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- [terminé] S.O.S. (Raoul/Wayland) -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Le Coeur de Naples :: Rues du centre
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Wayland CollinsLa jeunesse dorée et éclatante
Wayland Collins
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Sujet: Re: [terminé] S.O.S. (Raoul/Wayland) ( le Dim 5 Jan 2020 - 16:53 )
Tu te livres. Inconsciemment, même si tu sais ce que tu fais. Tu sais que tu crèves ce monceaux de silences qui se sont agglutinés depuis des années, ces injustices, ces remarques, ce besoin que…. Bon sang, que quelqu’un entende ton appel à l’aide. Juste une fois.
En parler avec un inconnu – même si Raoul ne l’est plus tout à fait, mais il n’est pas non plus impliqué dans ce monde qui est le tien – te fait plus de bien que tu ne le croyais. Même si tu es au bord des larmes, même si ton cœur pulse douloureusement à chaque mot débité d’une voix rageuse. Parce qu’une fois fait, tu te sens comme libéré d’un poids. Celui du mensonge, comme tu lui avais dit que c’était le Ruby qui t’envoyait ici, mais également celui de cette solitude pesante qui te dévore petit à petit. Qui t’empêche certaines nuits de respirer normalement et qui te retourne le cerveau.

La voiture s’arrête sans qu’il ait rien dit. Et c’est mille fois mieux ainsi : tu n’aurais pas su quoi lui répondre sans éclater en sanglots. C’est triste à dire mais ce soir, tu flanches. Toi qui as toujours été un roc, soudain, c’est comme si l’énergie qui te motivait a disparu, te laissant avec tes aigreurs et ta colère. Juste ça pour alimenter un corps blessé par les coups. T’es à bout, ce soir. A bout de tout. Tu ne veux plus de cette vie mais tu n’as pas le choix d’en commencer une autre. T’es en rage contre ce père qui ne l’est pas et qui pourtant dirige toute ta vie.
Ta main vient serrer la sienne quand il t’aide à sortir et t’amène vers l’entrée de son immeuble. Fort. Pour lui dire merci. Pour lui crier « ne m’abandonne pas ».
Il sera la dernier à le faire, tu en as la certitude sans trop savoir pourquoi. Mais c’est là, implanté en toi. Vous montez et pas un seul instant, cet homme qui n’est qu’un ami, une connaissance, ne te lâche. Pas un seul instant il ne rejette la faute sur toi. Et il n’attend rien en retour. Cette façon de faire, tu ne la connais pas et elle t’émerveille, te rend crédule : tu as envie d’y croire, de te dire que lui ne sera pas aussi pourri que tous les autres et que tu as encore une maigre chance de trouver un peu de normalité en ce bas monde.
Le canapé semble ta seule issue de secours et tu t’y laisses tomber un peu maladroitement : il va te falloir plus de temps cette fois-ci pour te remettre de ce passage à tabac…. Peut-être que tu vieillis, même si à 22 ans c’est assez ironique de dire cela, mais… Peut-être que dans ton monde, les dates de péremption sont bien plus courtes. Ça, ce n’est pas impossible du tout : tu morfles un peu trop souvent pour que tu sois capable d’encaisser sans broncher désormais. Tu as une résistance à la douleur, mais à force de fêlures, tu sens bien que ton corps se casse tout doucement. Avec un soupir tu appuies ta tête sur le dossier et renvoies sans le vouloir l’image du gosse perdu et à bout. Ce qui pousse sans doute Raoul à te réconforter encore une fois, en t’assurant qu’il va s’occuper de toi.
La suite, et bien…. C’est du Raoul tout craché. Cette volonté de t’aider, de surmonter tout cela, d’offrir bien plus qu’il n’a le droit d’offrir et d’y croire de toutes ses forces… Tu l’observes déambuler dans l’appartement comme un lion en cage, impatient de trouver une solution, et tu souris doucement, un peu tristement. Il est un peu fou, ce Raoul qui s’agite. Un peu naïf aussi. Et c’est touchant de le voir réagir ainsi pour toi, qui ne représentes pourtant rien à ses yeux, sinon peut-être une cause perdue.
Ses mots sur Alvaro te rassurent, mine de rien. Ils te consolident dans l’espoir – un peu fou – qu’il n’est effectivement pas ton père. T’es tellement paumé que tu ne sais plus quoi penser en réalité. Et Alvaro a soigneusement noyé le poisson depuis toujours, conduisant toutes tes réflexions dans une impasse décidée par lui-même.
Tes yeux accrochent son revolver et encore une fois…. Bon sang, mais ça fait tilt dans ton esprit. Tu savais qu’il allait faire cela, dans cet ordre précis, et de cette manière-là. Comme si tu l’avais vu faire des centaines de fois avant. C’est tellement perturbant que tu redresses la tête pour mieux l’observer : et si les questions envahissent ton esprit, elles se trahissent à peine sur ton visage pourtant. Mais…. Ce sont ses mains que tu vois dans tes souvenirs, ce revolver, le chargeur toujours rangé dans le tiroir du haut et….
Des souvenirs ? L’évidence soudain te saute aux yeux ! Et c’est si violent que tu en rougis subitement, comme choqué par ta propre découverte. Elle est loin l’illusion d’avant, cette fois-ci tu sais : c’est un souvenir. Que tu as vécu. Quelque chose que tu connais et….

Les paroles de Raoul se confrontent soudain à ce que tu viens de comprendre. Personne n’aiderait un gosse qu’il ne connait pas, surtout en lui filant du fric et en lui proposant de s’échapper d’une vie que d’autres ont conçu pour lui ! Tout cela…. Ne rime à rien.

Tu te redresses dans le canapé, les sourcils froncés, l’air un peu titubant mais tenant malgré tout le coup. Parce qu’une alarme intérieure vient de se mettre à sonner violemment dans ton esprit et que tu t’affoles…  
 
- Attends, tu…. Non mais….
Les mots mettent du temps à sortir, malhabiles, parce que cela semble beaucoup trop gros. Et pourtant…
- A quoi tu joues là ? Me filer du fric, comme ça ? Tu déconnes Raoul, tu…. Bordel mais…
Tu connais son arme. Tu connais ses gestes. Il veut t’aider. Les pièces du puzzle s’imbriquent, résonnant douloureusement en toi.
- Tu connais Navarro, c’est ça en fait…. Et c’est pour ça que tu veux m’aider, m’éloigner de lui. C’était trop beau évidemment, et moi j’suis trop con d’y croire. Mais…. Personne n’aide comme ça un type qu’il connait à peine et moi, j’commence à croire que je t’ai déjà vu avant. Tu…
Un ricanement mauvais t’échappe alors que tes illusions se brisent en toi.
- En fait, c’est Navarro le type dont tu veux te venger, c’est ça ? Tu bossais pour lui, c’est ça ? C’est lui qui a buté ta famille ?  


family

   
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Raoul de St AngeLe vin est un puissant lubrifiant social
Raoul de St Ange
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Sujet: Re: [terminé] S.O.S. (Raoul/Wayland) ( le Mar 7 Jan 2020 - 19:03 )

rage at the edge of the heart.
wayland & raoul
L'habitacle de ta voiture devient l'écrin des confessions de Wayland. Elles te secouent, même si tu te doutes de l'enfer qu'il vit tous les jours et ce depuis des années. Lorsque tu étais infiltré dans l'affaire du frère de Monsieur, tu as vu combien l'être humain pouvait être réduit à l'état animal et même pire, à l'état de merde. Une fois dans l'engrenage de cette horreur, il est difficile de s'en sortir. Wayland est jeune il y a peut être un espoir, mimine, mais il existe tu en es sur. Par contre même si le métis reprend une vie normale il y aura des blessures qui ne cicatriseront jamais émotionnellement. Parce que le gamin on lui fait payer une dette, tu en es certain. Elle est salée, tant bien il n'en viendra jamais à bout. Et ce qui ressort de toutes ses paroles c'est que son boss est un salopard, un de la pire espèce, tout comme celui que tu recherches. Les deux se complètent bien, de toute façon il faut être sans cœur et inhumain comme Monsieur pour travailler sous sa coupe. Tu es loin de t'imaginer que le salopard, donc parle Wayland, et Monsieur ne font qu'un. Loin de te douter que le gamin c'est ta dette qu'il paie. Celle que tu as signé involontairement quand tu as mis en taule son petit frère. Celle qui a augmenté quand celui ci a été tué comme un porc en prison. Parce que ce genre de mec on il mène la danse et on se plie à ses pieds. Ou c'est l'inverse et entre les murs d'une prison il n'est pas compliqué de trouver plus fort que soit. Ce qui lui est arrivé. Une merde de moins dans ce monde de brute. Mais quand tu y penses tu te demandes si cette arrestation valait bien la peine. Tu as payé le prix fort. Et quand tu comprendras, quand tu feras le lien. Tu trouveras la note encore plus salée. Mais pour le moment tu écoutes Wayland sans réellement comprendre pourquoi ton cœur est si touché par sa souffrance. Sans comprendre pourquoi tu as envie de le sortir de ce merdier. Avec lui tes instincts de père refont surface avec violence et cet état de fait te secouer sérieusement.

