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- Aisha + Emancipate yourself from mental slavery -

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Aisha Njoya10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
Aisha Njoya
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Sujet: Aisha + Emancipate yourself from mental slavery ( le Lun 5 Aoû 2019 - 0:21 )
None but ourselves can free our mind
Aisha Njoya
scénario de Erio Mazzei
Identité :Aisha . Prénom donné par sa mère qui signifie "vivante, pleine de vie" en arabe. Parfois elle se demande si sa génitrice ne lui a pas donné ce prénom parce qu'elle savait qu'elle serait la seule. Njoya. Nom de famille qu'elle tient de son père est qui à ce jour, est la seule vraie preuve qu'elle en ait un.

Naissance :16 juin 1990 dans la vallée de l'Omo en Ethiopie au milieu du bétail et des montagnes.

Origines :Éthiopienne, descendante de la tribu des Hamers.

Statut :Célibataire avec une méfiance pour les hommes.

Métier :Femme à tout faire pour une famille blanche qui retient ses papiers en otage. D'une prison qu'elle a réussi à fuir, elle en passe à une autre.

Argent : Avec une situation précaire qui lui permet à peine de survivre, elle ne se plaint pourtant pas et garde espoir qu'un jour elle trouvera cette liberté tant espéré.

A Naples depuis :(quand es-tu arrivé à Naples ?) mi-juillet 2019.

Après avoir passé toute une vie à s'écraser et à obéir, Aisha ressent ce besoin de s'émanciper d'une façon ou d'une autre. Le seul moment où elle arrive à se sentir pleinement libre c'est lorsqu'elle se met à courir jusqu'à avoir les poumons en feu. Elle aime sentir le sol presque décoller sous ses pieds en gagnant de la vitesse, elle aime aller vite et ce sentiment d'invincibilité. Aisha c'est une femme courageuse qui ne se voit pourtant pas comme telle. Elle se voit comme quelqu'un de normal que la vie n'arrête pas de rabaisser. Elle se voit comme l'enfant de la vallée d'Omo qui a grandit trop vite et qui ne connait rien à la vie. Comme l'étrangère arrivée il y a 10 ans dans ce pays mais qui ne sait toujours pas parler la langue. Elle se sent comme perdue alors que dans sa tête elle ne rêve que d'une chose : la liberté pour toutes ses soeurs qui souffrent et ont souffert comme elle. Le petit caractère qu'elle cache bien lui a valu des coups de fouets et des coups bien des fois, et même si aujourd'hui sa voix s'est tue, elle est toujours là, prête à éclater à tout moment. Méfiante des hommes en général, elle se méfie également des blancs qui ne lui ont pas fait de cadeaux depuis son arrivée au pays. Elle se contente donc juste de baisser la tête et de les maudire en silence.

poids :
56 kg
alcool :
0 verre
cigarettes :
0 par jour


la chanson la plus écoutée en boucle :
Water Beyoncé


Conclusion de ta vie Aussi misérable que la vie d'Aisha puisse paraître, il y a ce sentiment d'inachevé qui la tracasse. Tant de malheurs ont rythmé sa vie qu'à seulement 29 ans elle a l'impression de ne pas avoir vécu assez de choses. Toute sa vie elle l'a passée à obéir, à baisser la tête et les yeux, à courber l'échine... Elle est venue dans ce pays
à la recherche de cette liberté dont elle rêvait mais là encore, elle ne sait pas comment faire pour la trouver. Elle sent toute l'excentricité qui fait parfois bouillonner son cerveau. Elle sent également ce besoin d'aventure qui l'a poussé à quitter son village en pleine nuit. Mais depuis elle n'a plus rien fait, et c'est un constat qui l'attriste grandement. Et depuis l'agression, elle sent comme quelque chose la retenir de se pousser dans ses retranchements pour goûter à cette vie qu'elle avait tant rêvé dans le camion qui l'a conduit ici.

