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- Dancing with the devil | Chiano #1 -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Bord de la Tyrrhénienne :: Posillipo :: Résidences
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Adriano Rocca10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
Adriano Rocca
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Sujet: Dancing with the devil | Chiano #1 ( le Jeu 18 Juil 2019 - 10:11 )
Dancing with the devil
“I know I'm dancing with the devil, ain't no chance of heaven, going straight to hell. I know I'm dancing with the devil, darken up my heaven, brighten up my hell”
D
e longues heures passées à discuter ensemble. Tout semblait aussi court qu'une seconde depuis qu'ils étaient étalés sur le grand lit de Chiara. Comment étaient-ils arrivés là? De fil en aiguille, la soirée s'étaient prolongée pour les deux jeunes riches. Adriano n'avait pas envie de rentrer et Emilia avait une grosse journée le lendemain. Elle les avait quittés dans la boîte, sans se soucier de ce que son fiancé pourrait y faire. Mais Adriano tenait trop à sa mère pour transgresser les règles de la fidélité. Ce mariage, il en avait besoin. Puis, alors qu'ils étaient cinq à habiter la piste de danse, il avait proposé à Chiara de la raccompagner. Cependant au moment de l'abandonner devant sa chambre, alors qu'il aurait dû aller rejoindre Emilia dans celle à côté, il rentra avec Chiara. C'était totalement innocent. Ils se connaissaient à peine et une sorte d'étincelle animait leurs regards depuis qu'ils s'étaient retrouvés l'un avec l'autre seulement. Couché sur le dos, Adriano regardait le plafond de la chambre en souriant comme un homme ivre de bonheur. Il ne s'était plus senti aussi à l'aise depuis des mois. "C'est quoi ta plus grande peur?" Il discutait avec elle comme s'ils se connaissaient depuis toujours. Il ne pouvait parler de sa mère, cela faisait partie du contrat passé avec son père. Alors s'il devait énoncer sa plus grande peur, il devait mentir. Peut-être ne lui relancerait-elle pas la question. Mais il pressentait que la jeune femme n'était pas une de ces créatures mondaines qui ne faisaient que parler d'elles. Il sentait en elle une âme vivante, une personne pleine de relief. Alors au lieu d'attendre qu'elle le relance, il prit la parole à nouveau "Et ton plus grand espoir?" Il se coupait l'herbe sous le pieds là aussi. Car sa plus grande peur et son plus grand espoir étaient liés. Tous deux concernaient la santé de sa mère.


--- --- ---

P
eut-être aurait-il dû arrêter cette mascarade des mois plus tôt. Peut-être était-il en train de ruiner ses seuls espoirs d'être heureux un jour. Peut-être que cela finirait par exploser en scandale intenable. Mais Adriano était allé bien trop loin pour faire marche arrière. Déambulant entre les mange-debouts installés dans le grand jardin de la villa Rocca, il cherchait des gens avec qui parler. Le sourire épanoui sur son visage était un masque qu'il portait depuis plus d'une année maintenant. Il avait appris son rôle par coeur et était devenu le meilleur des acteurs. Emilia était arrivée assez tôt pour aider à superviser l'événement. Cela avait fait rire Adriano. Elle aimait juste donner des ordres et encore plus quand il s'agissait des employés des autres. Cela lui donnait probablement un sentiment de supériorité. Si elle avait su que son futur mari s'amusait à jouer dans le cambouis pour gagner sa vie, elle aurait probablement perdu connaissance. Debout près de sa chère et tendre, il écoutait une femme qu'il n'avait jamais vu de sa vie déblatérer au sujet d'une cause charitable en Ethiopie. Il faillit lui dire qu'avec le collier en diamants qu'elle affichait si fièrement au cou, elle aurait pu nourrir la moitié du pays mais il s'abstint. Au lieu de cela, il regarda tout autour de lui et se raidit en apercevant Chiara.

D
epuis combien de temps était-elle là? Il avait terriblement envie d'aller la voir et de lui parler. Cela faisait plus d'un mois qu'il vivait avec un poids sur le coeur. Les evenements de cette nuit-là tournaient en boucle dans son esprit. Il s'était renseigné dans la presse locale et on n'avait pas parlé d'homme blessé ni de délit de fuite. Il était retourné sur les lieux le lendemain et aucune trace n'avait été trouvée. Mais un souvenir distinct se dessinait dans son esprit. Il avait vu une silhouette. Etait-ce l'alcool? L'adrénaline? Ou même la culpabilité qui lui avait joué des tours? Emilia le regardait fixement tandis qu'il était ailleurs. "Pardon?" Elle répéta sa question et il sourit. "Evidemment, je vais demander à quelqu'un de vous amener cela." Les riches avec leurs exigences ridicules, pensa-t-il en esquissant un sourire des plus hypocrites. Il ne savait même pas si son père avait prévu cet alcool dispendieux pour le cocktail. Mais si Emilia le demandait pour sa nouvelle amie, il se devait de coopérer. Il partit en cuisines pour poser la question aux commis et les laissa gérer l'affaire. Accolé au mur, il prit un instant pour souffler. Cette après-midi serait longue et ennuyeuse. Le regard de Chiara fit irruption dans ses pensées. Son sourire l'envahit et il le chassa avec une hargne dure à exprimer. Il l'avait évitée de toutes ses forces depuis l'accident. Et là, la revoir, c'était horrible. Il avait envie d'aller auprès d'elle pour continuer à tisser des liens amicaux avec. Et en même temps, il aurait voulu discuter de ce mal qui le rongeait de l'intérieur. Mais ils s'étaient jurés de ne plus jamais en parler. Sortant des cuisines, il retourna auprès de ses convives. Deux heures plus tard, on invita les gens à aller se servir aux divers buffets. Adriano n'avait pas faim, il était juste fatigué. Mais pour s'éclipser de cette compagnie détestable, il se dirigea vers le coin "délices aux fromages". Sa main rencontra une autre qui se tendait vers le même petit pâté au savoyard. Son regard se posa sur elle et son coeur s'arrêta. Immobile et silencieux, il la regardait d'un air presque froid tant il était mal à l'aise.  
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Sujet: Re: Dancing with the devil | Chiano #1 ( le Ven 19 Juil 2019 - 11:29 )
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« Tu ne comptes quand même pas y aller habillée ainsi ? » retentit distinctement la voix d’Emilia. Un coup d’œil critique se dirigea vers la robe de Chiara qui laissait apparaitre ses genoux. Il était clair que ce n’était pas dans les habitudes d’Emilia de laisser sa petite sœur passer devant elle sans qu’elle fasse le moindre commentaire sur quoi que cela pouvait être. Emilia avait toujours eu l’art de se soucier de la prestance de sa sœur et pensait bien faire. A la réflexion de son ainée, Chiara ne put s’empêcher de lever les yeux au ciel. « Un commentaire de plus et je troque mes chaussures contre mes sneakers, pour le plus grand plaisir de tes yeux. » Un air moqueur, un échange de regards plissés et Emilia secoua la tête, abandonnant l’affaire. Après tout, que pouvait-elle y faire si Chiara avait décidé de venir en robe courte colorée au lieu d’une longue robe argentée comme elle-même avait décidé de porter ? Elle reprit de plus belle, tout en attrapant sa pochette assortie à sa robe. « Quoi qu’il en soit, nous allons démarrer. Les parents sont déjà partis et Adriano m’attend sûrement déjà. » A l’entende du nom de son beau-frère, Chiara dut faire tous les efforts du monde pour ne pas montrer la moindre réaction sur son visage. Pourtant, elle manqua à la fois de faire une grimace, apeurée par la situation qui l’attendait, à la fois un sourire immense à l’idée de pouvoir poser son regard sur ce beau-frère à l’élégance sans égal. Loin de passer à côté de ce détail important, elle ne savait pas comment elle allait pouvoir gérer la situation à se retrouver dans le même périmètre que lui, après un mois sans l’avoir vu. Et cette idée l’envahit d’un sentiment d’angoisse, sentiment qu’elle ne connaissait que rarement. Sans un mot, elle hocha la tête et suivit sa sœur. Les festivités ne faisaient que commencer…