En attendant vous arrivez et tu l'aides à s'extraire de ta voiture. Tu sens bien que Wayland est au bord du gouffre. Les nerfs qui lâchent, il prend la dimension de ce qui c'est réellement passé. De ce qui aurait pu vraiment se passer si tu n'étais pas intervenu. Enfin il est à présent en sécurité et il prendra le temps qu'il faudra. Ta maison lui est ouverte. Tu ne manqueras pas de le lui rappeler une fois qu'il aura repris ses esprits. Là l'important est de le monter dans ton appartement et de t'occuper de lui. Tu le fais se poser sur ton canapé, Wayland semble si fragile. Encore une fois ton cœur se serre, tu te dis que tu dois l'aider. Qu'il n'est plus question qu'il vive ce qu'il vient de vivre juste pour avoir quelques billets. Alors tu proposes de lui filer du fric. De toute façon tu ne le dépenseras pas. Autant qu'il serve à apporter un peu de répit à ce gosse. Tu agis naturellement, comme si le métis faisait parti de ta vie depuis longtemps. Comme si ton comportement ne pouvait éveiller des réactions contradictoires. Tout ce que tu veux c'est lui filer un coup de main et tu ne veux rien en contre parti. Le savoir sain et sauf te suffira. Tu le rassures aussi sur son boss, qui n'a pas du tout l'essence d'un père. Tu sais de quoi tu parles, même si il y a longtemps que tu n'as pas tenu ce rôle. Mais là l'envie revient au galop. Tu veux prendre Wayland sous ton aile, quitte à griller des cartouches et à te mettre dans la merde. Rien n'est calculé, tout comme quand tu t'occupes de ton revolver. Comme quand tu lui demandes s'il préfère prendre une douche ou un bain. Après un tabassage pareille un peu d'eau chaude ne pourra que lui faire du bien. Tu es loin d'imaginer que tu alimentes d'un coup une réflexion des plus étranges dans la tête du métis. Mais tu vois le regard de Wayland changer. « Tout va bien ? » Tu restes perplexe et puis le gamin se redresse sur ton canapé, fronçant les sourcils. Quelle mouche l'a piqué ? Qu'est ce que tu as fais de travers ? Ou alors qu'à t-il vu qu'il le perturbe autant ? Tu regardes au alentour. Sur le coup tu es largué.

Et tu l'es encore plus lorsque ses premiers mots sortent. Tu sens bien que c'est compliqué. Qu'il y a comme un combat entre ce qu'il semble avoir réalisé et l'ambiance que tu donnais à cet instant. Tu le fixes. « Quoi ? Je te jure qu'il n'y a pas d'embrouille. » Tu sens la peur ou la colère. Non la peur et le colère. Du dégoût aussi. Mais où tu as merdé ? Tu restes planter face à lui déstabiliser par ce qui semble être un revers de situation. Il te parle de Navarro ?? Tu entends la déception dans ses paroles. Wayland y croyait et là tout semble s'écrouler. Et puis ce nom de Navarro qui revient. Et les mots qui suivent. Tu n'arrives pas à saisir. Tu es paumé, et le métis semble remonter. Dépité. Déçu et pire encore. « Attends je ne comprends rien Wayland. » Tu t'avances et cherche à la calmer. Mais tu fais gaffe car il est en position de défense et prêt à riposter « Tu as l'esprit embrouillé. Et tu penses à n'importe quoi. Je suis sincère avec toi. Rien à voir avec une vengeance. D'abord je ne connais pas ce Navarro. » Tu ne connais même pas le nom de famille de Monsieur. Tu pensais en chopant son frère avoir une identité, mais ils sont doués ces salopards et l'identité de Monsieur reste un mystère. Enfin dans le monde de la police. Tu te doutes qu'il doit laisser cet indice dans le flou même dans son monde, pour noyer le poisson. « Oui je veux me venger du mec qui a détruit ma famille. Parce que c'est tout ce qu'il mérite ce connard. Ma femme enceinte .. et mon gamin de cinq ans .. ont été brulés .. vifs. Logique que les foudres d'un père tombent sur la tête de l'assassin .. même si ça me prends des années .. » Tu baisses le regard, tu dois faire attention à ce que tu dis. Parce que tu veux préserver le gamin. Surtout vu sa réaction, tout est faussé dans son esprit. « J'ai toujours été du bon côté de la loi Wayland. C'est pour ça qu'on a assassiné ma famille. Mais cela n'a rien à voir avec ce que je fais pour toi. Je ne cherche pas à me servir de toi pour choper le connard. Tu ne le connais même pas ce mec. » Tu évites de dire Monsieur vu que tu sais que c'est juste sous cette identité qu'il se présente. Et tu ne veux pas mettre Wayland dans la merde, ou qu'il devienne ton point faible si vos rencontres remontent aux oreilles du connard. « Il se cache derrière ses pantins et tire les ficelles dans l'ombre. C'est tout ce qu'il sait faire. » Il est vrai qu'il y a un énorme trou dans tes recherches et c'est pour le combler que tu traines au Ruby, que tu joues avec le feu en titillant Red, que tu parles avec la barmaid Emma. Mais pas question de mettre Wayland dans cette équation. Il morfle assez. Tu t'assoies à ses côtés, gardant un peu de distance. Tu es abattu par ce qu'il vient de te balancer, par le fait qu'il pense que tu te sers de lui. Alors que tout est fait de bon cœur. « C'est quoi qui te fais réagir de la sorte ? Qu'est ce que j'ai fais qui te fait penser que je me sers de toi ? » Tu parles calmement, tu ne lui en veux pas. Logique qu'il se méfie. Les promesses ne doivent qu'être éphémères pour Wayland. Voir inexistante. « Je ne peux pas tout de dire gamin. Ta vie serait en danger si je te disais tout. Et je ne veux pas causer ta perte. J'ai perdu Maeva et Kewan c'est assez ... » Ces prénoms que tu n'avais pas prononcé jusqu'à présent il sorte dans un souffle alors que ton regard s'embrume de larmes. Tu soupires et tu prends ta tête entre tes mains. Tu ne comprends pas. Tu veux juste aider Wayland. Où est le mal ? Est ce que même cela tu n'y as pas droit ?
 
vmicorums.




Le gamin qui redonne le sourire.
Le gamin qui redonne l'envie de vivre.
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Wayland CollinsLa jeunesse dorée et éclatante
Wayland Collins
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Sujet: Re: [terminé] S.O.S. (Raoul/Wayland) ( le Lun 13 Jan 2020 - 22:53 )
T’aider, te filer du fric, te faire fuir, te protéger….
Raoul a l’impression d’avoir enfilé la cape de Superman, ou il a fumé quelque chose de tellement bon que tu veux la même chose, là tout de suite ? Parce que tu n’es personne, tu ne le répéteras jamais assez : leçon de vie mainte fois entendue, rabâchée, mélodie gravée dans ta caboche qui siffle sans cesse à tes oreilles de gamin perdu. Rien du tout. Un corps qu’on nourrit et qui en échange s’allonge pour quelques billets. Tes rébellions ? Vite écrasées par Alvaro. Tes besoins d’être reconnu comme un être humain ? Niés. Cette soif d’amour qui te faisait parfois délirer alors que ton palpitant inutilisé battant dans le vide ? Moquée. Rien.
R, comme cette rage qui bout en toi depuis ta tendre enfance, jamais canalisée, jamais éteinte.
I, comme l’ivresse que tu vas sans cesse chercher pour apaiser un peu ta tête malade.
E, comme l’enfer que tu vis chaque jour.
N. Comme le néant que tu illustres si bien, et dans lequel tu te perds un peu plus chaque jour.

Ils auront beau dire, essayer de te persuader et d’argumenter, voilà trop longtemps que tu n’existes qu’à travers le regard d’Alvaro – Dieu tout-puissant de ta misérable petite vie – pour que tu te convertisses à un autre évangile que le sien.
Et si encore, tu le connaissais depuis toujours, s’il était l’ami le plus cher et indéfectible de tous que tu aurais pu avoir…. Là, peut-être l’aurais-tu écouté sincèrement. Peut-être l’aurais-tu même cru, avec l’espoir du mendiant à qui on fait miroiter un trésor. Mais ce n’est pas le cas : il n’est qu’un homme rencontré au hasard, et aidé par charité d’âme. Une brave pomme qui avait besoin qu’on le sorte du merdier dans lequel elle avait plongé elle-même. Rien de fabuleux, il t’avait déjà remboursé au centuple cette dette-là en t’invitant chez lui et en t’offrant un repas comme si tu étais un invité de marque. Il en fallait peu pour le chat de gouttière que tu étais…
Mais de l’argent ? Beaucoup d’argent ? Te sortir de là ? T’aider à fuir ? Quelque chose clochait dans ce beau discours un peu trop rêveur – et peut-être un peu naïf, parce que quelque part en toi était gravé à l’encre de feu le message que jamais tu ne pourrais fuir Alvaro.

