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- J'ai craqué, mais pas pour toi... (Terminé) -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Autour de Naples :: Autres quartiers
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Vango Ponti10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
Vango Ponti
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Sujet: Re: J'ai craqué, mais pas pour toi... (Terminé) ( le Mar 17 Déc - 17:15 )
Si beaucoup de personnes manquent cruellement de confiance en eux, cela n’a jamais été mon cas. Je n’ai pas eu le malheur de connaître la moquerie, et le harcèlement que certains de mes amis ont connus à l’école. Mais j’ai pu voir Paola en souffrir, parce qu’elle était très en avance sur son âge… physiquement parlant. Folles de jalousie, les autres filles s’en prenaient à elle et sa poitrine qui se développait… puis ses boutons d’acné, et tous les désagrément d’une adolescence un peu rude. Voir la souffrance dans les yeux de mon amie, et son renfermement, impuissant...

Pourquoi impuissant ? Parce que quand on n’a jamais vécu en étant mis à l’écart, je crois qu’on peut difficilement se mettre à la place de quelqu’un et l’aider comme il se doit. Pour Paola, c’était ça. Muette comme une tombe, elle se renfermait, et souriait faussement en attendant que ça passe. Depuis, je me suis toujours juré de m’arrêter avant d’aller trop loin. La taquinerie ne doit pas devenir de la moquerie. Du moins, quand ça commence à atteindre personnellement quelqu’un, il faut dire stop.

Encore faut-il savoir quand c’est trop. Bien des gens l’ignorent. Moi aussi, parfois, et c’est pas faute de faire attention !

J’ai vu dans les yeux de Gia un mélange de sentiments si contradictoires que je suis soulagé. J’aurais préféré que cette serveuse soit affreuse, pour éviter ce malaise que ma collègue a ressenti. Je crois même que l’ensemble du bar l’a remarqué, puisque cette serveuse -aussi jolie soit-elle- l’a reproduit avec d’autres jeunes garçons dans l’assemblée une fois que Gia l’a contrainte à s’en aller.

De la surprise, de la gêne, et peut-être même une lueur d’espoir ont surgi dans les yeux de la petite brune qui me fait face. Je ne parle pas de ma bière, qui est vide, voyons faites un effort !

Ses joues n’ont pas perdu de leur couleur quand elle me remercie, avant de me proposer d’aller ailleurs. Après tout, pourquoi pas. Ne pas être traitée comme mon égale doit être terriblement agaçant. La blonde au bar continue de me jeter des regards intéressés, mais je fais mon possible pour ne pas les croiser.

Ou c’est une façon de se détourner d’un contact physique qui n’aurait pas eu lieu d’être en temps normal.

Nota bene. Qui a un souci avec le contact, finalement ?

J’ai laissé de quoi régler la serveuse directement sur la table, et me suis laissé guider sur le fauteuil roulant, pas forcément ravi de revenir à la réalité. Surtout pour prendre un énorme coup de vent aux gouttelettes glaciales en ouvrant la porte. « Ouh, la tempête a entendu ta colère Gia, calme-toi cette serveuse ne me suivra pas dehors ! » Enfin, je crois…

L’éclairage public s’est éteint avec la tempête. Il me faut quelques instants pour que mes yeux s’habituent à pénombre et puissent discerner les détails de la rue. Quand on reste enfermés avec la lumière artificielle pendant des jours, le noir complet n’existe plus.

Gia me ramène vers la voiture, me laissant découvrir les arbres qui jonchent le sol. Je n’avais pas réalisé la puissance du vent. Quelques troncs sont coups nets, d’autres arbres sont littéralement arrachés et tombés sur les véhicules malheureux qui se trouvaient en-dessous. A ce moment précis je suis heureux de ne pas avoir de voiture.

La réserve… subira toujours les dégâts des éléments qui se déchainent. Je ne suis pas inquiet cependant que je réponds à la jeune femme. « Les arbres les plus robustes résisteront. Les autres serviront à créer de nouveaux écosystèmes au sol. La nature a décidé, elle est bien plus forte que tout. On aura d’autres choses à préserver ! »

Il faut savoir relativiser, quand on préserve un endroit fantastique, classé, qui plus est. Des catastrophes naturelles, ça arrive tout le temps, et partout. Pour moi, ce qui est plus grave, c’est quand les catastrophes ne sont pas accidentelles, mais liées à un méfait de l’homme. Dans ce cas, et uniquement ce cas, vous pourrez me voir inquiet pour mon lieu de travail.

« Oh tu sais, je préfère avoir froid que rester seul à la maison. » J’ai tout de même remonté le col de mon manteau, et rentré mes mains dans les poches. Sait-on jamais. Quel chaos, les rues sont pleines de voitures abandonnées par des personnes qui ne savaient plus quoi en faire. Les gens se sont réfugiés dans les bars voisins, cherchant un peu tranquillité et de chaleur. Nous arrivons enfin à la voiture de Gia qui n’a pas bougé d’un millimètre. Au moins, voilà un point positif, nous allons pouvoir rentrer.

Ah, non ?

Vango, ne me dis pas que tu aurais accepté de monter dans sa voiture, et de rouler avec elle par ce temps ? Réflexion faite, c’est pas une si mauvaise idée de rester ici. Déjà qu’en temps normal, ça secoue un peu… « On va devoir dormir dans ce bar ? » Dis-je avec le regard malicieux. « Je connais une personne qui serait ravie de nous offrir le gîte ! Même le couvert ! Et peut-être même le… » Je suis coupé par un regard noir, si sombre que j’ai pu l’apercevoir dans la pénombre.