Il fallait représenter les Moretti, il fallait bien se tenir. Il fallait. Et c’était ce qu’elle s’était fixée en tête. A l’évidence, Adriano avait trop picolé pour se souvenir qu’ils avaient partagé bien des sujets et, surtout, un secret. Ou alors s’en tenait-il simplement à ne pas venir aborder à nouveau le sujet. Après tout, ils avaient décidé de ne pas en parler. Du coin de l’œil, elle pouvait l’observer aux côtés d’Emilia. Son allure était particulièrement séduisante, le rôle du fiancé lui collait bien à la peau. Il était beau et dégageait ce je-ne-sais-quoi qui donnait à la jeune femme l’impression que le sol se dérobait sous ses pieds à chacun de ses mouvements. Visiblement, rien de tout ce qui s’était passé il y a un mois de cela ne semblait perturber le quotidien du jeune homme. N’était-ce pas ce qu’elle avait souhaité, au fond ? Que rien ne se sache ? Pourtant, un pincement au cœur se fit ressentir et elle perdit bien vite le fil de la discussion avec le gérant du plus grand commerce de parmesan d’Italie. « N’est-ce pas, ma chère Chiara ? » Prononcer son prénom avec un accent fortement nordique la ramena à elle. De quoi parlait-il au juste ? « Vous avez entièrement raison. Et quel honneur de savoir que vos produits se trouvent à notre buffet ce jour. » L’air pompeux, la courtoisie, toutes ces choses qui ne lui ressemblaient pas. Il fallait donner une bonne impression et, dans ces moments-là, elle se demandait toujours comment Emilia réagirait. C’était comme si elle pouvait se moquer d’elle en l’imitant en toute innocence. La seconde suivante, le regard de Chiara se tourna comme un aimant vers Adriano. Mais il avait subitement disparu, volatilisé, comme un éclair qui prend aux yeux et qui s’évanouit l’instant d’après. La jeune femme le chercha du regard, ignorant complètement son interlocuteur. Après tout, la fabrication du parmigiano reggiano, qui ne la connaissait pas ? Ce n’était qu’une question de temps avant qu’elle n’envoie promener cet homme tant elle n’en avait rien à faire. Tout comme cette journée qui s’annonçait interminable. Mais Adriano avait déserté son champ d’horizon. Arrête de le chercher, Chiara, tu es ridicule, pensa-t-elle. « Et c’est ainsi que nous avons pu étendre notre marché en Croatie… » termina l’homme dans un discours dont Chiara avait complètement décroché. Son petit museau se tourna vers son interlocuteur, pendant un instant hébétée. Au loin, son père l’observait avec insistance, comme pour la rappeler à l’ordre. Visiblement, l’homme ne s’était même pas rendu compte qu’il parlait tout seul et elle put sauter sur l’occasion pour l’attraper par le bras et l’emmener avec elle. « Voilà une histoire bien charmante. Vous devez être si fier de vous. Et si vous me montriez vos réalisations au buffet des fromages ? » demanda-t-elle innocemment, avec un immense sourire.