Alors tu te redresses, sur la défensive, et les idées se bousculent dans ton esprit : tu imagines le pire parce que c’est encore ce à quoi tu es le plus habitué. Et Raoul n’a-t-il pas déjà évoqué cette vengeance, suffisamment pour que tu fasses la relation dans ton esprit éreinté de fatigue ? Ce serait si logique…. T’aider pour l’enfoncer, lui. Connaissant Alvaro, il pouvait parfaitement être capable d’une telle ignominie, et ce ne serait que justice qu’un jour quelqu’un tente de lui faire payer tous les crimes qu’il avait commis. Alors, pourquoi pas Raoul ? Lui ou un autre, après tout….

Sauf qu’il s’insurge, se redresse à son tour comme frappé par la foudre à l’idée que tu le penses si matérialiste. Il réagit avec trop de sincérité face au nom d’Alvaro pour que tu ne comprennes pas qu’il ne ment pas : tu connais le mensonge, tu sais le débusquer parce qu’on t’en sert à longueur de temps. Au Ruby, entre les draps, dans la rue, dans les bars, dans les sourires et les regards. Mensonges, mensonges, mensonges.
Mais pas là. Pas dans ce regard outré qu’il pose sur toi comme si tu avais perdu la tête. Le premier regard sincère d’une longue soirée passée à te débattre avec le peu de moyens que tu avais, comme toujours. Raoul est ton premier signe d’apaisement ce soir, et…. Ton cœur de gamin accepte de le croire. Il ne connaît pas Alvaro. Et il veut vraiment te donner ce fric.

Tout le discours sur le salaud qui lui a enlevé sa famille te passe un peu au-dessus de la tête en cet instant, parce que tu es bien trop préoccupé à scruter ses gestes, comprendre ses émotions. Mais tu les gardes en mémoire, tu les ressortiras pour les analyser plus tard. Là, ton esprit et ton corps accusent le coup, tu n’as pas la force de vraiment comprendre ce qui se trame en cet instant, dans ses mots et sa douleur.

Une douleur si vive, encore à fleur de peau. Depuis combien de temps son gosse et sa femme sont-ils morts ? Un jour ? Une heure ? Bon sang, tu as l’impression qu’il a encore leur sang sur ses mains pour les pleurer avec autant de force aujourd’hui encore. Et c’est un Raoul épuisé – lui aussi – qui s’effondre sur le canapé, loin de toi. Il prend ses distances, il se sent…. Trahi ? La flèche qui te touche en plein cœur est étrange, elle a un goût amer : tu n’aimes pas le voir ainsi. Tu détestes même cet instant où il penche la tête pour la cacher entre ses mains tremblantes.

Cet homme-là est à bout, et tu as porté le coup de grâce. Juste par tes présomptions, tes peurs et tes incompréhensions. Et ce pouvoir-là, que tu ignorais posséder, te rend soudain humble face à sa défaite. Tu poses un regard nouveau sur lui… empli d’une empathie dont tu ne te croyais plus capable.
Et si, quelque part en toi, le prénom de Kewan ouvre des portes chaotiques et soulève des interrogations désespérées, tu fais taire la cacophonie de tes émotions pour te rapprocher de Raoul, lentement. Comme on approche un fauve blessé. Ton bras se tend, tu poses ta main sur son épaule avec la délicatesse de la pute qui sait reconnaître les vrais sentiments des faux. Tu n’es qu’un être abîmé qui en rencontre un autre et qui, soudain, prend conscience à travers ses larmes de ses propres brèches.

Ta langue vient passer sur ta lèvre abîmée, comme si tu pourléchais déjà ces mots que tu vas lui dire, en essayant de n’en garder que le meilleur – et le plus clair. Qu’il puisse te comprendre. Non pas parce qu’il est idiot, au contraire, mais parce que c’est toi qui ne sais jamais comment t’exprimer.
- J’ai pensé ça parce que…. T’es trop beau pour être vrai.
Tu te racles la gorge, essayant de rattraper cet aveu qui pourrait porter à confusion :
- Pas…. Dans le sens que tu penses, pas comme ça non. Mais… t’es le premier être humain que je croise…. Qui est vraiment humain, Raoul. Et t’as pas idée…. A quel point cela fait du bien.
L’émotion te serre la gorge mais tu continues. Parce qu’il a besoin de l’entendre et surtout, parce que t’as besoin de le dire :
- J’veux pas de ton fric et je pourrais jamais échapper au Ruby. Mais, que tu songes à m’aider alors que t’es même pas mon client et que t’en tireras rien en contrepartie, c’est…. Putain mec, j’ai l’impression d’avoir affaire à la bonne fée Marraine dans Cendrillon !
Demi-sourire qui s’effiloche, qui prend de l’assurance en guettant son regard à lui, que tu tentes de capturer. Il te fend le cœur. C’est con à dire, mais là, il te bousille à être aussi désarmé face à ses propres drames personnels. Et ça, tu n’as pas l’habitude de le ressentir, alors ton sourire se teinte de tristesse, devient confession de ton propre émoi.

Raoul, il te touche comme personne ne l’a jamais fait. Pas même Eros. Et il est en train de te faire comprendre que toi aussi, tu en as un… de cœur. Même mal fichu, même esquinté par les aléas de cette chienne de vie. Parce que là, ça palpite doucement au fond de toi et ça te donnerait presque envie de chialer. Pour lui.

Alors avec cette tendresse insolente dont seuls les gamins savent faire preuve, ta main glisse de son épaule sur son dos, vient se planter sur l’autre épaule et de ton autre bras, tu viens le serrer contre toi. Maladroitement. Mais sincèrement. Jamais tu ne l’as été davantage qu’en cet instant.

Et là, dans le creux de cette bulle que tu construis pour lui, les mots te viennent facilement : innés, candides. Imparfaits et émus. Chuchotés comme pour ne pas être entendus, même s’il s’agit d’un cri du cœur.

- Dis, tu voudrais pas m’adopter ?

Un léger rire t’échappe, petite touche d’humour dans cet enfer que vous vivez. Tous les deux. Tout ce que tu veux, c’est le sortir de sa détresse. Un humour en demi-teinte.

Parce que tu rêverais qu’il soit réellement ton père.


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Raoul de St AngeLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Re: [terminé] S.O.S. (Raoul/Wayland) ( le Sam 18 Jan 2020 - 16:19 )

rage at the edge of the heart.
wayland & raoul
Tu essaies de comprendre. Tu essaies de saisir. Ce que tu as fais. Ce que tu as dis. Pour que d'un coup tu deviennes l'ennemi. L'homme à abattre. Cette idée te fait froid dans le dos. Elle écrase ton cœur d'une douleur vive et violente. Tu as la sensation de manquer d'air. D'étouffer dans ton salon pourtant large. Les mots prononcés par Wayland résonnent et explosent. Pourquoi le gamin te voit d'un coup comme un traitre ? Pourquoi le gamin pense que tu n'es pas sincère ? Pourquoi voit-il ta proposition comme une illusion ? Un mensonge. Un coup d’esbroufe. Tu as loupé un épisode. Et sa réaction te blesse, brule ton cœur comme de l'acide. La souffrance est intense, immense, puissante. Elle n'a pas de fin, ni de fond. C'est incompréhensible parce qu'au fond tu ne le connais pas vraiment le métis. Mais cela passe au dessus de ta raison. Tu sens que cela va au delà comme si tout se puisait dans ton subconscient. Comme si ton être tout entier voulait te faire comprendre pourquoi c'est autant douloureux. Pourquoi ses mots te donnent envie de chialer comme lors de la perte de ta femme et de ton fils. Quel rapport ? Et quel message cette souffrance cherche t-elle à te faire passer ? Cela ne fait que te perdre d'avantage. T'affaiblir. Te démunir. Et briser cette carapace que tu pensais incassable. Putain de merde ce métis aura la peau de ta vieille carcasse. Peut être même avant ce connard de Monsieur. Tu ne comprends pas. Et cela te détruit de voir qu'il voit en toi un ennemi. Un être aussi sale et pourri que celui que tu rêves de tuer de tes propres mains. Tu es bouleversé, incapable de le foutre dehors, tu voudrais lui dire la vérité. Celle que toi tu sais, et pas celle qui a été écrite depuis des années à la barbe et au nez de la victime. Même si en vérité tu ne sais rien au final.

Alors c'est épuisé, à bout de ressource que tu te poses sur ton canapé. Cachant ton visage dans tes mains, parce que tes yeux s’imprègne de la tristesse qu'éprouve ton cœur solitaire. Tu sais que tu ne dois pas t'attacher. Parce que la vie se régalera de tout t'enlever. Mais avec Wayland c'est différent. Cela l'a été dés que tes yeux ont croisé les siens. Dés que sa voix a caressé ton cœur. Tu n'as pas mis de mot sur cette sensation subtile qui vient s'invite avec plus de rage chaque jour. Tu es loin de te douter. Mais la souffrance tu la sens et tu ne sais pas comment l'apaiser alors que tu laisses de la distance entre vos deux corps mal mené. Par les coups. Par le temps. Par vos passés qui s'en le savoir, s'entrecroisent, s'entrechoquent. Tu restes là, n'osant pas le chasser. Malgré ses mots incisifs et son accusation mortelle. Tu voulais juste lui donner un peu d'espoir. Essayer de le sauver. Lui. Alors que tout le monde ne fait que l'enfoncer. Le sauver lui, pour racheter une faute qui n'a pas de prix. Qui n'est plus à vendre. Mais il semble qu'il est pris ta main tendue pour un coup de fronde. Qu'il est juste vu en toi, un salop de plus. Tu ne veux pas passer à ses yeux pour un ange, tu n'en es pas un. Tu voulais juste être une lueur d'espoir. Une lueur de vie. Et puis tu sens sa main se poser sur son épaule. Tu sens de la douceur dans ce geste naturel. Un frisson vient caresser ton être. Tu ne peux t'empêcher de penser à Kewan qui venait à pas de loup te réconforter quand tu rentrais épuiser de ta journée. Il se faufilait comme un petit chat pour venir te câliner. Bordel qu'il te manque. Et à cet instant le manque se fait même plus horrible. La douceur de sa peau. Le regard qu'il posait sur toi plein d'amour et d'admiration. Cela te détruit d'avantage d'y penser, alors que tu sens Wayland se rapprocher. Comme un petit chat qui reste méfiant.

