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- “Mauvaise herbe croît toujours même en hiver.” -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Autour de Naples :: Autres quartiers
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Vango Ponti10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
Vango Ponti
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Sujet: “Mauvaise herbe croît toujours même en hiver.” ( le Lun 23 Déc 2019 - 16:24 )
Quelques rayons de soleil parviennent à percer l’épaisse brume en cette matinée de décembre. C’est bientôt Noël, et ça se sent dans la ville de Naples. Depuis que la tempête s’est terminée, le commerce s’est relancé, et nous avons vu débouler de nouveau les familles et leurs enfants dans les magasins, à la recherche de la perle rare pour faire plaisir. Le vent et la pluie ont laissé place à un froid humide le matin -d’où le brouillard- et beaucoup plus sec dans la journée avec les rayons de l’astre de lumière.

C’est ce magnifique temps plein de mystères qui m’accompagne pour la reprise du travail. Après m’être cassé la cheville comme un crétin, et avoir été immobilisé un mois et demi, j’ai commencé la rééducation la semaine dernière… et mon médecin a fini par céder à mes demandes insistantes de pouvoir reprendre le travail.

Ce petit papier que j’ai dans la poche alors que je sors du métro, c’est celui qui me permet de justifier mon retour. Comme j’ai hâte de revoir ma réserve, mon fidèle binôme de patrouille, Vulcano...

La tempête n’a pas trop fait de dégâts, d’après ce que j’ai entendu dire par mes collègues. C’est ce que je vais voir.

En arrivant à Astroni, le froid semble bien plus rude. Mais j’ai prévu le coup, pour éviter d’attraper la grippe et risquer de me faire aliter quelques jours de plus. Sans façons, merci. J’ai donc revêtu une culotte de cheval noire, doublée polaire. C’est mon allié pour les jours de grands froid. De longues chaussettes de ski beige remontent presque jusqu’au genou, pour protéger le tibia. C’est également une façon de maintenir ma cheville qui, malgré les gros progrès depuis le début de ma rééducation est toujours un peu fragile. Mon polo et mon pull de travail ne sont pas de trop sous la veste d’hiver, aux couleurs de la Réserve -écritures et logo jaune sur fond vert sapin. Pour finir, j’ai ressorti une paire de gants d’équitation noirs, eux aussi doublés en polaire.

Après être passé régulariser ma situation auprès de mon employeur, me voilà parti pour l’écurie où je vais retrouver mon fidèle ami. On m’a annoncé à l’accueil de la réserve que mes collègues seraient ravis de me rendre le cheval.

Autant vous dire que je ne suis pas surpris de voir débouler Vincento, les bras grand ouvert. « Vango, mon vieux ! Comment vas-tu ? » Je mets une bonne tape dans le dos du blondinet. « Alors, comme ça t’en peux plus de mon gros ? » Dis-je avec un grand sourire.

Quand je suis arrivé à la réserve, la seule et unique condition pour que je puisse intégrer la brigade était que j’accepte d'apprendre à monter à cheval. Je n’avais bien évidemment jamais mis les fesses sur un cheval de toute ma vie. Pour se faire, j’ai pris des cours pendant des mois avec un militaire qui vient toujours de temps en temps nous réapprendre les bases quand le chef pense que c’est nécessaire.

Tout ce que j’ai appris, c’est Vulcano qui me l’a enseigné, et vice versa. Il a beau être un demi-trait -avec la taille, et la masse musculaire qui l’accompagnent- l’hongre est très bien éduqué. Si la demande est bien exécutée, il peut réaliser des choses très surprenantes. En travaillant régulièrement avec lui, j’ai appris que monter à cheval était beaucoup plus techniques, et compliqué que ce à quoi on peu s'attendre. « Il est vraiment pas facile ton grand dadet, je préfère le mien ! » Se contente de me dire Vincento en me donnant son licol en cuir. « Tiens, il sera content de te voir ! »

Effectivement, le joli bai s’est laissé approcher et brosser sans faire de vagues quand il a vu que j’étais de retour. C’est donc avec beaucoup d’entrain que nous débarquons dans la carrière de détente, déserte de si bon matin.

Vulcano porte à merveille les couleurs de la réserve, avec ses équipements en cuir marron foncé et son tapis de selle vert sapin. J’ai enfilé une paire de bottes noires parfaitement propres -j’ai eu du temps à perdre, vous vous souvenez ?- et suis parti en direction de la carrière pour me remettre doucement en selle.

Cette semaine, je n’assisterai à aucune patrouille. Mon seul objectif est de me remettre à cheval (et nettoyer les boxes et les allées qui en ont bien besoin...).

C’est donc sans trop tarder que je me remet en selle, en essayant de ne pas forcer sur ma cheville toujours fragile. Débordant d’énergie, le cheval avance comme jamais. Nous marchons une bonne demi-heure, le temps que je prenne mes marques, puis je m’autorise un peu de trot. Vulcano a cette allure caractéristique des chevaux de trait, aérienne, extrêmement puissante. Cela peut être très inconfortable, d’ailleurs.

Etonnamment, il est très détendu. Ça a dû lui faire du bien de découvrir d’autres cavaliers, un peu plus expérimentés. Je rassemble son trot, plus pour réussir à suivre que par souci de présenter une allure propre… L’hongre s’exécute avec brio. Je me sens assez à l’aise pour déchausser mes étriers et laisser ma cheville se reposer. J’étais impatient de me remettre en selle, mais j’avais oublié que ce ne serait pas gagné après tant d’arrêt. J'ai trotté cinq pauvres minutes et je suis déjà essoufflé...

« Vango, un peu plus de rêne extérieure ! » Me crie Vincento de l’autre bout de l’allée. Il est accompagné des autres patrouilleurs de la Réserve. Je ne réfléchis pas trop et m’exécute. Ce qu’il se passe entre mes jambes à ce moment précis m’échappe totalement. Je me sens obligé de remettre mes étriers pour arriver à suivre à cadence. « WOAAAH ! » J’entends les voix graves de mes congénères s’enthousiasmer. Vincento a sorti son téléphone, mais j’imagine qu’ils sont en train de regarder une vidéo qui fait le buzz… Rien qui n'attire réellement mon attention, du coup.

