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- Aisha | Visite imprévue [Terminé] -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Le Coeur de Naples :: Résidences
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Erio MazzeiToujours frais après un litre de café
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Erio Mazzei
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Sujet: Aisha | Visite imprévue [Terminé] ( le Jeu 1 Aoû - 1:17 )
Assis sur son bureau, un pied sur celui-ci, l’autre figé dans le vide, Erio ne cesse d’observer le tableau où sont accumulées des tonnes de photos, comme si un indice allait enfin lui sauter aux yeux. Des victimes, les blessures de ces dernières, ainsi que les noms sont affichés. Si ce n’est la tranche d’âge et les scènes de crime qui témoignent que leur homme est passé par là, rien ne se ressemble. Il n’opère jamais au même endroit et le périmètre est trop large pour identifier un quartier de résidence. Quant à celles à qui il s’en prend sont de différentes ethnies. Il n’est pas plus attiré par une fille typée qu’une caucasienne. Il semble s’attaquer à tout. La dernière en date qui est décédée a subi de lourds dégâts sans qu’il ne comprenne pourquoi. Erio a d’abord pensé qu’il s’agissait sans doute d’une femme qu’il connaissait, peut-être même son objectif final, si bien qu’il s’est acharné à trouver des éléments, à vouloir interroger des personnes de son entourage, dont une qui lui semble proche. Octavia. Cette nana qui ne veut rien lui donner. Pas une seule aide. Mais tout ça… C’était avant de faire face à une autre victime qui s’en est sortie. Le rapprochement a été automatique et l’option d’un gars qui souhaite reproduire le même schéma est impossible. La brigade a pris le soin de garder des détails secrets et le cercle qu’il n’a pas eu le temps d’achever, entourant une étoile en est un. C’est la première fois qu’il rate son coup. Habituellement, il calcule bien tout, si bien qu’il a longtemps soupçonné d’espionner ses proies avant de passer à l’action, mais toutes ses certitudes s’envolent depuis plusieurs mois. Il ne sait plus quoi penser, se rend malade en épluchant une énième fois tous les éléments qu’ils ont en leur possession.

Le coude appuyé sur sa jambe, les doigts fixés sur sa lèvre inférieure, Erio examine tout, certain que quelque chose lui a échappé. Il se lève pour annoter d’autres choses, placer des punaises à l’emplacement du studio de celle qui s’en est sortie. « Tiens. Si tu comptes faire ta nuit ici, tu en auras bien besoin. » Dario entre dans la pièce et pose un gobelet contenant un café bien chaud à l’intérieur. Tandis qu’il le récupère et en boit une gorgée, son ami reprend : « Retracer toujours les mêmes choses ne va pas t’aider à y voir plus clair. Ca fait des jours que t’es dessus. » Autrement dit, il n’a pas levé les pieds et n’a pas le recul nécessaire. Erio râle un coup, lâche un juron et envoie valser quelques feuilles de son bureau. « J’comprends pas comment on peut laisser des trucs pareils s’faire putain. » Ca lui rappelle son père. Il s’en était sorti durant des années, parce qu’il faisait attention à ce qu’il faisait, à ne laisser aucune trace. Il savait comment s’y prendre pour ne pas attirer l’attention et a semé la terreur dans la ville, avant de fauter. C’est pour éviter ça qu’il est devenu flic. Pour arrêter des monstres comme l’homme qu’il était, aussi pour se prouver à lui-même qu’il ne deviendrait jamais comme son père et là, il a l’impression de déconner sur toute la ligne. Plus le temps passe, plus ça le rend fou, plus ça le déprime. Ses cernes témoignent de son sommeil court, de sa fatigue générale, mais ça lui est égal. Tout ce qu’il souhaite, c’est que tout ça s’arrête. Il n’en peut plus de voir des femmes torturées. « R’garde ça merde. T’as vu comment il les taillade ? T’as vu ? » Trop impliqué ? Impossible de faire autrement. Dario pose une main sur son épaule et l’air grave, ordonne : « Rentre chez toi Erio. Dors. Ca fait depuis combien de temps que t’as pas eu une nuit complète ? » Il sait qu’il a raison, mais comment fermer les yeux, alors que de plus en plus régulièrement, il est confronté à ses cauchemars ? Ils ne se sont jamais arrêtés, non, ils ne font qu’empirer. « Rentre chez toi, c’est un ordre. » Il plisse les yeux et lâche un rire sans joie. « Va te faire foutre. » Depuis quand il lui donne des ordres maintenant ? Et surtout, comment a-t-il pu croire qu’il allait l’écouter ? Dario a beau être plus âgé que lui, être plus raisonnable, stable, il n’en reste pas moins un collègue et non son supérieur. Plus doucement, il souffle : « C’est un conseil d’ami. Il est tard. Rentre chez toi. » Erio tourne la tête vers le tableau, puis dans un soupir exaspéré, saisit sa veste. « A demain. » « Ouais ouais, c’est ça. » bougonne-t-il, en s’éclipsant.

Après un court trajet en voiture, c’est las qu’il monte les escaliers de son immeuble. A quelques marches de son étage, il prépare les clés de son appartement et après avoir adressé un furtif regard à une jeune femme assise contre le mur, se plante devant sa porte pour s’apprêter à entrer la clé dans la serrure, quand il fige son geste d’un coup, percutant enfin. Erio tourne la tête, pose son attention sur celle qu’il a aperçue à l’hôpital il y a quelques jours. Il s’est raccroché à son téléphone portable en espérant un message de sa part, l’a surveillé toutes les trente minutes, puis toutes les heures, sans jamais perdre cette lueur d’espoir. Et elle est là, sur son palier. « Tu connais pas l’usage du téléphone ou quoi ? » C’était bien la peine de lui donner son numéro. « T’aurais pu m’prévenir plutôt que d’glander ici. » grogne-t-il. « Ca fait combien de temps que t’es là ? » enchaîne-t-il, en ouvrant la porte de son appartement.


