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- J'ai craqué, mais pas pour toi... -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Autour de Naples :: Autres quartiers
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Vango Ponti10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
Vango Ponti
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Sujet: Re: J'ai craqué, mais pas pour toi... ( le Lun 25 Nov 2019 - 21:19 )
Dans l’appartement situé au dernier étage, la nuit commence à tomber. Dans la rue, les candélabres orange tamisés se sont mis en marche, et le ciel s’alourdit de nuages sombres. Affalé de tout mon long dans le canapé brun, je passe un plaid molletonné autours de mes épaules. Je n’ai rarement froid, mais je pense que la douleur commence à puiser un peu dans mes réserves.

Pendant que je cherche une position un peu plus confortable, Laura met de l’eau à bouillir sur le feu, et cherche par-ci par là des épices, des fruits… Tendant le bras pour attraper mon téléphone posé sur la table -et oublié toute la journée-, je force un peu sur mon épaule et parviens à m’en emparer. Et me voilà parti pour mettre un fond musical plutôt chill. Pas besoin de dynamisme, ou je risque d’être bien énervé. Ce serait dommage.

Je m’allonge, les bras sur la tête, épuisé. Quelques minutes plus tard -qui sont passées si vite que j’ai eu l’impression d’avoir fermé les yeux 5 secondes- Gia revient avec un grand verre d’eau et un comprimé. Habituellement, j’aurais refusé d’avaler quoi que ce soit. On sait pas de quoi sont faites ces horribles pilules blanches, et je refuse de m’intoxiquer ! Mais là… j’ai vraiment trop mal, je l’avoue. Alors, c’est à contrecoeur que je décide de ne pas broncher et avale le comprimé ni une ni deux.

« Il n’est pas grognon ! C’est drôle que tu dises ça ! » S’étonne la Sicilienne en fronçant les sourcils. Je n’ai pas tout écouté, il a fallut que je me concentre sur le fait de me redresser pour boire, puis me rallonger sans risquer d’envoyer valser tous les coussins du canapé. Alors que je m’apprête à fermer les yeux de nouveau, quelque chose de très léger, avec quelques griffes, vient se nicher sur mon coude qui recouvre mes yeux.

Délicatement, je bouge mon bras et laisse glisser la petite chose vers ma main. « Hey, Paola ! » Dis-je avec enthousiasme. L’oiseau au plumage flamboyant se met à glousser, plumes ébouriffées. C’est un signe d’amour, quand les oiseaux s’enroulent de cette façon. Sur sa tête, ses plumes sont plus pastel, avec un bec court et très clair. Je la caresse doucement, puis la laisse s’envoler pour se dégourdir les ailes… et venir sur poser sur la tête de Laura. Qui discute toujours.

« C’est juste qu’il n’aime pas qu’on soit aux petits soins pour lui. Il a son espace vital un peu plus développé que le mien par exemple… » Elle se lève, et se dirige vers moi, qui comprend enfin de quoi elle parle. Alias, de moi. Je soupire, alors qu’elle vient déposer un baiser sur mon front. Je la repousse en me débattant, pas franchement convaincu que ce soit le bon moment pour s’attendrir à mon sujet. « Tu vois, là c’est trop près ! » Dit-elle en gloussant aussi fort que l’oiseau rosé. « Ahah, très drôle. Garde tes expériences pour toi tu veux ?! » Dis-je en me retournant pour attraper un coussin tombé à terre.

Enfin une position confortable, je vais pouvoir reposer un peu mes yeux. Juste une minute, et ensuite je reviens.

* * *

La jeune femme ajoute quelques morceaux de cannelle moulue, et baisse le feu pour laisser les arômes infuser sans brûler dans le vin blanc. Un vin chaud, quoi ce mieux pour apaiser les douleurs de l’esprit et du corps ? La mère de Laura lui faisait souvent cette préparation lorsqu’elle rentrait en Sicile en plein hiver, et que son angine -sa bête noire- revenait.

« Alors, vous vous connaissez comment avec Vango ? » Demande-t-elle à la nouvelle venue. Elle ne peut pas s’empêcher de trouver cette femme jolie, avec ses petits yeux en amande et ses pommettes naturellement rosées. Son air naturel, c’est tout à fait le style de Vango en plus. Mais Laura se rassure intérieurement en se répétant que s’il avait eu un coup de coeur pour une fille, il lui en aurait parlé… Enfin, c’est ce qu’elle espére.

D’ailleurs, en parlant de Vango… Il semblerait que le sommeil ait eu raison de lui… Il doit terriblement souffrir, d’après son teint blafard. « C’est un gentil garçon, tu sais. Parfois un peu rustre, mais il a un coeur en or. » Ajoute la Sicilienne aux yeux noirs alors qu’elle sort des verres à vin d’un placard. Pour le coup, lorsqu’il s’agit de trouver de quoi boire, Laura n’est pas perdue ! Elle verse délicatement sa préparation dans trois coupes, libérant les arômes fruités et épicés dans l’air. Cela ne met pas bien longtemps à faire arracher un petit mouvement de tête au jeune homme.

* * *

« Attendez-moi ! » Je me redresse, à demi réveillé. Des parfums enivrants viennent titiller mes narines. Vin chaud… Quelqu’un a dit vin chaud ? C’est tellement meilleur que tous les remèdes possibles du monde. Et mon amie le sait…

Je vais pour me lever quand… ma cheville. L’espace d’un instant, j’avais oublié que les deux femmes n’étaient pas en train de discuter autours d’un verre, dans mon salon, par hasard. Je saisis les béquilles que Gia me tend, avec une esquisse de sourire. Je suis gêné. Vraiment gêné de cette journée terrible. Mais maintenant que j’ai réussi à rentrer à bon port, et qu’un vin chaud m’attend dans un grand verre… je compte bien penser à autre chose !

Quelques pas plus tard, je me pose tant bien que mal sur une chaise entre Gia et Laura, et m’empare du verre brûlant. Au passage, je manque de me carboniser la langue alors que le breuvage entre en contact avec ma gorge. « Dieu merci, enfin un bon moment dans cette journée. »

En fond, la musique continue de jouer. Paola se promène à présent sur l’épaule de Gia, qui la regarde avec curiosité. « Attention Paola, elle fraternise avec l’ennemi numéro un. » Laura ricane, puis s’adresse à Gia avec un grand sourire. « Ne me dis pas que tu as… un chaaaat ! » Elle met une intonation effrayante sur ce dernier mot, j’en ai presque des frissons. Non, je plaisante, allez ça va… A les voir toutes les deux discuter on croirait qu’elles se connaissent depuis toujours.

Et ça, croyez-moi, c’est effrayant !


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Giacinta Faggio10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
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Sujet: Re: J'ai craqué, mais pas pour toi... ( le Ven 29 Nov 2019 - 18:42 )
Enfin, Giacinta avait livré le colis à bon port. Enfin un colis ça ne parle pas. Ca ne grogne pas non plus. Donc à choisir, elle aurait préféré livrer un vrai colis. Dans une boîte en carton et tout. Bon, pour le coup elle n’avait pas vraiment eu le choix. Et alors qu’elle s’apprêtait à se sauver, à rentrer chez elle pour déguster calmement un verre de vin et un plat de pâtes cacio e pepe du resto d’en dessous et bien… Elle se faisait inviter. Et se retrouvait sans pouvoir dire non au vu de la gentillesse qui émanait de Laura. Et de sa curiosité aussi. Une vieille amie ? Comment ça ? Vango était tellement peu causant que toute occasion d’en apprendre plus sur lui était bonne à prendre. Voilà comment elle se retrouvait chez le garde forestier, à tenter de lui donner des cachets. Que, surprise ! Il prenait sans trop de réticences pour une fois. Et à discuter avec la jolie brune. Celle ci lui assurait que ledit malade n’était pas du genre grognon. Ah bon ? Alors il ne se montrait pas sous son meilleur jour auprès de la florentine. Au contraire.