Je repasse au pas, félicitant l’hongre pour m'avoir supporté avec autant de patience. Je pense en avoir largement terminé, mon corps entier est raide. « Bon, Vulcano, on rentre ? » Alors que je lui retire la selle pour le laisser se rouler, Vincento et le reste de la clique passent sous la barrière en bois. « Depuis quand tu piaffes toi ? Avec un camion semi remorque, qui plus est ! » Comment ça, c'était du piaffer, ça ? « Heu bah, il est pas si lourd ! » Dis-je, surpris, voie déconcerté par ce qu'il s'est produit. C’était donc ça, cette agitation sous ma selle... « Tu l'as dopé avec tes médocs pour la cheville ou quoi ? On a même pas réussi à le faire galoper, nous ! »

L’hongre, comme pour le faire mentir, part dans un galop effréné dans le sable détrempé, nous repeignant de la tête aux pieds. Lorsqu’il y enfin trouvé un endroit où se rouler, il gratte le sable jusqu’à se sentir prêt.

« Bah écoutes, il connait son maître ! » Dis-je avec un grand sourire. Les garçons me tapent sur l’épaule un par un, et repartent vaquer à leurs occupations. L’un d’eux a pris le temps de me glisser un bonnet de père Noël sur le crâne, pour être sorti aux autres. J’avais oublié qu’on devait faire bonne figure après des morveux. Ce genre de morveux à qui je dois cette cheville qui me tire… Je devrais peut-être jeter mon bonnet devant un gamin et l'écraser comme une cigratte pour le faire pleurer... oh, ce serait si drôle...

Laissant Vulcano se détendre en allant galoper aux quatre coins de la carrière, je me hisse sur la rambarde et observe la cour. Tout est désert, parfaitement calme. Je n’entends que le bruit des sabots de Vulcano, et son souffle lorsqu’il va sentir les quelques objets présents au sol : plots, barres…

Perdu dans mes pensées, je reviens à la réalité lorsque quelques hurlements d’animaux -probablement mes acolytes qui ont trouvé une occupation…- font écho dans la cour. Ils sont graves, quand même. Vraiment graves…

Et alors que je rapprenne à descendre pour récupérer mon cheval, une silhouette se dessine au loin. Une silhouette connue, que je n’avais pas vue depuis la fin de la tempête.


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Giacinta Faggio10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
Giacinta Faggio
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Sujet: Re: “Mauvaise herbe croît toujours même en hiver.” ( le Jeu 26 Déc 2019 - 23:32 )
Ce matin c'est le grand froid. Ce genre de froid qui fait sourire. Le vent, la pluie et l'humidité qu'elle entraîne ont laissé place à quelques rayons de soleils qui réchauffent le coeur. Même si la température est basse, cette lumière réchauffe et le temps est sec. Vêtue de son uniforme de grand froid, legging polaire en dessous du pantalon de l'uniforme, parka cintrée et doublée et un gros bonnet en laine, Giacinta avait fait une petite intervention pour une légère entorse pour un randonneur qui avait trébuché et se trouvait à présent dans la réserve. Où elle savourait cette météorite exceptionnelle et surtout le calme qui régnait dans la forêt, le froid ayant chassé les plus agités. Elle avait décidé d'aller faire un tour au QG des garde forestiers, ce qu'elle faisait souvent depuis que son collègue avait été arrêté. Elle ne l'avait pas revu depuis la tempête. Trop gênée de s'être ainsi endormie sur lui et surtout d'avoir autant aimé ça... Par contre, elle avait souvent revu son cheval. Elle passait secrètement à la réserve pour lui donner quelques carottes, lui flatter l'encolure aussi. Il lui était arrivé un dimanche ou deux, jour où l'endroit était désert de le panser. L'animal était particulièrement méfiant et agité, comme son cavalier mais la florentine avait eu raison de tout cela avec beaucoup de douceur. Et de carottes définitivement. D'ordinaire, elle venait hors des horaires où elle pouvait y trouver une présence. Elle se méfiait des rumeurs et des on dit. Le cheval étant officiellement attribué à Vango. Pourquoi est-ce qu'elle faisait cela ? Aucune idée. Elle n'avait pas d'explications particulières. Enfin aucune qui lui semblait tenir la route si on lui demandait. Elle en avait envie voilà tout.

Quelques minutes de conduite sportive dans les chemins plus tard, elle arrivait à destination. Gia préférait laisser Leonardo dans la voiture. Il ne faisait généralement pas bon ménage avec les autres animaux. Trop exclusif. Mince. Il y avait du monde. En même temps l'heure était mal choisie. La brune hésitait un moment, se demandant si c'était judicieux d'y aller puis finissait par se rabrouer elle-même. Peu importe les quolibets, elle pouvait encore faire ce qu'elle voulait ! Prudemment tout de même, elle rejoignait les écuries d'un pas affairé histoire que personne ne lui pose trop de questions. Oups. Loupé. Un groupe d'hommes se trouvait là dont le fameux collègue pervers qui faisait des siennes depuis que Vango était arrêté. Vraiment, cette journée n'était pas de bon augure. Impossible de les éviter, ils étaient au milieu du passage et maintenant, si elle faisait demi tour, ils se douteraient de quelque chose. En soupirant elle avançait essayant de les contourner, y réussissant presque. Elle subit juste les commentaires graveleux de la bande, à propos de ce pantalon trop moulant au niveau de ses fesses (ça elle le savait déjà) ce qui, visiblement leur donnait du grain à moudre. Ce genre de comportement la rendait dingue. Si seulement elle avait pu les gifler... Mais dans son propre intérêt, il valait mieux rester discrète, elle en était convaincue. Elle passait donc en baissant la tête sous leurs cris d'animaux en rut. Beurk.

Cris qui ne firent que s'intensifier alors qu'elle s'approchait du box de Vulcano. Qui n'y était absolument pas. Étrange. Quelqu'un l'aurait donc emmené faire une promenade ? Ou même faire une garde ? Pourtant personne ne voulait s'en approcher lui avait on dit. Ils se méfiaient de ses réactions au vu de son gabarit. Ah ça pour les commentaires graveleux il y avait du monde. Par contre pour prendre le temps de s'occuper d'un cheval catégorisé comme difficile, il n'y avait personne. Giacinta regardait à gauche et à droite, histoire de vérifier que l'animal n'avait pas été déplacé mais personne. C'est à ce moment là qu'elle entendit du bruit en provenance des installations extérieures. Et une voix étrangement familière. Qu'elle n'avait pas entendu depuis longtemps. Elle suivait le bruit et se retrouvait en effet nez à nez avec Vango. En tenue d'équitation et debout. Bien loin de l'éclopé qui avait dormi dans son canapé. En y repensant, elle perdit immédiatement toute assurance et ce qui semblait devenir une habitude se produit de nouveau. Ses joues prirent une teinte cramoisie alors qu'elle s'approchait de lui. Elle avait encore de la chance, finalement cela pouvait passer sur le compte du froid. Ouf.