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Aisha Njoya10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
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Sujet: Re: Aisha | Visite imprévue [Terminé] ( le Lun 5 Aoû - 1:21 )
Le dos collé contre le mur, Aisha s’amusait avec un bâton qu’elle avait ramassé sur le chemin en venant chez Erio. Elle ignorait encore pourquoi elle était là ni même ce qu’elle dirait lorsqu’elle serait confrontée à lui. Elle savait juste que ses pieds l’avaient guidés jusqu’à chez lui. Enfin non, pas totalement. Dans un italien très approximatif, la jeune femme avait tendu la carte à des passants jusqu’à ce qu’un décide de s’arrêter pour lui indiquer le chemin à prendre. A plusieurs reprises, des gens avaient accélérés le pas lorsqu’ils arrivaient à côté d’elle pour ne pas s’arrêter, mais peu importe, elle était parvenue à trouver l’appartement. Elle aurait voulu courir jusqu’à sa destination mais par peur de se perdre, elle préféra ne rien faire. La tête renversée, les yeux fermés, elle ne faisait qu’agiter son bâton comme une baguette magique tandis qu’à voix basse elle prononçait des formules qu’elle avait entendu. Elle ne savait pas vraiment ce que ça signifiait, mais des enfants étaient venus sur son lieu de travail et elle les avait vus regarder un film sur des sorciers. En temps normal, elle resterait éloignée de tout ce qui rappelle la sorcellerie parce qu’elle ne voulait pas se faire traiter de sorcière, mais avec les musiques et toutes les couleurs, elle s’était laissée prendre au piège. Ce fut la le seul moment où elle pu souffler. Depuis sa sortie de l’hôpital elle n’a pas pu vraiment se poser, au contraire. A cause des jours de convalescences que lui imposèrent les médecins, Aisha prit beaucoup de retard dans son travail et comme elle était la seule employée de la maison… Sa main resta suspendue dans le vide alors qu’elle entendait des pas se rapprocher de là où elle était. Dans sa poitrine son cœur se mit à battre à une telle vitesse qu’elle le sentait prêt à bondir hors de sa cage thoracique. Les yeux fermés, elle n’osait pas les ouvrir de peur de voir quelque chose qui ne lui plairait pas. Plongée dans son obscurité, elle voulait se convaincre qu’ainsi personne ne lui ferait de mal. Mais c’était avant de se souvenir que la dernière fois qu’on lui avait fait du mal, elle était dans le noir. A cette pensée, elle ouvrit les yeux aussitôt avant de se lever d’un bond, le bâton toujours dans sa main, comme prête à attaquer. Un bruit de porte se fit entendre, les pas s’étouffèrent et le calme à nouveau. C’était une fausse alerte.

Comme épuisée par cette fausse frayeur, elle sentit ses jambes lâcher sous son poids et retomba à terre. Par automatisme, elle porta une main à son cou pour jouer avec le collier qui ne l’avait jamais quitté depuis son départ d’Ethiopie, mais au moment où sa main trouva le vide, elle sentit son cœur s’emballer à nouveau. Son cerveau ayant encore du mal à assimiler la nuit de l’agression, elle insista pour rechercher ce bijou qui était supposé se trouver là. Au lieu de ça, pire que de ne rien trouver, elle passa ses doigts sur la marque que lui avait laissée l’homme qui s’en était pris à elle. Dégoûté par ce qu’elle sentait sous ses doigts, elle reprit automatiquement sa main alors que sa respiration commençait à se faire de plus en plus irrégulière. Sa poitrine se soulevait plus bruyamment et à un rythme beaucoup plus frénétique que d’habitude, alors qu’elle sentait des gouttes de sueurs perler le long de son front. En entendant des pas se rapprocher d’elle, elle paniqua définitivement et dans la tentative vaine de se fondre littéralement dans le décor, elle se colla encore un peu plus au mur en se disant qu’on ne la verrait peut-être pas. Sous le foulard qui tenait ses cheveux attachés, elle avait glissé une larme de rasoir pour pouvoir se défendre si on s’en prenait à nouveau à elle, mais sa main tremblante refusait d’écouter les ordres que lui criait son cerveau. Lorsque la lumière fut levée sur la personne qui s’approchait, le cœur d’Aisha rata un battement si violent qu’elle fut aveugle pendant une demi-seconde le temps de reprendre ses esprits. C’était lui. Erio. L’homme de l’hôpital. En le voyant la fixer, elle se mit debout aussitôt et réajusta son uniforme qu’elle avait toujours sur le dos, et ouvrit la bouche comme pour s’excuser de débarquer à l’improviste. Mais avant qu’elle n’arrive à se souvenir de comment on disait tout ça, ce fut lui qui prenait la parole. La bouche entrouverte comme si elle essayait de répondre entre chaque pause, elle la referma aussitôt. Le ton de sa voix n’avait pas l’air enchanté de la voir. Pourtant elle ne comprenait pas un traître mot de ce qu’il disait. Il parlait trop vite et sûrement trop mal vu l’attitude mal élevée qu’il dégageait. « Je… pas bien… » Je pas bien quoi ? Je pas bien rien du tout. Ce malotru lui tournait le dos préférant ouvrir la porte de son appartement plutôt que de lui accorder ne serait-ce que trente seconde. Prenant son courage à deux mains, elle se rapprocha de lui et comme un peu plus tôt, tendit la carte froissée qu’elle avait gardée depuis son séjour à l’hôpital. « Carte de toi. » Souffla Aisha d’une voix tremblante. « Toi grogner comme un gros cochon. Pas content ? » Pas sûre qu’avec ça elle fasse une bonne impression, mais elle voulait juste savoir si elle avait bien cerné l’humeur du jeune homme.
