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- Moments entre père et fils. // Constello -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Le Coeur de Naples :: Résidences
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Jack Delaney10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
Jack Delaney
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Sujet: Moments entre père et fils. // Constello ( le Jeu 15 Aoû 2019 - 15:42 )
Jack était assis sur le canapé. Son portable sur la table basse, son regard était fixé sur l’écran éteint. Il attendait un appel du détective privé qu’il avait engagé pour retrouver Mia et qu’il avait également mis sur la piste de Calliope. Sans le dire évidemment à Rowtag, mais il voulait sincèrement aider cet homme qui avait perdu sa raison de vivre comme lui. Ils devaient se serrer les coudes pour survivre, pour rester fort et intègre en attendant que leurs princesses reviennent ensoleiller leur vie. Selon le dernier message de l’homme : il y avait du nouveau sur Mia. Une piste, plus récente que les autres : de quoi le faire espérer comme jamais. C’était la première trace stable depuis sa disparition. Jack savait pertinemment que plus les mois s’écoulaient et moins il y avait de chance de la retrouver. Vive ou morte… Il en était complètement conscient et l’idée qu’elle souffre seule le tuait à petit feu. Au moins, cependant, si jamais son corps était retrouvé : alors il aurait une bonne raison de mettre fin à la mascarade de sa vie. Oui, ils laisseraient les orphelins derrière lui. Ainsi que Michelangelo et sa mère d’adoption sans oublier Ebba… Mais il savait qu’il ne serait pas en mesure de respirer sans avoir l’espoir que chaque inspiration et expiration le rapprochait de sa fille. Sa Mia. Les mains croisées, ses coudes posés sur ses genoux : il caressait avec l’ongle de son pouce sa lèvre inférieure. Il leva son regard pour regarder la dernière photo de Mia et lui. Prise lors d’un fou rire comme ils en avaient beaucoup. Le père et la fille avaient toujours été complices. Il jouait volontiers le rôle de la maman alors que cette dernière mettait en avant sa carrière plutôt que sa fille. Jack avait tenté, il avait fait son possible, pour ne pas la tenir responsable de la disparition de leur fille, mais il avait échoué. C’est probablement pour cette raison que, comme l’avait si bien dit Ebba, il n’y avait pas de Jane Doe dans la vie de John Doe.
Quand son portable vibra, il sursauta et se redressa pour regarder l’écran. Malheureusement, ce n’était qu’un message pour lui annoncer qu’il y avait une course ce soir. Il ne pourrait pas y aller de toute façon : ce soir il avait rendez-vous. Ce n’était pas avec la belle blonde qui rendait ses nuits plus supportables et ses pensées moins sombres, mais son père. Un fait encore étrange pour lui. Il ne se faisait pas à cette idée. Probablement parce qu’il avait passé la majeur partie de sa vie à nier le fait qu’il en avait un. Qu’il était mieux sans lui-même. Comme il s’était fourvoyé. Il avait besoin d’un père. Il en avait toujours eu besoin. Si des figures masculines ont marqué sa vie : un géniteur inconnu restait tout de même un gros point d’interrogation qui rendait les autres interactions avec les hommes plus mûres fades. Une fois avoir répondu au sms, il reposa le téléphone et se laissa tomber dans le canapé. Il révulsa sa tête pour regarder le plafond et laissa Frank Sinatra envahir la pièce de sa voix. Il allait devoir se ressaisir. Il ne voulait pas accabler Constello de ses problèmes. Pas tout de suite. Une part de lui voulait l’impressionner et non lui montrer qu’il était détruit comme le soir de leur rencontre même s’il l’avait vu dans un de ses pires états.

On sonna à l’interphone, il se leva et alla décrocher avant d’ouvrir la porte en entendant que cela était le comédien. Il alla dans la cuisine et servit deux verres d’un vin rouge qui avait été ouvert il y a une heure de cela le temps qu’il s’aère. Ils avaient prévu de cuisiner ensemble et il était évident que la chose ne se ferait pas sans un bon vin. Les quelques coups sur la porte le firent revenir dans l’entrée et il ouvrit la porte avant de sourire à Constello :

“Bonsoir.” Pourquoi est-ce que le poids sur ses épaules sembla immédiatement plus léger ? “Merci d’être venu.” Il n’en revenait toujours pas, il faut dire. Jack n’aurait pas été étonné que cet homme ne vienne pas ce soir. Que tout cela ne soit qu’un mensonge. Mais non, il était bel et bien là. “Entre, entre je t’en prie.” Il referma la porte derrière lui : “Je ne savais pas ce que tu voulais cuisiner, alors j’ai fais un plein de courses pour que tu n’ais que l’embaras du choix.” Jack ne serait pas chef ce soir, juste commis. Il était temps qu’il apprenne quelque chose de lui qui avait manqué à sa vie.


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Sujet: Re: Moments entre père et fils. // Constello ( le Ven 30 Aoû 2019 - 23:28 )
Dans les derniers mois, beaucoup de choses avaient changé : je me faisais peu à peu à la vie de célibataire (qui venait avec certains avantages indéniables) et j’avais appris à m’affirmer un peu plus. Au diable les ternes couleurs, j’avais investi dans mon bonheur coruscant. Je n’avais jamais vraiment été le genre d’homme à m’isoler au cœur d’une thébaïde. J’avais besoin des couleurs de la ville, de la chaleur des autres personnes. C’était peut-être bien pour cette raison que j’étais constamment sorti. Aller explorer. Découvrir de nouveaux horizons. La solitude de ma maison me pesait. Ces murs pourtant immenses qui m’avait longtemps semblé bien trop petit pour pouvoir contenir mon besoin d’exprimer celui que j’étais réellement se retrouvaient maintenant bien trop grand et vide. J’avais donc doucement commencé à regarder pour adopter un chien. Malgré mon horaire en étoile, malgré mes inlassables soirées à rentrer, le corps illuné et avec encore l’odeur d’un autre sur ma peau. Je savais que j’avais besoin d’une présence et d’un certain sens de responsabilité qui venait nécessairement avec le fait d’avoir un animal domestique (chose que je n’avais jamais vraiment pu avoir parce que Lucia n’en était pas nécessairement la plus indéfectible des admiratrices.