« Suis-je bête, il fallait me le dire plus tôt que tu avais peu de la tempête ! Gia ! » Le moi théâtral n’a pas pu s’en empêcher. On dit à souvent que les italiens parlent avec leurs mains… et c’est vrai, d'accord ! Avec des grands gestes, je continue dans mon petit jeu. « Je fais un piètre oreiller, je te préviens ! » En vrai, je commence à me demander comment je vais faire pour rentrer à la maison avec tout ce bordel.

« On aurait pu continuer à picoler, en fait. J’espère que tu connais bien le quartier. » Parce que pas moi, en fait. J’y suis déjà passé plein de fois, mais je n’ai pas pour habitude de me promener ici.


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Giacinta Faggio10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
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Sujet: Re: J'ai craqué, mais pas pour toi... (Terminé) ( le Mar 17 Déc - 18:54 )
Les tempêtes, cette démonstration de la force de la nature. Depuis petite, Gia en avait une peur bleue des éclairs, des bourrasques de vent et des giboulées. Elle se cachait sous le lit pour en entendre le moins possible, jusqu’à ce que son père vienne la débusquer et la porte jusqu’au lit parental pour la coucher entre eux deux. Là, elle se sentait rassurée. Et même une fois qu’elle avait quitté le nid familial, elle continuait à se cacher sous les couvertures en attendant que cela passe. Cela lui était même arrivé d’anticiper les gros évènements climatiques à venir, histoire de ne pas sortir de chez elle. Oui, elle n’avait pas honte d’avouer qu’elle se mettait parfois en arrêt de travail pour ne pas avoir à affronter les bourrasques.

Et se prendre la tempête en pleine face en sortant du bar sans y être préparée n’arrangeait rien pour Gia. Elle allait encore une fois se montrer faible devant Vango, et lui dévoiler quelque chose sur elle. Décidément, ce soir, pour le côté femme mystérieuse elle repasserait. Un peu tremblante, elle sortait avec son handicapé du jour et se hâtait d’avancer pour échapper à cette terrible météo. Bavardant histoire de se changer les idées. Et voyant que Vango avait froid, elle n’hésitait pas à avancer encore un peu plus vite. Evidemment, elle sursautait au moindre coup de tonnerre. Tentant vainement de le cacher, histoire de ne pas donner du grain à moudre à son collègue. Même si elle le savait d’avance, elle se trouvait très mauvaise dans ce rôle.

Encore plus au moment où elle se rendait compte que la tempête risquait de les empêcher de faire quoi que ce soit. Impossible de conduire sous ce temps, elle ne prendrait pas le risque. Et si elle sursautait au moindre coup de tonnerre ? Ils risquaient l’accident à coup sûr. Et Vango était déjà bien assez amoché comme ça. Une patte folle ça suffisait amplement. Alors Giacinta informait le forestier de ce léger contre-temps. Evidemment, il insistait sur la serveuse et sans attendre, elle lui balançait un regard noir charbon. Pas de mots, il n’y en avait pas besoin dans cette situation. Un instant,la jeune femme se perdait dans ses pensées en se mordant la lèvre. Que faire à présent ? Retourner dans un bar ? Bof si c’était pour revivre la même situation que précédemment. La seule solution plausible semblait celle qui consistait à rentrer chez elle et attendre que la tempête se tasse. Même si c’était trop tôt, même si il allait encore découvrir des choses sur elle qu’elle préférait cacher et enterrer très loin. Tant pis. Elle avait pris sa décision. Elle se penchait vers Vango, se remettant à le pousser en direction de la porte de son immeuble qui se trouvait à une cinquantaine de mètres de là où ils se trouvaient.

“Bon. Bah je te ramène chez moi le temps que ça passe. Et ne va pas t’imaginer de choses salaces !”

Avant de se mettre en route en direction de son modeste logement, elle avait pris une seconde pour tendre ses béquilles à Vango histoire qu’il puisse au moins avancer. Heureusement elle avait un ascenseur. Elle laissait le fauteuil dans le cage d’escalier et aidait son collègue à avancer. Lentement. Très lentement.

“Mon dieu, les voisins vont penser que je fais dans l'humanitaire…”

C’était déjà le cas cela dit. Après quelques boitillements et six étages montés en un éclair, elle ouvrait la porte de chez elle. Une petite boule dans la gorge. Liée cette fois non pas à l’orage mais au fait de montrer une part d’elle même qu’elle préférait cacher. Son appartement était propre et rangé, sauf le coin où elle dessinait encore parfois quand elle ne parvenait pas à dormir. Là traînait un tableau qui représentait à la peinture à l’huile l’arbre devant sa fenêtre et le rouge-gorge qui venait lui rendre visite chaque matin, jusqu’à ce qu’elle lui donne quelques graines en essayant de le protéger de Leonardo.

Leonardo qui se jetait sur elle dès qu’il entendait le  bruit de la porte en se frottant à ses jambes. D’un geste de la main, elle l’éloignait pour ne pas qu’il puisse bousculer l’handicapé du jour. Handicapé qu’elle installait dans le canapé, le plus loin possible du poney qui lui servait de félidé. Elle lui lançait en farfouillant dans ses placards.

“Qu’est ce que tu veux boire ? J’ai de la bière mais pas de la brune…”

Et puis un instant de bug. A l’insu de Vango, elle posait ses yeux sur lui. Se remémorant son trouble précédemment ressenti lorsqu’elle avait senti sa peau au contact de la sienne. C’était vraiment très étrange qu’elle ait ressenti un trouble pareil. Au point d’en rougir violemment. Et maintenant voilà qu’il se retrouvait chez elle, là où personne n’était encore jamais allé. Cela n’arrangeait en rien ce trouble.  Alors elle se perdait quelques instants. Se mordillant la lèvre tout en le regardant. Et en se posant des questions sur tout ceci.

Finalement, elle revenait à elle et revenait vers Vango puisque bien entendu elle n’avait absolument pas écouté sa réponse, perdue dans ses pensées.