Curieuse de tout ce qui pouvait concerner son collègue, Gia écoutait toute information que pouvait lui fournir son amie. Un coeur en or… Ca, elle aurait pu s’en douter.

“De ce que j’ai pu apercevoir de lui, il me semble en effet être quelqu’un de gentil. Et de toute façon, les gens qui aiment les animaux ne peuvent qu’avoir un bon fond…”

L’odeur était délicieuse dans cette cuisine. Une odeur de vin chaud, épicé et délicat à la fois… Elle n’en avait pas bu depuis des lustres. Et cela lui faisait terriblement envie. Elle attends avec impatience son verre lorsqu’elle entends le malade en question et par réflexe se lève de se chaise pour lui tendre ses béquilles. Avec un sourire tout à fait gentil pour une fois, même pas moqueur. Au contraire. Elle se met autour de lui pour le sécuriser. Les médicaments qu’elle lui a donné contre la douleur sont forts et il pourrait perdre l’équilibre. Heureusement pour lui, ce n’est pas le cas et ils se retrouvent bientôt attablés tous les trois. Drôle de sensation de se retrouver là, comme trois amis qui partagent un verre alors qu’il y a quelques dizaines de minutes de cela, le forestier faisait tout pour l’éviter.

Même son oiseau semble radouci, alors qu’il vient se poser sur l’épaule de Gia qui le regarde avec un petit sourire attendri. Et, éclatant de rire à la remarque de Laura, elle réponds.

“Oui, j’ai un énorme chat récupéré à la SPA, Léonardo. Qui semble avoir bien compris que Vango a horreur des chats… D’ailleurs, même si le vin chaud est délicieux, je vais vous laisser. Il doit miauler à la mort dans la voiture le pauvre…”

Prenant son courage à deux mains pour quitter cette petite entrevue si plaisante, la florentine se lève et s’en va après avoir salué et remercié chaleureusement ses compagnons d’un soir. Elle rentre chez elle, le sourire aux lèvres et le coeur un peu plus léger. Et puis surtout, avec quelques infos supplémentaires sur Vango qui ne sont pas de refus. Notamment, qui est cette femme qu’elle a eu l’occasion de rencontrer.


* * *


La journée avait été longue. Et particulièrement pénible. Avec Vango arrêté, Gia ne pouvait absolument pas faire autrement que de côtoyer son collègue avec l’oeil qui frisait. Celui ci ne l’aidait pas un instant quand il s’agissait de charger des randonneurs dans la voiture pour les emmener et se contentait de regarder son postérieur. Rien que sa tête donnait à Gia des nausées. Heureusement, elle avait réussi à changer de sujet à chaque fois qu’il lui demandait son numéro de téléphone de telle sorte que pour le moment, elle se débrouillait pour qu’il n’ait aucun moyen de la contacter sorti de la caserne.

Alors qu’elle allait rentrer et s’affaler dans son canapé avec un plaisir non contenu, Vango revenait dans un coin de la tête de Gia et elle décidait de changer totalement de plans pour la soirée. Au lieu d’enfiler son bon vieux pyjama en pilou pilou, elle passait sous la douche. Et bien oui, même en étant féminine on ne sent pas forcément la rose en rentrant d’une journée à galoper dans les bois… Elle enfile une tenue bien plus féminine que son uniforme, osant même y ajouter une paire de bottines à talons, histoire de se sentir moins petite à côté du garde forestier.

Une fois prête, toujours naturelle et féminine, la florentine passe chercher des pizzas au restaurant d’en bas et prends sa voiture pour retourner dans la forêt. Sans Leonardo, une fois n’est pas coutume même si elle risquait d’avoir des problèmes avec ses voisins qui allaient l’entendre miauler toute la soirée… Ah oui. Prévenir ? Non, ça définitivement ce n’était pas dans ses attributions. Elle n’avait pas poussé sa réflexion jusque là, n’imaginant pas que Vango risquait de ne pas apprécier de la voir débarquer à l’improviste et qu’il risquait également de ne pas être seul chez lui…

Voilà comment elle se retrouvait à sonner à sa porte,  avec deux pizzas dans les mains.

“Bonsoir ! Livraison de Pizza à domicile !”

Lançait la brune en riant à sa blague et en s’invitant clairement chez Vango. Spontanément, elle avait rompu son espace vital en venant lui planter une bise sur la joue. Oups. Posant les pizzas sur la première table qu’elle trouvait, elle se tournait vers lui, un sourire taquin aux lèvres.

“J’apporte les pizzas et je viens t’apprendre à te servir de Netflix. Il est temps que l’ermite de la forêt puisse avoir accès à la civilisation… Accessoirement, j’ai aussi un stock de médicaments pour le cas où ta cheville te ferait souffrir.”
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Vango Ponti10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
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Sujet: Re: J'ai craqué, mais pas pour toi... ( le Sam 30 Nov 2019 - 22:24 )
De la pluie, encore et toujours, accompagnée d’un ciel gris, virant bien trop vite au noir en fin de journée. C’est ce que nous avons depuis plusieurs jours, et le soleil ne semble pas vouloir pointer le bout de son nez. Vous me direz que c’est le temps idéal lorsqu’on est arrêté… mais pour moi il n’y a aucune phrase qui puisse s’accorder quand « idéal » et « arrêté » se côtoient. Même grippé, rien ne m’empêche d’aller travailler d’habitude. Quiconque me connait un peu sait que la pire des choses qui puisse m’arriver, c’est l’ennui. Et quand on ne travaille pas -de force, je précise- on a tendance à rapidement tourner en rond. Surtout lorsque l’invalidation est physique.

Cinq jours. Le temps est si long, je peine à occuper mes dix doigts. Quelques amis sont venus me déposer une vieille console de jeux, et de quoi bouquiner… Mais moi qui suis adepte du sport, et des sorties en plein air, je commence à saturer un peu.

Il est d’autant plus compliqué de vivre avec un pied dans le plâtre quand on habite au quatrième étage sans ascenseur, dans un loft en duplex. On y pense pas, à tout ça, quand on décide de s’installer à un endroit. Aller aux toilettes ou prendre sa douche est un calvaire, quand il faut monter une vingtaine de marches à la force de ses bras…

Laura passe régulièrement me ramener quelques courses pour que je puisse au mimim m’alimenter. Je en suis pas à plaindre, je suis plutôt bien entouré. Le problème c’est surtout l’intellect. Je risque de me cramer les neurones à rester là à rien faire. Mes jambes s’engourdissent, et je mincis à vue d’oeil sans faire de sport. Heureusement, on m’a assuré qu’avec le plâtre ce serait assez court pour se rétablir.

Dix-neuf heures, je suis monté prendre une douche pour me rafraichir les idées, Paola perchée sur mon épaule jusqu’à ce que je rentre dans la douche. Au moins une qui est heureuse que je ne bouge pas de chez moi.

L’eau dégringole de l’ensemble de mon corps alors que j’attrape une serviette propre, tant bien que mal. Je vais essayer de commander quelque chose à manger, et j’appellerai des amis pour regarder le match de ce soir. En voilà, une idée ! Moi qui n’aime pas le foot… Vous sentez comme je désespère d’être ainsi enfermé ?

La sonnette de l’appartement retentit. Tiens, mais qui peut bien se pointer là sans appeler ? Remarquez, mon téléphone est sur la table basse, peut-être ai-je manqué un appel… Paola s’envole en poussant un cri strident, retrouvant sa grande cage pour s’y cacher.

