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- (terminé) It's a little bit funny || PV Stella -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Le Coeur de Naples :: Rues du centre
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Poppy SkyesLe vin est un puissant lubrifiant social
Poppy Skyes
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Sujet: Re: (terminé) It's a little bit funny || PV Stella ( le Jeu 10 Oct 2019 - 5:04 )
Stella était un ange de me corriger pour me dire que j’étais encore membre de la belle grande famille du cirque, de me reprendre pour me dire que ma famille n’hésiterait pas à me tendre de nouveaux les bras. Je savais que j’avais filé à l’anglaise sans explication et que l’on aurait pu m’en vouloir mais à la place, je me retrouvais à la ravoir dans mes bras avec l’odeur sucrée de son parfum qui me chatouillait les narines. Des souvenirs anciens remontaient à la surface comme une inévitable réalité. Un temps jadis que je croyais à jamais disparu sous l’effet de l’eau qui avait coulé sous les ponts.

L’amour avait un rôle curieux dans ma vie. Je m’attachais davantage à l’intellect d’une personne, à ces passions curieuses qui l’habitaient, à cette lumière qui brillait dans ses yeux. Le corps venait toujours après. Mes amants étaient moins fréquents que mes amantes. Je n’offrais pas nécessairement mon corps au premier venu… même si j’avais eu des amants au fil des ans. Si je prenais un pas de recul, ma condition avait dicter une partie de ma vie : parce que ma sexualité était plus ardue avec un homme, je tendais à établir ce genre de lien plus aisément avec une femme pour des raisons psychologiques et aussi un peu physiologique.

Mais ça ne changeait pas que la rouquine avait un rôle particulier dans mes histoires d’amour : elle avait été une de mes plus importantes relations après presque trois ans si mes souvenirs en étaient exacts. Parce qu’elle avait cette passion qui l’animait et qu’elle avait cette douce folie qui savait me faire basculer dans ses bras avec une aisance désarmante. Et j’avais cette envie d’aller doucement passer mes doigts dans ses cheveux, de redécouvrir son corps comme on redécouvre un de nos livres favoris dont on a oublié l’existence puisqu’il s’est perdu dans cette douce marée que représente notre propre bibliothèque (du moins la mienne qui est à l’instar de mon appartement, dans un fouillis qui témoigne peut-être que les esprits créatifs trouvent un petit je-ne-sais-quoi au chaos).

Je savais pourtant qu’il me fallait retourner m’occuper des autres clients jusqu’à ce que ma gérante, Caterina, vienne prendre la relève, mais je n’avais pas envie de quitter ses bras, consciente de cette douce tension qu’élevait chez moi sa main douce déposée sur ma joue pendant qu’elle m’affirmait que j’avais une place spéciale dans son cœur. « Je peux t’affirmer que tu as encore une place particulière dans mon cœur et que tu viens de faire ma journée en recroisant mon chemin, Stella. » dis-je avec un sourire honnête qui trahissait ma joie sincère. Je n’avais jamais vraiment été bonne pour cacher mes émotions : elles étaient vives comme les couleurs des toiles que peignait ma mère.

Et la conversation dériva sur la vie telle qu’elle était devenue, comment elle se retrouvait dans cette situation qui l’avait fait quitter en un certain sens sa plus grande passion, son amour. Je ne pouvais m’empêcher de caresser doucement son bras remontant lentement vers son dos. Je savais combien quitter le cirque était difficile, c’était exactement ça : Icare ayant ses ailes brulées par le soleil. Sa tension et sa tristesse, je les reçus toutes les deux, même si je murmurais doucement : « L’argent est une bien triste raison pour faire un métier. » mais comme Stella savait mes penchants vers le communisme, elle ne devrait sans doute pas s’en étonner outre mesure. Certes, dans l’absolu, je comprenais qu’il fallait payer pour manger mais je trouvais injuste que nous ne puissions pas tous vivre de nos passions. Que le zoo se retrouve à accueillir les animaux, que ma famille d’adoption se retrouve à tirer le diable par la queue parce que des banques mercantiles prenaient le dessus sur les vies de ces gens, ça me broyait le cœur… Passant finalement doucement une main dans les cheveux de la rouquine, j’éclatais d’un petit éclat de rire lorsqu’elle me rappela Georgio le clown à la main un peu forte sur la bouteille, même si le restant du propos était sérieux. « Je trouve dommage que tu ne fasses que survivre parce que je sais que tu es la plus forte et que tel un phénix tu trouveras le moyen de renaître de tes cendres ma belle… » peut-être pas dans un cirque comme celui qu’elle avait connu mais je savais que Stella avait la force nécessaire pour déplacer des montagnes. Je laissais doucement ma main sortir de ses cheveux. « Il ne reste normalement qu’une trentaine de minutes avant que ma gérante vienne prendre le relais… veux-tu m’attendre pour que l’on parle plus longuement du temps qui a passé ? » finis-je par lui demander.



