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- So let in the morning light and let the darkness fade away || PV Orfeo -

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Sujet: So let in the morning light and let the darkness fade away || PV Orfeo ( le Lun 17 Juin 2019 - 5:27 )
Je suis une SDF qui a fini de payer l’hypothèque sur sa maison. Appelez ça ironique si vous voulez mais la simple pensée d’aller m’installer dans la maison que nous avions acheté Clemente et moi me remplit d’une angoisse certaine. Nous y habitions trois mois par année et la faisions sous-loué les autres saisons, celle où nous étions ailleurs à se sentir véritablement utile. C’était inconcevable même si c’était probablement ce qu’il aurait voulu…

Non !
Pas de passé !
Pas de corps ?
Pas le droit d’utiliser le passé !

C’est ce que Clemente veut. Je le sais. Mais la simple et unique pensée de me retrouver seul dans cette cuisine peinte en jaune – sa couleur préférée – à fixer la chaise où il serait normalement assise avec son journal suffisait à me faire paniquer. Nous avions acheté cette maison pour nous deux et je n’allais pas… Non ! Hors de question. Je n’allais simplement pas y habiter sans lui… Même si ça aurait sans doute été plus pratique surtout considérant … mon état. Mais bon, il était encore trop tôt pour que j’en parle. Tout ça pour en venir au fait que j’avais beau avoir une maison, je n’avais pas la force d’y aller. J’avais dormi au courant du mois qui précédait à l’hôpital, chez mes sœurs ou mes frères, chez les parents à Clemente… mais pas dans la maison avec sa cuisine jaune, et la chambre lilas – ma couleur préférée. Une maison qui nous ressemblait mais sans avoir notre odeur.

L’idée de retourner dormir chez l’amie ce soir ne me tentait pas nécessairement parce qu’elle me fixait d’un air agressivement inquiet, alors que je jouais dans mon assiette à tous les repas. Ce n’était pas nécessairement que je n’avais pas faim mais l’odeur de la plus vaste majorité de la bouffe me révulsait entre légèrement et horriblement. Par contre, j’envisageais de me nourrir presque exclusivement de glace et de craquelins salés.

Bref, sur mon heure de dîner (que j’avais passé le plus loin possible de la cafétéria et de la salle du personnel), j’avais passé ma tête dans l’entrebâillement de la porte du bureau d’Orfeo, celui qui avait été marié à une de mes sœurs jusqu’à très récemment et qui avait deux adorables puces. Et ce n’était pas parce que ma sœur avait décidé de partir sur la rumba après leur divorce le laissant seul avec les jumeaux que nécessairement j’allais accepté de renier les petits. Il y a des limites si vous voulez mon humble avis. Psychiatrie, ça lui collait à la peau tout comme la pédiatrie collait à la mienne. Je ne l’aurais pas vu dans une autre spécialité plus que je ne me serais vu ailleurs que prenant soin des enfants des autres. Mon uniforme (avec des licornes en imprimé) et mes souliers (les pas-de-roulettes parce que je n’avais pas osé remettre les autres depuis la chute dans l’escalier qui m’avait valu trois jours d’arrêt forcé avec de la glace et une confirmation que les nausées, la fatigue et les sautes d’humeurs n’étaient pas une pure coïncidence) trahissaient mon appartenance à mon unité pédiatrique néonatale. Avant que mon bipeur ne sonne, j’eus le temps de lui demander si je pouvais peut-être me ramener chez lui ce soir pour voir les petits : « je fournis la pizza et la glace. » en contrepartie affirmais-je avec un sourire.

Je me retrouvais donc sur le pas de sa porte, en jean avec un chandail à manche longue à pois, une boite de pizza à la main et un pot de glace dans l’autre. Sur mon dos se trouvait mon petit sac à dos – celui dans lequel je trainais mes petites possession depuis le mois que j’étais de retour. Je réalisais le ridicule de me promener avec ma maison sur le dos en petite SDF-ayant-payé-pour-une-maison. Je sonnais doucement avant d’attendre qu’il vienne m’ouvrir sagement. J'avais ce sourire sur le visage. Ce masque que je m'efforçais de porter. J'avais besoin de sourire pour croire que Dieu me ramenerait mon mari.