Le hic, c’est qu’il faut que je m’habille, et que je descende, et tout ça dans un temps record ! Oh, ça risque d’être compliqué. J’attrape un jogging propre, noir, et un t-shirt blanc froissé qui sort tout juste de la machine à laver. Je commence à m’habituer à me contorsionner pour enfiler les pantalons. Je devrais me mettre au yoga, vous ne pensez pas ? Hum, bon, d’accord, je ne suis pas d’une grande souplesse, mais il parait que ça se travaille…

Me voilà donc parti à dévaler les marches de mon escalier à la vitesse… d’un canard boiteux. Bref, j’espère que ça en vaut la peine, parce que je donne toute ma vie. Je ne sais pas combien de temps il s’est écoulé depuis la première sonnette, mais je finis par enfin ouvrir la porte.

Une bien drôle de livreuse de pizza se trouve dans l’encadrement de la porte. Habituellement, ils sont plutôt très jeunes, un casque de scooter pourri dans la main, et un look qui pourrait ressembler au mien actuellement. Mais une livreuse de pizza en talons hauts… non, jamais vu. J’ignorais que la pizzeria du quartier faisait de la télépathie. A peine pensée, tout de suite arrivée. Pas besoin de commander, de la magie pure et dure !

« Tu as changé de métier ? C’est vrai que la forêt doit être rude sans le meilleur guide du monde. » Je demande à Gia juste avant qu’elle ne me contourne pour déposer un baiser sur ma joue, et rentrer dans l’appartement. « Non, mais je t’en prie, fais comme chez toi… » Dis-je un peu interloqué par ce qu’il est en train de se produire. Je rêve, ou ses lèvres ont touché ma joue ?

Elle dépose deux cartons de pizzas sur la table basse du salon, se retournant tout sourire vers moi en me parlant de Netflix. Ce même Netflix qui continue à diffuser sur ma télévision depuis que je suis monté me faire une beauté. Enfin, bien grand mot, une beauté… C’est à dire qu’à côté d’elle, je fais un peu tâche dans le paysage. Un long pull en laine caramel, encadre une silhouette longiligne, renforcée par ce jean foncé très ajusté… Une impression de très longues jambes me ferait légèrement douter de sa taille, si je ne la savais pas si petite d’ordinaire. Il semblerait qu’elle se soit maquillée également : ses cils sont allongés, recourbés… Elle a mis de l’ombre à paupière, sans hésiter, et quelque chose d’un peu brillant sur les lèvres.

Et moi… et bien je m’apprêtais à terminer ma série sur Netflix, habillé en… en pyjama, disons-le nous sérieusement. Avec un superbe plâtre en… en plâtre, voilà vous savez tout.

« Gia, sois raisonnable. Au point où j’en suis, je pense que c’est moi qui ai des choses à t’apprendre sur Netflix. » Je fais un léger signe de la tête à la jeune femme en lui désignant le programme qui continue à passer en fond. Je pense avoir saigné une bonne partie de la programmation de la chaîne… Il lui faudrait des nuits, des jours que dis-je, entiers pour me rattraper.

Je claque la porte d’un revers de main, puis la rejoins. Elle s’est assise tranquillement sur le canapé, ouvrant les boîtes en carton des pizzas. « Je ne sais pas trop comment tu as su, mais j’en mourrais d’envie ! » Dis-je avec un petit sourire en coin. Qu’on aille pas prendre ça pour un remerciement, tout de même… elle passe son temps à s’imposer, n’oublions pas !

« Je dois avoir des bières au frais, si tu as le courage de marcher jusque là. On oublie comme ça représente un effort fou, la marche ! » Dis-je un peu désespéré. Mais pour Gia et ses talons, rien ne semble impossible. Je suis jaloux, clairement. Actuellement je donnerais tout pour un petit tour dehors… Paola est revenue timidement s’installer sur mon épaule pendant que Gia se battait avec mon frigo. « Si j’avais des ailes, crois-moi que je serais bien plus à l’aise ! » Dis-je à l’oiseau rose en lui caressant le haut de la tête.

je décapsule les bières à l’aide du couteau suisse posé sur la table -cadeau d’un voisin, très pratique !- et lui en tend une avant de commencer à siroter le breuvage. Ça aussi, c’est plaisant. « Alors, rien d’autre à faire de ton vendredi soir que de venir assister un parfait inconnu ? Aussi charmant soit-il, au demeurant… » Je ne me suis pas du tout lancé des fleurs, hein. Pas du tout.


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Sujet: Re: J'ai craqué, mais pas pour toi... ( le Dim 1 Déc 2019 - 18:51 )
En cette soirée post- journée de merde, Gia avait eu une illumination. Alors qu’elle s’apprêtait à s’installer dans son canapé pour une soirée de repos bien mérité, elle avait décidé de rendre visite à Vango. Parfois, elle pensait à lui. Imaginait à quel point il devait tourner en rond dans son appartement et maudire à peu près tout ce qui devait se trouver sur son chemin. Du peu qu’elle avait pu voir de lui, elle avait ressenti cet attachement à la nature et ce besoin de faire de l’exercice. Bien souvent, il la semait quand il l’emmenait trouver des randonneurs. Il était en bien meilleure condition physique qu’elle, il n’y avait rien à nier de ce côté là. Alors, elle n’osait imaginer ce que ça pouvait être pour lui de tourner en rond toute la journée. Cela motivait sa décision d’y passer dans la soirée. Oui, originellement il n’était qu’un simple collègue de travail qu’elle croisait souvent. Mais ça, c’est Gia tout craché. Elle ne peut s’empêcher d’aider les autres. Même si ceux ci n’ont pas forcément envie d’être aidés d’ailleurs…

C’est la raison pour laquelle une fois apprêtée, maquillée et habillée et n'ayant pas oublié de manger son chocolat du calendrier de l'avent lorsqu’elle sonne à la porte de Vango, Giacinta n’est pas franchement sûre que son incrustation passe bien. En vérité, c’est la première fois qu’ils se voient hors cadre de travail et en soirée qui plus est. Elle espère qu’il n'interprète pas quelque chose qu’il n’y a pas lieu d'interpréter et ne se braquera pas. Quoi qu’il en soit, elle ne se démonte pas et sonne à la porte. Vango en jogging ? Elle ne peut retenir une tête surprise. Il est à mille lieues de ce à quoi il ressemble lorsqu’elle le croise au travail. Il n’est jamais particulièrement apprêté mais pas à ce point là. Là non plus elle ne se démonte pas, et entre après avoir déposé un baiser sur la joue du garde forestier. Et en entrant, elle réponds à son petit pique.

“Oh le problème ce n’est pas vraiment toi… Plutôt ton abruti de collègue vicieux qui passe son temps à détailler chaque centimètre de mon anatomie. Si il continue je te promet que lui aussi je vais le mettre en arrêt de travail…”

Oh oui. Cela ne saurait tarder d’ailleurs. La brune déteste ce genre d’hommes qui n’a pas ses yeux dans sa poche et ne se prive pas de regarder ce qu’il n’a pas le droit de regarder avec autant d’insistance. Et elle n’est pas connue pour se laisser faire. Il y a fort à parier que ce forestier là ne tarde pas à prendre une gifle bien méritée. Faisant comme chez elle, comme Vango venait de le souligner, la secouriste s’installait sur le canapé avec ses pizzas. Ne résistant pas à l’envie de faire une petite blague sur Netflix alors qu’elle voyait le site de streaming tourner en fond sur la télévision. Evidemment, le garde forestier réponds du tac au tac ce qui fait rire Gia.