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Erio MazzeiToujours frais après un litre de café
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Erio Mazzei
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Sujet: Re: Aisha | Visite imprévue [Terminé] ( le Lun 5 Aoû - 1:59 )
Pas bien quoi ? En tournant la clé dans la serrure, Erio pose son regard sur la jeune femme en attendant la suite de sa phrase qui ne vient pas. Dans un soupir, il enfonce la clé dans le deuxième trou qu’il déverrouille, puis dans le troisième. Depuis le cambriolage qui a eu lieu dans son ancien appartement et avec tout ce qui se passe, il a cette fâcheuse manie à sécuriser son lieu de vie pour ne prendre aucun risque et toutes les femmes dans cette ville devraient faire la même chose. Seulement, il y en a encore certaines pour se balader tard la nuit, rentrer seule après leur travail, sans demander à un ami proche de les raccompagner. Et tout ça alors même qu’il y a de nombreux articles pour les alerter d’un danger qui sommeille. Il y en a toujours un, mais celui-ci est d’autant plus grand que l’homme qu’il pourchasse s’attaque principalement aux femmes, les torture jusqu’à ce qu’elles perdent la vie. Celle qui se trouve à ses côtés doit bien le savoir pour en avoir fait les frais, même s’il est convaincu qu’elle ignore sur quel type elle est tombée et quelle chance elle a d’avoir survécu. Lorsqu’il la regarde, le policier ne peut s’empêcher de se faire la réflexion, en même temps que d’être peiné en imaginant le calvaire qu’elle a pu subir, mais ça ne se ressent pas, ni dans son attitude, ni dans sa façon de l’observer. La porte à présent ouverte, il jauge la carte qu’elle lui tend et dont il se souvient sans mal. Il avait tant espéré qu’elle s’en serve, mais ne s’attendait pas à ce qu’elle se pointe directement chez lui sans même le prévenir. Les gens normaux envoient un message. Elle, elle préfère attendre sur le palier de son étage pour être sûre de ne pas le rater. « J’sais. » dit-il, constatant par la même occasion son italien maladroit. Elle le parle, pas à la perfection, mais elle sait plus ou moins se faire comprendre. Les sourcils froncés, Erio lâche un soupir pour toute réponse. Ce n’est pas qu’il n’est pas content, parce qu’il est soulagé de la voir… C’est qu’il est constamment irrité pour un rien. « T’sais ce qu’il te dit le cochon ? » Bon, certes, il a un caractère de cochon, mais il n’est pas obligé de l’accepter. « Bah t’aurais pu m’prévenir au lieu de poireauter. Il y a un numéro sur la carte, t’es aveugle ? » Il aurait pu se passer n’importe quoi en attendant. L’immeuble n’est pas à l’abri d’un incident grave. Les gens peuvent rentrer n’importe comment et quand bien même il y aurait un code pour accéder au hall, il suffit d’appeler la petite dame du rez-de-chaussée qui ouvre pour être gentille, ou pour qu’on ne l’embête plus en sonnant à plusieurs reprises. « Y’a des soirs où j’rentre pas avant le milieu de la nuit. » Et c’est ce qui aurait pu se passer si Dario n’avait pas été là pour le congédier en douceur. Erio se connait, il serait resté jusqu’à sentir ses yeux lui piquer. Le fait est que cette enquête qui lui prend la tête depuis des années, commence à le rendre fou. En peu de temps, une est morte et une autre a failli y laisser la vie. La prochaine, ce sera dans combien de temps ? Il ne peut s’empêcher de penser qu’à cette heure, il pourrait errer dans les rues de Naples à la recherche d’une victime à son goût. « T’aurais fait quoi, hein ? » Est-ce qu’elle aurait patienté aussi longtemps ? Si ça se trouve, il l’aurait trouvée endormie. Erio roule des yeux, un brin agacé, avant de se calmer. Le but n’est pas de l’effrayer, plutôt de la mettre en confiance et jusque-là, on ne peut pas dire qu’il se soit bien comporté. Comme souvent. L’italien n’est pas des plus agréables et au premier abord, est trop bougon pour qu’on soit à l’aise en sa présence. Pourtant, dans son boulot, il sait faire preuve de patience avec les victimes qu’il rencontre, qu’il soutient. Normalement. « Mais c’est cool que tu l’aies utilisée. » Au final, c’est tout ce qui compte. Elle est là. « Entre, on va discuter. » dit-il, en lui désignant l’intérieur de son chez lui, lui laissant l’opportunité de faire un premier pas dedans avant lui, sans lui forcer la main pour autant.


