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- Peux-tu peindre en mille couleurs l'air du vent? || PV Alvaro -

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Sujet: Peux-tu peindre en mille couleurs l'air du vent? || PV Alvaro ( le Mar 8 Oct 2019 - 23:12 )
Le satané sac à puce m’avait mis en retard. En même temps… c’était quoi cette idée, championne, de prendre l’adorable petite boule de poil de mon voisin pour le rentrer dans mon appartement. J’avais peur que s’il n’était pas là pour me rappeler pendant les deux semaines de voyage de son maître que sa gamelle était vide… j’oublierais comme une mémé atteinte d’Alzheimer que sa gamelle était vide. Ah mais je me connaissais. Trente-sept ans à vivre avec moi-même m’avait appris que j’étais ENTIÈREMENT incompétente pour me rappeler de truc comme ça. C’était pour cette raison que la seule plante dans mon appart était un cactus. C’était la seule plante que j’étais en mesure de ne pas assassiner en oubliant de l’arroser… Je n’avais pas prévu que le débile de chat s’en prenne à Pablo, mon cher cactus… Et le voyant s’étouffer à une heure du matin avec MON cactus, je m’étais retrouvé à paniquer.

Voilà une des raisons pour lesquelles j’étais fière de ne pas avoir d’enfant et de savoir que fort probablement je n’en aurais jamais. Ça fait que des conneries les animaux de compagnie comme les enfants. DIEU MERCI ! Le voyage en taxi vers la clinique m’avait mise de mauvais poil et la facture salée du vétérinaire (que j’allais trouver un moyen de refiler à mon voisin de palier… parce que je suis gentille… mais mon cactus avait quand même cinq ans et une taille raisonnable et qu’il est maintenant à foutre dans une poubelle en gueulant BASTA). Surtout que sa boule de poil allait survivre.


Mais l’escapade coûteuse avait également le don de me mettre dans le pétrin pour le restant de cette journée. En rentrant aux petites heures du matin avec le chat dans son transporteur (dans un deuxième taxi), je réalisais que j’allais devoir affronter le vernissage de ma mère, auquel j’étais son envoyée spéciale puisqu’elle n’avait pas pu se permettre de quitter New Delhi où elle exposait en même temps pour venir à ce deuxième lancement. Sur ce point, ma mère me ressemblait. Elle aimait son métier quitte à s’éparpiller dans mille et une directions. Petite, j’avais grandi baladée de galerie en musée et d’exposition en atelier d’art. Mais pour moi, ça n’avait jamais vraiment été un problème parce que ma mère me laissait courir et m’exprimer ce que des milieux plus conventionnel (comme l’école) n’avait jamais pu réussir à faire. Bref… Comme ma mère ne pouvait pas être là, je devrais être présente à quinze heures à la galerie pour m’assurer que tout soit placé comme ce que ma mère aurait souhaité… ce qui voulait donc dire que j’affronterais la journée avec une absence de course matinale, un nombre excessivement limité d’heure de sommeil et une liste d’information sur les prix et inspirations des différentes toiles interminables à apprendre. Et le par cœur n’ayant jamais été ma force… Ça serait sans doute intéressant.

Je rattrapais un petit trois heures de sommeil en vitesse sur mon canapé-lit, avant de filer à la douche et de procéder à une fouille archéologique de mon appartement (en désordre parce que l’on ne change pas les bonnes habitudes) pour tenter de repérer mais ou diable pouvait bien être rangée ma petite robe noire et ma seule paire de talons hauts. Ah oui… hors de question de m’y rendre en unicycle ou de porter des vêtements confortables pour mon plus grand malheur. Attachant mes cheveux en vitesse, je filais vers la galerie dans un sprint qui n’avait probablement pas la classe que je m’imaginais.

Néanmoins, en arrivant dans la galerie, j’avais la même impression que quand j’ouvrais dans mon appartement mon matériel pour la peinture à l’huile. Ce curieux mélange de nostalgie et de bonheur. Ma mère était partie vivre sa vie il y avait plus de vingt-et-un ans. En même temps que moi, j’avais ouvert mes ailes pour m’envoler dans le cirque. Ce n’était pas une grande venue mais c’était un endroit magnifique. Une petite échoppe à l’avant vieilli qui portait les marques de ses petites centaines d’années à être passé de mains en mains. L’intérieur contrastait avec ses murs blancs et son éclairage tout en détail qui ne donnait pas cette impression de surcharger la pièce pour la faire disparaitre. Les toiles prenaient toute l’espace qui leur était dédié. D’instinct, je pouvais reconnaitre les deux oeuvres (mais sept toiles) que ma mère greffait à ce collectif sur la thématique environnementale (autre preuve que la pomme ne tombait pas loin de l’arbre) : ces quatre petits tableaux aux couleurs vives représentant les éléments et ce tryptique d’un enfant dont le ballon en forme de planète s’envolait. Sa technique avait un peu évolué mais elle n’en restait pas moins reconnaissable pour moi.

Je me trouvais bientôt entouré des gens, un petit four dans une main et une coupe de champagne dans l’autre à me balader entre les toiles pour parfois glisser un mot à ceux qui s’intéressaient à l’œuvre de ma mère. Ce fut ainsi que j’atterris à côté d’un homme qui observait l’une des toiles avec un certain intérêt : « L’art est quelque chose qui peut être fascinant, n’est-ce pas ? Que des pigments que l’on mélange pour obtenir des histoires que l’on peut raconter. » dis-je avec un petit sourire.



 
Don't seek happiness
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