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- Dante || Les sans prénoms au pays de Candy -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Bord de la Tyrrhénienne :: Chiaia :: Résidences
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Daya RaichandLe vin est un puissant lubrifiant social
Daya Raichand
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Sujet: Dante || Les sans prénoms au pays de Candy ( le Ven 9 Aoû 2019 - 22:47 )
Une éponge dans les mains, Daya terminait de laver la vaisselle qu’elle avait utilisé pour faire un gâteau. Elle n’en mangeait pas spécialement mais elle avait dit à sa colocataire qu’elle lui ferait goûter un jour une pâtisserie de chez elle, et elle avait profité n’avoir rien à faire d’urgent pour le faire aujourd’hui. On pourrait se demander pourquoi est-ce qu’elle a préféré le faire ici plutôt que chez elle. A cette question, la métisse avait une réponse déjà toute préparée : parce qu’elle passait pour arroser les plantes. En réalité, c’était une plante. Plante qu’elle avait emmené elle-même pour avoir un prétexte pour passer chez son inconnu. Elle savait pourtant qu’elle n’en avait pas besoin pour être là, même pendant son absence, mais elle avait envie de donner un but à chacune de ses visites. La jeune femme trouvait ça encore étrange de voir  à quel point elle se sentait bien dans une maison qui n’était pas la sienne et dont le nom du propriétaire lui était encore inconnu. Toute la relation qu’ils entretenaient était hors du commun, étrange. Daya avait même encore du mal à qualifier ce qu’ils avaient de relation parce que dans si son cœur était clair sur les sentiments qu’elle pouvait éprouver à l’égard du jeune homme, sa tête elle… Sa tête continuait de souffler à la créole que d’être là était une mauvaise idée et qu’elle finirait par regretter de ne pas être partie. Le jour où il apprendrait la vérité, il y avait de fortes chances pour que tout ça se termine et d’avance, elle savait qu’elle ne le supporterait pas. Oui, elle estimait qu’il était en droit de savoir qu’il avait eu un fils. Mais elle était bien trop égoïste pour laisser le pire arriver. Pour la première fois depuis des années, Daya avait réellement envie d’être heureuse et elle savait qu’elle le serait tant qu’elle compterait l’Italien dans sa vie.  Elle était déjà bien trop accrochée à cet homme qui arrivait à faire s’emballer son cœur d’un seul regard, et qui arrivait à panser ses cicatrices du bout de ses lèvres. De plus en plus, Daya pouvait sentir ses sentiments se décupler pour son inconnu et malgré cette peur qui la tiraillait de s’abandonner totalement aux mains d’un homme à nouveau, elle savait qu’avec lui ce serait différent. Parce que c’était lui. Plus qu’une évidence, il était sa providence.

En replaçant l’éponge là où elle l’avait tiré, Daya s’apprêtait à aller rendre visite à sa plante pour voir si elle avait besoin d’eau. Mais à peine avait-elle franchi quelques pas qu’elle entendit la serrure se mettre à tourner. Figée sur place, elle essaya de réfléchir à toute vitesse pour savoir quel jour on était. Ca ne pouvait pas être lui, les dates ne correspondaient pas. A moins qu’il lui soit arrivé quelque chose. A cette pensée, le cœur de la pianiste s’emballa dans sa poitrine au point qu’elle puisse entendre les battements dans ses tympans. Intérieurement, elle priait presque pour que ce soit un voleur poli qui aurait pu avoir un double des clés ou peu importe. Tout, mais pas ça. Pas une mauvaise nouvelle.


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Dante GaleoneLe vin est un puissant lubrifiant social
Dante Galeone
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Sujet: Re: Dante || Les sans prénoms au pays de Candy ( le Mer 14 Aoû 2019 - 1:01 )
La tête appuyée contre un hublot, l’italien essaie vainement de se calmer en ne bougeant plus de son fauteuil situé à l’écart des passagers, proche du personnel qu’il connait bien. Ces derniers ont bien essayé de le détendre, mais la panique présente en lui est indomptable. Elle le consume de l’intérieur, lui resserre le cœur et ne disparaîtra pas tant qu’il ne sera pas au chevet de son père pour s’assurer que son état n’est pas si grave que la laisser croire l’infirmière qui se charge de lui au quotidien. Cette dernière ne lui a jamais fait part d’un détail important, si ce n’est sa fatigue qui ne la préoccupait pas tant que ça. Pourtant, l’urgence est là. Son père est à l’hôpital et lui se trouve dans un avion, à des kilomètres de lui, alors qu’il désirerait prendre sa main dans la sienne, la serrer fort, le rassurer, ou être rassuré. Tendu, il passe sa main sur son visage, tandis que l’appareil commence son atterrissage qui ne va pas assez vite à son goût. De Nice à Naples, ce n’est pas si long, mais c’est déjà beaucoup trop. Lorsque l’avion s’immobilise, Dante est le premier à sortir avec toute la compréhension de l’équipage. Il s’engouffre dans son véhicule garé pour la semaine et qui aurait dû rester quelques jours encore, puis prend la direction de sa maison. L’idée même de devoir faire se détour l’horripile, parce qu’il voit ça comme du temps perdu, mais il n’est pas question d’y aller sans l’objet qu’il aurait dû lui transmettre avant son départ. Cette lettre importante de sa fille qu’il pourrait très bien lui donner après ses soins. Seulement, il aimerait qu’il l’ait à son réveil, comme une chose précieuse qui pourrait lui redonner le sourire, l’aider à garder la tête haute, à ne pas se laisser abattre. Parce qu’il n’est pas seul, Orazio. Il l’a, lui, mais également cette jeune femme qui est enfin prête à le rencontrer. Elle a mis du temps à se décider, mais c’est ce dont elle avait besoin pour avaler son adoption, apprise par la force des choses.