Erio Mazzei
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Sujet: Re: Aisha | Visite imprévue [Terminé] ( le Lun 5 Aoû - 2:23 )
Peut-être qu’elle n’aurait pas dû prononcer sa dernière phrase. Lorsqu’il demanda si elle savait ce que lui disait le cochon, elle fronça les sourcils pour essayer de comprendre le sens de ses paroles. « Cochon parle pas. Si ? » Elle était perdue. En même temps, peut-être que si. Sa religion lui interdisait de manger du porc et elle n’avait pas vu beaucoup de cochon en Italie. Peut-être que celui dont il parlait pouvait parler. Personnellement, Aisha avait juste sorti cette phrase parce qu’elle l’avait entendu une fois et ça l’avait fait rire, elle ne savait pas vraiment ce que ça voulait dire ni si c’était quelque chose de très négatif. Elle avait juste compris que c’était quand quelqu’un râlait ou grognait. Encore une fois, il parlait trop vite et elle n’arrivait pas à suivre. Juste certains mots arrivaient au cerveau de la jeune femme, comme le mot aveugle. Les sourcils encore plus froncés au point de n’en former qu’un, elle tourna la carte dans tous les sens sans même savoir ce qu’elle faisait. Elle n’était pas aveugle. Elle avait beaucoup de défauts mais la cécité n’en faisait pas partie. Elle préféra ne rien répondre pour éviter d’envenimer la situation, sentant vraiment qu’elle n’aurait pas dû venir. La voix d’Erio la tira de ses pensées, l’obligeant à lever les yeux pour croiser son regard mécontent. « Rentre pas ? » Répéta Aisha parce que c’étaient là les seuls mots qu’elle avait pu comprendre. Il ne voulait pas qu’elle entre chez lui, ou lui n’avait pas envie d’entrer ? Pourquoi parlait-il si vite ? Pourquoi ne pouvait-il pas faire un effort pour elle ? Certes il ne lui devait rien mais ça allait être difficile de se faire comprendre s’il commençait comme ça. Lorsqu’elle comprit qu’il s’adressait à elle, elle baissa les yeux comme honteuse de ne pas savoir quoi répondre. Le sens de sa question, elle l’avait compris mais la réponse restait la même. Elle ne savait pas ce qu’elle aurait fait. Tout comme elle ne savait pas pourquoi elle était là et encore moins comment se passerait le reste de la nuit. Nerveuse à nouveau, les yeux rivés sur le plancher, elle porta une main à son cou, prête à se saisir de ce collier avec lequel elle jouait pour la calmer. Mais pour la deuxième fois de la soirée, sa main rencontra le vide. Elle la ferma en un poing dans son cou et la laissa tomber alors qu’elle cherchait comme un point fixe sur le sol pour éviter de croiser le regard de l’Italien. A nouveau, ce fut le son de sa voix qui obligea Aisha à lever les yeux en sentant son ton moins agressif. « Cool. » Répéta l’Ethiopienne. Elle avait entendu ce mot à plusieurs reprises, mais elle ne l’aimait pas. Il était moche et dépourvu de charme. L’Italien était une langue si belle et les gens trouvaient le moyen de la pourrir. Enfin, chaque mot qui sortait de la bouche d’Erio était moche à cause de son sale caractère et de sa fâcheuse tendance à mal parler aux gens. Ses yeux firent l’aller-retour entre l’intérieur de l’appartement et le lieutenant de police en comprenant sa proposition. Un sourire au coin des lèvres, elle ne se fit pas prier et ramassa le bâton qu’elle avait fait tomber dans l’agitation avant de pénétrer dans l’appartement. « Merci, bouffon. » Lâcha Aisha dans le plus grand des calmes. Non, elle ne l’insultait pas. Elle trouvait juste le mot « bouffon » très drôle et les enfants qui étaient venus chez ses patrons lui ont dit que c’était un terme affectif qui s’utilisait après qu’on ait remercié quelqu’un. « Appartement joli. » Commenta la servante en balayant l’entrée du regard. De toute façon elle trouvait tout beau comparé à son studio minable. « Eau s’il te plait ? Tu as ?» Attendre et lui parler avait donné soif à Aisha, qu’il soit un bon hôte et lui propose de se rafraîchir. Elle lui dira ‘merci bouffon’ à nouveau avec le sourire.
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Sujet: Re: Aisha | Visite imprévue [Terminé] ( le Lun 5 Aoû - 23:58 )
Un soupir franchit ses lèvres alors qu’il comprend enfin qu’elle ne saisit pas un piètre mot de ce qu’il raconte. Ou alors, elle prend tout au pied de la lettre. Chaque mot a un sens précis, celui dans le dictionnaire et dans son langage, ça a l’air de s’arrêter à ça. Néanmoins, il ne peut nier qu’elle se débrouille plus ou moins bien. Il y a des progrès à faire sur les expressions et les composants d’une phrase, ou sur la prononciation de certains termes employés, mais elle arrive à se faire comprendre. Ce qui n’est pas son cas. Erio secoue la tête, ne sachant même pas quoi répondre. Sur son front, on n’a pas gravé professeur d’italien. « Nan, c’est une manière de parler. » articule-t-il, en roulant des yeux. Dans la vie, il est déjà impatient, alors si en plus il doit expliquer tout ce qu’il raconte en cette fin de journée difficile, ça va l’agacer au plus haut point et impossible pour lui de le cacher. Il n’a pas pour habitude de se comporter convenablement pour faire plaisir aux autres et considère qu’il prend suffisamment sur lui pour ne pas en rajouter avec des faux-semblants ou des sourires hypocrites. « Tu me traites de cochon et moi j’te fais savoir que ça m’plait pas. Tu captes ? » Ou faut-il qu’il lui fasse un dessin ? Un instant, il pense même à le mentionner, avant de se raviser, se disant que c’est une grosse perte de temps. Ca non plus, elle n’en saisira pas le sens. Cette fille a l’air de débarquer d’un autre pays, ne semble pas être en Italie depuis des années, mais assez pour parler un petit peu sa langue natale. Il pourrait lui proposer de se parler en gaélique, mais pas certain qu’elle comprenne son sarcasme. « Si, rentre. » OK. Il vient de se taper un gros monologue, pour qu’au final, elle garde uniquement ces quelques mots en tête, dont le sens n’a d’ailleurs rien à voir avec ce qu’il soufflait. « Tu vas jouer le perroquet encore longtemps ? » Excédé, il balaye la conversation d’un geste de la main, avant de l’inviter à l’intérieur. Surpris, il