(un) Originaire d'Ethiopie, c'est au milieu de la vallée de l'Omo qu'Aisha poussa ses premiers cris. Dans une vieille hutte dans laquelle sa mère venait d'élire domicile pour la nuit, toutes les femmes du village s'étaient attroupés autour d'elles pour accueillir la venue du nouveau bébé du village. Comme pour la plupart des naissances, le père était resté dehors, estimant qu'il n'avait pas sa place parmi ces bonnes femmes. Lorsqu'une des sages-femmes de fortune alla rapporter la nouvelle que sa femme venait de donner naissance à une petite fille, ce dernier tourna les talons sans un mot pour aller regagner sa place sous l'arbre. Et ainsi commença une vie de mépris. (deux) A cause de sa couleur de peau plus claire que celle des autres filles du village, des rumeurs ont commencé à courir au sujet de sa mère qui serait allée voir ailleurs. Ce n'est évidemment pas le cas. Sa mère n'a connu qu'un seul homme, et aujourd'hui encore elle ne saurait expliquer pourquoi sa peau est plus claire que celle des autres villageois. En plus de sa condition de femme qui l'excluait d'un monde que les hommes lui fermaient, elle se retrouvait également mise à l'écart par les filles de son âge qui la traitaient comme si elle avait une maladie contagieuse. La seule personne qui l'aimait pour ce qu'elle était, c'était bien sa maman qui ne cessait de lui répéter que les autres étaient jalouses parce qu'elle était plus belle que toutes les filles du village. Selon elle, sa peau claire légèrement bronzée la démarquait des autres et la rendait plus belle que celles à la peau foncée. Elle n'a jamais su quoi penser de ça. Elle ne voulait pas se trouver plus belle qu'une autre à cause de sa peau, elle voulait juste des amies avec qui jouer. (trois) Passer une partie de son enfance toute seule a obligé Aisha à se montrer créative pour passer le temps. Très vite elle a développé la fâcheuse tendance à imiter tout ce qu'elle voyait. Pas forcément pour se moquer, mais pour se sentir incluse d'une manière ou d'une autre. Sa mère était la seule témoin de cette personnalité pétillante et de cette énergie qu'elle avait à revendre. Dès lors qu'elle se retrouvait au milieu des autres filles qui la méprisaient elle restait dans son coin et les observait sans rien dire. Au milieu des hommes, elle écoutait juste et gardait la tête baissée le plus possible pour éviter de croiser leurs regards. Une fois seulement elle a eu le malheur de répondre à un de ses oncles présent qui a très vite réagit en lui en collant une devant tout le monde. La joue douloureuse, les yeux emplis de larmes, elle avait levé la tête comme pour être sûre de ce qu'il venait de se passer, mais à peine avait-elle pu la baisser à nouveau qu'une nouvelle claque s'abattit sur sa joue. Très vite elle se retrouva tirée en arrière par une poignée de cheveux qu'on agrippa, et fut traînée hors de la hutte commune et attachée à un arbre par les mains. C'était son père. Ce géniteur qui se souvenait enfin de l'existence de sa fille dès lors qu'il fallait la corriger. Comme à chaque fois qu'elle désobéissait, il se saisit du fouet qui lui servait à dresser ses bêtes et le laissa s'abattre sur le dos de la petite fille à plusieurs reprises. Plus elle pleurait, plus elle criait et plus les coups pleuvaient sur sa chair mise à nue. Lorsque son poignet fut trop fatigué pour continuer à asséner les coups, il tourna les talons pour la laisser là au clair de lune avec le dos endolori, marqué une fois de plus par une colère incontrôlée. (quatre) Depuis ce jour, Aisha a apprit à fermer sa bouche en présence des hommes. Elle le faisait déjà avant, mais depuis elle contrôle même sa respiration de façon à ce qu'elle ne soit pas trop forte au risque de provoquer une colère. Elle a apprit sa place au milieu de cette société régit par ces hommes. Ca ne lui plait pas et la seule personne à qui elle peut en parler c'est à sa mère qui l'écoute, hoche la tête et lui interdit de répéter de tels propos hors de chez eux. Chose qu'elle ne fait pas forcément, elle apprend juste à trouver le bon moment pour mener sa petite révolution. Les rares filles du village avec qui elle traîne l'écoutent de la même façon, mais n'hésitent pas à se moquer des idées qu'ils jugent bon pour les blancs. Le Coran dit que la place de la femme est inférieure à celle de l'homme. Qu'elles leur doivent obéissance. Aller à l'encontre de cette valeur c'est aller à l'encontre du Coran. (cinq) La veille de ses 16 ans, on lui présente un homme qui sera lié à elle à tout jamais. A cause d'une dot importante son père ne fut pas en mesure de refuser, il promit la main de sa fille sans même lui demander son avis. Pourquoi l'aurait-il fait de toute façon ? Elle était une femme. Elle était née pour servir les hommes et obéir. Si à son paternel elle n'osa rien dire, c'est à sa mère qu'elle alla se plaindre pour lui dire qu'elle refusait cet union. L'homme en question avait l'âge d'être son père et de vu, il la répugnait déjà. Elle passa des jours à pleurer en silence à cause de sa mère qui au lieu de l'aider à s'échapper de cet enfer, lui caressait doucement les cheveux tous les soirs avant de dormir en lui promettant que ça se passerait bien tant qu'elle obéirait. Derrière un visage noyée par les larmes, elle accepta de l'écouter parce qu'il n'y avait aucune raison pour qu'elle lui mente. Contrairement à son père, elle s'était toujours souciée d'elle. Si elle lui promettait que ce mariage se passerait bien, alors ce serait le cas.