Le cœur battant, il entre sa clé dans la serrure, mais au lieu d’ouvrir la porte, la referme, lui indiquant la présence de son inconnue à l’intérieur. Il rouvre la porte, pénètre vivement dans le salon pour chercher, sous la table basse, une enveloppe qu’il aurait abandonnée là. « Mon père est à l’hôpital. » dit-il, de but en blanc, parce qu’il se sent pressé, stressé et que les formalités peuvent donc être oubliées. Sa simple phrase justifie sa présence ici, sa panique, et le fait qu’il cherche partout sans réussir à trouver ce pour quoi il est revenu ici. « Je l’ai appris à Nice. Je suis revenu dès que j’ai pu. » souffle-t-il, le cœur lourd. « J’aurais dû rester. » Il culpabilise, s’en veut de s’être envolé si loin. Avec des gestes imprécis, il fouille à présent dans les tiroirs d’un buffet, sans voir l’enveloppe qui trône fièrement sur le dessus du meuble. Il est inquiet, n’a même pas pensé à contacter sa meilleure amie pour lui demander de rester dans le centre hospitalier, le temps de son arrivée, de sorte à pouvoir le tenir au courant de l’évolution. Et il regrette. Fort.



Je sens quelque chose qui ne se dit pas, dont j’ignore la cause. C’est dans tes sourires, un je-ne-sais-quoi qui s’arrête au bord du désir. Quelle est cette voix, qui nous entraîne à renoncer sans regarder l’un vers l’autre ? Si c’est un choix, il faut qu’on s’aime, sans se lasser pour se garder l’un et l’autre. L’un près de l’autre.
Danya

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Daya RaichandLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Re: Dante || Les sans prénoms au pays de Candy ( le Mer 14 Aoû 2019 - 22:49 )
Le cœur de Daya rata un battement en entendant la serrure se mettre à tourner à plusieurs reprises. Au lieu d’aller se cacher comme toute personne normale aurait dû le faire, elle attendit de voir ce qu’il allait se passer. Les sourcils froncés, elle avait croisé les bras sur sa poitrine, prête à accueillir le voleur. En découvrant les traits de son inconnu, elle poussa un soupir de soulagement tandis que son cœur inquiet se mit à tambouriner dans sa poitrine, comme à chaque fois qu’elle posait les yeux sur lui. Un sourire naquit à la commissure de ses lèvres, contente de voir qu’il était rentré plus tôt, avant de remarquer que quelque chose n’allait pas. Une moue inquiète occupa les traits de la métisse qui s’avança d’un pas comme pour aller à sa rencontre mais se figea sur place lorsqu’il prit la parole. Sans détour, il lui annonça l’objet de son retour et de son agitation soudaine. « Oh non. » Lâcha la jeune femme dans un souffle, d’une voix presque inaudible. Elle n’eut même pas besoin de poser plus de questions qu’il prit l’initiative de résumer en quelques phrases les circonstances dans lesquels il avait appris la nouvelle. Pendant de longues secondes, elle le regarda s’agiter tandis que son cœur se compressait dans sa poitrine en sentant cette douleur qu’elle arrivait presque à toucher du bout des doigts et qui l’attristait. Ce n’était pourtant pas la sienne. Le père auquel il faisait allusion, elle ne l’avait jamais rencontré et en avait juste entendu parler. Pourtant elle se sentait assez concernée pour être peinée par cette nouvelle. Peut-être parce que son cœur était lié à celui de son Italien. Que comme elle se l’était jurée le jour où elle était retournée dans ses bras, ses peines étaient à présents les siennes.

La dernière phrase qu’il prononça suffit à faire sortir Daya de la torpeur dans laquelle elle s’était temporairement emmurée et à pas lents, s’avança vers le jeune homme. D’une main tremblante qui se voulait pourtant rassurante, elle la posa sur son épaule pour le forcer à se retourner. Elle voulait juste qu’il lâche ce qu’il était en train de chercher l’espace d’un instant pour se concentrer uniquement sur elle. Elle savait que le temps pressait et qu’il n’avait sûrement pas envie d’en perdre d’avantage, mais vu l’état émotionnel dans lequel il se trouvait, il était hors de question pour Daya qu’elle reste là sans réagir. « Regarde-moi. » Lâcha-t-elle d’une voix à la fois douce et ferme. Le regard planté dans le sien, elle passa ses bras autour de son cou avant de se hisser sur la pointe des pieds et de déposer un baiser sur ses lèvres. « Ne culpabilise pas. Tu ne pouvais pas savoir. » Souffla la métisse dans un murmure. Il n’y avait personne autour d’eux, pourtant elle avait senti ce besoin de créer cette bulle d’intimité dans laquelle ils s’enfermaient souvent. Juste quelques secondes. Juste le temps pour lui de se souvenir qu’elle était présente pour lui et qu’il n’avait pas à affronter ça tout seul. « Maintenant dis-moi, qu’est-ce que tu cherches ? » En même temps qu’elle s’était remise à parler, sa main s’était logée contre sa joue qu’elle caressait de son pouce sans jamais lâcher son inconnu du regard. « Je suis là. Tu n’es pas seul. Laisse-moi t’aider. »


