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- [terminé] S.O.S. (Raoul/Wayland) -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Le Coeur de Naples :: Rues du centre
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Wayland CollinsLa jeunesse dorée et éclatante
Wayland Collins
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Sujet: Re: [terminé] S.O.S. (Raoul/Wayland) ( le Lun 23 Mar 2020 - 20:30 )
Tu avais sans doute l’air idiot à présenter les choses ainsi, un peu gamin aussi, mais la vérité, c’est que tu rêverais de faire quelque chose de ‘légal’ et ‘juste’ au moins une fois dans ta vie. T’as passé toute ta vie à te terrer de peur, à comprendre des choses qu’un gamin de ton âge n’aurait jamais dû connaître, et ensuite à devoir plier face aux monstres qui s’étaient avérés être plus forts que toi. Bien plus forts. La vie des autres, celle que tu voyais à l’écran quand tu t’arrêtais devant une télévision, celle-là ne te parlait pas et n’évoquait rien à tes yeux. Certains s’émerveillaient devant le fantastique et la magie qui n’étaient pas de leur monde. Toi, tu rêvais de normalité. Bêtement. Alors oui, tu avais une image stéréotypée dans ton esprit de cette vie des autres, inaccessible pour toi, et tu l’énonces comme un gamin qui veut bien se faire voir en rêvant de décrocher le job, alors qu’il t’était déjà acquis. Mais c'est plus fort que toi : t’as jamais vraiment grandi, quelque part. T’as juste sauté quelques étapes essentielles pour être stable.

Tu es sûr que vous ferez un bon duo, parce que tu sais déjà que tout se passera bien : t’arrives pas à t’imaginer t’engueuler avec ce type-là. Il semble parfois avoir bien plus besoin de toi que l’inverse, et c’est aussi touchant que déstabilisant, d’être celui qui apportait son soutien pour une fois. D’être celui qui comptait…
- Intelligent et futé, pas sûr, mais j’apprendrai vite, tu verras !
Tout comme tu avais appris à la vitesse de l’éclair le langage de la rue et les gestes de survie face aux aléas de la vie. T’étais un rapide. T’avais jamais eu le choix.

Et encore une fois, t’es pire qu’un gamin mais qu’est-ce que c’est bon, cette opportunité-là, cet avenir qui se profile, ou du moins, ces petits instants que tu voleras au Ruby. Ce ne serait pas grand-chose mais ce sera déjà énorme pour un môme comme toi.
- Evidemment que je suis partant !
Parce que c’était l’offre du siècle.
- Et oui, on va manger. J’ai l’estomac qui commence à gargouiller, c’est pas bon signe….
Tu souris, à moitié parce que ta lèvre abîmé se rappelle à toi, mais tu souris. Heureux. C’est juste un job mais pour toi, c’est toute une promesse : il te fait confiance, à toi le prostitué, à toi le gosse de personne ni de rien… C’est vraiment Noël avant l’heure, il n’en a même pas idée.
Tu l’aides à dresser la table, et les pâtes sont bientôt cuites : vous vous affairez avec zèle, sans doute pour occuper vos mains alors que vos esprits pétillent encore de cette promesse entre vous. D’autres mots gâcheraient l’instant, t’as besoin aussi de savourer ça pour toi-même. Juste un instant…. Tu perds pas ton sourire mais tu te tais, et bientôt vous vous retrouvez attablés, comme la dernière fois.

Tout semble si parfait. Sans doute trop, cela te retombera sur le coin de la figure à un moment ou à un autre, tu le sais bien. Mais pour l’instant, tu es décidé à en profiter. Tu attrapes les couverts pour servir et sans gêne, tu t’offres une part considérable – celle du roi, celle de l’affamé – sans pour autant priver Raoul. Mais t’as véritablement faim, les émotions t’ont creusé l’appétit. Ton assiette semble prête à déborder mais tu t’en fiches, et ta fourchette s’attaque déjà à la montagne.
- Je pourrais sûrement venir tous les trois jours. Pas davantage parce que sinon ils se poseront des questions. Et je resterai tout l’après-midi et la soirée : tu penses que ça ira ?

T’as la bouche à moitié pleine et tes bonnes manières se sont envolées en cendre avec le reste de ta vie d’autrefois. Mais tu pétilles de cette vie qu’ils ont cherché à t’arracher sans vraiment y arriver. T’es comme les cafards : tu survivrais à l’apocalypse. Même si elle s’appelle Alvaro Navarro. C’est ton secret à toi.
- Tu vends du vin cher ? J’dis ça parce que je resterai loin des clients si c’est le cas, que je croise pas un client à moi, si tu vois ce que j’veux dire. Ca la foutrait mal pour ton business.
Entre autres.

Quelques bouchées de plus, avalées à la va-vite comme d’habitude, comme si tu allais manquer. Ce qui n’était pas arrivé depuis si longtemps, mais les habitudes restaient là, indécrottables, fanatiques.
- Mais tu bosses seul alors ? C’est pas trop saoulant ça, d’être toujours seul ? Personne chez toi, personne au boulot…. Moi on m’a toujours dit que l’humain était un animal qui aimait vivre en meute. Bon, c’était pour justifier qu’on dorme à plusieurs dans une chambre parfois, mais quand même : j’suis d’accord avec le principe. C’est pas bon de rester seul. Il était temps qu'on se croise.