"Je... heu... salut. Ca va ? T'as l'air d'être... ahem... mieux ?"


Ok ridicule. Gia se giflait mentalement. Arriverait elle seulement à aligner deux mots correctement en sa présence maintenant ? Après cette soirée chez elle ? Elle se désespérait et se trouvait pathétique. Finalement ils avaient dormis habillés et il ne s'était rien passé mais elle ne pouvait s'empêcher d'être gênée. À présent trop proche de lui, elle hésitait un instant sur la bonne façon de le saluer. Jusque-là, faire la bise n'avait pas posé de problèmes mais empotée, et maladroite elle dérapait, finissant proche de la commissure de ses lèvres et de fait encore plus cramoisie qu'avant. Si seulement elle pouvait s'enfuir en courant sans que cela ne paraisse bizarre... Et par un fait exprès, le seul garde qu'elle avait croisé pendant ses sorties clandestines auprès de Vulcano passait rapidement la saluer avec un très délicat "Salut Gia, t'es venue t'occuper de Vulcano ? Parce que là il aura bien besoin d'un pansage après s'être roulé comme ça.." Bon. Là elle était mal. Définitivement. Elle baissait la tête pour éviter de regarder Vango et de répondre aux questions qui allaient forcément suivre maintenant que le garde en question était parti poursuivre son chemin. Prenant les devant, elle essayait vainement de recouvrer son assurance et de se justifier.


"Je suis venue le voir heu.. quelquefois. Ils se méfient de lui et... je me suis dit qu'un peu de compagnie ça lui ferait du bien..."


Résultat de cette justification, la brune était rouge que le bonnet qu'elle avait sur la tête et elle en arrivait à compter le nombre de cailloux présents à ses pieds, se demandant comment elle avait se sortir de là cette fois ci. Visiblement pas aussi facilement puisque des fanes de carottes dépassaient de sa poche, expliquant bien malgré elle ses intentions du jour. Heureusement avant qu'une autre salve de questions ne la force à se ridiculiser de nouveau, un gros bruit se faisant entendre une fois. Puis une nouvelle fois. Un bruit de pétards visiblement.
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Vango Ponti10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
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Sujet: Re: “Mauvaise herbe croît toujours même en hiver.” ( le Ven 27 Déc 2019 - 10:40 )
Elle aurait voulu être la plus discrète possible pour arriver et me surprendre qu’elle n’aurait pas réussi. A la brigade nous avons bien mieux qu’un chien de garde, ou même une oie… nous avons les brigadiers en rut. Et ça, croyez-le ou non, ça ne trompe jamais à l’approche d’une jeune femme dans une allée.

Le mélange de brume et de rayons de soleil très lumineux me brulent la rétine, je plisse les yeux à son approche. « Bonjour Gia ! » Je commence par la saluer, me rendant compte qu’elle n’est pas très à l’aise. L’échange de bises pour nous saluer me conforte dans cette idée. Probablement mes crétins de collègues qui n’ont pas pu s’empêcher de faire des commentaires à son passage. Grand classique. « En effet, je reprends le travail aujourd’hui ! » Dis-je avec un large sourire qui ne peut cacher ma satisfaction.

Elle en revanche… elle bafouille, cherche ses mots tant bien que mal. Quelque chose me dit que même s’il ne s’est rien passé le soir de la tempête, la conséquence pour la jeune femme est la même. Certaines personnes ont du mal à dissocier la vie privée et le travail, peut-être que c’est le cas de ma collègue. Appelons-là comme ça, oui, ma collègue.

D’ailleurs, elle tente de me justifier sa présence… que j’ai largement devinée en voyant dépasser les fanes des carottes de sa veste, ainsi que le retour près de moi de l’immense Vulcano, l’air intéressé. « Mais ! Quel vendu celui-là, j’y crois pas ! » Dis-je en mettant mes poings sur les hanches et regardant mon compagnon de travail approcher sa massive tête du corps de la petite femme. Comme je m’y attendais, le contact avec l’animal semble apaiser la gêne qui anime Gia.

Comme pour confirmer la situation cocasse, l’un de mes collègues passe saluer Gia en lui proposant d’aller brosser mon cheval, pas assez propre à son goût. « Bon, ça va oui ? » Je fronce les sourcils. « Causette, le sol est encore plein de poussière ! » Je lui réponds en référence au balai qu’il tient à la main. Hilare, il reprend le cours de sa tâche. Vulcano aussi, recherchant à attraper une carotte dans la poche de la secouriste.

« Tout le monde le traite d’empoté, mais il prouve de jours en jours qu’il est bien plus agile qu’il n’en a l’air ». Dis-je à la jeune femme en passant la main le long de l’encolure du grand bai. Du piaffé, qui l’eut cru ? Certainement pas moi ! Je n’aurais jamais pensé être capable de le demander moi-même à cheval parfaitement dressé… alors Vulcano, on repassera hein ! C’était peut-être un coup de chance…

Elle ne me regarde même plus. Où est passée l’emmerdeuse de service ? C’est qui le grincheux, maintenant ? « Gia… » J’attends que son regard accroche le mien, jette un rapide coup d’oeil dans la cour pour voir si personne ne nous observe… Puis attrape son menton entre deux doigts pour la forcer à soutenir mon regard. « Il me semble qu’il ne s’est rien passé qui justifie que je te terrorise à ce point. » Je laisse un léger silence, conscient que ce que je suis en train de faire est troublant. Je fais glisser ma main vers ses lèvres, suggérant l’idée qu’un sourire serait bien mieux ici… « Jusqu’à présent Hagrid n’a jamais fait de mal à une mouche, bien au contraire ! » Et sur ses belles paroles, j’attrape le revers de son bonnet et lui descend sur le visage. Hop, comme ça plus de problèmes. Je recule d’un pas pour éviter les baffes, on ne sait jamais.

Vulcano se met à ronfler, puis regarde en directement du chemin qui mène au cratère. « Oh, mon grand, qu’est-de qu’il y a ? Tu veux te balader ? » Le demi-trait s’est tendu, inquiet. Je caresse son flanc doucement, murmurant de douces paroles pour le calmer, mais rien n’y fait.