 
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Stella SpinelliToujours frais après un litre de café
Stella Spinelli
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Sujet: Re: (terminé) It's a little bit funny || PV Stella ( le Mar 15 Oct 2019 - 20:15 )
Il n’y avait pas beaucoup de choses de certaines dans la vie, mais l’appartenance de la belle blonde derrière le comptoir à sa famille l’était. Elle ne laisserait jamais rien, ni personne, remettre ce fait en question. Stella n’était pas d’une nature rancunière envers les personnes qu’elle a aimé et Poppy faisait partie de ces individus. Elle avait réussi à la chambouler de tout son être, de toute son âme et elle avait marqué au fer rouge son prénom dans son cœur. Serrant l’ancienne artiste dans ses bras, elle s’éloigna juste assez pour caresser doucement sa joue. La couvant du regard, elle détaillait les traits de son visage à la recherche de ce qui à changer, mais au fond : elle était toujours aussi belle. Comme au premier jour.

“Je suis heureuse de servir à quelque chose…”
Elle laissa mourir son geste et remit son bras le long de son corps. Poppy devait retourner au travail, Stella en était consciente.

Avant cela, elle parla à demi-mot de ce qui s’était passé ces derniers mois. Il y avait tellement de choses à rattraper. Elle laissa la belle caresser son dos : un geste qui se voulait réconfortant et qui l’était. Stella ressentait la chaleur de sa main dans toutes les fibres de son être.

“Je sais… Mais la société ne nous laisse pas le choix.”
Combien de fois elles avaient refait le monde à leur image ? Bien trop. Si seulement l’art pouvait faire vivre : elle ne devrait pas être une assistance de création chez Vogue.

Poppy passa sa main dans ses cheveux indomptés et indomptables. Une attention innocente, mais qui étira un sourire sur son visage. Et puis, il faut dire, la discussion avait pris une tournure des plus rigolote alors forcément… Stella ne pouvait que montrer son meilleur jour sous les yeux flamboyants de son ancienne compagne.

“Je l’espère… Seul le temps me dira si j’arriverai à faire renaître le cirque de ses cendres. Si un jour je ferai à nouveau rêver petits et grands aux rythmes des tambours et de la musique.” Un rêve qu’elle ne désespérait pas de voir se réaliser. Stella avait rencontré pire… Alors pourquoi est-ce que l’espoir se faisait de plus en plus fin ?

Stella hocha la tête pour accepter de l’attendre et alla retrouver son rendez-vous qui après quelques mots glissés doucement partit dès son café bu : laissant la rouquine seule à la table à attendre Poppy. Les deux amis devaient rattraper le temps perdu et elle n’avait nullement envie de le faire alors qu’une tierce personne était prêt d’elles. Se levant avec sa tasse, elle fit le tour des livres et en attrapa un avant d’aller s’asseoir dans un coin du café : au calme. Perdue dans ses pensées et la lecture d’un conte d’Andersen. Un, que son père, lui racontait petite et qu’elle connaissait par coeur. Pourtant, ses yeux caressaient le papier comme s’ils découvraient les mots pour la première fois. Il n’y avait pas un jour qui se passait sans qu’elle se souvienne du sourire de son père. De sa voix grave et de sa moustache toujours parfaitement coupée. Il n’y avait pas un jour qui se passait sans qu’il ne lui manque cruellement. Le temps n’effaçait pas la douleur, ni ne rebouchait le trou qu’avait laissé sa mort dans son cœur. Un vide qu’elle arrivait à combler que dans les bras de Moira, mais sitôt la belle partie qu’elle se retrouvait à nouveau seule. Comme un militaire qui a quitté de force son unité, son baraquement : elle supportait difficilement la solitude. Sa vie avait pris un tournant drastique et elle ne s’y faisait toujours pas. Stella avait compris depuis quelques mois que jamais elle ne s’habituerait. Jamais elle ne le pourrait. Elle faisait partie de ces personnes qui avaient besoin d’avoir un entourage familier autour d’elles. Une présence au quotidien.


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Sujet: Re: (terminé) It's a little bit funny || PV Stella ( le Lun 21 Oct 2019 - 2:33 )
Des années plus tôt, l’enchevêtrement de nos corps dans l’arrière de ma fidèle bagnole avait vu naître et renaître milles et une révolutions : certains aux teintes de l’arc-en-ciel, d’autres rouges comme mon idéologie politique. Nous avions retourné sous tous les angles possibles le monde pour en faire un million de révolution possibles. Nous étions trop vieilles pour jouer aux cowboys et aux indiens ou pour sauter d’un sofa à l’autre en hurlant que le sol se transforme en lave sous l’impact doux de notre imagination. Mais cela ne nous avait pas empêcher de rêver. Loin du pot d’échappement, nous avions navigué dans des eaux parfois calmes, parfois tumultueuses. Bien sur que la revoir me remplissait d’une vague curieuse d’émotions. Et à mes yeux, des utilités, elle en avait dix milles.

Certes, j’étais du genre papillon, un électron libre qui n’était pas à se servir à plusieurs reprises dans la fidélité. Mais elle m’avait marqué assez pour que ça me serre le cœur que de devoir m’éloigner d’elle ne serait-ce que pour travailler. Il en fallait peu, depuis que j’étais sortie de mon berceau pour que ma tête ne se permette plus d’éclater dans milles et un sens. Mon attention défaillante et ce besoin viscéral de bouger tendait à me faire me transformer en un feu de Bengale et j’en avais conscience. Conscience quand je la laissais le temps de finir mes tâches pour la journée.