Tu l'écoutes sans relever la tête. Laissant toute ta peine couler entre tes doigts. Même si elle ne se transforme pas en larme. C'est juste les émotions qui filent, comme des grains de sable dans leur sablier. Ta tristesse s'écoule doucement, te vidant d'avantage de ton essence de vie. Tu sens bien que Wayland essaie de rattraper le coup. Faut dire qu'il a eu une sacrée matinée, alors il est excusable. Si tout à l'heure ses mots ont brisé ton cœur, là ils viennent le réchauffer. Ils sont doux, sincères. Ils apaisent la douleur qu'ils ont créé plus tôt. Tu ne dis rien. Tu prends le temps. Puis à ton âge on ne remet pas les choses en place aussi facilement que lorsqu'on a vingt ans. Surtout quand tu n'es pas à ton premier coup au moral. Tu relèves ton visage quand il te parle de la bonne fée marraine dans Cendrillon. Vos regards se croisent. Toujours cette même sensation du passé qu'il revient. Mais tu sais que c'est qu'une illusion. Wayland à la même lueur dans le regard que Kewan. Tu ne peux pas t'empêcher de le penser. Tout en sachant que ce n'est qu'un leurre. Qu'un quiproquo. « Je préfère être un génie et réaliser tes vœux. Les garçons préfèrent les génies. » C'est une affirmation parce que ton fils préférait le génie. « Je veux juste faire le bien tant que je le peux Wayland. Une fois mort cet argent ne servira à rien. Et il ne servira jamais à celui pour qui il était prévu. Alors si quelques billets peuvent t'aider toi. Ne m'en prive pas. » Si tu peux mettre un peu de beurre dans ses épinards pourquoi tu t'en priverais. Et la main posée sur ton épaule glisse dans ton dos et vient t'entourer. Wayland se blottit contre toi, comme le faisait Kewan. Et encore une fois tu chasses cette pensée qui te réchauffe mais écrase aussi ton cœur d'un vide palpable. Tu n'oses pas bouger, il y a juste ta main qui se pose sur sa cuisses. Un geste de réconfort. Rien de plus. Parce qu'il est trop grand pour que le prenne sur tes jambes comme tu le faisais .. Putain de passé qui revient et t'envoie des flashs comme des SOS. Mais tu ne captes pas. De toute façon si tu captais cela se transformerait en invraisemblable. Tu profites juste de cet instant de paix. Seuls au monde. Deux âmes abîmés. Deux cœurs brisés. Deux êtres solitaires qui cherchent à s'apprivoiser mais qui n'ont pas encore toutes les cartes pour que tout se passe sans accros.

Même le souffle du métis contre ton cou haltère le battement de ton cœur. Et il y a encore ses mots. Comme une prière. Une demande simple mais qui sur le coup sonne comme une aide à la vie. Une porte de sortie autant pour Wayland que pour toi. « Je pourrais étudier l'idée. Je suis certain que tu serais un bon fils pour un pauvre homme comme moi. » C'est sincère. Et sa présence comblerait un vide immense. Tu le sais. Tu soulèves ta main et d'un geste tendre tu embrouilles ses cheveux, caressant sa tempe. Avec toujours ce trouble dans l'esprit quand vos yeux se croisent et s'attardent. « Et si en attendant on mangeait un morceau. Je suis sur que tu es affamé. Et avec toutes ces émotions un peu de réconfort ne nous fera pas de mal. » Pourtant tu as de la peine à te lever. Pas la fatigue. Juste pas envie. Cette chaleur contre toi, elle est tellement agréable. Tout comme la douceur qui s'en dégage. Alors tu passes aussi ta main autour de la taille du gamin et tu l'attires un peu plus contre toi. Comme un père le ferait à son fils. Comme tu le faisais avec Kewan. Tu dessines même sans le réaliser un cœur du bout de tes doigts tout contre ses omoplates. Comme si ton instinct te disait que Wayland saura. Saura quoi ? Comprendra. Comprendra quoi ? Tu arrêtes de te poser des questions. Tu agis juste. Comme le père que tu as été. Distillant sans même t'en apercevoir des petits cailloux pour ramener l'âme égarée à la maison.
 
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Le gamin qui redonne le sourire.
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Wayland CollinsLa jeunesse dorée et éclatante
Wayland Collins
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Sujet: Re: [terminé] S.O.S. (Raoul/Wayland) ( le Mar 28 Jan 2020 - 11:05 )
Les génies…. Oui. Peut-être. C’est étrange, cela remue en toi de vagues souvenirs, ramène un peu de baume au coeur comme si finalement, cette magie-là ne t’avait jamais quitté. Ouui, Raoul est sans doute ton génie, et c’est aussi amusant que terrifiant, puisqu’un génie ne consacre jamais que trois vœux. Et toi, tu ne seras jamais rassasié de sa présence, tu le devines déjà alors que son grand corps s’abandonne contre le tien et qu’il accepte cette étreinte déséquilibrée pour ce qu’elle est. Une tentative de réconfort, le besoin de l’aider, d’être là, pour lui, et aussi de le remercier. Sans que cela aille plus loin : une chaleur humaine pour bercer une âme éplorée. C’est aussi simple que cela, et pour une fois, c’est agréable de ne pas chercher à se prendre davantage la tête.
Tu sais qu’avec lui, tu ne risques rien. Il n’aura jamais de geste déplacé, il ne tentera jamais rien de malsain. C’est inscrit en toi, presque génétique, gravé à même ton sang : il ne sera jamais autre chose qu’un ami. Ce qui te rassure plus que tu ne l’aurais jamais cru. Ils sont nombreux ceux sur qui tu t’es parfois reposé, ceux qui ont pu te soutenir…. Sirius le premier. Sirius parti si vite, enfui loin de la ville après une énième connerie. Mais pour obtenir sa loyauté, tu l’avais payé avec ton corps. Un dû que Raoul n’exigera jamais, tu en es certain. Malgré cette main sur ta cuisse. Tu n’y vois rien d’autre qu’une accroche pour ne pas sombrer : toute ambiguïté a totalement disparu entre vous, sans pour autant enlever la tendresse innée qui se développe en toi à son contact… Il y a quelque chose chez cet homme qui te fragilise, imperceptiblement. Quelque chose qui te donne envie de davantage de douceur perdue, de nostalgie d’enfance volée.

Sa constatation t’arrache un petit rire amusé : tu serais le pire des fils. Tu l’as toujours été. Tu n’as pas pu la sauver elle, Alvaro semble chaque jour te maudire un peu plus, et tu n’es pas foutu de faire correctement le seul travail qu’on ait jamais bien voulu te donner. T’es rancunier, ingrat, mauvais perdant et égoïste. T’es la pire descendance qu’on puisse imaginer avoir sur cette Terre.
Et tu devrais penser que Raoul ne mérite pas ça, qu’il a droit à mieux, qu’il peut sans aucun doute possible obtenir mieux, mais…. Tu n’arrives pas à t’en persuader alors que vos regards se percutent de nouveau et que sa main passe tendrement dans tes cheveux.
Pour lui, tu serais un bon fils. Sans le moindre doute. Pas ‘bon’ dans le sens d’honnête et de droit : tu ne seras jamais un tel homme, on a trop bien tordu le bâton depuis ta tendre enfance pour que tu puisses un jour te redresser et marcher la tête haute, tu le sais bien. Tu feras à jamais partie de cette race qui louvoie et subtilise, préférant la ruse à la justice.
Mais ‘bon’ dans le sens d’adéquat. Ce sera toi, et personne d’autre, parce que cela sonne juste, cela sonne comme ce devrait être. Dans ton esprit de môme, il n’y a pas de place pour l’introspection et les questions tordues et existentielles. Toi, parce que c’est ainsi que cela doit être. Toi, parce que ça matche entre vous deux. Tu ne sais pas d’où tu le sais, mais c’est inscrit en toi, c’est gravé au fer rouge.
Alors tu lui décoches un petit sourire attendri et tu hoches la tête. Ça se passe de mots, ces contrats-là. T’as pas besoin de confirmer ce que vous savez déjà tous les deux.
- Oui.
Mais il ne bouge pas, toi non plus.
Oui, tu voulais bien être son fils.
Oui, il serait un bon père.
Oui, tu voulais manger.
Oui, il y avait eu trop d’émotions aujourd’hui.
Oui…. A tout ce qu’il voudra, pourvu qu’il ne bouge pas tout de suite, qu’il ne t’ôte pas ce semblant de réconfort que Navarro n’a jamais su t’offrir, cette figure protectrice de père qu’il n’a même jamais feint de jouer.