“Heum… Pardon ? J’ai pas entendu ce que tu as dit…”

Evidemment, il fallait que la tempête choisisse ce moment précis pour revenir en pleine forme alors qu’elle semblait s’être un peu calmée. Le coup de tonnerre qui retentissait dans l’appartement la faisait sursauter une nouvelle fois, un air apeuré sur le visage. Non, vraiment, elle avait horreur de ça. Et vu l’expression qu’elle arborait, personne ne pouvait s’y tromper. D’une petite voix, comparé à avant, elle lâchait, sans regarder Vango.

“Mon dieu… Quand est ce que ca va s’arrêter cette horreur.”

Leonardo lui, semblait bien plus à l’aise dans cet environnement que sa maîtresse. Il tournait et retournait autour du canapé dans l’espoir de pouvoir sauter sur le canapé et si possible, s’étaler sur le nouveau venu puisque Gia ne semblait pas disposée à s’occuper de lui. Voyant que cela lui était impossible au vu de l’expression de l’étranger, il revenait miauler à ses pieds, mécontent de se faire piquer sa place et surtout l’attention qui lui était d’ordinaire réservé.

La brune revenait vers Vango avec une bière pour lui, et un verre de vin pour elle. Finalement, elle allait le boire ce petit vin rouge de Toscane trouvé chez l’épicier du coin. Elle s’apprêtait à se mettre dans le fauteuil, histoire de ne pas être trop près de son collègue, et surtout d’éloigner le trouble qui lui était attaché mais le chat semblait décidé à ne pas la laisser s’en sortir aussi facilement et prenait sa place, la forçant à s’asseoir sur le canapé. Mal à l’aise, elle se mettait le plus loin possible de lui, un peu rougissante puisque même le plus éloigné possible, elle était toujours plus près que dans le bar.

“Ahem… Sinon heu tout va bien ?”
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Vango Ponti10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
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Sujet: Re: J'ai craqué, mais pas pour toi... (Terminé) ( le Mar 17 Déc - 22:04 )
Si j’ai clairement envie de continuer la soirée, il semblerait que du côté de Gia ce soit un peu différent. Dommage, on s’amusait bien pourtant !

Bien sûr que non, je ne vais pas m’imaginer des choses salaces. Pas mon style. Et je ne plaisante pas cette fois. De toute façon, a-t-on vraiment le choix ? C’est elle, ou c’est la serveuse un peu insistante. Et a choisir… je préfère ne pas me faire séquestrer par une espèce de tarée en manque… Je préfère me faire critiquer et traiter d’handicapé, c’est plus sûr.

Ah, très bon point cet ascenseur. « Ça va, y’en a qui vivent dans le luxe ici ! » Dis-je alors que les portes se referment derrière nous. Quand on est handicapté pendant 1 mois et demi, l'ascensseur c'est un luxe, que vous le vouliez ou non. Sixième étage, nickel, j’aurais vraiment pas eu le courage d’aller jusqu’en haut ! Non sans mal, je suis Gia dans le couloir qui mène à son appartement. A peine entrouvert, la porte laisse apparaitre son horrible bête poilue et griffue. « Oh, non… » Et dire que je passais une bonne soirée…

Mes yeux parcourent les lieux : l’appartement est plutôt grand, bien rangé. J’aurais imaginé Gia bien plus bordélique, à en juger sa conduite. Comme quoi, on se trompe assez facilement sur les gens quand on les voit conduire. Je me traine gentiment vers son canapé, esquivant le chat qui m’approche d’un peu trop près. Quelques secondes plus tard, me voilà confortablement installé, mains sur les genoux pour empêcher l’ignoble bestiole de venir se poser sur mes genoux. Il en meurt d’envie. Moi je meurs rien que d’y penser. Sale bête, comment on peut les aimer ?

« Un truc qui se boit, pas trop sage de préférence ! » Je réponds à sa première question. Je tourne la tête vers Gia qui fouille dans ses placards, à la recherche de je ne sais quoi. Et puis, plus rien. Plus un bruit. Enfin si, celui de son chat qui s’est pris pour une Harley en venant ronronner dans mon oreille. Ça me hérisse le poil rien que d’y penser. Je tourne les yeux vers la petite brune, et rencontre son regard… vide. Je l’ai perdue, clairement. Les quelques secondes où Gia s’est figée me semblent très longues. Lorsqu’elle reprend ses esprits, elle a le regard fuyard. Il va falloir m'expliquer, parce que je ne déchiffre pas tout là.

Je ne comprendrai jamais les femmes. D’un coup très taquines, elles deviennent tactiles… puis plus rien. Du vent. Comme celui qui souffle sur les fenêtres, tout pareil.

« N’importe quelle couleur ce sera parfait ! » Je ne suis pas compliqué. Blonde, brune… ambrée. Ah, vous n’aviez quand même pas cru que je parlais des femmes, si ? Ça s’applique aussi, cela dit.

Les sifflements du vent me ramènent à la réaité. Cette tempête... toujours aussi puissante. D’heure en heure elle parait plus impressionnante. J’ignore si le calme de la nuit lui donne plus de profondeur, et elle rend terrifiante… ou si c’est juste mon imaginaire. En tout cas, pour certains elle est plus terrifiante que pour d’autres. Si je me trouve un peu mal à l’aise dans cet environnement -parce que je suis coincé ici, et que je pourrais facilement devenir claustrophobe-, Gia ne semble pas dans son assiette.

Son verre de vin dans une main, elle me tend un verre de bière bien rempli. Si Laura savait que je mélange les cachets et l’alcool, elle me tuerait. La bonne nouvelle, c’est que comme elle l’est pas là, je suis sauf.