La rouquine se plongea dans une lecture sur une des tables : j’aurais davantage pensé qu’elle aurait préféré un des poufs. Et je ne pouvais pas m’empêcher de penser qu’elle avait ce petit côté familier : un petit je-ne-sais-quoi qui faisait en sorte que je n’avais pas nécessairement envie de m’enfuir et d’aller vers ce ailleurs que je connaissais si bien. Le même élément qui m’avait aidé à me calmer quand ma voiture était tombé en panne à Naples plutôt qu’ailleurs. C’était le milieu de mon enfance. C’était un territoire connu qui pouvait facilement me contenir parce que la ville était assez ample et assez artistiques pour que je puisse m’y poser.

Je ne savais pas ce qui m’attendait au bout du chemin et j’étais davantage le genre de femme qui faisait confiance à la vie : trop était imprévu et en visant trop loin dans le futur, nécessairement que nous passions à côté d’expériences formidables mais diablement inconnues dont nous n’aurions pu soupçonner les ramifications. Tout ce que je pouvais savoir c’est que de voir Stella m’avait fait le même effet qu’une seringue de bonheur pur. Et disons que je ne me fis pas nécessairement prié pour quitter mon tablier lorsque ma gérante arriva. Un bref échange avec Cat et je partis ranger mon tablier dans le bureau pour en ressortir vers la salle, mon unicycle sous le bras (il ne manquait plus que la perruque multicolore pour compléter ce paysage à saveur de souvenir que l’on n’oublie jamais réellement). Certes, je n’avais jamais été un clown mais j’avais gardé cette âme d’enfant qui m’avait toujours caractérisé.  

Je passais lentement ma main dans le dos de la rouquine dans un geste délicat, presque tendre, des doigts volants presque. « Tu as choisi de lire quoi? Et puis-je te tirer hors de ta lecture? » demandais-je curieuse avec un petit sourire au coin des lèvres. Un petit pas dans cette valse à vingt milles temps. « Je peux te proposer que l’on s’oriente soit vers chez toi ou vers chez moi…? On sera peut-être plus confortable pour parler de ce qui s’est passé depuis la dernière fois que nous nous sommes vues? » dis-je doucement. J’avais conscience que nous avions beaucoup à rattraper toutes les deux. J’étais en un certain sens soulager de voir que la brunette avec qui elle était entrée n’était pas restée.



 
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Sujet: Re: (terminé) It's a little bit funny || PV Stella ( le Lun 28 Oct 2019 - 20:57 )
Stella se souvenait de ces moments où - allongée dans la voiture de Poppy, son corps nu contre celui de la blonde - elles avaient rêvé de ce que serait leur vie plus tard. La rouquine lui parlait de ces villes où elle voulait aller avec le cirque sans compter les ajouts qu’elle souhaitait faire à son numéro. Combien de fois son rire avait remplis l’habitacle du bolide qui prenait maintenant la poussière à quelques pas d’elle ? Comme ces instants d’insouciances lui manquaient. Ceux où son père était mort de peur en vue de l’imagination débordante de sa fille qui ne semblait jamais avoir froid aux yeux. Depuis son plus jeune âge, elle avait toujours cherché activement même ces sensations fortes qui retournaient son estomac. Que cela soit par des figures ou bien à force de rencontrer des personnes. Comme Poppy que la vie avait remit sur son chemin bien malgré elle. Attrapant un livre au hasard, elle se plongea dans la lecture. Ces cinq dernières années loin du cirque, loin de la piste aux étoiles lui avaient permis de rattraper le retard dans les livres qui s’étaient entassés avec les années dans sa caravane qui elle aussi prenait la poussière dans un garage perdu de la campagne Italienne. À défaut de pouvoir la mettre autre part : elle avait décidé de la mettre en sécurité avec les autres trésors que regorgaient son passé. Des pépites sentimentales qui ne brilleraient probablement plus de mille fois sous les acclamations d’un public, mais qui restait tout de même très important pour Stella.

La rousse entendit à peine Poppy arriver, ce n’est qu’au contact de sa main qu’un frisson l’arracha de sa lecture alors qu’elle releva ses yeux vers la patronne. L’unicycle sous son bras la fit sourire de toutes ses dents :

“Je n’y crois pas que tu l'es encore…”
Évidemment qu’elle se souvenait de ce moment de transport. Puis elle ferma le livre pour montrer la couverture : “Le Seigneur des Anneaux, un classique dans le genre, un que je n’ai jamais terminé.” Elle se leva et remit correctement la chaise. “Oui bien sûr, je n’ai rien de prévu aujourd’hui alors je suis libre.” Stella alla ranger l’ouvrage à sa place et remit son manteau. “Si cela ne te dérange pas d’être dans un cagibi : alors on peut aller chez moi.” Elle haussa les épaules : “Tu me connais, je ne suis pas matérialiste pour un sou alors… C’est simple, mais c’est ce qui se rapproche le plus de la maison.” Pas besoin de préciser que sa maison était le cirque. Stella attrapa l’unicycle, offrit un immense sourire à son amie : “Allons-y !” Avant de sortir et de monter dessus : “Je veux voir si j’ai pas oublié tes leçons…” La langue tirée, le visage concentré, elle se mit à pédaler avant de rire : “Eh tu as vu ! Je me souviens encore ! C’est bel et bien comme le vélo !” Et son rire continua de sortir de ses poumons, une façon de retarder l’échéance de devoir parler de ce qui fâche.


