Revenir en haut
Aller en bas

Le deal à ne pas rater :
Abonnement 12 mois Nintendo Switch Online
15.99 €
Voir le deal
Le deal à ne pas rater :
NIKE : 25% SUR TOUT LE SITE
Voir le deal

 

- [terminé] Mineva | Trouver les mots. -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Le Coeur de Naples :: Rues du centre
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
Virgil Alwood10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
Virgil Alwood
https://www.ciao-vecchio.com/t6189-virgil-le-pirate-des-temps-mo https://www.ciao-vecchio.com/t6230-mon-seul-et-unique-amour-reste-l-ocean
Faceclaim : Shemar Moore © vmicorum..(vava)
Messages : 978 - Points : 1455
[terminé] Mineva | Trouver les mots. Tumblr_inline_nmbb8gf1IW1rrrkde
Âge : 46 ans / né le 20/03/1974 en Jamaïque
Métier : Plongeur en haute mer / Propriètaire de la goelette la "Seas of Legends" avec laquelle il sillonne les mers.
[terminé] Mineva | Trouver les mots. Empty
Sujet: [terminé] Mineva | Trouver les mots. ( le Sam 14 Déc 2019 - 18:58 )
Fracture dans le regard.
Minerva & Virgil

Virgil n'a pas arrêté de la journée. Sa réputation commence à faire recette dans la ville de Naples. Avec son équipe il a eu pas mal de clients tentés par une plongée découverte. Certains ont signé pour une autre sortie plus au large. Cet état de fait rassure le pirate, parce qu'avec le souci qu'il a eu avec le musée il craignait que sa carrière soit entachée.  Être traité de voleur, n'a pas trop plu au pirate. Surtout que plus droit que lui difficile à trouver de nos jours. Sa journée a été bien remplie. Il a donné les consignes pour éviter les accidents, il s'est assuré que le matériel était ok. Les heures sont passées vite, il n'a même pas eu le temps de vraiment manger. Alors logique que son estomac réclame et que ses idées divagues. Ce soir il ne mangera pas sur sa goélette, ni dans son appartement. Il veut se régaler et se poser. Alors il compte aller manger dans son restaurant favori.

Virgil y a d'ailleurs pensé toute la journée. C'est un endroit où il essaie d'aller au moins une fois par semaine, quand son emploi du temps lui permet. Il râle un peu quand il est obligé de se passer de ces mets délicieux. Et oui il est accro aux plats que se trouvent à la carte de cet endroit atypique et qui sent délicieusement l'Italie profonde. C'est surement parce qu'il n'a pas pu y aller la semaine dernière, que l'envie est aussi forte. Enfin une fois tout ranger, les embrassades avec son équipage échangées, Une fois douché et changé, il file dans les rues de Naples en sifflant. Il est heureux Virgil. Heureux de la vie qu'il mène et heureux de cette soirée qui s'annonce gourmande. Mais le destin s'acharne et il se retrouve comme un con devant la devanture fermée.
« Quoi ?? »
Virgil secoue la porte pour s'assurer qu'elle est bien close. Le restaurant est fermé pour une mois pour cause de rénovation.
« Mais pourquoi ?? Il ne pouvait pas être ouvert ce soir et fermer demain. »
Le pirate est déçu, même pire il est effondré intérieurement. Il se faisait une joie de manger dans ce lieu et le voilà réduit à constater qu'il ne pourra pas se régaler. Le drame complet, surtout que toute la journée son esprit a fantasmé, oui fantasmé, sur les saveurs qui seraient dans son assiette ce soir. Et là porte close. Il va manger quoi le pirate ? Le frigo de sa goélette comme celui de son appartement est plutôt vide. Il soupire blasé. Il n'a pas envie de regarder pour un autre restaurant.

Il a remarqué un petit super marché sur le chemin, du coup il rebrousse chemin. Il préfère aller faire quelques courses que de manger dehors. Oui il est tellement blasé qu'il a qu'une envie rentrer chez lui et se morfondre. Enfin il ira sur sa goélette, cela lui remontera le moral de voir la mer. Faut savoir se contenter de ce qu'on a. Il entre dans la boutique, vraiment pas inspiré par ce qu'il voit. Il fait les rayons. Passant d'un à l'autre sans vraiment s'arrêter. Il se dit que c'est une perte de temps, qu'il ferait mieux de rentrer et de se faire des pâtes. Il regarde une dernière fois les légumes, mais à cette heure avancé, on est déjà en soirée, ils font grises mines. Même si le commerce note qu'il est ouvert jusqu'à 22h. Pas trop de qualité. Il va pour partir quand Virgil remarque une silhouette. Il hésite. S'arrête. Regarde avec plus d'intérêt la femme blonde qui se tient devant les boites de céréales. Elle semble indécise. Non perdue. Ou alors c'est que la boite qu'elle a entre ses mains à un pouvoir hypnotisant. Ce qui pourrait bien arriver. Il avance curieux et puis cette silhouette lui semble familière, même si cela fait un petit moment qu'il n'a pas vu la blonde. D'ailleurs la dernière fois qu'ils se sont croisés elle était avec son mari.
« Minerva. »
Il pose avec douceur sa main sur son épaule, parce qu'il voit bien qu'elle n'est pas tout à fait là.
« Minerva ça va ? »
Le pirate est content de la voir, mais il sent que quelque chose cloche, comme si son regard était éteint. Comme si une peine immense habitait son cœur et son âme. Qu'à t-il pu bien se passer pour que la blonde soit ainsi ? Elle si joyeuse, n'a aucune flamme dans ses yeux.

vmicorum.


La Mer patrie
Un bateau. Ce n'est pas que du bois, c'est aussi une âme, bercée par le coeur de son équipage et de son capitaine

   


Dernière édition par Virgil Alwood le Jeu 22 Oct 2020 - 19:01, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Minerva Di Vicenzi10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
Minerva Di Vicenzi
http://www.ciao-vecchio.com/t5501-minerva-love-does-not-delight- http://www.ciao-vecchio.com/t5502-minerva-let-all-that-you-do-be-done-with-love
Faceclaim : Jodie Whittaker (Chrysalis)
Messages : 183 - Points : 666
My universe
Âge : 37 ans (26 septembre 1982)
Métier : Pédiatre
[terminé] Mineva | Trouver les mots. Empty
Sujet: Re: [terminé] Mineva | Trouver les mots. ( le Dim 12 Jan 2020 - 18:26 )
L’implosion de mon univers avait fait des dégâts plus grave que ce que l’on pouvait imaginé. Deux semaines s’étaient écoulés depuis que la bombe avait éclaté, une bombe à laquelle j’aurais pourtant dû être préparée après les six mois de silence radio les plus totaux que j’avais eu. Mon médecin m’avait signé les papiers pour que je sois en retrait préventif… et moi, j’avais envisagé de brûler mon passeport parce que plus jamais je ne partirais.

J’étais capable d’admettre que je n’allais pas bien. Mes sœurs, mes frères et mes parents étaient venus m’apporter à manger en quantité plus que suffisante mais rien, rien ne me faisait envie en ce vendredi soir. Ni la lasagne aux légumes de ma mère, ni les pointes de pizza, ni la bonne soupe faite avec amour. C’était que ma peine prenait trop de place dans mon ventre – elle bouchait tout trou qui aurait pu avoir l’audace de se pousser dans mon estomac. Je savais pourtant qu’avec le bébé qui s’en venait je ne pouvais pas me laisser mourir de faim. Il y avait mon trésor, ce petit bout de lui qui survivrait à la désolation. Et puis même si je faisais l’effort de manger, mon estomac ne semblait pas être d’humeur à coopérer.