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Raoul de St AngeLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Re: [terminé] S.O.S. (Raoul/Wayland) ( le Mer 1 Avr 2020 - 9:57 )

rage at the edge of the heart.
wayland & raoul
Offrir ce petit boulot à Wayland, c'est comme si tu lui offrais le Graal. Au fond de toi tout un tas de sentiments et de sensations se déversent. Elles sont puissantes et grisantes. Elles te montrent à quel point la vie est belle même quand tout semble partir en couille. Quand tout semble sali. Tu te croyais au bout du tunnel et le métis te fait voir la lumière. Bien sur tu sais que la route est longue. Tu n'es même pas certain de sortir de ce piège qui se referme autour de toi, comme un étau. Mais au moins durant ces quelques minutes, tu as vu un bonheur que tu pensais perdu. Une image d'un père et d'un fils dans une scène de la vie quotidienne. Une parenthèse à ton merdier. Une goutte dans ton océan de solitude. Un arc en ciel dans ton ciel de tempête. Un battement de cœur plus fort et plus vrai que tout ce que tu as enchaîné depuis ce jour tragique ou ta vie devant ses flammes s'est arrêté. Et cet instant te fait un bien fou. Il te redonne la niaque. La rage. Il te redonne l'envie de continuer. De ne pas laisser tomber. De venir à bout de ce connard pour que Wayland puisse conjuguer le mot liberté à toutes les sauces. Un gamin de son âge devrait sortir. S'amuser. Danser. Aimer. Pas se prostituer pour de l'argent donc il ne voit que quelques miettes. Il est pire qu'un chien tenu en laisse. Alors oui tu vas tout faire pour qu'il croque un peu plus dans le côté tendre, drôle, aimant, véritable de la vie.

Et si tu ne peux te sauver toi. Tu vas tout faire pour le sauver LUI. « Je pense que tu n'as vraiment pas idée de ton véritable potentiel. » Ce n'est pas au Ruby que Wayland peut le développer. Et s'il a essayé les hommes de Monsieur se sont certainement amusés à le re museler. « Faudra juste être très prudent. » Pour que ce coin de paradis offert avec le cœur, ne finisse pas pour lui en un enfer plus horrible que celui qu'il vit depuis des années. Et tu feras tout pour qu'on ne le piège pas. Et le deal est conclu. Alors c'est sourire aux lèvres que vous passez à table. L'estomac dans les talons. Les émotions ça creusent. Et il y en a eu en peu de temps des émotions. Tu n'en n'avais pas ressenti autant depuis un bail. Et ce sentiment te fait chaud au cœur. C'est un petit rien pour certain. Mais le regard du gamin qui pétille. Ce sourire malgré ses lèvres abîmées. C'est comme du miel. C'est doux, apaisant, brûlant, magique. Et tout ton être se sent bien plus léger. A cet instant ta cuisine baigne d'un bonheur oublié. D'une histoire vraie. D'un rêve impossible. Et tu comptes en profiter le temps qu'il durera. Les assiettes sont vites servies et après un bon appétit les fourchettes partent à la conquête de ce plat que vous avez cuisiné tous les deux. Et quand tu vois l'assiette remplie de Wayland tu te demandes où il va mettre toutes ses pâtes. Parce que c'est plutôt un haricot vert le métis. Mais ce n'est pas toi qui va lui lever le pain de la bouche. Et vous continuez votre discussion mettant en place le bon déroulement de votre future collaboration. « C'est même parfait. Dans ce cas je verrais pour que les grosses tâches tombent quand tu es là. Surtout au niveau des livraisons. Et en prime si tu peux rester pour la soirée, tu auras un bon repas. Et je pourrais te faire goûter les vins. Histoire de te faire ton palais. Tu verras qu'à force tu feras la différence entre un grand cru et un simple vin. » Tu le regardes manger et tu te mets à rire. Pas pour te moquer, mais juste parce que la vision est attendrissante. « Tu es un vrai glouton .. mon fils .. » Tu marques un temps de pause. « Kewan mangeait les pâtes comme  .. toi  .. comme si il n'avait pas mangé durant des jours .. » "Et tu me fais penser à lui. Et tu fais remonter des images. Des moments." Tu aurais tellement le voir grandir. Tu penses même que le courant serait bien passé entre eux. Parce qu'au fond même abîmé, mal mené, Wayland reste un bon gamin. Un gamin a qui on a tout pris. Comme on t'a tout pris. Vous êtes semblables aussi.

Mais même si le métis semble vraiment occuper par son assiette. Il ne perd pas le fil de ton histoire. Et il y revient pas à pas. « Il vaut mieux être seul parfois plutôt que mal accompagné. » Et tu le regardes tout en guidant ta fourchette vers ta bouche. « C'est vrai que c'est mieux de vivre en meute. Mais un animal blessé cherche à vivre seul. Pour ne pas devenir un poids pour la meute. Et je suis un animal blessé. Un animal en colère. Je suis devenu un danger pour la meute. » Tu en es conscient. Tu ne sais même pas si après avoir tué Monsieur tu pourras reprendre une vie normale. Toi qui depuis si longtemps a perdu toute notion de partage. Partage que tu retrouves avec douceur et plaisir au prés de Wayland. « Oui il était temps. Tu me fais réapprendre combien il est doux d'avoir de la compagnie. » Et tu souris. Les pâtes mangées vous passez au dessert. Et il plaît également. « En tout cas une chose est sure. Cela fait du bien à ma vieille carcasse de t'avoir rencontré. » Puis vous débarrasser la table et vous rangez la cuisine, le gamin semble épuisé. « La journée a été longue. Tu devrais aller prendre une bonne douche et puis te coucher. Il y a des serviettes dans la salle d'eau. Je vais te sortir ce qu'il faut pour mettre sur tes blessures. » Tu files dans ta chambre et te reviens avec le nécessaire. Tu as même pris un tee-shirt propre en prime au cas ou. « Tiens désinfectant, pommade cicatrisante, et pour les bleus. Et puis si tu veux t'habiller. Le lit est fait tu n'as plus qu'à t'y enfoncer.  » Tu lui tends le tout. Une accolade. Un bonne nuit et tu regardes le gamin s'éloigner vers la chambre d'ami. Toi tu files dans la tienne. Tu passes sous la douche, histoire de te détendre.Tu allumes une clope que tu fumes à ta fenêtre. La ville est si calme à cette heure.  Puis tu sors ta boite à souvenir, boite que tu caches. Et tu t'installes sur ton lit. Sortant les photos de ton passé perdu. La photo de ton mariage. La première prise à la naissance de ton fils. Celle où il est sur son vélo. Le pauvre la chute qu'il avait fait quand tu lui avais enlevé les petits roues. Les urgences et cette cicatrice qu'il arborait fièrement. Une mèche de ses cheveux. Un foulard de ta femme avec l'odeur de son parfum. Et le camion de pompier. « Vous l'aimeriez ce gamin. Vous l'aimeriez. » Et les larmes coulent acides et meurtrières. « Vous me manquez tellement. »Tu t'allonges et tu fermes les yeux. Sur l'image de ta femme avec son ventre arrondi tenant dans ses bras votre fils. Ils sont sur tous les deux sur le devant de la maison. Toi tu pars au boulot. C'est la dernière fois que tu les as vu. Tu leurs as dis au revoir sans te douter que c'était un adieu. Et puis le visage de Wayland vient se superposer. Comme si ton esprit savait quelque chose que toi tu n'as pas encore saisi. Et le sommeil te prend. Te vidant de tes dernières forces. Tu y plonges. Voulant oublier la douleur affective que tu ressens.

