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- It's a little bit funny || PV Stella -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Le Coeur de Naples :: Rues du centre
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Poppy SkyesLe vin est un puissant lubrifiant social
Poppy Skyes
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Sujet: It's a little bit funny || PV Stella ( le Mer 21 Aoû 2019 - 22:47 )
Ma brosse à cheveux se transformait en un incroyable micro dans l’acoustique plutôt extraordinaire de mon tout petit appartement (qui me faisait presque oublier que je chantais comme une corneille). La musique entrainante avait scellé mon sort en cette petite matinée. Il fallait dire que j’étais d’une excellente humeur bien justifiée : mes nouvelles planches pour le plus récent album avaient bien avancé. Elles étaient en train de sécher sur les murs de mon appartement. Les couleurs vives (aux teintes si bonbons qu’une carie se serait formé chez l’observateur trop attentif) savaient chasser le triste morosité du ciel gris de cette fin d’août. Il fallait dire que la maison d’édition commençait à me mettre de la pression mais ça ne me dérangeait pas. La rédaction des albums n’était pas comme passer sous un rouleau compresseur. C’était davantage un véritable plaisir que de plonger dans les livres d’histoire pour y trouver une autre situation historique à explorer. J’avais beau avoir mon horaire qui m’obligeait à entrer au travail dans moins d’une heure, il y avait également l’excellente musique des Forgeigner qui raisonnait dans mon appartement.

C’était ma pause syndicale de folie avant que je ne file au café pour enchaîner avec mon quart de travail laissant toute cette douce touche de magie sortir sur le plancher en observant l’inventaire des livres ou en courant partout. Mon horaire était peut-être chargé mais jamais je n’aurais échangé ma boutique biscornue ou mon boulot d’auteure-illustratrice pour autre chose… sauf peut-être le cirque que j’avais quitté à contre-cœur. C’était mon corps qui avait jeté le mouchoir, le drapeau blanc marquant mon abandon. Même si j’avais repris une petite partie des activités qui m’avaient caractérisés dans un gymnase, je savais que ce métier que je rêvais à quatre ans n’était plus physiquement possible considérant l’étendue de ma pathologie. Je préférais donc faire comme ce que j’avais fait quand le diagnostic m’avait aussi confirmé que je ne porterais jamais la vie (DIEU MERCI !) en m’investissant pour faire en sorte que la vie des autres soit la meilleur possible, en me trouvant une passion qui me permettrait de m’investir et de me dépasser.

Les lumières de la scène avait été troqué pour l’éclairage tamisé de mon café à mon image – en désordre, partant dans tous les sens, plaçant l’art au cœur de son développement. Le timbre de la cloche n’équivalait pas au tintement de mes petites cloches de jongleries avec lesquels j’émerveillais parfois des enfants qui passaient par là. Je ne considérait pas que d’y travailler était une tâche mais d’avantage une occasion d’échanger avec les autres, de les conseiller dans leur lecture, de voir l’art qu’inspirait ma boutique qui permettait l’accès au piano ou au chevalet sans condition. Remarquez que si ça n’avait été que de moi (et non pas de mon connard de banquier et du gentil mécène) je n’aurais probablement pas charger aussi cher pour les cafés que je vendais aux clients. Mon petit côté socialiste trahissait lorsque je voyais certains SDF passés proche de ma boutique dans l’espoir d’obtenir à boire ou à manger. Disons que mon animal totem n’aura probablement jamais été l’aigle du capitalisme mais davantage la fourmi du communisme.

Cheveux ébouriffés, j’avais pris la place d’une de mes baristas pour lui garantir sa pause après ma petite tournée sur les deux étages. Ballerines noires aux pieds, pantalon décontracté et chemise blanche, j’avais l’air sérieuse en un certain sens. Mes lunettes sur mon nez, je feuilletais un livre (récupéré dans notre boîte à dons) pour savoir dans quel coin de la boutique j’allais le classer quand la sonnette me fit relever doucement la tête distraite : « Bonjour, est-ce que je peux vous… » mais voilà que mon regard s’accrocha sur une des deux femmes qui se trouvait en face de moi. Non, ce n’était pas le fait d’avoir un couple de femme devant moi qui me fit figer. J’aurais été bien mal placé puisque je tendais ouvertement sur tous les côtés de l’arc-en-ciel. Non, c’était les cheveux long de la brunette, son sourire, ses yeux. Le prénom sortit de mes lèvres. « Stella ? » J’aurais peut-être dû m’excuser parce qu’elle était visiblement accompagnée. Mais je me retiens à peine de sautiller sur place. J’étais brunette la dernière fois. Peut-être qu’elle ne me reconnaîtrait pas. Surexcitée, j’enfilais avant même qu’elle n’ait hochée la tête. « Oh ! Ma belle ! Ça fait tellement longtemps ! Je… voulais te contacter. » Mensonge blanc. J’avais eu peur de la contacter. Peur d’avoir à m’expliquer sur mes raisons qui m’avaient poussé à déserter le cirque comme une voleuse il y avait de cela bien des années. Mais il fallait bien commencer à quelque part.