   
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Sujet: Re: So let in the morning light and let the darkness fade away || PV Orfeo ( le Dim 23 Juin 2019 - 16:38 )
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Sa journée de travail était terminée, enfin ! C’était une petite journée, il n’avait eu que la matinée de prise. De ce fait, le reste de la journée, elle lui était libre, complètement. Il est rentré sur les coups de onze heures. Ses deux petites terreurs sont restées avec la baby-sitter. Baby-sitter qu’il s’est empressé de faire partir une fois arrivé chez lui. Il voulait profiter de ses enfants le plus possible. C’est de la sorte que 30 minutes après qu’il soit rentré chez lui, il est parti aussitôt avec ses enfants pour manger dans ces fast-food que les jumeaux affectionnent tant. Ce n’est pas le cas d’Orfeo, en tant que médecin et non pas grand cuisiner, mais grand amateur de cuisine, il sait ce que cette nourriture vaut et ce n’est pas spécialement ce qui lui réjouit le plus de manger mais il voulait faire plaisir à ses enfants, ses enfants qu’il tient absolument voir avec des grands sourires sur leur visage. Orfeo, à cause de son travail, n’est pas un parent des plus présents mais il tente quand même de faire de son mieux. Depuis le départ de leur mère, Orfeo se doit de prendre une plus grande place dans leur vie, qu’ils ne ressentent pas un manque, un manque qu’ils ressentent forcément mais qu’il tente, par tous les moyens, de faire sortir moindre. Ce qu’il fait plutôt bien, dans le sens où il est très étouffant avec ses enfants en étant déjà beaucoup sur leur dos malgré leur jeune âge. Après avoir déjeuné, ils vont au cinéma, voir un dessin-animé quelconque. Un film qu’ils n’ont pas réellement regardé, entre mademoiselle qui posait tout le temps des questions à son père et monsieur qui bougeait partout, c’est Orfeo qui s’est véritablement attardé sur cette animée et qui a essayé de le comprendre. Ce qui ne changeait pas de d’habitude, après tout, ce sont des mômes. Comment peut-on leur demander de rester pratiquement 2h sans bouger, à regarder un grand écran ? Ils rentrent ensuite enfin à la maison, des glaces à la main, chacun a une saveur différente, tous ont des goûts bien différents mais en tout cas, une fois entrés à la maison, c’est Orfeo qui se retrouve à manger sa glace et celles de ses enfants. Heureusement qu’il s’était remis au sport… Avec toutes les calories qu’il avait ingurgitées aujourd’hui, sa taille svelte ne serait plus rien. Chez lui, en se rappelant que son ex-belle-sœur vient dormir pour la nuit, il décide de faire le ménage. Il était hors-de-question qu’elle vienne et qu’il y est un tel bazar. Il avait même mis ses enfants de corvées, ce qui ne les avait pas tellement gênés, à cet âge-là, les enfants acceptent tout et n’importe quoi, c’était assez amusant… et pratique, surtout pratique. Il détestait donner l’impression qu’il n’avait pas le contrôle de la situation depuis que sa femme, plutôt ex-femme était parti en le laissant tout seul avec deux enfants encore petits. Pour un homme confronter à cette situation pour la première et, il l’espère, dernière fois, il s’en sortait quand même relativement bien. Il ne pouvait pas faire autrement. Savoir qu’il ne serait pas tout seul à s’occuper des enfants ce soir le rassurait grandement aussi. La situation de celle qui était, pendant deux ans, sa belle-sœur et la seule de sa belle-famille à l’apprécier avec son mari, le frère de la disparue, était délicate. Orfeo savait qu’il fallait à tout prix éviter de parler de son ancien-beau-frère, Clemente. Un sujet sensible pour la jeune femme. Son instinct de psychiatre lui forçait à vouloir lui parler de cela mais il allait devoir mettre son métier de côté pour ce soir. Il avait besoin de passer une soirée avec quelqu’un ayant plus de 3 ans et qui ne relève pas de son métier. De plus, il appréciait énormément Minerva, un vrai rayon de soleil malgré tout ce qu’elle doit cacher au fond d’elle. Caractère relativement semblable à Orfeo. La sonnerie se fait entendre dans toute la maison. Les deux enfants descendent en courant les escaliers, ce que le père de famille ne s’empressera pas de gronder en allant ouvrir la porte. Il a à peine le temps de débarrasser la jeune femme et de lui dire bonjour que les jumeaux foncent dans les bras de leur tante. Une scène qui ne manqua pas de faire sourire le psychiatre. « Tu étais attendue. » Il va rapidement à la cuisine pour poser tout cela, met la glace dans le congélateur et la pizza dans le four. Il revient à l’entrée, là où Minerva n’a pas encore pu partir à cause des enfants. « Leo, Lou, laissez Minnie entrer dans la maison, quand même. » Ils se détachent difficilement d’elle. Orfeo prend soin de fermer la porte derrière elle. « Minnie, tu sais où elle est maman ? » Une question qu’il se doutait que les enfants poseraient mais aussi surprenant sont les enfants, il ne savait pas quand. Avant qu’elle ne doive répondre et pour éviter de la mettre dans une mauvaise position, il intervient. « Leo, on a pas dit qu’on ne devait pas poser cette question. Allez dans votre chambre, d’accord ? On vous appellera quand la pizza sera prête. » Ils étaient déçus de ne pas avoir de réponse, Orfeo l’a directement remarqué. Cette question leur causait de la peine, à tous les trois. Les enfants, avec cette bouille triste et déçue, écoutent les ordres de leur père et vont dans leur chambre avec beaucoup moins d’entrain et d’énergie que quand ils sont descendus. « Excuse-moi, Minerva. Je leur ai dit de ne pas poser cette question mais ils sont têtus. » Il tentait de rendre la situation moins gênante en souriant. Sourire, la seule solution à de tels problèmes. « Donne-moi ton sac, je vais te débarrasser. »
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Sujet: Re: So let in the morning light and let the darkness fade away || PV Orfeo ( le Lun 24 Juin 2019 - 15:38 )
Je n’étais pas faite pour la solitude : j’avais grandi dans une maison qui était constamment baignée dans la vie qui venait avec le fait d’être une famille de onze êtres humains (parents inclus – comme les batteries de fonctionnement d’un jouet pour enfant). À titre de sixième (et dernière fort heureusement selon mon père) fille des neuf enfants, élevée dans une famille des plus croyante, j’avais appris des valeurs d’entraide et de solidarité qui avaient forgé la femme que j’étais devenu avec les années. C’était presque sans surprise que je m’étais engagée dans une entreprise comme celle de Médecins sans Frontière. Dans la vie des campements, dans les dortoirs, il y avait ce doux chaos qui provenait des personnalités diverses qui s’entrecroisaient et qui devaient apprendre à cohabiter ensemble dans un milieu qui n’était pas nécessairement le plus facile. Mais j’en avais besoin de cette famille composite. Je trouvais toujours un peu difficile de me retrouver dans un milieu silencieux et aseptisé.