La séquence suivante, accrochée au bras du bon parti devant l’étalage de fromages, Chiara aurait pu tout oublier face à de la nourriture. Gourmande, elle aurait pu picorer dans chacune des présentations et combler un certain manque par la bouffe, en oubliant les bonnes manières. Mais ce manque en question se manifesta aussitôt lorsqu’elle sentit la main d’Adriano frôler la sienne, à mi-chemin vers l’un des fromages savoyards. Sensation électrique, partant du bout des doigts pour ne faire qu’un tour de son corps, elle se sentit foudroyée par la présence du jeune homme. Son regard était ancré dans le sien et le temps semblait s’arrêter. Mille et unes questions se bousculaient dans sa tête en sentant ce regard, à l’habitude si chaleureux, glacialement posé sur elle. Elle voulut lui rendre la pareille, le fusiller du regard for no reason, lever le menton et partir comme une diva comme Emilia l’aurait fait. Car, après tout, n’était-ce pas ce qui plaisait tant chez le jeune homme ? A la place, compte tenu du fait que son interlocuteur était toujours collé à ses basques avec ses histoires de parmesan qu’elle lui aurait bien fait ravaler, elle afficha un rictus mi-narquois mi-innocent à l’adresse du jeune homme. Et elle brisa le silence. « Bien le bonjour, Adriano. » commença-t-elle sur un ton mélodieux qui aurait pu tromper tout le monde. Tout le monde, sauf lui. « Quelle belle organisation ! Je n’entends que de beaux échos sur cette fête qui s’annonce mémorable, les invités semblent ravis et ne me disent que du bien d’Emilia et de toi. » Emilia, leur union, comment oublier ? C'était le sujet sur toutes les lèvres. Les mots s’arrachaient de sa bouche avec supplice, tandis que l’homme à côté d’elle hochait la tête frénétiquement pour approuver ses dires, complètement ébahi par la présence du grand Adriano Rocca. « Exactement. » Et vu qu’il ne semblait pas démordre, au taquet pour entamer une conversation avec, Chiara se sentit de trop. Le gérant du plus grand commerce de parmesan était en train de recommencer le même discours dont elle avait eu droit bien des minutes plus tôt. A quoi pensait-elle, au juste ? Comme si Adriano avait envie de discuter avec elle de l’organisation du traiteur ou de l’installation des mange-debout. Alors, après quelques instants à bêtement hocher la tête aux explications de l’homme bien trop bavard à son goût, plantée entre les deux hommes devant le buffet, elle reprit dans un air courtois pour cacher son malaise. « Bien, je vous laisse. » Et elle tourna le dos à Adriano dans l’espoir de disparaitre en se fondant dans la masse. La gêne.
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Dernière édition par Chiara Moretti le Ven 19 Juil 2019 - 16:33, édité 1 fois
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Adriano Rocca10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
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Sujet: Re: Dancing with the devil | Chiano #1 ( le Ven 19 Juil 2019 - 15:23 )
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I
nstinctivement, Adriano aurait retenu le bras de celle qui annonçait qu'elle allait s'éclipser. C'était là ce que son corps tout entier lui dictait de faire. Mais une petite partie plus rationnelle, située tout là-haut dans sa tête, l'en empêchait. Il aurait voulu maudire son cerveau mais il savait que ce dernier avait raison. Retenir Chiara pour quoi faire? Lui dire quoi? Il n'avait même pas été en mesure de lui répondre quand elle lui avait adressé des salutations. Son mur de silence s'était dressé entre eux sans qu'il ne sache pourquoi il l'avait installé. Mais le malaise l'habitait depuis l'autre nuit. La simple pensée de Chiara Moretti évoquait tout un tas d'émotions contraires. La voir à quelques centimètres de lui qui lui chantait les louanges de ce cocktail organisé par son père lui hérissait le poil. Il avait répondu un froid "Merci." sans même daigner relancer la conversation. Adriano Rocca, digne successeur de son père. Il paraissait né dans ce milieu avec son air hautain et sa manière de refuser le dialogue. Pourtant, il désirait de tout coeur discuter avec la jeune femme. Et c'était bien pour cela qu'il ne dit rien. Parce que ce qu'il avait envie de dire était caché sous le sceau du secret.


S
eul avec le maître du fromage, Adriano faillit mourir d'ennui. Etait-ce vraiment là la pépite de l'Italie? Ces gens si mornes et agaçants faisaient partie de l'élite? Le pays allait mal, pensa Adriano. Cherchant du regard celle qui lui avait laissé ce fardeau, il rencontra le regard curieux de sa fiancée à la place. Elle semblait ravie que son chéri discute avec un homme aussi important. Alors pour faire bonne figure, il lui adressa un sourire et se força à continuer cette insipide conversation quelques minutes de plus. Mais quand il aperçut Chiara à nouveau, il ne perdit plus de temps et s'excusa auprès de son interlocuteur. Marchant d'un pas rapide pour la rattraper alors qu'elle se faufilait dans la foule, il saisit son coude pour l'arrêter et se pencha pour glisser à son oreille "Tu cherches à me punir de quelque chose?" Il attrapa deux verres de champagne auprès d'un serveur ambulant qui passait près d'eux et l'attira sur le côté en lui en tendant un. "Me livrer l'autre handicapé mental, c'est cruel." Malgré le côté bon enfant de ses mots, son ton demeurait très sérieux. Adriano avait cédé à l'envie d'aller lui parler mais il n'arrivait pas à redevenir aussi naturel que l'autre soir. Il dressait sans le vouloir une barrière entre eux.