s’arrête à l’entrée après avoir parcouru un seul pas. Merci quoi ? Merci bouffon ? A-t-il bien entendu ? Il la rejoint, fermant derrière eux en se repassant en boucle ce qu’elle vient de prononcer avec un calme olympien. C’est dingue. Soit elle le prend vraiment pour un débile en prenant plaisir à se jouer de lui, soit elle ne se rend pas compte de ce qu’elle dit. L’italien ne relève pas son compliment sur cet appartement qui reste sobre. La décoration est quasi inexistante, parce qu’il n’a pas eu le temps de s’y attarder, aussi parce qu’il a encore des difficultés à se sentir véritablement chez lui. Le fait est qu’il a vécu dans son ancien logement durant des années et que ça lui fait tout drôle de changer d’environnement, mais il ne regrette en aucun cas. L’attachement qu’il ressentait pour ce lieu est dû aux souvenirs qu’il y avait dedans, mais en le quittant, il s’est senti soulagé. Une manière pour lui de tourner une page, de passer à autre chose. Il est évident qu’il n’oubliera jamais son histoire avec Lana et que c’est encore douloureux lorsqu’il y songe, pas seulement parce qu’il tenait à leur relation, mais surtout parce qu’il s’est senti condamné pour des faits qu’il n’a jamais commis. Et c’est probablement ce qui fait le plus mal. Alors ce n’est pas une mauvaise chose de s’éloigner de tout ça, d’essayer d’avancer sans se mettre des bâtons dans les roues inutilement. A sa demande, il acquiesce, s’éclipse dans la cuisine pour en sortir un verre, ainsi qu’un jus de fruits qu’il lui tend une fois revenu dans le salon. « Tiens, de l’eau. » Son ton est sérieux, ne laisse pas place à la bêtise. Pourtant, c'en est une. Pas de raison qu’elle soit la seule à dire n’importe quoi et c’est dégueulasse, c’est vrai, mais l’occasion est trop belle pour ne pas la faire marcher un peu. C’est Erio. « Au passage, tu utilises mal le mot « bouffon ». C’est très affectueux. Tu utilises ça avec un homme, dans l’intimité. Tu captes ? C’est un surnom affectif, à la hauteur de… » Il pose son index sur son menton, l’air faussement réfléchi. « Chéri ? Mon amour ? Mon cœur ? Ces surnoms niais. Toi comprendre moi ou moi devoir expliquer mieux à toi ? » dit-il, en désignant le canapé.


Erio Mazzei
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Dernière édition par Erio Mazzei le Mar 6 Aoû - 1:40, édité 1 fois
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Sujet: Re: Aisha | Visite imprévue [Terminé] ( le Mar 6 Aoû - 0:39 )
Les sourcils légèrement froncés, elle préféra ne rien répondre pour ne pas s’enfoncer plus. En toute honnêteté, oui elle aurait bien aimé qu’il lui fasse un dessin. Pas parce qu’il aurait été plus clair ainsi, mais parce qu’il avait l’air d’y tenir à son dessin. De plus, ce soir elle apprenait l’expression « capter ». Et non, Aisha ne captait rien. Un regard hésitant dans sa direction plus tard, et elle accepta de pénétrer dans l’appartement de cet étranger. Elle aurait dû avoir tous ses sens en alerte à l’idée d’entrer chez un homme qu’elle ne connaissait pas vraiment, mais comme si un poids se délogeait de sur ses épaules, elle se sentait plus légère à chaque pas qu’elle faisait. « Perroquet joli oiseau. » Fut la seule chose qu’elle fut en mesure de répondre. Elle ignorait s’il disait ça pour l’insulter ou autre, mais elle voulait juste faire savoir au lieutenant qu’elle savait ce qu’était un perroquet. Mieux encore, elle comprenait comment se disait perroquet dans sa langue. Comme pour passer à autre chose, elle le remercia de son invitation avant de demander avec le plus de politesse possible un verre d’eau pour se déshydrater. En entendant la porte se fermer derrière elle, elle ne sursauta même pas comme elle avait l’habitude de faire à chaque fois qu’elle en entendait une se tirer ou claquer. A cause de son patron et de son harcèlement intempestif, Aisha était devenue paranoïaque et son cœur ne pouvait s’empêcher de s’emballer à chaque fois qu’elle se retrouvait dans un espace clos. C’était pour cette raison que la porte de son petit studio ne se fermait quasi jamais. Depuis l’agression, elle la ferme à double tour mais garde la fenêtre ouverte pour sentir l’air frais sur son visage à chaque fois qu’elle s’y penche et surtout, pour pouvoir s’échapper au moindre danger. Etonnamment, en présence d’Erio elle ne sent pas ce besoin irrépressible de s’enfuir. Alors qu’elle aurait dû. En continuant son inspection des lieux en prenant soin de ne toucher à rien, elle en oublia presque la présence du jeune homme qui la sortit de ses pensées avec le verre qu’il lui tendit et le liquide qui ressemblait à tout sauf à de l’eau. « Eau ça ? » Demanda Aisha en levant un sourcil. Elle ne parlait pas la langue de ce pays mais elle n’était pas non plus débile. « Bizarre. » Conclut la jeune femme qui décida de ne pas batailler et accepta la boisson sans rien dire, même pas un merci. La première gorgée arracha une grimace à Aisha. C’était si sucré. On aurait dit qu’elle venait de se déverser un paquet de sucre dans la bouche. Mais c’était bon, alors qu’elle était partie pour reprendre une seconde gorgée. La voix du lieutenant suspendit son geste, ses paroles faisant hausser un sourcil à l’Ethiopienne. « Quoi ? » Lâcha-t-elle pour être sûre d’avoir bien entendu. Les yeux écarquillés, elle écoutait ses explications. Elle ne savait pas ce qui la choquait le plus. D’avoir utilisé un terme affectif pour un homme qu’elle ne connaissait pas. Ou qu’il se moquait presque d’elle en parlant comme elle. En suivant son doigt du regard, elle vit qu’il pointait vers le canapé et son premier réflexe fut de reculer d’un pas. Le second de lui lancer sa boisson en plein visage. « Toi pas mon bouffon. Toi pétasse. Toi te moquer de moi. » S’emporta Aisha. « Toi moche dedans comme dehors. Grosse tête moche et méchant. Méchant ! » Lâchant le verre à même le sol, elle eut la confirmation qu’être venue ici était une mauvaise idée. Elle aurait dû brûler la carte ou peu importe, mais elle aurait dû savoir qu’Erio n’était pas là pour l’aider. Personne ne l’était.  