Le tumulte des derniers mois avait justement justifié le peu de temps que j’avais pu passé à établir un lien avec mon fils : j’étais devenu grand-père (deux fois plutôt qu’une) et j’avais fait passé ces deux nouvelles petites vie avant celle de mon garçon, rencontré déjà grand. Il y avait aussi cette pièce qui m’avait absorbé. Mais nous avions finalement réussi à faire en sorte que nos horaires coïncident en utilisant peut-être plus de miracle que de réalité.

C’était chez lui que nous nous rejoignons pour un souper entre père et fils pour échanger. Souper que j’avais proposé de préparer en fouillant un peu dans mes livres de recette. J’aurais peut-être pu simplement l’appeler pour mentionner que je me mettais en route mais nous avions convenu d’une heure alors tout allait nécessairement bien aller. J’avais le cœur léger lorsque je stationnais ma voiture à une distance de marche raisonnable et que je parcourus la petite distance. Il me fallut un court instant pour trouver la bonne adresse sur l’interphone pour le contacter. L’appartement était plus cossu que celui que j’avais habité avec ma femme et ma fille au tout début de notre union. En même temps, nous étions deux étudiants fauchés avec une petite et il était médecin. Il aurait vécu dans un taudis similaire à celui que j’avais habité, je me serais nécessairement poser des questions. L’appartement 11 ne serait pas fondamentalement difficile à trouver. J’avais amené avec moi quelques-unes des tomates de mon jardin fraîchement cueillies : je savais qu’il avait payé les courses mais je me plaisais quand même à lui offrir un petit quelque chose (qui plus est que j’avais fait poussé avec un amour et un acharnement qui n’avait que peu d’équivalent. Trois petits coups frappés à la porte, et j’attendis doucement qu’il vienne m’ouvrir la porte.

Cheveux gris légèrement ébouriffés, t-shirt noir, jeans noir mais un petit foulard coloré qui venait changé la donne, j’avais l’air plus décontracté que la première fois que je l’avais rencontré mais la réalité était autre : j’étais nerveux de ne pas me montrer nécessairement à la hauteur. Certes, face au modèle absent qu’il avait eu pendant la majorité de sa vie, je ne pouvais pas être pire mais je voulais me montrer au niveau quoi qu’il en soit. Entrant à son invitation, je souris doucement : « [color=crimson]Bonsoir ! C’est un plaisir d’être venu. Je te remercie pour l’invitation. Je m’excuse même que nous ayons du attendre aussi longtemps pour se revoir.[/icolor] » dis-je avec un sourire honnête. Ce n’était pas une simple formule de politesse. J’aurais honnêtement aimé avoir la chance de le voir un peu plutôt. Mais parfois, les horaires ont leur propre raison n’est-ce pas. « Oh ! Mais un plaisir d’être mis en charge de la cuisine. Je vais simplement prendre un petit instant pour te voir avant d’aller faire mon ogre dans tes placards. » rajoutais-je doucement en lui tendant un petit sac de papier « Je sais que tu as dit que tu t’occupais de fournir les ingrédients mais voici des tomates du jardin. Frais cueillis de… juste avant que je ne parte. Seigneur ! Je ressemble à ma mère. » déclarais-je en figeant. Bon, la mienne n’avait plus son jardin depuis quelques années donc elle ne m’approvisionnait plus en légumes et fruit. Ma main verte provenait d’elle. « Comment vas-tu ? » demandais-je doucement. Il avait encore l’air fatigué ou triste bien que je ne saurait dire lequel.



   
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Sujet: Re: Moments entre père et fils. // Constello ( le Mar 3 Sep 2019 - 9:41 )
Jack savait que le temps qu’ils avaient perdus ne pouvait jamais être récupéré, cependant, la seule chose qu’ils pouvaient faire c’était d’utiliser les années qu’il avaient devant eux du mieux que possible. Cela commençait par des petits moments, comme faire un repas entre eux. Parce que toutes les bonnes histoires commencent toujours avec un bon repas. Cela était bien connu n’est-ce pas ? Dans les mythes modernes tout du moins. Oublions Handersen et Grimm pendant quelques instants. Pourtant, l’histoire de Jack avait des airs de tragédies qu’on raconte aux enfants. Des contes qui se terminent bien… La plupart du temps. Qui sait, dans la sienne : Mia retrouverait son chemin à la maison et ils pourront vivre heureux jusqu’à la fin. Jack s’était même imaginé à plusieurs reprises des moments avec Adelina et les jumeaux, Mia qui joue avec eux tandis que les adultes parlent ensemble en savourant une bonne bouteille de vin. Oui. Il rêvait de ça. Est-ce qu’un jour cela arrivera ? Est-ce que les orphelins pourront accueillir cette enfant pleine d’énergie dans leur cercle ? Bon sang ce qu’il espérait que cela arrive. Sa Mia. Sa chère et tendre petite fille disparue, arrachée depuis bien trop longtemps à sa vie. Continuer d’avance, malgré tout l’or du monde, cela ne serait pas une chose possible. Alors, il attendait patiemment que le téléphone sonne. Que le couperet tombe. Que la sentence soit prononcé ou bien le jugement livré. En bien ou en mal, Jack voulait savoir. A force de passer trop de temps dans les ténèbres de l’incertitude : il ne savait pas si un jour il retrouverait son chemin vers la lumière.