 
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Stella SpinelliToujours frais après un litre de café
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Sujet: Re: It's a little bit funny || PV Stella ( le Ven 23 Aoû 2019 - 14:09 )
Stella avait passé la matinée avec son avocat. Elle lui coûtait, certes un bras, mais elle était la meilleure dans son domaine et l’acrobate avait besoin d’aide. Elle ne s’en sortait plus avec les échéanciers et son travail à Vogue ne pouvait rembourser qu’une partie. Alors, elle avait également postulé pour travailler dans un salon de thé qui allait ouvrir bientôt. La patronne, Louise, était adorables et la rousse espérait vraiment être embauchée. En plus d’avoir besoin d’un travail, elle voulait en savoir plus sur ce joli minois. Oui, elle draguait tout ce qui bougeait et avait des airs bags, est-ce qu’on pouvait la blâmer pour cela ? Stella était libre comme l’air, personne ne l’avait enchaîné encore, pourquoi elle se priverait ? Quittant le pingouin qui discutait quotidiennement avec elle, Stella s’en alla retrouver une de ses conquêtes. Une femme avec qui les sentiments n’étaient pas sur le tapis, mais qui avait au moins le don d’alléger son cœur quand la nuit tombait et la faisait sentir moins seule. Cette dernière c’était mise en tête d’aller tester un café qui avait été installé dans une ancienne caserne de pompiers. Stella, ne pouvait jamais dire non à un café, avait donc accepté de l’y retrouver. Salopettes et converses multicolores à paillettes, chemises bleu ciel : elle avançait d’un pas confident vers l’endroit. Ses longs cheveux roux en bataille auraient bien besoin d’une coupe, mais elle n’avait ni le temps, ni l’argent ou bien l’envie pour aller chez le coiffeur. Alors, elle se contentait de les soigner avec des masques naturels et si un jour elle à la chance d’avoir la poule aux œufs d’or : elle fera en sorte de ne pas la découper comme dans la fable, mais bien de la garder.
Elle rencontra Esmeralda devant le café Dell’Arte, Stella la prise dans ses bras et resta ainsi quelques minutes. Elle en avait besoin. Puis, elle laissa la belle montrer le chemin. Avec allégresse, elle alla frapper sur la cloche pour annoncer leur présence. Stella, en temps normal se serait battue avec elle pour faire une telle chose, mais là : elle était tout simplement tétanisée. Devant elle se trouvait Poppy. Sa Poppy. Celle qui avait laissé ses draps glacés un beau matin. Une acrobate qui avait abandonné le navire à l’apogée de sa gloire : évitant d’être traîné dans la boue du déshonneur. Son visage, d’ordinaire si joyeux s’assombrit immédiatement. Peu de personnes pouvaient la faire sentir comme ça, sauf celles qui l’ont abandonné. Qu’importent ses raisons… Stella avait toujours fait partie de ces gens conciliants qui auraient compris, elle aurait avalé des couleuvres même pour les beaux yeux de la femme qui semblait ravie de la voir. Qui l’appelait même ‘Ma belle’.

“Tu attendais de recevoir le faire part de décès pour me contacter ?” Son ton froid surprend même Esmeralda qui se tourna : stupéfaite. “Ca ne fera que sept ans dans quelques jours que tu es partie.” Elle fit claquer sa langue contre son palais, passa nerveusement sa main dans ses cheveux. Esmeralda se racla la gorge, regarda Poppy : “Est-ce qu’on peut avoir deux lattes s’il vous plaît ?” Stella regarda son amie, arqua un sourcil, elle voulait vraiment rester ? Stella soupira longuement et croisa ses bras en attendant que la commande soit faite en laissant son rendez-vous s'approcher et embrasser son épaule pour tenter de l'apaiser.


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Sujet: Re: It's a little bit funny || PV Stella ( le Lun 2 Sep 2019 - 0:39 )
Si je me dois d’être réellement honnête, je n’avais jamais vraiment été bonne pour les ruptures amoureuses. J’étais, depuis toujours, le genre à prendre la poudre d’escampette quand l’autre avait le dos tourné. Les rares hommes qui partageaient mes nuits n’avaient que rarement l’occasion de se réveiller avec ma tête encore posé sur l’oreiller. Les femmes, plus nombreuses, avaient souvent une relation plus de longue durée. Mais je finissais toujours par partir en quête de la nouvelle saveur en quête de cette liberté dont j’avais besoin, comme ma mère.

Non, la pomme n’était pas tombée très loin du pommier. Telle mère, telle fille. Ce n’était pas une quelconque influence de mon signe du zodiaque (je ne suis même pas certaine de le connaître), mais d’avantage cette intarissable soif de pouvoir suivre mes impulsions. C’était pour cette raison que j’avais aimé la vie de cirque. Elle avait cette odeur de vie de nomade. Derrière le store en plastique de ma vieille bagnole, aujourd’hui convertie en un lieu de lecture, les livres avaient su me transporter encore plus loin : je pouvais me retrouver n’importe où. À côté d’un silo dans la campagne américaine ou en plein marché indien. Cette vie clownesque aurait pu me suffire… si ça n’avait pas été de la douleur qui s’était lentement mais surement infiltrée dans mon corps. Ce mal de dos dont je n’avais pas nécessairement envie de parler avec Stella, mon amie, mon amante. J’étais partie sans un adieu. Parce que j’avais peur de lui faire mal, peur de ne pas savoir respecter les limites de mon corps, peur de ne pas m’assurer qu’elle soit bien et heureuse avant que je parte.