(six) Le jour J arriva à une telle vitesse que pendant les préparatifs elle n'eut même pas le temps de souffler. Tout le visage s'était attroupé chez la futur mariée pour célébrer cette nouvelle union où la musique battait son plein et où la nourriture y était disposée en abondance. Dans son coin, elle se contentait de picorer ici et là pour essayer de se dénouer l'estomac. Elle  n'avait pas envie que cette soirée se termine parce que ça voudrait dire qu'elle devrait aller dans son nouveau chez elle, avec cet homme qui était à présent son mari. Jamais elle n'avait vu son père si heureux. Elle ignorait si c'était à cause de la dot qu'il avait reçu, si c'était parce qu'il se débarrassait enfin d'elle, ou si c'était la joie de voir sa fille unique enfin mariée. Perdue dans ses pensées, elle ne s'était même pas rendue compte que les gens la fixaient et que son mari était déjà debout à ses côtés, la main tendue dans sa direction. Tremblante, elle accepta de glisser sa main à elle dans la sienne, et elle fut partie pour sa nouvelle vie.(sept) La nuit de noce fut sans doute la plus horrible. Les larmes aux yeux alors qu'elle étouffait ses cris en se mordant l'intérieur des joues, elle pleurait en silence en fixant le mur au-dessus de sa tête le temps que son mari finisse. Pas une seule parole n'avait été échangée entre la hutte de ses parents jusqu'à celle qui allait devenir sa nouvelle. Avec une urgence qui la paralysa, il avait enlevé ses habits un à un avant de la balancer sur le lit avec ce regard lubrique qui lui retournait l'estomac. Acceptant sa condition de femme mariée, elle resta complètement stoïque pendant l'acte. Et lorsqu'il eu terminé, elle couvrit son corps avec les draps qu'elle ramena en vitesse contre elle, avant de les plaquer contre sa tête pour y hurler en sanglotant.(huit) Maintenant qu'elle était une femme mariée, elle devait accepter que toute sa vie tournait autour de son mari. Peu importe ce qu'elle faisait, ça affectait d'une manière ou d'une autre l'homme avec lequel elle partageait sa vie. Aisha accomplissait ses tâches et ses devoirs conjugaux en souffrance et en silence et sans jamais en avoir envie. Lorsque son mari ne profitait pas de son corps, il posait ses mains sur elle pour "lui apprendre les bonnes manières" c'était ses mots. A plusieurs reprises elle allait rendre visite à sa mère avec un nouvel hématome qu'il lui était impossible de cacher. Certains pourraient s'indigner, mais pas elle. En Ethiopie, c'était normal. Un homme qui ne bat pas sa femme est considéré comme faible et lâche. Celui qui marque le corps de sa femme en revanche, est vu comme fort, comme celui qui tient les rennes de son ménage. La violence était de toute façon monnaie courante au sein de son peuple, alors plutôt que de se plaindre elle faisait comme sa mère avait l'habitude de faire devant elle à chaque fois qu'elle recevait des coups. Elle gardait la tête baissée et attendait que ça passe.  (neuf) Au bout de même pas trois mois de mariage, elle tomba enceinte. En sentant son corps changer, c'est à sa mère qu'elle se tourna en premier pour lui annoncer la nouvelle, pas certaine que ça en soit une bonne. La panique qu'elle vit dans les yeux de sa génitrice lui confirma ce qu'elle se refusait de penser. Son mari l'apprit bien vite à cause des commérages qui ne faisaient jamais de pause dans son village. Les semaines qui se succédèrent furent les plus compliqués pour Aisha. Plus elle sentait la vie qui grandissait en elle, et plus elle se rendait malade à force d'être nerveuse. Tous les jours elle se rendait dans la hutte de sa mère et y restait des heures durant où elles concoctaient des tisanes pour mettre fin à la vie de cet enfant qui ne devait jamais voir le jour. Le temps pressait. Les tisanes n'avaient pas l'air de fonctionner et le ventre d'Aisha commençait à se bomber. Dans un geste de désespoir, elle profita d'une sortie en ville avec son mari et les autres filles filles, pour se jeter du haut d'un escalier, prétendant ensuite avoir trébuchée. Cette chute lui valut un séjour rapide dans un hôpital où les médecins furent catégorique avec elle; elle était la patiente la plus chanceuse du monde parce que l'enfant avait survécu. Face à une telle nouvelle, c'est sa mère qui intervint en lui refilant en toute discrétion des aiguilles pour qu'elle se plante dans le ventre. La dernière aiguille, c'est sa mère qui l'enfonça dans son ventre. Et comme ça, elle fut débarrassée de ce microbe. (dix) C'est le déshonneur qu'elle apporte sur sa famille et une fois de plus, c'est à la colère de son père qu'elle se confronte. Son mari ne voulant plus d'elle, c'est à son chevet qu'elle est obligée de repartir. Ce qui ne l'enchante pas vraiment. Les seuls vrais moments de répits pour Aisha fut son court séjour à l'hôpital. Très vite, une idée germe dans sa tête. Elle a envie de découvrir ce qui se trouve hors de son village. Elle a envie de cette aventure et de cet inconnu qu'elle ne connait parce que de toute façon, ça ne peut pas être pire qu'ici. Dans son village, elle continue à essuyer les moqueries, les commérages et les coups des hommes qui n'ont plus aucune estime pour elle. Si sa condition de femme la condamnait à être prise pour un objet sans cervelle qui n'a pas droit à la parole, depuis cet avortement forcé elle est considérée comme cette fille facile qui ne trouvera jamais de maris. A chaque sortie, qu'elle soit accompagnée ou laissée seule pendant quelques secondes, les hommes la reconnaissaient et se mettaient à siffler sur son passage avant de lui saisir le bras avec violence pour qu'ils obtiennent d'elle des faveurs sexuelles. (onze) A l'approche de ses 19 ans, Aisha était dans un état mental tellement lamentable qu'elle n'avait qu'une idée en tête : la fuite. Pendant près de deux ans, elle avait refoulé cette envie en se persuadant que sa place était auprès de sa famille, mais même l'attitude de sa mère avait changé vis-à-vis d'elle sans qu'elle ne comprenne vraiment pourquoi. Enfin si. Elle le savait. A cause de ses agissements, le village avait commencé à parler et sa mauvaise réputation commençait à l'affecter. Alors qu'elle faisait part de ses envies de voir le monde à une des filles avec qui elle s'entendait bien, il ne fallut pas longtemps à sa mère pour intervenir dans la conversation pour demander des explications à