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- Les fleurs tombées ne retournent pas à leurs branches. // Emiko -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Le Coeur de Naples :: Rues du centre
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Sujet: Les fleurs tombées ne retournent pas à leurs branches. // Emiko ( le Lun 19 Aoû 2019 - 21:07 )
Entourée de fleurs, de plantes diverses et variées : Misako ne pensait pas pouvoir trouver cette paix intérieure en dehors du Japon. Elle se trompait. Comme elle avait tort. Là, au cœur de son royaume végétal : elle avait trouvé la place. Dans un pays qu’elle avait toujours porté en horreur, qui n’avait laissé que des cicatrices dans son esprit et son corps : il était temps qu’elle fasse la paix avec l’Italie. La clientèle augmentait un peu plus chaque mois, Misako se savait chanceuse et elle était reconnaissante envers le karma et le destin. Même en faisant un vœu en voyant une étoile filante : elle n’aurait pas pu espérer mieux. Et le meilleur restait à venir. Sa grand-mère lui avait dit de faire table rase, de faire un terrassement sur le passé et c’est ce qu’elle avait fait.
Son regard se perdit sur la couronne de fleurs qu’elle venait de faire. Pas peu fière d’elle, elle avait même fait en sorte d’inclure un bourgeon, avant d'en rajouter deux puis une dizaine pour que cette dernière puisse vivre quelque temps. Dans une semaine, elle devait faire son premier mariage et elle ne voulait pas que les fleurs soient un désastre. Pour célébrer cette union, cette alliance : il fallait que tout soit parfait. Elle n’avait jamais été portée sur le mariage, mais pouvait comprendre les gens qui l’étaient. Tant qu’ils étaient heureux, que personne ne les forçait, cela allait de soit. Misa regarda l’horloge et fit le tour du comptoir pour aller fermer la porte. Elle fermait plus tôt pour bien se préparer à l’arrivée d’Emiko. Pour la première fois, sa sœur venait la voir.

Cela était l’occasion de mettre les petits plats dans les grands et de servir des mets du Japon. Pour qu’elle goûte à la culture de leur génitrice. Elle avait espoir que l’hiver entre elles finisse par se terminer, qu’il y avait encore quelque chose à sauver sous cette épaisse glace qu’elles avaient laissé s’accumuler avec les années. La fleuriste s’accrochait comme elle le pouvait à l’idée que bientôt il y aurait assez de bons moments pour que tout redevienne comme avant. Voir mieux. Il fallait cependant y aller un pas à la fois. Après avoir arrosé les plantes, ranger les fleurs correctement : elle alla dans l’arrière-boutique pour monter à l’étage. La douce odeur des fleurs montait bien souvent à l’étage et Misako la savourait toujours. Elle alla arrosée ses plantes personnelles dont une dionée attrape-mouche - appelée ‘la plante cannibale’ par la fille d’une cliente régulière - qui était en pleine dégustation à en juger par une des têtes qui était fermées.
Une fois cela fait, elle attrapa son tablier et l’enfila avant de passer aux fourneaux dans la kitchinette du petit deux pièces. Ce n’était pas grand, le futon devant une table basse servait de table à manger. Une multitude d’étagères accrochées aux murs lui permettaient de mettre tous ses livres en japonais et les quelques livres en coréen pour quand elle saurait maîtriser la langue à l’écrit, mais pas que. Il y avait tout un tas de bilbo, d’objets qu’elle avait ramené d’Okiwana. Elle était d’ailleurs persuadée que cela était à cause de ça qu’elle avait l’impression qu’il y avait une, voir deux entités dans l’appartement. Elle n’en serait pas étonnée. Tant que ces derniers ne l’embêtaient pas, elle ne cherchait pas à les chasser. Les deux katanas, quant à eux, trônaient en majesté au-dessus du futon. A côté du salon / cuisine se trouvait sa chambre avec un matelas au sol et deux tables de chevet. Quelques meubles pour y ranger ses vêtements et cela étaient tout.

Utilisant la cuillère en bois comme micro, elle aimait pousser la chansonnette quand elle allait bien. C’était un des facteurs qui permettait, d’ailleurs, de savoir si aujourd’hui était un bon jour ou un mauvais. Aujourd’hui, il y avait eu quelques bas, mais elle avait prit le temps de se poser dans un coin, de respirer doucement et les voix s’étaient tut. Les sushis étaient prêts, ainsi que les onigiris, il ne restait plus qu’à attendre qu’Emiko arrive. Misako profia d’être encore seule pour mettre de la crème sur l’irritation que lui avait donné une plante il y a quelques jours. Une fois soignée, elle se laissa tomber sur le canapé et ferma les yeux pour se relaxer un peu. En entendant son portable sonner, elle rouvrit ses yeux, lu le message de sa sœur et se leva pour descendre dans la boutique et lui ouvrir la porte.

“Hey.” Elle lui sourit, la fit rentrer avant de fermer à clé derrière elle. “Tu es pile à l’heure.” Elle la mena à l’étage : “Bienvenue chez moi, ce n’est pas grand chose… Mais au moins je ne suis pas embêtée par les voisins. Fais comme chez-toi.” Elle lui sourit : “Je te sers du thé vert ? Ou bien du jus d’orange ?” Misako ouvrit le réfrigérateur en attendant que sa sœur lui réponds.