Mon cœur, tel un rotor surchargé s’était emballé en la reconnaissant dans ma boutique. Certes, ses cheveux étaient en désordre. Mais elle n’avait pas réellement changé. Pas vraiment comme moi. J’avais vieilli un peu physiquement. Mes cheveux teints et leur coupe carrée changeait. Mais bon, je m’habillais encore dans des friperies en favorisant ses tissus parfois un peu vieillots. J’avais oublié pendant un instant le passage de ces années trop nombreuses où je n’avais pas nécessairement donnée de nouvelles. Mais le temps et moi n’avions jamais vraiment été amis. Son ton cinglant ne réussit pas à faire fondre mon sourire quand même, même s’il interloqua la demoiselle à son bras. C’était un vase centenaire que j’avais cassé en quittant et non pas quelques pots cassés. Je savais qu’il me faudrait au moins présenter des excuses pour espérer réparer les choses. « Pourquoi aurais-je pris contact avec ton faire-part. On aurait pu rejouer à Blanche-Neige et les sept nains ! » dis-je avec un petit sourire doux avant de poursuivre un peu plus sérieuse. « Je sais, et je ne peux que m’excuser de l’immense silence radio de sept ans. »

Une partie était accidentelle, quand j’étais nomade, je n’avais pas de portable. Pas de moyen d’être rejointe. J’étais libre. Et puis… j’avais eu plus intéressant à me poser comme question. J’avais eu des problèmes à régler face à ma propre santé pour être fonctionnelle. J’hochais la tête à la demande de la copine. « Deux lattés, parfait. » et je m’activais avec une précision d’experte sur la machine à café tout en tentant quelque chose qui pouvait aisément se traduire en un désastre quand on était moi. « C’est votre première visite n’est-ce pas ? » demandais-je en sachant déjà la réponse. Stella n’était probablement jamais venu sinon, elle aurait su que j’en étais la propriétaire. « Vous pouvez explorer. Si jamais vous touchez des livres, juste rangez-les juste dans la même section et… pas de café dans la westfalia. » dis-je avec un petit sourire charmeur.



 
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Sujet: Re: It's a little bit funny || PV Stella ( le Mar 3 Sep 2019 - 22:29 )
Stella ne voulait pas en croire ses yeux. Devant elle se trouvait Poppy. Sa Poppy. Une des femmes qui à indéniablement marquer sa vie au fer rouge. Non seulement cette dernière semblait bien se porter, mais en plus elle semblait sincèrement heureuse de voir la rousse. Cette même personne qu’elle avait laissé sans une explication, sans un mot. Sans même prévenir son père. Ils avaient dû remplacer son spectacle, Stella avait du faire ses numéros, elle avait du prétendre que tout allait bien alors que tous les soirs pendant deux ans elle dormait avec le seul t-shirt qu’elle avait laissé derrière elle. La seule chose qu’il restait de Poppy. Un t-shirt trop grand qu’elle porte encore de temps en temps la nuit quand elle ne trouve pas la force de continuer d’avancer. Alors, voir la belle plante devant elle réveillait des sentiments contradictoires.

“L’humour n’a jamais été ta tasse de thé. Tu ne te souviens pas qu’Albert et Raoul te le répétaient ?” Les deux clowns qui avaient tout tenté pour remonter le moral de la petite starlette du cirque qu’était à l’époque Stella. Son avenir prometteur avait brusquement été arrêté par des détracteurs, par la modernité de ce moment. “C’est déjà ça.” Le fait qu’elle s’excuse. Cela ne pardonnait pas tout. Cela ne ferait pas oublier à Stella.

Comme si de rien était, Poppy répéta la commande et la femme à son bras tira l’artiste pour l’installer à une table. La rouquine gardait ses dents serrées, les faisant grincer : se moquant bien du regard cinglant de son rendez-vous. Si elle n’était pas contente, qu’elle se casse. Pensa Stella. Elle savait qu’elle n’aurait pas besoin de dire ces mots pour se faire comprendre. Si elle pouvait être la joie incarnée, elle n’avait aucun mal à montrer sa colère et sa haine sans avoir à ouvrir la bouche. On disait d’elle qu’il fallait toujours être du bon côté de la barrière plutôt que du mauvais. Cela était vrai. Poppy posa une question, Stella laissa la demoiselle qui l’accompagnait répondre.

“Oui. Je voulais emmener Stella dans un nouvel endroit : je me suis douté qu’elle aimerait cet environnement.”
Stella serra un peu plus ses dents jusqu’à causer un mal de crâne. “Merci pour l’invitation.” Répondit d’un ton enjoué la brunette qui n’attendit pas plus pour se lever et aller explorer le café. Elle tenta de tirer l’acrobate de sa chaise, mais cette dernière restait prostrée dans sa colère. “Serait dommage de tâcher les fauteuils hein ? Pas comme s’ils avaient vu pire.” Grommela-t-elle. Combien de fois elle avait squatté la banquette ? Elle avait même donné un coup de main à Poppy pour prendre soin de la voiture. Elle n’avait pas besoin de la visiter pour se souvenir des moindres recoins. Finalement, Stella se leva bruyamment, elle se posa devant Poppy. “Pourquoi tu es partie sans rien me dire ? Pourquoi tu m’as laissé toute seule ?” Elle avala sa salive : “Je veux savoir.”