la jeune femme. La tête baissée, elle répéta son besoin de voir autre chose que ce village, ces vaches et ces personnes. Pour la première fois en presque 19 ans, une violente dispute éclata entre les deux femmes et une claque vola pendant la conversation houleuse. Surprise par un tel geste, Aisha porta une main à sa bouche et y récupéra une goutte de sang à cause de l'impact du gros bijou de sa mère qui avait tapé dans sa lèvre. Cette fois c'était décidée. Elle n'avait plus sa place ici. Elle en avait reçu des coups. Son dos était si marqué qu'elle ne ressentait quasi plus les coups de fouet lorsqu'ils s'abattaient contre sa chair. Mais la claque que sa mère venait de donner à Aisha avait ébranlé son âme de sorte que le petit espoir qu'elle avait que tout finirait par s'arranger un jour pour elle, se désintègre complètement en elle. Sans dire un mot, elle adressa un simple regard à celle qui lui a donné la vie, et prit la fuite sans jamais se retourner. Pieds nus, elle traversa tout le village sous le regard interpellé des habitants qui n'eurent même pas le temps de se moquer comme d'habitude. Pendant des heures, elle courut aussi loin que ses jambes faibles l'amener. Les pieds en sang, sale, toute en sueur et la cage thoracique en feu à cause de l'effort physique qu'elle venait de fournir, c'était la première fois qu'elle se sentait aussi libre. Les bras tendus lorsqu'elle prenait de la vitesse au milieu de la montagne, elle avait presque eu l'impression de voler. Il fallait qu'elle parte. Qu'elle déploie ses ailes et qu'elle s'envole très loin de cette famille, de ce village, de ce pays. (douze) Les jours qui suivirent l'altercation avec sa mère, c'est un silence glacial qui s'installa entre elles. Sa mère n'avait pas l'air de vouloir faire le premier pas, et Aisha ne voyait pas pourquoi elle le ferait. Il ne lui restait plus beaucoup de temps à faire au village alors pourquoi s'embêter. Le soir de son départ, elle prépara dans un pagne quelques affaires qu'elle rangea en boule et y dispersa quelques objets de valeurs qu'elle déroba à ses parents. En pleine nuit, elle quitta les lieux avec une boule au ventre qui lui donnait envie de revenir sur ses pas à chaque fois qu'elle en faisait un. Son désir de liberté se confrontait à sa peur du monde réelle, si bien qu'elle versa quelques larmes sur le chemin jusqu'au point de rendez-vous avec les autres filles qui avaient décidé comme elle de partir. Arrivée à l'entrée du village, c'est une voix qui retentit dans son dos qui la stoppa net. La boule ne fit que grandir dans son estomac. Elle aurait pu fuir, mais décida de se retourner tout de même. En voyant sa mère courir dans sa direction, elle lâcha son ballot et franchit les quelques pas qui la séparait de cette dernière en se mettant à courir de la même façon. Sans réfléchir, elle la serra fort contre elle et fondit en larmes en sachant que ce serait la dernière fois qu'elle sentirait la chaleur de sa mère. Après plusieurs baisers que sa mère parsema sur son visage, elle la prit une dernière fois dans ses bras avant de glisser dans une de ses mains un bijou qu'elle n'avait encore jamais vu. Un collier avec une vieille ficelle qu'elle avait récupéré et une pierre de son village au bout. Pour qu'elle n'oublie jamais d'où elle vient, lui avait soufflé sa maman. Le coeur serré, elle le mit directement autour de son cou et lui adressa un dernier regard avant de tourner les talons pour de bon. Son coeur avait beau être plus léger d'avoir pu dire au revoir à celle qui resterait l'amour de sa vie, il n'en restait pas moins douloureux de savoir qu'elle serait confrontée à un monde sans elle à ses côtés. Et de tous les objets qu'elle avait pu récupérer, celui qu'elle avait placé juste au-dessus de son coeur était de loin le plus précieux. (treize) Les jours qui suivirent, c'est à l'arrière d'un camion entassé comme du bétail qu'Aisha dû apprendre à vivre. Au milieu d'une dizaine de filles avec chacune une histoire différente, elle a su trouver sa place en contant la sienne. Toutes rêvaient d'une vie meilleure que le monde occidentale pouvait leur offrir dans leur idéal. Mais au bout de dixième lune alors qu'elles ne s'arrêtaient plus qu'une fois par jour pour pouvoir se dégourdir les jambes, les esprits commençaient à se fatiguer de plus en plus en plus et l'espoir avec lequel elles étaient venues, s'essoufflait à vue d'oeil. Les conditions dans lesquels elles se déplaçaient n'étaient tellement pas idéales qu'il ne fallut pas longtemps pour que les filles tombent malade chacune à leur tour. Sur un groupe de 15 femmes, seules 5 arrivèrent au bout du voyage non sans mal. Ce voyage long et épuisant les avait toutes affaiblies au point qu'Aisha n'ait plus que la peau sur les os. Sous-alimentée, n'ayant pas vue la lumière du soleil depuis des jours parce qu'ils faisaient de moins en moins d'arrêt pour arriver au plus vite à destination à moins de changer de chargement, le mental de la jeune femme en prit un coup. Mais comme à chaque fois, elle n'avait pas le temps de se morfondre. En arrivant sur le sol Européen, la première chose qu'elle fit fut de tomber au sol et d'embrasser la terre d'espoir sur laquelle elle était arrivée. Le visage tournée vers le ciel, les paumes également, c'est à Allah qu'elle dédia sa première pensée. Elle l'avait fait. Sa nouvelle vie pouvait enfin commencer. (quatorze) Placée dans un centre avec des femmes dans la même condition qu'elle, Aisha comprit rapidement que son futur n'était pas encore scellé. Dans les couloirs, plusieurs personnes défilaient par jour, principalement des blancs. C'était la première fois qu'elle en voyait autant. Elle allait devoir s'habituer à en voir, elle était en Europe maintenant. A chaque fois qu'elle en croisait dans un couloir, elle baissait la tête et courait dans la pièce la plus proche pour s'isoler afin d'éviter des représailles. Un jour, elle fut convoquée par