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Et si les rires prenaient la place des larmes.
Et si demain on refaisait le monde. Notre monde.
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Wayland CollinsLa jeunesse dorée et éclatante
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Sujet: Re: [terminé] S.O.S. (Raoul/Wayland) ( le Mar 21 Avr 2020 - 13:50 )
Ton potentiel ? Tu n’en as pas…. Il faut être réaliste, ce n’est pas au Ruby que tu as pu le découvrir, et encore moins dans la rue. Tu sais que certains te considèrent désirable, tu sais que tu attires les regards et qu’on aime parfois ta moue bougonne. Tu sais que tu as la parlotte pour les attirer dans les filets du Ruby, que tu sais exactement comment faire pour leur faire tourner la tête. Tu sais dépenser leur argent, vider leurs poches, les défaire des obstacles de leur ego….
Mais tout ça, ce n’est que le prostitué du Ruby. La marionnette d’Alvaro. Un jouet de plus sur un marché déjà inondé. T’as rien d’autre pour toi. Rien de concret, aucun bagage, aucune réalité concrète.
Oh tu pourras bien soulever ses caisses et ranger ses bouteilles, tu veux même bien apprendre à goûter et différencier les vins, mais de là à parler de potentiel… C’est tellement flou pour toi, tellement obscur : un autre monde auquel tu n’as jamais appartenu.

La conservation revient, ramène ses vieux souvenirs, charrie une nostalgie dont tu deviens coutumier avec Raoul et tu lui décoches un petit sourire, essayant de chasser les nuages que tu vois déjà s’accumuler derrière ses iris. Ces nuages terribles, ces ondes de choc qui semblent l’ébranler tout entier. T’aimes pas ça, c’est certain m peut-être parce qu’aussi fort et solide qu’il semble être, t’as envie de le protéger. Comme si tu savais qu’au fond, Raoul n’est qu’une ruine prête à s’effondrer. Et c’est bête amis toi, tu veux le préserver un peu, le garder encore à tes côtés, profiter de lui pas comme tu l’aurais fait d’un autre, mais par pur égoïsme. Tu l’apprécies bien, cet homme-là. Tu l’adores. Il y a quelque chose entre vous, c’est certain, quelque chose qui éclot doucement et réchauffe ta poitrine au fur et à mesure : l’impression de construire enfin un petit coin secret rien qu’à toi. Ça n’a pas de prix cela.
Il te le confie à demi-mot, ces fragilités que tu devinais et tu hoches la tête, pas sûr de savoir quoi y répondre. T’es pas grand-chose, t’as même pas la capacité de lui promettre quoi que ce soit, mais t’aimerais le rassurer un peu, autant que tu peux en tout cas.
- Elle n’est pas si vieille que ça, ta carcasse….
Tu souris, avec cette insolence de la jeunesse qui sait si bien rafraîchir les moments. Il débarrasse, t’indique la chambre, la salle de bain et il te donne tout le nécessaire pour te chouchouter. Grand frère modèle, Papa parfait, ami inestimable…. Quoique non : Raoul, c’est définitivement un Papa. Tu le sens au fond de tes tripes, il était fait pour la vie de famille, pour avoir un gosse à protéger et chérir. Et tu comprends encore mieux pourquoi il semble si… incomplet.

Après une bonne douche chaude, mécaniquement, tu désinfectes tes plaies, tu mets de la pommade sur les bleus : vieille habitude tirée d’un passé assez mouvementé. Tu grimaces un peu, tu ne regardes pas de trop près les plaies, tu évites de considérer ton corps comme t’appartenant et tu ne le vois que comme une marchandise, un bien que tu dois ramener prêt à être utilisé. Ce qui signifie en assez bon état. Rien de plus.
Tu te glisses en boxer sous les draps et tu fais comme il te l’a dit : tu t’y enfonces pour t’y perdre. Le ventre plein, l’impression d’être en sécurité, et heureux. Juste un peu, juste ce qu’il faut malgré les quelques souvenirs de ce client dérangé qui flottent encore dans ta mémoire.
Tu n’as qu’à fermer les yeux…. Etre là. Juste là. Nulle part ailleurs : ni dans cette salle de bain lugubre, ni au Ruby, ni dans le lit d’un client. Là. Avec Raoul tout près si besoin.
Ce repas. Tout était parfait. Et l’ail dans l’eau des pâtes. Oui, l’ail…. Tes pensées papillonnent, tu sombres petit à petit, mais tu vois la gousse d’ail être transférée dans l’assiette d’un adulte, tu souris, tu te perds un peu, c’est….



Tes yeux se réouvrent sur les flammes. Partout, autour de toi, devant, derrière : tu hurles de terreur, comme à chaque fois, tu hurles parce que la peur est là, omniprésente, et qu’elle s’est emparée de toi. Tout ton être frémit, tremble et frissonne : c’est pire que cela. Ton cœur se comprime, tu cherches désespérément à arracher cette maudite ceinture. Tu tires, tu sanglotes et tu cries, tu appelles : ils doivent venir t’aider, c’est ce qu’ils font toujours, ils sont là pour toi, ils te l’ont promis. Une vie sans eux, c’est impossible alors ils vont venir. Elle avec son sourire rassurant et lui avec sa force et sa tendresse protectrice.
Et tu l’entends. Comme à chaque fois. Tes yeux débordent de larmes mais tu l’entends. Elle hurle ton prénom, c’est très distinct, elle crève de trouille elle aussi. Coincée à l’avant. Et comme à chaque fois, tu découvres que vous êtes dans une voiture : elle aussi se bat avec sa ceinture, elle te lance un regard effrayé. C’est comme un électrochoc : elle a aussi peur que toi et cette fois-ci, elle ne peut pas t’aider.
Non non non non non non….
La portière s’ouvre soudain, un bras t’attrape : la ceinture ne lui résiste pas et elle, elle agrandit les yeux, elle hurle de terreur, de colère, de rage, d’épouvante. On t’arrache à elle, c’est tout ce que tu comprends alors tu hurles de tous tes poumons de gamin, tu tends les bras vers elle mais t’as pas le temps d’effleurer les doigts qu’elle tend vers toi qu’il t’emmène.