D
ans un autre monde, il se serait permis de lui demander de partir avec lui. Il n'avait aucune envie de traîner plus longtemps dans cet événement mondain. Mais l'étiquette voulait que le fils de l'hôte soit là jusqu'à la fin des festivités. Et l'étiquette exigeait qu'il n'accordât pas plus d'attention à la soeur de sa fiancée qu'à sa fiancée elle-même. Pourtant, en ce moment, Adriano dévisageait Chiara comme il n'avait jamais dévisagé Emilia. Il analysait chacun de ses traits, se souvenant du sourire merveilleux qu'elle lui avait montré lors de leur soirée confidences. Une certaine frustration lui serrait les entrailles depuis. Car s'il avait juré de ne plus parler de l'accident, il n'avait pas fait de promesse concernant tout le reste. Pourtant, il sentait qu'il n'avait pas le droit de maintenir cette complicité entre eux. A moins que cela ne soit réellement amical. "Tu veux que je te fasse faire un tour de la propriété?" L'homme prenait le pas sur le sage. Il jouait avec le feu en se proposant d'être l'ami de la jeune femme. Mais il n'arrivait pas à se résoudre à tout bonnement mettre un terme à leur relation. Il avait toujours vu en Chiara une gentille fille et par-dessus cela, une femme très attirante. Elle était bien plus au goût d'Adriano que ne l'était Emilia. Mais elle n'était qu'un bébé à ses yeux. Puis, ils avaient parlé et il avait découvert une jeune femme qui... lui donnait des frissons intérieurs.  
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Sujet: Re: Dancing with the devil | Chiano #1 ( le Mar 30 Juil 2019 - 12:58 )
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Tourner le dos et s’enfuir dans la foule d’invités avait été la meilleure idée sur le coup. Accompagnée de son assiette de fromages serrée contre elle, quelques mouvements de zigzag avaient suffi avant qu’elle ne se mette à déguster ses trouvailles avec un sentiment de satisfaction. Mais cela ne dura qu’un temps. Quelle erreur d'engloutir cette dernière part de fromage ! A peine la dernière bouchée avalée qu’Adriano surgit derrière, avec un air faussement énervé qui aurait pu la faire rire si elle n’avait pas la bouche pleine de sa dernière bouchée. « Tu cherches à me punir de quelque chose ? Me livrer à l’autre handicapé mental, c’est cruel. » Se tournant vers lui, après avoir dégluti plutôt difficilement le restant de sa bouchée, elle lui afficha un sourire innocent. « Allons voyons, de quoi me parles-tu ? Il est charmant cet homme… » prononça-t-elle sur un ton mélodieux, car une version en cachait une autre. Evidemment, cet homme était une plaie. C’était même étonnant qu’il ne revienne pas à la charge. Quoi qu’il pouvait en être, débarrassés tous deux d’un immense fardeau, pour une question de temps sans doute jusqu’à la prochaine bombe, Chiara put poser son regard sur la silhouette chaleureuse de son beau-frère. « Tu veux que je te fasse faire le tour de la propriété ? » Le regard mélangé entre la surprise et la malice, elle ne put que s’empresser d’acquiescer à sa proposition. « Un tour de la propriété ? » prononça-t-elle en répétant les quelques derniers mots. « Comment refuser une telle invitation de la part du propriétaire des lieux ? » Un air malicieux, un battement de cils et le charme naturel de la jeune femme prenait une fois de plus le devant. Elle ne se rendait pas toujours compte que ce genre de comportements n’était sans doute pas des plus appropriés avec son beau-frère. Elle était d’ailleurs étonnée de voir qu’Emilia n’avait pas encore eu le moindre commentaire à ce propos. Mais à cet instant, sa sœur était loin d’être sa préoccupation première. Agrippant le bras du jeune homme avec un immense sourire accroché aux lèvres, elle s’entreprit de marcher entre les invités en sa compagnie pour commencer ladite visite des lieux. La demeure des Rocca avait de quoi ressembler à celle des Moretti, rien que par l’architecture des jardins. De longues allées pour les balades, un espace principal où se tenaient actuellement tous les mange-debout et les buffets froids, des arbustes taillés avec beaucoup de précision, mais aussi une diversités de fleurs et de plantes à embellir les parterres jusqu’à en couper le souffle. Si Chiara ne supportait pas le côté m’as-tu-vu des familles dans le même genre que la sienne, elle ne pouvait qu’admirer le travail d’un architecte d’extérieur. Marchant pas à pas à côté d’Adriano, elle se rendit compte que le silence régnait depuis quelques secondes déjà. Un silence paradoxal par rapport à leur nuit à parler de tout et de rien, à refaire le monde. Et Chiara s’efforçait de trouver un sujet de conversation, mais c’était si à peine elle pouvait respirer aux côtés de lui. Le contact qu’elle avait à lui tenir le bras, la sensation de sa peau chaude contre la sienne, cela pouvait rapidement faire naitre des idées en tête et lui faire tourner la tête. Elle pria les dieux pour ne se mettre à transpirer bêtement ou attraper les mains moites. « Alors… » reprit-elle subitement, comme pour aider à chasser ces quelques idées farfelues. « Je n’ai pas le droit à une visite guidée avec une anecdote historique sur chaque partie du jardin ? » Un léger rire suivit ses paroles, elle avait l’air d’une parfaite idiote à ses yeux, sans doute. « Tant qu’on en arrive à la partie où je tombe sur des photos de toi petit, avec un accoutrement honteux choisi soigneusement par tes parents… Ou encore la photo de classe en pleine adolescence qu’on cherche tous à cacher… Jackpot. » Sa tête était penchée sur le côté afin d’observer la moindre réaction chez lui, à la recherche d’un sourire à la faire tomber à la renverse. Et son innocence la poussa même à murmurer sur un ton à la fois mystérieux, à la fois amusé : « Ou encore les passages secret de cette immense demeure. »
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Adriano Rocca10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
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Sujet: Re: Dancing with the devil | Chiano #1 ( le Mar 30 Juil 2019 - 18:03 )
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l aurait fallu être dupe pour ne pas réaliser qu'elle jouait volontairement avec ses pieds. Des petites taquineries d'enfant de riche, c'était sans aucun doute ainsi qu'elle avait grandi. Adriano la regardait avec son air contrit. Bien qu'elle soit adorable dans son rôle de petite chipie, il ne savait s'il aimait ça ou s'il réprouvait. Chiara était trop familière à son goût et surtout, elle se comportait comme s'il n'y avait rien eu de ... spécial... entre eux. Comme s'ils n'avaient pas tué - ou peut-être pas - un être humain ce soir-là.


I
l chercha à chasser les souvenirs qui passaient dans son esprit en proposant un tour de la propriété. C'était ce qu'il y avait de mieux à faire. Mais sans le savoir, il se piégeait lui-même. Dans la faiblesse de l'envie de s'éloigner de tout ce monde, il s'était isolé avec une Chiara curieuse et fouineuse. Elle avait accepté sur un ton jouette et il avait souri sans s'imaginer qu'il allait galérer à redresser l'erreur qu'il venait de faire. Elle était à son bras et il ne disait pas le moindre mot. Tacite et mystérieux, tel était l'Adriano que tous connaissaient. Mais Chiara n'avait pas l'intention de s'en contenter. « Alors… » Elle le sortit de sa rêverie. Il inclina la tête dans sa direction afin d'écouter ce qu'elle avait à lui dire. « Je n’ai pas le droit à une visite guidée avec une anecdote historique sur chaque partie du jardin ? » Adriano déglutit intérieurement. Quelle mauvaise idée de l'emmener visiter. Il ne connaissait pas bien l'endroit. C'était à peine s'il y était venu une dizaine de fois. « Si, évidemment. » Sa voix sonnait faux dans ses oreilles. Mais il était faux depuis plusieurs mois, donc rien de surprenant à cela. « Jamais tu ne trouveras pareille photo ici. » Il venait d'être cassant sans même s'en rendre compte. Elle n'y pouvait rien s'il n'avait aucun souvenir dans cette demeure, si son père n'avait pas participé à sa vie jusqu'à présent. Il fit une petite pause, interrompant leur marche. « Pardon, je suis fatigué et je suis maladroit dans ces cas-là. Mais je voulais juste dire que mon père n'est pas quelqu'un qui attache de l'importance à ces choses-là. Il n'y a rien de pareil ici. »