J’avais à peine quitté la maison depuis deux semaines puisque je n’avais pas la force d’affronter le regard des autres. Mais bon, une rencontre chez mon gynécologue m’avait amené à fouler l’asphalte de Naples et j’avais sauvagement évité le regard de mes collègues en me rendant à mon rendez-vous. Je n’avais pas fait de scène en plein milieu de son bureau et j’avais répondu par des réponses monosyllabiques si loin de ma personnalité normalement pétillante. Dieu voudrait sans doute que je sois forte. Que je me tienne droite et que j’affirme honnêtement que j’étais capable de subir cette épreuve du feu, mais c’était difficile. Difficile voire même impossible de prétendre que j’allais bien.

Je pouvais au moins me rassurer en me disant que le bébé lui allait bien, j’avais entendu son petit cœur battre avec une force qui à ce stade réussissait encore à me rassurer un peu. Mes pas me menèrent vers le supermarché du coin parce que même si j’avais chez moi assez de nourriture pour nourrir une armée, je n’étais pas capable de m’attaquer à tout ce qui contenait l’amour et la compassion de mes proches. Sans blague la seule chose que j’avais envie de manger à ce moment précis, c’étaient des céréales. C’était déjà mieux que ce qui m’avait précédé mais je savais fort bien que je n’en avais pas. J’étais plutôt du type tartine avec fromage en tranche que céréales normalement. Et même si j’avais fait les courses des centaines de fois dans ma vie… c’était la première fois que je m’arrêtais dans une supérette depuis. Et le sentiment que je ressentais devant les néons aveuglants et le bruit de la supérette (pourtant tranquille) était étouffant. Prenant un petit panier, je parcourus les allées et je ramassais une brique de lait, du pain tranché et j’arrivais devant l’allée des céréales.

Et c’était con sans doute. Mais dans mon souvenir l’allée n’était pas si… énorme. Ce n’était pas un goutte, une flaque, un ruisseau ou une rivière mais un véritable fleuve de marques de céréales diverses qui me surprit. Et je me figeais sur place en fixant les boîtes. Il y avait cette marque de céréales que Clemente adorait et que l’on ne trouvait jamais quand on était à l’étranger. Sauf qu’elle n’était pas là… et que c’étaient les céréales que j’avais envie de manger.

C’était une décision pourtant insignifiante mais c’était… difficile à prendre. Il y avait de la panique dans ma tête comme si j’étais incapable de décider, de choisir. Combien de temps s’écoule-t-il entre le moment où je prend la première boîte de céréales et celle où une main se dépose sur mon épaule ? Honnêtement, je l’ignore. Je reconnais alors Virgil, un marin que j’ai croisé à plusieurs reprises dans cette vie antérieure, quand mon mari… non ! Je déglutis lentement et cligne des yeux. La question est simple et pourtant même quand mon médecin me l’a posé il y a quelques heures, j’ai haussé les épaules sans savoir quoi répondre. Et c’est le même geste qui se produit. Un haussement perdu.

Mais les mots qui sortent de ma bouche ne cherchent même pas à répondre à sa question : « J’avais envie de manger des céréales… mais il n’en reste pas chez moi. ». Elle est petite ma voix, à peine un murmure dans lequel on sent le tremblement d’un orage que je ne veux pas voir se produire en public. Je détourne alors mon regard et désigne d’un geste las : « … il y a trop de marques de céréales… » J’ai pourtant une boîte dans mes mains… je pourrais juste cesser de tenter de justifier pourquoi j’ai les yeux baignés de larmes devant le rayon des céréales mais plutôt que d’admettre que je ne vais pas bien, je poursuis ma tirade. « Tu vois… ils en ont même au chocolat… celles-là ont des vraies morceaux de chocolat, mais celle-ci du cacao. » parce que c’est une informations très importante qui distinguent les chocapic des Spécial K avec chocolat et que je me suis demandé si le chocolat pourrait m’aider à dormir ce soir. Même si je sais que c’est un excitant. « Et celles aux fruits n’ont pas de vrais fruits dedans… Alors, elles font comme si elles étaient santé mais c’est pas vraiment le cas. Enfin celle-là oui, mais c’est des fraises séchées… mais j’ai pas envie de fraises séchées. » Non mais je pourrais me la fermer et simplement prendre une boîte au hasard parce que je la sens ma voix qui craque sur la montagne de larme qui m’étrangle la poitrine. Et je ne vais pas pleurer pour des céréales au beau milieu d’une supérette. Non … même si je murmure encore en évitant le regard de l’homme « Je… trop de choix… » avant de claquer doucement ma langue. « Mais ils n’ont pas les préférés de Cle… » et le prénom de mon mari se coinca dans ma gorge et j’eus un petit hoquet de panique avant de fondre lamentablement en larmes.


We live, we love
When we're coming up to the end of the road. So what do we do then with tragedy around the bend? We live. We love. We forgive and never give up, because the days we are given are gifts from above. Today we remember to live and love.
Revenir en haut Aller en bas
Virgil Alwood10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
Virgil Alwood
https://www.ciao-vecchio.com/t6189-virgil-le-pirate-des-temps-mo https://www.ciao-vecchio.com/t6230-mon-seul-et-unique-amour-reste-l-ocean
Faceclaim : Shemar Moore © vmicorum..(vava)
Messages : 978 - Points : 1455
[terminé] Mineva | Trouver les mots. Tumblr_inline_nmbb8gf1IW1rrrkde
Âge : 46 ans / né le 20/03/1974 en Jamaïque
Métier : Plongeur en haute mer / Propriètaire de la goelette la "Seas of Legends" avec laquelle il sillonne les mers.
[terminé] Mineva | Trouver les mots. Empty
Sujet: Re: [terminé] Mineva | Trouver les mots. ( le Mar 4 Fév 2020 - 19:09 )
Fracture dans le regard.
Minerva & Virgil


C'est par dépit que Virgil rentre dans ce supermarché. Vu que son restaurant préféré n'était pas ouvert, pas d'autre choix que de faire des courses. Il aurait pu regarder pour aller dans un autre restaurant, ce n'est pas les restaurants qui manquent à  Naples. Il est vrai que vu la réputation de certains, cela aurait été un défi. Mais il aurait fini par trouver son bonheur s'il avait eu envie de tenter l'aventure ailleurs. Parce qu'il se rend compte qu'il ne sait pas du tout ce qu'il va acheter. Il verra bien ce que les étals du commerce lui offrent. Il prendra peut être un mixte de légumes et de fruits, de la saucisse, un peu de fromage, à part qu'il ne craque pour de la glace ou des yaourts. Dilemme vraiment compliqué. Mais il n'est pas homme à se faire une montagne de ce genre de petite chose. C'est plus qu'il n'avait pas envie de cuisiner. Et qu'il aurait préféré se poser à une table et être servi. Ce ne sera pas pour ce soir. Du coup il s'arme de courage et il avance en poussant son petit chariot entre les allées du magasin. Il ne connait pas le magasin alors au départ pour le pirate c'est un peu galère. Il se dit que parfois à l'entrée il devrait y avoir une carte pour ne pas se perdre dans les rayons. Ou ne pas passer dans des rayons inutiles et aller juste à l'essentiel. En même temps c'est la fin de la journée et certains produits sont un peu posés n'importe où. Surement des clients qui ont pris les articles et qui les ont posé se rendant compte qu'ils n'en avaient pas besoin. C'est pour cela qu'il y a un vase au milieu des assiettes et une grosse sucette en plein dans le rayon des gels douche. Virgil se demande ce qu'il risque de croiser encore. Mais bon faut qu'il se concentre sur les articles qu'il veut au lieu de jouer au jeu des sept erreurs dans le magasin.