Une première détonation me fait sursauter. Le sixième sens des animaux me laissera toujours admiratif. Il avait donc compris avant de l’entendre qu’il se passait quelque chose. Alerte, je regarde dans la même direction que l’animal. Deuxième détonation, cette fois je commence vraiment à m’inquiéter. « Qu’est-ce que c’est que ça ? » Je me tourne vers Gia, qui se pose cette même question.

Une seule façon de le savoir… Sur la barrière, le filet de Vulcano me tend les bras… « Je ne devrais pas mais… » Je hausse les épaules, puis m’empare du filet en cuir pour le passer sur la tête de Vulcano. Toujours inquiet, l’animal se laisse faire, baissant légèrement la tête pour me permettre de passer ses oreilles devant le passage de tête en cuir.

Ni une ni deux, je sors l’animal de la carrière, puis d’un mouvement bien agile je monte sur son dos, sans selle, sans montoir. Juste à la force des bras et abdos serrés. Mon premier moniteur serait fier de moi, mais passons, je n’ai pas le temps de vous détailler tout ça.

Je me retourne vers Gia alors que j’ajuste mes rênes dans l’une de mes mains. « Tu me suis ? » Mais à son regard je comprends qu’elle n’a aucun moyen de me suivre. J’approche donc l’hongre de la jeune femme -qui parait vraiment minuscule à côté, on ne va pas se mentir- lui tend le bras… et d’un unique mouvement la soulève de terre pour l’aider à se hisser sur le dos de l’animal. Je ne sais pas si elle a déjà mis les fesses sur un cheval, mais clairement, je n’ai pas le temps de m’en soucier pour le moment. « Accroche-toi, ça secoue un peu. » Un peu beaucoup, en réalité. Ses bras entourant ma taille, et se resserrant lorsque je demande à Vulcano de prendre le trot.

Le temps de nous adapter au mouvement du cheval sans selle -et à deux cavaliers, tout de même- je recule ma jambe droite et demande le galop dans la première ligne droite. Gia me serre si fort que je me demande si je vais avoir assez d’air pour trouver l’origine de ces explosions. Je me fie aux oreilles de mon cheval, laissant son instinct nous guider vers notre but. Habituellement, l’instinct de survie du cheval le fera fuir à l’opposé de la source de stress… mais les chevaux de la brigade sont entraînés à faire face au danger. « Allez mon grand, c’est bien ! » Je prends le temps d’encourager avec la voix, ce qui semble l’apaiser. Contrairement à son trot relativement sport, le galop du demi-trait est confortable : nous arrivons à suivre le mouvement sans glisser d’un côté ou de l’autre. Lorsque cela arrive, Vulcano réajuste sa foulée pour que nous ayons le temps de nous replacer. Lui n’a probablement jamais eu deux cavaliers en même temps…

Et finalement, l’hongre nous mène vers une clairière à quelques pas du cratère… où un homme se tient droit, une carabine dans une main, deux oiseaux morts suspendus par les pattes dans l’autre. Il semble surpris de nous voir débarquer. Vulcano se stoppe à bonne distance de l’inconnu, et moi il ne me faut pas plus de dix secondes pour sauter de cheval -jambes par-dessus l’encolure plus que par-dessus la croupe pour ne pas assumer Gia- et me dirige l’air menaçant vers ce… ce… je n’ai pas de mots.

Dans ma tête, ça a un peu disjoncté. Deux pigeons ramiers, je les reconnais d’ici. Quel crétin se permet de venir chasser dans une réserve naturelle ? Où c’est bien sûr fortement interdit… et comment a-t-il pu entrer avec une carabine ? C’est que ça ne passe pas inaperçue, on ne va pas se mentir. « Espèce de… » alors que j’arrive à sa hauteur, et boum… Ce n’est cette fois-ci pas une détonation mais mon poing dans sa figure, qui est parti comme un réflexe rotulien… Incontrôlable, mais tellement naturel. KO technique, le chasseur s’écroule de tout son poids, me permettant de mettre un coup de pied bien placé dans son ventre. Je ne contrôle plus rien, je n’entends plus rien d’autre que mon coeur qui bat dans mes oreilles, et mon souffle haletant.


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Giacinta Faggio10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
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Sujet: Re: “Mauvaise herbe croît toujours même en hiver.” ( le Ven 27 Déc 2019 - 14:34 )
Giacinta avait toujours été du genre assez sûre d'elle. Sans excès de confiance mais le genre de femme à savoir où elle voulait aller et comment elle voulait y aller. Même l'incident n'avait pas changé ce trait de caractère chez elle. Décidée c'était un mot qui lui correspondait bien. Jusque-là du moins. Parce que devant Vango elle hésitait et bafouillait. Les joues rouges. On ne la reconnaissait pas. Elle ne se reconnaissait pas et ne cessait de se gifler mentalement. Elle ne parvenait pas à aligner deux phrases correctes. Heureusement Vulcano semblait avoir compris que c'était le moment et s'approchait doucement d'elle.

Elle avait ce don, celui de réussir à mettre les animaux en confiance. Au-delà de l'abord parfois superficiel qu'elle montrait, par méfiance envers les inconnus, il y avait une personne pleine de douceur et de sollicitude. Et ça l'équidé semblait l'avoir bien compris. Elle le laissait s'approcher sans faire de mouvements brusques jusqu'à pouvoir poser ses mains sur lui et lui flatter l'encolure en lui murmurant quelques mots rassurants. À cet instant précis, le forestier n'existait plus vraiment et la gêne avait disparu. Toute son attention était happée par l'animal. Après quelques caresses, malgré sa petite taille et la carure impressionnante du cheval, elle le laissait attraper les carottes directement dans sa poche en riant. Toute à ce moment un peu suspendu dans le temps, elle sursautait lorsqu'un autre brigadier passait près d'eux et vendait la mèche quand à ce qu'elle avait pu venir faire ici alors que son collègue était en arrêt. La gêne le retour. Là elle était plus que grillée et elle le savait très bien. Son regard plongeait directement vers le sol alors qu'elle ne rêvait que d'une seule chose : fuir. Très vite. Et très loin. Le plus loin possible de cette situation dans laquelle elle ne se sentait absolument pas à l'aise.