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Sujet: Re: (terminé) It's a little bit funny || PV Stella ( le Dim 17 Nov 2019 - 1:22 )
La définition même de la normalité est « ce qui se conforme à ce dont on a l’habitude, ce qui ne surprend pas, ne dérange pas, n’attire pas la curiosité des autres ». Nous avons tous notre niveau de normalité Et même si mon quotidien potentiellement irrépressiblement anticonformiste, il était mon normal, mes habitudes à tendance fossile qui ne bougeaient pas. Aller courir le matin, venir bosser, plancher sur mes bouquins… Là où le bât blessait un peu plus c’était dans cet étrange collision qui venait de se produire entre ma vie de maintenant et celle d’avance. Oh! Ce n’était pas que je n’était pas heureuse de revoir Stella, mais c’était davantage qu’en revoyant la rousse, je ne pouvais m’empêcher de repenser à la beauté de nos souvenirs, à ce lent tissage d’un lien qui avait été fort. Je n’avais pas une forte propension aux histoires d’amour sur le long terme. Un petit pas à la fois et je laissais le temps faire la sélection de mon avenir avec une personne.

Pourtant, même si je disais que les histoires qui se finissaient avaient une raison, qu’il ne fallait pas tenir le mauvais bout du bâton de peur de voir le présent des souvenirs heureux se transformer en charbon de la froide colère, si je réfléchissais, la Rousse faisait partie de ces gens que j’avais quitté en laissant une partie de moi à l’arrière. Je me surprenais vraiment à ne pas savoir comme agir : parce que cette situation était loin de ma normalité et que je ne cherchais pas les problèmes simplement les plaisirs dans ces belles petites choses comme la soie de ses cheveux ou la beauté de son sourire lorsqu’elle aperçut mon unicycle. Je pouffais de rire lorsqu’elle s’étonna que j’ai encore en ma possession mon fidèle moyen de transport. « Comment diable se débarrasse-t-on d’un unicycle? C’es le meilleur vélo au monde.» rigolais-je doucement. Il y avait peu d’objets dont je peinais à me départir (même si en voyant le bazar qui régnait en maître dans mon appartement on pouvait se poser la question). Et mon unicycle avait survécu à bien des épreuves. Plus facile à entretenir qu’un vélo : une seule roue = moins de problèmes et moins de maintenance.

Toujours tout sourire, je l’écoutais me parler du livre et nerveusement j’y greffais ma petite critique personnelle : « Un excellent choix de livre. Même si je comprends de ne pas nécessairement se rendre à la fin. Tolkien fait des descriptions parfois IN-TER-MI-NA-BLE! » Je n’avais jamais vraiment été un récipient à patience. J’avais gardé ce côté enfant bien criant et vivant au fond de moi. Ce qui faisait que dans des bons jours, je pouvais me passionner pendant des heures sur des traitées difficiles mais que je me perdais parfois dans des livres aux descriptions alambiquées.

Elle m’expliqua alors que son appartement n’était pas très grand mais que ça pouvait être une option. Rigolant doucement, je précisais : « Nous avons donc le choix entre ton cagibi et mon petit appartement dans lequel une tornade aurait pu y passer que l’on ne verrait pas plus les dommages. Je ne suis toujours pas une folle du ménage. Je te laisse le choix. Puisque tu me connais et que je suis aussi très peu matérialiste... et ton domaine doit être plus vaste que ma bagnole. » dis-je à demi-moqueuse.

En sortant à l’extérieur du café, l’air nous frôla toutes les deux avant qu’elle ne s’empare de mon unicycle m’arrachant un petit éclat de rire alors qu’elle monta sans hésitation sur mon bolide pour avancer avec un visage concentrer en s’éloignant doucement. Je partis à courir lentement pour la rattraper. « Attends-moi! » dis-je en finissant par jogguer à sa hauteur avec un sourire sur mon visage en réaction au son magnifique de son rire. Je sais qu’elle était sécuritaire mais j’avais quand même peur qu’elle ne tombe. « Il faut dire que tu as eu une professeure plutôt potable, si je me rappelle bien.»



 
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Sujet: Re: (terminé) It's a little bit funny || PV Stella ( le Dim 1 Déc 2019 - 21:37 )
Laissant ses yeux parcourir les lignes du livre, elle les relevait de temps en temps pour regarder du coin de l’oeil Poppy qui semblait dans son élément. Il ne suffirait que de quelques détails pour qu’elle replonge dans le passé. Ajouter quelques objets du cirque par-ci et par-là et cela serait suffisant. Est-ce que Stella pourrait un jour renouer avec ce passé ? Est-ce qu’elle serait un jour en mesure de pouvoir faire la paix avec ces moments qui la hante encore ? En la voyant se diriger vers elle armée de son monocycle : il allait de soit que Stella ne pouvait pas se retenir de faire un petit commentaire. Il n’y avait rien de méchant, jamais. Elle était juste sincèrement surprise que Poppy ait encore ce moyen de transport. Et en même temps, l’étonnement n’avait été que de courte durée, car on ne parlait pas de n’importe qui, mais bien d’une personne qui n’avait jamais eu peur des regards sur elle. Regardant la couverture de son livre, elle sourit au commentaire de son amie.

“C’est ce qui me plaît le plus personnellement. Pouvoir fermer les yeux et juste voir la scène se dérouler devant moi.” Il faut dire que Stella avait toujours eu une imagination débordante qui lui avait permis de monter rapidement son propre spectacle pour le présenter à son père avant de performer devant des centaines de personnes.