Mais le pirate à beau tourner et retourner rien ne lui tape dans l’œil, bien au contraire. Tout lui crie de sortir et de fuir. De prendre sa clé de voiture et d'aller voir ailleurs. Ou de s'aventurer dans un autre restaurant de la ville. Lui qui n'a pas peur de se jeter à l'eau, semble plus frileux à pousser la porte d'un restaurant qu'il ne connait pas. Il va pour regarder sur son téléphone pour chercher une adresse quand il voit une silhouette blonde familière. Du coup il s'avance. Et là il voit Minerva un paquet de céréales à la main. Elle ne semble pas bien. Il lit même une douleur vivace dans son regard alors qu'elle commence à tenir un discours sur les céréales. Virgil se demande même si elle a pris conscience de sa présence. Pas certain. Elle semble plus partie dans un monologue, une discours que l'on pourrait tenir à l'ouverture d'un gala si les vedettes étaient les diverses sortes de céréales. Elle en connait même un rayon. Parlant de celles avec du chocolat, de celles sans chocolat. Mais le plus troublant c'est que son discours la fait pleurer.
« Minerva tu es sure que tu es bien ? »
Le pirate est loin de s'imaginer le drame qu'il se joue à cet instant dans la tête de la blonde. Tout ce qu'il voit c'est une femme perdue. Le débat sur les céréales avec ou sans fruits, ressemble plus à une bouée de secours qu'une réelle envie d'en manger. Il pose ses mains sur les siennes avec douceur. Ne voulant nullement l'effrayer.
« Minerva tu me fais flipper là. Il se passe quoi ? »
Il cherche des indices, comme une marque, un vêtement déchiré, voir un sac ouvert ou envolé. Mais il n'y a que les larmes. Et cette voix qui ne sait plus si elle doit se laisser aller ou lutter. Quel choc peut-il être le facteur de cette mésaventure ? Virgil en oublie ses courses. De toute façon il n'a rien trouvé.

Alors le pirate se met devant son amie. Lui cachant ainsi la vue des céréales. Il fait un peu plus forte sa pogne sur les mains de la belle. Pour qu'elle revienne à la réalité. Car là Minerva semble pas du tout présente. Même si elle est restée claire dans ses paroles. Et puis il y a un prénom qui ne se termine pas.
« Clémente ? Est ce qu'il est avec toi dans le magasin ? Tu veux que je le cherche ? »
Virgil tourne sa tête à droite, à gauche, mais rien. A part des regards qui les dévisagent se posant surement des tas de questions. Il arrive enfin à retirer la boite que son amie avait entre ses mains.
« Est ce que tu veux bien m'expliquer ? »
Il voit bien qu'elle ne va pas bien. Pas bien du tout. Mais rien ne l'éclaire sur son malaise, sur sa souffrance qui éclabousse son visage de marques profondes. Il masse doucement ses mains. Faisant des ronds avec ses doigts pour la détendre.
« Respire doucement et dis moi ce qui te tracasse. »
De toute façon il ne la laissera pas tant qu'il ne saura pas.  

vmicorum.


La Mer patrie
Un bateau. Ce n'est pas que du bois, c'est aussi une âme, bercée par le coeur de son équipage et de son capitaine

   
Revenir en haut Aller en bas
Minerva Di Vicenzi10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
Minerva Di Vicenzi
http://www.ciao-vecchio.com/t5501-minerva-love-does-not-delight- http://www.ciao-vecchio.com/t5502-minerva-let-all-that-you-do-be-done-with-love
Faceclaim : Jodie Whittaker (Chrysalis)
Messages : 183 - Points : 666
My universe
Âge : 37 ans (26 septembre 1982)
Métier : Pédiatre
[terminé] Mineva | Trouver les mots. Empty
Sujet: Re: [terminé] Mineva | Trouver les mots. ( le Lun 17 Fév 2020 - 21:19 )
J’avais eu à prendre trop de décisions dans les derniers jours : choisir les fleurs qui allaient accompagner le cercueil de mon mari, choisir les saintes écritures qui seraient lu dans sa dernière grande cérémonies, choisir entre l’incinération ou l’inhumation. Trop de décisions. J’avais choisi de ne pas demander une identification du corps. De toute façon, l’ambassade m’avait bien fait savoir que ce n’était pas une vue que je voulais avoir : il serait exposé à cercueil fermé.

Même les néons d’un blanc agressant de la supérette me semblaient d’un calme exemplaire face à cette lente implosion qui se passait dans ma tête devant une décision aussi frivole que celle de prendre une seule boîte de céréales pour continuer ma journée comme si de rien n’était. Parce que c’était cela le plus terrible : pendant que tout ce que je souhaitais c’était une amnésie complète de ce grand bonheur pur qui m’avait habité aussi longtemps que mes années de fréquentations et de mariage, le monde lui continuait d’exister. Les gens trouvaient du positif dans ce qui existait autour d’eux. Et moi, je n’étais qu’un cœur à vif ayant perdu à la loterie du bonheur. Meilleure chance la prochaine fois.

Alors non, mes larmes ne concernaient pas une décision aussi frivole que la boîte de céréale que je tenais dans mes mains. Elles concernaient le fait que j’avais l’impression que la douleur qui m’envahissait par vague était de trois tailles trop grande pour mon corps – mais je ne pouvais pas courir vers la première pharmacie pour que l’on me donne quelque chose qui m’empêcherait de ressentir la tristesse et la douleur aveuglante qui réussissait à m’étrangler tout entière. Un boa constrictor vivant dans ma poitrine.

Je savais que c’était ridicule de m’effondrer de la sorte pour la simple raison que la boîte de céréales dans mes mains n’était pas celle qui aurait fait sourire mon Clemente. Ce n’était pas raisonnable. Mais j’étais fatiguée de me battre pour conserver un semblant d’apparence normale devant mes proches qui passaient me voir. Et j’aurais pu m’en tirer normalement de cette affreuse corvée de sélection de céréales si Virgil ne s’était pas rajouté avec sa question d’une stupidité légendaire quand on ne savait simplement pas comment diable faire pour être en vie. Aucune cartographie de l’océan de larmes que j’étais en train de devenir n’avait été créée. Aucune n’était assez claire pour que je puisse aisément répondre à cette question n’eut été que je ne m’accroche sur le prénom de mon beau prince et que la douleur me revienne à la tronche comme l’acné à un adolescent.

Un point solide qui pendant quelques millisecondes me coupe entièrement le souffle : les larmes que je croyais avoir taries elles ne se font par prier pour ressortir : je me sens trop petite pour contenir autant de tristesse à vif dans mon corps. Trop à vif pour chercher à nier que cet effondrement au plein milieu d’un endroit public est normal. Je ne tends pas à me donner en spectacle de la sorte. Lorsqu’il me réitère la question, cette fois-là j’hoquette vaguement un « Non... vais pas bien ».