“Parfait. Tu vas pouvoir me montrer ça ce soir. Tu vas même pouvoir étaler ta science nouvellement acquise. Attention tes chevilles vont enfler.”


Il en mourrait d’envie ? Eh bien. Il fallait croire que la brune avait été devin sur ce coup là. Replaçant ses cheveux d’un geste de la main, elle lui répondait avec toujours autant d’humour, un sourire en coin sur son visage.

“Il faut croire que je te connais mieux que tu ne le crois Aragorn.”

Pour le coup, c’est une des premières fois que Gia voit le garde forestier sourire ainsi et… ça la surprends. Et la ferait presque rougir. Bien vite lorsqu’il le lui demande pour effacer cette désagréable impression, elle se lève pour aller chercher les bières et les lui ramène.

“Ne t’habitue pas trop à ce que j’obéisse à tes ordres comme ça. C’est uniquement parce que tu es diminué !”

La brune s’installe à ses côtés, prenant une gorgée de bière et faisant une petite moue à la remarque de Vango.

“Alors, charmant… C’est pas forcément le terme que j’aurais utilisé. Et pour le coup, il  faut bien aider les plus démunis. La charité, tout ça…”

Une ombre passait sur son visage. Repenser à son célibat, au fait qu’elle n’ait rien de mieux à faire ce soir la ramenait à une période qu’elle préférerait clairement oublier. Pour cacher son trouble, elle fit un petit clin d’oeil afin d’appuyer sa blague, et réellement inquiète de sa réponse elle prenait des nouvelles.

“Blague à part. Comment tu vas ? Tu ne t’ennuies pas trop ? Tu ne souffres pas trop ?”

Gia tout craché encore une fois. Elle ne pouvait s’empêcher d’espérer que Vango aille bien. Qu’il n’ait pas trop de douleurs, que les journées ne soient pas trop longue. Etonnant pour un simple collègue de travail, non ? Elle ne se posait pas plus de questions à ce sujet. Se contentant d’être elle même. Tout en écoutant sa réponse, non dénuée d’un petit pique, la brune prenait une part de pizza. Désormais tournée vers le garde forestier. De loin, ils avaient plus l’air d’amis qui se chamaillent que de simples collègues de travail c’était certain.

Une moue moqueuse sur le visage, la florentine ne put s’empêcher de piquer et provoquer Vango encore un peu.

“Sinon c’est quoi ce look genre tout juste sorti de la machine à laver ? Je t’ai connu mieux que ça…”

Alors qu’elle s'apprêtait à taquiner encore et encore Vango, le bipeur de Gia se mettait à sonner. Sans attendre, elle se mettait sur ses jambes, se dirigeant vers son sac à main. Une inter ? En pleine nuit ? Étrange. Vraiment. Elle le consultait dans un mouvement presque compulsif, espérant ne pas avoir à partir.

“Ok. C’est un incendie. Pas pour moi.”

Le problème quand on est bordélique comme la florentine c’est qu’on fourre beaucoup de choses dans son sac à main et qu’on ne le range pas. Alors, quand on farfouille impulsivement dedans, on fait forcément tomber quelques petites choses… Elle aurait pu faire tomber un ticket de caisse ou une barrette pour les cheveux, quelque chose d’anodin. Mais non. Une esquisse sur un morceau de papier venait de tomber. Aux pieds du garde forestier. Ce qui expliquait pourquoi elle ne l’avait pas vue immédiatement sinon elle se serait précipitée pour la ramasser. Pour le moment, elle consultait son bipeur. Ce n’est qu’en revenant vers le canapé qu’elle s’apercevait de la feuille tombée au sol. Et qu’une ombre s’installait définitivement sur son visage. Changeant totalement son expression, pour passer de la jeune femme solaire et piquante à la Gia bien cachée tout au fond. Celle qui avait vécu des choses qu’elle ne voulait plus jamais revivre. Elle se rappelait de ce croquis… Un dessin d’un marché au pied du Duomo, avec les commerçants et leurs étals bien remplis, les touristes et leurs sourires ravis et les locaux qui regardaient tout cela d’un oeil soupçonneux. C’est la vue qu’elle avait depuis sa fenêtre, à Florence. Elle n’aurait pu dessiner autre chose puisqu’elle n’avait pas le droit de sortir. Immédiatement après avoir vu ce dessin, Gia se refermait sur elle même et prenait le croquis le fourrant tout au fond de son sac.
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Sujet: Re: J'ai craqué, mais pas pour toi... ( le Lun 2 Déc 2019 - 22:18 )
Première gorgée d’un épais breuvage, pétillant et parfumé. La bière, c’est un concept que j’ai bien saisi pendant mes années d’études, et probablement la décennie de mes vingt ans. Maintenant que je suis un peu plus vieux, je la déguste avec un peu plus d’attention, et prends le temps de la choisir pour ne pas prendre la première camelote qui vient. Je me saisis d’une part de pizza avant qu’elle ne devienne tiède, ravi de mettre quelque chose d’un peu plus élaboré dans mon estomac que les pâtes que je mange depuis mon accident.

J’ai d’abord eu l’appréhension de ne pas savoir quoi lui dire, mais je dois me faire à l’idée qu’avec la jeune femmes, les discussion sont sensées et naturelles.

Bon, j’aurais aimé qu’elle me dise que tout va bien, même si j’aurais été un peu jaloux… Mais voilà, à l’idée de la savoir seule dans les bois avec mon collègue Vincento… je ressens une forme de dégoût… comment dire ? Inexplicable. Enfin… si. Tout peut facilement s’expliquer quand on l’a déjà vu à l’oeuvre. Avec mes collègues et moi-même, aucun souci. C’est un bon garçon, celui sur qui on peut facilement compter. Quand j’ai besoin de partir plus tôt, il prend volontiers à sa charge mes dernières minutes de service. Si je suis dans la galère, il débarque en disant haut et fort qu’à deux c’est mieux. De manière générale, c’est plutôt un jeune homme discret qui ne fait pas de vagues.

Du coup, autant vous dire que la première fois que je l’ai vu à l’oeuvre avec les femmes, je suis tombé des nues. Ne vous méprenez pas en revanche ! Jamais il n’osera sortir une réplique plus haute qu’une autre. Jamais il ne dira à la femme convoitée -si on peut en parler ainsi- qu’elle est à son goût. Mais… Ce regard ! J’en ai presque la chair de poule alors que cette idée m’envahit les pensées. Comment est-il possible qu’un collègue, un camarade de travail aussi agréable que lui puisse mettre toutes les femmes qu’il croise mal à l’aise ? Et puis, plus le temps passe et moins il se cache de les dévorer des yeux. Il y a des jours où je me demande si sa frustration ne le fera pas en venir aux actes… non. Il vaut mieux penser à autre chose.

« Y’a pas trop de solutions avec lui, met-le mal à l’aise, il se calmera tout de suite ». Dis-je sûr de moi. Quoi de mieux que de contrer le mal par le mal ? Je n’ai jamais vu personne le remettre à sa place. C’est difficile de remettre dans les clous une personne qui n’a rien dit, croyez-moi…

Entre deux bouchées de pizza - même s'il ne m’en faut pas plus de trois pour avaler la part entière- je m’empare de la télécommande de la télévision. « Attends, il faut que je te montre ce que j’ai appris aujourd’hui tu vas voir… c’est dingue ! » Je fais semblant de mettre un peu de suspens, puis appuie sur le bouton off. « Tadaaaa, j’ai réussi à éteindre t’as vu ? » Je lui fais un grand sourire narquois, et en profite pour attraper mon téléphone pour le connecter à l’enceinte posée sur la table de basse. Un peu de musique d’ambiance ne fera aucun mal.