C
omme pour changer de sujet, elle parla de passages secrets. Adriano se demandait si la belle n'avait pas le sentiment qu'elle vivait dans un film de capes et d'épées. Y avait-il des passages secrets chez elle? Si tel était le cas, il aurait voulu savoir où ils étaient pour pouvoir s'éclipser quand la famille Moretti devenait lourde à supporter. «Mmmh, et si on faisait autre chose. Je te suggère de chercher dans la bâtisse et si tu trouves, j'accepte de m'aventurer dans ces passages avec toi. » Il espérait qu'il n'y avait rien à trouver, sinon il serait dans l'embarras. Il devrait prétendre savoir où mènent les chemins et les emprunter avec elle tel qu'il l'avait promis. Montant les escaliers derrière elle, il redoutait qu'elle n'aille s'engouffrer dans sa chambre à lui. C'est pourquoi, il se mit à lui donner des informations sur tel ou tel tableau du couloir. C'était purement inventé mais cela faisait traîner leur visite guidée. Arrivés devant la chambre présumée d'Adriano, il s'adossa dessus. « Toi et moi, on ne devrait pas rentrer dans la chambre de l'un ou de l'autre. On sait très bien comment ça finit après. » Si quelqu'un les avait entendus, il aurait pensé qu'ils avaient eu une aventure. Mais indirectement, Adriano essayait de rouvrir le sujet de leur soirée passée ensemble et du terrible secret qu'ils portaient tous les deux.
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Sujet: Re: Dancing with the devil | Chiano #1 ( le Mer 31 Juil 2019 - 13:08 )
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« Si, évidemment. » avait-il répondu en brisant à son tour le silence, pour faire place à sa voix suave qui manqua à Chiara de louper l’une des marches. « Jamais tu ne trouveras de pareille photo ici. » Et c’était si étrange pour elle d’entendre cette froideur dans sa voix, sans réellement savoir pourquoi. Était-ce de sa faute ? L’embêtait-elle à ce point ? Après tout, cela faisait maintenant un mois environ qu’ils ne s’étaient plus croisés. C’était comme s’il l’évitait. Mais pourtant, ils étaient bien là tous les deux. Alors, mille et unes questions se bousculèrent à nouveau dans sa tête. Et sans doute que son étonnement se fit apercevoir, sans qu’elle ne le veuille, puisque le jeune homme se reprit aussitôt. « Pardon, je suis fatigué et je suis maladroit dans ces cas-là. Mais je voulais juste dire que mon père n’est pas quelqu’un qui attache de l’importance à ces choses-là. Il n’y a rien de pareil ici. » Un léger soupir en guise de contentement de sa réponse et Chiara était repartie sur les passages secrets. Après tout, y avait-il là quelque chose à relever ? L’ambiance était de toute évidence étrange entre eux. Et si elle était douée pour jouer à la parfaite innocente qui ne laissait rien montrer, Adriano, lui, semblait montrer autant de chaleur d’une porte de prison. Mais l’histoire des passages secrets, lâchés sur un ton rempli d’humour, ne semblait pas autant l’amuser qu’elle. « Mmmh, et si on faisait autre chose. Je te suggère de chercher dans la bâtisse et si tu trouves, j’accepte de m’aventurer dans ces passages avec toi. » - « Bonne idée. Tant qu'on ne se perd pas pour se retrouver finalement dans la demeure des voisins... » finit-elle par dire, sachant très bien que ce petit jeu n’allait pas durer plus de trois secondes. A la place, ils parcoururent tous deux les différentes pièces de la demeure, où Adriano joua au parfait guide touristique. Elle se tut tout du long, quand bien même au moment où il confondit un tableau de Vasini avec celui de Bellini. Enfin, une fois la série de tableaux passée, Adriano s’adossa contre l’une des portes, menant à une autre pièce. « Toi et moi, on ne devrait pas rentrer dans la chambre de l’un ou de l’autre. On sait très bien comment ça finit après. » Chiara ne put s’empêcher de hausser un sourcil durant un certain moment, la pièce n’étant pas tombée directement quant au fait qu’il s’agissait de la chambre d’Adriano. Par après, elle se contenta de pousser un « Oh. » d’une voix rauque, avant de croiser les bras sur sa poitrine. Une pointe de déception dans la voix, l’air intrigué par la suite, elle s’avança jusqu’à lui pour se placer juste en face de lui, à seulement un pas d’espace entre leurs deux corps. « Hm, non, c'est vrai. Tu as raison, ce n’est pas une bonne idée. Même si techniquement, l’un pourrait rentrer dans la chambre sans l’autre. » finit-elle par lâcher, sans réellement savoir elle-même le sens de ses paroles. Et ses yeux se relevèrent dans sa direction, cherchant son regard. A quoi pouvait-il penser, au juste ? Le sujet de l’accident avait été clos, les blessures avaient presque disparu et, pour les quelques-unes d’entre elles qui se montraient téméraires, Chiara avait réussi à les camoufler avec du maquillage. « Quelqu'un t'a dit quelque chose ? Tu… as eu des échos sur quoi que ce soit ? » demanda-t-elle, à la recherche de la moindre réponse dans son regard, sans doute en vain. « Quoi que ce soit qui justifierait pourquoi tu es.. comme ça ? » Comme ça quoi Chiara ? Trop tard, c’était lâché. Elle espéra secrètement qu’il ne vienne pas à relever ce dernier mot.
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Sujet: Re: Dancing with the devil | Chiano #1 ( le Mer 31 Juil 2019 - 14:04 )
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lle non plus n'était pas dans son plat. Adriano interprétait le malaise qu'il créait de par son côté taiseux comme une preuve du fait qu'elle n'allait pas bien non plus. Totalement inconscient que son attitude le rendait presque désagréable. Mais malgré cela, la jeune fille trouvait la force de faire face à son comportement de gosse mal élevé. Cela ne lui ressemblait pas. C'était le paradoxe. Avec elle, il était tantôt lui-même, tantôt un parfait inconnu snob et riche qui méprisait ses semblables. C'était sa manière à lui de se protéger du danger que son subconscient voyait en elle. « Bonne idée. Tant qu'on ne se perd pas pour se retrouver finalement dans la demeure des voisins... » Il aurait l'air bien malin si il finissait par trouver un passage secret menant à la demeure des voisins. Mais c'était fort peu probable, leur villa était plantée sur un terrain d'une superficie s'étendant sur des hectares. Quand bien même ils trouveraient des tunnels, il était fort probable que Chiara s'ennuierait de les explorer avant qu'ils n'atteignent une autre maison. « Il n'y a pas de risque.» Ce ton monocorde pouvait aisément lui faire croire qu'il s'ennuyait en sa compagnie. Pourtant, c'était lui qui avait proposé ce tour du domaine.