Admettre que l’on ne va pas bien dans certains cas est le premier pas vers un nouvel équilibre un peu plus stable. Pourtant, j’ai surtout l’impression qu’il alimente le chant du phénix dans ma tête qui ne cesse de se mourir. Je n’arriverais pas à la surmonter cette cruelle absence. Parce qu’à cet instant précis : je m’en fous que ma divagation et que ma panique de la solitude n’effraie le pirate. Je sens même une colère sourde qui m’envahis lorsqu’il se retourne comme pour chercher du regard celui que j’ai tenté de mentionner mais sans en être capable. Il a beau s’être interposé entre les céréales et moi, je ressens quand même une véritable douleur à le voir chercher cet espoir que j’avais eu dans les sept derniers mois. Et la tempête se précipite dans ma bouche « Il… il est… » mais le mot mort ne veut pas sortir de ma bouche pas plus que tous ces magnifiques euphémismes pour appeler un chat un chat : il a passé l’arme à gauche, m’a quitté, Dieu l’a rappelé à lui. Tous ces mots, je n’arrive simplement pas à les dire. Je me contente de secouer la tête en murmurant d’une voix miniature : « … tu peux pas… le trouver… »

Je suis esseulée avec mon ventre comme seule compagne. Mais même en ce moment, dans mon naufrage de tempête, le petit trésor qui est en moi ne suffit pas à m’apaiser alors que je peine à articuler : « Il est parti… il ne reviendra pas… Dieu me l’a… » et j’espère sincèrement qu’il comprenne. Mes yeux fixent ses mains, qui tiennent les miennes. Il faut que je me calme, que je trouve le moyen de respirer. Une fois, deux fois, trois fois. Les efforts essentiels pour que je réussisse à murmurer : « Clemente est mort. » des mots qui m’étouffent toute entière et que j’entend se répercuter avec violence sur les murs de la supérette. Des mots que j’ai encore de la difficulté à admettre la simple grammaticalité. Non ! Il ne peut pas être mort. Je vis dans un pays de déni que je raccroche à la réalité en me laissant tomber contre le corps du pirate.


We live, we love
When we're coming up to the end of the road. So what do we do then with tragedy around the bend? We live. We love. We forgive and never give up, because the days we are given are gifts from above. Today we remember to live and love.
Revenir en haut Aller en bas
Virgil Alwood10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
Virgil Alwood
https://www.ciao-vecchio.com/t6189-virgil-le-pirate-des-temps-mo https://www.ciao-vecchio.com/t6230-mon-seul-et-unique-amour-reste-l-ocean
Faceclaim : Shemar Moore © vmicorum..(vava)
Messages : 978 - Points : 1455
[terminé] Mineva | Trouver les mots. Tumblr_inline_nmbb8gf1IW1rrrkde
Âge : 46 ans / né le 20/03/1974 en Jamaïque
Métier : Plongeur en haute mer / Propriètaire de la goelette la "Seas of Legends" avec laquelle il sillonne les mers.
[terminé] Mineva | Trouver les mots. Empty
Sujet: Re: [terminé] Mineva | Trouver les mots. ( le Ven 28 Fév 2020 - 14:31 )
Fracture dans le regard.
Minerva & Virgil


C'est le destin qui pousse Virgil a entré dans le magasin. De toute façon il n'a pas trop le choix s'il veut prendre un repas correct. Même si là il se sent désemparé parce qu'il ne trouve rien qui lui convient. Il a presque envie de sortir et d'aller chercher un nouvel endroit pour manger. Après tout la ville de Naples propose d'autres restaurants, alors cela ne devait pas être compliqué de trouver. Mais il semble que le destin n'est pas envie qu'il sorte de ce commerce. Vu qu'il aperçoit la silhouette d'une amie. Une amie qu'il n'a pas vu depuis un bout de temps et qui semble sur le coup complètement paniquée pour choisir une boite de céréales. Sans saisir la situation, surtout la tristesse et le profond désarroi qui habite Minerva, le pirate s'avance. Et la situation est encore moins compréhensible une fois face à la brune. Minerva buge sur les boites de céréales. Le choix semble extrêmement compliqué pour elle. Les larmes qu'elle déverse avec rage sont pires qu'une vraie tempête. Virgil ne voit pas comment arrêter la cascade qui effleure le visage fatigué de la belle. Il est un peu désemparé. Mais il ne compte pas la laisser là, en pleine perdition. On ne laisse pas tomber un homme qui se retrouve à la mer. On lui laisse une bouée. Il faut juste dans cette situation, que Virgil trouve la bonne bouée pour pouvoir ramener la belle à terre. Sans encombre. Et son premier reflex est de demander comment elle va. Il se doute un peu de la réponse, mais il veut s'assurer que ce malaise n'est pas du à l'intervention d'une mauvaise personne. Voleur ou agresseur. On est à l'abri de rien, même dans un magasin bondé de monde. En même temps il demande si Clemente son mari est là pour l'avertir de ce qui se passe. Il voit cette demande comme une solution valable. Mais à peine le prénom de son mari prononcé, Minerva redouble de larmes. L'effet est le contraire de ce qu'espérait le pirate. Le voilà encore plus désemparé. Qu'est ce qu'il a bien pu se passer pour mettre la jeune femme dans une tristesse pareille ? Tristesse que les mots de Virgil ont rendu encore plus vorace. Sur ce coup là, il a mal joué le pirate et s'en veut un peu. Voir beaucoup.

« Je vois que tu ne vas pas bien. »

Il faudrait être aveugle et sourd ou complètement débile pour ne pas le voir. C'est juste qu'il aimerait comprendre la raison du malaise de Minerva. Il applique des gestes réconfortants, frôlant doucement ses doigts. Cherchant à la détendre. Il gère souvent les angoisses avant les premières plongées. Mais celle-ci est bien plus puissante et surtout ne semble pas avoir aux yeux de Virgil de cause justifier. Du moins pour l'instant.
« Respire. Parle calmement. Tu es sécurité. Tu ne risques rien. »
Il voit bien que d'avoir parlé de Clemente a augmenté les symptômes mais tout reste flou. Jusqu'à ce que Minerva parle, enfin essaie de parler. Parce que c'est loin de tenir la route ce qu'elle dit. Virgil fronce les sourcils quand il arrive à mettre bout à bout les paroles de son amie. Il n'arrive pas à y croire quand tout s'éclaire. Quand le mot mort suit le prénom de Clemente. L'annonce lui fait l'effet d'un électrochoc violent. Alors il lâche les mains de la belle et l'entoure de ses bras pour la serrer contre lui. Se moquant des clients qui les regardent comme des bêtes curieuses.
« Je suis désolé tellement désolé. »
Il était loin de se douter. Mais il comprend la détresse de son amie, il a vu le couple si complice les différentes fois ou leurs routes se sont croisées. Il pose un baiser sur ses cheveux, caresse doucement son dos. Il n'ose pas lui demander quand cette perte a eu lieu. Ni lui parler des circonstances. Là sa seule préoccupation c'est de calmer ce flot de larmes et les soubresauts que les pleurs déclenchent. Il garde Minerva contre lui, il attend que la tempête passe. Qu'elle reprenne ses esprits.
« Doucement je suis là. Je ne te lâcherais pas. Tout va bien se passer. »
Il cherche surtout à la rassurer.
« Est ce que tu veux qu'on sorte d'ici ? »
S'écarter du monde lui ferait peut être du bien. Elle pourrait plus facilement respirer. Se sentir moins stresser à cause des regards qui se posent sur eux et les jugent certainement. De plus Virgil sait que Minerva est une femme discrète. Qui n'aime pas se faire remarquer et cette situation doit accentuer son mal être. Alors prendre l'air serait sûrement salvateur. Enfin il fera comme elle le désire. Sa priorité c'est elle et juste elle à cet instant.

vmicorum.