l'un des chauffeurs qui l'avait emmené dans ce centre et après un échange dans une langue qu'elle ne comprenait pas, on l'envoya récupérer le peu d'affaires qu'elle possédait. A partir d'aujourd'hui elle travaillerait pour ce couple qui prendrait soin d'elle et qui lui offrirait la liberté qu'elle était venue chercher. Un sourire timide au coin des lèvres, une fois à l'abri des regards elle couru dans les couloirs pour aller emballer ses affaires et la voilà partie. Les premiers jours se passèrent sans problèmes. On lui expliqua les tâches qu'elle devait accomplir et on la laissa s'installer dans sa chambre de bonne. Après une semaine, elle portait déjà l'uniforme qui mettait en valeur les courbes que même la sous-alimentation ne pu pas faire disparaître. Le travail était épuisant mais c'était le prix à payer pour une vie libre. C'est à la fin du premier mois que tout vira au cauchemar. Ses patrons se firent plus exigeants envers elle, plus que de raisons. Ils lui demandaient plus que ce qu'elle ne pouvait faire et lorsqu'elle ne pouvait pas accomplir ses tâches dans le temps imparti, elle se faisait disputer violemment. Lors de son arrivée, elle avait fait confiance à sa patronne qui lui avait dit qu'elle mettrait en sécurité ses papiers dans un coffre-fort. Depuis elle s'en servait comme moyen de pression lorsqu'Aisha se montrait un peu trop paresseuse dans son travail selon elle. (quinze) Basés à Rome, c'est en début d'année 2019 qu'ils déménagèrent pour Naples. Ca fait déjà 10 ans que la jeune femme est au service de cette famille de blancs. Dix ans qu'elle se fait menacer d'être renvoyée dans son pays au moins une fois par jour. Dix ans qu'elle subit le harcèlement de ce couple qui était supposé être ses sauveurs. Dernièrement, elle a été installée dans un studio aussi minable que la chambre de bonne qu'elle occupait parce que la femme voyait d'un mauvais oeil la présence d'Aisha dans les parages, pensant qu'elle allait lui voler son mari. A plusieurs reprises, l'homme lui avait fait des avances avec des remarques déplacées que sa seule réaction était de baisser la tête, gênée. Sa dernière tentative a été d'attendre qu'elle vienne faire le lit pour la bloquer dessus alors qu'elle changeait les draps. Ce fut la femme qui arriva et qui comme à chaque fois, insulta Aisha et la menaça de la renvoyer dans son pays. Le lendemain elle emménageait dans son studio. (seize) Il y a deux semaines alors qu'elle rentrait chez elle, Aisha se fait agresser par un homme qui s'en prend à elle en la faisant entrer de force dans son studio. Paralysée, elle n'essaya de se débattre que lorsqu'elle fut entre les murs de son appartement. La lame qu'elle sentit à quelques centimètres de sa gorge obligea la jeune femme à ne pas crier et à rester calme. Et c'est ainsi qu'un autre cauchemar débuta. Des heures durant, elle fut torturée par cette personne qu'elle n'arrivait même pas à voir les traits tant tout était fait de sorte qu'elle n'ait que très peu de visibilité. Il attaquait toujours par derrière. A plusieurs reprises il l'étouffa avec un sachet placé au dessus de sa tête qu'il serra jusqu'à ce qu'elle perde connaissance. A chaque fois qu'elle sentait que l'air commençait à lui manquer, la jeune femme se tortillait dans tous les sens jusqu'à ne plus pouvoir. Lorsqu'elle reprenait connaissance, il recommençait. Lorsque le sac en plastique ne suffit plus, il s'amusa à lui bander les yeux pour être sûre qu'elle ne puisse rien voir et plaça une serviette sur son visage avant de faire tomber des litres et des litres d'eau pour la noyer jusqu'à ce qu'elle perde connaissance. Et lorsqu'elle reprenait connaissance, même histoire. A sa dernière prise de conscience, elle entendit juste des pas se rapprocher et sentit la lame inciser sa peau alors qu'elle essayait de hurler derrière le morceau de scotch qui scellait ses lèvres. Sous la douleur et l'épuisement, elle perdit à nouveau connaissance et se réveilla des heures plus tard dans un hôpital, branchée à une machine. (dix-sept) Devant le personnel de l'hôpital et les enquêteurs, le couple pour lequel travaille Aisha s'est montré concerné. Une fois sortie de l'hôpital ils lui ont fait comprendre qu'ils se fichaient bien savoir qu'elle ait frôlé la mort ou pas. Elle n'était pas là pour chômer et devait même le travail en retard qu'elle avait accumulé suite à son hospitalisation. Sa charge de travail doublé, elle continue de se taire et s'exécute. Si la logique voudrait qu'elle se barricade au maximum chez elle suite à l'agression, se retrouver entre les murs de ce studio lui provoque de telles crises de panique qu'elle a l'impression d'étouffer. Elle ne s'y sent plus en sécurité et préfère largement les rues de Naples plutôt que cet endroit qu'elle n'a même jamais appelé chez elle. Pendant l'agression elle a d'ailleurs perdu le collier que sa mère lui avait offert avant son départ et qui n'avait jamais quitté son cou ces dix dernières années, et c'est sûrement ce qui est le plus difficile pour Aisha. Elle n'arrive pas à se souvenir si elle l'a perdu dans la rue ou pendant la séance de torture, tout ce qu'elle sait c'est que son coeur n'a jamais été plus vulnérable que depuis qu'elle l'a perdu. (dix-huit) Un homme lui a laissé sa carte lorsqu'elle était encore à l'hôpital. Elle ne sait pas bien pourquoi. Elle lui a déjà dit tout ce qu'elle savait et la dernière chose qu'elle voulait c'était de revivre cette soirée en racontant encore les événements. Si à plusieurs reprises elle fut sur le point de se débarrasser de ce morceau de papier qui ne lui servirait jamais, elle ne le fit pas. Erio. C'était le nom inscrit sur la carte. Un nom de blanc. Normal, c'était un homme blanc. Encore un.
Celui-ci représentait une certaine autorité alors peut-être que... Non, il était sûrement comme les autres. Mais dans le doute, elle garderait sa carte. Elle s'en servira comme cure-dent si elle est à court.