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Sujet: Re: Dante || Les sans prénoms au pays de Candy ( le Dim 18 Aoû 2019 - 0:15 )
Ses gestes sont brouillons, son regard passe en revue l’intérieur du tiroir, sans jamais voir l’objet tant convoité. Trop focalisé sur l’état dans lequel peut se trouver son père, aussi sur sa culpabilité causée par son absence auprès de lui et qui ne cesse de grandir, Dante est convaincu que l’enveloppe a pu lui échapper. Frénétiquement, il recommence donc à rechercher dans le tas de paperasse déjà vérifié, jusqu’à ce que son inconnue l’interrompt. Paniqué, il se retourne, non sans scruter les recoins visibles de la maison, comme si la lettre de Lana allait se matérialiser sous ses yeux. Il abandonne l’idée à sa demande, s’exécute sans aucune résistance. Ses prunelles plongées dans les siennes, l’italien cherche du réconfort, mais aussi du courage. Celui qui lui donnera la force de faire face à la situation, qui l’aidera à ne pas flancher. Ses mains se réfugient sur ses hanches sur lesquelles elles se crispent, en même temps que d’accueillir ce baiser qui lui fait tant de bien. Un geste lui signifiant qu’il n’est pas seul. Des personnes sont là pour le soutenir, l’épauler. C’était son souhait, mais sur le moment, il était à mille lieux de penser qu’il serait confronté un coup dur. « Il n’allait pas très bien. » Peut-être aurait-il dû être plus attentif, ou insister à chaque symptôme anormal qui apparaissait. Il a fait confiance aux paroles d’une professionnelle de la santé qui, elle-même, n’a rien vu venir. Pourtant, il ne lui rejette pas la faute à elle. C’est à lui qu’il en veut d’avoir baissé sa garde. Au doux contact de sa main sur sa joue, Dante ferme les yeux, se repose sur elle, sa voix, sa présence. Elle l’ignore, mais il lui en est reconnaissant. « Une enveloppe. » dit-il, plus calmement, alors qu’il la serre dans ses bras, enfouissant son visage au creux de son cou. Il s’autorise un court moment de répit d’à peine quelques secondes, pour souffler un peu, mais ça ne suffit pas à faire régner le calme. Son cœur ressemble à un volcan prêt à exploser. « Je cherche une enveloppe avec son nom inscrit dessus. Orazio. » précise Dante, en se défaisant d’elle pour reprendre ses recherche. « Je ne comprends pas. Habituellement, c’est soit dans celui-ci ou sur la table. » Agacé par sa propre désorganisation, il retire le tiroir du meuble pour le vider et le jeter, avant de passer sa main sur son visage et faire quelques pas dans la pièce. Il est en train de perdre pied, de ne plus savoir comment gérer. Tout ce qu’il fait est hors de contrôle, ce qui le fait d’autant plus culpabiliser. « Je lui ai parlé de toi. » souffle-t-il, en s’accroupissant pour fouiller dans les papiers à terre. « Il était surpris que je ne connaisse pas ton prénom, mais il était ravi. Amusé, mais ravi. » Parce que Dante ne fait jamais comme tout le monde, qu’il y a toujours quelque chose de différent, ou qui fait l’originalité de la relation, mais il semblait soulagé que cette nouvelle histoire soit moins instable que la dernière. « Après tout ça, je te le présenterai. Tu verras, c’est un homme bien. » Elle va l’adorer, il le sent. C’est l’homme le plus bienveillant qu’il lui ait été donné de rencontrer.



Je sens quelque chose qui ne se dit pas, dont j’ignore la cause. C’est dans tes sourires, un je-ne-sais-quoi qui s’arrête au bord du désir. Quelle est cette voix, qui nous entraîne à renoncer sans regarder l’un vers l’autre ? Si c’est un choix, il faut qu’on s’aime, sans se lasser pour se garder l’un et l’autre. L’un près de l’autre.
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Sujet: Re: Dante || Les sans prénoms au pays de Candy ( le Dim 18 Aoû 2019 - 19:53 )
Daya aurait pu se laisser gagner par la panique face à la situation. Elle aurait pu se mettre à son tour dans tous ses états parce qu’elle ne savait pas comment réagir. Mais elle préféra garder son calme et se montrer rassurante plutôt que de se laisser gagner par les doutes qu’elle avait de se montrer maladroite. Son front collé à celui de son Italien, elle le garda quelques secondes auprès d’elle tandis que sa main caressait doucement sa joue. Elle voulait qu’il sente qu’elle était là pour lui, et qu’elle le serait toujours d’ailleurs. Hochant doucement la tête pour accompagner ses paroles à lui, elle délaissa quelques secondes le visage de son inconnu pour balayer rapidement la pièce du regard mais suspendit son inspection en sentant les bras du commandant de bord l’encercler. Sans même chercher à relever l’étreinte inattendue, elle le serra contre elle et déposa ses lèvres sur sa tempe, toujours hissée sur la pointe des pieds. Daya aimait ça. Elle aimait sentir qu’il avait besoin d’elle et qu’il se sentait surtout assez à l’aise pour s’appuyer sur elle. Peut-être même qu’elle l’aimait tout court, en fait. C’était la pensée qui traversait son esprit comme ça.