La Mer patrie
Un bateau. Ce n'est pas que du bois, c'est aussi une âme, bercée par le coeur de son équipage et de son capitaine

   
Revenir en haut Aller en bas
Minerva Di Vicenzi10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
Minerva Di Vicenzi
http://www.ciao-vecchio.com/t5501-minerva-love-does-not-delight- http://www.ciao-vecchio.com/t5502-minerva-let-all-that-you-do-be-done-with-love
Faceclaim : Jodie Whittaker (Chrysalis)
Messages : 183 - Points : 666
My universe
Âge : 37 ans (26 septembre 1982)
Métier : Pédiatre
[terminé] Mineva | Trouver les mots. Empty
Sujet: Re: [terminé] Mineva | Trouver les mots. ( le Mer 1 Avr 2020 - 4:35 )
Jusqu’à ce que la mort nous sépare étaient des mots qui se trouvaient dans des vœux de mariage traditionnel. Ils n’avaient pas été dans ceux que j’avais prononcé des années plus tôt quand j’avais uni ma destinée à celle de Clemente. Parce qu’à vingt-six ans quand je les avais prononcés, je ne m’imaginais pas qu’une tempête de flocons de tristesse viendrait s’abattre sur ma petite vie bien rangée, que la grande dame en noir pourrait venir m’arracher ce qui était le plus cher à mon cœur. Non, mes vœux avaient été à l’image de ma période de cour avec celui qui avait été ma moitié : chaste. Dans un paragraphe, j’avais parlé de jouir de ces moments de famille dans cette famille que l’on se tricoterait à deux… Sans l’arrière-pensée sexuelle qu’il y avait dans les discours de bien des gens de mon âge.

J’avais l’étrange impression d’avoir une inflammation du cœur qui va le forcer à exploser. J’avais l’étrange impression d’avoir avaler en une seule bouchée un cactus qui s’était glissé au creux de ma gorge et qui étouffait tous les tentatives d’expliquer pourquoi c’était si essentiel que je revienne dans le monde des vivants, que je choisisse une sorte de céréale pour continuer ma vie. J’accordais une importance primordiale à cette décision, même si l’orage qui grondait en moi n’arrivait pas à être contenu. Je la sentais, rassurante, la main de Virgil sur mon bras. Des petits cercles concentriques pour essayer d’étouffer, de canaliser ce que les mots viennent d’exprimer. La brûlure d’une piqure de frelon métaphorique sur ma langue qui m’arracha les dernier remparts.

Certaines de mes sœurs (et de mes frères) ont grandi pour être en mesure d’être en avant-plan dans la société : capables de prendre la parole en public, de s’exprimer, de mettre les bons mots sur les sentiments qui les habitent. Moi, j’ai préféré m’effacer et analyser les situations d’une allure presque objective. C’était ce qui faisait de moi une docteure d’exception. Mes collègues pouvaient compter sur mon jugement rationnel, sur mes évaluations. J’avais su compartimenter ma propre douleur. Même si parfois, dans mes jours les plus difficile, j’avais l’impression de venir au travail avec une jambe en moins ou une moitié de cerveau. Je ne cédais jamais normalement à mes émotions sachant les contenir d’abord pour les convertir en légitime expression quand ce n’était nocif ni pour mes patients, ni pour leurs parents. Depuis deux semaines, je n’avais plus le contrôle. Mes émotions étaient trop vives, mon cœur trop à sang pour être en mesure de me livrer à la discrétion qui m’était si caractéristique. Virgil avait vu que je bouillais intérieurement sans thermomètre et il avait réveillé l’orage qui n’était jamais vraiment loin. Aurora avait toujours semblé si en contrôle de ces émotions quand elle avait perdu son conjoint et moi… moi qui ne m’étais jamais préparé à l’éventualité que Dieu puisse en effet nous séparer un jour, je me trouvais paralysée par la terreur.

Je me retrouve blotti contre le torse de Virgil qui s’excuse comme s’il avait manqué de sensibilité alors que c’est surtout moi qui ai l’ensemble des nerfs de mon corps à vif qui est le problème. Je les sens les regards qui se posent sur mon dos alors que je pleure sans aucune retenue en sentant des gestes délicats visant à me rassurer dans ma tristesse, dans ma tempête personnelle. Alors qu’il se fait rassurant, je murmure. « Non… ira pas… Le monde est… dangereux… très dangereux… Méchant. » Je ne voulais plus sortir de chez moi autrement que pour mettre mon petit au monde. J’avais le contrôle sur les différentes pièces de la maison, je savais qu’il était en sécurité. Comment pourrais-je protéger un nouveau-né dans le monde ? C’était minuscule un bébé. Si petit et si fragile. Clemente était grand et le monde n’avait pas su le protéger alors que moi… moi j’étais toute petite et pas assez forte pour le protéger. Mes sanglots se firent de moins en moins fort, mais je répondis quand même d’un faible : « Oui… Dehors… » en sentant le regard se poser sévèrement sur mes épaules encore parcourues de hoquets de douleurs. Je ne remarquais qu’à peine mes pas qui se déplacèrent. Mais je sentis l’air plus frais de la nuit tombante sur mon corps. Je frissonnais doucement en reprenant doucement le contrôle, refaisant brièvement surface sur le dessus de ma tempête personnelle. « M’excuse… voulais pas me donner en spectacle… » murmurais-je doucement.


We live, we love
When we're coming up to the end of the road. So what do we do then with tragedy around the bend? We live. We love. We forgive and never give up, because the days we are given are gifts from above. Today we remember to live and love.
Revenir en haut Aller en bas
Virgil Alwood10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
Virgil Alwood
https://www.ciao-vecchio.com/t6189-virgil-le-pirate-des-temps-mo https://www.ciao-vecchio.com/t6230-mon-seul-et-unique-amour-reste-l-ocean
Faceclaim : Shemar Moore © vmicorum..(vava)
Messages : 978 - Points : 1455
[terminé] Mineva | Trouver les mots. Tumblr_inline_nmbb8gf1IW1rrrkde
Âge : 46 ans / né le 20/03/1974 en Jamaïque
Métier : Plongeur en haute mer / Propriètaire de la goelette la "Seas of Legends" avec laquelle il sillonne les mers.
[terminé] Mineva | Trouver les mots. Empty
Sujet: Re: [terminé] Mineva | Trouver les mots. ( le Sam 11 Avr 2020 - 16:34 )
Fracture dans le regard.
Minerva & Virgil


Virgil a toujours vu en Minerva une femme forte. Pas du tout dans le genre d'une princesse que l'on doit sans arrêt protéger, soutenir ou épauler.  Tout comme l'architecture du couple Minerva Clemente lui a semblé solide. Pour lui rien ne pouvait les ébranler. Le couple Di Vicenzi semblait à toutes épreuves. Celles du temps comme celles de la vie. Un roc. Une souche que personne ne pourrait déterrer ou abattre. Et là à cet instant le pirate sent tout vaciller. Il ne sait comment stopper les larmes de son amie. Comment calmer son trouble causer par un choix cornélien entre des boites de céréales. A quel moment cette femme magnifique et droite a t-elle subi un choc qui la rend à présent si fragile ? Il ne le sait pas le pirate il peine à croire déjà ce qu'il voit. Et il commet sans même en prendre conscient l'erreur, ce qui rend l'effacement de la belle encore plus marquant. Et d'un coup il comprend. Il comprend le déluge de larmes. L'angoisse du choix. Le vide qui s'installe et qui le happe en même temps que Minerva. Il comprend pourquoi tout son univers s'écroule là dans ce magasin plein de monde. Il a fait une gaffe et elle est monumentale face à la détresse de la belle qui s'en suit. Elle fond dans ses bras comme une glace au soleil. Et Virgil se sent mal de n'avoir par sa présence et ses mots que fait augmenter la tristesse tenace. Et présente depuis un moment vu le regard marqué de son amie. Il aurait voulu être aussi doux qu'un fruit juteux, mais il doit plus lui faire l'effet d'un cactus avec ses questions débiles. Et ses réactions inappropriées à la situation qui d'un coup lui tombe sur la tête comme une grosse pierre. Il essaie de rattraper le coup en lui apportant son soutien. Mais l'équilibre est précaire. Et pas sur qu'il arrive à ce que Minerva sorte la tête de l'eau. Mais il n'est pas homme à baisser les bras. Alors il essaie de donner à cet instant une touche positive par sa présence. Par sa stature. Mais la belle ne voit que le négatif, le monde est méchant. Pour elle rien ne peut aller bien. Rien ne peut s'arranger. Il la sent tellement désemparée qu'il a mal pour son amie.