Son doigt vient tout chambouler. Cette figure qu’il trace sur ta peau à travers le t-shirt, c’est aussi envoûtant qu’une sorcière touillant son chaudron de potion magique, qu’un pendule défiant le temps et que l’onde des rivières emportant tout sur son passage. Ca réveille, ça secoue… Ça te fait un mal fou, désespéré. Tu confonds tout : c’est probablement les gestes qu’elle avait pour toi autrefois, quand tu étais petit. Des gestes de parents, des gestes qu’Alvaro n’avait jamais eu. Ton âme s’y accroche avec ferveur, motivée par un espoir soudain et sans aucune logique : ça te remue au plus profond de toi et tu pâlis.

Ça fait trop de choses pour une seule soirée. Ce flingue d’abord, que tu es sûr de connaître, cette certitude de l’avoir déjà vu faire ces mêmes gestes pour le ranger, ce doigt là au creux de tes omoplates… A chaque fois que tu recherchais dans ton passé, ton esprit s’embrouillait et s’emmêlait, faisant de tes souvenirs des choses molles et informes, sans aucune consistance. Mais Raoul semble y ouvrir quelques fenêtres de clarté, et tout cela…. N’a absolument aucun sens ! Quelque chose ne tourne pas rond chez toi…. Il a détraqué ce que tu croyais, perturbé ce que tu es. Et il te renvoie sans cesse à ces temps d’autrefois, à ses côtés à elle : association étrange avec celle que tu as toujours considérée comme étant ta mère.

Tu en frissonnes, glacé et une nouvelle fois, cette vérité que tu pensais atteindre t’échappe soudainement, s’enfuit et disparaît pour ne devenir qu’un vague malaise dont tu ne comprends rien, et qui te laisse abasourdi.
Tu portes ta main à ton front comme pour voir si tu n’as pas de fièvre, mais rien ne justifie ce trouble passager, alors… Comme tout pragmatique, tu sautes aussitôt sur l’explication la plus basique pour ne pas avoir à creuser davantage dans ce puits noir et sombre qu’est ton inconscient.

- Manger n’est pas une mauvaise idée…
Ca diluera ton trouble, cela te ramènera sur terre.
Tu abandonnes ses bras réconfortants pour tenter de reprendre goût à la réalité, et tu te relèves en faisant attention à ce que cela ne tourne pas trop vite sous le mouvement. Mais rien ne se passe, ton cerveau semble opérationnel…. Ce n’était probablement qu’une illusion.
Tu lui jettes un regard un peu gêné, t’en voulant d’avoir rompu l’instant, et tu lui souris avec chaleur.
- Juste un morceau, un truc chaud.
Et là, surgit de nulle part, les mots te viennent, percutent ton esprit et viennent s’y faire une place en bazardant tout ce que tu comptais dire d’autre. Ca sort avec naturel, nimbé dans ton sourire, et tu es totalement inconscient de ce tu fais. Mais ces mots-là, ce sont ceux de Maëva. Ceux qu’elle vous disait toujours avant de manger, ceux qui reflétaient son désir de mère et d’épouse de contenter sa famille. Celle que toi, gamin, tu répétais en souriant avec cette joie enfantine de rentrer dans la tradition familiale.
- Il faut que ça tienne au ventre.
Et tu te diriges vers la cuisine, prêt à aller y fureter pour y dénicher ce qui vous contentera pour la soirée. Histoire de ne pas finir sur une mauvaise note…. Tu en as eu assez pour aujourd’hui. Tu l’abandonnes derrière toi, sans te douter un instant d’avoir fait exploser son cœur avec une grenade nostalgique.

Tu ouvres un placard, tu y trouves ce que tout italien possède et tu sors le paquet de pâtes, déjà impatient soudain de manger.
- Tu les ranges où tes casseroles ? J’suis doué pour rien, mais les pâtes, ça, je sais faire !


Raoul a été si longtemps un père....
Mais toi t'es en train de redevenir son fils, étape par étape, souvenir par souvenir. Kewan par Kewan.


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Sujet: Re: [terminé] S.O.S. (Raoul/Wayland) ( le Ven 7 Fév 2020 - 12:26 )

rage at the edge of the heart.
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Il y a ce mélange d'émotions qui vient te caresser. Un mélange bizarre qui te chavire entre passé et présent. Le poids de la douleur est là, te faisant violemment perdre le cours du temps. Te bousculant et explosant sans te ménager. Tu as cette envie de pleurer toutes les larmes de ton corps. Avec ce sentiment que seul Wayland pourrait les apaiser. Il y a cette douceur qui vient te taquiner et qui te donne envie de le serrer. Sans le vouloir tu lui fais partager des instants de ton histoire avec ton fils. Comme un fil conducteur, pourtant tu sais qu'il ne peut pas comprendre. Il ne peut y avoir aucun écho quand tu parles de choses et d'autres. Il n'y a que Kewan qui pourrait comprendre. Mais Kewan n'est plus là. Tu en es conscient mais c'est plus fort que toi. Cela va même au delà de ta force. Qui pourrait faire le lien ? Qui mieux que ton fils pourrait saisir la teneur de ton discours ? Alors pourquoi en parler au métis comme si par magie il pouvait d'un coup éclairer l'épaisse brume de ton cœur meurtri. Mais au fond cela te fait du bien, même si cela éveille des souffrances insondables. Des blessures ouvertes et qui jamais ne se fermeront. Tu as juste envie de partager ton ancienne vie. Celle ou le bonheur régnait en maître absolu. Celle ou l'arc en ciel était votre palette à chaque nouveau jour. Tu lui vends surement du rêve au gamin. Mais tu te dis qu'il y a droit aussi. Même si ce bonheur décrit te détruit à petit feu. Rongeant d'avantage ton être meurtri et perdu. Tu as perdu depuis longtemps le phare qui te guidait dans les nuits de tempête. Il semble pourtant que là, sans même y penser, tu te raccroches à celui que le destin a mis sur ta route. Est ce bien ? Est ce mal ? Tu ne sais pas trop. Mais tu n'as pas besoin de savoir. Ou inconsciemment tu sais, mais la vérité est trop pénible à mettre en lumière. Et puis elle est irrationnelle. Irréelle.

Alors tu continues sur ta lancée. Étant même prêt à l'adopter. Il n'y a qu'un gamin blessé comme Wayland qui pourrait accepter un père détruit comme toi. L'équation ne sonne pas faux quand tu le lui proposes. Elle semble même parfaite. Deux âmes égarées ayant perdues leurs foyers. Guidées l'une vers l'autre par une étoile qui même branlante semble briller de mille feux. Quel meilleur tableau que cette perdition pour sonner une rémission. Pour voir enfin le bout du tunnel. Même pour quelques heures. Même pour quelques minutes. Même pour quelques secondes. Si c'est tout ce qu'on vous accorde. Une seconde magique et véridique, peut faire la différence dans une vie misérable et douloureuse. Et vous restez là l'un contre l'autre. Comme une toile inachevée. Ou une part d'ombre a volé les éclats de lumière. Ou une part d'ombre a volé ce qui fait le lien. Ce lien ancré profondément et qui doucement renait de ses cendres. Sans que vous le réalisiez. Parce que ce n'est pas réalisable. Parce que cela fait trop mal. Parce que l'évidence explose sous le coup des mensonges mis en place depuis des années. Mensonges forgés avec rage et détermination. Mensonges ancrés à coup de marteau sauvage. Mensonges apparus comme la seule vérité. Vérité qui d'un coup devient fragile quand les gestes si souvent répétés vivent taquiner le gamin. Encore une fois tu te laisses guider par ce que ton instinct te met en tête. Cela apaisait Kewan. Alors cela apaisera Wayland. Et cela chamboule ton être te secouant tout entier. Tout s'embrouille. Pourtant la clarté est à portée. Tout s’emmêle pourtant tu serais prêt à y croire. Même si c'est idiot, farfelu, débile. Tout ce que tu sais c'est que tu en as besoin. C'est que cela te fait du bien. Que pour le métis tu aurais envie de vivre.