En vrac :

Aisha parle l'Italien mais difficilement. Même après 10 passée dans le pays, elle ne connait que les bases et a encore du mal à s'exprimer convenablement. - Elle ne sait ni lire, ni écrire et n'a jamais eu le temps de s'y mettre. - Elle porte sanas cesse un foulard autour de ses cheveux parce que sa patronne ne veut pas qu'elle ait le crâne découvert. - Elle n'a plus aucun contact avec son pays d'origine. - Elle prend plaisir à courir lorsqu'elle ne travaille pas. Pas dans le sens de faire du jogging ou quoi que ce soit, non. Elle aime juste se lever en même temps que le soleil et courir dans la rue comme si elle faisait la course contre lui. - Pour se défendre, elle a volé un couteau de cuisine de chez ses patrons. Elle ne se sent pas plus en sécurité avec, mais au moins elle est armée.
ton groupe :TIRAMISUton avatar :Bertz Vazquez


pseudo, prénom :toujours la même pétassecombien de bougies ?24d'où viens-tu ?de marscomment t'as atterri ici ?on me retient en otage




Dernière édition par Aisha Njoya le Lun 5 Aoû 2019 - 0:41, édité 1 fois
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Sujet: Re: Aisha + Emancipate yourself from mental slavery ( le Lun 5 Aoû 2019 - 0:21 )
Traditionspetite citation minuscule
« Qu’est-ce que tu fais maman ? » Demanda la petite fille qui regardait sa mère mettre ses plus beaux bijoux qu’elle ne mettait qu’à de grandes occasions. Une poupée de chiffon qu’elle serrait entre les mains, la petite Aisha avait les sourcils froncés et attendait une réponse. Jamais elle ne se serait permise d’exiger ou même d’attendre quoi que ce soit en présence de son père, mais comme elles étaient seules aujourd’hui, alors elle en profita. Un rire cristallin s’échappa de la bouche de sa génitrice qui se contenta de lui ébouriffer doucement les cheveux avant de déposer un baiser sur le haut de son crâne avant d’achever sa tenue. Le regard curieux, elle lança un regard par la fenêtre de la hutte qu’occupait sa famille, et vit un groupe de femme au loin en train de piailler entre elles. Bizarre. Lorsqu’elle reporta son attention sur sa mère, elle croisa le regard de cette dernière qui s’approcha d’elle pour venir lui tresser les cheveux pour la rendre jolie. Du haut de ses 10 ans, Aisha faisait déjà plus que son âge. Les boucles de ses cheveux que sa maman soignait étaient tous bien dessinées, les formes qui commençaient à apparaître étaient tous bien dissimulés et sa peau claire, bien hydratée. Au moment où le groupe de femme qui se trouvait dehors fit irruption chez elles, c’est sans un mot que sa mère se leva avant de lui adresser un sourire et de rejoindre le groupe. Elle savait qu’elle devrait rester ici et attendre qu’elle revienne, mais poussée par la curiosité, elle se faufila hors de la maison en toute discrétion lorsque sa mère fut assez loin. Il ne fallut pas longtemps à la jeune fille pour retrouver les traces de sa maman, elle n’avait qu’à suivre son parfum qu’elle reconnaîtrait entre milles. Lorsqu’elle aperçu enfin le groupe de femmes, elles étaient toutes en train de se pavaner devant des hommes, à glousser comme des dindes et à s’approcher d’eux plus que d’habitude. Un sourcil levé, elle se cacha dans un coin pour observer la scène plus en détail ne comprenant pas ce qui était en train de se passer. Parmi les hommes présents elle reconnu son père, assit à une table avec les hommes du village comme à leur habitude qui observait de loin comme elle. Au bout de quelques minutes de provocation, celui qui semblait être le plus âgé des hommes se leva de son siège et avec toute la solennité du moment, récupéra un objet qu’il fit claquer au sol comme pour le tester. Les yeux plissés pour essayer de deviner de quoi il s’agissait, lorsque le premier coup s’abattit sur l’une des femmes, il ne fallut pas longtemps à Aisha pour comprendre qu’il s’agissait d’un fouet. Un deuxième coup claqua sur la peau d’une autre femme. Puis un troisième qui visa sa mère. La main plaquée contre sa bouche, elle étouffa un cri d’horreur alors que les femmes elles, souriaient et riaient à chaque coup qu’elles recevaient. Devant une telle scène, la petite fille prit ses jambes à son et retourna dans sa hutte pour se cacher sous un drap pour essayer d’oublier ce qu’elle venait de voir. Elle n’en sortit pas avant la nuit tombée lorsque sa mère, inquiète de ne pas l’avoir vu, vint la retrouver dans la hutte. Les yeux apeurés, elle osa difficilement à regarder sa mère qui avait l’air de marcher la tête haute avec le dos où le sang peinait à sécher et où le fouet avait traversé les couches d’épiderme. « Pourquoi tu te caches ? » Demanda innocemment sa mère. Honteuse, elle enleva le drap et s’assit, sa poupée sur les genoux, la tête baissée. « Pourquoi ils te fouettaient ? » Avec une voix à peine audible, elle osa demander pourquoi. Le rire de sa mère provoqua un sursaut chez Aisha qui leva brusquement la tête pour savoir ce qu’il y avait de drôle dans ce qu’elle avait dit. « Ukuli. » Répondit-elle. Aisha ne comprenait toujours rien. « Lorsqu’un garçon du village devient un homme, une cérémonie est organisée en son honneur. Nous, les femmes, avons le devoir d’aller provoquer les Maz pour qu’ils ripostent avec des coups de fouet. On reste dignes, on ne pousse pas un cri. On ne pleure pas non plus. Nous les femmes Hamers, nous recevons les coups avec courage et fierté. Si un jour par malheur il arrive quelque chose à ton père, c’est ces mêmes Maz qui prendront soin de nous. » Elle poussa un autre petit rire alors qu’elle se tournait pour essayer de regarder ses cicatrices dans le miroir de fortune qu’elles avaient dans la hutte. L’horreur sur le visage d’Aisha avait laissé place à de l’incompréhension. Sa vie de femme allait donc se résumer à ça. Aux coups de fouets par un homme, pour un homme.


Envolpetite citation minuscule
Assise au fond du camion les jambes ramenées vers elle pour essayer de prendre le moins d’espace possible, Aisha faisait tourner la pierre au bout de son collier pour masquer sa nervosité. Au milieu de la nuit, elle n’avait pas été capable de voir le visage des femmes qui allaient devenir ses seules camarades de voyage. Pendant plusieurs heures, ce fut les bruits de la nuit calme mêlés aux respirations de ces survivantes qui rythmèrent le trajet. Personne n’osait parler de peur de briser quelque chose alors qu’une certaine tension était palpable. Les rares fois où la lumière pénétrait l’intérieur du camion, Aisha avait su déceler la tristesse ainsi que le stress de cette nouvelle vie qu’elles espéraient toutes. A côté d’elle, une femme de l’âge de sa mère s’était mise à prier pendant de longues minutes à voix basse. A cause du bruit des roues sur le gravier de la route qu’ils avaient empruntés, il était impossible pour Aisha d’entendre exactement ce qu’elle disait, la seule indication qu’elle avait que cette dernière priait bel et bien était qu’elle répétait à plusieurs reprises le nom du prophète.