Le monde est cruel c'est vrai et il n'épargne personne. Il tire la couverture à lui se foutant bien de donner froid à ceux à qui il la prend. Mais c'est ainsi. Le monde est fait pour faire souffrir. Quitte à ceux qui y vivent de trouver les armes pour y survivre. Et ce n'est pas toujours facile. Parce qu'au fond on a parfois pas grand chose pour lutter contre la cruauté de tout ce qui nous entoure. Alors  Virgil lui propose de sortir, pour qu'elle ne se sente pas étouffer. Il ne sait pas si cela lui fera du bien. Mais là c'est la seule issue qu'il voit pour apaiser l'enfer qui semble s'être mis en place dans l'existence de son amie. Il veut l'attirer loin du bourdonnement de cette ruche, chercher le calme. La tranquilliser. Et il la soutient alors qu'ils commencent à avancer. Pas à pas. Sans forcer. Prudent comme si le pirate tenait à ses côtés une citerne d'essence prête à exploser. Il ne veut pas prendre le risque que Minerva s'écroule devant les regards interrogatifs qui les épient. Ils arrivent doucement vers la sortie. Il la tient toujours. Et doucement elle semble reprendre le contrôle. Revenir dans la réalité. Celle qui semble insupportable et affreuse au point qu'un rien a fait perdre pied à la jeune femme.
« Tu n'as pas à t'excuser. Je suis bien content d'avoir été là pour te venir en aide. Et je suis vraiment désolé pour .. »
Il évite de prononcer le prénom de Clemente même de parler de son mari. Il ne veut pas que l'orage gronde encore au creux des entrailles de son amie. Et que sa tristesse l'arrose abondamment de larmes.
« Je suis désolé pour ce qui t'arrive. Pourquoi tu ne m'as pas contacté ? Je serais venu. Tu sais que tu peux compter sur moi. »
Minerva n'y a peut être pas pensée, sûrement prise par plein d'autre chose. Dans cette situation c'est logique. Surtout encore plus dans son cas, car si au départ le pirate n'avait pas fait attention. Là il voit son petit ventre rond. Mais il ne sait pas comment amener la chose sans de nouveau éveiller les larmes de son ami.

Et c'est alors que Minerva semble se calmer qu'un homme arrive à leur hauteur.
« Bonjour est ce que je peux avoir un autographe.  Et une photo. »
Virgil le regarde étonné.
« Quoi ?? Vous ne voyez pas que je suis occupé ? »
Et il se tourne vers son amie.
« Non mais je suis fan j'ai vu tout vos films. Je vous adore. Je connais votre carrière par cœur. Et je ne savais pas que vous alliez avoir un bébé. »
« Ma carrière ? Mes films ? Putain mec je crois que vous êtes une grosse erreur. »
Il a envie d'éclater de rire, le pirate est un homme patient mais là il a d'autre préoccupation. Enfin surtout une. Du coup il n'insiste pas sur le mot bébé et sur ce que semble imaginer le mec.
« Tu vas mieux. J'ai de l'eau dans la voiture. »
Parce que ses courses sont restées en plan dans le magasin. Et le mec revient à la charge.
« Je sais ce que je dis vous jouez dans des films de science fiction. Un flic dans le futur. Il y a même une trilogie. »
« La seule chose que je joue c'est un pirate quand je suis sur mon bateau. Alors désolé de vous décevoir mais non je ne suis pas celui que vous pensez. Et si j'étais un acteur connu je ne ferais pas mes courses ici. »
Pas que le commerce soit moche ou mal tenu, mais bon.
« Franchement je vous pensais plus cool. Là je suis déçu .. »
Et Virgil ne lui laisse pas le temps de finir.
« Et bien si t'es déçu barre toi cela me fera des vacances. »
Et d'un geste un peu brusque il lève la main posée sur son bras.
« Putain mais dans quel monde on vit. »
« Je vais pas vous faire une bonne  pub. »
« Mais c'est qu'il insiste en plus. Fais ce que tu veux. Et tu verras bien ce qui te tombe sur le nez. »
Parce que selon ce qu'il dit la personne pour qui il prend Virgil risque fort de le lui faire regretter.
« Viens je t'amène ailleurs. »
Il ne demande pas à son amie si elle est en voiture. Il l'amène vers la sienne cherchant à s'éloigner de l'énergumène qui le saoule au plus haut point.

vmicorum.


La Mer patrie
Un bateau. Ce n'est pas que du bois, c'est aussi une âme, bercée par le coeur de son équipage et de son capitaine

   


Dernière édition par Virgil Alwood le Mer 10 Juin 2020 - 11:42, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Minerva Di Vicenzi10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
Minerva Di Vicenzi
http://www.ciao-vecchio.com/t5501-minerva-love-does-not-delight- http://www.ciao-vecchio.com/t5502-minerva-let-all-that-you-do-be-done-with-love
Faceclaim : Jodie Whittaker (Chrysalis)
Messages : 183 - Points : 666
My universe
Âge : 37 ans (26 septembre 1982)
Métier : Pédiatre
[terminé] Mineva | Trouver les mots. Empty
Sujet: Re: [terminé] Mineva | Trouver les mots. ( le Mer 3 Juin 2020 - 19:01 )
Dans l’effondrement soudain de ma petite vie rangée, j’en avais oublié qu’il y avait autour de moi des gens pour me soutenir dans mes décisions. Cette famille de cœur qu’étaient devenu mes collègues de Médecins Sans Frontières qui, à travers les années, avait compris sans comprendre nécessairement ce que nous traversions, cette vraie famille de sang qui nous aurait soutenus, à travers vents et marées, simplement parce que l’amour et les valeurs qui nous avaient été inculqués les poussaient à le faire, ces amis qui avaient toujours répondu présents. Mais beaucoup des catastrophes que notre couple avait traversés relevaient d’un domaine privé.

J’avais vu de mes collègues manqués de tact en m’apprenant l’apparition d’un nouveau petit rien, d’un cœur qui ne battrait jamais contre ma poitrine après un marathon à deux, de petits pas hésitants qui ne se produiraient jamais. J’avais toujours eu de la difficulté à annoncer les mauvaises nouvelles exactement pour cette raison. J’avais choisi mon domaine parce qu’il venait avec un côté positif qui nous forçait rarement à annoncer que l’espoir s’était envolé et que les lendemains heureux ne succèderaient pas à ces moments plus tristes et plus difficiles. Parce que comme beaucoup de parents qui perdent des enfants sans vraiment les connaître encore, j’avais enfermé au fond d’un tiroir de ma tête la douleur mais sans être capable de jeter à la poubelle la clé qui permettait que le souvenir ne s’efface et ne transparaisse pas.