Elle tente se s’assoir en face de moi, sur le fauteuil molletonné… mais le chat en a décidé autrement. Dans tous les cas, plus il est loin de moi, mieux je me porte. Peut-être que je pourrais devenir allergique aux chats, à force de persévérer. Il parait que le mental ça fait beaucoup. Des gens se soignent au mental, d’autres tombent malade sur commande. Pourquoi pas devenir allergique aux chat en un claquement de doigts ? Oh, je me sens pas bien là…

C’est donc sur son canapé, pendant que son chat s’est lové dans le fauteuil, que Gia se rabat. Je tend ma bière vers elle pour trinquer, mais réalise qu’elle n’est pas tout à fait d’une humeur joyeuse. « Je devrais te retourner la question, on dirait que tu viens de voir un fantôme. » Je hausse un sourcil, perplexe.

Après que nos verres se soient entrechoqués, je porte la bière à mes lèvres, Les bulles des deux précédentes Guiness m’ont bien détendu. Je serais probablement devenu fou si j’avais appris, sobre, que j’allais devoir rester enfermé chez l’inconnue qui me traite de grognon. Bien qu’elle ne soit plus si inconnue, et que j’ai apprécié passer la soirée en sa compagnie.... Elle est très différente de la vie de tous les jours, quand j’y pense.

Je lève les yeux vers elle, réalisant que ses joues se sont empourprées. Je m’apprête à lui poser une question quand… Le bruit du tonnerre retentit. Il ne se passe pas plus de trois secondes entre le grondement et le moment où cet éclair zèbre dans le ciel, avec une intensité lumineuse ahurissante. Je sursaute, tournant la tête pour observer le spectacle la nature.

Un grésillement, puis plus rien. Les lumières s’éteignent, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. Il fallait s’y attendre avec des arbres qui tombent dans la rue. La prochaine étape c’était donc un poteau électrique.

Curieux, je m’appuie sur mes béquilles pour aller observer par la fenêtre. « On dirait que Naples toute entière est plongée dans la pénombre. » Dis-je d’un air penseur. Gia n’a pas prononcé un mot. « Gia ? T’as été foudroyée ou quoi ? » Je fais mine de sentir l’air à l’intérieur de l’appartement. « Bah non, ça sent pas le cramé. Gia ? »

Cette fois, ma perplexité atteint son paroxysme. Toujours aidé de mes bâtons fluo, je retourne dans la direction qui me semble être la bonne pour aller vers le canapé où elle doit se trouver. Après m’être cogné le coude dans quelque chose -le fauteuil du chat je crois- et avoir juré tout ce que j’ai pu en Sicilien, je finis par trouver à l’aveuglette le canapé.

A tâtons, je pose ma main sur ce qui semble être le bras de la jeune femme, la sentant trembler de tout son corps.

« Oh ! Giacinta... Ça va ? » Dis-je en m’asseyant délicatement à ses côtés. Je n'ai presque jamais prononcé son prénom en entier, par flemme, clairement... Mais il me semble que c'est opportun.

L’obscurité totale ne m’aide pas du tout à deviner ce qu’il se trame. Comme ça je dirais qu’elle a froid. Pourtant, le chauffage vient de se couper.

« Bon, puisqu’on a pas la télé, on va jouer à un jeu. Tu vas voir c’est facile. Je dis un mot, et tu me dis à quoi ça te fait penser et ainsi de suite » Je pose mon dos contre le dossier du canapé, et recule mes fesses pour me sentir bien doit. « Par exemple heu… » Ah, j’ai un bon exemple très parlant ! « Tu me dis chat, je te réponds ? » Gros blanc, elle ne m’aide pas des masses. « Démon, voyons ! C’était facile. »

Nouvel éclair qui serpente à toute vitesse dans la ciel. Cette fois, je suis assez proche de la jeune femme pour la sentir sursauter et hoqueter de terreur. C’est donc ça… délicatement, je cherche sa main pour venir la serrer dans la mienne. J’ai déjà consolé des enfants qui avaient peur de l’orage, mais des adultes, jamais ! J’ai toujours pensé que la peur du tonnerre, des éclairs, c’était un truc de petits minois… vous savez, quand on a pas assez de savoir pour faire travailler sa raison.

Vous me direz : une peur, ça ne se contrôle pas. Comme moi avec ce fichu chat. D’ailleurs, vous trouvez pas qu’il est un peu trop proche de moi sur ce fauteuil ?

« Bon, à toi ! Si je te dis blonde tu me réponds quoi ? » Comment ça, je force ? Moi ? Jamais ! Je suis le mec le plus subtile de tous les temps.


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Sujet: Re: J'ai craqué, mais pas pour toi... (Terminé) ( le Jeu 19 Déc - 22:38 )
En sortant pour aller retrouver Vango ce soir là, Giacinta n’aurait jamais imaginé que sa soirée puisse prendre un tel tournant. Elle était définitivement passée sous le signe du trouble. Oui, le garde forestier la troublait. Définitivement. Si d’ordinaire, elle s’était seulement sentie parfois attirée physiquement par lui, son attitude de sauvage de la forêt l’avait toujours dissuadé de penser à quoi que ce soit d’autre. Cette soirée là faisait exception à la règle. Elle avait découvert un Vango bien plus attentionné que ce qu’elle imaginait, bien plus attentif aussi. Il avait ressenti son mal être par rapport à la serveuse et l’avait rassurée. Elle en était la première surprise. Et troublée de ce fait.

Depuis la cuisine, elle avait eu un instant d’arrêt en regardant son collègue, toutes ces réflexions tournant en boucle dans sa tête. Sachant cela, que devait elle faire ? Comment se comporter ? Quelle attitude adopter ? L’artiste était un peu perdue. Elle avait toujours connu une vie de bohème certes mais elle appréciait savoir où elle mettait les pieds. Elle avait jusqu’à l’incident toujours dirigé sa vie de cette façon. Et là, avancer à l’aveuglette l’angoissait clairement. Elle ne savait pas pourquoi le forestier avait eu ce geste envers elle. Et elle ne se voyait absolument pas lui poser la question.