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Sujet: Re: Les fleurs tombées ne retournent pas à leurs branches. // Emiko ( le Mer 21 Aoû 2019 - 0:53 )
Marchant dans la rue, son sac ajustée à son épaule, Emiko pouvait sentir cette boule au ventre qui grandissait à mesure qu’elle avançait. Pour la toute première fois, elle allait se rendre chez sa petite sœur. C’était une pensée qui faisait bizarre à la jeune femme qui ne savait pas très bien comment se comporter. Pendant des années elle n’avait cessé de tendre la main à Misa sans forcément savoir comment s’y prendre. Secrètement, elle avait nourri cet espoir qu’elles pourraient un jour retrouver l’entente qu’elles avaient lorsqu’elles étaient toutes petites, même si pour être tout à fait honnête… Koko ne se souvenait pas très bien de cette période. Elle n’avait que de très rares de cette période où elle devait s’occuper de sa petite sœur, tout le reste était teinté par ce père omniprésent qui avait fini par faire delle sa prisonnière dans sa propre maison. Elle s’était soudainement arrêtée de marcher en sentant ces souvenirs remonter ainsi que la nausée qu’elle essayait de ravaler. Ses entrailles se tordirent dans son estomac tandis qu’elle tentait de reprendre une respiration normale. Plus contrôlée. Moins erratique. Elle évitait de repenser à ce pan de sa vie exactement parce que ça lui provoquait des réactions violentes, mais ici elle pouvait difficilement faire autrement. Une main sur son cœur comme pour calmer ses battements, ses doigts se fermèrent en un poing en sentant toute la colère qui grondait à l’intérieur d’elle. Elle détestait ce passé qu’elle n’avait pas le droit de mentionner. Elle détestait ces années passées loin de sa sœur à cause de cet homme qui voulait la garder uniquement pour lui. Et par-dessus tout, elle détestait cet homme. De tout son être elle détestait ce père qui sous couvert d’amour s’était permis des choses qu’elle n’aurait même pas le courage d’évoquer. Aujourd’hui, Koko se rendait compte que peu importe les années qui s’écouleraient, la douleur serait toujours aussi présente. Elle persistait et se renforçait un peu plus chaque jour à cause de son refus de s’y confronter.

Dans un soupir alors qu’elle reprenait ses esprits, la jeune femme ouvrit finalement les yeux en sentant les battements de son cœur devenir à peu près réguliers, et repris sa marche. A l’allure plus lente et mal assurée, elle arriva devant la boutique de sa sœur qu’elle fixa un long moment avant de se demander si c’était une bonne idée. Jamais elle n’aurait cru que ce jour arriverait, pourtant elle était bien là. Une main tremblante, elle sortit son téléphone pour avertir de son arrivée  Misa et attendit dans l’espoir stupide qu’elle ne réponde pas. Elle avait besoin de plus de temps. Elle ne voulait pas gâcher ce moment. Elle voulait que ce soit unique et qu’elles retrouvent cette connexion qu’elle était sûre d’avoir eu au moins une fois avec sa cadette. Au bout de quelques secondes à se convaincre que ça n’arriverait pas, elle entendit la porte s’ouvrir ce qui la fit légèrement sursauter. En découvrant le visage de sa sœur, un sourire se greffa automatiquement sur le sien. Elle étai si belle. Encore plus que dans ses souvenirs. « Coucou. » Souffla Koko d’une voix peu assurée. Sans plus de cérémonie, elle s’avança pour pénétrer à l’intérieur de la boutique. Est-ce qu’elle devait lui faire la bise ? Serrer sa main ? La prendre dans ses bras ? Au final elle décida de ne rien faire, elles minimiseraient les contacts physiques pour le moment et ça lui allait très bien ainsi. Sans dire un mot, elle la suivit et découvrit  les lieux à mesure qu’elles montaient les marches. Un hochement de tête et elle déposa son sac sur le canapé pour se mettre à faire le tour rapide du petit appartement. Petit mais charmant. Comme Misako.  « Thé vert, je veux bien. Merci. » Elle n’était pourtant pas très thé. Non, Koko était surtout alcool fort ces derniers temps pour faire taire les voix qui s’implantaient souvent dans sa tête. A cette pensée, elle sentit un frisson lui parcourir l’échine tandis que sa main se plaça dans son cou, là où elle pouvait encore sentir le scalpel lui entailler la peau. Elle avait été soignée depuis, mais une cicatrice persistait et elle savait déjà que ce serait là un rappel permanent du soir où elle avait à nouveau été sur le point d’en finir pour de bon. Si Nino n’avait pas été là… Non. Elle refusait de repenser à cette soirée. Elle se concentra plutôt sur la décoration. « C’est très… Japonais. » Elle essayait de ne pas faire sonner ça comme un reproche, pourtant dans sa bouche ça y ressemblait. « Mais c’est joli. » Rajouta aussitôt la jeune femme qui s’approcha un peu plus des katanas exposés au salon. La tête inclinée sur le côté comme pour mieux l’observer, elle avait presque envie de la saisir pour voir ce que ça faisait d’en tenir un entre les mains.


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Sujet: Re: Les fleurs tombées ne retournent pas à leurs branches. // Emiko ( le Ven 23 Aoû 2019 - 12:25 )

Ce qu’il y avait de beau dans la relation avec sa sœur, c’est que tout restait à refaire. C’était comme emménager dans une vieille maison délabrée : les murs contiennent des secrets, ont été témoins de rires et de bons moments, mais il était temps de la rénover tout en faisant en sorte de garder le cachet. Misako aurait très bien pu se détourner définitivement d’Emiko. Comprendre le rejet de cette dernière comme un point final à leur lien fraternel. Pourtant, elle avait décidé de se battre pour ce qui restait. Et au pire, même si cela ne marchait pas : elle n’aurait rien à regretter n’est-ce pas ? C’était l’argument phare de sa grand-mère à Okinawa : si sa petite-fille n’agissait pas, n’essayait pas : alors elle le regretterait toute sa vie. Misa ne voulait pas vivre dans des mensonges, écrire son futur avec des si. Alors, elle avait fait le premier pas et l’avait invité à venir la voir. Cela ne serait que quelques heures, peut-être moins, mais il fallait bien commencer quelque part, forcer un point de commencement. La nourriture prête, l’appartement rangé, il ne restait plus à attendre que l'arrivée de Koko. La cadette n’était pas stressée de voir son aînée, il y avait certes une appréhension et son coeur qui battait à tout rompre en était la preuve, mais elle arrivait à se convaincre que cela était pour le mieux. Qui sait, Emiko en avait autant besoin d’elle.
Le message reçu, elle descendit pour lui ouvrir. N’étant pas tactile pour deux sous, elle la laissa rentrer en se contentant de la saluer de la voix. Misako n’avait pas toujours été comme ça, cependant, ses années de solitude, à cause du nombre incalculable de fois où elle avait été rejetée : elle avait appris à se protéger en gardant une distance émotionnelle et physique avec les gens. Pourtant, on parlait bien de sa sœur, n’est-ce pas ? Certes. Cela ne changeait cependant pas la donne. Elles apprendraient à s’apprivoiser et aviseront par la suite de la conduite à venir. Pour l’instant, elles étaient comme deux inconnus qui se rencontraient pour la première fois. C’était le sentiment, tout du moins, qu’avait Misako.

À l’étage, elle proposa quelque chose à boire à sa sœur et une fois sa réponse donnée alla mettre de l’eau tiède dans la théière en fonte. Elle sortit deux tasses, en fonte également, avant de poser le tout sur un plateau et de faire les quelques pas qui la séparaient de la table basse. Assise en tailleur, elle regarda Koko faire le tour du propriétaire. Emiko commenta la conversation, donna son avis sur cette dernière.

“C’est le but recherché. Après être partie d’Okinawa, j’ai eu besoin de garder un pied là-bas.” Elle regarda les bibelots : “Même si j’en paye les conséquences la nuit quand ils ne se tiennent pas tranquille.” Voyant l’intérêt de sa sœur pour les katanas, Misako sourit un peu plus : “Celui du dessous… Il est à toi.” Elle prit la théière et commença à servir lentement le thé : “Notre oncle fait une lame pour chaque nouvelle naissance. Nous n’avons pas échappé à la règle même si on était en Italie.” Elle remit à sa place la théière : “Je l’ai ramené avec moi. Si tu le souhaites, on verra plus tard hein, mais je pourrais t’apprendre à le manier et tu pourrais le ramener chez toi après. J’ai tous les papiers donc tu n’auras pas de problèmes.” Elle poussa la petite tasse vers Emiko.


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Sujet: Re: Les fleurs tombées ne retournent pas à leurs branches. // Emiko ( le Sam 7 Sep 2019 - 0:30 )
Emiko essaya d’esquisser un mince sourire face à la réponse de sa jeune sœur, mais les muscles de son visage, trop crispés, ne voulaient pas lui obéir. Sans même se voir, elle savait qu’elle devait paraître froide, mais elle n’arrivait pas à faire autrement. La boule qui s’était logée au fond de son estomac n’était toujours pas partie et au contraire, il ne faisait que grandir au milieu de cet appartement qui lui était encore inconnu. Il fallait que ça cesse. Comme pour détourner l’attention de cette ambiance qui lui rappelait trop leur génitrice, Koko se concentra sur le katana en face d’elle. La lame la fascinait. Elle avait presque envie de la prendre entre ses mains pour la tester, découper quelque chose ou même quelqu’un. Cette pensée pourrait paraître étrange, mais la jeune femme étant médecin légiste, ça l’était un peu moins. « A moi ? » Surprise par le propre son de sa voix, elle fronça les sourcils. Elle n’avait pas de katana. Pas qu’elle sache. Le regard presque insistant sans prononcer un mot de plus, elle encourageait sa cadette à lui donner plus d’explications sur ce qu’elle entendait par là. Mais lorsqu’elles tombèrent, la boule s’agrandit un peu plus dans son ventre. La tradition qu’elle lui citait, cet oncle qu’elle évoquait… Elle ne connaissait pas tout ça et quelque part, elle aurait préféré ne pas l’apprendre. C’était ce qu’elle avait essayé de faire toutes ces années après tout, se tenir le plus éloignée possible de cette culture qui avait fini par lui causer du tort. Alors que des souvenirs commençaient à se bousculer dans son cerveau, Emiko ravala la bile qui commençait à monter pour hocher simplement la tête. Elle retiendrait juste qu’elle avait un katana et qu’un jour ça lui reviendrait. Sans commenter davantage, elle tourna les talons pour s’installer comme Misako, en tailleur devant la table basse. Elle ignorait si c’était la marche à suivre, mais elle avait décidé de mimer sa petite sœur dans le doute. La position était inconfortable et elle aurait préféré s’asseoir sur un canapé ou une chaise, mais elle n’avait pas envie de ruiner le moment qu’elles partageaient en faisant un commentaire.

D’une main hésitante, elle se saisit de la tasse encore toujours entre ses deux mains et la porta à ses lèvres pour en prendre une gorgée. Toutes les effluves du thé vert provoqua un frisson chez la légiste qui le reposa aussitôt.  « Tu sais vraiment te manier de ça ? » La curiosité la poussa à poser la question, un petit signe de tête vers l’arme en question. « Je manie des objets assez tranchants à l’hôpital, mais je n’ose même pas imaginer l’effet que ça ferait que de découper avec ça. » Elle avait préféré ne pas préciser qu’elle parlait de découper des humains et non pas des objets. « Et donc… toi c’est les fleurs ton truc ? » Sa question était stupide, mais elle essayait de faire la conversation et elle n’était pas douée pour ça. C’était d’ailleurs la première fois qu’elle prenait autant la parole si ce n’était pas pour parler des morts. [/color]


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Sujet: Re: Les fleurs tombées ne retournent pas à leurs branches. // Emiko ( le Mer 18 Sep 2019 - 21:36 )
Misako ne s’attardait pas sur les réactions de sa sœur, après tout sur beaucoup de points elles n’étaient que deux inconnues qui avaient encore tout à écrire. Tant d’années s’étaient écoulé … Comment les blâmer de garder cette distance de sécurité. Sans qu’elle ait besoin de demander : elle voyait bien que le regard d’Emiko n’avait plus l’éclat d’autan, celui qu’elle avait dans le peu de souvenirs que la cadette gardait de son aîné. Tant pis, elle n’était pas décidée à l’abandonner. Elle n’était pas revenue à Naples pour ne pas au moins essayer de sauver ce qui pouvait l’être entre elles. En voyant Koko contempler les katanas, elle se permit de parler un peu de ces derniers. Hochant la tête quand la jeune femme demanda si l’arme était belle et bien pour elle. Face au silence de sa sœur, elle se demanda si elle avait bien fait au final, mais elle chassa rapidement cette inquiétude pour se concentrer sur la préparation des boissons.
Installer devant sa sœur, elle était sincèrement heureuse de l’avoir dans son appartement. Il ne lui restait plus maintenant qu’à faire en sorte de faire tous les efforts nécessaires pour ne pas regretter. S’il y avait beaucoup de choses incertaines dans sa vie : celle de vouloir reprendre contact avec celle qui est née avant elle était au cœur de ses priorités. Elle était la seule famille en Italie qui comptait. Elle encercla la tasse de ses mains et la serra doucement avant de soupirer d’aise. Elle sentait bien, là. Qu’importe que le silence s’installe : cela ne la mettait pas le moins du monde mal à l’aise. Le briser pouvait changer la balance et il n’était pas question de faire une telle chose.

Surprise de la question de Koko, elle sourit en coin et hocha la tête : “Bien sûr. Cela m’a pris plusieurs années, mais aujourd’hui je peux dire sans mentir que j’excelle dans cet art.” Et elle en était fière oui. Elle n’avait pas réussi beaucoup de choses dans sa vie, alors le peu de succès : elle n’hésitait pas à les mettre en avant. “Tu ne te rends pas compte en réalité que tu coupes quelques choses, c’est assez perturbant.” Elle regarda les katanas dans la vitrine : “Je serais ravie de t’apprendre.” Elle reposa son attention sur sa sœur : “Cette lame… Cet art en général m’a permis de définitivement guérir et de pouvoir continuer à vivre.” Pourquoi passer par quatre chemins. Elle n’avait pas honte de sa condition instable, ni en parlait à tout bout de champ.

Il fallut qu’Emiko demanda si les fleurs étaient son truc pour qu’elle perde un peu la lumière de son visage. Elle avala sa salive, laissa le silence s’installer en prenant une gorgée de thé et de reposer la tasse en terre cuite.

“Il a bien fallu que je trouve quelque chose à faire ici.” Elle haussa les épaules : “C’est un travail comme un autre qui me permet au moins de sentir toujours bon.” Elle baissa la tête pour regarder le contenu de la tasse. “La fragilité des fleurs, le fait qu’elles ne soient que temporaire me rappelle que nous ne sommes pas immortels et comme elles nous devront un jour se flétrir avant de mourir.” Misa avait toujours trouvé les fleurs mourantes plus belles que les autres, probablement parce que beaucoup de fois elle a été dans cet état. Assez pour savoir ce qu’elle pouvait ressentir, si elles avaient des sentiments humains tout du moins. “Dis, ça fait quoi de couper un mort ?” Question légitime, elle savait ce que couper un vivant faisait ayant été sa propre victime.


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Sujet: Re: Les fleurs tombées ne retournent pas à leurs branches. // Emiko ( le Sam 28 Sep 2019 - 20:40 )
En entendant la fierté dans la voix de sa jeune sœur, Koko esquissa un mince sourire qu’elle cacha bien vite derrière sa tasse de thé qu’elle porta à ses lèvres pour en prendre une gorgée. Le liquide chaud en bouche, elle ne pu s’empêcher de penser qu’elle aurait préféré quelque chose de plus fort. La jeune femme restait éloignée des boissons chaudes et particulièrement du thé. Elle trouvait que ça faisait trop Japonais. Ca lui rappelait beaucoup trop des racines de sa mère morte qu’elle essayait de renier depuis des années déjà. Elles ne lui avaient apportées rien de bon. Ni ses gènes, ni sa mort. Dans un soupir, elle se débarrassa de ces pensées en reportant son attention sur Misa. Suivant son regard, elle s’attarda un court instant sur la vitrine qui exposait les katanas, se demandant ce qu’elle ressentirait si elle avait la sienne entre les mains. Parce que oui, elle venait tout juste d’apprendre qu’elle en avait un donc elle se l’appropriait. Elle maniait des objets tranchants au quotidien, mais aucun des outils qu’elle manipulait pour couper la chair de ses morts n’avait une histoire aussi chargée que l’arme qu’elle avait sous les yeux. « Eh bien… » Face à la dernière phrase de sa jeune sœur, la légiste sentit son cœur se serrer dans sa poitrine, la tête à présent baissée. Faire comme si cette partie de leur vie n’avait jamais existé ne servait à rien. Même si elles ne l’aborderaient pas directement, Emiko se sentit coupable de toutes les épreuves par lesquelles étaient passées Misa sans qu’elle n’ait pu être à ses côtés. Si pendant longtemps une voix dans sa tête l’avait poussé à l’éloigner de cet environnement instable et toxique pour son bien, une autre n’a pas cessé de la fustiger pour cette décision égoïste. Aujourd’hui encore elle ne savait pas si elle avait pris la meilleure décision. Quoi qu’il en soit, elle chassa à nouveau ces pensées en esquissant un autre sourire poli, celui qu’elle utilisait pour qu’on ne parvienne pas à sonder son esprit. « Je suis contente de voir que tu as su trouver quelque chose où tu… Bref. » Soupira la jeune femme, déjà ennuyée par la phrase qu’elle était sur le point de prononcer. Une phrase basique qui ne ferait que confirmer qu’elles n’étaient que deux inconnues l’une pour l’autre. Surtout que dans sa voix, on y percevait rien d’autre que de la culpabilité, et ce n’était pas le moment pour une telle émotion.

Comme pour détourner le sujet elle se porta sur les fleurs. Elle n’était pas certaine que ce sujet l’intéresse plus mais au moins elle s’intéressait à la vie de sa jeune sœur. En écoutant la réponse de Misa, Koko regretta aussitôt sa question. Pourquoi était-il si difficile pour elle de communiquer avec cette personne qui était pourtant sa propre sœur ? Elles avaient grandis ensemble. Pendant un temps elle s’était même occupée de cette dernière comme de sa propre fille. Aujourd’hui elle était gênée et mal à l’aise à la moindre parole prononcée. « J’ai mon boulot pour me souvenir de ça. » Lâcha Emiko dans un soupir sans même se rendre compte de ce qu’elle venait de dire. Mais au moins, elle avait parlé sans retenue. Elle laissa le silence s’installer un court instant, le regard baissé sur ses mains qui avaient entourées la tasse chaude. La chaleur ne la dérangeait pas. Au contraire, elle permettait à la jeune femme de se contrôler. Aussi stupide soit-elle, elle s’occupait les mains de cette façon. Avec la chaleur que dégageait la tasse. Alors qu’elle était sur le point de porter sa tasse à ses lèvres, la légiste suspendit son geste pour observer Misa. Ouvrant la bouche une première fois, elle ignorait comment répondre à cette question alors elle la referma aussitôt. « C’est comme… » Commença Emiko. « Une quête de l’âme. » Répondit finalement la jeune femme. « Je la cherche entre la chair, les ligaments, les tendons… » Pendant un court instant son regard se perdit alors qu’elle visualisait la table d’opération. « Un semblant de vie au milieu de la mort. » Conclut-elle. Cette fascination pour la mort était étrange, elle évitait donc d’en parler aux gens. Mais là, elle s’était étrangement sentie en confiance pour donner une telle réponse. « Tu en as déjà découpé un ? » Question étrange qui tombait pourtant sous le sens pour Emiko.


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Sujet: Re: Les fleurs tombées ne retournent pas à leurs branches. // Emiko ( le Mar 1 Oct 2019 - 21:38 )
Misako préférait avoir de l’espoir en l’avenir, que de s’arrêter à ses appréhensions. Parler à cette sœur qu’elle n’a pas côtoyée depuis des années la faisait trembler à l’intérieur. Elle avait peur de faire un faux pas ; de ne pas dire ce qu’il faut : causant l’éloignement de Koko. Pourtant.. Elle devait prendre le risque, parce que si elle ne le faisait pas : alors personne ne le ferait à sa place. Ainsi donc, elle expliqua qu’une des deux armes était destinée à son aîné. Une tradition qui ne saurait pas être brisée si facilement. Avec la permission de sa grande sœur : elle pouvait lui apprendre à la manier, à trouver cette paix intérieure qui permettait d’utiliser à bon escient la lame car ce n’était certainement pas un jouet. Loin de là. Quand Emiko ne termina pas sa phrase, elle hocha la tête :

“Moi aussi.” Il n’y avait pas besoin d’en rajouter. “Et qui sait, tu apprécieras autant que moi.” Misa ouvrait ainsi la porte. Si jamais sa sœur voulait s’y engouffrer : alors tant mieux. Dans le cas contraire : elle ne la forcerait pas.

La cadette regarda son aîné, tentant de discerner ce qui se passait derrière ce visage si fermé… Elle n’avait pas besoin de parler, elle pouvait sentir que quelque chose n’allait pas. Encore une fois, elle ne la forcerait pas, mais son aura était sans équivoque. Misako avait appris à écouter son instinct et elle était maintenant en mesure de sentir relativement bien les émotions d’une personne. Expliquant son travail, elle sourit en coin en entendant que d’un certain point de vu : Koko avait la même vision.

“Comme quoi hein… Nous ne sommes pas si différente que ça. Je regarde les fleurs mourir et toi tu vois la mort dans les yeux.”

Misa prit une gorgée de thé, soupirant longuement d’aise. Se détendre, apprendre à savourer l’instant présent sans penser au demain, ni aux conséquences d’aujourd’hui : un travail de tous les jours pour une grande déprimée comme elle. Heureusement, la visite d’Emiko avait changé son moral. Sans quoi elle aurait été une piètre compagnie. Finalement, Misako ne résista pas plus à la tentation de demander… Elle le devait.

“Une quête de l’âme ?” Elle se redressa et posa ses coudes sur la table. Son aîné éluda ce qu’elle venait de dire et elle était fasciné. “Je vois ce que tu veux dire.” Et peut-être que Misa pouvait l’aider dans cette aventure. Elle hocha négativement la tête : “Jamais, mais si un jour j’en ai la possibilité : pourquoi pas. Cela doit être fascinant.” Oui, cela était étrange, mais pas tellement quand on sait que Misako a frôlé la mort. Cette obsession morbide n’était pas saine, mais qui allait l’arrêter ? “Tu me parlais de l’âme… Tu penses quoi de la réincarnation ?” Elle posa sa tête dans sa main : “Après tout… Peut-être qu’il n’y a pas de trace d’âme, de vie dans le corps une fois mort car elle s’est déjà réincarnée ?” Une question qui méritait d’être posée. “Je ne crois pas aux coïncidences et quand on a une impression de déjà-vu : c’est à mes yeux une fenêtre sur une autre vie que nous avons eue. Et puis… C’est une explication comme une autre pour donner un sens à cette sensation de connaître quelqu’un sans jamais lui avoir parlé avant.”


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Dernière édition par Misako Cortesi le Dim 27 Oct 2019 - 15:08, édité 1 fois
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Sujet: Re: Les fleurs tombées ne retournent pas à leurs branches. // Emiko ( le Dim 20 Oct 2019 - 23:24 )
La tasse de thé qu’elle faisait doucement tourner entre ses mains comme pour se les occuper, elle essayait de se détendre. Mais à chaque fois que Koko portait la boisson chaude à ses lèvres pour en prendre une gorgée, elle se souvenait que ce qu’elle buvait n’était pas assez fort pour la mettre tout à fait à l’aise. Même les portes ouvertes que sa jeune sœur lui tenait, elle n’arrivait tout simplement pas à s’y diriger. A chaque fois que cette dernière avait une parole encourageante et qui irait dans le sens d’une relation d’antan, la médecin se contentait d’esquisser un sourire timide avant de se cacher derrière un masque impénétrable, le regard baissé sur sa tasse avec laquelle elle continuait de jouer. Comment est-ce que deux personnes qui ont un jour tout partagé pouvaient se retrouver des années après, comme deux étrangères. Emiko détestait cette situation. Elle détestait le fait de voir sa sœur assise en face d’elle et être incapable de tendre la main que cette dernière ne lui refusait même pas. Pis encore, elle se détestait de se sentir méfiante à l’égard de la seule personne qui ne l’avait jamais trahi. Pourtant c’était ainsi et elle savait qu’elle ne pouvait rien y faire. A plusieurs reprises pendant que les silences s’installaient entre elles, la jeune femme avait essayé de prendre la parole, mais rien ne lui venait en tête. Elles en étaient à un stade où elle n’avait rien à partager avec sa chair et son sang. Mais là, ce n’était pas tellement de la faute de cette dernière. Juste les conséquences des années où elle dû apprendre à se taire et à subir. Pendant longtemps elle avait été seule en même temps qu’elle était accompagnée, des années ne suffiraient pas à changer l’habitude qu’a adopté Emiko de se refermer sur elle-même comme elle le faisait actuellement. Et c’était tout ça qu’elle détestait. Dans un autre sourire qu’elle essayait de coller au coin des lèvres, elle décida enfin à prendre la parole. « On peut dire ça, oui. » Elle n’aurait pas décrit ce qu’elles faisaient de cette façon, mais dans un sens elle n’avait pas tort. Lancée, pour la première fois la jeune brune prit la parole pour dire plus de deux mots. Le regard perdu dans ses pensées tandis que ses paroles filaient comme un court d’eau, elle posa un regard confiant sur sa jeune sœur alors qu’il aurait dû être gêné lorsqu’on prenait conscience de la portée de ses paroles. « Ca dépend de ce que tu entends par fascinant. » Elle haussa les épaules d’un petit air détaché, un sourire cette fois sincère au coin des lèvres. « La réincarnation ? » Le regard cette fois étonnée, elle déposa la tasse qu’elle avait soulevée sur la table, et plaça ses mains sur ses genoux les yeux à nouveau dans le vide le temps de la réflexion. Elle ne s’était  jamais vraiment penchée sur la question. Pendant de longues années, ça avait été une preuve physique qu’Emiko avait recherchée. Elle ouvrit la bouche une première fois pour répondre mais préféra se taire pour écouter la supposition de Misa. Elle n’était pas stupide, elle savait ce que voulait dire réincarnation et l’idée lui avait même effleuré l’esprit mais de là à s’y pencher sérieusement… Hum. « Hum. » Lâcha d’ailleurs Emiko qui aimait beaucoup ce qu’elle entendait. Enfin non, mais elle aimait bien la nouvelle approche qu’apportait sa jeune sœur. « Toi tu y crois. » Ce n’était pas une question mais une affirmation. « Mais tu ne penses pas qu’il pourrait y avoir une preuve physique de ces vies passées ? On dit souvent que certaines personnes ont une vieille âme en faisant référence à ces vies antérieures. Il n’y a donc aucun moyen d’en voir une ? L’âme je veux dire. » Elle resta pensive de courtes secondes. « J’ai vu beaucoup de cadavres défiler et je peux t’affirmer que je n’ai vu aucune âme sur ma table. Ou alors je ne sais vraiment pas à quoi elle ressemble. » Elle porta sa tasse à ses lèvres pour en prendre une gorgée. « Tu penses que maman a été réincarnée ? » La question était sortie sans qu’elle ne puisse le contrôler. Une grimace déchira son visage qu’elle masqua aussitôt en baissant les yeux, se rendant compte que ça faisait des années qu’elle n’avait pas évoqué sa mère. En temps normal, elle s’empêchait même de penser à elle, s’assommant à coup de rasade d’alcool lorsque son image s’implantait dans son esprit. Mais ici… toutes ses pensées allaient vers cette dame qu’elle avait une fois aimée.


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Sujet: Re: Les fleurs tombées ne retournent pas à leurs branches. // Emiko ( le Dim 27 Oct 2019 - 16:32 )
Misako regardait sa sœur, tentait de tendre sa main et de s’ouvrir dans l’espoir qu’elle comble les quelques mètres qui restaient, mais force était de constater que malgré tout sa bonne volonté elle n’arrivait pas à atteindre Emiko. Avalant plusieurs fois sa salive, tentant de rassembler ses pensées durant les moments de silences : elle faisait son possible pour ne pas baisser les bras ; pour ne pas laisser cette petite voix prendre le dessus sur la raison. Non… Emiko ne pouvait pas être si insensible que cela à ses efforts… Elle n’en avait pas rien à faire de Misako… Elle comptait encore pour son aîné… Il serait tellement plus facile d’en rester là. De ne pas continuer le massacre et nourrir le malaise évident entre elles. Peut-être qu’il était trop tard au fond. Les affres des années avaient joué en leur défaveur et continuaient d’impacter le présent : faisait fit de tous les efforts faits. Avait-elle quitté Okinawa et sa famille à cause des fantômes de son passé ? Tentant de trouver un terrain commun, elles le trouvèrent finalement. Misako ne s’attendait pas à ce que sa sœur soient ausi fasciné par la mort, par l’âme qu’elle. Cette adoration malsaine pour l’après, pour ce qu’il y avait une fois que la vie a quitté le corps : était-ce là le point d’ancrage pour construire de nouvelle base avant de voguer vers de nouveaux horizons : un nouvel avenir pour deux femmes que la vie n’a pas épargné. Peut-être qu’il n’était pas trop tard pour elles finalement...

“Parce qu’il y a plusieurs définitions pour fascinant ?” Demanda la plus jeune des sœurs. “Dans le genre intéressant, ton métier fait partit du top cinq à mes yeux.” Elle avait été en contact avec la mort, elle l’avait même serré contre elle comme on le ferait avec une vieille amie. Elle trouvait cela cocasse que sa propre sœur dissèque les morts. Peut-être qu’un jour elle devrait la couper pour savoir ce qui l’avait tué. Cette idée, à la fois perturbante qu’alléchante, fut rapidement chassé, sans pour autant être effacée.

Misako partagea quelques brides de son savoir sur la réincarnation, une chose dans laquelle elle croyait suivant les jours : ceux où elle n’était pas pessimiste. Laissant sa sœur prendre toute l’ampleur de ses affirmations, elle en profita pour prendre une gorgée de thé. Emiko affirmait sans détour qu’elle y croyait. Elle avait plutôt une relation donc conflictuelle avec cette croyance pourtant adoptée par leur famille nippone. Misako se leva, laissa sa sœur continuer, pour aller chercher les sushis et les sashimis qu’elle déposa sur la table. “Non, je ne pense pas. Le corps n’est qu’un réceptacle. Une fois mort, le contenu s’en va. Un peu comme une chenille qui sort de son cocon.” Elle retourna en cuisine et dans deux bols servit du riz. “Une fois devenue papillon, sa carapace tombe et se décompose. C’est pareil pour l’âme selon moi.”

Elle posa un des deux bols devant Koko puis alla chercher de la sauce soja sucré et salée ainsi que deux petits récipients. C’est en entendant la question sur leur mère qu’elle arrêta ses faits et ses gestes. Sa gorge se serra, Misako pensait continuellement à sa mère car elle n’en avait aucun souvenir. Se rapprocher de la culture Japonaise, de sa famille à l’autre bout de la terre était sa façon de ce reconnectée avec elle. Le silence s’installa donc. Sans chercher à le briser, elle alla chercher des baguettes en bois et en donna une paire à Koko avant de se réinstaller en tailleur.

“Il y avait un chat qui traînait autour de la maison à Okinawa, peu de temps après que je sois arrivée.”
Elle versa un peu de sauce sucrée dans un des petits bols de porcelaine : “Notre grand-mère était persuadée que c’était notre mère. Nous l’avons fait rentrer et le chat est allée directement dans la chambre qu’elle occupait avant.” Elle trempa un sushi au saumon dedans avant de le porter à sa bouche. “On a alors compris qu’elle devait être revenue à sa place. Les âmes réincarnées ont tendance à venir dans des lieux familiers.” Misako sourit en coin : “Elle ne nous quittait pas et nous suivait partout. Aux dernières nouvelles, elle se porte comme un charme et continue de passer ses journées à l'entrée de la maison.” Puis elle haussa les épaules : “Il vaut mieux se réincarner qu’errer pour toujours dans les limbes du monde en tant que fantôme. Se souvenir de tout, voir sa famille évoluer et être heureux sans être là...” Elle coinça une boule de riz dans ses baguettes : “C’est ce que notre tante m’a toujours répété.”


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Sujet: Re: Les fleurs tombées ne retournent pas à leurs branches. // Emiko ( le Mer 30 Oct 2019 - 21:38 )
La conversation prenait une tournure intéressante. Elle n’avait jamais douté de sa sœur et de son don de tenir une conversation, mais avec ses compétences personnelles à elle… Etrangement elles avaient trouvé un terrain d’entente dans la mort. Elle appréciait le point de vue différent qu’apportait Misa même si elle n’était pas certaine d’être en accord avec tout ce qu’elle disait. Elle se contentait d’être ouverte aux nouveaux points de vue. La tasse entre ses mains avait cessé de tourner, signe qu’elle se détendait un peu. Depuis plusieurs minutes déjà, elle ne se servait du récipient pour s’occuper les mains mais pour se désaltérer. Pensive, Emiko laissa ses pensées se balader un long moment en repensant à ce que venait de lui expliquer Misa. C’était peut-être pour ça qu’elle n’avait jamais vu la forme physique d’une âme. Pas parce qu’elle ne cherchait pas au bon endroit mais parce qu’elle n’était pas assez rapide. Dès le moment où une vie s’éteignait, elle s’évaporait aussitôt. Elle n’avait pas choisi la bonne branche alors. Dans son métier, on se contentait de lui amener des morts déjà prêts à se faire découper sur sa table. Jamais elle n’avait assisté à une mort lente qui lui aurait donné l’occasion de voir une vie quitter son enveloppe corporelle. Enfin si, une. De ses mains, elle s’était chargée d’enlever la vie à ce nourrisson… un frisson remonta le long de l’échine de la jeune femme qui cacha sa honte à peine perceptible en baissant la tête. Son esprit était déjà loin. Elle repensait malgré elle à cette période sombre et encore confuse – même pour elle – en se demandant ce qu’elle aurait pu faire de différent pour que les choses ne se passent pas ainsi. La conversation qu’elle avait avec sa jeune sœur était si agréable qu’une nostalgie commençait à gagner le cœur dur de la jeune femme alors qu’il n’y avait pas lieu d’être. Elle manquait ces conversations qui n’avaient jamais eu lieu. Ces éclats de rire qui eux non plus n’avaient jamais vu le jour. La tristesse qui teintait peu à peu la bonne humeur d’Emiko laissa place à une étrange pensée qui se dirigeait vers sa mère. Le cœur aussi lourd que les mots qui suivirent, elle évoqua leur mère pour la première fois depuis des années.

Le silence qui s’installa fut sans appel et bien plus équivoque que tous les mots que Misa auraient pu sortir. La tête à nouveau baissée alors qu’elle suivait du coin de l’œil ses moindres faits et gestes, elle fini par lever la tête lorsqu’elle prit la parole. Dans un premier temps, les sourcils froncés, elle était peu certaine de suivre les paroles de sa jeune sœur. Mais à mesure que s’égrainaient les secondes, tout fut plus clair dans sa tête. Encore une fois, elle l’avait écouté sans vraiment se sentir connectée par les gens qu’elle citait. Une grand-mère, elle savait qu’elle en avait une. Pendant longtemps elle ignorait si cette dernière était encore vivante ou pas. Selon le récit de Misako, elle l’a été pendant un temps. L’était-elle toujours ? Aucune idée. La seule chose que Koko en tirait de cette façon de pensée était que… « Donc elle était avec toi tout ce temps. » Un sourire triste étira doucement ses lèvres alors que le cœur n’y était pas. Elle n’aimait pas croire à ce genre de chose, mais elle suivait le point de vue de sa sœur, tout faisait sens. Dans ses moments les plus sombres, il était arrivé à la jeune femme de se tourner vers le ciel pour demander à cette maman de veiller sur elle. Jamais une réponse. « Au moins elle aura veillée sur une de nous. » Elle ne voulait pas dire ça, pourtant c’était sorti sans qu’elle ne puisse le contrôler. Dans un sens, elle préférait qu’il en soit ainsi. Au moins sa sœur aurait hérité de la protection qu’elle, n’avait jamais eue. D’une main hésitante, elle imita maladroitement sa sœur en prenant de quoi manger. Même si elle dû s’y prendre à plusieurs reprises, elle arriva à récupérer une boule de riz qu’elle porta à sa bouche pour la manger. « Je suis contente que tu sois à Naples. » Lâcha Emiko timidement. C’était la première fois qu’elle le disait à voix haute. Et c’était également la première fois qu’elle voulait que sa sœur le sache. Leur lien était si complexe que même les choses les plus simples lui donnaient du fil à retordre. Mais ici, Koko n’avait pas envie de perdre ce qu’elles étaient en train de retrouver. Avec cette même timidité, elle lâcha ses baguettes et avança ses doigts mains sur la table vers celle de sa cadette et tapota doucement sur le dos de sa main avant de les récupérer. Comme gênée par cet élan d’affectif soudain, elle n’avait pas levé la tête une seule fois pour faire face à Misa. « Tu restes pour de bon ? » Traduction : est-ce qu’elle allait la laisser à nouveau ?


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Sujet: Re: Les fleurs tombées ne retournent pas à leurs branches. // Emiko ( le )
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