Mais ce nouveau deuil que je traversais était fondamentalement différent de celui que j’avais traversé quand j’avais vécu ces petits riens. L’ampleur de ma fracture du cœur était au moins un millier de fois pire. Parce que je l’avais connu, parce que j’avais conscience de tous les petits travers (son talent inexistant de chanteur, son sens de l’humour particulièrement mauvais…) qui me manqueraient cruellement. Et la différence, c’était aussi que des enfants, il était toujours possible de réessayer encore et encore même si on en finissait par se lasser de ce cœur mis à nu par la réalité, écorché. Mais je savais pertinemment qu’il étai impossible de refaire un autre homme exactement comme mon mari qui trouverait le moyen de me faire sortir de ma coquille pour devenir quelqu’un de différent, quelqu’un de meilleure.

Et cette absence à laquelle s’additionnait des hormones qui me rendaient déjà plus sur les dents que ce que je voulais bien admettre avait fait en sorte que j’avais repoussé l’aide de mes proches. J’aurais bien pu appeler un membre de ma famille ce matin pour demander où se trouvaient les céréales que je voulais. J’avais l’impression que je payais chèrement une note pour de nombreuses erreurs que j’avais fait. Et je n’avais pas l’habitude de l’impayé. Mais je n’ai pas l’habitude de cette tornade qui s’est engouffré dans la grange et qui est en train de tout ravager. Tout change trop vite. Et je n’ai pas le temps d’encaisser les coups de me faire à ces changements. La réalité me frappe par petits coups, à répétition. Elle déforme les petites cases carrées pour les transformer en polygones aux noms innommables.

Je baisse doucement les yeux lorsqu’il souligne que j’aurais peut-être du l’appeler. Et je sais qu’il a raison parce que ma vie est sens dessus dessous. Mais je me mordille doucement la lèvre inférieure en murmurant d’une voix à peine audible : « Je… je n’y ai pas pensé. Il y a tant.. tant à faire pour… pour tout ce qui s’en vient… ». Entre l’enterrement de l’homme de ma vie et la venue de notre miracle à tous les deux qui a maintenant des allures d’une bouée de secours à laquelle je m’agrippe de toutes mes forces jusqu’à en avoir les jointures entièrement blanches, je ne sais pas à quel bras me pendre, je ne sais pas comment reprendre le contrôle de ma drôle de vie qui n’est pas comme ce que je voudrais en ce moment.

Et puis la scène curieuse dans laquelle nous nous sommes plongées prend un autre tournant étrange quand un homme aborde sans tact ni gentillesse le pirate en le confondant avec un acteur. La scène a au moins de quoi m’arracher un semblant de sourire qui n’a pas un arrière-goût de larme pour une très rare fois dans cette sombre période de mon existence. Jusqu’au moment où il semble penser que je suis la conjointe de Virgil et que c’est son trésor qui pousse dans mon ventre. Il me sent peut-être me tendre parce qu’il me demande si je vais mieux et qu’il a de l’eau dans la voiture. L’homme est agressif malgré tout et je me sens toute petite. « Tu te fais souvent confondre avec une grande vedette ? Ou ça arrive juste quand tu sauves des demoiselles en détresse ? » demandais-je avec un petit sourire presque comme si je n’avais pas ressenti un grand pincement au cœur quand on me l’avait mentionné.

« Je prendrais bien la bouteille d’eau. » affirmais-je doucement en le suivant doucement vers sa voiture. L’idée de prendre les transports en commun pour rentrer chez moi ne me tentait pas. J’avais eu assez de contact humain pour la journée avec des étrangers qui ne comprenaient pas nécessairement la complexité de la vie des autres parfois. « Est-ce que le ailleurs peut être chez moi. Je dois avoir assez de lasagnes fait par ma mère pour nourrir une armée. » demandais-je doucement avec un petit sourire. « C’est juste que bébé et moi on n’a pas faim ces temps-ci… Même si je devrais me forcer. » dis-je en posant doucement ma main sur mon ventre pour le câliner tout doucement.


We live, we love
When we're coming up to the end of the road. So what do we do then with tragedy around the bend? We live. We love. We forgive and never give up, because the days we are given are gifts from above. Today we remember to live and love.
Revenir en haut Aller en bas
Virgil Alwood10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
Virgil Alwood
https://www.ciao-vecchio.com/t6189-virgil-le-pirate-des-temps-mo https://www.ciao-vecchio.com/t6230-mon-seul-et-unique-amour-reste-l-ocean
Faceclaim : Shemar Moore © vmicorum..(vava)
Messages : 978 - Points : 1455
[terminé] Mineva | Trouver les mots. Tumblr_inline_nmbb8gf1IW1rrrkde
Âge : 46 ans / né le 20/03/1974 en Jamaïque
Métier : Plongeur en haute mer / Propriètaire de la goelette la "Seas of Legends" avec laquelle il sillonne les mers.
[terminé] Mineva | Trouver les mots. Empty
Sujet: Re: [terminé] Mineva | Trouver les mots. ( le Mer 10 Juin 2020 - 12:25 )
Fracture dans le regard.
Minerva & Virgil

Le bonheur de retrouver Minerva s'effondre rapidement quand Virgil apprend pour la mort de Clemente. Surtout que la belle va avoir dans quelques mois un nourrisson à nourrir et à aimer. Seule la situation va être plus délicate à vivre, surtout que l'envie d'enfant a été forte chez le couple. Mais il y a des vérités qu'ont ne peut falsifier, même si on essaie de réécrire l'histoire on obtient toujours le même résultat. La vie est ainsi faite, la mort ne peut pas s'effacer et le vide qu'elle laisse chez Minerva est immense. Même ce petit être dans son ventre sur le coup ne semble pas combler le manque. Il n'y a que de la tristesse. Une tristesse qui s'écoule comme une rivière virulente. Aucun égouttoir ne serait assez grand à cet instant pour stopper le chagrin que la belle éprouve. Elle se retrouve sur un trampoline d'émotion ou les bas sont bien plus présents que les hauts. Le pirate aurait pu lui venir en aide si elle l'avait appelé, il aurait joué l'ambassadeur de l'amitié. L'épaulant sur ce chemin compliqué qui ne l'a pas épargné. Mais il ne lui en veut pas d'avoir oublier de le contacter, trop de chose à faire.
« Je comprends. Mais je suis là à présent et je ne compte pas te lâcher. »
Il n'a pas dans ses futurs projets, l'idée de partir sur un Transatlantique pour relier l'Europe à l'Amérique. Non pour le moment sa goélette lui suffit et il bosse qu'au niveau des côtes de l'Italie. Alors il sera là pour Minerva.