- MAMAN !!!


Tu te redresses en sursaut dans le lit, le front trempé de sueur, la peur grignotant encore tes entrailles. Le souffle ne revient pas, tu le cherches désespérément sans rien voir d’autre que cette main qui se tendait vers toi alors que déjà, tous les autres détails s’effacent. Comme à chaque fois, ne laissant qu’un brouillard glauque et dérangeant.
T’arrives pas à te calmer, tu n’y arriveras pas avant un moment.

C’est là que tu le vois : tu as dû t’agiter, marmonner, peut-être même crier avant de te réveiller et il est venu à ton chevet. C’est…. Comme une bouée de secours soudain : ton cerveau est out, tu tends les bras, les passes autour de son cou et te serres contre lui, enfouissant ton visage dans son cou, encore secoué de terribles tremblements.
- T’es là…. t’es là….. t’es là….


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Sujet: Re: [terminé] S.O.S. (Raoul/Wayland) ( le Dim 26 Avr 2020 - 11:55 )

rage at the edge of the heart.
wayland & raoul
L'espoir.  Tu sais combien il est important dans la vie. Il permet d'affronter les pires saloperies. Même si la flamme de celui ci est faible, vacille, tant qu'il existe il permet de garder la tête hors de l'eau. Il permet de ne pas se dire que tout est fichu. L'espoir il se cache parfois dans les détails les plus minimes. Un peu comme le diable. Il donne envie de lutter. De se relever même si on ne fait que tomber. Il a habité ton regard tant de fois ces dernières années. Il s'y loge encore quand il te semble te rapprocher de Monsieur. Quand tu sembles frôler la solution de cette vengeance qui te bouffe depuis tant d'années. Et c'est justement cet espoir, celui de voir la justice rendue qui te maintient en vie. Même si ce n'est que par un fil. Et cet espoir semble avoir un nouveau regain depuis que Wayland a fait éruption dans ta vie. Il a été un peu comme une bombe nucléaire. Il a tout rasé, plantant un nouveau parterre de fleur sur le désert de ta vie. Bien sur tu ne t'emballes pas parce que tu ne sais pas si tu t'en sortiras. Mais avec ce que tu lui as proposé tu sais que lui le pourra peut être. Le Ruby c'est son enfer à lui et si tu arrives grâce à la main que tu lui tends l'en faire sortir, tout cela n'aura pas été en vain. Et lui se rappellera de l'homme bon que tu étais. Même quand tu feras les gros titres des journaux télévisés. Que la vérité tombera comme le couperet d'une guillotine. Wayland aura vu le vrai Raoul. Et en retour tu pourras tirer ta révérence en emportant avec toi ses sourires, son regard rieur, ses manies de gosse abîmé. Cette sensation que si Kewan avait grandi il lui aurait ressembler. Il fait battre ta fierté de père ce gamin. Il y a si longtemps qu'elle n'avait pas été aussi forte et aussi sincère. Aussi vivante.

Et même si la nostalgie te blesse un peu. Même si tout peut sembler sonner faux. Toi tu sais que tout est vrai. Et que le métis malgré tout ce qu'il te dit. Mérite d'avoir une chance. Une vie autre que celle qu'on lui a donné depuis des années. Il a droit à son bout de ciel bleu. A son coin de bonheur. Et tu feras tout pour lui obtenir. Qu'importe le sacrifice. Tu n'as plus rien à perdre et lui a tout à gagner. Et il en vaut le coup même s'il pense le contraire. Même s'il ne voit que sa misérable vie et ce déchet qu'il est. Enfin qu'on lui dit qu'il était. Alors quand vous êtes assis tous les deux à la table de ta cuisine. Devant ce repas cuisiné ensemble. Comme un père et un fils l'auraient faits. Quand son visage et son corps portent les stigmates d'une lutte et d'une mort que tu lui as sans doute évité. Quand dans vos âmes et vos cœurs le froid se glissent avec la peur. Une étincelle malgré la noirceur éclate. L'espoir. Celui d'un lendemain. Celui d'une autre histoire. La vôtre peut être. Celle que vous pourriez écrire ensemble dans un ailleurs. Loin de l'horreur. Loin de ce monde qui vous a séparé il y a des années. Et qui par miracle vous réunit. Sans que vous le sachiez. Enfin dans le profond de vos êtres les messages se distillent sous les indices dévoilés. Même si la vérité reste complexe et impossible à mettre en place. Tu sais que quelque chose te rattache à ce gamin. « Disons qu'elle tient le coup pour le moment. » Et la soirée touche à sa fin. Avec des questions sans réponses. Mais avec un nouvel souffle. L'espoir.