En se défaisant de son étreinte, elle tira tout de même sur son bras pour déposer un autre baiser sur ses lèvres avant de reculer d’un pas, l’air sérieux sur le visage. « On va chercher ça ensemble. » Répondit Daya qui commença à s’activer à son tour. Par déduction, elle alla regarder là où l’Italien n’était pas encore passé. Une feuille dans les mains qu’elle était sur le point de redéposer à sa place, elle s’interrompit en entendant la phrase de l’Italien. Un sourire au coin des lèvres, elle sentit son cœur se réchauffer face à de telles paroles. « Ca fait toujours ça, oui. » Répondit Daya sur un ton léger, un sourire dans la voix. Secouant doucement la tête, elle ne devait pas oublier ce qu’elle était en train de chercher. Son regard se perdit un instant sur le jeune homme qui avait commencé à vider tout le contenu des tiroirs sans même prendre la peine de vraiment regarder. Elle n’était pas certaine qu’il trouve quoi que ce soit de cette façon, mais elle préféra ne rien dire. Il avait sûrement besoin de se sentir actif et n’avait pas le temps pour procéder avec calme, sentant sûrement le temps lui glisser entre les doigts. Etant la plus calme des deux, elle balaya à nouveau la pièce du regard et fut attirée aussitôt par une enveloppe qu’elle vit au loin, au-dessus du meuble. Là où il était déjà passé. «Et ce sera un honneur pour moi de faire sa connaissance. » Répondit la métisse qui s’avançait vers le meuble. Bingo. C’était la lettre. Elle la récupéra avant de s’accroupir à son tour aux côtés de son inconnu et de glisser la l’enveloppe doucement sous ses yeux. « C’est ça que tu cherches ? » Sa voix toujours aussi calme, elle déposa un baiser sur son épaule par-dessus le tissu avant d’y coucher sa tête. « Tu devrais aller la lui porter au plus vite, ça lui fera de la lecture à son réveil. Et te voir ne lui fera que du bien. » Son bras à présent enroulé autour du sien, même si ses paroles l’encourageaient à se rendre à l’hôpital, ses gestes envoyaient le message contraire. C’était égoïste, mais elle n’avait pas envie de le laisser. Elle avait envie qu’il reste avec elle pour qu’elle puisse prendre soin et lui faire savoir à quel point elle tenait à lui par des gestes tendres. Mais Daya n’était pas stupide, elle connaissait sa place. Elle refusait de s’imposer ainsi. Alors elle serait patiente et accepterait de le voir partir sans elle. « Je rangerai, ne t’en fais pas pour tout ça. » Souffla-t-elle, un soupir dans la voix. Non, définitivement, elle n’avait pas envie de se décoller de lui.  


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Sujet: Re: Dante || Les sans prénoms au pays de Candy ( le Lun 19 Aoû 2019 - 1:16 )
Soulagé d’être soutenu dans sa recherche, mais pour autant pas calme, Dante s’affaire à la lourde tâche qu’est de trier ses affaires par terre, espérant de tout cœur que l’enveloppe s’y trouve. Il s’arrête une seconde pour l’observer, puis acquiesce d’un signe de tête. C’est surprenant, oui. Le prénom est l’une des premières choses que l’on demande. Il en avait eu l’occasion à Lyon, mais au lieu de ça, il s’était uniquement concentré sur l’attraction qu’ils ressentaient l’un envers l’autre et aujourd’hui, il recommence. Ca a son importance ; avec ce dernier en sa possession, Dante pourrait l’appeler autrement que « sa française » auprès des autres, de Tina qui cesserait de rouler des yeux en soufflant d’exaspération… Seulement, ce mystère qui les lie lui plaît terriblement. Trop pour y renoncer pour le moment. Un jour, le voile se lèvera, mais en attendant, il profite pleinement de leur relation telle qu’elle est là. « Jusque-là, je lui ai présenté qu’une personne. J’étais jeune, ça remonte à tellement longtemps, mais avec tout ce qu’il faisait pour moi, tout ce qu’il représentait, je considérais qu’il était en droit de connaître la femme qui était l’une de mes priorités. » Et c’est toujours le cas. Sa meilleure amie compte au point où il serait capable de déplacer des montagnes pour elle, son bien-être. Qu’importe qu’un homme vienne s’ajouter à l’équation, Dante sait qu’il sera celui qui l’aimera le plus. Peut-être d’une manière différente, mais c’est d’autant plus précieux, plus beau. Avec les années, ce qu’il ressent pour Tina est devenu plus fort, indestructible. Même si Orazio n’avait pas très bonne estime, ressentis qui n’ont pas beaucoup évolués avec le temps, il ne pouvait que la respecter en laissant de côté ce qu’il pensait de leur relation passée qu’il trouvait autrefois malsaine. Une femme mariée, plus âgée, trouvant du réconfort dans les bras d’un jeune adulte mentant sur son âge pour être certain d’attirer son attention. Il ne l’a jamais regretté. « C’est de nouveau le cas, avec toi. » déclare-t-il, sans perdre de vue son objectif, continuant à fouiller. Ca le prend aux tripes, comme avec Tina. Il est sûr de ce qu’il fait, a réellement envie qu’ils apprennent à se connaître, probablement parce qu’il n’a aucun doute sur ce qu’il ressent. C’est comme une évidence. Sa mystérieuse inconnue est son évidence.