C
hiara semblait ne pas comprendre ce qu'il voulait dire. Elle le toisa d'un mauvais air avant de réaliser qu'il ne lui faisait pas des avances déguisées. « Hm, non, c'est vrai. Tu as raison, ce n’est pas une bonne idée. Même si techniquement, l’un pourrait rentrer dans la chambre sans l’autre. » Adriano envisagea la chose pendant une milliseconde avant de secouer la tête. «Je ne préférerais pas.» Cette visite était déjà une très mauvaise idée, il mettait son secret à lui en danger. La laisser s'aventurer seule dans une chambre qu'il était supposé avoir habité toute sa vie, c'était jouer avec le feu inutilement. Puis quitte à passer pour un salopard, autant s'en servir jusqu'au bout et éviter qu'elle n'aille fouiner dans une chambre sans passé. « Quelqu'un t'a dit quelque chose ? Tu… as eu des échos sur quoi que ce soit ? »

L
e regard d'Adriano devint trouble. Elle avait pourtant dit qu'ils ne reparleraient jamais de cela. La distance qui séparait leurs corps était bien trop petite et il n'avait nulle part où se cacher. Elle insista. « Quoi que ce soit qui justifierait pourquoi tu es.. comme ça ? » Il se raidit encore un peu en l'entendant l'accuser presque de son attitude. C'était compréhensible mais pour l'homme dont la culpabilité prenait le dessus ainsi que le mal-être, c'était intolérable. «Comme ça? » Ses yeux jetaient des flammes et pas ce n'était pas un feu passionnel. «Comme quoi? Comme un homme qui a sur la conscience la vie d'un autre homme? » Agressif, cela le changeait de son indifférence hautaine qu'il avait gardée sur son visage jusqu'à présent. «Je devrais être comment? Insouciant comme toi? Me balader à des fêtes et rire naïvement aux blagues des fromagers du comté? » Il était rude. Il s'en voudrait plus tard mais tout ce qu'il refoulait depuis un mois sans pouvoir en parler à personne parce qu'elle le lui avait fait promettre ressortait brutalement. «Pourquoi est-ce qu'on en parle? Si mes souvenirs sont bons, on avait dit qu'on ne rouvrirait plus le sujet. » Dans l'élan de la colère, il s'était rapproché d'elle. Il était plus grand qu'elle et il la dominait sans aucun souci. Les yeux dans les siens, un frisson le parcourut tandis qu'il sentait une pulsion rageuse en lui. Chiara avec son innocence et ses yeux de biche lui faisait perdre ses moyens.

A
gacé par les rires qui leur parvenaient depuis le jardin, il fit ce qu'il avait cherché à ne pas faire: il passa sa main dans son dos afin d'ouvrir la porte sur laquelle il s'était adossée quelques secondes auparavant. Une fois ouverte, il attira Chiara vers lui en l'entraînant à l'intérieur de sa chambre. Les rideaux étaient fermés et la lumière du soleil qui les traversait colorait l'endroit d'un bleu turquoise pâlot. «Je suis repassé sur la route que nous avions emprunté le lendemain. Il n'y avait aucun cadavre d'animal, rien. » Cela sonnait comme une évidence. Si aucune dépouille n'était là, c'était qu'ils avaient heurté un être humain. L'idée qu'il s'agisse d'un animal qui aurait juste été blessé ne pouvait pas passer dans l'esprit de cette personne torturée par les pires scénarios.