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Sujet: Re: It's a little bit funny || PV Stella ( le Mer 4 Sep 2019 - 5:37 )
J’avais cette personnalité légère et souriante. Un million de paillettes qui scintillaient dans toutes les directions. Ces mêmes paillettes qui transparaissaient définitivement dans mes ouvrages. Mes livres savaient faire rire mes jeunes lecteurs. Dans tout ce qui faisait de moi la bien curieuse créature que j’étais, il y avait ce sens de l’humour de merde qui n’avait jamais fait rire les clowns du cirque. Milles et une contradiction m’habitait. Derrière ce grand côté indépendant, il y avait peut-être un peu de peur de ce rejet qui expliquait ma relation si complexe avec les adieux. J’avais été toute ma scolarité une cancre et pourtant, j’étais plutôt intelligente quand on me laissait le droit de sortir hors des sentiers milles fois battus. J’aimais interagir avec les autres, mais cette maladresse sociale faisait en sorte que même le côté romantique qu’elle aurait été Blanche-Neige et que j’aurais été le prince charmant ne savait pas se rendre de l’autre côté dans la tête de la rousse. Je fronçais les sourcils d’un air presque comique : « J’ai pourtant fait beaucoup d’effort pour m’améliorer avec les années. »

Je n’avais pas oublié par contre que la rousse était rancunière contrairement à moi. Ça se voyait dans les lèvres pincées qu’elle avait, dans cette attitude cassante qu’elle avait avec la douce qui l’accompagnait. Ce n’était pas elle qui était visée par la rancœur mais bien moi. Et la pauvre brunette ne pouvait pas nécessairement savoir ce qui s’était passé. Ces nuits de tendresse que nous avions passé dans ma westfalia, ses nuits à refaire le monde en parlant des animaux, de la planète et de l’économie. Je fus quand même un peu soulagée de voir la brunette s’éloigner pour nous laisser toutes les deux (ou trois, sa colère était sans doute tellement présente qu’elle aurait sans doute pu compter pour une tête supplémentaire. Je refusais d’entrer dans son jeu et de répondre également qu’elle ne pouvait pas nécessairement comprendre pourquoi j’étais partie. Une partie de moi, naïve, aurait voulu que l’on reprenne comme si je n’étais jamais vraiment partie.

Mais à la place, je me retrouvais à dire avec un petit sourire « C’est une vieille dame qui ne démarre plus maintenant et je te jure qu’un enfant qui te renverse un chocolat chaud sur ses bancs en tissus ça ne pardonne pas. Alors, il faut lui faire attention à ma relique. Je n’ai pas oublié ce qu’elle a représenté. » Elle était ma compagne, celle qui m’avait permis d’avoir ma propre liberté mais qui m’avait aussi permis de poser mes propres limites. Ces mêmes limites qui me revenaient en plein dans la gorge à sa prochaine question : Pourquoi avais-je filé à l’anglaise sans rien dire, sans laisser transparaître les raisons de cet abandon.

Je savais pourtant que j’avais atterri dans la vie de l’autre acrobate quand elle avait perdue une de ses personnes chères à ses yeux. Les explications sur une histoire qui était vieille n’allait tellement pas avec ma personnalité. J’étais personnellement une prisonnière de cet éternel moment présent. Et je ne savais pas nécessairement comment m’y prendre pour lui expliquer pourquoi j’avais agis de la sorte. « Je n’ai jamais été bonne pour dire au revoir…. Et je ne voulais pas t’inquiéter ma belle étoile, ni t’abandonner. » J’avais conscience que mes mots sonnaient comme si j’étais en train de lui monter un beau grand bateau. Des mots vides, creux, dénués de sens quand on cherche comme une couleuvre à s’échapper à des mains trop serrées qui voulaient étouffer sa liberté tant méritée. J’haussais doucement les épaules pour rajouter un peu plus précise et moins évasive. « Mon corps ne suivait plus. J’avais mal constamment… J’étais malade et je ne voulais pas nécessairement que tu me vois dans cet état. » Le temps verbal n’était pas le bon. Le passé voulait dire que ce n’était plus le cas, mais dans mon cas, jusqu’à la ménopause, j’aurais encore mal avec régularité. Mais je n’avais pas nécessairement envie d’en discuter dans le milieu de mon café. Mon état de santé ne concernait que moi.
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Sujet: Re: It's a little bit funny || PV Stella ( le Mer 4 Sep 2019 - 21:52 )
Stella n'arrivait pas à décrisper son visage. Elle serrait les dents, elle était sur le point d'aboyer à la douleur qui avait résulté du départ de Poppy. Elle voulait comprendre. Pourquoi elle était partie ? Ne lui faisait-elle pas confiance ? Est-ce que Stella avait fait quelque chose de mal ? Voilà son ancienne amante à dire qu'elle avait fait des efforts. Peut-être pas assez, pensa Stella. Elle avait été idiote de s'accrocher à des gens. Elle avait appris malheureusement qu'hormis une poignée de personne : elle ne pouvait compter que sur elle-même. Elle se détestait de s'être laissée amadouer par la douceur de la peau, par la chaleur du corps de Poppy. Elle s'était construite un endroit où elle se sentait bien, à l'abri de tout, dans le creux de ses bras. Allongées toutes les deux dans la Westfalia, elles avaient même créé un monde à elle. Quelque chose qui leur ressemble, d'imparfait, de compliquer, mais remplit de sincérité. Enfin. C'est ce que Stella avait cru. Elle était tombée de hauts l'acrobate.
La rouquine ne renchérit pas sur le vieux van. Cela éveillait autant de souvenirs agréables que douloureux. Elle préférait faire une croix sur ces derniers, les remettre au placard : là où étaient leur place.