Elles devaient maintenant se décider où aller, Stella mit tout de suite en garde Poppy que son chez elle n’avait rien de sensationnelle, mais la blonde devait bien se souvenir que l’acrobate n’avait pas besoin de grandes choses dans sa vie. Encore moins sur le lieu où elle ne faisait que dormir et manger. “Allons chez moi alors.” Et sur ces mots, Stella s’empara de le monocycle de son amie.

La rousse ne mit pas de temps à monter dessus et après quelques tentatives : elle trouva finalement son équilibre en rigolant à pleins poumons. Elle connaissait les risques du métier, mais elle avait appris à tomber avec les années pour mieux se relever. Elle tourna sa tête en entendant Poppy lui répondre :

“La meilleure.” Corrigea-t-elle en levant son doigt avant de continuer de rire : “Oh Poppy… Cela me rappelle tellement de bons souvenirs.” Et Stella se laissa volontiers happer par cette vague de bonheur.

Descendant au milieu du chemin pour que son amie fasse l’autre moitié jusqu’à chez elle, Stella glissa ses mains dans ses poches en décidant de savoir chaque instant avec son ancienne amante. Devant son immeuble, elle monta les quelques marches et ouvrit la porte d’entrée. Son studio, au rez-de-chaussée fut rapidement ouvert.

“Voilà mon humble chez moi…” Elle avait tenté de recréer l’esprit de sa caravane en mettant des loupiottes au murs de toutes les couleurs. Au plafond, elle avait collé des étoiles fluorescentes qui donnait l’impression d’avoir un ciel d’été au-dessus d’elle. Il y avait des posters aux murs de leurs tournées dans le monde entier, dans sa penderie, il y avait encore ses costumes qu’elle ne s’était pas résignés à ranger définitivement dans les grandes malles. Le canapé-lit ouvert dévoilait un lit qui n’était pas fait. Stella s’approcha vivement et referma ce dernier en rigolant : “Je ne suis pas non plus fortiche pour le ménage.” Même si le studio était propre. “Je t’offre une tasse de thé ?” Demanda-t-elle en mettant déjà de l’eau à bouillir avant d’enlever manteau et écharpe. “Fais comme chez-toi.”


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Sujet: Re: (terminé) It's a little bit funny || PV Stella ( le Lun 6 Jan 2020 - 4:00 )
Tolkien avait beau avoir placer les limites d’un style littéraire bien à lui (ce que j’étais capable d’admettre), j’avais toujours peiné à embarquer dans les histoires qu’il racontait. Certes, la myriade de détails que contenait ses ouvrages aidaient à visualiser l’histoire comme si elle en devenait un film devant nos propres yeux… mais l’écriture particulière faisait parfois à mes yeux surexcité trainé en longueur un ouvrage. Le résultat sucré-salé de son écriture faisait que je lui préférais sans l’ombre d’un doute un bon vieux roman policier (Agatha Christie ma chérie), un essai à la douce saveur politique (question de recharger les batteries de mon militantisme comme certains enchaînait cigare sur cigare).

Je me contentais de sourire plutôt que de me lancer dans un débat qui connaissant nos personnalités respectives aurait pu s’étaler bien plus longuement que la bataille du gouffre de Helm. Et j’entrepris de suivre les cheveux roux de mon étoile avec un doux sourire comprenant que notre destination pour la soirée serait chez elle. Ce qui était possiblement une bonne nouvelle : j’étais partie à la bourre (pour ne pas dévier de mes habitudes) et mon appartement avait probablement l’air de ce joli capharnaüm qui caractérisait déjà ma bagnole des années plutôt. Le principe de l’esprit intelligent corrélé à un bureau en désordre devait sans doute s’appliquer dans mon cas en particulier quand je devais soumettre les dernières pages de mon plus récent livre dans le courant du prochain mois. Mais mon esprit ne se laissa pas envahir et se contenta de savourer le rire léger de Stella. La correction me fit à mon tour éclater de rire. J’avais de nouveau vingt ans et pas cette trentaine qui menaçait vilainement de se métamorphoser (non pas en une affreuse tique) mais en une bien plus cruelle quarantaine amenant avec elle des cadeaux auxquels je n’avais pas nécessairement envie de croire. Toujours riante, je répliquais doucement : « Tu n’as aucune idée du bien que cela me fait également que de te voir rire de cette manière. »