Giacinta se demandait à quel moment elle allait pouvoir prendre congé sans que cela ne paraisse bizarre. Après tout, elle était juste venue voir Vulcano et pas son cavalier, sa mission était accomplie alors elle pouvait disposer, non ? Visiblement le cavalier en question semblait en avoir décidé autrement. La brune entendait son nom et préférait ne pas relever la tête pour le moment, mais sentait bientôt une main sur son visage et se retrouvait à devoir soutenir son regard. Évidemment, elle se retrouvait de nouveau à rougir, se mordillant la lèvre. Troublée par ce contact impromptu. Vraiment, le contact physique avec Vango la troublait. Et ça depuis le début. Elle en perdait son latin à chaque fois. Pourquoi ? Vaut mieux ne pas y penser. Lorsqu'elle sentait ses doigts lui suggérer un sourire, elle se laissait faire, laissant apparaître un petit sourire au coin de sa bouche. Toujours aussi cramoisie malheureusement. Et encore plus alors qu'il lui rabattait son bonnet sur la tête. Elle se reculait de lui vivement, histoire de se sentir en sécurité et relevait son vêtement afin de recouvrer la vue. Malgré tout elle ne put s'empêcher de rire. Celle là elle ne s'y attendait pas.

"Vango ! T'es vraiment un gosse..."

Le ton de la protestation montrait qu'elle ne le pensait pas vraiment, en tout cas qu'elle disait cela pour rire. Et elle ne put s'empêcher de rebondir sur sa petite vanne. Elle avait vrailent envie de retrouver cette ambiance de jeux et de petites vannes et de ne pas laisser la gêne prendre le dessus mais cela semblait compliqué.

"C'est exactement ça, je suis terrorisée par ton côté ermite de la forêt..."


Bizarrement, elle avait envie de se rapprocher un peu, de faire un pas vers lui. Elle s'abstint et un bruit d'explosion dans la forêt se chargea de faite diversion. Tout se déroula très vite. Trop vite. La brune eut à peine le temps de se rendre compte de ce qu'il se passait que Vango était déjà à cheval. Elle avait pris des cours d'équitation plus jeune, son grand-père maternel trouvant une forme d'art dans le dressage de ces nobles animaux et dans la relation qui liait le cheval et son cavalier. Elle avait aimé cela mais n'avait pas la place dans sa vie pour les chevaux. La peinture restait son seul moteur.

Elle qui n'avait pas remis les fesses sur un cheval depuis des années se retrouvait en un clin d'oeil, comme si elle était aussi légère qu'une plume sur le dos de Vulcano, derrière Vango. Drôle de sensation que d'être à deux. Et aussi proche de son collègue accessoirement. Elle sentait tous ses mouvements qui se mariaient avec ceux du cheval et c'était loin d'être désagréable. Elle ne tarda pas à se cramponner, se sentant glisser de tous les côtés. Si elle en profitait ? Oh non. Absolument pas...

Après cette folle cavalcade, la situation dérapait encore une fois en un éclair. L'explosion était du fait d'un jeune chasseur, qui venait d'abattre deux oiseaux. Vango était à terre en une minute et accessoirement en train de faite une tête au carré au braconneur. Horrifiée quand à la suite des événements qu'elle voyait arriver, elle sautait elle aussi, aussi prestemment que possible, à terre. Nom de dieu, ce que Vulcano était haut ! Pied à terre, elle se précipitait sur le forestier qui semblait avoir vrillé.

"VANGO ! LÂCHE LE TU VAS LE TUER !"

Il n'entends pas. Même si elle hurle. Alors, laissant le cheval brouter l'herbe, après l'avoir attaché au premier arbre qui passait, Gia se met à courir dans sa direction. À cet instant, son coeur se met à battre à une vitesse tout sauf raisonnable. Elle a déjà vécu une situation similaire. Ça s'est terriblement mal fini. Elle le sent vriller, elle sent sa colère et cela n'augure rien de bon. Dans un geste un peu désespéré parce qu'elle sait que physiquement elle ne fait pas le poids, elle l'enserre de ses bras.

"Calme toi. Tu vas le tuer si tu continues. Ça n'a aucun intérêt."


Elle voit bien qu'il ne l'écoute pas et qu'il est tout sauf réceptif. Alors elle tente la méthode Vango et d'une main le force à la regarder. Tout aussi inefficace. Elle sent la rage dans tout son corps et elle sent tout autant que la situation peut encore déraper. C'est une des premières fois où elle se sent aussi démunie Giacinta. Où elle sent que quoi qu'il se passe le pourcentage de chances pour qu'elle puisse avoir le dessus est minime. Elle a bien une solution qui lui vient en-tête mais cela semble un peu extrême.

"Vango... regarde moi. Ça ne sert à rien de finir en taule pour ça... "


Devant sa totale absence de réaction elle se décide finalement. Tant pis pour le côté extrême. Il n'y a pas le choix. Personne ne semble venir, histoire de calmer les choses. Alors elle approche son visage de celui de Vango, sur la pointe des pieds et pose ses lèvres sur les siennes. Juste un court instant. Ce baiser a pour but de le sortir de sa torpeur et... cela semble marcher. Giacinta a l'impression d'avoir repris le dessus. Non pas sur la situation mais sur elle-même. Elle ne rougit presque pas cette fois et elle ne bafouille pas. Elle se contente de se reculer rapidement, tout de même troublée. Et se paie même le luxe de paraître indifférente à ce qu'il vient de se passer.

"Bien. Maintenant que tu sembles raisonnable va chercher Vulcano. Il va falloir qu'il transporte ce connard de chasseur jusqu'à ma voiture."


Sans un regard de plus, la secouriste accomplit sa mission et se dirige vers le braconneur. Assommé et avec probablement une arcade à recoudre. De fait avec le visage en sang. Le poul est bon mais le bougre est plus ou moins inconscient. Avec une compresse trouvée dans sa poche, elle nettoie le sang histoire de vérifier sa première hypothèse et palpe le ventre qui a reçu un coup de pieds. Tout semble en ordre. Il est chanceux. Sentant le forestier dans son dos elle se tourne vers lui, ayant recouvré son sourire malicieux en lieu et place de son expression gênée précédente.