Ouvrant la bouteille de rouge pour que le vin respire, il alla ouvrir à son père et le laissa rentrer. “Tout le plaisir est pour moi.” Un jour, les formalités n’auraient plus de place entre eux, mais Jack ne se sentait pas encore assez confident dans cette relation pour utiliser un language moins soutenu. Déjà, ils se tutoyaient. “Nous avons tous les deux été pris par la tourmente de la vie, il n’y a pas d’excuses à donner.” Le doc lui sourit sincèrement. Il avait eu d’autres choses à penser également. “Devenir grand-père de deux enfants d’un coup demande beaucoup d’énergie.” Il mena son père vers la cuisine ouverte sur le salon par un comptoir pour la séparer du salon / salle à manger : “Fais donc, je n’ai rien à caché et je ne ramène pas le travail ici alors tu ne risques pas de trouver des choses bizarres.” Jack prit le sac et l’ouvrit avant de sourire : “Ma grand-mère devait être une bonne femme alors si elle arrivait à faire pousser des légumes. Je n’ai pas hérité de ta main verte.” Les plantes et lui cela ne faisait pas bon ménage. “Il n’y a rien de mieux que des légumes frais. Je fais mon possible pour acheter des produits de saisons : alors tu me ravis. Elles sont magnifiques.”

En entendant la question classique qu’on pose tout le temps, il souffla longuement et rentra dans la cuisine pour sortir une passoire et mettre les tomates dedans. Il laissait la musique s’occuper de ne pas rendre le silence pensant. Il prit une longue inspiration avant de prendre le taureau par les cornes :

“J’aimerais pouvoir dire bien… Mais cela serait mentir et je crois que nous avons assez perdus de temps pour se perdre dans les mensonges.” Il se tourna, passa sa main dans ses cheveux bouclés avant de la perdre dans sa barbe de quelques jours. Il ne savait jamais comment aborder la chose. “Il y a cinq ans…” Sa gorge se serra. Il du faire une nouvelle pause : “On m’a enlevé mon enfant.” Il passa sa langue sur ses lèvres pour les humidifier. “Mia… Mia a été enlevée après l’école. Sa mère… Mon ex-femme était bien trop perchée à cause de la cocaïne pour se souvenir d’aller la chercher.” Il regarda le sol, croisa ses jambes : “J’attends tous les jours des nouvelles… Je me refuse de baisser les bras et certains jours… J’ai dû mal à sortir la tête hors de mon mal-être. Tu es arrivé à point nommé.” Parce que sa soirée aurait été bien morose sinon. Il sortit deux verres de vin et les remplissa.


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Sujet: Re: Moments entre père et fils. // Constello ( le Jeu 5 Sep 2019 - 12:38 )
Il nous est pratiquement impossible de savoir l’histoire des autres en les regardant d’un simple coup d’œil. Nous avions tous notre vécu personnel. Notre propre expérience du monde qui nous avait formé mentalement. Nos forces sur lesquelles nous nous étions appuyés, nos faiblesses qui pouvaient aisément nous faire basculer. Mon agente disait souvent que « toute publicitié est une bonne publicité » mais je n’étais pas nécessairement d’accord. J’avais eu envie de partir en voyage, loin, très loin de mon Italie natale, quand mon homosexualité avait été dévoilée. Pour une figure publique, ce genre de révélation faisait le même effet qu’une grenade lancée en plein visage. Il m’avait fallu du temps pour accepter, pour ne pas être perdu devant la complexité des relations humaines. Et comme toujours dans mon cas, c’était le travail qui s’était présenté comme un refuge. Beaucoup dans le milieu se doutait de mes penchants, beaucoup avaient été témoins de mes dérapes. Et ce refuge m’avait peut-être amener à limiter un peu ma présence auprès de ma fille… en même temps, quand Lucia avait donné naissance à Adelina, l’incessant flot des parents nous avaient saoulé tous les deux. J’y étais donc aller mais âgés d’à peine six semaines, ils étaient un peu trop dépendants des jupes de leur mère pour que j’aille pu voire leur belle énergie distincte. Ce qui ne m’empêchait pas d’être allé les voir et avec un sourire, je répliquais dans l’informalité : « Un peu, mais comme il n’y a pas de congé pour les grands-parents et que j’avais déjà des engagements, je n’ai pas encore pu les garder très longtemps. Mais ils sont adorables, tu les as vu ? »

Il avait de la fierté dans mes yeux en abordant mes petits-enfants. La même qui avait habité mes parents malgré la déception que je sois devenu père aussitôt. Je rigolais nerveusement lorsqu’il m’assura ne pas ramener de boulot à la maison : « Bien heureux ! Je n’aurais guère apprécié de me retrouver devant un cerveau dans du formol. » L’idée me fit frissonner doucement de dégout. Je complétais doucement la pensée sur ma mère, sa grand-mère. « Elle l’est encore même si elle ne fait plus pousser ses propres légumes dans son jardin et que notre relation n’est pas très facile actuellement… et je te rassure, elles ne sont pas que magnifiques. Elles sont également délicieuses, avec une petite touche de sel et de poivre, je les mange presque comme des pommes. Je rêverais de pouvoir en avoir à l’année des fraiches comme ça. C’est très joli chez toi. » J’aimais bien la grande aire ouverte – et j’avais en tête de rénover une partie de la maison entre autre pour obtenir quelque chose de plus grand et peut-être même une serre intérieure pour les mois plus froid de l’hiver (parce que oui, j’étais de l’espèce frileuse).

Rien n’aurait pu me préparer par contre à l’aveu qu’il me fit sur comment il allait. Je me doutais que quelque chose s’était passé avec sa fille depuis cette première conversation : je pensais majoritairement à un de ces divorces sales qui laissent les parents en guerre ouverte… Mais enlevée ? Sans aucune nouvelle depuis plusieurs années. J’avais eu l’impression d’être amputé d’un poumon quand ma fille avait refusé de m’appeler ou de me parler en apprenant que le divorce était en raison de mes infidélités causées par mon attrait pour la gente masculine. J’aurais remué ciel et terre mis dans une pareille situation, mon cœur n’aurait jamais su comment survivre à une telle épreuve. Juste la tentative de suicide de ma fille m’avait donné l’impression de mourir un peu. Ce genre de drame devait faire l’effet d’un camion géant de dix roues qui nous écrase entièrement le cœur. Mon visage n’était pas stoïque mais laissait transparaitre une marre de compassion pour Jack alors que les mots me manquaient. Il me semblait honnêtement qu’il n’y avait rien, rien que je puisse dire qui allégerait un peu sa douleur. « Oh ! Jack…. » murmurais-je en tentant de trouver quoi que ce soit qui pourrait l’aider et qui n’aurait pas l’air de ces répliques bateaux que l’on dit quand on ne sait pas quoi dire. J’écoutais le récit avec mon cœur peiné qui étouffait. Mais la seule chose que je pus murmurer fut : « Je ne peux même pas imaginer ce que tu as traversé… » Parce qu’il n’y avait rien d’équivalent dans mon histoire. Rien d’équivalent chez aucun des proches que j’avais. Mes problèmes d’acceptation personnelle me semblait bien futile. Déposant doucement ma main sur son bras, je rajoutais finalement. « Je suis sincèrement désolé que tu aies eu à vivre une telle épreuve et sache que je serais présent si tu veux me parler d’elle ou que ça ne va pas… Et qu’importe l’heure… Si je peux faire, quoi que ce soit pour t’aider à te changer les idées. » dis-je en hésitant pour me mettre à cuisiner. Je pris une de deux coupes à vin qu'il venait de remplir. Et j'en pris une longue gorgée. Hésitant sur la marche à suivre pour le restant de cette soirée.