« Oups, ma cheville a enflé, je vais peut-être réussir à fendre le plâtre… Tu veux pas me flatter un coup pour voir sil je peux pas faire mieux ? » je reprends une part de pizza, l’air de rien.

Alors que je pense enfin à autre chose, elle me rappelle d’une pique bien placée -qui vient appuyer ce regard lourd de sens quand elle est entrée dans l’appartement- que je suis sapé comme… un sac. Un vieux sac, même. Les racailles du quartier n’oseraient même pas sortir comme ça vous imaginez ? Mais ça, je le savais déjà. « Oui bon, essaie de mettre un jean avec un pied de yéti, et on en reparle. Enfin promis, la prochaine fois je fais l’effort de mettre un pyjama rien que pour toi.» Je suis un peu écoeuré, j’avoue. Mais c’est confortable quand même. « Juste, la prochaine fois préviens-moi que tu passes ! »

En fond sonore, quelques sons du groupe MGMT défilent. L’ambiance est détendue, j’ai toujours aimé le style de ce groupe, mais ça ne me rajeunit pas malheureusement. La bonne nouvelle, c’est que dans cette pièce je ne suis pas le plus vieux. J’avoue que ça me fait du bien de me le rappeler !

Je continue à siroter ma bière tandis que quelque chose se met à biper dans le sac de Gia. Paola, mécontente, s’envole retrouver sa cage en vitesse. Les bruits inhabituels ne sont pas trop appréciés du Cacatoès rose. Après avoir retourné son sac, elle dégotte enfin la chose qui fat tout pour attirer son attention. Son biper, semblerait-il. C’est drôle, j’ignorais qu’elle pouvait être appelée la nuit en hiver dans son secteur… Mon regard se pose sur un morceau de papier qui s’envole et plane pour délicatement se poser au sol, à cinq centimètres de moi. Pas pour cette fois apparement.

Contrairement à la tartine de configure, le papier est tombé côté face. Un dessin crayonné. Quelque chose me dit que c’est une oeuvre personnelle… Le visage de Gia s’est figé puis vite que son sourire n’arrive quand elle arrive à la réserve. Cet endroit… qu’elle a dessiné… Il me parait familier. Un marché, des touristes… Bon, c’est vrai, tous les marchés se ressemblent un peu. Du coup je…

Oh, plus le temps d’essayer de deviner, parce qu’elle a arraché le morceau de papier d’un vif geste de la main. « Bah, non, mes devinettes ! » Je proteste avec une moue boudeuse. Mais elle ne semble pas en état de rire. Le papier termine au fond du sac, mélangé aux mille objets qui s’y trouvaient avant. Il est probablement inexploitable maintenant… Je croise mes doigts sur la poitrine, toujours avec cet air boudeur. « Moi qui m’ennuie tellement, j’avais enfin trouvé une distraction ! ».

On m’a déjà dit que je jouais bien la comédie. Des fois… Etrange ce revirement de situation. Serais-je tombé sur quelque chose qu’il ne fallait pas du tout voir ? J’ignorais que Gia dessinait… et bien en plus, il faut le dire. Une chose est sûre, c’est qu’elle a complètement oublié son masque de Madame qui sourit tout le temps. Et je vais être sincère avec vous, ça fait drôle. Enfin… bizarre, pas drôle. Vous m’avez compris ! « Tiens, Mamie, c’est bon pour c’que t’as. » Dis-je en lui tendant sa bière encore pleine qu’elle a abandonnée. Alors qu’elle tente de saisir ce que je tente de lui donner, je me ravise.

« Attends, je t’ai pas monté l’autre truc trop cool que j’ai appris aujourd’hui… » Et contre toute attente, je me mets à boire au goulot de la bouteille qui ne m’appartient pas. « Ça s’appelle partager avec son prochain. Ça va, t’es fière de mes progrès ou pas ? » Bon, sauf que là le partage est loin d’être équitable. Mais elle allait faire réchauffer sa bière avec ses conneries ! Avec ce petit air provocateur que je maîtrise à la perfection, je lui donne la bouteille presque vide, au bord de l’hilarité. « Bah, allez, fais pas la fine bouche, reste encore de la pizza en plus ! »

Elle s’est un peu détendue, et tant mieux. Chez moi, quand l’atmosphère se tend je peux difficilement m’éclipser. D’ailleurs, j’ai tendance à préférer faire des soirées chez les autres, ou dans des bars pour éviter qu’en cas de malaise, je sois coincé avec la personne. Alors que bon, des « je dois y aller, je dois sortir le chien » ça arrive bien plus souvent qu’on ose l’avouer.

Tout en partageant une dernière part de pizza avec mon invitée surprise, je pose mon regard sur la vitre du salon. De nombreuses gouttes d’eau perlent le long du carreau, et les sifflements du vent viennent se cogner contre la paroi lisse.

Qu’est-ce que je donnerais cher pour prendre un peu l’air. Juste sentir le vent frais sur mon visage, passant dans la barbe… le froid mordant faire rougir mes joues, geler mes doigts et le bout de mes oreilles. Un vrai temps d’hiver ! En plus, on m’a dit que dehors il faisait un temps terrible avec la tempête. J’aime beaucoup les tempêtes, ce sentiment qui nous rend si impuissants face à la grandeur de la nature…

J’ignore depuis combien de secondes j’ai décroché de la conversation avec Gia pour penser à la tempête, mais quand je reviens à mes esprits elle est redevenue taquine. Très bien, c’est le moment où jamais.

« Gia, il faut que tu me rendes un service. » Dis-je avec l’air sévère. Je lis dans son regard toute son interrogation. « C’est l’angoisse de ne pas sortir d’ici. » Je me redresse dans le canapé, lissant mon t-shirt pour ne pas qu’il remonte. « Emmène-moi dehors. » Je ne suis pas certain de lui avoir vraiment laissé le choix. C’est une situation d’urgence. Cinq jours se sont écoulés depuis que Laura et Gia m’ont déposées dans ce canapé. Cinq terribles jours où je compte les minutes avant de pouvoir sortir de nouveau.

« Après, c’est promis, tu auras le droit de dessiner ce que tu veux sur mon plâtre ! » J’ai repris mon air malicieux, un tantinet moqueur pour la piquer un peu. Elle en a bien abusé ces derniers temps, il ne faudrait pas qu’elle pense qu’elle est la seule à pouvoir en profiter.


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Sujet: Re: J'ai craqué, mais pas pour toi... ( le Jeu 5 Déc 2019 - 15:25 )
Foutu bipper Putain de foutu bipper. Il avait toujours le don de donner n’importe quand et souvent à un moment où il aurait été appréciable qu’il ne le fasse pas. Et cette fois ci en particulier. De tout le package du métier de secouriste, c’était probablement ce qui agaçait le plus Gia. Et de loin. Ce truc la faisait sursauter à chaque fois, et cette fois n’avait pas exception à la règle. Alors qu’elle discutait tranquillement avec Vango, elle avait fait un bond à cause du bruit, puis un deuxième bond pour s’extirper du canapé et aller éteindre cette saloperie. Oui, mais voilà, un sac de femme reste un sac de femme. Et la secouriste ne faisait pas exception à la règle. Ce qui signifie qu’il est et sera toujours rempli d’un bordel composé de souvenirs en tous genres, porte clefs hideux qui n’ont pas l’honneur d’être nommés dans leur fonction principale, paquets de gommes entamées ou non, barrettes pour les cheveux, mouchoirs en tissu, maquillage de secours… En bref, tout ces au cas où qui finissent par peser lourd. C’est au milieu de ces au cas où que la brune farfouillait, laissant échapper quelque chose que personne n’aurait jamai du voir. Un dessin. Le pire ? Elle ne s’en était perçue que quelques minutes plus tard, une fois le bipeur trouvé et éteint.