Tu pourrais même l'arracher à ce maudit lieu infâme et fuir avec lui loin de Naples. Loin de l'Italie. Tu as l'argent pour. Tu connais les ficelles pour disparaître sans laisser de traces. Tu pourrais là. Tout de suite. Ce soir même. Tout plaquer et vous faire disparaître. Mais cela voudrait dire oublier Monsieur. Oublier ta vengeance. Oublier le serment que tu as fais sur la tombe de ta femme et de ton fils. Cela voudrait dire renier ta parole de mari et de père. Pour offrir une vie meilleure à ce gamin déchiqueté par la vie. Tu ne pourrais pas avoir de regrets si tu choisissais cette voie. Le regret de l'avoir laisser en vie LUI. De lui permettre ainsi de continuer à jouer les armes de destruction massive. Un part de toi pourrait fuir. Un renouveau ne te ferait pas de mal. Et cela sauverait le métis. Parce qu'il a failli y rester cette fois. Et la mort il a du la frôler quelques fois. Mais une part de toi s'oppose à ne pas finir ta quête. Alors tu restes là contre lui. Tremblant comme une feuille titiller par le vent. Cherchant chaleur et douceur juste pour un instant. Choisir de fuir. Choisir de rester. Dans les deux cas une part de toi sera lésé. Et tu ne pourras plus te retrouver entier. Alors tu émets une autre hypothèse. Une qui va calmer le questionnement qui s'opère en toi et qui devient bien trop complexe. Une hypothèse qui comblera un peu ce besoin de tendresse. De complicité. Et tu n'es pas le seul à te jeter dessus. Wayland aussi est partant pour remplir vos estomacs d'autre chose que de mélancolie nostalgique.

Et d'un coup le froid vient remplir l'espace qu'il laisse en abandonnant tes bras. Tu as presque envie de hurler et de le tirer contre toi. Encore une fois. Quelques secondes. Mais cela ne résoudra rien. Une nouvelle étreinte nourrira d'avantage ton mal être. Te mettant encore plus dans le gouffre que tu peines à remonter depuis que tu l'as tenu dans tes bras. « Ok alors on va manger. » Et avant même que tu ne te relèves, le métis est déjà droit devant toi. Tu regardes sa silhouette. Et encore une fois cela te frappe avec violence. Et puis il y a ces mots qui s'alignent et s’enchaînent à merveille. Comme Maeva le faisait. Comme Kewan le faisait, doux écho de la voix de sa mère. Putain de merde ça sort d'où ça. De l'enfer. Du paradis. On se fout de toi. Tu secoues la tête. Non simple illusion du hasard. Sale coup du destin que le gamin retranscrive les même paroles comme si elles avaient été siennes à un moment de sa vie. Non c'est ta tête qui te joue des tours. Tu restes silencieux alors qu'il part vers ta cuisine et qu'il fait comme chez lui. Les mots. Ses mots dansent dans ta tête, enroulant d'avantage ton esprit de leur résonance. Et tu te lèves, titubant un peu de ce trop d'émotion. De ce trop de passé qui secoue sans vergogne ton présent déséquilibré. Putain que cela fait mal. Un mal de chien. Ou tu te plantes ? Ou y a t-il une erreur pour que tout part en vrille ? Quelle case tu loupes ? Qu'elle abomination tu enfouis dans ta tête ?

Tu le regardes faire de loin, refoulant les larmes qui s'accrochent à tes yeux fatigués et cernés. Combien de fois tu as rêvé voir Kewan faire ses gestes ? Combien de fois tu vous as imaginé complice en faisant un repas que vous partageriez ensuite tous les quatre ? « Dans le placard à tiroir à gauche. » Ta voix est mal assurée. Tu souris et tu arrêtes de te poser des questions. De toute façon elles resteront sans réponses. « Dans ce cas je m'occupe de la sauce. » Tu ouvres ton frigo. « J'ai de quoi nous faire une carbonara amélioré. Cela te tentes ? » Et tu sors les lardons, la crème, les œufs, le parmesan. Tu poses tout sur le plan de travail, en laissant tes yeux s'engourdir de l'image que Wayland te renvoie. Bordel comme ton cœur s'agite face à cette vision. Tu viens poser ta main sur son épaule comme pour t'assurer que tu ne rêves pas. Qu'il est bien là. Ce fils que tu pourrais avoir. Ce fils qui pourrait être tien. « Vu que je vais avoir besoin que des jaunes d’œufs pour la carbo, je vais faire une meringue avec les blancs. J'ai des fruits rouges, de la crème fraiche. Parfait pour faire une pavlova en dessert. C'est léger et assez rapide. » Et côte à côte vous cuisinez à quatre mains. « Tiens mets un peu d'ail dans l'eau des pâtes c'est bon pour le sang et cela rend fort. » Et puis ta femme faisait ainsi, tu te souviens que quand une gousse se retrouvait par mal chance dans l'assiette de ton fils il te la donnait. Disant que c'était toi qui avait besoin le plus de force vu ton travail. Et tu souris à cette pensée. A vrai dire à cet instant tu as juste envie de sourire. De profiter de cette illusion fragile avant qu'elle ne disparaisse ne laissant dans ton cœur et ton âme que des regrets. Ou l'envie d'un autre moment complice.
 
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Sujet: Re: [terminé] S.O.S. (Raoul/Wayland) ( le Dim 23 Fév 2020 - 17:33 )
- Tout me va, en plus j’adore la carbonara !
Vous viviez dans le pays des pâtes après tout, même si vous n’y étais pas né. Toi tu viens d’ailleurs, tu ne sais pas trop d’où mais t’es pas de Naples, et Raoul…. Ce n’est pas un nom italien de toute évidence, et il a du mal à dissimuler totalement un petit accent sous ses sons chantés en italien. T’es pas dupe, t’as croisé trop de clients comme lui qui venaient d’ailleurs pour ne pas détecter ce petit trémolo-là, mais ce n’est qu’un détail dans l’océan de mystère qui entoure Raoul de toute façon. T’en as fait ton parti, t’accepte ça. D’une, ça ne te regarde pas vraiment, de deux, t’as d’autres problèmes à gérer actuellement.

Alors cette petite bulle qui s’instaure entre vous deux, ce moment hors du temps où vous vous retrouvez à cuisiner l’un à côté de l’autre dans cette cuisine, ça te fait un bien fou. T’arrives presque à oublier ce qui t’a amené ici tout en t’occupant des pâtes, et une fois que l’eau bout, que tu ne dois plus qu’attendre, tu le regardes un instant s’activer de son côté. Il semble plutôt doué… Il s’y connaît en tout cas, bien plus que toi. Et quand il fait glisser cette gousse d’ail vers toi, tu hausses un sourcil avant de l’accepter. Ca réveille quelque chose, tu te souviens qu’il fallait en mettre oui, mais… tu ignores qui le faisait. Tu as l’image mais pas de son ni de sous-titres, alors tu passes à autre chose comme tu le fais toujours, pour éviter de t’appesantir sur des trucs dont tu n’auras jamais la clé. Ca te le fait toujours depuis que tu es gosse : les images vont et viennent, certaines s’attardent, insistent, mais tu as appris à les chasser pour ne pas t’encombrer. Pour respirer surtout en évitant de toujours te poser les mêmes questions terribles. Celles qui te clamaient qu’Alvaro n’était pas ton père et que sa femme n’avait jamais été ta mère. Celles qui hurlaient du fond de ta cervelle des ‘pourquoi’ au fait que tu avais vécu avec eux, sans autre géniteur présent. Celles qui tambourinaient contre ton inconscient en répétant inlassablement : « mais d’où venais-tu ? ». Elles te réveillaient autrefois la nuit, elles ont cessé de le faire depuis quelques années. Comme si elles avaient compris que c’était peine perdue, que tu n’y arriverais pas. Que tu étais sans doute trop bête pour percuter leur importance…

Tu l’observes un moment : il relève la tête, vos iris se percutent et c’est étrange mais tu lui souris. Calmement, sans arrière-pensée. Le seul bonheur d’être là, serein, et de n’avoir rien à craindre… Il te fait cet effet-là, Raoul, il t’apaise. Il chasse les nuages sombres de ton horizon, même s’il en rajoute d’autres, plus épais, plus nébuleux. Mais ils n’ont pas la dangerosité de ceux dont tu as l’habitude alors tu les acceptes.

Tu sais juste que ce type veut buter un salaud qui a tué sa famille. A sa place, tu en ferais de même. Tu sais aussi qu’il n’a plus personne, ce grand gaillard qui semble pourtant avoir tous les appâts à filles pour les attirer dans son piège. Il a de l’argent, il n’est pas trop vieux, il est loin d’être moche ou bête… Elles devraient être nombreuses à toquer à sa porte. Mais il est seul ce soir, et il dîne avec un prostitué. Qu’il ne touchera même pas puisqu’il n’est pas de ce bord-là. Dans le genre solitude, on ne fait guère mieux.

Et puis, tu partiras. Vous allez vous revoir mais… tu sais que peu de moments auront autant d’intensité que celui-là. Et tu le regrettes déjà. Tu en veux plus. Incroyablement plus.
Les hanches appuyées contre le plan de travail de la cuisine, attendant que les pâtes soient cuites, tu le regardes en coin. Tu croises les bras, t’essayes de t’occuper, de ne pas faire style que tu formes et transformes cette proposition dans ta tête depuis cinq minutes.
- Dis je…. J’suis sur Naples depuis un paquet d’années, et j’en connais tous les recoins tu sais. J’ai pas mal de connaissances aussi. Y a pas une rue qui me soit étrangère !

Tu te vantes un peu, c’est le but : tu dois vendre ta came pour qu’il la prenne comme l’opportunité du siècle ! Tu fais ce job depuis des années, t’es rôdé à l’exercice.
- J’veux dire, ça peut être utile. Si… enfin j’pourrais t’aider. On sait jamais.
Tu hausses les épaules, pas sûr d’avoir réussi à te convaincre toi-même mais au moins, tu auras essayé. T’as juste pas envie que tout s’arrête aussi vite et qu’il ne garde de toi que l’image de ce gamin paumé qui se pensait assez fort pour jouer dans la cour des grands.