J’avais toujours été comme un sous-marin sans périscope – un don sans doute hérité de ma mère qui avait passé sa vie toute entière à se laisser bercer par la vie tout simplement. Je montais mon vélo sous mon épaule et la suivi devant un bâtiment que j’aurais presque cru plus lugubre en me fiant à sa description de l’endroit. Pourtant en poussant la porte de chez elle, je fus bluffé ayant pris un billet aller-simple vers des souvenirs que j’avais presque pu disparu. Les petites loupiottes multicolores, les étoiles multicolores, l’ensemble des affiches sur tous les murs, les costumes, le canapé-lit défait… C’était… parfait. Et parfaitement à l’image de la rouquine dans toute sa douce folie. C’était le genre de chose que je ne possédais plus comme souvenir. Parce qu’à vivre dans cet éternel moment présent, à être incapable (même si ma vie en dépendait) de ne pas perdre un millier d’objets par année… j’en avais oublié peut-être ses affiches et ses couleurs vives. « Oh ! Putain… C’est magnifique ! Tu as encore nos plus belles affiches… C’est… C’est comme un musée avec les plus beaux souvenirs. » déclairais-je en passant délicatement le bout de mes doigts sur une affiche comme si j’avais peur qu’elle ne s’effrite brusquement sous mon toucher. Je défis doucement mes bottes (celle en cuir épais réchappés de l’armée) avec un doux sourire. « Du thé serait parfait ma belle. » dis-je d’une voix douce en déposant mon manteau sur le petit porte-manteau et je m’assis doucement sur le matelas du canapé-lit les yeux brillant (mais pas nécessairement de joie) ne sachant pas trop où regarder. Et pour un rare moment, j’avais cette amère sensation de manque de cette vie de nomade qui m’avais longtemps défini. Je ne voulais pas amener cette triste morosité avec moi. Je voulais rester dans cette ambiance bon enfant qui avait caractérisé ce début de retrouvailles. J’essuyais discrètement du bout des doigts mes yeux humides. « C’est parfaitement à ton image… J’adore la douce folie. » déclarais-je après m’être éclaircit la voix. Nous nous étions aimé dans plus petit et plus encombré que ça. Mais c’était… une tonne de souvenirs d’une époque que je savais révolue. Sans savoir si ça s’appliquait pour nous deux : je n’étais pas du genre à me faire des illusions, la vie nous amènerait ou elle le ferait. « Tu sais si les autres s’en tirent bien ? » demandais-je doucement.



 
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Sujet: Re: (terminé) It's a little bit funny || PV Stella ( le Ven 10 Jan 2020 - 22:56 )
Stella savait que Poppy ne surenchérirait pas à son commentaire sur Tolkien. Le monde, elles l’avaient refait tant de fois que la rouquine commençait à connaître celle qui avait partagé ses draps. C’était probablement là toute la beauté et la complexité de leur lien : se connaître, mais avoir laissé la distance tout gâchée en quelque sorte. Si elle avait passé l’éponge le temps d’une journée, elle ne pouvait s’empêcher de garder un goût amer en repensant au silence radio instauré de force par celle qui lui faisait face. Il y avait tellement de choses à rattraper que Stella ne pouvait pas en tenir rigueur plus que cela à l’instant : c’est que la blonde lui avait manqué terriblement. Il était donc maintenant question de passer un bon moment en oubliant le passé et tous les squelettes dans le placard. Après tout, elles avaient aussi le droit d’être heureuses non ? Elle me méritait même, car il semblerait que même si leurs vies ont pris des chemins différents, elles aient souffert tout du long. Sur le monocycle, Stella ne tarde pas à reprendre ses remarques et à faire remarquer à Poppy qu’elle avait eu le meilleur des professeurs. Les mots qui suivirent la firent sourire un peu plus : comme quoi il suffisait de ne pas grande chose pour se dire que la vie n’était pas si terrible et que demain pouvait apporter de nouvelles surprises. La rousse n’avait au fond pas besoin de plus pour sortir la tête hors de l’eau de part sa nature joviale. Il lui arrivait de plonger, toujours rapidement, mais de se relever tout aussi vite. Une sorte de balance qui faisait tourner la tête de beaucoup quand elle passait du rire aux larmes, mais elle avait appris avec le temps que personne n’est parfait. Tout le monde à ses défauts.

En poussant la porte de son modeste studio, Stella attendait la réaction de son amie. Il faut dire qu’il y avait beaucoup de choses du cirque dans ce petit espace, juste les affaires qui avaient le plus de valeurs sentimentales pour la rousse. Elle laissa Poppy rentrer, tout détailler sans oser interrompre ses pensées. Sa réflexion la fit sourire :

“C’est ma façon de continuer à vivre dans ce monde si particulier… De me sentir chez moi entre ces quatre murs qui n’ont rien avoir avec la caravane.. Tu sais que je l’ai encore d’ailleurs ?” Elle était entreposée chez un ami, à l’abri des intempéries : “Un jour, je repartirais probablement sur la route avec. Que cela soit pour suivre un cirque ou non, mais… Je ne me vois pas éternellement rester sédentaire.”

Des mots prononcés alors qu’elle mit de l’eau dans la bouilloire avant de la mettre en route. Deux mugs posés sur le petit plan de travail, elle mit deux sachets de thé vert à l’intérieur. Stella tourna sa tête pour remarquer le geste de Poppy : est-ce qu’elle pleurait ? Elle ne préféra pas relever ce détail : si elle ne lui en parlait pas c’est que son ancienne amante ne souhaitait pas en parler et elle n’était pas le genre de femme à fourrer son nez dans des affaires qui ne la concernait pas.