Heureusement, elle finissait par revenir à elle et reprendre le cours de leur conversation… Enfin ça c’était jusqu’à ce que Leonardo prenne possession du fauteuil avec un air de propriétaire, la contraignant à s’asseoir sur le canapé. Beaucoup trop proche de Vango à son goût. Beaucoup trop. Elle essayait de parler d’autre chose, histoire de cacher de nouveau son trouble, qui était bien vite revenu. Visiblement, elle n’excellait pas dans ce rôle ci non plus, puisque Vango lui faisait remarquer qu’elle avait vu un fantôme au vu de la tête qu’elle tirait. Giacinta choisissait une autre approche cette fois, faisant semblant de ne pas comprendre.

“Eh bien je te remercie… Ça fait plaisir à entendre. Et je ne vois absolument pas de quoi tu parles.”

Finalement, elle parvient à reprendre ses esprits et même à trinquer avec son collègue. Bon, elle se persuade qu’il suffit qu’il oublie tout ceci, que ce n’était qu’un film ou une histoire que son cerveau avait monté de toutes pièces. Qu’il n’y avait pas de troubles à avoir et qu’en tous les cas, il fallait qu’elle travaille avec lui dans l’avenir. Ces réflexions fusaient dans sa tête quand l’électricité sautait d’un seul coup. Pour le coup, les joues de la jeune femme n’était plus rouges mais belles et bien palottes. Cette coupure couplée à la tempête n’augurait rien de bon.

Elle ne faisait même pas attention à Vango qui regardait ce qui se passait dans la rue et l’informait que Naples toute entière était plongée dans la pénombre. Elle entendait juste ces mots et murmurait.

“J’espère que ça ne durera pas trop longtemps…”

Même si elle savait d’ores et déjà que cela finirait par durer. Parce que toute la ville était plongée dans le noir et que la tempête s’intensifiait ce qui empêchait toute intervention. A part ce murmure, sa phobie reprenait le dessus et elle se recroquevillait sur elle même dans le canapé. Repliant ses genoux sous son menton. Cette fois, à la lumière des éclairs qui illuminaient tout son salon et de la foudre qui retentissait dans celui ci, elle n’entendait plus rien. Elle ne voyait même plus Vango qui lui, avait l’air de très bien gérer la situation et de ne pas trembler une seule seconde. Elle entendait vaguement une plaisanterie. Puis un jeu. Mais là elle était incapable de prononcer le moindre mot.

Son cerveau qui tournait à mille à l’heure était à présent incapable de se concentrer sur autre chose que cette fichue tempête et le fait qu’ils soient plongés dans le noir. Gia sortait un peu de sa torpeur alors qu’elle sentait la présence de son collègue très près d’elle et en sortait totalement alors qu’elle sentait sa main dans la sienne, et entendait sa voix. Il redevenait rassurant à présent. Comme il l’avait été dans le bar. Il avait un certain don pour réussir à la calmer puisque, doucement, sa respiration devenait de moins en moins difficile, et sa posture changeait pour redevenir presque normale. Elle osait même une plaisanterie, un sourire naissant au coin des lèvres.

“Est ce qu’au moins tu as peur de quelque chose dans ta vie ou est ce que tu es un Aragorn des temps modernes ?”


Malgré ce petit shot de sérénité, la brune n’en menait pas large. Elle serrait plus fort la main du forestier dans la sienne à chaque éclair et à chaque sommation de la foudre. Ce qui l’aidait à répondre à sa blague.

“Tu cherches Vango… Si tu me dis blonde je te réponds cette bombasse de serveuse…”

Il provoquait. C’était plus fort que lui. Mais là, elle était trop occupée à essayer de gérer son angoisse pour se préoccuper de sa petite provocation et de la répartie qu’elle allait pouvoir lui renvoyer. Ce qui était, d’ordinaire, rappelons le, son habitude.

Sans rien dire, histoire de ne pas se faire charrier, elle attirait Vango sur le canapé. Là elle avait besoin d’être encore un peu plus rassurée. Une fois assis à côté d’elle, elle lui demandait d’un ton tranchant, histoire de lui faire sentir que ce n’était pas le moment de se moquer d’elle.

“Ecoute Vango. Je vais me caler contre toi. Pas d’idées étranges, c’est juste que je déteste l’orage et… ça me rassure.”

Et sans lui laisser le temps de protester ou de se dégager, Gia posait sa tête contre son épaule. Sans lâcher sa main bien évidemment. Et rangement, il sentait bon. Bien plus qu’elle ne l’aurait imaginé. De toute façon, tout ce qu’elle pensait à son sujet était faux. Il était bien loin du cliché de l’ermite de la forêt. Elle ne pouvait pas vraiment le définir, mais elle savait qu’il n’en était pas un.

A présent blottie contre lui, Giacinta s’apaisait. Se calmait. Malgré la foudre et les éclairs incessants.

“Merci.”

Puis, histoire de provoquer à son tour, elle murmurait d’une toute petite voix.

“Pas de fausses idées hein ?”
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Sujet: Re: J'ai craqué, mais pas pour toi... (Terminé) ( le Dim 22 Déc - 11:37 )
Je vais être honnête avec vous, qui me lisez… j’ai été plutôt bon, sur le coup. Sans vouloir me vanter, bien sûr ! Mais quand une personne est terrorisée, la blague peut être la plus drôle du monde, la personne n’y est jamais très sensible. Or, il semblerait que la jeune femme ait tout de même été atteinte.