Mais ce moment intime est interrompu par un charlatant qui le prend pour une star de série. Cela gonfle royalement Virgil. En plus le mec insiste. Il n'est aucunement une vedette, ni un acteur, ni un chanteur, encore moins un footballeur. Au pire il aurait pu devenir pilote de course de voitures si la mer n'avait pas été son seul et unique univers. Là tout ce qu'il veut c'est sortir son amie de ce merdier et aller lui faire prendre l'air. Avant qu'elle ne s'effondre totalement dans la rangée des céréales. Le pirate se met à sourire face à la remarque de la future mère. Au moins cette histoire lui aura donné un petit sourire. 
« Non c'est la première fois. Je ne sais même pas de quel mec il veut parler. Moi et les stars ça fait deux. Et je ne sauve que les demoiselles en détresse chères à mon cœur. »
Et peu de femmes tiennent une place importante dans le cœur de Virgil. C'est un ami fidèle sur qui on peut compter dans les bons moments et encore plus dans les mauvais. En attendant ils sortent du magasin, oubliant l'énergumène qui avait failli y faire perdre son calme. Et il en faut au pirate pour le perdre. Mais là le type avait poussé le bouchon un peu loin. Il espère ne jamais le recroiser. Parce que pas certain qu'une seconde fois il maîtrise son sang froid. Ils partent donc vers la voiture de Virgil, en priorité il ouvre la porte pour faire asseoir la belle et lui donne de l'eau.
« Je te proposerais bien ma cabane au Canada mais un ours y vit depuis quelques mois. Et il est loin d'être commode. »
Il lui sourit cherchant à l'apaiser.
« Et je ne peux dire non à des lasagnes. »
Le pirate laisse le temps à son amie de s'installer, il attache la ceinture de sécurité, en faisant bien attention de ne pas trop serrer son ventre.
« C'est un peu logique, mais faut que tu manges. Il y a bien des aliments qui vous font envies à bébé et à toi ? Qui passeraient mieux que des lasagnes. »
Même si les repas ne sont pas trop équilibrés, l'essentiel étant d'apporter tout ce qu'il faut. Puis il fait le tour de sa voiture et s'installe derrière son volant. « De toute façon je ne compte pas te laisser seule dans cet état, je veux m'assurer que tout va bien. Et mon chariot de courses est resté dans le magasin. »
Il repasse plus tard, une fois que Minerva sera au calme. Il démarre la voiture et les voilà partis en direction de la maison de la belle.  

vmicorum.


La Mer patrie
Un bateau. Ce n'est pas que du bois, c'est aussi une âme, bercée par le coeur de son équipage et de son capitaine

   
Revenir en haut Aller en bas
Minerva Di Vicenzi10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
Minerva Di Vicenzi
http://www.ciao-vecchio.com/t5501-minerva-love-does-not-delight- http://www.ciao-vecchio.com/t5502-minerva-let-all-that-you-do-be-done-with-love
Faceclaim : Jodie Whittaker (Chrysalis)
Messages : 183 - Points : 666
My universe
Âge : 37 ans (26 septembre 1982)
Métier : Pédiatre
[terminé] Mineva | Trouver les mots. Empty
Sujet: Re: [terminé] Mineva | Trouver les mots. ( le Mar 28 Juil 2020 - 18:19 )
Dans l’abime qui s’était ouvert sous mes pieds quand je n’avais pas eu le choix d’admettre que le pire s’était produit, j’en avais peut-être oublié qu’autour de moi, il y avait des centaines de personnes qui m’aimaient et qui étaient prêtes à m’épauler le temps que je me relève. J’étais une ballerine qui avait fait une si mauvaise chute qu’elle peinait à se relever. Je me noyais lentement dans ma détresse et même ce miracle que j’avais attendu avec une telle dévotion ne réussissait pas à anéantir cette terreur qui m’habitait tout entière. Je n’avais même pas les bons mots pour aborder la détresse que je ressentais au plus profond de mes tripes. Je n’avais jamais été en colère longtemps. Et pourtant, quand j’avais su, quand on me l’avait dit, j’avais lancé de la vaisselle sur un mur qui avait éclaté en mille et un éclat. Mon sang ne faisait qu’osciller entre bouillir dans mes veines et être si glacial qu’on en aurait dit un puissant anesthésiant. Les sentiments que je sentais, quand je les ressentais, étaient vifs et douloureux que j’en oubliais ces gens qui étaient là. J’en oubliais les plats préparés avec amour par ma mère qui, à la manière typique des madones italiennes, semblait croire que les options de repas me redonneraient l’appétit qui avais disparu avec mon mari.

J’avais toujours vu ma famille comme une chapelle dans laquelle je pouvais me réfugier quand mon monde s’effondrait. Mais le problème, c’était que mon mari avait été mon port d’attache trop longtemps. Celui vers lequel je revenais à chaque fois que s’envolait un de nos petits anges. J’en avais donc oublié les gens comme Virgil qui pouvait aussi me servir d’un semblant de bouée dans l’ouragan qui menaçait de m’emporter pour recracher mon corps évidé de toute émotion, de tout amour, sur le sable d’une plage où les cœurs ne battaient plus – ce qu’une partie de moi se surprenait parfois à souhaiter quand la douleur de l’absence devenait trop grande et que mêmes les mouvements si rassurants de mon bébé ne réussissaient plus à calmer l’anxiété que je ressentais. Comment diable pourrais-je être une bonne mère maintenant que mon corps se vidait de son sang victime d’une nouvelle qui faisait l’effet d’un coup de machette ? J’avais peur de cette tristesse qui me semblaient un si grand coût à payer pour faire le deuil de cet homme qui m’avait donné la chance de vivre ce conte de fée. Il fallait que je retrouve le moyen de me ramener sur ce moment présent, vers ce futur où je verrais mon enfant grandir.

Cet ancrage dans le présent commençait par poser une vis dans le port de l’amitié et d’accepter l’aide que mes proches et amis s’acharnaient à me donner. Cela voulait donc dire de passer par ce petit sourire lorsque le grand gaillard se fit comparer à un acteur par quelqu’un qui était réellement convaincu qu’il n’était pas un marin mais bien un acteur. Je souriais, bien faible gain. « Je peux voir, tu ressembles juste un peu à cet acteur qui joue le vilain dans Sagaligomi… retrait préventif le voulant, je me suis surprise à aimer les émissions pour tout-petits. » dis-je avec un petit sourire. La vérité, c’était que j’étais incapable de m’arrêter devant un kiosque de nouvelles et que la seule chose qui passait c’était des émissions pour enfants. Et encore… j’avais pleuré devant des trucs ridicules sans être certaine que c’était la faute des hormones ou de mon cœur en miette.

Je souris doucement lorsqu’il me proposa sa cabane au Canada. « Je pense que même si l’envie de rencontrer un ours pas commode est tentant ma taille de petite planète ne me permet pas l’avion. » dis-je avec un petit éclat moqueur. Je n’aurais pas quitté mon pays, ma terre d’attache du moment. Comme le monde me semblait si dangereux, si effrayant en ce moment.

La discussion dériva doucement sur la nourriture, celle que je ne mangeais pas beaucoup en ce moment au plus grand dam de ma mère. « Pas beaucoup… Je ne peux pas me nourrir uniquement de cornet de glace à la fraise. Du moins, c’est ce que ma mère dit en apportant plus de lasagne que je suis en mesure d’avoir envie de manger. » dis-je avec un petit sourire presque moqueur. La présence du marin me calmait, m’éloignait de cette étrange angoisse qui m’habitait normalement. Le roulis doux de la voiture sur le petit chemin jusqu’à la maison. J’avalais une longue goulée d’eau en l’écoutant me dire qu’il avait l’intention de rester pour l’instant et de s’assurer que tout allait bien. « Merci de me sauver comme la pauvre demoiselle en détresse que tu aimes bien. Et si tu aimes les casse-têtes je peux te proposer un gros modèle que je n’arrive pas à faire seul pendant que les lasagnes réchauffent. Le genre en bois, avec un matelas et un plan avec des images. » dis-je avec un petit sourire doux.


We live, we love
When we're coming up to the end of the road. So what do we do then with tragedy around the bend? We live. We love. We forgive and never give up, because the days we are given are gifts from above. Today we remember to live and love.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
[terminé] Mineva | Trouver les mots. Empty
Sujet: Re: [terminé] Mineva | Trouver les mots. ( le )
Revenir en haut Aller en bas
 
- [terminé] Mineva | Trouver les mots. -
CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Le Coeur de Naples :: Rues du centre
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Aller à la page : 1, 2  Suivant