Dès lors que l’enveloppe jaillit sous son nez, l’italien cesse tout mouvement. Tout en la saisissant, il embrasse la tempe de la jeune femme, une fois, puis deux, puis trois, avec plus d’intensité. « Où est-ce qu’elle était ? » De nouveau, il embrasse sa tempe, pour la remercier d’être là, par besoin de son affection aussi. Ca lui est nécessaire, aussi important que de l’eau hydratant son organisme. « Et si tu m’accompagnais plutôt ? » Cette interrogation est murmurée, lui laisse la possibilité de refuser, mais il n’en a pas la moindre envie. Dante a la sensation que sa présence pourrait l'apaiser. Il pose sa main sur la sienne, la glisse sur sa joue, puis dans sa chevelure. « Je sais que ça n’a rien de drôle, mais… » Ce bâtiment blanc, ces malades qui sont parfois en fin de vie, ces couloirs à l’odeur de produits médicaux. S’il pouvait éviter d’y aller, il le ferait et c’est égoïste de la pousser à y errer durant des heures, il le sait. Ca ne l’arrête pourtant pas. « Viens avec moi. J’ai besoin de toi. De toi, près de moi. » Il ne doute pas qu’elle rangera tout son bazar en son absence, mais ça lui est bien égal. Ca peut rester des heures comme ça. « J’ai besoin de te sentir avec moi, physiquement. » ajoute-t-il, alors qu’il penche la tête pour accéder à ses lèvres.



Je sens quelque chose qui ne se dit pas, dont j’ignore la cause. C’est dans tes sourires, un je-ne-sais-quoi qui s’arrête au bord du désir. Quelle est cette voix, qui nous entraîne à renoncer sans regarder l’un vers l’autre ? Si c’est un choix, il faut qu’on s’aime, sans se lasser pour se garder l’un et l’autre. L’un près de l’autre.
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Daya RaichandLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Re: Dante || Les sans prénoms au pays de Candy ( le Mar 20 Aoû 2019 - 0:16 )
Pendant un court instant, Daya se laissa absorber par les paroles de son bel Italien. Si un sourire étira doucement ses lèvres, une pointe de tristesse vint très vite teinter son regard. Sans savoir pourquoi, son cœur s’était serré dans sa poitrine lorsqu’il évoqua cette autre personne importante à sa vie. La métisse n’était pas égoïste à ce point, elle savait qu’elle n’était pas le centre du monde de son inconnu. Pourtant elle avait cet espoir stupide qu’elle aurait pu être la seule. De son côté, il n’était pas le premier homme à entrer dans sa vie. Mais il était juste le bon. Avant lui elle n’en avait connu qu’un seul et pas un seul jour depuis leur toute première rencontre, Daya n’avait cessé de penser à lui en s’imaginant ce qu’aurait pu être sa vie si elle avait seulement entamée les recherches suite à cette nuit. Dans un soupir, elle balaya cette pensée de son esprit et reprit ses recherches, la tête tournée de façon à ce qu’il ne puisse pas voir les doutes baigner dans ses yeux. De toute façon, il n’avait pas que ça à penser. Et d’un côté, tant mieux. Comme ça au moins ils ne s’attardaient pas sur ses états d’âmes à elle.

A pas lents, elle alla le retrouver très vite en s’accroupissant à son tour, la tête couchée sur son épaule tandis que ses lèvres s’étiraient un peu plus à chaque baiser qu’il déposait contre sa tempe. « Là où tu l’avais laissé, sur le meuble là-bas. » Elle fit un petit signe de tête paresseux avant de retrouver sa position confortable, le bras passé autour du sien comme pour s’accrocher à lui. Sa question tombe comme une surprise alors qu’elle enfouissait sa tête un peu plus contre son épaule pour profiter de sa chaleur comme une dernière fois. Le regard à la fois confus et inquiet, elle se redressa un minimum sans le lâcher pour autant pour être certaine d’avoir bien entendu. « A l’hôpital ? » Elle préférait vérifier, de peur d’avoir mal compris. La main que le jeune homme posa sur elle fit rater un battement à son cœur, comme un électrochoc qui la ramenait à la réalité. Il voulait qu’elle vienne avec lui. Mais devait-elle accepter pour autant ? Si elle devait s’écouter, elle accepterait. Cela dit, si elle devait n’en faire qu’à sa tête, il ne la quitterait plus jamais et ils resteraient enfermés entre ces quatre mûrs tous les deux. « Je… » En temps normal, elle aurait soufflé son prénom pour le faire entendre raison, mais comme elle ne le connaissait toujours pas à ce stade de leur relation, Daya arriva à la conclusion qu’il n’y avait peut-être pas de place pour la raison dans cette histoire. Avec autant de tendresse, elle lui rendit son baiser avant de déplier son corps, entraînant son inconnu avec elle. « Je n’avais pas envie de te lâcher de toute façon. » Elle haussa les épaules pour se donner un air désinvolte, son bras toujours autour de celui du commandant de bord. « C’est tout ce dont tu avais besoin de récupérer ? Rien d’autre ? » S’enquit aussitôt Daya plus sérieuse, avant qu’ils ne prennent la route. Sa main glissa le long de son bras pour attraper au vol ses doigts dans lesquels s’encerclèrent les siens afin d’y déposer une pluie de baiser avant de les porter juste sa joue contre laquelle elle les garda un moment. Elle était bien là. Et elle comptait bien l’être pour toujours.   


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Sujet: Re: Dante || Les sans prénoms au pays de Candy ( le Mer 21 Aoû 2019 - 1:11 )
Le meuble. Avant son départ, il l’a abandonné sur ce dernier et n’a même pas songé à relever la tête en fonçant droit devant. Exténué, il glisse la paume de sa main sur son front. Le calme de sa française ne le contamine pas, mais le réconforte tout de même, si bien qu’il ne se voit pas quitter cette maison sans elle, pas avant de lui avoir soufflé, comme une faveur, de venir, ne pas le laisser pénétrer seul dans ce bâtiment qui lui donne mal au cœur. Alors qu’elle lui demande confirmation, Dante acquiesce d’un signe de la tête. Cette courte hésitation le pousse à croire que sa requête n’aurait peut-être pas dû être formulée, que c’est trop pour ses épaules, mais il est incapable de revenir en arrière. Elle lui est nécessaire et ce baiser qu’elle lui offre également. A présent debout, toujours pendu à ses lèvres, il attend avec une boule au creux de l’estomac son verdict qui tombe. Un soupir de soulagement sort, tandis qu’il enfouit son visage dans son cou qu’il embrasse çà et là, en resserrant son étreinte comme s’il craignait qu’elle lui échappe, qu’elle fonde jusqu’à disparaître. Son inconnue est tout ce à quoi il se raccroche à l’instant et de cette façon bien tendre, il lui montre toute sa reconnaissance. « Juste cette enveloppe et toi. » susurre-t-il, en caressant sa joue, avant de la laisser prendre sa main. De son pouce, il effleure ses doigts, la contemple quelques longues secondes durant lesquelles il se dit être chanceux de l’avoir dans sa vie. Dante dépose un nouveau baiser sur sa tempe, puis la ramène tout contre lui et se dirige vers la porte d’entrée. Le cœur lourd, il s’installe dans le véhicule, posant sa main sur la cuisse de son inconnue à chaque fois qu’il en a l’occasion, et pour trouver du soutien et pour se convaincre que tout ira pour le mieux, mais sa tête, elle, est paniquée. Une petite voix en lui ne peut s’empêcher d’imaginer la pire des situations et bien qu’il la chasse dès lors qu’elle ose se pointer, ça le bouffe de l’intérieur.

C’est avec les traits tirés qu’il passe les portes coulissantes de l’hôpital. Il quitte la main de la jeune femme pour s’arrêter à l’accueil afin de lui indiquer le nom de la personne qu’il recherche, affirmant à l’hôtesse qu’il fait partie de la famille. L’étage et le numéro de la chambre en sa possession, Dante s’y dirige, non sans adresser un regard à son inconnue chez qui il essaie de puiser de la force. « Merci. » dit-il, dans un murmure, à son oreille, en errant dans le couloir à la recherche de la chambre. Il saisit son téléphone pour envoyer un message à Tina, mais s’arrête de pianoter dès lors qu’il fait face à une pièce vide. Un instant, il pense s’être trompé, regarde à deux fois les chiffres gravés, part même vérifier la cellule voisine, pour revenir sur ses pas le cœur battant à tout rompre. Les draps ne sont plus. Le lit est vide. Pas une seule présence dans la chambre. Rien. « Elle s’est sans doute trompée. Je vais me renseigner. » Ou alors, ce n’est pas le bon service. L’hôpital est si grand que ça ne l’étonnerait pas qu’il y ait eu une erreur quelque part. Du moins, il l’espère. Le souffle court, la respiration un peu plus rapide, qu’il tente tout de même de maîtriser, le pilote de ligne tope une infirmière qui passe par là pour désigner la chambre. « Bonjour. On m’a informé qu’Orazio Galeone se trouvait ici, mais la pièce est vide. » Aussitôt, le sourire de son informatrice s’efface, mais se redessine pour se montrer rassurante. « Il est en salle opératoire. Le mieux c’est que vous attendiez dans la petite salle d’attente, un interne viendra vous donner plus d’éléments. » « Comment ça, en salle opératoire ? » Un air contrit, elle s’excuse de ne pas pouvoir le renseigner plus et lui promet qu’un docteur passera pour lui donner plus de détails. Les bras ballants, des interrogations plein la tête, Dante observe tout autour de lui, ne sachant pas quoi faire de ça. Est-ce qu’on vient vraiment de lui balancer une information vague sans lui dire ce qui se passe exactement ?



Je sens quelque chose qui ne se dit pas, dont j’ignore la cause. C’est dans tes sourires, un je-ne-sais-quoi qui s’arrête au bord du désir. Quelle est cette voix, qui nous entraîne à renoncer sans regarder l’un vers l’autre ? Si c’est un choix, il faut qu’on s’aime, sans se lasser pour se garder l’un et l’autre. L’un près de l’autre.
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Sujet: Re: Dante || Les sans prénoms au pays de Candy ( le Mer 21 Aoû 2019 - 23:36 )
A travers cette étreinte, il y avait cette souffrance que Daya arrivait à palper et qui ne lui plaisait pas. Une main glissée sur la nuque du jeune homme qu’elle remonta dans ses cheveux pour le garder un peu plus longtemps contre elle, elle ferma les yeux au contact de ses lèvres contre sa peau, profitant un dernier instant de la chaleur de ses bras avant d’affronter la dure réalité. Elle n’avait pas envie de quitter cette bulle dans laquelle ils s’enfermaient à chaque fois qu’ils se retrouvaient dans les bras l’un de l’autre. Elle n’avait pas non plus envie de mettre fin à ce baiser pourtant chaste qu’il avait déposé dans son cou et dont elle était si vorace. Sa seule consolation était qu’elle ne le quitterait pas tout court de la soirée. Dans un soupir, elle le laissa se redresser, ne le quittant pas une seule fois du regard. « On peut partir alors. » Murmura la métisse, un mince sourire au coin des lèvres. Sa main dans la sienne, collée contre son corps, c’est ensemble qu’ils quittèrent la maison pour prendre le chemin de l’hôpital.

Le trajet se fit en silence, tandis que le cœur de Daya se chargeait de donner le rythme de la soirée. C’était presque la seule chose qu’elle était en mesure d’entendre. Cet organe battant qui menaçait de sortir de sa poitrine à tout moment, à mesure qu’ils approchaient de l’endroit. Les seuls moments où elle sentait une accalmie était lorsqu’elle sentait la main de son inconnu sur sa cuisse, diffusant cette chaleur douce et rassurante qui arrivait à faire se sentir la métisse à sa place. Par moments, elle posait sa main sur la sienne et pressait légèrement ses doigts tordus autour des siens pour que lui sente également qu’elle était là. La main dans la sienne une fois hors de la voiture, c’est d’un pas mal assuré qu’elle suivit son compagnon qu’elle voyait avec un visage grave du coin de l’œil. A son merci, elle répondit juste un sourire en l’enlaçant brièvement avant d’emboîter à nouveau ses pas vers la chambre indiquée. Même si Daya n’aimait pas du tout l’ambiance que renfermait cet endroit, elle prit sur elle pour ne faire aucun commentaire, préférant se concentrer sur son bel Italien qui avait besoin d’elle. Arrivés à la chambre qu’ils trouvèrent vide, c’est le regard confus qu’elle hocha la tête pour toute réponse lorsque le jeune homme décida d’aller se renseigner. Si dans un premier temps elle le regarda s’éloigner, Daya ne tarda pas à tourner à son tour les talons pour aller retrouver son inconnu quelque part dans les couloirs. Au loin, elle vit sa silhouette se dessiner et à pas feutrés elle se rapprocha en s’arrêtant quelques pas en arrière pour le laisser discuter avec l’infirmière. Sans pouvoir s’en empêcher, l’oreille de la métisse traîna jusqu’à leur conversation dont elle en saisit l’essentiel. Son regard passa de celui de l’infirmière à celui du pilote, s’attardant ainsi sur ses traits. En voyant ses bras retomber dans le vide, le visage fermé, la jeune femme sentit son cœur se serrer dans sa poitrine. Mais elle n’avait pas le temps de se préoccuper du chagrin qu’elle pouvait ressentir face à une telle scène. Toujours à la même allure lente, elle poussa un soupir avant de franchir les quelques pas qui la guidèrent à hauteur de l’Italien. « Viens avec moi. » Souffla Daya une main sur son épaule, l’autre qui attrapait déjà sa main. Elle ne lui laissait pas vraiment le choix. Il était hors de question qu’ils restent dans ce couloir. La main pressée contre la sienne, elle déposa ses lèvres sur ses doigts et le mena jusqu’à la chambre inoccupée où elle l’installa sur une chaise qu’elle tira. « On va l’attendre ici. Comme ça quand il reviendra, il verra que tu es déjà là pour lui. D’accord ? » Sa voix était douce et étonnamment calme tandis que ses doigts allèrent se loger au creux de sa nuque qu’elle caressa doucement. Debout à ses côtés, elle déposa un baiser sur sa tempe. « Ca va aller. Je suis là. » Chuchota Daya à l’oreille de son inconnu, assise sur l’accoudoir de la chaise. Etait-ce quelque chose qu’elle devrait faire ? Non. Elle ne devrait pas lui dire que tout irait bien alors qu’elle n’en savait rien. Mais elle n’avait juste pas la force de le voir dans cet état. « Je suis là. » Répéta à nouveau la métisse.  