Alors tu retrouves ta chambre. Pendant que Wayland retrouve la chambre d'ami. Tu sais que tu ne vas pas dormir tout de suite. Trop de choses dans ta tête passent vaporisant un nuage de doutes, d'images incomprises. Tu fumes une cigarette à la fenêtre de ta chambre. Dehors tout semble si calme. Alors que tu sens ton être en effervescence. Tout se bouscule dans ton cœur. Comme si on s'amusait au bowling. Les quilles tombent et certaines ne se relèvent pas. Bordel monstre qui complique les explications. Qui troublent les solutions. L'évidence du problème. Et ce n'est pas dans la fumée de ta cigarette que tu trouveras les réponses. Alors tu tu vas te doucher, espérant que l'eau apaisera ce remue ménage sans nom. Mais loin d'être sans raison. Et puis une fois ton corps lavé tu te poses sur le lit. Tu as pris ta boite à souvenir et ton flingue. Tu commences par le nettoyer. Tu sais que cela t'aide à oublier. A t'apaiser. Et une fois fini, tu ouvres ta boite. Ce n'est pas la meilleure idée, car tu sais que ce que tu y vois te bouscule. Et enclenche souvent tes larmes. Tu ne sais pas à quel moment tu t'es endormi. Tombant épuisé sur ton lit entouré de tes souvenirs. Entouré de ton passé perdu à jamais. Rêvant de ces moments dont Monsieur t'a privé. De ces moments ou avec des si tu referais ta vie. Tu aurais vu Kewan grandir, et devenir Wayland. Mais tu passes cette hypothèse trop invraisemblable. Tu aurais vu ta fille naître. Quelle belle famille vous auriez formé. Mais tu t'agites pour tout chasser. Trop douloureux de voir, même en rêve, un avenir radieux. Un avenir qui n'aura jamais lieu.

Et puis tu sursautes. Parce que le rêve se transforme en un cauchemar. La voiture en feu. Parce que tu entends ton fils crier maman. Et tu réalises que tu n'es pas le seul à t'agiter. Alors tu te lèves, ne prenant même pas la peine d'enfiler autre chose sur ton boxer et ton débardeur. Débardeur qui laisse voir la cicatrice faite par une balle au niveau de ton épaule, quand Kewan était encore gamin. Tu te souviens qu'il s'en était faite une pas loin derrière à son bras en chutant de son vélo. Il était devenu un héros comme son père. Tu ne sais pas pourquoi tu penses à tout cela alors que tu te diriges vers la chambre d'ami. Tu ouvres la porte, Wayand est agité. Tu t'assois au bord du lit. Et doucement tu caresses ses cheveux, ne voulant nullement le surprendre. Car tu le sens ailleurs. Envelopper par la douleur. Cela te serre le cœur. « Je suis là Kewan tout va bien aller, c'est juste un mauvais rêve. » Tes mots sortent tout seul , comme tes gestes se font instinctivement. C'est ancré dans tes veines. Tatoué dans ton cœur. Et le gamin te tend les bras. Tu le réceptionnes contre ton torse. Et tu vois cette cicatrice sur son bras. Tu y passes même ta main dessus. Ses bras entourent ton cou et la cicatrice disparaît alors que sa tête se cale dans ton cou. « Oui je suis là. Je serais toujours là fiston. » Promesse déjà faite. Et tu le serres. D'un coup tu redeviens Nolan, tu repars en arrière et c'est un gamin que tu tiens dans tes bras. Ton gamin. Et tu fais les mêmes gestes. Doucement contre son dos, contre sa nuque. « Est ce que c'est le monstre de l'armoire qui t'a encore fait peur ? » Non c'est un monstre bien plus grand, plus terrible. C'est le même que toi. C'est le monstre du feu, des flammes. Celui qui arrache les âmes. Celui qui arraches les cœurs. Celui qui séparent les êtres et les jettent dans des tourments sans fin. Celui qui vous a séparé. Et qui là vous réunit sans que vous le compreniez. Tu le gardes contre toi. Autant bouleversé que lui.

Pauvre êtres malmenés que vous êtres. Pauvres âmes égarées qui ne voient pas le chemin de la vérité. Pauvres cœurs esseulées qui pourraient trouver un foyer si vous osiez les écouter.

LE TEMPS C'EST ARRÊTÉ .....  

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Sujet: Re: [terminé] S.O.S. (Raoul/Wayland) ( le Dim 17 Mai 2020 - 14:40 )
Il est là. Près de toi. C’est Lui. Celui que tu attendais depuis tout ce temps, cette ombre qui hantait tes rêves et semblait toujours veiller sur tes cauchemars.

C’est Lui. Tu le sais avec une certitude qui ne faiblit pas, l’assurance du gamin d’autrefois. Tu sais. C’est puissant en toi, ça vibre comme autrefois, quand tu l’attendais encore, blotti sous tes draps, tremblant de peur et d’effroi. Tu l’as attendu tellement de temps en te demandant parfois si tu n’étais pas un peu fou, pas un peu perdu de compter autant sur une ombre dont tu ne savais rien et qui disparaissait un peu plus chaque jour.

Tes doigts s’accrochent à lui, tes mains refusent de le lâcher….. Tu trembles entre ses bras, tu as l’impression de t’éparpiller et de te reconstruire en même temps, et ce sentiment si fort et si dévastateur te met le cœur en charpie.
Tu ne notes ni le prénom de l’Autre, si cette façon qu’il a de t’appeler ‘fiston’ parce que pour l’instant, tout cela te semble absolument normal. Tu redescendras plus tard, quand tes neurones se seront connectés et que l’illusion disparaîtra, mais en attendant, tout cela te convient parfaitement. Comme si, enfin, tu avais trouvé la pièce manquante du puzzle et que tu l’alignais avec toutes les autres, créant un paysage parfait.
Il est là. A te serrer comme pour te protéger des Monstres de l’extérieur, ceux qui t’ont bousillé, ceux qui vous ont séparé. Il te fait autant de bien que de mal, parce qu’il te rassure et en même temps, tu sens une colère sourde, rageuse, monter en toi, dirigée contre lui. Pour son absence, le temps qu’il a mis à te retrouver, son silence et tous ses manquements à ses devoirs les plus élémentaires durant tout ce temps. Tu lui en veux mais tes doigts s’accrochent un peu plus à lui, comme si finalement, l’enfant en toi savait qu’il ne pourrait lui en vouloir plus longtemps que cela. Comme si, de toute évidence, la joie de le retrouver surpassait de loin la colère de toutes vos erreurs.