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Sujet: Re: Aisha | Visite imprévue [Terminé] ( le Mar 6 Aoû - 1:32 )
Pour toute réponse, il hoche simplement la tête avant qu’elle ne prenne le risque de boire le contenu du verre et à en voir la grimace qui apparaît sur son visage, le goût ne semble pas tellement lui plaire. Erio ne prend cependant pas l’initiative de lui proposer autre chose, considérant qu’elle a une langue et qu’elle peut lui en faire la demande si c’est trop désagréable en bouche. « Ce que je veux dire, c’est que- » commence-t-il, s’apprêtant à préciser qu’en la présence d’un inconnu, elle ne doit pas utiliser un tel mot. Ce qui est vrai, mais la vérité, c’est qu’il se fiche bien de comment elle nommera ceux qu’elle croisera. Sa phrase reste suspendue dans le temps, n’ayant pas l’occasion d’exprimer le fond de sa pensée qu’il se prend le jus de fruits en plein visage, chose qui le surprend, si bien qu’il fait un pas en arrière, comme si ça l’aiderait à éviter la catastrophe. « Hé ! » s’exclame-t-il, les bras écartés, alors qu’il observe son t-shirt blanc noyé sous la couche orangée. « Fais chier ! » Comment bien clôturer une soirée déjà pourrie ? Inviter une nana avec qui il peine à communiquer et provoquer cette dernière, alors qu’il est supposé établir un contact. Il ne fait rien comme il faut. Pourtant, il ne ressent aucun remord sur leur échange, mais a conscience qu’il va falloir rattraper le coup afin qu’elle ne parte pas en courant de son appartement. C’est un bon moyen de ne plus jamais la revoir. Dans cette histoire, il a plus à perdre qu’il n’a à gagner. « Eh oh, déjà tu vas me causer meilleur. » Lui, moche ? Ca, c’est uniquement parce qu’elle est furieuse contre lui et qu’elle voit tous les mauvais aspects de sa personnalité qui ne le rendent pas si beau, mais Erio sait très bien que ce qu’elle avance est loin de la vérité. « Faut dire que c’est facile aussi, tu gobes tout ce qu’on te dit. » Comment veut-elle qu’il fasse comme si de rien n’était ? Face à elle se trouve le type le plus railleur de la planète, le plus joueur aussi, mais c’est méchant, oui. Il retire sa veste qu’il place sur le dossier d’une chaise et tire sur son t-shirt, de sorte à ce qu’il ne lui colle pas à la peau. « J’suis pas plus méchant qu’un autre. J’me fous de toi en privé, tu vois. Et j’te le dis en plus. » De belles paroles ne lui sont pas soufflées, pour la descendre une fois le dos tourné. « Bon écoute. Aisha, c’est ça ? » Ce prénom tourne tellement en boucle depuis leur rencontre qu’il est impossible de l’oublier. Si Dario était là, il n’hésiterait pas à lui donner une claque sur l’arrière de la tête pour lui signifier qu’il se comporte comme le roi des crétins. Ce qu’il n’ignore pas. Et alors ? « On n’a pas commencé sur de bonnes bases, toi et moi. » Ca ne se voit pas, mais il a vraiment envie de comprendre, de l’aider, l’écouter aussi. « Alors au lieu d’me péter ma vaisselle en m’criant dessus, j’te propose plutôt de t’asseoir. On va discuter. » Une nouvelle fois, Erio lui désigne le canapé, tout en observant les dégâts causés par sa fureur. Lui qui a fait le sol la veille va devoir repasser un coup à l’endroit même où le jus de fruits colle le sol. « Fais gaffe, t’en as foutu partout. » pense-t-il bon de préciser, afin qu’elle ne marche ni sur le liquide, ni sur les bris de verre étalés.


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Sujet: Re: Aisha | Visite imprévue [Terminé] ( le Mar 6 Aoû - 12:47 )
Aisha se fichait bien de ce qu’il voulait dire. Tout ce qu’elle voulait c’était qu’il se taise. Elle n’était pas venue ici pour entendre sa vilaine voix. Enfin peut-être que si. Elle ne savait pas très bien pourquoi elle était là en premier lieux. Elle savait juste qu’elle y était et qu’elle allait devoir revenir sur ses pas parce que clairement elle n’était pas la bienvenue. Et sans savoir pourquoi, de voir qu’Erio se moquait d’elle arrivait à la toucher plus que de raison. Elle avait l’habitude des moqueries de sa patronne et même des gens dans la rue qui se moquaient ou bien de son accent ou bien de sa façon de parler maladroite en soulignant bien qu’elle était dans le pays depuis près d’une décennie et qu’elle devait avoir honte de ne pas savoir aligner des mots correctement. Elle essuyait les remarques, se contentait de sourire timidement pour masquer sa gêne et baissait la tête en attendant de terminer ses courses. Mais ici, en plus de l’agacement d’un tel comportement, elle senti son cœur se serrer dans sa poitrine. C’était donc lui qui était supposé lui venir en main ? C’était cette main tendue qu’elle devait saisir ? Il était donc sa seule porte de sortie dans le monde misérable qu’elle vivait ? Au final il ne changeait pas des blancs qu’elle avait connus jusque-là. Hautain. Condescendant. Moqueur. Et moche en plus. Du moins son sale caractère le rendait moche à ses yeux. « Ferme ta gueule ! » Répondit Aisha la voix qui commençait à monter dans les aigües. C’était étrangement la seule chose qu’elle savait bien formuler dans cette langue, mais ça c’était parce que c’était la phrase qu’on lui répétait le plus depuis qu’elle était dans ce pays de merde. Le doigt levé dans sa direction alors qu’il demandait à ce qu’elle parle mieux, elle avait décidé de laisser sa colère s’exprimer et avait exigé qu’il se taise. Elle était en droit de se sentir blessée et d’avoir réagit de la sorte. Elle était épuisée de devoir se taire et de se laisser être rabaissée devant ces gens parce qu’ils se pensaient mieux qu’elle. Elle n’était peut-être pas aussi intelligente qu’un lieutenant de police, mais elle au moins avait la décence de ne pas se moquer ouvertement d’une personne qui venait