Mais son visage exprimait un désarroi certain quand à cette feuille, qui venait de s’échapper de son sac, ce traître. Autrefois, le dessin avait été une source de joie. Une source de bonheur même pour Giacinta. C'était l’objectif de sa vie. Son monde ne tournait qu’autour de ça, ambition d’artiste débordante dès le plus jeune âge. Sa chambre était remplie à craquer non pas de jouets comme la plupart des enfants mais de matériel servant à la pratique de cette passion. En résumé, au lieu de marcher sur un légo comme chez un humain miniature lambda, vous preniez le risque de marcher, au mieux sur un crayon de couleur ou un feutre, au pire sur une peinture pas forcément sèche, ou un tube de peinture non rebouché. Et cette passion l’avait poursuivie longtemps. Très longtemps. L’art chevillé au corps, Gia avait grandi en ne perdant pas de vue son objectif. Jusqu’à cette période sombre et compliquée, maelstrom parfait d’un syndrôme de stockholm, et de passion destructrice sur fond de mafia russe et d’agissements illégaux. Tout cela ne pouvait que mal se finir. Et ça avait été le cas. Aujourd’hui, cette vie là était bel et bien enterrée. Loin. Très loin. Plus rien ne devait la ramener au dessin et à ces souvenirs. Elle était Gia Faggio, secouriste et prête à donner sa vie pour les autres. Histoire de se soulager de sa propre culpabilité qui lui collait à la peau, comme une marée noire colle aux plumes des oiseaux. Alors ce dessin… Qui venait de tomber. Ca la ramenait trop loin. Pas dans un souvenir dans lequel elle voulait aller.

Sombre, Gia ramassait ce dessin et le fourrait tout au fond de ce traître de sac le plus loin possible, faisant absolument fi des protestations de Vango. Elle essayait péniblement de sortir de tout ce à quoi ce dessin la ramenait, perdant son masque de fille solaire et joyeuse, avec toujours le bon mot pour plaisanter. Le garde forestier semblait s’en apercevoir et lui tendait sa bière. Bonne idée. Qu’elle tentait de saisir alors qu’il en rajoutait une couche en sirotant une bonne moitié de celle ci. Dépitée par la disparition de ce qui pourrait potentiellement être un médicament miracle à son état de nostalgie, elle reprenait sa bouteille, presque vide désormais. Assorti d’une petite bourrade dans l’épaule du blessé, histoire de.

“Vango… T’abuses. Tout ça pour que je retourne en chercher et que tu te fasses servir, sale macho.”

Voilà. Mieux, beaucoup mieux. Repartir sur le mode de l’humour. Laisser la marée noire derrière soi. De toute façon, tout ça c’est derrière toi Gia.

‘Ok, j’essaie pacifiquement de dialoguer là avec toi et t’es totalement ailleurs…”

Alors que la secouriste discutait de choses et d’autres, et particulièrement de la blessure de son interlocuteur, à savoir si cela le faisait souffrir, si sa cheville avait gonflé sous le plâtre… Elle s’apercevait qu’il n’écoutait pas. Et n’entendait pas non plus. Il semblait absorbé par l’extérieur et après son aveu elle allait bientôt comprendre pourquoi. Il avait quelque chose à lui demander. Étrange. Finalement, elle comprenait mieux. Rester enfermé dans cet appartement pendant cinq longues journées sans pouvoir respirer l’air extérieur devait équivaloir à une forme de supplice pour quelqu’un qui aimait autant l’extérieur et qui y passait ses journées. Un petit sourire sur les lèvres, Gia s’apprêtait à accepter, bien sûr qu’elle allait le faire lorsque Vango remit cette histoire de dessin sur le tapis. Bien joué, très intelligent. Le visage de la brune se transformait immédiatement à cette mention, pour reprendre son penchant sombre et, avouons le, un poil torturé. D’une voix pleine de colère, et de peur qu’elle même ne se connaissait pas, elle lâchait une phrase, tout en se levant.

“Ne reparle plus jamais de ce que tu as vu et de dessin. Plus jamais.”

Evidemment, elle avait apporté sa bière avec elle, et, postée devant la fenêtre, elle la finissait cul sec tout en regardant la tempête au dehors. C’était joli ces grosses gouttes qui s’écrasaient sur la fenêtre, ces arbres qui se tordaient tous dans le même sens sous la force du vents. Oui, elle aimait les tempêtes. Selon elle, c’était une vraie définition de la puissance de la nature et de ce que celle ci pouvait provoquer si elle était en colère.

Après quelques instants de silence pesant, la femme malicieuse refaisait son apparition. Giacinta venait de lutter de toutes ses forces contre ses démons et elle avait gagné. Elle se tournait de nouveau vers le garde forestier, son éternel sourire taquin au coin des lèvres.

“Ok je t'emmène dehors. Mais certainement pas dans cette tenue…”

Après un regard circonspect sur son jogging et son tee-shirt froissé, la secouriste était  vraiment de retour, et elle avait laissé sa jumelle sombre au placard.


“Ton dressing, il est à l’étage ?”


A la suite de cette réponse affirmative, Gia faisait de nouveau comme chez elle et montait les escaliers, partant chercher sans l’ombre d’une gêne dans le vestiaire de son presque collègue. Un pull et un jean plus tard, elle descendait avec un grand sourire aux lèvres.

“Bon. Comme tu es largement diminué, je vais t’aider. Histoire qu’on ne parte d’ici dans trois heures et cinquantes minutes. Pas de protestations, je ne te laisse pas le choix !”

Oui, elle savait pertinemment qu’elle était en position de force. En profiter ? Non jamais. Ce n’était pas le genre de Giacinta. Pas du tout… Toujours sans aucune gêne, elle avançait vers Vango et lui lançait le pull pour qu’il l’enfile. Pour ça, pas besoin d’elle. Par contre pour le jean… Elle le laissait tout de même faire glisser le jogging, pas envie d’être accusée d’harcèlement sexuel et aidait juste celui ci à passer au niveau du plâtre. Moment délicat, ce fameux jean. De nouveau, elle l’aidait à passer le plâtre puis à se lever pour qu’il puisse le remonter et le boutonner. Le blessé du jour rassis dans son canapé, elle le regardait avec un sourire moqueur.

“Bien. Maintenant que tu ressembles à quelque chose on devrait pouvoir y aller.”

Après quelques manœuvres supplémentaires, et trempés jusqu’aux os, ils se retrouvaient dans la voiture. Emmitouflés pour résister à cette tempête qui n'avait pas l'air de faiblir, au contraire. Gia avait enfilé son long manteau caramel, assorti au reste de sa tenue et une épaisse écharpe.

En accord sur la destination qui serait le centre-ville. Seul moyen de trouver un peu d’animation un soir de tempête. Après quelques instants d’une conduite toujours aussi sportive, accentuée par la tempête et les rafales qui arrivaient à faire bouger le bulldozer qui lui servait de voiture, Gia se garait devant chez elle et sortait de son coffre de voiture… un fauteuil roulant. Qui lui servait pendant ses permanences de bénévoles et qui serait définitivement bien utile. Elle éclatait de rire devant la mine déconfite de Vango.

“Oui bah il pleut au cas où tu ne l’aurais pas remarqué. Le temps d’arriver dans le coeur du centre ville, on aura pris trois douches. Et puis… tu voulais sortir, tu assumes !”