Moi non plus, je n’aime pas beaucoup être coincé loin de chez moi, sans électricité… sans chauffage aussi j’imagine, vu qu’il commence à faire froid. Mais l’orage en lui-même m’est plutôt indifférent. Petit, j’aimerais regarder les éclairs derrière la baie vitrée du salon, quand la mer se déchaînait sur mon île. Plusieurs fois, ma mère avait du se lever pour m’empêcher d’ouvrir la porte. Sur ma terre natale, les tempêtes n’étaient pas rares, et il arrivait parfois qu’une vague submerge le village. Mais les habitants étaient habitués. J’étais habitué.

« Tu me vois comme un robot ou… c’est comment ? » Je réponds à la brunette. Pour moi, un homme sans peurs n’est simplement pas un homme. Bien évidemment, qu’il m’arrive d’avoir la frousse. Je ne saurais pas faire une liste de toutes les choses qui m’angoissent, mais je pense qu’elle serait assez longue. A mon avis, l’une de mes peurs est dans cette pièce, bien trop proche de moi. Mais ça, je ne pourrai pas l’avouer à Gia. Elle risquerait d’y recourir pour me contrarier. « J’ai peur de l’ennui, par exemple. » Et c’est vrai ! Tourner en rond, ne pas savoir ce que je peux faire pour occuper mes dix doigts… Si j’étais né pendant la guerre, personne n’aurait eu besoin de me torturer… l’enfermement aurait eu raison de moi et m’aurait rendu fou.

Vous l’aurez remarqué, ce petit jeu que j’ai lancé pour occuper la tête de ma camarade du soir… c’est également pour m’occuper l’esprit. Comme je l’imaginais, le mot blonde déclenche le très attendu sous-entendu à propos de la jolie serveuse. Je préfère qu’elle soit désagréable à cause d’elle, plutôt que tremblante comme une feuille. Bombasse. Je trouve le mot un peu fort tout de même. Alors oui, c’était une très jolie femme, mais à ne pas exagérer, on était loin de Nathalie Portman ! Je ricane, réfléchissant rapidement à un mot pour continuer la série. « Pub. » Bah, oui, c’est pas très original, mais c’était la serveuse de ce pub, justement. Remarquez, elle aurait dit bière, j’aurais répondu pub également. Comment ça, je fais exprès de tourner autours du pot ? Sa colère contre cette femme est si intense qu’elle serait capable de me sortir un mot à son sujet juste après. Est-ce que c’est le but escompté ? Oui, tout à fait.

Mais… qu’est-ce qu’elle fait ? Est-ce qu’une âme charitable pourrait prendre le temps de m’expliquer, s’il vous plait ? Ses mains se glissent sur mes flancs et tentent de m’attirer vers elle. Je hausse les sourcils, incrédule. Heureusement, elle ne perd pas de temps à justifier son geste. Ça se confirme, elle a peur de l’orage. Bon, certes, mais suis-je vraiment la personne la plus rassurante qui soit ?

Sa tête se pose délicatement contre mon épaule. Je me sens mal à l’aise. Bien que la jeune femme sente bon, et soit de bonne compagnie, je n’ai pas pour habitude qu’on entre à ce point dans mon espace vital. Elle n’a pas lâché ma main, mais ça, j’y suis pour quelque chose. Son corps contre le mien… Je prends une longue inspiration, la plus discrète possible pour ne pas la vexer. Il ne faut pas oublier que je suis coincé chez elle. Si je ne veux pas finir la nuit seul sous l’orage, j’ai plutôt intérêt à ne pas faire de vagues. Sans mauvais jeu de mot.

Les éclairs continuent de serpenter dans le ciel charbonneux, mes yeux ne le quittent plus. Si Gia cherche de l’apaisement ainsi blottie contre moi, observer les éléments qui se déchaînent est ma source de sérénité en cet instant. Je finis par me rendre compte que de scruter le ciel m’a bien détendu..

« Pas de fausses idées, promis ! » Dis-je avec un sourire malicieux -qu’elle ne peut voir- au coin des lèvres. « Pas besoin de me faire des idées, je sais très bien que racontes à toutes tes copines que tu fantasmes sur l’ermite des bois. ». D’un réflexe plus qu’efficace, j’esquive sa seconde main qui tente de me frapper. Oui, bon, je l’aurais pas volée, mais ce qu’elle ignore, c’est que je suis plutôt formaté à me défendre. Je me saisis donc de sa main libre pour l’immobiliser, tenant toujours sa seconde main dans la mienne. « Bah alors, moustique, t’as un problème ? ».

Un éclair d’une intensité lumineuse plus importante que les autres choisit ce moment précis pour se montrer : l’occasion pour Gia d’apercevoir l’expression de mon visage, puisque je vois clairement la sienne. Je n’avais pas réalisé que nous étions si proches, sans la pénombre de l’appartement. « Tu vas te faire mal, ce serait un comble de devoir appeler les secours, hein ? » Un peu trop proches, oui. Je lui libère les mains, et me recule pour rependre une distance plus raisonnable. La jeune femme semble ne pas avoir bougé d’un millimètre.

« On t’a enfermée dehors un jour d’orage, pour que ça te traumatise à ce point ? » Je demande à la jeune femme, plus curieux que taquin.

Le silence s’est de nouveau installé, si on ne compte pas le bruit du tonnerre qui fait trembler les murs. Soupirant, résigné, je finis par me saisir du bras de Gia qui n’a toujours pas bougé. « Cesse de faire l’enfant. » Dis-je d’un ton ferme, mais étonnamment bienveillant. Oui bon, c'est moi qui dit ça... « Viens. » Elle ne bouge pas. Peur-être l’ai-je vexée ? Bon, ce serait possible. Ou alors la peur la tétanise ?

Je soupire, résigné. j’ouvre les bras, déposant mes mains sur ses hanches. Elle est vraiment très mince, en fait. Je ne serre pas le moins du monde, de peur de la casser, puis l’entraîne pour qu’elle vienne se blottir contre moi. Ses bras viennent fébrilement entourer le haut de mon corps, tandis que l’un de mes bras remonte pour aller entourer sa nuque, et mes doigts se glissent dans sa chevelure brune pour atteindre son épaule. La grande différence de taille entre elle et moi se fait sentir : mon menton, sans effort, est calé sur le haut de son crâne pour être plus confortable.