Ce n’est pas le monstre de l’armoire qui t’a fait hurler. Pas cette fois. Ce monstre-là, celui qui te torpille les entrailles, il est pire que tous les autres. Et il le sera toujours.
- Les….
Et le mot te brûle, le mot te hante, c’est terrible. Si le cauchemar semble s’être effacé, il demeure quelques miettes effrayantes qui te torpillent la cervelle et t’empêchent d’être cohérent. Tu as toujours vécu cela seul, au fond de ton lit – ou de celui de tes clients – et personne avant lui n’est jamais venu t’aider dans tes tremblements. Mais maintenant, c’est comme si la boîte de Pandore voulait s’ouvrir, comme si….
- Les….
Si rouges, si brûlantes, si dangereuses. Et Elle qui y était resté, comme prisonnière, tendant pourtant ses bras vers toi pour te récupérer. Elle avait compris, elle savait et toi…. Toi tu as…
- Les flammes….
Le sanglot te râpe la gorge et tes doigts le serrent un peu plus contre toi, quitte à lui faire mal. Et pour la première fois depuis maintenant 17 ans, tu pleures vraiment. Pas de douleur ni à cause des coups. Tu pleures de souffrance, de peur, de déchirement. Tu pleures Celle que tu as perdu à jamais là-bas, Celui qui n’est pas venu te chercher, la douleur d’une vie brisée alors que tu n’avais rien fait pour le mériter. Ce n’est ni violent ni exubérant….. C’est calme, presque apaisant parce qu’enfin, les larmes sortent. Comme si elles l’avaient attendu lui et son épaule pour savoir qu’elles avaient le droit de sortir.
Ça dure un moment. Comme toutes les souffrances, celle-ci finit par s’apaiser. Peut-être parce que le temps a passé, et qu’elle a eu le temps de sécher, de cicatriser…. De lentement se faire une raison.

Et avec elle s’en vont les illusions.

Ce n’est plus Lui, c’est Raoul. Un peu de froid s’introduit dans ton cœur alors que tu mesures ton erreur, mais tu restes contre lui. Parce que dans le fond, Raoul est un peu de ce Lui qui te manque depuis tant de temps, sans que tu saches qui il est et comment il se nomme. Ton front contre son épaule, tu soupires, chassant les derniers sanglots.
- C’était….. juste un…. Cauchemar….. je crois.
Parce qu’au fond, tu n’en es pas bien sûr. Les souvenirs ont parfois la même odeur.

- Je t’apporte que des emmerdes, décidément….


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Sujet: Re: [terminé] S.O.S. (Raoul/Wayland) ( le Dim 31 Mai 2020 - 0:11 )

rage at the edge of the heart.
wayland & raoul
Assis sur le lit, tu tiens le gamin entre tes bras. Ton gamin. Il a cinq ans et toi quinze ans de moins. Et le père retrouve le fils dans une évidence sans tâche, sans blessure. La douleur s'efface, le vide se remplit, la rage s'apaise. Nolan et Kewan reviennent à la vie. Et plus rien d'autre ne compte ou n'a de sens. Tu sens ton cœur battre contre le sien. Tu le sens trembler, la peur a saisi son âme. Alors tu le rassures de tes gestes qui reviennent par vagues. De cette tendresse qui gorge ton cœur et que tu n'as plus distillé depuis si longtemps. Peu importe que tout se mélange, le passé, le présent, et l'avenir qui n'est pas encore écrit. Est ce que seulement il s'écrira un jour ? Tu saisis l'instant présent, même si il est du à un cauchemar qui met la gosse dans tous ses états. Tu l'enserres de ton amour, il est puissant. Il se met à galoper comme s'il retrouvait enfin sa liberté, sa raison d'exister. Il y a cette connexion profonde, intense qui se tisse. Elle relie vos deux carcasses frappées par la souffrance. Et au delà tout semble plus doux. Tu veux y croire. Là sur ce moment tu veux croire que Wayland est Kewan. Que tous les deux vous retrouverez un jour, la paix. Ensemble vous devenez plus fort. Ensemble tout semble possible, même l'impossible. Parce que tu ne veux plus le laisser t'échapper. Tu as déjà perdu un fils. Tu ne veux  pas le perdre lui. Ce nouveau fils qui semble se greffer avec facilité à ton cœur sans qu'il n'y est de rejet. Comme si c'était sa place. Comme si au fond il ne l'avait jamais quitté, il c'était juste effacé. Et là il refait surface. Il a un fossé entre vous. Un fossé creusé par la vie. Un fossé de quinze années de malheur. Mais tu veux le combler. Tu veux le voir disparaître. Avec ton passé, avec son passé. Avec votre passé. Avec votre amour qui déborde de toutes les pores de votre peau. Et de ce vide comblé tu veux créer l'avenir. Votre avenir. Tu y crois. Comme tu n'y a jamais cru. Même si tu te dis que rien n'a de sens sur le coup. Que tu confonds tout. Mais les larmes du gosse elles sont vraies tout comme la douleur que tu lis dans son corps qui se tient blotti tout contre le tien. Il te parle de flammes. Et le mot te saisit et te dévore avec rage. Rallumant la souffrance profonde de ce jour maudit ou le feu à dévorer les deux êtres les plus précieux de ta vie. Le feu en écho comme si cela aussi devait vous être commun. Comme un lien de plus dans le mélange qui ne semble pas avoir de sens.

« Des flammes ? Tu as vu quelqu'un brûler ? » Une personne chère ? Un père ? Une mère ? Un frère ? Tu imagines tout. Alors que la réponse s'est faite évidente dans ton esprit. Tu le sais au fond de toi que là se trouve la réponse. La seule et unique réponse. Mais tu ne l'acceptes pas. Parce que la vérité est encore plus horrible que la perte que tu pleures depuis quinze ans. Tu sens bien que les mots lui pèsent, qu'ils arrachent un pan de son cœur. Qu'ils malmènent son âme. Qu'ils ébranlent son être. Alors tu le serres encore. Un peu. Quelques secondes. De peur que tout disparaisse. Même son parfum semble se doter de souvenirs. Comme quand Kewan venait se serrer contre toi après avoir été un moment dans les bras de sa mère. C'est sucré, ça danse, cela ébranle. Et tu ne veux pas revenir à la réalité. Tu es bien là avec le gosse entre tes bras. Avec ton passé qui s'étiole. Et qui disparaît en fumée, te laissant un instant dans les limbes.