Toujours aussi hilare, une fois le garde forestier chargé dans le fauteuil, Gia le poussait avec une jubilation absolument pas dissimulée. Finalement, cette soirée se révélait être une vraie partie de plaisir, bien plus que ce qu’elle aurait pu imaginer. Ne résistant pas à l’envie d’en rajouter une couche, elle se penchait vers lui.

“Alors, ça fait quoi d’avoir le nez dehors ? “

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Sujet: Re: J'ai craqué, mais pas pour toi... ( le Ven 6 Déc 2019 - 22:47 )
Les femmes, ce grand mystère de la création… Elles vous font de grands sourires, vous chahutent en espérant vous arracher un grognement… vous sermonnent au moindre mot de travers… Et d’un seul coup, sans rien y comprendre, vous la voyez se renfermer, en vouloir à la terre entière. Et vous vous retrouvez là, bras ballants, en essayant de comprendre à quelle sauce vous allez être mangé. C’est clairement ce qu’il est en train de se passer devant mes yeux.

Perplexe, je l’observe alors qu’elle se retourne vers moi, le visage froid et le regard incendiaire.
C’était pourtant bien parti à la base ! J’avais réussi à lui faire esquisser un sourire quand elle m’a traité de macho. C’était bien tenté, j’aurais presque pu avoir une autre bière sans même lever le petit doigt. Enfin, ça c’était avant le regard noir, et la voix tremblante de colère qui m’ordonne d’oublier le dessin, et ne plus jamais en faire mention. Le pire, c’est que j’ai rien dit de méchant !

C’est vrai que me proposer d’oublier, ça va me faire oublier. J’avais oublié, d’ailleurs. De quoi on parlait ? Un dessin ? Ah oui, ce dessin de foule que je devrais oublier. Ah, zut. Ça ne fonctionne pas. J’y mets pourtant beaucoup de bonne volonté.

La question est : qu’est-ce qui peut faire qu’un si petit bout de papier, insignifiant au demeurant, puisse avoir l’air d’un démon aux yeux d’une personne ? Je sais que l’être humain peut parfois être un peu torturé, mais on parle là d’un croquis sur un morceau de papier froissé, pas d’un parchemin égyptien. Ni de hiéroglyphes.

Bref, la demande était d’oublier. Je n’ai pas l’intention d’accentuer le malaise puisqu’encore une fois, je ne peux pas fuir d’ici… Déjà physiquement, je suis un peu limité. Et ensuite parce que, ça je ne l’oublie pas… je suis chez moi. Ça fait beaucoup de contraintes quand même, vous ne trouvez pas ?

Bientôt, elle vient se poster à la fenêtre, le regard à son tour perdu sur l’horizon. Plus les minutes passent –longues minutes de silence qui font du bien, vraiment !- plus le vent siffle fort. Les gouttes de pluie virevoltent avant de s’écraser contre les carreaux. Je ne peux m’empêcher de m’extasier devant la force des éléments de la nature… Imprévisibles, mettant tous les Napolitains dans l’embarras depuis des heures, voire des jours.

Imprévisible… comme Gia qui semble avoir repris ses esprits soudainement en se retournant l’air malicieux. Je ne sais pas quelle mouche l’a piquée, mais c’est comme si un démon venait de la quitter. C’est assez… foudroyant, sans mauvais jeu de mot.

« T’as pas bientôt fini de juger sur le physique comme ça ? » Cette fois c’est moi qui prends la mouche. C’est quand même pas croyable d’être focalisé à ce point sur une tenue vestimentaire. C’est pas comme si j’avais attendu de la visite, si ? « Non, mais je t’en prie, fouille. Je mets ma lingerie fine sous les draps, en bas à gauche. » J’ai parlé avec cynisme, mi exaspéré mi amusé qu’elle s’obstine à ce point. Une parfaite inconnue n’aura jamais été aussi insistante pour me déshabiller ! Record battu, deux fois en cinq jours. Mais je ne suis pas pudique, elle peut toujours essayer de m’intimider, parce que c’est moi qui gagne à ce jeu-là.

Je la laisse m’aider à enfiler le pied, pour éviter la guerre froide sur le reste de la soirée, puis dès qu’elle a daigné me laisser être un adulte de trente ans, je me lève et remonte le jean pour aller le boutonner. Il est lâche… j’ai tant maigris que ça, en cinq jours ?

Voyant que son oeil traine un peu, je prends l’air un peu boudeur -même si je l’avoue, je suis plus amusé qu’agacé par la situation. « Ça va je pue pas ? Non parce que bon je le sens venir que tu vas venir me mettre du déo à ce rythme là. » Je lève les yeux aux ciel puis me retourne pour remonter ma braguette, parce que c’est bon là, je vais pas la laisser se rincer l’oeil trop longtemps non plus. Elle m’a fait me changer, comme si j’étais un sac… je vais pas être docile en plus !

Après une dernière caresse à Paola, j’enfile un long caban noir, mets une basket sur mon pied valide, et attrape les clés du studio. Il me faut ensuite bien dix minutes pour descendre les quatre étages sans risquer de mourir en loupant une marche. Gia a beau donner de sa personne pour m’aider, clairement, si je tombe, elle ne pourra pas me rattraper. Pire, elle risque de tomber avec moi. Du coup, je préfère la rampe à son bras, me sentant un peu mieux soutenu -sans vouloir la vexer, vraiment…

Et enfin, vient le moment où je pousse la porte et une bourrasque de vent s’engouffre dans la cage d’escalier. Ce froid glacial, humide, qui vient m’ébouriffer les cheveux et me décrocher un frisson dans le corps entier. Je prends une longue inspiration, bien trop heureux de sentir de nouveau l’air frais et cette sensation de liberté. Mes yeux se baissent, je réalise que le sol est trempé, et que j’ai un pied en moins. Une balade, c’est un peu risqué… « C’est vraiment beau. » Dis-je en observant les nuages tournoyer à une folle vitesse dans le ciel. Le vent est si puissant qu’ils disparaissent quand vous regardez ailleurs.

Nous montons dans la voiture de la jeune femme, bien que je ne sois pas très enchanté par le fait de prendre la route… avec elle. En temps normal j’aurais insisté pour prendre le métro, de peur de mourir. Je n’ai pas trop le choix, dans mon état. Vous vous doutez bien que j’ai quand même peur de mourir… surtout avec le vent qui a décidé d’accentuer les trajectoires un peu saccadées de la conductrice, déjà pas très douce sur son volant.

Zen, il faut rester zen on a dit.

Nous arrivons au coeur de Naples, dans ce qu’on appelle le centre historique de la ville. Une fois l’engin arrêté -et donc la population bien plus en sécurité- je prends mon temps pour regagner la terre ferme. C’est fou ce qu’ils ont mal étudié les voitures, pour une personne à mobilité réduite… on y pense vraiment jamais !

« Que… Qu’est-ce que… Non, je monte pas dans ce truc. » Je viens de passer mon chemin à prier tous les Dieux alors que je n’y crois pas, c’est pas pour me faire conduire dans un fauteuil roulant… par le même chauffard. Merci, mais non merci ! « Je crois que je préfère être mouillé, d’ailleurs, t’as oublié de me mettre du déo en partant et je pue… » Dis-je sans coopérer alors qu’elle me pousse délicatement dans le fauteuil. Mon équilibre étant altéré par ma patte folle, je ne parviens pas à rester debout. Je remonte les bord de mon manteau pour me servir d’écharpe. « Honnêtement c’est bon j’ai vu la tempête on peut rentrer maintenant ! »

J’ai cette impression d’être un gamin dans la poussette, attaché avec la ceinture par sa mère pour ne pas fuir en cours de route. Sauf que j’ai trente piges, et qu’elle, elle pige rien justement ! Pitié, faites que le supplice s’arrête et vite !