« Vous êtes beaucoup de filles à ne pas aimer l’orage. C’est petit physiologique peut-être. » Dis-je à moi-même, plutôt que pour elle. Lorsqu’un éclair se montre, je sens ses mains se crisper dans mon dos. « Oh ! Cat wooman, doucement les griffes ! ». Mes doigts se sont mis à jouer nerveusement avec les mèches de ses cheveux à proximité. Mon autre main, au centre de son dos, n’a pas bougé, la maintenant proche de moi.

Les minutes passent sous un silence inévitable. Elle ne semble pas avoir vraiment envie de discuter, je préfère ne pas insister. Pourvu que le courant revienne.

* * *

Ouille, c’est quoi ce rayon de lumière en plein dans la face ? J’ai oublié de fermer les volets ? J’ouvre difficilement les yeux. Mes bras et mes jambes sont endoloris, j’ai le cou noué. Je tente de m’étirer, mais quelque chose m’en empêche.

Je cligne plusieurs fois des yeux, réalisant que la lumière est allumée. en baissant le regard, je commence doucement à me remémorer l’endroit où je suis.

Gia.

Pris d’un élan de panique, je tente de me redresser, mais elle s’est blottie contre moi, la tête reposant sur mon biceps droit, roulée en boule le long de mon torse. Je retire délicatement le bras gauche passé autours de ses hanches pour tenter de m’extirper de là.

Pitié, dites-moi que j’ai pas fait de connerie. A en croire la chaleur qu'il fait, je suis clairement tout habillé, et elle aussi. Ouf. Je soupire, calmant les battements de mon coeur qui s’était un peu trop emballé. Ça aurait été un peu -beaucoup !!!!- compliqué…

Avec la plus grande délicatesse du monde -heu, ou pas- je parviens à me libérer de cette étreinte pour me lever. Ma vessie n’a pas aimé cet excès de bière.

Le jour est en train de se lever, timidement, sur Naples. Je prends une de mes béquilles pour m’appuyer, et éteint les lumières en suivant. Mes yeux ne se sont toujours pas habitués à tant de violence matinale. Maintenant, il faut trouver les toilettes.

Lors que j’en ressors, la jeune femme semble s’être réveillée. Son horrible bestiole se froote à mes jambes, j'essaie de me dégager en engageant la discussion avec ma camarade. « Je suis un kit IKEA ce matin… » lui dis-je avec une voix du matin plus grave que d’habitude. J’ai mal partout.


La nature se suffit.
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Giacinta Faggio10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
Giacinta Faggio
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Sujet: Re: J'ai craqué, mais pas pour toi... (Terminé) ( le Dim 22 Déc - 21:25 )
Cela devenait une habitude. Vango se payait sa tête et elle répondait avec tout autant de fougue. La situation inverse devenait tout autant une habitude. Il faut dire qu’elle n’y était pas allée de main mort avec ces surnoms : l’ermite de la forêt, Gandalf, Aragorn… Bien évidemment, elle ne le pensait pas. Sauf peut être pour Aragorn. Ce petit jeu s’était mis en place entre eux deux naturellement et même dans un moment plus calme comme celui ci, eux deux, seuls, chez elle. D’ailleurs en y pensant, elle s rendait compte à quel point le moment était bizarre. Et intime. Pour de simples collègues qui, jusque là ne s’étaient jamais croisés en dehors de ces petites vannes au travail. Etrange comme ils avaient appris à se connaître à cause de cette cheville cassée.

Et ce jeu reprenait puisque Vango en rajoutait une couche en inventant un nouveau jeu à base de mots et… en reparlant de cette fameuse serveuse. Bombasse, c’est le mot qu’elle évoque pour Giacinta. Parce que n’importe quel individu un tant soit peu attiré par les femmes ne pourrait détacher son regard de celle ci. Après ce mot, la brune est persuadée que le forestier va changer de sujet, parler de quelqu’un d’autre ou de quelque chose d’autre mais non. Visiblement, il continue et il ne peut s’en empêcher. Elle lève les yeux au ciel à la mention du mot pub. Avec un sourire sardonique, elle ne tarde à lui répondre.

“Drague ?”

Si il voulait persister dans ce thème précis, pas de soucis. Elle aussi pouvait le faire. Mais bien vite, son esprit était détourné par l’orage qui continuait à prendre de l’ampleur. La nature se faisait entendre de plus en plus fort et, inutile de le préciser, Gia se recroquevillait sur elle même à présent. Elle en venait même à faire quelque chose qu’elle n’aurait jamais imaginé, se serrer encore un peu plus contre son collègue. C’est dingue mais sa présence la rassurait. Pourtant, il n’avait rien de rassurant, il n’avait pas la carrure de l’homme protecteur. Son truc à lui c’était plutôt les vannes, la brune le savait bien mais à cet instant précis, sa main dans la sienne, elle se sentait rassurée. Apaisée. Immédiatement et afin d’éviter toute pensée étrange elle se justifiait. Pour elle ou pour lui ? Grande question. Puisque le trouble qu’elle avait ressenti à son contact était loin de s’effacer. Au contraire. Heureusement que le courant était coupé finalement. Ainsi personne ne pouvait voir ses joues cramoisies, et ce drôle de regard qu’elle arborait.

A force de fréquenter les gens, de les aider, l’artiste avait développé une certaine capacité d’analyse. En plus du fait qu’à la base, elle soit assez empathe et sache ressentir les émotions des autres. De fait, elle n’avait ignoré à aucun moment qu’en se rapprochant ainsi de Vango, elle l’avait mis mal à l’aise. A vrai dire, elle s’apprêtait à s’écarter. Histoire de ne pas en faire trop alors qu’il se mettait à répondre à sa justification. Elle ne le voyait pas sourire mais elle l’entendait dans sa voix. Et sa réponse ironique fut immédiate.