- Tu prends ça comme un échange hein, j’veux pas m’imposer mais… Du coup, ça me gênerait moins que tu me payes pour ce job tu vois. Avec cet argent, là, dont tu parlais…
Cet argent dont tu manques tellement.
- Un job honnête pour une fois. Où on me tabassera moins.


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Raoul de St AngeLe vin est un puissant lubrifiant social
Raoul de St Ange
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Sujet: Re: [terminé] S.O.S. (Raoul/Wayland) ( le Jeu 27 Fév 2020 - 18:26 )

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Dans ta tête l'explosion que tu essaies de maîtriser. Comme tu peux. Parfois tu te laisses trop emporter par tes idées. Et c'est pire qu'un tsunami. Tu devrais être plus terre à terre. Mais en compagnie de Wayland c'est compliqué. Voir impossible. Il a le don de te faire vriller. De te faire voir l'ombre de Kewan. Enfin celle qu'il aurait pu être. Son essence. Car malgré la vie qu'a le métis, il reste un bon gamin. Tu as vu suffisamment de lui. Même si tu n'as pas tout découvert. Et puis il y a cette putain de voix qui te glisse des mots à l'oreille. Une voix qui vient de ton cœur. De tes tripes. Et tu ne peux pas rester sourd. Tu en as besoin. C'est comme une bouée qui te permet de rester à flot. Une parenthèse. Et même si ton cœur dans cet embrouillement de souvenirs se perd. S'il manque de s'étouffer quand tu veux croire qu'il y a peut être un après. Une chose est sûre à côté du gosse tu te sens vivant. Et il a bien longtemps que tu ne t'es pas senti aussi vivant. Enfin il est grand temps de passer au dessus de ce moment qui a marqué profondément vos êtres malmenés. Tu l'aurais bien gardé encore un peu contre toi le gamin. Mais il a la bougeotte et tu ne vas pas lui en vouloir. Et puis combler vos carcasses d'un bon repas cela aidera à digérer cet assemblage d'émotions intenses, puissantes et bouleversantes.

« J'étais un peu sûr de taper encore une fois dans le mille. » Et puis Wayland ne doit pas être difficile. Quand le plat est bien fait et en plus avec amour tout semble lui aller. Comme à ton fils. Ta gueule. Arrête Nolan de venir tourner le couteau dans la plaie. Kewan est mort et repose à côté de sa mère. Tu répètes tes mots dans ta tête pour noyer cette idée stupide. Parce qu'impossible. Même si tu t'y jetterais à corps perdu si c'était la vérité. Même s'il y avait un pour cent qu'elle puisse être vraie. Tu cirerais toutes les pompes de la terre s'il le fallait. Tu pourrais même abandonner l'idée de te venger si cette possibilité était à un pour cent vrai. Tu irais même décrocher la lune, Saturne, Mars et toutes les autres planètes. S'il y avait un pour cent de chance que ce soit vrai. Mais tu sais que ce n'est qu'une utopie. Que c'est juste ton cœur de père qui espère. Ton âme qui se trouble parce que le gamin semble connaître certaines phrases. Parce qu'il semble connaître ton arme. Parce que son sourire te rappelle dans certains moments celui que Kewan te faisait. C'est juste que tu brodes une réalité qui a cessé d'exister depuis bien des années. C'est juste des coïncidences. Rien de vrai. Alors arrête de rêver Nolan. Arrête de croire que ce gamin quand tu le serres c'est comme si tu serrais un peu le tien. Cela ne fait que te détruire d'avantage. Et tu vas juste finir par partir en couille. Alors tes gestes se font machinalement. Essayant de ne pas te laisser emporter par cette espoir. Apprécier l'instant. Point barre.

Ce que tu ignores c'est que tes questionnements ils titillent aussi Wayland. Que chaque mot que tu dis. Chaque action que tu fais. Chaque pièce que tu apportes. Construit son puzzle à lui. Ou du moins le reconstruit. Mais comment pourrais tu te douter que lui aussi percute que quelque chose cloche. Que son cœur lui dicte de te faire confiance. Que tu apaises son âme torturée. Ni l'un ni l'autre vous savez. Qu'ensemble vous êtes la solution à cette douleur qui vous bouffe depuis cet accident. Alors en attendant d'en prendre conscience vous apportez des pierres à votre édifices ébranlés. Et s'en vous en rendre compte vous reconstruisez. Vous comblez le vide. Vous soignez la plaie béante et profonde. Et tout se met en place alors que vous êtes côte à côte. Le lien se retisse. Il faudra encore du temps pour combler les vides, effacer les espaces. Mais ce moment là que vous partagez rien, ni personne ne vous l'enlèvera. Ne vous le volera. Il est à vous. Il est à toi. Et pour toi il devient un bien précieux. Ton nouveau Graal.

Les pâtes cuisent. La sauce est prête. La meringue au four. Tu ranges un peu. Tu te retournes aux mots de Wayland, laissant encore une fois vos regards s'accrocher. « Je me doute bien que tu connais la ville. Même si tu ne dois pas pouvoir trop abuser de ta liberté. » Tu sais que Monsieur aide bien avoir ses petits jouets prés de lui. Un instant tu ne peux t'empêcher de te demander si Monsieur a osé toucher le gamin. Il est capable de tout, alors frôler les courbes des innocents qu'il envoie à l'abattoir pourquoi pas. Mais tu ne veux pas ternir cette douceur qui s'y mise en place après la folie de l'hôtel. Alors tu chasses cette idée. Même si elle ne part pas réellement. « M'aider à retrouver un salopard qui t'écorcherait vif s'il le savait. Tu ne serais qu'une merde de plus à ses yeux. Et j'ai perdu un fils. Je ne veux pas prendre le risque de te perdre Toi. » Le Toi prend entre tes lèvres une tendresse différente. Qui montre à Wayland qu'à tes yeux il n'est pas qu'un pion donc tu pourrais te servir pour assouvir ta vengeance. Alors que le gamin te fait comprendre que t'aider serait un moyen de se sentir moins gêner. Moins redevable pour l'argent proposé, tu sors la meringue du four. Elle va devoir reposer avant de se garnir de chantilly et de fruits. Tu t'approches de Wayland et tu poses ta main sur son épaule. « Je comprends parfaitement. Mais je peux t'offrir un job honnête sans que tu prennes de risque. Si tu veux vraiment te sentir moins gêné par mon offre. Mon boulot est parfois fatiguant. Un coup de main de temps en temps. Ce ne serait pas de refus. Faudra être juste prudent. Pas que j'ai honte que l'on me voit avec toi. Juste que je veux te protéger. Tu comprends. » Et il le serre contre lui. Ce gamin lui donne juste envie de redevenir le nounours que son fils savait amadoué d'un seul regard, d'un seul sourire. D'un seul je t'aime papa. « Bon faut mettre la table. Parce que les pâtes semblent cuites. » Et tu t'écartes alors que ton cœur lui en demande encore.
 
 
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Wayland CollinsLa jeunesse dorée et éclatante
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Sujet: Re: [terminé] S.O.S. (Raoul/Wayland) ( le Sam 29 Fév 2020 - 11:48 )
Il était vrai que tu avais des impératifs et des comptes à rendre au Ruby : tes sorties étaient autorisées parce que tu rapportais davantage d’argent à l’extérieur qu’à l’intérieur. Tu ramenais de futurs employés, tu faisais de la pub, tu ravivais les souvenirs d’anciens clients qui, en te voyant, revenaient au Ruby pour la soirée. Alvaro avait misé sur un être vivant en guise de publicité et cela avait bien fonctionné : toi t’y gagnais une semi-liberté qui te permettait de ne pas exploser, et lui il s’assurai que tu ne gâcherais pas cette opportunité en faisant une connerie. Il était plutôt doué. Et ça marchait : plus les rênes se distendaient, moins tu avais envie de t’enfuir. Donc tu aurais du mal à abuser de ta liberté pour aider Raoul à l’infini, mais tu savais que tu pouvais bien lui réserver quelques heures de temps en temps dans sa quête, et cela te faisait plaisir de les lui offrir.
Sauf que Raoul refuse et dans ses mots, tu comprends bien plus qu’il n’ose l’avouer. Il a affaire à un véritable salopard, à un de ceux qui ressemblent à Monsieur et qui n’ont aucune pitié. Pour vivre avec l’un d’eux, tu sais pertinemment que tu n’as aucune envie de t’en mettre un deuxième sur le dos. T’en baves assez comme ça, certains soirs sont trop durs pour que tu prennes ce risque-là. Si ce salopard n’avait été qu’un petit caïd dans une mare d’eau, il ne t’aurait pas inquiété. Mais devant la mine sombre de Raoul, tu sens ton élan altruiste reculer subitement, et tu hoches la tête sans doute trop rapidement – petit lâche que tu es – pour acquiescer et accepter ses conditions. Tant pis, tu ne l’aideras pas et tu n’as pas grand-chose d’autre à lui proposer….