Au bout de quelques heures passées dans le noir, elle finit par s’endormir. Son sommeil fut court, agité et pas suffisant pour qu’elle recharge ses batteries. A son réveil, ils roulaient toujours. Sa tête était tombée sur l’épaule de sa voisine qui n’avait pas voulu la réveiller et l’avait donc laissé prendre appuie sur elle. Gênée, elle se confondit en excuses avant de se redresser. « Comment tu t’appelles ? » Furent les premiers mots qui brisèrent le silence dans lequel le chargement s’était terré. « Aisha. Et toi ? » La fatigue dans sa voix lui avait tout de même permit de répondre et ainsi les présentations furent faites. Elle ne se présenta pas directement mais tout comme elle, elle fuyait l’Ethiopie dans l’espoir d’une vie meilleure. Très vite, les autres filles se mêlèrent à la conversation et pour la première fois, Aisha avait l’impression que son voyage commençait réellement. A chaque arrêt, elles veillaient l’une sur l’autre. Elles restaient toujours groupées ou alors en binôme et partageaient tout entre elles. Que ce soit l’eau ou la nourriture, il n’y avait pas de place à l’égoïsme parce qu’elles étaient toutes dans la même situation. Après dix jours et dix lunes passées sur la route, les arrêts se firent de moins en moins fréquents par souci de sécurité leur avait-on dit. A ce stade, elles ne savaient pas très bien où elles étaient. La seule chose dont elles étaient sûres était qu’elles s’étaient éloignées assez de l’Ethiopie pour ne pas être en mesure d’y retourner en quelques minutes voire quelques heures. Le cœur d’Aisha n’avait pas cessé de lui jouer des tours pendant le voyage. Tantôt il était léger de voir qu’elle se rapprochait de son but, tantôt il était inquiet de savoir ce qui était arrivé à sa mère depuis son départ. La seule chose qui ne changeait jamais c’était la tristesse avec laquelle elle était montée à l’arrière de ce chargement et qui rappelait à la jeune femme qu’elle était seule à présent. Oui elle était entourée. Mais elle était surtout très seule. Ajouté à ça des conditions de voyage plus que précaire. Le manque de nourriture, la déshydratation et la chaleur qui n’épargnait personne, toutes les filles étaient affaiblies. Certaines plus que d’autres. Alors qu’elles étaient sur point d’entamer leur onzième jour de trajet, ne s’arrêtant plus qu’une fois tous les deux jours pour raisons de sécurités leur avait-on dit, une première fille tomba malade. Affaiblie et brûlante de fièvre, elle eu très vite du mal à contrôler sa vessie. Elle se rappellera toujours avoir tapée comme une acharnée sur les parois du véhicule pour que le chauffeur leur vienne en aide au plus vite en voyant sa camarade de voyage se mettre à convulser sous ses yeux. La gorge serrée et les larmes aux yeux, jamais elle n’avait hurlé aussi fort. Lorsqu’on entendit enfin les cris des femmes, elles étaient au milieu d’une route désertique. Le visage las et énervé du conducteur avait forcé Aisha à se coller contre la paroi de l’habitacle comme pour éviter de se faire remarquer alors qu’elle sanglotait toujours. Il n’y avait plus rien à faire pour sa camarade. Et au milieu de ce désert, deux choix s’offraient à elles : la laisser avec elles à l’arrière du camion, ou l’abandonner au milieu de la route comme un déchet. Les cris d’indignations des femmes quant au premier choix agacèrent le chauffeur qui se montrait de plus en plus impatient. Et ce fut la logique qui l’emporta. Lorsqu’elles reprirent la route, le cœur d’Aisha se serra si fort dans sa poitrine qu’elle explosa en sanglot alors qu’elle regardait une dernière fois ce corps qui gisait sur le sol et dont personne ne se soucierait jamais.

Ce fut là le début d’une hécatombe. Au final, dix filles sur quinze ne verront jamais l’Europe. La dernière est morte dans les bras d’Aisha alors qu’elle essayait de relever sa tête pour lui donner de l’eau à l’arrière de ce dernier camion devenu trop spacieux pour elle. C’était sa maman de substitution. Celle qui a veillé sur elle pendant tout le trajet et qui lui a donné la force nécessaire pour avancer alors qu’elle voulait abandonner. Jamais elle ne saura son prénom parce que par respect, elle l’appelait « Mama ». Lorsqu’elle poussa son dernier râle au creux de ses bras, le cœur de la jeune fille explosa avec une telle force dans sa poitrine que l’air commença à lui manquer. Puisant dans ses dernières forces, elle hurla comme jamais elle ne l’avait fait auparavant. Un cri de rage, de douleur que la mort avait teintée. Un cri si perçant qu’elle avait du mal à reconnaître que c’était elle qui le poussait. Lorsqu’il fallut l’abandonner au milieu de la route, elle en fut incapable. Alors que les autres filles la retinrent pour éviter qu’elle ne fasse une bêtise, elle arriva à se défaire de leurs mains et sauta hors du camion en marche pour se ruer sur le corps de Mama. Sous le soleil brûlant et sec, elle couru pieds nus vers le cadavre sur lequel elle s’effondra une dernière fois avant de laisser sa peine s’exprimer. Elle voulait que toute cette souffrance s’arrête ici. Elle voulait qu’on la prenne aussi pour que plus jamais elle n’ait à connaître une telle douleur. En sentant des mains fermes l’agripper et commencer à la tirer en arrière, elle se débattit et arriva à se défaire deux fois avant de retourner là où elle estimait être à sa place. C’est lorsqu’elle reçut un coup sur la tête qui l’assomma presque qu’elle capitula et qu’elle se laissa traîner puis jeter à l’intérieur du camion pour reprendre la route vers cette vie qui n’avait plus rien d’attrayante.


Atterrissagepetite citation minuscule
C’est à Rome qu’elle se rend pour entamer cette vie qu’elle avait espéré depuis si longtemps. En quittant le centre et ces autres femmes, c’est le cœur léger qu’elle laissa derrière elle la vie misérable qu’elle menait jusque-là. Il n’y avait pas que du négatif, certains souvenirs gravés dans son cœur et sa mémoire arriveront toujours à faire verser une petite larme, mais maintenant qu’elle avait la possibilité de laisser tout ça derrière elle, jamais elle n’y retournerait.