"Il va bien. La tête un peu sonnée et l'arcade cassée. Rien de grave, je vais l'embarquer."
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Vango Ponti10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
Vango Ponti
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Sujet: Re: “Mauvaise herbe croît toujours même en hiver.” ( le Sam 28 Déc 2019 - 12:29 )
Pour moi, il n’y a pas de crime plus grave que celui de s’attaquer à d’inoffensifs oiseaux. Vous me direz, ce sont des pigeons, ils ont toujours été chassés pour leur viande -enfin surtout pendant la guerre- mais cela ne change rien à mes yeux. Touchez à une plume des oiseaux de la réserve et vous aurez affaire à moi. D’ailleurs, si vous ne l’aviez toujours pas compris, j’ai été embauché pour réaliser les inventaires des espèces qui nichent entre les arbres, rochers, et autres habitats que peut offrir le lieu protégé. Il est donc de mon devoir de les protéger de ce genre de crétin qui se croit tout permis.

C’est juste qu’on a tous une façon différente de protéger les autres, voilà tout.

Je ne saurais dire exactement où je suis, et combien de temps il s’est passé depuis que j’ai assommé le chasseur d’un coup de poing -petite nature, il est tombé comme une feuille. Dans mon dos, j’entends sans écouter des cris qui me demandent d’arrêter, mais… ce ne sont que des paroles lointaines, probablement pas pour moi.

Alors que je m’apprête à mettre un énième coup de pied dans l’énergumène au sol, mon regard est détourné de force. Bref retour à la réalité qui ne m’empêche pas de me débattre pour continuer à cribler de coups ma victime.

Je tente d’écarter la personne qui essaie en vain de m’arrêter d’un revers de la main, quand tout d’un coup…. Quelque chose vient caresser ma bouche. Je me fige instantanément, retrouvant peu à peu la vision qui s’était troublée avec la colère. Le temps que je comprenne ce qui vient de se passer, la voix de Gia m’ordonne de transporter ma victime sur le cheval. J’ai un peu de mal à remettre les mots dans l’ordre.

Est-ce qu’il vient vraiment de se passer ce que je suis en train de penser ? Non, je ne parle pas de ce type que j’ai tabassé. Ça, je ne regretterai jamais. Je parle de ce qui vient d’effleurer mes lèvres : en l’occurence, si mes souvenirs sont bons… celles de Gia. « Qu’est-ce qu’il te prend ? » Lui dis-je en lui lançant un regard foudroyant, à la fois agacé qu’elle m’ait détourné de ma cible, et surpris de son acte. Mais à en voir son expression du visage bien moins gênée que lorsqu’elle m’a salué, il semblerait que ce soit juste une diversion.


D’accord, je dois l’avouer, c’était bien joué. Ça a complètement fonctionné. C’est bien la première fois qu’on me sépare d’un ennemi avec un baiser. Quelque chose me ce genre de scène un peu coasse n’est pas prête de se produire deux fois dans une vie.

Je fais volte face, encore tremblant de colère. A quelques pas du corps inanimé du chasseur, les deux oiseaux jonchent le sol. Je m’en empare avec le coeur serré, puis n’ayant pas la moindre intention d’obéir aux ordres de la secouriste qui a accouru vers la victime, je m’enfonce dans le sous-bois. dans la sacoche que je porte à la ceinture, j’ai toujours quelques outils de première nécessité. Je me saisis donc d’une minuscule pioche rétractable, puis m’accroupis pour creuser un trou. Je ne voudrais pas que d’autres passants voient ces pauvres pigeons et se disent que la prochaine fois, ils prendront la carabine à plomb pour ramener du gibier à dîner.

Une fois le trou assez grands, je dépose les corps des deux pigeons puis me sers de mes mains pour les recouvrir d’humus frais. Voilà, au moins, ils ne finiront pas dans les mains de n’importe qui. Dans la forêt, ils pourront reposer en paix. Je m’époussette les mains, puis range la pioche, et me dirige de nouveau vers l’endroit où j’ai laissé Vulcano.

Au loin, Gia m’informe que le chasseur est sonné, mais va bien. « J’en suis ravi. » Dis-je avec toute l’ironie que je peux puiser en moi. Accroupie à côté de la victime, elle me regarde avec insistance pour que je ramène Vulcano.

« Ah, mais tu étais sérieuse ? » dis-je avec une vraie surprise. « Tu penses quand même pas que je vais transporter un sombre crétin sur mon cheval ? » Je me suis rapproché de l’animal qui a été accroché tant bien que mal à une branche. Dénouant les rênes des quelques ramifications du bois, je n’écoute même pas la secouriste me sermonner. « Plutôt le laisser crever ici, Gia, c’est tout ce qu’il mérite. »

Mais elle n’est pas partie pour lâcher le morceau. Dommage, j’aurais bien su jouer le mec étonné si on m’apprenait qu’on avait trouvé un cadavre dans la réserve. Qu’il croupisse ici, ça fera de la nourriture aux charognards. Redonnons à la Nature ce qui lui a été arraché, ma devise !

Réfléchis un peu Vango, elle t’a probablement empêché de le tuer. Tu n’auras qu’à dire que vous l’avez récupéré dans cet état. Remballer ma fierté ? Beaucoup trop compliqué, trop peu pour moi. Je soupire, las.

Gia ne m’a pas lâché du regard, et cette fois c’est elle qui me fusille du regard. « T’es flippante, arrête de me fixer que ça. » C’est vrai, quoi… Mais peut-être que dans le lot c’est elle qui a flippé, qui sait…

Je soupire une seconde fois, entraînant Vulcano derrière moi. Je l’arrête à coté de Gia, puis lui tend les rênes. « Tiens, amuse-toi bien. » Sur ces belles paroles, je m’empare de la carabine du chasseur et la décharge. Me saisissant de nouveau de ma pioche, je cherche deux endroits pour enterrer les ignobles armes. Les balles d’un côté, la carabine de l’autre. Voilà, comme ça quand il se réveillera, il ne se souviendra plus de rien, et il ne pourra accuser personne d’avoir volé sa carabine sans se retrouver en taule pour avoir chassé dans une réserve naturelle.

Machiavélique. J’adore.

Lorsque je me retourne vers Gia, je la vois m’attendre les mains sur les hanches, bien décidée à me faire céder. Je soupire une nouvelle fois -je ne saurais compter- puis finis par abdiquer. Sans y mettre la moindre bonne volonté, je traîne le corps du chasseur par les pieds en prenant bien soin de ne pas éviter les cailloux. Je me fais sermonner par Gia. « Bah vas-y, soulève-le toi, il est lourd ce connard ! » N’importe quelle personne pourrait croire à ça, même Gia ! Mais il est vrai que je pourrais le porter, c’est juste que… si ça ne tenait qu’à moi je serais parti en prenant bien soin de le piétiner. Voilà.