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Sujet: Re: Dancing with the devil | Chiano #1 ( le Mer 31 Juil 2019 - 16:10 )
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« Je ne préférerais pas. » Une barrière de plus. A quoi s’attendait-elle, au juste ? Pour elle, Adriano était le seul point positif de cette journée s’annonçant complètement rasoir. Elle espérait même disparaître avant le discours du père Rocca, pour saluer les prouesses des produits locaux, mis à l’honneur pour l’occasion. Ces quelques minutes en compagnie du jeune homme lui donnaient l’impression d’arrêter le temps sur cet événement à la con. Pourtant, ses réactions avaient l’effet d’une parfaite désillusion, crescendo. Et elle n’était pas au bout de ses surprises. En un claquement de doigts, pour le mot de trop, Adriano sortait de ses gongs. « Comme ça ? » Aïe. « Comme quoi ? Comme un homme qui a sur la conscience la vie d’un autre homme ? Je devrais être comment ? Insouciant comme toi ? Me balader à des fêtes et rire naïvement aux blagues des fromagers du comté ? » Aussitôt que l’agressivité d’Adriano monta en grade, le visage de la jeune femme s’assombrit. Elle leva les yeux au ciel, loin d’être impressionnée par le semblant de dominance qu’il cherchait à avoir, croyant voir pendant un bref instant les mimiques de sa sœur lorsqu’elle agissait avec elle en la prenant pour une pure gamine. Elle était purement et bonnement choquée par une telle attitude vis-à-vis d’elle. C’était comme une claque en pleine gueule. Bien sûr qu’elle faisait semblant que tout allait bien, n’était-ce pas là ce qu’ils avaient convenu ? « Pourquoi est-ce qu’on en parle ? Si mes souvenirs sont bons, on avait dit qu’on ne rouvrirait plus le sujet. » Avait-il seulement conscience sur quel ton il lui parlait ? Complètement choquée par sa réaction, elle crut halluciner et lâcha brièvement : « Insouciant comme moi, oui, faire semblant de rien et pas tirer une tronche d'enterrement à côté de ma soeur. Parce que si t’avais été attentif à ce que je t’avais dit, tu t’en serais souvenu. Mais parfait, très bien, on n’en parle plus. » en écartant les bras pour appuyer sur l’évidence que le sujet était définitivement clos. Mais la seconde suivante, elle se sentit embarquée à l’intérieur de la pièce où il lui avait barré la route quelques minutes plus tôt. Elle se demanda pendant un instant si c’était la chaleur qui le rendait chèvre au point de se contredire dans ses gestes en l’espace d’une minute. Mais bien vite, le jeune homme reprit d’une voix des plus sérieuses. « Je suis repassé sur la route que nous avions emprunté le lendemain. Il n’y avait aucun cadavre d’animal, rien. » Pendant une fraction de secondes, Chiara sentit un poids en moins sur les épaules. Rassurée, c’était le mot. Elle avait songé à faire pareil, mais les activités familiales avaient repris de plus belle le lendemain et l’avaient empêchée d’y aller. Mais l’instant d’après, c’était un regard froid qu’elle posa à nouveau sur lui. La douche froide l’avait rendue tendue. « Tant mieux. » répondit-elle, sur un ton mi-froid, mi-désintéressé. Un tour sur elle-même pour zieuter la chambre dans laquelle elle se trouvait à présent, bien loin de la curiosité qui l’animait quelques secondes plus tôt, elle finit par braquer son regard sur Adriano. « Mais la prochaine fois que tu me feras le privilège de me parler comme au plus incompétent de tes sous-fifres, rappelle-toi que tu as été le premier à hurler tes insinuations au beau milieu du couloir. » Lâché de bout-en-blanc, elle reprit d’un sourire forcé qui lui arrachait le coin des lèvres alors qu'elle tremblait de tout son corps. Jeez, pourquoi est-ce qu'elle était atteinte à ce point par ce qu'il lui disait ? « Maintenant si tu veux bien m’excuser, à défaut de pouvoir compter sur toi pour faire bonne figure devant ma famille, j’ai quelques rires ridiculement naïfs encore en stock à aller lâcher à tes invités. » Talons levés, pivot sur elle-même et elle entreprit de grandes enjambées pour planter Adriano et quitter la pièce dans l’espoir d’aller à nouveau se fondre dans la masse et de croiser un serveur au plateau rempli de coupettes de champagne. Elle tremblait intérieurement, comme une bombe à retardement, où une gorgée de bulles bien fraiches ferait temporairement l’affaire.
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Adriano Rocca10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
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Sujet: Re: Dancing with the devil | Chiano #1 ( le Mer 31 Juil 2019 - 19:06 )
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nsouciant comme moi, oui, faire semblant de rien et pas tirer une tronche d'enterrement à côté de ma soeur. Parce que si t’avais été attentif à ce que je t’avais dit, tu t’en serais souvenu. Mais parfait, très bien, on n’en parle plus. » C'était presque un choc de la voir sortir les dents tout d'un coup. Adriano s'était habitué à la voir encaisser, sourire et minauder. Une part de lui savait qu'elle n'était pas réellement ainsi mais il était plus facile de se l'imaginer comme une bonniche superficielle pour ne plus être attiré par elle. Ce qui le choqua le plus dans cet accès de fureur de sa part, ce n'était pas sa colère. Ca, c'était bien justifié. Il n'en avait pas pleinement conscience mais il comprenait sans difficulté qu'elle réponde à un ton agressif par un ton énervé aussi. Non, ce qui le surprit c'était le reproche de son attitude auprès d'Emilia. S'il tirait la tête auprès de sa future femme, ce n'était pas à cause du poids de ce secret-là.   «Tu crois que c'est pour ça que je faisais la triste mine?!» La colère prit le pas sur la raison. Ce n'était pas très intelligent de ne pas réfléchir avant de parler. Mais, le jeune irlandais savait comment se sortir des impasses. A force de jouer les richards imbus de leur personne, il avait appris à être infect. «Il ne t'est pas venu à l'idée que je pourrais être indisposé à cause du crabe ou du vin? Ou que peut-être, ta soeur et moi nous nous sommes brouillés pour des raisons conjugales ? » Il avait volontairement appuyé sur ce dernier mot. Ce n'était pas dans le désir de lui faire mal mais plutôt dans celui de bien se l'ancrer dans la tête. Car cette dispute entre lui et Chiara ressemblait fortement à une querelle d'amoureux. «J'ai quand même le droit de ne pas aller bien, non? Ou je dois mimer l'hypocrisie jusqu'au bout, dans le style des Moretti!?»

I
ls n'avaient aucune raison de ne pas discuter devant tout le monde. Ils n'avaient aucune raison de se retrouver ainsi dans la pénombre de la chambre d'Adriano. Pourtant, malgré ses réticences, malgré qu'il l'avait fuite pendant plus d'un mois, il avait tout fait pour se retrouver seul avec elle. Et il cherchait à le justifier par la culpabilité qui dormait sur ses épaules. Mais il n'y avait pas que ça. Adriano avait beau nier autant qu'il le voulait, il y avait autre chose qui se tramait dans son âme. « Tant mieux. » Il était abasourdi par cette réponse peu convenable. Adriano n'était aucunement soulagé par cet état de fait. Il s'apprêtait à le lui faire remarquer mais elle reprit la parole tandis qu'elle s'aventurait dans sa chambre. « Mais la prochaine fois que tu me feras le privilège de me parler comme au plus incompétent de tes sous-fifres, rappelle-toi que tu as été le premier à hurler tes insinuations au beau milieu du couloir. » Il n'était pas d'humeur à faire des excuses. Et d'ailleurs, Chiara ne semblait pas non plus être disposée à en recevoir. «Tu as raison, la prochaine fois, je ferai semblant que tout va bien et je chercherai des passages secrets pour que tu puisses continuer de vivre dans ton monde édulcoré. » Plus ils parlaient et plus il sentait que la soirée qu'ils avaient vécue ensemble était au bord du précipice. C'était une bonne chose mais il détestait de la voir s'éloigner de lui.  

«M
aintenant si tu veux bien m’excuser, à défaut de pouvoir compter sur toi pour faire bonne figure devant ma famille, j’ai quelques rires ridiculement naïfs encore en stock à aller lâcher à tes invités. » Adriano avait envie d'hausser les épaules et de juste la laisser partir. A quoi bon agir autrement? Cependant, il avait senti son corps tout entier se soulager quand ils avaient commencé leur discussion au sujet de leur secret commun. Si elle partait maintenant, il n'aurait peut-être plus la chance d'en discuter à nouveau. Elle avait à peine franchi le seuil de sa chambre qu'il lui emboîta le pas. «T'as peur de quoi? » Il l'avait dépassée et de par sa présence en face d'elle, il la poussait presque à faire marche arrière et à rentrer de nouveau dans sa chambre.   «Pourquoi tu fuis directement? » Il passa une main maladroite dans ses cheveux, fuyant lui-même la belle du regard « Je ne suis pas d'une compagnie très plaisante pour le moment mais j'ai besoin d'en parler. J'ai besoin...» Il reporta ses yeux vers elle et les laissa entrer en contact avec les siens. «... de te parler. » Il n'était plus aussi vilain dans l'intonation. Toujours un peu froid, il n'arrivait pas à se détacher de sa carapace de protection. Mais il avait fait un pas en sa direction. Il rentra dans sa chambre et alla s'asseoir sur le bord de son lit, n'écoutant aucune de ses recommandations précédentes. «Ce que tu ne comprends pas, c'est que s'il n'y avait pas de cadavre d'animal, c'est que nous avons peut-être touché autre chose qu'un animal... » Il regarde le sol et dans son esprit l'image du sol en pierre se redessine. Ce soir-là, ils n'ont rien vu. Le choc a été assez puissant mais il faisait nuit pleine et la lune s'était cachée et n'éclairait pas là où ils étaient. Le lendemain, il était retourné sur place et avait regardé la route attentivement. Des milliers d'images se sont formées dans son esprit sans savoir lesquelles étaient vraies.