Nous finissons par franchir la porte d’un pub. Je n’ai pas eu le temps de voir son nom, elle s’est engouffrée à la vitesse de la lumière dans l’intérieur chauffé. Si je m’en sors plutôt bien avec les cheveux courts mais humides, Gia ressemble plutôt à.. à rien, en fait. « C’était beau de me faire ton speech sur mon physique quand on voit le résultat. » Dis-je avec un faux air de dédain. Bah, quoi, au moins on est quittes.

L’endroit est un mélange de rustique, avec le mobilier en bois brut. Quelques morceaux de métal, et briques viennent se mêler aux boisages pour donner un effet loft plutôt moderne. Les allées sont grandes entre les tables, mais l’endroit est rempli à craquer. « C’est chaleureux dis-je ». Et je retire ma veste. Bah, oui, chaleureux, comme… il fait chaud ! Nous nous posons sur une table libre sur un côté de la salle. Je suis obligé de sortir de mon fauteuil-prison pour me hisser sur le tabouret haut et avoir accès à la petite table ronde.

Je ricane à la vue de Gia qui tente de réordonner ses cheveux bruns. Avec la pluie, ils sont encore plus ondulés que quand elle est arrivée toute à l’heure. Au moment où cette jolie serveuse blonde pointe le bout de son nez pour prendre commande, je ne laisse pas Gia en placer une, et commande deux Guinness. On est dans un pub, on on ne l’est pas pas. Tant pis si elle n’aime pas, ça m’en fera plus pour moi, je pense avec ce sourire en coin qui veut en dire long.

La jolie blonde ne tarde pas à revenir avec les deux pintes à la mousse épaisse, qu’elle dépose sans délicatesse devant nous. Façon pub, sans surprise. Je lui glisse un billet pour régler la note, puis lève mon verre vers Gia. « Je dirais bien santé mais… » Je cogne le verre de ma pinte contre le sien puis bois une longue gorgée de la bière brune, bien fraiche. « Finalement, je dirai buvez ! »


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Sujet: Re: J'ai craqué, mais pas pour toi... ( le Lun 9 Déc 2019 - 22:55 )
Cette soirée était spéciale. A mille lieues de ce que Gia aurait pu imaginer. Elle pensait aller manger une part de pizza avec l’ours mal léché, être sûre qu’il se porte bien malgré sa blessure et rentrer chez elle pour ne pas louper la deuxième partie de la soirée sur sa chaîne d’art préférée. Sauf que la soirée en question était en train de tourner totalement différemment. Après avoir déshabillé Vango, encore, pour le rhabiller non sans s’être rincé l’oeil, la secouriste était arrivée jusqu’en centre ville avec son patient très spécial. Elle ne comprenait que trop bien qu’il ne supporte plus l’enfermement, elle même ne l’aurait pas supporté bien longtemps. En attendant, le problème tenait à ses béquilles. La tempête avait fait son apparition en plus. Béquilles + vent + pluie et feuilles d’automne  semblaient être un combo un peu dangereux.

Alors un nouveau protagoniste avait fait son apparition dans leur soirée. Le fauteuil roulant… Giacinta avait éclaté de rire en voyant la tête de Vango. Elle l’aurait parié. Parié qu’il ne voudrait pas se faire promener ainsi.

“Puisque tu insistes… J’aurais peut-être mieux fait de te mettre du déo oui…”

Avec un petit clin d’oeil, la brune le poussait délicatement dans le fauteuil. Encore un prétexte pour le toucher au passage ? Nooon. Pas le genre de Gia. Et pour le coup, à l’idée de se faire pousser dans un fauteuil, le grognon ressortait. Ce qui la faisait de nouveau rire évidemment.

“Tiens… ça faisait longtemps que tu n’avais pas râlé. C’était étonnant aussi. Tais toi et profite de l’air frais. C’est ce que tu voulais non ?”


Hilare, elle continuait de le pousser, bien moins prudemment qu’elle ne poussait ses propres patients habituellement. Juste histoire de lui donner quelques sensations bien sûr. Elle savait très bien où elle l’emmenait. Un pub, à quelques rues e chez elle, dans lequel elle aimait aller passer la soirée. L’endroit était chaleureux et convivial, parfait endroit pour un verre entre collègues. Donnant de la voix pour se faire une place, elle se retrouvait assise à côté de Vango dans ledit endroit. Trempée bien évidemment. Elle passait sa main dans ses cheveux histoire de retrouver une apparence nette lorsque celui ci avait trouvé le moyen de faire le genre de réflexion qui rognait dans sa confiance en elle, elle qui n’en disposait pas de beaucoup. Elle avait pris cette phrase au premier degré et le regardait avec une petite moue.

“C’est vrai ? J’ai une tête horrible à ce point là ?”


Elle finissait par abandonner, songeant que toute façon ce n’était qu’un verre avec un vieux grognon avec lequel elle était obligée de travailler. Enfin ça c’était jusqu’à ce que la serveuse, un croisement entre Adriana Karembeu et Sienna Miller pointe le bout de son nez. Là pour le coup, Gia se sentait comme un rat mouillé. Par réflexe elle passait encore la main dans ses cheveux et essuyait le mascara qui avait un peu coulé mais rien à faire. Elle se sentait plus grenouille que princesse. Et le regard que jetait son collègue à la serveuse n’arrangeait absolument rien. Et réciproquement, celle ci semblait être tout aussi intéressée. Sans que la secouriste ne puisse dire quoi que ce soit, il commandait et la serveuse revenait aussitôt. Tiens c’est marrant, Giacinta n’avait jamais été servie aussi rapidement dans ce bar… Ne pouvant s’empêcher de jeter un regard mauvais à ladite blonde elle se tournait vers Vango et trinquait avec lui.

“Déjà, je remarque que quand on te donne de l’alcool tu arrêtes d’être grognon.”

Et nouvel échange de regard mauvais entre l’employée du pub et Gia, qui ne pouvait s’empêcher de la fusiller du regard. Elle la trouvait sacrément gonflée celle là. Un homme seul accompagné d’une femme dans un bar, ça pouvait porter à confusion. Elle aurait pu être n’importe qui.  Finalement, elle essaie de penser à autre chose et boit une gorgée de sa bière. Finissant tout de même par lâcher à Vango.

“Ahem… Je crois que tu as une sacrée touche là.”


Et de façon plus un moins perceptible, elle se rapprochait du garde forestier. Histoire de marquer un peu son territoire. Et de passer une soirée tranquille. Sans se sentir complexée par une jolie serveuse qui présentait de nombreux atouts. Enfin ça c’était sans compter sur ladite serveuse. Qui revenait demander si ils avaient besoin de quelque chose. Celle là elle avait vraiment envie d’attirer son attention. Ce qui avait tendance à énerver Gia encore un peu plus. D’un ton sec elle lui rétorquait, toujours en la fusillant du regard.

“Non. On a ce qu’il faut merci. Par contre je crois qu’il y a d’autres tables qui attendent.”

Et de nouveau, la brune se rapprochait encore un peu plus du garde forestier. Faut pas déconner non plus. De la jalousie ? Oh non pas du tout. Juste de la politesse… Sauf qu’elle préférait éviter les petites réflexions de Vango. Elle décidait alors de changer de sujet. Détourner la conversation plutôt. Parce qu’elle ne voulait pas qu’il s’imagine des choses qui n’avaient absolument pas lieu d’être.

“Du coup… Comment tu connais Laura ? Elle ne m’a pas raconté !”
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