Laissant Gia tenir les rênes de Vulcano, je fais basculer le corps du chasseur sur mon dos. Il est vraiment lourd, le bougre. Pire qu’un sac de sable. Après quelques manoeuvres je balance l’homme sans aucune délicatesse sur le dos de l’animal. Bien éduqué, Vulcano ne bronche pas. Je me tourne donc vers la jeune femme et lui dis sèchement « Va falloir le tenir sinon il est bon pour piquer du nez dans la terre. »

Sans trop lui laisser le choix, je me mets face à elle, dépose ses mains sur mes épaules -elle est si petite que ses bras son tendus- et mes mains sur ses hanches, puis la soulève pour la poser sur Vulcano. Comme une petite fille.

Récupérant alors les rênes de mon compagnon de patrouille, je les refais basculer par-dessus l’encolure pour les donner à Gia. Je prends finalement la direction des le écuries en me tenant au garrot pour ne pas tomber et risquer de me casser la cheville de nouveau.


La nature se suffit.
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Sujet: Re: “Mauvaise herbe croît toujours même en hiver.” ( le Sam 28 Déc 2019 - 16:27 )
Comment expliquer ce sentiment ? Ce truc envahissant qui arrive quand vous sentez que vous ne contrôlez absolument plus la situation ? Que des voyants rouges clignotent sans s'arrêter dans votre tête parce que tout ceci paraît dangereux ? Il n'y a pas vraiment de mots pourtant c'est ce sentiment qui envahissait Giacinta alors qu'elle descendait comme elle pouvait de cheval. Sous ses airs de quelqu'un de toujours souriant et prêt à aider les autres se cachait un petit côté control freak qu'en majorité du temps elle parvenait à contrôler. Mais là elle ne maîtrisait plus rien du tout et elle avait peur, il fallait se l'avouer. Elle avait tenté tout ce qu'elle pouvait pour stopper Vango. Elle avait crié, elle avait tempêté, elle avait été plus douce, elle l'avait même ceinturée de ses petits bras. Tout aussi inefficace. La solution du baiser avait été spontanée et pourtant, avait réussi avec brio. Elle avait senti le changement d'humeur, et la colère descendre. Cela n'arrivait pas souvent depuis l'incident mais elle était fière d'elle. Et malgré son trouble, cette fierté donnait l'impression qu'elle se foutait totalement de ce qui venait de se passer. Tant mieux.

L'instinct de secouriste reprenait le dessus et elle se précipitait vers le blessé, constatant avec soulagement qu'il n'était pas mort et qu'il n'avait rien de grave. Elle perçoit bien le ton un peu agacé de Vango et lui adresse un très grand sourire ironique.

"Absolument rien. Mais au moins ça a marché."

Tout à son auscultation elle prête à peine attention à lui. Il faut l'avouer également, cet accès de violence avait remué des choses chez elle qu'elle n'avait pas spécialement envie de voir refaire surface. Trop de souvenirs désagréables, qu'elle préférait enterrer très loin. Là où ce matin, elle se trouvait troublée par ces bribes d'attirance physique qu'elle ressentait pour Vango, il n'y avait plus rien de tout cela. On ne pouvait pas dire qu'elle avait peur de lui mais elle se méfiait, assurément. Elle ne le connaissait pas assez bien pour comprendre.

Finalement, elle l'informe que le blessé ne se porte pas si mal que cela et le somme de ramener Vulcano pour qu'ils puissent ramener le chasseur. Sa réaction, pour le moins tranchée lui fais lever les yeux au ciel. Elle se dit qu'elle ne devrait pas répondre puis lui lance juste une phrase assassine sur un ton aussi sec que celui qu'il utilise.

"Maintenant tu arrêtes ton petit jeu du sicilien mafieux ou du fils de Corleone, de la Cosa Nostra ou je ne sais quoi et tu ramènes ton cheval. Si tu as fait serment de protéger cette forêt, moi j'ai fait celui de ne laisser mourir personne. Peu importe si un garde forestier à moitié fou a décidé de me barrer la route. Dépêche toi il a besoin de soins. Par ta faute puisque tu as failli le tuer pour information."


Sans rien ajouter de plus, la secouriste continue à fixer son collègue la mâchoire serrée. Elle ne se laisserait pas faire. Après l'incident, elle s'était fait la promesse de ne laisser personne sur le carreau. D'aider tous ceux qu'elle pouvait aider quoi qu'ils aient fait. Et personne ne pourrait la détourner de sa conscience. Oui, elle est flippante. Ça elle l'assume pas de soucis. Elle ne dit rien pas besoin et desserre les mâchoires lorsqu'elle le voit revenir avec le brave équidé, mécontent d'être dérangé dans son repos et inconscient de ce qui vient de se passer autour de lui.

Mais rapidement, ses dents se serrent de nouveau. Il la plante là et s'en va jouer avec l'arme. D'une voix sèche, à tel point qu'elle ne s'était pas entendue parler ainsi depuis longtemps, elle interpellait le forestier.

"Vango... tu te fous de ma gueule ?"

Les poings sur les hanches, elle le regardait revenir vers elle, sérieusement agacée à présent. Alors que précédemment, elle trouvait cet interludr dans sa journée plutôt agréable, à présent elle ne voulait qu'une seule chose, reprendre le cours de son travail. Le soupir fut de trop, ainsi que sa délicatesse à transporter le chasseur.

"Permet moi de te rappeler que tu n'aurais pas à le transporter si tu n'avais pas risqué de le tuer putain..."

Elle l'aidait comme elle pouvait, peinant clairement avec ses petits bras. Mais qu'est-ce qu'elle foutait là. Elle aurait mieux fait de retourner à la caserne plutôt que d'aller voir Vulcano... et de tomber sur son cavalier au passage.

"Ne fais pas comme si tu peinais, je te rappelle que je t'ai déjà vu en caleçon et que je sais les muscles qu'il y a là dessous."


Bon, malgré son masque de colère, un petit sourire perçait sur son visage. Bien vite effacé alors qu'il la portait sur le dos de Vulcano.

"Lâche moi ! Arrête de me toucher putain !"

Oui, un poil agressive effectivement. Chacun son tour. Elle auscultait une énième fois le blessé, constatant qu'il était toujours dans le même état, heureusement pour lui. Et soupirant en le voyant peiner à marcher au vu de sa cheville encore fragile probablement.

"C'est toi qui devrait être à cheval, moi je peux marcher."