Voilà une des nombreuses raisons qui m’avait poussé à aller voir Orfeo pour lui demander si je pouvais passer chez lui. Vous savez s’il y a quelque chose de plus chaleureux que deux petites tornades de trois ans (je crois bien que les jumeaux avaient trois ans) ? Bon, s’il faut que j’admette, je suis clairement biaisée, les enfants ont ce talent pour toujours me faire sourire avec leurs mots, leur franchise à couper au couteau et leur simplicité légendaire. Leo et Lou n’étaient pas des exceptions.

J’avais à peine activé la sonnette d’entrée qu’un petit troupeau d’éléphants dévala l’escalier sous la réprimande d’un père m’arrachant un petit éclat de rire. Douce musique à mes oreilles que je me rêvais d’entendre un jour dans ma propre maison sans vraiment y croire. Le bonjour rapidement échangé fut vite enterré par Lou qui me sautait dans les bras pratiquement. « comme le messie. » rigolais-je doucement en réponse à mon ex-beau-frère. Ça ne m’importait pas de ne même pas encore avoir mis le pied dans la maison. Il y avait juste la chaleur de leur bras. Attentive, j’observais Leo qui avait grandi depuis que j’étais partie de l’Italie pour m’en aller au Venezuela. Six mois dans la vie des tout-petits c’étaient une véritable éternité. Assez pour qu’ils m’oublient. Et ça me faisait du bien que mon statut de tante toujours partie en voyage pour aider les plus démunis semblait me prémunir de l’oubli dont j’aurais pu être aisément la victime dans leur petit cerveau.