"Étrangement, ce que tu as fait m'a inquiété et tu m'as abandonné. Moi non plus, je ne suis pas douée pour dire au revoir. C'est pour ça que je ne le fait jamais. Je dis toujours à tout à l'heure. Dire au revoir c'est mettre fin à quelque chose." Elle avala sa salive, serra sans le vouloir ses poings.

Finalement, Poppy parla et expliqua à demi-mot la raison de son départ. Son corps ne suivait plus ? Elle avait mal constamment ? Elle était malade ? Stella reste sous le choc. Il n'en faudrait pas beaucoup plus pour qu'elle se sente coupable de l'accabler ainsi. Pourtant, elle était bien trop têtue et rancunière pour oublier comme ça d'un claquement de doigt.

"Tu pensais que je ne pouvais pas être là pour toi ? Que je t'abandonnerai ?" Sa voix était légèrement plus douce, mais ses poings étaient toujours serrés. "Même si tu ne pouvais ou ne voulais plus performer : tu aurais pu rester avec nous. On t'aurait aidé. Tu faisais partie de la famille. Même si aujourd'hui cela ne veut plus rien dire." Elle se recula, croisa ses bras : signe défensif. "Tu ne nous as même pas contactés durant le scandale." Elle avala sa salive. "Je voulais t'appeler. Mais je ne pouvais pas. Parce que tu n'as même pas laissé un numéro." Elle avala difficilement sa salive. "T'avais pas besoin de moi, mais ce n'est pas mon cas. J'aurais aimé que tu sois avec moi. J'avais besoin de toi." Et elle l'avouait sans honte. Quitte à passer pour une égoïste.


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Sujet: Re: It's a little bit funny || PV Stella ( le Ven 6 Sep 2019 - 1:26 )
Qu’on le veuille ou pas, les histoires du cœur étaient toujours des histoires complexes. Un début parfois imprécis avec des personnages qui se connaissaient depuis longtemps, une aventure complexe qui amenaient les protagonistes sur un chemin d’une complexité inouïe, une fin qui laissait souvent avec des sentiments d’amertume, de frustration ou de déception… même si les fins heureuses existaient également. Ces dernières avaient pour moi une étrange saveur de prison dorée. Jamais en couple une personne ne pouvait être pleinement libre. Moi, si avide lectrice, j’avais de la difficulté à finir ces livres, à tourner les dernières pages parce qu’aucune ne réussissait à me satisfaire. Si ça allait bien, je réussissais presque à me convaincre que ça ne pouvait pas éternellement continuer de cette manière (toutes bonnes choses ont une fin) et dès qu’une relation commençait à battre de l’aile, battre en retraite permettait d’éviter le goût amer. Il n’en restait pas moins que l’option proposée par la rousse : de se dire à tantôt avait quelque chose d’intéressant. Une manière de se dire au revoir sans vraiment le faire. Mais je n’aurais pas pu dire que j’allais simplement acheter du lait et ne plus revenir. Le « tantôt » qui ne serait jamais venu aurait été un adieu, un mensonge. Et je n’étais pas douée pour mentir. Je n’aimais pas, depuis toute petite. C’était peut-être à cause de ma mère qui avait toujours jugé pertinent de me dire les choses comme elles étaient. Pas de demi-mots. Juste une vérité honnête. Presque philosophe, je dis doucement : « Mais si le tantôt ne vient pas ça fait autant mal… et ça aurait été comme te mentir parce que je ne savais pas si je te reverrais un jour. » Je ne cherchais pas nécessairement à défendre mon départ sans explication mais elle savait que je n’avais pas de filtres et une tolérance basse aux mensonges donc je ne pouvais pas.