   
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Sujet: Re: Moments entre père et fils. // Constello ( le Mer 18 Sep 2019 - 14:54 )
Jack hocha la tête quand Constello lui demanda s’il avait vu les deux merveilles qui avaient vu le jour dans la famille d’Adelina. Non, ils ne les avaient pas vu encore. C’est que… La jeune femme ne savait pas encore ce qui les lie. Elle ne savait pas qu’il était le frère qu’elle n’a jamais eu. Dans ses moments les plus noirs, il se répétait qu’elle n’avait pas besoin d’un déchet comme lui qui prétends bien aller. Quand le moral était au beau fixe, il aimait imaginer que toute sa vie elle avait espéré d’avoir un frère et qu’aujourd’hui la vie lui en donnait un. Il n’avait jamais demandé à venir au monde, mais il avait toujours demandé à être aimé : à avoir une famille. De sang ou non, mais il avait besoin de s’entourer de personnes sur lesquelles il pouvait se reposer. En regardant son père : il espérait que Constello pouvait officiellement faire partit de ce petit cercle qui tant bien que mal arrivait à lui faire garder la tête hors de l’eau. Dieu sait qu’il en avait besoin bien trop souvent. Notamment ces derniers temps car plus les jours passaient, plus il savait que l’espoir s’étiolait.

“Je suppose que contrairement aux parents, c’est un travail à mi-temps ? Les grands-parents peuvent les rendre aux parents dès le soir venu sauf quand ils dorment sur place.” Ceux de Mia avaient toujours été complètement gaga de leur petite-fille. Encore aujourd’hui, ils appelaient Jack pour prendre de ses nouvelles : conscient qu’il a été la meilleure chose qui est arrivée à leur fille. D’après les dernières nouvelles, elle s’était encore plus enfoncée depuis le départ de son compagnon. “Si tu as des photos, montre les moi tout à l’heure.” Il était sincère, son sourire le prouvait. “Je peux voir à ton regard qu’ils doivent être des plus adorables.” Pas besoin d’être médium pour voir ce genre de choses.

Est-ce que Constello aurait été heureux de savoir que Jack aussi avait été papa ? Mia se serait-elle entendu avec ce grand-père sortit de nulle part ? Jack aimerait sincèrement le croire, pourtant, il savait que jamais ces faits ne pourront être prouvé. Même lui commençait à désespérer alors qu’il était militant des premiers jours dans les recherches pour retrouver sa fille. La discussion est toujours sur un ton léger, il ne s’agirait pas de plomber l’ambiance avec ce genre d’histoire. Le docteur en médecine légale fit une petite blague en disant qu’il ne ramenait pas de travail chez lui. Des dossiers, oui, mais des parties de l’anatomie humaine : non. Il se permit de poser des questions sur sa grand-mère. Se doutant bien que pour le coup : la rencontrer serait impossible.

“Je parie qu’elle doit être encore plus fière que toi d’être arrière-grand-mère. Ce n’est pas donné à beaucoup de grand-mère tout ça.” Il ne mit pas plus son grain de sel, même s’il désirait en savoir plus sur cette femme : un part de lui n’osait pas. Probablement parce qu’il n’avait toujours pas à réaliser qu’il avait trouvé sa famille. C’était encore un concept inconnu pour lui. Le plaisir d’avoir des grands-parents… Il ne connaissait pas. “Merci, j’avoue que… C’est très impersonnel, mais … C’est confortable.” Hormis quelques photos ça et là : tout était sobre.

Quand Constello demanda comment il allait, Jack était sur le point de mentir. Affirmer que tout va bien et passer à autre chose. Cependant, il ne le pouvait pas. Il estimait qu’ils avaient assez perdus de temps entre eux et qu’ils devaient maintenant jouer carte sur table. Alors il se confia. En dehors des orphelins et de Rowtag, cela était la première fois qu’il en parlait. Ce n’était pas dans ses habitudes, il détestait cela, mais selon les professionnels qu’il avait rencontrés : cela était le début de la guérison ; mais surtout de l’acceptation. Trouver les mots n’était pas une chose facile. Tant bien que mal, le docteur réussit à les choisir pour parler du drame de sa vie. Car oui, cela était un drame. Il agonisait depuis ce jour fatidique où sa fille a disparue. Une agonie, douloureuse à partager, et qui ne semblait pas prête de s’arrêter. Alors, pour occuper ses mains : il se chargea de prendre des verres et de les remplir.

“On leur donne la vie, on leur donne de l’amour, mais du jour au lendemain : on ne peut plus rien leur donner car ils ne sont plus là.”
Il soupira, puis prit une longue inspiration : “On n’est pas fait pour enterrer nos enfants.” Répondit-il quand son père souffla son prénom. Jack ressentait la peine de ce dernier : après tout Constello avait lui aussi une fille. “Je ne le souhaite à personne… Vraiment pas.” Il reposa la carafe. “Et tous les jours je me dis que la douleur va passer, mais elle ne fait que s’endormir pour mieux se réveiller au moment propice. Comme un chat qui se repait de voir sa proie s’affaiblir à chaque attaque.” Jack posa sa main sur celle de son père.