J’avais insisté auprès de mon Clemente pour que l’on fasse attention à chacun des neveux et à chacune des nièces que nous avions (et disons que certaines de mes sœurs et de mes frères n’avaient pas eu tendance à se limiter à la moyenne nationale des 1,44 enfants par femme). Mon sourire était complètement honnête alors que je passais ma main dans les cheveux de mon neveu. « Mais tu as grandi toi. Tu es presque aussi grand que moi, mon petit super héros. » dis-je en voyant automatiquement le petit torse de mon neveu se gonfler d’orgueil. Je tentais de me lever avec Lou pendue à mon cou : « Et toi, tu as une poigne de fer et j’ai tellement de câlin que je ne peux pas me lever, petite princesse. » rigolais-je doucement. L’échange n’avait duré que quelques secondes et Orfeo revenait. Autant moi que les enfants soupirèrent : « Papa le rabat-joie a raison. Il faut choisir entre dehors et dedans. » tranchais-je en les laissant se séparer de moi assez pour que je puisse rentrer et que la porte se retrouve fermer derrière moi.

Mon sourire ne fondit pas d’une miette lorsque Leo me demanda si je savais où était sa mère. Pourtant, mon cœur fut lui profondément serrer par la question honnête et sincère. C’était peut-être parce que j’avais une véritable difficulté à concevoir comment une mère pouvait en venir à n’avoir strictement aucun contact avec ses enfants pendant une longue période de temps. J’eus une petite pensée pour ce bébé qui grandissait dans mon ventre et qui ne verra pas peut-être jamais son père. Je me mordis doucement la lèvre inférieure en cherchant une réponse à la question que se posait mon neveu. Si dans mon métier, j’étais en mesure d’expliquer des conditions médicales mais je me trouvais passablement désarçonnée lorsque j’étais confronter à cette grande question existentielle : comment diable lui répondre ? Mais avant même que je puisse trouver un semblant de réponse, Orfeo les envoyait dans leur chambre jouer en attendant que le souper soit prêt.

Lentement, je passais une main dans mes cheveux en les voyant remonter vers leur chambre. Il y aurait eu pire comme question, ils auraient pu me demander où était mon mari. J’eus un petit sourire de compassion. « Non mais ne t’inquiètes pas. Ce ne sont que des enfants. » Je comprenais leur inquiétude parce que j’avais exactement la même sauf que l’on remplaçait une mère aux bras rassurants par un mari qui représentait la même chose. Doucement, je le regardais avec un petit sourire : « Tu n’as toujours pas de nouvelles ? » demandais-je avec une inquiétude certaine. Mon pouce gauche frôla doucement mon alliance sur ma main. Je n’étais pas réellement convaincue que la question ne concernât que son ex-femme et pas mon mari. Il y avait six semaines maintenant qu’il était porté disparu. Six longues et pénibles semaines que je cachais derrière le sourire.

Je descendis mon petit sac à dos de mon dos : « Tu peux aussi simplement me dire où je peux le déposer… » Dis-je avec un petit sourire. J’étais plutôt indépendante de pensée et je n’allais pas lui laisser me materner pour autant. Si c’était ce que j’avais voulu, j’aurais fini par aller m’écraser chez une de mes sœurs. « Comment tu tiens le coup ? » demandais-je avec un petit peu de sérieux.