Pourtant, je m’en imposais en ce moment des limites. J’avais envie de la prendre dans mes bras et de lui expliquer pourquoi j’avais choisi précisément de partir. Elle avait vu que je ne pouvais pas performer pendant les journées ou l’armée rouge s’invitait… sauf que je lui avais caché quand les douleurs à mon dos étaient venues me hanter ailleurs. Elle avait pensé que je ne lui faisais pas confiance. Je réalisais mon égoïsme de jeune trentenaire sans attache qui ne voulait pas la blesser, j’avais fait l’inverse. Honteuse, je baissais les yeux. J’avais laissé tomber ma famille d’adoption quand la peur s’était installée dans ma tête comme un ennemi paralysant, je n’avais pas laissé de numéro (en même temps, je n’avais qu’un portable depuis environ quatre ans – préférant les lettres manuscrites) et je l’avais abandonné. « Pas que tu ne pouvais pas être là. Je savais que je pouvais compter sur toi. Mais j’avais peur, j’étais terrorisée comme une enfant… » J’avais cherché des réponses, de l’aide en me disant que c’était peut-être cet entrainement trop intensif ou un mauvais étirement… En tombant en panne à Naples, après 2 ans de recherche et de technique qui avaient soulagé, c’était un homme qui m’avait mis sur la piste de réflexion. « Et puis ça aurait été difficile pour moi, même si vous étiez ma famille, de vous voir continuer à faire ce que j’aimais faire sans pouvoir le faire. » Parce que j’avais aimé le cirque depuis mes quatre ans, aime avec la force et l’amour d’une enfant qui n’attendait que ça. Aimer comme je savais si bien le faire. Mais je n’avais pas envie de présenter mon état au beau milieu de mon café pour lui expliquer que j’avais du deux fois être opéré et que mon gynécologue en envisageait une troisième et peut-être même une ménopause chimique temporaire pour donner à mon corps le temps de s’en remettre : c’était incurable. « et je n’avais pas non plus ton numéro ma belle. Parce que j’y ai pensé de prendre contact quand j’ai vu tout le drame autour du cirque… » Bien sur que j’y avait penser et que je comprenais sa colère parce que je savais que les animaux y était bien traiter. Consciente que ce que j’avais fait n’était pas la solution optimale, j’optais pour une nouvelle réplique avec une honnêteté désarmante : « Je suis désolée, Stella. J’ai sincèrement pensé que je faisais ce qui était le mieux pour nous deux à l’époque et c’était probablement une des plus grandes erreurs que j’ai faite dans ma vie… » J’avais merdé en voulant la protéger et je l’admettais.



 
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Sujet: Re: It's a little bit funny || PV Stella ( le Mer 18 Sep 2019 - 20:04 )
Poppy représentait quelque chose à la fois de douloureux et en même temps d’exaltant. Stella n’avait qu’à fermer ses yeux pour sentir la douceur de ses lèvres sur sa peau, de l’odeur de sa peau, de son souffle dans le creux de son oreille… Des sensations grisantes qui avaient laissés leur place à la mélancolie et puis finalement se transformer en colère. Des paliers qu’elle avait franchis petit à petit, au fur et à mesure de son deuil de cette relation qu’elle n’espérait pas éternelle : mais au moins plus longue. Elle avait juste eu le temps de s’habituer à la présence de la belle dans sa vie avant que cette dernière décide de partir. La revoir à Naples, dans ce café qui au fond lui ressemble : une multitude de sentiments s’entrechoquaient dans son esprit. Elle ne savait pas quoi penser, ni quoi faire. Elle savait juste qu’en cet instant il lui était impossible de rester calme et de faire comme si rien ne s’était passé. Stella n’était pas aussi forte. Surtout pas en ce moment.

“Ce mot permet de ne pas fermer la porte, permet aux souvenirs et aux histoires de ne pas avoir un point final.” La rouquine répondit-elle presque immédiatement. Elle n’aimait pas les fins. Elle n’aimait pas la mort. Elle n’aimait pas tomber d’un enfer à un autre. Cela faisait cinq ans qu’elle voguait sur le Styx sans pour autant voir le Cerbère qui pourrait la dévorer toute crue et mettre fin à son supplice. Celui d’être encore en vie alors qu’au fond : elle n’avait plus rien. Hormis des dettes.

Alors, Stella décida rapidement de creuser. De ne pas laisser Poppy s’enfuir à nouveau. Des explications, elle en voulait maintenant et tout de suite. Elle ne partirait pas sans avoir eu gain de cause. Si la blonde partait, que lui resterait-il ? Elle devrait encore attendre que le destin s’en mêle pour l’avoir devant elle. Cela pouvait mettre des années. Non. Non elles devaient éclaircir maintenant pourquoi son ancienne amante était partie sans crier gare. Qu’importe que cela blesse : son coeur meurtrit saignait déjà. Elle n’avait réellement plus rien à perdre. Poppy ne pouvait pas plus la blesser. Ce n’était pas possible. Ell commence par dire qu’elle était effrayée, alors pourquoi pas en parler ? Stella avait toujours été douée pour rassurer. Aider les autres avait toujours été une chose aisée pour elle, bien qu’elle ne se mêlait jamais de choses qui ne la regardaient pas, pour lesquelles on ne l’avait pas sollicité. Elle connaissait sa place, mais pas en cet instant. Elle allait être indécente, curieuse et malpolie en collant son nez dans des histoires qui pour le coup ne la regardait absolument pas.

“On t’aurait trouvé une place…” Elle était sincère et sérieuse. “On ne t’aurait jamais laissé de côté.” Stella se mordit la lèvre, elle devait garder la tête haute. Elle craquerait peut-être. Plus tard. Pas maintenant. Pourtant, et pourtant quand Poppy affirmait vouloir avoir tenté de la contacter : son cœur se serra. Comme elle aurait aimé entendre sa voix. Comme elle aurait aimé la serrer contre elle devant le cercueil de son père avant qu’il ne soit brûlé. Les excuses de la belle achevèrent l’acrobate, qui les larmes aux yeux, se permit de faire le tour du comptoir pour la prendre dans ses bras et enfouir sa tête dans son cou en la serrant contre elle.

