajoute-t-elle avec des étoiles dans les yeux. Commandant, c’est comme les hauts placés de l’armée et tout et tout. Puis faire voler un avion dans les cieux d’un point A à un point B, ça l’impressionne, oui. « Ca m’étonne que tu te souviennes de moi » Elle qui passe partout et il y avait bien une dizaine de jeunes filles avec elle ce jour là, partant pour l’abattoir. « Désolée, je t’ai tutoyé de suite » Alors que lui, la vouvoie. « Mais vu que tu m’as vu pleine de morve, les larmes plein les joues, j’imagine qu’on peut se tutoyer, non ? » Parce qu’elle préférerait. Puis soudain dans sa tête, ses pensées se cognent entre elles. Elle cherche un prétexte pour qu’il ne reprenne pas sa route, pour qu’il reste un peu avec elle. Elle voudrait qu’il ne disparaisse pas. Le retenir, juste le retenir. 10 minutes. 30 minutes. Une heure. 2 heures. Toute la journée. Juste pour pouvoir être en la présence d’une personne qu’elle semble connaître même si elle ne sait pas grand chose de lui mais Dante est la dernière personne croisée qui lui a fait du bien avant l’enfermement en enfer. « Si tu n’es pas trop occupé … hum … est-ce que tu voudrais bien m’aider à réparer mon vélo ? » Demande-t-elle timidement tout en croisant les doigts dans son dos. « S’il te plaît beaucoup fort ? » Rajoute-t-elle dans une syntaxe italienne peu correcte mais qui démontre bien son envie de le garder avec elle. Aujourd’hui, juste aujourd’hui.
Revenir en haut Aller en bas
Dante GaleoneLe vin est un puissant lubrifiant social
Dante Galeone
http://www.ciao-vecchio.com/t4987-dante-o-let-s-set-fire-to-the- http://www.ciao-vecchio.com/t2254-dante-o-never-open-up-so-afraid-to-trust
Faceclaim : Jamie Dornan ©Gajah
Messages : 14153 - Points : 10613
Orlane | Quel hasard Tumblr_inline_pd7otfz21F1so10o6_540
Âge : trente-six ans.
Métier : commandant de bord pour la compagnie aérienne Alitalia.
Orlane | Quel hasard Empty
Sujet: Re: Orlane | Quel hasard ( le Dim 28 Juil 2019 - 14:42 )
« Oh oui. » confirme-t-il, d’un hochement de tête. Pour l’avoir déjà vécu il y a quelques mois, il est bien placé pour savoir que le monde n’est pas si grand, que l’on peut recroiser des personnes rencontrées dans un autre pays. Néanmoins, la surprise est telle qu’il ne peut s’empêcher de la dévisagé, un sourire ancré sur les lèvres. La dernière fois, elle était paniquée, peinait à se calmer et avec cette main sur le cœur, la jeune fille lui fait comprendre qu’elle s’en souvient également, même bien plus fraichement que lui. Ce geste, il vient tout juste de se le remémorer. Sa respiration était si saccadée qu’il avait trouvé cette bonne astuce pour qu’elle puisse souffler normalement. Cette rencontre semble l’avoir marqué au fer rouge, au point où son prénom est resté gravé dans sa mémoire. « Oui. C’est bien ça. » Son sourire s’élargit alors qu’il fait face à son statut. Dans sa bouche, ça a tout de suite plus de classe ; comme si c’était l’une des choses les plus respectables. « Il faut dire que tu m’avais donné du fil à retordre. » répond-il, du tac-au-tac, usant de ce tutoiement qui semble la mettre soudainement mal à l’aise. Alors qu’il s’apprête à la rassurer, Dante se fige, la bouche entrouverte, avant de partir à rire. Il ne s’attendait pas à autant de franchise de sa part, mais c’est vrai que ce jour-là, il l’avait vue dans un piteux état, ne s’en était pas formalisé. Il avait simplement agit comme il pensait bon de le faire pour l’apaiser, bien qu’il a fini par ressentir une once d’angoisse à son tour. Comme s’il avait été témoin de quelque chose, sans comprendre exactement ce qui se passait. Puis il a fini par croire que les propos tenus par les adultes autour d’elle avaient simplement été mal interprétés et à la voir en train de flâner dans les rues avec son vélo, sans doute avait-il eu raison de se raisonner. « J’imagine qu’on peut. Tu es à l’aise avec l’italien ou tu préfères qu’on revienne aux bonnes bases ? » Il se souvient avoir usé du français pour se faire comprendre. Une chance qu’il le parle régulièrement, que ce soit pour sa compagnie, lors de ses déplacements professionnels, ou plus récemment avec sa française avec qui il peut mélanger l’italien et la langue de Molière.

A sa requête, il penche la tête sur le côté pour jeter un œil au vélo dont la roue est dégonflée, peut-être même crevée. « Je n’ai pas le matériel qu’il faut pour ça, ici. » dit-il, d’abord, avant d’être pris par les sentiments. Ce n’est pas comme s’il avait un rendez-vous urgent sur le feu. Il pose ses mains sur le guidon pour le traîner à sa place. « Je suppose qu’on peut faire un détour par chez moi pour ça. » Il lui tend alors son café afin qu’elle le tienne à sa place, alors qu’il roule doucement le vélo, prenant la direction de sa voiture garée à quelques mètres de là. « Tu vis donc ici ? Et moi qui pensais que tu t’arrêtais en France. Ce n’était donc qu’une escale ? » Ou alors, elle a connu une autre ville avant d’atterrir à Naples. Il lui aurait été difficile de la croiser, quoi qu’il en soit. A l’époque, sa vie était déjà partagée entre deux villes. Rome où il avait un appartement avec son ex-petite amie et Nice où il s’était installé pour le travail. Ses arrêts à Naples n’étaient pas aussi réguliers qu’il l’aurait aimé, mais il y passait dès que l’occasion le lui permettait, au moins pour voir Orazio et ses quelques amis. Dante avait fait le choix de changer de compagnie pour voir d’autres destinations, pour enfin se stabiliser à sa compagnie italienne. Par besoin, nécessité, par manque de ses terres.



Je sens quelque chose qui ne se dit pas, dont j’ignore la cause. C’est dans tes sourires, un je-ne-sais-quoi qui s’arrête au bord du désir. Quelle est cette voix, qui nous entraîne à renoncer sans regarder l’un vers l’autre ? Si c’est un choix, il faut qu’on s’aime, sans se lasser pour se garder l’un et l’autre. L’un près de l’autre.
Danya

Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Orlane | Quel hasard Empty
Sujet: Re: Orlane | Quel hasard ( le )
Revenir en haut Aller en bas
 
- Orlane | Quel hasard -
CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Le Coeur de Naples :: Rues du centre
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut