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- [terminé] Les fleurs tombées ne retournent pas à leurs branches. // Emiko -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Le Coeur de Naples :: Rues du centre
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Misako CortesiLe vin est un puissant lubrifiant social
Misako Cortesi
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Sujet: Re: [terminé] Les fleurs tombées ne retournent pas à leurs branches. // Emiko ( le Mar 5 Nov 2019 - 21:23 )
Finalement, elles n’étaient pas sœur pour rien : elles arrivaient à trouver un terrain commun en parlant de la mort. Cette chose que la plupart des gens ne se sentaient pas à l’aise avec, pour elles cela était presque une chose normale. Est-ce qu’elle avait reçu sans le savoir cette fascination morbide de sa sœur ? Quand elles étaient jeunes ? Peut-être… Misako ne saurait probablement jamais, mais elle n’allait pas se faire prier d’en demander plus à sa sœur. Elles avaient un trouvé un sujet qui leur plaisait : autant l’utiliser. Exprimant son opinion concernant les âmes, elle ne mâcha pas ses mots et donna son opinion avec conviction : il faut dire qu’elle avait eu l’occasion d’en parler avec les femmes de sa famille. Peut-être d’Emiko avait elle aussi ce don pour le Shamanisme… Devait-elle lui en parler ou attendre ? Peu certaine de la conduite à tenir : elle préféra ne rien dire pour l’instant. Le sujet qui arrivait doucement, mais sûrement était plus grave : elle parlait de leur mère. Évidemment que Misa avait pensé à elle et plus d’une fois même. Pourtant, elle avait fait son possible pour ne pas se laisser aller à la tristesse que déclenchaient ces pensées. Ce n’est pas comme si elle avait des souvenirs d’elle, pas même de sa voix. On lui avait dit qu’elle ne ressemblait pas tellement à sa maman sauf ses traits tirés. Une honte, une douleur même : Misako préférait se défigurer que ressembler à l’homme qui l’avait engendré. Emiko, apparemment, ressemblait bien plus à leur génitrice. Comment savoir que cela était ce qu’il l’avait perdue toutes ces années ? Apportant de quoi manger, elle expliqua l’histoire de ce chat qui traînait autour de chez eux à Okinawa, sur le comportement du félin qui faisait comme chez lui et semblait être proche plus que de raison sans compter le côté familier de ce dernier. Alors oui, Misa pensait que c’était la réincarnation de leurs mères qui avait trouvé une façon de retourner sur sa terre natale. Elle baissa pourtant la tête en entendant les paroles de Koko et prit une bouchée de riz.

“Tantôt je croyais qu’elle l’était, le reste du temps je préférais ne pas me bercer dans cette illusion plus douloureuse qu’agréable. Si j’ai appris quelque chose… C’est qu’on est seul. Quoiqu’il arrive.”
Elle prit une gorgée de thé. “Elle est arrivée trop tard pour veiller sur moi. C’était avant que j'ai besoin d’elle, pas une fois que je suis arrivée à Okinawa.” Mais ça, c’était une autre histoire. Une qu’elle dirait peut-être un jour à sa sœur, ou pas.

Prenant un sushi, elle le trempa dans la sauce et porta à sa bouche. Elle ne s’attendait certainement pas à la révélation qui suivit. Elle était surprise, tellement étonnée qu’Emiko soit contente de la présence de sa sœur. Était-ce vrai ? Qu’importe. Son cœur de petite sœur, son cœur meurtrit d’enfant s’emballa et un immense sourire se dessina sur ses lèvres sans qu’elle ne puisse se contrôler. Son aîné fit un premier geste en caressant quelques secondes sa main avant de la retirer. Cela était suffisant.

“Oui. Je reste pour de bons.” Misako posa ses baguettes et étendit son bras pour poser sa main sur la sienne. Tentant de capter son regard, elle voulait que Koko comprenne qu’elle était sérieuse en disant les paroles qui suivirent : “Je suis revenue ici pour être avec toi, pour prendre soin de toi le plus possible.” Parce qu’elles étaient du même sang. “Et si je repars, je t’embarque avec moi dans mes valises.” Une petite blague, mais cela était vraie. Elle espérait pouvoir faire découvrir à son aîné leur pays d’origine et peut-être l’aider à répondre aux questions qui taraudaient son esprit. “Je me demandais, ça te dérangerait si un jour je viens te voir au travail ? C’est autorisé ?” Curieuse, elle l’était.


Même si la passion nous déchire, elle ne doit pas briser l’affection qui nous lie. Les cordes sensibles de la mémoire vibreront dès qu’on les touchera, elles raisonneront au contact de ce qu’il y a de meilleur en nous.
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Emiko CortesiLe vin est un puissant lubrifiant social
Emiko Cortesi
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Sujet: Re: [terminé] Les fleurs tombées ne retournent pas à leurs branches. // Emiko ( le Sam 30 Nov 2019 - 22:40 )
En entendant sa sœur parler, Emiko ne pu que baisser les yeux sur sa tasse qu’elle avait recommencée  à faire tourner dans ses mains. Elle ne savait même pas ce qui lui avait pris de dire ça. Elle au moins, elle avait eu la chance de connaître leur mère même si cela n’avait été que de courte durée. Elle avait eu la chance de pouvoir la prendre au moins une fois dans ses bras et de l’appeler « maman ». Elle avait bénéficié de cette protection que Misa n’avait jamais eu. Même si, là aussi ça n’avait été que de courte durée. Un court instant elle arrêta de jouer avec sa tasse tandis que son regard se perdit dans le reflet que lui renvoyait le liquide qui descendait à mesure qu’elle le portait à ses lèvres. L’œil qu’elle voyait au fond de sa tasse n’était pas le sien mais celui de sa mère. Elle avait les traits de sa maman, elle le savait pour le nombre de fois où on le lui avait répété. Et pour le nombre de fois où ça lui avait porté préjudice. Elle évitait de fixer son image dans les miroirs pour cette même raison. Elle détestait ce visage qui lui avait valu des années de souffrance et dont elle traînait encore les blessures à peine cicatrisées. Enfin, à qui voulait-elle faire croire ça. Koko avait pensé en finir avec ses jours des années plus tôt en sautant de cette fenêtre, et jamais elle n’avait senti un sentiment si libérateur que lorsque son corps était entré en collision avec cette vitre. La douleur physique n’était rien face aux ailes qu’elle sentait pousser dans son dos et qui l’emmenait loin de ce cauchemar dans lequel elle était prisonnière. Souvent elle se remémore de ce jour et l’envie de recommencer lui effleure l’esprit. L’envie de se libérer de ces démons lui est si forte que le seul moyen de faire taire ces voix a été de tomber dans ce cercle vicieux qui la liait à l’alcool. Les gueules de bois elle ne les sentait presque plus. Son corps s’engourdissait en même temps que son esprit et ses ennemis les démons se transforment en ses plus fidèles amis. « Oui c’est vrai… » Elle avait soufflé ces quelques mots sans oser relever la tête vers sa jeune sœur dont elle ne voulait pas voir la peine dans son regard. Elle ne savait même pas s’il y en aurait. Elle ne savait même pas ce qu’elle verrait si elle osait lever les yeux dans sa direction à vraie dire, tellement elles se connaissaient si peu. Mais elle avait peur de lire cette accusation silencieuse qui pesait sur sa conscience encore aujourd’hui. Emiko avait cependant vraiment envie de laisser ce passé derrière elles. Elle voulait profiter de ces retrouvailles. De cette sœur qui lui avait tant manqué et à laquelle elle comptait bien s’accrocher pour rattraper toutes ces années passées loin l’une de l’autre.

Timidement, elle fit comprendre à Misako qu’elle avait besoin d’elle. D’un geste imprécis, elle fit glisser ses doigts jusqu’à ceux de la jeune femme et l’effleura à peine avant de reprendre sa main. Elle ne voulait pas non plus s’étaler au point de l’effrayer. Les mots qu’elle avait envie de lui dire étaient tous bloqués au fond de sa gorge avec pour seul message qu’elle ne voulait plus qu’elle sorte de sa vie. Un regard en coin à sa cadette fit comprendre à la légiste que le message était sans doute passé. Lorsqu’elle prit la parole, elle leva enfin les yeux avec un mince sourire au coin des lèvres. Face à de tels mots, le cœur de la jeune femme s’empli d’un sentiment encore inconnu à ce jour. Elle sentit sa poitrine se soulever tandis que sa gorge se serra comme si un étau se refermait doucement. Elle sentit ses yeux s’humidifier et son cœur commencer à battre plus fort dans sa poitrine. Pas une seule fois Emiko n’avait pensé qu’il pouvait s’agir de tout l’amour qu’elle avait pour sa sœur et qu’elle avait du mal à exprimer à travers les mots. Non, même avec les années de médecines accumulées, la jeune femme envisageait un arrêt cardiaque qu’elle était en train de faire. Discrètement, elle tapota son bras gauche pour voir s’il répondait toujours et en voyant que oui, elle abandonna l’idée de l’attaque. Pas aujourd’hui. Elle arriva tout de même à se retenir de pleurer, esquissant même un mince sourire face à la blague de sa sœur. Elle secoua doucement la tête comme pour lui donner la permission de l’embarquer avec elle, parce qu’il était hors de question qu’elles se quittent. Face à sa question, les lèvres de la légiste s’étirèrent encore un peu plus. « Je dirai que tu es ma stagiaire. » Ravalant ses larmes, pas une seconde elle n’avait hésité à lui répondre. Peu importe comment elles passeraient du temps ensemble. Que ce soit autour d’un thé ou d’une table d’opération. Elle comptait bien profiter un maximum de sa sœur.




Yeux creux
peuplés de
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Sujet: Re: [terminé] Les fleurs tombées ne retournent pas à leurs branches. // Emiko ( le Mer 1 Jan 2020 - 0:32 )
Misako ne savait réellement pas quoi s'attendre de cette rencontre avec sa sœur. Cependant, elle ne voulait pas abandonner. Oui, elle n'était pas la plus téméraire, ni la plus brave, mais la fleuriste savait ce qu'elle voulait et cela était de retrouver sa sœur. Elle avait besoin d'elle. Elle ne voulait plus être seule. Plus jamais. Elle savait que si elle continuait de marcher sur la route qui lui restait à parcourir avant de mourir d’une mort naturelle : elle se foutrait en l’air bien avant. Misa savait que cela n’empêcherait personne de dormir, que personne ne la pleurerait, mais l’idée de blesser celle qui lui faisait face brisait son cœur. Pourtant… Elle ne sait pas comment réagirait Koko si jamais on lui annonçait la mort de sa sœur ? Serait-elle triste ? Soulagée de ne plus avoir à faire d’efforts ? Enfin libérée et ne pas devoir traîner le boulet qu’elle pouvait être dans les heures les plus noires de sa dépression ? Difficile de dire… Peut-être que la cadette devrait se confier à son aîné et tout avouer, jouer cartes sur table. Cela semblait facile, mais c’était tout le contraire. Elle devait avouer qu’elle ne fonctionnait pas comme les autres et même si elle n’en avait pas honte : elle ne voulait pas lire la pitié, la déception dans les yeux d’Emiko. Depuis son arrivée à Naples, il lui était difficile de trouver une paix intérieure, de trouver la force de se calmer. Les rues Italiennes amenaient avec elles tout un tas de souvenirs douloureux. Des réminiscences qu’elle aurait préféré oublier pour toujours. À Okinawa : tout était plus simple, tellement plus calme et heureux. Et puis, il y avait ce chat qui était la personnification même de sa mère, elle en était persuadée. Alors oui, cela avait conforté un peu Misa, mais cela ne remplaçait pas le fait que jamais elle n’a connu sa génitrice ; pas assez pour se souvenir d’elle.
Un rayon d’espoir illumina cependant son visage et mit un terme à ces divagations silencieuses. Emiko acceptait sa présence à ses côtés…? Son cœur se gonfla de joie et elle glissa sans attendre sa main sur celle de sa sœur en affirmant qu’elle ne comptait pas partir. Son aîné était la raison même de sa venue à Naples : pourquoi lui tournerait-elle le dos ? Misako sentait le vent tourner, comme si soudainement son avenir semblait moins lugubre. Sa sœur serait à ses côtés. Elles avaient trouvé une façon de marcher l’une à côté de l’autre et se soutenir quand la route se fera trop dur. Oui. Il y avait maintenant de l’espoir au fond de ses yeux. Pour une personne dépressive comme elle : ce genre de moment était salvateur, essentiel. La faible risette sur le visage de Koko accentua ce sentiment d’allégresse et de légèreté.

“C’est entendu alors…”
Elle serra une dernière avec sa main la peau de son aîné avant de se remettre correctement. “Je viendrais te voir. Et on va apprendre à vivre ensemble, avec le support de l’autre.” Elle lui sourit tendrement : “En entendant, mangeons.”


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Sujet: Re: [terminé] Les fleurs tombées ne retournent pas à leurs branches. // Emiko ( le )
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