Il laissa le silence s’installer, laissa son aîné prendre en charge la cuisine alors que sa main attrapa le verre qu’il trinqua à celui de Constello avant de prendre une gorgée de vin. Il laissa le tanin envahir son palais et enivrer ses papilles.

“Merci…” Il fit tourner le liquide rouge dans sa coupe. “Je n’oublierais pas…” Il sourit en coin : “Mia… Je suis certaine qu’elle se serait bien entendue avec toi. Elle adorait se déguiser, jouer la comédie : je lui avais même construit un petit théâtre en carton.” L’imagination débordante de sa fille n’avait aucune limite. “De tout mon coeur… J’espère que tu pourras la rencontrer un jour et qu’elle pourra jouer avec les jumeaux.” Cela serait le cadre familiale parfait.

Il reprit une gorgée et enfila un tablier avant d’en tendre un à son père pour ne pas qu’il salisse ses beaux habits. Il alla se laver les mains, puis se racla la gorge :

“Alors chef… Pour parler de choses plus joyeuse. Par quoi commençons-nous. Je suis doué en cuisine, mais je ne dis jamais non pour apprendre de nouvelles techniques ou recettes.” Jack devait changer de sujet, sans quoi… Il resterait cantonner dans la spirale infernale du deuil et ce n’était pas pour cette raison que Constello était venu ce soir.


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Sujet: Re: Moments entre père et fils. // Constello ( le Mar 24 Sep 2019 - 11:23 )
J’avais une véritable fascination pour mes petits-enfants et j’avais profité de ces petits moments pour amener de la bouffe à ma fille et m’occuper des deux petits trésors que j’avais eu. J’en avais oublié dans la tourmente de prévenir Jack qu’elle savait exactement pour la nature de notre relation parce que j’avais tout déballer avec une aisance désarmante parce qu’elle m’avait posé sans détour la question quand j’avais choisi d’affronter la dureté de la réalité pour me confier sur ce qui m’avait fait me taire pendant aussi longtemps. J’avais encore une fois fait preuve d’un certain égoïsme face à ce qu’il avait vécu : je n’avais pas pris le temps obnubilé par cette plongée dans de nouvelles réalités. Être devenu grand-père m’avait changé et me donnait une certaine volonté pour me battre pour ce que je savais être bien. Ce qui ne pouvait pas m’empêcher de me monter quelque peu moqueur et de continuer avec humour. « Exactement, la politique de retour de la marchandise est quand même assez extraordinaire. Et puis pendant les premiers mois, il n’y a pas vraiment possibilité de les avoir pour dormir… donc les nuits ne sont pas drastiquement en manque. » Du moins, pas en raison des pleurs de deux petits nouveau-nés. On s’entend que je n’aurais pas eu de problème à prendre des heures pour les calmer… mais vivant actuellement seul, je me voyais peut-être moins avec deux petits en même temps.

Après un petit éclat de rire qui n’avait strictement rien d’amer, j’avouais qu’en bon grand-papa gâteau, j’avais beaucoup plus de photo que nécessaire. « J’en ai plein. Je te les montrerais tantôt mais j’avoue avoir de la difficulté à croire qu’elle soit rendue assez grande pour avoir des enfants… et qu’ils puissent être aussi parfaits, tous les deux. » Ce n’était pas que ma fille ne l’était pas parfaite. Je lui avais clairement dit que j’étais excessivement fier de la femme qu’elle était devenue mais je ne pouvais pas m’empêcher d’être plus fasciné par ce qu’elle avait réussi à produire au bout de neuf long mois de création. Je savais que j’avais aidé, j’avais apporté les pierres qui se trouvait à la base de cette belle pyramide qu’elle avait créé. J’étais même en mesure de comprendre la fierté de mes parents. Une des rares choses que je comprenais d’eux en ce moment.

J’aurais aimé pouvoir faire une apologie de mes parents à mon fils. Mais je ne pus vraiment retenir cette petite moue en répliquant doucement : « Il faudrait demander à Adelina pour savoir la fierté de mes parents. Disons que ma situation actuelle n’aide pas à rétablir un dialogue. » Autant mon divorce que mon homosexualité. J’eus un petit sourire de quelques secondes.

Ce dernier fondit bien vite lorsque mon fils m’avoua ce qui s’était passé, l’apocalypse qui avait traversé sa vie et fait plus de ravage que ce que l’on pouvait imaginer. Je n’étais pas nécessairement en mesure de me mettre complètement dans sa peau pour comprendre toute l’horreur qu’il avait vécu. Il avait vécu l’abandon d’une mère, l’absence d’un père et la disparition d’un enfant. Chacune des épreuve que nous traversons servent à modeler notre perception du monde mais j’avais de la misère à croire que le karma pouvait s’acharner au point d’ancrer un tel venin de négativité dans la vie d’une seule personne. J’aurais personnellement chercher à me noyer dans de la liqueur, dans du fort à l’amertume. C’était ce que j’avais fait quand Adelina avait cherché à en finir. Je n’avais pourtant jamais vécu d’épreuve vraiment traumatique. Mon envie de mourir qui m’avait si longtemps habité, qui n’était jamais vraiment loin me semblait si ridicule alors que je voyais ce que mon fils avait traversé. Je me contentais de l’écouter sagement m’expliquer la situation et l’amour qu’il avait pour elle. Je ne voulais pas augmenter sa détresse. Juste recevoir sans juger sa confidence.

J’étais à bout de mots pour savoir comment le réconforter. Doucement, je complétais en appuyant ma main contre son bras. « Je suis vraiment sincèrement désolé que tu aies à composer avec son absence et j’espère aussi pouvoir avoir la chance de la rencontrer. » C’était le mieux que je pouvait faire. Le doux silence qui s’installa était lourd de significations. Je n’étais pas certain de ce que je pouvais faire d’autres que de le laisser rester pendant un instant en réfléchissant à ce qu’il avait dit. Nous avions tous tendance à prendre un peu trop pour acquis les gens qui nous entouraient : nos parents, nos amis, nos enfants… La vie n’en tenait qu’à un seul fil. Je fis doucement tourner dans ma main la coupe de vin en fixant d’un œil absent la robe rouge du vin. Je préférais le blanc au rouge mais je n’allais pas me plaindre de quoi que ce soit. J’en pris une longue gorgée en espérant que la douce chaleur de l’alcool joue.

Revenant à la réalité, je me concentrait sur le menu en observant les ingrédients après avoir enfiler le tableau que la jeune demoiselle me proposa doucement : « Je peux te proposer mon extraordinaire risotto aux champignons végan comme suggestion, jeune chef. C’est une des premières recettes qui m’a fait basculer entre végétarien et vegan. Et ils font d’excellent arancinis… et on pourrait se servir des tomates de mon jardin pour faire la sauce qui les complète. » déclarais-je en me tournant vers l’évier pour me laver également les main.



   
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Sujet: Re: Moments entre père et fils. // Constello ( le Sam 28 Sep 2019 - 16:47 )
Un sourire s’afficha sur le visage de Jack qui voyait son père radieux. Il semblait aller bien mieux que la dernière fois qu’ils s’étaient rencontré. Il n’est pas difficile, à dire vrai, de faire mieux. Ils étaient tous les deux au fond du trou et en plus ils apprenaient qu’ils étaient liés par le sang. Cela faisait beaucoup de choses à avaler, mais heureusement l’alcool faisait tout passé. Ce soir, ils resteraient sobres : le plus possible tout du moins. Jack comptait bien profiter de cet instant avec Constello. Le passé ne pouvait pas être réécrit, mais le présent le pouvait. Alors pourquoi se gêner ?

“Je suis certain que ça va aller.” Il sourit en coin : “Les enfants, ils n’ont pas besoin de grands choses.” D’un toit sur leur tête, de la nourriture, de l’amour et surtout ne pas finir à l’orphelinat.

Ravi à l’idée de voir les photos des jumeaux, il nota dans un coin de sa tête que Constello lui proposait de les regarder tout à l’heure. Cela lui ferait un pincement au cœur, mais il les regarderait quand même. Il ne pouvait pas empêcher les autres d’être heureux et de s’épanouir. La vie continuait de suivre son cours, la naissance des jumeaux d’Adelina en était la preuve. Constello était grand-père. Encore une fois. Même s'il n’avait jamais rencontré Mia. Jack n’avait pas cru un jour rencontrer son géniteur, alors lui parler de la disparition de sa fille : cela relevait du surréalisme et pourtant… Il avait tout déballé. Parce qu’il n’avait plus rien à cacher. Il n’en avait pas honte, de toute façon. C’est juste que la plupart du temps cela était bien trop douloureux pour articuler deux mots.

“Je suppose que ce que tu dis est encore plus vrai quand on est le père d’une fille.” Est-ce qu’il aurait un jour la chance de vivre ce que vit Constello ? Aurait-il à subir ce genre de stress ? Comme il l’espérait et en même temps il préférait la savoir morte si cela voulait dire qu’elle souffrait à l’heure où il était tranquillement chez lui. “Je ne sais pas pour elle… Mais je ne te juge pas.” Autant que les choses soient dites : “Cela est tellement mal avisé de faire une telle chose car on n’est pas à l’abri de suivre le même chemin.” Et Jack serait bien le dernier à montrer du doigt le parcours de Constello.

À aucun moment, le docteur ne voulait alourdir l’ambiance avec l’histoire de Mia. Il n’avait pas, cependant, l’envie de mentir à son père. Ils n’avaient pas assez de temps pour ça. Jack allait donc droit au but, mis des mots sur sa douleur quotidienne en expliquant son origine. Comme cela était difficile… Son cœur se gorgeait de chagrin au fur et à mesure que les mots passaient ses lèvres, mais il tenait bon. Comme un bateau au milieu de la tempête : il continuait de naviguer dans les eaux inconnues de son mal-être avec l’espoir de voir le soleil percé les gros nuages un jour. Sa main sur celle de son père : il exerça une légère pression en avalant sa salive. Il se contenta de hocher la tête. Il ne pouvait pas parler plus de Mia. Il avait atteint sa limite. Constello avait trouvé les mots justes pour conclure cette discussion.

Le repas n’allait pas se faire tout seul, alors, il se tourna finalement pour servir le vin dans les deux verres. Ils devaient commencer à cuisiner. C’était, après tout, la raison pour laquelle il avait invité son père. Pour passer un moment entre père et fils, pour apprendre à se connaître. Étrangement, il se sentait plus léger depuis qu’il avait parlé de Mia, même si cela le mettait souvent dans un état léthargique. Une chose qui n’avait pas lieu de faire en cet instant car il avait de la compagnie. Et pas n’importe qui, d’ailleurs. Se lavant les mains en premier, il hocha la tête :

“Cela me semble être parfait.”
Il les essuya et tendit le torchon pour les mains à Constello : “Faisons ça.” Il remonta les manches de sa chemise, prit un tablier pour le tendre à son père avant de prendre le second : “Je te laisse me dire quoique faire. Je serais ton infirmier ce soir et toi le chirurgien.”

Jack avait du bon matériel de cuisine, ayant investi dès son arrivée à Naples. C’est qu’il aimait cuisiner alors avoir de bons outils étaient essentielles. Et puis, être commis ne le dérangeait pas. L’acteur ne savait pas encore où se trouvait tout dans cette cuisine nouvelle pour lui.

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Sujet: Re: Moments entre père et fils. // Constello ( le Sam 5 Oct 2019 - 11:53 )
Je me rappelais encore vaguement cette discussion que j’avais eu avec un médecin à l’air sévère quand Lucia était tombée enceinte. Le « asseyez-vous » presque militaire, tombé comme une lame de guillotine qui nous avait été dirigé pour nous montrer que la situation était grave, que nous étions jeunes et que cet enfant avait été conçu hors mariage. Une bombe nucléaire sur notre famille qui avait précipité le sort et la trame dramatique. Même avec toutes ces années, je n’avais pas réussi à oublier la nervosité qui s’était installé dans mon ventre quand nous avions su que nous attendions une fille.