“Je suis contente que tu aimes.” Elle croisa ses bras en prenant appui contre l’évier. “La plupart ont retrouvé un travail dans une vie civile morose. Roberto et Alfredo travaillent comme artisans pour une entreprise familiale. Pauline et Mathilda ont signé dans un autre cirque, mais ce dernier aussi rencontre des difficultés.” Elle réfléchit : “Esperenza…” Elle s’arrêta, avala sa salive avant de prendre une longue inspiration : “Aux dernières nouvelles, il s’est marié à une vieille greluche qui doit être aussi active au lit qu’une moule accrochée à son rocher.” Elle haussa les épaules : “On ne s’est pas parlé depuis des mois.” Stella se tourna pour remplir les mugs d’eau chaude avant de les prendre en main pour en tendre un à sa belle : “Et moi je travaille pour Vogue… Mais je pense que ça va bientôt changer, je ne me plais pas dans ce milieu trop... “ Elle fit une grimace. “Enfin tu vois quoi ? Ce n’est juste… Pas moi.” Elle s’installa près de Poppy : “Je pensais rejoindre un cirque tu sais ? Abandonner cette vie sédentaire et tout pour continuer la grande tradition du cirque, mais sans animaux.” Elle réfléchit en regardant le liquide fumant. “Je le ferais quand les lions et les tigresses ne seront plus là. Je n’ai pas le cœur à les abandonner.” Entourant la tasse de ses mains, elle leva son regard pour regarder Poppy : “Et toi alors, tu fais quoi maintenant à part faire un bon café ?”


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Sujet: Re: (terminé) It's a little bit funny || PV Stella ( le Mer 22 Jan 2020 - 4:27 )
La vie de cirque n’était pas une vie traditionnelle. La routine n’y avait pas le même sens que dans un grand nombre de métiers qui rimaient souvent avec la triste et morose trinité (métro-boulot-dodo). C’était une vie d’aventure où l’inattendu nous guettait nécessairement au bout du chemin. Pour moi, tornade malgré mes airs un peu plus calme, c’était la vie dont j’avais rêvé petite. Une vie d’artiste nomade qui se permettait d’explorer le monde. Tes collègues devenaient des parents et des amis : une belle grande famille dans laquelle tout le monde trouvait sa place.

Le retour à une vie « normale » était difficile. Il l’avait été pour moi. Certes, j’avais déserté parce que je n’étais plus capable d’avoir mal. J’avais fuit sans avoir la moindre idée de la direction dans laquelle je devais aller pour continuer d’avancer. J’avais fini comme un chat par retomber sur mes quatre pattes et retrouver un semblant d’équilibre dans un monde diablement imprévisible.

Ce qui ne m’empêchait pas de parfois regarder ma vieille Westfalia en me disant que maintenant que j’étais plus financièrement sécuritaire je pourrais chercher un vieux moteur d’origine pour tenter de la faire repartir un jour. Mais pas toute suite, pas avant que je ne sois certaine que si je reprenais la route je n’aurais plus besoin de m’arrêter pour reprendre mon souffle de la même manière que ce que j’avais fait la dernière fois. En contemplant les murs de l’appartement de Stella, je réalisais que j’étais à peu de choses près au même stade qu’elle : les lumières, les affiches et les costumes étaient son équivalent des peintures que je faisais à même les murs qui avaient été blanc au moment de mon achat. J’avais avancé sans réellement le faire, rajouté des miettes de folies dans un univers qui pouvait si souvent être morne quand on avait connu une vie dans des bagages qui ne nous attachait à rien d’autre que ce moment présent. Lorsqu’elle avoua qu’elle avait gardé sa caravane, j’éclatais d’un petit rire léger : « Je me doutais que tu l’avais conservé et je te comprends de vouloir repartir. La vie de sédentaire n’est pas la vie parfaite. Elle est surestimée par beaucoup. J’ai parfois l’impression d’être un petit oiseau pris en cage même si mon appartement aussi a des allures de fête à sa manière. » C’était plus discret : un curieux mélange de bibliothèque, galerie d’art et matériel de cirque. J’avais aussi conservé non pas des costumes mais mon matériel d’entrainement que je dépoussiérais régulièrement. L’unicycle n’était pas le seul témoin d’une vie que je savais au moins disparu pour un temps.

L’appartement faisait l’effet d’un voyage dans le temps et j’en profitais pour m’enquérir des gens qui avait connu cette vie. Ma famille d’adoption que le temps et les misères financières avaient su séparer en un certain sens. La tasse chaude entre mes mains, je murmurais quand même un « Merci! » lorsqu’elle me la tendit en écoutant attentivement. Et j’étais rassurée de voir qu’outre son père un bon nombre de cette famille s’en était bien tiré. Un sourire délicat illumina mon visage, rassurée. « Tout le monde a su tirer son épingle du jeu. Même si bon, Esperenza aurait sans doute pu faire mieux qu’une greluche aussi compétente qu’une moule… Et je ne t’imaginais point défendre le capitalisme sauvage chez Vogue c’est bien trop… conservateur pour toi! Et puis, je te verrais reprendre le cirque. » Et je me retiens de rajouter que je me verrais bien suivre parce que je savais qu’avec mes engagements c’était une promesse en l’air. Pour l’instant, ça m’était impossible de pouvoir me couper de mes racines. Je m’enquéris quand même des animaux avant de chercher comment répondre : « Ce sont ceux qui sont au Zoo? J’étais presque certaine de les avoir reconnus. »

Et la conversation dériva vers moi. J’accrochais mes yeux dans ceux de la rouquine. Avec un petit roulement d’épaule, j’optais pour la franchise qui m’était si caractéristique. « Je deviens étrangement comme ma mère quand je suis contrainte à la sédentarité, en plus lettrée. J’ai commencé à écrire une série de livre pour enfants et à les illustrer. J’ai un contrat de quinze albums dont la moitié sont parus maintenant sous un pseudonyme. La sédentarité me permet d’avoir accès aux soins médicaux, ce qui est un avantage… notable. J’aurais envie de reprendre aussi la route : de transformer le café en quelque chose d’itinérant comme c’était le cas avant que ma fidèle Westfalia rende l’âme. Mais pour l’instant… c’est un beau grand rêve. » dis-je avec un petit haussement d’épaule.