La première semaine se passa relativement bien. Aisha commençait peu à peu à prendre le rythme de sa nouvelle vie. Le travail était dur mais elle n’était pas venue ici pour chômer de toute façon, alors ça ne la dérangeait pas vraiment. Elle découvrait  les joies d’une vie moderne dans une grande ville. Chose qu’elle ne connaissait pas avant. Dans la tribu dont est originaire la jeune femme, la modernisation est une menace pour la vie de la communauté parce que les gens délaissent les traditions pour se tourner vers un monde plus moderne avec moins de valeur. La première fois qu’elle entra dans sa salle de bain personnelle et qu’elle réalisa qu’elle n’avait pas besoin de puiser de l’eau où que ce soit pour en avoir, elle fut prise d’un fou rire incontrôlé tant c’était inattendu pour la petite Ethiopienne qu’elle était. Lorsqu’elle fut enfin en uniforme et qu’elle commença à prendre ses marques, elle remarqua très vite que le comportement de ses patrons changeait envers elle. Ils devenaient plus exigeants, moins patients avec elle. Si au début elle se disait qu’ils voulaient juste qu’elle fasse ses preuves, elle se rendit compte très vite qu’il ne s’agissait en fait que de la pure méchanceté. Sans arrêt critiquée par la femme, c’est sans gêne que cette dernière commença à se moquer d’Aisha, en public comme en privé. Elle se moquait de sa façon ridicule de se tenir et de baisser la tête comme une bête affolée. Elle se moquait de ses cheveux qu’elle laissait lâche pour les laisser respirer. Elle se moquait même de sa façon de parler et de son italien encore maladroit. Souvent, elle faisait exprès de l’appeler lorsqu’elle recevait du monde, et lui posait une question exprès en sachant qu’elle ne saurait pas répondre parce qu’elle ne comprenait pas. En privé, c’était à sa couleur de peau qu’elle s’en prenant, lâchant sans cesse des remarques sur le fait qu’elle soit encore trop noire malgré sa clarté ou ce genre de choses. Tous les soirs après son service elle remontait dans sa chambre en sanglots et s’endormait en larmes. La fois de trop pour Aisha, fut lorsque prise d’une rage qu’elle ne s’explique toujours pas, sa patronne agrippa ses cheveux avant de la trainer dans la salle de bain pour lui couper les boucles. Elle avait beau se débattre, à chaque fois qu’elle arrivait à se mettre debout, elle la forçait à rester le sol avant de plonger sa tête dans la baignoire pendant plusieurs secondes juste pour la déboussoler et qu’elle puisse s’occuper de ses cheveux. « Vulgaire » « Sale » « Provocatrice » « Traînée » « Sale noire »… Des insultes volèrent comme ça pendant toute une après-midi où elle fut réduite à une esclave sans défense. Lorsqu’elle eut fini, la femme blanche la laissa sur le sol au milieu de ses cheveux coupés et lui interdit de se montrer avec la tête découverte devant elle. Depuis ce jour, elle porte un foulard autour de sa tête qu’elle amarre tous les matins et qu’elle oublie même d’enlever parfois. Ses cheveux ont repoussé depuis, mais elle se garde bien des les exposer, même pendant les rares heures où elle ne travaille pas. Même dans son petit studio depuis qu’elle est à Naples. La seule exception fut lors de son hospitalisation où là elle ne fut pas en mesure de se couvrir la tête. Mais à part ça, personne n’a jamais vraiment vu ce qu’elle cachait sous ce morceau de tissus. Suite à l’incident des cheveux, elle a envisagé plus d’une fois à une vie loin de cette famille, peu importe où tant qu’elle s’en allait d’ici. Mais parce qu’elle a eu la brillante idée de faire confiance à ce couple, elle se retrouve aujourd’hui sans papiers. La femme les garde et exerce ainsi un moyen de pression sur Aisha en la menaçant au moins une fois par jour de la renvoyer dans son pays. Parfois elle se dit l’Ethiopie serait toujours moins pire que l’Europe. Puis elle se rappelle des raisons de son départ, et elle se contente de se rouler en boule en imaginant la voix de sa mère dans un coin de la tête qui lui souffle que tout finira par aller mieux.



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Sujet: Re: Aisha + Emancipate yourself from mental slavery ( le Lun 5 Aoû 2019 - 0:22 )
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Sujet: Re: Aisha + Emancipate yourself from mental slavery ( le Lun 5 Aoû 2019 - 0:27 )
T’ES BELLE Aisha + Emancipate yourself from mental slavery  4210718188
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Sujet: Re: Aisha + Emancipate yourself from mental slavery ( le Lun 5 Aoû 2019 - 0:34 )
@Bianca Lampedusa - GRAVE. Aisha + Emancipate yourself from mental slavery  3913886271
@Aisha Njoya - Bon changement beauté. Aisha + Emancipate yourself from mental slavery  2668777967


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Sujet: Re: Aisha + Emancipate yourself from mental slavery ( le Lun 5 Aoû 2019 - 0:38 )
Moi j'ai tout lu en même temps, alors je valide tout. TOUT. Aisha + Emancipate yourself from mental slavery  2805480963 Tu sais déjà à quel point j'aime ce que tu as noté. Tu es la candidate parfaite pour ce rôle OMG. J'aurais pas pu rêver mieux pour Aisha, avec tout ce que t'as écrit. J'aime tellement. Aisha + Emancipate yourself from mental slavery  1799266070

AMUSE-TOI. Et va répondre. Aisha + Emancipate yourself from mental slavery  3203671698


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Sujet: Re: Aisha + Emancipate yourself from mental slavery ( le Lun 5 Aoû 2019 - 0:40 )
Merci à vous Aisha + Emancipate yourself from mental slavery  3858275945 Aisha + Emancipate yourself from mental slavery  3858275945 Aisha + Emancipate yourself from mental slavery  3858275945 Aisha + Emancipate yourself from mental slavery  3858275945

@Erio Mazzei Y a intérêt à ce que je sois la candidate parfaite pour jouer ce rôle, vu le harcèlement que je me farcie depuis une semaine Aisha + Emancipate yourself from mental slavery  3546810422 quand je dis que je suis prise en otage, c'est pour une bonne raison Aisha + Emancipate yourself from mental slavery  3546810422 et oui madame, je vais te répondre Aisha + Emancipate yourself from mental slavery  3203671698
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Sujet: Re: Aisha + Emancipate yourself from mental slavery ( le Lun 5 Aoû 2019 - 0:41 )
@Aisha Njoya Avoue quand même que tu l'aimes cette petite et que ça en valait la peine. Aisha + Emancipate yourself from mental slavery  261764818
Mais l'autre, t'es de mauvaise foi, t'étais trop inspirée. Aisha + Emancipate yourself from mental slavery  1125647845


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Sujet: Re: Aisha + Emancipate yourself from mental slavery ( le Lun 5 Aoû 2019 - 0:43 )
@Erio Mazzei Aisha + Emancipate yourself from mental slavery  3866476855 Aisha + Emancipate yourself from mental slavery  3866476855 Aisha + Emancipate yourself from mental slavery  3866476855

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Sujet: Re: Aisha + Emancipate yourself from mental slavery ( le Lun 5 Aoû 2019 - 0:49 )
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Sujet: Re: Aisha + Emancipate yourself from mental slavery ( le )
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