Il n’y avait rien d’autre à dire pour l’instant. Stella lui pardonnait. De toute façon, elle était parfaitement consciente que la vie était trop courte pour s’attarder sur ce genre de choses. Elles avaient encore de belles années devant elles, après tout : elles étaient toutes les deux en vie et dans la même ville. Est-ce qu’il pouvait en être autrement ?

“Il ne sert à rien de ruminer le passé.” Souffla-t-elle finalement après quelques longues minutes. Elle s’éloigna et posa sa main sur sa joue pour la regarder dans les yeux : “Maintenant, je suis là. Tu n’es plus toute seule. Tu n’as plus à avoir peur.” Et elle non plus n’avait plus à se sentir impuissante. Poppy était de retour. Les choses ne pouvaient faire que s’arranger non ?


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Sujet: Re: It's a little bit funny || PV Stella ( le Dim 29 Sep 2019 - 2:49 )
J’avais grandi dans une famille particulière : une famille constituée presque uniquement de ma mère. Certes, il y avait mes grands-parents maternels mais ils vivaient dans cet Angleterre natal maternel que je n’avais que peu foulé, enfant. J’avais vieilli dans la galerie d’art ou ma mère exposait ou dans un coin de son studio dans lequel elle donnait des cours jusqu’à ce que j’entre à l’école. Elle n’avait pas été inadéquate. Elle avait su planté les racines de cette femme que j’étais devenue. Ses idées folles étaient la souche de ma propre philosophie. Jamais je n’avais été considérée comme une enfant, j’avais toujours été son égale dans notre relation.

La dictature ? Merci, non merci !

Le peu de discipline que j’avais, c’était le cirque qui me l’avait imposé… Mais je savais que ces règles à suivre étaient pour des raisons de sécurité. Parce que c’était nécessaire pour assurer ma sécurité. Quand j’avais été repêché par le cirque et que j’avais eu la chance d’y rencontrer une belle grande famille multicolore, j’y avais trouvé ma place. La rousse avait eu toute son importance pour moi. Elle avait été mon port d’attache pendant un moment. Elle avait été significative, parce que ses cheveux avaient eu l’odeur de la maison à une époque. Je savais que c’était fort rassurant d’avoir une famille, des gens qui nous entouraient d’où pourquoi j’aimais mon métier de recyclage. J’avais besoin de me baigner dans la foule pour y trouver l’inspiration, besoin de gens sur qui compter pour être en mesure d’avancer… C’était peut-être ce qui faisait sembler mon départ si absurde. J’étais presque forcée d’admettre que « Je sais que vous m’auriez trouvé une place. Vous étiez ma famille et on ne laisse personne derrière dans une famille. ».

Mais j’avais préféré mettre les voiles pour m’éloigner de ces caravelles rassemblées qui m’avait doucement bercées parce que j’avais eu peur d’avoir psychologiquement mal en plus de cette douleur physique qui m’avait presque fait regrettée mon absence de piété parce qu’en croyant qu’il y avait un Dieu, une créature surpuissante tout aussi improbable qu’une putain de licorne, j’aurais pu prié pour une libération quelconque de cette douleur qui m’accompagnait à l’époque bien plus loin qu’au troisième jour du débarquement de l’armée rouge (non pas que j’aille un quelconque problème avec la révolution communiste… je l’attendais comme certains attendent le messie)

Mes excuses semblaient bien tristes pour l’abandon que j’avais fait subir à la belle rouquine. J’aurais aimé avoir plus de mot à dire pour pouvoir également l’étourdir, la noyer dans des douces paroles qui lui feraient oublié qu’elle avait affronté seule la mort de son père (un homme pour qui j’avais le plus grand des respects). Mais elle fit doucement le tour de mon comptoir pour venir se blottir dans mes bras. Sa tête dans mon cou et l’odeur de ses cheveux plein mes narines. Elle était bien loin la demoiselle qui l’avait accompagnée parce que pendant un moment, pendant un bref moment, il n’y avait que les doux cheveux de feu de cette petite tornade qui comptait. Je fermais doucement les yeux en en oubliant le lieu où l’on était, les gens qui nous entouraient. C’était étonnant que quelqu’un qui déplaçait probablement autant de place que moi était également dans les rares personnes capable de me calmer et de faire taire mon tourbillon incessant qui vivait dans ma tête.