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Sujet: Re: Dancing with the devil | Chiano #1 ( le Jeu 1 Aoû 2019 - 12:57 )
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Qu’avait-elle à contredire face à des excuses en tous genres, sur le crabe ou le vin, sur l’attitude d’Emilia vis-à-vis de lui, qui aurait créé une embrouille ? Ses oreilles bourdonnaient des dires insultants d’Adriano à propos de sa famille. Quelques phrases bien piquantes et agaçantes avant de partir lui avaient semblé, sur le coup, la meilleure des solutions. Surtout qu’Adriano répondait à l’attaque par l’attaque. « Tu as raison, la prochaine fois, je ferai semblant que tout va bien et je chercherai des passages secrets pour que tu puisses continuer de vivre dans ton monde édulcoré. » C’était réellement devenu du grand n’importe quoi comme discussion. En l’espace d’une seconde, ils étaient en train de se chamailler comme des enfants, à se demander quelle mouche les avait piqués. Partir, fuir, attraper une coupe de champagne et espérer que le restant de la journée passe à une allure folle. Mais le jeune homme la rattrapa bien vite pour la devancer et la faire rebrousser chemin. « T’as peur de quoi ? Pourquoi tu fuis directement ? » - « Je ne fuyais pas. » répondit-elle aussitôt, comme si de simples mots allaient tout à faire convaincre, alors qu’elle reculait pas à pas pour retourner dans cette chambre aux rideaux tirés. « Je ne suis pas d’une compagnie très plaisante pour le moment mais j’ai besoin d’en parler. J’ai besoin… » Silence. Et tandis qu’elle chercha son regard, elle le croisa finalement à l’aube d’une parole où son cœur allait manquer d’un battement. « … de te parler. » - « Oh. » répondit-elle tout simplement, envahie par la surprise de le voir parler d’une manière si franche vis-à-vis d’elle. « Hé bien, je suis là… » murmura-t-elle sur un ton très bas, alors qu’elle le voyait prendre place dans sa chambre. Elle, restait là. Plantée, droite comme un i, à ne plus savoir sur quel pied danser. Elle aurait aimé le réconforter et se blottir contre lui, tête sur l’épaule et paroles douces. Mais l’idée-même de frôler les plates-bandes d’Emilia la paralysait. « Ce que tu ne comprends pas, c’est que s’il n’y avait pas de cadavre d’animal, c’est que nous avons peut-être touché autre chose qu’un animal… » - « Stop. Arrête. » lâcha-t-elle aussitôt, comme pour empêcher ce genre d’idées d’entrer dans ses pensées, pas certaine de vouloir parler de tout ceci à voix haute. « Arrête… Ne dis pas ça. » enchaina-t-elle d’un ton plus doux. Elle ne savait pas combien de temps la technique de l’autruche allait fonctionner. Jusqu’ici, à part dans les moments où elle se sentait seule, elle avait réussi à se changer les idées et à faire comme si de rien n’était. Pourtant, cela la rongeait de l’intérieur, lui faisait perdre le sommeil, l’appétit aussi. La seule chose qui lui restait était ce sourire innocent placardé sur son visage et, même ça, Adriano lui avait reproché. « S’il y avait eu le moindre souci avec une personne, on l’aurait dit aux informations, on aurait vu des alertes postées par la police, on aurait eu ne fût-ce qu’un simple mot dans la ville pour nous mettre la puce à l’oreille. Pour moi, ce n’est tout simplement pas possible qu’on ait réussi à… enfin, tu vois… » Tuer quelqu’un. Ecraser un être vivant. Enlever la vie d’une personne. C’était bien là quelque chose de compliqué à prononcer à voix haute. Croyait-elle un seul instant à ce qu’elle disait ? Alors que le jeune homme était assis sur le bord du lit, elle avait commencé à faire les cent pas devant lui, en cherchant à ne pas marcher sur les lignes du parquet et en comptant le nombre de pas qu’elle faisait par aller-retour. Comme si des pensées rationnelles ou mathématiques allaient réussir à se maintenir loin du bel Adriano. Si, l’acte en lui-même avait quelque chose d’odieux, le pompon était que tout s’était déroulé avec Adriano. Cela aurait pu arriver avec bien d’autres personnes, mais il fallait que cela tombe sur lui. Elle s’était déjà demandé s’il avait mis Emilia dans la confidence. Après tout, ils allaient être mari et femme. Chiara n’était pas en mesure de le forcer à mentir à sa future femme. Mais les foudres d’Emilia, là où elle pouvait les éviter… « Mais quoi qu’il en soit… » reprit-elle pour chasser ce genre de pensées. « S’il y avait eu quelque chose de grave à cet… endroit-là, ça se serait su j’imagine. Le mieux serait qu’on passe à autre chose et qu’on oublie complètement ce qui s’est passé. » Sans doute le disait-elle plus pour se convaincre elle-même de ne plus cogiter à propos de cela qu’autre chose. Elle n’osait même pas imaginer l’image qu’Adriano devait avoir d’elle à ne pas vouloir assumer de telles responsabilités. La réalité était qu’elle ne savait pas quoi faire, tant qu’elle n’en savait pas plus. Elle était démunie face à cette situation exceptionnelle qui la mettait bien plus que dans l’embarras. Enfin, elle se laissa tomber à côté de lui sur le lit et finit par prononcer. « Quoi qu’il en soit, tant qu’on serre les coudes, entre nous, on devrait pouvoir s’en sortir… ».
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Sujet: Re: Dancing with the devil | Chiano #1 ( le )
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