“Bien sûr. Qui fantasme sur Hagrid ?”

Et tout en déclamant ces paroles toujours très aimables, elle allait pour mettre une petite tape à son collègue, surprise lorsqu’elle sentait sa main emprisonnée dans la sienne. L’éclair passait juste à ce moment là pour qu’ils puissent se rendre compte qu’ils étaient un peu trop proches. Vraiment trop proches. Tellement que Gia en avait le souffle coupé. Qu’allait il se passer à présent ? Quelle était la suite de ce moment ? Elle s’était figée, telle une statue, en proie à des émotions contradictoires. Elle était à la fois gênée, à la fois dans une espèce d’attente et à la fois… prise dans d’autres sentiments qu’elle préférait ne pas identifier.

Heureusement, elle n’avait pas le temps de s’appesantir d’avantage que Vango la relâchait. Là, elle se sentait soulagée et presque déçue. Et puis elle avait froid aussi sans avoir l’ours collé à elle. Elle reprends ses esprits pour répondre à sa question, se décidant enfin à s’éloigner encore un peu histoire de reprendre une distance de sécurité. Celle ci lui semblait nécessaire à présent.

“Non. Enfin pas que je me souvienne. Mais j’ai toujours eu une peur terrible de l’orage. Inexpliquable.”

La distance de sécurité était acquise mais.. le tonnerre continuait de gronder. Une nouvelle fois, la brune tremblait. Elle serrait les dents, repliée sur elle même en priant tous les dieux possibles pour que cet orage passe, ou pour qu’un jour elle cesse d’être terrorisée par les manifestations de la nature. Elle était sortie de sa torpeur par les mots de Vango qu’elle ne comprenait pas bien. Jusqu’au moment où elle se sentait attirée contre lui. Sur lui. Faire l’enfant ? Pourquoi ? Là ça n’avait plus d’importance. Elle se sentait de nouveau apaisée. Et calme.

Gia sentait les bras de son collègue autour et même si cela était une situation étrange et tout à fait inédite, c’était particulièrement agréable. Même si elle se crispait de nouveau à chaque éclair. Sa tête sur la sienne, posée contre son torse, la secouriste plongeait dans un état semi comateux. C’était agréable quand ils ne parlaient pas finalement. Et bientôt elle finissait par s’endormir. Toujours contre lui.

Elle se réveillait quelques heures plus tard en sentant quelque chose sous elle bouger. Son lit ? Depuis quand il bougeait ? Ou le chat ? Est ce qu’elle se serait endormie sur Leonardo ? Elle ouvrait les yeux brusquement en entendant du bruit dans son appartement et en se rappelant ce qui s’était passé la veille. Mon dieu. Vango. Elle venait de passer sa nuit sur les genoux de Vango, collée contre lui. Malaise.

La secouriste se décidait enfin à regarder dans la pièce et ne le voyait pas. Moment de bref soulagement. Elle était de nouveau cramoisie, et le devint encore plus quand elle le vit arriver. Terriblement gênée. Elle se grattait la nuque en se rendant dans la cuisine pour y faire du café. Bien fort. Elle allait en avoir besoin.

“Ahem. Bonjour. Et heu… J’imagine oui. Moi aussi je crois. Tu veux du café ?”

Elle avait parlé très vite, signe évident de sa gêne. Déjà, elle commençait par calmer le fauve, lui donnant un bol de croquettes. Puis servait deux cafés, en donnant un à Vango dans le canapé, et s’installait dans le fauteuil en face sans laisser cette fois de possibilité à Leonardo de la mettre de nouveau beaucoup trop près de son collègue. Ensuite, elle se rendait compte que son ^pull, qui affichait un léger décolleté avait glissé dans la nuit pour afficher un décolleté désormais profond. Voir très profond puisque l’on pouvait y distinguer son soutien gorge noir. Encore plus rouge qu’avant si cela était possible, elle le remettait en place et se reconcentrait sur sa tasse de café.

“Bien je… heu.. Vais me changer et prendre une douche et je te ramène ? Je suis en repos alors pas pressée. Enfin de te ramener si. Enfin tu vois ce que je veux dois…”

Bon là elle s'enfonçait définitivement. Après un soupir, elle se levait pour passer à la salle de bains. Avant de fermer la porte, elle se tournait vers son collègue qui était désormais devenu un peu plus que ça.

“Si tu as besoin de quelque chose crie, je laisse la porte ouverte.”

De nouveau, elle virait au rouge tomate puisqu’elle se rendait compte du côté ambigu de sa phrase. Plus qu’à espérer qu’il ne l’avait pas saisi ainsi. En l’espace de quelques minutes, elle revenait, arborant désormais un jean plus clair, un pull tirant vers les tons rouges, histoire de s’assortir avec ses joues et une paire de baskets assorties. Beaucoup moins apprêtée que la veille.

“Voilà. Tu as besoin de quelque chose ou on y va ?”

Devant sa réponse négative, elle l’aidait à se mettre debout et, avec soulagement et un pincement au coeur à la fois, à regagner la voiture. Malgré les troncs qui jonchaient la route, et sa conduite digne d’une italienne, elle le déposait chez lui en un seul morceau. ou presque. Là, elle ne savait plus quoi dire. Au revoir ou à plus tard ou lui re-demander si il avait besoin de quelque chose ou de compagnie ? Bien qu’elle avait déjà assez passé de temps en sa compagnie. Finalement, elle se trouvait plantée là comme une cruche et elle se détestait de ne jamais savoir quoi dire en présence de Vango quand il s’agissait d’autre chose que de vannes.
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