Retour à la réalité. C'est violent. Déroutant. Même si Wayland reste contre toi. Le front contre ton épaule. Il soupire. Juste un cauchemar qu'il balance. Juste un cauchemar qui dans ses yeux étaient bien réel. Tout comme dans les battements de son cœur. Tout comme dans son souffle et ses larmes. « Un cauchemar violent vu ton état. Un cauchemar en rapport avec le feu. » Et tes mots sont murmurés parce qu'ils te font aussi mal que ce qu'ils doivent lui faire mal. Les flammes en souffrance. Une drôle de coïncidence. « Non c'est rien. Je ne dormais pas. » Tu le gardes un peu contre toi. Tu as peur qu'il s'échappe. Qu'il disparaisse. « Tu veux un verre d'eau ? Ou un verre de lait chaud ? » Kewan il adorait un verre de lait chaud quand il avait fait un cauchemar avec un soupçon de cannelle et de miel. Tu ne peux pas t'en empêcher de faire un rapprochement. De souhaiter qu'il veuille la même chose. « Arrête de dire des conneries. Tu ne m'apportes pas que des emmerdes. » Tu lui embrouilles les cheveux avec tendresse. « Tu me rends vivant ... » Tu stoppes avant de dire le prénom de ton fils. « Wayland tu me montres qu'une part de moi peut espérer. » Même si tu ne sais pas encore ce que réellement tu peux espérer. « Je ne sais pas le cauchemar qui t'a réveillé. Mais je pense qu'il est du à un traumatisme bien réel. Tu devrais en parler cela pourrait t'apaiser. » Parce que de le voir ainsi t'a fait mal au cœur, mal à l'âme. « Tu ne peux pas garder cette douleur en toi. Elle va te détruire. » Et tu parles en connaissance de cause. Toi tu as toujours voulu garder la souffrance de la perte en toi. Et elle te lacère chaque jour le cœur avec violence. Wayland est jeune il peut s'en défaire pour avoir une vie meilleure. Puis tu le laisses un instant pour aller lui cherche à boire. Et tu reviens prêt à veiller sur son sommeil. Parce que tu veux qu'il se sente apaiser. « Je peux rester là jusqu'à ce que tu t'endormes si tu veux. » C'est proposé avec tendre, avec amour. Tu sais que tu en as autant besoin que lui.

vmicorums.




Et si les rires prenaient la place des larmes.
Et si demain on refaisait le monde. Notre monde.
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Wayland CollinsLa jeunesse dorée et éclatante
Wayland Collins
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Sujet: Re: [terminé] S.O.S. (Raoul/Wayland) ( le Ven 12 Juin 2020 - 23:44 )
Des flammes. Depuis une éternité. Toujours. Dans tes rêves, tes cauchemars, ton quotidien, à te pousser à trembler et espérer – en vain – que quelqu’un vienne enfin les arrêter….

Durant quelques temps, Elle y avait réussi, parfois. Elle avait séché tes larmes après chaque cauchemar, t’avait bercé après tes cris malgré le regard d’Alvaro sur vos deux formes enlacées, qui semblait tout te reprocher sans que tu comprennes réellement le sens de son mépris. Elle avait tenté d’y faire face, mais quelque part, dans ses réconforts et ses mots de tendresse, tu sentais que quelque chose…. Clochait. Quelque chose sonnait faux, indubitablement, comme si elle te cachait quelque chose. D’après elle, les flammes n’étaient qu’une illusion de l’esprit, un mauvais cauchemar qui ne rimait à rien. Combien de fois t’avait-elle affirmé que tous les petits garçons rêvaient de flammes et que cela était…. normal ? Insuffisamment puisque tu n’avais pas réussi à adhérer totalement à sa théorie. Il y avait toujours quelque chose en toi, un morceau d’un autre disparu depuis des années, qui te criait quelque part dans le fond de ton inconscient qu’elle mentait, que ce cauchemar-là n’appartenait qu’à toi. Et qu’il avait tout son sens. Mais durant tout le temps où ses bras maternels t’avaient serré contre elle, tu avais fait semblant d’y croire. Juste pour qu’elle ne s’éloigne pas et ne t’abandonne pas au regard d’acier d’Alvaro.

Mais depuis sa disparition, les flammes se faisaient plus brûlantes qu’avant, plus démentielles aussi. Elles dévastaient de plus en plus de choses à chaque fois, laissaient un tas de plus en plus conséquent de cendres. Comme si elles enrageaient que tu ne comprennes pas leur message…. Ou comme si…. elles continuaient leur œuvre. Insidieusement.
Ton front contre l’épaule de Raoul, tu profites un peu plus de sa présence. Egoïstement. Mais cela fait une éternité que tu n’as pas eu de soutien depuis sa mort à Elle, et cela te manque. T’as beau joué au garçon fort et solide, il y a parfois où la vie t’oblige à t’effondrer, malgré toi. Et ces instants-là sont toujours solitaires. Pour une fois, tu apprécies la présence l’épaule amicale. Et cette proposition de lait chaud fait remonter quelques odeurs d’autrefois, des ambiances détendues et la promesse d’une sécurité qui te fait défaut depuis trop longtemps. Ton cœur s’apaise et tu hoches doucement la tête avant de répondre, la voix refusant de reprendre son assurance d’avant et s’écorchant un peu en révélant de tes faiblesses de gamin….
- Un lait chaud, oui…. Bonne idée.
Et dans un demi-sourire qui ne s’avoue pas, tu ajoutes pour toi-même :
- J’adore ça.
Avec du miel et un peu d’épices. Comme tous les enfants, probablement. Il te semble que tu en buvais quand tu étais plus petit. Avec Elle, sans doute. Même si les souvenirs sont flous, pour une fois tu n’arrives pas à te remémorer exactement son visage quand elle te servait…. Etrange.