Mon imagination avait toujours été fertile et je m’étais aisément imaginé toutes ces choses qui pouvaient mal tourner. Bien sûr que l’histoire de mon fils me touchait. Et je savais que ce n’était pas simplement parce que j’avais l’immense bonheur d’être le père d’une fille qui elle avait eu la chance de devenir femme. Il ne l’avait pas eu facile, mais j’avais l’honnête intention de lui tendre la main pour m’assurer qu’il ne soit plus abonné à la récolte des larmes comme certains récoltent l’eau de pluie. J’allais m’assurer de l’épauler pour éviter qu’il ne se fasse avaler tout entier par ce grand trou noir que la perte pouvait représenter.

N’ayant jamais expérimenté par moi-même la réelle absence et l’inquiétude que causait le manque d’un enfant, je n’avais pas nécessairement les outils. Par contre, nous avions du vin rouge, de la musique en arrière-plan et de la bouffe à faire. Ce n’était sans doute pas grand-chose… Mais c’était déjà mieux que rien. Je n’allais pas le transporter loin de la région dans laquelle nous vivions : il n’y avait que rarement les saveurs de l’Orient dans la nourriture que je me plaisais à faire : je préférais rester non loin de la terrasse de mon enfance quand mon nez d’enfant allait se perdre dans les préparations de ma mère et que je regardais avec envie mes sœurs qui apprenaient à cuisiner aux contacts de ma mère dans ce milieu machiste dans lequel j’avais appris à devenir un homme.

Mes mains lavées, je me laissais doucement emporter par l’énergie de la cuisine décidant de laisser au loin cette triste morosité qui aurait pu nous emporter. Il voulait que je lui change les idées et j’allais le faire avec cette énergie qui m’avait toujours caractérisée. Mon portable rangé, je préférais m’investir dans cet éternel instant présent avec bonheur. Gaiment, je me laissais aller à cette fausse émission de cuisine qui me venait en tête. « Alors jeune sous-chef, on commence par émincer de l’ail et de l’oignon rouge… ».

Dans la bonne humeur je réalisais un peu trop tard que mon doigt accrocha un peu trop violemment le couteau de cuisine m’arrachant un gros mot alors que du sang coulait. « J’ai besoin d’un médecin visiblement. » rigolais-je doucement devant le pathétisme de ma situation. Non mais je cuisinais à la maison depuis près de vingt ans… et voilà que je me coupais comme un véritable champion. Après que Jack m’eus fait un bandage sur la coupure, je repris pratiquement comme si de rien n’était. Les oignons et l’ail dansèrent dans une poêle avant d’être rejoint par le riz, le vin blanc, le bouillon de légumes, le thym et la levure nutritionnelle. Pendant la cuisson, les champignons et l’ail prirent place dans une second poêle avant que l’on y rajoute crème, thym et maïzena. Des boules formées, roulé dans un mélange de chapelure, de levure et de lait végetale et le tout se trouva dans une nouvelle poêle.

La table dressée avec un bol de salade fait au détour d’une chanson qui m’avait eu à imiter un véritable chanteur d’opéra dans une bulle cérébrale probablement provoquée par mon cerveau alcoolisé. Nous nous retrouvâmes à s’assoir à table au bout d’une petite demi-heure de préparation. « Je tiens à préciser avant que nous nous attaquons à ce repas… qu’en temps normal, je ne me coupe pas en cuisinant. Ah oui ! mon orgueil a été profondément atteint, plus que cette coupure superficielle. Bon appétit ! » déclarais-je avec un petit sourire en l’observant doucement après avoir mis un peu de salade dans mon bol. Il faudrait simplement attendre de voir s’il appréciait maintenant.



   
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Sujet: Re: Moments entre père et fils. // Constello ( le Lun 7 Oct 2019 - 17:04 )
Jack était tellement redevable que la vie lui ait rendu cette figure paternelle qui lui a manqué cruellement. Il faisait partit de ces petits chanceux qui retrouvaient ceux qui les ont abandonnés. En l’occurrence, dans le cas de Constello, il ne savait pas son existence. Alors le docteur ne pouvait pas vraiment lui en vouloir. C’est ce qu’il se répétait tout du moins. Parfois cependant, il ne pouvait pas empêcher son cœur d’enfant abandonné et blessé de ressentir de la rancœur. Il aurait aimé avoir une famille qui l’aurait désiré. Les Delaney l’avaient fait, mais ce n’était pas la même chose. Il avait toujours sentit la différence entre son frère adoptif et lui. Si sa mère ne faisait pas de faveurs ni à l’un, ni à l’autre : les mettant tous les deux sur un pied d’égalité : il n’en était rien du père Delaney qui avait clairement fait comprendre que Jack serait toujours le deuxième, celui qui n’est pas son fils. Il avait appris à vivre avec cette impression de ne jamais être suffisant et si encore aujourd’hui il avait des doutes sur certaines choses : il se confortait en disant que pour un gamin qu’on a oublié dans un appartement quand il avait cinq ans il ne se débrouillait pas trop mal. En attendant de voir ce que lui réservait l’avenir, il était temps d’arrêter de parler du passé. Ce dernier venait toujours de spoiler les moments du quotidien. Jack ne pouvait pas laisser ces mauvais souvenirs prendre le dessus. Pas ce soir. Quand Constello sera parti : peut-être.

“Chef, oui chef.” Répondit Jack en attrapant déjà le couteau pour couper les légumes comme lui indiquait son père. Un terme avec lequel il n’était pas encore familier. Il ne le serait probablement jamais, mais il ferait l’effort d’essayer. Quand il vit le sang, Jack eu le réflexe de prendre un torchon et d’enrouler le dos de père. “Fais pression dessus, je reviens.” Il alla chercher sa trousse médicale et retourna dans la cuisine. Amenant la blessure sur l’évier, il regarda la plaie. “Tu vois, c’est pratique d’avoir un fils médecin hein ?” Dit-il pour détendre l’atmosphère en prenant soin de la blessure. “C’est superficiel, je n’ai pas besoin de faire des points.” Il fit un bon pansement : “On va arrêter le massacre ok et je vais continuer de couper.” Il le poussa du coude : “Je ne voudrais pas que le plat ne voit plus vraiment végétalien.”