Ni une ni deux, têtue et emmerdeuse comme trouver, elle stoppait Vulcano et descendait d'un mouvement toujours aussi peu gracieux du cheval. Elle tendait les rênes à Vango et lui lançait, sur un ton sans concessions.

"Reprends Vulcano. Je surveillerait ce connard à pieds."

Et effectivement, elle surveillait régulièrement le chasseur en question. Ne prononçant pas un mot envers son collègue. Elle n'avait pas envie de parler. Il fallait encore qu'elle digère ce qu'elle venait de voir. Clairement, elle avait beaucoup plus d'attentions pour le cheval que pour les deux autres. Enfin arrivée à la brigade, elle se précipitait vers sa voiture, sortant un brancard, un peu de matériel et.. Leonardo qui mourrait d'envie de venir voir ce qui se passait.

"Aide moi à le charger. Après on se fout la paix."

Heureusement, le blessé se trouvait rapidement sur un brancards, sur lequel elle put nettoyer le sang et son arcade. Elle était prête à partir en direction de l'hôpital.

Giacinta se tournait une dernière fois vers Vango, ne sachant pas trop quoi dire cette fois. Surtout qu'elle savait que l'endroit regorgait d'oreilles indiscrètes.

"Bon... Eh bien.... Heu... A plus tard ?"
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Sujet: Re: “Mauvaise herbe croît toujours même en hiver.” ( le Sam 28 Déc 2019 - 18:12 )
Oh, donc Madame ne veut pas monter ? Très bien ! Mais ce n'est pas mon problème. Qu'elle saute de cheval pour faire ressortir un peu son égo… C'est d'ailleurs ce qu'elle est en train de faire, d'une façon pas forcément très académique. Dommage, parce que le mien est bien plus fort. Du coup, lorsqu’elle me tend des rênes, je les prends, et me remets en marche sans plus tarder. Plus vite j’aurais déchargé le fardeau de Vulcano, plus vite elle déguerpira avec et plus vite je pourrai reprendre le cours de ma journée.

« Très bien, surveille, c’est toi qui sait. » Dis-je à la volée en faisant tourner Vango parmi les fougères pour prendre un léger raccourci. Après tout, si j’ai pris les allées bien large à l’aller, c’était pour maintenir l’allure. A présent je peux me permettre de couper à travers le sous-bois pour gagner un peu de temps. Vulcano se laisse faire sans broncher, venant chercher le contact en posant de temps en temps le bout de son nez contre ma veste. Heureusement qu’il est là, lui, parce qu’à part le vent dans les arbres, il se passe pas grand chose comme interaction.

Lorsque nous croisons une grosse irrégularité au sol, je reprends appui sur le garrot de Vulcano pour me soutenir. Pour l’instant, rien à signaler, je marche gentiment. Je fais en sorte de laisser une bonne distance entre mon cheval et moi, et la folle furieuse de derrière.

Alors certes, j’ai failli le tuer -mais tuer est un bien grand mot, on ne meurt pas de coups de poings sinon je serais un fantôme-… mais elle m’a quand même embrassé, comme ça… pour ensuite m’en vouloir de toutes ses forces.

Les femmes, me direz-vous ? Je cherche toujours une notice, surtout pour Gia. Un coup elle va débarquer et vouloir me sauver alors que je suis déjà aux urgences… puis me nourrir chez moi alors que je n’ai rien demandé… en me traitant d’ermite de la forêt… et ensuite elle dormira sur moi et ne saura plus me parler sans bégayer. Il faut savoir !

Je prends d’ailleurs un malin plaisir à prendre ce chemin escarpé, juste pour la voir galérer à lever ses toutes petites jambes dans les fougères.

Lorsque nous commençons à apercevoir les premières ombres de la brigade, j’accélère encore le pas. Pourvu que les derniers mètres passent encore plus vite. Vulcano est à deux doigts de trotter pour me suivre.

Lorsque nous arrivons vers le véhicule de la secouriste, je fais en sorte de positionner Vulcano au plus proche.

Oh, mais oui, très bonne idée, et si on se foutait la paix ? Après tout, j’étais seulement en train de reprendre le travail tranquillement quand elle est venue. Et on se demande bien pourquoi elle est venue ! « Formidable. » Dis-je avec fraicheur d’un iceberg.

Je soupire une nouvelle fois, et j’espère pour la dernière fois de la journée. Attrapant le corps du blessé pour venir le placer en sac à patates sur mon dos, j’attends qu’il soit bien stabilisé pour le charger sur le brancard que Gia vient de mettre en place. Elle a sorti sa trousse de premiers secours, l’occasion pour moi de prendre un licol qui traine sur la première porte de box et de changer le filet de Vulcano. Lui a bien mérité qu’on lui retire le morceau de métal de la bouche.

Lorsque la jeune femme me fait signe, je prends une partie du brancard et l’aide à le charger dans le véhicule. Sans plus tarder, elle ferme la porte et…

La voilà qui se remet à bafouiller. Il ne m’en faut pas plus m’exacerber de plus belle. Nouveau soupire, je pense que je ne suis pas prêt de m’en sortir pour aujourd’hui. D'autant plus que Vincento est en train de mettre de la paille dans les boxes à deux pas, et qu'il nous observe du coin de l'oeil. Je sens les quelques remarques arriver quand elle sera partie.

En parlant de ça, elle m'a dit à plus tard, c'est bien ça ? Peut-être pas, je ne compte pas avoir de nouvelles du sombre crétin. « Bonne chance. » Le ton n’est pas simplement froid, mais également indifférent. C’est volontaire, vous l’aurez compris. Sur ces belles paroles, je fais volte-face, attrape la longe du licol de Vulcano et… change d’avis brusquement.

Je passe la corde par-dessus l’encolure du demi trait, puis réalise un noeud à la va-vite. Une fois prêt, je rattache la jugulaire de la bombe qui n’a pas quitté mon crâne depuis ma séance de dressage, puis me hisse avec souplesse sur le dos du cheval.

Sans un regard en arrière, je presse les flancs de l’animal et repars vers le sous-bois. J'ignore totalement Vincento qui me crie quelque chose au loin. Vulcano et mois avons l’habitude d’aller nous détendre dans une clairière voisine, lui en broutant, moi en observant les quelques oiseaux qui vont s’abreuver dans la petite étendue d’eau. C’est actuellement la seule chose dont j’ai besoin.

Peu importe le reste.


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Sujet: Re: “Mauvaise herbe croît toujours même en hiver.” ( le )
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