   
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Sujet: Re: So let in the morning light and let the darkness fade away || PV Orfeo ( le Jeu 11 Juil 2019 - 4:38 )
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Ça ne lui faisait pas de mal à Orfeo de passer une soirée avec un adulte avec lequel il devait se mettre ces fameuses limites professionnelles, avoir une personne avec qui parler de tout et n’importe quoi sans avoir la peur que l’on tombe dessus comme on peut si bien le faire au travail. D’autant plus qu’il s’agissait de quelqu’un de sa famille, d’une certaine façon. Bien que Minerva n’était plus, au sens légal de la chose, sa belle-sœur, il continuait de la considérer comme telle. Elle faisait partie des rares personnes qu’il réussissait à supporter et réellement apprécier dans la famille de son ex-femme. Elle faisait partie aussi des rares personnes de cette famille qui n’avait pas coupé les ponts avec lui sous prétexte qu’il a décidé de son divorce quand il a appris l’infidélité de celle qu’il avait épousé. Ça lui faisait d’autant plus plaisir en remarquant la réaction des jumeaux qui étaient complètement surexcités à l’idée de revoir leur tante. Cette énergie débordante, cet immense sourire qu’ils arrivaient à afficher, si insouciant, innocents, avec une pointe de naïveté, c’est ce qui empêchait qu’Orfeo perde complètement pied de cette situation qui le dépassait complètement et qu’il n’a jamais, pour le moins du monde, préméditer. Pourtant, avec les années, il pensait bien connaître sa femme, ce n’était, visiblement, nullement le cas et il en a fait les frais de la pire des façons : en se retrouvant seul. Mais en voyant leur sourire et leur joie de vivre quand ils accueillent Minerva, il se dit qu’il ne s’en sort probablement si mal. Contrairement à ce qu’il peut penser. Il a constamment l’impression d’être à côté de la plaque sur tous les points possibles et inimaginables. Une chance que l’adolescence soit une petite dizaine d’années et qu’il a le temps de préparer tout cela avec une attention particulière. Il a déjà commencé, d’ailleurs. Il a déjà commencé à interroger des parents d’adolescents pour savoir comment ils faisaient pour gérer ce cap. Orfeo a tendance à être perfectionniste et rien n’est trop beau pour ses enfants, ses petites merveilles. « Papa le rabat-joie a raison. Il faut choisir entre dehors et dedans. » Il lâche un léger rire à la réflexion de sa belle-sœur. Rabat-joie, il pouvait l’être. Il l’était même très souvent. « C’est quoi rabat-joie ? » Orfeo intercepte vite la question de son fils. « C’est quand tu es le plus beau et le plus fort des papas. » Aussi avait-il dit ça, Lou réplique. « Non, c’est pas vrai. Ça veut pas dire ça, hein tata ? » Ces enfants étaient si malins. Parfois Orfeo se demandait où ce qu’ils pouvaient être aussi rusés quand lui, à leur âge, était complètement déconnecté de la planète Terre et très naïf, à tel point qu’il gobait tout ce que ses parents et surtout son père pouvaient lui dire. Ils l’étaient mais ça n’empêchait pas que leur esprit d’enfant revienne et qu’ils s’interrogent sur l’endroit où se trouve celle qui les a lâchement abandonnés sans avoir même pris la peine de leur dire au revoir. Très souvent cette question l’a mis dans une mauvaise situation, une position délicate, celle où il n’avait aucune réponse, où la réponse ne peut pas être la bonne à entendre pour des enfants ayant encore terriblement besoin d’une présence maternelle. Bien sûr, du mieux qu’il pouvait, Orfeo tentait de combler ce manque, le manque d’une maman mais ce n’était pas mince affaire. Il préférait encore que sa belle-sœur ne se tente pas à une réponse. Il avait passé des nuits et des nuits à réfléchir à cette question et il savait qu’il n’y avait pas de bonnes réponses, une façon délicate, agréable d’annoncer la chose. Les enfants de trois ans partent dans leur chambre sous les ordres de leur père. En les voyant passer devant lui, il voit leur déception et leur tristesse dans les yeux, ce qui ne manqua pas de le faire souffler, ressentant ce pincement au cœur qu’il ressent toujours quand il les voit comme cela, aussi triste alors que quelques minutes avant ils avaient un large sourire, un sourire qui illuminait leur visage d’ange. « Non mais ne t’inquiètes pas. Ce ne sont que des enfants. » Nerveusement, Orfeo se passe la main dans les cheveux, lançant un regard désolé à la jeune femme, désolé de l’avoir mise dans une telle situation. Ce n’était jamais agréable, mieux que personne il le savait. « Tu n’as toujours pas de nouvelles ? » Il hoche négativement la tête. « Non, toujours aucunes. J’ai essayé de lui envoyer des photos, des vidéos des petits dans l’espoir que ça la fasse réagir et devines quoi ? Son numéro a été réattribué. Pendant quatre semaines, j’envoyais des photos de mes enfants à un parfait inconnu qui était trop gêné pour m’avouer que ce n’était plus son numéro. » Il se demandait comment on pouvait faire ça à ses enfants. Surtout lorsque l’on sait qu’elle était celle qui voulait absolument tomber enceinte, avoir des enfants, leur donner une bonne éducation. Orfeo, évidemment, lui n’était pas contre mais il lui a fallu un peu de temps avant d’être prêt. Après tout, pendant des années et des années, il a été un véritable Don Juan qui n’a connu que ce mode de vie avant de se marier. « Dans la chambre à gauche toute suite après les escaliers. Tu verras, il y a une pancarte faite maison par les enfants avec marqué en gros ‘chambre des invités’ avec quelques fautes d’orthographe mais au moins on se repère facilement dans cette maison grâce à eux. » Cela faisait partie des journées ateliers qu’il passait avec ses enfants les jours où il ne travaillait pas ou seulement une partie de la journée pour passer du temps avec eux, pour qu’ils puissent avoir des bons souvenirs de leur enfance, qu’ils ne gardent pas que l’abandon d’un être important. « Parce que je tiens le coup, d’après toi ? » Demande Orfeo. Il avait l’impression du contraire bien souvent, il avait l’impression de se laisser envahir par tout cela, que tout ça était bien plus fort que lui. « Je fais avec. Je n’ai pas le choix. Et toi ? Ça va ? Tu gères bien la chose ? » Minerva pouvait essayer de mentir à Orfeo mais c’était sans compter sur son métier, son métier psychologue qui, même sans qu’il ne veuille, analyser la moindre petit chose chez n’importe qui. Il avait remarqué ce geste presque nerveux de toucher son alliance et avec ses années d’expérience, il sait repérer un faux sourire uniquement présent pour faire croire que tout va bien quand ce n’est nullement le cas. Ce n’était pas un vieux singe à qui on apprend à faire la grimace, après tout. Toutefois, Orfeo n’allait pas forcer la chose, la forcer de parler de ce qu’elle ressent vis-à-vis de cette chaotique et stressante situation. Ce n’était pas son but. « Excuse-moi, je ne t’ai pas proposé, tu veux quelque chose à boire ou même à manger ? » Rectifie le quarantenaire.  