Je me surpris même à soupirer de frustration : « Regarder en arrière nous distrait du maintenant… » déclarais-je doucement en réponse à sa réplique. Cet instant présent sur lequel j’avais toujours eu de la difficulté à m’arrêter dans mon besoin de m’étourdir. Ce qui expliquait pourquoi je bougeais et travaillais toujours autant. Sauf en ce moment ou j’avais presque peur qu’elle retire sa main de ma joue. « Tu es beaucoup trop gentille, ma belle étoile. » dis-je rarement aussi sérieuse que ce que j’étais en ce moment précis. Ma propre main frôla doucement son bras comme un papillon nerveux. Avec un sourire doux, je poursuivis : « Merci de me dire que tu vas là. J’ai moins peur maintenant parce que je sais avec quelle condition je compose. » Je savais avec précision les douleurs, je savais que je n’avais qu’à le dire pour que mon médecin interviennent quand je n’étais plus à vivre mais d’avantage à survivre. Mais je ne voulais pas lui exposer tout ici. Je me contentais après avoir doucement été cherchée son autre main pour y enlacer mes doigts. « Qu’est-ce que tu deviens maintenant ? » demandais-je curieuse… Dieu merci que le café n’était pas trop occupé à cette heure.



 
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Sujet: Re: It's a little bit funny || PV Stella ( le Sam 5 Oct 2019 - 21:33 )
“Êtes. On est ta famille, Poppy. N’en doute jamais.” Stella était la plus rancunière de tous. Si elle la pardonnait, les autres rouvriraient leurs portes.

Qu’aurait été Stella ces dernières années sans les membres du cirque ? Rien. Une cloque jetée dans le fleuve de la vie pour se faire malmener par les remous. Comme elle aurait aimé avoir une vie plus calme. Une où le cirque serait encore debout et où son père la regarderait s’envoler dans les airs avec des étoiles dans les yeux. Le soutien de sa mère est de plus en plus fin. Il devient inexistant au fil des jours. La dernière fois qu’elle l’avait eu au téléphone : elle avait avoué que Stella lui rappelait trop l’amour de sa vie. Il est vrai qu’ils avaient tous les deux la même tignasse. Le même regard perçant. Les mêmes expressions qui pouvaient vous faire rire puis passer aux larmes. Le père et la fille. Un duo qui a convaincu et conquis les plus grandes villes du monde avec brio. Elle était son bras droit. Lui son l. Et tout ceci était mort en même temps que son géniteur. Cet homme que personne ne pourra remplacer dans sa vie. Le trou qu’il avait laissé était tant bien que mal rebouché temporairement par des aventures d’un soir comme celle qui regardait plus en détails le café à l’image de Poppy. Sa Poppy. Peut-être qu’elle n’avait plus le droit de l’appeler ainsi, mais elle se le permettrait quand bien même on essayerait de l’arrêter. Il n’était pas né celui qu’il allait la dompter. Cette tigresse qui montre les crocs et est prête à mordre quiconque lui dicterait sa conduite. Fierté mal placée, envie de prouver qu’elle a besoin de personne : Stella ne savait pas réellement d’où venait ce désir. Toujours était-il qu’il était là. Fort heureuse, ce dernier n’était jamais persistant quand on lui donnait les bons arguments. Comme un verrou qui s’ouvrirait avec la bonne clé : la rouquine ne tenait pas de la rancœur à ceux qui lui prouvait par a plus b qu’elle à tort de s’emballer de la sorte.
Alors, Stella ne résista pas plus longtemps à l’envi de passer ses bras autour d’elle. Sans même demander la permission, elle fit le tour du comptoir pour venir serrer la belle blonde dans ses bras. Sentir son odeur, se laisser envahir par sa chaleur… Autant de sentiments grisants qu’essentiels. Comme Poppy lui avait manqué. Elle s’en rendait compte amèrement en cet instant : là coller contre son corps mince et élancé. Ne souhaitant pas mettre de distance entre leurs corps qui semblaient retrouver les sensations enivrantes de leurs échanges charnels quelques années plus tôt : Stella caressa la joue albâtre de son amante. Ancienne amante. Un frisson parcourut son bras jusqu’à atteindre sa nuque en sentant les doigts de la propriétaire des lieux sur son bras.

“Je le suis parce que tu as et auras toujours cette place spéciale dans mon coeur, Poppy.” Le prénom de la belle glissa entre ses lèvres dans un souffle qui cachait à peine l’émoi causé par ces retrouvailles.

Elle hocha la tête quand son amie affirma avoir les cartes en main maintenant. Si elle n’était pas certainement de pleinement comprendre le sens de ces paroles : elle se contentait de laisser glisser pour l’instant. Elles auraient l’occasion d’en reparler. En privé. Avec une bonne bouteille entre elles.

“Je survis.” Répondit-elle. “J’ai réussi à être embauchée par Vogue en tant qu’assistante de création. Ca me permet de payer les dettes.” Stella n’y allait pas par quatre-chemins car elle savait que Poppy était réellement intéressée par la réponse. “Shiva, Asvarya et Thulasi ainsi que Nala, Vitani et Qatar sont au zoo de Naples. Les autres ont été renvoyés dans la nature, car ils étaient plus jeunes.” Sa gorge se serra, elle avala plusieurs fois sa salive : “Mais tu me connais… On m’a coupé les ailes alors le quotidien est aussi difficile que de convaincre Georgio de décuver.” Le clown du cirque avait toujours eu un problème de la bouteille, un vice qui l’avait perdu d’ailleurs puisqu’il était maintenant enterré dans un coin de la campagne italienne : là où le cirque s’était dressé fièrement pendant des générations.


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Sujet: Re: It's a little bit funny || PV Stella ( le )
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