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Sujet: Re: Dante || Les sans prénoms au pays de Candy ( le Lun 26 Aoû 2019 - 0:32 )
Alors qu’il sombre dans l’incompréhension la plus totale, imaginant de lourds scénarios pour justifier un silence qui lui semble être inapproprié, l’italien est rejoint par son inconnue qui prend les choses en mains. Sans elle, il serait incapable de faire le moindre geste. Sans résister, il la suit dans la chambre qui, il y a encore quelques minutes peut-être, était encore occupée par son père. Son cœur se resserre, tandis qu’il s’insulte mentalement de tous les noms d’oiseaux pour ne pas avoir été présent plus tôt. Il ignore ce qui se passe dans la salle opératoire, mais il sent au plus profond de lui que c’est anormal. Dante essaie de ne pas être pessimiste, mais une petite voix ne cesse de lui souffler que la situation est grave et qu’il a de bonnes raisons de s’inquiéter. Si c’était anodin, une petite vérification de routine, on l’en aurait forcément informé, au moins pour le tranquilliser. Son coude appuyé sur l’accoudoir, ses doigts massant nerveusement son front, le pilote s’efforce de se recadrer et acquiesce d’un signe de tête. Sa française a raison. C’est le meilleur endroit pour l’attendre. Il ferme les yeux au contact de ses lèvres sur sa tempe, puis tend le bras vers le meuble pour déposer l’enveloppe. Rien que pour celle-ci, il faut qu’il revienne. Il faut qu’il lise les mots écrits par sa fille, qu’il voit de lui-même qu’il pourrait la retrouver, partager des choses avec celle qu’il a abandonnée pour son bien-être, ne pouvant pas l’élever avec toute la peine qu’il ressentait et qu’il ne pouvait surmonter. Encore moins avec son manque de moyens. Ce n’était sans doute pas la bonne solution, mais il a agi comme il pensait bon de le faire. De plus, ce n’est pas comme s’il avait définitivement déserté de la vie de sa gamine. Il était là, dans l’ombre, à la regarder grandir, à espérer qu’elle se porte bien. « Oui. Ca va aller. » répète-t-il, le regard baissé sur le sol. Il veut y croire, mais il n’est pas rassuré et a des doutes sur ce qu’il avance. Dante pose une main sur la cuisse de la réunionnaise et sort de sa torpeur pour envoyer un message à sa meilleure amie, par automatisme, mais surtout par nécessité. Il a besoin de la sentir là, présente également. « Lorsqu’il sera rétablit, reposé, je suis certain qu’il voudra passer des heures à te parler. Il aime les histoires, les écouter et les transmet à qui veut l’entendre. C’est un bon conteur. C’est un grand passionné… Tu vas l’adorer. » On ne peut pas le détester. C’est un homme en or qui en a bavé dans sa vie, mais alors même qu’il passait par une phase difficile et qu’il lui était difficile de s’offrir un morceau de pain, il n’a pas hésité une seconde à le prendre sous son aile. « Et tu vas l’adorer également. » dit-il, sûr de lui, en l’encerclant de ses bras pour l’inciter à s’asseoir sur ses genoux et ainsi la ramener tout contre lui. Dante enfouit son visage au creux de son cou, y dépose un baiser, puis murmure : « Je t’ai déjà raconté comment nos chemins se sont croisés, lui et moi ? » La plupart du temps, l’italien se contente de dire qu’il est son père, parce que c’est ce qu’il représente dans son cœur, mais leur histoire est bien plus compliquée que ça. Il ne s’y attarde jamais, ne souhaitant pas revenir sur les événements passés, sur sa vie dans ce petit village avant d’atterrir à Naples et d’y faire son nid. « Je ne connaissais pas la ville. Je n'étais même pas supposé y rester plus de quelques jours. » Ce n'était qu'un arrêt éphémère qu'il empruntait pour rejoindre une autre commune. Laquelle, il n'en sait rien. Il souhaitait juste s'éloigner, loin. « Il a réussi à apprivoiser le gamin paumé que j’étais autrefois. Tu m’aurais connu, je ne suis pas certain que tu te serais retourné sur moi. » Il n’avait pas l’assurance qu’il a aujourd’hui, était insolent, se destinait à un avenir flou, sans véritable projet concret. « Je n’étais qu’un petit con. » Un garnement en manque de repères. Et à présent qu’il en a, on lui en retire un qui lui est primordial.



Je sens quelque chose qui ne se dit pas, dont j’ignore la cause. C’est dans tes sourires, un je-ne-sais-quoi qui s’arrête au bord du désir. Quelle est cette voix, qui nous entraîne à renoncer sans regarder l’un vers l’autre ? Si c’est un choix, il faut qu’on s’aime, sans se lasser pour se garder l’un et l’autre. L’un près de l’autre.
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Sujet: Re: Dante || Les sans prénoms au pays de Candy ( le )
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