La préparation du repas se fit entre les rires, les anecdotes : ces petites choses que Jack avait toujours rêvé de dire à son père comme le fait qu’il était un bon élève à l’école malgré le fait qu’il soit à l’orphelinat. Il lui parla évidemment de leur bande si chère à son cœur et de toutes les aventures qu’ils ont fait ensemble. Ils étaient, ils sont, sa famille après tout. Ceux qui ont toujours été là pour eux et qui pourtant ne voulaient pas ternir dans ses affaires de disparition. Il voulait rester à leurs yeux comme le mec fort : celui qui peut aider les autres qu’importent les problèmes. Il devrait un jour se confier un peu plus, mais il n’osait pas. Jack n’avait pas eu le temps de penser à cette sordide histoire de toute façon : surtout quand Constello s’était pris pour un chanteur d’opéra lui arrachant un sincère fou rire qu’il dut calmer avec plusieurs gorgées de vin. À ce rythme-là, ils allaient devoir en rouvrir une. La table dressée, Jack s’installa à l’opposé de son père :

“Je n’en doute pas, cela se voit que tu as l’habitude de cuisiner. J’ai beaucoup appris.” Et c’était vrai. Il saurait mettre ça en pratique la prochaine fois. “Bon appétit.” Il leva son verre et trinqua avant de boire et de le reposer. Il pouvait maintenant attaquer ce qu’ils avaient durement cuisiné. Mâchant avec entrain, il sourit : “C’est juste délicieux.” Il était sincère. “Rappelle-moi de t’appeler plus souvent pour faire la cuisine. Je pourrais prendre goût à ça.” Puis il se permit même de faire une boutade : “T’es vraiment bon à marier.”


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Sujet: Re: Moments entre père et fils. // Constello ( le Mer 16 Oct 2019 - 23:23 )
L’astrologie n’avait jamais vraiment été dans mes croyances profondes. Dieu et les machins du genre, ça n’avait jamais réellement été ma tasse de thé. Tant mieux si cela rassurait certaines personnes, si elles en avaient besoin pour avancer. Je n’allais donc pas affirmer qu’un signe du destin m’avait mystérieusement amené à croiser la route de Jack. Ça n’allait pas avec ma personnalité. Tout ce qui avait besoin de se révéler un jour finissait par l’être. Et le résultat, c’était cette soirée qui avait malgré tout commencer avec un goût amer avec cette triste nouvelle mais dont j’avais l’intention de tirer le mieux possible. Je ne pouvais pas m’empêcher de prêter une oreille attentive aux nombreuses histoires de mon fils.

Bien sur qu’avec un métier comme le sien, je savais que niveau intelligence il avait été choyé. Et à l’entendre parler de cette famille de cœur que l’orphelinat lui avait permis de se tricoter, je n’avais pas réellement pu m’empêcher de sourire. Sa vie n’était pas un conte de fée, mais ce n’était pas non plus Cendrillon et son affreuse belle-mère et ce petit rien me rassurait en quelque sorte. Certes, ce n’était pas une famille lié par le sang mais les amitiés pouvaient également avoir une influence majeure sur notre vie, une capacité immense pour nous amener du support et du réconfort dans les moments de doute.

Même si l’incident du couteau m’avait fait cesser de détailler en petits cubes le reste des légumes, je ne m’empêchais pas de mon côté de lui tendre une oreille attentive en glissant parfois quelque petites anecdotes parfois mi-figue, mi-raisin.

Je me tenais quand même loin du terrain glissant de mes parents. Parce que je n’avais pas envie de faire une dangereuse rafle du côté des souvenirs amers de mon enfance. Pourtant, en se mettant à table et en recevant ses fleurs sur le fait qu’il avait appris lors de cette préparation de souper, je laissais doucement glisser un de ses rares commentaires sur ceux qui m’avaient élevés et qui avaient contribué à faire de moi l’homme que j’étais sans que nécessairement je ne puisse décider si leur influence avait plus d’avantage que d’inconvénient sur ma manière de voir le monde qui m’entourait. « J’étais constamment dans les pattes de ta grand-mère, petit. Bon… selon ton grand-père, je suis un traite à la famille. Il était boucher donc ma décision de ne pas manger de viande n’a pas nécessairement gagné des points. » Ça avait été davantage un grand drame. Mais j’avais eu à bosser sous sa direction. Le découpage de la viande, la couleur cerise griotte du sang et l’affreuse odeur avaient contribué à ruiner mon envie de manger de la viande. J’étais végétarien depuis la naissance de ma fille. Et j’assumais pleinement cette décision. Le restant avait découlé de source des suites de ma réflexion.

Prenant à mon tour une bouchée du chaud mélange, je poursuivis avec un petit sourire : « Nous devrions faire un souper à six : Adelina, son compagnon, les jumeaux, toi et moi. Et je peux t’assurer encore une fois que tu n’as qu’à m’appeler pour que je réponde présent… Même si je risque d’embarquer sous peu sur un horaire un peu plus atypique. Le théâtre est moins complaisant niveau horaire. » dis-je avec un sourire. Je savais que c’était parfois compliqué de faire du temps pour sa famille mais je savais que je ferais tout en mon possible pour m’assurer que cela soit possible. Savourant la première bouchée, je rigolais. « Mais ça n’aurait pas été aussi bon sans le grand médecin et sous-chef. ».

Je répondis à sa boutade d’un air moqueur : « Et on m’a déjà passé la corde au cou une fois pendant trente-huit ans. On ne me reprendra pas à ce jeu-là une seconde fois… surtout sans un changement drastique dans la législation. ». Je pouffais un petit rire léger. Je n’aurais pas la chance de me relancer dans cette aventure avec un petit bout ce qui me laissait le temps de vivre cette deuxième jeunesse. Curieux je poursuivis : « As-tu quelqu’un en vue de ton côté ? »



   
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Sujet: Re: Moments entre père et fils. // Constello ( le )
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