clairement demander de l’aide. Enfin pas clairement. Mais le fait qu’elle soit là devrait compter comme un signe de détresse non ? Moche et aveugle. Il n’avait décidément rien pour lui. En voyant qu’il continuait de parler, son doigt s’abaissait un peu. « Gober ? » C’est quoi gober ? Elle gobe quoi ? Elle gobe qui ? Pourquoi devait-il toujours utiliser des mots qu’elle ne comprenait pas ? Il le faisait exprès, elle le savait. « Gobe toi-même ! » Essaya-t-elle de se défendre sans bien comprendre contre quoi elle se défendait exactement. Le doigt finalement baissé alors qu’elle observait les dégâts que son verre avait fait sur son t-shirt blanc qui dessinait ses muscles sous le tissu, son regard se perdit un moment. En réalisant que son regard s’attardait, elle leva la tête aussitôt les sourcils froncés. « C’est moi. » Dit-elle en entendant son prénom comme si elle avait besoin de préciser que c’était d’elle dont on parlait. « Discuter. » Elle recommençait à répéter les seuls mots qu’elle comprenait. Un regard en direction d’Erio puis du canapé qu’il pointait du doigt, elle hésita de courtes secondes avant de se décider à aller s’installer. Sur la pointe des pieds, elle évita le jus qu’elle avait renversé et alla s’asseoir à l’extrémité du canapé, au bord pour être prête à bondir vers la porte si elle le devait. Après s’être assise, elle fixa un instant le sol, silencieuse, avant de lancer les mains jointes sur ses jambes croisées. « Gras de ton ventre, collant. » Elle ne savait pas comment dire muscle. Et de toute façon, peut-être que c’était bien du gras, elle avait mal vu sous cette couche de tissu orangé. « Toi vouloir parler de comment ? » Comment quoi ? Comment rien du tout. Elle avait juste essayé de prononcer une phrase complète et avait mélangé ses mots. Elle voulait dire parler de quoi.  



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Sujet: Re: Aisha | Visite imprévue [Terminé] ( le Mar 6 Aoû - 23:41 )
La surprise est telle qu’il entrouvre la bouche sans prononcer le moindre mot, incapable de rétorquer quelque chose tant il ne s’attendait pas à ce qu’elle s’emporte de la sorte. La dernière fois qu’on lui a demandé de fermer sa gueule, de manière si spontanée, remonte à quand ? Erio n’en a pas le souvenir, n’est même pas certain que ce soit un jour arrivé. Pas que les femmes n’osent pas, au contraire ; il n’attire pas la sympathie, les pousse dans leur retranchement, ce qui les agace, si bien qu’elles s’expriment férocement. Son attitude fait naître le négatif en elles, leurs défauts, tout ce que les personnes cachent au premier abord et là encore, il vient de le prouver. Mais si ça l’étonne, il reprend très vite l’usage de sa langue. « Ah pour pas comprendre c’que je te balance, t’es forte, mais ça tu sais dire. » Elle emmagasine vraiment ce qu’elle désire, pense-t-il, en soufflant fort. Alors qu’il est à deux doigts de poser les siens sur celui levé en sa direction pour le décaler, l’italien est de nouveau pris au dépourvu par son manque de compréhension. Gober, voilà un terme qu’elle ne semble pas avoir l’habitude d’entendre. « Tu veux que j’gobe quoi ? » Mais plutôt que de lui donner la définition, il continue la conversation comme si de rien n’était. Il passe sa main sur son visage, efface quelques gouttes de jus de fruits, puis après un regard vers elle qu’il voit s’approcher du canapé, disparaît dans la cuisine de laquelle il ressort avec une serviette autour du cou et le nécessaire pour nettoyer le massacre. « T’insinues quoi là ? Que j’suis gros ? » Erio s’accroupit, éponge le liquide et saisit les bris de verre qu’il lâche dans la pelle, s’efforçant de ne laisser aucun morceau en finalisant avec la balayette. Lorsqu’il se relève, il la dévisage un instant. Elle, son foulard emprisonnant ses cheveux, s’interroge de longues secondes sur la façon dont il va bien pouvoir mener la discussion. Dans un soupir, il s’éclipse une nouvelle fois pour abandonner l’éponge dans l’évier et jeter le verre dans la poubelle. Il ne peut s’empêcher de penser qu’il aurait bien besoin de la patience de Dario qui, dès qu’il entendra le déroulement de sa soirée, s’empressera de se ficher de lui, non sans lui indiquer que son caractère de cochon le perdra un jour. « Tu vis ici ? » demande-t-il, en revenant près d’elle. Il s’assoit sur l’accoudoir du canapé, à l’opposé d’elle, appuie un pied sur la table basse. « Putain. T’as pas idée à quel point t’as échappé au pire. » Pour les médecins qui l’ont prise en charge, c’est une sacrée chance. A leurs yeux, Aisha est tombée sur un mauvais type, au mauvais moment, mais Erio sait très bien que ça va au-delà et il ignore encore comment c’est possible. Son homme ne fait jamais de faute. Jamais. Avec la serviette, il frotte son cou, espérant retirer cette sensation collante et désagréable sur sa peau. « Comment tu t’sens ? » Il n’a sans doute pas l’air, mais il s’inquiète sincèrement pour elle. Erio, il n’a juste pas envie qu’il lui arrive quelque chose. « On peut parler de ça ? » Il lui désigne sa gorge, là où le symbole qui le hante depuis quelques années est gravé. Même s’il sait pertinemment que ce doit être douloureux, difficile de revenir sur un événement traumatisant, il a besoin de comprendre, de savoir, qu’elle lui confie tous les détails. Du début de sa soirée, jusqu’à son réveil à l’hôpital. Il prend tout, le moindre élément, même ce qui ne lui semble pas important. Pour elle, ça ne le sera peut-être pas, mais pour Erio, ça le fera peut-être avancer. « C’est pour ça que t’es là ? Pour qu’on en parle ? » Ou alors, elle n’a pas envie de s’attarder, mais si elle recherche de l’aide à travers lui, alors il faudra bien à un moment qu’ils en parlent.