Raoul enchaîne et ses mots te réchauffent le cœur : tu sais qu’il veut juste te réconforter, rien d’autre. Il fait ce que tout adulte ferait devant un gosse en train de se lamenter : il verrait le bon côté des choses et lui assurerait que tout va bien. Raoul le fait à la perfection, ce rôle-là, parce qu’il arrive quasiment à te convaincre. Doucement ses mots dérivent, évoluent vers une suite qui t’incommodent : parler de tes cauchemars n’est qu’une option parmi d’autre. Mais une option plutôt désagréable quand on connaît le milieu dans lequel tu évolues. Parler de ses faiblesses ne se faisait pas, à moins d’avoir envie que quelqu’un les utilise contre soi. Et quand on était le « jouet » d’Alvaro, il valait mieux les taire à jamais et ne pas les confier au premier venu. Les premières leçons sur cet état de fait avaient été terribles pour le gamin que tu étais autrefois…. Mais au moins, elles avaient été efficaces et tu les avais parfaitement retenues.
- Oui, peut-être….
Mais c’est un ‘peut-être’ qui signifie ‘jamais’ dans ta langue à toi. Un ‘peut-être’ qui lui demande de ne pas insister, de ne pas trop te forcer la main parce que tu ne seras jamais capable de parler de ça à quiconque. Et tu es presque soulagé quand il s’éloigne pour aller chercher ce fameux verre de lait chaud, mais peut-être pas autant que quand il revient avec.

Lui. Ce mug. C’est un peu trop parfait non ? Tu lui souris malgré toi, une pointe de bonheur s’effilochant sur tes lèvres, et tu portes la tasse à ta bouche pour savourer la chaleur du lait sur ta langue. Tu prends ton temps, juste pour ne pas avoir l’air d’apprécier trop vite son offre de rester jusqu’à ce que tu t’endormes….. Merde, tu redeviens vraiment un môme avec lui. Mais Dieu que c’est bon !

Encore quelques gorgées du breuvage chaud avant de sourire doucement, la fatigue revenant t’aider à articuler :
- Je veux bien, oui.
Tu n’en avoueras pas plus. C’est déjà beaucoup de ta part. Tu reposes le mug sur la table de chevet et tu recouches : sur le côté en chien de fusil, pour le voir encore un peu. Et ta main vient attraper la sienne.
Comme Kewan après chacun de ses cauchemars, qui veillait à ce que son Papa ne parte pas trop loin de lui. Tu souris doucement, déjà Morphée revient, apaisé, serein, et le sommeil qui va suivre sera bien meilleur, tu le sais. Tes yeux papillonnent avant de se fermer, mais ton sourire ne disparaît pas.
- Chasse les méchants.

Cette comptine d’autrefois, tu l’avais oublié. C’est étrange parce qu’en cet instant, elle te paraît terriblement familière. Naturelle.
Tu avais oublié que c’était ce que Kewan disait toujours à son papa avant de s’endormir.

C’est drôle la vie, hein ?


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Sujet: Re: [terminé] S.O.S. (Raoul/Wayland) ( le Lun 15 Juin 2020 - 10:11 )

rage at the edge of the heart.
wayland & raoul
Tu restes là aux côtés de Wayland qui s'endort doucement, tu chasses les monstres comme il te l'a demandé. Comme tu le faisais par le passé quand Kewan perdait le sommeil à cause d'un cauchemar. Tu regardes son visage qui semble trouver le repos et un peu de paix. Tu as bien compris que son mauvais rêve n'était pas du à des peurs que l'enfance fait naître. Non les cauchemars du métis sont comme les tiens, ils sont dus à une souffrance horrible, à une détresse profonde, à un vide néfaste, à une situation passée bien réelle. Le mal qui le ronge et qui l'a réveillé cette nuit est aussi vorace que celui qui te tenait éveillé, avant que tu ne débarques dans sa chambre attiré par ses cris. Des cris qui ont glacé ton cœur. Le serrant de douleur comme s'il voulait la partager avec le gamin. Tu es troublé par cette soirée. Par les mots dits. Par cette complicité qui semble se paraît de geste du passé. Par des automatismes que tu croyais perdus et qui reviennent par vague. Par des automatismes qui se jouent de toi, ballottant ton être sans que tu comprennes ce qui se passe vraiment. Sans prendre l'ampleur de cette horreur que Monsieur a mis en scène pour vous. Rendant le tout encore plus effrayant. Ce gamin il t'apporte ce qu'il te manque. Ce gamin que tu compares de plus en plus, à ce que serait devenu Kewan. Enfin il aurait eu quinze années plus douces. Alors que Wayland n'a connu que l'enfer. Mais ton cœur ne peut ignorer la confusion de ton esprit qui t'aiguille mais pas encore assez pour que tu piges.

Tu le regardes de ce regard de père qui couve son gosse avec amour. Cherchant les points communs. Ce qui pourrait le lier à l'impensable. A l'invraisemblable. Et tout ce qui s'est passé depuis votre rencontre te revient en boucle. Jusqu'à cette tasse de lait chaud dans laquelle tu as ajouté du miel et de la cannelle. Tu as vu son sourire. Sa façon de le savourer. Et puis encore avant qu'il ne s'endorme cette phrase. Tu vas devenir fou. Et réfléchir t'épuise. Tu devrais aller te coucher. Mais tu ne peux quitter cette chambre. Tu ne peux le laisser seul. Tu veux le garder un peu comme si dormir à ses côtés te promettait une nuit douce. Sans image sanglante. Sans visage déchiré par les flammes. Tu t'installes faisant attention de ne pas briser son sommeil. Wayland est si calme, si posé, que tu t'en voudrais de le couper dans cet instant de paix. Et tes yeux se ferment. Un peu. Puis beaucoup. Tu ne peux lutter et tu te laisses bercer par cet apaisement que la présence du métis rend délicieux. Il y a bien longtemps que tu n'avais pas éprouvé ce relâchement. Pas de rêves, pas de cauchemars non plus. Juste un sommeil réparateur. Une parenthèse dans ta tourmente. Ton ressenti sublime ce moment. La présence de Wayland le rend exquis. Tu donnerais ta vie pour qu'il dure éternellement. Car le retour à la réalité fera mal et tu le sais. Pour lui comme pour toi. Mais là tu n'y penses pas. Demain sera un autre jour.  

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