 
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Sujet: Re: (terminé) It's a little bit funny || PV Stella ( le Sam 25 Jan 2020 - 16:44 )
Cette vie, enfermée entre quatre murs qui ne peuvent pas bouger, n’était pas réellement faite pour Stella qui préférait largement être sur la route. Découvrir des paysages époustouflants, avoir le souffle couper en se mettant au bord d’une falaise, entendre et apprendre de nouveaux langages… Comme la vie de nomade lui manquait : avoir pour seules attaches des personnes qui sont toujours à vos côtés. Une famille choisit, chérit qui survit à tout, même au pire. Oui, le cirque n’était plus, mais leur lien avait subsisté malgré la tempête. Poppy avait fait partie de cet équipage et bien qu’elle ait quitté le navire avant que ce dernier ne sombre : la rouquine savait que les autres seraient heureux de la revoir s’il savait qu’elle était en ville. Encore fallait-il que la jeune femme accepte de renouer avec ce passé qu’elle avait fuit. Stella n’en parlerait pas aujourd’hui, peut-être une prochaine fois s’il y en avait une ou bien pas du tout. Elle était bien placée pour savoir qu’il ne fallait pas forcer les gens. En la regardant faire l’inventaire de son appartement, Stella ne pouvait pas s’empêcher de se demander si cette même envie de liberté titillait son ancienne amante ? Alors, elle fit un pas en avant et Poppy fit le reste du chemin.

“Jamais je ne m’en séparerais. Toute ça…” Elle regarda son logement : “C'est temporaire. Un jour, je repartirais sur la route. Et plus jamais je ne m’arrêterais.” Voilà son but ultime. Si elle avait quelqu’un dans sa vie : elle l’embarquerait. Être avec quelqu’un n’était pas une priorité. Loin de là. “Je m’échapperai de cette cage comme tu dis.”

Informant Poppy des faits et gestes de leur grande famille, elle termina de faire les thés avant d’en donner une tasse à son invité. S’installant à ses côtés sur le canapé-lit - rarement fermé - elle tentait de n’oublier personne. Tout le monde s’en sortait en partie, même si ce n’était pas facile tous les jours. Elle gardait le pire pour la fin, celui qui l’a poignardé dans le dos. Avalant longuement sa salive, elle serra un peu plus le mug :

“Pendant un moment, je me disais qu’il avait une raison, une idée derrière la tête, mais aujourd’hui je ne me fais plus d’illusion. Il est parti. Il nous a abandonné.” Et Stella l’avait clairement en travers de la gorge. “Je ne défends pas Vogue, c’est juste la seule compagnie qui a accepté de m’engager et je ne voulais pas finir à la rue, Poppy. Je n’avais pas le choix. Les créanciers sont sur mon dos.” Terminer en prison non plus ne la tentait pas, car elle ne pourrait plus voir ses animaux, ni pouvoir s’envoler dans les airs. “Je ne sais pas si la société d’aujourd’hui à toujours besoin de cirque. Quand tu vois tous les divertissements que tu peux avoir à portée de main : quelle est notre place ?” Oui, Stella s’était posée des questions déjà : “Les cirques modernes utilisent des technologies qui coûtent chers : si tu n’as pas de sous, tu es has-been donc ça ne marchera pas.” Elle prit plusieurs gorgées de son thé qui brûla son œsophage. Elle hocha la tête quand Poppy lui demanda concernant les tigresses, les lionnes et le lion. “Ils vont bien, ils sont gras comme des phoques, mais ils sont bien traités.” Elle y veillait.

Estimant qu’elle avait assez parlé d’elle, Stella posa des questions sur la vie de Poppy puisque cela faisait des années qu’elles ne s’étaient pas vu. Il était temps de savoir ce qu’avait fait la demoiselle à ses côtés. Elle ne perdit évidemment pas une seule miette de ce que lui disait son amie : bien trop avide de combler les blancs qui résidaient.

“Wow ! Félicitations !” Dit-elle avec un grand sourire : “Ca doit être épuisant, mais exaltant aussi. J’espère que tu as fait au moins un livre sur le cirque hm ?” Stella avait retrouvé son sourire. “Je comprends, puis au moins les docteurs connaissent ton dossier : j’y connais trop rien en médecine, mais il paraît que c’est une bonne chose. Devoir se répéter constamment doit être chiant à force.” Elle tombait rarement malade et quand c’était le cas : elle n’allait pas voir le médecin ou n’allait pas à l’hôpital. Stella redoutait le jour où elle devrait y aller. Elle libéra une de ses mains pour la poser sur son avant-bras : “S’il y a bien une personne qui peut y arriver, qui peut faire de ce rêve une réalité, c’est toi Poppy et tu le sais au fond de toi.” Elle lui sourit doucement : “Je n’ai jamais cessé de croire en toi et c’est encore le cas aujourd’hui.”


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Sujet: Re: (terminé) It's a little bit funny || PV Stella ( le )
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