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Sujet: Re: Aisha | Visite imprévue [Terminé] ( le Mer 7 Aoû - 1:44 )
Bien sûr que ça elle savait dire. Aisha savait très bien insulter en Italien, à force de les entendre à son encontre elle finissait par retenir. Cependant, c’était la toute première fois qu’elle les utilisait à voix haute contre une personne. Et elle n’aurait pas pu mieux trouver comme personne parce que celle-là méritait toutes les insultes qu’elle lui proférerait. « GOBE TOI-MÊME ! » Redit la jeune en élevant le ton comme pour être sûre qu’il entende bien ses mots. S’il ne savait pas quoi gober, elle n’allait pas le savoir non plus. Qu’il se gobe lui-même elle a dit. Sans se faire prier après avoir hésité de longues secondes, elle alla s’installer sur le canapé en suivant du regard les moindres faits et gestes de l’italien. A sa question, elle se contenta d’hausser les épaules. Là encore, elle n’avait pas compris et avait pu seulement comprendre le mot « gros ». Comme elle ne savait pas ce que « insinuer » voulait dire, elle préféra opter pour le silence comme ça elle ne risquait rien. Assise dans le canapé les moins jointes sur ses jambes, elle reprit son examen rapide des lieux et remarqua quelques traces de poussière qu’elle avait envie de nettoyer. Pas parce que la poussière la dérangeait, mais parce qu’elle avait pris cette routine depuis dix ans de nettoyer dès qu’elle voyait de la poussière sous peine d’être disputée. Une voix intérieure essayait de rassurer Aisha en lui disant qu’elle était en sécurité ici et que personne n’allait la menacer de la renvoyer en Ethiopie si elle ne s’exécutait pas sur le champ, pourtant la nervosité se lisait facilement sur son visage. Comme depuis le début de la soirée, elle porta une main à son cou pour essayer de trouver le collier de sa mère mais à nouveau, elle rencontra ce même vide qui lui serra le cœur encore un peu plus. La voix du jeune homme la sortit de ses pensées. Lorsque son regard se posa sur lui, elle vit qu’au lieu de s’asseoir, il avait préféré poser ses fesses sur l’accoudoir et les pieds sur la table basse. Qui allait nettoyer ça ? Malpropre, pensa-t-elle. « Je… » Elle se contenta de pointer le doigt dans une direction au hasard pour répondre à sa question qu’elle avait comprise. Non, elle ne vivait pas ici. Elle vivait même assez loin d’ici mais avait fait un détour exceptionnel ce soir. « Au pire… » Répéta Aisha. « Mort ? » Osa demander la servante. Elle avait compris à peu près le sens de la phrase. Elle avait échappé à la mort. Ce qui était vrai mais  à quel prix. Vu la vie qu’elle menait, est-ce que sa mort aurait fait une différence ? En regardant son parcours, elle n’était même pas supposée être là, pourtant elle l’était. A sa nouvelle question, elle baissa la tête pour éviter son regard. Là aussi elle avait compris le sens de sa question mais n’avait aucune réponse à fournir. Elle se sentait épuisée à cause du sommeil qui lui manquait. A cause de l’exploitation de ces blancs qui ne cessaient de profiter d’elle. Apeurée à cause de cette agression qu’elle ne comprenait toujours pas. Et encore plein d’autres choses auxquels elle essayait de ne pas penser. Lorsqu’elle osa un regard dans sa direction et qu’il désigna la marque sous son cou, elle laissa ses doigts dessiner à nouveau le dessin inachevé de son agresseur avant de serrer le poing en sentant à nouveau le vide. « Non. » Première réponse claire de la soirée. Elle n’était pas là pour parler de ça. Elle ne savait même pas pourquoi elle était là. Elle l’était juste parce que ses pieds l’avaient guidé ici. « Être ici, pas savoir… » Elle ferma les yeux un instant pour essayer de mieux exprimer ses pensées. Elle se détestait tant de ne jamais avoir pris la peine d’apprendre cette langue. « Collier de maman. » Elle désigna son cou vide et fit un signe de mains comme évaporé. « Agresseur prendre collier. » Son regard paniqué en disait long sur son malaise et sa difficulté à trouver ses mots, mais elle voulait tout de même le faire. « A moi. » Elle répéta ces deux mots au moins trois fois en tapant sur sa poitrine pour indiquer que le collier lui appartenait et qu’elle ne l’avait plus. « Prendre collier, marque à la place. » Sa voix se mit à trembler à ces mots alors qu’elle revivait cette soirée horrible. « Moi morte, mieux pour tout le monde. » Lâcha-t-elle finalement, ses mains accompagnant ses paroles en retombant sur ses genoux, son regard vers le sol. Elle était si épuisée par tout ça, qu’elle aurait voulu que son cauchemar se termine dans les mains de ce tueur. Quelque part, elle en voulait même à ses sauveurs. A lui, assis en face d’elle.   



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Sujet: Re: Aisha | Visite imprévue [Terminé] ( le )
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