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Sujet: Re: So let in the morning light and let the darkness fade away || PV Orfeo ( le Ven 12 Juil 2019 - 2:45 )
Grandir dans une maison à forte concentration féminine nous laissait vaguement croire que les contes de fées de Disney était une réalité possible : vous savez l’histoire qui commence par « il était une fois » et qui se termine par « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants » ? La vérité que l’on apprend au détour du chemin, c’est que la vie d’adulte ce n’est pas exactement ce conte de fée que l’on se fait raconter d’une voix pleine d’assurance avant d’aller se coucher. C’est plus complexe, plus en nuance. Il suffisait de regarder Orfeo qui avait vraiment cru connaître sa femme avant qu’elle ne se pousse avec les autres pour savoir que la princesse n’était pas peut-être la plus gentille dans toute cette histoire. Inversement, dans mon cas, ce n’était pas la princesse qui s’était fait enlever par le monstre et qui, emprisonnée dans la plus haute salle de la plus haute tour, attendait que son prince vienne à sa rescousse. Malgré le fait que je prenais conscience que l’histoire d’amour que l’on m’avait vendue petite (no thanks Disney) était fausse, je ne pouvais m’empêcher d’apprécier la simplicité enfantine avec laquelle l’amour était abordé. C’était ce petit patient de trois ans qui me demandait de l’épouser (pardon, mon petit loulou, mais mon cœur est pris). C’était les simples bras rassurants de Lou et Leoqui m’enlaçait me transmettant un amour sans jugement.

Ce riquiqui peu de chaleur humaine savait faire fondre mon cœur comme neige au soleil. Encore et encore. Un câlin. Cette simple présence qui me faisait oublier que cette nuit, je me réveillerais probablement en revivant le bruit des gens qui entrait dans notre hôpital de fortune et la crise de panique qui s’en suivrait serait silencieuse parce que j’aurais encore l’impression de le perdre pour une autre fois mon amoureux. J’avais la triste impression que ma petite âme rose avait une étrange teinte de gris mais que la chaleur de mon neveu et de ma nièce compensais pour cette petite tristesse. La réplique d’Orfeo me fit doucement rire : il était bien, mais ce n’était pas mon genre. Le plus beau des papas, ça resterait mon mari… même si ce n’était pas encore joué. Mais Lou, désarmante me fit éclater encore plus fort de rire. « Mais c’est que tu essaies de te donner la belle partie ! Ça veut dire qu’il a raison même si c’est triste. » entrant dans la maison.