Tu le regardes s’affairer dans la cuisine, sortir ses meringues et jouer au parfait cuisinier, et tu sens ton cœur te serrer un peu. On dirait une soirée normale dans une famille on ne peut plus normale : le stéréotype du père et du fils en train de cuisiner, dans leur bulle à eux, heureux et soudés. Tu as vu des centaines de pubs de ce genre orner les murs de Naples et tu y rêvais parfois, avant de laisser les sarcasmes t’envahir et critiquer l’odieuse représentation d’un réel qui n’existerait jamais pour toi. Tu leur en voulais de t’exposer ça sous le nez comme une carotte inatteignable, et ce soir…. Tu es là, avec un ami certes, mais quelque part dans ton cœur, tu sais qu’il deviendra comme un père, et ton cœur se serre un peu plus. Tendrement, comme satisfait. Ou prudent devant une nouvelle illusion qui pourrait voler en éclat si rapidement. Il y en a eu quelques individus, des gens en qui tu as pu croire un moment mais ils avaient tous fini par déserter…. Sauf que lui, il est venu à ton appel à l’aide, il t’as sorti de cette chambre d’hôtel miteuse et il t’a soigné. Il t’offre même le gîte, sans rien te reprocher, sans t’en vouloir de faire ce job…. C’est inespéré, c’est peut-être trop beau pour être vrai, mais pour une fois tu veux y croire toi aussi.

Il revient vers toi et sa proposition te prend de court : tu clignes des yeux, pas certain de comprendre. T’as pas le temps de demander des explications que l’étreinte – aussi fugace soit-elle – te laisse tout chamboulé et les mots se coincent dans ta gorge. Lui, il saute sur le sujet suivant, essaye de dissiper le malaise mais tu n’en es pas capable en cet instant : la bombe qu’il vient de lâcher est bien trop grosse pour que tu ne t’y accroches pas un peu.
- Non attends…
Tu attrapes son bras, tu le retiens : il faut que tu saches. Tant pis pour les pâtes, elles attendront un peu. Et la table ne demandera que deux assiettes et quatre couverts, rien de surhumain. Ton regard étonné plonge dans le sien et tu répètes, comme pour être sûr d’avoir bien entendu :
- Tu me proposes de bosser… dans le vin, comme toi ? De….
Qu’est-ce qu’on peut bien faire quand on travaille dans ce domaine ? A vrai dire, tu ne t’étais jamais posé la question.
- …. De t’aider à porter les cartons de bouteilles et les ranger, c’est ça ?
Parce que c’est la seule image qui te saute à l’esprit quand il te dit que c’est un métier fatiguant. Tu n’imagines rien d’autre. Et si ça peut paraître réducteur aux yeux de Raoul, pour toi c’est énorme et tu ne lui laisses pas le temps de surenchérir ou défendre sa proposition que tu ajoutes d’une voix pleine d’enthousiasme :
- Ca je peux le faire ! J’suis fort, je pourrais vraiment t’aider ! Ça ne me pose pas de souci, je m’occuperai du rangement et toi de la vente ! Ça pourrait marcher !
Tes yeux brillent trop pour que cela ne puisse pas le faire. Un boulot honnête, c’est ce qu’on ne t’a jamais offert ou proposé et l’idée t’embrase, t’émerveille et te séduit. Même si ce n’est qu’un soir par semaine, même si tu ne seras probablement pas à la hauteur parce que tu n’as aucune culture du vin, pas même celle d’en boire…. Mais tu t’en fiches. C’est Noël avant l’heure pour toi !


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Sujet: Re: [terminé] S.O.S. (Raoul/Wayland) ( le Mar 3 Mar 2020 - 19:09 )

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Tu es touché par la proposition de Wayland. Mais tu lui fais comprendre que tu ne peux pas accepter. D'abord parce que lui même a des impératifs par rapport au Ruby. Et puis parce que le mec à qui tu as à faire est loin d'être un ange. En plus Monsieur est le grand boss de l'endroit où le métis travaille. Tu ne veux pas prendre le risque qu'il se mette en péril pour toi. Il encaisse déjà suffisamment. Et tu as assez perdu de personne importante pour ta part. Parce que le gosse même si tu le connais depuis peu, tu t'y attaches. Faut pas se mentir, il te remue les tripes et le cœur le môme. Et c'est loin de te déplaire. Cela te fait sentir vivant. Cela te redonne une raison de te battre, de vivre. Même si tu n'es pas sur de t'en sortir quand tu vas te retrouver face à ce connard qui a foutu ta vie en l'air en un claquement de doigts. Juste parce que tu as fait exploser son entreprise sur San Francisco. Et que tu as mis son frère en taule. Frère qui vous a mené en bateau. Distillant les mauvaises pistes. Se moquant des flics comme de la justice. Balançant des fausses identités. Si bien que pendant que tu passais du temps à recoller les morceaux, à comprendre l'embrouille. Le connard lui faisait exploser la voiture de ta femme avec à l'intérieur ta douce enceinte et ton fils. Alors non tu lui donneras pas l'opportunité de faire du mal à Wayland. Il abuse déjà assez du gosse. Et tu feras de ton mieux pour le sortir des griffes de ce salopard vicieux. D'ailleurs va falloir que tu y penses sérieusement. Que tu vois pour des faux papiers. Que tu lui cherches une porte de sortie surtout si l'histoire tourne au vinaigre pour toi. Tu ne veux pas qu'il devienne une victime collatérale de ta vengeance.

Mais tu verras toutes ses idées plus tard. Pour le moment autant profiter du  moment de complicité et de détente qui vous est offert. Vous avez tous les deux besoin de cette bulle pour vous remettre de ce qui c'est passé plus tôt. Cuisiner à toujours était une façon de rallier ta famille dans une envie de partage. Un moment particulier. Tu te souviens de Kewan sur le tabouret pour être à hauteur du plan de travail. Entre Maeva et toi. Ce souvenir fait naitre un sourire sur tes lèvres. Et il y crée ce besoin de serrer Wayland contre toi. Un réconfort qui te fait du bien. Et il y a cette chaleur que tu éprouves à ce moment là. Une chaleur intense. Elle te bouscule avec rage et puissance. Tu ne comprends pas pourquoi tu éprouves cette sensation. De la fierté à la tenir contre toi. De l'amour même. Ton cœur semble raconter une histoire que tu ne saisis pas. Refaisant surgir les étreintes du passé. Enfin impossible pour toi de saisir. Ce serait comme te mettre à croire aux fées, aux licornes et aux sirènes. Tu prends vraiment un coup de vieux Nolan. Jouer au dur te ramollit le cerveau. Et puis tu as cette idée folle. Le gamin veut que l'argent que tu lui proposes soit le fruit d'un échange de service. Tu as dis non au sujet du coup de main pour traquer le salopard assassin. Mais tu trouves un moyen. Tu l'aurais un peu plus sous la main. Il pourrait s'évader du Ruby. Sans se mettre en péril. Un bon compromis. Vous y gagnez tous les deux. Tu le libères de tes bras, il semble secoué. Ce qui est logique mais il se reprend vite le môme. Voilà qu'il t'attrape par le bras sans que tu t'y attendes. Toi qui étais parti pour mettre la table voilà que tu te trouves face à Wayland. Qui bien entendu rebondit sur ta proposition.

Tu ne cherches pas à l'acheter ou à te servir de lui. Tu essaies juste de trouver la solution pour que l'argent que tu lui proposes et moins une saveur d'argent facile. « Oui c'est ça. » Tu souris à sa façon de faire. Son visage s'illumine comme si tu venais de lui offrir une tonne de cadeaux de Noël. Mais pour lui ce boulot doit ressembler au paradis. Et il enchaine. Une vrai petite puce. Son comportement te met du baume au cœur. Putain que cela te fait du bien de le voir aussi emballé. « Je suis content que l'idée te plaise. Je pense qu'on fera un bon duo. De cette façon plus de mal aise pour l'argent que je te propose. Ce sera ton salaire. Et je pourrais aussi t'apprendre les secrets du vin. Tu es intelligent et très futé. Tu as l'étoffe pour y arriver. » Un sourire se dessine sur tes lèvres. Tu veux vraiment sortir le petit de là. Et tu feras tout pour y arriver. Il n'y pas sa place dans cet enfer. Tu ne vas pas te prendre pour un super héros. Mais tu as quelques cartes dans ta manche pour que Wayland retrouve la lumière et n'ait plus à subir ce qu'il subit depuis des années. « Alors tu es partant. Ta présence va vachement me soulager. » Et tu es sincère. Enfin c'est surtout le temps à ses côtés que tu vas grappiller. C'est le genre de pensé qui met ton cœur en joie. Une allégresse qui n'est pas nouvelle et qui te gorge d'une tendresse oubliée. « On mange maintenant et on en parle en même temps. Oui parce que les émotions ça creuse et qu'il serait dommage de voir se perdre un si bon repas préparé avec amour. » Encore une phrase clé, qui a souvent franchi tes lèvres quand tu étais un père comblé.

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Dernière édition par Raoul de St Ange le Mer 1 Avr 2020 - 8:47, édité 1 fois
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