Les enfants étant montés dans leur chambre, nous nous retrouvâmes entre adultes pour discuter. Si je devais vraiment être honnête, j’avais une certaine appréhension à l’idée d’être seule en compagnie du psychiatre. Parce que je savais très bien que j’avais une certaine fragilité qui n’était qu’à demi-dissimulée derrière le sourire que j’affichais. Le même qui allait avec ma voix douce quand je m’adressais à des parents inquiets mais hautement désagréables. Néanmoins, en entendant ce que son ex avait fait : partir sans donner la moindre nouvelle, je ne pouvais pas m’empêcher de sentir un goût amer au fond de ma bouche. Je n’ai pas de tempérament. Avoir cinq grandes sœurs et un grand frère ça fait en sorte que tu files plutôt généralement un doux coton comme comportement. Mais comment pouvait-elle faire quelque chose comme ça. La frustration rendit ma voix coupante, tranchante. « Elle a osé faire ça ? Non mais c’est une irresponsable chronique en fait. Il n’y a pas d’autres explications possibles. Quand on sait combien certains veulent des enfants… et… » Je me figeais pendant un instant pour reprendre le contrôle. Les petits n’étaient pas assez loin et j’étais émotive parce que j’étais du nombre. J’étais de ceux qui voulaient désespérément des enfants mais qui n’arrivait pas àen avoir. Sauf qu’Orfeo ne savait pas le nombre de fois que j’avais doucement caresser du bout des doigts ce rêve de maternité. Seul Clemente le savait. Soupirant lourdement, je rajoutais : « Le moins qu’elle puisse faire, c’est de fournir au moins un numéro pour que tu puisses la contacter s’il y a quelque chose qui se passe avec les enfants. » Ne pas vouloir de contact avec son ex, je pouvait comprendre. Mais les enfants n’avaient rien fait de mal quoi qu’il en soit.

En l’écoutant me parler du bricolage que ses enfants avaient fait pour décorer la chambre des invités, j’eus un grand sourire sur mon visage. Il était un père extraordinaire s’il prenait le temps de s’assurer que ces enfants puissent faire ce genre d’activité. Je déposais mon sac au sol non loin des marches et je restais planté à côté de lui. « J’irais le porter dans un instant alors pour voir ce magnifique chef-d’œuvre. » Parce que je voulais vraiment savoir comment il allait même si j’avais l’impression que ma question naïve pouvait aisément se retourner contre moi. Je savais combien c’était difficile que de se retrouver seul. Combien c’était ardu de ne pas pouvoir compter sur l’être cher. Est-ce qu’il tenait le coup selon moi ? Oui. J’avais vu des parents dans des pires états, j’avais vu des enfants plus maganés par l’abandon d’un parent parce que l’autre n’avait pas su se montrer à la hauteur. Par contre, sa réponse complète me fit fermer les yeux. Non, je n’avais pas envie de répondre à cette question-là. Je commençais donc par le rassurer sur ses compétence parentale« Et bien, les enfants ont l’air d’avoir des vêtements propres sur le dos. Ils sentaient bons et n’ont pas l’air mal nourris alors, j’estime que tu tiens le fort au moins assez pour t’assurer qu’ils ont leurs besoins comblés. Ils ont l’air heureux aussi. Alors si tu veux mon humble opinion, tu tiens le coup plutôt bien et si jamais tu veux que je les garde sache que ça me ferait plaisir. » dis-je doucement en évitant savamment sa question sur comment moi j’allais. Je savais qu’il verrait clair dans le mensonge que j’aurais dit si j’avais osé répondre directement à la question. Mais la vérité me ferait pleurer et je ne voulais pas inquiéter les enfants. Je me mordis doucement la lèvre et j’optais pour quelque chose qui n’était ni un mensonge ni la triste vérité : « Tant que les enfants seront debout, je vais refuser de répondre d’accord. ». Je ramassais mon sac en sentant mes yeux se remplir de larmes. « Je vais juste aller porter mon sac et je reviens. » dis-je d’une voix blanche. La gorge sèche à sa question, je demandais « Tu aurais de l’eau pétillante ? ». J’aurais voulu avoir plus fort, mais je savais que je ne pouvais pas avec ce petit intrus ramené du Venezuela. Je montais rapidement l’escalier pour déposer mon sac et redescendre au quatre à quatre avec à nouveau ce sourire que je savais faux sur mon visage. « Je m’excuse pour ça. » Ça c’était ces larmes qui n’avaient pas coulés, dont je refusais qu'elles coulent.



   
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Sujet: Re: So let in the morning light and let the darkness fade away || PV Orfeo ( le )
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